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Economie Générale CPGE –ECT (1 année)

Chapitre7 ECONOMIE DE MARCHE

Notion :

En général, l’expression est utilisée comme périphrase pour désigner l'économie capitaliste. Toutefois, pour
l'historien Fernand Braudel, le marché est très antérieur à l'économie capitaliste proprement dite : il aura fallu
attendre le « commerce à la grande aventure », générateur de grands risques mais aussi de profits fabuleux
quand le sort était favorable, pour que l'économie de marché se transforme en économie capitaliste, grâce à la
prodigieuse accélération de l'investissement engendrée par l'accumulation du capital issue des bénéfices de ce
type de commerce. Mais, même ainsi, le terme « économie de marché » désigne une économie dans laquelle
l'ensemble des relations économiques passe par le marché ou s'effectue en référence au marché, ce qui est bien
caractéristique d'une économie capitaliste.

Le point fondamental d'une économie de marché, ce n'est pas le marché (c'est-à-dire la concurrence), mais les
entreprises. L'économie de marché, en effet, repose sur des entreprises dont les décisions ne sont pas
centralisées, ou dirigées, même si elles peuvent être influencées par des lois, des règles, des incitations fiscales.
C'est parce que, dans une économie de marché, les nombreuses entreprises qui composent le tissu productif ne
sont pas dirigées, officiellement ou souterrainement, par une autorité unique, que l'économie de marché est à la
fois dynamique (il y a sans cesse de nombreuses initiatives, les unes débouchant sur des échecs et des
disparitions, les autres couronnées de succès) et chaotique (il n'existe pas de coordination et de logique
centrales). Tout le problème des économies de marché est donc de parvenir à stabiliser le système social sans en
atténuer le dynamisme. D'où, partout, ces mélanges d'intervention publique, ou de réglementations collectives,
et de concurrence et de course au profit.

Aujourd’hui, le fonctionnement de l’économie de marché repose sur une régulation par les marchés, encadrée
par une réglementation étatique. Il est nécessaire donc de comprendre les mécanismes des marchés, d’apprécier
les structures de marché et les stratégies des entreprises avant d’observer que, dans certaines configurations,
les marchés, seuls, ne permettent pas une régulation correcte de l’économie.

Le marché est un contexte de rencontre entre les intérêts des offreurs et les intérêts des demandeurs sur lequel
se forme une solution d’équilibre satisfaisant les parties à l’échange. Avec l’amélioration des moyens de
transport et de communication, ainsi que la mondialisation les marchés ont souvent perdu toute identification à
un lieu unique : ils sont devenus des abstractions pour lesquelles on peut observer un certain nombre de
phénomènes récurrents.

Dans une économie de marché, les vendeurs choisissent librement leurs prix. Mais la concurrence contraint
sévèrement leurs choix À l’extrême, le marché dictateur impose “son” prix. C’est à cette condition, l’absence de
pouvoir de marché, que l’équilibre concurrentiel est efficace.

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1. COMPORTEMENTS DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE

PARTIE 1 : Cas de concurrence parfaite

La concurrence parfaite décrit une situation dans laquelle, pour un type de produit donné, l'existence d'un grand
nombre de producteurs empêche chacun d'eux d'avoir la moindre capacité d'action sur le prix de vente, qui est
une contrainte à laquelle chacun doit s'adapter. Dans ces conditions, la concurrence oblige les producteurs à
comprimer au maximum leurs coûts, donc à se montrer aussi efficaces que possible, tandis que les prix de vente
s'établissent à un niveau très proche de ce coût minimum. L'intensité de la concurrence condamne à disparaître
tout producteur qui ne parviendrait pas à atteindre ce coût minimum. Ainsi la concurrence parfaite n'engendre
pas seulement le prix le plus bas au profit des acheteurs, elle oblige les producteurs à s'aligner sur les firmes les
plus efficaces, celles dont le coût est minimal.

1. Le comportement de l’offre

Notion de l’offre :

Elle désigne l’ensemble des productions offertes à la vente.

L'offre d'un producteur déterminé est associée à un prix. Mais si, à ce prix, le producteur ne trouve pas
preneur, il aura tendance à réduire ses prétentions, limitant d'autant sa propre marge bénéficiaire. A
l'inverse, si le prix initial se révèle insuffisant, comme en témoigne un afflux d'acheteurs excédant les
capacités du producteur à donner satisfaction à tous, le producteur en question sera incité à relever ses
prix, donc à améliorer ses marges bénéficiaires. Le prix exerce donc un rôle déterminant sur l'offre,
poussant celle-ci à la hausse lorsque la marge bénéficiaire du producteur s'accroît, à la baisse lorsqu'elle
se réduit.

Elasticité-prix de l’offre mesure le degré de sensibilité de l’offre aux variations du prix

L'élasticité de l'offre par rapport aux prix mesure la variation relative de l'offre induite par une variation
relative donnée du prix. Si ce dernier augmente de 1 %, et que la variation corrélative de l'offre est
supérieure à 1 %, on parlera d'une offre (ou d'une production) très élastique. A l'inverse, si l'offre ne
réagit quasiment pas à une variation de prix, on sera en face d'une offre peu ou pas élastique. A la
différence de l'élasticité de la demande, qui révèle le comportement du consommateur, l'élasticité de
l'offre révèle surtout l'existence (ou l'absence) de capacités de production disponibles.

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Le profit du producteur dans un marché concurrentiel

Qu’est ce qu’un marché concurrentiel ?

La concurrence représente généralement une situation où il existe plus d'un producteur d'un type de bien
ou de service donné, chacun de ces producteurs s'efforçant de capter des clients, fût-ce au détriment des
autres. Selon l'analyse dominante, cette situation incite chaque producteur à comprimer ses prix et/ou à
améliorer ses produits.

Incontestablement, la concurrence stimule les efforts des producteurs et explique que l'économie de
marché, tous comptes faits, se soit révélée nettement plus efficace et nettement plus innovatrice que les
économies planifiées, où rien ne pousse les entreprises à remettre en cause leurs avantages acquis. Les
analyses contemporaines montrent même qu'il n'est pas nécessaire qu'il y ait plusieurs producteurs
visant le même marché pour produire cet effet concurrentiel : il suffit de la menace d'un nouveau
producteur entrant pour inciter celui qui détient (provisoirement) le monopole d'un produit à ne pas
abuser de sa situation de monopole.

Toutefois, il existe de nombreuses façons de réduire la concurrence, depuis les barrières à l'entrée
jusqu'aux brevets (qui empêchent les éventuels concurrents d'utiliser les mêmes procédés de production),
en passant par la publicité (dont le niveau existant élevé peut dissuader un nouveau venu, qui craint de ne
pas pouvoir parvenir à se faire connaître des acheteurs potentiels), etc. En outre, même des concurrents
peuvent s'entendre sur des règles au détriment des acheteurs, tandis que la différenciation des produits
(par la marque ou par une qualité particulière) peut convaincre les acheteurs qu'en fait seul un
producteur déterminé est en mesure de leur vendre ce qu'ils cherchent à acheter. La réalité économique
est faite souvent de concurrence imparfaite, c'est-à-dire de situations dans lesquelles les critères de la
concurrence parfaite (voir ce terme) ne sont pas réunis. La concurrence monopolistique désigne la
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situation dans laquelle deux firmes produisent des biens proches, mais différents : elles disposent chacune
d'une certaine marge de manoeuvre pour la fixation de leurs prix, mais sont tenues à la prudence par
crainte de voir leurs acheteurs délaisser leurs produits pour celui du concurrent.

Certains économistes (Joseph Schumpeter, par exemple) vont même plus loin : la concurrence imparfaite
est nécessaire au bon fonctionnement du système capitaliste, car elle réduit les risques des entreprises,
donc les incite à innover, à investir. La dynamique du système tiendrait justement à sa capacité à réduire
la concurrence, laquelle, au contraire, serait destructrice. Ne poussons cependant pas le bouchon trop loin,
car, à l'inverse, l'existence d'un monopole n'incite pas à renouveler les produits, à veiller à la satisfaction
de la clientèle qui est, de toute façon, captive. C'est donc dans cet entre-deux que se situe la situation la
plus fréquente : une concurrence qui existe bel et bien, au moins potentiellement, mais qui n'est pas à ce
point effective qu'elle lamine les marges des entreprises et les empêche de prendre des risques.

Maximisation du profit

L’objectif de la plupart des entreprises est la maximisation du profit. Une telle entreprise désire donc
produire la quantité qui maximise l’écart entre la Recette Totale et le Coût Total.

Le profit économique est défini comme la différence entre les recettes et les coûts de l’entreprise
Profit = Recette Totale –Coût Total
La Recette Totale dépend des quantités vendues et du prix de vente: RT=P x Q
Le Coût Total dépend des prix des facteurs de production et de la quantité produite.

Les variables de décision

L’entreprise est à priori libre de choisir la quantité produite et le prix de vente. Toutefois deux contraintes
s’imposent à elle:
La technologie de production qui limite son choix des quantités produites
Le degré de concurrence sur le marché des biens qui limite son choix du prix de vente

Coût Total et Coût Marginal :

Le Coût Total de production met en relation les coûts de l’entreprise avec la quantité produite. Il s’agit
d’un résumé de l’environnement technologique de l’entreprise :
- Les prix des facteurs de production
- La productivité des facteurs de production
- L’efficacité du management

Le Coût marginal de production est l’augmentation du coût total résultant de d’une unité additionnelle
(marginale) de bien produite Cm = ∆ CT/∆ Q Cm = (CT2–CT1)/ (Q2–Q1)

En effet, la dernière unité produite n'intègre en général que des coûts variables, les coûts fixes, par
définition, ne changeant pas. La théorie économique indique qu'un producteur a intérêt à pousser sa
production jusqu'au point où la recette marginale, celle issue de la dernière unité vendue, est égale au coût
marginal : alors, la production d'une unité de plus n'engendre plus de profit. Cette théorie n'est cependant
pertinente que si le coût marginal est orienté à la hausse, c'est-à-dire qu'il augmente chaque fois qu'une
unité supplémentaire est produite (situation dans laquelle les rendements sont décroissants). Mais
l'expérience concrète montre que la réalité est parfois différente : dans beaucoup de processus de
production industrielle, le coût marginal est stable, voire diminue (situation de rendements d'échelle
constants ou décroissants) et le producteur a donc intérêt à augmenter sa production, puisqu'il encaisse à
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chaque fois une marge bénéficiaire positive, voire croissante. C'est ce que l'on appelle les économies
d'échelle, qui pousse à la concentration, puisqu'un nombre plus restreint d'entreprises permet à chacune
de produire davantage, donc réduit le coût moyen.

Exemple :

La courbe du coût total :

La courbe du coût marginal :

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Pourquoi le coût marginal est croissant ?

A mesure que la quantité produite augmente, la contribution au coût total de chaque unité de bien
additionnelle est supérieure à l’unité précédente.

La baisse de la productivité marginale est à l’origine de la croissance du coût marginal. En effet la baisse de
productivité marginale n’est pas conditionnée par la baisse du nombre de travailleurs, mais par la baisse en
moyenne de leur productivité marginale vue que le facteur capital est fixe.
La baisse de la productivité marginale fait que le coût réel d’une unité nouvellement produite augmente
chaque fois qu’une nouvelle baisse de la productivité marginale, synonyme d’un nouvel ajout d’unité
supplémentaire du travail, se produit.

Unité du travail Production totale Productivité marginale


1 10 -
2 15 5
3 19 4
4 22 3
5 24 2
6 25 1

Si chaque unité du travail nous coûte 2 unités monétaires, pour produire 10 on a besoin de 2UM (un seul
travailleur), mais pour produire 19, on a besoin de 6UM, mais le coût du travailleur supplémentaire est en
moyenne plus cher que le premier et sa production serait de 19/3 = 6,33. Garder le même coût que le
premier c’est avoir une production de 30 par 3 travailleurs

Recette totale, moyenne, et marginale

La recette fait référence à tout encaissement lié à une vente ou à une avance. La recette est une grandeur
de trésorerie. Il ne faut pas la confondre ni avec le chiffre d'affaires, qui désigne toute vente, qu'elle soit ou
non déjà payée, et exclut les avances ou acomptes effectués par les clients, ni avec les produits au sens
comptable, terme qui désigne toute opération de production qu'elle soit ou non suivie d'une vente.

La Recette totale (RT) = Prix * la quantité

La Recette Moyenne (RM) en concurrence parfaite, est égale au prix du bien (P). En effet :
RM = RT / Q et RT = P*Q
Donc RM = P

La Recette marginale (Rm) est la recette additive déduite de la vente d’une unité supplémentaire
(marginale) de bien. Rm= ∆RT / ∆Q. En concurrence parfaite, la Rm= P. chaque unité vendue rapporte le
même montant. C’est une conséquence du fait que l'entreprise est preneuse de prix

Donc dans un marché concurrentiel : RM = Rm= P

La maximisation du profit dans un marché concurrentiel :

La quantité optimale est la quantité qui maximise le profit de l’entreprise: on produit tant que la recette
marginale associée à la production est supérieure au coût marginal.
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Donc le profit est maximisé lorsque la Recette marginale est égale au Coût marginal.

Représentation graphique :

Facteurs de déplacement
Modification du coût des facteurs de production
politiques publiques : stimulent ou limitent l’offre dans certains secteurs.
Evolution technologique.
Restriction du crédit.
Anticipations des producteurs…

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2. Le comportement de la demande

La demande représente l’ensemble des achats effectués dans une économie, qu'ils émanent des ménages
en vue de leur consommation (demande finale de consommation), des entreprises (demande de biens ou
de services intermédiaires, demande de biens d'investissement) ou des administrations.

La demande ne doit pas être confondue avec le besoin : en effet, elle s'accompagne d'un achat, alors que le
besoin peut très bien ne pas être satisfait, faute de pouvoir d'achat adéquat. La demande est donc régulée
par le prix (ce qui ne signifie évidemment pas qu'elle soit déterminée uniquement par lui : la mode, la
pression sociale, le besoin de reconnaissance, etc. sont aussi des variables explicatives du contenu et de
l'importance de la demande), ce qui explique que les économistes parlent de courbe de demande : compte
tenu de la façon dont réagit la demande lorsque les prix varient, ou lorsque le revenu des acheteurs se
modifie, ils dressent une courbe liant le montant de la demande pour un produit au niveau du prix. Le plus
souvent, la demande est une fonction inverse du prix : lorsque ce dernier diminue, elle augmente. Il arrive
cependant que, pour certains biens, cette liaison de bon sens ne soit pas vraie : la baisse de prix, au lieu
d'entraîner une augmentation de la demande, la réduit. Ces biens sont dits « de Veblen », du nom de
l'économiste américain qui, le premier, a mis en évidence cet effet. C'est le cas, par exemple, du whisky : le
consommateur de base n'est pas en mesure de juger de la qualité respective des bouteilles qui lui sont
proposées. Il a donc tendance à prendre le prix comme un indicateur de qualité : si le prix d'une marque
donnée diminue, un certain nombre de consommateurs interpréteront cette baisse comme l'indice d'une
baisse de qualité, et reporteront leurs achats sur des produits plus chers. Il arrive, à l'inverse, qu'une
hausse du prix des biens de première nécessité entraîne une hausse de leur demande (bien Giffen). Ces
cas un peu aberrants ne doivent cependant pas masquer la réalité dominante : la sensibilité de la demande
de la grande majorité des produits au niveau de leur prix. On appelle élasticité de la demande par rapport
au prix cette sensibilité. Elle se mesure de façon relative : si le prix baisse de X pour cent, de combien de
pour cent augmente la demande ? Il existe aussi une mesure de l'élasticité de la demande par rapport au
revenu. Les biens dont la demande est peu élastique au prix sont dits biens primaires, parce qu'ils
correspondent à des besoins de base : le pain, les produits laitiers, et plus généralement la nourriture. Ces
biens sont également caractérisés par une faible élasticité revenu : lorsque le revenu augmente, leur
demande stagne. Au contraire, les biens dits secondaires sont caractérisés par une élasticité prix
relativement forte et, lorsque le revenu augmente, leur demande progresse davantage que le revenu. C'est
le cas des produits culturels ou des loisirs. Ces distinctions ont été introduites par un statisticien allemand,
Ernst Engel, au milieu du XIXe siècle. C'est pourquoi on les appelle lois d'Engel, bien qu'il ne s'agisse que
de régularités statistiques.

Il arrive fréquemment que l'augmentation de la consommation d'un bien engendre une hausse de la
consommation de biens qui lui sont liés (par exemple, plus d'achats d'automobiles engendre en général
une consommation accrue de carburant, de pneumatiques, etc.) : ces biens sont dits complémentaires. Au
contraire, on parle de biens substituables lorsque l'augmentation de la consommation d'un bien entraîne
une diminution de la consommation d'un autre bien (exemple : passer ses vacances à l'hôtel est un
substitut au fait d'utiliser le camping).

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La politique économique peut stimuler plutôt l'offre (par exemple, sous forme de réduction des
cotisations sociales, donc du coût salarial, ou sous forme d'aide à l'investissement) ou plutôt la demande
(par exemple, sous forme de hausse du Smic ou des prestations sociales) : on parle donc fréquemment de
politique d'offre (ou économie de l'offre, supply economics) et de politique de demande (ou économie de
la demande).

3. Equilibre de marché concurrentiel :

Sur ce marché fortement concurrentiel, on a toutes les chances de trouver une parfaite application de la
loi de l’offre et de la demande. En effet, la détermination du prix sur ce marché respecte les fondements de
la loi, et tous les agents économiques (offreurs et demandeurs) sont considérés comme des
« pricetakers ».

La situation d’équilibre déterminée, permet de générer une rente pour les consommateurs et pour les
producteurs.

La rente (surplus) du consommateur : Le prix étant à l’équilibre, il existe certains acheteurs qui
estiment que ce prix leur est avantageux parce qu’ils seraient disposée à payer plus cher le cas échéant,
ces consommateurs réalisent une rente. La rente du consommateur est le gain implicite qu’ils réalisent au
prix d’équilibre, ce gain est égal à la différence entre le prix que payent ces consommateurs et celui qu’ils
auraient consenti à payer.
La rente (surplus) du producteur : elle correspond à la différence entre le prix d’équilibre et les
prix les plus bas, auxquels ils auraient consenti de vendre.

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PARTIE 2 : Cas de concurrence imparfaite

Monopole

Au sens courant, c’est une situation dans laquelle il existe un seul producteur pour un bien ou service
donné, l'acheteur n'ayant pas d'autre solution que de passer par ce fournisseur.

Une situation de monopole est caractérisée par un pouvoir important du producteur sur l'acheteur,
puisque ce dernier n'a pas d'autre solution que de décider d'acheter ou de ne pas acheter. Le pouvoir de la
firme en situation de monopole n'est cependant pas absolu. D'une part, l'acheteur peut toujours décider
de ne pas acheter : pour le producteur, il y a donc des limites au prix qu'il peut imposer, et, s'il veut
maximiser ses recettes, il doit pratiquer un prix déterminé par le calcul économique. Mais ce prix, la
théorie le montre, lui procure un profit nettement plus élevé que celui qui résulterait d'une situation de
concurrence : il existe donc une rente de monopole liée au fait que l'entreprise en situation de monopole
fixe le prix au niveau où cela maximise son profit, au lieu que le prix soit imposé par le marché. C'est
pourquoi nombre d'entreprises s'efforcent de développer une marque, pour convaincre les acheteurs que
cette marque est unique, qu'elle est seule à désigner des produits d'une qualité déterminée (concurrence
monopolistique), etc. D'autre part, même si le producteur est unique, il existe toujours des produits
substituables : la route à la place du rail, l'autoproduction d'électricité à défaut de l'acheter au monopole
de distribution, etc. Enfin, dans un grand nombre de cas, s'il n'existe qu'un producteur pour l'instant, cette
situation n'est pas immuable, car des concurrents peuvent apparaître (marché contestable), ce qui peut
inciter une firme en situation de monopole à ne pas en abuser ou à dépenser énormément d'argent en
publicité pour créer une barrière à l'entrée.

Un monopole bilatéral est une situation (assez rare à vrai dire) où un acheteur et un fournisseur sont l'un
et l'autre en situation de monopole. L'exemple classique est celui du syndicat qui a un monopole
d'embauche (ou closed shop : seuls les travailleurs syndiqués à ce syndicat peuvent être embauchés),
tandis qu'il n'existe qu'un employeur (un port par exemple). Dans ce cas, le prix (salaire) résulte d'une
appréciation des rapports de force par chacun des protagonistes. Un monopole discriminant désigne la
situation dans laquelle une firme en situation de monopole pratique des prix différenciés afin de mieux
capter une clientèle dont la demande est plus ou moins forte : on fait payer le prix fort à la clientèle
captive (celle qui n'a pas d'autre choix) et un prix de moins en moins élevé aux clientèles dont la demande
est de moins en moins intense. Le risque d'une telle politique tarifaire est évidemment d'inciter ceux qui
payent le tarif fort à réclamer le tarif faible : il faut donc pratiquer la discrétion sur les différents tarifs
pratiqués.

L’absence de substituts et la présence des barrières à l’entrée sont également des conditions non
négligeables pour parler du monopole.

En effet, le bien produit ne doit pas comporter de substituts proches ; par exemple, les entreprises de prêt-
à-porter qui vendent sous des marques différentes ne sont pas dans une situation de monopole. Au
contraire, si la production et la distribution d'eau potable dans une ville sont assurées par une seule
entreprise, celle-ci est dans une situation de monopole. Néanmoins, il est rare qu'un produit ne puisse pas
être remplacé par un autre produit. En France, la SNCF, ou l’ONCF au Maroc, disposent d'un monopole
dans le transport ferroviaire mais celui-ci est concurrencé par la route et par l'avion. Une entreprise est en
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situation de monopole si l'élasticité croisée entre la demande du bien qu'elle produit et le prix de tous les
autres produits est faible

En outre, le monopole s'explique par l'existence de barrières à l'entrée, par l'impossibilité pour d'autres
entreprises de pénétrer le marché. Les barrières à l’entrée peuvent prendre différentes formes : Barrières
légales, Ressources clé, Économies d’échelle.

Remarque : Dans la théorie économique contemporaine, le marché contestable désigne des marchés sur
lesquels il est possible à de nouveaux producteurs d'entrer et à des producteurs actuels de sortir dans des
conditions supportables pour eux. Le terme signifie « pouvant être contesté ». Il a été introduit par William
Baumol pour désigner des marchés sur lesquels se trouvent peu de producteurs (monopole ou quasi-
monopole), mais qui craignent que de nouveaux concurrents ne soient attirés par la rente de monopole si celle-
ci est élevée, ce qui les amène à modérer leurs prix. Dès lors qu'un marché est contestable, c'est-à-dire qu'il
n'existe pas de barrières (à l'entrée ou à la sortie), les rentes de monopole sont limitées.

- La courbe d’offre de l'entreprise est aussi celle du marché ;


- La courbe de demande du marché est aussi celle de l'entreprise ;
- Le monopoleur est un faiseur de prix (Price maker) ;
- Un seul vendeur fait face à la courbe de demande du marché ;
- Plus généralement, la courbe de demande de l'entreprise n’est pas parfaitement élastique
(horizontale) ;
- Le vendeur peut donc réellement choisir son prix.

Oligopole

Marché dans lequel l'offre d'un produit ou d'un ensemble de produits est le fait d'un petit nombre de
producteurs.

Du fait des économies d'échelle dans la plupart des activités industrielles, la production oligopolistique est
plutôt la règle que l'exception, au moins au niveau national, voire régional ou mondial. Un oligopole n'implique
pas forcément une situation d'entente sur les prix ou de partage du marché. Néanmoins, entre un petit nombre
d'opérateurs, la tentation est souvent forte de limiter la concurrence de façon plus ou moins formalisée.
L'accord d'Achnacarry (petit village d'Ecosse) de 1928 entre les majors du pétrole d'alors, pour fixer les prix et
limiter la concurrence, est resté célèbre : quand il s'agit ainsi d'un accord explicite, on parle de cartel. Mais il
arrive souvent qu'au sein d'un oligopole, l'une des firmes ? la plus importante habituellement ? soit reconnue
par les autres comme leader et chargée de fixer les prix sur lesquels tous les autres producteurs s'alignent. La
firme leader fixe alors un prix directeur.

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2. LES DEFAILLANCES DU MARCHE

On appelle défaillance du marché une situation dans laquelle, pour des raisons techniques, la régulation par le
marché se révèle impossible ou inadéquate.

Dans de nombreuses situations, le marché ne permet pas d’atteindre une situation optimale. Il convient de
distinguer trois principaux cas de défaillance du marché. Tout d’abord, lorsqu’il existe des asymétries
d’information sur le marché, c’est-à-dire lorsque l’un des participants à l’échange ne dispose pas de la même
information que l’autre participant, le risque est que certains acheteurs ou certains vendeurs se retirent du
marché, ce qui peut provoquer des situations de rationnement. Par ailleurs, en présence d’externalités, les
acteurs économiques ne tiennent pas compte des conséquences de leur décision sur leur environnement, ce qui
peut les amener à produire trop (externalités négatives) ou au contraire pas assez (externalités positives). Enfin,
le marché est incapable de produire les biens collectifs qui sont à l’origine d’externalités positives, mais qu’il est
impossible de faire payer à l’utilisateur. Dans toutes ces situations, les pouvoirs publics sont amenés à
intervenir.

1. L’asymétrie de l’information

Les microéconomistes semblent avoir découvert, depuis quelque temps, l'existence de l'asymétrie
d'information, phénomène qui expliquerait bien des " imperfections " de ce bas monde. C'est pourtant là un
phénomène fort ancien, propre aux relations marchandes puisqu'il désigne un fait évident : dans un échange,
une des parties (généralement le vendeur) connaît mieux que l'autre le bien ou le service qui fait l'objet de la
transaction. L'asymétrie d'information est particulièrement importante dans le cas des biens usagés, des
contrats de travail, d'assurance ou de location, des emprunts auprès d'un organisme financier. Depuis
longtemps, employeurs, assureurs, propriétaires de logements et banquiers cherchent à réduire cette
" asymétrie ", en instaurant des périodes d'essai et des systèmes de contrôle, en procédant à des enquêtes, en
demandant des cautions, des garanties ou des attestations de tout ordre. Des expressions telles que l'" anti-
sélection " ou l'" aléa moral" ont été inventées par les compagnies d'assurance pour désigner des problèmes
qui résultent de l'existence d'asymétries d'information. La première fait par exemple référence au fait que ceux
qui savent qu'ils courent des risques plus élevés que la moyenne ont tendance à s'assurer plus que les autres, et
la seconde souligne la tendance à être moins prudent lorsqu'on est assuré

Les microéconomistes se sont emparés de ces problèmes, et ont cherché à les mettre sous forme mathématique.
Tout cela pour arriver à la conclusion que s'il y a asymétrie d'information, l'issue est généralement non efficace,
les deux parties pouvant faire mieux en l'absence d'une telle asymétrie. Ce que l'on sait depuis longtemps. La
recherche de procédures d'incitation en vue de rétablir l'efficacité donne aussi l'occasion à certains d'exercer
leurs talents en mathématiques. Dans les faits, employeurs, assureurs et banquiers ont résolu, ou cherchent à
résoudre tant bien que mal, le problème, sans prendre au sérieux les spéculations des microéconomistes sur les
calculs subtils que font, ou feraient, les homo oeconomicus de leurs modèles.

Sur le marché du travail, par exemple, l'employeur ignore les capacités réelles des candidats à l'embauche qui se
présentent, les sociétés d'assurance ignorent si les clients qui veulent s'assurer sont de bons ou de mauvais
risques, etc. Pour se prémunir contre ces asymétries, de nombreuses possibilités sont ouvertes : l'employeur se
fiera aux diplômes, à l'origine sociale, essaiera d'obtenir des informations par les anciens employeurs, mettra en
place une période d'essai, etc. Mais lever l'ensemble de l'asymétrie d'informations avant de prendre une
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décision coûte cher et est parfois impossible. Dès lors, le marché ne fonctionne plus comme le prévoit la théorie,
puisque l'information est inégalement répartie entre les acteurs.

La sélection adverse

1. Le problème de l’anti-sélection

Les problèmes liés à l’anti-sélection ont été mis en évidence par George Akerloff dans le cas particulier du
marché des véhicules d’occasion. Sur ce marché, la qualité des voitures vendues est imparfaitement connue des
acheteurs potentiels qui ne sont pas des professionnels. Seuls les garages qui vendent les voitures savent si
elles ont été bien entretenues ou non, si elles ont été accidentées ou non. . . En bref, la qualité des voitures
vendues est une information cachée.

Sur un marché où la qualité est facilement observable, il est impossible de vendre des produits de mauvaise
qualité au même prix que des produits de bonne qualité. Des pommes tavelées seront bradées à un prix plus
faible que des pommes qui ne le sont pas. Mais si la qualité du produit n’est pas facilement perceptible par
l’acheteur potentiel, le prix ne joue plus son rôle d’ajustement. En effet, le prix de ces voitures a tendance à
s’aligner sur un véhicule de qualité moyenne. Or, les vendeurs qui disposent de véhicules de très bonne qualité
peuvent être réticents à les mettre sur le marché à un prix moyen. À l’inverse, les propriétaires de voitures de
mauvaise qualité seraient ravis de les céder à ce même prix moyen. De leur côté, certains acheteurs qui
accepteraient éventuellement de payer plus cher un véhicule de bonne qualité ne peuvent pas identifier ces
véhicules et peuvent renoncer à acheter au prix du marché, craignant de ne trouver pour ce prix que des
véhicules moyens ou défectueux. Le marché des véhicules d’occasion fonctionnera mal car les propriétaires de
véhicules de bonne qualité refuseront de les vendre au prix du marché et les acheteurs craindront de ne
trouver que des véhicules de mauvaise qualité au prix proposé. Si les vendeurs baissent le prix pour attirer des
clients, ils ne font qu’aggraver le problème. Les meilleurs véhicules qui étaient en vente sont retirés du marché
et la crainte des acheteurs augmente.

2. Le traitement de l’anti-sélection

En théorie, comme la plupart des acheteurs de véhicules d’occasion ne sont pas des professionnels, le marché
des véhicules d’occasions devrait pas pouvoir fonctionner. Or, il se vend en France entre 4 et 6 millions de
voitures d’occasion tous les ans ! Les acheteurs feraient-ils tous de mauvaises affaires ? Les propriétaires de
voitures de bonne qualité accepteraient-ils tous de vendre au même prix que ceux qui possèdent des voitures
mal entretenues ou accidentées ?

La réponse tient en une idée qui se décline selon de nombreuses variantes. Il faut que le vendeur qui détient
l’information sur la qualité des véhicules fasse en sorte d’informer l’acheteur par des signaux adaptés.
Le plus simple pour un vendeur qui est sûr de la bonne qualité d’une voiture qu’il propose à un acheteur est
d’en garantir le fonctionnement pendant un certain temps et de s’engager à la réparer gratuitement si elle
tombe en panne. En s’engageant ainsi auprès de l’acheteur, le vendeur émet un signal de qualité qui permet à la
loi de l’offre et de la demande de mieux fonctionner. La qualité du produit offert est plus facilement perceptible
et le vendeur d’un produit de bonne qualité peut trouver un acheteur prêt à le payer plus cher qu’un produit de
qualité inférieur. Les bonnes occasions ne sont plus chassées du marché.

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Le risque moral

1. Le problème du risque moral

Contrairement à celui posé par l’anti-sélection, le problème lié au risque moral ne survient pas avant que
l’offreur et le demandeur ne se soient mis d’accord mais après. Le contrat est bien passé entre les deux agents
mais l’application du contrat va se révéler désastreuse pour l’un des deux, celui à qui l’autre aura réussi à
cacher le comportement qui sera le sien. Supposons par exemple que l’acheteur d’une voiture d’occasion se
rende chez un assureur pour souscrire une assurance tous risques. Le montant de la prime à payer a été calculé
en se fondant sur le risque qu’encourt un conducteur moyen qui sait normalement conduire, ne commet pas
d’imprudence délibérée, entretient correctement sa voiture. . Or, rien ne dit que le futur assuré correspond bien
à ce profit. Il ne va évidemment pas révéler spontanément que, par exemple, il ne connaît pas la différence
entre un feu vert et un feu rouge, consomme systématiquement de l’alcool avant de prendre le volant et néglige
de faire entretenir ses freins dont il ne voit pas vraiment l’utilité puisque ce sont les autres qui s’arrêtent en le
voyant arriver. Si l’assureur a la malchance de n’avoir que des clients de ce type, le nombre de sinistres qu’il
devra prendre en charge sera très supérieur à la moyenne et les primes payées par ses clients ne couvriront pas
les dommages à réparer.

La crainte de n’avoir que des "mauvais risques" à couvrir est susceptible de perturber le fonctionnement du
marché de l’assurance.

2. Le traitement du risque moral

Tout comme dans le cas du marché des véhicules d’occasion, le problème posé par l’asymétrie d’information
n’empêche nullement les sociétés d’assurance de souscrire des polices et, mieux même, de réaliser des profits
extrêmement confortables. C’est donc que le problème posé par le risque moral n’est pas insurmontable. Le
principe général de la solution consiste à mettre en place des mécanismes qui vont conduire l’assuré à adopter
un comportement normalement prudent et à ne pas prendre plus de risques au prétexte qu’il est assuré et que
"l’assurance paiera".

En matière d’assurance automobile, le dispositif le plus connu d’incitation à un comportement prudent est le
"bonus malus". Lorsqu’un nouveau conducteur demande à être couvert par une police d’assurance, il paye une
prime de base, correspondant à un conducteur moyen. S’il se révèle bon conducteur et qu’il n’a pas d’accident, il
bénéficiera d’une réduction de prime sous la forme d’un bonus. Si, au contraire, il fait preuve d’un
comportement imprudent et est responsable d’accidents, il devra payer un supplément de prime sous la forme
d’un malus. Le fait de pouvoir payer moins cher si l’on est un conducteur prudent constitue un moyen de lutter
contre le risque moral de l’assurance.

2. Les externalités négatives ou coût externes

Il s’agit d’un coût supporté par une (ou plusieurs) personnes du fait d'une action commise par d'autres qu'eux.
Par exemple, le fait de construire un immeuble qui gâche le paysage est un coût externe pour tous ceux qui
appréciaient le paysage. Ou encore, le fait de licencier une personne revient à externaliser le coût de son
entretien sur la collectivité. Est parfois appelé diséconomie externe (déséconomie externe serait plus logique).

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Mais en quoi les externalités négatives rendent le marché défaillant ?

L'existence de coûts externes empêche le marché d'être un régulateur efficace, puisqu'elle implique que certains
font payer à d'autres les coûts dont ils sont responsables, donc que les prix de vente ne reflètent pas réellement
les coûts et les désagréments occasionnés à la collectivité par une activité donnée. Une des façons de réduire ce
divorce consiste à internaliser les coûts en question, c'est-à-dire à créer des systèmes de taxation représentatifs
des désagréments causés à autrui.

En effet, et dès 1920, l'économiste anglais Arthur Cecil Pigou avait proposé de régler ce problème en
internalisant ces phénomènes dans le calcul économique, via des taxes. Dans les années 60, l'économiste
américain Ronald Coase avait critiqué ce type d'intervention. Selon lui, si des droits de propriété étaient
définis sur les éléments qui ne faisaient pas jusque-là l'objet d'une appropriation privée, comme l'air qu'on
respire, par exemple, des transactions directes entre les agents concernés permettraient d'obtenir un résultat
plus satisfaisant. Cette idée avait inspiré l'économiste canadien John Dales qui, en 1968, a proposé de mettre en
place des marchés de permis, une idée reprise depuis, notamment dans le cadre du protocole de Kyoto.

3. Le comportement des acteurs face aux biens collectifs

Le Bien collectif est un Bien (ou, le plus souvent, service) qui, dès qu'il existe, bénéficie à un ensemble de
personnes et pas seulement à celles qui l'ont éventuellement payé (ce que l'on appelle la « non-exclusivité »), et
dont l'usage par une personne ne prive pas pour autant les autres, contrairement aux biens marchands
habituels (« non-rivalité »), si bien qu'aucune de ces personnes n'est prête à en payer seule le coût. Du fait de ses
caractéristiques le financement d'un bien collectif ne peut être assuré par un prix, puisque chacun a tendance à
adopter un comportement de passager clandestin, en faisant supporter aux autres bénéficiaires la charge du
coût du service. Aussi, le bien collectif doit être financé par un prélèvement obligatoire sur tous les usagers
actuels ou potentiels. Lorsque le critère de non-exclusivité est levé et qu'il est possible de réserver l'usage d'un
bien collectif aux seuls cotisants, on parle alors de biens de club ou de biens collectifs impurs.

L'exemple type du bien collectif est la défense du territoire : chacun, individuellement, a intérêt à y échapper,
car cela évite d'en supporter les conséquences, la mobilisation, le danger, éventuellement la mort, tout en
bénéficiant de la mobilisation des autres. Autre exemple : dès lors qu'un phare signalant une zone maritime
dangereuse existe, tous les bateaux en profitent (non-rivalité), même ceux qui n'auront pas contribué à son
financement (non-exclusivité). L'éclairage ou l'entretien de la chaussée d'une rue, ou l'existence d'une monnaie
stable, voilà autant d'exemples de biens collectifs, qui légitiment, même aux yeux des libéraux, l'intervention
publique, puisque l'impôt est le seul mode envisageable de financement de ces biens collectifs. Notons
cependant que l'évolution des technologies peut transformer un bien collectif en bien individualisable, pour
lequel il devient alors possible de faire payer ceux qui désirent en profiter : par exemple, le péage pour une
route ou une rue, le décodeur pour une émission de télévision cryptée, etc.

« bien public » et « bien collectif »

« La définition, au sens strict, d’un bien public est fort différente : un bien public est un bien à la fois produit
et fourni par la puissance publique (par exemple l’école publique). La production des biens collectifs n’étant
pas optimale dans le cadre du marché (défaillance du marché), ces derniers sont souvent produits et fournis

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par la puissance publique et sont donc souvent aussi des biens publics mais il n’existe pas de relation
nécessaire entre les deux types de bien : un bien collectif n’est pas forcément un bien public et vice-versa.
[…]Cette assimilation reste néanmoins problématique dans la mesure où il existe d’autres réponses aux
défaillances du marché que la prise en charge par la puissance publique des biens collectifs, comme en
atteste notamment l’existence de partenariat publics/privés. Tous les biens collectifs ne sont donc pas des
biens publics et tous les biens publics ne sont pas forcément des biens collectifs.

Il n’est pas douteux en effet que l’éducation et la santé sont des biens (ou des services) qui sont parfaitement
divisibles et facilement excluables. […]Un bien public peut donc ne pas être un bien collectif.
Réciproquement, une fondation privée qui gère un espace naturel ouvert à tous, offre un bien collectif, qui
n’est pas pour autant un bien public (au sens français). Les deux expressions « bien public » et « bien
collectif » ne sont donc pas synonymes. »

Alain Beitone « Biens publics, biens collectifs, Pour tenter d’en finir avec une confusion de vocabulaire »
(Avril 2010).

Les défaillances du marché


par Arnaud Parienty.
Alternatives économiques, n° 235 (04/2005)

Les économistes libéraux reconnaissent des échecs du marché liés aux caractéristiques particulières de
certains biens. Ces échecs justifient le développement de l'économie publique, l'Etat intervenant plus ou
moins directement pour remédier à ces échecs. Ces interventions de l'Etat ont cependant donné des résultats
mitigés, d'où le retour en force du marché dans la gestion des biens collectifs ou de l'environnement depuis
vingt ans, sans que soit jamais interrogée la pertinence de l'utilisation des mécanismes du marché dans des
domaines pourtant éloignés de l'économie. Comme si les choix collectifs pouvaient résulter de procédures de
marché qui les réduisent à l'addition de choix individuels et valorisent exclusivement la dimension
économique.

1. Des imperfections des marchés

La théorie économique explique traditionnellement qu'un marché est le point de rencontre d'acheteurs
disposés à payer un certain prix pour se procurer des biens dont les vendeurs sont prêts à se séparer pour un
certain prix. Par des mécanismes mal élucidés, un prix d'équilibre se forme si le marché fonctionne bien, qui a
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la propriété d'assurer une bonne répartition des ressources disponibles. Il y a de bonnes raisons d'être
sceptique sur cette présentation des choses, qui prête au marché de bien grandes vertus, mais il faut
reconnaître que cette vision s'est imposée dans nos sociétés. Les économies de marché obéissent donc à un
principe de subsidiarité, qui veut que la production et les échanges soient laissés aux mécanismes du marché,
sauf dans les cas où ces mécanismes ne fonctionnent pas. Telle est à peu près la conception de la notion
d'économie mixte que développe l'Union européenne.

Ces défaillances se produisent lorsque les conditions permettant un bon fonctionnement du marché ne sont
pas réunies. Le cas le plus visible est celui de l'environnement naturel, où les imperfections des marchés
entraînent des gaspillages et la dilapidation des ressources. Les ressources naturelles sont souvent des
ressources communes, c'est-à-dire des biens qui n'appartiennent à personne. De ce fait, nul n'est directement
chargé de leur conservation et la gestion de la ressource est mauvaise. Outre l'air et l'eau (qui ont une certaine
importance), on peut citer l'exemple des bancs de poissons, dont les stocks fondent aujourd'hui à la vitesse de
l'éclair. La baisse des captures dans certaines régions ruine les pêcheurs, et le nombre de poissons est parfois
descendu au-dessous du seuil permettant aux stocks de se reconstituer, même en l'absence de pêche. Seule une
réglementation drastique de la pêche pourrait inverser la tendance.

D'autres difficultés se présentent en situation de non-rivalité des consommations, c'est-à-dire lorsque la


consommation des uns ne réduit pas celle des autres (le fait que j'écoute la radio n'empêche personne d'en
faire autant). Comme la consommation d'un individu ne coûte rien au producteur, le service devrait être fourni
gratuitement. Ce raisonnement peut s'appliquer au cinéma, aux bibliothèques ou aux routes. Mais, dans ce cas,
comment le producteur peut-il couvrir ses coûts ? Actuellement, il le fait souvent en faisant payer les places de
cinéma ou l'utilisation des routes, ce qui n'est pas justifié. Un abonnement forfaitaire est plus logique ou le
financement par l'impôt.

De nombreuses activités ont des conséquences sur des tiers qui ne sont pas prises en compte par celui qui
prend la décision, parce qu'elles n'affectent pas ses prix ou ses coûts. Ces conséquences sont appelées des
externalités. Ainsi, une entreprise peut décider de son niveau de production et de son prix sans tenir compte
des conséquences pour les riverains des produits polluants qu'elle déverse dans la rivière proche, parce que le
coût de cette pollution ne lui est pas imputé. Elle fixe un prix trop bas, puisqu'il ne tient pas compte de tous les
coûts, ce qui entraîne une surconsommation. Inversement, la personne qui paye un vigile pour faire une ronde
devant chez elle pendant les vacances contribue aussi à protéger le voisinage. Elle paye pourtant seule la
totalité du prix, ce qui peut l'amener à renoncer.

Enfin, contrairement à l'exclusion, il est impossible d'empêcher le consommateur d'accéder à certains


services. Il est donc également impossible de le contraindre à payer. Faute de financement, le service ne peut
être produit par le marché. La défense nationale est un exemple classique de ce type de services. Il arrive
cependant que, par des moyens détournés, la production soit possible. Ainsi, le propriétaire d'un port peut
payer le phare côtier qui aide les navires à se repérer, ou la vente d'émissions de télévision à des spectateurs
peut se transformer en location de " temps de cerveau disponible " à des annonceurs, selon l'expression
désormais célèbre de Patrick Le Lay, PDG de TF1.

2. Encore plus de marché

Traditionnellement, ces défaillances du marché sont traitées par le recours à l'Etat. Des quotas sont fixés pour
les ressources communes protégées, lorsque c'est possible, par la force publique. La production publique des
biens " non rivaux ", comme les bibliothèques municipales, permet de les proposer gratuitement aux
consommateurs. La taxation des externalités négatives et la subvention des externalités positives
rapprochent de prix corrects. Enfin, l'Etat produit les services qu'on ne peut contraindre le consommateur à
payer, car il peut obliger le contribuable à payer.

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Mais l'action de l'Etat a aussi ses imperfections. Prenons l'exemple des politiques de taxation. L'idée est
qu'une taxe d'un montant égal au coût de la pollution conduit à un relèvement du prix à un niveau qui tient
compte de l'ensemble des coûts. Mais, pour fixer la taxe au niveau approprié, il faut disposer des informations
nécessaires pour calculer le coût de la pollution, ce qui est parfois bien difficile : quelle est la valeur d'un
paysage enlaidi par une construction ou du calme troublé par des machines ? En pratique, les taxes sont
souvent fixées en fonction de critères purement financiers. Ainsi, des économistes de l'OCDE ont montré que
les agences de bassin, chargées de réglementer la pollution des lacs et rivières dans les pays développés,
établissaient les taxes de manière à équilibrer leur budget et non en fonction du coût social de la pollution. Une
raison de ce comportement est le coût élevé de la recherche d'information qui permettrait d'évaluer
sérieusement le coût de la pollution pour la collectivité.

De même, nombre d'Etats faibles ou corrompus se révèlent incapables de protéger les ressources communes
ou de construire un système de sécurité sociale efficace. Jugeant faible l'efficacité de l'Etat, des économistes ont
développé une critique d'ensemble opposant aux échecs du marché (market failures) les échecs de l'Etat
(state failures) ; ils ont proposé des mécanismes permettant de recourir au marché, même dans les cas vus
précédemment. Ainsi, une solution alternative à la taxation est l'institution de marchés de droits à
polluer. L'Etat fixe un niveau maximal d'émissions polluantes et émet des permis vendus aux enchères. Un
marché secondaire permet aux entreprises de revendre leurs permis inutilisés à d'autres entreprises qui en
manquent. Par rapport à la taxation, le système présente l'avantage de la souplesse : le niveau de pollution
peut être réduit par rachat d'une partie des permis, l'augmentation de l'activité renchérit les droits à polluer,
donc l'incitation à réduire les émissions polluantes. D'autre part, le système des permis définit une norme de
pollution qui ne peut être dépassée, alors que la taxation ne garantit nullement que la pollution sera maintenue
au-dessous d'une certaine valeur. Enfin, l'allocation des rejets polluants acceptables entre différentes
industries est rendue la plus efficace possible par ce mécanisme.

Se développent également les méthodes destinées à évaluer le consentement à payer du consommateur. Le


paiement sur un marché joue en effet théoriquement le rôle de révélateur des préférences des acheteurs.
Comme il n'y a pas de paiement direct pour les services produits par l'Etat, les économistes cherchent les
moyens de faire apparaître ces préférences. Par exemple, le coût du transport, du stationnement et de l'entrée
dans une réserve naturelle sera supposé refléter ce que les consommateurs sont prêts à payer pour qu'elle
demeure en l'état. Des enquêtes par sondage sont également réalisées, avec photos à l'appui, pour connaître ce
consentement à payer. Ces méthodes semblent très approximatives et artificielles, mais elles rencontrent un
certain succès.

3. Les Limites des mécanismes économiques

L'utilisation dans des domaines variés de mécanismes inspirés du marché ne pose a priori aucun problème aux
économistes, qui définissent depuis longtemps leur discipline comme une science des choix et non par un objet
précis. On peut cependant reprocher à cette démarche soucieuse de résultats pratiques de refléter une étrange
conception de la démocratie, dans laquelle la volonté collective ne découle ni du débat public entre citoyens ni
de la délibération de représentants élus, mais du paiement par les consommateurs. Méfiante envers l'Etat,
cette conception est purement individualiste, puisqu'elle ignore la notion de décision collective ou l'intérêt de
la confrontation des points de vue ; elle fait dépendre les décisions de la juxtaposition d'actions individuelles.
D'autre part, considérer que les citoyens s'expriment par leurs achats donne aux plus riches une plus grande
influence sur les décisions. Enfin, en prenant les dons en faveur de telle ou telle cause comme indicateur de
l'importance que les citoyens accordent à différents problèmes, on risque de valoriser surtout l'efficacité du
lobbying ou du marketing des associations.

Les démarches appuyées sur le calcul économique ont aussi pour effet de donner de manière très contestable
une importance extrême à ce qui est quantifiable et, plus encore, à ce qui est vendable. La grande valeur du
patrimoine génétique des forêts tropicales est ainsi soulignée... pour l'industrie du médicament. Est-ce pour

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cette qualité qu'il faut les préserver ? Et faut-il privilégier ces forêts par rapport à d'autres écosystèmes de
moindre valeur marchande ? Il est également dangereux de confondre le signal marchand et la chose : dans
cette logique, nous pourrions construire de magnifiques aquariums, arches de Noé modernes qui
permettraient à tout le monde, pour une somme modeste, de voir de près et sans risque des écosystèmes
marins détruits par ailleurs par l'action humaine. Et considérer que cette destruction n'est pas grave.

De manière générale, ces techniques ont pour effet d'élargir sans cesse le domaine relevant de l'économie,
notamment du marché, présenté implicitement comme un mode universel d'allocation des ressources rares.
C'est évidemment très contestable. Par exemple, la régulation de l'environnement s'oppose nettement à la
logique marchande en ce qu'elle ignore l'irréversibilité : toute destruction de capital peut être compensée par
une production, ce qui n'est pas le cas des espèces qui disparaissent ou de certaines transformations
irrémédiables des écosystèmes. Remarquons également qu'un écosystème tend naturellement à se diversifier,
ce qui fait que les systèmes les plus anciens sont aussi les plus complexes. Cette diversité facilite les
adaptations. Au contraire, la logique économique d'optimisation conduit à choisir la meilleure solution, donc à
sélectionner et à simplifier pour accroître le rendement.

Autre exemple, le critère d'efficacité économique est la maximisation d'une fonction représentant les objectifs
que l'on se fixe. Cette méthode peut avoir un sens lorsque l'objectif est la production de richesses ; elle en a
beaucoup moins lorsqu'il s'agit du bien-être ou d'un autre objectif très général. Peut-on, en effet, échanger
deux barils de justice sociale contre un baril de richesse ? Additionner violence, qualité des relations humaines
et état de la planète pour pouvoir comparer des situations de façon objective ? Compte tenu de ces
différences radicales de logique et de l'impossibilité de mesurer, il paraît dangereux d'appliquer à la
gestion de l'environnement ou du " capital social " des outils d'analyse et d'action venus de l'économie.

Il est possible de plaider pour la gratuité des bibliothèques publiques sur la base des externalités positives de
la lecture, mais l'essentiel est de savoir si une société souhaite promouvoir l'idéal politique que représente la
possibilité pour tous d'accéder aux livres. Pour paraphraser Alexandre Dumas fils, le marché est un bon
serviteur mais un mauvais maître. Il convient de réhabiliter le politique comme seule manière de faire certains
choix collectifs, ce qui renvoie à la question des moyens pour que le processus de décision soit démocratique et
efficace.

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3. STRATEGIES DES FIRMES :

Selon les néoclassiques, la firme est définie comme une entité confondue avec l’activité de production. C’est un
agent économique qui combine des facteurs de productions dans un but lucratif.
Mais la firme cherche la maximisation du profit et donc, la meilleure combinaison productive. Celle-ci est
bidimensionnelle : une combinaison technique (fortement influencée par la taure de la production, disponibilité
des facteurs, et leurs conditions de substituabilité) ; et une combinaison économique (la rareté des facteurs fait
que leurs coûts est une variable primordiale à prendre en compte).
Donc l’entreprise poursuit son objectif de maximisation de profit sous contrainte de budget et de faisabilité
technologique.

Le marché a pour fonction la coordination de l’offre de production et de la demande des consommateurs. Le


mécanisme des prix flexible assure qu’un équilibre de marché apparaisse ; égalisant l’offre et la demande au prix
de marché. Le marché est la forme de coordination la plus efficiente. Si tous les acteurs de marché acceptent les
conditions d’échange ; les problèmes des débouchés (sur ou sous production) n’existent pas. A long terme
l’équilibre est toujours réalisé et permet d’écouler la totalité de l’offre des firmes au prix de marché.

Les néoclassiques se sont focalisés sur le profit dans leur analyse de la firme négligeant, dans leur modèle
classique de base, l’apport économique de la firme en tant qu’organisation économique. Mais les prolongements
du modèle vont réaliser cette avancée théorique, en prenant en compte les effets de taille de l’entreprise sur le
volume de production (les économies d’échelles). Plusieurs stratégies peuvent être distinguées dans deux
contextes différents (concurrentiel et oligopolistique) :

1. Dans une structure concurrentielle :

Se soustraire à la pression concurrentielle

La question qui se pose est de savoir comment une entreprise peut échapper (momentanément ou
durablement) à la pression concurrentielle.

Pour se faire, elle peut mettre en place différentes stratégies.

La première consiste à ériger des barrières à l’entrée et décourager ainsi les entrants potentiels : innovation,
différenciation, économies d’échelle. Dans ces cas, seules les firmes déjà efficaces ou de taille imposante
pourront essayer de pénétrer ce marché.

Elle peut également mettre en place des barrières stratégiques :

- la prédation : il s’agit de pratiquer un prix de vente inférieur au coût moyen (donc de vendre à perte)
pour décourager les concurrents et les évincer. L’entreprise espère récupérer « le manque à gagner » en
se retrouvant ensuite en situation de monopole. Ce comportement est en principe illégal mais difficile à
prouver.
- la dissuasion : il s’agit d’investir dans des capacités de production excédentaires que l’on menace de
mettre en route si une nouvelle firme pénètre le marché.
Au-delà, deux stratégies (une légale, l’autre illégale) sont particulièrement importantes en économie : les
opérations de concentration par regroupement et F&A (Fusion, acquisition) et les pratiques
anticoncurrentielles.

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La concentration des firmes par regroupements et F&A

L’économie française, et plus largement mondiale, est de plus en plus concentrée et la part des grands groupes
représente désormais plus de 90% de la valeur ajoutée. Les entreprises cherchent en effet à faire face aux
mutations actuelles et ces opérations de concentration permettent de mieux faire face à la concurrence accrue
grâce à :

une augmentation des ressources financières pour investir, innover et faire face à la concurrence
un meilleur accès au marché financier et bancaire (logique financière)
des économies d’échelle
une diminution du nombre de concurrents donc de la pression concurrentielle
une augmentation des implantations géographiques, donc meilleure résistance à la concurrence
internationale

Malgré ces avantages potentiels, les échecs des opérations de concentration sont nombreux et on estime que la
moitié d’entre elles ne créent pas de valeur en raison notamment du coût d’intégration notamment management
humain et d’une surestimation des effets de synergies. On estime que plus les entreprises initiales sont proches,
plus les chances de succès augmentent.

En théorie, les opérations de concentration renforcent le pouvoir de marché des entreprises, qui peuvent donc
augmenter leur prix, ce qui entraine une perte de bien-être général.

En pratique cependant, les opérations de concentration ne signifient pas forcément hausse des prix donc perte
de bien-être pour le consommateur. D’une part, elles peuvent entrainer une baisse des coûts qui peut se
répercuter sur les prix. D’autre part, les entreprises de taille importantes disposent de plus de ressources pour
innover et investir (thèse de Schumpeter) même si les petites start-up démontrent le contraire. Enfin, un
marché oligopolistique peut favoriser une guerre des prix entre concurrents, aboutissant à un prix proche du
prix du marché.

Les opérations de concentrations sont donc contrôlées par des autorités spécifiques. En France, il s’agit du
Conseil de la Concurrence et de la Commission Européenne (Direction Générale de la Concurrence). Les
opérations pouvant porter atteinte à la concurrence et au libre jeu du marché sont alors interdites ou limitées.
Certains reprochent cependant à ces autorités une vision trop rigide qui ne tient pas compte des effets
potentiellement positifs de la concentration.

Les pratiques concurrentielles

Pour modifier la structure du marché à leur avantage, les entreprises peuvent également avoir recours à des
pratiques anticoncurrentielles, interdites par la législation.

La première est l’entente entre entreprises (ou cartel) : plusieurs entreprises d’un même marché décident de
s’entendre sur les prix, la quantité ou de se répartir géographiquement le marché. Les firmes en oligopole se
comportent alors comme une seule entreprise en monopole, d’où des pertes possibles de bien-être.

Pour que cette entente soir efficace, il faut que :

- le nombre de firmes soit faible pour que les coûts de négociation ne soient pas trop importants
- le produit soit homogène pour pouvoir s’étendre facilement
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La principale limite du cartel est qu’une entreprise individuellement n’a pas intérêt à respecter ses
engagements : si elle peut baisser légèrement ses prix sans risque, et qu’elle elle est la seule de l’entente à le
faire, elle peut accroître fortement sa part de marché. Chaque entreprise a donc tendance à trahir le cartel, et
celui-ci est souvent instable.

La seconde pratique est l’abus de position dominante. C’est une situation dans laquelle une entreprise profite de
sa situation dominante sur un marché pour imposer des conditions non conformes au jeu de la concurrence :
refus de vendre, vente liée (ex Microsoft), pratiques commerciales discriminatoires ou injustifiées (par rapport
au fournisseur,…).

Pour protéger le consommateur, et les petites entreprises, ces pratiques sont interdites par les autorités de la
concurrence : la Commission Européenne et le Conseil de la Concurrence.

Les conséquences de ces pratiques en termes de bien-être sont en effet nombreuses : hausse des prix, restriction
des quantités offertes (ex : pétrole) qui renforce la hausse des prix, limitation du choix pour le consommateur,
hausse des coûts pour les concurrents victimes de ces pratiques voire éviction de ces concurrents (conséquence
en terme d’emplois,…)

2. Dans une structure oligopolistique

Marquée par l’interdépendance des acteurs de laquelle résultent des politiques stratégiques diverses reposant
soit sur l’antagonisme entre oligopoleurs soit sur une tendance à l’entente.

Selon les attitudes adoptées nous aboutissons à un ensemble de situations possibles que l’analyse économique
s’efforce de prendre en compte.

L’analyse ci-après réduira, pour une raison de simplification, les comportements oligopolistiques au duopole et
prendra comme hypothèse l’homogénéité des produits offerts.

Les différentes stratégies possibles peuvent être classées selon le degré de coopération entre les deux
entreprises (c’est-à-dire le duopole).

a. les solutions dites « non coopératives » :

Ces solutions se caractérisent par l’absence de toute sorte de coopération entre les deux entreprises rivales,
dans ce cadre on peut distinguer entre 3 différentes situations :

Les décisions séparées : l’équilibre de Cournot

Dans ce cas, chacune des deux entreprises refuse de dominer l’autre et adopte une attitude de satellite
considérant la position de l’autre comme une donnée.

En effet, bien que le marché soit partagé à deux, chaque producteur va estimer que la production de l’entreprise
rivale est une donnée et que les décisions du concurrent ne seront pas affectées par sa propre décision.

Les arrangements tacites : l’équilibre de Stackelberg

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De nouveau chaque entreprise décide de la quantité à produire, mais l’hypothèse nouvelle est que l’un des
duopoles connaît la fonction de réaction de son rival, il l’intégrera donc dans son calcul de maximisation.

Si l’une des deux entreprises est dominante l’une continue à s’adapter et se réfère à sa fonction de réaction.

L’entreprise dominante comprend le processus d’adaptation et cherche à en tirer profit et l’entreprise satellite à
s’adapter et continue à se référer à sa seule fonction de réaction.

b. Les solutions dites coopératives « les oligopoles coordonnées » :

De la décision de coopérer peuvent naître des ententes « tacites » ou « explicites »

Les ententes explicites :

Le cartel est la forme la plus poussée de la collusion dans laquelle les quelques entreprises en présence
reconnaissent explicitement leur indépendance et surtout leur intérêt à coopérer pour augmenter les profits.

Ces groupements d’entreprises sur un marché peuvent prendre diverses formes.

Les cartels de prix : ce système a pour objectif partagé par tous les membres du cartel, celui de maximiser le
profit joint, le profit de la branche, quitte à trouver un moyen de le répartir entre partenaires.

En fait, ce cartel se comporte comme un monopole à établissements multiples.

Ce système permet, certes, de maximiser le profit joint, d’établir un critère de répartition de la production au
sein du cartel, mais il ne définit pas un critère de répartition du profit entre les partenaires.

Les cartels de répartition des ventes :

Cette répartition des ventes peut avoir plusieurs origines :

Une concurrence loyale portant sur d’autres éléments que le prix ;


Un système de quotas de production

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