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). Des devoirs envers la biosphére ? * poxeniius «Par suite de certains développements de notre pouvoir [..] Vagir humain s'est transformé~, affirme Jonas dans Le Principe responsabilité. Dans la mesure ott Véthique a afaire a Pagir,n’est-il pas nécessaire de reconnaitre de nouvelles obli- gations éthiques envers Vhumanité ot la nature? Lavenir de Phumanite est la premitre obligation du comportement collectif humain a Tage de la civilisation technique devenuie «toute-puissante» modo negativo!. Mani- festement Tavenir de la: nature y est compris comme condition sine qua non?, mais méme indépendamment de cela, cest une responsabilité métaphysique en et pour soi, depuis que "homme est devenu dangereux non seulement pour lui-méme, mais pour la biosphere entitre. Méme si les deux choses se laissaient séparer ~ clest-a-dire si, avec un environnement ravage (et remplacé en grande partie par des artefacts), une vie dligne d'etre appelée humaine était possible pour nos descendants ~ la plenitude de vie produite pendant le long travail créateur de la nature, et maintenant livrée centre nos mains, aurait drolt a notre protection pour son propre bien, Mais puisqu'en effet les deux choses sont inséparables, sans caricaturer l'image de Fhomme, et qu‘au contraire dans le plus décisif, a savoir Valternative «préservation ou destruction », Vinterét de Thomme coincide avec celui du reste de la vie qui est sa patrie terrestre au sens le plus sublime de ce mot, nous pouvons traiter les deux obligations sous le concept directeur de Vobligation pour Phomme comme une seule obligation, sans pour autant succomber a une réduction anthropocentrique?, La réduction a l'homme. seul, pour autant qu'il est distinct de tout le reste de la nature, peut seulement signifier un rétrécissement, et meme tne déshumanisation de Pomme lui-meme, le rapetisse~ ‘ment de son essence, méme dans le cas favorable de sa conservation biologique — elle contredit donc son but prétendu, cautionné précisément parla dignité de son essence. Dans une optique véritablement humaine Ia nature conserve sa dignité propre qui Soppose a Varbitralre de notte pouvoir. Pour autant quielle nous a produits, nous devons & la totalité apparentée de ses productions une fidélité, dont celle que nous devons & notre propre etre est seulement le sommet le plus élevé. Celle-ci en revanche, a condition d'etre bien comprise, comprend tout le reste en elle Hans Jon Le Principe responsabilité (1879), V, trad, J Greisch ‘© Flammarion, 2013, p, 264-262 eo auoi Jones récise-til son propos par expression: 3, Détallez les modaltés selon lesquelles Jonas comorend, pour autant succomber & une réduction anthropo- dans ce texte, la relation de ue (1 15- p signifi et 8 quoi renvoie expression: «cautionné mais a partir d'une autre ar homme a la nature, 4. Pourrait-on soutenirla méme thése normative que Jonas, Jumentation et d'une compré= ernent parla dignité de son essence» (1.20)? hhension alternative des relations de homme & la nature? REPERES p. 475 + Abstrait/concret + Analyse/synthese + En feiten droit + Obligation/ contrainte + Origine/fondement sTranscendant/ immanent 1Ltmique expression pysonomue 4. Analysez la question ‘origine du langage. 2. Quentendre par «(d chain» (1-12)? Reflexion EEEEBS Avons-nous des devoirs envers les générations futures ? U n impératif adapté au nouveau type de Vagir humain et qui Sadresse au now- veau type de sujets de Tagir Sénoncerait & peu pres ainsi : « Agis de fagon que'les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentique- ment humaine sur terre » ; ou pour Texprimer négativement : « Agis de fagon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour Ia possibilité future dune telle vie»; ou simplement : « Ne compromets pa finie de Yhumanite sur terre » ; ou encore, formulé de nouveau positivement : « Inclus dans ton choix actuel Vintegrisé future de Vhomme comme objet secondaire de ton vouloir \ On voit sans peine que Tatteinte portée a ce type dimperatif n'inclut aucune contradiction dlordre rationnel. Je pewx vouloir le bien actuel en sacrifiant le bien futur. De méme que je peux vouloir ma propre disparition, je peux aussi youloir la i disparition de Thumanité. Sans me contredize mo sonnel comme dans celui de "humanité, préférer un bref feu @arifice d'extréme 4» accomplissement de sol-méme @ Fennui d'une continuation indéfinie dans la medio- iy crite | Or le nouvel imperatif affirme précisément que nous avons bien le droit de ris- quer notre propre vie, mais non celle de humanite; et qu’Achille avait certs le droit de choisir pour lui-meme une vie bréve, faite dexploits glorieux, plutot qu'une les conditions pour la survie indé- méme, je peux, dans mon cas per- » longue vie de sécurité sans gloire (sous la présupposition tacite qu‘il y aurait une poster sir le non-etre des genérations futures a cause de Leite de la génération actuelle et que nous nvavons meme pas le droit de le risquer. Ce n’est pas du cout facile, et peut- €tre impossible sans recours a la religion, de légitimer en théorie pourquoi nous aire nous avons une obligation a Tégard de € qui nexiste meme pas encore et ce qui «de soi» ne doit pas non plus étre, ce qui du moins n'a pas droit a Vexistence, puisque cela rexiste pas. Notte impératf le prend d'abord comme un axiome sans justification. qui seura raconter ses exploits), mais que nous nlavons pas le droit de choi nlavons pas ce droit, pourquoi au cor ‘Hans Jonas, Le Principe resposobilt (2979), wad, Grech, cll. Champs, Flammarion, p. 40.