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Problèmes de Mathématiques

Une étude de suite récurrente


Énoncé

Une étude de suite récurrente


On pourra admettre le résultat suivant (égalité des accroissements finis) :
Soit I un intervalle de R et soit f : I → R une application dérivable.
Soient x et y deux éléments de l’intervalle I, avec x < y.
Alors il existe un réel c dans ]x, y[ tel que f (y) − f (x) = (y − x)f 0 (c).

Soit λ un nombre réel strictement positif.


1
− x3 .

Soit f l’application définie sur R par : f (x) = x + λ 8
Soit a un réel. On définit une suite u par u0 = a et : ∀n ∈ N, un+1 = f (un ).

1. (a) Si la suite u est convergente dans R, quelle est sa seule limite possible ? [ S ]
1 1
(b) Montrer que pout tout x de R : x ≤ 2
⇒ f (x) ≥ x et x ≥ 2
⇒ f (x) ≤ x. [ S ]
2. Dans les questions 2, 3, 4, on suppose 0 < λ ≤ 47 , et 0 ≤ a ≤ 1.
1 1 1 1
(a) Montrer que 0 ≤ x ≤ 2
⇒ f (x) ≤ 2
et que 2
≤x≤1⇒ 2
≤ f (x). [ S ]
(b) Préciser la monotonie et la limite de la suite u, suivant les valeurs de a. [ S ]

3. (a) Montrer que si 12 ≤ x ≤ 1 alors a 0 ≤ f (x) − 12 ≤ x − 21 f 0 12 . [ S ]


 
n
(b) En déduire que si 12 ≤ a ≤ 1 alors : ∀n ∈ N, 0 ≤ un − 21 ≤ 12 1 − 34 λ . [ S ]
4. (a) Montrer que si 0 ≤ x ≤ 12 alors a 0 ≤ 12 − f (x) ≤ 12 − x f 0 (x). [ S ]


3 3 n−1
(b) En déduire que si 0 ≤ a ≤ 12 alors : ∀n ∈ N∗ , 0 ≤ 12 − un ≤ 12 1 − 64

λ . [S]
4
5. Dans cette question, on suppose que 7
< λ ≤ 87 , et toujours 0 ≤ a ≤ 1.
(a) Effectuer une étude soignée des variations de l’application f sur [0, 1].
1
On précisera notamment les réels β, γ tels que 2
< β < γ, f 0 (β) = 0 et f (γ) = 12 . [ S ]
(b) Montrer que tous les termes un de la suite u appartiennent au segment [0, 1]. [ S ]
(c) Étudier la suite u suivant les valeurs de u0 = a. On précisera en particulier si la suite u est
monotone, éventuellement à partir d’un certain rang. [ S ]
8
6. Dans cette question, on suppose que 7
< λ < 43 , et toujours 0 ≤ a ≤ 1.
On pourra réutiliser les calculs de la question (5), et notamment les notations β et γ.
(a) Étudier les variations de f sur le segment − 16 , 1 .
 

On notera δ (sans chercher à le calculer) le réel de ]γ, 1[ tel que f (δ) = 0. [ S ]


(b) Étudier la suite u suivant les valeurs de u0 = a. [ S ]

7. En supposant toujours 0 ≤ a ≤ 1, étudier la suite u quand λ = 34 .


On illustrera graphiquement la convergence pour une valeur donnée de u0 = a. [ S ]

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Une étude de suite récurrente
Corrigé

Corrigé du problème

1. (a) Si la suite u converge vers un réel `, alors, on obtient f (`) = ` par passage à la limite dans
la relation un+1 = f (un ) (en effet f est définie sur R, et continue.)
Mais on a les équivalences : f (`) = ` ⇔ ` = ` + λ 18 − `3 ⇔ `3 = 18 ⇔ ` = 12 .


Donc si la suite u converge, sa limite est nécessairement 21 . [ Q ]

(b) Pour tout x de R, f (x) − x = λ 18 − x3 = λ4 12 − x (4x2 + 2x + 1).


 

Le trinôme 4x2 + 2x + 1 = 3x2 + (x + 1)2 reste strictement positif sur R.


1
On en déduit (puisque λ > 0) que f (x) − x a le signe de 2
− x.
1 1
Autrement dit : x ≤ 2
⇒ f (x) ≥ x et x ≥ ⇒ f (x) ≤ x. [ Q ]
2
 
1
= x − 12 1 − λ4 (4x2 + 2x + 1) .

2. (a) Pour tout x de R, on a f (x) − 2
λ 7λ
Pour tout x de [0, 1], on a 4
(4x2 + 2x + 1) ≤ 4
≤ 1.
On en déduit que sur [0, 1], la quantité f (x) − 12 a le signe de x − 12 .
1
Autrement dit : 0 ≤ x ≤ 2
⇒ f (x) ≤ 12 , et 1
2
≤x≤1⇒ 1
2
≤ f (x). [ Q ]

(b) On utilise les résultats obtenus dans les deux questions précédentes.
1
On a en particulier l’implication 0 ≤ x ≤ 2
⇒ 0 ≤ x ≤ f (x) ≤ 12 .
1 1
De même, 2
≤x≤1⇒ 2
≤ f (x) ≤ x ≤ 1.
Compte tenu de la relation un+1 = f (un ), et par des récurrences évidentes, on en déduit
alors les résultats suivants, en fonction de la valeur de u0 = a :
– Si 0 ≤ a ≤ 12 , alors pour tout n, on a les inégalités : 0 ≤ un ≤ un+1 ≤ 21 .
1
La suite u, croissante et majorée, converge vers 2
(seule limite possible.)
1 1
– Si 2
≤ a ≤ 1, alors pour tout n, on a les inégalités : 2
≤ un+1 ≤ un ≤ 1.
1
La suite u, décroissante et minorée, converge vers 2
(seule possibilité.)
– Bien sûr, si a = 12 , la suite u est constante en 12 .
[Q]
3. (a) Le résultat est évident si x = 12 . On suppose donc 1
2
< x ≤ 1.
On utilise l’égalité des accroissements finis, rappelée dans l’énoncé.
Il existe donc cx dans 12 , x tel que : f (x) − 12 = f (x) − f 12 = x − 12 f 0 (cx ).
   

Or f 0 : t 7→ 1 − 3λx2 est décroissante sur [0, 1]. Ainsi f 0 (cx ) ≤ f 0 21 .




Puisque f (x) ≥ 21 , on a donc obtenu : 0 ≤ f (x) − 12 ≤ x − 12 f 0 12 . [ Q ]


 

(b) Si 12 ≤ u0 = a ≤ 1, on sait que ∀n ∈ N, 12 ≤ un ≤ 1. De plus f 0 12 = 1 − 34 λ.




Les égalités un+1 = f (un ) impliquent alors : ∀n ∈ N, 0 ≤ un+1 − 12 ≤ un − 12 f 0 21 .


 
n n
Ainsi, par récurrence : ∀n ∈ N, 0 ≤ un − 12 ≤ u0 − 12 1 − 34 λ ≤ 12 1 − 34 λ . [ Q ]


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4. (a) C’est comme dans la question précédente.


Là encore, on se limite à 0 ≤ x < 12 .
Il existe cx dans x, 21 tel que :
 

1 1
− x f 0 (cx ) ≤ 1
− x f 0 (x)
 
0≤ 2
− f (x) = 2 2

On a bien sûr utilisé l’inégalité f 0 (cx ) ≤ f 0 (x), dûe à la décroissance de f 0 sur [0, 1].
[Q]
(b) On suppose 0 ≤ u0 = a ≤ 12 . On sait qu’alors 0 ≤ un ≤ un+1 ≤ 1
2
pour tout n de N.
1 λ
En particulier, pour tout n ≥ 1, on a f (0) ≤ un ≤ 2
c’est-à-dire 8
≤ un ≤ 12 .
1 1
− un f 0 (un ).

Les égalités un+1 = f (un ) donnent : ∀n ∈ N, 0 ≤ 2
− un+1 ≤ 2
Si n ≥ 1, la décroissance de f 0 donne alors les inégalités :
  
1 1
− un f 0 (un ) ≤ 1
− un f 0 (u1 ) ≤ 1
− un f 0 λ8
 
0≤ 2
− un+1 ≤ 2 2 2
 
λ 3 3 1 1 3 3
Mais f 0
 
8
=1− 64
λ . On a donc : ∀n ≥ 1, 0 ≤ 2
− un+1 ≤ 2
− un 1− 64
λ .
On en déduit par une récurrence évidente :
3 3 n−1
∀n ∈ N∗ , 0 ≤ 12 − un ≤ 12 − u1 1 − 64
 
λ
1 3 3 n−1
− u1 ≤ 12 , on trouve enfin : ∀n ∈ N∗ , 0 ≤ 12 − un ≤ 12 1 −

Puisque 0 ≤ 2 64
λ . [Q]
5. (a) – L’application f 0 : x 7→ 1 − 3λx2 est strictement décroissante sur [0, 1].
On a en particulier f 0 (0) = 1, f 0 12 = 1 − 34 λ > 0 et f 0 (1) = 1 − 3λ < 0.


On constate que l’application f 0 s’annule en β = √1 , avec 1


< β < 1.
3λ 2

On a donc f 0 (x) > 0 sur [0, β[ et f 0 (x) < 0 sur ]β, 1].
Ainsi f est strictement croissante sur [0, β] et strictement décroissante sur [β, 1].
– Puisque f 21 = 12 , on a f (β) > 12 . D’autre part, f (1) = 1 − 78 λ < 12 car λ > 47 .


Il existe donc un réel γ de ]β, 1[ tel que f (γ) = 12 .


 
On trouve γ en résolvant 0 = f (x) − 12 = x − 12 1 − λ4 (4x2 + 2x + 1) = 0.

Ainsi γ est solution de P (x) = 0, avec P (x) = 4λx2 + 2λx + λ − 4.


Le discriminant (réduit) de P est ∆0 = λ2 − 4λ(λ − 4) = λ(16 − 3λ) > 0.

−λ + 16λ − 3λ2
On en déduit γ = (la seule racine positive de P .)

– On remarque également que f (1) = 1 − 78 λ ≥ 0 car λ ≤ 87 .

– Enfin, on a toujours f (x) − x ≥ 0 si 0 ≤ x ≤ 12 , f (x) − x ≤ 0 si 1


2
≤ x ≤ 1.
Cela résulte en effet des calculs effectués dans le question (1b).

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Les résultats précédents sont résumés dans le tableau de variations de f :

L’inégalité f (β) < 1 est une conséquence de f (β) − β < 0 et de β < 1. [ Q ]


(b) On sait que u0 = a est élément de [0, 1] et pour tout n on a un+1 = f (un ).
Pour montrer que les un sont dans [0, 1], il faut montrer que [0, 1] est stable par f .
Or cela résulte immédiatement des variations de f :
– D’une part pour tout x de [0, β] on a 0 ≤ f (0) ≤ f (x) ≤ f (β) ≤ 1.
– D’une part pour tout x de [β, 1] on a 0 ≤ f (1) ≤ f (x) ≤ f (β) ≤ 1.
[Q]
(c) La discussion suivante se déduit des variations de f et de l’étude du signe de f (x) − x :
1
i. 0 ≤ a < 2

Si 0 ≤ x < 12 on a 0 ≤ x < f (x) < 12 . On en déduit 0 ≤ u0 < u1 < 21 .


Une récurrence évidente donne alors ∀n ∈ N, 0 ≤ un < un+1 < 21 .
La suite u, strictement croissante et majorée, converge vers 12 (seule possibilité.)
1
ii. a = 2
La suite u est constante (donc convergente) en 12 .
1
iii. 2
≤a<γ
1 1 1
Si 2
< x < γ on a 2
< f (x) < x < γ. En particulier 2
≤ u1 < u0 < γ.
Une récurrence évidente donne alors ∀n ∈ N, 12 ≤ un+1 < un < γ.
La suite u, strictement décroissnte et minorée, converge vers 12 (seule possibilité.)
iv. a = γ
Dans ce cas u1 = f (a) est égal à 12 , et donc un = 12 pour tout n ≥ 1.
Ainsi la suite u est stationnaire donc convergente en 21 .
v. γ < a ≤ 1
On a alors 0 ≤ u1 = f (a) < 12 . On est ainsi ramené au premier cas.
La suite u est donc convergente vers 12 (et strictement croissante pour n ≥ 1.)
Conclusion : dans tous les cas, la suite u converge vers 12 . [ Q ]

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1
6. (a) On a toujours f 0 = 1 − 34 λ > 0 et f 0 (1) = 1 − 3λ < 0.

2
√1 est donc encore dans 12 , 1 , et on a f (β) > 12 .
 
Le réel β = 3λ

On a f (1) = 1 − 87 λ. Comme 8
7
< λ < 43 , il en résulte − 16 < f (1) < 0.
On en déduit encore l’existence de γ dans ]β, 1[ tel que f (γ) = 21 .
De plus il existe δ dans ]γ, 1[ tel que f (γ) = 0.
Si − 16 ≤ x < 12 , on a f (x) − x > 0 et f 0 (x) = 1 − 3λx2 > 0.
On en déduit le tableau de variations de f sur − 61 , 1 :
 

[Q]
(b) La discussion suivante se déduit des variations de f et de l’étude du signe de f (x) − x.
Par commodité, on a étendu à − 16 , 1 le domaine des valeurs possibles de a.
 

i. − 16 ≤ a < 1
2

Si − 16 ≤ x < 1
2
on a − 16 ≤ x < f (x) < 12 . On en déduit − 16 ≤ u0 < u1 < 12 .
Une récurrence évidente donne alors ∀n ∈ N, − 16 ≤ un < un+1 < 12 .
1
La suite u, strictement croissante et majorée, converge vers 2
(seule possibilité.)
1
ii. a = 2
Comme dans (5.c.ii), la suite u est constante en 12 .
1 1
iii. 2
≤a<γ Comme dans (5.c.iii), lim un = 2
(suite décroissante.)
n→∞
iv. a = γ Comme dans (5.c.iv), la suite u est stationnaire en 12 .
v. γ < a ≤ 1
On a alors − 16 ≤ u1 = f (a) < 12 . On est ainsi ramené au premier cas.
1
La suite u est donc convergente vers 2
(et strictement croissante pour n ≥ 1.)
Conclusion : dans tous les cas, la suite u converge vers 12 . [ Q ]

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1
7. On a maintenant f 0 = 1 − 34 λ = 0 et f (1) = 1 − 78 λ = − 61 .

2
Voici quelles sont les variations de f sur − 16 , 1 :
 

L’étude de la suite u est alors assez simple :


(a) − 16 ≤ a < 1
2

Comme dans 6.b.i, la suite u (strictement croissante et majorée) converge vers 12 .


1
(b) a = 2
La suite est constante.

1
(c) 2
<a≤1
On a alors − 16 ≤ u1 = f (a) < 12 . On est ainsi ramené au premier cas.
1
La suite u est donc convergente vers 2
(et strictement croissante pour n ≥ 1.)
Conclusion : dans tous les cas, la suite u converge vers 12 .
Voici une illustration de la convergence de la suite u, avec a = 0.98 :

[Q]

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