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Croissance économique
La croissance économique
désigne la variation positive de la
production de biens et de services
dans une économie sur une période
donnée, généralement une longue
période. En pratique, l'indicateur le
plus utilisé pour la mesurer est le
produit intérieur brut (PIB). Il est
mesuré « en volume » ou « à prix
constants » pour corriger les effets
de l'inflation. Le taux de
croissance, lui, est le taux de
variation du PIB. On utilise
souvent la croissance du PIB par
habitant comme indication de Contribution (en %) de la croissance des pays à celle mondiale (2011).
l'amélioration de la richesse
individuelle, assimilée au niveau
de vie.

La croissance est un processus fondamental des économies contemporaines, reposant sur le développement des
facteurs de production, lié notamment à la révolution industrielle, à l'accès à de nouvelles ressources minérales
1
(mines profondes) et énergétiques (charbon, pétrole, gaz, énergie nucléaire...) ainsi qu'au progrès technique .
Elle transforme la vie des populations dans la mesure où elle crée davantage de biens et de services. À long
terme, la croissance a un impact important sur la démographie et le niveau de vie (à distinguer de la qualité de
vie) des sociétés qui en sont le cadre. De même, l'enrichissement qui résulte de la croissance économique peut
permettre de faire reculer la pauvreté.

Certaines conséquences de la croissance économique comme la pollution et les atteintes à l'environnement,


l'accentuation des inégalités sociales ou l'épuisement des ressources naturelles (pétrole, métaux notamment)
Note 1
sont souvent considérés comme des effets pervers qui obligent à distinguer croissance et progrès .

Le rapport commandé en 1970 par le Club de Rome à une équipe du Massachusetts Institute of Technology,
intitulé The Limits To Growth met en évidence l'impossibilité d'une croissance illimitée dans un monde fini
intitulé The Limits To Growth met en évidence l impossibilité d une croissance illimitée dans un monde fini.
Les tenants de la décroissance estiment que la poursuite de la croissance amènerait inévitablement à un
effondrement de la civilisation.

Sommaire
Définition
Mesure de la croissance
Approximer le développement économique
Histoire
La croissance depuis l'Antiquité
Taux de croissance du PIB européen de 1961 à nos jours
Débat sur l'avenir de la croissance
Déterminants de la croissance
Théories de la croissance
L'école classique
Schumpeter : l'innovation à l'origine de la croissance et de ses cycles
La croissance « sur le fil du rasoir » : Harrod et Domar
Modèle de Solow-Swan
Théories de la croissance endogène
Croissance et énergie
La croissance en question
La croissance doit-elle être prévisible ?
La croissance peut-elle être infinie ?
Conséquences négatives de la croissance
Conséquences sur l'environnement
Bouleversement induits
Arguments en faveur de la croissance économique
Arguments en défaveur de la croissance économique
Dennis Meadows : les limites de la croissance
Nicholas Georgescu-Roegen et les théoriciens de la décroissance
Jacques Ellul et son approche du capitalisme
Autour de la croissance
Croissance et satisfaction
Croissance et pauvreté
Croissance économique, croissance verte et développement soutenable
La « croissance verte »
Notes et références
Source
Notes
Références
Bibliographie
Articles académiques
Ouvrages
Manuels
Introductions
Prospective
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes

Définition
Les économistes utilisent le terme de croissance conventionnellement pour décrire une augmentation de la
production sur le long terme. Selon la définition de François Perroux, la croissance économique correspond à
« l'augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d’un indicateur de dimension, pour une
2
nation, le produit global net en termes réels » . La définition de Simon Kuznets va au-delà et affirme qu'il y a
croissance lorsque la croissance du PIB est supérieure à la croissance de la population [réf. nécessaire].

À court terme, les économistes utilisent plutôt le terme d'« expansion », qui s'oppose à « récession », et qui
indique une phase de croissance dans un cycle économique. La croissance potentielle estime l'écart entre la
croissance mesurée et celle qui serait obtenue avec une pleine utilisation de tous les facteurs de production ; cet
écart est minimal au plus fort d'une expansion.

Au sens strict, la croissance décrit un processus d'accroissement de la seule production économique. Elle ne
renvoie donc pas directement à l'ensemble des mutations économiques et sociales propres à une économie en
développement. Ces transformations au sens large sont, conventionnellement, désignées par le terme de
développement économique. Selon François Perroux, « le développement est la combinaison des changements
mentaux et sociaux d'une population qui la rend apte à faire croître, cumulativement et durablement, son
2
produit réel global » . Le terme de « croissance » s'applique alors plus particulièrement aux économies déjà
développées.
3
La Commission du développement durable (en) du gouvernement britannique souligne qu'il est important de
distinguer trois notions qui « ne sont absolument pas les mêmes choses » :

la croissance des flux biophysiques (énergie et matériaux) ;


la croissance de la valeur monétaire de la production (PIB) ;
la croissance du bien-être économique de la population.

Le croissantisme économique est considéré comme étant l'idéologie de la croissance par opposition à la
philosophie décroissantiste.

Mesure de la croissance
La croissance économique est généralement mesurée par l'utilisation d'indicateurs économiques dont le plus
courant est le produit intérieur brut (PIB). Il offre une certaine mesure quantitative du volume de la production.
Afin d'effectuer des comparaisons internationales, on utilise également la parité de pouvoir d'achat, qui permet
d'exprimer le pouvoir d'achat dans une monnaie de référence. Pour comparer la situation d'un pays à des
époques différentes on peut également raisonner à monnaie constante.

L'indicateur du PIB reste cependant imparfait comme mesure de la croissance économique. Il est pour cela
l'objet de plusieurs critiques :

Le PIB ne mesure que partiellement l'économie informelle. Une part importante des
transactions, non déclarée, était perdue pour les statistiques comme pour l'administration
fiscale Mais en 2014 plusieurs pays (l'Italie le Royaume Uni l'Espagne et la Belgique) ont
fiscale. Mais en 2014, plusieurs pays (l'Italie, le Royaume-Uni, l'Espagne et la Belgique) ont
décidé d'intégrer dans leur PIB des estimations de l'économie souterraine (drogue,
prostitution, trafics divers) en application des nouvelles normes comptables européennes
publiées par Eurostat ; les États-Unis l'avaient déjà fait en 2013 ; la comptabilité nationale
française, qui effectuait déjà des redressements pour prendre en compte les activités
dissimulées (travail au noir, contrebande), a décidé d'intégrer des estimations du trafic de
4
drogue, mais pas de la prostitution clandestine .
Le PIB ne mesure que de façon imparfaite les productions qui ne sont pas commercialisées :
ainsi, la production des administrations est supposée égale aux salaires des fonctionnaires ;
5
une évaluation des productions agricoles auto-consommées est intégrée au PIB . D'autre
part, même s'il prend en compte la production des activités non marchandes, le PIB ne
mesure pas l'activité de production domestique (ménage, cuisine, bricolage, éducation des
5 6, Note 2
enfants, etc.) , des activités majoritairement réalisées par des femmes . En 2009, la
commission Stiglitz estime que la valeur du travail domestique équivaut à 35% du PIB en
6
France sur la période 1995-2006 .
Le PIB ne mesure que les apports de valeur ajoutée dans l'immédiat (sur une année). Les
effets de long terme, notamment dans des services tels que l'éducation ou la santé, ne sont
pas ou mal comptabilisés à travers leur impact sur la production.
Le PIB ne mesure que la valeur ajoutée produite par les agents économiques résidents. Il ne
prend donc pas en compte les transferts de ressources internationaux, alors que ces derniers
représentent souvent une part importante de leur richesse nationale. Il est possible d'utiliser
un outil plus pertinent tel que le Revenu national brut.
Enfin, le PIB ne prend en compte que les valeurs ajoutées, et non la richesse possédée par
un pays, sans distinguer les effets positifs ou négatifs sur le bien-être collectif. Une
catastrophe naturelle (l'ouragan Katrina détruisant La Nouvelle-Orléans, par exemple), qui
détruit de la richesse, va pourtant contribuer au PIB à travers l'activité de reconstruction
qu'elle va générer. Cette contribution ne reflète pas la destruction antérieure, ni le coût du
financement de la reconstruction. Cette contradiction était dénoncée dès 1850 par
l'économiste français Frédéric Bastiat qui, dans son Sophisme de la vitre cassée, écrivait que
« la société perd la valeur des objets inutilement détruits », ce qu'il résumait par :
7
« destruction n'est pas profit » .

Cette contradiction apparente provient probablement du fait que le PIB ne mesure pas réellement le
développement, le progrès en lui-même ; il ne mesure pas non plus l'activité économique, pourvoyeuse
d'emploi, car l'activité peut fort bien croître sans augmentation de valeur ajoutée, si l'on remplace du capital ou
des matières premières par du travail. La croissance ne mesure en fait que l'augmentation de la consommation
de facteurs de production : travail, capital et ressources naturelles (matières premières, potentiel productif des
terres agricoles, énergie...). La société peut progresser [pas clair] sans croissance, en modifiant la répartition des
facteurs.

Dans son acception classique, le développement économique ne se résume pas à la seule croissance
économique et des indicateurs ont été proposés pour mesurer plus finement celui-ci, comme l'indice de
développement humain.

Approximer le développement économique

Dans un certain nombre de cas, les données de la comptabilité nationale ne sont pas disponibles ou sont de
mauvaise qualité. C'est notamment un problème lorsqu'on s'intéresse à des périodes anciennes, à des pays en
voie de développement avec une mauvaise comptabilité nationale ou encore lorsqu'on s'intéresse au
développement économique à un niveau infra-national, par exemple au niveau d'une ville ou d'une région.
Dans ce cas, plusieurs indicateurs ont été proposés.

Les économistes Daron Acemoglu, Simon Johnson et James Robinson utilisent des
données sur l'urbanisation et sur la densité de population pour approximer le degré de
8
développement en l'an 1500 .

Les économistes David Weil, Vernon Henderson et Adam Storeygard (2011) proposent
d'utiliser des images satellites pour mesurer l'augmentation de l'intensité lumineuse de nuit et
9
utiliser cette donnée pour estimer la croissance économique .

Histoire

La croissance depuis l'Antiquité

Un millénaire de croissance mondiale, population et PIB, données Nations Unies et Michael Kremer,
MIT [réf. souhaitée].

Grâce au développement des statistiques nationales, les économistes, les historiens et les démographes ont
constaté qu'avant la Révolution industrielle, la croissance économique est essentiellement liée à celle de la
population : on produit plus parce qu’il y a plus d'individus pour produire, mais le niveau de vie reste le même.
À partir du XVIIIe siècle, la croissance économique se déconnecte de celle de la population et l’augmentation du
niveau de vie devient exponentielle, mais très irrégulière. Après les très forte croissance mondiale des années
1830 et croissance mondiale des années 1850, la Grande Dépression (1873-1896) donne un sérieux coup de
frein. De même, la grande dépression des années 1930 fait suite à la croissance économique de la Belle
Époque et à la puissante expansion des années 1920. Plus généralement, les périodes de reconstruction suivant
une guerre sont favorables, comme lors de la très forte croissance des années 1950, socle des Trente
Glorieuses.
10 [réf. non conforme]
Croissance : population et PIB
Année Population (millions) PIB par personne (dollars US 2000)
-5000 5 130
-1000 50 160
1 170 135
1000 265 165
1500 425 175
1800 900 250
1900 1625 850
1950 2515 2030
1975 4080 4640
2000 6120 8175

Les historiens [Qui ?] s’accordent sur le


fait que le niveau de vie sur l’ensemble
du globe a peu évolué de l’Antiquité
jusqu’au XVIIIe siècle (entre l'an 1 et l'an
1000 l'économie mondiale aurait même
décliné), mis à part une embellie en
Europe occidentale entre les Xe et
e
XIII siècles, annulée par les épidémies et
les famines des XIVe et XVe siècles. Ils
s'accordent aussi à constater qu'il y a de
grandes disparités selon les peuples et
selon les époques. Sachant qu'on a affaire
à des sociétés où presque toute la
population est rurale, il est de toutes
façons presque impossible d'obtenir la
statistique de leur production, puisque
celle-ci est presque complètement locale,
voire familiale (bâtiment, mobilier, Estimation du PIB/habitant depuis l'an 1.
confection, alimentation, services…), et
très marginalement commerciale, de telle
sorte qu'il est impossible de reconstituer un standard moyen de consommation et de l'évaluer en monnaie.

Selon Thomas Piketty, du XVIIIe siècle au XXe siècle, « la production mondiale a progressé en moyenne de
1,6 % par an, dont 0,8 % par an au titre de la population et 0,8 % au titre de la production par habitant », soit
11
« un rythme très rapide, dès lors qu'il se prolonge durablement » .

La croissance économique, aussi bien comme phénomène que comme donnée objectivable, est donc quelque
chose de récent, lié à l'urbanisation des sociétés et à l'apparition de statistiques nationales. Jusqu'aux années
1970, c'était aussi un phénomène géographiquement limité, qui concernait surtout les pays occidentaux et le
Japon [réf. nécessaire].

Les Pays-Bas sont la première société à connaître un phénomène de croissance, au XVIIe siècle. Comme le note
Henri Lepage en reprenant les analyses de Douglass North, « pour la première fois dans l'histoire connue de
l'humanité, un pays se trouvait en mesure d'offrir un niveau de vie croissant à une population croissante, et cela
12
un siècle avant que se manifestent les premiers signes réels de la Révolution industrielle » .
Le phénomène s'est ensuite progressivement étendu. La phase de développement économique depuis la
Révolution industrielle n'a aucun précédent historique. Après le XVIe siècle, lorsque différentes parties du
monde développent des relations commerciales, on constate des périodes de croissance économique, mais
éphémères et marginales. Les écarts entre conditions de VIe au XVIIIe siècle étaient réduits, pour certains auteurs
comme Paul Bairoch : l'Inde possédait même un niveau de vie supérieur à l'Europe. On estime que la
croissance globale de l'économie entre 1500 et 1820 n'est que d'un trentième de ce qu'elle a été depuis (de 247
13
milliards de dollars internationaux en 1500 à 695 en 1820, puis 33 725 en 1998) . Les revenus en Europe ont
13
été multipliés par 20 entre 1820 et les années 1990 . L'Asie accélère aussi son rythme de croissance depuis
un demi-siècle [Quand ?] : le niveau de vie en Chine a été multiplié par six et celui du Japon par
huit [réf. nécessaire].

Cependant, au XIXe siècle le développement économique entraîne des bouleversements sociaux comme l'exode
rural. Le niveau de vie et le développement n'ayant commencé à être étudiés rigoureusement qu'au XIXe siècle,
il est cependant difficile, faute de données, de faire une comparaison entre le XVIIIe et le
e
XIX siècle
[réf. nécessaire].

14
En 1913, le PIB/hab français était de 3 485 dollars internationaux (base 1990) . En 1998, il était de 19 558 $.
Le taux de croissance moyen du PIB/hab était donc de 2,0 % sur cette période. S'il avait été de 1,0 %, le
niveau de vie aurait été de 8 200 $ en 1998, soit un peu moins que le niveau de vie réel de l'Uruguay
(8 314 $).

Croissance du PIB des principaux pays sur les périodes 1990-1998 et 2000-2006.

Taux de croissance du PIB européen de 1961 à nos jours

L'évolution en pourcentage du PIB en volume d'une année à l'autre. Les données sont mesurées en monnaie
constante de 2005 d’après les données de l’OCDE

1962 5.0 5.55


Évolution en % du PIB en volume d'une année à l'autre,
de 1961 à 1980 1963 5.1 5.2
Année PIB UE (%) PIB zone euro (%) 1964 5.6 6.64

1961 5.6 4.29 1965 4.4 5.57


1966 4.3 5.77 Évolution annuelle en % du PIB en volume, de 1981 à
2000
1967 4.5 4.39
Année PIB UE (%) PIB zone euro (%)
1968 5.1 6.16
1981 0.3 1.94
1969 5.8 6.1
1982 1.0 0.51
1970 5.6 4.37
1983 1.8 2.53
1971 3.6 4.25
1984 2.5 4.56
1972 4.7 5.68
1985 2.6 3.91
1973 6.1 6.47
1986 2.7 3.25
1974 2.2 1.99
1987 2.9 3.61
1975 -0.8 0.91
1988 4.4 4.61
1976 4.6 5.2
1989 3.7 3.77
1977 2.8 4
1990 3.0 2.95
1978 3.2 4.1
1991 1.4 1.37
1979 3.8 4.11
1992 1.1 1.79
1980 1.5 1.97
1993 -0.2 1.65
1994 2.8 3.03
1995 2.7 2.96
1996 2.0 3.33
1997 2.8 3.75
1998 3.0 2.43
1999 3.0 3.31
2000 3.9 4.34
Évolution annuelle en % du PIB en volume, de 2000 à
2015
Année PIB UE (%) PIB zone euro (%)
2001 2.2 1.98
2002 1.3 2.19
2003 1.3 2.9
2004 2.6 4.48
2005 2.1 3.82
2006 3.4 4.38
2007 3.1 4.32
2008 0.5 1.84
2009 -4.4 -1.7
2010 2.2 4.37
2011 1.7 3.1
2012 -0.5 2.45
2013 0.2 2.48
2014 1.6 2.69
2015 2.2 2.63

15
Source : Banque Mondiale .

Débat sur l'avenir de la croissance

Dans Le Capital au XXIe siècle, Thomas Piketty fait l'hypothèse que la période de forte croissance
économique est terminée et qu'il y a toutes les raisons de penser que la croissance devrait revenir à un niveau
plus faible dans un régime stationnaire.

Dans The Rise and Fall of American Growth (2016), l'économiste Robert J. Gordon défend la thèse que la
forte croissance aux États-Unis et dans les pays développés entre 1870 et 1970 a été une exception et que les
16
innovations qui ont eu lieu depuis 1970 génèrent moins de croissance que par le passé .

Déterminants de la croissance
17
On peut distinguer plusieurs types de déterminants à la croissance : les richesses naturelles, l'environnement
extérieur, la population, l'innovation (concept qui ne concerne pas seulement le progrès technique),
l'investissement, la connaissance, la cohérence du développement. Les principales conclusions des travaux de
18
Xavier Sala-i-Martin, économiste espagnol spécialiste de la croissance , confirment qu'il n'y a pas qu'un seul
déterminant simple de la croissance économique.

Xavier Sala-i-Martin avance que le niveau initial est la variable la plus importante et la plus robuste. C'est-à-
dire que, dans la plupart des cas, plus un pays est riche, moins il croît vite. Cette hypothèse est connue sous le
nom de convergence conditionnelle. Il considère également que la taille du gouvernement (administration,
t bli ) ' d'i t P t l lité d t b d'i t l
secteur public) n'a que peu d'importance. Par contre la qualité du gouvernement a beaucoup d'importance : les
gouvernements qui causent l'hyperinflation, la distorsion des taux de change, des déficits excessifs ou une

bureaucratie inefficace ont de très mauvais résultats. Il ajoute également que les économies plus ouvertes
tendent à croître plus vite. Enfin, l'efficience des institutions est très importante : des marchés efficients, la
reconnaissance de la propriété privée et l'état de droit sont essentiels à la croissance économique. Il rejoint en
19, 20
cela les conclusions d'Hernando de Soto .

Sur une plus longue période, l'expérience historique [réf. nécessaire], notamment celle du XVIIIe siècle, suggère
que l'extension des libertés économiques (liberté d'entreprendre, liberté de circulation des idées, des personnes
et des biens) est une condition de la croissance. Au XXe siècle, il existe plusieurs cas où une population
partageant les mêmes antécédents historiques, la même langue et les mêmes normes culturelles a été divisée
entre deux systèmes, l'un étant une économie de marché et l'autre une économie planifiée : les deux
Allemagne, les deux Corée, la république populaire de Chine et Taïwan. Dans chaque cas, les zones ayant
pratiqué l'économie de marché ont obtenu une croissance nettement supérieure sur le long terme. Cependant,
l'enrichissement de l'Allemagne de l'Ouest s'explique par l'aide des États-Unis, l'enrichissement de la Corée du
Sud et de Taïwan par l'aide des États-Unis et du Japon et que Taïwan a attiré les Chinois les plus qualifiés. Les
États-Unis et l'Europe de l'Ouest étant beaucoup plus développés que l'URSS, leurs pays alliés ont été
beaucoup plus aidés. La très forte croissance de l'URSS avant les années 1960 et la très forte croissance de la
Chine depuis les années 1980 sont des exemples de pays dont l'économie planifiée a augmenté la croissance.
Aucun pays n'a eu une croissance telle que celle de la Chine et l'URSS sans bénéficier d'aide extérieure ou
d'une exploitation massive de ressources naturelles très lucratives, telles le pétrole, par rapport au nombre
d'habitants. L'effondrement de l'URSS témoigne également des meilleurs résultats des économies de marché
par rapport aux économies de type collectiviste [Interprétation personnelle ?].

Sur le très long terme, Angus Maddison identifie trois processus interdépendants qui ont permis l'augmentation
conjointe de la population et du revenu : la conquête ou la colonisation d'espaces fertiles et relativement peu
peuplés, le commerce international et les mouvements de capitaux, et enfin l'innovation technologique et
21
institutionnelle .

Quant à Daron Acemoglu, dans An Introduction to Modern Economic Growth (2008), il distingue quatre
22
causes fondamentales de la croissance : l'environnement naturel, la culture, les institutions et la chance .

Une étude empirique publiée en 2010 affirme avoir établi un lien entre un manque de croissance économique
23
et la consanguinité .

Théories de la croissance
Les théories explicatives de la croissance sont relativement récentes dans l'histoire de la pensée économique.
Ces théories, sans négliger le rôle de l'ensemble des facteurs de production tendent à mettre en avant parmi
ceux-ci le rôle primordial du progrès technique dans la croissance. Sur le long terme, seul le progrès technique
est capable de rendre plus productive une économie (et donc de lui permettre de produire plus, c'est-à-dire
d'avoir de la croissance) [réf. nécessaire]. Toutefois, ces théories expliquent encore mal d'où provient ce progrès,
et en particulier en quoi il est lié au fonctionnement de l'économie.

L'école classique

La plupart des économistes de l'école classique, écrivant pourtant au commencement de la révolution


industrielle, pensaient qu'aucune croissance ne pouvait être durable, car toute production devait, selon eux,
inexorablement converger vers un état stationnaire. C'est ainsi le cas de David Ricardo pour qui l'état
stationnaire était le produit des rendements décroissants des terres cultivables, ou encore pour Thomas Malthus
24
qui le liait à son « principe de population », mais aussi pour John Stuart Mill .
q p p p p , p

Toutefois, Adam Smith, à travers son étude des effets de productivité induits par le développement de la
division du travail, laissait entrevoir la possibilité d'une croissance ininterrompue. Et Jean-Baptiste Say écrivait
« Remarquez en outre qu’il est impossible d’assigner une limite à la puissance qui résulte pour l’homme de la
faculté de former des capitaux ; car les capitaux qu’il peut amasser avec le temps, l’épargne et son industrie,
25
n’ont point de bornes. » .

Schumpeter : l'innovation à l'origine de la croissance et de ses cycles

Nikolai Kondratiev est un des premiers économistes à montrer l'existence de cycles longs de 50 ans, et Joseph
Schumpeter développe la première théorie de la croissance sur une longue période. Il considère que
l'innovation portée par les entrepreneurs constitue la force motrice de la croissance. Il étudie en particulier le
rôle de l'entrepreneur dans Théorie de l'évolution économique en 1913.

Pour Schumpeter, les innovations apparaissent par « grappes », ce qui


explique la cyclicité de la croissance économique. Par exemple,
Schumpeter retient les transformations du textile et l'introduction de la
machine à vapeur pour expliquer le développement des années 1798-
1815, ou le chemin de fer et la métallurgie pour l'expansion de la
période 1848-1873. De façon générale il retient trois types de cycles
économiques pour expliquer les variations de la croissance :

les cycles longs ou cycles Kondratieff, d'une durée de


cinquante ans ; Exemple de cycle économique.
les cycles intermédiaires ou cycles Juglar, d'une durée
de dix ans environ ;
26
les cycles courts ou cycles Kitchin, d'une durée de quarante mois environ .

Schumpeter introduit enfin le concept de « destruction créatrice » pour décrire le processus par lequel une
économie voit se substituer à un modèle productif ancien un nouveau modèle fondé sur des innovations. Il
27
écrit ainsi :

« L'impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est


imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et
de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d'organisation industrielle - tous
éléments créés par l'initiative capitaliste. […] L'ouverture de nouveaux marchés nationaux ou
extérieurs et le développement des organisations productives, depuis l'atelier artisanal et la
manufacture jusqu'aux entreprises amalgamées telles que l’US Steel, constituent d'autres
exemples du même processus de mutation industrielle — si l'on me passe cette expression
biologique — qui révolutionne incessamment de l'intérieur la structure économique, en
détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments
neufs. Ce processus de destruction créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme :
c'est en elle que consiste, en dernière analyse, le capitalisme et toute entreprise capitaliste doit,
bon gré mal gré, s'y adapter. »

La croissance « sur le fil du rasoir » : Harrod et Domar

Après la Seconde Guerre mondiale, les économistes Harrod et Domar, influencés par Keynes, cherchent à
comprendre les conditions dans lesquelles une phase d'expansion peut être durable. Ainsi, s'il ne propose pas à
proprement parler une théorie de la croissance (expliquant son origine sur une longue période) le modèle de
proprement parler une théorie de la croissance (expliquant son origine sur une longue période), le modèle de
Harrod-Domar permet, néanmoins, de faire ressortir le caractère fortement instable de tout processus
d'expansion. En particulier, il montre que pour qu'une croissance soit équilibrée — c'est-à-dire que l'offre de
production augmente ni moins (sous-production) ni plus (surproduction) que la demande —, il faut qu'elle
respecte un taux précis, fonction de l'épargne et du coefficient de capital (quantité de capital utilisée pour
produire une unité) de l'économie. Or, il n'y a aucune raison que la croissance, qui dépend de décisions
individuelles (en particulier des projets d'investissement des entrepreneurs), respecte ce taux. De plus, si la
croissance est inférieure à ce taux, elle va avoir tendance non pas à le rejoindre, mais à s'en éloigner davantage,
diminuant progressivement (en raison du multiplicateur d'investissement). La croissance est donc, selon une
expression d'Harrod, toujours « sur le fil du rasoir » [réf. nécessaire].

Ce modèle, construit après guerre et marqué par le pessimisme engendré par la crise de 1929, a toutefois été
fortement critiqué. Il suppose, en effet, que ni le taux d'épargne, ni le coefficient de capital ne sont variables à
court terme, ce qui n'est pas prouvé [réf. nécessaire].

Modèle de Solow-Swan
28
Robert Solow propose un modèle néoclassique de croissance . Ce modèle repose essentiellement sur
l'hypothèse d'une productivité marginale décroissante du capital dans la fonction de production. Le modèle est
dit néoclassique au sens où les facteurs de production sont utilisés de manière efficace et rémunérés à leur
productivité marginale. Solow montre que cette économie tend vers un état stationnaire. Dans ce modèle, la
croissance de long terme ne peut provenir que du progrès technique (et non plus de l'accumulation du capital).

Si on pense que tous les pays convergent vers le même état stationnaire, alors le modèle de Solow prédit un
phénomène de convergence : les pays pauvres devraient croître plus vite que les pays riches.

L'une des faiblesses théoriques du modèle de Solow vient du fait qu'il considère le progrès technique comme
exogène. Autrement dit, il ne dit rien sur la façon dont le progrès technique apparaît.

Théories de la croissance endogène

Les théories de la croissance endogène cherchent à


endogénéiser le progrès technique, c'est-à-dire à
construire des modèles qui expliquent son apparition. Ces
modèles ont été développés à partir de la fin des années
1970 notamment par Paul Romer, Robert E. Lucas et
Robert Barro. Ils se fondent sur l'hypothèse que la
croissance génère par elle-même le progrès technique.
Ainsi, il n'y a plus de fatalité des rendements
décroissants : la croissance engendre un progrès
technique qui permet que ces rendements demeurent
constants. Si tel est le cas, la croissance n'a donc plus de
limite. À travers le progrès technique, la croissance
constitue un processus qui s'auto-entretient. L'évolution du PIB par tête aux États-Unis de 1800
à 2010 s'écarte peu d'une tendance à long terme
Ces modèles expliquent que la croissance engendre du dont les nouvelles théories de la croissance
progrès technique par trois grands mécanismes. cherchent à rendre compte.
Premièrement, le learning by doing : plus on produit,
plus on apprend à produire de manière efficace. En
produisant, on acquiert en particulier de l'expérience, qui accroît la productivité. Deuxièmement, la croissance
favorise l'accumulation du capital humain, c'est-à-dire les compétences possédées par la main d'œuvre et dont
dépend sa productivité. En effet, plus la croissance est forte, plus il est possible d'accroître le niveau
p p , p , p p
d'instruction de la main-d'œuvre, en investissant notamment dans le système éducatif. D’une manière générale,

la hausse du niveau d'éducation de la population – par des moyens publics ou privés – est bénéfique.
Troisièmement, la croissance permet de financer des infrastructures (publiques ou privées) qui la stimulent. La
création de réseaux de communication efficaces favorisent, par exemple, l'activité productive.

« La principale [des] conclusions [de ces nouvelles théories] est qu'alors même qu'[elles]
donnent un poids important aux mécanismes de marché, elles en indiquent nettement les
limites. Ainsi il y a souvent nécessité de créer des arrangements en dehors du marché
concurrentiel, ce qui peut impliquer une intervention active de l'État dans la sphère
29
économique . »
30
En particulier ce « retour de l'État » se traduit par le fait qu'il est investi d'un triple rôle : encourager les
innovations en créant un cadre apte à coordonner les externalités qui découlent de toute innovation (par
exemple grâce à la protection qu'offre aux innovateurs les brevets) ; susciter celles-ci en investissant dans la
recherche (notamment fondamentale) et les infrastructures dont les externalités dépassent le profit que peuvent
en attendre les acteurs privés ; améliorer le capital humain en investissant dans le système éducatif. D'une
manière générale, c'est le rôle des politiques structurelles de l'État, en particulier les investissements dans le
capital public, qui est ainsi souligné.

Toutefois, ces modèles n'expliquent pas les mécanismes précis qui font que la croissance économique stimule
le progrès technique. En particulier, chacun des modèles de ces théories ne s'attache qu'à un seul mécanisme
liant progrès technique et croissance. Comme le notent Dominique Guellec et Pierre Ralle, « le modèle général
recouvrant l'ensemble des formes du progrès technique est sans doute trop complexe pour être élaboré, ce qui
limite la portée des résultats obtenus puisque les interactions entre plusieurs formes existantes sont
31
ignorées » .

Croissance et énergie

Alors que l'analyse néoclassique se concentre sur le rôle du capital, du


travail ou du progrès technique, les économistes écologistes estiment
que l'énergie joue un rôle majeur dans la croissance. Ainsi, Gaël
Giraud explique l'essor du proto-capitalisme au XIIe siècle en Europe
par la multiplication des moulins à vent et à eau, permettant de capter
32
une nouvelle forme énergie . Pour David Stern, la forte croissance
durant la révolution industrielle s'explique par l'apparition de
nouvelles sources d'énergies comme le charbon et le pétrole, qui ont
33
permis de démultiplier la production industrielle . À l'inverse,
lorsque l'énergie est rare, la croissance économique est fortement La croissance économique (bleu) est
33 étroitement corrélée à la
contrainte .
consommation d'énergie (rouge), ici
La croissance mondiale depuis la fin du XVIIIe siècle a été possible dans le cas du Japon.
grâce au charbon puis au pétrole, qui sont des ressources naturelles
non renouvelables. D’autres sources d’énergie sont venues compléter
les besoins croissants en énergie électrique comme l'énergie nucléaire qui elle aussi repose sur une ressource,
34
abondante selon l'AIEA , mais non renouvelable, l'uranium, encore que des recherches s'orientent
35 36
notamment vers le thorium et à plus long terme la fusion nucléaire.

Gaël Giraud et Zeynep Kahraman montrent également que le PIB est fortement dépendant de l'énergie :
l'élasticité du PIB à l'énergie est de 60 à 70%, c'est-à-dire qu'une baisse de 10% de la quantité d'énergie
disponible dans une économie donnée entraîne une baisse de 6% à 7% du PIB. Pour ces auteurs, c'est bien
37
l'utilisation d'énergie qui entraîne la croissance, et non l'inverse .
Ces auteurs se placent dans une approche biophysique de l'économie qui tient compte des ressources naturelles
et des sources d'énergie en plus du capital et du travail, dans une perspective écologique. Toutefois « l’énergie
ne produit donc pas de la prospérité par magie : la technique, le capital et le travail lui sont
32
complémentaires » .

La croissance en question
L'un des critiques du modèle de croissance économique, l'économiste Nicholas Georgescu-Roegen, introduit
dans l'analyse économique la notion d'entropie mise en évidence par Sadi Carnot en 1824 et Rudolf Clausius
en 1865 [réf. nécessaire]. Cette analogie remet fondamentalement en cause la notion de croissance économique
pour prôner une bio-économie que la nature imposera, en raison de la finitude de certaines ressources (pétrole,
gaz, charbon, métaux précieux...) et de l'entropie de tous processus productifs.

La croissance doit-elle être prévisible ?

Les études empiriques modernes indiquent que le niveau de l'investissement des entreprises est très dépendant
de leurs anticipation sur le niveau de croissance économique attendu pour les dix prochaines années. À la fin
du XIXe siècle, puis dans les années 1960 et dans la deuxième partie des années 1990, la régularité des
statistiques de création d'emploi positives ont donné aux entreprises le sentiment que leurs produits et services
pourraient compter à moyen terme sur un grand marché durablement solvable, justifiant l'investissement. Cette
constatation milite pour la recherche d'une croissance avant tout prévisible, sans interruption ni cycle
économique trop marqué, même si son intensité est moins forte. La théorie de la « fin du cycle
38
économique » , à la fin des années 1990 a même généré des taux d'investissement record dans les nouvelles
technologies, et une des plus grandes bulles de l'histoire des bourses de valeurs, suivie d'un krach dans ce
même secteur des nouvelles technologies lorsqu'il est apparu que la vague d'investissement avait généré des
surcapacités.

La croissance peut-elle être infinie ?

Les tenants de la décroissance considèrent la croissance infinie comme une impossibilité physique et expriment
a minima de sévères réserves sur la possibilité de poursuivre le modèle actuel de croissance, en raison de la
nature finie des ressources naturelles. Rien n'indique selon eux que l'on puisse y substituer d'autres ressources,
ni que les ressources renouvelables puissent rendre les mêmes services. De même, ils soulignent les éventuelles
dégradations de l'environnement qui pourraient remettre en cause la croissance future. Pour les critiques de la
croissance, la promesse de « développement économique pour tous » n'est donc qu'une promesse qui ne
repose sur rien de tangible. André Gorz souligne ainsi qu'« une croissance illimitée dans un monde fini est une
39
illusion » .

Les premières critiques de la notion de croissance datent du début du XIXe siècle [réf. nécessaire].

Au XXe siècle, un rapport commandé en 1970 par le Club de Rome à une équipe du Massachusetts Institute of
Technology, intitulé The Limits To Growth, aborde explicitement les limites de la croissance. Ce rapport est
encore connu sous le nom de « rapport Meadows », du nom de deux de ses auteurs. Il a fait l'objet de deux
mises à jour en 1993 et en 2004, qui ne remettent pas fondamentalement en cause les conclusions du premier
rapport. L'étude souligne les dangers, sur les plans écologique, économique, et humain, de différentes
hypothèses de croissance économique et démographique. Elle a inspiré de multiples réflexions sur le concept
de développement durable, qui s'est progressivement imposé depuis les années 1980 et 1990 dans la
communauté internationale.
Une partie de la croissance économique est permise par l'exploitation des ressources naturelles : il convient
donc de les gérer au mieux (par exemple par le recyclage), d'optimiser le potentiel d'extractions et de
ressources. L'efficacité du système capitaliste est alors parfois remise en cause. Néanmoins, Karl Marx
soulignait déjà dans Le Capital « l’acharnement fanatique des capitalistes à économiser les moyens de
40
production », faisant tout pour que « rien ne se perde ni ne soit gaspillé » . Les économistes libéraux
soutiennent que le libre marché permet la meilleure affectation des ressources et leur gestion la plus efficace.

L'économiste Pascal Salin va jusqu'à soutenir que les problèmes d'efficacité et de gestion liés à l'exploitation
des ressources pourraient être résolus par la privatisation de ces ressources. En effet, un propriétaire,
responsable d'une ressource naturelle, va l'évaluer et la gérer de façon à maximiser sa richesse et va donc
l'entretenir. Pascal Salin prend comme exemple le problème de déforestation des forêts amazoniennes et écrit
que « si des entreprises privées, véritablement capitalistes, pouvaient se porter acquéreurs de droits de propriété
intégraux sur les forêts tropicales […] elles seraient incitées à développer les plantations car la valeur de leurs
41
terrains dépendrait de la valeur des arbres susceptibles d'y être coupés dans le futur » . Pascal Salin insiste
également sur le progrès technique et sur les « capacités d'inventivité de l'esprit humain ».

Contestant la vision optimiste d'un progrès technique capable de répondre aux problèmes et questions qu'il a
lui-même engendrés, des penseurs et économistes voient une autre logique à l'œuvre dans l'idéal de croissance,
qui obère la saine gestion des ressources de la planète. Ainsi pour Jacques Ellul, contempteur moderne de ce
qu'il a appelé le système technicien, pour une entreprise capitaliste, seul compte le profit indépendamment des
42
effets positifs ou négatifs de son activité .

Observant qu'« à la frontière technologique mondiale, aucun pays n’a jamais connu de croissance durablement
supérieure à 1-1,5% par an », et que la population mondiale devrait se stabiliser au cours du XXIe siècle selon
les prévisions de l'ONU alors que sa croissance a soutenu la moitié de la croissance économique à partir du
e
XVIII siècle, Thomas Piketty juge « presque inévitable que la croissance s’établisse au 21e siècle à un niveau
nettement inférieur au rendement du capital, c’est-à-dire ce que rapporte en moyenne un patrimoine au cours
d’une année (sous forme de loyers, dividendes, intérêts, profits, plus-values, etc.), en pourcentage de sa valeur
11
initiale » .

Conséquences négatives de la croissance

Conséquences sur l'environnement

La production économique engendre dans certains cas des perturbations dans les équilibres écologiques, du
fait de la surexploitation des ressources naturelles : émissions de gaz à effet de serre (énergies fossiles),
surpompage (eau), surlabourage (terres arables), surpâturage (ressources végétales), surpêche (ressources
halieutiques). Augmenter la production de biens matériels ou le transport (pour répondre à l’accroissement
démographique par exemple) peut aggraver ces perturbations. Ces effets sont particulièrement visibles depuis
les années 2000 dans la plaine du Nord de la Chine par exemple, qui manque cruellement d'eau par suite d'une
43
activité économique en très forte croissance depuis les années 1980 .

Le réchauffement climatique amène l'ensemble des économies du monde à prendre en compte leurs émissions
de gaz à effet de serre et à rechercher au maximum une « croissance propre ». La communauté internationale
envisage la mise en place de contraintes collectives, comme le protocole de Kyoto.

Certaines études montrent les conséquences de la croissance économique mesurée par le produit intérieur brut
44
sur l'évolution du capital naturel .
Bouleversement induits

Les critiques de la croissance insistent enfin sur les déséquilibres qui peuvent naître de la croissance :
bouleversements sociologiques, politiques et écologiques.

Ainsi, les exodes ruraux ou les nouveaux moyens de transport ont entrainé un exode rural et des
transformations urbanistiques majeures, qui changent durablement les rapports sociaux. De plus, certains
45
critiques, dont Gilbert Rist , considèrent que la croissance profite surtout à une minorité qui bénéficie de cette
augmentation de productivité, alors que la majorité subit ces transformations de façon souvent traumatique (car
les impacts sur l'environnement socio-familial peuvent être dramatiques dans certains cas), et ne retire aucun
bénéfice ni en niveau de vie, encore moins en qualité de vie, de la croissance économique.

Arguments en faveur de la croissance économique

Pour ses partisans, la croissance économique permet la diminution des inégalités de revenu des individus à
46
l'échelle supranationale . Quand c'est le cas, des enquêtes d'opinion sur la qualité de vie montrent que celle-ci
47
augmente de concert avec le revenu par habitant, du moins jusqu'à un seuil de 15 000 $ par an .
48
La diminution rapide de la pauvreté dans le monde dans la seconde moitié du XXe siècle est établie . Elle est
49
largement due à la croissance économique, selon la Banque mondiale . C'est dans les régions où la
croissance a été la plus faible, en particulier en Afrique subsaharienne, que la pauvreté a le moins diminué et
50
qu'elle risque d'augmenter à l'avenir .

Toutes les prédictions de bornes absolues au développement depuis Malthus se sont révélées fausses, en raison
de la capacité des humains à trouver de nouveaux usages aux ressources : le travail humain a été remplacé par
le travail animal, puis mécanique, avec le développement progressif d'énergies nouvelles : bois, charbon,
électricité, pétrole. Ainsi, l'économiste Julian Simon affirme dans The Improving State of the World que les
51
conditions matérielles de l'humanité s'améliorent rapidement .

Arguments en défaveur de la croissance économique

Dennis Meadows : les limites de la croissance

Nicholas Georgescu-Roegen et les théoriciens de la décroissance

Pour Nicholas Georgescu-Roegen, l'économie répond aux lois de la thermodynamique et de la biologie. Selon
le second principe de la thermodynamique, l’énergie d’un système clos tend inéluctablement à la dégradation
thermique. Il en va de même pour l'économie: le processus économique matériel ne peut se répéter et
s’accroître indéfiniment dans un monde où l’énergie et les matières premières sont limitées.

Jacques Ellul et son approche du capitalisme

Jacques Ellul a analysé dans toute son œuvre la société technicienne dans laquelle nous vivons sous tous ses
aspects. Dans la troisième partie de son ouvrage Le bluff technologique intitulée « Le triomphe de l'absurde »,
il considère que la croissance (économique) est l'un des paradigmes de la déraison. Il dénonce l'obsession de la
croissance, à tout prix, alors qu'on ne se demande ni : croissance de quoi ? Ni, cette croissance est-elle utile ?
Ni : à qui servira cette croissance ? Ni même que fera-t-on de tous ces excédents ? Il rappelle qu'il ne peut pas
52
y avoir une croissance illimitée dans un monde limité .
Autour de la croissance
Croissance et satisfaction

En 1974, Richard Easterlin publie une étude empirique montrant que le PIB par habitant, au-delà d'un certain
seuil de richesse, n'a pas d'effet sur le niveau de satisfaction des individus. Ce paradoxe est connu dans la
53
littérature économique sous le nom de « paradoxe d'Easterlin » .

Il a été remis en cause en 2008 par l'étude de Justin Wolfers et Betsey Stevenson, montrant à l'aide de données
individuelles collectées dans un grand nombre de pays qu'il existe bien un lien entre le PIB par habitant et le
54
degré de satisfaction des individus .

Une étude plus approfondie, publiée en 2013 par la revue PLOS ONE, confirme les conclusions d'Easterlin :
la satisfaction de vivre s’accroît fortement avec le PIB dans les pays à faible revenu, mais la relation devient
beaucoup moins pentue au-delà d’un PIB de 10 000 $, puis elle s’aplatit avec un PIB au-delà de 15 000 $, et
tend même à décliner avec le PIB dans les pays les plus riches, suggérant l’existence d’un « point de
55, 56
béatitude » qui se situe dans l’intervalle entre 26 000 et 30 000 US $ en parité de pouvoir d’achat .

Croissance et pauvreté

Dans les années 1950, Simon Kuznets avait supposé l'existence d'une relation générale entre croissance et
inégalités (courbe de Kuznets), celles-ci augmentant d'abord, puis diminuant lorsque les revenus sont assez
élevés. Les études empiriques successives ont largement invalidé cette hypothèse et, en première
approximation, la croissance est neutre par rapport aux inégalités.

Dans une étude empirique publiée pour la Banque mondiale, David Dollar et Art Kraay ont conclu que les
revenus des populations pauvres (le quintile inférieur) augmentaient proportionnellement avec le revenu
57
moyen, de manière presque systématique quelles que soient les périodes et les pays concernés . Toutefois, la
même année, la Banque mondiale relève dans un ouvrage intitulé Qualité de la croissance, qu'une croissance
instable a des répercussions très négatives sur les pauvres, et que leurs actifs humains et naturels peuvent être
tellement affectés en cas de crise, que cela peut les empêcher de profiter de la reprise lorsque celle-ci apparaît.
Il en est de même des politiques d'encouragement envers les pauvres, dont l'interruption peut être liée aux à-
coups de croissance, et dont la cyclicité a les mêmes effets. D'autre part, la dégradation du capital naturel
(environnement, terres, sources, pêcheries), dont l'impact sur la croissance économique est sujet à débats,
risque selon elle d'avoir des « effets dévastateurs sur les pauvres, même dans les pays à revenu intermédiaire. »
Enfin, l'inégalité des revenus, résultant d'une répartition inégale des actifs tels que capital physique, ressources
éducatives et terres, affecte le bien-être social via deux mécanismes, dont un mécanisme indirect qui réduit le
58
potentiel de croissance et les chances de faire reculer la pauvreté .

L'enrichissement qui résulte de la croissance économique peut permettre de faire reculer la pauvreté : un
rapport de la Banque Mondiale relève que le nombre de pauvres (personnes gagnant moins de 1,25 dollar par
jour) dans le monde a diminué de 500 millions entre 1981 et 2005, et leur proportion dans la population totale
est tombée de 52 % à 26 % ; mais l'Afrique subsaharienne n'a pas vu diminuer son taux de pauvreté, et la plus
grande partie des 500 à 600 millions de personnes sorties de l'extrême pauvreté entre 1981 et 2005, d'après le
59
critère de 1,25 dollar par jour, sont toujours pauvres .

Croissance économique, croissance verte et développement soutenable

La croissance dépend de l'augmentation des facteurs de production, de ressources, naturelles, foncières et


humaines pas, peu, difficilement, couteusement ou lentement renouvelables... souvent déjà surexploitées
(surpêche, déforestation, érosion des sols, etc.).
(su pêc e, dé o estat o , é os o des so s, etc.).

Le progrès technique peut limiter ou aggraver l'appropriation des ressources naturelles par l'homme au
60 61 62
détriment des autres espèces . Les auteurs Jean-Marc Jancovici et Serge Latouche soulignent que la
croissance économique mesurée par le PIB tend à détruire le capital naturel. L'économiste Paul Romer intègre
dans ses réflexions la limitation des ressources naturelles, tout en soutenant que le progrès technique et la
« connaissance » peuvent générer une nouvelle croissance.

Au plan micro-économique, des études ont montré que les stratégies visant à renforcer les capitaux propres des
entreprises, ce qui permet d’absorber les pertes en cas d’accident de parcours contribuent à une croissance
durable et mieux prévisible.

Une des critiques de l'économie de marché est que l'environnement est mal pris en compte dans les modèles
63
économiques actuels , sauf peut-être à travers le progrès technique dans le modèle de Solow (d'inspiration
néoclassique avec deux facteurs de production capital et travail), dans la mesure où celui-ci tient compte des
contraintes environnementales. Quand le progrès technique ignore les contraintes environnementales, la
croissance et une meilleure productivité peuvent avoir des effets négatifs sur l'environnement, ce que dénonçait
le philosophe Hans Jonas dans Le Principe responsabilité dès 1979.

L'un des secteurs où ces déséquilibres apparaissent le mieux est celui de l'agriculture, où le modèle
productiviste de l'agriculture intensive pratiquée depuis la Seconde Guerre mondiale [précision nécessaire] a
généré des impacts environnementaux négatifs (Cf. pollution diffuse et générale par les pesticides et engrais,
perte de biodiversité, dégradation des sols).

La « croissance verte »

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) la définit comme « la voie à suivre


pour passer de l’économie actuelle à une économie durable » : elle consiste à « promouvoir la croissance et le
développement tout en réduisant la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, en limitant le plus possible
la production de déchets et le gaspillage des ressources naturelles, en préservant la biodiversité et en renforçant
la sécurité énergétique ». Elle nécessite de « découpler » davantage les impacts environnementaux et la
croissance économique et d’adopter des modes de consommation et de production plus respectueux de
l'environnement tout en réduisant la pauvreté et en améliorant les perspectives des populations en matière de
64
santé et d’emploi . Elle implique de « faire de l’investissement environnemental une nouvelle source de
64
croissance économique » .
65
En France, un « Observatoire national des emplois et métiers liés à la croissance verte » a été créé en 2010 ,
qui vise à fournir « un diagnostic partagé de méthodes et de chiffrages sur les emplois, métiers et formations de
la croissance verte », qui a défini plusieurs périmètres (« activités de la croissance verte ; métiers verts et
verdissants »). Au sens large, pour un « périmètre étendu au-delà des seules activités environnementales et
prennent en compte les champs du Grenelle de l’environnement », selon l’observatoire (publication 2010),
environ 950 000 emplois (en équivalent temps plein) étaient concernés en 2008. Des métiers et des emplois
verts sont maintenant identifiés dans le répertoire de Pôle emploi et dans la nomenclature des professions et
catégories socioprofessionnelles de l'Insee ; et neuf professions « vertes » ont été identifiées fournissant
66
132 000 emplois en 2007 .

L'observatoire Trendeo dénombre seulement 40 000 créations nettes d'emplois annoncées en France de 2009 à
2016 dans le secteur du développement durable, allant de l'éolien au solaire en passant par la dépollution,
l'alimentation biologique, le jardinage et les espaces verts ou les biocarburants. Le secteur a échoué à se
structurer autour d'acteurs majeurs dans les deux filières dont on parlait beaucoup en 2009, le solaire et l'éolien,
67
où de nombreuses annonces de créations d'emplois n'ont pas été suivies de réalisations .

O l b d l i éé l t iti é géti i bi i d ' ll i


On parle beaucoup des emplois créés par la transition énergétique, mais bien moins de ceux qu'elle supprime :
ainsi, l'industrie des turbines pour centrales électriques à gaz et à charbon est confrontée en 2018 à une forte
baisse de la demande, due aux progrès de l'efficacité énergétique et des renouvelables ; pour General Electric,
les commandes d'équipements ont baissé en un an de 40 % et celles de services de 19 %, et son concurrent
Siemens enregistre une baisse de 25 % de son activité « Power & Gas ». Même dans les équipements pour les
renouvelables, des suppressions d'emplois apparaissent du fait du déplacement du centre de gravité des
marchés vers l'Asie : Alstom supprime des emplois dans l'hydraulique en Europe, et Siemens a annoncé un
plan de suppression de 6 000 postes dans l'éolien ; tous les turbiniers commencent à délocaliser la fabrication
68
de certains composants vers des pays à bas coûts d'Asie ou d'Afrique du nord .

Selon Patrick Artus, l'économiste de Natixis, « la transition énergétique va être une source de perte d'emplois
industriels en France » ; la perte potentielle d'emplois industriels dépassera certainement les 100 000 postes. Le
passage à la voiture électrique va transférer environ un tiers de la valeur ajoutée du secteur automobile en Asie,
où seront produites la grande majorité des batteries électriques. Par ailleurs, le passage à la production
d'énergies renouvelables va détruire les emplois dans la production traditionnelle d'électricité (turbines à gaz,
69
nucléaire…) alors que les équipements pour les énergies renouvelables ne sont pas produits en France .

Pour Maxence Cordiez, la croissance verte constitue un oxymore: « une dissociation entre croissance
économique et consommation de ressources – énergétiques en premier lieu – n’a jamais été observée à
l’échelle mondiale ». Ce sont les délocalisations qui ont permis aux pays occidentaux d'améliorer, uniquement
70
en apparence, leurs bilans énergétiques .

Notes et références

Source
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé
« Economic growth (https://en.wikipedia.org/wiki/Economic_growth?oldid=247354599) » (voir
la liste des auteurs (https://en.wikipedia.org/wiki/Economic_growth?action=history)).

Notes
1. « La croissance a donc - il faut le répéter - des effets pervers : extension incontrôlée des villes,
pollution, destruction des ressources naturelles. l'erreur souvent faite est la confusion entre
croissance et progrès. Ce dernier implique la diminution des inégalités des revenus et des
conditions de vie alors que la croissance économique accentue souvent les inégalités sociales
et spatiales. » Jean-Pierre Paulet, Géographie urbaine, Armand Colin, 2009, p. 92.
2. « La contribution économique des femmes à la production est nettement sous-estimée par les
statistiques classiques car les femmes effectuent, encore au xxie siècle, environ les deux tiers
de l’ensemble des tâches domestiques », Jany-Catrice et Méda 2011

Références
1. en 1957, Robert Solow publie un article devenu célèbre (Technical Change and the Aggregate
Production Function) où il attribue 7/8e de la croissance américaine entre 1909 et 1949 au
progrès technique.
2. François Perroux, Dictionnaire économique et social, Hatier, 1990.
3. Sustainable Development Commission Redefining prosperity: resource productivity, economic
growth and sustainable development (http://www.sd-commission.org.uk/publications.php?id=4
1)
4. Le PIB français ne grossira pas grâce à la drogue et à la prostitution (https://www.challenges.fr/
i /20140523 CHA4200/ ib d i i l i li j l fi l f l
economie/20140523.CHA4200/pib-drogue-et-prostitution-l-italie-joue-le-profit-la-france-la-vertu.
html), Challenges, 18 juin 2014.

5. Note méthodologique - La consommation des ménages en produits agricoles et


agroalimentaires (http://www.insee.fr/fr/indicateurs/cnat_annu/base_2010/methodologie/conso-f
inale-menages-produits-agricoles-agroalimentaires.pdf) (voir pages 6-7), INSEE, septembre
2014.
6. Florence Jany-Catrice et Dominique Méda, « Femmes et richesse : au-delà du PIB », Travail,
genre et sociétés, vol. n° 26, no 2, 2011, p. 147 (ISSN 1294-6303 (http://worldcat.org/issn/1294-
6303&lang=fr) et 2105-2174 (http://worldcat.org/issn/2105-2174&lang=fr),
DOI 10.3917/tgs.026.0147 (https://dx.doi.org/10.3917%2Ftgs.026.0147), lire en ligne (http://ww
w.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2011-2-page-147.htm), consulté le 3 avril 2020)
7. Frédéric Bastiat : Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas, chapitre 1 : la vitre cassée, 1850, Texte
intégral sur Wikisource.
8. D. Acemoglu, S. Johnson et J.A. Robinson, « Reversal of Fortune: Geography and Institutions
in the Making of the Modern World Income Distribution », The Quarterly Journal of Economics,
vol. 117, no 4, 2002, p. 1231--1294
9. (en) David Weil, Vernon Henderson et Adam Storeygard, « A Bright Idea for Measuring
Economic Growth », American Economic Review, vol. 101, no 3, mai 2011, p. 194-99
10. Source : Nations Unies et Michael Kremer, MIT.
11. Thomas Piketty, « La croissance peut-elle nous sauver ? » (http://piketty.pse.ens.fr/fr/articles-de-
presse/67), sur piketty.pse.ens.fr, 24 septembre 2013 (consulté le 1er août 2020).
12. Henri Lepage, Demain le capitalisme, 1978, p. 93.
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et de développement économiques, Paris, 2001, page 46.
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comment s'en servir (dans la revue libérale Sociétal, 1er trimestre 2003, p. 45) souligne
également que « Les facteurs les plus étroitement corrélés avec la prospérité sont ceux qui
garantissent un état de droit : droits de propriété, absence de corruption, système juridique
efficace. »
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42. « Je voudrais rappeler une thèse qui est bien ancienne, mais qui est toujours oubliée et qu'il
faut rénover sans cesse, c'est que l'organisation industrielle, comme la « post-industrielle »,
comme la société technicienne ou informatisée, ne sont pas des systèmes destinés à produire
ni des biens de consommation, ni du bien-être, ni une amélioration de la vie des gens, mais
uniquement à produire du profit. Exclusivement » in Jacques Ellul, Le Bluff technologique
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« Entre 1981 et 2005, le nombre des pauvres dans le monde a diminué de 500 millions, et leur
proportion dans la population totale est tombée de 52 % à 26 %. » mais « Les experts estiment
que 500 millions de personnes pourraient basculer à nouveau dans la pauvreté. »
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Bibliographie

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(https://books.google.com/books?id=jXGYDwAAQBAJ&printsec=frontcover))
Manuels

(en) Robert Barro et Xavier Sala-i-Martin, Economic Growth, 2003, MIT Press
(ISBN 978-0-262-02553-9)
Jean Arrous : Les Théories de la croissance, Seuil, 265 p (ISBN 978-2-02-021506-0)
Dominique Guellec et Pierre Ralle : Les Nouvelles Théories de la croissance, La
Découverte, 2003, 128 p (ISBN 978-2-7071-4092-0)
(en) Daron Acemoglu, An Introduction to modern economic growth, Princeton University
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Philippe Aghion et Peter Howitt (trad. de l'anglais), L'Économie de la croissance, Paris,
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Introductions
Christian Arnsperger, article « Croissance » in Dominique Bourg et Alain Papaux,
Dictionnaire de la pensée écologique, Presses universitaires de France, 2015
(ISBN 978-2-13-058696-8)

Prospective
« Développement économique, innovation - Croissance verte : France : les perspectives de
croissance économique » (Futuribles, no 386, juin 2012, p. 33 à 46), DOC00291753

Voir aussi
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Articles connexes
Croissance économique, mondialisation
Notions et mutations des sociétés, sur Wikiversity
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Commerce Effets Produit
éthique des intérieur
Croissance croissances brut
qualitative démographique Responsabilité
et environnementale
Décroissance
économique Responsabilité
Dette sur élargie
Développement l'environnement du
économique Loi producteur
et social d'Okun Taux de
Économie Masse croissance
du monétaire
développement Théorie
Productivisme économique

Théoriciens

Moses Abramovitz

Liens externes
Liens externes

[PDF] Croissance potentielle et développement (http://www.ces.fr/rapport/doclon/07013103.pd


f), rapport du Conseil économique et social, 2007.
(fr) "La croissance économique (http://www.le-politiste.com/2012/05/la-croissance-economiq
ue.html)", fiche sur le site Le-Politiste.com (http://le-politiste.com), 2012.
(fr) Conseil économique pour le développement durable - Le financement de la croissance
verte (http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Le_financement_de_la_croissance
_verte.pdf)
(fr) Synthèse sur la croissance (http://www.politique-economique.fr/croissance.html)
(fr) Article de allocation-universelle.net (http://allocation-universelle.net/developpement-dura
ble) consacré à la croissance économique

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