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SOMMAIRE

Pages
1— I/Iise en contexte •.

2— Jbjectifs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . ...3
3— 1vIëthodo1ogie. .. .. ........ ... SS•• .•.••• •.. 3
4- Presentation de la Banque Populaire HaItienne (BPH)..........4

5— Iésu1tats dégagés. • • • • • .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . ...8
6— onc1usions
36
F7
1ecoiiiriiandations. ..... •..... .... .. .. ..... . ..37
8— Annexes....... . .
. . . • • • • • •. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . •....
. ..40

2
1.-MISE EN CONTEXTE

Suite aux allegations portant sur la deterioration de Ia situation financière de la Banque Ppulaire
Haltienne (BPH) consecutive a une mauvaise gestion du portefeuille de l’Tnstitution, la Direction
Générale de l’Unité de Lutte Contre Ia Corruption (ULCC). conformement a sa mission stipulee a
Particle 2 du decret du 8 septembre 2004, a decide d’ouvrir une enquête pour determiner leur
bien fonde. A cette fin, une commission d’enqudte ad hoc a été mandatee par le Directeur
General de l’ULCC, Me. Lionel Constant BOURGOIN, en vue de rechercher les dventuels cas
presumes de corruption qui auraient ete commis dans Ia gestion du portefeuille de credit de la
BPH.

2.-OBJECTIFS
Dans le cadre de cette investigation, l’ULCC s’est donne pour objectif d’une part, de faire le
jour sur les soupcons de mauvaise gestion du portefeuille de credit de la Banque Populaire
Haltienne (BPH) ayant conduit a sa deterioration financière et d’autre part, de determiner
l’eventuelle responsabilité administrative et/ou pénale des principaux agents publics impliques
dans la gestion du portefeuille de credit de la BPH pour la periode allant d’octobre 2011 a
septembre 2016.

3.-METHODOLOGIE

Dans le cadre de cette enquéte, la commission a auditionné l’Ex-Directrice de Credit, Madame


Jacqueline SALNAVE, Ia nouvelle Directrice de Credit, Madame Marie Jean Francesse
XANTUS, Ic Directeur Financier, Monsieur Francois Eric DESROUILLERES et la
Responsable des Operations de Credit, Madame Marie Phebée DARANG JEAN-JACQUES
ceci, en vue davoir une comprehension globale de Ia politique de credit de Ia BPH. Des
documents relatifs aux differents prêts octroyCs par la BPH ont été analyses par la Commission
d’enquête. Les dossiers analyses concernent les trois categories de préts : préts a la
consommation, prêts au logement, préts commerciaux. L’analyse de ces documents a conduit a
l’audition d’autres Responsables impliqués dans Ia gestion du portefeuille de credit au cours de
la période 2011 a 2016. Le choix de cette pCriode a été fait parce qu’au depart la commission ne
disposait pas d’elements de dénonciation pour une date precise.

3
En outre, la Commission a consulté le Manuel de Procedures de credit en vigueur a la BI?H, les
différentes Circulaires de la BRH, Ia loi du 27 novembre 2008 portant modification de certajnes
dispositions du décret du 13 décembre 1983 sur Ia Banque Populaire Haltienne et d’autres
documents specifiques dont les Protocoles d’Accord conclus avec d’autres Institutions puIliques
dans le cadre de la mise en place de programmes de credits spéciaux tels que: KRED IPAM,
CHANJE METYE CHANGE LAVI et KAY PAM. Ii est a préciser que les procès-verbaux’
daudition et tous les autres documents relatifs a lenquête sent annexes au present rapport.

4.- PRESENTATION DE LA BANQUE POPULAIRE HAITIENNE (BPI{)

- Le cadre legal

La Banque Populaire Haltienne (BPH) est une institution d’épargne et de credit. Elle a étë créée
par la loi du 20 aoflt 1973 pour remplacer la Banque Populaire Colombo-Haltienne frappee de
dissolution a la suite d’un Protocole d’Accord conclu le 30 juin 1973 entre les autorités
gouvernementales d’alors et le représentant de Ia Banque Colombienne <<Banco Popular >>. La
loi du 20 aoflt 1973 a consacré en quelque sorte le droit de preemption du Gouvernement
haltien sur les actions de la Banque Populaire Colombo-Haltienne qui cessait alors d’être une
banque mixte pour devenir la propriété exclusive de l’Etat haItien. Ainsi, s’est justifiée la
nouvelle denomination de <<Banque Populaire Haltienne >> qui lui est désormais attribuée par la
loi, l’épithète colombienne n’ayant donc plus sa place dans la raison sociale de la nouvelle
banque. L’article 3 de cette loi du 20 aout 1973 avait conflé la gestion de la Banque Populaire
HaItienne (BPH), pourtant dotée de la personnalité civile et juridique, au Conseil
d’Administration de la Banque Nationale de la Republique d’HaIti. Un Directeur Général
nommé par le Président de la Republique était done chargé de l’exécution des decisions du
Conseil d’Administration.

Mais, suite a la
dissolution de la Banque Nationale de la RCpublique d’HaIti en 1979, la BPH
allait désormais être placée sous la tutelle de la Banque de la République d’HaIti (BRH) par
décret en date du 13 décembre 1983 portant modification de Ia loi du 20 aoüt 1973. Ii s’agissait

1
Voir Les Procès-verbaux daudition.

4
aux yeux de plus dun d’une anomalie, car, étant donné sa mission légale de régulat
rice du
système bancaire, ii était donc inconcevable que la BRH soit impliquee directement
dans la
gestion et l’administration d’une banque commerciale comme Ia BPH. 2Ainsi, Ia
loi du 27
novembre 2008 a modifié diverses dispositions du décret du 13 décembre 1983 dont
celles de
l’article 5 de ce décret fixant désormais le capital minimum autorisé de la Banqu
e Populaire
Haltienne a soixante millions de gourdes (Gdes 60, 000, 000.00) et celles de l’articl 7
e confiant
dorénavant l’administration et Ia gestion de la banque a un Conseil d’Administra
tion et un
Directeur Général. Ce Conseil d’Administration est compose de cinq (5) membres
dont un
Président, un Vice-président et trois membres nommés pour trois ans par arrété du
Président de
Ia République et ratiflé par le Sénat. L’institution de cette nouvelle structure de
gestion et
d’administration devait faire désormais de Ia BPH une banque indépendante a part entière
.

Mais, jusqu’à present, force est de constater que la mise en place de ce Conseil d’Adm
inistration
se fait encore attendre. La BPH fonctiorme tout a fait en marge du cadre legal prévu
par la loi
du 27 novembre 2008 portant modification de certaines dispositions du décret du 13
décembre
1983. Notons qu’en 2011, ayant abuse de sa fonction, le Président de la République
d’alors, M.
Michel Joseph MARTELLY a nommé a la tête de la BPH un Conseil de Directi
on compose
d’un Directeur Général et d’un Directeur Général Adjoint, ce, au mépris de l’article 2 de
la loi
du 27 novembre 2008 portant modification de l’article 7 du décret du 13 décembre 1983.
Cet
article se lit comme suit

<<La BPH est administrée et gérée par tin Conseil d ‘Administration et tin Directeur
Général. Le
Conseil d’Administration est compose de cinq (5,) membres nommés pour trois (3 ans par
Arrêté
die Président de Ia République et ratUIé par le Sénat:

- Un Président
- Un Vice-président.
- Trois (3) membres

2
Max, Etienne, HaIti : Code Monétaire et Financier, Mise a jour en Aot 2013, Port-au-Princ
e, Banque de Ia
République d’HaIti, 2009, p. 373 (notes au bas de I’artide 1 du décret du 13 décembre
1983 plaçant le Conseji de
Direction de Ia Banque Populaire Haltienne sous Ia Supervision du Conseil D’Administr
ation de Ia Banque de Ia
République d’HaIti).

5
Chacun des trois autres membres du Conseil d’Administration s ‘acquittera des i-zissions
spécIques qui leur seront assignees par le Conseil. Ces trois membres seront rémunérés par
des
jetons de presence. >>

- Le champ d’intervention de Ia BPH

Les objectifs assignés a


la BPH sont clairement définis dans les dispositions de 1’artic1e 2 du
décret du 13 décembre 1983. Etant une Institution d’épargne et de credit, Ia BPH a Ia eapacité
d’effectuer des operations bancaires dans ces deux domaines. Mais, dans le cadre
de
l’investigation de I’ULCC, l’accent a été mis presqu’exclusivement sur le volet <<credit > de
la
mission de la BPI-{. Notons a ce sujet que l’article 2 alinéa 2 du décret précité confère a la BPH
la possibilité d’effectuer une large gamme d’operations ayant trait au credit. En effet, suivant
ces dispositions legales, la BPH <K pent faire

a) des operations de credit en général, sons forme de préts, d ‘avance de garantie, prise de
pension ou d’escompte d’effets publics on de commerce, de financement a tern-je
des
exportations ,

b) des operations de credit a long terme avec ses profits ou avec les fonds provenant de ses
activités internes [...]>>.

- Les categories de prêts octroyés par Ia BPH

Le portefeuille de credit de Ia BPH regroupe genéralement trois (3) categories de prêts qui
peuvent, suivant le cas, presenter certaines variantes. Ii s’agit principalement des: prêts
au
logement, préts a la consommation et préts commerciaux. Ces trois categories de prêts sont
dailleurs définies dans la Circulaire no. 87 de la Banque de la République d’HaIti. Vojci
les
definitions données respectivement aux différentes categories de prêts4

Les prêts a Ia consommation englobent


l’ensemble des prêts et avances octroyés par un
établissement bancaire pour l’acquisition de biens de consommation ou pour le paiement
de services. Les avances sur cartes de credit sont incluses dans cette categoric.

31e Moniteur No. 16, jeudi 15 février 2007.

4Voir Dossier < autres annexes >, Document 1, Banque de Ia République d’HaIti, Circulaire no. 87.

6
• Les prêts commerciaux se disent de l’ensemble des credits accord
és a une personne
physique ou morale pour des fins d’affaires. Ces credits incluen
t les prêts et les avances
de créances, les titres de participation, les acceptations, les lettres
de credit, les garanties,
les titres de substituts de prêt et les contrats de credit-bail financi
er. Les prts aux
intermédiaires financiers, Ic préts a l’Etat, aux entreprises publiq
ues et aux collectivités
de même que les prêts immobiliers commerciaux appartiennent a cette
categoric.

• Les Prêts au logement correspondent a l’ensemble des prêts et avances octroyés


par un
établissement bancaire pour l’acquisition, la construction, la reparat
ion ou l’amélioration
d’un bien immobilier rCsidentiel. ITs comprennent les biens immob
iliers résidentiels
suivants: residences unifamiliales, logements multiples de
tout type, immeubles a
plusieurs vocations dont plus de la moitie de la superficie sert a
l’habitation résidentielle
et terrains devant servir a Ta construction résidentielle.

A coté de ces trois principales categories de prêts, la BPH octroie un certain


nombre de credits
spéciaux destinés a certains groupes de personnes bien déterminées.
C’est le cas du microcrédit
qui est destine aux petites et moyennes entreprises, du KAY PAM
qui est un programme de prêt
au logement mis en place en faveur de Ia clientele et des fonctionnaires
de l’Etat a partir d’un
Protocole5 d’Accord conclu en date du 13 juillet 2011 entre la BRH,
Ia BNC et la BPH et du
KREDIPAM qui constitue un programme de prêt a Ia consommation
concu en faveur des agents
de Ta Fonction Publique suivant un Protocole d’Accord signé le let
aoüt 2002 entre le MEF, la
BNC et Ia BPH. Précisons que les articles 2, 3 et 7 de ce Protocole6
du aoüt 2002 ont été
modifies par un avenant intervenu entre les parties le 4 décem
bre 2012 dans le dessein
d’augmenter de manière progressive <<le fonds de garantie constit
ué auprès de Ia BNC et Ta
BPH a hauteur de sept cent cinquante millions & 00/100 gourdes (HTG
750, 000.000.00). >>

Protocole d’accord entre Ia BRH, BNC et Ia BPH du 13 juillet 2011


(Voir le dossier < Prêt a Ia consommatiori.:
Kredi Pam ))).

6
Avenant #4 du 4 décembre 2012 au protocole du 1er
aout 2002(Voir le dossier < Prêt a Ia consommation : Kredi
Pam).

7
5. - RESULTATS DEGAGES

L’ensemble des démarches de la commission ont abouti aux résultats suivants:

5.1) Mauvaise gestion du portefeuille de credit

Dans la majorité des cas, la BPH n’a pas respecté les formalités édictées dans le
Manuel de
Procedures concemant le traitement des dossiers de credit. En effet, les dossiers
analyses par la
commission ont mis en evidence un grand nombre d’irrégularites. Celles-ci concernent
toiites les
categories de préts.

5.1.1- Prêts a Ia consommation


•:• KREDIPAM.

Le programme KREDIPAM comme nous l’avons précédemment signalé, est conçu


,

exciusivement en faveur des agents permanents de la Fonction publique ayant, au


moms, une
année de service. Dc plus, pour étre eligibles au KREDIPAM, ces agents publics,
régulièrement
émargés au Budget de Ia Republique (Rubrique 110), ne doivent pas figurer sur
Ia liste des
mauvais débiteurs des institutions financières.

Au regard du Protocole d’Accord signé le 1 aoüt 2002 entre le MEF, la BNC et la


BPJ-T et les
différents Avenant, les prêts sont accordés aux fonctionnaires suivant un plafon
d. Toutefois, Ia
commission a constaté que le montant de certains préts accordés dans le cadre du
programme
KREDIPAM est supérieur au montant maximum requis. Le tableau ci-après
présente un
échantillon de prêts octroyés au- delà du montant plafond:

Nom et Prénom Date de Montant accordé Montant maximum Ecart


l’octroi par employé

FORTEUS Mario 03/Mars/201 1 420,000.00 350,000.00 70,000.00

LEMORIN 21/Oct./201 400,000.00 350,000.00 50,000.00

Voir le dossier < Prêt a Ia consommation : Kredi Pam .

8
Marie Wana

NOEL Jean 08/Aout/2012 600,000.00 350,000.00 25,00O.OO


Leclerc

SAINT PREUX 2013 777,668.00 500,000.00 277,668.00


Gensly

•• Autres prêts a la consommation


- Le cas du sieur Evinx DANIEL

M. Evinx DANIEL8 a bénéficié de plusieurs prêts a la BPH dont deux contractés en


vue de
financer des achats déquipements pour son hotel dénommë ‘<<Dan Creek Hotel >>, sis
a Port
salut/Cayes et un autre pour l’acquisition dun véhicule a usage personnel. En novembre
2012, ii
s’est vu octroyer un credit d’un montant de six millions cent quarante et un mule gourde
s (Gdes
6, 141, 000.00) pour l’achat de plusieurs équipements dont des Track loader, Excava
tor, Road
Tractor et Low Boy Trailer. Cependant, aucun document ayant rapport aux états
financiers de
ladite entreprise n’a été retrouvé dans les dossiers. Son état de dette au 24 mars 2015 a la
BPH est
de trois millions huit cent soixante onze mule neuf cent quarante sept et 97/100 gourde
s (Gdes
3,871, 947.97). Enfin, la commission n’a retrouvé aucune garantie dans le dossier
de préts
octroyés par Ia BPH a ce client qui a déclaré des revenus mensuels de trente mule
dollars
américains (USD 30,000.00) dont l’origine reste a verifier.

5.1.2- Prêts commerciaux.

Selon le Manuel de procedures de credit de la BPH,9 en particulier au point 4 de cc


Manuel
traitant du << Noyan de la Politique de credit >>, deux éléments essentiels sont a retenir en
matière
d’octroi de credit : Ia solvabilité du client et sa capacité managériale. Ces mêmes principes
seront
8
Voir Dossier Prêts a Ia consommation- Evinx Daniel
Banque Populaire Haltienne, Manuel de Procedures de Credit, p.10, (Voir Dossier < Prêts restructures ,>)

9
ainsi précisés: Tout prêt commercial doit être diment analyse avant d’être approuvé. Cette
<<

analyse couvrira au tnoins les points suivants: l’objet du credit, les états financiers audjtés
ou
redresses pour faire apparaltre le cash-flow de rembozirsement, les sz2retés et/ou Ia cauticzm
pour
démontrer l’existence d’une deuxième source de remboursement >>. Cependant, force
est de
constater que dans certains cas, ces formalités n’ont pas été prises en consideration.
A titre
d’exemple, la commission présente les cas suivants:

Le cas de M. Frantz BASTIEN


La commission a constaté une concentration du credit dans le dossier de M. Frantz BASTIEN
qui a été analyse. Ce fait constitue une violation flagrante du principe énoncé dans le
Manuel
de Procedures de credit qui interdit toute concentration de credit tant sur un seul client que
sur un
seul groupe ou encore une seule activité. De plus, le Manuel de Procedures fait obligation
aux
responsables de la BPH d’ < éviter la concentration des prêts et la concentration d ‘un type
donné
de siereté>.

Au cours de l’exercice 2012-2013, plus précisément entre octobre 2012 et Juin 2013, la
BPH a
octroyé trois (3) préts a M. BASTIEN equivalant a trente neuf millions quatre cent quarante
quatre mule soixante dix et 05/100 gourdes ( Gdes 39,444,070.05) et soixante quatre mule
six
cent vingt et un dollars et 16/100 (USD 64,621.16 ). Notons que M. BASTIEN avait déjà
bénéficid de deux (2) autres prêts totalisant quatorze millions trois cent quarante mule gourdes
et
00/100 (Odes 14, 340, 000.00) au cours de l’exercice précédent. Le comité de credit
a donc
décidé d’accorder ce montant exorbitant a un seul client au cours d’un exercice au moment
oi la
BPH se trouvait dans une situation catastrophique. Se référant a certaines données présentées
dans les différents rapports annuels rédigés par les auditeurs extemes du Cabinet d’Experts
Comptables Mérové-Pierre et celles recueillies au cours de l’audition de Monsieur
Max
ETIENNE, membre du Comité de Restructuration et de Contrôle chargé d’assainir la gestion
de
la BPH10. En outre, la commission d’enquete a constaté qu’au cours de l’année 2012 l’avoir
des
actionnaires était a six millions neuf cent mille et 00/100 gourdes (Gdes 6, 900, 000.00), c’est-à
dire, nettement en dessous du seuil reglementaire recommandé par les normes bancaires fixées
a
dix millions et 00/100 gourdes (Odes 10, 000, 000.00). La commission a aussi observe
que les

10Annexe : Audition de M. Max ETIENNE en date du 23 septernbre 2016

10
préts improductifs ne faisaient qu’augmenter d’année en année. Voici les constats faits
par la
commission a titre d’illustration:

- En 2011 les prêts improductifs s’élevaient a trois cent dix sept millions htiit cent
quatre vingt quatorze mule quatre cent cinquante deux gourdes et 00/100 gourdes
(Gdes 317, 894,452.00).
- En 2012 les prêts improductifs sont passes a trois cent quatre vingt treize millions
quatre cent trente quatre mule quatre cent seize et 00/100 gourdes
434,416.00).
- En 2013 les préts improductifs s’élevaient a cinq cent vingt quatre millions quatre
cent vingt trois mule et 00/100 gourdes (Gdes 524, 423,000.00).

Les provisions pour pertes de valeur sur préts ont subi aussi une augmentation d’année en
année
comme le témoignent les données ci-après

- En 2011, la provision pour perte de valeur sur préts ëtait estimée a quatre millions
sept cent soixante trois mule et 00/100 gourdes (Gdes 4, 763, 000.00).
- En 2012, Ia provision pour perte de valeur est passée a trente et un millions neuf
cent cinquante six mule et 00/100 gourdes (Gdes 3 1. 956,000.00).
- En 2013, elle est encore passée a quatre vingt cinq millions cinq cent soixante
quatorze mille et 00/100 gourdes (Gdes 85, 574, 000. 00).

L’état des résultats de l’année 2012 a accuse un revenu net de vingt deux millions neuf
cent
trente huit mule neuf cent cinquante huit et 00/100 gourdes (Gdes 22, 938,958.00) tandis
qu’au
cours de l’année suivante, soit en 2013, l’Etat des Résultats a accuse une perte nette de
vingt
neuf millions cing cent soixante guinze mule cing cent quatre et 00/100 gourdes (Gdes
29,
575,504.00), soit un ëcart négatif de six millions six cent trente six mule cing cent guararite
six
et 00/100 gourdes (Gdes 6, 636, 546.00). Cet écart reprësente une contreperfoance de la BPH
ëvaluée a 28.93 % en une annëe.

En outre, des pertes consécutives totalisant cent vingt six millions cinq cent quatre vingt et
un
mule cinq cent quarante cinq et 00/100 (126, 581,545.00) gourdes ont été enregistrées
pendant
les trois dernières années. Les derives accumulés pendant cette période ont provoqué la faillite
technique de la BPH qui fonctionne aujourd’hui avec un capital nëgatif, soit de moms de
quatre

11
millions huit cent mille et 00/1 00 (-4, 800,000.00) gourdes suivant les données communiquées
a
la commission d’enquête de l’ULCC par le Comité de Restructuration et de Contrôle chargé
d’assainir Ia gestion de la BPH”.

Au cours de l’année 2013, une étude a été réalisée par une agence externe répondant au nom
de
CDES. Les résultats de cette étude ont révélé que la BPH était sous capitalisée. Les declarations
faites par l’ancienne Directrice Générale de Ia BPH, Mme Marie Gesly LEVEQUE, au cQurs de
son audition’2 corroborent lesdits résultats. Selon Mme LEVEQUE, ii a fallu l’intervention de
I’Etat HaItien afin de refinancer la BPH a hauteur de cent soixante millions et 00/100 gourdes
(Gdes 160, 000,000.00). En dépit de tout, la commission a constatC que les responsables en
charge de la gestion du portefeuille de credit n’avaient pas cessé de violer les règles édictées
dans le Manuel de Procedures en matière d’octroi de credit ainsi que la circulaire # 83 de la
Banque de la Republique d’l-IaIti (BRH).

4. Le cas de Jovenel MOISE

Le 15 novembre 2011, M. Jovenel MOfSE a formulé une demande de six cent mule dollars
américains (USD 600,000.00) pour son commerce. Le formulaire de declaration qu’il a
rempli fait état de ses revenus et de ceux de son épouse, de sa situation bancaire, de son
patrimoine, de ses relations de credit et de ses rCférences personnelles. etc.

Dans un document de deux pages intitulé <Bilan Personnel >>, M. Jovenel MOISE a aussi
déclaré un bilan dont lavoir net est de cinq millions quatre cent vingt sept mule quatre cents
dollars américains (USD 5,427,400.00) et les revenus nets de quatre vingt cinq mule dollars
(USD 85,000.00).

Des documents en annexe montrent que ce prêt de six cent mule dollars américains (USD
600,000.00) accordé sous forme de ligne de credit au taux de 1.0 %, remboursable sur une
période de 12 mois (du 21 novembre 2011 au 30 décembre 2012), est garanti par:

“Annexe : cope du bilan date le 13 septembre 2016

12
Voir le procès-verbal d’audition de Madame Levêque en date du 19 octobre 2016 (Dossier Procès-verba
ux).
13
Voir Dossier Prêts commerciaux-Dossier Jovenel MoIse.

12
-une hypotheque de ler rang (Un terrain de 300 m2 sis a Balan, Cap-1-IaItien estimé a USD
150,000.00, et une propriété (superficie: 5,940 m2) située au # 31 de la Rue Titus, Bas
peu de
Chose, Port-au-Prince, selon les rapports des évaluateurs-experts agréës, les ingénieurs
Claude
Rivière et Alain Rivière, les 17 et 21 novembre 2011,

-une assurance Multi risques a souscrire par le client sur le stock dont la BPH sera bénéciaire
-une assurance-vie d’USD 500,000.00

- un dépôt a terme (DAT) de USD 90,000.00


-Une assurance immeuble

Ii faut souligner Ia legèreté avec laquelle un dossier dune telle envergure a été traité. En effet,
le
suivi qui a été fait a la demande de credit na pas respecté les principes édictés dans le manuel
de
procedures de Ia BPH. Ii n’existe aucun document dans les dossiers qui puisse prouver l’origine
et lauthenticité des revenus des époux MOISE totalisant les sommes respectives de cent soixante
deux mule quatre cent soixante six et 00/100 gourdes (Gdes 162,466.00) et celle de six rEnille
et
00/100 dollars américains (USD 6,000.00). De plus, parmi les garanties susmentionnées,
Ia
commission détient une copie des rapports des ingénieurs Claude et Alain RIVIERE pour
les
propriétés situées au Cap- Haltien et a Port-au-Prince et une copie du contrat d’assurance-vie
souscrit a l’AIC (Alternative Insurance Company) datëe du 3 novembre 2011. Toutefois, alors
que Ic prêt en question avait déjà été approuvé depuis le 16 décembre 2011, la correspondance
y
relative nest parvenue a Madame Jessie NEMORIN, Officier de Credit de Ia BPH, que le
16
janvier 2012.

Le 28 mai 2013, Ia BPH a octroyé un prêt d’un montant de dix neuf millions de gourdes (Gdes
19, 000,000.00) a M. Jovenel MOISE. Selon le calendrier de paiement annexé au dossier, cette
dette au taux dintérêt de 12 % arrivera a échéance le 30 juin 2018. Malgré les différentes
correspondances échangées entre M. MOISE et les instances de Ia BPH sur les retards
et
irrégularités des versements dus, cc prêt se trouve en situation de restructuration. Son solde au
23
septembre 2016 est de neuf millions cent vingt six mule cent douze gourdes et 60/100
(9,
126,112.60).

13
A signaler que Ia plupart des irrégularités et anomalies relevées dans les dossiers de
credit
accordés a MM. Frantz BASTIEN et a Jovenel MOISE ont aussi été constatées dans
d’autres
dossiers de prêts. Ii s’agit des clients dont les noms figurent dans le tableau ci-dessous

Exp Dubois Gerard Gdes 10,634,961.00


Gregory Blot Gdes 18,997,406.50
Groupe Gabart Gdes 32,300,000.00
Jean Charles Pierre A. Gdes 10,224,744.77
Marsan Yvette Gdes 16,896,620.00
Roger Polycar Gdes 11,000,000.00
Tiny Import Export Gdes 26,877,000.00
Uni Enterprise Gdes 50,000,000.00
Uni Enterprise Gdes 50,000,000.00

Le cas des prêts hypothécaires et celui du credit au logement ne sont pas différents sagissa
nt de
violation des règles de conforrnité et de procedures relatives a loctroi des préts toute
catégorie
confondue.

5.2) Violations du Manuel de Procedure dans l’octroi de certains prêts.

5.2.1- Declarations des dames NEMORIN et XANTUS confirmant ces violations

Le 24 octobre 2016, l’Officier de credit Jessie NEMORIN’4 a ainsi répondu aux questio
ns de la
commission relativement a certains dossiers ayant retenu lattention des enquêt
eurs. La
commission a jugé bon de reproduire intégralement quelques-unes de ces declarations
qui en
disent long sur les multiples irrégularites relevées dans le traitement de ces dossiers

14
Audition de Jessie Nemorin en date du 24 octobre 2016 (Voir Dossier procès-verbaux daudition ).

14
Q 3- Avez-vous toujours pris le soin de verifier l’exi
stence réelle des garanties déclaées par
tin client sollicitant tin prêt pour les diffe’rentes categ
ories de credit Logement, co,-Iimerce,
Consommation?

Rep. Des que le client donne tine garantie c’est


le devoir de l’officier de credit de vCrifuer et
visiter le bien. En principe, ilfaudrait lefriire avec de
tin membre de contróle interne, Mais, cette
recommandation n ‘est pas toujours respectée. L ‘offi
cier va faire alors la visite tout scale. Mais
parfois ce n ‘est pas l’ofJlcier de credit qui va perso
nnellement, c’est an officier suppléav2t on
autre membre de la direction de credit qui va an
procéder a la vérification de credit qui
procéder a Ia vérfication dii bien déclaré par le vu
client.
Q 4- Est-ce qite cela a toujours été le cas pour les dossiers suivants: EVJtVX
BASTIEN FRANTZ, CHERILUS JEANTY FILS DANIEL,
, DUBOIS GERRARD, GREOGORY BLO
GROUPE GABART, JEAN CHARLES PIERRE T,
A, JOVENEL MOISE, AL4RSAN YVETTE
ROGER POL YCAR, TINY IMPORT EXPORT, ,
UNIENTREPRISE?
Rep. Pour Evinx Daniel, cela n’a pas été le cas
en raison de l’urgence. parce que le i-iiatériel
était éparpillé dans les villes de province. C’était diffI
cile d’aller visiter to itt de sidle.
Pour le cas de BASTIEN POLIcAR, CHERILU
S, DUBOIS, TINY IMPORT- EXPORT, Ic
nécessaire a eteftiit personnellement par moi. Ii
y a tin rapport de la visite effectué dans chaque
dossier pour les autres énumérés dans votre lisle
, tel que GREGORY BLOT, JEAN CHARLE
PIERRE, GROUPE GABBART. Au depart ce n’est S
pas moi qui était offIcier de credit. Disons qite
le GROUPE GABBART, j’ai des doutes.

Pour ivladame YVETTE MARSAN, c’est ate nive


au die recouvrement que les garanties oft
constituées dans Ic cadre de Ia restructuration die etC
credit.
Pour Jovenel MOISE et Uni entreprise, les biens
n’ont pas éte visités par moi. Je ne sais pas si
ce/a a etéfait par la Direction de credit.

Q 5- Vu le risque que represente tin dossier de cred


it et vu les montants qui out été sollicités
par les clients tels que: EVINX DANIEL,
JOVENEL MOISE, UNIENTREPRISE,
pourquoi selon vous l’urgence était prioritaire
par rapport aux normes stipulées dans le
man uel de procedure de credit de la BPH?

Rep. Je ne pins pas repondre a cette question. Ilfate


drait s’adresser plutôt atex membres de
comite de credit. A mentionner que la decis
ion d’approbation ne relève pas de la
competence de l’officier de credit.
[...]

La Commission est donc parvenue a Ia conclusion


que rien na été fait pour établir la véracité des
informations mentionnées dans le formulaire de dem
ande de credit soumis par les bénéficiaires

15
susmentionnës. Donc, les prêts ont été accordés a Jovenel MOISE, Evinx DANIE
L, Yves-Whyn
FRANOIS et son épouse Marie Nicole Etienne FRANçOIS, sans confirm
er les garanties
(existence dentreprises, fiabilité des états financiers, authentification d’hypo
thèque, cap acité de
remboursement, avaliseur, etc.) déclarées dans leurs dossiers de deman
de de credit.

Lors de son audition en date du 16 juin 2016, Madame Marie Jean France
sse XA1TUS15,
nouvelle Directrice de Credit, ayant remplacé Madame Jacqueline SALNAVE
a ce poste, avait
apporté les précisions suivantes:

<<Le prêt commercial a tine durée de trois (3) a cinq (5,). Ce prêt est accord
é pour les business
deja existants. La garantie pour ce prêt est tine garantie hypothécaire. Mais,
il petit arri-ver que
Ic client alt d’auires supports: cash collateral.

Le micro- credit est ten prêt qui est accordé aux petites et moyennes entreprises.
Le plafond de cc
prêt est de 750,000.00 gourdes, Pour le micro-credit la garanhie est Ic fond de
commerce.

Pour le prêt hypothécaire, Ic montant plafond depend de la demande dii client


et la disponibilitC
de la Banque. Pour le prêt a la consommation et le prêt commercial, le monta
nt plafond est de
cinq millions de gourdes (5, 000,000.00). Pour le credit ate logement, c’est
la même chose que
pour le prêt hypothécaire. >>

Parallèlement a ces allegations, Ia commission tient a souligner que bon


nombre de prêts a la
consommation ont ëtë accordés sans que Ia capacité de remboursement
des clients aient été
vérifiës au préalable. Dc méme, plusieurs préts comrnerciaux ont été octroy
és a des entreprises
sans verifier leur existence physique. Rien d’étonnant a ce que des clients
utilisent parfois
largent emprunté a dautres fins 16ou changent dadresse. A ce moment,
la banque rencontre
beaucoup de difficultés pour les localiser. De plus, les montants accordes représe
ntentjusqu’ã dix
fois plus que le montant plafond prévu qui est de cinq millions de gourdes (Gdes
5,000,000.00).

‘5Audition de Francesse Xantus en date du 16 juin 2016 ((Voir Dossier < procès-verbaux d’audition >).

de Jessie Nemorin en date du 24 octobre 2016 (Voir Dossier < procès-verbaux d’audition 4

16
5.2.2- Violations constatées dans l’analyse des prêts improductifs

Pour une meilleure analyse, la commission a dressé un tableau sélectifde


préts improductifs’7 au
mois de mai 2016:

1.- Prêts commerciaux improductifs en gourdes:

No Compte Nom & Prénom I Montant(HTG)


35100020885 BATHMAN DISTRIBUTE 9,987,998.24
35100021482 VIEUX YVENS 6,631,421.95
35100021117 LA COLLINE ENCHANTEE 6,819,135.13
35100024932 CAVE BERRET JOHANN 6,326,574.28
35100023379 FRANCOIS YVES-WHYN 46,931,036.17
35200023381 FRANCOIS YVES-WHYN 49,957,145.00
35100021344 CHARLES PIERRE AND 10,157,789.01
35100022693 TINY IMPORT-EXPORT 26,888,955.00
35100022834 MOISEJOVENEL 10,184,505.34
35100026073 DUBOIS GERARD 10,473,629.07
35100021758 DANIEL EVINX 3,629,791.60
35100024006 DUPERVAL FLOREL
35100024360 CHERILUS JEANTY Fl
1 5,076,139.90
L 10,442,908.40

2.- Prêts commerciaux improductifs en dollars:

No Compte Nom & Prénom Montant(USD)


35110020877 BATHMAN DISTRIBUTE 157,295.37
351 10022382 FRANCOIS YVES-WHYN 612,683.25
35110021018 FRANCOIS YVES-WHYN 144,175.75
35210018078 BATHMAN DISTRIBUTE 1,094,000.00
35210021343 J.A.J DEPOT ET GRA 800,000.00
35110023398 LA COLLINE ENCHANT 22,622.41
35110026391 MIGHTY A. DAVID 21,778.56
35110014453 BATHMAN DISTRIBUTE 250,000.00
35110020418 CHARLES PIERRE AND 190,803.22
35110021083 CHERILUS JEANTY Fl 19,093.49
35110024361 CHERILUS JEANTY FILS 321,922.01
35110020392 CABINET CANTON 31,047.12


Uste transmse par Ia BPH sous support électronique.

17
3.- Prêts au logement improductifs en gourdes:

L No Compte
35100026392
Nom & Prénom Montant(HTG)
MARSAN YVETTE 16,854,523.56

4.- Prêts au logement improductifs en dollars:

No Compte Nom & Prénom Montant(USD)


35110024312 LEMITHE ALAIN 245,648.47
35110025285 GENERALE 62,234.12
I DINVESTI

5.- Liste selective du portefeuille de microcrédit:

En ce qui conceme le microcrédit, la commission a sélectionné que1qu


esuns des rnontants
dépassant largement le plafond de sept cent cinquante mule gourdes (Gdes 750,00
0.00) prévus.

No Nom & Prénom Montant(HTG)


Augustin, Mie Jose
BP/02757 Francois 1,250,000.00
BP!04209 Aurelus, Jean Claude 1,131,500.00
BP/04203 Deuce, Itéla 1,433,550.00
BP/03 136 Jerome, Marie Marguy 2,000,000.00
BP/02956 Joseph, Marlene 1,000,000.00
BP/04357 Laurent, Marie Roberte 1,650,000.00
BP/03 146 Pierre, Maguene 1,000,000.00
BP/04358 Roy, Erica Boulos 1,500,400.00
BP/03455 Toussaint, Jean Paul 1,500,000.00

En dépit de linsolvabilité et la reticence affichée par certains clients, la commi


ssion a constaté
quentre mars et juillet 2016, la BPH continue doctroyer des prêts avec
Ia même légèrete qui
persistait depuis l’année 2011. Une liste selective des préts aux montants
les plus élevés est
présentée dans les tableaux qui suivent.

1.- Prêts au logement a long terme:


No Compte Nom & Prénom Montant(HTG)
35100021 125 FRANCOIS MARIE JOSEF 9,381,531.63
35100021191 TERNIER RALPH 5,999,450.53

18
35100022589 PETIT-DE MARIE LIS 7,284,3 82.13
35100022638 GUIRAND BEATRICE 5,512,154.06
35100022640 BOULOS CAROLINE CA 9,536,182.68
35100024099 NERETTE FRANTZ GER 5,031,067.95
35100024100 CHANDLER CONRAD 5,972,647.59
35100024323 DEGRAFF JERRY 6,213,702.97
35100025391 MILFORT FARAH 6,461,708.29
35100025404 HILAIRE CONCEPTIA 5,152,016.78
35100025723 MERCIER FRANCESCA 6,976,795.69
35100025833 FOURCAND YVES MICH 6,076,309.96
35100026981 FILOSCIN FRITZ GERALD 5,150,000.00
35100020991 LISSADE JOSEPH GUERDY 7,575,409.06
35100022519 JEAN BAPTISTE GERA 11,366,629.40
35100026407 BAKER MARIE LUCIE 12,838,842.22
35100026442 PLANCHER MICHEL JU 7,582,762.80
35100026930 ALCINDOR ENOLA 7,600,000.00

2- Prêts au commerce a court terme en gourdes:


No Compte Nom & Prénom Montant(HTG)
35100026913 POLYNICE MIRLENE J. 5,000,000.00

3- Prêts au commerce a moyen terme en gourdes:


No Compte Nom & Prénom Montant(HTG)
35100026923 JEAN PIERRE VIVIANE 6,000,000.00

4- Prêts au commerce a moyen terme en dollars:


No Compte
35110025946
Nom & Prénom
NAU BERNARD
]
Montant(USD)

351 10026074 MAG USINE A GLACE


J 19,009.17
35110026460 VILAIRE ETZER
j 39,533.18
20,519.90
35110026856 MIRAK IMPORT-EXPORT 178,630.97
35100026914 STOP MA CONSTRUCTI 244,544.07
35110026314 SOCONDIVS.A 37,588.24
35110026983 SAfNT JEAN JOCELYN 112,000.00
35110024065 BLANCHARD LOUIS W 46,853.42
• Total 698,678.95

19
5- Prêts au commerce a long terme en dollars:
No Compte Nom & Prénom Montant(USD)
35110025767 BLOTGREGORY 115,607.34
35110026871 PIERRE MARIE 493,404.26
ELVIR
35110026912 JAPON AUTO PARTS 200,000.00
35110021850 MILLIEN BERNARD 61,862.32
35110026315 NACOSESA 648,598.16
Total 1,519,472.08

5.2.3- Violations constatées dans l’analyse des prêts restructures

Un prêt restructure est un prêt pour lequel l’Ctablissement bancaire a accepté de modifier les
dispositions initiales en raison de Ia détérioration de la situation financière de l’emprunteur. Cette
decision est prise généralement dans l’une ou plusieurs des situations suivantes énumérées dans
la Circulaire No. 87 de la BRJ-I:

- Reduction du principal ou du montant payable a l’échéance prévu dans l’entente de


prêt original
- Reduction de l’intérêt comptabilisé, y compris la renonciation de l’intérêt;
- Report ou prolongation des paiements d’intérêts ou de principal

La commission tient a préciser que dans la rubrique des prêts restructures, toutes les categories
de prêts sont prises en compte (Commercial, logement, consommation). En fait, la restructuration
d’un prêt par un établissement bancaire ne résulte pas forcément du non-respect des formalités et
procedures établies pour l’octroi de credit. En effet, pour des raisons diverses, la situation
financière d’un emprunteur peut se degrader a un moment ou a un autre, cc qui l’empêche done
d’honorer ses obligations et ses dettes envers la Banque. Ceci fait partie des aléas du métier
bancaire qui se trouve constamment exposé a des risques d’insolvabilité. Cependant, la situation
deviendra alarmante et inquiétante lorsque le nombre des prêts restructures par l’institution
bancaire tend a augmenter.

Dans le cas de Ia BPH par exemple, les données disponibles révèlent que le nombre des prêts
restructures est élevé. Cet état de fait traduit de toute evidence de graves anomalies dans la
gestion du portefeuille de credit. Dc fait, plusieurs prêts ayant fait l’objet de restructuration ont

20
été octroyés en dehors des normes prudentielles relatives a la gestion des risques de
credit.
Autant dire que cette augmentation considerable du nombre de prêts restructures par la
BPH
s’explique par le laxisme et la negligence des autorités bancaires en charge de la gestion
du
portefeuille de credit.

Le nombre considerable de prêts restructures par la BPH est dQ au fait que les règles
et les
normes n’ont pas été respectées en amont lors de I’octroi de credit. Ces règles sont d5
ailleurs
résumées dans Ic Manuel de Procedures de credit de la Banque, dans la Partie B consacrée
a Ia
definition de la Politique de Credits, no. 2 en ces termes : <<La meilleure réponse possible
a un
dossier urgent est NON,• la documentation des prêts est un impératzf:si on n ‘a pas le temps
pour
documenter correctement c ‘est qu ‘on a pas le temps de faire le prêt.
,
J) “D ‘éviter la
concentration des préts, tant stir un seal client que sur an seal groupe ott encore une
seule
activité (‘circulaire #83 de la Banque Centrale) éviter aussi Ia concentration dun type donné
,
de
süreté. 18Plus loin, a Ia partie C du Manuel de Procedures traitant de la Politique de credit de
la
BPH, nous lisons ce qui suit << Les garanties ne doivent pas se substituer a la qualité du
client.
Un credit est consenti avant tout parce que le client est sam et solvable et non parce qu ‘ii
offre
de bonnes garanties. Bien que nécessaires, ces dernières ne viennent qu ‘en deuxième position. >.

A ce
sujet, la commission s’est penchée sur plusieurs dossiers de prêts restructures et qui lui
ont
permis de mettre en evidence d’abord le non-respect de la politigue de credit de la banque
a
travers la concentration du credit a un seul client ou a un groupe et la légèretë enregistrée
dans
l’analyse des dossiers.

o Non respect de Ia politique de credit préétablie par Ia banque

La BPH nous a soumis un rapport de préts restructures pour la période allant de 2011 a
2016,
contenant des prêts restructures en gourdes et en dollars US. Sur un total de soixante cinq
clients
(personne morale et physique) ne pouvant pas honorer le service de la dette, onze seulement,
soit

18
Banque Populaire Haltienne, Manuel de Procedures de credit,
p. 6 (Voir Dossier des prêts restructures).

21
16.9%, ont une dette de deux cent soixante dix huit millions deux cent quatorze mule huit
cent
deux gourdes et 27/100 (278, 2l4,802.27)’, capital et intérêt inclus.

Tabkau des 11 débiteurs avec les dettes les plus élevées

Bastien Frantz 21,784,070.00


Chérilus Jeanty Fils 10,500,000.00
Exp Dubois Gerard 10,634,961.00
Gregory Blot 18,997,406.50
Groupe Gabart 32,300,000.00
Jean Charles Pierre A. 10,224,744.77
Jovenel Moise 19,000,000.00
Marsan Yvette 16,896,620.00
Roger Polycar 1 1,000,000.00
Tiny Import Export 26,877,000.00
Uni Enterprise 50,000,000.00
UniEnterprise 50,000,000.00
Total 278,214,802.27

o Concentration de prêt a un seul client oii a un seul groupe


A elle seule, l’Uni entreprise représentée par Yves Whyn FRANOIS a une dette de cent
millions (100, 000,000.00) gourdes et une autre d’un montant d’un million dix mule et 00/1 00
dollars américains (US $1, 010,000.00) envers la BPH. A préciser que ces montants ont été
établis après la restructuration, respectivement, le 2 aoüt 2013 pour la dette en gourde et le 14
mars 2013 pour la dette en dollars. Maiheureusement, le rapport des prêts restructures, tel qu’il
est présenté par la BPH, n’a pas permis a la commission de remonter a la balance exacte du
montant des prêts restructures.

19
Rapport des prêts restructures Octobre 2011 a septembre 2015, soumis par Ia BPH (Voir Dossier des prêts
restructures).

22
Le problème relatif a la concentration de prêt concerne egalement le Groupe Gabart JOSEPH
S.A, représenté par Monsieur Frantz Yves JOSEPH qui a une dette de trente deux millions trois
cent mule gourdes (32, 300,000.00), capital et intérêts inclus. Ce prêt a été restructure le 24 juin
2015 suite aux tentatives infructueuses de la BPH de recouvrer ledit montant. L’extrait d’une
lettre adressée le 26 mai 2014 au Vice-Président /Directeur Général du Groupe GABART par
I’Unité de Recouvrement de la BPH confirment ces faits: ‘c’ Nous voulons collaborer
étroitement avec vous ajmn d’arriver a la conformite de ce dossier qui vous catalogue cornme un
de’biteier délinquant du système et en même temps pénalise fortement la BPH qui est obligee de
prendre des provisions a hauteur de 100%. D ‘oh la mise en garde de nos auditeurs nous
demandant de réaliser la garantie et de prendre les dispositions nécessaires en vue de
poursuivre le de’biteur de toute balance due. >>20

5.2.4- Violations constatées dans les dossiers des prêts radlés.

Suivant Ia definition proposée dans la Circulaire no. 87 de la BRH, un prêt radié se dit d’un prêt
(toutes categories confondues) que ( 1 ‘établissement bancaire est amené a radier, lorsque toutes
les activités de restructuration ott de recouvrement possibles on! été entreprises et qu ‘ii est peti
probable qu ‘elles permettent de récupérer le principal et les intérêts >.

En analysant les dossiers, Ia commission a constaté que la plupart des prêts faisant l’objet de
decision de radiation ont été encore octroyés au mépris des normes prudentielles établies en
matière d’octroi de credit bancaire. Cette situation témoigne de l’inefficacité du système de
contrôle interne de la Banque et/ou de la complaisance des autorités bancaires en charge de la
gestion du portefeuille de credit. A titre d’illustration, nous mettons en evidence dans ce rapport
les multiples irrégularités enregistrées dans quatre (4) dossiers de prêts octroyés par la BPH a M.
Bouquette EUSTACHE, TELEMAX, Jude Ralph BLANCHARD et ABEILLAUTO2’ et qui ont
été radiés au 30 septembre 2013 par decision du Conseil de Direction:

20
Correspondance de I’Unité de Recouvrement de (a BPH en date du 26 mai 2014 (Voir Dossier Prêts
restructures).

z’
Voir Dossier des prêts radlés.

23
- Le cas de Monsieur Bouquette EUSTACHE

La Banque Populaire Haltienne (BPH) a, en date du 23 juillet 2007, octroyé un mcntant22


de l’ordre de vingt mule et 00/1 00 dollars américains (US$ 20, 000.00) a Monsieur EUSTACHE
Bouquette, reprCsentant de la maison de transfert DIRECT EXPRESS MULTI SERVICES, sise
au # 15 de la rue de l’enterrement, en acceptant une garantie sous forme de dépôt a terme (DAT)
de dix mule (10 000.00) dollars américains Ct 00/100. Le prêt dont la date d’ëchéance était le 30
janvier 2008, s’effectuait sur une période de six (6) mois, aux taux d’intérét de 14% sous forme
de ligne de credit. Le prêt a été restructure23 le 2 mars 2012 et échu depuis le 4 avril 2012 Au 30
septembre 2013, le solde du prêt accusait un montant de trois cent cinquante et un mule deux
cent quatre vingt seize (351 296.00) gourdes24 et 00/100. En analysant le dossier, nous avons
découvert ce qui suit:

a) Aucune copie relative a l’autorisation legale de la maison de transfert pour fonctionner en


tant que telle n’a été analysée et insérée aux dossiers du prêt. Ccci constitue une violation de
l’article 2, du décret du 6 juillet 1989 considérant comme maisons de transfert toutes
entreprises autres que les banques commerciales s’adonnant au transfert de devises entre le
marché international et le marché national, ainsi libellé : <<Les maisons de transfert, pour
opérer en HaIti, do Event être autorisées par le Ministère de 1 Economie et des Finances et
enregistrées au Ministère dii commerce et d’industrie dans les formes légales.
L ‘autorisation est donnée sous forme de Certificat émis sur avis favorable de la Ban que de
la République d ‘HaIti (BRH) et publié au moniteur, journal officiel de la république, et dans
un quotidien a grand tirage s ‘éditant a la capitale. Monsieur EUSTACHE n’a soumis a
la BPH que sa Patente. Or, suivant le rnanuel2 de procedures operationnelles relatives a
l’administration de credit, <<la documentation juridique, permet a la banque d’identijler
clairement le statutjuridique dii client et les personnes autorisées a engager la Compagnie
22
Bon pour 20 000$ us et cautionnement signé, nantissement DAT #4462 de Us 10 000, commentaire de credit
(Voir dossier des prêts radiés).

23
Correspondance adressée Monsieur EUSTACHE en date du 27 septembre 2012, le. rappel (Voir dossier
des prêts radiés).

24
Ref. Fichier electronique : BPH / Créances radiées an 30 septembre 2013 (Voir dossier des prêts radiés).
25
Manuel de procedures opérationnelles- Administration de credit, page 5. (Voir dossier des prêts radlés).

24
ou a négocier le prêt (carte d’identité, patente, moniteur, journaux, procès-verba
l
assemblée générale, autorisation pour engager la société); elle renseigne sur la situatio
n
financiere et les revenus dii client (états financiers, lettre de travail, autre attestc
ition de
revenus) et garantit les intérêts de la banque (delegation de salaires, reçu de
paiement
contribution foncière etc.). >>.

Suivant le manuel de procedures de credit26 de la PBH (au chapitre <<Politique de credits


>>),
point 2 (Préceptes de base), ii est fait mention que < Pas de bilan, pas de credit, c ‘ess
a dire
/ ‘étude d ‘un dossier de credit ne s ‘envisage qu ‘a 1’ ‘appui des documents économiques
et
comptables récents >>. La BPH n’a pas exigé les états financiers de la maison de transfert.
Malgré tout, elle a accepté quand même de lui accorder le prêt. Interrogée sur cette deroga
tion,
Madame Jessie NEMORIN, Assistant-Directeur de credit, a fait cette declaration27 ((Pour ce
dossier,
c ‘est le Comité qui a décidé d’octroyer le prêt sans les étatsjmnanciers. L ‘officier présente le dossie
r avec
toutes les informations nécessaires. Mais, la decision finale incombe au comitC de credit. C’est le
comité
on la Direction de credit qui pourra répondre a votre question. >>.
La commission a aussi auditionné,
Madame SALNAVE Antoinette Marie Jacqueline, Directrice de credit. Elle a fait ce témoignage28:
Je
n ‘aipas de conimentaires là-dessus .

A la question de l’ULCC: la BPH a-t-elle exigé un document prouvant l’autorisation


de
fonctionnement de DIRECT EXPRESS MULTI SERVICE en tant que maison de transfe
rt?

Madame SALNAVE Antoinette Marie Jacqueline, Directrice de credit, a répondu29:


Je ne ‘

peux pas vous dire, parce que je n ‘étais pas dire ctement en charge de ce dossier qui renion
te a
2007

Qui done en avait vrairnent la charge? Pour répondre a cette question, la commission se réfère
au manuel de procedures de credit de la BPH. II est fait mention (au chapitre <<Politique
de

26
Manuel de procedure de credit, page 7, b. (Voir dossier des prêts radiés).
2)
de Madame Jessie NEMORIN, Assistante-Directrice de credit en date du 13 octobre 2016
(voir
dossier procès-verbaux).

28Audition de Madame SALNAVE Antoinette Marie Jacqueline, Directrice de credit en date


du 10 novembre
2016 (Voir dossier Procès-verbaux).
29
de Madame SALNAVE Antoinette Marie Jacqueline, Directrice de credit en date du 10
novembre
2016 (Voir dossier Procès-verbaux).

25
- Le cas de TELE 7 S.A / TELEMAX

Le solde du prêt radié accusait un montant d’un million cent trente huit
mule trois cent soixante
dix sept (1, 138,377.60) gourdes et 60/100. En analysant les docum
ents relatifs a ce prêt, la
commission a retenu ce qui suit

a) Une simple visite31 rendue par la Division de credit au local


de la TELE 7 S.A I
TELEMAX en date du 11 septembre 2003 a permis de lui octroyer
un prêt a terrrie sans
garantie d’un montant32 de l’ordre de cinquante mule et 00/100 dollars
américains ($ US
50 000.00) au taux de 12% l’an pour une durCe de trente six (36)
mois. Le prêt était
approuvé par Monsieur Rony CHARLES et Madame Rodné
e DESCHIZNEAU,
respectivement Directeur du credit et Directrice Générale. La commi
ssion a constaté que
les rapports financiers de cet entreprise n’ont pas été soumis a des fins
d’analyse.

b) Au terme du paragraphe 6 dans son rapport, la division


de credit a signalé
clairement qu’elIe ne dispose d’aucune information financiêre lui
permettant d’apprecier
la situation financière en vue de se prononcer en toute objectivité
quant a la capacité de
la société de s’acquitter de ses obligations a moyen et long
terme. Malgré les
commentaires de la division de credit, le comité de credit de la BPH
a octroyé cc prêt.. A
noter que, scion le manuel de procedures de credit en son chapitr
e préceptes de base,
1 ‘octroi dun credit dolt répondre a une véritablejustUlcation économ
ique >>

Ii est fait aussi mention (au paragraphe 6) que Ia TELE 7 S.A / TELEM
AX serait prête
a conceder en domiciliation de paiement la valeur de deux contrats33 de service qu’elle
a
conclue avec la BPH et la BRH. Interrogee sur ce point, Madame
SALNAVE Antoinette
Marie Jacqueline, Directrice de credit, a fait savoir a Ia commission que
les deux contrats
mentionnés dans le dossier ont été établis comme source de revenu
de la TELE 7 S.A /
TELEMAX. En se rCférant a l’analyse des deux clauses que compo
rtent seulement ces

Rapport de visite, Division de credit (Voir dossier des prêts radiés)


.
32
Engagements courants, ler octobre 2003(Voir dossier des prêts radiés)
.

Contrats condus respectivement avec a BPH et Ia BRH (Voir dossier


des prêts radlés).

27
credits >>), point 2 (Préceptes de base) que <<la Direction de Credit est responsable de la
qualité
des engagements commerciaux de la banque >>.

b) Une note30 d’autorisation concernant les créances radiées au 30 septembre 2013 et 2014
a
été soumise par Ia BPH. En absence du Conseil d’Administration, cette note a été paraph
ée
par Ic Conseil de Direction. Or, toute créance radiée doit faire 1’Object d’une autorisation
au
plus haut degré de la Direction de la chaine de commande. Selon Madame SALNAVE,
o’ pour la radiation des créances, les listes sont soumises au comité de credit. Ily a toujou
rs
une documentation relative a i ‘approbation de la radiation du conseil après que les listes de
dossier aient été passées en revue par le comité de credit. Cette liste a été paraphée
par
quatre (4) personnes identifiées .

c) La maison de transfert, sise a Ia rue de l’enterrement, est inexistante depuis le 12 janvier


2010 et la BPH n’a pas effectué une investigation approfondie sur les autres succursales
se
trouvant a Miami, a Port-de-Paix, a Bahamas et même aprês la radiation des créances
en
vue deretrouver la trace du bénéficiaire de credit. Interrogee sur ce constat, Madame
SALNAVE Antoinette Marie Jacqueline, Directrice de credit, a fait cette declaration: Je ne
saurais votis répondre. C ‘est tin dossier qui date de 200 7.

d) La banque a accepté d’octroyer un prêt de vingt mule (20 000.00) $ US et 00/1010 contre
une garantie (DAT) de dix mule (10 000.00) $ US. Or. Ia crCance de dix mille (10 000.00)
US n’était pas garantie. Ce qui était tout a fait normal d’aprês les declarations de Madame
Jessie NEMORIN qui a répondu en ce sens: o’ Ii ny apas de limite pour la garantie, cela vane,
ici la garantie de 50% a Pu bene’JIcier de l’approbation dii Comité Mais, pour Ia
.

commission, Ic problème se situe au niveau de l’absence d’états financiers de la maison


de
transfert qui n’ont pas pu être analyses. En prenant donc cette decision financière, la banque
n’a pas pris en compte l’analyse relative a la gestion du risque financier.

30
Note ci’autorisation de Ia Liste des créances a radier (Voir dossier des prêts radiés).

26
deux contrats qui ont été conclus en dates respectives du 27 aout 2003 et 23 juiI1t 2003,
Ia commission a constaté qu’il y avait une certaine légereté:

- les deux contrats ne font l’objet d’aucune référence légale en cas d’un éventuel litige

-Ic contrat redige pour la BRH n’a pas été signé par l’autre partie, représentée par le
Gouverneur.

-I’entente conclue avec Ia BPH ne fait aucune référence quant a Ia période de debut et de
fin de contrat.

c) Aucune procuration des autres actionnaires n’a été versée au dossier alors que monsieur
Jean Robert JOSEPH a dit avoir représenté Ia société et agi au nom de la sociétë parce
qu’il possède 95% des actions. Ii a contracté ce prêt en son nom personnel alors que les
documents relatifs a ce prêt font référence a la TELE 7 S.A / TELEMAX. Aux ternies de
l’article 19 des Statuts de la Société Anonyme TELE 7 S.A., c’est le Directeur Qénéral,
en sa qualité de Président du Conseil d’Administration qui a la gestion des affaires
sociales et est tenu d’exécuter les decisions du conseil d’Administration. Done, avant de
lui octroyer ce prêt au nom de la société, Ia BPH devrait exiger les minutes ou procès
verbaux de reunion afin de s’assurer que ce prêt va être contracté en conformité avec le
cadre legal de Ia compagnie et au nom de Ia compagnie. Plus loin encore l’article 19,
paragraphe 3 des Statuts mentiorme ce qui suit : ‘xli [le Présidentj émet et signe tous les
cheques, effet de commerce ainsi que toutes pièces comptables conjointement avec le
vice-président ou un autre Membre du Conseil désigné a cet effet >>. La non verification
de ces renseignements constitue pour Ia BPH une violation flagrante du manuel de
credit34, plus précisément, de la section traitant de l’autorisation pour engager la société.

d) La TELEMAX a sollicité un second prêt de cinquante mule et 00/100 dollars américains


(US $50, 000.00) sans avoir épongé totalement le premier prêt. Elle avait une balance de
l’ordre de quarante six mule trois cent quatre vingt dix sept (46, 397.22) $ us et 22/100.
La I3PH a accepté de consolider les deux prêts, soit quatre vingt seize mille trois cent

Manuel de procedures opérationnelles- Administration de credit, page 5.( Voir dossier des prêts radiés)

28
quatre vingt dix sept (96 397.22) $ us et 22/100, au taux de 12% l’an, sur une période de
34 mois en date du 18 février 2004 dont la date35 d’échéance était le 3 1 décembre 2006.

- Le cas de Monsieur Jude Ralph BLANCHARD

La BPH a accepté d’octroyer36, en date du 12 juin 2006, a Monsieur BLANCHARD une ligne
de credit de huit cent mule (800 000.00) gourdes, au taux de 24%, renouvelable l’an, moyelmant
un DAT de six mule (6, 000.00) dollars US et 00/100. Au 30 septembre 2013, le solde de son
compte accusait un montant d’un million deux cent vingt cinq mille cent quarante deux (1, 225
142.73) gourdes et 73/100, montant qui a été totalement radié aux livres de la banque. En
analysant ce dossier, la commission a relevC ce qui suit:

a) Madame Jacqueline SALNAVE et Monsieur André DAUPHIN, respecti’vement


Responsable du Credit et Directeur Général de la BPH ont approuvé le prêt37. Cependant,
la Commission n’a pas constaté la signature de Monsieur Yves JOSEPH, contrôleur
Général. Or, il y a un espace qui est réservé pour la signature de cc dernier. Selon les
prescrits du manuel de procedures opérationnelles, ‘ Le credit on la modification de
termes doit étre approuvé conformément an système de délégation en vigueur. Cette
approbation est matérialisée par 1 ‘apposition des visas délégataires requis pour le
montant dii credit >>.

- Le cas de la compagnie ABEILLAUTO

La Banque Populaire HaItienne (BPH) avait, en février 2007, accordé avec diligence un premier
prêt, sans aucune garantie tangible, d’une durée de trois (3) mois, au taux de 14%, d’un montant
de l’ordre de trente sept mule sept cent trente cinq (37 735.00) dollars américains et 00/100 a
ABEILLAUTO S.A. Le solde du prêt radié au 30 septembre 2013 accusait un montant d’un
million deux cent seize mille quinze (1 216 015.53) gourdes et 53/100. En analysant
minutieusement la documentation y relative, la commission a découvert cc qui suit:

Etat de Ia dette de TELEMAX (Voir dossier des prêts radiés).


36
Voir Correspondance a M. Banchard (Voir dossier des prêts radiés).
Commentaires de credit de Monsieur Bernard A. Angus, officier de credit, en date du 16 mai 2016. (Voir
dossier des prets radiés).

29
a) La compagnie ABEILLAUTO S.A s’était pleinement engagée a l’égard de la I3PH en
signant un cautionnement solidaire (engagement) y relatif le 23 février 2007 alors que la
Direction Générale n’avait pas encore validé le prêt et donné son avis d’approbation.

b) Le certificat de patente ainsi que les rapports financiers de 1’ABEILLAUTO S.A ont été
soumis a la BPH le 17 mai 2007, période de l’échéance du prêt. En outre, la copie de
l’article du moniteur créant ladite société n’a pas été insérée dans la documentaticm pour
analyse et commentaires. Or, les responsables de ladite Institution savaient sciemment
que l’analyse de la documentation s’avère importante avant l’octroi d’un prêt. Ce qui
voudrait dire que le dossier du prêt n’a pas été suffisamment instruit et l’avis
d’approbation du décaissement du prêt38 a été validé sans ambages par le cornité de
credit compose de Madame Jessie NEMORIN, Madame Judithe SYLVAIN, Monsieur
André DAUPHIN et Madame Jacqueline SALNAVE, respectivement Officier de credit,
Responsable Administration de credit, Directeur Général et Directeur de credit.

5.3) Légèretés enregistrées dans I’analyse des dossiers

é Cas de Marsan Yvette/Gerly Distribution

Madame Yvette MARSAN est la propriétaire de Gerly Distribution qui évolue dans
la
production des semences. Agronome de profession, cette dernière travaille également a titre de
fonctionnaire de l’Etat. Elle est cliente de Ia BPH depuis l’année 2007. Cependant, Ia
Commission a constaté que pour deux prêts différents contractés en gourdes et en dollars
américains, cette derniêre a présenté les mêmes garanties : B/O a vue de 10, 500,000.00,
Nantissement DAT #750-00024 de 191,177.38 US, lettre de déchéance du terme, Nantissement
DAT de 108,822.62 USD, soit un total de 300,000.00 dollars américains pour une dette de plus
de 500,000.00 dollars américains Soit une couverture tangible de 60% et les 40% par les
.

autres suretés (B/O, lettre de dCchéance).

38
Correspondance de ABEILLAUTO adressée a Ia BPH. (Voir dossier des prêts radiés).
Dossiers de prêt de Madame MARSAN (2009) (Voir Dossier Prêts restructures).

30
Pour une entreprise peu performante 40
comme Gerly Distribution et qui est constamment
confrontée a des problèmes de liquidité susceptibles de jouer sur sa solvabilité, la conwnission
estime que la banque avait pris beaucoup de risque en acceptant de lui octroyer ces prêts, sans
réaliser une analyse approfondie de ses états financiers. A ce sujet, le Manuel de Procedures de
credit fixe clairement les procedures d’octroi des préts a une entreprise commerciale.
Maiheureusement, les responsables en charge du credit ont passé outre ces forrnalités
procédurales en décidant de s’appuyer seulement sur le mouvement des depots effectués par le
client ou d’autres formes de garanties.

Le Manuel de Procedures, comme il a été dit précédemment, indique péremptoirement qu’en


aucun cas, les garanties ne doivent se substituer a la qualite et a la solvabilité du client. D’oü
l’intérêt de l’analyse préalable des états financiers qui seule est a même de renseigner sur la
performance du client et sa situation financiêre réelle a une période bien déterminée.

L’analyse des dossiers de prêts octroyés a Madame MARSAN de GERLY DISTRIBUTION


révéle que pour l’exercice 2005-2006, son entreprise a vendu pour dix sept millions soixante
neuf mule deux cent quatre et 00/100 gourdes (Gdes 17, 069, 204,00) et n’a eu seuleinent un
bénéfice net de six cent soixante trois mule six cent vingt cinq et 00/100 gourdes (Gdes
663,625.00), soit une rentabilité de seulement 3,89%. Pour l’exercice 2006-2007, cette méme
entreprise qui avait vendu pour onze millions huit cent soixante sept mille trois cent quatre vingt
cinq et 00/100 gourdes (Gdes 11, 867,385.00) a enregistré une perte de deux millions deux cent
soixante deux mule huit cent et 00/100 gourdes (Gdes 2, 262,800.00). Notons que pour
l’exercice suivant, soit 2007-2008, la commission n’a pas trouvé les états financiers de cette
entreprise. Par contre,la commission a trouvé un bilan d’ouverture de Gerly/Distribution,
représenté par Yvette MARSAN, qui date du ler décembre 2008 et un état des résultats non
authentiflé du ler octobre 2008 au 26 mai 2009’ alors que cette entreprise existe depuis 199742,
Si l’on se rCfère aux états financiers susmentionnés. Signalons que ce prétendu bilan
d’ouverture

°
Etats financiers : 2005-2006; 2006-2007, bilan d’ouverture 2008 (Voir Dossier Prêts restructures).

41
Profit et loss non authentifié 1 oct.2008-26 mai 2009 (Voir Dossier Prêts restructures).

42
Correspondance de Ia Direction de Credit a Ia Direction Générale en date du 21 janvier 2009. (Voir dossier
prêts restructures).

31
fait état d’une dette totale de quinze millions sept cent quarante trois mule neuf cent quatre vingt
dix gourdes (Gdes 15, 743,990).

Malgré ces anomalies relevées dans les états financiers présentés par l’entreprise Gerly
Distribution, elle a Pu quand même bénéficier le 17 juin 2009 des deux prêts mentionriés plus
haut aux taux d’intérêts respectifs de 14% (250,000.00 US) et de 22% (10, 500,000.00 gourdes).
Et a l’échéance, soit le 30 juin 2010, Gerly Distribution représentée par Madame Marsan Yvette
n’a pas Pu honorer ses obligations envers la banque. A entendre les responsables de la MPH, la
situation d’insolvabilité s’explique par l’indiscipline de Madame MARSAN qui a utilisC
l’argent emprunté a d’autres fins. C’est du moms l’explication donnée a la commission ad hoc
par l’officier de credit Jessie NEMORTN lors de son audition en date du 13 octobre 2016 : << Ce
sont des dossiers qui ont éte’ montés. Au depart, c’était de bons dossiers. Pvlais, l’indiscipline dii client a
provoqué safaillite. On a di alors envoyer le dossier au recouvrement. C’est un peu difficile pozir nous
d’expliquer la faillite dii client. Mais, souvent certains clients utilisant l’argent reçu de la bctnque a
d’autres fIns. .

Ii est donc evident que les responsables du portefeuille de credit de la BPH n’ont pas pris trop en
consideration les états financiers des entreprises avant l’octroi des credits. Les declarations faites
par l’officier de credit, Madame Jessie NEMORIN, lors de l’audition réalisée le 13 octobre 2016
confirment cet état de fait: <(On demande toujours les états financiers. Ivlais, ii peut arriver que
le dossier soit présenté sans les etats financiers en cas de derogation. Donc, Ia presentation des
états financiers n’est pas obligatoire. On tient compte alors des depots faits par le client, de ses
rentrées, et d’autres garanties présentées et certijIees par le DG (.).

Une telle explication traduit le comportement irresponsable des responsables de credit qui ont
avant tout pour role de se renseigner constamment sur l’évolution des affaires du client après
l’octroi du prêt. En outre, en dépit de cette situation d’insolvabilité de Madame MARSAN, elle
s’est quand même vue octroyer par la BPH le 22 décembre 2011 un autre prêt de un million cinq
cent mille et 00/100 gourdes (Gdes 1, 500,000.00) pour une durée d’un mois au taux de 2O%.
Comme d’habitude, elle a bénéficié de ce prêt en faisant valoir un problème de liquidite, cc qui
témoigne donc de l’incapacité de Madame MARSAN a faire une bonne gestion de ses comptes


Dossier de prêt de décembre 2011 (Voir Dossier Prêts restructures).

32
a recevoir. De fait, le prêt qui lui a été octroyé devait lui permettre d’honorer un contrat
conclu
avec CHEMICO SA. Pour justifier ce prêt, l’Unité de recouvrement et Ia Direction
Générale
ont avancé les raisons suivantes << Dans le but d iider le client a améliorer sa
capccité de
paiement, de faire un versement sur la dette en souffrance aux livres et arriver
a une
restructuration de ladite dette; nous autorisons le décaisseinent de HTG 1, 500,00
0.00 payable
au 20 janvier 2012 auplus tard. >>. La BPH a octroyé le prêt a Gerly Distribution a l’idée
que le
reglement de Ia facture de treize millions six cent cinquante mule et 00/100 gourdes
(Gdes 13,
650,000.00) de son client Chemico S.A se ferait directement sur le compte 600-1
824 de
Madame MARSAN domicilié a la BPH. Cependant, en analysant le relevé de ce
compte 600
1824, le client CHEMICO S.A avait seulement fait deux versements de quatre
millicns cent
mule quatre cent cinq et 00/100 gourdes ( Gdes 4,100,405.00) respectivement en janvier
et en
février 2012. A titre de preuve, Ia commission a constaté qu’au mois de mars 2012, la
balance
due en capital de l’ancienne dette, soit neuf millions cent quatorze mule deux cent quaran
te deux
et 27/100 gourdes ( Gdes 9, 114, 242.27) ainsi que les intérêts courus, soit trois millions
sept cent
soixante quinze mille quatre cent soixante dix et 76/1 00 gourdes Gdes 3. 775, 470.76
( ) n’ont
toujours pas été amortis.

La commission tient a
préciser que contrairement aux declarations44 faites par Madame Gesly
LEVEQUE lors de son audition, le 19 octobre 2016, le prêt d’un million cinq cent
mule et
00/100 gourdes (Gdes 1,500,000.00) octroyé le 22 décembre 2011 a
Madame
MARSAN/GerlyDistribution a bel et bien été décaissé. D’aprês le relevé bancaire
du compte
600-1824, ce prêt a été utilisé comme suit 1) reglement de la balance negative de 998,718.44
gourdes dudit compte en date du 22 décembre 2011; 2) tirage de 460,000.00 gourdes
(cheque
353) en date du 22 décembre 201 i.

‘4 Cas de Tiny Import-Export

Le comité de credit a accepté d’octroyer a l’entreprise Tiny Import-Export une facilité de credit
a hauteur de six cent vingt mule et 00/100 dollars américains (US $620,000.00) sur la base d’une
proposition d’hypothèque faite par le propriCtaire, ceci, sans une analyse des états
financiers

Procès-verbal en date du 19 octobre 2016 (Voir Dossier Procès-verbaux).

Voir les relevés de comptes de Marsan Yvette(Voir Dossier Prêts restructures).

33
historiques46. Le comité de credit avait donné son accord pour que cette ligne de crdit soit
renouvelée a deux reprises. Pourtant, l’officier de credit en charge du dossier avait claireirient fait
savoir au comité qu’il n’avait pas reçu les états financiers de l’entreprise pour analyse. Mise a
part la proposition d’hypothèque, l’officier de credit n’a donc pas été en mesure d’évaluer la
capacité de remboursement du client.47 La decision du comité de credit d’accorder ce prêt va
donc a l’encontre du point C de Ia politique de credit établie par la banque qui stipule : <Les
garanties ne doivent pas se substituer a la qualité dii client. Un credit est consenti avcint tout
parce que le client est sam et solvable et non parce qu ‘il offre de bonnes garanties. Bien que
nécessaires, ces dernières ne viennent qu ‘en deuxième position. ,>.

Certes, dans le dossier de prêt accordé a Tiny Import Export, on a constaté un état prévisionnel
réalisé pour la periode d’avril a septembre 2011. Cependant, ce ne sont pas des chiffres
historiques qui pourraient permettre a l’officier de credit de se faire une idée sur la performance
passée de Tiny Import- Export. De fait, les chiffres présentés dans cet état prévisionnel ne
reflètent nullement la réalité avec une prevision de six cent quarante neuf mule et 00/100 dollars
américains (US $649,000.00) ou vingt six millions quatre cent dix mule huit cent soixante et
30/100 gourdes (Gdes 26,410,860.30), soit 40,6947gourdes pour un dollar,48 comme résultat,
Tiny Import-export a enregistré une perte d’un million neuf cent six mule sept cent quatre vingt
quatre et 00/100 gourdes ( Gdes 1,906,784.00) en septembre 2011 oü le coflt des ventes
(62,665,831.00 gourdes) représente 99% des ventes brutes (63,298,819). Certes, ce prêt est
garanti par un hypothèque mais, la banque aurait dfl s’intéresser d’abord a la capacité de
remboursement du client.

Depuis 2011, cette entreprise présentait déjà des signes d’insolvabilité. Nous en avons pour
preuve les données suivantes tirées de l’état financier historique pour l’exercice 2011-2012. Pour
l’année 2011, Tiny Import-export avait un capital de 17, 630,204 gourdes. Après une perte de 1,
906,784 et un prélèvement de 892,320.00 gourdes, ce capital est passé a 14, 831,100 gourdes.

46
Voir les états financiers de Tiny Import-Export (Voir Dossier Prêts restructures).


Correspondance de I’officier de credit adressée au comité de credit en date du 3 décembre 2012 (Voir Dossier
Prêts restructures).

48
http://www.brh.net/evoIutiontauxdechange.htmI.

34
En septembre 2012, ce capital a été réduit a 10, 898,250
a la suite d’un prélèvemeEt de 5,
109,280.00 gourdes49. Maiheureusement, le comité de credit
n’avait pas pris en corripte ces
données avant de decider d’octroyer le prêt a cette entrepr
ise. Aujourd’hui, Tiny Import-
Export se trouve dans l’incapacité d’honorer ses obligations financi
ères envers Ia BPH et sa dette
est passée a 33, 560,960.68 gourdes, capital et intérêts compr
is.

5.4) Programme 50
<<Chanje Metye Chanje Lavi>>: gaspillage de fond
s et
influence politique

Le programme <Chanje Metye Chanje Lavi>> présente de très


graves anomalies. En effet, les
prêts ont été accordés aux bénéficiaires de ce programme au
mépris de normes en vigueur dans
le <<Manuel de Procedures de credit >>. La capacité financière
et Ia solvabilité des clients n’ont
pas vraiment été prises en compte dans la mise en place du Progra
mme <<Chanje Meye Chanje
Lavi >. De plus, le fonds de garantie que la BRH s’était engage
a mettre en place, soit 50% du
montant alloué aux bénéficiaires, n’ajamais été constitué s’il faut
tenir compte des declarations5’
faites par Madame Marie Gesly LEVEQUE, ex-Directrice Généra
le de la BPH.

<<C ‘est un projet quej ‘ai en a endosser en cours de route.


Quand ii a été initié, je n ‘étais pas là.
J’étais en vacances. D ‘après ce que le Directe air de credit
et la Directrice adjointe,
respectivement madame Jacqueline Salnave et madame Myriam
Jean m ‘ont rapporté, c ‘est un
dossier qui a éíé initié par le Gouvernement, le Gouvernemen
t qui apporte la garantie, le
Ministère des Affaires Sociales qui apporte les clients et la BPHqu
ifinance.

Le projet a été concu de telle manière que les véhicules devaie


nt être achetés chez un seul
vendeur, c’ Auto Plaza J’ai écrit am livret a ce sujet qui a éíé distribué a tons
.

les
acteurs. A noter que ce dossier a été initié sons Charles
C’ASTEL, Gouverne air de la
BRI-I, entre fin 2014 et debut 2015.

Etats financiers Tiny Import-export (Voir Dossier Prêts restruc


tures).

50Voir Dossier < Programme Chanje Metye Chanje Lavi >.

Si
Voir Audition de Madame Levêque, ex-DG BPH en date du
19 octobre 2016 (Dossier Procès-verbaux).

35
Nous avons dü travailler avec les béne’ficiaires au nombre de 73 pour leur
apprendre ecmment
s ‘y prendre pour s ‘acquitter de leurs obligations. us devaient rembourser le
prêt pendcnt trois
(3) ans. On a dz2 prendre / ‘assurance pendant cette période de trois (3) ans.
Le montaizt global
du prêt était d ‘environ un million de dollars qui devaient être garantis par la
BRH Mais la BPH
n ‘ajamais recu le montant de la garantie prom is par la BRH.>>

II faut ajouter que suivant le Protocole d’Accord2, trois (3) institutions devraie
nt être impliquées
dans la mise en ceuvre de ce programme: le Ministère des Affaires Social
es chargé de c1signer
les bénéficiaires et d’assurer leur formation en matière de conduite automobile;
Ia Banque de La
Republique d’HaIti ( BRH) qui s’est engagée a garantir a hauteur de
50% le financement du
projet totalisant un million trois cent cinquante mule dollars américains
(USD 1,350,000.00); la
Banque Populaire Haltienne ( BPH) appelée a financer l’achat des autobu
s, a fournir des
informations fiables et détaillées concernant les prêts accordés,
les garanties obtenues
directement des bénéficiaires et les mesures nécessaires pour la sauvegarde
des garanties.

Cependant, les clauses dudit Protocole d’Accord n’ont jamais été respec
tées. A noter que Ia
copie remise a la commission par la BPH n’a pas été signépar les acteurs
impliqués dans le
projet. Ii y a donc lieu de s’interroger sur Ia validité même de ce docum
ent dont copie est
annexée au present rapport.

Aujourd’hui, les credits accordés dans le cadre de ce programme sont


classes parmi les prêts
improductifs du portefeuille de credit de Ia BPH. De fait. la banque n’est
pas en mesure de
recouvrer largent parce que les bénéficiaires ne sont pas capables de rembo
urser leur dette.

II est important de rappeler que ce projet était porte directement


par lAdministration
MARTELLY-PAUL. Ii est donc clair que l’influence politique a été déterm
inante dans la mise
en place de ce programme.

52
Voir Dossier Programme Chanje Metye Chanje Lavi >.

36
6. CONCLUSIONS

L’analyse des dossiers de prêts par Ia com


mission d’enquête de 1’ULCC a mis en
exerg-ue toute
une série d’irregularites et derives graves
commises dans la gestion du portefeuill
e de credit de la
BPH. En effet, des prêts de montants
très élevés ont été accordés sans que
les garanties
nécessaires aient été réguliêrement con
stituées. Ce laxisme des responsable
s de la BPH a
contribué a Ia faillite technique de cette
Institution bancaire qui fonctionne actu
ellement, comme
indiqué plus haut, avec un capital neg
atif de moms de quatre millions huit
cent mille et 00/100
gourdes (-4, 800,00000 Gdes).

Des pertes consécutives a hauteur de


cent vingt six millions cinq cent quatre
vingt un mule cinq
cent quarante cinq et 00/100 gourdes (Gd
es 126, 581,545.00) ont été enregistrée
s pendant les
trois (3) dernières années, suivant les don
nées tirées du rapport d’audit dressé par
le Cabinet
d’expert comptable MEROVE-PIERRE53
. Cette catastrophe financière doit être
ilnputée a
de gestion, lincompétence et le man
que de professionnalisme des diff
érents
Responsables qui se sont succédé a Ia tête
de Ia BPH de 2011 a 2016, en l’occur
rence M. André
DAUPHIN, Madame Marie Gesly LEVEQ
UE, Madame Myriam JEAN et Madam
e Myriam
FETIERE.

La responsabilité des Responsables de la Ban


que de la République d’HaIti (BRH) doi
t aussj être
misc en cause. En effet, M. Francois Yve
s JOSEPH, Contrôleur Général de la
BRU, n’a pas
exercé un contrôle adequat sur les operati
ons effectuées par la BPH suivant les
règlements en
vigueur.

L’influence politique n’est pas sans inci


dence dans la degradation financiè
re de Ia BPH. Le
programme <<Chanje Metye Chanje Lavi>’,
destine initialement a améliorer les con
ditions de vie
des jeunes bénéficiaires issus de divers qua
rtiers défavorisés de la region métrop
olitaine de Port
au-Prince, est un échec patent.

Voir Dossier autres annexes.

37
7-RECOMMANDATIONS

Fort de tout ce qui précède, la commission


recommande que:

Sur Ic plan administratif

1-Le Conseil d’Administration la Ban


que Populaire Haltienne (BPH) soit inst
allé selon les
prescrits de l’article 7 de la loi du 27
novembre 2008 faisant de cette Institut
ion une banque
indépendante a part entière;

2-Des mesures soient prises par 1’Etat halt


ien en vue de récupérer les dettes dues env
ers la BPH
par des débiteurs récalcitrants;

4- Toutes les personnes impliquees dans


la gestion de la Banque Populaire Haltien
ne durant la
période 2011-2016 soient écartées du sys
tème bancaire haItien pour, incompeten
ce, nianque
de professionnalisme, négligences graves
et laxisme dans Ia gestion du portefeuille
de credit
delaBPH;

5- Les dossiers de credit suscitant des


doutes soient réévalués en vue de la
récupération
progressive des emprunts;

6- Le prochain Conseil dAdministration


sursoit sur l’octroi des credits accusant
un montants
trop élevé c’est-à-dire ne dépassant pas
le seuil de trois millions de gourdes
(Gdes 3,
000,000.00), toute catdgorie de prets con
fondue;

7- Des mesures drastiques soient désorm


ais prises pour non seulement recouvrer
les fonds
octroyés par la BPH mais aussi, pour
respecter les procedures tracées par le
Manuel de
procedures de cette banque ainsi que
dautres règles de conformité dans lanalyse
des dossiers
de credit;

8- Des dispositions soient prises en vue d’é


viter l’immixtion des autorités politiques
dans les
affaires internes de la BPH;

9-Le mode de classement des dossiers de


prêt soit repensé pour un meilleur suivi;

38
Sur le plan penal

11- Des poursuites pénales soient engagées contre:

Les Responsables de la Banque en l’occurrence M. And


ré DAUPHIN, Madame Marie
Gesly LEVEQUE, Madame Myriam JEAN et Mad
ame Myriam FETIERE poi.ir abus
d’autorité contre la chose publique et abus de biens socia
ux au regard, respectiveoient de
l’article 150 du code penal et l’article 5. 14 de la loi
du 12 mars 2014 portant pré.iention
et repression de la corruption
• Contre le sieur François Yves JOSEPH, Contrôle
ur de Ia BRH, pour complicité d’abus
d’autorité contre Ia chose publique et d’abus de
biens sociaux conformémerit aux
dispositions de l’article 44 du code pénale.

39