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TPE ANALYSE

DOCUMENTAIRE

Elaboré par : ABOUDA Ines


AJILI Ghayth
2ENER Grp 2

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I. Définition :
Salles propres(blanche) :
La salle blanche appartient aux secteurs relatifs à la recherche scientifique et plus
particulièrement à la recherche physique. Elle est utilisée dans tout ce qui a un rapport
à des domaines susceptibles d’être sensibles aux différentes contaminations
environnementales : qu’il s’agisse de la biologie, de l’agroalimentaire, des
biotechnologies, mais aussi et surtout dans ce qui concerne la construction d’engins
spatiaux, la construction d’optique ou la préparation des produits pharmaceutiques
stériles.
Tous ces domaines sont en contact permanent avec des objets dont la taille varie entre
le nanomètre ou le micromètre. Ainsi, certaines particules présentes dans l’air non
purifié peuvent entre en contact avec ces différents objets et s’y fixer, ruinant ainsi les
efforts fournis. Aussi, certaines substances rencontrées notamment dans la recherche
biologique, les expériences chimiques ou bactériologiques, peuvent présenter un
certain danger et il faut donc qu’elles soient protégées de toute interférence avec l’air
non purifié.
Puisque les matériaux ou substances concernés peuvent être très sensibles aux
variations de pression, de chaleur, à la lumière, au gaz ou aux matières présentes
dans l’air non purifié, il faut que le personnel puisse conserver une maîtrise totale de
tous ces facteurs.
Ainsi, une salle blanche a pour fonction de permettre de filtrer l’air entrant selon
différents facteurs et niveaux de taille : de la poussière à des cellules microscopiques,
rien ne doit échapper aux filtres mis en place. L’air présent dans la salle est filtré du
bas vers le haut plusieurs dizaines de fois par heure, et un tiers d’air est rajouté à
chaque heure afin d’éviter la concentration du dioxyde de carbone rejeté par le
personnel.

II. Point réglementaire et normatif :


La législation relative aux traitements d'air et à sa qualité est un thème abordé
dans :

✓ Le Code du travail concerne l'aération des locaux de travail, la


réglementation sanitaire.
✓ Les Normes ISO et NF-S concernent la définition et le classement des
salles selon la qualité de l’air.
✓ Le Code de la construction définit les caractéristiques thermiques des
bâtiments et équipements, la sécurité contre l'incendie (non traité dans ce
document) Pour les établissements de santé, il existe quelques
recommandations spécifiques.

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2.1- Législation relative à l'aération et à l'assainissement des
locaux de travail :
Code du travail art 232-5-1 et 5 à 7 : concernant la possibilité de pollution
spécifique des locaux Pour les locaux, où sont pratiqués des activités susceptibles
de générer des pollutions spécifiques, les débits d'air neuf et extrait doivent être
étudiés pour que les valeurs limites d'exposition édictées par le ministère de la
santé ne puissent être dépassées. (Ex : locaux dans lesquels on utilise le
Glutaraldéhyde)

Décret n°084-1093 et 084-1094 du 07/12/194 et une circulaire DRT N°3


09/05/85 : Ces décrets complètent le code du travail en fixant les règles relatives
à l'aération et l'assainissement des locaux de travail auxquelles doivent se
conformer les maîtres d'ouvrage entreprenant la construction ou l'aménagement
des bâtiments destinés à l'exercice d'une activité industrielle, commerciale ou
agricole.

Arrêté des 8 et 9 octobre 1987 : en application de l'article R232-5-9 du Code du


Travail : Les opérations de maintenance doivent être effectuées selon les
indications remises par l'installateur et notifiées dans le dossier d'installation. En
exploitation, il est nécessaire de contrôler, au minimum tous les 6 mois : la
concentration en poussières, les systèmes de surveillance mis en œuvre.

Arrêté du 25 juin 1980 et 23 mai 1989 art U34 ventilation des locaux
anesthésiques inflammables autorisés Pendant toute la durée des séances
opératoires, l'atmosphère des salles d'opération et des salles d'anesthésie et de
réveil associées doit recevoir un apport en air neuf au régime minimal de 15
volumes par heure par salle avec un apport minimal d'air neuf de 50 mètres cubes
par heure par personne susceptible d'être présente dans la salle. S'il est prévu un
apport en air recyclé, celui-ci doit être prélevé uniquement dans la salle concernée.
L'installation doit permettre une diffusion rapide et une évacuation vers l'extérieur
des vapeurs anesthésiques.

2.2-Classification et caractérisation des salles


Norme FS 209 : Salles Blanches et Enceintes. Exigences - Environnement
contrôlé. Normes américaines instaurant les classifications en salle blanche.
Norme ISO 14644 -1 : Définition et Classification de la Propreté Particulaire de
l'Air

Norme EN 1822-1 : Filtres à air à très haute efficacité et filtres à air à très faible
pénétration (HEPA et ULPA) Définit ce qu'est un filtre HEPA (High Efficiency
Particulate Air) et ULPA (Ultra Low Pénétration Air), ainsi que leur classification
selon la méthode d'essai.

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Norme NF S 90-351 : Procédures de Réception et de Contrôle des Salles
d'Opérations (en cours de révision) Définit les différentes configurations de salles
d'opérations. Définit la classification des salles d'opérations du point de vu
particulaire (référencé sur la norme NFX 44-101) ainsi que du point de vu
bactériologique. Définit les méthodes d'essais : ces méthodes reprennent en
grande partie la norme NFX 44-102

Norme NFX 44-102 : Enceintes à Empoussièrement Contrôlé - Définitions -


Classification - Introduction à la procédure réception et de contrôle périodique.
Définit les critères d'acceptation et de contrôle d'une enceinte à flux laminaire que
ce soit une hotte ou une salle. (Étanchéité du filtre et du plan de joint, Laminarité).

Norme ISO 14698 : Salles propres et environnements maîtrisés apparentés -


Maîtrise de la bio contamination. Elle définit les méthodes d'analyse, de mesure,
d'évaluation et d'interprétation de la bio contamination.

III. Les moyens techniques


3.1 -VMC : ventilation mécaniquement contrôlée
L'apport d'air neuf et l'extraction de l'air vicié permet une élimination et une dilution
des biocontaminants libérés dans l'air par le personnel et les équipements.

Réglementation :

Arrêté du 24/03/1982 relatif à l'aération des logements et associé au DTU N°68.2


d'octobre 1988 AFNOR DTU P 50-411 (1et 2) " exécution des installations de
ventilation mécanique"

VMC simple flux : permet de renouveler l'air en mettant les pièces en légères
dépressions. Cette VMC est constituée d'un groupe d'extraction de l'air relié par
un réseau de gaines à des bouches d'extraction calibrées pour un débit d'air donné
Le renouvellement d'air se fait par l'aspiration de l'air des autres pièces et de
l'extérieur par les portes et les fenêtres non totalement étanches.

VMC double flux : permet de maintenir la pièce en légère surpression. Il


comprend un groupe extracteur de l'air vicié, un groupe d'insufflation de l'air neuf
et un échangeur récupérateur qui permet de préchauffer l'air insufflé par l'air vicié
extrait.

3.2-centrale de traitement d'air


Les CTA sont des appareils destinés à insuffler de l'air neuf, à extraire ou à
brasser l'air des locaux. L'air doit être conditionné pour satisfaire les exigences
nécessaires au bon fonctionnement des locaux qu'elles doivent traiter.
Conditionner l'air signifie, entre autres, de maîtriser les paramètres suivants :
température, hygrométrie, contamination particulaire, chimique ou encore

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microbiologique. Les CTA sont des organes clés des réseaux aérauliques et
jouent donc un rôle important dans la maîtrise de ces paramètres.

On distingue différentes catégories de CTA :

▪ Les CTA simple flux


▪ CTA d'air neuf, destinées à traiter et insuffler ou souffler l'air neuf dans les
locaux
▪ CTA en recyclage, destinées à traiter l'air des locaux, (sans apport d'air
neuf ni extraction)
▪ CTA d'extraction ou extracteur, destinées à extraire l'air des locaux.
▪ Les CTA double flux
▪ Elles combinent une partie air neuf (soufflage) et extraction
▪ Elles peuvent aussi être équipées d'un caisson de mélange pour faire du
recyclage.

Les CTA sont des appareils modulables, conçus sur mesure en fonction des
exigences auxquelles elles doivent répondre. Elles peuvent incorporer un ou
plusieurs des éléments suivants :

▪ Caisson batterie chaude (eau chaude, condenseur ou électrique)


▪ Caisson batterie froide (eau froide, évaporateur)
▪ Caisson humidificateur (adiabatique, vapeur)
▪ Caisson de mélange (de recyclage)
▪ Registres
▪ Piège à son.
Elles permettent aussi de :
▪ Maintenir une surpression dans un local par rapport à un autre ou une
pression en gaine
▪ Maintenir le débit en fonction du colmatage progressif et régulier des
filtres.

Afin de pouvoir assurer l'ensemble de ces fonctions, les CTA doivent être
équipées de capteurs (sonde de température, hygrométrie, pression) et d'une
régulation adaptée qui peut être intégrée ou non à la CTA.
Les CTA dans le domaine des salles propres doivent respecter un certain nombre
de critères de conception pour répondre à leur utilisation (filtration, facilité de
maintenance, étanchéité…).

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CTA avec régulation intégrée

3.3-La filtration
L'efficacité d'un filtre est synthétisée de façon précise par une série de grandeurs
dépendant des caractéristiques de l'air entrant : température et humidité, teneur
en poussières, granulométrie des poussières, nature et structure physique des
poussières. Concrètement, cela se traduit par une classification des performances
en fonction des particules à arrêter. La dénomination de leur classe dépend de la
méthode de mesure utilisée pour les essais.
On classe les filtres à couche poreuse en fonction de leur efficacité :
✓ Filtres à moyenne efficacité (classes G1 à G4) : Filtre plan.
✓ Filtres à haute efficacité (classes F5 à F9) : Filtre à poches, Filtre plissé.
✓ Filtres à très haute efficacité ou absolus (classes H10 à H14) : Filtre
absolu.
Le plus grand risque avec les filtres est l'encrassement c'est pourquoi il est
fortement indiqué de disposer de pré filtres. En effet plus le pouvoir de filtration est
élevé plus le filtre s 'encrasse rapidement. Une maintenance régulière avec
changement des filtres est nécessaire.

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Classification des filtres :

IV. Exemple : Modélisation aéraulique de salles


d’opération
Le traitement de l’air au bloc opératoire vise à protéger le patient de la
contamination microbienne de l’air, appelée aérobiocontamination. Encore mal
connu, le rôle de l’aérobiocontamination, en tant que vecteur de transmission
d’infections, est soit surestimé, soit au contraire ignoré ou contesté. Une des
solutions qui permet de mettre en évidence les mécanismes potentiels de
l’infection liée à l’environnement, est la simulation numérique en trois dimensions.

La conception de l’aéraulique joue un rôle primordial dans la définition des salles


d’opération. Les performances d’une salle d’opération sont définies par un
ensemble d’interactions complexes entre l’écoulement de l’air, les sources de
contamination, la position des entrées et sorties d’air, ainsi que les objets occupant
l’espace en question. Par conséquent, toute modification d’un des paramètres
venant d’être cités a un effet sur le résultat final, invalidant une construction fondée
sur des hypothèses devenues obsolètes.

L’étude présentée, concerne la modélisation des salles d’opération. Cette étude,


portant sur les salles de chirurgie orthopédique, digestive et urologique s’inscrit
dans le cadre d’une recherche de conception optimale pour le projet de
restructuration des blocs opératoires. En arrière-plan de cette étude, la norme en
cours ou en projet définit les notions des zones à risques et de maîtrise des
contaminations aéroportées et la modélisation répond aux attentes de maîtrise
des risques en amont.

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Les systèmes de distribution de l’air
Il existe trois grandes familles de système de distribution d’air

• plafond soufflant à flux unidirectionnel

• plafond soufflant à déplacement d’air bas ; vitesse (PSBV)

• flux turbulent. Des recommandations ont été proposées sur le choix d’un système
selon la zone à risque (Par définition, une zone à risques de biocontamination est
un lieu, géographiquement défini et délimité, dans lequel les sujets ou les produits
sont particulièrement vulnérables aux micro-organismes ou particules virales.)

1. Le flux turbulent « Flux d’air ne répondant pas à la définition du flux


laminaire soit en raison de multiples caractéristiques d’écoulements
simultanés, soit en raison du non-parallélisme de ses éléments »

Fig. 1. Technique du flux turbulent.

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2. Le flux unidirectionnel « Air se déplaçant dans un même volume et une
même direction à travers une salle ou une zone propre, en filets parallèles
et de vitesse uniforme »

Fig. 2. Technique du flux unidirectionnel.

3. Le déplacement d’air basse vitesse « Écoulement dirigé vers le bas sur le


champ opératoire, créant une véritable barrière dynamique autour de la
zone de plus haut risque »

Fig. 3. Plafond soufflant à déplacement d’air basse vitesse.

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La méthodologie adoptée
La première phase consiste à déterminer les caractéristiques géométriques des
salles d’opérations (ISO 5, ISO 7) :

✓ Volume de la salle.
✓ Les dimensions et positions des différents objets dans la salle et qui sont
susceptibles de modifier le comportement du flux (table d’opération,
éclairage opératoire, bras plafonniers).
✓ La position de l’équipe chirurgicale et des personnels.

Les démarches suivies consistent à réaliser les deux plans de synthèse pour les
deux spécialités chirurgicales, en déterminant la surface de la zone opératoire
totale.

Modélisation aéraulique de salles d’opération


La modélisation aéraulique a pour objectif, par analyse de la cohérence des flux,
la maîtrise de la contamination dans la zone opératoire, en mettant en évidence
la dissémination d’une contamination au sein de la salle d’opération. Elle permettra
de comprendre de façon claire, grâce aux animations et à la réalité virtuelle 3D,
les écoulements d’air, la distribution de température et les zones de mauvaise
distribution d’air. En partant des deux modèles de base de salles d’opération, nous
avons modélisé deux propositions par type de salle.

Exemple : salle de chirurgie digestive :

Porte du jet d’air propre dans une salle digestive à flux turbulent.

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Salle de chirurgie digestive avec un plafond soufflant à basse vitesse.

V. Conclusion :
Le traitement d’air, permet d’optimiser le trajet de flux d’air, afin de diminuer pour les
patients, les risques de contamination à l’intérieur de la zone protégée. (Selon notre exemple).

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