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2020-2021 © Introduction à la fiscalité -2éme LSG

Correction de la série 1 : Introduction à la fiscalité

Question 1 : Définition et caractéristiques de l’impôt


(a) L’impôt est un prélèvement volontaire requis des particuliers pour couvrir les
dépenses publiques.
 Le verbe « requis » nous paraît impropre en ce sens qu’il invoque une exigence
plutôt qu’un don ou une libéralité (volontariat). Il contredit, en fait, l’acte volontaire.
Cette proposition contient l’adjectif « volontaire ». L’impôt serait donc un acte
volontaire ; ce qui est contraire à la nature de l’impôt. Ce dernier constitue une
obligation, même plus une contrainte auquel nul ne peut échapper. C’est un
prélèvement par voie d’autorité ayant entre autres finalités la couverture des charges
publiques.
L’impôt se différencie du don, qui est purement volontaire. Or les dépenses
publiques ont un caractère permanent qui fait que les ressources qui les financent
doivent être aussi de même nature. Ce qui explique alors le caractère obligatoire et
contraignant de l’impôt.
(b) La taxe est un prélèvement fiscal dont le montant est équivalent au service rendu
par l’État.
 Cette affirmation est erronée puisqu’elle présente la taxe comme un prélèvement
qui se caractérise par une équivalence entre le montant dû et la prestation de
contrepartie. S’il est vrai que la taxe est un prélèvement fiscal au profit de l’État qui
se rapproche par certains aspects de l’impôt, il s’en distingue nettement au niveau
de l’équivalence du prélèvement et de la contrepartie. En effet, l’impôt est un
prélèvement sans contrepartie directe. A l’opposé, la taxe a une contrepartie directe
mais sans que celle-ci soit équivalente. Ainsi, la taxe d’enlèvement des ordures
ménagères constitue un prélèvement fiscal dont le montant n’est pas équivalent à la
qualité du service fourni par la municipalité. Elle s’éloigne également du prix qui est
fonction de la qualité de la prestation et qui suppose l’existence d’une certaine
équivalence.
(c) La redevance est la rémunération d’un service rendu par un établissement public
industriel et commercial.
 Cette citation est erronée puisque la redevance est un prélèvement fiscal opéré à
l’occasion d’un service rendu au contribuable au profit soit d’un établissement
public industriel et commercial soit d'organismes privés (association). En effet, elle
est perçue au profit d’une personne morale de droit public ou privé autre que l’Etat,
les collectivités territoriales ou leurs établissements publics administratifs.
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(d) S’il advenait que des conflits se produisent entre la loi de l’impôt et un traité
avec un pays quelconque, les termes de la loi prévaudraient.
Cette affirmation est erronée en raison du fait qu’un traité est supérieur à la loi
interne. Il s’ensuit qu’en cas de conflit, le traité régira la situation et la loi interne
sera écartée.

Question 2 :
L’existence de l’impôt se justifie essentiellement par :
- La contrepartie des services rendus par l’État ;
- La solidarité nationale ;
- L’Question de la souveraineté en reconnaissant la légitimité du pouvoir et en
accordant à celui-ci les moyens d‘Question de ce pouvoir.

Question 3 :
- Il existe des conventions fiscales entre la Tunisie et les autres pays puisque
chaque État exerce sa souveraineté sur la totalité de son territoire, il lève l’impôt sur
aussi bien les citoyens qui y vivent que les biens ou les transactions qui y naissent.
De ce fait, chaque État ignore ce qui se passe en dehors de son territoire. En un mot,
le champ d’application de la souveraineté fiscale est le territoire. C’est ce qu’on
appelle le principe de territorialité. Ce dernier a connu plusieurs assouplissements
pour tenir compte des développements de l’échange entre citoyens de plusieurs
États. En effet, pour éviter qu’une matière imposable soit à plusieurs reprises
soumises à l’impôt, les États ont convenu de se partager l’impôt en fonction de
critères qu’ils ont élaborés. C’est l’ensemble de ces règles de partage de la
compétence fiscale que contiennent généralement les conventions fiscales. On ne
peut envisager à ce propos l’existence d’une seule convention fiscale, car chaque
État conçoit différemment ce partage de souveraineté.
- S’il n’existe pas de conventions fiscales entre la Tunisie et un pays étranger.
Chaque État va imposer la matière imposable suivant ses propres lois. Par
conséquent la matière imposable supportera, probablement plusieurs impositions,
chacune relevant d’un État et ignorant l’existence et les effets de cette superposition.

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Question 4 :
Le contribuable légal est celui qui a vocation légale à payer l’impôt. Ainsi, il est
tenu de payer l’impôt. Dans le monde anglo-saxon il est désigné par « tax payer »
c’est à dire le payeur des impôts. Donc, de par ses actes ou ses faits, il est sujet à des
impositions et partant des sommes lui sont réclamées à ce titre.
En revanche, le redevable est celui sur lequel pèse une obligation de payer des
impôts soit en qualité d’entremetteur soit de contribuable. Il peut être un collecteur
d’impôt c’est à dire qu’il ne supporte pas définitivement l’impôt mais constitue un
maillon de la chaîne qui aboutit à imposer un tiers qui est le véritable contribuable.
Par contre, une personne peut être redevable d’impôt et en même temps contribuable
si elle doit en sa qualité propre s’acquitter d’une dette vis à vis du fisc.
Question 5 :
Les caractéristiques de l’impôt sont au nombre de 7 :
1- Le caractère autoritaire des impositions.
2- Le caractère général de l'imposition.
3- L'absence de contrepartie directe.
4- Le caractère pécuniaire de l'impôt.
5- Le caractère définitif de l'impôt.
6- La nature législative de l'impôt.
7- La finalité de couverture des charges publiques.

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