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Le Centre du riz pour l’Afrique

ADRAO

Rapport annuel

2002 – 2003

Le Centre du riz pour l’Afrique (ADRAO)

The Africa Rice Center (WARDA)

i
© ADRAO/WARDA 2004

L’ADRAO exhorte les lecteurs à faire un bon usage de cet ouvrage. Une citation correcte est requise.

Le Centre du riz pour l’Afrique (ADRAO) 2004. Rapport annuel ADRAO 2002-2003. Bouaké,
Côte d’Ivoire, 88 pp.

This publication is also available in English: WARDA Annual Report 2002-2003.

Traduit de l’anglais et corrigé.

ISBN 92 9113 270 5

Couverture : Des paysannes récoltent du riz à l’aide de faucilles dans un bas-fond au Togo

ADRAO
01 B.P. 2551
Bouaké 01
Côte d’Ivoire
Tél. : (225) 31 65 93 00
Fax : (225) 31 65 93 11
Courrier électronique : warda@cgiar.org

01 B.P. 4029
Abidjan 01
Côte d’Ivoire
Tél. : (225) 22 41 06 06
(225) 22 41 06 01
Fax : (225) 22 41 18 07

Site Web : http://www.warda.org/

Impression et reliure : Pragati Offset Pvt. Ltd., Hyderabad, Inde.

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Table des matières
Avant-propos 1

Bilan et perspectives 3

Points saillants des activités 7

Le Centre du riz pour l’Afrique – Reconnaissance du rôle de l’ADRAO


en Afrique subsaharienne 7

Crise en Côte d’Ivoire : l’ADRAO ‘sous le feu’ 13

Apprentissage participatif et recherche action pour la gestion intégrée


des cultures dans les bas-fonds 23

Évaluation de l’impact des variétés du riz NERICA : Plus que des


enquêtes et de simples calculs 33

Gestion communautaire et au champ de la biodiversité du riz 42

Profil d’un pays donateur : la France 46

Annexes 57

La période en revue : janvier 2002 – avril 2003 57

États financiers 66

Conseil d’administration 70

Cadres de l’ADRAO et chercheurs d’institutions coopérantes 71

Activités de formation 74

Publications 81

Sigles et abréviations 85

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Avant-propos

Message du Directeur général et du


Président du Conseil d’administration

L ’ADRAO grandit ! Cette affirmation peut ne pas paraître vraie en terme de dotation en personnel. Elle est cependant
vraie du point de vue de l’influence de l’ADRAO à travers l’Afrique. Conçue à l’origine comme l’Association
pour le développement de la riziculture en Afrique de l’Ouest et composée de 11 États membres, l’ADRAO s’est, en
quelques années, étendue pour englober 17 États membres dont deux états en Afrique du Centre (Cameroun et Tchad)
et ses technologies se sont depuis lors répandues davantage à l’extérieur jusqu’en Afrique orientale et australe. En
reconnaissance de son impact continental, l’ADRAO est connue depuis janvier 2003 comme ‘Le Centre du riz pour
l’Afrique’. Cette nouvelle appellation a été ratifiée par le Conseil des ministres de l’ADRAO lors de sa réunion en
septembre 2003. Le premier point saillant de cette année présente l’histoire qui sous-tend la nouvelle appellation et
l’expansion de l’influence des technologies de l’ADRAO dans la région.
La fin de 2002 restera à jamais gravée dans la mémoire de tous ceux qui vivaient en Côte d’Ivoire ou qui y étaient
en visite pendant cette période fatidique. Notre deuxième point saillant, ‘La crise ivoirienne : « l’ADRAO sous le
feu »’, présente l’histoire de l’ADRAO pendant les événements ainsi que leur impact sur la vie et les activités du
Centre dans notre pays hôte. Le modus operandi du partenariat de l’ADRAO a été la clé de notre survie et de la
continuation des activités de recherche et développement rizicoles dirigées par l’ADRAO dans la région. Nous saisissons
cette opportunité pour saluer les efforts des agents qui sont restés ou qui sont retournés dans le pays et qui ont participé
à la relocalisation de la plupart des chercheurs à Bamako au Mali. Tout en maintenant la direction dans notre siège
temporaire à Abidjan, avec des visites fréquentes à Bouaké et M’bé, nous envisageons une campagne entière pour
poursuivre nos activités de recherche à partir de la station de recherche paisible de notre institution sœur du GCRAI,
l’ICRISAT (Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides) à Samanko au Mali,
l’un de nos pays membres. En réalité, nous avons transformé l’adversité de la situation ivoirienne en une opportunité
pour renforcer la collaboration avec nos partenaires du Mali et d’ailleurs.
Dans le même temps, nos activités se sont poursuivies sans relâche au Nigeria et dans notre Station Sahel. Un point
saillant particulier a été le travail en cours pour le développement d’une stratégie du secteur riz pour le Nigeria, qui
s’est appuyé à la fois sur le Centre principal de recherche et la Station Sahel. Il s’agit là peut-être de la première
opportunité que l’ADRAO a eue pour s’impliquer dans des discussions depuis la base jusqu’aux sommets de l’état sur
les questions politiques affectant la riziculture. Ce travail élargi vise à faire des propositions au Gouvernement fédéral
du Nigeria visant à promouvoir les politiques qui vont accroître la compétitivité du riz local, on l’espère sans injecter
de grosses sommes d’argent public dans les secteurs de la production et du marketing. (Voir encadré ‘Stratégie de la
filière riz pour le Nigeria’ pour les détails.)

Avec la crise ivoirienne affectant les départs et les recrutements, il y a eu peu de recrutements d’agents pendant
cette période par rapport à ces dernières années. Cependant, c’est avec plaisir que nous souhaitons la bienvenue aux
agents suivants qui ont regagné la famille ADRAO pendant la période que couvre le présent rapport : Mamery Camara

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Avant-propos

(Agronome, Chercheur visiteur), Paul Kiepe (Coordinateur du Consortium bas-fonds et Spécialiste de la gestion des
ressources naturelles), Savitri Mohapatra (Assistante du DG et Assistante aux relations publiques), May-Guri Saethre
(Entomologiste) et James Sumberg (Chef du Programme politique et développement rizicoles).
En 2001, notre équipe de transfert de technologies a débuté un programme d’apprentissage participatif et de recherche
action avec les paysans pour les communautés de deux bas-fonds en Côte d’Ivoire. Le programme a été couronné de
succès, avec les paysans qui apprennent à identifier les problèmes dans leurs champs et à trouver des solutions eux-
mêmes. En effet, plusieurs paysans participants sont devenus des formateurs à leur propre compte. Ce point est
détaillé dans notre troisième point saillant. Dans le même temps, d’autres techniques participatives ont été aussi
couronnées de succès au Bénin et au Nigeria. La première phase du projet ‘Développement participatif de technologies’
est arrivée à terme en 2003 et nous présentons certains de ses points saillants dans l’encadré ‘Plusieurs façons de
résoudre un problème : développement participatif de technologies au Bénin et au Nigeria’.
L’évaluation d’impact figure en bonne place dans les recommandations de la Revue externe des programmes et de
la gestion de l’ADRAO de 2000. Par la suite, l’ADRAO a recruté un économiste spécialiste de l’évaluation d’impact,
qui travaille sur l’épineuse question de l’évaluation de l’impact des variétés NERICA.
La grande partie du travail de base sur l’évaluation d’impact rapportée dans le point saillant précédent a été réalisée
dans le cadre d’un projet sur la biodiversité du riz, financé par le Département du Royaume-Uni pour le développement
international. Les aspects biodiversités du projet sont rapportés dans le point saillant suivant.
Cette année, le Profil du pays donateur porte sur la France – une nation ayant de grands intérêts dans la région de
l’Afrique de l’Ouest et du Centre, en termes historiques et de collaboration en cours. Ce point jette un regard sur
l’ADRAO et la France, des spécialistes en détachement à la formation et de la participation au Conseil d’administration
à la collaboration informelle en Mauritanie et au Sénégal.
Au moment où nous étions prêts à aller sous presse, deux événements captivants étaient en cours. La crise ivoirienne
était sur la voie d’un dénouement pacifique. Les deux belligérants avaient déclaré la cessation des hostilités. Nous avions
fait plusieurs voyages à notre siège, confirmant que les infrastructures étaient encore intactes et avions déployé une
‘équipe de maintenance’ pour commencer le processus du ‘retour progressif’. Le NERICA (Nouveau riz pour l’Afrique)
– présentement le porte drapeau du GCRAI – poursuivait son expansion à travers l’Afrique. Les négociations, au nom de
nos partenaires nationaux, avec la Banque africaine de développement pour un projet de dissémination d’une période
initiale de 5 ans, étaient presque achevées et plusieurs donateurs et institutions avaient confirmé leur soutien. Ces
développements et bien d’autres constitueront les principaux points saillants de notre prochain rapport.
Enfin, le Conseil d’administration de l’ADRAO, la direction et le personnel expriment leur reconnaissance à nos
donateurs et partenaires pour leur soutien fort et leur encouragement pendant les mois difficiles de la crise ivoirienne.
L’ADRAO aimerait poursuivre ses services avec dévouement aux millions d’Africains pour lesquels le riz c’est la vie.

Kanayo F. Nwanze Richard Musangi


Directeur général Président du Conseil d’administration

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Bilan et perspectives

Loin de l’adversité

L a période 2002 – 2003 a été marquée par un soulèvement militaire qui a secoué notre pays hôte, la Côte d’Ivoire,
en septembre 2002, forçant l’ADRAO à quitter son siège à M’bé, ce qui a engendré une gamme de nouveaux défis
pour le programme de recherche de l’institution. La crise a occasionné le départ de plusieurs agents, en commençant
par le Directeur de la recherche, créant un vide de leadership dans la Division des programmes ; l’Économiste des
politiques et nos deux agents de JIRCAS, un économiste et un sélectionneur. Malgré ces événements, l’ADRAO a
réussi à garder le dynamisme de ses programmes de recherche. Les essais installés à M’bé et Gagnoa en Côte d’Ivoire
avant la crise ont été presque achevés et récoltés par les quelques agents de l’ADRAO qui ont poursuivi le travail de
terrain et pris soin des essais pendant la crise. Grâce aux efforts de ces braves agents, toutes les expérimentations de
2002 en Côte d’Ivoire n’ont pas été perdues comme cela aurait pu l’être. Les données ont été collectées et exploitées.
De même, la multiplication des semences pour l’Unité des ressources génétiques s’est poursuivie à M’bé au cours de
la même période afin de s’assurer qu’il existe suffisamment de semences de bonne qualité pour la saison prochaine.
Les activités des stations de l’ADRAO au Sénégal et au Nigeria n’ont pas été affectées par la crise et, avec la relocalisation
temporaire de la majorité des chercheurs à Bamako au Mali, ce qui a permis la réalisation de la plupart des activités de
recherche conformément au plan, la Division des programmes s’est encore positionnée pour poursuivre vigoureusement
son important et passionnant programme de recherche. En plus de la station de Samanko pour les essais de plateau, les
chercheurs utilisent aussi des parcelles de recherche des sous-stations de l’Institut d’économie rurale (IER) à Baguineda,
Sélingué et Kléla pour les essais de riz de bas-fond. La qualité des expériences menées à Bamako atteste de l’engagement
du personnel de recherche et des opérations de la ferme. Des études de diagnostic à Samanko, Baguineda et Kléla
fourniront des informations précieuses sur le statut de la fertilité du sol des sites de recherche du Mali et permettront
aux chercheurs de peaufiner à l’avenir leurs essais de terrain.
Les essais agronomiques se sont poursuivis dans différents sites au Mali, au Nigeria et en Côte d’Ivoire. De
nouvelles lignées de NERICA, tout comme de nouvelles lignées tolérantes à la toxicité ferreuse, ont été identifiées.
Un plus grand nombre de lignées fixées et de lignées en disjonction pour les plateaux et les bas-fonds pluviaux ont été
multipliées pour fournir des semences aux activités futures de sélection variétale participative (PVS). Dans le même
temps, les activités PVS se sont poursuivies au Ghana, au Mali et au Nigeria. Les études sur la lutte biologique et la
résistance de la plante hôte à la cécidomyie des galles du riz africain (AfRGM) se sont poursuivies au Nigeria et des
résultats intéressants sont attendus.
S’agissant des systèmes irrigués, les efforts de recherche se sont focalisés sur l’amélioration du secteur riz par le
développement et l’adaptation des technologies améliorées à une gamme de systèmes de production à base riz irrigué
et le développement d’options appropriées de gestion de la terre et de l’eau en vue de prévenir et de lutter contre la
dégradation des sols. Des composantes et des options de la gestion intégrée de la riziculture ont été évaluées dans
différentes agroécologies sous différents niveaux de gestion de l’eau avec un grand nombre de paysans au Burkina

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Bilan et perspectives

Faso, en Gambie, au Mali, en Mauritanie et au Sénégal. Les activités de 2002 – 2003 ont été développées et mises en
œuvre en collaboration avec les partenaires nationaux de la recherche et développement des différents pays. La recherche
se poursuit pour un matériel génétique plus productif et plus rentable pour les écosystèmes irrigués et de nouveaux
matériels génétiques très prometteurs – des intraspécifiques et des interspécifiques – ont été identifiés.
Le travail en collaboration sur l’évaluation des impacts environnementaux de l’accord de l’Organisation mondiale
du commerce (OMC) sur les systèmes de production rizicole en Côte d’Ivoire s’est poursuivi, tout comme le travail en
Guinée pour l’évaluation des différents impacts des variétés NERICA. Les enquêtes de base au niveau des ménages et
des parcelles permettront d’évaluer l’impact des technologies rizicoles introduites dans le passé et serviront de repère
par rapport auquel l’impact des technologies rizicoles introduites à l’avenir pourra être mesuré. Des enquêtes de suivi
doivent être menées régulièrement. Le but ultime est le développement d’un système qui génère régulièrement des
informations à jour sur les résultats comportementaux, le bien-être et l’environnement, aux niveaux des ménages, des
communautés, de la nation et de la région.
Les études d’adoption des variétés modernes de riz en Côte d’Ivoire ont révélé un taux d’adoption relativement
faible des variétés homologuées par le SNRA et l’ADRAO. La méconnaissance de ces variétés s’est révélée comme
l’obstacle majeur à leur adoption (voir ‘Évaluation de l’impact des variétés du riz NERICA : Plus que des enquêtes et
de simples calculs’). L’implication est qu’il faut un plus grand effort pour que les variétés soient connues par des
paysans.
Plusieurs ateliers et réunions de formation ont été organisés dans la région. Dans le cadre de sa stratégie visant à
revitaliser le secteur rizicole au Nigeria, l’ADRAO a organisé un atelier technique de deux jours sur le projet du
secteur rizicole intitulé ‘L’économie rizicole du Nigeria dans un monde compétitif : contraintes, opportunités et choix
stratégiques.’ Le projet a été mis en œuvre par l’ADRAO en collaboration avec le Nigeria Institute for Social and
Economic Research (NISER) et est financé par USAID. Différents partenaires de l’économie rizicole au Nigeria,
notamment les organisations de paysans, les représentants du secteur privé, les organisations gouvernementales et non
gouvernementales ainsi que les agents de la recherche et développement ont pris part à cet atelier. Les participants à la
réunion ont reconnu la nécessité de renforcer la compétitivité du secteur du riz au Nigeria en améliorant la qualité du
riz local et l’efficacité des opérateurs au niveau de la production, de la transformation et du marketing au sein d’une
approche complète. Avec le riz occupant maintenant une bonne place dans les programmes de développement et de
politique au Nigeria, l’ADRAO et ses collaborateurs sont particulièrement bien placés pour contribuer au dialogue des
politiques et à la stratégie de développement (voir encadré ‘Stratégie de la filière riz pour le Nigeria’).
La crise ivoirienne avait mis en péril l’inestimable collection de la banque de gènes de l’ADRAO, mais des actions
appropriées ont été prises à temps pour préserver toutes les accessions de la banque de gènes. Elles ont été empaquetées
en deux groupes dupliqués dont l’un a été envoyé à l’IITA pour régénération et stockage. Une petite équipe d’agents
de l’ADRAO a été déployée pour cette activité. Un autre groupe est stocké dans des surgélateurs à Abidjan. La
multiplication des semences pour l’échange régional du matériel génétique dans le cadre de notre programme du
Réseau international pour l’évaluation génétique du riz (INGER-Afrique), s’est faite à la Station Sahel au Sénégal et
les semences sont maintenant prêtes pour être distribuées l’année prochaine. On procède actuellement à la mise en
place d’un nouveau système de gestion des données, y compris SINGER à l’échelle du GCRAI.
Comme contribution à la réhabilitation des activités agricoles, 5 tonnes de semences de base ont été données aux
agences de développement travaillant dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire dans le cadre du projet de l’ADRAO ‘Semences
pour la vie’ pour la restauration de la production rizicole dans la période post-conflit. La cérémonie des ‘Semences
pour la vie’ a été organisée sous les auspices du ministère de la Recherche Scientifique, Gouvernement de la Côte
d’Ivoire, en partenariat avec le SNRA (CNRA, ANADER et PNR).

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Bilan et perspectives

La réunion annuelle de planification de la recherche appelée ‘Journées de la recherche’ a été organisée du 28 avril
au 2 mai 2003 à Samanko. Pendant quatre jours, le personnel de la recherche a pris part à des discussions variées
couvrant les orientations stratégiques, les priorités de recherche, les méthodes et les modèles de collaboration. Ces
discussions ont été précieuses pour la planification de la recherche et ont été une contribution importante pour le Plan
stratégique.
L’appui fourni à travers les réseaux de l’ADRAO pour la collaboration régionale a été un facteur majeur qui a
permis à l’Association de garder le grand champ de ses activités de recherche. Les chercheurs de l’ADRAO sont
encore positionnés pour apporter leur contribution à la réduction de la pauvreté et à la sécurité alimentaire en Afrique
à travers une recherche originale et des approches de développement novatrices dans le secteur rizicole. Le travail en
réseau et la collaboration régionale demeurent en effet la fondation des activités de recherche de l’ADRAO et, depuis
la relocalisation à Bamako, d’importants événements démontrent que ces activités régionales évoluent rapidement. Le
recrutement du Coordinateur de l’Initiative africaine sur le riz (ARI) a permis de lancer un certain nombre d’activités
qui n’ont pas été matérialisées pendant la période intérimaire. Les réunions du Comité directeur du ROCARIZ, de
l’Adaptation participative et la diffusion de technologies dans les systèmes à base riz en Afrique de l’Ouest (PADS),
du Consortium bas-fonds (CBF) et de l’ARI, ont été toutes organisées à Bamako.

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Le Centre du riz pour l’Afrique –


Reconnaissance du rôle de l’ADRAO
en Afrique subsaharienne

E n reconnaissance de son rôle de plus en plus croissant et sa pertinence dans toute l’Afrique sub-
saharienne, l’Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l’Ouest a été
rebaptisée en janvier 2003 ‘Le Centre du riz pour l’Afrique – ADRAO’.

« Au cours des six dernières années, l’influence de collabore avec quelques 35 pays en Afrique
l’ADRAO s’est étendue au-delà de son mandat traditionnel subsaharienne ». Certains de ces pays sont aussi membres
de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, » a expliqué le du ROCARIZ et d’autres doivent abriter des activités de
Directeur général de l’ADRAO Kanayo F. Nwanze. l’Initiative africaine sur le riz (voir Figure 1). « Étant
Jusqu’au transfert complet en 1997 des activités du Réseau donné qu’il n’existe que huit pays en Afrique
international pour l’évaluation génétique du riz en Afrique subsaharienne avec lesquels l’ADRAO n’a pas de liens
(INGER-Afrique) au siège de l’ADRAO, le travail de directs, il semble juste de déclarer le mandat géographique
l’ADRAO était très axé sur ses États membres – 17 pays de l’ADRAO comme étant réellement à l’échelle du
en Afrique de l’Ouest et du Centre qui se sont joints à continent », a annoncé Nwanze.
l’Association à des périodes différentes depuis sa
constitution en 1970. Avec l’arrivée de INGER-Afrique, Toute l’Afrique de l’Ouest et du Centre
les portes ont été ouvertes pour les services de l’ADRAO Au moment où nous entamions le deuxième millénaire,
pour qu’ils s’étendent à d’autres parties du continent et les horizons s’élargissaient aussi pour d’autres activités
pour que les partenaires et les partenaires potentiels de l’ADRAO.
découvrent la pertinence de la technologie indigène Suite à une recommandation faite par un donateur
africaine pour la riziculture. principal, l’ADRAO et le Conseil ouest et centre africain
« INGER est toujours en tête dans l’élargissement des pour la recherche agricole et le développement (CORAF/
frontières géographiques de l’ADRAO », s’est WECARD) ont initié des discussions en 1998 qui ont
enthousiasmé Gouantoueu Guei, Coordinateur de INGER- finalement abouti à la fusion des groupes d’action
Afrique, récemment nommé Responsable de la nouvelle ADRAO-SNRA et du Réseau riz du CORAF en un seul
unité des ressources génétiques de l’ADRAO. « Tous ceux Réseau pour la recherche et le développement en Afrique
qui veulent tester des variétés de riz dans la sous-région de l’Ouest et du Centre, le ROCARIZ. « En tant
[Afrique subsaharienne] sont autorisés à nous contacter à qu’institution d’accueil et de coordination, l’ADRAO a
INGER-Afrique et nous ferons de notre mieux pour les hérité des relations avec les pays membres du CORAF/
accueillir », a-t-il poursuivi. « A ce jour, INGER-Afrique WECARD lors de la création du ROCARIZ en 1999 »,

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

États membres de l’ADRAO*


ARI & INGER-Afrique
ROCARIZ & INGER-Afrique
INGER-Afrique seul
Pays non affiliés
Autres

*Les États membres de l’ADRAO sont aussi


bénéficiaires de l’ARI, du ROCARIZ et de
INGER-Afrique

Figure 1. Activités de l’ADRAO à travers l’Afrique subsaharienne

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

a expliqué Sidi Sanyang, Coordinateur du ROCARIZ. Le L’IDEA se focalise sur l’exportation des cultures non
CORAF/WECARD est connu comme organisation sous- traditionnelles et était particulièrement intéressé par le riz
régionale avec trois couvertures en Afrique subsaharienne. de plateau comme culture potentiellement plus rentable
Le mandat du CORAF/WECARD couvre l’Afrique de que le maïs traditionnel et en remplacement du riz paddy
l’Ouest et du Centre. « Par conséquent », poursuit qui n’a pas connu de succès. Avec des semences
Sanyang, « la République Centrafricaine, le Congo supplémentaires de l’ADRAO, ces trois organisations se
(Brazzaville), la République Démocratique du Congo et sont lancées dans un programme ambitieux d’essais
le Gabon sont maintenant membres du ROCARIZ et donc extensifs multilocaux et en milieu paysan. L’IDEA et Tilda
des partenaires de l’ADRAO. Pour être plus précis, nous Uganda ont travaillé ensemble pour former les travailleurs
devons dire aussi que le Cape Vert est aussi membre, mais sur le terrain et les paysans et pour mettre en place les
on ne connaît pas de cas de riziculture dans ce pays, donc parcelles de démonstration en milieu paysan dans trois
pas d’implication dans le réseau. Techniquement, seul le districts. Les 260 parcelles de démonstration (de 25 ares
Gabon est ‘actif’ dans le ROCARIZ puisqu’un chercheur chacune [ca. 0.1 ha] ont suscité beaucoup d’intérêt dans
du programme national (Institut de recherches les districts de la partie orientale de l’Ouganda et l’IDEA
agronomiques et forestières, IRAF) a reçu pour la première a encouragé les paysans de la démonstration à vendre une
fois une petite subvention en 2002. » partie de leur paddy à d’autres paysans intéressés afin que
ces derniers les utilisent comme semences, tout en gardant
L’expansion au sud et à l’est une quantité pour agrandir leurs champs. Pour la seconde
La riziculture n’est pas populaire en Ouganda ; le riz n’est saison des pluies, l’IDEA a étendu les démonstrations à sept
pas une culture traditionnelle et l’introduction de la autres districts. En novembre 2002, l’Ouganda a
riziculture n’a eu qu’un succès minimal à cause des officiellement homologué deux variétés de riz de plateau à
rendements faibles et du cycle de production très long partir de ces activités – WAB165 et WAB450-I-B-P-91-HB
(jusqu’à six mois). Cependant, en 1998, l’Ouganda a [NERICA 4], faisant de cette dernière variété la troisième
commencé à accorder un intérêt aux variétés de riz variété NERICA officiellement homologuée partout.
développées par l’ADRAO, lorsque Tilda Uganda Limited « Il y a eu un développement spontané après les
a contacté INGER-Afrique pour du matériel résistant au démonstrations couronnées de succès », a expliqué le
virus de la panachure jaune du riz (RYMV) qui a dévasté spécialiste des produits de l’IDEA, Fred Muhhuku, qui
les essais de riz en 1997. Par la suite, le Directeur général dirige les activités du riz de plateau, « en ce sens qu’un
de Tilda Uganda, Lakis Papastavrou, a visité l’ADRAO homme d’affaires-paysan de Hoima, dans le Moyen Nord
et a pris 25 kg de semences de chacune des 5 variétés d’Ouganda, a installé une rizerie et a mobilisé les paysans
prometteuses (WITA 7, 8, 9, 10 et 11). Ces variétés, avec de la localité à cultiver ces variétés sur de grandes
six variétés de plateau, ont été testées dans le champ de superficies et cela avant le début de la première saison de
Tilda Uganda à Kibimba en 1998. La variété WITA 9 était 2003. » Entre-temps, des semences ont été données aux
particulièrement prometteuse et se cultivait sur plus de ONG et se sont retrouvées entre les mains des compagnies
765 ha en 2002. Cependant, cette année-là, elle a souffert semencières privées. Environ 100 tonnes de semences de
d’une attaque de la maladie des stries bactériennes et, par ces deux variétés étaient disponibles pour être vendues
la suite, a été réduite à 26 ha en 2003. en début 2003.
En 1999, l’ex-Assistant de recherche de l’ADRAO/ « L’ADRAO n’a certainement intervenu qu’en tant que
IITA, Robert Anyang, a rejoint Tilda Uganda et a obtenu fournisseur de semences, mais ceux qui ‘courent avec le
30 entrées de riz de plateau de l’ADRAO. Par la suite, témoin’ inscriront à notre actif le fait que nous ayons
l’intérêt a gagné Sasakawa Global 2000 dont le siège est contribué à ce boom de la production rizicole hors du
au Japon et le projet ougandais financé par l’USAID, mandat de notre région traditionnelle », a déclaré Guy
Investment in Developing Export Agriculture (IDEA). Manners, Responsable de l’Information.

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

En 2000, le Réseau Amélioration participative du riz


et l’analyse du genre/utilisateur (PRIGA) a reçu son
premier observateur du sud et de l’est, un chercheur riz
venu du Mozambique. « En mi-2001, nous avons reçu
une demande de formation du programme national du
Rwanda, » a déclaré l’ex-Directeur adjoint de la recherche,
Monty P. Jones. « Par conséquent, ils ont envoyé trois
participants à notre siège pour prendre part au cours de
formation sur la recherche rizicole participative en octobre
de la même année. »
Et l’ex-Responsable du Transfert de technologies,
Myra Wopereis-Pura d’ajouter : « Les Rwandais étaient
tellement intéressés qu’ils ont invité trois d’entre nous à
Kigali en novembre 2001. Là-bas nous avons formé 31
agents en recherche rizicole participative et en production
Groupe de paysans chercheurs à Chatsworth, province de
des semences. » Pendant le même voyage, l’équipe de Masvingo au Zimbabwe, évaluant la vigueur des plantes des
l’ADRAO a pu aider les Rwandais à développer un plan lignées de riz de l’ADRAO en condition hydromorphe dans l’essai
de travail de cinq ans pour la recherche rizicole variétal participatif NRI-Zimbabwe (2001)
participative.
A travers leur contact à l’ADRAO, l’Institut des
ressources naturelles du Royaume-Uni (NRI) et le des études plus approfondies, 11 sont des NERICA et
programme national du Zimbabwe testent les variétés de toutes sauf une viennent de l’ADRAO. Malheureusement,
l’ADRAO dans la Province de Masvingo au Zimbabwe le travail a été interrompu par un épuisement des stocks
depuis 2000. Le riz est une denrée importante dans cette de semences, la grave sécheresse de l’Afrique australe et
province, mais peu d’activités de recherche ont été menées l’instabilité politique au Zimbabwe. « Je pense bien qu’il
sur cette culture au Zimbabwe et les paysans ne comptent y a une demande pour les nouvelles lignées, » conclut
que sur la vente de semences de leurs propres variétés Riches, « mais il nous faut peut-être attendre que les choses
locales. Les variétés locales sont sujettes à l’égrainage, changent au Zimbabwe avant que nous ne puissions faire
surtout pendant la récolte du maïs (le riz est une culture quelque chose d’important. »
intercalaire avec le maïs), mais les paysans ignoraient les A bien des égards, l’Initiative africaine sur le riz, lancée
variétés améliorées. Deux saisons d’essais avec les en 2002 (voir ‘The African Rice Initiative: Taking the
paysans ont inclut quelques 38 ‘variétés’ de l’ADRAO, NERICAs to Sub-Saharan Africa,’ WARDA Annual Report
pour la plupart des lignées NERICA. « Les paysans 2001-2002, pages 9-14), s’appuie sur les premiers succès
aimeraient cultiver des cultivars qui ont un tallage des variétés de l’ADRAO hors de la région du mandat
vigoureux, un rendement élevé, tolérants à la sécheresse, traditionnel de l’ADRAO. Dans la première phase, huit
grands de taille et résistants à l’égrainage et aux dégâts pays de l’Afrique orientale et de l’Afrique australe
causés par les oiseaux, » a expliqué Charlie Riches, (Ethiopie, Ouganda, Tanzanie, Rwanda, Zambie, Malawi,
chercheur au NRI. « Certaines de lignées introduites et Mozambique et Madagascar) vont abriter des activités
testées pendant cette étude ont le potentiel de remplacer NERICA comme pays pilotes (voir Figure 1).
muchecheni [la variété locale cultivée par les paysans
impliqués dans l’essai] puisqu’elles ont des rendements Gérer l’expansion
élevés et ont les caractéristiques que préfèrent les Historiquement, l’ADRAO a ses racines bien fixées en
paysans. » En effet, sur les 13 lignées sélectionnées pour Afrique de l’Ouest. Puisque cela est devenu ‘l’Afrique de

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

l’Ouest définie de manière générale,’ il est devenu de plus l’Ouest – une association composée d’États membres de
en plus apparent que la vraie région de son mandat était l’Afrique de l’Ouest et du Centre ? « Cela est tout à fait
l’Afrique de l’Ouest et du Centre. De même vrai ! » répond Nwanze, « mais nos membres fondateurs
historiquement, l’Institut international de recherche sur n’avaient pas l’esprit très étroit. En effet, l’acte constitutif
le riz (IRRI) a le mandat de la recherche rizicole à l’échelle de l’ADRAO stipule que tout pays africain peut devenir
mondiale. En effet, jusqu’à la fin des années 1990, l’IRRI membre ! Tout pays sur le continent a le droit de faire
avait un grand projet basé à Madagascar. Cependant, acte de candidature pour devenir membre de l’ADRAO. »
puisque le financement de la recherche agricole Mais les États membres existants ne vont-ils pas
internationale a été réduit de façon drastique, l’IRRI n’a souffrir s’il y a une marée de pays membres en provenance
pas été en mesure de mettre en œuvre un réseau régional du reste de la région et de nouvelles demandes pour les
pour l’Afrique orientale et australe (AOA) comme il l’avait ressources du Centre ? « Cela pourrait être vrai, » répond
espéré. Nwanze, « c’est pour cela que nous avons dit que toute
« Ce serait, bien sûr, totalement contraire à l’éthique expansion hors du mandat de la région traditionnelle doit
que l’ADRAO revendique un mandat plus grand sans se faire progressivement, à un coût minimal pour
consulter l’IRRI, » a déclaré Nwanze. « Cependant, l’ADRAO elle-même et de préférence avec de nouveaux
compte tenu de la présence réduite de l’IRRI en Afrique, fonds. »
nous avons en effet été encouragés de fournir l’appui tant « En attendant, » déclare Guei, « il y a un coût minimal
attendu au-delà de l’Afrique de l’Ouest. » impliqué dans l’envoi des semences à nos partenaires, ce
Peut-être tout le processus a démarré avec la Revue qui qui est du mandat de INGER-Afrique de toutes les
a recommandé le transfert total des activités de INGER- façons. »
Afrique à l’ADRAO. « Cela, en plus de la complexité de la C’est là qu’intervient le mode de partenariat de
situation africaine à répondre mieux aux produits indigènes l’ADRAO. Et Sanyang d’ajouter : « lors de la réunion du
qu’à ceux importés, a placé l’ADRAO dans une position à Comité directeur de cette année [2003], la possibilité
mieux servir le continent, » a déclaré Nwanze. d’étendre le ROCARIZ en Afrique orientale et australe a
Étant donné que le modus operandi de l’ADRAO est été discutée. Elle a reçu l’approbation générale.
le partenariat, elle ne considère pas l’IRRI comme un Cependant, l’idéal serait d’activer d’abord le Réseau riz
spectateur ou comme un passager à l’arrière du véhicule, de l’Association pour renforcer la recherche agricole en
mais plutôt occupant le siège avant et oeuvrant ensemble Afrique orientale et centrale (ASARECA – les
pour aider les paysans pauvres de la région. « Ce qui a été organisations sous-régionales de l’Afrique orientale et
convenu, » poursuit Nwanze, « est qu’en général, australe) et l’appuyer à travers un Accord conjoint de
l’ADRAO va jouer le rôle leader sur le continent. » collaboration ASARECA-ADRAO. Nous pouvons
Cependant, il est probable – compte tenu de sa présence éventuellement envisager des liens étroits entre le
historique –, que l’IRRI soit consulté d’abord dans certains ROCARIZ et le Réseau ASARECA. »
cas. « L’IRRI nous tiendra informés de toute demande
d’assistance qu’il reçoit, afin que nous soyons impliqués Satisfaction et appui
si nous avons les ressources. » « Renommer une institution est une étape audacieuse, » a
A bien des égards, le rôle émergeant de l’ADRAO déclaré Nwanze, « et suggérer par un tel changement de
fournira un débouché plus rentable aux inputs de l’IRRI. nom qu’une institution étend sa sphère d’influence est
Il est clair que l’IRRI a le rôle leader dans la recherche encore plus audacieux ! Mais nous pensons que la
sur la génétique et la génomique du riz, mais pas les tendance que INGER-Afrique a commencée et sur laquelle
ressources à allouer à l’Afrique. a capitalisé les NERICA et les autres variétés ADRAO
Et l’ADRAO elle-même ? N’est-elle pas l’Association est une étape positive et irréversible. Je suis satisfait du
pour le développement de la riziculture en Afrique de fait que nous sommes dans la bonne direction. »

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

C’est en 2002 que l’idée d’appeler l’ADRAO ‘Le « Ce développement sollicite le soutien total des
Centre du riz pour l’Afrique’ a été émise pour la première communautés agricoles nationales, régionales et
fois lors de la réunion du Comité des experts nationaux internationales à l’ADRAO afin qu’elle puisse continuer
(l’aile technique du Conseil des ministres de l’ADRAO). à fournir l’expertise et l’appui nécessaire à la recherche
L’idée y avait été chaleureusement recommandée. Ensuite, et au développement rizicoles en Afrique subsaharienne, »
il a été proposé au Conseil d’administration qui l’a adopté. a déclaré Nwanze. « C’est seulement après cela que nous
« Le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), pourrions livrer la promesse des NERICA et autres
ASARECA et le CORAF/WECARD ont tous bien nouvelles technologies aux pauvres à travers l’Afrique
accueilli ce développement, » s’est enthousiasmé Nwanze. subsaharienne. »

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Crise en Côte d’Ivoire:


l’ADRAO ‘sous le feu’

L es événements de la seconde moitié de septembre 2002 ont surpris plus d’une personne, y compris
le personnel et la Direction du siège de l’ADRAO. Nous faisons ici le récit de ces jours fatidiques
et de la réponse de l’ADRAO au déroulement de la crise ivoirienne.

Les événements expliqué Michel Dubé, Directeur de l’Administration et


Dans la nuit du jeudi 19 septembre, avant l’aube, on a eu des Finances. « L’un de ces plans était que, au cours des
le sentiment soudain que quelque chose se passait encore quatre dernières années, nous avons encouragé le
en Côte d’Ivoire. Les téléphones sonnaient et il régnait personnel à stocker dans leurs maisons des vivres et de
un silence de mort au dehors, interrompu par les seuls l’eau pour une semaine au moins. » Ces précautions se
membres de l’agence locale de sécurité qui cherchaient à sont révélées inestimables dans la semaine qui a suivi le
s’informer auprès des résidents et des veilleurs de nuit. début des événements puisque la situation changeait
Rien de nouveau pour les habitants de Bouaké, y d’heure en heure et que l’insécurité régnait dans les rues.
compris la majorité des employés du siège de l’ADRAO. La plupart des gens qui étaient là vous diront que la
Tous ceux qui y vivaient au moins depuis trois ans ont semaine qui a suivi a été l’expérience la plus effrayante
de leur vie, pas plus que les deux batailles pour la zone
connu le coup d’état de décembre 1999, la mutinerie de
résidentielle où habitaient la plupart de nos cadres. Juste
juillet 2000, les émeutes qui ont suivi les élections
après la tombée de la nuit, le lundi 23 septembre aux
d’octobre 2000 et l’insécurité croissante sous la forme de
environs de 19h15, de violents combats ont éclaté dans la
vols à main armée. « Depuis 1998, l’ADRAO elle-même
zone de Kennedy. A ce moment, la plupart des gens se
a perdu sept véhicules dans le pays et plusieurs de ses
sont retrouvés quelque part dans leurs maisons, à l’abri
agents ont été agressés dans des vols à main armée dans
des regards et loin des fenêtres. Le sentiment était qu’on
les domiciles, les restaurants, les clubs et dans les
pouvait encore s’échapper d’un obus tiré d’un mortier,
braquages de voitures, » a déclaré le Responsable des mais lorsqu’on est à côté d’une fenêtre, on peut s’exposer
Ressources humaines et des services administratifs de aux éclats de vitres aux effets désagréables. Le matin, ceux
l’ADRAO, Gabriel Dao. « Le pire de ces événements étant qui avaient eu assez de courage pour s’aventurer dans les
le braquage par quatre bandits armés de deux voitures rues avaient déclaré que les soldats gouvernementaux
neuves de marque Nissan Terranos à l’entrée du siège de avaient pris contrôle de la zone de Kennedy lors des
l’ADRAO. Un chercheur avait été blessé par balle au cours combats. Mais cela n’a été que de courte durée et le mardi
de l’opération. C’était au mois d’avril 2000. » des combats plus violents ont éclaté aux environs de 14h30
« Habitués aux perturbations socio-politiques, nous et se sont poursuivis plus longtemps. A la fin, Kennedy
avions déjà mis en place quelques plans d’urgence, » a était passé encore sous contrôle rebelle.

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Il était devenu difficile d’avoir des nouvelles puisque 26 septembre 2002 : Trois
jours avant, le système de
les différentes sources avaient commencé à raconter que sécurité des Nations Unies
des brides d’histoires dont le rapprochement était plus qu’un avait déclaré Bouaké niveau
alerte sécurité type 4.
casse-tête. Le personnel de l’ADRAO était en contact avec L’ADRAO a été évacuée de
leurs différentes ambassades, tandis que la Direction Bouaké sous la protection
s’attelait à discuter les détails avec les NU, l’Ambassade des troupes françaises
de France et d’autres organisations internationales.
Le jeudi 26 septembre, aux environs de 16 heures, les
premiers véhicules d’un convoi de l’ADRAO quittaient
le Bureau de liaison de l’ADRAO à Bouaké en direction
de Yamoussoukro au sud en territoire sous contrôle
gouvernemental. Cette voie de sortie avait été obtenue
après d’intenses négociations auprès des rebelles de la
part des Forces armées françaises. La position de
l’ADRAO y avait été négociée à travers les NU et le
Ministère français de la coopération internationale d’alors. Des logements furent obtenus sous forme d’hôtels-
« Toute notre reconnaissance aux deux groupes – le appartements, en particulier ceux du district des II Plateaux
Gouvernement français et les Responsables des Nations non loin du Bureau de liaison de l’ADRAO à Abidjan. Le
Unies – pour notre sortie sécurisée de Bouaké, » a déclaré Bureau de liaison lui-même a été vite rempli d’agents
Kanayo F. Nwanze, Directeur général de l’ADRAO. déplacés de Bouaké, mais n’était pas assez grand pour
Une fois à Yamoussoukro, l’hébergement était étudié accueillir tout le monde. La décision a été donc de maintenir
au cas par cas et la plupart des évacués de l’ADRAO ont les membres de l’Exécutif, de l’Administration et des
dû passer la nuit dans la cour de l’une des nombreuses Finances ainsi que du TILS dans le Bureau de liaison et de
missions dans la ville – très surchargée. Mais beaucoup chercher des bureaux plus appropriés pour les chercheurs
d’entre eux ne se sont pas plaints de cette promiscuité, ils qui étaient restés loyalement en Côte d’Ivoire. « Nos premiers
étaient plutôt reconnaissants d’être en vie et hors de la bureaux temporaires pour la recherche étaient localisés au
zone de combat. sein du Bureau des Nations Unies pour les services de projets
Dans la matinée du vendredi 27 septembre, le convoi (UNOPS), auquel nous sommes très reconnaissants pour
de l’ADRAO a poursuivi sa route vers le sud en direction l’espace de ‘camping’ mis à notre disposition bien que dans
de la capitale commerciale Abidjan. « Avant même notre des conditions exiguës, » a déclaré Nwanze.
arrivée à Abidjan, plusieurs hauts cadres avaient décidé « UNOPS ? Oui, je me rappelle », se souvient Howard
de quitter le pays avec leurs familles, » a laissé entendre Gridley, Sélectionneur riz de bas-fond, avec un sourire
Nwanze. « C’était donc une équipe déjà réduite qui s’est ironique. « C’est là où nous étions entassés dans un petit
retrouvée pour une réunion au sommet le lundi suivant. espace avec une ligne pour l’internet. Vous passez une à
Ma principale préoccupation à l’époque était de mettre deux heures en ligne et ensuite vos collègues vous disent
l’accent sur le fait que l’ADRAO n’a pas quitté la Côte
d’Ivoire. Au contraire, elle a temporairement relocalisé
son siège de Bouaké à Abidjan. » Personnel de l’ADRAO en
compagnie du vice-président
Richard Musangui (au centre
Hébergement temporaire à Abidjan en première ligne) lors d’une
« A notre arrivée à Abidjan, notre principale occupation réunion de travail en
était de trouver un hébergement pour le personnel déplacé décembre 2002 à Abidjan
et de trouver des bureaux temporaires, » poursuit Nwanze.

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

« il est l’heure » et débranchent comme prévu le câble de l’ICRISAT avait accepté le principe d’allouer des bureaux,
votre ordinateur. » des laboratoires et des parcelles de champ de sa station au
Plus tard, un appartement libre a été loué pour le Mali et les négociations avec le Gouvernement malien
personnel de la recherche et où on était moins à l’étroit et avaient commencé. En mi-décembre, une petite équipe a
qu’il était possible d’installer un réseau informatique local visité Bamako pour évaluer les installations et avoir des
pour faciliter l’accès à l’Internet et au courrier électronique. interactions avec les autorités maliennes et le personnel
de l’ICRISAT. Cette visite a abouti à l’ébauche d’un plan
La planification pour l’avenir de relocalisation temporaire.
En début d’octobre, la Direction exécutive de l’ADRAO a « La grande majorité du personnel cadre qui avait quitté
mis en place des stratégies à court, moyen et long terme le pays est retournée à Abidjan au cours de la première
pour gérer la crise ivoirienne. Dans le même temps, un plan semaine de janvier, » a indiqué Nwanze. Les premiers signes
consolidé de dotation en personnel a été initié pour le du regroupement total étaient donc perceptibles à temps
personnel recruté au niveau régional. Au début, tout le pour la mise en œuvre de la stratégie à moyen terme.
personnel régulier percevait la totalité de leur salaire. « Nous Pendant le week-end du 25 au 26 janvier, le Directeur
ne pouvions pas occuper tout le personnel d’appui de façon de la recherche par intérim, James Sumberg, a conduit le
rentable à Abidjan, » a expliqué Dubé, « nous les avons premier groupe de chercheurs à Bamako pour établir une
donc divisés en trois catégories que nous avons appelées station de recherche temporaire dans les installations de
restreints, essentiels et autres. » Au départ, le personnel l’ICRISAT à Samanko, Bamako. La plupart du reste des
‘restreint’ était essentiellement composé de quelques chercheurs, du personnel d’appui à la recherche ainsi
secrétaires, chauffeurs et du personnel IT – qui travaillaient qu’un cadre de l’administration et des finances y ont été
en réalité. Le personnel ‘essentiel’ était les agents occupant
des postes que la Direction a considérés essentiels pour la
viabilité continue de l’ADRAO elle-même, mais qui en
réalité ne travaillaient pas (en ce moment-là). « Ces agents Préparation du sol pour la
étaient mis en chômage technique et percevaient la moitié riziculture à la station de
de leurs salaires pour une période initiale de trois mois, » a recherche de l’ICRISAT à
Samanko, début 2003
expliqué Dubé. Le reste des employés avait été mis en
chômage technique sans salaire – il était peu probable que
ces employés soient rappelés dans le court ou même moyen
terme, » a expliqué Dubé. « Cependant, en les mettant en
chômage technique (au lieu de les renvoyer), nous
continuons de maintenir la couverture de leur assurance relocalisés dans les semaines qui ont suivi, de sorte qu’un
maladie et ils gardent leurs droits d’employés d’une complément de personnel ‘restreint’ au grand complet était
organisation internationale en Côte d’Ivoire, » en place vers fin avril.
« Le personnel cadre qui a été évacué avec leurs Dans le même temps, le Conseil d’administration de
familles en septembre et début octobre était aussi l’ADRAO s’est réuni à Bamako du 24 au 28 février, où la
initialement placé en chômage technique, » a déclaré décision a été prise que le personnel de recherche reste à
Nwanze – dans ce cas-ci avec salaire complet. Bamako jusqu’à deux ans afin de leur permettre de
Dans le cadre de la stratégie à moyen terme – à mettre planifier et réaliser leurs activités dans le nouveau climat.
en œuvre au cas où il ne serait pas possible de retourner à Cela a signalé le déclenchement de la stratégie à long
Bouaké et M’bé avant janvier 2003 – des discussions ont terme. Un cas de scénario pire du retour à Bouaké devenant
été menées avec un autre Centre du CG, l’ICRISAT, qui a imprévisible a été discuté à un moment donné ; cependant,
une station à Bamako au Mali. Vers le 1er novembre, ceci « n’est pas à l’ordre du jour et par conséquent ne fait

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

pas partie de notre cadre de travail actuel, » a déclaré


Nwanze avec beaucoup d’assurance. Points saillants de la Station Sahel
« Lorsque nous nous tournons vers l’avenir, » poursuit
Tandis que le siège et centre principal de recherche de l’ADRAO
Nwanze, « je reste confiant. Une équipe conjointe du souffrait de la crise ivoirienne, le mode de fonctionnement
personnel de l’ADRAO et celui du ministère de tutelle du décentralisé de l’ADRAO a fait que pour beaucoup de ses
employés c’était ‘le train-train habituel.’ C’était particulièrement
pays hôte, le Ministère de la recherche scientifique, se le cas du personnel de la Station Sahel et celle du Nigeria.
rendra à Bouaké et M’bé pour une évaluation approfondie
des pertes, dégâts et réparations à faire aux biens et aux Gestion intégrée des cultures pour les systèmes de
conditions de vie. Cette visite sera suivie d’une autre visite riziculture irriguée dans les zones de Sahel et de
savane
conjointe impliquant la Direction de l’ADRAO et des Après le succès initial d’encourager les paysans à adopter les
responsables hauts placés au siège. La couverture options de la gestion intégrée des cultures [GIC] dans la vallée
du Fleuve Sénégal en Mauritanie et au Sénégal (voir ‘Gestion
médiatique permettra de donner l’alerte au public sur le intégrée des cultures : pour une diffusion à grande échelle
retour imminent du personnel de l’ADRAO à Bouaké et dans les champs paysans,’ ADRAO, Rapport annuel 2000,
M’bé. Un plan de retour progressif sera mis en œuvre pages 9-19) et l’atelier de 2001 sur l’intensification, les activités
en 2002 et en début 2003 visaient à consolider et à étendre le
dont la première étape sera le retour d’une équipe de base travail. Au Sénégal, la première version d’un dépliant technique
du personnel d’entretien dirigé par un haut cadre à Bouaké. était en cours d’évaluation auprès des paysans de deux sites
où des groupes de discussion avec les paysans ont été formés
Le retour de la première vague des autres hauts cadres spécialement pour traiter la question de la GIC. Dans le même
dépendra des développements satisfaisants. » temps, les paysans et les chercheurs de deux sites en Gambie
faisaient des évaluations préliminaires des options de la GIC
sous forme d’essais socioéconomiques et agronomiques.
Héroïsme et franchissement des lignes de L’achèvement des essais agronomiques à la fin de 2003 devra
ouvrir la voie à des démonstrations à grande échelle dans ce
front pays.
Dès octobre, l’information est parvenue à Abidjan que le Les sites pour les travaux de GIC au Burkina et au Mali ont
personnel local reprenait les services à M’bé et dans les été identifiés pendant l’atelier de Revue et de planification du
programme riz irrigué qui s’est tenu en novembre 2002. Les
sites clés de Danané et Gagnoa. « C’est grâce aux actes activités portant particulièrement de la GIC du riz irrigué sur les
héroïques de ces agents que nous n’avons pas perdu sols à problèmes démarreront pendant la saison pluvieuse dans
l’Office du Niger au Mali, en collaboration avec l’Institut
entièrement le travail d’expérimentation de 2002, » a d’économie rurale (IER) et dans la vallée du Sourou au Burkina
déclaré Nwanze. « Non seulement les expérimentations Faso avec l’Institut de l’environnement et des recherches
ont été maintenues, mais elles ont été aussi récoltées et agricoles (INERA). Les options à tester ont été identifiées dans le
projet récemment achevé de DFID sur la dégradation des sols
les données enregistrées à travers les communications au Burkina Faso et en Mauritanie (voir ‘Une approche holistique
téléphoniques avec les chercheurs à Abidjan ! » du problème de production en riziculture irriguée englobe bien
plus que la seule dégradation des sols,’ ADRAO, Rapport annuel
« Avec les données en main, les chercheurs étaient donc 1999, pages 30-37, et ‘Donor Country Profile: The Netherlands –
en mesure de continuer certaines de leurs activités normales Soil degredation in irrigated rice fields in the Sahel’, WARDA
telles que l’analyse des données, la rédaction des rapports Annual Report 2001-2002, pages 57-60).
Les partenaires nationaux de la recherche et de la
et la préparation des articles à publier, » a déclaré Yacouba vulgarisation en Mauritanie ont récemment demandé à
Séré, Directeur de la recherche par intérim d’alors. Il a ajouté l’ADRAO de les assister dans les études d’impact et d’adoption
dans les sites où la GIC a été encouragée au cours des dernières
que les actes héroïques de l’ADRAO ont été possibles parce années.
que, « tout comme dans une armée, avec la présence du En mi-2002, une étude d’évaluation rapide du secteur du
Général et de la plupart de ses Colonels, les troupes ont le riz irrigué au Nigeria a montré d’énormes similitudes entre les
contraintes chez les producteurs du riz irrigué au Nord de la
courage de jouer leur rôle. » Guinée et dans la savane soudanienne au Nigeria avec celles
« Malgré l’ouverture des canaux de communication, qui sont communes dans le Sahel. Il doit être donc possible
d’adapter et de tester les options GIC dans ces zones du Nord
nous nous sommes toujours inquiétés des conditions et du Nigeria.
de la sécurité de notre site de Bouaké, » a déclaré Nwanze.
On avait presque couvert deux mois depuis le

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

déclenchement de la crise avant que personne ne puisse


Points saillants de la Station Sahel (suite) se rendre d’Abidjan à M’bé.
« Depuis le commencement des hostilités, l’ADRAO
Test préliminaire de la GIC dans les bas-fonds
a gardé d’excellentes relations avec le Gouvernement à
irrigués du Sénégal Abidjan et des relations cordiales avec la force
En 2002, la Direction régionale de l’Agence nationale du conseil d’occupation à Bouaké, » a déclaré Nwanze. « Cela a
agricole et rural (ANCAR) de Fatick a approché l’ADRAO pour
établir des essais variétaux et de GIC dans la région de Fatick,
nécessité des contacts fréquents et des interactions aux
Sud-Ouest du Sénégal. Les essais ont été planifiés en plus hauts niveaux de la hiérarchie militaire et
collaboration avec les agents de ANCAR et les groupements gouvernementale. Les missions officielles qui se sont
paysans dans cinq sites à Fatick. Cependant, la mauvaise
pluviométrie est venue annuler les essais de quatre de ces sites. rendues à Bouaké et M’bé ont été effectuées avec l’entière
Dans le site restant, Djilor, les essais ont été établis dans la autorisation du gouvernement et la coopération des forces
saison pluvieuse de 2002 dans un champ sélectionné par le
groupement des femmes de la valée. Les essais eux-mêmes
occupantes. Le PNUD a facilité toutes ces missions en
ont été conjointement gérés par l’ADRAO, ANCAR et le s’occupant de tous les papiers nécessaires. »
propriétaire du champ. Pendant la première saison, les variétés La première mission officielle d’Abidjan à Bouaké et
(WAS 47-B-B-194-4-2, WAS 63-22-5-9-10-1, WAS 63-22-1-1-3-3,
WAS 164-B-5-2 et WAS 33-B-15-1-4-5) ont été testées pour leur M’bé a eu lieu du 18 au 20 novembre. Le Chef des
adaptation à l’écologie et les caractéristiques agronomiques Opérations, Nurdin Katuli, faisait partie de cette mission.
testées pour trois variétés (Sahel 108, WAS 47-B-B-194-4-2 et une
variété locale) par rapport à trois niveaux d’application des
« Nous étions très contents de voir que toutes les
engrais et de gestion des adventices. Les paysans de la vallée installations, les communications, l’électricité et l’eau
ont été invités à des visites formelles des essais pendant la fonctionnaient, » a-t-il déclaré. « Les bureaux et les
maturité des cultures et pendant la période post-récolte pour
avoir leurs impressions sur les variétés et les traitements. laboratoires étaient intacts et les opérations de la banque
« Malgré le manque de pluie, quatre des cinq variétés génétique se poursuivaient sans interruption. » En effet,
testées ont pu produire quelques graines (avec des rendements
allant de 2 tonnes à l’ha pour WAS 47-B-B-194-4-2 à 3,7 tonnes
le seul important passage à vide a été la perturbation du
par ha pour WAS 63-22-5-9-10-1), » a déclaré l’Assistant de laboratoire de la culture d’anthères due à une coupure de
recherche Souleymane Gaye, « et les paysans les ont courant localisée.
appréciées pour leur production dans des conditions difficiles. »
Dans le même temps, l’Assistant de recherche Abdoulaye « Un aspect important de la première mission pour
Sow était chargé des essais agronomiques. « Nous étions surpris ceux d’entre nous qui étions à Abidjan a été l’équipement
des résultats initiaux, » a-t-il expliqué. « Les deux variétés
modernes ont non seulement été beaucoup plus performantes
informatique que nous avons récupéré, » a déclaré le
que les variétés locales, mais aussi, sans aucune application Responsable des Technologies de l’information et des
d’engrais, elles ont produit autant de grains que les variétés communications, Péféry Coulibaly. Pour être plus précis,
locales avec la dose complète d’engrais recommandée pour
cette zone. » tous les serveurs et 25 ordinateurs ont été récupérés
« Bien sûr qu’aucun chercheur ne va accorder beaucoup pendant cette mission, en même temps que d’importants
de crédit aux résultats d’une seule saison, » a déclaré Kouamé
Miézan, Chef du Programme riz irrigué. « Nous avons établi un
documents et quelques effets personnels.
partenariat avec ANCAR et les paysans de Djolor et d’ailleurs « C’était presque un autre mois après que la mission
dans la région de Fatick. Si la pluviométrie s’améliore en 2003, suivante avait pu être organisée. « Nous commencions à
nous allons continuer avec des essais complets dans les cinq
sites comme prévu au départ. L’intérêt principal de rapporter nous soucier sérieusement des risques pour notre
cela maintenant est que nous avons réalisé une mesure de collection de semences à ce moment-là, » a expliqué le
succès dans un bas-fond qui est essentiellement pluvial, donc
quelque peu en dehors de notre mandat habituel qui est
Responsable de l’Unité des ressources génétiques
strictement la riziculture irriguée. Cela commence à se rattacher Gouantoueu Guei. « Une panne des installations de la
à notre concept évolutif de l’intensification du continuum bas- chambre froide ou un vol pouvait facilement nous priver
fond. »
de matériel génétique inestimable. » La mission a eu un
succès retentissant en ce sens que plus de 6000 accessions
...‘suite à la page 20’ ont été récupérées, y compris le matériel le plus récent
des collections de la Côte d’Ivoire et de la Guinée en 2000

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Stratégie de la filière riz pour le Nigeria


Les activités et les premiers résultats de la première année de l’étude financée par l’USAID sur la filière riz au Nigeria ont été rapportés l’an
dernier (voir Encadré ‘Case study: Nigeria’, WARDA Annual Report 2001-2002, pages 44-45). La crise ivoirienne a provoqué un retard dans
l’exécution du projet dont la finalisation est prévue maintenant pour mi-2003 au lieu de décembre 2002 comme initialement prévue.
« Depuis les documents sur l’état actuel des connaissances et l’atelier des acteurs en novembre 2001, nous avons identifié des
domaines pour une étude plus poussée, » a expliqué l’Economiste de la production, Olaf Erenstein. « Ainsi, nous avons mené trois études
sur les producteurs de riz, les usiniers de riz et les consommateurs de riz et aussi une évaluation rapide des périmètres irrigués dans le pays. »
La première étude a couvert 252 producteurs de riz (paysans) dans cinq États producteurs de riz – quatre (Benue, Kaduna, Niger et Taraba)
sélectionnés pour leur importance dans la production nationale et la diversité des systèmes rizicoles et un (l’État d’Ekiti) spécifiquement pour
inclure le riz pluvial. La deuxième étude a porté sur la transformation du riz dans les mêmes cinq États et deux principaux centres de
traitement du riz ailleurs dans le pays. Environ 80 acteurs de la transformation du riz ont été sélectionnés avec un accent sur les usiniers,
puisque l’usinage avait été identifié comme facteur clé de la qualité du riz. La troisième étude a ciblé 600 consommateurs de riz dans 21
marchés de huit capitales d’États (notamment celles des cinq États utilisés dans les premières études, plus Abuja, Ibadan et Lagos). « Les
principales questions de l’étude sur les consommateurs étaient les suivantes : Pourquoi les répondants ont-ils choisi d’acheter du riz importé
par rapport au riz local et ont-ils jamais utilisé du riz local ? » a expliqué Erenstein.
« Les résultats des études sont toujours en cours d’analyse, » a expliqué Erentein, « mais les questions importantes sont déjà claires. »
Par exemple, 80 % de toute la production rizicole est destiné à la vente. Par conséquent, les paysans sont prêts à investir dans les intrants
(engrais et pesticides) pour améliorer leur production. Cependant, le riz importé était disponible sur le marché local dans deux-tiers des
zones de production rizicoles en milieu rural et est le riz de choix pour beaucoup de consommateurs à cause de sa qualité (tandis que le
riz local est choisi pour son prix – voir Figure 2).

Figure 2. Importance
relative des critères des
consommateurs pour la
sélection du riz (Nigeria
2002)

La somme des pourcentages rapportés est supérieure à 100 % puisque la plupart des répondants ont cité plus d’un critère. Pour le riz importé, 954
consommateurs ont donné en moyenne 2,99 réponses, tandis que pour le riz local, 325 consommateurs ont donné en moyenne 1,43 réponses.

18
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

On est en train d’inclure les résultats des quatre études dans une stratégie pour le développement de la filière riz – le but ultime du
projet. Les propositions préliminaires ont été présentées aux collaborateurs au Nigeria en mars 2003 et aussi au ministère fédéral de
l’Agriculture, représenté par le ministre et secrétaire permanent.
En septembre 2002, le Président Obassanjo a institué un Comité présidentiel sur l’accroissement de la production rizicole et l’exportation
en vue de préparer un plan pour le développement de la filière riz au Nigeria. « L’ADRAO avait été invitée comme membre de Comité
permanent, » a déclaré Olu Osiname, le chercheur de liaison de l’ADRAO au Nigeria. « En particulier, le Comité compte sur les données
de l’ADRAO en matière de production rizicole dans le pays. » Certains membres de ce Comité étaient présents lors de la présentation du
ministère de l’Agriculture. « Nous avons perçu cette réunion comme une opportunité qui vient à point nommé en appui au comité ayant
des perspectives plus vastes sur la filière riz plutôt que de se focaliser simplement sur la filière riz irriguée, » a conclu Osiname.
« Le feedback généré par les interactions avec nos collaborateurs et le ministère nous aide à finaliser la stratégie, » a expliqué
Erenstein. « Les détails seront discutés lors d’un atelier technique de deux jours à Ibadan pendant l’été [2003] et ensuite il y aura une
cérémonie d’une demi-journée à Abuja où le document final sera remis au ministre de l’Agriculture. »

Éléments d’une stratégie pour revitaliser la filière riz au Nigeria


Voilà ce qu’il y a des moyens dégagés, mais qu’est-ce que l’ADRAO va probablement proposer au Gouvernement du Nigeria ?
D’abord, la stratégie a deux objectifs :
 Accroître la capacité de la filière riz pour qu’elle soit compétitive avec le riz importé en termes de qualité et de prix.
 Renforcer la part du marché du riz local sur le marché national du riz.
« En formulant une stratégie pour atteindre ces objectifs, nous sommes guidés par ‘les éléments stratégiques’, » a expliqué Erenstein.
« Pour être viable, la stratégie doit répondre aux besoins des consommateurs et, par conséquent, la stratégie doit accorder la priorité à
l’amélioration de la qualité du riz local plutôt que d’accroître simplement la production locale. »
Les priorités stratégiques suivantes ont été définies.
 Améliorer la gestion de la qualité le long de la chaîne de production y compris la sensibilisation des acteurs sur les questions de
qualité ; l’amélioration de la technologie de la transformation du riz pour l’étuvage, l’épierrage, l’usinage et l’emballage ; et,
l’amélioration de la qualité et l’homogénéité du paddy au niveau du champ en réduisant le mélange des variétés et en améliorant
le battage et le nettoyage.
 Accroître l’efficacité du marché en appuyant la vente en détail du riz local et l’essor commercial à travers l’accès au fonds de
roulement, ce qui devrait permettre de plus grandes opérations, améliorer la régularité de l’approvisionnement et aider de nouveaux
opérateurs à entrer dans le marché et à accroître ainsi la concurrence ; réduire les coûts des transactions en encourageant la
standardisation des unités, les classements de qualité et la terminologie, la diffusion de l’information sur les prix et la bonification du
riz de qualité aux paysans et aux commerçants.
 Accroître l’efficacité au niveau du producteur par les variétés améliorées, l’utilisation des intrants externes et leur efficacité, les
pratiques de gestion des cultures et la mécanisation. Donner la priorité à l’efficacité améliorée des infrastructures d’irrigation
opérationnelles existantes avant de réhabiliter ou de construire de nouvelles structures.
« Puisque nous envisageons mettre en œuvre la stratégie, nous voulons nous assurer que le développement sera durable, » a
expliqué Frédéric Lançon, l’ex-Économiste des politiques. « Pour cette raison, nous pensons qu’il est important de travailler avec un
ensemble de structures de quatre entités. D’abord, nous ne voulons pas mettre en place de nouvelles institutions, mais plutôt renforcer
celles qui existent. Deuxièmement, nous prévoyons un rôle continu pour les plates-formes des acteurs comme établies dans le cadre du
projet. Troisièmement, nous pensons qu’un organe de coordination doit être mis en place indépendamment de ceux qui exécutent en
réalité les activités liées à la stratégie. Quatrièmement, il faut un système de suivi pour fournir un feedback sur les effets du développement,
pour soutenir le débat politique de l’organe de coordination et pour mesurer l’impact du développement de la filière. »
En plus, l’équipe de l’ADRAO préfère une approche à ‘petit pas’ pour la mise en œuvre au lien d’une version ‘big bang’. « Nous
pensons qu’il y a plus de chance de succès si nous optons pour une mise en œuvre par phases, » a expliqué Erenstein. « Nous devons
nous étendre progressivement à la fois en terme de localités et de nombres d’interventions. Le processus du développement est
incroyablement complexe et va nécessiter les raffinements en cours et une période d’apprentissage pour tous les acteurs. » L’équipe va
proposer que la mise en œuvre commence avec certaines interventions spécifiques de la filière riz (ex. la qualité). Ils craignent que la
focalisation sur des interventions non spécifiques au riz n’empêche de se concentrer sur le riz ; et que l’organe de coordination ne joue le
rôle d’un groupe de pression pour des interventions non rizicoles dans le cadre du développement de la politique agricole en général.
« Comme c’est le cas de beaucoup de programmes potentiellement grands, nous sentons la nécessité de faire des études pilotes
dans un certain nombre de sites pour tester la faisabilité des recommandations et les peaufiner, » a expliqué Erenstein. « Les ‘projets’
pilotes permettront aussi aux personnes impliquées dans la mise en œuvre d’acquérir de l’expérience et ‘d’apprendre la main dans la
patte’ et être prêtes pour la phase d’intensification, » Il est fort probable que l’équipe suggère que les phases pilotes se fassent dans les
États d’Abuja, de Benue, de Kaduna et du Niger, à cause de leur rôle dans la production totale de riz et de leur proximité relative l’un par
rapport à l’autre.

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

et des lignées de sélection. Le matériel récupéré constituait


80 % du total de la collection du matériel génétique. Points saillants de la Station Sahel (suite)
« En plus de la collection des semences, nous avons
aussi mis en place des mesures préventives contre les Amélioration du bas-fond intensifié – le concept du
feux, » a ajouté Katuli. continuum irrigué
Une troisième mission a été organisée vers fin février Le ‘continuum de bas-fond intensifié’ a été mentionné dans le
rapport de l’an dernier (‘Breeding Rice for the High-Potential
pour récupérer davantage de données et d’effets personnels Irrigated Systems – Looking South et la Figure 3, WARDA Annual
et ensuite une quatrième mission s’est rendue en fin mars Report 2001-2002, pages 24 et 26). Comme mentionné l’an
dernier, le concept vient du fait que hors du Sahel, les paysans
pour récupérer les semences récoltées, les données et des dans les systèmes ‘irrigués’ peuvent ou peuvent ne pas pouvoir
effets personnels. « Au moins maintenant que nous avons maintenir un contrôle total de l’eau d’une saison à la suivante
les semences de la dernière saison, nous pouvons aller de ou même pendant une même saison. Cependant, il y a
d’autres facteurs qui appuient les efforts de coordination et
l’avant, » a déclaré Gridley, Sélectionneur riz de bas-fond. d’intégration de la recherche et du transfert de technologies
« Avant que ces semences n’arrivent à Bamako, je des bas-fonds pluviaux et des bas-fonds irrigués hors du Sahel.
cherchais seulement à répéter tous les essais de l’an dernier  Les principales espèces d’adventices en riziculture de bas-
dans de nouvelles localités. » fond avec une maîtrise partielle de l’eau sont les mêmes
tout le long du gradient (maîtrise d’eau) (bien qu’elles
diffèrent selon les zones agroécologiques) et sensiblement
Un mot sur le matériel génétique différentes de celles des plateaux pluviaux.
Le stockage à long terme du matériel génétique de riz de  Il en est de même pour les types de sols et par conséquent
la fertilité des sols et les contraintes liées aux sols.
l’ADRAO se faisait traditionnellement à l’IITA à travers  Le risque de production réduit dans les bas-fonds avec
un accord de longue date entre les deux Centres. Ce n’était une maîtrise partielle de l’eau (par rapport aux systèmes
purement pluviaux) rend l’utilisation des intrants une option
donc pas le matériel dupliqué à l’IITA qui était au centre rentable, donnant une orientation commerciale à
des préoccupations de la deuxième mission à Bouaké-M’bé l’agriculture qui était avant une agriculture de subsistance.
en décembre. Cependant, les résultats ont été même plus  Les variétés développées pour les systèmes irrigués se sont
montrées bien performantes dans les bas-fonds irrigués
importants, avec la récupération totale de tout le matériel avec une maîtrise partielle de l’eau bien qu’une plus grande
génétique de l’ADRAO vers la fin de la quatrième mission. diversité de caractéristiques est requise pour faire face aux
stress tels que l’inondation et la sécheresse (absents des
systèmes purement irrigués).

Gouantoueu Guei, « Le concept du continuum ouvre davantage d’options pour


Responsable de l’Unité des la mise en œuvre des bas-fonds, » a expliqué Miézan. « Les
ressources génétiques, technologies développées pour le Sahel et en particulier les
supervise l’emballage d’un systèmes irrigués ont maintenant le potentiel de s’adapter aux
chargement de semences en bas-fonds non sahéliens. »
partance pour l’IITA au Nigeria « La porte est donc grandement ouverte pour une
assistance accrue aux riziculteurs à travers les bas-fonds de
l’Afrique subsaharienne, » a conclu Miézan.

Le matériel est gardé dans des surgélateurs à Abidjan,


mais davantage de mesures sécuritaires ont été prises aussi.
« A la fin de février, », explique Guei, « nous avons
expédié à l’IITA une partie du matériel récupéré et qui
s’ajoute à ce qui y existe déjà. Il s’agit là d’une duplication
du matériel qui se trouve à Abidjan. »
Depuis quelques années, quelques duplications du
matériel de l’ADRAO sont aussi gardées à l’IRRI en
Philippines. « Nous nous acheminions vers l’établissement

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

d’un processus de stockage à long terme à M’bé, » a dit les décisions de la Direction sur la gestion de la crise
Guei d’un ton songeur. « C’était sous financement du ivoirienne, a recommandé les décisions et les actions à
Gouvernement japonais, avec une contribution de la entreprendre, a rencontré les membres du gouvernement
Banque mondiale. » et du corps diplomatique et a organisé une conférence de
Suite à la crise ivoirienne et la fragilité des collections presse télévisée.
de matériels génétiques qui s’accentue, l’ADRAO explore En février, le Conseil s’est réuni en plénière à Bamako et
avec Fort Collins, Colorado, États-Unis d’Amérique pour a pu voir de près comment les choses ont été arrangées et
y stocker une partie du matériel dupliqué sous un accord comment le personnel était installé. Pendant les réunions du
de ‘black box’ ; cela sera fait en 2003 et 2004. Conseil, le Directeur du GCRAI, Francisco Reifschneider, a
« Pour la présente campagne [2003], nous multiplions aussi visité Bamako et Samanko. Il avait planifié visiter
le matériel à la Station Sahel de l’ADRAO au Sénégal, » l’ADRAO avant la crise et ensuite Abidjan en fin 2002, mais
a expliqué Guei. « Ainsi, nous pensons avoir au moins du il était un de ceux qui avaient été affectés par le moratoire de
matériel disponible pour distribution à nos partenaires au la Banque mondiale sur les voyages en Côte d’Ivoire. Il a
sein du Réseau international pour l’évaluation génétique saisi l’opportunité pour s’adresser au personnel et féliciter
du riz en Afrique. » les agents de l’ADRAO pour leur courage sous stress.
« Nous avions tiré sur la sonnette d’alarme à travers
le monde en octobre, » a indiqué Nwanze, en publiant un Avenir consolidé et plus brillant
communiqué de presse où nous avions mis en exergue la « L’ADRAO est unique parmi les Centres du CG, » a dit
situation des semences de grande valeur à M’bé. Nous Nwanze, « en ce sens qu’elle est d’abord une association
sommes très heureux qu’elles aient été toutes sauvées et de pays membres. » En tant que telle, l’ADRAO est née en
nos inquiétudes du pire scénario sont terminées ! » 1971 de la volonté des gouvernements de collaborer pour
le meilleur. « Le partenariat reste notre modus operandi, »
Assistance morale et matérielle multiple poursuit Nwanze. « En effet, sans cela, l’ADRAO aurait
« Pendant toute cette période, nous avons reçu des messages peut-être disparu du fait de la crise ivoirienne. »
de soutien de tous les coins du monde, » a dit Nwanze. « La crise nous a donné une opportunité unique, » a
« Nous sommes très reconnaissants pour toute cette déclaré Sumberg. « Je n’aurais jamais souhaité écouter le
assistance qui nous est utile pendant cette période difficile. » point de vue de quelqu’un sur le traumatisme que cela a causé
« Nous avons aussi reçu une assistance matérielle sous chez les individus concernés, mais pour l’ADRAO prise dans
forme d’aide d’urgence du GCRAI et de la Banque son ensemble, la situation peut avoir des résultats positifs. »
mondiale, » a indiqué Dubé. « Sans cela, nous aurions pu Sumberg est arrivé à Abidjan en novembre 2002 pour occuper
être dans de sérieux problèmes financiers. » le poste de Chef du Programme politique et développement
En mi-décembre, le vice-président du Conseil rizicoles. En janvier, il fut nommé Directeur de la recherche
d’administration, Richard Musangi, a visité Abidjan au par intérim. « L’ADRAO à présent doit se consolider. Nous
nom du Comité exécutif et financier du Conseil. « D’autres avons le personnel clé qui a repris le travail et présentement
membres du Conseil n’ont pas pu faire le déplacement nous avons un petit accès à notre station principale de
d’Abidjan pour des restrictions de voyage imposées par recherche. Nous envisageons même davantage de travail en
leurs pays, » a indiqué Musangi. « Cependant, nous avons réseau – voyant comment nous pouvons travailler avec nos
senti qu’il était absolument important d’être solidaires avec partenaires pour produire plus de synergies qu’avant. »
le personnel et la Direction et de nous efforcer à leur « Les sept premiers mois ont été difficiles, » a déclaré
remonter le moral par une visite. Et c’est moi qui ai eu Nwanze, « mais nous avons survécu, nous sommes regroupés
l’opportunité. » et l’ADRAO poursuit sa marche. L’appui substantiel de bon
En compagnie du membre ivoirien nouvellement nombre de personnes pour soutenir le moral du personnel ne
nommé au Conseil, Bamba Gué, Musangi a passé en revue peut pas être documenté à sa juste valeur ! »

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Apprentissage participatif et recherche


action pour la gestion intégrée des
cultures dans les bas-fonds

D ans des systèmes divers comme les bas-fonds, il est rare que les technologies générales fournissent
aux paysans ce dont ils ont besoin et sont toutes souvent trop ignorées. En 2001, l’ADRAO a
commencé un programme pour assister les paysans à s’aider eux-mêmes, en les enseignant à observer,
à échanger les idées, à analyser et à penser les choses en vue de prendre une action pour
améliorer leurs techniques culturales. Le système a excité l’imagination des paysans et maintenant
certains d’entre eux utilisent ce qu’ils ont appris pour aider leurs voisins et gagner des revenus
supplémentaires !

Leçon tirée de l’expérience et plus la technologie doit être spécifique à chaque site et
capitalisation du succès plus les paysans ont besoin d’être impliqués plus tôt dans
Il est incontestable qu’au cours de la dernière moitié du le processus du développement et de l’adoption de la
siècle, la recherche et le développement agricoles ont fait technologie. » (Voir encadré ‘Paradigmes de la recherche
des succès importants parmi lesquels la Révolution verte et participation des paysans.’)
des années 1970 n’est certainement pas le moins important. Defoer a réalisé une mesure du succès dans la gestion
Il ne fait pas doute aussi que la plupart des solutions de la fertilité des sols pour ces environnements divers avec
technologiques ‘simples’ ont eu très peu d’impact en une approche appelée ‘Apprentissage participatif et
Afrique subsaharienne. recherche action’ (APRA), pendant une affectation auprès
« L’avantage des technologies de la Révolution verte du Royal Tropical Institute (KIT) néerlandais au Mali.
se trouve dans leurs audiences ciblées, » a expliqué Toon C’était en partie à cause de ses approches innovatrices
Defoer, Agronome chargé du transfert de technologies à que l’ADRAO a ‘sauté sur lui’ lorsqu’on devait pourvoir
l’ADRAO. Le succès de la Révolution verte était dû en le poste d’Agronome de transfert de technologies en 2001.
grande partie à la standardisation de l’environnement Defoer a apporté toute une nouvelle façon de penser et de
agricole – fournissant une gestion adéquate de l’eau pour travailler à l’équipe de transfert de technologies de
l’irrigation en plus des intrants comme les engrais et les l’ADRAO.
herbicides. « Malheureusement, » poursuit Defoer, « les Au moment du recrutement de Defoer, le programme
options pour standardiser les environnements agricoles réussi de gestion intégrée des cultures de l’ADRAO au
en Afrique sont rares et à de longs intervalles. Ce que Sahel était sur le point d’être adopté dans les bas-fonds,
nous avons appris est que plus l’environnement est divers, hors de la zone du Sahel.

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Paradigmes de la recherche et participation des paysans

Dans ce contexte, on peut définir raisonnablement le paradigme comme « un cadre conceptuel dans lequel les théories scientifiques
sont développées, qui est consistent, mais qui peut nécessiter une révision totale lorsque la preuve défiant l’exactitude des faits de certains
de ses aspects s’accumule. »
« Je pense que toute la philosophie de l’apprentissage participatif et de la recherche action (APRA) est fondamentalement différente
de celle de la recherche et du développement traditionnels et aussi de celle de la plupart des recherches participatives, » a expliqué
Toon Defoer, l’Agronome spécialiste du transfert de technologies de l’ADRAO et force motrice des activités APRA de l’ADRAO. « C’est ce
que nous appelons ‘constructivisme’ à l’inverse du ‘positivisme’. »

Paradigme positiviste

1. Recherche et développement ‘conventionnels’


„ Les chercheurs développent les technologies, d’abord en station de recherche et ces technologies sont ensuite ‘transférées’ aux
paysans.
„ Elle est couronnée de succès dans les environnements relativement homogènes et peu diversifiés et qui ne sont pas complexes.
„ La recherche peut initier la situation au champ en station.
„ Elle fonctionne mieux là où les paysans ont accès à l’information pertinente, à la gestion de l’eau et aux intrants, ex. la Révolution
verte.

2. Recherche des systèmes culturaux


„ Première considération de la diversité au sein des systèmes culturaux et la nécessité d’adapter les technologies aux réalités des
champs (années 1970).
„ Les technologies sont générées, toujours d’abord en stations de recherche, avec des ‘domaines de recommandation’ cibles où elles
sont ensuite testées et adaptées avec les paysans.

3. Recherche participative
„ Vise à utiliser la connaissance des paysans (et leur expérience) pour améliorer les résultats de la recherche, c’est-à-dire aider les
chercheurs à faire un meilleur travail.
„ Implique toujours les technologies ‘finies’ ou ‘achevées’ (ex. les variétés) qu’on transfère aux paysans pour voir si elles sont adaptables
ou adoptables.
„ Des exemples incluent la sélection variétale participative (PVS) de l’ADRAO et le programme GIC au Sahel.

Paradigme constructiviste
„ Le constructivisme suppose que la réalité n’est pas absolue, mais qu’elle est plutôt activement construite par des personnes sur la base
de l’expérience et de l’interaction sociale.
„ Le constructivisme est surtout pertinent à la gestion des ressources naturelles dans des environnements agricoles divers et complexes
où le positivisme ne marche pas.
„ Typiquement, les paysans n’ont aucun contrôle (ou limité) de l’eau et aucun accès (ou limité) aux intrants comme les engrais, les
herbicides et le crédit.
„ Recherche action – apprendre la main dans la patte ou peut-être apprendre en essayant.
„ Apprentissage social – les paysans sont encouragés d’observer, d’analyser, de discuter, de suggérer des solutions ; les paysans
testent les idées dans leurs propres champs, ensuite ils observent et réfléchissent, peut-être pour développer de meilleures
solutions.
„ Philosophie : communication – aider les paysans à s’aider, plutôt que d’utiliser les paysans pour aider les chercheurs.
„ L’accent n’est pas trop mis sur la technologie mais sur le processus.
„ Nouveau rôle pour la recherche : traduire les principes scientifiques et les technologies en quelque chose que les paysans peuvent
utiliser ; développer des aides didactiques pour les paysans.
„ Nouveau rôle de la facilitation pour diriger le processus.
„ Formation/apprentissage paysan à paysan avec un rôle pour les organisations paysannes.

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Depuis plusieurs années, l’ADRAO a reconnu le certain niveau de succès même après la première année.
potentiel des bas-fonds de l’Afrique subsaharienne (voir, « Après les neuf mois de formation, nous avons présenté
par exemple, ‘Mise au point et diffusion de technologies : des problèmes hypothétiques à une sélection de paysans
rôle de la caractérisation agro-écologique,’ Rapport annuel participants et non participants, » a expliqué Defoer.
ADRAO 1998, pages 23-31). « Après une réévaluation « Devant un nouveau problème, les participants ont
récente des données de la FAO, nous avons maintenant répondu comme suit : ‘J’examinerais de très près la plante,
une vision plus réaliste des zones de bas-fond en Afrique peut-être je l’ouvrirais pour voir ce qui se trouve dedans,’
subsaharienne qui est de 190 millions d’hectares, » a ‘Je la montrerais à mes voisins pour voir s’ils ont déjà vu
déclaré Paul Kiepe, Coordinateur scientifique du quelque chose de semblable.’ Tandis que les non
Consortium bas-fonds (CBF). « Avec la riziculture de bas- participants ont montré une dépendance continue de l’aide
fond améliorée, l’intensification et la diversification, cela externe, tels que les services de vulgarisation ou une
donne plus de possibilités d’accroître la production intervention immédiate, par exemple avec des pesticides. »
alimentaire à travers le continent. » Dembélé et trois autres paysans des sites pilotes ont
Avec les succès de l’APRA pour la gestion de la fertilité été formés aussi pour devenir paysans-formateurs de sorte
des sols et la GIC pour les systèmes sahéliens qu’ils qu’ils puissent former la base d’un effort de formation
entraînent et le potentiel des bas-fonds qui est devant, en paysan à paysan pour aider l’APRA-GIC à s’étendre. Les
2001, Defoer et les équipes de transfert de technologies communautés pilotes forment maintenant ‘un centre rural
et de CBF se sont embarqués sur un programme pour de connaissance,’ où les paysans peuvent aller avec leurs
introduire l’APRA pour la GIC dans les bas-fonds avec problèmes pour en discuter avec des gens comme Dembélé
des systèmes de culture à base riz. ou encore solliciter de la formation en APRA pour leurs
propres communautés. « Si les paysans doivent agir
Une nouvelle façon de penser, une effectivement comme formateurs, ils ont besoin d’une
nouvelle façon de faire compensation pour le temps investi,’ a déclaré Tom
« Je ne suis plus le même ! » s’est exclamé Kouamé Kadisha Kat Lombo, Spécialiste de la recherche et du
Dembélé, paysan à Bamoro, Côte d’Ivoire. « Quand je développement à l’Agence nationale d’appui au
voyais un problème dans ma rizière, j’avais l’habitude développement rural (ANADER), le service de
d’attendre que l’agent de vulgarisation vienne m’aider. vulgarisation impliqué dans le programme APRA en Côte
L’ADRAO m’a enseigné à regarder mon riz, de penser à d’Ivoire. Le projet pilote a introduit l’idée des ‘coupons
d’apprentissage,’ qui donnent à un groupe de paysans le
ce que je vois, à le montrer à mes voisins et de discuter
droit de participer à une seule session de formation.
avec eux comment nous pourrions le résoudre. C’est une
« L’ANADER et l’ADRAO vendent les coupons à 2000
nouvelle façon de penser et cela conduit à une action de
FCFA [environ 3 USD ou 3 EUR] aux groupes de paysans,
ma part – et à une action concertée avec mes voisins ! »
qui donnent un coupon d’apprentissage au paysan
En plus, Dembélé et des camarades riziculteurs ont accru
formateur pour chaque session de formation, » explique
leur production de riz à plus d’une mi-tonne par hectare Lombo. « Le paysan-formateur soumet ensuite le coupon
pendant la première année de l’APRA-GIC. à l’ANADER ou à l’ADRAO et reçoit les 2000 FCFA en
« Ce que nous essayons de réaliser, » explique Defoer, retour. » Pour le nouveau centre rural d’apprentissage,
« ce n’est pas tellement l’adoption des technologies que l’ADRAO a subventionné les premiers 30 coupons
nous chercheurs avons développées, mais plutôt aider les d’apprentissage, mais les sessions suivantes sont payées
paysans à penser pour eux-mêmes, d’avoir des interactions entièrement par les groupes sollicitant la formation. Le
et de décider comment ils pourraient essayer de résoudre programme a suscité un intérêt – et la participation – de
leurs propres problèmes. » Et on peut revendiquer un quatre villages voisins des bas-fonds pilotes.

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

« Une session type d’un APRA d’une semaine


Grandes lignes d’une session type d’APRA implique environ 30 paysans du bas-fond concerné, plus
quelques facilitateurs représentant la recherche et
Introduction développement (vulgarisation, ONG ou autre agence de
Un facilitateur introduit le sujet du jour et donne les objectifs. développement), » a expliqué Philip Idinoba, Assistant de
recherche du CBF. De manière typique, l’équipe de
Discussion active
Un autre facilitateur commence le processus avec des questions
facilitation se réunit avant la session de l’APRA pour se
conçues pour ouvrir la discussion avec les paysans sur le sujet. préparer. Généralement, l’un des facilitateurs est
Les paysans discutent des expériences et des pratiques spécialiste du domaine de la session en question.
personnelles.
Autrement, l’un des facilitateurs est spécifiquement
Le facilitateur du sujet en question ‘présente’ le point de vue de
désigné pour faire une lecture de base approfondie sur le
la science à travers des outils d’apprentissage, des questions sujet de la session, bien que tous les facilitateurs doivent
et des explications. avoir un niveau de maîtrise du domaine couvert.
Les paysans trouvent la plupart des réponses eux-mêmes.
Au début de la session, un facilitateur introduit le sujet
Visite de terrain
du jour et déclare l’objectif. En d’autres mots, il indique
En mini-groupes, chacun ayant un paysan-animateur, un aux participants ce que les facilitateurs souhaitent qu’ils
paysan-rapporteur et un facilitateur. apprennent ou retiennent de la session de la journée.
Des champs présélectionnés pour démontrer les ‘bons’ et les Ensuite, un autre facilitateur commence la ‘procédure’ en
‘mauvais’ aspects du sujet.
demandant aux paysans ce qu’ils savent du sujet du jour.
Les paysans observent, analysent, prennent des décisions en
vue d’une action. Les paysans sont encouragés de partager et discuter leurs
propres pratiques et expériences. Le facilitateur du sujet
Compte-rendu (session plénière) de la session se base ensuite sur les discussions des paysans
Les rapporteurs des mini groupes rendent compte au groupe. pour présenter le point de vue scientifique du sujet. Ce
Différents groupes ont différentes idées, ce qui aboutit à des
horizons plus vastes.
facilitateur pose des questions ouvertes et élabore sur les
L’un des facilitateurs aide à faire le résumé des idées. déclarations des paysans en vue de démontrer pourquoi
les choses sont telles qu’elles sont ou ce qui sous-tend les
Évaluation observations des paysans. « Mais le facilitateur n’enseigne
Les paysans sont encouragés de dire ce qu’ils ont appris et ce pas selon la manière conventionnelle, » a déclaré Idinoba,
qu’ils mettront en pratique.
« au contraire, il/elle facilite la discussion et dans la plupart
Récapitulation des cas les paysans trouvent les réponses à leurs propres
Un paysan volontaire ou un facilitateur fait le résumé de toute questions. »
la journée : objectifs ; observations des paysans ; base « Toute cette session est très active, » explique Defoer.
scientifique ; meilleures pratiques en vue d’une action.
« C’est là qu’interviennent les outils d’apprentissage, tels
que les diagrammes et les activités pratiques. » Et ce n’est
pas nécessairement le facilitateur qui fait les diagrammes.

Comment ça marche Outils d’apprentissage en action


Idinoba (Assistant de recherche
« En 2001, nous avons apporté l’APRA-GIC dans deux ADRAO-CBF) verse de l’eau dans
bas-fonds près du siège de l’ADRAO, » a expliqué Defoer, un entonnoir contenant de la
« notamment Bamoro et Lokakpli. Dans chaque lieu nous terre lors d’une démonstration
des différents taux de drainage
avons organisé des sessions hebdomadaires avec environ dans différents types de sols
30 paysans pour une période de neuf mois. »

26
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

présenter les rapports à l’ensemble du groupe réside dans


le fait que différents mini-groupes auront souvent
différentes idées et par conséquent différentes
conclusions, » a déclaré Idinoba.
« Cette interaction donne aux paysans une idée sur
d’autres manières de penser, peut-être en les encourageant
d’élargir les horizons lors de la prochaine visite de
terrain. » L’un des facilitateurs aidera à résumer les
Les paysans élaborent un calendrier cultural et se font ainsi une résultats et conclusions des groupes.
idée plus claire de ce qui se passe tout au long de la saison
avec leurs cultures de riz Ce débat se transforme ensuite en une évaluation de la
formation du jour. Les paysans sont encouragés de dire
Par exemple, s’il faut un calendrier cultural, le facilitateur ce qu’ils ont appris et comment cette connaissance va les
pourrait fournir les matériels, mais ce sont les paysans aider dans leur riziculture. Spécifiquement on demande
qui construisent eux-mêmes le calendrier sur la base de aux paysans quelle est l’idée ou quelles sont les idées qu’ils
leur connaissance du cycle de production du riz. comptent mettre en pratique dans leurs propres champs.
Une fois la discussion active terminée, les paysans se Pour terminer, soit un paysan volontaire soit l’un des
divisent généralement en quatre mini-groupes pour une facilitateurs va faire le résumé des débats de toute la
visite de terrain. Chaque mini-groupe a un paysan animateur journée : objectifs, observations des paysans ; base
pour diriger le groupe de discussion ainsi qu’un paysan scientifique ; décisions en vue d’une action.
rapporteur. Le groupe a aussi l’un des facilitateurs pour « Lorsque je regarde une session d’APRA, » déclare
aider le paysan animateur au cas où il/elle se perdrait. « Les Idinoba, « je constate que la connaissance des paysans va
champs sont présélectionnés par les facilitateurs, » a déclaré de paire avec la connaissance scientifique et tout le monde
Idinoba, « afin d’illustrer la diversité des problèmes en apprend ! »
question et comment on peut les résoudre. Ensuite le groupe
Spécificité du site – différents résultats
dans différentes localités
En plus de leur proximité avec le siège de l’ADRAO, ce
Observer, enregistrer, qui était aussi intéressant avec les deux sites pilotes, c’est
analyser et apprendre: les leurs localités et leurs pratiques de gestion de l’eau
observations et les
discussions au champ sensiblement différentes, donnant l’opportunité de
constituent une partie clé démontrer la flexibilité de l’approche APRA.
des sessions hebdomadaires Le bas-fond de Bamoro est cultivé par les membres
d’un seul village avec des liens familiaux forts. Le bas-
fond étroit a un seul cours d’eau central qui sert à la fois
de source et de drain d’eau pour la culture. Il n’y a pas de
structure d’irrigation. Les paysans de cette localité ne
fait le tour pour que chacun puisse voir tous les champs. »
peuvent cultiver du riz que pendant la saison des pluies et
Sur le terrain, les paysans sont encouragés d’observer et
d’habitude ils n’utilisent pas d’engrais.
d’analyser – surtout pour réfléchir sur les causes et les effets
A l’opposé, le bas-fond de Lokakpli est utilisé par des
– et ensuite pour suggérer des actions et prendre des
paysans venant de plusieurs villages n’ayant aucune
décisions en tant que groupe.
cohésion sociale forte entre eux. Le site a été construit en
Les rapporteurs des mini-groupes présentent ensuite
1998 comme périmètre irrigué avec deux canaux latéraux
les rapports à l’ensemble du groupe. « L’importance de
(source) et un canal de drainage central. Les paysans font

27
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Phase végétative Phase reproductive Phase de maturité

Développement horizontal Développement vertical Maturité

Fondations du silo Murs/toit du silo Remplissage du silo

Figure 3. Calendrier cultural

deux cultures par an et appliquent d’importantes quantités


d’engrais minéraux. Il a fallu une action concertée
« Dans les deux contextes, le calendrier cultural fournit à Bamoro pour améliorer la
des idées utiles, si différentes, » a déclaré Defoer. gestion de l’eau
Avec l’aide du calendrier cultural, les paysans de
Bamoro ont appris que le tallage (croissance végétative)
du riz s’arrête vers 9 semaines. Par conséquent, leur
pratique de repiquage des plants âgés de huit semaines
signifiait qu’il n’y avait plus possibilité de tallage dans le sorte qu’ils aient une base pour drainer les champs et faire
champ. Puisque le tallage a un effet direct sur le rendement, d’autres activités si nécessaire. Sans une action
ils se sont rendu compte qu’ils avaient un problème. Ils communautaire, les paysans pris individuellement ne
font le repiquage tardif à cause des risques d’inondation pouvaient pas se payer le luxe de faire venir l’entrepreneur
– les plantes de haute taille survivent mieux dans l’eau pour eux seuls.
profonde que les plantes courtes. Les paysans ont déduit A Lokakpli, les paysans ont appris que l’efficacité de
que la seule solution était d’améliorer la gestion de l’eau l’application de l’azote dépend de la capacité des racines
et de le faire en communauté et non individuellement. à absorber les nutriments et du stage de développement
Cela a nécessité quatre jours pour excaver le canal de des plantes. Ainsi, l’application de l’azote juste après le
drainage et les résultats ont donné davantage d’options repiquage est presque inutile puisque les racines
pour améliorer leur riziculture. Avec une maîtrise de l’eau, endommagées n’absorbent pas bien les nutriments. En
il est plus facile de contrôler les adventices et moins risqué attendant une semaine après le repiquage, une grande
d’utiliser les engrais. Maintenant, les paysans utilisent un partie de l’azote est absorbée par la plante. Ils ont aussi
entrepreneur pour labourer leur champ avant la saison, de appris que les périodes critiques pour les nutriments sont

28
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

le tallage et l’initiation paniculaire – tout cela du calendrier


cultural. Curriculum de l’APRA-GIC pour l’apprentissage
des paysans
Expansion du travail
Début de l’APRA-GIC
En février-mars 2002, l’ADRAO a organisé un atelier de „ Identification du site
formation sur l’APRA-GIC pour 40 chercheurs, agents „ Module 1: Début du curriculum de l’APRA-GIC
de vulgarisation et représentants d’ONG venus des pays
suivants : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Avant la saison culturale
„ Module 2: Faire une carte du bas-fond
Mali, Sénégal et Togo. Dembélé et ses collègues paysans-
„ Module 3: Faire la délimitation
formateurs y ont aussi pris part pour faire le récit original „ Module 4: Gestion de l’eau dans le bas-fond
du travail pilote en Côte d’Ivoire. „ Module 5: Utiliser de bonnes semences et de bonnes
Par la suite, les activités de l’APRA-GIC ont démarré variétés
„ Module 6: Planification des bonnes pratiques de gestion
au Bénin, au Burkina Faso, en Guinée, au Mali et au Togo.
« Il y avait aussi cinq sites supplémentaires en Côte Pendant la saison culturale
d’Ivoire, » explique Defoer, « notamment Daloa, Gagnoa, „ Module 7: Préparation du sol pour le repiquage du riz
Korhogo, Sakassou et Yamoussoukro. Il y avait aussi les „ Module 8: Mise en place d’une pépinière
„ Module 9: Planification et gestion du temps
quatre bas-fonds des voisinages des sites pilotes, où les
„ Module 10: Pour un sol sain
communautés avaient sollicité une formation en APRA- „ Module 11: Observations au champ: préparation du sol
GIC. Cependant, la guerre civile en Côte d’Ivoire a éclaté (pépinière)
et à ce jour il n’y a pas d’activités de suivi dans ces sites. » „ Module 12: Bon repiquage et mise en place des
expérimentations
En avril 2003, deux représentants de chaque équipe „ Module 13: Évaluation: test de connaissance
APRA du Bénin, du Mali et du Togo ont eu un mini-atelier „ Module 14: Observations au champ: repiquage et stade
avec l’équipe de l’ADRAO. Les équipes ont présenté les végétatif
„ Module 15: Reconnaître les adventices
progrès dans les quatre sites sélectionnés et ont préparé
„ Module 16: Gestion intégrée des adventices
des plans pour la saison 2003. „ Module 17: Utilisation efficace des herbicides
„ Module 18: Observations au champ: Stade végétatif
Curriculum d’apprentissage des paysans „ Module 19: Gestion des expérimentations et observations
au champ
« Les outils d’apprentissage constituent la base des modules „ Module 20: Connaître les insectes en riziculture
d’apprentissage, » a expliqué Defoer, « et ensemble ils „ Module 21: Gestion intégrée des insectes: les foreurs de
tiges
forment le curriculum d’apprentissage des paysans. Les
„ Module 22: Gestion intégrée des insectes: la cécidomyie
modules d’apprentissage aident les agents du changement des galles du riz
à maîtriser les principes de l’apprentissage des adultes sur „ Module 23: Observations au champ: stade reproductif
la base de la connaissance et des expériences des paysans „ Module 24: Gestion des expérimentations et observations
au champ
et pour apporter de nouvelles idées au bon moment pendant
le processus d’apprentissage. » Le curriculum APRA-GIC Après la saison culturale
pour l’apprentissage des paysans est un résultat majeur du „ Module 25: Opérations de récolte et de post-récolte
projet pilote et de l’atelier de formation de suivi. Le „ Module 26: Faire l’équilibre de la saison culturale
„ Module 27: Évaluation de l’APRA-GIC
curriculum est composé de 28 modules qui traitent des
questions pertinentes tout au long de la saison culturale Fin de l’APRA-GIC
(voir Encadré ‘Le curriculum APRA-GIC pour „ Module 28: Fin de l’APRA-GIC
l’apprentissage des paysans’).
Deux publications ont été ébauchées par Defoer et ses
collègues : Un guide du facilitateur et un manuel

29
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Plusieurs façons de résoudre un problème :


développement participatif de technologies au Bénin et au Nigeria

Comme décrit quelque part dans ce Rapport, le projet de l’ADRAO intitulé ‘Amélioration et adaptation participative des technologies de
production avec la participation des paysans pour les systèmes rizicoles pluviaux’ vient sous le ‘paradigme positiviste’ (voir Encadré ‘Paradigme
de la recherche et participation des paysans,’). Donc, la méthodologie de l’APRA-GIC compte beaucoup dans la phase recherche, pas
encore prête pour une adoption à grande échelle, selon son principal artisan à l’ADRAO, Toon Defoer, Agronome spécialiste du transfert de
technologies. « L’ADRAO ne veut pas mettre tous ses œufs dans un seul panier, » a expliqué James Sumberg, Chef du Programme
politique et développement rizicoles. « S’il y a d’autres moyens de faire les choses plus efficacement, nous sommes prêts à les essayer. »
A partir de la revue de la littérature existante et des discussions avec les institutions partenaires (en particulier les institutions de recherche,
les universités et les agences gouvernementales), quatre sites clés ont été sélectionnés – dans chacun des États nigérians suivants : Ogun,
Kogi et Eboyi et un comprenant deux sous-préfectures (Dassa et Glazoue) au Bénin.
« Les premières activités de terrain du projet ont démarré en avril 2000, » a expliqué Augustin Munyemana, spécialiste du Développement
participatif des technologies (PTD). « Il s’agissait de la mise en place des champs de démonstration dans chacun des sites clés. » Parmi
les champs disponibles dans chaque site clé, l’un a été choisi pour les démonstrations de l’ADRAO sur la base de sa représentativité des
autres champs du site clé et son accessibilité par la population cible des paysans du site clé (et autres visiteurs). « Toutes les technologies
disponibles – modernes et traditionnelles – sont établies et démontrées par les agents de l’ADRAO, » a expliqué Munyemana, « de sorte
que les différents acteurs (en particulier les paysans eux-mêmes) peuvent voir le potentiel de chaque technologie et décider s’il faut
l’essayer ou non. » Les champs de démonstration constituent le point focal des journées au champ, où ils servent de forum d’interaction
entre les chercheurs, les agents de vulgarisation et les paysans. « Nous voyons les champs de démonstration comme une interface entre
la génération, l’adaptation et la dissémination des technologies, » a expliqué Munyemana.
Dans chaque site clé, les acteurs du riz ont été invités aux réunions de planification en juin et juillet 2000 et par la suite à la fin de
chaque saison culturale. « Une réunion type des acteurs regroupe environ 100 participants, » a déclaré Munyemana, « dont environ 80
% de paysans, les autres étant des consommateurs de riz, des commerçants, des chercheurs, des agences de développement et de
vulgarisation et des ONG. » La première réunion des acteurs vise à identifier les contraintes majeures à l’accroissement de la productivité
(souvent réalisé avec l’aide d’un ‘arbre de problèmes’), à identifier les solutions possibles et à décider laquelle des technologies ‘proposées’
doit être testée et qui va la tester.
Avant chaque saison culturale, un petit groupe, connu comme le ‘groupe de technologie’ et formé de 10 à 20 nominés lors de la
réunion des acteurs, se réunit pour déterminer les détails pratiques – par exemple la disposition des essais au champ, les données à
collecter par les paysans - et fixe un calendrier des activités y compris la période d’une journée au champ en mi-saison.
Chaque village organise ensuite ses propres essais (au champ). Le choix des paysans pour accueillir et gérer chaque essai est
déterminé par la communauté des paysans entre eux-mêmes. Les membres de la communauté et les agents du projet travaillent
ensemble pour déterminer les technologies et la disposition des essais à utiliser. Cependant, chaque essai est géré par le paysan dont le
champ accueille l’essai. L’évaluation de chaque essai se fait au niveau de la communauté et c’est la communauté qui décide de tout
ajustement à faire.
« Vers la moitié de la saison, chaque site clé organise une journée au champ, » a expliqué Munyemana. « Tous les collaborateurs et
acteurs sont invités et les technologies sont évaluées sur le site. Le point focal est généralement le champ de démonstration géré par la
recherche, mais l’opportunité est aussi donnée à l’évaluation du ‘monde réel’ des essais au champ.
« En plus des journées au champ, nous avons eu beaucoup de paysans sollicitant l’opportunité de visiter les essais dans d’autres
champs. Il s’agit là de vraies visites paysan à paysan, mais l’ADRAO et ses partenaires sont heureux de faciliter ces activités. »
Après la récolte, chaque village organise une réunion de feedback où la démonstration et les activités de la saison sont évaluées
sévèrement. L’accent est mis sur ce que les participants pensent des résultats et les problèmes rencontrés tout au long de la saison. C’est
à cette réunion que la communauté décide de quelle activité poursuivre et s’il faut introduire d’autres activités (et si oui, lesquelles). La
réunion de feedback élit les représentants des paysans dans le groupe de technologie pour la saison suivante et apporte une contribution
(feedback) à la prochaine réunion des acteurs.
« Ainsi, tout l’exercice est un cycle, » a expliqué Munyemana, « depuis la planification des acteurs en passant par les décisions du
groupe de technologie, la mise en place des essais, la journée au champ de la mi-saison et la réunion de feedback de la période post-
récolte jusqu’à la prochaine réunion des acteurs. »

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Test, test
Beaucoup a été dit sur la logistique, mais qu’est-ce que les paysans des sites clés testent en réalité et quels sont les résultats générés ?
« Nous devons nous rappeler, » explique Munyemana, « que les paysans sont tous différents les uns des autres : un peut avoir dans son
champ un problème complètement différent de celui de son voisin, tandis qu’un autre pourrait simplement percevoir le même problème
de façon complètement différente. »
Voyons par exemple ce qui s’est passé lorsqu’on avait offert une nouvelle variété de riz à une communauté. Certains paysans voulaient
cultiver la variété avec d’autres cultures, d’autres se souciaient comment avoir le maximum d’engrais et un était préoccupé par la
répartition du temps entre la culture et la pêche. Dans le site expérimental, les essais ont été repartis entre les paysans de sorte qu’on
puisse tester les différentes combinaisons : un a cultivé du riz en culture intercalaire avec du manioc et a ensuite planté du niébé en
culture de rotation ; un autre a cultivé le riz avec du maïs comme culture intercalaire et a fait une rotation avec des légumes ; un
troisième a testé l’idée de combiner la riziculture et la pisciculture dans le même champ. « A l’ADRAO, nous n’avions aucune expérience
en aquaculture avant ce projet, » a déclaré Munyemana, « nous avons donc fait appel à une expertise externe pour nous aider à
mettre en place l’essai. Jusqu’ici, tout a bien marché – quelle imagination que de ramasser du poisson pour le dîner dans le même
champ où vous avez passé la journée à cultiver du riz ! »
En plus, chacun des essais mentionnés ci-dessus pouvait être combiné avec des options alternatives de la gestion de la fertilité des sols
tels que les engrais minéraux, le phosphate naturel et l’engrais vert ou le compost.

Résultats de la première phase


La surveillance de l’ADRAO progresse dans chaque site tout au long de la saison avec un questionnaire extensif, différent de celui que le
groupe de technologie a élaboré pour les paysans à utiliser pour leur surveillance.
« Je vois des résultats positifs de la première phase dans quatre zones, » a déclaré Munyemana. « D’abord, la méthodologie elle-
même, qui a été adoptée par les Projets de développement agricole du Nigeria pour la planification et l’exécution d’une gamme
d’activités culturales et non pas seulement pour le riz. Deuxièmement, nous avons clairement déterminé les besoins de la variété par
localité dans chaque site clé. Troisièmement, nous avons identifié de bonnes technologies complémentaires pour améliorer la rentabilité
des systèmes où le riz n’est pas la composante majeure ; par exemple, le système de rizipisciculture et un composant d’engrais spécifique
au riz que nous avons aidé à développer et à tester. Enfin, et non pas le moindre, en matière de formation. » Le projet est financé par le
Gouvernement allemand (BMZ) à travers son agence GTZ et il a une grande composante formation. Dans quatre sites clés, six étudiants
travaillent en vue de l’obtention du doctorat en 2004. En plus, pour les étudiants en licence, chacun a conduit une étude de terrain de trois
mois avec le projet et environ 300 chercheurs nationaux et partenaires à la vulgarisation ont été formés dans divers aspects du développement
participatif des technologies.

Futur
Du 23 février au 9 mars 2000, les donateurs ont visité les sites du projet et des partenaires – Ibadan, Ikenne, Abeokuta et Lokoja au Nigeria
et Dassa et Glazoue au Bénin – pour évaluer les conclusions du projet :
« Le projet a fonctionné avec succès pendant trois ans. L’approche PTD a été mise en application avec des partenaires pertinents et
de manière cohérente. Des données de grande valeur sur les aspects bio-physiques et socioéconomiques de la production du riz ont été
collectées. … Une seconde phase du projet est justifiée. »
L’équipe de l’évaluation recommande que : la deuxième phase ait une ‘utilisation’ ciblée (qu’est-ce qui sera produit, qui va l’utiliser,
quel est le bénéfice attendu) ; des activités de recherche renforcées sur les principes et les procédures du PTD ; la portée du projet soit
plus vaste ; le projet clarifie la notion de courtier du savoir ; explore un rôle plus fort pour les organisations de paysans.
Un aspect qui pourrait contribuer au succès de la méthodologie est son potentiel de devenir autonome, » s’est enthousiasmé
Munyemana. « Nous avons vu que là où les technologies profitent aux acteurs, ces acteurs sont prêts à racheter une partie du profit pour
améliorer le service consultatif. » Munyemana et son équipe ont inventé ce qu’ils appellent un ‘système de courtier du savoir,’ où les agents
de vulgarisation vendront ce qu’ils ont à offrir (en termes de connaissance) aux communautés qui sont intéressées. Tester ce système sera
une innovation majeure de la seconde phase du projet (dont le démarrage est prévu en 2003). « Si le système marche, » a déclaré
Munyemana, « nous aurions trouvé un moyen pour les agences de vulgarisation de s’autofinancer en partie, ce qui pourrait même aboutir
à la privatisation avec le temps. »

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

technique. Ces deux livres seront publiés en 2003 en Ayant prouvé son importance avec la gestion intégrée
anglais et en français. de la fertilité des sols et la GIC, « l’approche de l’APRA
sera étendue progressivement à d’autres cultures et traite
De beaux jours pour l’APRA-GIC et les de divers aspects des systèmes de bas-fond, » a déclaré
paysans des bas-fonds Kiepe. Il va plus loin : « Puisque les bas-fonds ont d’autres
« Avec la publication des deux livres en 2003, la voie fonctions sociales et écologiques importantes, l’APRA
sera ouverte pour l’APRA pour qu’il s’étende au-delà de deviendra probablement l’approche à traiter de la gestion
l’ADRAO, » a expliqué Guy Manners, Responsable de intégrée des ressources naturelles en général. »
l’Information. « En effet, le Technical Centre for Peut-être l’ultime objectif est que l’APRA devienne
Agricultural and Rural Cooperation (CTA), le Department l’approche de vulgarisation et que le processus s’étende à
for International Development (DFID) au Royaume-Uni toutes les zones où il y a d’importants systèmes rizicoles
et le International Fertilizer Development Center (IFDC) de bas-fond. Cela a déjà commencé avec le premier Centre
ont déjà manifesté leur intérêt. rural de connaissance de Bamoro-Lokakpli et les paysans-
« L’APRA est un processus vivant, » a expliqué formateurs comme Dembélé qui vendent leurs services à
Defoer. « L’APRA qui a été développé pour les systèmes d’autres groupements de paysans. Sur une échelle plus
rizicoles de bas-fonds n’est pas le même que celui de la grande, faire de l’APRA la méthode de vulgarisation de
gestion intégrée de la fertilité des sols et les adaptations choix nécessitera un engagement fort de toutes les
de l’APRA dans chaque environnement montreront sa organisations de recherche et développement impliquées
nature dynamique et sa capacité de faire face à diverses dans ces systèmes. « Un aspect critique, » explique Defoer,
situations. » Il se pourrait que Defoer soit la force motrice « c’est la détermination de la densité optimale des Centres
des projets APRA de l’ADRAO, mais « tous ceux qui de connaissance ruraux que le service national de
viennent en contact avec le programme contribuent à son vulgarisation peut gérer et cela permettra une couverture
développement, » a-t-il expliqué. « Cela fait partie de la suffisante de l’échange et de l’apprentissage paysan à
beauté du système ! » paysan. »

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Évaluation de l’impact des variétés du


riz NERICA: Plus que des enquêtes et de
simples calculs

D epuis quelques années, ‘l’évaluation de l’impact’ est une expression qui est à la mode chez les
donateurs. Il est devenu si important qu’en 2000, l’ADRAO a recruté son propre Économiste de
l’évaluation d’impact. Cela semble-t-il être beaucoup d’argent à dépenser pour simplement mesurer
si nous faisons bien notre travail ? Après tout, ce n’est seulement qu’un petit travail d’enquête et
quelques calculs simples, n’est-ce pas ?

Pourquoi l’ADRAO fait-elle de la recherche- NERICA qui ont ‘pris d’assaut le monde entier’ après
développement sur le riz ? Sans doute l’une des réponses l’expansion de leur célébrité lorsque le Prix GCRAI du
pourrait être : améliorer la production et la productivité Roi Baudouin pour le Millénaire a été décerné à l’ADRAO
du riz dans ses États membres. Peut-être, une réponse plus pour son travail sur les NERICA.
générale serait : pour améliorer ‘quelque chose.’
La plupart du financement de l’ADRAO provient des Ce que nous améliorons et ce que nous
‘fonds publics’, soit des pays donateurs ou des pays mesurons
membres eux-mêmes. Depuis quelques années « L’un des aspects cruciaux, » explique Diagne, « c’est
maintenant, il incombe aux gouvernements de montrer à l’adaptation des techniques de l’évaluation d’impact aux
leurs citoyens ce qu’ils font avec leurs taxes. En demandes modernes. » Dans le passé, les chercheurs se
conséquence, il y a eu l’effet de contagion que les contentaient d’une approche simpliste de l’impact, ils
donateurs demandent aux organisations comme l’ADRAO voulaient des réponses aux questions du genre :
de montrer ce qu’ils ont réalisé avec l’argent qu’ils ont « Combien de paysans ont adopté la technologie ? » et
donné. Ainsi, l’ADRAO (et beaucoup d’organisations à « Quelle est la superficie rizicole sous influence de ma
travers le monde) doit évaluer son impact ou, autrement technologie ? »
dit, faire une évaluation d’impact. « Tout comme les autres Centres du GCRAI,
Après une forte recommandation de la Revue externe l’ADRAO a maintenant une mission de réduire la
des programmes et de la gestion de l’ADRAO en début pauvreté, nos partenaires veulent donc à juste titre savoir
2000, Aliou Diagne a été recruté comme Économiste de ce que nous faisons, » explique Diagne. « Maintenant,
l’évaluation de l’impact en mi-2000. L’ADRAO voulait nous devons poser des questions liées au bien-être social
en particulier savoir l’impact réel de ses technologies – par exemple, est-ce que les paysans ont une vie ‘plus
plutôt que se fier à des données anecdotiques. Cela était facile’ résultant de l’adoption de notre technologie ? Les
particulièrement en relation avec les variétés du riz

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

consommateurs ont-ils du riz moins cher sur le marché ? financé par le Department for International Development
Les familles paysannes ont-elles des liquidités pour (DFID) du R.U. sur la biodiversité du riz et l’expérience
améliorer leurs vies en général tel qu’investir dans les de l’utilisation et la diffusion des variétés dans quatre sites
soins de santé ? Ensuite, il y a des questions plus vastes et leurs environnants qui ont été exposés aux nouvelles
des avantages globaux pour les communautés, les variétés. Environ 1500 paysans de 50 villages ont été
questions d’équité, de genre et d’impact échantillonnés couvrant à la fois ceux où l’ADRAO a été
environnemental. » La Direction de l’ADRAO a besoin active et les villages voisins qui n’avaient pas été
aussi de cette information pour améliorer la pertinence, précédemment visités par les agents de l’ADRAO.
l’efficacité et l’efficience de la recherche du Centre. « Les résultats sont choquants ! » s’est exclamé
Compte tenu de ces complexités, Diagne a consacré du Gouantoueu Guei, Responsable de l’Unité des ressources
temps à travailler sur la méthodologie – en d’autres termes, génétiques de l’ADRAO, « en particulier pour ceux qui
quelle est la meilleure façon de faire ces évaluations s’attendent à une adoption et impact instantanés. »
d’impact. « Ce qu’on doit avoir à l’esprit, » explique La communauté villageoise moyenne connaît 25
Diagne, « c’est qu’il y a un problème fondamental dans variétés dont 21 variétés traditionnelles et quatre variétés
tout travail d’évaluation, notamment l’impossibilité modernes. Les quatre variétés modernes comprennent trois
d’observer le résultat contre-factuel correspondant au vulgarisées par le programme national et une de
changement technologique, institutionnel ou politique en l’ADRAO.
cours. Autrement dit, si le changement se produit en réalité, Dans le même temps, le paysan moyen connaît 14
on ne peut pas observer ce qui aurait pu arriver aux résultats variétés – typiquement 12 variétés traditionnelles et deux
en l’absence du changement et vice versa. » En plus du modernes. Cependant, sur celles qu’il connaît, il ne cultive
développement de la méthodologie, Diagne et son équipe que quatre dans chaque saison – trois traditionnelles et
ont aussi consacré beaucoup de temps à la collecte des une moderne. En tout, 75 % des paysans enquêtés
données sur les parcelles et les ménages (sur le revenu et la connaissaient au moins une variété moderne, tandis que
consommation) pour avoir une base à partir de laquelle on 28 % connaissaient au moins une variété de l’ADRAO.
peut évaluer l’impact sur la pauvreté et les moyens Pendant les cinq ans, 1996 – 2000, le porte-feuille du
d’existence. paysan moyen (des variétés cultivées) s’est accru de 3,4 à 4,
Et si on parlait de ces variétés ? avec des accroissements dans toutes les classes (c’est-à-dire
« Nous avons attribué beaucoup de qualité à nos traditionnel, SNRA et ADRAO) – voir Figure 4. Pendant la
variétés NERICA, » a déclaré Kanayo F. Nwanze, même période, la proportion des paysans cultivant chaque
Directeur général de l’ADRAO. « Maintenant il nous faut type de variété a aussi augmenté (Figure 5).
des preuves solides pour montrer leur bon comportement Quel message cette faible adoption des variétés de
dans les champs des paysans. » l’ADRAO envoie-t-elle à l’ADRAO ? L’ADRAO a-t-elle
échoué dans sa mission ? « Pas du tout ! » déclare Diagne.
Les variétés en Côte d’Ivoire « Ce que nous voyons ici est un exemple type de l’adoption
« Avant de parler des NERICA de façon particulière, il des variétés – il y a un temps énorme entre le
importe d’avoir une vision globale sur l’utilisation des développement d’une variété, son homologation et ensuite
variétés dans les champs de façon générale, » a déclaré son adoption à grande échelle. »
Diagne. « Et en plus, nous devons encore commencer par L’étudiant ivoirien Yao Djea a été engagé pour
les études d’adoption – après tout, comment pouvons-nous examiner soigneusement cette même question dans le
déterminer les effets des variétés dites nouvelles sur la cadre de son DEA.
pauvreté si nous ne savons pas si elles sont répandues « Les dates et les chiffres parlent vraiment d’eux-
dans les communautés paysannes ? » A cette fin, des mêmes, » a-t-il expliqué. « C’est en 1973 que le
enquêtes ont été menées en 2000 dans le cadre d’un projet programme national a commencé à introduire les variétés

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Figure 4. Type et nombre


moyen de variétés de riz
cultivées par un paysan

Figure 5.
Proportion de
paysans cultivant
chaque type de
variété

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

modernes – bien que certaines d’entre eux aient été


introduites par les Français et les Chinois depuis le début Le problème de l’identification
des années 1960. Après 27 ans, elles peuvent prétendre
atteindre jusqu’à 14 % de la connaissance des variétés « La collecte des données de qualité est l’un des principaux
chez le paysan moyen et jusqu’à 25 % de son portefeuille problèmes du travail sur l’impact des variétés, » a déclaré Aliou
Diagne, Économiste de l’évaluation d’impact. « Le problème
par an. Jusqu’en 1989, les variétés de l’ADRAO n’étaient se pose surtout lorsque nous voulons que les données soient
pas disponibles en Côte d’Ivoire et jusqu’en 1998 aucune séparées pour quelque chose de spécial comme les variétés
NERICA. »
n’était officiellement homologuée. Nous ne devrons donc
La capacité de toutes les personnes impliquées à identifier
pas attendre qu’elles aient un grand impact en 2000. » les variétés concernées est un facteur clé de la collecte des
Ce que nous disons ici est qu’il est peut-être trop tôt données spécifiques aux NERICA. L’un des problèmes ici est la
nomination : « L’ADRAO ne s’est pas facilitée la tâche au tout
de mesurer l’impact des variétés de l’ADRAO en Côte début, » a déclaré Diagne, parce qu’elle a distribué un grand
d’Ivoire. nombre de variétés pour les essais de sélection variétale
Des études similaires sont en cours en Guinée. « Les participative (PVS) sous des noms de codes complexes
développés par les sélectionneurs. Les noms comme WAB450-
résultats de ces études en Guinée ne sont pas encore 11-1-P31-1-HB et WAB450-11-1-1-P31-HB ne laissaient
disponibles, » a expliqué Diagne, « mais je m’attends à simplement la place qu’aux erreurs d’écriture ! » Les noms ont
aussi causé de problèmes aux paysans qui ont tendance à ne
ce qu’il y ait des différences dans les taux d’adoption des pas faire bien le lien entre les idées abstraites des lettres et les
variétés, en particulier celles de l’ADRAO parce que le chiffres pour leurs variétés.
programme gouvernemental, avec l’appui de Sasakawa « Les paysans ont tendance à nommer eux-mêmes les
Global 2000, vise à revitaliser la riziculture de plateau variétés qu’ils adoptent, » a expliqué Guantoueu Guei,
Responsable de l’Unité des ressources génétiques. L’ADRAO a
avec les variétés de l’ADRAO. La contrainte majeure dans rapporté avant que les variétés adoptées lors des essais PVS
l’adoption des variétés modernes, tout type confondu, reste ont été surnommées ‘Riz ADRAO,’ sans aucune autre distinction.
le taux de diffusion et son effet sur la connaissance des Lorsque nous observons les paysans qui n’ont pas participé
aux essais conduits par l’ADRAO, la nomination devient encore
paysans de ces variétés. » plus compliquée. Les paysans peuvent donner à une variété le
nom du voisin ou du village où ils ont reçu les semences et
peuvent n’avoir aucune idée sur la différence entre le NERICA
Voyons de plus près les NERICA et leur et toute autre variété moderne.
adoption « Comme si le problème de la nomination n’était pas trop
grave, même les paysans participants ont des difficultés à faire
Après avoir dit qu’il était trop tôt d’évaluer l’impact global la différence entre certaines variétés, » a expliqué Diagne.
des NERICA à ce jour, il est peut-être juste de voir leur « Pour résoudre ce problème, les dernières équipes d’enquête
impact dans les communautés qui y ont été exposées et ont pris des échantillons des variétés présentes dans chaque
communauté pour les comparer directement avec les grains
ensuite estimer leur impact potentiel si elles avaient été des paysans et identifier ainsi les variétés. »
largement diffusées (comme le propose l’Initiative « Étonnant que cela puisse paraître compte tenu du niveau
africaine sur le riz, ARI). d’exposition aux variétés de l’ADRAO dans ce pays, les paysans
et les chercheurs en Guinée rencontrent exactement les mêmes
Mais voyons d’abord de plus près les NERICA eux- problèmes avec les noms et l’identification des variétés » s’est
mêmes. Toute personne connaissant le travail de exclamé le Directeur général, Kanayo F. Nwanze.
l’ADRAO au cours des dix dernières années est sûre de Une question connexe s’est posée lorsque les enquêteurs
ont essayé de déterminer la superficie couverte par chaque
connaître les NERICA, mais faisons un récapitulatif pour variété. « Étant donné la complication avec la nomination et
les nouveaux arrivants. l’identification et la forme irrégulière des champs de riz de
NERICA – le nouveau riz pour l’Afrique – a été plateau, il n’est pas surprenant que les paysans ne puissent pas
fournir des données sur la superficie par variété, » a expliqué
développé à l’ADRAO à travers le croisement du riz Diagne. « Pour résoudre ce problème, nous combinons
‘asiatique’ Oryza sativa avec le riz indigène d’Afrique O. l’identification au champ, la mesure de la surface des champs
et la technologie du système mondial de localisation (GPS). »
glaberrima. Le but du programme de sélection était de
combiner les caractéristiques de rendement du riz asiatique
(ex. résistance à l’égrainage, à la verse, potentiel de

36
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

rendement) avec l’adaptation locale du riz africain (ex. En effet, le taux d’adoption de l’échantillon est une
résistance aux ravageurs, tolérance à la sécheresse, estimation de la population exposée et le taux d’adoption,
compétitivité avec les adventices). « Comme chez toute notamment la proportion des paysans au sein de la
hybridation, ce à quoi nous devons nous attendre des population totale qui a été exposée à la variété et qui l’ont
descendants est une sorte de juste milieu entre les adoptée. Cependant, la question qui nous intéresse (dans
parents, » a expliqué Diagne, « et si nous arrivons à cela, une étude d’adoption) est le degré auquel les paysans
nous pourrons dire que nous avons réussi. » aiment une variété donnée et non pas le degré de
Les lecteurs réguliers de ces Rapports sauront que connaissance de cette variété. En effet, c’est une réponse
certaines lignées NERICA sont plus performantes que à la question « quel est le niveau d’appréciation d’une
leurs parents. Par exemple, certaines lignées contiennent variété ? » qui donne un feedback aux chercheurs sur la
beaucoup plus de protéines que le parent ayant la teneur pertinence de leur recherche à satisfaire les besoins de la
en protéine la plus élevée et certaines lignées ont beaucoup population ciblée – dans notre cas, elle fournit aussi le
plus de grains dans leurs panicules que chacun des parents. feedback aux donateurs et aux gestionnaires de la
« Le désavantage majeur à l’adoption des NERICA à recherche sur la question de savoir si les NERICA
ce jour, c’est le nombre relativement bas de paysans qui y préservent leur réputation en étant bien aimées par les
ont été exposés et aussi l’approvisionnement en paysans. La réponse à la question « la variété est-elle bien
semences, » a expliqué Diagne. « La Côte d’Ivoire a connue ? » est très importante pour les besoins de la
homologué les deux premiers NERICA en fin 2000, mais vulgarisation.
ne pouvait pas encore satisfaire la demande de semence Ainsi, notre taux d’adoption des NERICA de 4 %
pour la campagne 2002 (période avant la guerre). » Avant donne très peu d’information sur le taux d’adoption des
2000 et seulement à partir de 1996, la diffusion des populations parce que l’exposition est très faible.
NERICA se faisait exclusivement à travers les activités « Cependant, si nous prenons seulement les paysans
de recherche tels que la sélection variétale participative qui ont été exposés aux NERICA et compte tenu du temps
(PVS) et les essais au champ. « Dans notre étude, seul court depuis leur première exposition, les taux d’adoption
139 des 1500 paysans questionnés avaient entendu parler sont impressionnants, » déclare Diagne (voir Figure 6).
des NERICA – ce qui ne représente que 9 % de Environ 38 % des paysans de la zone de l’étude et qui ont
l’échantillon de la population ! » été exposés aux NERICA les ont adoptés vers 2000. Donc,
Avec seulement 9 % de l’échantillon ayant été exposé l’impact potentiel est-il simplement une question
aux NERICA, ce n’est pas surprenant que nous trouvions d’extrapolation à partir de ce chiffre ? « Pas exactement, »
que la proportion de l’échantillon de paysans qui les ont a répondu Diagne. « Nous devons garder à l’esprit qu’il y
adoptées n’est que de 4 %. Mais, selon Diagne, cet a un certain biais de sélection de ceux qui sont exposés et
‘échantillon du taux d’adoption’ communément calculé qui se reflète dans l’échantillon, même si l’échantillon
(c’est-à-dire la proportion de l’échantillon qui a adopté) est pris au hasard au sein de la population. »
est une estimation très biaisée du vrai taux d’adoption de Ceux qui adoptent les NERICA doivent d’abord avoir
la population, parce qu’il souffre de ce qu’il appelle biais entendu parler des NERICA. Le premier groupe de ceux
de ‘non-exposition. » qui connaissent les NERICA, c’est ceux qui ont été
Le biais de ‘non-exposition’ résulte du fait que les impliqués dans quelques essais – aux champs, PVS ou
paysans qui n’ont pas été exposés à une variété ne peuvent production de semences à base communautaire. « Ici, nous
pas l’adopter même s’ils allaient le faire s’ils en avaient été voyons un biais ciblé par les agences de recherche et de
exposés. Cela entraîne un taux d’adoption de la population vulgarisation, » a expliqué Diagne, « en direction des
sous-estimé ; cependant, cette sous-estimation baisse et paysans progressistes, qui vont probablement adopter les
disparaît finalement puisque l’exposition de la population nouvelles technologies plus que le paysan ‘moyen’. »
aux nouvelles variétés augmente (voir Figure 8).

37
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Figure 6. Proportion de
paysans cultivant chaque
type de variété parmi ceux
exposés à ces types de
variétés

Ensuite, il y a le processus d’auto-sélection des paysans Le vrai taux d’adoption de la population correspond à
non participants qui en ont entendu parler et qui ont par la ce qu’on définit comme ‘l’effet moyen du traitement sur
suite adopté les NERICA. « Quant aux paysans qui la population en général’ (ou ATE), ce qui est l’effet d’un
recherchent activement les technologies améliorées, il est ‘traitement’ (dans notre cas, l’exposition) sur un résultat
très probable qu’ils découvrent les NERICA d’abord et il (dans notre cas, l’adoption) d’une personne sélectionnée
est très probable qu’ils les adoptent, » a expliqué Diagne. au hasard dans la population. En plus, les chercheurs de
Ces biais qui affectent l’exposition des paysans l’analyse de l’impact définissent ‘l’effet moyen du
conduisent à une sur-estimation de l’impact, comme le traitement sur la population traitée (i.e. subissant le
taux d’adoption est plus élevé aujourd’hui par rapport à traitement)’ (ATEI) – l’effet du traitement sur la sous-
celui estimé une fois que toute la population est exposée population de ceux qui sont réellement traités. Dans les
(voir Encadré ‘Le problème des biais de sélection’). études sur les NERICA, cela correspond au taux
Ensuite, comment sous exposition partielle, peut-on d’adoption de ceux qui ont été exposés.
avoir une bonne estimation du vrai taux d’adoption de la Une estimation consistante de l’ATE nécessite un
population si les deux seuls taux d’adoption qui peuvent contrôle approprié du statut de l’exposition et des facteurs
être calculés sont exclus sur la base des biais qui y sont démographiques, institutionnels et socioéconomiques qui
liés ? « C’est là où la méthodologie moderne de influencent l’exposition et l’adoption. Une exception est
l’évaluation de l’impact basée sur ce que nous appelons que lorsque le traitement est appliqué au hasard au sein
‘Cadre conceptuel des résultats contrefactuels,’ vient au de la population, dans ce cas l’ATE est égale à l’ATE1 et
secours, » a expliqué Diagne. au taux réel d’adoption de la population.

38
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Le problème des biais de sélection


Toute la population des paysans peut être divisée en deux groupes : les ‘types d’adoptants,’ qui vont adopter la variété en question une
fois qu’ils en ont été exposés, les ‘types non-adoptants,’ qui ne vont pas adopter la variété même après qu’ils y aient été exposés. Dans nos
analyses, nous supposons qu’aucun type particulier de paysans n’est évident jusqu’à ce qu’il soit exposé à la variété en question. Ainsi,
jusqu’à ce que toute la population ait été exposée à la variété, le ratio global des ‘types d’adoptants’ par rapport aux ‘types non-
adoptants’ – ce qui nous donnera le taux d’adoption de la population – n’est pas connu.
La Figure 7 illustre cet aspect. Les ‘types d’adoptants’ sont indiqués par le symbole , et les ‘types non-adoptants’ par le symbole .
La situation générale est illustrée dans A, où les ‘types d’adoptants’ et les ‘types non-adoptants’ sont distribués au hasard au sein de la
population. Au moment de l’étude de l’évaluation d’impact, certains paysans ont été exposés à la variété ; leur type est connu maintenant
et ils sont représentés par les symboles à la couleur inversée (B). L’échantillon de l’enquête lui-même est formé d’un échantillon randomisé
pris au sein de la population totale, composée d’un mélange d’adoptants (exposés), de non-adoptants exposés, de non-adoptants non
exposés et de ‘types d’adoptants’ non exposés.’ C’est seulement lorsque le ratio des types d’adoptants par rapport aux types non-
adoptants est le même parmi les paysans exposés comme c’est le cas de la population totale, que le taux d’adoption de l’échantillon
entre les paysans exposés représente le taux d’adoption de la population (scénario C de la Fig. 8). Cependant, lorsque la proportion des
types d’adoptants est plus élevée au sein du groupe exposé (comme on s’attend à ce que se soit le cas des NERICA), le taux d’adoption
de l’échantillon (Fig. 7C) au sein des exposés dépassera celui de la population (voir Encadré ‘Les effets de la non-exposition et des biais de
sélection sur les estimations du niveau d’adoption de la population’).
Le taux d’adoption de l’échantillon lui-même est toujours plus bas que le taux réel de la population lorsque l’exposition de la population
n’est pas totale (scénarios A, B et C de la Fig. 8).

Taille totale de la population = 100


Figure 7. Non- Types adoptants = 40
exposition de la
Population avant

Types non-adoptants = 60
population et
l’exposition

biais de sélection Taux d’adoption escompté =


A

– effet de 40/100 = 40 %
l’exposition
partielle non
randomisée
parmi le ‘type
adoptant’ ( ) et Taille de la sous-population
le ‘type non- exposée = 20
adoptant’ ( ) de Nombre d’adoptants parmi la
exposition partielle
Population après

paysans (voir population exposée = 12


texte ci-dessus)
Taux d’adoption et d’exposition
B

de la population = 12/100 = 12 %
Taux d’adoption parmi la
population exposée = 12/20 = 60 %
partiellement exposée

Taille de l’échantillon pris au hasard = 25


Échantillon pris au

dans la population

Nombre de personnes exposées dans


l’échantillon = 5
hasard

Nombre de personnes (connues)


C

adoptants = 3
Taux d’adoption de l’échantillon = 3/25 = 12 %
Taux d’adoption de l’échantillon parmi les
personnes exposées = 60 %

39
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Les effets de la non-exposition et des biais de sélection sur les estimations du niveau
d’adoption de la population
Le ciblage des activités de dissémination des nouvelles variétés (et d’autres technologies) a un impact direct sur l’applicabilité du taux
d’adoption des échantillons au taux d’adoption de la population. Comme discuté dans le texte principal, le programme NERICA est encore
à ces débuts et l’exposition est fortement influencée par les biais de sélection favorisant l’exposition du ‘type d’adoptants’ des paysans dans
les premières années. La Figure 8 illustre les effets de la non-exposition et des biais de sélection sur les estimations de l’adoption de la
population ; le scénario A représente mieux la situation actuelle de l’évaluation de l’impact de l’adoption des NERICA.

Figure 8. Taux d’adoption de la population, non-exposition et biais de sélection comme fonction du taux d’exposition

40
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Le potentiel des NERICA « Cela ne veut pas dire que nous nous attendons à ce
En fin de parcours, Diagne a déterminé que si toute la que deux tiers de la population paysanne adoptent les
population de riziculteurs a été exposée aux NERICA en NERICA d’ici 2006, » déclare Diagne, « mais c’est
2000 ou avant, alors le taux d’adoption en 2000 aurait été l’estimation la plus proche que nous pouvons faire
de 27 %. Ainsi, nous pouvons voir un effet important et à maintenant, en termes de degré de préférence (ou de
grande échelle sur les ‘biais de non-exposition’ au sein demande) des NERICA des populations paysannes
du ‘taux d’adoption de l’échantillon’ de 4 %. En d’autres pendant cette période-là.
termes, 23 % (= 27 – 4) du total de la population est « En fin de compte, l’adoption réelle sera influencée
déterminé comme étant des ‘types d’adoptions’ qui n’ont par des facteurs nouveaux et externes et pourrait être plus
pas été exposés aux NERICA pendant l’étude. importante ou inférieure que l’estimation que nous avons
Il y a aussi l’effet positif de l’adoption passée. Par aujourd’hui. » L’un de ces facteurs est la nouvelle
exemple, l’effet de l’adoption en 1999 sur l’adoption en impulsion de promouvoir les NERICA à travers l’Initiative
2000. Cela peut être composé et projeté comme dans la africaine sur le riz dans toute l’Afrique subsaharienne,
Figure 9. La projection montre un taux d’adoption à long dont le but est d’encourager une plus grande diffusion et
terme de 76 % ; cependant, il y a un long décalage adoption des NERICA. Un autre facteur est la génération
d’environ 25 ans à ce niveau ‘maximum’ de l’adoption. des NERICA en cours, qui pourrait jouer un rôle important
Néanmoins, il est projeté que l’adoption des NERICA dans les chiffres de l’adoption future.
augmente rapidement à partir du niveau de 2000, pour « Le NERICA est une technologie, pas simplement
atteindre 68 % dès 2006. Nous pouvons donc dire que un produit, » explique Howard Gridley, Sélectionneur riz.
deux tiers de la population auront adopté les NERICA « La technologie est en place pour générer de nouvelles
d’ici 2006, si toute la population avait été exposée vers lignées de NERICA et celles-ci devraient répondre aux
2000. Cela montre un grand potentiel d’impact pour tout besoins des paysans et être introduites si nécessaire dans
projet de diffusion des NERICA à grande échelle. les portefeuilles des variétés. »

Figure 9. Projection de l’adoption du NERICA au fil du temps

41
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Gestion communautaire et au champ


de la biodiversité du riz

D epuis quelques années, l’on s’inquiète de plus en plus de la perte potentielle de la biodiversité à
mesure que la recherche à l’échelle mondiale génère davantage de variétés cultivables, chacune
décrite comme étant meilleure à la précédente. L’ADRAO évalue donc comment les paysans
gèrent la biodiversité de leur riz et l’impact des variétés modernes en Côte d’Ivoire.

« Parlez à n’importe quel paysan du Centre-Ouest ou de main – 1673 échantillons de semences de 306 paysans de
l’Ouest de la Côte d’Ivoire et il/elle vous dira 57 villages ainsi que toutes les données y afférentes !
probablement qu’il/elle cultive entre 5 et 10 variétés de
riz tous les ans, » a indiqué Gouantoueu Guei, Responsable La valeur des variétés
de l’Unité des ressources génétiques de l’ADRAO. « Mais « La manipulation des variétés de riz par les paysans est
comment les paysans décident des variétés à cultiver dans un problème complexe, » a expliqué Guei, « mais au fond,
une année et comment s’assurent-ils que les variétés qu’ils il semble que chaque paysan gère la biodiversité et
choisissent de ne pas cultiver seront encore disponibles conserve les variétés dans le court terme, tandis que la
l’année suivante s’ils décidaient de les cultiver ? Comment communauté – soit par un effort collectif conscient ou
et pourquoi les variétés locales – ou les vieilles variétés – simplement comme la somme des actions individuelles –
sont gardées pendant des générations par les paysans et fait la même chose dans le long terme. » Après analyse
qu’est-ce qui détermine le choix des paysans par rapport
aux variétés à cultiver ? »
Pour répondre à ces questions, l’ADRAO a mené Y E AR
des enquêtes sur deux saisons culturales dans quatre zones
1 2 3 4 5
de la Côte d’Ivoire : Danané et Gagnoa dans la zone
forestière et Boundiali et Touba dans la zone de savane. V1 F1 F1 F1 F1
« Nous avons visité les champs des paysans et silos de
semences, » a expliqué Yoboué N’guéssan, ancien F2 F2 F2 F2 F2
chercheur visiteur à l’ADRAO qui a mené les enquêtes V2
avec Guei, « pour faire la collecte de semences de chacune F3 F3 F3 F3 F3
des variétés identifiées par le paysan, en même temps que
V3 F4 F4 F4 F4
les détails sur la localité, l’origine de la semence, pourquoi
le paysan utilise cette variété particulière et ainsi de suite. » Figure 10. Modèle de gestion de la biodiversité du riz au
A la fin des deux saisons, l’équipe avait de travail sous la niveau de la communauté

42
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

des résultats de l’enquête, Guei a développé un modèle le nom regroupe des variétés qui ont des caractéristiques
de gestion de la biodiversité du riz au niveau de la spécifiques auxquelles le paysan peut être intéressé. »
communauté (Figure 10), qui montre les paysans en train Ainsi, les enquêtes ont découvert Mlitti et Lognini, deux
de prendre des décisions délibérées sur les variétés qu’il noms pour le riz à grain noir ; Totoman, qui peut être
faut continuer à cultiver et celles qu’il faut préserver dans consommé sans sauce ; Mlinkin, pour le riz à grains longs
la communauté pour une utilisation future. « Chaque et fins ; Guissi pour les variétés qui produisent beaucoup
paysan ne cultive pas toutes les variétés, » a expliqué Guei. de tallages ; Mokossi pour les variétés de haute taille et
« Par exemple, si un paysan doit voyager pendant une vigoureuses qui suppriment les adventices ; et, Gaman
saison et ne va pas cultiver du riz pendant cette année et (Cowboy) pour les variétés à haut rendement et qui
s’il/elle possède une variété qu’il/elle veut garder, mais suppriment les adventices. D’autres systèmes types de
qui n’est pas couramment cultivée par quelqu’un d’autre nomination adoptent le nom de la personne qui a fourni la
dans la communauté, il/elle peut donner des semences de première semence au paysan ou le nom du village où le
cette variété à des voisins et leur demander de la cultiver paysan a découvert la variété.
pendant cette saison de sorte qu’ils puissent avoir des « Les paysans sont des opportunistes, » a déclaré Guei,
semences pour la saison prochaine. Il se peut qu’une « toujours à la recherche de quelque chose de nouveau
variété soit abandonnée dans un village pour des raisons, qui pourrait être intéressant. » Il n’est donc pas surprenant
mais ne va pas disparaître subitement au sein de la que chaque paysan ait des sources potentielles de
communauté agricole puisqu’il se peut que les paysans semences. La source la plus évidente, peut-être, c’est le
des villages voisins le gardent pour d’autres raisons. » champ même du paysan duquel il peut garder les meilleurs
Chaque variété a une ‘signification’ différente pour grains comme semences pour la saison prochaine. En plus,
différents paysans. Il y a bien sûr la valeur scientifique ou on peut acheter les semences sur le marché local, on peut
plutôt économique, qui peut être mesurée en termes des les acquérir sous forme de don, elles peuvent être
caractéristiques de la variété comme le rendement, la échangées entre paysans, elles peuvent être utilisées
qualité des grains, la qualité à la cuisson et la qualité à la comme paiement (par exemple pour la main-d’œuvre) ou
transformation, en d’autres mots, les qualités que les elles peuvent venir directement des services de recherche
sélectionneurs recherchent généralement. Cependant, il y ou de vulgarisation.
a aussi les valeurs sociales et culturelles liées à des variétés
spécifiques. Par exemple, une variété peut faire partie de Évaluation scientifique de la biodiversité
l’héritage d’une famille parce qu’ils l’ont cultivée pendant Comme nous l’avons vu, ce que les paysans appellent
plusieurs générations de la famille. Une autre variété ‘variété’ ne coïncide pas exactement avec ce que la science
pourrait être appréciée pour des propriétés médicinales, appelle une variété. Si nous voulons connaître le statut
par exemple bonne pour quelqu’un qui a des problèmes réel de la biodiversité du riz, il nous faut faire la différence
d’estomac. Cependant, une autre peut avoir un certain entre variété et ‘variété. »
prestige puisque c’est la variété traditionnelle ou la variété « Les variétés des cultures se reconnaissent par leurs
préférée lors de certaines cérémonies. « Au-dessus de caractéristiques, » a expliqué Guei, « premièrement
toutes ses valeurs, » conclut Guei, « il semble que certaines morphologiques – ce à quoi elles ressemblent – et
variétés ont une valeur mystique-spirituelle dans certaines agronomiques – comment elles poussent. Pour la plupart
communautés. » des cultures, des descripteurs ont été identifiés qui, lorsque
Le système de nomination des variétés par les paysans combinés, donnent une bonne description de toute
est lié à toute la question de la valeur. « Ce que nous avons variété. » L’équipe a utilisé 29 de ces descripteurs pour le
découvert, » a expliqué N’guéssan, « c’est que les paysans riz publié par le International Plant Genetic Resources
utilisent un seul nom pour ce que nous pourrions Institute (IPGRI). « Pour avoir des plantes à caractériser,
reconnaître comme étant plus qu’une variété ; cependant, nous avons cultivé en 2001 toutes les ‘variétés’ dans le

43
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

bas-fond irrigué de la ferme de recherche de l’ADRAO à • Parmi les indicas, la diversité est plus marquée par
M’bé pour générer assez de semences pour des études la hauteur de la plante, la durée du cycle, le nombre
plus poussées. Nous avons ensuite fait un simple test de de talles fertiles et la résistance à la verse.
laboratoire pour différencier les variétés de plateau • La plupart des indicas de la savane ont un cycle
(japonica) des variétés de bas-fond (indica). L’année court à moyen et une taille courte à moyenne, tandis
suivante, nous avons ré-cultivé les variétés japonica au que celles de Gagnoa en zone forestière ont pour
plateau à M’bé et les variétés indica à Danané. » Ces la plupart un cycle court et une taille courte.
plantes cultivées dans leur milieu ‘correct’ ont été Cependant, les indicas de Danané (forêt) sont plus
correctement évaluées pour les 29 descripteurs. diversifiées en termes de cycle et de taille. Il est
Une technique statistique plutôt complexe (connue évoqué que la culture du riz pendant la courte saison
sous le nom de ‘analyse de la principale composante’) a des pluies à Gagnoa a favorisé les types à cycle
été ensuite utilisée pour générer des graphiques à deux court, tandis que la seule longue saison des pluies
dimensions de la diversité au sein de l’échantillon. La à Danané permet aux types de cycle long d’avoir
Figure 11 montre un de ces graphiques. Les principaux le temps de mûrir.
résultats étaient les suivants : • La plupart de la diversité chez les japonicas est
• Dans toute la Côte d’Ivoire, les indicas étaient plus exprimée en durée du cycle, hauteur de la plante et
diversifiés que les japonicas, à la foi en termes de largeur des feuilles. Toutes les variétés japonicas
nombre de groupes (3 v. 2) et de rapprochement au ont un cycle moyen à long et sont hautes.
sein des groupes identifiés. « La prochaine étape du processus est la caractérisation
moléculaire, » a expliqué Guei. « Avec les outils

Figure 11.
Graphique de la
composante
principale de la
biodiversité du riz
en Côte d’Ivoire

44
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

biotechnologiques, il est possible d’évaluer la diversité ciblant ces caractéristiques. » Les résultats rapportés ici
au niveau du gène et déterminer ainsi quels échantillons ne viennent que de la Côte d’Ivoire ; avec 17 pays
sont de vraies variétés et quels sont les dupliquées. » membres, il y a beaucoup de possibilités pour les études
L’équipe des ressources génétiques de l’ADRAO veut de la diversité du riz à plus grande échelle.
aussi pouvoir offrir aux sélectionneurs davantage « La valeur que nous attribuons aux ressources
d’options pour les caractères comme le potentiel de génétiques a été montrée en 1998 lors de la création de
rendement, la qualité des grains et la résistance aux l’Unité des ressources génétiques, » a conclut le Directeur
maladies. « Certains des caractères auxquels nos général Kanayo F. Nwanze. « Avec la nomination du Dr
sélectionneurs s’intéressent ne sont pas inclus dans les Guei à la tête de cette unité en 2003, nous espérons avoir
caractères de l’IPGRI, » a déclaré Guei, « donc il nous une contribution grandissante aux activités de l’ADRAO,
faudra conduire des expérimentations plus spécifiques en particulier dans le domaine de la sélection des plantes. »

45
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Profil d’un pays donateur: la France


D e toutes les anciennes puissances de la période avant les indépendances, la France est peut-être
celle qui a gardé les liens les plus étroits avec ses anciennes colonies. Avec 11 de ses 17 États
membres étant d’anciennes colonies françaises, il n’est donc pas surprenant que l’ADRAO ait eu
raison de travailler en étroite collaboration avec diverses institutions françaises. Dans le Profil
d’un pays donateur de cette année, nous donnons un goût de notre travail en collaboration avec la
France.

La France a une longue histoire dans le domaine de la en passant par les projets spéciaux et le détachement des
recherche agricole en Afrique de l’Ouest et des relations spécialistes jusqu’aux fonds affectés aux immobilisations
de longue date avec l’ADRAO. La Figure 12 montre le dans les principaux travaux de construction au début des
niveau du financement français à l’ADRAO depuis 1990. années 1990. »
La contribution de la France à l’ADRAO couvre tous les La France attend beaucoup de ses propres activités de
domaines, » a expliqué le Directeur général Kanayo F. recherche et développement, y compris sa collaboration
Nwanze, « depuis le financement à usage non restreint, avec les organisations comme l’ADRAO. Les

Figure 12.
Contribution de la
France au budget de
l’ADRAO, 1990-2002
En milliers de dollars

Les données de 1990 combinent les fonds principaux à usage non restreint et les fonds à usage restreint.

46
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

organisations françaises de recherche ont mis sur pied une des plantes jusqu’en 2002. En plus du fait qu’il vient d’une
plate-forme pour faire la revue des activités de institution française, la plupart du travail de Audebert à
collaboration en cours et coordonner de nouvelles l’ADRAO était aussi financé par la France. En huit ans,
orientations – la Commission Inter-Organismes (CIO) l’équipe de physiologie de l’ADRAO, dirigée par
incluant le Centre de coopération internationale en Audebert, a abordé trois questions majeures : la toxicité
recherche agronomique pour le développement (CIRAD), ferreuse dans les bas-fonds, la sécheresse dans les
l’Institut national de recherches agronomiques (INRA) et systèmes pluviaux et les caractéristiques physiologiques
l’Institut de recherche pour le développement (IRD, ex- des NERICA.
ORSTOM). En règle générale, la CIO et l’ADRAO se Le travail de Audebert sur la toxicité ferreuse a été
réunissent tous les deux ans. « L’objectif premier de ces rapporté en détail dans le rapport annuel de l’an dernier
réunions est de faire la revue de la collaboration entre (voir ‘Painting the Rice Red: Iron Toxicity in the
l’ADRAO et les institutions françaises de recherche, » a Lowlands’, WARDA Annual Report 2001-2002, pages 29-
expliqué Nwanze, « en développant des programmes de 37). En mars 2003, le travail sur la toxicité ferreuse a été
travail et en fixant les modalités du détachement des le thème d’un atelier régional tenu à Cotonou au Bénin.
chercheurs français à l’ADRAO et l’échange d’agents à Les résultats du projet ADRAO-CIRAD ont été les points
court terme. » saillants. La toxicité ferreuse est présente dans toute
La dernière réunion de l’ADRAO-CIO s’est tenue en l’Afrique de l’Ouest et les systèmes nationaux de
juin 1998 à Montpellier en France. En 2000, l’ADRAO recherche agricole (SNRA) se concentrent généralement
et ses partenaires français ont initié des discussions en sur deux approches, notamment la sélection et la gestion
vue de la prochaine consultation ADRAO-CIO en 2002. des engrais. Dans le même temps, le projet ADRAO-
En début du mois de juillet 2002, le Directeur général de CIRAD sur la toxicité ferreuse faisait des recherches sur
l’ADRAO et le Directeur de la recherche de l’époque ont le mécanisme de la toxicité ferreuse en riziculture.
visité le Pôle international de recherche et d’enseignement La discussion générale lors de l’atelier a soulevé la
supérieur agronomiques (AGROPOLIS) à Montpellier nécessité pour : une gestion intégrée du programme de
pour préparer la réunion. Des discussions extensives ont recherche sur la toxicité ferreuse en couvrant tous les
eu lieu à ce moment-là avec un grand nombre de SNRA ; la gestion des essais multilocaux ; des enquêtes
chercheurs et de techniciens de recherche. Des domaines accrues sur la toxicité ferreuse dans la sous-région ;
majeurs de recherche, des programmes et des activités l’harmonisation des critères d’évaluation de la toxicité
avaient été identifiés et il avait été convenu qu’un ferreuse pour la riziculture ; l’harmonisation de la
‘protocole d’entente’ global devrait être développé comme méthodologie de criblage ; et, la poursuite de la recherche
cadre de travail pour la collaboration future. Une dernière de base à l’ADRAO.
discussion avec la haute administration de la Commission Lorsqu’on lui a posé des questions sur la sécheresse,
pour la recherche agronomique internationale (CRAI) a Audebert a déclaré : « Le stress hydrique est l’une des
plaidé en valeur de liens internationaux plus forts et a contraintes majeures à la riziculture pluviale – bas-fond,
encouragé les chercheurs à valoriser leurs résultats à hydromorphe et plateau. La période de sécheresse est
travers des publications conjointes. La réunion prévue pour caractérisée par le moment (pendant la saison culturale),
novembre 2002 a dû être reportée à cause de la crise la durée et l’intensité. En fonction de ces paramètres, la
ivoirienne et on compte la reprogrammer pour le premier résistance à la sécheresse en riziculture est un ensemble
trimestre 2004. de mécanismes physiologiques, phénologiques et
morphologiques interdépendants pour l’échappement,
Physiologie des plantes l’évitement, la résistance et le recouvrement, avec
Alain Audebert a été détaché du CIRAD auprès de différents cultivars qui affichent différentes combinaisons
l’ADRAO en 1994 où il a servi en qualité de physiologiste de mécanismes. » Quelle que soit sa complexité, la

47
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

résistance à la sécheresse est exactement ce qu’il faut stomatique). Les stomates servent aussi de voie pour
étudier si l’on veut contribuer aux efforts de sélection de l’évapotranspiration de la plante – un processus qui doit
variétés qui vont survivre dans des conditions de être minimisé en conditions de sécheresse. En plus, les
sécheresse. feuilles minces de O. glaberrima s’enroulent plus
Les effets types de la sécheresse sur le plant de riz rapidement que celles de O. sativa – réduisant ainsi la
sont : hauteur réduite, surface foliaire réduite, biomasse surface exposée qui fait perdre de l’eau. En fin, l’espèce
réduite (c’est-à-dire poids total du plant), système racinaire maintient un bon régime hydrique pour la plante tout au
changé et développement retardé. En plus, le riz a la long de l’évapotranspiration par les stomates. « A partir
capacité de faire ‘avorter’ certaines de ses talles afin de de nos études, » a déclaré Audebert, « il semble que les
maintenir une activité physiologique minimale dans le mécanismes physiologiques pour éviter la sécheresse sont
reste des talles. Le stress de la sécheresse pendant le tallage différents chez O. sativa et O. glaberrima. Il est donc
empêche la parution de nouvelles talles, mais au moment important de déterminer les mécanismes chez les
du recouvrement, un grand nombre de talles peuvent glaberrima pour le travail sur les NERICA. »
apparaître au même moment ; cependant, ces talles ne Des études détaillées sur la conductance stomatique
grandissent pas et ne se développent pas. Le degré de ces et l’enroulement des feuilles ont conclut que la
réactions dépend de la gravité du stress. Si les plantes conductance stomatique est contrôlée par le signal
sont donc exposées à une longue période de sécheresse, racinaire dépendant de l’humidité du sol, tandis que le
elles seront donc plus courtes, plus minces et se roulement des feuilles est contrôlé directement par le
développeront plus lentement que les plantes exposées à régime hydrique de la feuille.
une courte période de sécheresse. La localisation des gènes qui contribuent
Dans les plateaux, l’équipe a remarqué que les plantes quantitativement à la résistance à la sécheresse devrait
sous stress de sécheresse pendant le stade végétatif ont permettre à ces gènes d’être utilisés en sélection à travers
des racines plus profondes que la normale. Cela a entraîné la sélection assistée par marqueurs. A cette fin, une
une étude minutieuse des effets de la sécheresse sur la ‘population de cartographie’ pour l’évitement de la
distribution des modèles de croissance entre les plantes sécheresse a été développée à l’ADRAO, en collaboration
exposées à la sécheresse et celles non exposées à la avec l’Université d’Aberdeen et a subi un test intensif à
sécheresse. Les résultats ont révélé que la sécheresse l’ADRAO et à l’IRRI pour identifier les locus quantitatifs
n’avait aucun effet sur le pourcentage de la croissance ou QTL. Plusieurs QTL ont déjà été identifiés pour le
des racines et les parties aériennes. « Nous avons donc séchage des feuilles, le roulement des feuilles, la teneur
déduit que les racines plus profondes étaient le résultat de relative en eau et la croissance des racines
la croissance suivant le gradient d’humidité dans le sol, (particulièrement la capacité de pénétration des racines).
avec pour but de puiser davantage de ressources en eau Les résultats montrent que le comportement racinaire peut
en profondeur, » a expliqué Audebert. influencer l’évitement de la sécheresse ; il y a donc une
L’une des caractéristiques du riz africain cultivé que valeur potentielle à faire du criblage pour les
les sélectionneurs veulent transférer chez les variétés caractéristiques des racines en milieu conditionné.
NERICA est la bonne adaptation des espèces à la Pendant une partie de la seconde moitié des années
sécheresse. En particulier, Oryza glaberrima a une 1990, l’ADRAO avait aussi un nématologiste - Daniel
morphologie foliaire ‘intéressante’ : ses feuilles sont plus Coyne, détaché de l’Institut des ressources naturelles
fines et ont une faible densité de stomates – qui (NRI) du R.U. « Nous avons fait une étude courte en 1997
ressemblent à des pores ou des dépressions à la surface sur les effets croisés de la sécheresse et de l’infestation
de la feuille et qui permettent l’échange d’oxygène et de par les nématodes à kyste, » a indiqué Coyne. « Nous
gaz carbonique. La plante contrôle les ouvertures des avons trouvé que l’infestation du riz par les nématodes a
stomates en fonction de son régime hydrique (conductance induit des symptômes similaires sur le régime hydrique

48
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

de la plante exactement comme le fait la sécheresse. Par


conséquent, la présence d’un grand nombre de nématodes Cemagref
présentait des symptômes de stress hydrique équivalents
Cemagref est un institut français de recherche public dont le
à ceux observés en conditions de sécheresse, mais aussi travail porte sur le développement durable des zones non
aggravait l’effet de la sécheresse. » urbaines. Il contribue à la conservation et à la gestion
acceptable des terres et des réseaux hydrographiques, la
Pour chacune des caractéristiques de la sécheresse prévention des risques y afférents et le développement d’une
discutées ci-dessus, les NERICA ont une valeur activité économique durable.
intermédiaire entre celle d’O. glaberrima et celle d’O. Cemagref a quatre domaines de recherche :
sativa. D’où la nécessité en cours de caractériser z Le fonctionnement des réseaux hydrographiques
l’influence des différentes caractéristiques sur les
z Utilisation de l’eau et gaspillage
mécanismes du riz qui supportent la sécheresse afin de
pouvoir caractériser les lignées NERICA pour la résistance z Utilisation des terres rurales et paysages
à la sécheresse.
z Technologie agricole et alimentaire

Économie des options de l’utilisation de L’institut compte environ 1000 employés dont près de la
moitié sont des ingénieurs professionnels et des chercheurs. Le
l’eau dans la moyenne vallée du Fleuve rôle de formation de Cemagref est évident dans la présence
des étudiants en doctorat (environ 150 à tout moment) et les
Sénégal stagiaires à long termes (500).
Pierrick Fraval a été le deuxième cadre supérieur Près de 40 chercheurs de trois unités de recherche traitent
des questions d’irrigation et de drainage en France et à
(successivement) à être détaché auprès de l’ADRAO à l’étranger. Un programme en collaboration appelé PCSI
partir d’un Centre du CG, le International Water (Programme Commun de recherches sur les Systèmes Irrigués)
Management Institute (IWMI). En plus, Fraval était a été mis en place avec le CIRAD et l’IRD pour renforcer leur
production scientifique.
employé de Cemagref sous le ministère français de Depuis plus de 15 ans, Cemagref collabore avec le
l’Agriculture (voir Encadré ‘Cemagref’). Cet arrangement International Water Management Institute (IWMI) dans différentes
localités à travers le monde. Cette collaboration scientifique
tridimensionnel en collaboration peut paraître le meilleur est appuyée par les départements français de l’Agriculture et
moyen pour la confusion administrative, mais il a donné des Affaires Étrangères. A présent, cette collaboration se
l’opportunité de jeter un regard sur ‘l’ensemble’ des concentre sur l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Australe et implique
trois chercheurs postés à IWMI et à l’ADRAO.
options potentiellement contradictoires de l’utilisation de
l’eau dans la Vallée du Fleuve Sénégal.
« Pendant longtemps, les donateurs ont exprimé leur
inquiétude par rapport aux investissements, à la gestion
de l’eau et aux motivations pour un développement
agricole productif et durable, au même titre que les rôles
des différents acteurs dans la vallée, » a expliqué Fraval.
« Eux – et nous – étaient aussi intéressés par des scénarios
futurs par le réservoir en amont de Manantali, à la lumière technologies de télédétection et de SIG (tous basés sur
des performances précédentes et des événements. » Fraval l’imagerie satellitaire) pour explorer les liens entre les
a fait la revue et l’analyse de 20 années de données déterminants hydrauliques et socioéconomiques de la
hydrauliques, agronomiques, financières et performance. Ce travail a été fait en collaboration avec
organisationnelles des systèmes de production basés sur l’IRD, la Société d’aménagement et d’exploitation des
l’utilisation des eaux fluviales pour faire une analyse terres du Delta du Fleuve Sénégal et des vallées du Fleuve
économique ex-post (après l’événement). Il a aussi mené Sénégal et de la Falémé (SAED), le CIRAD et l’Institut
un modèle de gestion du barrage et a utilisé les sénégalais de recherches agricoles (ISRA).

49
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Fraval était particulièrement préoccupé par le ‘moyen donc faible, environ 60 % par rapport au potentiel de 200
le plus satisfaisant’ de libérer l’eau du barrage de Manantali %. « Cependant, l’agriculture irriguée est de loin la
pour résoudre les utilisations conflictuelles de l’eau principale activité agricole en termes de valeur de la
(d’abord pour l’agriculture et la génération de l’énergie production et de revenus globaux, » a déclaré Fraval.
hydraulique prévue) ; l’importance économique relative Dans le même temps, l’agriculture de décrue (c’est-à-
de l’agriculture moderne irriguée et de l’agriculture dire l’agriculture après les inondations) dans les fonds des
traditionnelle de décrue ; et, la capacité de l’agriculture plaines inondables est pratiquée par 70 % des ménages
irriguée à générer assez de revenus pour se maintenir. ruraux qui cultivent du sorgho et autres cultures depuis
Le barrage de Manantali dans la partie supérieure de des siècles (le riz est une culture relativement récente au
la vallée (au Mali) a été achevé en 1987 et contrôle 40 à Sahel). « Ce système de production est très irrégulier, » a
60 % du débit du Fleuve Sénégal, le reste venant des expliqué Fraval, « puisque les crues ont couvert entre 20
affluents non contrôlés. Le barrage peut retenir jusqu’à 000 et 300 000 ha des plaines inondables par an entre
11 milliards de mètres cubes d’eau, sa gestion a donc des 1950 et 2000. » Cependant, ce type d’agriculture est
conséquences directes sur les utilisateurs en aval, en rentable pour les paysans puisqu’ils n’utilisent pas
particulier les paysans au Sénégal et en Mauritanie. La d’intrants externes et utilisent les semences de la saison
gestion de l’eau du barrage est entre les mains d’une précédente.
compagnie commune aux trois pays appelée Organisation Quelle est donc, selon Fraval, la meilleure option pour
pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS). A la gestion du barrage de Manantali ? « Comme on peut le
partir de 2002, la gestion était supposée être faite en vue voir », a-t-il déclaré, « c’est un problème très complexe,
de produire 800 gigawatts d’électricité par an pour les avec les trois principales options étant l’électricité
centres urbains des pays concernés. hydroélectrique, l’agriculture irriguée et l’agriculture de
Plus de 125 000 ha de terres de la rive du fleuve en décrue. » La première question est peut-être d’analyser
Mauritanie et au Sénégal ont été mis en valeur pour l’agriculture irriguée par rapport à l’agriculture de décrue.
l’agriculture irriguée par pompage au cours des 30 Avec les meilleures pratiques culturales, les paysans
dernières années. La plupart de ces exploitations sont de peuvent produire 7,5 t/h en une saison avec l’irrigation,
petits périmètres villageois de moins de 50 ha. L’ADRAO ce qui donne un revenu net de 470 USD par hectare –
a fait beaucoup en matière de riziculture irriguée dans la clairement, sur papier, c’est de loin le moyen le plus rentable
vallée du Fleuve Sénégal et beaucoup de ce travail est de l’utilisation de la vallée du fleuve. « Cependant, »
rapporté dans les pages de ces Rapports. En résumé, le poursuit Fraval, « les riverains des plaines inondables
riz est la principale culture et est cultivé d’abord pendant détestent le risque. Ils préfèrent investir du temps dans ce
la saison des pluies, bien que la production des légumes qui ne leur coûte rien que le temps, mais qui garantit de la
(oignon et tomate) pendant la saison sèche prend de nourriture pour la famille, au lieu d’investir dans
l’ampleur. Les rendements moyens de riz sont de 4 à 5 t/ l’agriculture potentiellement rentable. » Une analyse des
ha, mais varient beaucoup selon les paysans et les données de 25 années de cultures de crue et de décrue a
périmètres. En particulier au Sénégal, l’État s’est montré la zone de la dernière directement liée à la zone
désengagé de la subvention des périmètres irrigués, qui de la première. Et Fraval de continuer, « Il est évident que
sont maintenant gérés par les organisations paysannes. lorsqu’il y assez d’eau, le premier choix de beaucoup de
Beaucoup de périmètres sont maintenant gérés à perte, à paysans est de cultiver du sorgho après la crue. »
cause des coûts élevés de gestion, mais aussi des pratiques En plus, l’équipe a montré qu’il serait très difficile de
insoutenables et généralement la mauvaise gestion. Le riz promouvoir avec succès la production du riz irrigué dans
local est aussi confronté aux problèmes de la configuration actuelle des périmètres gérés par les
commercialisation avec la libéralisation du marché coopératives des paysans. « La durabilité est cruciale à la
mondial. L’intensité culturale (terre cultivée par an) est viabilité à long terme des périmètres d’irrigation, » a

50
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

déclaré Fraval. « Avec les pratiques actuelles non durables, papier), il est possible de parvenir à une vraie gestion
99 % des périmètres font des bénéfices en moyenne. intégrée de l’eau dans la vallée du Fleuve Sénégal. »
Cependant, lorsque nous avons fait la modélisation en
utilisant des pratiques durables, nous avons trouvé que Collaboration informelle dans la vallée du
31 % des périmètres font des pertes ! » Fleuve Sénégal
L’équipe a donc conclu que, compte tenu du risque du En octobre 1994, Marco Wopereis a occupé le poste
manque de durabilité de l’agriculture irriguée, il est sage d’Agronome dans le Programme riz irrigué au Sahel de
de libérer l’eau du barrage de Manantali afin de permettre l’ADRAO. Dans le cadre de sa ruse d’ouverture, il a visité
des crues et l’agriculture liée à la décrue. La prochaine les bureaux de l’ex-Institut français de recherche
question est : comment est-ce que la question de l’énergie scientifique pour le développement en coopération
hydroélectrique entre dans le débat ? Il semble que la (ORSTOM, maintenant IRD) à Dakar où il a rencontré
principale question est de savoir si l’OMVS va insister Pascal Boivin. Les discussions ont vite tourné sur la
sur la maximisation de l’énergie hydroélectrique. Le dégradation des sols dans le delta du Fleuve Sénégal et
rapport de l’équipe indique que « maximiser l’énergie sur une éventuelle collaboration.
hydroélectrique nécessiterait de maintenir un niveau d’eau « Même si aucun projet commun n’a jamais été défini,
relativement élevé dans le réservoir, ce qui n’est pas la collaboration avec l’ORSTOM/IRD a été très productive,
compatible avec le fait de libérer beaucoup d’eau au milieu en particulier en termes d’articles de journaux, » a déclaré
de la saison des pluies, au moment où le réservoir se Wopereis, maintenant Chef de programme avec le
remplit. » Dans le passé, il n’a pas été facile de simuler la International Fertilizer Development Center (IFDC-
gestion du réservoir, mais l’IRD a développé un modèle Lomé).
informatique en 2001. A partir des données historiques « Nous sommes allés en visite dans la vallée du Fleuve
de 1970 à 2000, le modèle a prédit que l’eau pour Sénégal, » a poursuivi Wopereis, « y compris un voyage
l’agriculture de décrue sur 45 000 ha pouvait être garantie inoubliable sur Foum Gleita – cet endroit est vraiment au
chaque année tout en générant 96 % de l’énergie milieu de nulle part, un paysage lunaire d’environ 4 heures
hydroélectrique souhaitée. Il semble donc que l’agriculture de piste rocailleuse de Kaedi et Kaedi à au moins 11 heures
de décrue et la production d’énergie hydroélectrique ne de St-Louis ! » Malgré la distance, les deux ont décidé que
sont pas incompatibles, aussi longtemps qu’on n’essaie le site servirait d’un bon laboratoire de terrain pour le travail
pas de maximiser la production hydroélectrique. de dégradation du sol, surtout à cause des signes
L’OMVS ne gagne de l’argent que sur la production d’alcalinisation dans le champ – décrit par Wopereis comme
de l’énergie hydroélectrique et l’agriculture irriguée. Sans « sels blancs à la surface du sol ayant un goût de savon. »
une intervention de l’État ou un changement radical des Wopereis a ensuite rédigé une proposition de projet qui a
attitudes des paysans, l’agriculture irriguée ne va pas été financée par le Department for International
s’étendre. Ainsi, l’OMVS sera tentée de maximiser ses Development (DFID) du R.U. et Piet van Asten fut envoyé
revenus à partir de l’énergie hydroélectrique. « Sans crue, comme expert associé par le Directorate General for
il n’y a pas d’agriculture de décrue, » a expliqué Fraval. « International Cooperation (DGIS) des Pays-Bas.
Si on empêche la crue, il est probable que beaucoup de « La collaboration elle-même a pris la forme d’essais
paysans s’éloignent de la zone. A l’inverse, si on pouvait conjoints au champ et au laboratoire sur les deux rives du
encourager les paysans à investir dans des intrants dans Fleuve Sénégal – le Sénégal et la Mauritanie, » a ajouté
l’agriculture de décrue, leurs marges bénéficiaires Wopereis. Les équipes ont aussi collaboré dans la
pourraient beaucoup s’améliorer ! En conclusion, avec simulation de la modélisation des processus de dégradation
une approche équilibrée basée d’abord sur la performance du sol sous irrigation. « Nous avons surtout fait des
réelle et non juste sur la performance potentielle (sur investigations sur les types et les pourcentages des

51
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

processus impliqués et la capacité de tamponnage des la plante, le type de plante, la structure paniculaire et la
sols, » a conclu Wopereis. précocité. Récemment, l’agent du projet IRD-IHP M.
Après le départ de Boivin et de Wopereis du Sénégal, Lorieux a été affecté à l’antenne du Centro Internacional
Van Asten et Claude Hamecker ont poursuivi la de Agricultura Tropical (CIAT) en Colombie, où il va
collaboration informelle ADRAO-IRD à Foum Gleita, évaluer le matériel dans les conditions latino-américaines.
avec une contribution supplémentaire de Laurent Barbiero Un problème majeur pour les riziculteurs de bas-fond
de l’IRD. Le reste, comme on le dit, c’est de l’histoire – de la sous-région est le virus de la panachure jaune du riz
voir ‘Une approche holistique du problème de production (RYMV). Réaliser une bonne résistance à cette maladie
en riziculture irriguée englobe bien plus que la seule est une haute priorité à la fois pour le travail sur les
dégradation des sols,’ ADRAO, Rapport Annuel 1999, NERICA et pour le travail de biotechnologie en général.
pages 30-37 et ‘Donor Country Profile: The Netherlands Depuis 1999, Marie-Noëlle Ndjiondjop a terminé son PhD
– ‘Soil degradation in irrigated rice fields in the Sahel’, à l’IRD en identifiant un marqueur génétique associé à la
WARDA, Annual Report 2001-2002, pages 57-60. haute résistance au RYMV chez la variété sativa Gigante.
Depuis lors, Ndjiondjop est devenue la spécialiste de la
Travaux de recherche sur l’hybridation biologie moléculaire de l’ADRAO et le travail s’est
interspécifique poursuivi à l’IRD et à l’ADRAO pour tracer la voie à la
A la fin du millénaire, le plus grand projet de l’ADRAO – sélection efficace assistée par marqueurs du matériel de
en termes de financement et de couverture médiatique – résistance au RYMV. L’identification subséquente de
était le Projet d’hybridation interspécifique (IHP) qui a marqueurs supplémentaires beaucoup plus proches même
donné un coup de fouet au développement et à la du gène de résistance ciblé a aidé à confirmer que la
dissémination des variétés du ‘Nouveau riz pour l’Afrique’ résistance chez Gigante et celle chez plusieurs lignées de
ou NERICA. Ce projet a impliqué une vaste gamme de glaberrima sont le résultat de différents allèles (gènes dans
partenaires dont l’IRD. Le chef d’équipe de l’IRD était le même site chez différents individus). D’autres sources
(il l’est toujours) Alain Ghesquière. de résistance au RYMV et marqueurs associés ont été
L’une des réalisations majeures de la collaboration identifiées sur d’autres chromosomes.
ADRAO-IRD a été la mise en place d’un laboratoire de La prochaine étape est d’utiliser les marqueurs pour
biologie moléculaire au siège de l’ADRAO à M’bé (voir accélérer le processus de sélection. En effet, le travail a
‘Infrastructures de biologie moléculaire à l’ADRAO,’ commencé à l’IRD presque au moment où la résistance
ADRAO, Rapport Annuel 1999, pages 16-21). chez Gigante a été caractérisée et avait un marqueur
L’IRD développe une population de lignées NERICA disponible. « Il y a évidemment des variétés favorites chez
basée sur un seul croisement entre une variété Oryza les riziculteurs de bas-fond dans les différents pays de la
glaberrima et une variété homologuée d’O. sativa IR64. région, » a fait savoir Howard Gridley, Sélectionneur riz
« L’idée, » explique Ghesquière, « est de fournir une de bas-fond. « Par exemple, Bouaké 189 en Côte d’Ivoire
ressource permanente pour l’évaluation de la variation et Jaya au Sénégal. » Pour cette raison, l’ADRAO et l’IRD
fournie par glaberrima. » L’un des résultats extrêmement ciblent trois des variétés de bas-fond les plus populaires
utiles a été le fait de découvrir que sur 52 lignées testées, en vue d’incorporer la résistance au RYMV dans les
les fragments de presque tout le génome de glaberrima plantes qui sont presque identiques aux versions
étaient conservés dans les lignées NERICA (une extrémité actuellement homologuées. Au fil du temps, les nouveaux
du chromosome 10 n’était pas représentée) – ce qui montre marqueurs sont introduits dans le système pour améliorer
l’importance de l’exercice en donnant une représentation l’efficacité de la sélection. En 2002, les lignées portant
totale du glaberrima dans le matériel NERICA. En 2001, différentes combinaisons des gènes de résistance étaient
les premières évaluations au champ ont été faites dans la disponibles pour être testées. On propose d’homologuer
Station Sahel de l’ADRAO pour révéler l’architecture de ce matériel aux programmes nationaux pour l’évaluation

52
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

nationale, avec la perspective d’accroître la diversité


introduite dans le portefeuille variétal. Le CBF dans le Rapport annuel de l’ADRAO

Les nématodes ‘Un outil pour la mise en valeur des bas-fonds,’ ADRAO, Rapport
annuel 1996, pages 40-44.
Plusieurs Glaberrima sont hautement résistants aux
‘Mise au point et diffusion de technologies : rôle de la
nématodes, tandis que tous les sativa testés se sont montrés caractérisation agro-écologique,’ ADRAO, Rapport annuel
sensibles. Les études préliminaires du premier rétro- 1998, pages 23-31.
croisement des lignées NERICA ont montré que la ‘Donor Country Profile: The Netherlands – Inland Valley Consortium
– A long-standing partnership’, WARDA Annual Report 2001-
résistance aux nématodes est conférée par un seul gène. 2002, pages 54-57.
La cartographie de ce gène et d’un marqueur associé ouvre
des opportunités pour la sélection assistée par marqueurs
pour la résistance aux nématodes. Le International Rice
Research Institute (IRRI) travaille avec le même matériel comme les Pays-Bas, l’argent de la France a été utilisé
pour tester la résistance d’autres espèces de nématodes plutôt comme financement de ‘base’ pour le CBF lui-
dans les conditions asiatiques. même. Explication de l’ex-Coordinatrice régionale du
CBF, Marie-Jo Dugué (2000-2002) : « Le financement
Le Consortium bas-fonds français a été principalement utilisé pour la facilitation,
« La France est un donateur fidèle du CBF [le Consortium la communication, les échanges entre les membres … en
bas-fonds], » a déclaré l’ex-Coordinateur scientifique du particulier les dépenses de fonctionnement de l’URC
CBF, Marco Wopereis, qui a quitté l’ADRAO en 2002, « [Unité régionale de coordination], les ateliers annuels, les
ils forment une partie du groupe central avec les Pays- dépenses de publication et de la traduction ainsi que la
Bas qui ont appuyé le CBF depuis le commencement. » formation pour les membres du CBF. » Le poste de Dugué
Le CBF a régulièrement occupé une place de choix comme Coordinatrice régionale est financé directement
dans les rapports annuels de l’ADRAO, y compris une par la France ; c’est un poste de détachement de la
section l’an dernier dans le chapitre Profil d’un pays Coopération française, comme c’était le cas au temps du
donateur sur les Pays-Bas (voir Encadré ‘Le CBF dans le prédécesseur de Dugué, Jean-Yves Jamin (1995-1999).
Rapport Annuel de l’ADRAO’). Dugué et Wopereis sont tous deux du même avis que
Tout comme les Pays-Bas, le financement de la France la combinaison France-Pays-Bas dans l’Unité régionale
au CBF se faisait à travers un projet spécial, mais est de coordination fonctionne bien. « Pendant les deux ans
devenu récemment une allocation ‘attribuée’ de la que nous avons travaillé ensemble dans le CBF, nous avons
contribution de base de la France à l’ADRAO. Aussi

Juillet 2001: Des Novembre 2001:


membres des Scène d’une visite
Unités nationales de suivi du CBF,
de coordination Gagnoa, Côte
du Bénin et du d’Ivoire
Togo discutent de
la diversité des
caractéristiques
des bas-fonds au
Togo

53
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Novembre 2001:
Membres de l’Unité
nationale de Système d’information géographique et autre
coordination du technologie de l’information : programme de
CBF du Burkina formation au CIRAD
Faso dans le bas-
fond de Bletou Dans le cadre de la formation du programme du CIRAD,
l ’Assistant de recherche en système d’information
géographique, Mahaman Moussa a visité la France en 1998-
1999 et encore en mai-juin 2001. Cette formation est arrivée
au moment indiqué pour le CBF, au moment où il passait à la
standardisation et à la dissémination des résultats du travail de
caractérisation agro-écologique de sa première phase. « La
formation a couvert deux principaux aspects, » a expliqué
Mahaman, « d’abord, la télédétection et ensuite, le
Juillet 2001: L’ancien développement d’un système d’information pour les bas-fonds
Coordinateur régional de la sous-région. » (Des détails supplémentaires du travail ont
été présentés dans le cadre du ‘Profil d’un pays donateur’ sur
du CBF visite une
les Pays-Bas dans le Rapport annuel de 2001-2002.)
station radio locale au
« Les activités de formation m’ont donné l’opportunité
Bénin : la radio locale d’apprendre plus sur une science qui avance vite, » a expliqué
est un bon moyen pour Mahaman, « et des compétences supplémentaires à mettre
communiquer les à la disposition de l’ADRAO et de ses partenaires. » Les
messages de bénéficiaires directs de la formation de Mahaman à ce jour
développement aux sont les Unités nationales de coordination du CBF du Bénin, du
communautés rurales. Mali et du Togo. La Guinée va aussi bénéficier plus tard en
Cette station radio est 2003. L’opportunité ainsi offerte par la formation de Mahaman
proche des sites clés est le résultat de la collaboration continue dans le domaine de
du CBF, Gankpetin et la SIG entre l’ADRAO, le CBF et le CIRAD. Dans un des numéros
Gomè de 1999 du bulletin d’information du CIRAD, le superviseur Michel
Passouant a déclaré, « Pour le CIRAD, ce type de projet est très
intéressant. C’est un cadre d’échange mutuel d’expertise. Nos
pu amener le Consortium à une seconde phase, » a expériences et nos compétences dans les domaines du SIG,
de gestion de bases de données et de multimédia ont contribué
expliqué Wopereis. Dans le même temps, Dugué expose au succès [du projet]. En plus, cela a établi une nouvelle
la facilitation du partenariat apportée par un Coordinateur collaboration avec le CBF et le sujet pourrait être intéressant
pour d’autres pays. »
scientifique néerlandais anglophone (!) et une
Coordinatrice régionale française : « Le CBF est un réseau
anglophone-francophone efficace, couvrant à la fois les
échanges sud-sud et nord-sud. »
En 2002, les développements majeurs au sein du
Consortium incluent la première réunion annuelle du avons des assurances du Gouvernement français qu’ils
Consortium qui aura lieu hors de la Côte d’Ivoire (à souhaitent poursuivre le financement de – et pourvoir –
Abomey au Bénin au mois de mars) et l’adoption de ce poste. Nous attendons donc avec impatience notre
l’apprentissage participatif et recherche action (APRA) troisième Coordinateur régional ! »
comme la méthodologie de choix d’apprentissage des
paysans et des vulgarisateurs pour l’ensemble du CBF La formation
(voir ‘Apprentissage participatif et recherche action pour L’ADRAO a une longue histoire de collaboration en matière
la gestion intégrée des cultures dans les bas-fonds’ pour de formation avec la France, nourrie sans doute en partie
plus de détails). du fait que beaucoup de personnes dans la région sont
« Dugué a quitté l’ADRAO en décembre 2002, » a francophones. Au début des années 1990, au moins six
déclaré le Directeur général Kanayo F. Nwanze, « laissant étudiants ont poursuivi des formations post-universitaires
un vide dans le CBF et à l’ADRAO. Cependant, nous

54
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

à l’ex-Institut supérieur technique d’outre-mer (maintenant Montpellier (encore avec un financement de la Banque
École supérieure de Cergy-Pontoise, ISTOM) dans des africaine de développement). Le travail de Sié a été
domaines aussi variés que l’agronomie, la pathologie, la mentionné dans le Rapport de l’an dernier (voir ‘Breeding
physiologie et l’amélioration variétale. L’ADRAO a aussi Rice for the High-Potential Irrigated Areas – Working
une référence dans la formation à long terme des together : WARDA and Burkina Faso,’ WARDA Annual
collaborateurs et des agents dans les institutions françaises. Report 2001 – 2002, page 23).
En 1993, le Pédologue de l’ADRAO (spécialiste des Plus récemment, le CIRAD a envoyé Violaine
sols) Sitapha Diatta a commencé ses recherches de Bousquet de l’Institut national polytechnique de Nancy
doctorat avec l’Université Henri Poincaré Nancy I sur ‘sol pour travailler avec Alain Audebert sur la pénétration des
et hydrologie dans deux séquences topographiques en Côte racines chez les cultivars pluviaux. L’ADRAO et l’IWMI
d’Ivoire.’ Cette recherche était financée par la Banque ont soutenu l’étude de Frédéric Larbaigt sur la durabilité
africaine de développement. En 1995, Diatta a pris une et la maintenance des périmètres irrigués dans la plaine
année sabbatique pour achever ses études et la rédaction inondée du Fleuve Sénégal, à l’École nationale Génie de
de sa thèse en France, qu’il a soumise et défendue en 1996. l’eau et de l’environnement de Strasbourg. Dans le même
La valeur à l’ADRAO était claire et, en 1997, Diatta fut temps, Séré supervise l’étudiant Sorho Fatogoma, qui fait
dûment promu chercheur principal associé spécialiste en des recherches sur le RYMV à l’IRD à Montpellier.
physique des sols.
Yacouba Séré a rejoint l’ADRAO comme Pathologiste Personnel de base et personnes à des
des plantes en septembre 1997. Il avait déjà une longue postes de responsabilité
histoire de la formation française. Après sa maîtrise en Thierry Cadalan a servi à l’ADRAO comme Biologiste
Biologie végétale à l’Université de Dijon en France en moléculaire de 1997 à 1999 (voir ‘Infrastructures de
1973, il a obtenu de son pays (Burkina Faso) une bourse biologie moléculaire à l’ADRAO,’ ADRAO, Rapport
de recherche de deux ans pour diplôme post-Universitaire annuel 1999, pages 16-21). Frédéric Lançon était
en pathologie des plantes. Il a ensuite obtenu une l’Économiste des politiques de l’ADRAO de 1999 à 2003
prolongation spéciale pour achever son doctorat de 3ème (voir ‘Policy Dialog in Rice Food-Security in West and
cycle (Équivalent du PhD) en ‘Amélioration des plantes Central Africa, WARDA Annual Report 2001-2002, pages
– Option Phytopathologie’ en 1977. En 1994, alors qu’il 38-45. En 2002, l’ADRAO a recruté Aline Lisette-Vidal,
était encore avec son programme national au Burkina Faso, de nationalité française, comme Responsable de la
l’ADRAO a aidé à trouver un financement de la Banque formation, de l’information et de la bibliothèque. Lisette-
africaine de développement pour lui permettre de mener Vidal a eu quelques années chargées [comme tout le
une étude bio-écologique du champignon de la monde à l’ADRAO – éd.] pour ramener les activités de
pyriculariose du riz au Burkina Faso dans le cadre de son formation dans un système cohérent après plusieurs années
Doctorat d’État es Sciences, qu’il a défendu avec succès de manque de personnel et d’autres ressources. « C’est
en 1999 à l’Université d’Abidjan. seulement en 2001 que la décision a été prise de mettre
Les partenaires nationaux ont également bénéficié de les trois unités d’appui séparées sous une seule
la collaboration de l’ADRAO avec la France. En supervision, » a expliqué le Directeur général Nwanze.
particulier, Souleymane Nacro a étudié la cécidomyie des Avant, ces unités étaient la Division des programmes, mais
galles du riz africain à l’Université de Rennes I, N’Guessan leurs mandats s’étendaient clairement au-delà de la
Placide a étudié le virus de la panachure jaune du riz recherche. Lisette-Vidal a apporté l’ordre qui s’impose,
(RYMV) à l’Université de Montpellier (avec un en particulier du côté de la formation et l’ADRAO peut
financement de la Banque africaine de développement) se réjouir d’avance de l’énergie renouvelée au moment
et Sié Moussa a étudié les effets des constantes thermiques où elle cherche à renforcer les capacités de ces différents
sur les variétés de riz irrigué aussi à l’Université de partenaires.

55
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Points saillants des activités

Henri Carsalade, Directeur général adjoint de En plus du détachement des chercheurs qu’il convient
l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et de mentionner, les activités des projets spéciaux, la
d’Agriculture (FAO), était Président du Conseil collaboration entre le ‘nord’ et le ‘sud’ et la supervision
d’administration de 1992 à 1993, ensuite Remi Pochat, conjointe des chercheurs, l’ADRAO a aussi tâté le pool
Directeur scientifique, Laboratoire Central des Ponts et de l’expérience française comme cela se voit dans le
Chaussées (LCPC), a rejoint le Conseil en 2001. nombre de personnel de base qui ont travaillé avec le
Centre depuis les années 1990. Le soutien continu du
L’avenir Gouvernement français pour le poste de Coordinateur
Les relations entre l’ADRAO et la France sont peut-être régional du CBF atteste de ces relations de longue date et
parmi les plus longues entre l’Association et une institution des assurances qu’en dépit de la dislocation temporaire à
donatrice. Avec 17 pays membres de l’Afrique de l’Ouest cause de la crise ivoirienne, le nouveau Coordinateur a
et du Centre, dont 11 sont francophones, il n’est pas été identifié et sera à bord au plus tard en 2003. Ainsi, le
surprenant que l’ADRAO capitalise sur les riches vide créé dans le CBF par le départ de Marie-Jo Dugué
ressources humaines des institutions françaises qui ont en décembre 2002, est sur le point d’être comblé et, selon
une grande expérience dans le domaine de la recherche les mots du Directeur général Nwanze, « la nature a
agricole et du développement dans la sous-région. horreur du vide. »

56
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

La période en revue:
janvier 2002 – avril 2003

L ’an dernier, nous avons changé la période du Rapport annuel de l’ADRAO d’une année civile à une
période allant de mai à avril. Cependant, cette période du rapport n’était pas reflétée dans l’Annexe
‘L’année en revue.’ Cette année, nous plaçons le rapport des activités dans la période que couvre le
Rapport afin d’avoir un tout couvrant la période allant de janvier 2002 à avril 2003.

Du 9 au 11 janvier 2002, une équipe de la Station Sahel l’ADRAO/ROCARIZ. Les sujets couverts ont porté sur
de l’ADRAO a entrepris une évaluation diagnostique les concepts et les méthodes de l’analyse de l’impact,
du laboratoire LANASOL à Nouakchott en Mauritanie l’estimation de la production, l’impact de la consommation
en vue d’évaluer la situation du laboratoire et déterminer et du bien-être, la méthodologie économétrique ainsi
les besoins pour l’analyse du sol et de l’eau. qu’une introduction au logiciel SPSS.

Du 12 au 16 janvier 2002, le Comité directeur du Projet Du 25 février au 8 mars, un cours de formation sur
Développement participatif de technologies (PTD) s’est l’apprentissage participatif et la recherche action pour
réuni à Ibadan au Nigeria. Les partenaires des SNRA (dans la gestion intégrée de la riziculture (APRA-GIC) a eu
le sens large du terme, c-à-d y compris des agences de lieu au siège. Cet atelier a été organisé à la fin du
développement, des ONG et des Universités), l’Université programme APRA-GIC de neuf mois dans deux bas-fonds
de Hohenheim et l’ADRAO, ont évalué les activités de de la Côte d’Ivoire. Au nombre des participants étaient
terrain, recentré les cibles du projet et développé un cadre des partenaires de l’Agence nationale d’appui au
logique pour la seconde phase. développement rural (ANADER), du Projet national riz
(PNR) et quatre paysans des villages pilotes de l’étude de
Les Réunions annuelles de revue et planification de 2002, Bamoro et Lokakpli. (Pour plus de détails sur le travail
‘les Journées scientifiques de l’ADRAO,’ ont été de l’APRA-GIC, voir ‘Apprentissage participatif et
organisées au siège du 22 au 25 janvier. recherche action pour la gestion intégrée des cultures dans
les bas-fonds’).
Du 18 au 23 février, les membres du groupe d’action
Économie du ROCARIZ ont pris part à un cours de En mars, l’équipe du transfert de technologies s’est
formation sur la Méthodologie de l’analyse de l’impact déplacée du siège de l’ADRAO à Grand Lahou, sud de la
des technologies agricoles, organisé au siège. Il s’agissait Côte d’Ivoire pour diriger un atelier de trois jours sur la
de la première activité de la démarche de l’ADRAO visant construction de la batteuse-vanneuse. Les 18
à renforcer la capacité régionale en évaluation de l’impact. machinistes étaient repartis en quatre groupes et chaque
Les 10 participants représentaient neuf pays membres de groupe a travaillé à construire sa propre batteuse-vanneuse.

57
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Malgré le fait que la Côte d’Ivoire est un pays francophone,


l’incarnation ivoirienne de la machine a été nommée
‘ANWAR,’ pour ANDER-WARDA. Les machinistes
correctement formés sont ensuite retournés chez eux.
Quelques semaines plus tard, les nouvelles machines ont
été amenées au siège de l’ADRAO pour une
démonstration. Le machiniste Camara Mamadou de
Katiola a construit un prototype qui a été vendu à un
membre d’une coopérative paysanne et utilisé par les
paysans dans le périmètre irrigué de Lope.

Juin 2002: Démonstration de la batteuse-vanneuse ANWAR, M’bé

Camara Mamadou avec le prototype ANWAR (BV 001), Katiola,


juin 2002 – il a ensuite fabriqué et vendu deux autres batteuses-
vanneuses
Heureux propriétaire d’ANWAR BV 001, Lamine Coulibaly,
exploite la batteuse-vanneuse pour les paysans dans le
périmètre de Lope
Du 11 au 15 mars, l’Atelier annuel du Consortium bas-
fonds (CBF) et la Réunion du projet CFC ont eu lieu à
Bohicon au Bénin. Comme d’habitude, on a fait la revue sur les interventions de recherche et développement pour
des progrès de l’année écoulée et développé des plans de la prévention et la réduction de la dégradation du sol. Ces
travail pour l’année à venir. recommandations forment la base des options de gestion
intégrée des cultures pour les sols à problèmes qui seront
Les ateliers de feedback de fin de projet du Projet DFID évalués par l’ADRAO, les groupes de paysans et les SNRA
‘Prévenir la dégradation des sols dans les systèmes partenaires, au cours des trois prochaines années.
irrigués à base riz au Burkina Faso et en Mauritanie’
ont été organisés du 14 au 15 mars à Niassa, dans la Vallée Du 25 au 26 mars 2002, le Projet PTD a organisé un
du Sourou au Burkina Faso et du 11 au 12 avril à Foum atelier scientifique à Ibadan au Nigeria. Les 24
Gleita en Mauritanie. Ont pris part à ces ateliers les participants étaient composés des chercheurs de
représentants des SNRA partenaires et des paysans. l’ADRAO, des étudiants du projet et leurs superviseurs
Pendant les ateliers, des recommandations ont été faites et des chercheurs nationaux qui ont fait la revue des

58
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

résultats de la saison 2001, en particulier les progrès faits Le 8 avril, le malherbologiste du NRI David Johnson est
par les étudiants en doctorat. retourné au siège de l’ADRAO pour diriger un Atelier
récapitulation pour le Projet DFID de lutte contre le
La ‘folle saison’ de 2002 a commencé au siège de riz sauvage. Le moment – juste avant les 4R (voir point
l’ADRAO le 26 mars lorsque les délégués se sont réunis suivant) – a permis aux chercheurs intéressés qui n’ont
au siège pour discuter et finaliser le document du projet pas été impliqués dans le projet DFID de prendre part à la
de l’Initiative africaine sur le riz (ARI), en avance du réunion et d’écouter les résultats et les recommandations
lancement officiel de l’Initiative le 27 mars à la Fondation du projet. Un dépliant de sensibilisation sur le riz sauvage
Houphouët-Boigny pour la Paix à Yamoussoukro en Côte est en préparation et sera publié par DFID et l’ADRAO.
d’Ivoire. L’Initiative a été lancée par SE Pascal Affi
N’Guéssan, Premier Ministre de Côte d’Ivoire, au nom Ensuite, du 9 au 12 avril, l’ADRAO a abrité la Seconde
de SE Laurent Gbagbo, Président de la République. Tous Revue régionale de la recherche rizicole (4R), la réunion
les détails ont été donnés dans le rapport de l’an dernier biennale du groupe d’action du ROCARIZ et d’autres
dans la section ‘The African Rice Initiative: Taking the acteurs de la région et au-delà. Environ 150 participants
NERICAs to Sub-Saharan Africa’(WARDA Annual Report venus d’Afrique, d’Europe et des États-Unis d’Amérique
2001-2002, pages 7-12). ont pris part à cette réunion. Les trois quarts des
participants étaient des chercheurs des SNRA, des agents
Le 27 mars 2002, des participants venus du Nigerian du développement et des représentants des groupements
Agricultural Development Projects (ADPs), des de paysans des pays membres. Cette année a vu
universités agricoles, des ONG, du National Cereals l’introduction du ‘Prix décerné aux chercheurs nationaux’
Research Institute (NCRI), du National Seeds Service pour le ‘Prix du Meilleur article’ (emporté par Dr Dona
(NSS), du National Rice/Maize Centre et de l’ADRAO Dakouo et al. de l’INERA du Burkina Faso), le ‘Prix de
se sont réunis à Ibadan au Nigeria pour discuter des la Meilleure présentation’ (emporté par Babou O. Jobe,
activités PVS en cours au Nigeria. Six états nigérians NARI de la Gambie) et le ‘Prix de la Contribution la plus
– Ogun, Kwara, Nasarawa, Kaduna, Ekiti et Niger – ont remarquable à la recherche-développement rizicoles’
été jugés prêts pour la mise en œuvre de l’extension PVS. (emporté par Mamadou M’Baré Coulibaly, IER, Mali).
Il a été porté à la connaissance des participants que les La réunion des 4R a été suivi de la réunion du Comité
essais PVS de 2002 avaient aidé trois variétés sur la voie directeur du ROCARIZ tenue du 13 au 15 avril.
de l’homologation officielle au Nigeria – NERICA 1,
WAB189-B-B-B-8-HB et ITA 321. La prochaine réunion
du Comité d’homologation des variétés au Nigeria et
donc l’homologation de ces variétés, a été fixée au 16
juillet 2003.

Le projet Adaptation participative et diffusion des


technologies pour les systèmes de riziculture (PADS) a
organisé sa réunion annuelle de son Comité directeur du
4 au 6 avril au siège. Le PADS est le projet cadre pour les
activités de l’APRA-GIC (voir ci-dessus et le chapitre
‘Apprentissage participatif et recherche action pour la
gestion intégrée des cultures dans les bas-fonds’). Le projet
est actif en Côte d’Ivoire, en Gambie, au Ghana et en
Guinée. Participants à la réunion des 4R organisée du 9 au 12 avril à M’bé

59
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

nationales de recherche et des universités) ont appris plus


La Seconde Réunion de la Revue et de la planification sur l’approche PTD et la dissémination des technologies,
de INGER-Afrique s’est tenue du 15 au 17 avril au siège. y compris les limites dans son rôle d’amélioration de la
INGER est le ‘phare’ qui fait que l’ADRAO se trouve production de riz au Nigeria.
vraiment à l’échelle africaine dans son domaine d’influence
(voir point saillant ‘Le Centre du riz pour l’Afrique – Le 16 mai, le Directeur général a été invité à un petit
Reconnaissance du rôle de l’ADRAO en Afrique déjeuner de travail avec le Président de la République
subsaharienne’). Cette année, l’atelier a réuni des fédérale du Nigeria à Abuja. Dr Nwanze a fait une
sélectionneurs et du personnel des ressources génétiques présentation sur les riz NERICA et les perspectives pour
de 24 pays, y compris le Burundi, la RD Congo, le Kenya, le Nigeria. Profitant de l’opportunité offerte avec la
le Mozambique, la Namibie et le Zimbabwe et tous les 17 présence à la même réunion d’une délégation du
pays membres de l’ADRAO. Une importance a été accordée Gouvernement japonais, il a aussi remercié le Japon pour
aux questions de la propriété intellectuelle avec des orateurs son appui aux travaux des NERICA à l’ADRAO. Pendant
venus du GCRAI, de l’IRRI, de l’UPOV et de l’ADRAO. les trois jours de visite dans la capitale nigériane, Dr
Nwanze a aussi rencontré le ministre fédéral de
Ensuite, le Réseau sur l’amélioration variétale l’Agriculture et le Conseiller spécial de la Production
participative et l’analyse du genre/utilisateur (PRIGA) alimentaire ; il a aussi organisé une conférence de presse.
a organisé sa réunion annuelle du 18 au 23 avril au siège.
Une note particulière cette année a été l’inclusion d’un La Troisième réunion ADRAO/Comité des experts
atelier de formation sur la vulgarisation PVS pendant nationaux s’est tenue du 11 au 13 juin au siège. Parmi
les deux premiers jours. Comme d’habitude, les les nombreux points à l’ordre du jour figurait la première
conclusions de la réunion seront publiées ; cependant, cette idée de la possibilité de se référer à l’ADRAO comme
année elles ont été retardées à cause du départ de certains ‘Le Centre du riz pour l’Afrique.’
chercheurs et la crise ivoirienne.
Le personnel de la Station Sahel de l’ADRAO a participé
Les réunions consécutives pendant toute l’année se sont comme formateurs à une formation de quatre mois des
achevées avec un Atelier sur le Priming des semences responsables de la vulgarisation pour la culture du riz
organisé du 24 au 25 avril et présidé par David Harris qui irrigué. Cette formation était organisée par l’Organisation
représentait DFID dans le Réseau PRIGA. L’activité de des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture et
priming des semences a été prise en charge par la sélection a duré du 15 juin au 15 octobre. L’un des champs de riz
variétale participative (PVS) du Réseau PRIGA et a été de l’ADRAO à Ndiaye (Station Sahel) a été aussi utilisé
rapportée dans le résumé annuel de ses travaux. pour les sessions pratiques.
Cependant, il est probable que le priming des semences
‘fasse cavalier seul’ à partir de 2002. Le nouveau Comité de gestion du Consortium ARI s’est
réuni pour la première fois du 27 au 28 juin au siège. Un
Dans le même temps, la plénière du Conseil accent particulier a été mis sur la nécessité d’encourager
d’administration de l’ADRAO s’est réunie (encore au les donateurs engagés de ‘libérer les fonds’ et sur la
siège) du 22 au 26 avril. nécessité d’aller rapidement au recrutement du
Coordinateur général.
Du 26 au 10 mai, le Projet PTD a organisé un atelier de
formation à Abakaliki au Nigeria. Les participants Entre le 28 juin et le 13 juillet, l’ADRAO a mené une
(formés de paysans, d’agents de vulgarisation, de étude d’évaluation rapide de la filière du riz irrigué au
représentants d’ONG, de chercheurs des institutions Nigeria. L’équipe de l’ADRAO, forte de deux personnes,

60
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

a initié le travail de terrain pour évaluer les opportunités association de paysans au ADP de l’Etat. Le groupe, formé
et les contraintes à l’amélioration de la productivité du d’environ 100 paysans, est né du travail de PVS de
riz irrigué au Nigeria et d’identifier les priorités de la l’ADRAO qui a bouclé son cycle de trois ans de recherche
recherche et développement de la riziculture irriguée au PVS. Certains des paysans cultivaient déjà entre 2 et 5 ha
Nigeria. Cette étude complète l’évaluation en cours de la de variétés de l’ADRAO (y compris les NERICA). Dans
filière riz par l’ADRAO au Nigeria et est supportée par le cadre de la cérémonie officielle de reconnaissance, un
l’USAID (voir Encadré ‘Stratégie de la filière riz pour le responsable du gouvernement local de Kajuru était
Nigeria’). présent.

L’Assemblée générale du CORAF/WECARD a eu lieu A la suite du WSSD, le PNUD a organisé le 4 septembre


du 23 au 26 juillet à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire. Cette une visite de presse au siège de l’ADRAO et à Abidjan.
tenue dans notre pays hôte a permis à l’ADRAO de Les journalistes sont venus de l’Agence France Presse,
montrer une ‘présence’ avec une exposition de de la BBC, de Jeune Afrique Économie, de Radio France
publications et de posters. Internationale (RFI), de la presse régionale et d’une équipe
de production média.
Dans le cadre de son programme en cours, le Projet PTD
a organisé quatre journées champêtres pendant les mois Du 18 au 28 septembre, une visite de suivi
d’août, septembre et octobre, pour démontrer, discuter et multidisciplinaire des chercheurs des SNRA et de
évaluer différentes technologies (indigènes et modernes) l’ADRAO a visité les activités des programmes
avec les paysans dans les sites du projet. Ces journées d’extension de l’ADRAO ROCARIZ, INGER-Afrique
champêtres ont aussi donné l’opportunité aux acteurs de et PRIGA dans les écologies rizicoles de plateau, de bas-
la production de riz de discuter les progrès de la saison et fonds et mangrove de la Guinée (Guinée Maritime,
de discuter des problèmes de gestion rencontrés dans les Moyenne Guinée et Haute Guinée). L’équipe a trouvé que
essais et autres difficultés liées de terrain pendant la saison. le NERICA 3 est largement cultivé puisque les Guinéens
Un total de 327 paysans, agents de vulgarisation, ont une préférence pour ses grains courts et gros. En
partenaires nationaux de la recherche et agents des projets Moyenne Guinée, cette variété a souffert de 15 à 20 %
de développement (dont 88 femmes) ont participé aux des attaques des foreurs de tiges. Les recommandations
événements à (1) Ogun, Nigeria le 22 août, (2) Dassa et de l’équipe, particulièrement sur les canaux de
Glazoue au Bénin du 24 au 25 août, (3) Ebonyi au Nigeria
le 26 septembre et (4) Kogi au Nigeria le 24 octobre.

Le GCRAI en général et l’ADRAO en particulier, étaient


bien représentés au Sommet mondial sur le
développement durable (WSSD) organisé du 26 août
au 4 septembre par les NU à Johannesburg en Afrique du
Sud. En particulier, le Japon, le Programme des Nations
Unies pour le développement (PNUD) et le GCRAI ont
sponsorisé le 31 août un Événement spécial sur le riz
NERICA.

Une journée du paysan a été organisée le 27 août au


village de Kaswan Magani, dans l’État de Kaduna au
Nigeria pour marquer la ‘remise’ d’une nouvelle NERICA 3 dans les sols acides en Moyenne Guinée

61
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

communication et d’information, ont été remises à par le siège de l’ADRAO devrait être disponible pour
l’ADRAO et au SNRAV de Guinée. assister le projet dans sa mise en œuvre. Les discussions
ont aussi porté sur l’amélioration du matériel agricole.

Le premier Séminaire GCRAI/Banque mondiale


McNamara, tenu le 25 octobre à Tokyo au Japon, a lancé
l’expérience fructueuse de l’ADRAO sur le
développement du NERICA et son potentiel dans le
dilemme de la sécurité alimentaire en Afrique. Le
Directeur général a fait une présentation, organisé
plusieurs interviews et a rencontré la presse.

Particulièrement non affecté par la crise ivoirienne, le


Programme riz irrigué et les SNRAV partenaires en
Mauritanie ont organisé le 5 novembre un dernier atelier
Champ de variété de riz tolérant à la toxicité ferreuse dans la de revue et d’évaluation à Nouakchott pour présenter les
mangrove de toxicité ferreuse en Guinée
résultats, les expériences et les leçons apprises du
programme collaboratif ‘Amélioration de la
Le Comité exécutif et des finances du Conseil productivité du riz irrigué en Mauritanie : évaluation,
d’administration de l’ADRAO (CEF) s’est réuni du adaptation participative et transfert des technologies
16 au 18 septembre au siège où il a approuvé la améliorées de riz irrigué.’ Cet atelier a réuni les différents
proposition du budget 2003 et résolu plusieurs questions partenaires qui ont participé dans la mise en œuvre du
d’ordre politique. programme (ADRAO, SONADER, CNRADA et les
groupements paysans). Le programme collaboratif était
Le 19 septembre, les événements de la Côte d’Ivoire ont financé à travers une subvention de la Banque mondiale à
bloqué le personnel du siège et du Centre principal de la SONADER.
recherche dans leurs maisons à Bouaké ainsi que quatre
membres du CEF dans un hôtel au centre de la ville. Une Du 13 au 16 novembre, le Programme riz irrigué a
semaine plus tard, tous les cadres et d’autres agents avaient organisé un Atelier de revue et de planification avec les
pu être relocalisés à Abidjan. Le récit entier de la ‘survie SNRAV partenaires à la Station Sahel (Ndiaye, Sénégal).
de l’ADRAO sous le feu’ est rapporté quelque part dans Les participants étaient composés d’agronomes et
ce rapport. Bien que l’ADRAO ait continué d’opérer à d’économistes venus du Burkina Faso (INERA), de la
partir d’Abidjan, tous les événements programmés au Gambie (NARI), du Mali (IER) et du Sénégal (ISRA et
siège devaient être reprogrammés, relocalisés ou les deux SAED) et du personnel de l’ADRAO de la Station Sahel
à la fois. et du siège. Les participants ont fait la revue des activités
passées et celles en cours en matière de recherche et
Le 4 octobre, une réunion a été organisée avec les développement rizicoles pour les systèmes irrigués et ont
représentants de Japan International Cooperation Agency ensuite défini des stratégies et des activités conjointes pour
(JICA) à Ibadan au Nigeria sur une proposition pour une le projet 2003-2005. Cela a conduit à une autre visite de
formation nationale du personnel du projet de suivi organisée par l’équipe de l’économie du riz irrigué
développement agricole (ADP) sur la production de pour finaliser les modalités de la mise en œuvre du plan
semences. L’expert des semences de JICA prévu être abrité de travail 2003.

62
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

A cause d’un moratoire de la Banque mondiale sur les et a exposé plusieurs posters mettant en exergue les
voyages en Côte d’Ivoire, une visite du Président et du résultats de la recherche et du développement de la
Directeur du GCRAI à Abidjan a dû être annulée. La visite riziculture irriguée dans la vallée du Fleuve Sénégal. Le
avait était planifiée pour coïncider avec la réunion du stand de l’ADRAO a été visité par une vaste gamme de
Comité exécutif et des finances du Conseil participants y compris le Chef d’Etat SE le Président
d’administration (CEF). La plupart des membres du CEF Abdoulaye Wade, des responsables du gouvernement, des
étaient aussi empêchés de faire le déplacement sur Abidjan groupes d’ONG et des représentants de la société civile.
en ce moment-là à cause des restrictions de voyages
imposées par les différentes ambassades. Cependant, Le Au lieu de continuer avec l’atelier de récapitulation
vice-président du Conseil d’administration, Richard planifié pour la fin de la phase I, les donateurs du Projet
Musangi, a insisté et a visité l’ADRAO en décembre dans PTD – GTZ et BEAF (BMZ) – ont visité les sites du
son siège temporaire à Abidjan. Là, il a rencontré le projet et des partenaires – Ibadan, Ikenne, Abeokuta et
nouveau membre ivoirien du Conseil, Bamba Gué, a eu Lokoja au Nigeria et Dassa et Glazoue au Bénin du 23
une séance de travail avec la direction pour discuter des
questions relatives à la gestion de la crise ivoirienne et a
rencontré le personnel en poste à Abidjan. Le Professeur Le Président
sénégalais, SE
Musangi et Dr Gué ont aussi tenu des réunions avec Abdoulaye
plusieurs ministres ivoiriens, des représentants des Wade (au
donateurs et des ambassadeurs des pays membres de centre,
cravate
l’ADRAO, réunions qui ont abouti à un déjeuner rouge), visite
diplomatique et à une conférence de presse. La visite du le stand de
Prof. Musangi était un geste de soutien et l’ADRAO lors
de la Journée
d’encouragement du Conseil en général. porte-ouverte
de l’ISRA
La première vague du personnel du Centre principal de
recherche a été relocalisé temporairement à la station de
recherche de l’ICRISAT à Samanko à Bamako au Mali
au cours du week-end du 25 au 26 janvier 2003. Le reste
du personnel de recherche et du personnel d’appui à la
recherche a été relocalisé dans les semaines qui ont suivi,
laissant le personnel du Bureau du Directeur général, de Stand de
l’ADRAO et
la Division de l’Administration et des Finances, de la visiteurs visant
Division des services institutionnels et des Services de la le tour de
formation, de l’information et de la documentation pour l’exposition
lors de la
maintenir les activités du siège à Abidjan. Du côte de la Journée
recherche, l’Initiative africaine sur le riz (ARI), les porte-ouverte,
activités des ressources génétiques et l’initiative sur le Dakar, février
2003
VIH/SIDA étaient coordonnées à partir d’Abidjan. (Voir
aussi ‘Crise en Côte d’Ivoire : l’ADRAO « sous le feu ».’)

Lors de la Journée porte-ouverte organisée par ISRA


du 7 au 12 février 2003 à Dakar, l’ADRAO Sahel a fait
une démonstration des variétés et de la batteuse-vanneuse

63
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

février au 9 mars 2003 pour évaluer le projet en concluant personnel, aussi bien de leur soutien continu que de celui
qu’une ‘seconde phase est justifiée’ afin que les utilisateurs des donateurs. Par la suite, Dr Reifschneider, le président
et les acteurs – organisations paysannes – puissent sortant du Conseil Lindsay Innes et le Directeur général
pleinement tirer profit de l’approche PTD. (Pour plus de Nwanze ont rencontré le Premier ministre et des autorités
détails sur la phase I du PTD, voir Encadré ‘Plusieurs clés du Mali.
façons de résoudre un problème : développement
participatif de technologies au Bénin et au Nigeria’.) Du 3 au 7 mars, l’ADRAO a abrité un atelier de
synthèse du Projet ADRAO/DFID sur la
Du 24 au 28 février, le Conseil d’administration de pyriculariose du riz à Accra au Ghana. Ont pris part à
l’ADRAO a tenu sa réunion annuelle à Bamako au Mali. cet atelier le personnel de Horticulture Research
Cette année a vu un remaniement des responsabilités, avec International (HRI, R.U.), des chercheurs de l’ADRAO
Richard Musangi occupant le fauteuil de la présidence et et des SNRA du Burkina Faso (2), de la Gambie (1),
Edwin Price comme vice-président et président du Comité du Ghana (11) et du Nigeria (1) en même temps que
des nominations. Les membres du Comité ont consacré des représentants de DFID et de la FAO. Le projet a
du temps pour visiter les installations temporaires de la développé des outils moléculaires pour la
recherche de l’ADRAO à la Station de recherche de caractérisation des lignées de la pyriculariose et a
l’ICRISAT à Samanko et pour communiquer avec le analysé avec succès la diversité du pathogène à travers
personnel. (voir aussi ‘Crise en Côte d’Ivoire : l’ADRAO une nouvelle technique de piégeage au champ
« sous le feu »’.) (ADRAO) et de détermination du pathotype au
laboratoire (HRI). Ces outils sont prêts pour être
Coïncidant avec la réunion du Conseil, le Directeur du transférés à d’autres SNRA pour étendre ce travail.
GCRAI, Francisco Reifschneider, a visité la station Après l’atelier, une discussion a eu lieu sur la possibilité
temporaire de recherche de l’ADRAO à Samanko, d’un projet de suivi pour promouvoir les outils
Bamako, où il s’est adressé le 27 février au personnel moléculaires et de caractérisation et pour utiliser les
cadre, à la direction et aux membres du Conseil. Il a données de caractérisation dans le développement de
exprimé sa joie d’avoir pu enfin visiter le personnel de la résistance durable à la pyriculariose.
l’ADRAO dans leur site temporaire après les restrictions
de voyage qui ont bloqué sa visite prévue en décembre Le 7 mars, une équipe de l’ADRAO a présenté quelques
2002. Il a transmis la reconnaissance du GCRAI pour le propositions préliminaires pour une ‘Stratégie de
courage dont le personnel et la direction de l’ADRAO revitalisation de la filière riz au Nigeria’ au ministère
ont fait preuve depuis la crise ivoirienne jusqu’à ce jour, fédéral de l’Agriculture à Abuja au Nigeria. La stratégie
en louant les « efforts héroïques pour soutenir les est le résultat majeur proposé par le projet financé par
opérations. » Il a assuré tout un chacun de la l’USAID ‘L’économie du riz nigérian dans un monde
préoccupation du Système quant à la sécurité du compétitif : contraintes, opportunités et choix
stratégiques.’ Lors de la réunion, les chercheurs de
l’ADRAO ont pu présenter un résumé des principaux
résultats du projet au ministre de l’Agriculture lui-même,
Le Directeur du GCRAI, ensuite un rapport plus détaillé à une sélection de
Fransisco Reifschneider (à
gauche) avec l’ex-Président du décideurs politiques du ministère y compris le Secrétaire
Conseil d’administration de permanent, avec une session de questions-réponses. Pour
l’ADRAO, Lindsay Innes, à la une résumé des résultats du projet, et des éléments de
23ème Réunion du Conseil
d’administration à Bamako
stratégie, voir Encadré ‘Stratégie de la filière riz pour le
Nigeria’.

64
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Du 17 au 21 mars, le phytophysiologiste du CIRAD, Du 9 au 11 avril, les partenaires du Projet PADS du Bénin,


Alain Audebert, est retourné pour co-organiser le du Mali, du Togo et de l’ADRAO se sont réunis à Samanko
Premier atelier sur la toxicité ferreuse dans les à Bamako pour faire la revue des activités du projet
systèmes rizicoles en Afrique de l’Ouest. Prévue au (APRA-GIC) dans les quatre sites du projet, y compris la
départ pour novembre 2002 au siège de l’ADRAO, présentation des résultats et la planification pour la saison
l’atelier a finalement eu lieu à Cotonou au Bénin. 2003. Il y a eu un petit chevauchement entre cette réunion
L’atelier a évalué le nec plus ultra des activités de et la visite du personnel de NRI/DFID (10-18 avril) pour
recherche et développement visant à réduire la toxicité discuter divers projets et activités sur la gestion intégrée
ferreuse dans les systèmes de culture à base riz dans la des déprédateurs (GID).
région. Environ 19 chercheurs venus de Belgique, du
Bénin, du Burkina Faso, de Gambie, du Ghana, de Le Comité directeur du ROCARIZ s’est réuni le 22
Guinée, du Mali, du Sénégal, de Sierra Leone, du Togo avril à Samanko pour faire la revue du progrès des projets
et de l’ADRAO, ont pris part à cet atelier. Les résultats des petites subventions financés en 2002 ; discuter des
de cet atelier sont résumés quelque part dans ce rapport visites de suivi de 2002 et 2003 ; des modes potentiels
(voir ‘Profil d’un pays donateur : la France – Physiologie de fonctionnement par rapport au nouveau Plan
des plantes’). stratégique émergeant de l’ADRAO ; des activités
d’expansion (en particulier les projets de petites
Le 28 mars, le Directeur général a organisé une conférence subventions) en Afrique Centrale et des idées
de presse à l’Hôtel Sofitel à Abidjan, Côte d’Ivoire. Il a préliminaires pour la Revue régionale de la recherche
répété que l’ADRAO allait continuer de fonctionner en rizicole (4R) de 2004.
Côte d’Ivoire comme elle l’a fait depuis le début de la
crise ivoirienne et malgré des rumeurs annonçant le La réunion annuelle de revue et de planification de 2003,
contraire. En particulier, l’ADRAO allait continuer de ‘les Journées de recherche 2003,’ a eu lieu du 28 avril
maintenir son siège en Côte d’Ivoire avec le personnel du au 2 mai à Samanko. Les présentations de recherche étaient
siège et plusieurs autres agents travaillant de façon basées sur les groupes thématiques conçus à encourager
temporaire à partir d’Abidjan. Il a aussi fait le point de la une plus grande interaction entre les chercheurs et
situation à Bouaké et du site de l’ADRAO à M’bé. promouvoir l’interdisciplinarité.

65
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

États financiers
1. Bilan au 31 décembre 2002 et 2001 (en USD)

2002 2001
ACTIF

Actif circulant

Disponibilités 3 631 562 2 855 982


Débiteurs :
Donateurs 1 259 707 613 403
Personnel 298 038 343 307
Autres 632 778 482 118
Stocks 574 536 572 629
Charges comptabilisées d’avance 98 494 35 017
Total actif circulant 6 495 115 4 902 455

Immobilisations

Immobilisations corporelles 8 029 696 8 691 576


Moins : amortissements accumulés (6 320 987) (6 597 764)
Total immobilisations nettes 1 708 710 2 093 812
TOTAL ACTIF 8 203 825 6 996 267

PASSIF ET ACTIF NET

Exigibilités à court terme


Découverts bancaires 150 504 138 561
Créditeurs:
Donateurs 2 050 613 3 188 905
Personnel 433 531 276 019
Autres 2 646 228 1 219 627
Provisions et charges à payer 1 298 712 877 298
Total exigibilités à court terme 6 579 589 5 700 410
TOTAL PASSIF 6 579 589 5 700 410

Actif net
Actif non restreint 1 624 236 1 295 857
Total actif net 1 624 236 1 295 857
TOTAL PASSIF ET ACTIF NET 8 203 825 6 996 267

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

2. État des revenus et des dépenses par origine des fonds pour l’exercice clos au 31 décembre 2002 et 2001
(en USD)
Total
Non restreint Restreint 2002 2001
REVENUS, GAINS ET AUTRES CONTRIBUTIONS

Dons et subventions 4 426 755 5 158 657 9 585 412 9 069 461
États membres – Bénéfice d’exploitation 119 172 119 172 147 505
États membres – Développement des immobilisations 15 945 15 945
Transfert des actifs à usage restreint 88 269 88 269 211 567
Contribution spéciale de la Banque mondiale 180 087 180 087
Autres revenus 286 573 286 573 354 763
TOTAL REVENU, GAINS ET AUTRES CONTRIBUTIONS 5 116 800 5 158 657 10 275 457 9 783 296

CHARGES ET PERTES

Programmes de recherche 1 822 914 5 158 657 6 981 571 6 917 599
Dépenses administratives et générales 4 370 491 4 370 491 4 039 265
Total charges et pertes 6 193 405 5 158 657 11 352 062 10 956 863
Récupération de charges (1 526 369) (1 526 369) (1 322 907)
Total charges et pertes 4 667 036 5 158 657 9 825 693 9 633 956

EXCÉDENTS (DÉFICIT) DES REVENUS SUR LES DÉPENSES

Changement de l’actif net 449 764 449 764 149 339

Actif net en début d’exercice 1 295 857 1 295 857 1 239 496
Changement de l’actif net avant effet cumulatif 449 764 449 764 149 339
Remboursements aux donateurs (100 000) (100 000)
Virement de l’excédent du projet GTZ-Azote du sol (92 979)
Effet cumulatif du changement dans la politique comptable (21 385) (21 385)
Changement de l’actif net 328 379 328 379 56 360
Actif net en fin d’exercice 1 624 236 1 624 236 1 295 857

POUR MÉMOIRE Dépenses Total


administratives Programmes
et générales de recherche 2002 2001
Dépenses de fonctionnement par nature
Frais de personnel 1 722 728 2 632 263 4 354 990 3 949 828
Fournitures et services 1 991 729 3 617 813 5 609 543 5 294 573
Transport 212 399 387 718 600 117 741 110
Dotation aux amortissements 441 674 441 674 683 696
Dépense d’investissement 1 961 343 777 345 738 287 657
Total charges d’exploitation 4 370 491 6 981 571 11 352 062 10 956 863

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

3. Subventions pour l’exercice clos au 31 décembre 2002 et 2001 (en USD)

NON RESTREINT 2002 2001

Belgique 147 565 131 780


Canada 442 655 452 828
Danemark 109 311
France* 161 385 148 000
Allemagne 140 655 140 403
Japon 804 762 412 990
Pays-Bas 665 731 642 008
Norvège 360 000 241 434
Suède 357 916 319 041
USAID 225 000 224 991
Banque mondiale** 1 080 000 1 390 000
Côte d’Ivoire 41 086 59 836

Total subventions à usage non restreint 4 426 755 4 272 622

TEMPORAIREMENT RESTREINT

BAD I (Appui institutionnel) 9 867 99 148


CFC/FAO-Projet Spirivwa 51 162 88 060
Danemark (Phytosanitaire & santé des semences) 33 062 34 405
Union européenne (Gestion des cultures et des 14 207 295
ressources)
Projet Union européenne/CORAF 440 676 74 978
France (Collaboration IRD) 63 270 20 181
Fondation Gatsby (Installation de confinement) 6 023 48 625
Fondation Gatsby (Dissémination) 217 580 98 431
GTZ (Projet riz nord) 6 472
GTZ (Gestion améliorée des nutriments) 95 066
GTZ (Projet PTD) 387 420 358 903
GTZ (Projet périurbain) 103 730 61 665
FIDA (Projet PADS) 272 277 388 098
PNUD/TCDC-Projet hybridation interspécifique Phase 2 257 078 161 371
Collaboration-NTR/HRI 20 785 10 519
Japon (Projet écophysiologie) 48 973 48 845
Japon (Qualité grain)* 12 810
Japon (Projet d’hybridation interspécifique) 505 365 606 640
Japon/MAFF Projet ADRAO 252 648 318 889
Japon (Projet RYMV)* 185 310 250 281
Japon (Projet pyriculariose)* 46 907 183 227
Japon (Projet 1.3)* 534

*L’utilisation de ces subventions a été restreinte en vue des projets sélectionnés dans l’Agenda approuvé du CGRAI pour l’ADRAO.
**Ne fait pas partie de ce montant la Contribution spéciale de la Banque mondiale aux dépenses extraordinaires encourues pendant l’exercice du fait de la
crise ivoirienne. Ce montant (180 087 USD) a été présenté séparément dans l’état des revenus et des dépenses par origine des fonds.

68
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

TEMPORAIREMENT RESTREINT (suite)

2002 2001

Japon (Projet 3.4)* 106 233


Japon (Projet de production des légumes) 25 000
Japon (Projet Banque de gènes) 400 000
Japon (Projet 2.1) 98 817
Norvège (Projet formation) 290 501 180 533
Norvège (Projet SWIHA VIH/SIDA) 102 831
Rockefeller (Projet culture d’anthères) 12 796 161 900
Rockefeller (Post Doc) 60 054 38 898
Rockefeller (Renforcement des capacités) 89 919 26 642
Rockefeller (FPATDD-Mali/Nigeria) 55 569 39 445
Royaume-Uni (Projet malherbologie) 4 828 6 313
Royaume-Uni (RYMV attribué)* 74 260 139 578
Royaume-Uni (Projet RYMV CRF) 5 039 47 321
Royaume-Uni (Projet dégradation des sols CRF) 491 52 871
Royaume-Uni (Projet de priming des semences) 25 454
Royaume-Uni (INGER-Afrique Phase 2) 291 593 299 009
Royaume-Uni (Projet riz sauvage) 2 919 13 584
Royaume-Uni (Pénétration des racines – Université d’Aberdeen) 4 707
Royaume-Uni (Pyriculariose attribué)* 29 911 59 539
Royaume-Uni (Diversité fonctionnelle du riz) 17 727 12 236
Royaume-Uni (Projet 2.1 attribué)* 116 641
Royaume-Uni (Projet 2.2 attribué)* 243 633
USAID (Projet Réseau) 232 374 195 918
USAID (Projet analyse d’impact) 40 974 9 026
USAID (Projet sur l’économie rizicole au Nigeria) 145 824 92 718
PNUE (Projet Paysans et acteurs) 4 686
Petits projets divers 20 595

Total subventions à usage restreint 5 158 657 4 796 839

TOTAL SUBVENTIONS 9 585 412 9 069 461

*L’utilisation de ces subventions a été restreinte en vue des projets sélectionnés dans l’Agenda approuvé du CGRAI pour l’ADRAO.

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Conseil d’administration
[Du 1er janvier 2002 au 30 avril 2003]

Président Richard Musangi (Kenya) (à partir du 1er mars 2003)


N. Lindsay Innes (R.U.) (jusqu’au 28 février 2003)

Membres Jacob Ayuk-Takem (Cameroun)


Clémentine Dabiré (Burkina Faso)
Mamadou Diomandé (Côte d’Ivoire)**
Bamba Gué (Côte d’Ivoire)*
Takeshi Horie (Japon)
Mary Uzo B. Mokwunye (Nigeria)
Remi Pochat (France)
Edwin C. Price (USA)
Dunstan C.S. Spencer (Sierra Leone)††

Membre ex-officio : Directeur général de l’ADRAO Kanayo F. Nwanze (Nigeria)

* Mandat commencé en 2002


** Mandat terminé en 2002
†† Mandat terminé en 2003

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ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Cadres de l’ADRAO et chercheurs


d’institutions coopérantes
Du 1er mai 2002 au 30 avril 2003

Bureau du Directeur général


Kanayo F. Nwanze Directeur général
Frank Abamu Point Focal VIH
Agronome/Modélisateur des cultures
Mohamed Mouhidiny Abdou Auditeur interne
Péféry Idrissa Coulibaly Responsable des technologies de l’information et de
la communication
Savitri Mohapatra* Assistante du Directeur général et Responsable des
relations publiques
R. Raman* Web-master

Formation, Information et Bibliothèque


Aline Lisette-Vidal Responsable de la formation, de l’information et
de la bibliothèque
Thomas Adigun* Bibliothécaire
Marijke Loosvelt** Éditrice/Traductrice
Aboubacar Madougou Traducteur
Guy Manners Responsable de l’information
Fassouma Sanogo Traducteur
Aïssata Sylla Assistante de publication assistée par ordinateur
Secrétaire par intérim du Directeur de la recherche†

Division des services institutionnels


P.-Justin Kouka Directeur assistant chargé des services institutionnels
Safiatou Yabré Assistante administrative chargée des voyages
Guézi Norberte Zézé Responsable du bureau de liaison (Abidjan)

Division de l’administration et des finances


Michel P. Dubé Directeur de l’administration et des finances
Jean-Baptiste Adjovi Comptable principal (Contrôle budgétaire et Projets)
Klana Dagnogo Responsable des services de maintenance mécanique
Gabriel Dao Responsable des ressources humaines et des
services administratifs

71
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Mark Etsibah Comptable principal


Chaka Barakissa Fofana* Responsable des achats & approvisionnements
Guétin Gogbé** Responsable des achats & approvisionnements
Stanislas Hachemé Responsable administratif chargé des services logistiques
Gilbert Kato Chef du transport
Nurdin S. Katuli Chef des opérations
Fansu Vatogoma Koné** Chef du personnel
Lhet Olivier Magnan Responsable des services d’entretien
George Maïna Chef des finances
Olusegun Olubowale** Comptable principal
Gaston Sangaré Régisseur de la ferme expérimentale
Lassina Silué Administrateur des systèmes de l’information (Finance)
Lassina Soro* Chef du personnel

Division des programmes


Günther Hahne†† Directeur de la recherche
James Sumberg* Chef du programme Politique et développement rizicoles
Directeur de la recherche par intérim†
Monty P. Jones** Directeur adjoint de la recherche et Chef du Programme
riz pluvial
Emmanuel Abo** Virologue (Chercheur visiteur)
Enoch Boateng** Spécialiste du SIG (Chercheur visiteur)
Anne Bouma Responsable des services d’appui
Maméri Camara† Agronome (Chercheur visiteur, Sahel)
Toon Defoer Agronome spécialiste du transfert de technologies
Chef par intérim du Programme Politiques et
développement rizicoles
Aliou Diagne Économiste (Analyse de l’impact)
Stapha Diatta Pédologue
Olaf Erenstein Économiste (Production)
Koichi Futakuchi Ecophysiologiste des cultures
Howard Gridley Sélectionneur riz de bas-fond
R. Gouantoueu Guei Responsable de l’unité des ressources génétiques†
Coordinateur INGER-Afrique††
Stephan Haefele** Agronome spécialiste des systèmes d’irrigation (Sahel)
Monica Idinoba Agroclimatologue (Chercheur visiteur – Stagiaire)
Mohamed Kebbeh Économiste (production) (Sahel)
Paul Kiepe* Coordinateur scientifique du Consortium bas-fonds et
Spécialiste en gestion des ressources naturelles
Harouna Koré** Économiste spécialiste des légumineuses (Chercheur visiteur)
Frédéric Lançon†† Économiste (analyse des politiques)
Kouamé Miézan Chef du programme riz irrigué (Sahel)

72
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Augustin Munyemana Spécialiste du développement de technologies


participatives (Nigeria)
Marie-Noëlle Ndjiondjop Biologie moléculaire/Biotechnologie*
Francis Nwilene Entomologiste
Olumuyiwa Osiname Coordinateur de l’ADRAO au Nigeria (Nigeria)
Andreas Oswald Agronome spécialiste des systèmes de cultures
Sidi Sanyang Coordinateur du ROCARIZ
Yacouba Séré Pathologiste
Chef par intérim du programme riz pluvial*
Aïssata Sobia Camara** Économiste agricole (Chercheur visiteur)

Chercheurs d’institutions coopérantes


Alain Audebert** Physiologiste (CIRAD)
Kouassi Soumaila Bredoumy† Coordinateur par intérim de l’Initiative africaine sur le riz (ARI)
Marie-Josèphe Dugué** Coordinatrice régionale du Consortium bas-fonds
(Coopération française)
Pierrick Fraval** Économiste/gestion de l’eau (Sahel, IWMI/Cemagref)
May-Guri Sæthre* Entomologiste (Nigeria, Norwegian Crop Research Institute)
Takeshi Sakurai Économiste agricole (JIRCAS)
Abdou Aziz Sy*,** Coordinateur par intérim de l’Initiative africaine sur le riz (ARI)
Hiroshi Tsunematsu Sélectionneur riz de plateau associé (JIRCAS)
Petrus van Asten** Pédologue associé (Sahel, DGIS)

* Début de contrat ou changement de titre en 2002


** Fin de contrat ou changement de titre en 2002
† Début de contrat ou changement de titre en 2003
†† Fin de contrat ou changement de titre en 2003

73
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Formation

Cours dispensés entre le 1er janvier 2002 et le 30 mars 2003


Intitulé et dates Lieu Langue Participants

Hommes Femmes Total

Formation en biotechnologie et en culture d’anthères M’bé, Bouaké, français, 3 0 3


Janvier-mai 2002 Côte d’Ivoire anglais
(ADRAO)

Méthodologie de l’analyse de l’impact des technologies M’bé, Bouaké, français, 10 0 10


agricoles (Groupe d’action sur l’économie) Côte d’Ivoire anglais
18 – 23 février 2002 (ADRAO)

Apprentissage participatif et recherche action en gestion M’bé, Bouaké, français 30 10 40


intégrée de la riziculture (APRA/GIR) Côte d’Ivoire
25 février – 8 mars 2002 (ADRAO)

Atelier sur la construction de la batteuse-vanneuse Grand Lahou, français 18 0 18


6 – 29 mars 2002 Côte d’Ivoire
(CGMAG)

Atelier de formation sur la sélection variétale M’bé, Bouaké, français, 21 4 25


participative-extension (PVS-E) Côte d’Ivoire anglais
18 – 19 avril 2002 (ADRAO)

Formation des formateurs en adaptation participative et Rosso, français 15 0 15


transfert de technologies Mauritanie
22 – 26 avril 2002

Adaptation participative et transfert de technologies Rosso & Boghe, français 30 0 30


pour le personnel de terrain Mauritanie (15+15)
13 – 18 mai 2002

74
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Formatage de l’information agricole pour la publication M’bé, Bouaké, français 15 2 17


des médias Côte d’Ivoire
27 – 31 mai 2002 (ADRAO)

Formation à l’analyse et à l’interprétation des données M’bé, Bouaké, français 19 0 19


4 – 13 septembre 2002 Côte d’Ivoire
(ADRAO)

Total 161 16 177

75
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Stagiaires maîtrise/doctorat en 2002-2003


Nom et sujet de la thèse Institution Sponsor Grade

Adesanwo, O.O. Université de ADRAO/ Doctorat


Legume/phosphate rock combination for sustainable l’Agriculture, Université
rice production in southwestern Nigeria Abeokuta, Nigeria de Hohenheim

Afolabi, Aboladi†† Université de East DFID/ Doctorat


Development and understanding of a new clean gene Anglia/John Innes Fondation
(marker-free) technology for rice Centre, Royaume-Uni Rockefeller

Aluko, Kiodé Gabriel Université de l’État de Fondation Doctorat


Genetic studies of soil acidity tolerance in rice Louisiane Rockefeller

Amoussou, Pierre-Louis Université de East Fondation Doctorat


Genomics of rice yellow mottle virus Anglia, Royaume-Uni Rockefeller/
DFID

Assingbé, Paulin Université de Cocody- BMZ/GTZ Doctorat


Intégration des légumineuses dans la rotation Abidjan
des cultures du riz pluvial au Bénin

Awoh, Akué Sylvette* Université nationale de BMZ/GTZ/ DEA


Cropping systems and their production Côte d’Ivoire, Abidjan ADRAO
characteristics in peri-urban agriculture

Bissouma, Laurence Institut national MESRS/ DAA/MSc


Criblage de variétés locales de riz pour la polytechnique ADRAO
résistance à la pyriculariose Houphouët-Boigny
(INP-HB)
École supérieure
d’agronomie (ESA)

Bognonkpe, Jean Pierre Irénée Université DAAD/ Doctorat


The influence of land use on the dynamics of native de Bonn Fondation
soil nitrogen at watershed scale in West Africa Volkswagen

Bolou, Bi Bolou Emile* Université nationale BMZ/ DEA


Cropping systems and their production de Côte d’Ivoire, GTZ/
characteristics in peri-urban agriculture Abidjan ADRAO

Chérif, Mamadou Université BAD Doctorat


Effet de la toxicité ferreuse sur l’activité photo- d’Abidjan
synthétique du riz : étude de la variabilité génétique

76
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Chovwen, Anthony Université de BMZ/ Doctorat


Evaluation of participatory research l’Agriculture, GTZ
approaches in Nigeria Abeokuta,
Nigeria

Clark, Cary Université de Privé/ Doctorat


Rural finance systems and related constraints Reading ADRAO
for lowland rice intensification

Comoe, Hermann Daisy†† INP-HB/ ADRAO/ DEA


Analyse de l’aspect institutionnel de la diffusion ESA DFID
des variétés améliorées de riz et de la gestion
des semences en milieu paysan

Djadjaglo, David Université de BMZ/ Doctorat


Détermination des facteurs influençant la Hohenheim GTZ
productivité des systèmes de production à base
de riz au sud du Bénin

Djea, Yao Franck Armel†† INP-HB/ ADRAO/ DEA


Estimation des fonctions d’offre et de la demande ESA DFID/
de riz en Côte d’Ivoire PNUE

Dudnik, Nina _ Fulbright _


Biologie moléculaire

Efisue, Andrew* Université Rockefeller Doctorat


Developing durable resistant upland rice du Natal
for the tropics of Africa

Gnagadjomon, Koné* Université de Bouaké BMZ/ DEA


Socio-economics of peri-urban agriculture GTZ

Gnamien, N’Goran** Privé Enseignant Recyclage


Technique de dosage du phosphore assimilable
par la méthode Bray I

Guèye, Talla Université de Göttingen DAAD Doctorat


Nitrogen use efficiency in irrigated rice

Horna, Daniela Université de BMZ/GTZ Doctorat


Brokering of knowledge and information in the Hohenheim
rice production system in Southern Nigeria and
Benin Republic

77
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Keijzer, Pieter Université de Université de MSc


Plant science Wageningen Wageningen/
ADRAO

Koffi, Marie-Chantal* Université nationale BMZ/ DEA


Cropping systems and their production de Côte d’Ivoire, GTZ/
characteristics in peri-urban agriculture Abidjan ADRAO

Konaté, Karidiatou** INP-HB INP-HB BTS Chimie


Effets de l’application des éléments nutritifs sur industrielle
la toxicité ferreuse Diplôme de
fin d’étude

Koné, Fahiraman K.* Université de BMZ/ DEA


Socio-economics of peri-urban lowland agriculture Bouaké GTZ

Kotchi, Valère Université d’Abidjan BAD Doctorat


Dynamique du phosphore dans les sols en
région tropicale: le cas de la Côte d’Ivoire

Kouassi Niankan, Aubin INP-HB/ MESRS/ DAA/MSc


Évaluation de la résistance à la panachure ESA ADRAO
jaune du riz de 297 variétés locales de riz de
la région de Gagnoa

Macaire, Dobo* Université A&M du Fondation Doctorat


Enhancing uniformity and stability of rice grain Texas Rockefeller
quality through genetic transformation and
marker assisted breeding

Maji, Alhassan Tswako Université d’Ibadan Fondation Doctorat


Genetics of resistance to African rice gall Rockefeller
midge in Oryza glaberrima

Mandé, Sémon Université de Cornell Fondation Doctorat


Assessment of biodiversity in Oryza glaberrima Rockefeller
using microsatellite markers

Mesmin, Meye Mella École technique _ Ingénier


Influence of spatial variability on fertilizer Bambey agronome
recommendations

Mulder, Linda Université de DFID MSc


Effect of straw application on yield and plant Wageningen
availability of N and P for alkiline irrigated rice soils

78
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Rawande, Zaer** INP-HB INP-BH BTS Chimie


Effet résiduel du TSP sur cinq variétés de riz industrielle
pluvial sur un sol acide de forêt à Man Diplôme de
fin d’étude

Sédia, N’Da Amenan Gisèle* Université de Bouaké BMZ/ Doctorat


Socio-economics of peri-urban lowland agriculture GTZ

Soko, Faustin Dago Université d’Abidjan Japon Doctorat


Épidémiologie du RYMV : Étude des conditions
d’établissement et de déroulement des épidémies
pour une gestion intégrée de la panachure jaune
du riz en Côte d’Ivoire

Sorho, Fatogoma Université d’Abidjan ADRAO/ Doctorat


Assessment of rice yellow mottle virus pathogeny as a IRD/
prerequisite of the deployment and the durability of the AGROPOLIS
natural genetic resistance to yellow mottle virus disease

Soro, Koundieletia École nationale supérieure ADRAO DAA


Analyse sanitaire des semences de riz d’agriculture (ENSA)

Thuweba, Diwani* Université de Bonn BMZ/ Doctorat


Improving productivity of peri-urban lowland GTZ/
cropping systems ADRAO

Tia, Dro Daniel INP-HB/ ADRAO DAA


Caractérisation morphologique de la biodiversité ESA
du riz local de la région de Gagnoa

Tiemele, Delees Edmond ENSA ADRAO DAA


Étude de la résistance de variétés à la panachure jaune

Tonessia, Dolou Charlotte†† Université de MESRS/ DEA/MSc


Identification de la flore bactérienne et fongique Cocody-Abidjan ADRAO
hébergée par les semences de riz et tentative de
lutte contre ces pathogènes

Traoré, Karim Université du Texas Fondation Doctorat


Marker-assisted selection for improving drought Rockefeller
resistance in rice root traits and osmotic adjustment

Tveteraas, Astrid Université agricole de Université MSc


The impact of AIDS on livelihood security Norvège agricole de
in rural areas of Côte d’Ivoire Norvège/ADRAO

79
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Van Asten, Petrus Université de DGIS Doctorat


Salt-related soil degradation in irrigated rice-based Wageningen
cropping systems in the Sahel

Van’t Zelfde, Arjan Université de DFID MSc


Identification and quantification of processes Wageningen
contributing to alkalinization in irrigated rice soils

Yao, Kouadio Nasser Université d’Abidjan BAD Doctorat


Androgène in vitro chez le riz Oryza glaberrima et
d’hybrides interspécifiques sativa-glaberrima

Zamble, Lout T. Corinne INP-HB/ ADRAO DAA


Caractérisation morphologique de la biodiversité du riz ESA
local de la région de Danané

Zebre, Sylvestre INP-HB/ ADRAO DAA


Caractérisation morphologique de la biodiversité du riz ESA
local des régions de Boundiali et Touba

Zeller, Heiko Université de BMZ/GTZ Doctorat


Characterization of rainfed upland rice production Hohenheim
systems in southern Nigeria

* Commencé en 2002
** Terminé en 2002
†† Terminé en 2003

80
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Publications
[2002]

Adigun, T.A., 2002. Analysis of the publications of scientists at the West Africa Rice Development Association,
Bouaké, Côte d’Ivoire. IAALD Quarterly Bulletin 47 (2): 23-46.
Becker, M., M.C.S. Wopereis and D.E. Johson, 2002. The role of N nutrition on lowland rice yields along an
agro-ecological gradient in West Africa. Developments in Plant and Soil Science 92: 970-972. [Also
published in: Horst et al. (ed.) Food Security and Sustainable Agro-ecosystems Through Basic and Applied
Research. Kluwer Academic Publishers, Dordrecht, Pays-Bas.]
Boivin, P., F. Favre, C. Hammecker, J.L. Maeght, J. Delarivière, J.C. Poussin and M.C.S. Wopereis, 2002. Processes
driving soil solution chemistry in flooded rice-cropped vertisol: analysis of long-time monitoring data.
Geoderma 110: 87-107.
Caldwell, J.S., H.Kanno, A.Berthé, A.Yoroté, K. Sasaki, M. Doumbia, K. Ozawa and T. Sakurai, 2002. Climatic
variability in cereal-based cropping systems in Mali, West Africa. Farming Japan 36(4): 35-41.
Defoer, T., 2002. Social learning for integrated soil fertility management in sub-Saharan Africa. In: C. Leeuwis
and R. Pyburn (ed.) Wheelbarrows full of Frogs. International research and Reflections. Koninklijke van
Gorcum, Assen, Pays-Bas.
Defoer, T., 2002. Learning about methodology development for integrated soil fertility management, Agricultural
Systems 73: 57-81.
Diagne, A., 2002. Impact of access to credit on maize and tobacco productivity in Malawi. In: Manfred Zeller
and Richard L. Meyer (ed.) The Triangle of Microfinance: Financial Sustainability, Outreach and Impact.
The John Hopkins University Press, Baltimore and London.
Diagne, A., 2002. Impact assessment: A synthesis of recent methodological developments. Proceedings of the
CORAF/WECARD Workshop on the Institutionalization of Impact Assessment in Agricultural Research in
West and Central Africa. Somone, Sénégal, 26-29 mars 2002. CORAF/WECARD.
Erenstein, O., 2002. Crop residue mulching in tropical and semi-tropical countries: An evaluation of residue
availability and other basic technological implications. Soil and Tillage Research 67(2): 115-133.

81
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Guei, R.G., A. Adam and K. Traoré, 2002. Comparative studies of seed dormancy characteristics of two Oryza
species and their progenies. Seed Science and Technology 30(3): 499-505.
Haefèle, S.M., M.C.S. Wopereis and C. Donovan, 2002. Farmers’ perceptions, practices and performance in a
Sahelian irrigated rice scheme. Experimental Agriculture 38: 197-210.
Haefèle, S.M., M.C.S. Wopereis and H. Wiechmann, 2002. Long-term fertility experiments for irrigated rice in
the West African Sahel: Trial description and agronomic results. Field Crops Research 78: 119-131.
Idinoba, M.E., P.A. Idinoba and A.S. Gbadegesin, 2002. Radiation interception and its efficiency for dry matter
production in three crop species in the transitional humid zone of Nigeria. Agronomie 22(1): 87-95.
Kebbeh, M., F. Aïfa, N.Niane and M. Ndour, 2002. Protocole de collaboration ADRAO-SONADER-CNRADA
pour l’amélioration de la productivité et de la production du riz en Mauritanie. Rapport Activités Contre
Saison 2001, 32 p.
Kebbeh, M., F.Aïfa, N. Niane, M. Ndour and K. Miezan, 2002. Amélioration de la productivité et de la production
du riz en Mauritanie : Evaluation, adaptation et transfert de technologies améliorées en milieu paysan.
Rapport Final, août 2002.
Nwilene, F.E., C.T. Wiliams, M.N. Ukwungwu, D. Dakouo, S. Nacro, A. Hamadoum, S.I. Kamara, O. Okhidievbie,
F.J. Abamu and A. Adam, 2002. Reactions of differential rice genotypes to African rice gall midge in West
Africa. International Journal of Pest Management (48(3): 195-201.
Sahrawat, K.L. and L.T. Narteh, 2002. A fertility index for submerged rice soils. Communication in Soil Science
and Plant Analysis 33(1&2): 229-236.
Sakurai, T., 2002. Land tenure systems and adoption of water control technologies in lowland rice production.
In: T. Sakurai, H. Takagi and J. Furuya (ed.) JIRCAS Working Report N0. 25. Japan International Research
Center for Agricultural Sciences, Tsukuba, Japan, pp. 79-92.
Sakurai, T., 2002. Socio-economic research in Sub-Saharan Africa: JIRCAS’s experience and challenge. In: T.
Sakurai, H. Takagi and J. Furuya (ed.) JIRCAS Working Report N0. 25. Japan International Research
Center for Agricultural Sciences, Tsukuba, Japan, pp. 107-125.
Sakurai, T., H. Takagi and J. Furuya (Ed.), 2002. JIRCAS Working Report No. 25. Japan International Reseach
Center for Agricultural Sciences, Tsukuba, Japon.
Segda, Z., F. Lompo, M.C.S. Wopereis and P.M. Sedogo, 2001. Amélioration de la fertilité du sol par l’utilisation
du compost en riziculture irriguée dans la Vallée du Kou au Burkina Faso. Agronomie Africaine 13(2): 45-
58.
Stoop, W.A., N. Uphoff and A. Kassam, 2002. A review of agricultural research issues raised by the system of
rice intensification (SRI) from Madagascar: Opportunities for improving farming systems for resource-
poor farmers. Agricultural Systems 71: 249-274.

82
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Tachibana, T., M. Shinagawa and T. Sakurai, 2002. Lowland rice cultivation in Ghana. A field survey around an
inland market, Kumassi. In: T. Sakurai, H. Takagi and J. Furuya (ed.) JIRCAS Working Report No. 25.
Japan International Research Center for Agricultural Sciences, Tsukuba, Japon, pp. 127-140.
Watanabe, H., K. Futakuchi, P.P. Jones, I. Teslim and B.A. Sobambo, 2002. Brabender Viscogram characteristics
of interspecific progenies of Oryza glaberrima Steud and O. sativa L. Nippon Shakohin Kagaku Kogaku
Kaishi (Japanese Journal of Food Science and Technology) 49(3): 155-165.
Watanabe, H., K. Futakushi, I. Teslim and B.A. Sobambo, 2002. Milling characteristics and grain quality traits of
interspecific progenies of Asian rice (Oryza sativa) with African rice (Oryza glaberrima). Japanese Journal
of Tropical Agriculture 46(1): 47-55.
Wopereis-Pura, M.M., H. Watanabe, J. Moreira and M.C.S. Wopereis, 2002. Effect of late nitrogen application
on rice yield and grain quality in the Senegal River valley. European Journal of Agronomy 17(3): 191-198.

Titres de l’ADRAO
[Du 1er mai 2002 au 30 avril 2003]

Annual Report 2001-2002. 2002. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, 103 p. ISBN 92 9113 239 X.
Bintou et son nouveau riz africain – A video summary. 2002. ADRAO, Bouaké, Côte d’Ivoire, and AGCOM
International, USA, 10 min. 42 sec.
Bintu and her New African Rice – A Video Summary. 2002. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, and AGCOM
International, USA, 10 min. 42 sec.
Bintu and her New African Rice – A Video Summary – Japanese. 2002. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, and
AGCOM International, USA, 10 min. 42 sec.
Current Contents at WARDA (Monthy issue).
Describing Hydrological Characteristics for Inland Valley Development / Présentation des caractéristiques
hydrologiques de la mise en valeur des bas-fonds. Proceedings of the second scientific workshop of the
Inland Valley Consortium / Compte rendu du deuxième atelier scientifique du Consortium Bas-fonds, 4-6
June/juin 1997, Bouaké, Côte d’Ivoire. P.N. Windmeijer, MJ. Dugué, J.Y. Jamin and N. van de Giesen
(Ed.), 2002. WARDA/ADRAO, Bouaké, Côte d’Ivoire, 64 p. ISBN 92 9113 134 2.
Impact of Participatory Rice Improvement Research and Gender Analysis in West Africa: Institutional Analysis.
N. Lilja and O. Erenstein, 2002. Participatory Research and Gender Analysis (PRGA) Working Document
no. 20. PRGA-CIAT, Cali, Colombia, and WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, 28 p.
http://www.prgaprogram.org/pblica.htm#ppb_wd

83
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

INGER-Africa: The Vital Link in the Chain. 2002. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, 18 p. ISBN 92 9113 227 6.
NERICA Rice: Hope for Food Security in Africa. WSSD Special Event on NERICA Rice, 31 August 2002. Organized
by: The Gouvernment of Japan, United Nations Development Program (UNDP), West Africa Rice
Development Association (WARDA), in collaboration with Consultative Group on International Agricultural
Research (CGIAR), [4] p.
NERICA Rice: Hope for Food Security in Africa. WSSD Special Event on NERICA Rice, 31 August 2002. Organized
by: The Government of Japan, United Nations Development Program (UNDP), West Africa Rice
Development Association (WARDA), in collaboration with Consultative Group on International Agricultural
Research (CGIAR), [in Japanese], [4] p.
Le nouveau riz pour l’Afrique, NERICA : Espoir pour assurer l’alimentation en Afrique. Evénement spécial de la
CNUED sur le riz NERICA, 31 août 2002. Organisé par le Gouvernement du Japon, le Programme des
Nations unies pour le développement (PNUD), l’Association pour le développement de la riziculture en
Afrique de l’Ouest (ADRAO) ; en collaboration avec le Groupe consultatif pour la recherche agricole
internationale (GCRAI), [4] p.
Rice Almana. Source Book for the Most Important Economic Activity on Earth (3rd edition). J.L. Maclean, D.C.
Dawe, B. Hardy and G.P. Hettel (Ed.), 2002, IRRI, Los Baños, The Philippines; WARDA, Bouaké, Côte
d’Ivoire; CIAT, Cali, Colombia; and FAO, Rome, Italy, 253 p. ISBN 971 22 0172 4.

84
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Sigles et abréviations
4R Revue régionale de la recherche rizicole (réunion biennale du ROCARIZ)
ADP Agricultural Development Project (Nigeria) (Projet de développement agricole)
ADRAO Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l’Ouest
(Ancienne appellation française de l’ADRAO)
AfRGM Cécidomyie des galles du riz africain
AGROPOLIS Pôle international de recherche et d’enseignement supérieur agronomiques (France)
ANADER Agence nationale d’appui au développement rural (Côte d’Ivoire)
ANCAR Agence nationale du conseil agricole et rurale (Sénégal)
ANWAR Batteuse-vanneuse ANADER/ADRAO (Côte d’Ivoire)
APRA Apprentissage participatif et recherche action
ARI Initiative africaine sur le riz
ASARECA Association for strengthening Agricultural Research in Eastern and Central Africa
ASS Afrique subsaharienne
ATE Average treatment effect
ATE1 Average treatment effect on the treated
BAD Banque africaine de développement
BBC British Broadcasting Corporation (Royaume-Uni)
BEAF Beratungsgruppe Entwicklungsorientierte Agrarforschung (Allemagne)
BMZ Bundersministerium für Wirtschaftliche Zusammenarbeit (Allemagne)
BTS Brevet de technicien supérieur
c.-à-d. C’est à dire
CBF Consortium bas-fonds (ADRAO)
CEF Comité exécutif et des finances (Conseil d’administration de l’ADRAO)
CFA Communauté financière africaine
CFC Common Fund for Commodities (Fonds commun pour les produits de base) [donateur]
CGIAR Consultative Group on International Agricultural Research
CIAT Centro Internacional de Agricultura Tropical
CIFOR Center for International Forestry Research
CIMMYT Centro International de Mejoramiento de Maiz y Trigo
CIO Commission Inter-Organismes (CIRAD, INRA & IRD, France)
CIP Centro International de la Papa
CIRAD Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (France)
CNRA Centre national de recherche agronomique (Côte d’Ivoire)
CNRADA Centre national de recherche agronomique et de développement agricole (Mauritanie)
CORAF Conseil Ouest et Centre Africain pour la recherche et le développement agricole
(précédemment Conférence des responsables de la recherche agronomique africaine)
CRAI Commission pour la recherche agronomique internationale (France)
CRF Competive Research Funds (DFID)
CTA Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation (Pays-Bas)
DAA Diplôme d’agronomies appliquées
DAAD Deutscher Akademischer Austauschdienst
DEA Diplôme d’études approfondies

85
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

Dév. Développement
DFID Department for International Development (Précédemment ODA, Royaume-Uni)
DG Directeur général
DGIS Directorate General for International Cooperation (Pays-Bas)
Dr Docteur
E.U. États-Unis
Ed./ed éditeur(s)
ENSA École nationale supérieure d’agriculture (Côte d’Ivoire)
ESA École supérieure d’agronomie (INP-HB)
Ex. Par exemple
FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
FARA Forum for Agricultural Research in Africa
FIDA Fonds international pour le développement agricole
Fig. Figure
FPATDD Farmer Participatory Approaches to Technology Development and Dissemination (Projet ADRAO)
GCRAI Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (français de CGIAR)
GIC Gestion intégrée des cultures
GID Gestion intégrée des déprédateurs
GIR Gestion intégrée de la riziculture
GPS Global position satellite
GTZ Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (Allemagne)
ha hectare(s)
HRI Horticultural Research International (Royaume-Uni)
IAALD International Association of Agricultural Information Specialists
IAEG Impact Assessment and Evaluation Group (GCRAI)
ICARDA International Center for Agricultural Research in the Dry Areas
ICLARM WorldFish Center (précédemment, International Center for Living Aquatic Resources Management)
ICRAF World Agroforestry Centre (précédemment, International Centre for Research in Agroforestry)
ICRISAT Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides
IDEA Investment in Development Export Agriculture (Ouganda)
IER Institut d’économie rurale (Mali)
IFDC International Fertilizer Development Corporation
IFPRI International Food Policy Research Institute (Washington, DC, États-Unis)
IHP Interspecif Hybridization Project (Projet d’hybridation interspécifique) (ADRAO)
IITA International Institute of Tropical Agriculture (Institut international d’agriculture tropicale)
(Ibadan, Nigeria)
ILRI International Livestock Research Institute (Nairobi, Kenya et Addis-Abeba, Éthiopie)
INERA Institut de l’environnement et des recherches agricoles (Burkina Faso)
INGER International Network for Genetic Evaluation of Rice (Réseau international pour
l’évaluation génétique du riz)
INP-HB Institut national polytechnique Houphouët-Boigny (Yamoussoukro, Côte d’Ivoire)
INRA Institut national de recherches agronomiques (France)
IPGRI International Plant Genetic Resources Institute (Rome, Italie)
IRD Institut de recherche pour le développement (précédemment ORSTOM, France)
IRRI International Rice Research Institute (Los Baños, Philippines)
ISBN International Standard Book Number
ISNAR International Service for National Agricultural Research (La Haye, Pays-Bas)
ISRA Institut sénégalais de recherches agricoles (Sénégal)
ISTOM École supérieure de Gergy-Pontoise (précédemment, Institut supérieur technique d’outre-mer, France)
ITA Variété de riz développée par l’IITA

86
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

IWMI International Water Management Institute


JICA Japan International Cooperation Agency
JIRCAS Japan International Research Center for Agricultural Sciences
KIT Royal Tropical Institute (Pays-Bas)
LANASOL Laboratoire national d’analyse des sols et de l’eau (Mauritanie)
LCP Laboratoire central des ponts et chaussées (France)
MAFF Ministry of Agriculture, Forestry and Fisheries (Japon)
MDGs Millennium Development Goals (Buts de développement du millénaire des Nations Unies)
MESRS Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (Côte d’Ivoire)
min. minute(s)
MSc Master of Science (Diplôme)
NARI National Agricultural Research Institute (Institut national de recherche agricole, Gambie)
NCRI National Cereals Research Institute (Nigeria)
NEPAD Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique
NERICA Nouveau riz pour l’Afrique
NISER Nigerian Institute of Social and Economic Research
No. numéro
NRI Natural Resources Institute (Royaume-Uni)
NSS Natural Seed Service (Nigeria)
NU Nations Unies
OCDE Organisation de coopération et de développement économiques
OMC Organisation mondiale du commerce
OMVS Organisation pour la mise en valeur du Fleuve Sénégal
ONG Organisation non gouvernementale
ORSTOM Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération
(présentement IRD, France)
p./pp. page(s)/pages
PADS Participatory Adaptation and Diffusion of technologies for rice-based Systems (Adaptation
participative et diffusion de technologies pour les systèmes à base riz. Projet ADRAO)
PCSI Programme commun de recherches sur les systèmes irrigués (Cemagref, CIRAD, IRD, France)
PE Protocole d’entente
PhD Doctor of Philosophy (doctorat)
PNR Programme national riz (Côte d’Ivoire)
PNUD Programme des Nations Unies pour le développement
PNUE Programme des Nations Unies pour l’environnement
PRGA System-wide Programme on Participatory Research and Gender Analysis for Technology
Development and Institutional Innovation (Programme à l’échelle du Système sur la recherche
participative et l’analyse du genre pour le développement et l’innovation institutionnelle (GCRAI)
PRIGA Participatory Rice Improvement and Gender/user Analysis (Amélioration participative du riz et
analyse du genre/utilisateur, ADRAO)
PTD Participatory technology development (Développement participatif de technologies)
PVS Participatory varietal selection (Sélection variétale participative)
PVS-e PVS extension
QTL(s) Quantitative trait locus (locus de caractère quantitatif)
R.U. Royaume-Uni
RD République démocratique
RFI Radio France Internationale
ROCARIZ Réseau Ouest et Centre Africain du Riz [ADRAO-CORAF/WECARD]
RYMV Rice yellow mottle virus (Virus de la panachure jaune du riz)

87
ADRAO Rapport annuel 2002 – 2003
Annexes

SAED Société d’aménagement et d’exploitation des terres du Delta du Fleuve Sénégal et des vallées du
Fleuve Sénégal et de la Falémé (Sénégal)
SE Son Excellence
sec. seconde(s)
SIDA syndrome d’immunodéficience acquis
SIG Système(s) d’information géographique
SINGER System-wide Information Network for Genetic Resources (GCRAI)
SIR Système d’intensification de la riziculture
SNRA Système national de recherche agricole
SNRAV Système national de recherche agricole et de vulgarisation
SONADER Société nationale pour le développement rural (Mauritanie)
SWIHA System-wide Initiative on HIV/AIDS and Agriculture (Initiative à l’échelle du Système sur le
VIH/SIDA et l’agriculture, GCRAI)
t tonne(s)
TCDC Technical Cooperation among Developing Countries (PNUD)
Tél. téléphone
TICAD Tokyo International Conference on Africa’s Development
TILS Training, Information and Library Services (Formation, information et bibliothèque, ADRAO)
TSP Triple super phosphate
UNOPS United Nations Office for Project Services (PNUD)
UPOV International Union for the Protection of New Varieties of Plants (Union internationale pour la
protection des nouvelles variétés de plantes)
URC Unité régionale de coordination
USA États-Unis d’Amérique
USAID United States Agency for International Development (Agence américaine pour le
développement international)
v. versus
VIH Virus de l’immunodéficience humaine
WAB WARDA/ADRAO-Bouaké (variétés de riz)
WARDA The Africa Rice Center (précédemment, West Africa Rice Development Association)
WAS WARDA/ADRAO-Sahel (variétés de riz)
WECARD West and Central African Council for research and Development (Appellation anglaise de CORAF)
WITA WARDA at IITA (variétés de riz développées par l’ADRAO au Nigeria)
WSSD World Summit on Sustainable Development (Sommet mondial sur le développement durable)

Crédits

Photos:
C. Riches (NRI) : p.00
© C. Riches (NRI)
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Tableaux : ADRAO

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