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LYCEE TECHNIQUE MOULAY YOUSSEF PROF : B.

RACHIDI

Module 2 : Antigone de J. Anouilh

Activités de lecture :

Activité 1 :

Antigone de jean Anouilh -Analyse du prologue-

Texte support : Le prologue; Page 9-13


Significations du mot «prologue» :
Qu’est-ce qu’un prologue ?
1) La Scène d’exposition, de l’introduction de la pièce.
Pro = avant logue = discours
→ Il s’agit donc d’un texte/discours placé avant le texte (l’histoire).
2) Nom donné au personnage qui présente la pièce.
Dans Antigone, le prologue correspond au texte d’exposition et, en même temps,
au personnage-narrateur omniscient qui présente les personnages et rappelle les
événements passés de l’histoire. Il sait tout de tout (le passé, le présent, le futur) et
informe les lecteurs/spectateurs de tout.
1) Présentation des personnages :
(Le prologue emploie le présent de l’énonciation pour présenter les personnages et
les pronoms nous et vous)
«Nous» = le prologue + les spectateurs
«Vous» = les spectateurs → le prologue ne s’adresse pas aux personnages, mais
aux spectateurs.
Antigone :
Portrait physique : petite ; maigre ; jeune ; noiraude ;
Portrait moral : Renfermée ; Se dresser seule en face du monde (courageuse et
révoltée) ; obstinée (entêtée)
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Ismène :
Portrait physique : Blonde ; belle ;
Portrait moral : Heureuse ; Goût de la danse et des jeux ; Goût du bonheur et de la
réussite
La blonde, la belle, l’heureuse Ismène : gradation→ Insistance sur la beauté
d’Ismène (par opposition à Antigone).
Hémon :
Portrait physique : Jeune homme
Portrait moral : aime la danse, les jeux…
Créon :
Portrait physique : Homme robuste ; Aux cheveux blancs ; Il a des rides
Portrait moral : Aime la musique, les belles reliures, les longues flâneries chez les
antiquaires ; Etre délicat ; Seul
Eurydice :
Portrait physique : Vieille femme
Portrait moral : Bonne ; Digne ; Aimante
2) Présentation de l’histoire:
«Avant, du temps d’Œdipe, […] il a pris leur place.» → Temps du passé
(imparfait ; passé composé): Le prologue Rappelle le passé des personnages: la
mort d’Œdipe et la guerre entre ses deux fils ; l’élection de Créon et son édit dont la
conséquence sera la mort des trois personnages : Antigone, Hémon et Eurydice.
«Elle pense qu’elle va être Antigone tout à l’heure, qu’elle va surgir soudain… Elle
pense qu’elle va mourir… Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son
rôle jusqu’au bout…» → Répétition du futur proche : Le prologue nous informe
sur le destin d’Antigone, sur ce qui va lui arriver très prochainement : son rôle est
écrit, il ne peut être changé.
Le prologue annonce déjà le dénouement de la pièce. Il est à la fois un
personnage et une fonction: Il est omniscient, il sait tout.
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Activité 2
Antigone et la nourrice -Lecture méthodique-

Texte support : "Pendant que le Prologue parlait, les personnages...mon


oncle Créon saura. Laisse-moi, maintenant." Page 13-18
I- Situation du passage :
Situation 1 :
Les deux frères d’Antigone se sont entretués, devenu Roi, Créon décide d’enterrer
Etéocle et ordonne de laisser pourrir Polynice au soleil. Après ces événements, Antigone
fait une escapade nocturne et doit rendre compte à la nourrice.
Situation 2 :
Antigone était sortie pendant la nuit pour enterrer le corps de son frère Polynice. A
son retour, la nourrice l’avait surprise et s’est fâchée car elle croyait qu’elle avait un
rendez-vous avec un amoureux.
II- Axes de lecture:
1- Les traits distinctifs des deux personnages :
Antigone :
 Elle a une façon différente de voir la beauté (c’était beau, tout était gris).
La connotation du gris, c’est la tristesse, mais pour Antigone, c’est la beauté et donc
c’est la joie. Le monde en couleur : rose, jaune, vert, est superficiel, banal, une carte
postale → anachronisme.
 Un personnage solitaire : La solitude d’Antigone est marquée par les répliques
(c’est beau un jardin qui ne pense pas encore aux hommes) (J’ai cru au jour la
première aujourd’hui) Cette solitude est revendiquée et recherchée par Antigone elle-
même (Et il n’y avait que moi dans toute la campagne à penser que c’était le matin.
C’est merveilleux, nourrice) → le merveilleux de la nature tient à son absence
d’homme.
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 Un personnage discret (refus de se confier) : Le oui répétitif des répliques ( J’avais


un rendez-vous / Oui, nourrice, oui, le pauvre / Oui, nourrice / Oui, nourrice, mon
oncle Créon saura) marque au contraire un refus de se confier.
 Un personnage énigmatique (ambigu ; incompréhensible ; mystérieux) : Les
didascalies soulignent l’attitude énigmatique d’Antigone (à un étrange sourire /
étrangement, après un silence / a encore un sourire imperceptible).
L’incompréhension de la nourrice, qui au contraire éclate, isole déjà Antigone du
reste des hommes ordinaires incarné par la nourrice.
 Elle est différente de sa sœur Ismène : n’est pas assez coquette, ne s’occupe pas de
ses toilettes, ne change pas de robe, des cheveux mal peignés.
 Un personnage déterminé(Décidé, résolu): parce qu’on comprend jusqu’où elle est
prête à aller « garde tes larmes, tu en auras peut-être besoin encore »
La nourrice
 Femme simple d’esprit: n’a pas compris les allusions d’Antigone.
 Personnage naïf, ayant un rôle protecteur envers Antigone. Elle est bienveillante.
 Elle a un devoir maternel pour Antigone, elle remplace la mère (qui est Jocaste)
: «Je me lève quand il fait encore noir, je vais à ta chambre, pour voir si tu ne t’es pas
découverte en dormant et je ne te trouve plus dans ton lit ! », ou encore « Il va falloir
te laver les pieds avant de te remettre au lit.»
 elle a éduqué la jeune fille, mais sa vieillesse résignée s’oppose à la jeunesse
énergique (et désespérée) d’Antigone.
 Elle emploi un langage familier : (Je la connais, la chanson / c’est du joli ! c’est du
propre!) (Un garçon que tu ne peux pas dire à ta famille : « Voilà, c’est lui que j’aime,
je veux l’épouser. »). Les nombreuses répétitions suggèrent aussi une sorte de
harcèlement verbal (Fais la folle ! Fais la folle ! / Donnez-vous du mal ; donnez-vous
du mal pour les élever ! / C’est ça, hein, c’est ça ? ton oncle, ton oncle Créon saura)
2- Le quiproquo :
Le quiproquo porte sur le terme «l’amoureux» :
La nourrice est persuadé qu’Antigone est sortie car elle avait un rendez-vous avec un
garçon qu’elle a qualifié de voyou.
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Antigone ne la détrompe pas. Cet amoureux est son frère Polynice pour qui Créon a
interdit la sépulture.
Seul le spectateur sait qu’elle est sortie pour aller enterrer son frère et mourir à son
tour puisqu’elle a transgressé la loi de son oncle
Dans cette scène, trois autres personnages sont évoqués :
 Ismène : l’opposée d’Antigone (belle, toujours bien habillée) Antigone est négligée.
 Hémon : le futur mari d’Hémon.
 Créon : le Roi, le pouvoir ; Créon saura :
Pour la nourrice : Créon saura qu’Antigone a un amoureux
Pour Antigone : Créon saura qu’Antigone a enterré son frère.

Activité 3
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Antigone et Ismène -Lecture méthodique-

Texte support : "ISMÈNE: Écoute, j’ai bien réfléchi toute la


nuit...ANTIGONE: Comme tu as bien tout pensé!" Page: 24-27
I-Situation de passage:
Situation 1 :
Après l’escapade nocturne d’Antigone, elle devrait faire face à la nourrice et la
rassurer sur sa pureté. Mais voilà qu’Ismène se réveilles à son tour.
Situation 2 :
Après une nuit de réflexion, Ismène essaye de convaincre sa sœur Antigone et de
la dissuader afin de renoncer à son projet d’enterrer Polynice.
II- Identification du texte :
Type : Argumentatif.
Genre : Dialogue.
Personnages : Ismène- Antigone
Tonalité : Polémique.
III- Hypothèses de lecture :
 Ismène cherche à convaincre sa sœur au sujet de l’enterrement de leur frère
(Polynice).
 L’attitude des deux sœurs.
IV- Les axes de la lecture:
1- Tentative d’Ismène à dissuader Antigone.
2-L’entêtement d’Antigone :
3-Le courage d’Antigone et l’angoisse d’Ismène.
Analyse du 1er Axe :
La tentative d’Ismène face à l’entêtement d’Antigone :
-Ismène et Antigone discute à propos de quoi ?
-Quelle est la position vis-à-vis de l’enterrement de Polynice ?
-Que cherche à faire Ismène ?
-Par quels moyens ?
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-Quels sont les arguments fournis par Ismène ?


-Quelle est la réaction d’Antigone ?
-Quels sont les contres arguments d’Antigone ?
Les arguments d’Ismène :
 La peur de la condamnation à mort: «Nous ne pouvons pas, il ns ferait mourir»
 L’amour de vie: «Je ne veux pas mourir»
 Le sentiment de réflexion: «Je réfléchis plus que toi» ; «J’ai raison plus souvent
que toi»
 La peur du roi ; de la condamnation à mort: «Il est plus fort que nous» ; «il
nous ferait mourir»
 La peur de la foule ; d’être un exemplaire d’un condamné: «Ils nous hueront» ;
«Ils nous cracheront à la figure» ; «Il faudra souffrir» ; «Souffrir, sentir la
douleur» ; «On peut plus la supporter»
Les contre arguments d’Antigone
 Le devoir d’enterrer leur frère: «Lui, il doit ns faire mourir, et nous,
nous devons aller enterrer notre frère»
 trop de réflexion est inutile dans ce type de circonstance: «Il y a des fois où il
ne faut pas trop réfléchir»
 Le refus d’être raisonnable et de comprendre: «Je ne veux pas avoir raison»
 Le refus des règles de conduite familiales: «Comprendre… Vous n’avez que ce
mot-là dans la bouche, tous, depuis que je suis toute petite … Comprendre.
Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre»
1ère conclusion :
Il s’agit d’un dialogue argumentatif entre les deux sœurs à propos de l’enterrement
de leurs frère Polynice. Face à l’entêtement d’Antigone, la stratégie d’Ismène a
échoué et Antigone ose défier les ordres du roi, Créon.
Analyse du 2ème Axe : l’opposition entre les deux sœurs:
Antigone :
Impulsive (elle n’en fait qu’à sa tête)
Courageuse devant la mort
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Résolue à poursuivre son projet


Entêtée : Antigone reprenne les arguments de sa sœur à la forme négative : « Il y
a des fois où il ne faut pas trop réfléchir; / Moi je ne veux pas comprendre un peu. /
Je ne veux pas avoir raison. Moi je ne suis pas le roi. Il ne faut pas que je donne
l’exemple
Lexique du courage
 Les phases négatives
 Elle n’avait qu’à ne pas désobéir.
 Nous devons aller enterrer notre frère
 Il ne faut pas que je donne l’exemple
 Moi je ne veux pas comprendre
Ironie (comme tu as pensé!)
Ismène :
Raisonnable (elle réfléchit) : Ses arguments sont réalistes: elle dit que Créon n’a
pas totalement tort : « Il est le roi, il faut qu’il donne l’exemple« ,
Peureuse, craintif et lâche: Craint la souffrance et la mort
Conformiste, résignée
Lexique de la peur :
 Il nous ferait mourir.
 D’abord c’est horrible.
 Ils nous hueront.
 Ils nous cracheront à la figure
 Souffrir, sentir la douleur
 On peut plus la supporter
2ème Conclusion :
Ismène est faible, lâche et conformiste. Alors qu’Antigone est courageuse et
anticonformiste.
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Synthèse :
Dans ce dialogue argumentatif, la tentative d’Ismène, le model conformiste, a
échoué à cause de l’entêtement d’une jeune courageuse et anticonformiste ;
Antigone.

Activité 4
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Antigone et la nourrice -Analyse-

Texte support : "LA NOURRICE : Qu'est-ce que tu as ma petite colombe?


... Faire tuer ta chienne? Mais tu es folle ce matin!" Page 32-36
I- Situation du passage :
Ismène qui s’est rétractée (revenir sur sa décision), a tenté de convaincre sa sœur
Antigone de ne pas enterrer Polynice de peur d’attirer les foudres de Créon. À ce
moment-là, la nourrice fait sa seconde apparition.
II- Axes de lecture
1- La tourmente d’Antigone :
Consciente de ce qui l’attend (affronter Créon et la mort) Antigone perd tout appétit
«je n’ai pas faim, nourrice» et cherche un réconfort morale auprès de sa
nourrice : «fais-moi tout de même bien chaud comme lorsque j’étais malade…»
 «Nounou plus forte que la fièvre ; Plus forte que le cauchemar ; Plus forte que
l’armoire qui ricane ; Plus forte que les mille insectes… ; Plus forte que la nuit…»
→ Antigone l’enfant
 «Plus forte que la mort». → Antigone l’adulte
L’anaphore «plus forte que» est une forme d’insistance, Antigone cherche la
force de faire face à la mort.
Elle avoue sa faiblesse et sa peur mais demeure orgueilleuse «je suis seulement
encore un peu petite pour tout cela, mais il n’y a que toi qui doit le savoir»
«Tout cela» → anaphore grammaticale qui renvoie à l’enterrement de
Polynice, à sa future confrontation avec Créon, à la mort… Mais échapper à la
mort est une chose dont elle doute : «Je tiens ta bonne main … peut-être qu’elle va
me sauver encore» → faible espoir.
2- Un testament oral + les adieux
Implicitement, Antigone laisse un testament oral à la nourrice, certaine de sa mort.
La chienne douce «si elle était triste, si elle avait l’air d’attendre… il voudrait mieux
la faire tuer…» c’est sa dernière volonté.
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Toutefois elle ne cesse de faire des allusions à sa fin tragique «Si moi pour une
raison ou pour une autre je ne pouvais plus lui parler» que la nourrice «ne comprend
pas».

Activité 5

Antigone et Hémon -Lecture méthodique-


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Texte support : "ANTIGONE, cours à Hémon. Pardon ...C'est fini pour


Hémon, Antigone." Page : 37-44
I- Situation du passage:
Situation 1 :
Ismène n’a pu ni convaincre ni persuader sa sœur à renoncer à son projet d’enterrer
leur frère Polynice. L’héroïne tragique laisse une sorte de testament oral à la nourrice
(tuer la chienne si elle était triste) et se prépare à faire ses adieux à Hémon.
Situation 2 :
La scène précédente était la scène d’adieu où Antigone léguait sa chienne à la
nourrice et s’appropriait de la tendresse pour affronter les évènements.
Ici, c’est une scène d’adieu avec Hémon. Elle ne lui dit pas pourquoi elle ne veut
pas l’épouser et il ne dit car il l’a juré. Lui non plus ne la comprend pas.
II- Axes de lecture:
1) Une scène d’amour
Au début de la scène, Antigone se comporte comme une jeune femme amoureuse
: «Elle se serre contre lui un peu plus fort ».
Elle ne parle pas car ses gestes suffisent à dire sa tendresse et son amour :
«Ils restent un instant sans rien dire, puis elle commence doucement»
« Il la tient dans ses bras, il sourit, il la regarde.»
Il y a aussi la présence directe d’un champ lexical de l’amour : mon amour, mon
chéri, je t’aime.
2- Une scène de rupture
Après La réconciliation entre les deux amoureux et la déclaration d’amour
réciproque,
vient La rupture → le mariage est annulé ; «elle se détache d’Hémon et prend un
autre ton».
Elle est alors «bouleversée».
Enfin, elle repousse Hémon, instaure entre elle et lui une distance physique mais
aussi une distance par la dureté de ses paroles : «Et elle ajoute, se détournant, dure».
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L’anaphore de JAMAIS mise en tête de la phrase met en valeur cette fâcheuse


révélation, cette décision irrévocable. Rupture sans explication.
Hémon, surpris, accepte passivement la décision de son ex- fiancée.
3– L’emploi des temps :
Antigone emploie le mode conditionnel au passé.
Le mode verbal dominant dans les répliques d’Antigone c’est le conditionnel. Elle
emploie ce mode parce que tout ce dont elle parle n’est pas une réalité, mais un projet
: avoir un garçon, se marier avec Hémon, devenir mère sont des faits virtuels.
«Le petit garçon que nous aurions eu…, je l’aurais serré…, il aurait eu une
maman…»
Antigone sait déjà que ces projets sont de l’ordre de l’irréel, ils ne se réaliseront
jamais car son destin est scellé.
Hémon emploie le mode indicatif au présent.
Hémon croit que le bonheur est possible, qu’il va épouser Antigone et fonder avec
elle une famille. «Nous aurons d’autres soirs»
Hémon comprend qu’il s’agit d’une rupture: Antigone veut rompre la promesse de
mariage qu’elle a faite à Hémon. Mais en fait, Antigone est sur le point
d’entreprendre une action dangereuse qui compromet sa vie.
Le spectateur quant à lui comprend que cette scène est un adieu, que l’engagement
d’Antigone ne pourra qu’être tenu car elle va mourir.

Activité 6

Créon et le garde -Analyse-


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Texte support : «LE GARDE se présente au garde-à-vous. Garde


Jonas…ils sont sortis, le Chœur entre» Page 46-53
Situation du passage:
Ismène, dans une deuxième tentative, a essayé de convaincre sa sœur Antigone à
renoncer à son projet d’enterrer son frère Polynice. Mais cette tentative est vaine,
Antigone est déjà passé à l’action.
1- Première apparition de Créon :
Dès qu’il entre en scène, Créon doit faire face aux problèmes. Un garde lui apprend
qu’on a tenté d’enterrer le corps de Polynice.
Le garde, qui normalement est étranger à l’univers de la tragédie, se préoccupe
surtout de sa propre petite personne. L’information qu’il rapporte apparait secondaire
par rapport à ses soucis : ses enfants, sa fonction, bref sa petite personne.
2- Réaction de Créon:
«Qui a osé? Qui a été assez fou pour braver ma loi?»
Le sérieux de la réaction ramène vers la vraie tragédie.
Quant au garde surpris par ce sérieux, tente d’atténuer la tentative d’enterrer le
corps de Polynice : « Rien chef, rien qu’un pas plus léger qu’un passage d’oiseau…
une petite pelle d’enfant. »
3- Créon étouffa l’affaire:
S’assurant que personne n’est au courant à part les gardes, Créon étouffa l’affaire :
« … et pas un mot… » En menaçant les gardes de mort : « …si tu parles … vous
mourrez tous les trois »
4- Les soupçons de Créon:
Les premiers soupçons ne vont pas directement à Antigone, ils se dirigent surtout
vers les amis de Polynice.

Activité 7
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Antigone et Créon -Analyse-

Texte support : «CRÉON : Et cette nuit, la première fois, c'était toi aussi?
… La loi est d'abord faite pour toi, Antigone, la loi est d'abord faite pour
les filles des rois!» Page 63-67
I- Situation du passage :
Après une première tentative, Antigone récidive en allant enterrer le corps de
Polynice en plein jour. Elle est alors arrêtée par les gardes et ramenée devant Créon.
Celui-ci tente de camoufler l’affaire pour sauver sa nièce.
II- Axes de lecture:
1- Antigone, une fille décidée
Dès le début, Antigone avoue sans peur ses deux tentatives et laisse entendre sa
détermination : « …la seconde fois, j’ai dû recommencer avec mes mains. »
La première fois, c’était avec une pelle qui servait à faire des châteaux de sable.
Le souci de Créon et surtout de s’assurer que l’affaire ne s’est pas ébruitée : «As-tu
rencontré quelqu’un?» ; «tu en est bien sûr?»
S’ensuit alors un ordre: Antigone doit regagner sa chambre. Mais Antigone est
déterminée : «Pourquoi ? Puisque vous savez que je recommencerai».
La didascalie : «un silence, ils se regardent» → Créon est choqué par la réplique
d’Antigone.
Les raisons pour lesquelles Antigone veut enterrer son frère :
 Raison religieuse
 Par fraternité (un devoir)
Créon croit que le défi d’Antigone ou plutôt interprète ce défi et cet entêtement
comme celui d’une personne appartenant à un rang supérieur, qui se croit au-dessus
des lois.
→ mais Antigone accepte son rôle de mourir : «j’étais certaine que vous me feriez
mourir.» Devant cette détermination.
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2- Les antagonistes : Conflit et défi


–Créon :
– Fait preuve d’indulgence à l’égard d’Antigone ; il était prêt à lui pardonner son
geste.
– sacralise la loi : pour Créon la loi est d’abord faite pour les membres de la famille
royale, nul n’est censé être au-dessus de la loi.
– Antigone :
– Entêtée
– Courageuse
– Affectueuse envers les membres de sa famille
Le conflit : Dès la première didascalie un climat de conflit s’installe entre les deux
protagonistes : «Créon et Antigone sont seuls l’un en face de l’autre». au fil de lecture
ce conflit devient de plus en plus apparent aussi bien par l’emploi des stichomythies :
«-Je le devais – Je l’avais interdit» que par le recours aux adverbes et aux locutions
marquant l’opposition: «Tout de même, non, ce n’est pas vrai, au contraire…»
Le défi : Antigone fait preuve d’un courage digne d’une vraie héroïne tragique,
elle se dresse seule en face de Créon son oncle et roi de Thèbes pour lui avouer
qu’elle ne regrettait pas son geste et qu’elle était prête à le refaire «puisque vous
savez bien que je recommencerai». Le roi n’arrivant pas à croire ce qui s’était passé
tenta de prouver à sa nièce que Polynice méritait sa punition puisqu’il était un
«révolté et un traître» avant de lui exposer les vrais motifs de son acte.