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Cours de mécanique des sols, 1ère partie

Presentation · September 2005

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1 author:

Mounir Bouassida
University of Tunis El Manar
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& wl- d e u -dl L j d l

@ .=ole nationale d'ing~nieursde Tunis

Ddpartement de Gdnie Civil

Cours de Mkcanique des sols

ElaborC par

Mounir BOUASSIDA
Professeur en genie civil
Ce document constitue une nouvelle version du cours de mkcanique des sols
enseigne' au dkpartement de gknie civil 2 Z'ENIT.

Par rapport 2 la version prkckdente, plusieurs rectzjkations et ajouts ont ktk


faits. En outre, la prksentation des figures y a e'tk beaucoup amkliore'e grbce h
1 'usage du logiciel Micrografi-Designer. Dans ce nouveau support pkdagogique
on renvoie aux polycopiks :
- ((Manuel de travaux pratiques de me'canique des sols )) une
e'dition rkcente en 2003 ;
- Travaux dirige's de me'canique des sols qui fera prochainement
l'objet d'une mise 2 jour.

L 'e'dition du pre'sent document a pu &tremene'e grbce au concours de Monsieur


Fakhr Tounekti doctorant au dkpartement de ge'nie civil. Je lui en suis trGs
reconnaissant du temps qu'il alloukpoz~rmener 2 bien sa tbche.

Moun ir Bouass ida


Cours de MCcanique des sols en formation initiale a I'ENIT
Equipe enseignante permanente: M. Bouassida (Responsable), M. Jamei, Z. Saada

Documents pkdagogiques dkposCs B la bibliothkque de I'ENIT:


1) M. Bouassida. Cours de mecanique des sols, version n02. PolycopiC ENIT, 1998.
2) M. Bouassida., S. Boussetta. Manuel de travaux pratiques de mecanique des sols,
Polycopie ENIT, 2003. (Ouvrage accepte par Centre de Publication Universitaire de Tunis).
3) M. Bouassida. Travaux diriges de mecanique des sols. Ouvrage en preparation.

CHAPITRE 1. LES SOLS :PROPRIETES PHYSIQUES ET IDENTIFICATION


1.1 Introduction
1.2 Constitution et different types de sols
1.3 Parambtre physiques des sols
1.4 Identification et classification des sols
1.5 Applications

CHAPITRE 2. STRUCTURE DES SOLS FINS


2.1 Introduction
2.2 Comportement des sols fins (en presence de I'eau)
2.3 Les argiles
2.4 Les limons et silts
2.5 Les sols organiclues

CHAPITRE 3. LA MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS APPLIQUEE A UXSOLS


3.1 Introduction
3.2 Notion de contrainte - Equations d'equilibre
3.3 Repartition des contraintes autour d'un point
3.4 Cercle de Mohr
3.5 Notion de dhformation
3.6 Relation contraintes-deformations
3.7 Applications pour le calcul des contraintes dans les sols
3.8 Calcul des contraintes dues aux surcharges dans les sols

CHAPITRE 4. HYDRAULIQUE DES SOLS


4.1 Introduction
4.2 Proprietes hydrauliques des sols
4.3 Ecoulements dans les milieux poreux - Application aux sols satures
4.4 Resolution des ecoulements bidimensionnels
4.5 Poussee dlCcoulement
4.6 Mesures du coefficient de permeabilite
4.7 Application 21 I'etude de stabilite d'un fond de fouille
4.8 Etude des reseaux de drainage: puits et aiguilles filtrantes

CHAPITRE 5. CONSOLIDATION DES SOLS ET TASSEMENTS


5.1 Introduction
5.2 Consolidation des sols fins
5.3 Calcul du tassement
5.4 Applications pratiques de la consolidation
5.5 Tassement differentiel - Tassement absolu
5.6 Aoolication
Chapitre 6. LA RESISTANCE AU CISAILLEMENT DES SOLS
6.1 Introduction
6.2 Essais de resistance au cisaillement des sols
6.3 Caractkristiques mecaniques d'un sol
6.4 Cas dtapplication des c a r ~ c t ~ r i s t i ~mecaniques
ues
6.5 Theoreme des etats corresvondants
16.6 Application I

Chapitre 7. LES OUVRAGES DE SOUTENEMENT


7.1 Introduction
7.2 Etats dfCquilibredans un sol
7.3 Etude de la poussee et de la butee
7.4 Calcul des murs de soutenement et modalites constructives
7.5 Dimensionnement des palplanches et des parois moulees
7.6 Prise en compte des surcharges
7.7 Application

CHAPITRE 8. ESSAIS ET MESURES IN SITU


8.1 Introduction
8.2 Sondages et prelevements dfCchantillons
8.3 Les essais in situ
8.4 Les appareils de mesure in situ

CHAPITRE 9. FONDA TIONS SUPERFICIELLES


9.1 Introduction
9.2 CapacitC portante limite d'une fondation superficielle
9.3 Semelle fictive
9.4 Fondations rectangulaire, carree, et circulaire
9.5 Charges excentree et inclinee
9.6 Dimensionnement d'une fondation superficielle
9.7 Dimensionnement d'une semelle a partir de I'essai pressiometrique
9.8 Elaboration d'un projet de fondation
9.9 A~dications

CHAPITRE 10. FONDATIONS PROFONDES


10.1 Introduction
10.2 Capacite portante ultime d'un pieu isole
10.3 Methodes de calcul de la capacitC portante (Statique, pressiombtre, penetrometre, essais de pieu)
10.4 Capacite portante d'un groupe de pieux - Coefficient d'efficacite
10.5 Estimation du tassement d'un pieu.
CHAPITRE Q

PRESENTATION DE LA MECANIQUE DES SOLS

0.1 Introduction
0.2 Historique de la MCcanique des sols
0.3 Aperqu sur les Ctudes en MCcanique des sols
0.4 Conclusion

0.1 Introduction
La mkcanique des sols est une science qui s'intkgre au domaine du GCnie Civil, qui traite
de la construction des ouvrages reposant sur la surface de la terre q d q w e soient leurs
dimensions. Le recours B cette science a lieu B diffkrents niveaux: qac&, v,
* Pour une structure reposant sur un sol qui est plus dtformable en gCnCral que la
structure elle meme (bCton, metal), le sol ne peut supporter que de faibles contraintes; il
faut donc analyser de prks le systkme qui transmet les efforts de la structure au sol par
llintermCdiairedes fondations. C'est le cas des btitiments et des ouvrages d'art.
** Le sol peut lui meme sewir cornrne matCriau de construction pour des ouvrages plus
massifs, par rapport aux ouvrages en bCton arm6 ou en mCtal, mais qui sont plus souples:
ce sont les ouvrages en terre, tels que les barrages et les digues.
*** Certains ouvrages particuliers, et qui sont intermkdiaires aux deux categories
prkctdentes, sont aussi CtudiCs; il s'agit des ouvrages de soudnement.
Cependant, la principale difficult6 reside dans les sols, dont la constitution et le
comportement
- .
mdcanique sont complexes. Pour dCterminer leur nature (du point de vue
gkotechnique) et leur type, il faut faire appel B des techniques dklicates et
I -

coilteuses, telles que forages, prClkvements d'Cchantillons, essais en laboratoire, essais en


place (in situ), etc.. . Celi est trks important parce qu'il faut bien conna7tre le sol sur
lequel on construit avant meme de dCcider du type de fondation, et mEme parfois, du type
de I'ouvrage B implanter. Cette Ctude qui s'appelle la reconnaissance des sols, nCcessite
une Ctude gkotechnique.

0.2 Historique de la mkcanique des sols


La mCcanique des sols est une science r6cente pour laquelle les dates importantes B retenir
sont les suivantes:
- ltCtude du frottement des corps, et la prksentation du fondement de la rksistance au
cisaillement due B Coulomb: 1773-1776;
- 1'Ctude des glissements de terrain, et l'introduction de la notion de stabilitk des pentes

(lors de la construction du canal de Bourgogne) due B Collin: 1846;


- l'ttude de 1'Ccoulement d'eau B travers un sol, et l'introduction d'une loi d'Ccoulement
unidimensionnelle due B Darcy: 1858;
- la parution du premier ouvrage de mecanique des sols avec l'introduction des notions de
contrainte effective, de consolidation d'un sol fin, et des comportements i court terme et B
long terme, elles sont dues B Terzaghi: 1925.

0.3 A p e r ~ usur les Ctudes en mCcanique des sols


0.3.1 Les fondations
Ce sont les Clkments de transmission des efforts appliquCs par l'ouvrage sur le sol qui ne
doit pas ttre le sikge de dCformations excessives. Deux cas e x e m e s sont considkrCs:
* Le sol est constituk d'une couche ferme et dsistante (rocher, grave, sable) prks de sa
surface, les Clkments utilisCs sont en beton arm& et sont places sous des piliers ou des
murs porteurs. I1 s'agit des fondations superficielles (figure 1a).
** Le sol ferme est trks grande profondeur, il faut alors reporter les efforts dus B la
superstructure par l'intermediaire d'C1Cments verticaux (ou inclines) rksistants appelks
pieux, et dont le diamktre varie gCnkralement de 0,4 m B 1O
, m. I1 s'agit des fondations
profondes (figure 1b).

Figure 1. Systkmes de fondations courants

Le choix entre une fondation superficielle et une fondation profonde est difficile, surtout
lorsqu'on est loin des deux cas prCcCdents. Cependant, la solution fondations
superficielles doit Etre toujours exarninCe auparavant, parce qu'elle est moins coDteuse que
celle des fondations profondes.

0.3.2 Les ouvrages en tern


On raisonnera sur I'exemple du barrage en terre repr6sentC sur la figure 2. Dans ce cas,
plusieurs problkmes sont B r6soudre:

men t
Ehco~he

Figure 2. Coupe type d'un barrage en terre


- le choix des matkriaux de construction disponibles p 2 s du site;
- la permCabilitk du sol de fondation pour Ctudier l'kcoulement ou I'infiltration d'eau;
- le compactage du sol constituant le corps du barrage pour dkterminer la densitt skche
maximale et la teneur en eau optimale;
- la stabilitC des talus du barrage pour des cas diffkrents: retenue pleine, vidange rapide.

0.3.3 Les techniques de renforcement des sols


En 1961, I'ingCnieur francais Vidal a rnis au point une technique permettant d'amkliorer
les performances mCcaniques d'un sol. I1 s'agit de la terre armCe qui consiste B mettre des
lits d'armatures rigulikrement espacCs dans un remblai de sable compactC, l'ensemble sol-
armature peut resister A des efforts de traction importants (figure 3).

Armature metallique

Figure 3. Principe de la terre armCe, Schlosser 1983

D'autres techniques sont ensuite apparues telles que:


- les colonnes ballasttes ou de sol trait6 B la chaux: elles permettent d'augmenter la
capacitC portante des sols mous et rauire leur tassement;
- le clouage par des inclusions mktalliques, il permet d'assurer une meilleure stabilitC des
talus de dkblai, notamment vis B vis du glissement;
- les gCotextiles qui sont des textiles synthktiques permdables dont le r6le est de renforcer
le sol en place et lui conferer une dkformabilitk klevke avant la rupture.
Ces techniques sont souvent utiliskes lors de la construction des ouvrages en genie civil.

0.4 Conclusion
Lors de la construction d'un ouvrage, la mkcanique des sols intervient en gCnCral h trois
niveaux:
- Reconnaitre le type de sol, et dkterminer ses paramktres physiques (poids spkcifique,
teneur en eau, etc..), et chimiques Cventuellement (teneurs en carbonate et en matikre
organique); la qualitk de reconnaissance du sol est trks importante. Determiner aussi les
caractkristiques mkcaniques du sol B partir d'essais de rksistance (au cisaillement en
l'occurence) pour dkterminer sa contrainte admissible.
- Dimensionner les ClCments de fondation d'un ouvrage, et faire kventuellement loetudede
stabilitC d'ouvrages annexes tels que les soutknements, talus, etc.. . Dans cette dernikre
Ctape, on recommande en pratique de ne pas utiliser des modkles de comportement
sophistiquks. En effet le comportement des sols est trks complexe, il ne sera approchk que
grossikrement.
- Prockder A la comparaison des rksultats de calcul avec des rksultats expCrimentaux
(obtenus A partir de mesures en place), en vue de valider les hypothkses avanckes lors des
calculs rkalisks.
+
RECONNAISSANCE GEOTECHNIQUE

ri
FORAGES SONDAGES

Prelkvements
d'echantillons

'7
Essais

caractkristiques mkcaniques

I Calculs ;Modbles I
Capacitk portante (contrainte
admissible) Tassement Dimensionnement

r-- Exdcution de l'ouvrage - Contr8le

L -
Mesures : contraintes et Tassement
(Suivi de l'ouvrage dans le temps)
---- 7-
1 Vaiider les nlodeles (mdthodes) de calcul I
1 hlodification , amelioration des modbles
Cours MCca Sol. ENIT M. Bouassida

CHAPITRE I

LES SOLS : PROPRIETES PHYSIQUES ET IDENTIFICATION

I. 1Introduction
1.2 Constitution et different types de sols
1.3 Parametre physiques des sols
1.4 Identification et classification des sols
1.5 Applications

1.1 Introduction

Les sols sont en general le resultat de desagrkgations mecaniques ou chimiques des


roches.
Un sol est un melange d'elements solides appelks grains ou particules (squelette du sol),
d'eau (libre ou like aux particules), et d'air (ou gaz) :

-
Sol = squelette solide (grains mineraux) + eau
pores
+ gaz .
Entre les grains d'un sol, il existe des vides qui peuvent etre remplis par de l'eau, par un
gaz, ou par les deux a la fois. En consequence, physiquement un sol n'est pas un milieu
continu homogene.
Certains sols dits organiques, contiennent (en plus des trois phases classiques) des
debris soient animaux, soient vegktaux en quantites variables.
C'est un milieu poreux heterogene.

1.2 Constitution et diffkrents types de sols

1.2.I Constitution des sols

Squelette d'un sol : C'est l'ensemble des constituants solides d70rigineminerale de formes et
de grosseurs (dimensions) variees : les grains (ou particules), les graviers, etc ...

b:On en distingue deux types:


- l'eau libre qui peut circuler entre les particiile,~,elle s'evapore a une temperature egale a
100" Celsius (figure 1);

Mkilisques Grains
Film d'eau
- absorbee
libre --
- .
Air

1 micron d'eau
1 mm
(a) Particule d'un sol fin (b) Sol grenu humide non saturk

Figure I . 'Types d'ec~uds:ls !i.s sols, Schlosser (1983)

Janvier 2005
Cours Meca Sol. ENIT M. Bouassida

- l'eau adsorbee qui constitue un film d'eau autour de chaque grain (figure la).
Ses propriktks physiques sont differentes de celles de I'eau libre; par exemple elle ne
s'kvapore qu'A des tempbratures klevkes (supkrieures B 200" Celsius).

& : Le gaz contenu dans les vides entre les particules d'un sol est de I'air si le sol est sec,
ou un mklange d'air et de vapeur d'eau si le sol est humide. Le sol est dit saturk si tous les
vides sont remplis d'eau.

1.2.2 Types de sols

d'apres la classification des sols en vigueur, on distingue :

Sols grenus: 11s sont constituks ginkralement par des grains de dimension superieure B 20
microns, tels que les sables et graviers.

Sols fins: 11s sont constitues par des particules de dimension infkrieure A 20 microns, telles
que argiles, et limons.
Physiquement la distinction entre les sols fins et les sols grenus et faite a partir de la
granulometrie : dimensions des grains qui les constituent.
La distinction entre les sols grenus et fins est schkmatique. En pratique, la majorit6 des sols
ont une granulomktrie intermkdiaire A celles difinissant les sols fins et les sols grenus.

Sols ornaniques: 11s sont constitues de dkbris vCgktaux ou animaux, en plus des trois phases
classiques rencontrkes dans les sols. Cornrne exemple : la vase de Tunis est un sol organique
contenant des coquillages (dkbris animaux) ; la tourbe est un sol organique contenant des
debris vkgetaux (France).

1.3 Les paramktres physiques des sols

On schematise un echantillon de sol comme l'indique la figure 2.

Poids Volumes

Figure 2. Schematisation d'un Cchantillon de sol

Pour un khantillon de sol, on definit les grandeurs suivantes:


W, : poids des grains solides V, : volume des grains solides
Ww : poids de l'eau V, : volume d'eau
W : poids total V, : volume d'air
Vv : volun~edes vides
V : volume total

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Cours Meca Sol. ENIT M. Bouassida

On ecrit facilement les relations suivantes:

A partir des grandeurs prkckdentes, on dkfinit pour l'kchantillon consider6 :


y=-
W
le poids volumique total du sol :
v
le poids volumique des grains solides :

le poids volumique du sol sec :

le poids volumique de l'eau : Y, =-Ww ; (yw= l o k ~ / r n ~ )


vw
le poids volumique du sol dejaugC : Y ' = Y -Y,

Le poids volumique dkjauge n'est dkfini que lorsque le sol est saturk d'eau; c'est le poids
volumique du sol immergk en tenant compte de la poussee dlArchimkde sur les grains.

On definit aussi d'autres paramktres sans dimension qui indiquent 1'6tat dans lequel se trouve
un sol ; il s'agit de :

la teneur en eau : c'est le rapport entre le poids de I'eau et le poids des grains solides d'un
volume de sol donne; il est exprimk en pourcentage :

l'indice des vides : c'est le rapport entre le volume des vides et le volume des grains solides
pour un echantillon de sol donnk :

cet indice renseigne sur la proportion des vides par rapport j. celle des grains solides dans un
sol ;

la porositk : c'est le rapport entre le volume des vides et le volume total d'un echantillon de
sol donne :

sa signification est similaire ?I celle de l'indice des vides ;

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Cours Mtca Sol. ENIT M. Bouassida

le demk de saturation : c'est le rapport entre le volume d'eau et le volume des vides; il est
exprime en pourcentage :

Ce degrk indique dans quelle proportion les vides sont remplis d'eau ;

la mavitk spkcifique : c'est le rapport entre le poids volumique des grains solides et le poids
volumique de l'eau :

Remarqtie :
L'etude des propri6tCs physiques des sols devrait inclure en particulier I'analyse de
structure des sols. Ce point est fondamental pour Ctudier surtout le comportement des sols
fins dont la structure est complexe ; il sera dkveloppk en detail dans le chapitre suivant.

1.4 Identification et classification des sols

Les essais d'identification, independamment de la nature des sols, sont relatifs B la


determination :
- des paramktres d'identification a savoir le poids volumique des grains solides ys, l'indice
des vides e et la teneur en eau a. Pour rCaliser ces essais on peut consulter les modes
operatoires du LCPC (Laboratoire Central des Ponts et Chaussees) ( 5 ) ;
- de la composition granulometrique des sols pour laquelle on donne ici un bref aperqu.
On decrira ensuite les essais relatifs aux sols genus d'une part, et les essais relatifs aux sols
fins d'autre part.

Deux grandes classes de sols sont considerCes :


- les sols pulverulents constitues par des grains non solidaires ;
- les sols fins constituis d1C16mentsfins presentant entre eux des liaisons.

1.4.I Essais granulomitriqzles

11s consistent a classer les sols suivant la taille de leurs 61Cments constitutifs. Deux
types d'essais sont rkalisks: par tamisage et par skdimentometrie.

* Essai granulometrique par tamisage : I1 est realis6 sur les sols pulvkrulents dont la plus
petite dimension est de 0,1 mm environ. L'ichantillon de sol de poids W est verse sur une
sCrie de tamis (figure 3a) qu'on fait vibrer B I'aide d'un vibrotamis; a la fin de l'essai toute
quantitC passant par un tamis s'appelle tr tamisit )), toute quantitk retenue sur ce tamis
s'appelle (( refus )).
Pour les graviers, dont la granulom6trie est superieure a 2 mm, on utilise les passoires (fonds
a mailles circulaires) pour l'analyse granulometrique par tamisage.
Cours MCca Sol. ENIT M. Bouassida

** Essai granulomktrique par skdimentomktrie : I1 est rialis6 sur les sols fins (argiles) dont la
plus grande dimension des grains est kgale a 0,l mm. Cet essai est bask sur la mesure de la
vitesse de dkcantation des particules du sol qui sont supposkes sphkriques.

Courbe manulomCtrique : d'un sol: Elle est itablie en portant sur un papier semi-
logarithmique :
- en abscisses, le logarithme de la dimension de la maille des tamis;
- en ordonnkes le pourcentage en poids des klkments plus fins (tamisits cumulks) pour
chaque maille.

/ Couvercle

Maille

(a) colonne de tamis (b) fond d'un tamis

Figure 3. Essai granulomktrique par tamisage

A partir de la position de la courbe, on peut attribuer au sol considere une nomenclature de la


fagon suivante (figure 4) :

* toute catkgorie de sol dont la quantitk est inferieure a 5% est negligke, le sol reprisente par
la courbe (1) est du gravier pur (ou gravier) ;

* toute catkgorie de sol dont la quantitk est comprise entre 5 et 12% est citee en la prkcedant
par le mot "legkrement" suivi par l'adjectif approprik a la categorie du sol en question, le sol
representti par la courbe (2) est un sable Iegerement limoneux;

* Toute catkgorie de s ~ dont


l la quantite est comprise entre 12 et 30-40% est citee comme
dans le cas precedent en eliminant le mot legkrement, le sol reprksente par la courbe (3) est
un limon argileux sableux ;

* toute catkgorie de sol dont la quantitk est supkrieure a 40% est citee par son nom; le sol
reprisente par la courbe (4) est un gravier et sable.

On dkfinit a partir d'une courbe granulomi.trique le coefficient d'uniformitk donne par le


rapport :

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Cours Meca Sol. ENIT M. Bouassida

oh :
d6, est la c6te du tamis a travers lequel est passe 60% de tamisiit;
d,, est la c8te du tamis a travers lequel est pass6 10% de tamisit;
si : 1 < c, < 2 , le sol est uniforme;
si : c, 2 2 , le sol est bien gradue ou a granulometrie etalee.

1.4.2 Essais szir sols pulv&nilents

Densite relative : D, (ou indice de densite: I,)

Experience 1 :
On fait tomber du sable dans un recipient d'une faqon tres etendue et relichee (figure
5a), dans cet itat le sable est ldche et son foisonnement est maximum, donc son indice des
vides est maximum: soit emax.
Experience 2 :
On continue l'expkrience 1 en faisant vibrer le rkcipient, les grains du sable vont se
rearranger en occupant le maximum de vides existant entre eux (figure 5b), donc l'indice des
vides est minimum: soit emin.

Figure 5. Essai de densite relative

Ces deux experiences correspondent aux etats de foisonnement extremes dans lesquels le sol
peut se trouver. A l'ktat nature1 on determine I'indice des vides correspondant soit e; on
dkfinit la densite relative par :

Dr = m a - xloo(%)
( emax - emin )

- si e = e m i nalors
, Dr = 1 : e so1 est tres bien compactk;
- si e = e,,,, ,alors D, = 0 :le sol est tres rel2chC.
N.B. Le calcul pratique de Dr s'effectue A partir de son expression, en fonction de : y,,
,y,""" que l'on etablit aiskment.
Cas pratique : Barrage Sidi El Barrak.

Janvier 2005
Cours MCca Sol. ENIT M. Bouassida

Equivalent de sable : ES

C'est un essai qui renseigne sur la quantitk de sol fin ou fines qui existe dans un sable. I1
dktermine la proprete ou le degrC de pollution du sable. L'essai est rkalisC sur les sols dont la
dimension des Clkments est infkrieure B 5 mm.
Principe: On introduit dans une Cprouvette une quantitk de sol bien dkterminke laquelle on
ajoute un floculant qui a la propriCtC de rassembler les fines (Clkments dont la dimension est
infkrieure A 2 microns). L'Cprouvette est agitke Cnergiquement selon un prockdC dktermink
pour que les fines se dktachent des grains solides et puissent entrer en suspension. On laisse
les grains se dCcanter dans llCprouvettependant un temps donne et on mesure (figure 6):
H, : La hauteur de sable propre dCposC au fond du tube,
H, : La hauteur a laquelle sont situCs les ClCments fins en suspension.
u

L'kquivalent de sable, exprimk en pourcentage, est dCfini par:

Suivant les valeurs de ES on distingue les cas suivants:

ES = 100% : sable parfaitement propre


ES = 70 - 80% : sable propre utilisable pour la construction
ES = 20% : sable contenant beaucoup de fines
ES = 0% : argile pure, I'essai ne devrait pas Stre fait

Eau

Floculat

DCp6t solide

Figure 6. Essai d'kquivalent de sable

1.4.3 Essais sur sols Jirzs

Le comportement d'un sol fin dkpend knormdment de sa teneur en eau. La consistance


(ou le degre de maniabilitk) du sol varie dans des limites trks larges avec:
- la quantitk d'eau interstitielle contenue dans ses pores;
- l'epaisseur des couches d'eau adsorbke.
Pour classer les sols fins, Atterberg a dkfini arbitrairement, en fonction de la teneur en eau,
des limites qui marquent la transition d'un Ctat donnk du sol un autre. I1 s'agit des limites
de retrait, de plasticitk, et de liquiditk.

Limite de retrait (LR) : Elle marque le passage du sol de l'ktat solide sans retrait a I'etat
solide avec retrait. Elle est determinee sur un khantillon de sol fin auquel on ajoute de l'eau
(jusqu'a I'obtention d'une pite de consistance moyenne), en Cvaluant la variation de volume
relative de l'echantillon avant et apres skchage.

Janvier 2005 15
Cours MCca Sol. ENIT M. Bouassida

Limite de plasticite (LP): Elle marque le passage du sol de l'etat solide avec retrait B l'ktat
plastique. Elle est determinee en ajoutant de l'eau au sol en le rendant sous forme d'une piite
plus facile B modeler. On forme manuellement des boudins (ou rouleaux) de longueur
variant entre 10 et 15 cm et de diamktre Cgal B 3 mm environ. La limite de plasticite du sol
est atteinte lorsque l'un des deux cas suivants est realise:
- le boudin prksente des fissures ou il se casse eventuellement;
- le boudin est casse en le soulevant de 1 A 2 cm par son milieu.

Limite de liquidite (LL): Elle marque le passage du sol de l'ktat plastique 21 l'dtat liquide.
Elle est determinee en ajoutant davantage d'eau au sol de faqon a obtenir une pite homogkne
qu'on repartit, selon un mode operatoire donne, dans une coupelle de Casagrande. A l'aide
d'un outil A rainurer on rkalise une rainure dans la piite suivant l'axe de la coupelle. Puis on
soumet la coupelle B une serie de chocs selon une cadence donnee, lorsque la fermeture de
la rainure est realisee sur 1 cm environ on note le nombre de coups N correspondants, et on
determine la teneur en eau sur un Cchantillon pris de la rainure. La limite de liquidite est la
teneur en eau correspondant a 25 coups. Si le nombre de coups est compris entre 15 et 35,
on peut determiner cette limite ii partir de l'expression:

Remarque : Les limites dVAtterbergsont exprimkes en pourcentage.

Pour avoir une idee de l'etendue du domaine plastique, on a defini l'indice de plasticitk qui
est donne par :
Ip = LL-LP

On a dkfini aussi l'indice de consistance qui indique la teneur en eau relative par rapport aux
limites de liquidit6 et de plasticite :
(LL - 0 )
I, =
LP

- pour un sol trks mou, on a : I, = 0 ;


- pour un sol trks raide, on a : I, > 1 .

On definit de meme l'indice de liquidite, par :


(0-LP)
I, =
IP

En rksume, on donne la representation schkmatique suivante des limites dtAtterberg


separant les diffkrents etats pour un sol fin :

0 LR LP LL
*--------------------- * -- ----- - - - - -
-
Teneur en eau
Solide sans Solide avec
retrait retrai t Plastique Liquide

Janvier 2095
Cours M6ca Sol. ENIT M. Bouassida

En plus des limites dtAtterberg, on effectue les essais suivants sur les sols fins, (9) :
- l'analyse minkralogique qui renseigne sur la sensibilitk a l'eau ;
- la teneur en matikres organiques qui renseigne sur la compressibilite ; des argiles
notamment.
- la teneur en carbonate de calcium ( CaC03 ) qui renseigne sur la rksistance mkcanique.

1.4.4 ClasszJication des sols

Deux classifications ont kt6 ktablies en mkcanique des sols:

- la classification triangulaire, ktablie par les agronomes, qui est detenninke a partir des
pourcentages en poids de sable, de limon et d'argle dans le sol considkrC ;
- la classification ktablie a partir de la granulomktrie du sol et des limites dfAtterberg (pages
18 et 19), elle est la plus utilisee actuellement en gkotechnique.

Janvier 2005
. . . ~ .... ; -.-T---, ---.
+~-1- . ~ - .

8 , .

-
i

. -1 . . .: .~ . , .
,
+-.-+-I. ,I I

. - ..

i
4

' 1 ,
. . .1 1 - - 4 .. . L - ; .----. -- . .-

I I, ' l l .
I / / j
I I I I I
Cours Meca Sol. ENIT M. Bouassida

PROCEDURE D'IDENTIFICATION SUR CHANTER


(poids des fractions estimks)
DCsignation
Determination de la plasticite sur chantier Syrnbole
gkotechque
RCsistance A
Agitation Consistance
sec
-
c S
5
Rapide Q
lente
Nulle Nulle LP
(ML)
Limons peu plastiques
S:
-5
0
M
(D
Z =3 $
gW Nulle B lente Moyenne
Moyenne A
grande
A,
(OL)
Argiles peu plastiques
2 L, 2 "
.a Ti :gcl Faible A Limons et argiles
$ gy
2 03 - Lente Faible
moyenne
OP
(OL) organiques peu plastiques

2ex?
.u
v I
'2
2
Lente a nulle
Faible a
moyenne
Faible a
moyenne
Lt
(MH)
Limons t r b plastiques
0
.a e
(I] (I]

.%$
Nulle Grande
Grande a At
.+ % 4% trks grande (CH)
Argiles trks plastiques
2 $ A
.A

E
2 ;si
Nulle A Faible A Moyenne 5 ot Limons et argiles
trks lente moyenne grande (OH) organiques tres plastiques
Les matikres
Reconnaissable a l'odeur, couleur sombre, T Tourbes et autres sols
Organiques
texture fibreuse, faible densite humide (pt) trQ organiques
prkdominent

DIAGRAMME DE PLASTICITE

0 10 20 30 40 50 60 70 SO 90 100

Limite de liquidite W,

Janvier 2005
Cours MCca Sol. ENIT M. Bouassida

CLASSIFICATION DES SOLS GRENUS

SOLS GRENUS : Plus de la moitiC des klkments sont > 0,08 mm

PROCEDURE D'IDENTIFICATION
SUR CHANTER Symbole DESIGNATION CLASSIFICATION DU
ElCments > 60 rnm exclus (USCS) GEOTHECNIQUE LABORATOIRE
Poids des fractions estimCs.

* cu=- >4
Tous les diamktre de Gb +
Dl0
grains sont reprCsentCs
Grave propre
bien graduCe B
2
00
g
G
aucun ne prtdomine. (GW)
52
-0 @3
I d c = ( ~ 3 2<
DIO D60
3
s 0-
0
ii In 0
A g 3
3 c.1
Une dimension de grains
ou un ensemble de
Gm
Grave propre
ma1 graduke
-v
.v,
0
Une des conditions de
Gb non satisfaite
m z A dimensions prkdominent. (GP) E
> ,$
. -5
E
2 z g
o;+J y Lirnite d7Atterbergau
'3 C GL
.- 9 Les ClCments fins n'ont dessous de A
2a 50 pas de cohCsion.
Grave limoneuse
(Voir classification des
-
0
2C
G
(GM)
52
-0
sols fins)
a s 00
0-
0
$ 0
> 2
d

a a Limite d7Atterbergau
GA 0 v
Les ClCments fins sont m dessus de A
Grave argileuse
cohCrents 4
(Voir classification des
(GC) a sols fins)

Tous les diamktre de * cu=- >4


Sb e
Dl 0
grains sont reprCsentCs
aucun ne prCdomine
Sable propre
bien graduC B
$
03
Y,

2
G
(SW)
-03
g l<Cc= b 3 0 P

DIO D60
<3

0- v,
-
s 0-
0
E 5 v, 0

A E
v,
Une dimension de grains Sm 4 v
g CJ Sable propre .- Une des conditions de
E v
ou un ensemble de 0
ma1 graduC E Gb non satisfaite
2 .$ g dimensions prCdominent (SP)
-5
j2.g
.o a y Lirnite d'Atterberg au
.- SL C
.z E:
g Les ClCments fins n'ont dessous de A
Sable limoneux
25 pas de cohbion (Voir classification des
-a 0
0
*
B
G
(SM)
5
5
sols fins
a s g*
-a2 0
0
2 SA
2
0 v
Limite d7Atterbcgau
Les ClCments fins sont a dessus de A
Sable argileux V)
cohCrents d
(Voir classification des
(SC) a sols fins)

Janvier 2005 19
Cours MCca Sol. ENIT M. Bouassida

1.5 Applications

1.5.1 Etablir les relations suivantes :

en divisant les deux termes du rapport par Vs on obtient

ou encore :

2 ) y = -w
= ws + ww -
-
(wrV',,.( 1 + WW/WS), d'oh
v vs + vv l + V v/ VS

En multipliant les deux termes du rapport par ( yw.ys.Vs) , on obtient:

Si le sol est sature, donc Sr = 1, on aura : e.y = o).ys.

Janvier 2005 2i
Cours MCca Sol. ENIT M. Bouassida

mais on a aussi: ys = yw.Gs, et d'aprks (lb) on obtient :


Yd = yw.Gs.(l - n)

on dkduit finalement d'aprks (2) et (4a) que:

5) y '= y - yw , d'apres (4c) on kcrit: y '= yd.(l + o - -)


yw ;
Yd
puis en substituant yd par (4a) on a :
l+e
y ' = yd.( 1 + o - yw -) ; comme le sol est saturk on a alors:
ys
e.yw = mys, on obtient:

1.5.2 :
Une argile saturb a un poids volumique y = 20 kN/m3 , et un poids volurnique des grains
solides ys = 27 kN/m3 . Dkterminer:
y ' , yd, W ,e et n , sachant que yw = 10 kN/m3.

Rkponses: y ' = 10 kN/m3 ; yd = 15,9 kN/m3 ; w = 25,9%, e = 0,7, n = 0,412.

1.5.3 :
Un kchantillon de sol a un poids volumique total de 22 kN/m3, et une teneur en eau de 14%.
Sachant que la gravitk spkcifique est de 2,65, calculer le poids volumique du sol sec, l'indice
des vides et le degrk de saturation.

Rkponses : yd = 19,3 kN/m3 ; e = 0,373, Sr = 0,998 ; (le sol est saturk).

Janvier 2005
CHAPITRE 2

STRUCTURE DES SOLS FINS

2.1 Introduction
2.2 Comportement des sols fins (en presence de l'eau)
2.3 Les argiles
2.4 Les limons et silts
2.5 Les sols organiques

2.1 Introduction

D'aprks le chapitre precedent, la distinction entre un sol grenu et un sol fin se fait a
partir de la plus grande dimension des grains qui les constituent. Lorsque cette dimension est
superieure a 80 1-1 il s'agit d'un sol grenu, dans le cas contraire il s'agit d'un sol fin.
Une autre manikre de distinguer ces deux categories de sols consiste a etudier d'une part la
structure de chacun d'eux c.8.d la forme des grains leur couleur et leur arrangement, d'autre
part le comportement de chaque sol en presence de l'eau. .
I

Pour un sol grenu les grains ont des dimensions variees, et en fonction de leur arrangement
1
l'etat de compacite change. Le sol est dit 15&e si le volume des vides est trks grand, dans le cas
contraire le sol est dit compact (ou serre). En presence de l'eau les proprietes gkotechniques
d'un sol pulverulent ne varient pas beaucoup. Par comparaison aux sols fins, il n'existe pas
d'eau adsorbee dans les sols grenus.
Pour un sol fin on verra, dans ce chapitre, que le comportement depend de sa composition
mineralogique, de sa teneur en eau, et de sa structure: notamment la fagon dont les particules
sont disposees les unes par rapport aux autres. Un petit aperqu sera consacre aux sols
organiques qui presentent une classe particuliere des sols fins.

2.2 Comportement des sols fins

Le comportement d'un sol fin depend beaucoup de sa teneur en eau en fonction de


laquelle il peut varier de l'etat solide a l'etat liquide. L'etat solide d'un sol fin peut etre avec
retrait ou sans retrait, ce phenomkne est la diminution de volume qui a pour consequence
I'elimination de l'eau adsorbee { 7 ) .
Dans les sols en place la teneur en eau naturelle est generalement situke entre la limite de
plasticit6 et la limite de liquidite, souvent elle est plus proche de la limite de plasticite. On
donne dans le tableau 1 quelques valeurs de la limite de liquidite, l'indice de plasticite, et la
teneur en eau pour des sols tunisiens (les donnkes sont choisies du laboratoire de-g
-' ,
de 1'E.N.I.T.). \ .

/ 1

Sols et provenance Limite de liquidite Indice de plasticite Teneur en eau


Argile de Tunis 59 39 35
Vase du lac sud 71 43 60
Argile de Mateur 85 56 35
Argiles de Bija 48 - 56 25 -3 1 25 - 27
Argile de Bizerte 78 41 32
Argile du sud tunisien 130 92 95

Tableau 1
L'eau joue un r81e important par son influence sur les forces qui s'exercent entre les particules.
Pour etudier ce phenomkne on fait intervenir la notion de surface specifique: c'est la somme
des surfaces des grains contenus dans un gramme de sol, elle est exprimte en m2/gr (7).
On distingue deux familles de sols fins, la premikre correspond aux sols non organiques a
savoir les argiles et limons (ou silts). La deuxikme famille correspond aux sols organiques tels
que les vases et tourbes.

2.3 Les argiles

La granulometrie de tels sols est inferieure a 2 p. Le comportement mecanique d'une argile


saturee est fortement influence par le type de sa structure cristalline de base. Les
caracteristiques d'une argile peuvent Etre connues avec precision par l'intermediaire d'une
analyse mineralogique.

2.3.1 La structure cristalline


Les particules d'argiles se presentent sous f o m e d'empilements de feuillets. Les mineraux qui
les constituent sont des silicates d'alumine hydrates provenant de la decomposition des
feldspaths et des micas (minkraux constitutifs des roches eruptives). Deux structures de base
interviennent dans la constitution des argiles:
- la silice tetraedrique: S i 0 2;
- l'hydroxyde d'aluminium octaedrique: Al(OH), .
Les feuillets de base octaedrique et tdtraedrique sont des ensembles cristallins plans.

Le feuillet tetrakdrique: sa structure est constituee B partir de la silice, un atome de silicium


entoure de quatre atomes d'oxygkne (figure la); ces derniers sont situks aux sommets d'un
tetraedre. Six molecules de silice foment une maille elementaire (figure 1b).
Un feuillet tetraedrique est constitue par un grand nombre de mailles dont la vue en plan est
representee sur la figure lc. La representation symbolique de ce feuillet est donnee sur la
figure Id.

. atome de silicium , atome d'oxygkne


atome d'oxygkne pouvant Etre mis-avec ceux d'une autre couche
- . --
Figure 1. Le feuillet tetraedrique - . . , .
* -
.,
Le feuillet octaedrique: Son element de base est l'hydroxyde d'aluminium. Chaque atome
d'aluminium est entoure de six autres atomes qui peuvent titre soient d'oxygene, soient de
groupements (OH). Dans ce feuillet il existe des atomes d'oxygene, posskdant une valence
libre, qui se superposent A ceux du feuillet tetraedrique. Ainsi ils permettent d'avoir des
liaisons covalentes entre les derrx feuilletd. -

+-
C . I

Le feuillet octaedrique est represent6 par b q w b e l e : .' . , .


\- ,reclr,

2.3.2 Les diffirents types d'argiles


I1 existe trois types qui sont les plus rencontrks : la kaolinite, la montmorillonite. et l'illite. La
bentonite, boue artificielle, constitue une varietk de rnontmorillonite.
-- '. I ' ,- 5 . . , -
2.3.2.1 La kaolinite : . # I . ,

Son feuillet resulte d'une liaison entre un feuillet tetraedrique et un feuillet octakdrique. Cette
liaison est assuree par les atomes d'oxygene (figure 2a).

Al 3A . Liaison forte 1 A = 104p


r

Liaison faible
..

Figure 2. La particule de ltaolinite

2.3.2.2 La montmorillonite :
Une particule de rnontmorillonite resulte de l'empilement de feuillets types dont la constitution
est indiquke sur la figure 3a. La liaison entre deux feuillets est du type hydrogene, donc elle est
tres faible de maniere que les molecules d'eau peuvent s'intercaler entre les feuillets (figure
3b). I1 peut y avoir meme cinq a six couches de molecules d'eau, d'ou les sols dont la teneur en
rnontmorillonite est ClevCe sont susceptibles de gonflements ou de retraits importants selon la
variation de laf eneur en eau. Les particules de montmorillonite sont chargkes klectriquement a
7
leurs extremites:' .* -

Liaison forte
:7--- --

~- ~ - ~ ~ * - Liaison faible

I P ~ -1

Figure 3. La particule de montmorillonite

2.3.2.3 L 'illite :
:: Sa structure est semblable a celle de la montmorillonite, mais en plus des ions potassium sont
intercalks entre les feuillets tetraedriques (figure 4). G r k e a Ges ionsnla liaison entre les
feuillets types est relativement forte, par consequent les m o l ~ c u l e sd'eau ne peuvent
pratiquement plus s'y intercaler.
- 1

- - Liaison assez forte

-1 + ions K+

Figure 4. Une particule d'illite

Remarqzre :
.. .' .l\
I1 y a aussi la chlorite dont la structure est analogue a l'illite mais au lieu des des ions K'
s'intercalent les ions de la brucite ou de la gibbsite.
Remarqzres :
Pour la montmorillonite et I'illite I'atome d'aluminium dans le feuillet octaedrique se trouve
sous forme d 1 ~ 1 3 +il , peut &tre remplace par d'autres ions tels que M ~ " . I1 en risulte un
disequilibre electrique qui sera compense par l'adsorption sur la surface de cations c a Z + ,K
',
~ e ~ + .
Aux extremites des particules il y a Cgalement des desCquilibres Clectriques et adsorption de
cations, ces derniers dits "Cchangeables" jouent un r61e important dans le comportement des
argiles.
Dans le tableau 2 on donne les psincipales caractiristiques des trois types d'argiles ci-dessus
presentees. D'apres ces valeurs on remarque que les particules de montmorillonite ont des
dimensions faibles a cause de la fragilite de leurs liaisons.

Surface specifique Diametre des Epaisseur des Epaisseur des


Type de sols
(m2/gr) pkqmttes (d) pkqaettes feuillets (10-'mm)
Kaolinite 10a20 0,3 p 83 p dl3 a dl10 7
Illite 80 a 100 0,l p a 2 p dl1 0 10
Montmorillonite 800 0,l p a 1 p dl1 00 10

Tableau 2. Caracteristiques des particules d'argiles, d'apres Philipponat (7)

1 -
2.3.3 L 'eau adsorbe'e /
1 -'

Les particules d'argiles s k tres plates, leur surface specifique est tres ClevCe. Elles peuvent
Ctre assimilees A des agrtgats ou les cations si3+, ~ 1 sont ~ ' situes au centre, et les anions
0 2 - , OH- sont situts sur toute la pCriphCrie des agregats. Ainsi les bords sont fortement
charges negativement et peuvent attirer des charges positives.
Dans la molecule d'eau, les centres des charges positives et negatives ne coi'ncident pas, la
molCcule est dite polaire. Donc il peut y avoir attraction et adsorption des molecules d'eau & l a
surface d'une particule d'argile. Apres hydratation plusieurs couches de molCcules d'eau-y
peuvent etre adsorbees, mais les forces d'attraction diminuent rapidement avec la distance.
Aaartir d'une distance egale a l p l'eau,est consideree comme libre (7). Ces molCcules sont
orlentees de faqon que le centre des ~ h a r g ~ ~ o s i t i soit
v e sdirigt vers la surface de la particule. ,
Cela montre bien la difference entre les proprietes physiques de l'eau adsorbee et celles de
l'eau libre. Parmi les proprietes de l'eau adsorbee on cite:
- une viscosite klevee;
- une elimination difficile: il faut porter le sol a des temperatures ClevCes, entre 200" et 300'
Celsius. ' I - . . '-' , -
2.3. LC Activite'
Les caracteristiques plastiques ne refletent pas parfois toutes les proprietes essentielles d'une
argile remaniee. Bjerrum et Skempton ont introduit un coefficient appele "activitk" pottr-
,
; - ,. lc t -. pwoir-classer les argiles, ce coefficient est defini par le rapport, Leonards (6) :
L.-

Indice de plasticite
Activite =
% de particules < 211

On distingue trois categories d'argiles suivant la valeur de ce rapport:


- l'activite est inferieure a 0,75: I'argile est dite inactive;
- l'activitk est comprise entre 0,75 et 1,25: I'argile est dite norrnale;
- l'activite est superieure a 1,25: l'argile est dite active.
D'apres cette classification on voit que l'argile presente une anomalie lorsqu'elle soit active ou
inactive.

2.4 Les limons et silts

Ces sols ne peuvent pas etre distinguis d'une argile a l'oeil nu. Leur granulometrie est
comprise entre les dimensions 2 p et 20 50p. I1 faut noter que les particules dont les
dimensions sont comprises entre 2 1 et 20 p ne conferent pas au sol des proprietes plastiques.
Cependant les limons contiennent une certaine proportion d'argile et presentent des proprietes
plastiques, Schlosser (9).

2.5 Les sols organiques

Un sol organique contient en plus des grains et de l'eau une proportion appreciable de debris
plus ou moins dCcomposCs de matieres d'origine animale ou vegktale. I1 est genkralement tres
compressible et a une odeur caracteristique. En gCnCral il existe deux types de sols organiques:
la tourbe et la vase.

La tourbe: C'est un ddp6t form6 de debris vegetaux soumis a une dkcomposition rapide dans
un site aquatique. La tourbe a une structure fibreuse, et une couleur brune ou noiriitre.
La vase: C'est un dep6t d'un sol fin contenant des coquillages d'origine animale en proportions
variables. La vase, qui est un sol typique de la ville de Tunis, a une couleur grisiitre.
Pour des informations plus completes sur cette classe de sols on pourra consulter (6).
Cours Méca Sol. ENIT M. Bouassida

CHAPITRE 3

LA MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS APPLIQUEE AUX SOLS

3.1 Introduction
3.2 Notion de contrainte - Equations d’équilibre
3.3 Répartition des contraintes autour d’un point
3.4 Cercle de Mohr
3.5 Notion de déformation
3.6 Relation contraintes-déformations
3.7 Applications pour le calcul des contraintes dans les sols
3.8 Calcul des contraintes dues aux surcharges dans les sols
3.9 Notions de rhéologie des sols

3.1 Introduction

On assimile les sols comme étant des massifs semi-infinis ou finis à deux ou à trois
dimensions, en pratique on considère toujours (sauf cas contraire) les massifs à deux
dimensions. Ces massifs, assimilés à un milieu continu, peuvent être soumis à divers types de
sollicitation (figure 1) :
- les forces massiques :
∗ pesanteur : W
∗ poussée d' écoulement d' eau : E W
- les charges surfaciques :
∗ ponctuelles : Pi
∗ réparties : qi

P2
P1
q1
q2
EW

W
Figure 1. Types de sollicitation appliqués sur un massif de sol

L'étude du massif par la mécanique des sols consiste à déterminer sa réaction sous les
sollicitations qui s'y exercent, et de vérifier si sa stabilité est assurée ou non. A cet effet on
s'intéresse aux contraintes et aux déformations qui sont provoquées dans le sol sous l'action
des sollicitations extérieures comme l'indique le schéma suivant :

Sollicitations extérieures ⎯⎯→ Contraintes ⎯⎯→ Déformations

Janvier 2005 29
Cours Méca Sol. ENIT M. Bouassida

On fait alors des hypothèses sur le comportement du sol qui se traduisent par des relations
contraintes-déformations, on en distingue deux cas :

- lorsque les sollicitations sont faibles par rapport à la résistance du sol, les déformations sont
faibles, elles sont donc proportionnelles aux forces appliquées, on utilise dans ce cas la
théorie d'élasticité linéaire ;

- lorsque les sollicitations sont très importantes, elles engendrent des déformations jusqu'à
provoquer la rupture du sol, on applique dans ce cas la théorie de la plasticité.

3.2 Notion de contrainte - Equations d'équilibre

3.2.1 Notion de contrainte

Pour un matériau, c'est une notion fictive analogue à celle de la tension d'un fil.
Un fil souple tendu et rectiligne est en équilibre sous l'action de deux forces extérieures
égales appliquées à ses extrémités. En coupant ce fil par un plan (A) en deux parties (I) et (II),
sur la surface de coupure δS (très petite assimilée à un point) la partie (II) exerce une force
sur la partie (I). Cette force est par définition la tension du fil dont la direction est celle du fil
(figure 2).

P
(II) T

M δS M

fil souple
A
(I)
P P

Figure 2. Tension dans un fil

De la même manière, soit un solide quelconque à la surface duquel s'exercent des forces.
En coupant ce solide par un plan fictif (A), sur la surface de coupure S la partie (II) exerce
des forces sur la partie (I).
Soit un point M d'une portion de surface δS entourant le point M sur S. Sur δS la force
exercée par la partie (II) est δP dont la direction n'est pas connue à priori (figure 3). On
appelle contrainte au point M sur la facette δS le vecteur:

p = δP
δS

La contrainte est une fonction du point M considéré et de la facette passant par ce point.
La contrainte p se décompose en une contrainte normale σ suivant la normale MN à la
facette, et en une contrainte de cisaillement τ suivant le plan de la facette.

Janvier 2005 30
Cours Méca Sol. ENIT M. Bouassida

δP
δP σ
(II) N
δS S
M
N
A
(I) (I) δS τ
M

Figure 3a. Contrainte dans un solide Figure 3b. Décomposition d’une contrainte

Pour déterminer les contraintes qui s'exercent sur toutes les différentes facettes autour d'un
point M, on montre qu'il suffit de connaître en ce point les six valeurs suivantes :

σx , σ y , σz , τxy = τyx , τzx = τxz , τyz = τzy (1)

c.à.d. les composantes des contraintes qui s'exercent sur les faces d'un cube centré au point M,
et dont les arêtes sont parallèles aux axes Ox, Oy et Oz (figure 4). Ces valeurs représentent les
termes du tenseur de contrainte σ qui s'écrit sous la forme :

⎛ σxx σxy σxz ⎞


⎜ ⎟ σij est la composante appliquée sur la facette
σ = ⎜ σ yx σ yy σ yz ⎟
⎜σ σzy σzz ⎟⎠
perpendiculaire à l’axe (i) parallèlement à l’axe (j).
⎝ zx

σz
τzx
τzy
τyx
τxy M σy
τyz
z σx τxz
O
x y

Figure 4. Etat de contrainte autour d'un point

p = σ1, σ2 ou σ3

Figure 5. Plan principal et contrainte principale

Janvier 2005 31
Cours Méca Sol. ENIT M. Bouassida

Sur une facette dont le vecteur normal unitaire a pour composantes (a, b, c), la contrainte p a
pour composantes :

px = a.σx + b. τxy + c.τxz


p y = a.τyx + b.σy + c.τyz
pz = a.τzx + b.τzy + c.σz

En tout point il existe trois plans privilégiés pour lesquels la contrainte est uniquement
normale (τ = 0) , ils sont appelés plans principaux. Leurs directions normales sont les
directions principales qui sont perpendiculaires deux à deux (figure 5); et les contraintes
correspondantes notées: σ1 , σ2 , σ3 sont dites principales.
3.2.2 Les équations d'équilibre

L'état de contrainte caractérisé par les six quantités précédemment introduites : σx , σ y , σz ,


τxy , τyz , τzx , est variable d'un point à l'autre. Soit un milieu bidimensionnel où on considère
un carré élémentaire, dont les côtés sont parallèles aux axes Ox et Oy, et ont pour dimensions
dx et dy (figure 6). Sur chaque côté s'exercent des contraintes et des forces, calculons les pour
le côté de milieu M1 de coordonnées (x + dx , y) .
2

y
M4

∂σx dx
dy M M1
− (σx + )
M3 ∂x 2
∂τ dx
− (τxy + xy )
M2 ∂x 2
x
dx

Figure 6. Etat de contrainte dans un carré élémentaire

Les contraintes qui s'exercent en M sont : σx , σ y et τxy , celles qui s'exercent en M1 sont :

∂σx dx
σ = σx +
∂x 2
∂τxy dx
τ = τxy +
∂x 2

Ainsi la force s'exerçant sur le côté de milieu M1 a pour composantes suivant Ox et Oy :

Janvier 2005 32
Cours Méca Sol. ENIT M. Bouassida

⎧ ⎛ ∂σx dx ⎞
⎪ − ⎜ σx + ∂x 2 ⎟ dy
⎪ ⎝ ⎠
(M1) ⎨
⎪ − ⎛⎜ τ + ∂τxy dx ⎞⎟ dy
⎪⎩ ⎜⎝ xy ∂x 2 ⎟⎠

De la même façon, on détermine les forces s'exerçant sur les côtés de milieux M 2 , M3 , et
M 4 , elles ont pour composantes :

⎧⎛ ∂τxy dy ⎞
⎪⎜⎜ τxy − ∂y 2 ⎟⎟ dx

(M 2) ⎨⎝ ⎠
⎪⎛⎜ σ − ∂σ y dy ⎞⎟ dx
⎪⎜⎝ y ∂y 2 ⎟⎠

⎧⎛ ∂σx dx ⎞
⎪⎜ σx − ∂x 2 ⎟ dy
⎪⎝ ⎠
(M3) ⎨
⎪⎛⎜ τ − ∂τxy dx ⎞⎟ dy
⎪⎩⎜⎝ xy ∂x 2 ⎟⎠
⎧ ⎛ ∂τxy dy ⎞
⎪ − ⎜⎜ τxy + ∂y 2 ⎟⎟ dx

(M 4) ⎨ ⎝ ⎠
⎪ − ⎛⎜ σ + ∂σ y dy ⎞⎟ dx
⎪ ⎜⎝ y ∂y 2 ⎟⎠

Sur la partie du solide délimitée par le carré peuvent aussi s'exercer des forces de volume (la
pesanteur par exemple), on suppose que par unité de surface ces forces ont pour composantes
en M : (X(x,y), Y(x,y)). Toutes les forces appliquées à l'élément de solide ont une résultante
nulle, on obtient suivant Ox :

⎛ ∂σ ⎞ ⎛ ∂τ dy ⎞ ⎛ ∂τ dy ⎞ ∂σ
− ⎜ σx + x dx ⎟dy + ⎜⎜ τxy − xy ⎟⎟dx − ⎜⎜ τxy + xy ⎟⎟dx + ⎛⎜ σx − x dx ⎞⎟dy + Xdxdy = 0
⎝ ∂x 2 ⎠ ⎝ ∂y 2 ⎠ ⎝ ∂y 2 ⎠ ⎝ ∂x 2 ⎠

en divisant par (dxdy), on obtient :

∂σx ∂τxy
+ =X (1)
∂x ∂y

suivant Oy, on obtient de la même manière l'équation :

∂τxy ∂σ y
+ =Y (2)
∂x ∂y

Les équations (1) et (2) régissent l'équilibre d'un corps solide dans le cas bidimensionnel.
Dans le cas du milieu à trois dimensions, les équations d'équilibre s'écrivent :

Janvier 2005 33
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∂σx ∂τxy ∂τxz


+ + =X
∂x ∂y ∂z
∂τxy ∂σ y ∂τyz
+ + =Y
∂x ∂y ∂z
∂τxz ∂τyz ∂σz
+ + =Z
∂x ∂y ∂z

Si les forces de volume se réduisent uniquement à la force de pesanteur en prenant l'axe


vertical ascendant, on a donc : X = Y = 0 , Z = −γ

3.3 Répartition des contraintes autour d'un point

Convention de signe: Comme les sols résistent très peu à la traction, cette résistance est
négligée. On convient alors de compter positivement les contraintes de compression en
mécanique des sols (en mécanique des milieux continus on utilise la convention opposée: la
traction est comptée positive, la compression est comptée négative.

Soit AA' une facette orientée autour d'un point M, elle est définie par la normale MN orientée

vers l'intérieur du solide telle que (figure 7a) : (MX n , MX t ) = − π .
2

A τ M A'
Xt
β
σ
P
Xn

(a) (b)
Xt

P P
β<0 β>0
Traction Compression Xn

(c)

Figure 7. Définition d'une facette et convention de signe

On travaille dans le plan (X n, X t )

en compression σ > 0 en traction σ < 0


τ > 0 si β > 0 τ > 0 si β < 0
τ < 0 si β < 0 τ < 0 si β > 0

Janvier 2005 34
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Considérons un solide bidimensionnel soumis à l'action de forces extérieures. La


détermination des efforts intérieurs en un point M du solide peut être faite en isolant un
prisme autour de M délimité par (figure 8) :
- Deux facettes principales :
(D1p) : la direction principale maximale où agit la contrainte principale maximale σ1 ,
(D3p) : la direction principale minimale où agit la contrainte principale minimale σ3 ,
avec : σ1 > σ3
- Une facette AA' de longueur dS, orientée d'un angle α par rapport à la direction (D1p) .

(Dp1)
Xt α
A
σ dS p dS

σ1 dS cosα M O τd
S
A'
(Dp3)

Xn σ3 dS sinα

Figure 8. Etat de contrainte autour d'un point

On se propose d'étudier l'état de contrainte sur la facette AA' lorsque celle-ci tourne autour du
point M. L'équilibre du prisme, par projection sur les axes (X t ) et (Xn ) des forces appliquées
amène au système suivant, ∀ dS :

⎧ τ = (σ − σ ). sin 2α
⎪⎪
1 3
2
⎨ (3)
⎪ σ = σ1 + σ3 + (σ − σ ). cos 2α
⎪⎩ 2 1 3
2

On désigne:
σ1 + σ
La contrainte normale moyenne par : σm =
2
σ1 − σ3
Le déviateur des contraintes par : τm =
2
La courbe définie dans le plan (Oσ,Oτ) par le système (3) est un cercle dont l'équation est:

(σ − σm)2 + τ2 = τ2m

Ce cercle a pour centre le point O' de coordonnées (σm,0) , et son rayon est égal à τm , c'est
le cercle de Mohr.

Janvier 2005 35
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3.4 Cercle de Mohr

3.4.1 Propriétés

Théorème 1 :
Lorsque la facette AA' tourne autour de M selon un axe de rotation orienté σ2
(σ3 < σ2 < σ1) le point figuratif J(σ,τ) des contraintes décrit un cercle appelé cercle de
Mohr, dont l'axe est celui des contraintes normales.
Théorème 2 :
Lorsque le plan de la facette AA', passant par une direction principale, tourne d'un angle α
autour de cette direction le point représentatif du vecteur contrainte sur le cercle de Mohr
tourne d'un angle 2α.
En effet, en écrivant le système (3) sous la forme suivante:

⎧ (σ − σm)
⎪⎪ τm = cos 2α

⎪ τ = sin 2α
⎪⎩ τm

On vérifie facilement ce résultat à partir de la figure 9.

τ
J
τ
J'
A β
2α σ
O σ3 σ σ1
O'
A'

Figure 9. Représentation du cercle de Mohr et du vecteur contrainte

Application: D'après la figure 8, la facette sur laquelle s'applique le vecteur OJ fait un angle α
par rapport à (D1p) (figure 7).
Théorème 3 :
Si on porte la facette AA' sur l'axe (Oτ), OJ représente la contrainte sur AA' qui fait un angle

β = (Oσ , Oτ) par rapport à la normale de AA'.
Remarque importante :
Il ne suffit pas de connaître l'inclinaison orientée d'une contrainte pour la déterminer et la
facette sur laquelle elle agit, il faut en plus connaître l'angle que fait la facette par rapport à un
plan repéré sur le cercle de Mohr. Par exemple, la contrainte est définie par le vecteur OJ'
(figure 9) si l'angle que fait la facette AA' avec (D1p) est:

Janvier 2005 36
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(O' σ , O' J' )
α=
2
3.4.2 Etats de contrainte particuliers

* Contrainte principale σ1

τ
(Dp3)

σ1 σ1 (Dp1)
Xt
σ

α=0 Xn

* Valeur maximale de τ

τ (Dp3)

β
β
(Dp1)
σ
Xt Xn
α = π/4

α= π
4

Il existe d'autres états de contrainte particuliers tel que celui de la contrainte principale σ3 .

3.4.3 Méthode du pôle

Elle se base sur la propriété suivante: soient deux plans quelconques (PX) et (PY) passant par
la direction principale (D2p) au point M, les points J X et J Y représentatifs des contraintes
s'exerçant sur les plans (ou facettes) (PX) et (PY) sont situés sur le cercle de Mohr et l'angle

(P0J X , P0J Y) a la même mesure que l'angle fait entre les directions des plans (PX) et (PY) .

Détermination du pôle (figure 10):


Du point J X on mène la parallèle à la trace du plan (PX) , cette droite recoupe le cercle en un
point P0 appelé pôle. Pour déterminer la contrainte s'exerçant sur le plan (PY) , il suffit de
mener à partir du pôle P0 la parallèle à la trace du plan (PY) ; l'intersection, autre que le point
P0 , de cette droite avec le cercle de Mohr donne J Y qui est le point représentatif de la
contrainte s'exerçant sur (PY) .

Janvier 2005 37
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Remarque: On peut déterminer inversement les directions des plans sur lesquels agissent leurs
états de contrainte respectifs en joignant le pôle aux points représentatifs des contraintes sur
le cercle, c'est le cas pour les directions principales (D1P) et (D3P) déterminées sur la (figure
10).

τ (PY)
(Dp3)
JY

σ3 σ1 (PX)
σ

JX
(Dp1)
P0

Figure 10. Détermination de l'état de contrainte par la méthode du pôle

Vérification de la méthode du pôle


Soient J X et J Y les points représentatifs sur le cercle de Mohr des contraintes OJ X et OJ Y
agissant respectivement sur les plans (PX) et (PY) , faisant entre eux un angle α. D'après le

théorème 2, l'angle (O' J X , O' J Y) est égal à 2α (figure 11). Soit P0 le point obtenu sur le

cercle par la méthode décrite ci-dessus, et posons : β = (P0J X , P0J Y) .

τ
JX
JY


σ
O β x
P0 O'

Figure 11. Vérification de la méthode du pôle

En considérant d'une part le triangle isocèle O' J X P0 , on a : 2x + 2α + θ = π ,


et d'autre part le triangle isocèle O' J Y P0 , on a : 2(β + x) + θ = π d'où β = α ,
on conclut alors que le point P0 est le pôle en question; en effet l'angle β séparant les
directions (P0J X) et (P0J Y) est l'angle α situé entre les directions sur lesquelles agissent les
contraintes OJ X et OJ Y .

Janvier 2005 38
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Exemple d'application: Cas d'une barre bidimensionnelle en traction simple


Soit une barre bidimensionnelle soumise sur ses bases à une traction uniforme σ1 . Sur ses
bords latéraux ne s'exerce aucune contrainte (σ3 = 0) . L'état de contrainte dans la barre est
homogène: c à d. qu'en tout point M la contrainte s'exerçant sur un plan horizontal y est
normale et a pour valeur σ1 ; tandis que sur un plan vertical les contraintes sont nulles. Cet
état est représenté par le cercle de traction simple (figure 12).
Cherchons la contrainte qui s'exerce sur le plan (PX) faisant l'angle θ avec l'horizontale.

τ
PY
τ
σ1
θ

I σ O σ
σ3 = 0
M σ1
(PY) 2θ
(PX)
σ1
−τ
PX

Figure 12. Etat de contrainte dans une barre soumise à une traction simple

Le point représentatif sur le cercle est le point PX tel que : Θ(σ1I PX) = 2θ , d'où on a :

(1 + cos 2θ) τ = −σ1 sin 2θ


σ = −σ1
2 2

La contrainte qui s'exerce sur le plan (PY) perpendiculaire à (PX) correspond au point
représentatif PY diamétralement opposé au point PX sur le cercle. La contrainte de
cisaillement sur le plan (PY) est l'opposée de celle qui s'exerce sur le plan (PX) . D'où la
propriété suivante :
Sur deux plans perpendiculaires les contraintes de cisaillement qui s'y exercent sont égales et
de signes opposés. On peut vérifier cette propriété pour les états de contrainte représentés sur
les figures 4 et 6.

3.5 Notion de déformation

Un solide soumis à l'action de forces se déforme. On se propose de définir l'état de


déformation autour d'un point M. Soit un solide (S) que nous étudions avant et après
déformation. Soit l'élément linéaire MN choisi autour de M; après déformation cet élément se
transforme en M'N' (figure 13). Par rapport au repère Oxyz les coordonnées de ces points sont
les suivantes :

M(x, y, z) M' (x + w x, y + w y, z + w z)
N(x + dx, y + dy, z + dz) N' (x + dx + w x, y + dy + w y, z + dz + w z)

Janvier 2005 39
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où w x , w y et w z sont les composantes du déplacement du point M.

(S) dr N
(S')
N M
O M ξ
N' M' N'
y dr'
x M'

Figure 13. Déformation d'un solide (S)

En première approximation on écrit :

∂w x ∂w x ∂w x
dw x = dx + dy + dz
∂x ∂y ∂z
∂w y ∂w y ∂w y
dw y = dx + dy + dz
∂x ∂y ∂z
∂w z ∂w z ∂w z
dw z = dx + dy + dz
∂x ∂y ∂z

On n'étudie que les petites déformations. Pour l'élément MN elles sont de deux types:
- une déformation linéaire ε qui est la variation de sa longueur, on a:

MN = dr M' N' = dr' d’où : ε = dr'−dr


dr

-une déformation angulaire (ou distorsion) qui est le changement de direction de MN, elle est
définie à partir de l'angle :


ξ = (MN , M' N' )

Pour déterminer les déformations autour d'un point, il suffit de connaître les six valeurs
suivantes qui sont les composantes du tenseur de déformation ε :

ε x , ε y , εz , ξxy = ξ yx , ξzx = ξxz , ξ yz = ξzy

On montre que ces quantités s'expriment en fonction des déplacements w x , w y et w z , on a:

∂w x ∂w y ∂w z
εx = , εy = ,ε =
∂x ∂y z ∂z

Janvier 2005 40
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⎛ ∂w x ∂w y ⎞ ⎛ ∂w x ∂w y ⎞ ⎛ ∂w x ∂w y ⎞
ξxy = 1 ⎜⎜ + ⎟⎟ , ξzx = 1 ⎜⎜ + ⎟⎟ , ξ yz = 1 ⎜⎜ + ⎟
2 ⎝ ∂y ∂x ⎠ 2 ⎝ ∂y ∂x ⎠ 2 ⎝ ∂y ∂x ⎟⎠

La variation de volume d'un petit élément autour du point M est :


ΔV = ε + ε + ε
x y z
V

Comme pour les contraintes, il existe en tout point trois directions privilégiées pour lesquelles
les déformations angulaires sont nulles (ξ = 0) , ces directions sont appelées directions
principales de déformation, elles coïncident avec les directions des contraintes principales.
Les déformations principales sont notées : ε1 , ε2 , ε3 .
3.6 Relations contraintes-déformations

La théorie des milieux continus montre que pour déterminer l'état de contrainte et de
déformation dans un solide soumis à l'action de forces extérieures, il est nécessaire d'avoir des
relations supplémentaires entre les contraintes et les déformations qui traduisent le
comportement du matériau, c à d sa réponse lors d'un chargement; ces relations s'appellent
lois de comportement.
On présente trois lois de comportement élémentaires (figure 14) qui peuvent schématiser
certains aspects relatifs au comportement des sols. Ces lois sont représentées dans le cas d'un
chargement à un seul paramètre (cas uni axial ou unidimensionnel).

3.6.1 Application de l'élasticité

L'élasticité linéaire et isotrope dans un solide se traduit par la linéarité et la réversibilité des
déformations, elle s'exprime par la loi de Hooke qui se traduit par les deux équations:

σ σ ε σ

σS

ε = cte
ε ε ε

Elasticité linéaire Viscoélasticité Elastoplasticité parfaite

Modèles η σS
analogiques K K K

(a) Ressort (b) Ressort et amortisseur (c) ressort et patin en sèrie

Figure 14. Exemples de lois de comportement schématisées dans le cas d'une sollicitation
unidimensionnelle

Janvier 2005 41
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E
σoct = K.εoct où K = est le module de compressibilité,
3(1 − ν)

E
τoct = G.ξoct où G = est le module de cisaillement,
2(1 + ν)

E et ν sont respectivement le module de Young et le coefficient de Poisson, σoct et τoct


sont les composantes octaédriques de l'état de contrainte définies par :
- la contrainte normale octaédrique, ou contrainte moyenne (ou sphérique) :

σ1 + σ2 + σ3
σoct =
3

- la contrainte de cisaillement octaédrique ou contrainte déviatorique :

12
⎡ (σ − σ2)2 + (σ2 − σ3)2 + (σ3 − σ1)2 ⎤
τoct =⎢ 1 ⎥
⎣ 3 ⎦

εoct et ξoct sont de même les composantes octaédriques de l'état de déformation définies,
comme pour le tenseur de contrainte, par :

ε1 + ε2 + ε3
εoct =
3

12
⎡ (ε1 − ε2)2 + (ε2 − ε3)2 + (ε3 − ε1)2 ⎤
ξoct =⎢ ⎥
⎣ 3 ⎦

Remarque :
Les déformations volumiques sont disjointes des déformations de distorsion, ces dernières ne
sont dues qu'aux contraintes de cisaillement.
Les six relations entre les contraintes et les déformations sont:

σx − ν(σ y + σz)
εx =
E
σ y − ν(σx + σz)
εy =
E
σz − ν(σx + σ y)
εz =
E (4)
2(1 + ν)
ξxy = τxy
E
2(1 + ν)
ξzx = τzx
E
2(1 + ν)
ξ yz = τyz
E

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3.6.2 Viscosité - Viscoélasticité

Pour un fluide le comportement visqueux se traduit par la relation :

τ = η.ξ (5)
où:
η est le coefficient de viscosité,
τ est la contrainte de cisaillement,
ξ est la vitesse de distorsion.
Le modèle correspondant est l'amortisseur à huile ou dashpot.
Pour les solides la viscosité est couplée avec un autre comportement tel que l'élasticité, dans
ce cas on a le modèle viscoélastique (ressort en parallèle avec l'amortisseur). Sur la courbe
contrainte-déformation, à vitesse de déformation constante (ε = cte) , la contrainte augmente
avec la distorsion. Lorsque la contrainte σ est appliquée rapidement puis elle est maintenue
constante, la déformation augmente dans le temps, dans ce cas le matériau présente le fluage.

3.6.3 Introduction à la plasticité


Le comportement plastique d'un solide est caractérisé par l'apparition de déformations
permanentes sans fissuration. Ce comportement peut être schématisé par un patin dans le cas
de la plasticité parfaite (figure 14c). Les déformations permanentes n'apparaissent qu'au delà
d'un certain seuil en dessous duquel les déformations restent élastiques. La frontière du
domaine élastique est définie par un critère de plasticité qui est généralement fonction des
contraintes principales et de paramètres d'écrouissage Ai, il s'écrit sous la forme :

f (σ1, σ2, σ3) < 0

Dans le diagramme de Mohr il est possible de représenter ce critère par une courbe
intrinsèque, qui sépare la zone des contraintes possibles de la zone des contraintes
impossibles (figure 15). Cette notion de courbe intrinsèque sera bien développée dans le
chapitre résistance au cisaillement des sols.

Figure 15. Courbe intrinsèque d'un sol

Janvier 2005 43
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3.7 Applications pour le calcul des contraintes dans les sols

3.7.1 Contraintes dans le sol

Soit un sol saturé, les contraintes qui y sont appliquées sont réparties entre le squelette solide
et l'eau.
- Dans un liquide (pour notre cas c'est l'eau) les contraintes qui existent sont les pressions c à
d. des contraintes qui s'exercent suivant la normale de toute facette, elles n'admettent pas une
composante de cisaillement, donc: τ = 0 . En un point, la pression est constante et est positive
quelque soit la facette considérée. Dans un sol, cette contrainte due à l'eau, notée u, s'appelle
la pression interstitielle.
- Dans le squelette solide sur toute facette s'exerce une contrainte normale notée σ', et une
contrainte de cisaillement notée τ', appelées contraintes effectives. On note que ces
contraintes ne peuvent être définies que si l'aire de la facette considérée est suffisamment
grande par rapport aux dimensions des grains.
Donc si les contraintes totales qui s'exercent sur l'ensemble des deux phases (squelette solide
et eau) sur une facette sont σ et τ, on a la relation importante de Terzaghi:

σ = σ' + u

τ = τ'

3.7.2 Calcul des contraintes dues à la pesanteur à partir des équations d'équilibre

3.7.2.1 sol indéfini à surface horizontale


Soit un massif de sol indéfini à surface horizontale soumis uniquement à l'action de la
pesanteur, son poids spécifique total est γ, (figure 16a). Déterminons l'état de contrainte en un
point M du massif.

x
O H1 γ1

γ σz H2 γ2

M
Hn γn
y
(a) (b)

Figure 16. Sol indéfini à surface horizontale.

D'après la symétrie du problème les contraintes σx et σz sont principales, en effet τzx = 0 ;


les équations d'équilibre sont :
∂σx
=0
∂x
∂σz

∂z

Janvier 2005 44
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D'où on obtient :
σx = f(z)
σz = γ.z

Dans le cas d'un massif avec plusieurs couches (figure 16b), on a:

σz = ∑ γi.Hi
Cependant la détermination de la contrainte σx nécessite la connaissance de la loi de
comportement du sol. Par exemple si le sol est élastique linéaire, et en tout point du massif la
déformation latérale ε x est nulle, d'après les relations (4) on obtient :

σx = −ν.σz

Exemple de calcul des contraintes effectives


Soit un sol indéfini à surface horizontale submergé, l'eau étant à la hauteur H au dessus du sol
(figure 17).
A la profondeur z, la contrainte verticale totale a pour valeur :

σz = γ W.H + γ.z

La pression de l'eau est :

u = γ W.(H + z)

Donc la contrainte effective est :

σ'z = σz − u = (γ − γ W).z = γ'.z

Le calcul d'une contrainte effective doit toujours s'effectuer par différence entre la contrainte
totale et la pression interstitielle :
σz u σ'z

Eau H
γWH γWH

Sol z

γW(H + z) γ'z γW(H + z) γ'z

Figure 17. Calcul de la contrainte effective

Janvier 2005 45
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3.7.2.2 Sol indéfini à surface inclinée


Soit un sol indéfini, de poids spécifique γdont la surface plane fait un angle a avec
l'horizontale; cherchons la contrainte qui s'exerce sur une facette parallèle à la surface
inclinée (figure 18). Dans ce cas les équations d'équilibre s'écrivent:

∂σx ∂τxz
+ = −γ. sin α
∂x ∂z
∂σz ∂τxz
+ = γ. cos α
∂z ∂x

O α p = γ.z1
z1
H
γ pb

Figure 18. Massif de sol à surface inclinée

Pour ce problème, l'état de contrainte en un point c à d. : σx , σz , et τxz , est indépendant de


x, donc on écrit :

∂σx ∂τxz
=0 , =0
∂x ∂x

L'intégration des équations d'équilibre donne alors:

σz = γ.z1. cos α
τxz = −γ.z1 sin α

Mais pour déterminer σx , il faut connaître la loi de comportement du sol. La contrainte


recherchée est verticale, sa valeur est :

p = γ.z1 = γ.H. cos α

On se propose de déterminer la contrainte s'exerçant sur une facette verticale, en supposant


que σx est connue par la loi de comportement du sol.
Soit J le point représentatif de la contrainte p = γ.z1 , agissant sur la facette parallèle à la
surface inclinée, qui appartient au cercle de Mohr donnant l'état de contrainte au point M. On
peut déterminer alors le point représentatif J' de la contrainte s'exerçant sur une facette
perpendiculaire à la facette où s'exerce la contrainte p; sur cette facette la contrainte normale

Janvier 2005 46
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vaut σx et la contrainte de cisaillement vaut (−τxz) (voir § 3.4.3), on trace alors le cercle de
Mohr de centre O' tel que : O' J = O' J' .
Pour déterminer la contrainte s'exerçant sur une facette verticale on utilise la méthode du
pôle. Du point J on mène la parallèle à la surface inclinée qui coupe le cercle au point P0 qui
est le pôle, à partir de P0 on mène la verticale (la parallèle à la facette verticale), l'intersection
avec le cercle donne le point J1 , qui donne la contrainte pb = OJ1 s'exerçant sur la facette
verticale au point M (figure 19).
Remarque :
La contrainte p est parallèle à la facette verticale où s'exerce la contrainte pb , en plus la
contrainte pb est parallèle à la facette parallèle à la surface inclinée où s'exerce la contrainte
p. Dans ce cas on dit que les contraintes p et pb sont conjuguées, comme chacune de ces
contraintes est parallèle à la facette sur laquelle s'exerce l'autre contrainte.

τ
τzx J
p
P0
β σx σ
O σz
pb O'
J1

−τzx
J'

Figure 19. Etat de contrainte dans un massif de sol à surface inclinée

3.8 Calcul des contraintes dues aux surcharges dans les sols

Nota: Les résultats présentés dans ce paragraphe serviront notamment pour le calcul du
tassement d'une couche compressible, sous l'action d'une surcharge appliquée sur le sol.

3.8.1 Cas d'un sol à surface uniformément chargée


Soit un sol de poids spécifique γ, à surface horizontale uniformément chargée par une
pression p (figure 1). La contrainte verticale à une profondeur z est principale, son expression
est :

σz = γ.z + p (6)

Ce résultat, obtenu à partir des équations d'équilibre, est indépendant de la loi de


comportement du sol.

Janvier 2005 47
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p
O x

z z
γ
σz

Figure 20. Contrainte due au poids du sol dans un massif à surface horizontale

Comme la charge s'étend indéfiniment suivant l'horizontale, la déformation latérale est nulle
en tout point. Si la charge est appliquée sur une surface finie, ce résultat reste valable lorsque
la surface chargée est de grandes dimensions par rapport à la profondeur considérée z; et on
admet que la déformation latérale est nulle.

3.8.2 Calcul des contraintes

Lorsque le chargement n'est plus uniforme, le calcul de la contrainte verticale nécessite la


donnée d'une loi de comportement, la loi usuelle est l'élasticité linéaire qui permet
d'appliquer le principe de superposition. On se servira de la formule de Boussinesq.

3. 8. 2. 1 Le principe de superposition
Si dans un milieu, à l'état de contrainte (Σ1) correspond l'état de déformation (Ε1) , et à l'état
de contrainte (Σ2) correspond l'état de déformation (Ε2) , alors à l'état de contrainte (Σ1 + Σ2)
correspond l'état de déformation (Ε1 + Ε2) :

γ σz γ.z γ Δσz
z γ=0

Sol pesant Sol pesant Sol non pesant

Figure 21. Le principe de superposition appliqué au cas d'un massif de sol pesant

(Σ1) ⇒ (Ε1) ⎫

⎬ ⇒ (Σ1 + Σ2) ⇒ (Ε1 + Ε2)
(Σ2) ⇒ (Ε2) ⎪⎭

Pour l'exemple de la figure 21, on a :

σz = γ.z + Δσz

Janvier 2005 48
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où Δσz est l'excès de contrainte dû aux charges appliquées à un milieu élastique non pesant.

3.8.2.2 Formule de Boussinesq


Elle permet de calculer la contrainte verticale en tout point d'un milieu semi-infini supposé
homogène élastique non pesant, soumis à l'action d'une force verticale P (figure 22) :

3P z3
Δσz = (7)
2π (r 2 + z 2)5 2

Cette formule s'écrit également :

N.P
Δσz =
z2
Avec :
3 1
N=
(
2π 1 + ( r z )2 )
52

r
L'abaque n° 1 donne la variation du facteur sans dimension N en fonction du rapport .
z

z R
Δσz
r

Figure 22. Contrainte verticale due à une charge ponctuelle

L'expression (7), présente l'intérêt d'être indépendante des caractéristiques du sol E et ν. Mais
l'état de contrainte au point M dépend du coefficient de Poisson ν, en posant :

l = (r 2 + z 2)1 2

On a :

3P z3
Δσz =
2π l5

3P z 2 r
Δτxz =
2π l5

Janvier 2005 49
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P ⎛ 3z 2r 1 − 2ν ⎞
Δσx = ⎜ − ⎟
2π ⎜⎝ l5 l.(l + z) ⎟⎠

3.8.3. Contraintes dues à des distributions de charges verticales dans un massif semi-infini
élastique linéaire

A partir de la formule de Boussinesq on détermine par intégration, et en appliquant le


principe de superposition, l' excès de contrainte verticale Δσz dans un massif semi-infini
élastique non pesant, dû à différentes distributions de charges verticales.

3.8.3.1 Cas d'une charge rectangulaire uniforme


L'excès de contrainte Δσz sous le coin d'une telle répartition de charge (figure 23) est donnée
par l'expression :

Δσz = K.p

où K est un facteur sans dimension déterminé à partir de l'abaque n°2 en fonction des
a b
paramètres permutables : m = et n = .
z z

z Δσz

Figure 23. Contrainte due à une charge rectangulaire uniforme

La contrainte à l'aplomb d'un point quelconque A est obtenue en construisant, à partir du


rectangle initial et du point considéré A, d'autres rectangles ayant chacun un sommet au point
A.
La contrainte recherchée est la somme (à un signe près) des excès de contrainte produits par
les rectangles considérés d'après le principe de superposition (figure 24).
Les excès de contrainte verticale pour les cas de la figure 24 sont :

(a) (Δσz)A = p.(K1 + K 2 + K3 + K 4)


(b) (Δσz)A = p.(K1 + K 2 − K3 − K 4)
(c) (Δσz)A = p.(K1 − K 2)

Janvier 2005 50
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(d) (Δσz)A = p.(K1 − K 2 − K 3 − K 4)

1 2 1 2 1 1 2
A

3 4 3 4 2 3 4

A A A
(a) (b) (c) (d)

Figure 24. Cas de calcul de l'excès de contrainte verticale dû à une charge rectangulaire

3.8.3.2 Cas d'une charge circulaire uniforme


Dans l'axe de la charge circulaire de rayon r (figure 25), la contrainte verticale à la profondeur
z est donnée par:

⎛ ⎛ z ⎞ ⎞⎟
3

Δσz = p.⎜ 1 − ⎜ ⎟ ⎟ = p.J
⎝ ⎝l⎠ ⎠
avec :

(
l = r 2 + z2 )
12

z
L'abaque n°3 donne la variation du facteur sans dimension J en fonction du rapport .
l

r
p

Δσz

Figure 25. Contrainte due à une charge circulaire uniforme

3.8.3.3 Cas d'une charge en forme de remblai et de longueur infinie


L'excès de contrainte verticale d'une telle distribution en un point situé à la profondeur z, est
donné par (figure 26) :

Δσz = p.I

Janvier 2005 51
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a b
I est un facteur sans dimension donné par l'abaque n°4 en fonction des paramètres et .
z z

a b

p = γ.Hr
γ

Hr

Δσz

Figure 26. Excès de contrainte verticale dû à une charge en forme de remblai

3.8.3.4 Cas d'une charge uniforme ayant une forme quelconque


Lorsque la surface chargée à une forme géométrique quelconque on peut estimer rapidement
l'excès de la contrainte verticale par l'abaque n°5, appelé abaque de Newmark, selon la
procédure suivante:
- on dessine sur l'abaque n°5 la surface chargée à une échelle telle que : AA' = MM' (figure
27); M' est la projection de M sur la surface du sol. Le dessin est fait de telle sorte que le
point M' soit confondu avec le point O : centre de l'abaque n°5.
- On compte le nombre de carreaux n c situés à l'intérieur de la surface dessinée.
- On calcule l'excès de contrainte dû à la charge p par l'expression suivante:

(Δσz)M = 0,005.n c.p

Remarque: L'abaque de Newmark permet de considérer des surfaces chargées de formes


compliquées qu'on ne peut pas traiter par les autres abaques.

Janvier 2005 52
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L2
L3 M' L1
L2

A M

A'
AA' = z

Figure 27. Calcul de l'excès de contrainte par l'abaque de Newmark

Exemple de calcul On considère un bâtiment en forme de U qui apporte à la surface du sol


une contrainte p = 200 kPa . Calculer l'excès de contrainte verticale au point M situé à la
profondeur z = 20 m , et dont la projection est en M' (figure 27).
On prend les valeurs suivantes pour les dimensions du bâtiment:
L = 42 m , L1 = 24 m , L2 = 7 m , L3 = 10 m .
Avec l'abaque de Newmark, on trouve :
(Δσz)M = 65 kPa

Avec l'abaque n°2 en utilisant le principe de superposition, on trouve :


(Δσz)M = 68,6 kPa

La comparaison des deux résultats précédents montre bien que l'abaque de Newmark permet
une détermination de l'excès de contrainte avec une erreur relative de l'ordre de 5%, ce qui est
très correct.

3.8.4 Diffusion amplifiée des contraintes


Pour un calcul approximatif des contraintes et des tassements, on suppose qu'il y a une
diffusion amplifiée de la contrainte p (figure 28), qui se transmet uniformément à la
profondeur z, sur une distance déterminée à partir de la largeur a par deux droites faisant
l'angle α avec la verticale. On a:

Janvier 2005 53
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1
(Δσz)M = p.
z
1 + 2. .tgα
a

Pour les sols, la valeur de l'angle α est en général égale à 30°.


Au point A on a :
(Δσz)M = 0

a
p

α α
z

Δσz

M A

Figure 28. Diffusion amplifiée des contraintes

Janvier 2005 54
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3.9 Notions de rhéologie des sols

3.9.1 Rappels

La rhéologie est une branche de la physique qui étudie les déformations (jusqu'à
l'écoulement) des corps sous l'effet des contraintes qui leur sont appliquées, compte tenu de la
vitesse d'application de ces contraintes et plus généralement de leur variation au cours du
temps.
On fait recours à la rhéologie parce que la mécanique rationnelle ne suffit pas à elle seule de
déterminer les contraintes ainsi que leurs évolutions au cours du temps, en tout point d'un
milieu continu, Mandel (1978).

Chargement à un paramètre :
On étudie le comportement d'un matériau à partir d'essais où on applique un chargement. Ce
dernier est réalisé en imposant:
- soit une force, ou une contrainte;
- soit un déplacement, ou une déformation.
Il existe deux types de chargement à savoir:
- le chargement à vitesse constante (contrôlée) : P = λ.t ;
- le chargement échelon : P = λ.H(t) ; où Η(t) est la fonction d'Heaviside: elle est nulle pour
t ≤ 0 , et égale à l'unité pour t > 0 .
On ne considère dans ce paragraphe que le cas des chargements à un seul paramètre.

3.9.2 Exemples de modèles rhéologiques

C'est un moyen de schématiser le comportement d'un matériau lorsqu'il est soumis à un


chargement donné. L'exemple le plus simple est celui du patin avec frottement représenté sur
la figure 29.

σs
σ

Figure 29. Comportement d'un patin avec frottement

Lorsque la contrainte appliquée σ reste inférieure à la contrainte seuil σs qui caractérise le


patin, le patin ne bouge pas.
Si la contrainte appliquée est égale à σs , le patin se déplacera à une vitesse arbitraire.
Le modèle rhéologique représenté sur la figure 30 porte le nom de Maxwell; il schématise le
comportement viscoélastique linéaire avec l'assemblage d'un ressort de raideur K et un
dashpot de viscosité η. Un autre modèle, celui de Kelvin-Voigt, schématise le même
comportement avec un ressort et un dashpot montés en parallèle.

Janvier 2005 55
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η
K
σ σ

(2) (1)

Figure 30. Le modèle de Maxwell

Equation différentielle du modèle de Maxwell


Elle est établie en écrivant que la déformation (ou la vitesse de déformation) est la somme de
deux termes, soit :

ε = ε(1) + ε(2) (8)

Le ressort est élastique linéaire, et en utilisant (5) l'équation (8) devient :

σ ε
ε= + (9)
K η

Utilité du modèle de Maxwell


Par exemple, si on impose une déformation ε à l'instant t = 0 qui correspond à une contrainte
σ0 , on peut déterminer l'évolution de la contrainte en fonction du temps. En effet, on écrit
que pour t = 0 que :

σ0 = K.ε = η.ε (9)

Comme la déformation est maintenue constante pour t > 0 , on écrit que :

ε=0 (10)

En utilisant (8) et (9), avec (10), on obtient l'équation:

dσ K
= − dt (11)
σ η

La solution de (11) est alors :

⎛ K ⎞
σ = cte. exp⎜ − ⎛⎜ ⎞⎟.t ⎟ (12a)
⎝ ⎝η⎠ ⎠

Avec la condition initiale σ = σ0 lorsque t = 0 , on obtient :

⎛ K ⎞
σ = σ0. exp⎜ − ⎛⎜ ⎞⎟.t ⎟ (12)
⎝ ⎝η⎠ ⎠

Janvier 2005 56
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L'évolution de la contrainte en fonction du temps d'après (12) est représentée sur la (figure
31), à partir de laquelle on voit que la contrainte décroît vers zéro pour un temps assez grand,
η σ
et qu'au temps t = la contrainte vaut : σ = 0 .
K 2,73

σ0

σ0
e
t
η
K

Figure 31. Evolution de la contrainte dans le temps d'après le modèle de Maxwell

Il existe plusieurs autres modèles rhéologiques plus compliqués que les précédents, ils ont été
proposés pour décrire le comportement des sols en particulier. On cite parmi eux les modèle
de Bingham, et de Zener (figure 32), Mandel (1978).

Modèle de Brighman Modèle de Zener

Figure 32. Exemples de modèles rhéologiques

Janvier 2005 57
CHAPZTRE 4

HYDRAULIQUE DES SOLS

4.1 Introduction
4.2 PropriCtCs hydrauliques des sols
4.3 Ecoulements dans les milieux poreux - Application aux sols saturds
4.4 RCsolution des Ccoulements bidimensionnels
4.5 PoussCe d'Ccoulement
4.6 Mesures du coefficient de permCabilitC
4.7 Application A 1'Ctude de stabilitk d'un fond de fouille
4.8 Etude des rdseaux de drainage: puits et aiguilles filtrantes

4.1 Introduction

L'Ctude du mouvement de l'eau dans le sol est d'une importance notable pour les
problkmes de stabilitC des fondations, des fouilles, des pentes, etc. . Dans ce but on
commence par Ctablir les lois gCndrales de 1'Ccoulement d'eau dans les sols saturCs. On
s1intCresse,en suite A la rCsolution du problhme des Ccoulements permanents vers lesquels
Cvolue le mouvement de l'eau dans le sol A long terrne. On prCsente deux mCthodes de
rCsolution des Ccoulements permanents dans le cas d'un milieu bidimensionnel sur des
exemples pratiques. En dernier lieu, on donne un aperqu sur le calcul et la conception des
reseaux de drainage.

4.2 PropriCtCs hydrauliques des sols

4.2.1 Vitesse d'e'coulement de l'eau

On considhre l'ecoulement unidimensionnel de l'eau dans un tube de section droite S


(figure I), on suppose que:
le sol est complktement saturC ;
les grains sont fixes, ils sont, de meme, incompressibles ;
l'eau est incompressible (fluide parfait), son Ccoulement a lieu par rapport aux grains du sol.

Figure 1. Ecoulement unidimensionnel de l'eau dans un sol

56
On suppose que cet Ccoulement est permanent, c-a-d son dCbit est constant h travers la section
droite du tube S.
On dCfinit la vitesse apparente moyenne de l'eau A travers la section S par le rapport:

Or, la vitesse rdelle de l'eau concerne 1'Ccoulement A travers la section des vides S, existant
entre les grains; on a alors :

oh n ddsigne la porosite du sol. D'oh, la vitesse rCelle de 1'Ccoulement d'eau est :

Malgrt cette diffdrence entre les vitesses v et v', dans la suite on Ctudiera 1'Ccoulement d'eau
a travers une section constitude par les grains et les vides, c-a-d on ne considkre que la vitesse
apparente d'Ccoulement.

4.2.2 Charge hydraulique

4
Rappel ! : Dam le cas d'un fluide parfait oumis 2i un Ccoulement- e
dtant nCglig6e) ~ a n 7 ~ 0 m p r E laGformule
(sa viscositC
1 ~ de Bernoulli qui traduit un bilan
CnergCtique slCcrit [cows d'hydrauliqUe-gCnCrale] :

U + vL + =Z
cte
Y w 2g

oh:
u dCsigne la pression interstitielle,
g est I1accCICrationde la pesanteur,
z est la cBte du point considCrC au dessus d'un plan de rCfCrence.
v est la vitesse d'Ccoulement du fluide.

La constante exprimbe par (3), notde h, s'appelle la charge hydraulique du fluide. Elle
correspond A 1'Cnergie totale du fluide par unit6 de masse. Or, dans les sols, la vitesse
,,
vL
d'Ccoulement de l'eau est faible ce qui permet de nCgliger dans
9 le terme (( - )> par
2g
rapport aux d e w autres termes. En hydraulique des sols la charge hydraulique s'Ccrit donc :

Dans un sol sournis A un Ccoulement d'eau, la charge hydraulique est une fonction du point
c-A-d h(x, y, z).
4.2.3 Le gradient hydraulique

A partir de la charge hydraulique, on dCfinit le gradient hydraulique par le vecteur :

Proprie'te'sdu gradient hydraulique

Soient d e w points voisins M et P tel que:

Pour un Ccoulement d'eau du point M vers le point P, en se plaqant dans un repkre


orthonormC, on a:

La quantitd (- dh) s'appelle la perte de charge entre les points M et P, d'oi:

h, -h, =-dh

En un point N situt dans la direction (M, j), on a:

I a
= --
dl
avec dl = IMNJI
en Ccrivant :

on conclut que la perte de charge a lieu dans le sens de l'Ccoulement, c. 8. d. du point M vers
le point N.

Exemple de calcul de la perte de &harge

On se propose de calculer la perte de charge hydraulique entre les deux extrCmitCs de


1'Cchantillon de sol (figure 2), qui est soumis 8 un Ccoulement vertical d'eau dirigC du haut
vers le bas.
Figure 2. Ecoulement d'eau A travers un sol

Au point A on a:

Au point M on a:

Entre les niveaux zAet ZM ,la perte de charge hydraulique est :

Pour cet Ccoulement unidimensionnel, le gradient hydraulique s'Ccrit d'aprhs (5) :

D'aprhs (5a), le gradient hydraulique traduit la perte de charge, qui a lieu dans le sens de
l'Ccoulement, par unit6 de longueur.

4.2.4 Loi de Darcy

C'est une loi qui a CtC Ctablie expdrimentalement en 1861 par Darcy, elle exprime la
vitesse dlCcoulementunidimensionnel de l'eau Q travers un sol. Elle se traduit par 1'Cquation:

oil :
k est le coefficient de permCabilitC (ou la permCabilitC) du sol dans la direction de
1'6coulement ;
v est la vitesse moyenne apparente de l'eau par rapport aux grains lors de 1'Ccoulement.
i est le gradient hydraulique dCfini dans (5) de 1'Ccoulement en question.
Le coefficient de perrnCabilitC k a la mCme dimension que la vitesse, il s'exprime en m/sec ou
Remarque :
Dans le cas tridimensionnel les permCabilitCs suivant les trois directions(~,~,z)
Ctant
diffdrentes, on gCnCralise 1'Cquation (6) en Ccrivant :

Alors que thkoriquement, on peut identifier un tenseur de permCabilitC d'ordre 2, qui contract6
avec le vecteur i permet de retrouver le vecteur vitesse ,c'est-&-dire:
\
Gq& 4) v =-
- M

oii (X,~,Z) sont les directions principales de l'dcoulement d'eau.

En pratique, en adoptant l'hypothkse d'un Ccoulement plan, on considkre deux valeurs de la


permCabilitC: k, selon la direction verticale, et k,, selon la direction horizontale. En gCnCral
on a :k, = K k, l'ordre de proportionnalitd varie en fonction du type de sol. Pour la majorit6
des sols on adopte gCnCralement : 1 < K < 10.

Valeurs du coeflcient k, :
La permCabilitC varie dans des proportions assez larges suivant la nature du sol comme
l'indique le tableau 1:

Sols Graviers Sables Limons Argiles


k (m/sec) 1o - ~ 1o - ~ 1o - ~ 10-lo

Tableau 1. Approximations de la permeabilitk verticale pour les sols

Interpre'tation ge'ome'trique de la loi de Darcy :

h cas deCalcul de la vitesse d'tcoulement et son influence sur la valeur de la charge hydraulique
l'exemple = + d p u \ a
. A'M'
A'A = AM' = 15 cm, M'M = 5 cm, et k = lo4 m/sec (sable), d'ob: I = --1,5.
-
AM
D'aprks la loi de Darcy on a: v = 1,5.104 m/sec d'oii le terme : (v2/2g) = m.
Cela montre que le terme (v2/2g) est negligeable par rapport B la valeur de la charge
hydraulique ;au point A on a : h,= 0,3 m .
Domaine de validite' de la loi de Darcy

Cette loi est applicable pour les dcoulements larninaires JWnombre de Reynolds &f
infdrieur B 10 (dix). En d'autres termes, cette loi ddpend du gradient de 1'Ccoulement et de la
permCabilitC du sol. Par exemple pour un sable fin k = 3.10-~cm/s , la loi de Darcy n'est pas
applicable pour un Ccoulement c ~ t C r i fPar4g&5 (/
Pour les argiles permkabilitd k = 10- m/s , pour les Ccoulements caractCrisds par i < 10 la
loi de Darcy est, d meme n pplicable.
fl%
La permkabilitd d'un sol peut, de meme, Ctre estimde a partir de corrdlations ; a titre
d'exemple on cite :

1) k = Xo[t)
0,89
; ko et eo sont respctivement la permdabilitd et l'indice des vides B 1'Ctat

initial.

T-Y.3 Ecoulements dans les milieux poreux - Application aux sols satur6
P - &
4.3.1 Equations d'e'coulement
p.c-

Elles sont obtenues B partir de la loi de Darcy et de 1'Cquation de continuit6 (ou de


conservation de la masse). Lors de Ccoulement d'eau, on Ccrit que la masse d'eau existant B
llintCrieur d'un volume Cldmentaire de sol saturC autour d'un point M reste constante, ou
d'dcrire que la quantitd d'eau qui entre dans le volume considCrC est Cgale B celle qui en sort.
Soit un cube dltmentaire de sol saturd (dx, dy, dz)dont le centre de gravitC est au point M oh
la vitesse d'Ccoulement d'eau est: v, = (v, ,v, ,v,). Aux points M, ,M, ,M, dcrivons les
vitesses avec lesquelles l'eau sort du cube, et les vitesses correspondantes avec lesquelles l'eau
entre B travers les faces parallkles correspondantes en MI,, M', ,M', (figure 3).

Figure 3. Ecoulement d'eau B travers un volume ClCmentaire


4
Dans le tableau -s, sont donnCes les expressions
les sections du &be tlCmentaireo &&' -& #1~ 3.
s vitesses d'dcoulement B travers

Sections Vitesse d'entrCe :vp Vitesse de sortie :v: DCbits : (vf - v: )si ; ( i =1,2,3)

dydz M t : v X - ( 1 M : v X + ) ([g)dx)dydz

h Y dy
dxdz M i : vy -(V-)T M2 :

dz
(219
hZ
dxdy M : V, - - M2: Y ~ + [ ~ ) ~((%)dz)dxdy

Par application de 1'Cquation de conservation de la masse, la somme des diffdrences entre les
dCbits de sortie et d1entrCed'eau, B travers le cube ClCmentaire, doit Ctre nulle, d'ou on a :

D'aprhs ) on obtient quel que soit le volume ClCmentaire


9
En substituant (7) dans (8), on obtient :

Pour un milieu isotrope (k, = ky = k, = k), on aboutit B llCquation earactdrisant les


Ccoulements permanents:

On Ctudie dans la suite les Ccoulements permanents vCrifiant 1'Cquation (10) appelCe Cquation
de Laplace. -
Interpre'tation giome'trique de la loi de Darcy .
, ' -
Lors d'un Ccoulement permanent,<uel que soit le temps, la ligne de courant est
perpendiculaire, en tout point, B la surface Cquipotentielle dont,l'Cquation est: h = Cte. En
grad h est perpendiculaire A cette surface car la vitesse 1 'est tangente B la ligne de
effet -
courant (figure 4).
de courant

surface Cquipotentielle
( h = cte )

Figure 4. InterprCtation gComCtrique de la loi de Darcy

4.3.2 Conditions aux limites

On considke un barrage en terre homogkne avec un drain de pieds a l'aval (figure 5), qui est
le sikge d'un Ccoulement permanent.

Aval

Figure 5. Ecoulement permanent A travers un barrage en terre

PrCcisons les conditions aux limites pour ce milieu. L'Ccoulement bidimensionnel est limit6
par :
- deux lignes Cquipotentielles (AM) et (A'M') ;
- deux lignes de courant (AA') et (MM') ;(AA') reprbsente la surface libre (u = 0)
I1 existe trois types de conditions aux limites qui sont:

- les Cquipotentielles : lieu 06 h = Cte


les lignes (AM) et (AIM') sont des Cquipotentielles, dont les Cquations sont respectivement:
- la lime de courant le long d'une ~ a r o(ou
i ligne dtCcoulementimposCe')

si & est le vecteur normal en un point de cette ligne, on a :

si le vecteur N_ a pour composantes (a, b, c), on aura:

qu'on Ccrit symboliquement:

dans le cas du barrage de la figure 5, la ligne (MM') correspond A une telle condition aux
limites en effet on a:

la charge hydraulique ne dCpend pas de z.

-la surface libre :

c'est une ligne de courant particuli&re, elle est dCterrninCe en y Ccrivant que la pression
interstitielle est nulle, d'oh on a:

C'est le cas de (AA') sur la figure 5.

4.4 RCsolution des Ccoulements permanents bidimensionnels

Dans le plan de 1'Ccoulement (Ox, Oy), en supposant que la permCabilitC du sol est isotrope
k, = k, = k ,il s'agit de rCsoudre l'kquation:
Diverses mCthodes sont utiliskes, parrni lesquelles on traite ici, la mCthode analytique et la
mCthode graphique sur des exemples. D'autres mCthodes, telle que la mCthode par analogie
Clectrique, et les mCthodes numCriques (ClCments finis et diffkrences finies), peuvent &re
utilisCes pour rCsoudre 1'Cquation (1Oa).

4.4.1 Me'thode analytique

Les solutions n'existent que pour des cas simples (syrnCtrie gComCtrique, ou bien de
l'icoulement). Le principe consiste A faire une analogie entre llCcoulementbidimensionnel de
l'eau dans les sols, et llCcoulementplan des fluides incompressibles.

Exemple

Soit une ile de rCvolution percCe dans son axe par un puits de rayon r,, qui arrive au
travers d'une couche de sol permCable. Cette couche de faible Cpaisseur, de permCabilitC k et
de rayon r, ,est enserrCe entre deux couches impermdables.

L'eau dans le puits est maintenue 1 un niveau H, au dessous du niveau du lac par pompage
d'un dCbit constant Q (figure 6). I1 en rCsulte un Ccoulement d'eau, qu'on supposera
permanent, dans la couche permCable ;
L'Ccoulement sera CtudiC dans le plan z = 0.

'h=H,-H,
RCseau d'Ccoulement

Figure 6. Ecoulement plan 1travers une ile de rdvolution

On se propose de tracer le rCseau d'Ccoulement, puis de calculer le dCbit d'Ccoulement Q et


enfin les pressions interstitielles en un point M situC au niveau z = 0 dans la couche
permCable.
,+
Par raison de symCtrie les lignes de courant sont des droites convergeant vers le point 0 , et
les tquipotentielles sont des cercles concentriques de centre 0 .
En un point quelconque : M ;r, 5 (OM)< r2 ,le debit ti travers le cercle de rayon r = OM, est :

On suppose que llCcoulementest plan ti travers un anneau circulaire dfCpaisseurunitaire et de


section S = 2n: r 1. Pour un rCgime permanent cet Ccoulement se fait avec un dCbit constant Q
entre les Cquipotentielles limites :
* h = H, : au contact de la couche avec le lac ( r = r,),
* h = H , - H o : au bord dupuits ( r = r , ) .
En appliquant la loi de Darcy (cas d'un Ccoulement unidimensionnel suivant r dCcroissants),
puis en remplaqant dans (1 1) on obtient apr&sintdgration :

Les conditions aux limites sur la charge hydraulique, donnkes ci-dessus, permettent de
dCterminer la valeur du dCbit, on a :

D'aprks les dquations (1 l a et b) on dCtermine les expressions de la charge hydraulique


inddpendarnment du dCbit Q, soit :

La pression interstitielle est alors dCduite A partir de (2) en Ccrivant que :

Pour cet exemple, la permCabilitC ti prendre en compte est : k = kh , c, ~ 1 1 ~!VLL&&


,
b && LA t.,n3.yl.k -
Remarque :
La rdsolution de cet exemple peut &re faite ti partir de la rCsolution de Ah = 0 en coordonnCes
cylindriques.
L'Cquation (1 la) peut Ctre retrouvCe en rCsolvant l'dquation (10a) en coordonnCe polaires,
avec h indkpendante de 9 par symCtrie de rCvolution.

4.4.2 Me'thode graphique

Elle consiste ti tracer ti la main le rdseau des lignes dfCcoulement et des lignes
dquipotentielles. Considdrons le rideau de palplanches reprCsentC sur la$figure On fait
1'Ctude de 1'Ccoulement dans le plan (Oxz).
Les conditions aux limites sont :
(AlA3)est une ligne Cquipotentielle d'Cquation : h = 0,
(IA) est une ligne Cquipotentielle dlCquation: h =HI + H, .
(AA2Al)et (I,I,) sont des lignes de courant le long d'une paroi.
Par condquent, un Ccoulement d'eau s'Ctablit dans la masse de sol limitCe par les
Cquipotentielles (IA) et (A,A3), entre lesquelles la perte de charge totale est : h, = H, + H2.
Les lignes de courant et les lignes Cquipotentielles sont tracCes en vCrifiant les hypothhses
suivantes :
- Le dCbit est identique dans tous les tube de courant (espace entre deux lignes de courant
successives).
- La perte de charge hydraulique est identique entre deux lignes Cquipotentielles successives.

Substratum imperrndable

Figure 7. RCseau d'Ccoulement sous un rideau de palplanches

Le rCseau des Cquipotentielles et des lignes de courant est form6 par des quadrilathres
curvilignes. ConsidCrons l'un d'eux de largeur a et de longueur b, le dCbit qui le traverse est,
par unit6 d'Cpaisseur (detail de la figure 7) :

ou la vitesse est donnCe par (Ccoulement unidirnensionnel) :


donc le debit a travers un tube de courant est :

6Q = k.6ha
b

Pour un autre quadrilatkre, appartenant a un autre tube de courant (figure 7), de largeur a' et
de longueur b', on Ccrit de meme:

On dtfinit ainsi deux familles de courbes orthogonales (en leurs points d'intersectin) formant
entre elles des quadrilatkres curvilignes semblables, (figure 7) dont les dimensions, verifient
la relation :

Calcul du debit: Soit nh le nombre d'intervalles entre les Cquipotentielles, la perte de charge
entre deux tquipotentielles successives est:

avec h la perte de charge totale entre (AI) et (A,A,) . Pour le cas de la figure 7, on a :

Si n, est le nombre de tubes de courant (d'intervalles entre les lignes de courant) pour le cas
de la figure 7 on a nc = 4 , le dCbit total est alors :

Dans le cas oh : a = b, on obtient :

Dans les expressions (12 a et b) la permCabilitt k est supposee isotrope. Cependant, on


montre (polycopiC de TD) que la permCabilitC Cquivaiente pour un Bcoulement
bidimensionnel s'tcrit :
Trace' du rkseau (9)
- En premier lieu, on trace avec le plus de prCcision possible une premi&religne de courant,
qui ddtermine avec la ligne de courant initiale (qui co'incide avec la palplanche) le premier
tube de courant.
- On divise le premier tube de courant en carrCs curvilignes 9 l'oeil nu ou au compas, la valeur
de n, Ctant connue.
- On prolonge au delA du premier tube les lignes Cquipotentielles, ce qui permet d'avoir une
idCe sur les dimensions des cmCs du prochain tube de courant.
- A l'aide d'un compas on positionne les points de la deuxihme ligne de courant (assurant

- On rCpkte les opCrations prCcCdentes jusquf9 ce que le rCseau soit achevd, il est form6 de
carrCs curvilignes.

Remarques
- Le tract! des tubes de courant ne donne pas gCnCralement un nombre n, exact, il faut dans
ce cas Cvaluer nc 5t partir du rapport (a/b) dans le dernier tube de courant. I1 en est de
meme pour n, entre les lignes Cquipotentielles.
- Le nombre des courbes pour les lignes Cquipotentielles peut Ctre diffkrent de celui des lignes
de courant.
- Cette mCthode a un intCret pkdagogique, et sert comme support pour appliquer les mdthodes
numdriques (ClCments finis et differences fmies) aux problkmes d'Ccoulement d'eau 5t travers
un sol.

InterprCtation :
L'Cquilibre d'un massif de sol saturd, lorsqu'il est le sikge d'un Ccoulement d'eau supposd
permanent montre que ce sol est sournis 9 une force massique, qui est proportionnelle 9 la
masse concernCe, elle est dirigCe dans le sens de 1'Ccoulement. Cette force appelCe << poussCe
d'ecoulement >> s'exerqant sur un volume ClCmentaire dV, est donnCe par:
E, = I i l y , ~
oil:
i est le gradient hydraulique au point considCrC ;
La poussCe dfCcoulement et la poussCe dfArchim&desont les rdsultantes des pressions
exercCes sur le pourtour du volume de sol considdrC.
Ainsi, 1'Cquilibre d'un massif ClCmentaire de sol baignant dans une nappe en Ccoulement est
soumis A (figure 8a) :

- son poids : y dV,


- la poussCe dlArchim&de:y, dV ;
- la poussCe d'Ccoulement: i y, dV .
Les trois forces, ddfinies ci-dessus, sont rCduites 9 deux uniquement en considdrant le poids
volumique du sol dCjaugC: y' = y - yw ,(figure 8b).
Figure 8. Equilibre d'un ClCment de sol soumis ii un Ccoulement

--
- - f = 0 ; contraintesI > en compression)
On aboutit au systkme suivant : (utiliser divg

L'Ccriture des Cquations d'bquilibre pour un sol saturC, sikge d'un Ccoulement permanent
d'eau, montre qu'en tout point s'exercent deux forces volumiques :

- le vecteur poids volumique du sol dCjaugC : - y'e, ;


ah ah ah
- le vecteur force d'Ccoulement volumique : yw = - Y w ( - , - . -axI . ay
- le vecteur force volumique total est : f = -y'g, + ywi .
Application :Phknomtne de renard

Pour le rideau de palplanches reprCsent6 sur la figure 9, les lignes de courant sont
pratiquement verticales du c8tC aval surtout prbs du fond de fouille oh le sol est soumis a:
- une force verticale descendante : y'dV,
- une force verticale ascendante : i yw dV .
Lorsqu'on est dans le cas oh : i = - Y' ,
Yw
le sol est entrain6 par le courant, il a tendance a se soulever (la rCsultante des forces est nulle):
on a alors :
- -L
lcr -

P
on montre que la condition fi s7Ccritde m&me:
Yw

Mais c o m e on a : y'= 10 k ~ / m ' ,le gradient hydraulique critique i, est Cgal ii lfunitC.
On a : icr 1 pour les sables et graviers, c'est aussi le cas des sables mouvants.
Rideau de palplanchef
n/ P

e
Figure 9. PhCnomkne de enard

Interpre'tationphysique :

contrainte effective s'annule au point ou iyw = yf,ce qui marque l'a instabilitk a du sol.
L! '
PhCnombne de Renard : houlement vertical ascendant (figure 9) d'oc :

Remarques :
1) En utilisant le rdsultat, dtabli)(au chapitre 1, concernant le poids volumique du sol ddjaugd,
le gradient hydraulique critique s'exprime de meme par :
. - Ys-Yw
lcr -
~ w ( l +e)
A '7Ji'K
2) [a condition de ~ e n a r d & exprim6e d'une autre faqon (voir polycopi6 de travaux dirigds).

4.6 Mesures du coefficient de permCabilitC


/I
ba-* r
/
Les mesures du coefficient de permCabilitC se font par une percolation umtbde d'eau 9
4.6.1 Mesure de la perme'abilite' en laboratoire

4.6.I . I Perme'amBtre 2 charge constante (figure 10)


La charge hydraulique est constante grice au niveau d'eau maintenu constant dans le bac.
L'Cchantillon, de longueur 1 et de section S, est le siege d'un Ccoulement uniforme dont le
gradient hydraulique est:

Soit Vw volume d'eau rCcupCrC dans 1'Cprouvettedurant le temps t, le dCbit vaut alors:

La vitesse d'Ccoulement est:

En appliquant la loi de Darcy, on dCtermine I'expression du coefficient de permCabilitC:

Remarque:
La prCcision de la mesure de k est liCe directement a la mesure de Vw, par consdquent ce
type de permdametre est conseillC seulement pour les sols relativement pulvCrulents pour
lesquels on rtcupbre une quantit6 d'eau suffisante au bout d'un petit intervalle de temps.

Bac

Figure 10. PermCarnbtre A charge constante


4.6.1.2PermkamBtre h charge variable (figure 1 1 ) :

I1 est utilisC pour la dbtermination de la permCabilitC des sols fins, qui est dCduite B partir de la
mesure de la variation de la charge hydraulique pendant un temps donne. On note:
S : la section de l'Cchantillon,
ST : la section du tube (T),
1 : la longueur (ou hauteur) de 1'Cchantillon.

Mode ope'ratoire:
L'Cchantillon Ctant saturd d'eau, on ferme le robinet, et on mesure h, la hauteur d'eau dans le
tube (T). On ouvre le robinet, puis au bout d'un temps donne on mesure la nouvelle hauteur
d'eau dans le tube: soit h, .

Base perforde

Figure 11. PermCamktre A charge variable

De'termination de k.
Soit h la charge hydraulique (ou la hauteur d'eau) dans le tube B l'instant t, on raisonne sur un
intervalle de temps dt.
L'abaissement du niveau d'eau (-dh) rCsulte de 1'Ccoulement d'eau dans 1'Cchantillon. Le
volume d'eau CcoulCe est:

qu'on ecrit aussi, en considdrant I'Ccoulement B travers le sol:

dVw = k.i.S.dt

le gradient hydraulique est:


V6rifier (h, - h, ) H
oh h dCsigne la perte de charge totale entre les extrCmitCs A etdQde ltCchantillon.

A partir des Cquations (lo), (1 la), et (1 1b), on obtient:

dt = S
-T1&
S k h

En intCgrant (12) sur l'intervalle de temps [O,t], on trouve:

d'oh on obtient en ddfinitive:

Remarque. La prdcision sur la dbtermination de k est like 2i la mesure de h, au temps t, c'est


pour cette raison que 1'Ccoulement doit Ctre lent. Ce qui est le cas pour les sols fins.

4.6.2 Mesure de la perme'abilite' en place

On peut profiter d'un essai de pompage pour mesurer la permCabilitC des sols en place, c'est le
- cas de l'essai Lefi-anc (6).
On amCnage une cavitC ii la partie infdrieure d'un trou de sondage (tubage). La cavitC est
souvent de forme cylindrique de longueur L et de diamhtre d (figure 12). Le niveau d'eau est
maintenu constant dans le trou de sondage, en rCgime permanent le dCbit d'eau stCcrit:

H est la hauteur d'eau situde entre le niveau de la nappe phrCatique et le niveau d'eau dans le
..-..
trou de sondage.
7% Pompage ( dCbit Q )

d
n
*,
4
'
Figure 12. DCtermination de la permCabilitC par l'essai Lefianc
La valeur de K, depend de la gComCtrie du trou de forage des conditions aux limites, en
particulier, on distingue les cas suivants:

Dans ce cas la cavitC peut Ctre assimilCe a une sphhe.

- CavitC spherique:

Par analogie avec le permdarnktre ii charge variable, on peut rCaliser cet essai avec un niveau
d'eau variable dans le sondage pour les sols peu permCables. On montre aisCment, de la mCme
fagon qu'en 4.6.1.2, que le coefficient de permCabilitC est donnC par:

S est la section droite du tubage,


h, et h,, sont les niveaux d'eau (par rapport au niveau phrdatique) dans le tubage entre les
instants t, et to.

Remarques
- Les essais a niveau constant sont conseillds si on a : k > lod4m/sec . Dans le cas contraire
on rCalise les essais ii niveau variable.
- De mCme on rCalise, couramment en pratique, l'essai Lugeon pour estimer la permiabilitd et
I le degrC des fractions ratios des massifs rocheux.
p/ac~,L

4.7 Application A l'ktude de stabilitk d'un fond de fouille

Soit une fouille ouverte dans une couche d'argile saturCe, situCe au dessus d'une couche
permdable. On supposera que la nappe est A surface libre (u = 0 sur la surface piCzomCtrique)
(figure 13). Etudions la stabilitC de cette fouille :
Un Ccoulement d'eau se produit dans la couche d'argile, on distingue les cas :
- 9 court terme oh 1'Ccoulement est transitoire,
- 8 long terme lorsque 1'Ccoulement permanent stCtablit.
Etude h court terme
Aprhs l'ouverture de la fouille 1'Cquilibre hydraulique est perturb6 : un Ccoulement ascendant
slCtablit entre le toit de la couche permdable et le fond de fouille. Cet Ccoulement transitoire
ne permet pas une Ctude de la stabilitC du fond de fouille avec les forces volumiques; on
considkre donc 1'Cquilibre en contraintes totales d'un Clement de sol (aba'b') du fond de la
fouille, qui est sournis 8:
- son poids total:
- la risultante des pressions interstitielles au toit de la couche permeable :
ue = r,(~, + H,)S
S est la section transversale par metre lindaire (S = la' b'l. 1), l'dquilibre est rdalisd si on a :

La condition de stabilitk est assurCe si la force resultante due aux contraintes effectives R' est
positive de compression, d'ou la condition :

Figure 13. StabilitC d'une fouille dans w e couche d'argile

Remarque.
Cette mdthode de rdsolution du cas (( court terme )), dite aussi (( des pressions interstitielles >)
a un champ d'application plus large que'celui de la mCthode des forces volurniques, elle
permet Cgalement la dCtermination des forces hydrauliques dans le cas d'dcoulements non
permanents ( 9 ) .

Etude Lr long terme (en supposant que les conditions a m limites hydrauliques restent
inchange'es)
L'icoulement devient permanent et on peut appliquer la mdthode des forces volurniques. Le
gradient hydraulique est vertical ascendant, sa valeur est constante et est Cgale A:
avec:

L'ClCment de sol (aba'b') est soumis a la force d'Ccoulement verticale:

Cette force s'oppose au poids dCjaugC:

La condition de stabilitC a long terme s'Ccrit:


W'> E

d'oh on obtient:

On remarque qu'on retrouve le rCsultat obtenu par l'Ctude de la stabilitC a court terme; c'est
Cvident parce que les conditions aux limites sur les pressions interstitielles sont identiques
dans les deux cas d'dtude.

4.8 Etude des rCseaux de drainage: puits et aiguilles fdtrantes

L'Ctude d'un rCseau de drainage dans un sol nCcessite de bien distinguer entre les notions
suivantes ( 6 ):
- surface de la nappe: surface de l'eau limitant la partie supCrieure de la nappe;
- nappe libre: nappe oil la pression interstitielle au niveau de la surface est nulle;
- nappe phrCatique: premibre nappe libre rencontrke depuis le niveau du terrain naturel, la
surface de cette nappe est appelCe niveau phrCatique;
- nappe captive : nappe pour laquelle la pression de l'eau en surface est positive, une telle
nappe est gCnCralement prisonnibre entre deux couches de sols aquifuges (se comportant
comme des sols ou des roches impermCables);
- nappe artificielle: nappe crCCe par l'homme, telle que celle qui existe A l'intdrieur du corps
d'un barrage.
CHAPITRE 5

CONSOLIDATION DES SOLS ET TASSEMENTS

5.1 Introduction
5.2 Consolidation des sols fins
5.3 Calcul du tassement
5.4 Applications pratiques de la consolidation
5.5 Tassement différentiel – Tassement absolu
5.6 Application

5.1 Introduction

Sous l’action des charges appliquées sur le sol, il s’y développe des contraintes qui
engendrent des déformations (voir chapitre 3), et par suite des déplacements. Les charges sont
souvent verticales, le déplacement le plus prépondérant est vertical et est dirigé vers le bas :
c’est le tassement.
Si la loi de comportement du sol est connue on peut calculer le tassement dû aux charges
appliquées selon le schéma suivant :

Loi de Contraintes Somme des


Charges effectives et Tassement
Appliquées Comportement déformations déformations
Le tassement, noté s, est obtenu par intégration de la déformation verticale, on a :

∞ ∞ ∂s
s= ∫ 0
ε z dz = ∫ 0 ∂z
dz

Cependant la complexité des lois de comportement des sols ne permet pas de suivre ce
schéma. On calcule alors les contraintes dues aux charges par la théorie de l’élasticité linéaire
qui donne une approximation valable des contraintes normales verticales (la méthode a été
exposée en fin du chapitre 3), en fait ces dernières sont peu sensibles à la loi de comportement
utilisée.

La détermination du tassement est faite selon deux catégories de méthodes ; Schlosser [9] :

Les méthodes du chemin des contraintes


on y procède de la manière suivante :
- Détermination des contraintes par la théorie de l’élasticité ;
- Prélèvements d’échantillon de sol à des endroits différents (souvent dans l’axe de fondation)
auxquels on applique en laboratoire les états de contrainte trouvés précédemment ;
- Observation du tassement d’un échantillon (ou tassement élémentaire) ;
- Estimation du tassement réel à partir du tassement élémentaire.

Les méthodes dérivées de la théorie de l’élasticité


On détermine un module de déformation à partir d’un essai en laboratoire ou en place, et on
calcule le tassement soit par la théorie d’élasticité, soit par des formules empiriques dérivant
de la théorie de l'élasticité linéaire.
Le choix de la méthode se fait essentiellement en fonction de la nature du sol et du
type de la sollicitation appliquée.
Le tassement est un phénomène dû à la compressibilité des sols, c’est le fait qu’ils peuvent
diminuer de volume. La compressibilité est due aux causes suivantes :
- Une compression du squelette solide ;
- Une évacuation de l’eau et de l’air contenus dans les vides ;
- Une compression de l’eau et de l’air qui occupent les vides ;
L’eau est supposée incompressible, la compressibilité d’un sol saturé ne sera due qu’aux deux
premières causes citées ci-dessus.

On ne considère que les sols saturés pour lesquels le temps intervient, ou non, suivant
que l’eau entre les particules peut, ou ne peut pas, s’évacuer instantanément au moment de
l’application de la charge. On distingue alors entre :
- Les sols grenus dont la perméabilité est élevée, l’évacuation de l’eau est instantanée et le
temps n’intervient pas. Le tassement est identique si le sol est saturé, sec, ou humide. Ce
tassement a lieu instantanément lors de l’application de la charge, il résulte d’un
réenchevêtrement des grains qui provoque une diminution de l’indice des vides.
- Les sols fins dont la perméabilité est faible, l’eau ne peut pas s’évacuer instantanément donc
le temps intervient. Les contraintes appliquées sont prises au début par l’eau interstitielle, puis
elles se transmettent progressivement au squelette solide provoquant ainsi le tassement du sol.
C’est ce cas qu’on étudiera dans la suite de ce chapitre.

5.2 Consolidation des sols fins

5.2.1 La consolidation

5.2.1.1 Définition

Soit un sol fin saturé auquel on soumet au temps t = 0 une distribution de charges (D)
qu’on maintient constante dans le temps. Sous l’action de (D) le sol a tendance à subir des
variations de volume, mais comme il est saturé, et sa perméabilité est faible l’eau ne peut pas
s’évacuer, ainsi les variations de volume n’ont pas lieu mais des suppressions interstitielles
(∆u) naissent au voisinage des points d’application de la charge (figure 1).

(D)

M ∆u

Ecoulement
Sol fin

∆u ~ 0

Figure 1 : Consolidation d’un massif de sol fin


Par conséquent il se développe dans le sol des gradients hydrauliques, dus aux
variations de la charge hydraulique, sous l’action desquels l’eau s’écoule des zones de forte
suppression vers les zones de suppression nulle.
Au cours de l’écoulement, appelé drainage, les suppressions diminuent, d’où une
augmentation de la contraintes effective puisque la distribution de charges (D) est maintenue
constante. Ainsi, les charges se transmettent progressivement sur le squelette solide qui subit
des déformations et par suite le tassement. L'écoulement s'arrête lorsqu'en tout point la
suppression s'est annulée. L'eau qui reste est une eau libre qui ne supporte aucune contrainte.
L'ensemble de ce phénomène est appelé consolidation.

5.2.1.2 Analogie mécanique

La consolidation peut être décrite par le modèle mécanique suivant : le sol est
schématisé par un cylindre rempli d’eau, d’un ressort et d’un piston. Le ressort représente le
squelette solide ; la raideur du ressort représente la compressibilité de ce squelette et l’eau de
s’évacuer, le diamètre de ce robinet représente la perméabilité du sol (figure 2).

P P Ouvert
Fermé
P P

0 ≤ At ≤ 1

eau

(a) (b) (c) (d)

Temps 0 0 t tf

Charge supportée AtP


P P 0
par l’eau

Charge supportée (1 − A t )P
0 0 P
par le ressort
Charge totale P P P P

Figure 2. Modèle analogique de la consolidation des sols fins.

En appliquant sur le piston une charge P, robinet fermé, le piston ne bouge pas et le ressort ne
supporte pas de charge (a), toute la charge est prise par l’eau (t = 0), on peut s’en rendre
compte par le jaillissement d’eau en ouvrant le robinet de drainage (b). Le drainage commerce
à partir de cet instant, la charge se transmet progressivement au ressort et le piston s’enfonce
(c). Lorsque le piston s’arrête (d) la charge est entièrement supportée par le ressort, et l’eau
qui reste ne supporte aucune charge (t = tf).
5.2.2 L’essai œdométrique

5.2.2.1 L’œdomètre

C’est un appareil qui permet de réaliser un essai de consolidation unidimensionnelle


sur un échantillon de sol saturé (figure 3). L’écoulement de l’eau au cours de la consolidation
est uniquement vertical, il se fait par l’intermédiaire de pierres poreuses placées de part et
d’autre de l’échantillon.

Etats de contrainte et de déformation

La sollicitation de l’échantillon est une compression axiale sans déformation latérale.


L’état de contrainte est homogène dans l’échantillon, et les directions des contraintes
principales restent fixes. Si P est la force verticale appliquée au moyen du piston sur
l’échantillon de section S, la contrainte verticale est principale, sa valeur est :
P
σa =
S
L’état de déformation est connu, on a :
- Une déformation latérale nulle : ε r = 0
∆H
- Une déformation axiale : εa =
H
où :
H est l’épaisseur de l’échantillon,
∆H est le déplacement vertical obtenu sous l’action de la charge P.

Comparateur
Eau

Argile
Anneau Pierre poreuse
rigide

Cellule œdométrique

Figure 3 : Coupe d’un œdomètre avec un échantillon de sol en cours d’essai

5.2.2.2 Mode opératoire

L’essai consiste à appliquer sur l’échantillon une charge P transmettant une contrainte
verticale uniforme, et mesurer le tassement au cours du temps. La consolidation de
l’échantillon peut être résumée comme l’indique le tableau suivant :

Temps Pression interstitielle Contrainte effective Contrainte totale Tassement


t=0 u=σ σ' = 0 σ 0
t = tf u=0 σ' = σ σ ∆H
L’évolution de la déformation verticale (ou du tassement) en fonction du logarithme du temps
(figure 4) permet de distinguer deux phases :
- La consolidation primaire qui correspond à la dissipation de la suppression interstitielle ;
- La compression secondaire au cours de laquelle le sol continue à tasser avec une suppression
interstitielle nulle, cette phase s’appelle le fluage.

log t

Consolidation
primaire

∆u = 0
∆u = 0
Compression
secondaire
εa = ∆ H
H

5.2.2.3 La courbe œdométrique

On fait plusieurs chargements sur le même échantillon de la manière suivante :


- On applique un premier chargement sous lequel on atteint la fin de consolidation de
l’échantillon (le tassement se stabilise) ;
- On applique un deuxième chargement (le double du précédent) jusqu’à la fin de
consolidation ;
On répète la même opération en doublant à chaque fois la charge jusqu’à la fin du
chargement.
Pour chaque palier de chargement on calcule l’indice des vides de l’échantillon en fin de
consolidation, et on trace la courbe œdométrique (e - log σ’) représentée sur la figure 5.
Cette courbe rend compte du comportement du squelette solide, parce qu’en chaque point on
attend la fin de consolidation pour la charge correspondante.
e e
e A
A
B

D C D
E

C B
log σ ' σ'c log σ ' log σ '

(a) (b) (c)

Figure 5. La courbe œdométrique


5.2.3 Pression de préconsolidation

5.2.3.1 Schématisation de la courbe œdométrique

La courbe œdométrique d’un sol fin peut être schématisée de la manière suivante dans
le plan (e – log σ’ ) (figure 5b) :
- Une partie linéaire (AA') à très faible pente ;
- Une partie linéaire (A'A'') à forte pente, la pente de cette partie est appelée indice de
compression notée Cc.
Si on effectue un cycle de déchargement-rechargement : la partie (MM'), la pente est la même
que celle de la partie (AA') qui représente en quelque sorte l’élasticité du sol.

Cas d’un sol vierge :

On considère un sol fin mélangé avec une grande quantité d’eau jusqu’à floculation
totale. En laissant les grains se déposer, on obtient un sol qui n’a subi aucune charge. En
réalisant un essai œdométrique sur un tel sol, on obtient une courbe sensiblement rectiligne
qui ne présente pas une partie initiale à pente faible (figure 5c).

5.2.3.2 Pression de préconsolidation

La comparaison entre les courbes œdométrique d’un sol vierge d’une part, et d’un sol
en place d’autre part, montre que tout sol a subi durant son histoire une pré-compression ou
préconsolidation. La courbe œdométrique rend compte du maximum de la pression verticale
effective exercée sur un échantillon de sol à l’endroit où il a été prélevé. Cette pression de
préconsolidation, notée σ'c , correspond au coude de la courbe œdométrique (figure 5b).
En comparant la valeur de la contrainte maximum σ'c , subie par le sol, à la contrainte
effective réelle σ'0 due au poids des terres déjaugées lorsqu’elles se trouvent sous la nappe,
on distingue :
- Les sols surconsolidés (O.C.) : σ'c > σ'0 , c’est le cas des sols qui ont été érodés ou qui
supportaient jadis des glaciers ;
- Les sols normalement consolidés (N.C) : σ'c = σ'0 ;
- Les sols sous-consolidés : σ'c < σ'0 , c’est le cas de vases récentes (ou tourbes) qui n’ont pas
encore terminé de se consolider sous l’action de leur poids propre [9].

Remarques

- La notion de sol sous-consolidé est considérée comme impossible physiquement, d’après


Magnan [10], parce qu’il n’est pas possible d’avoir une contrainte de consolidation réelle
inférieure à la contrainte verticale effective en place. Les sols dits sous-consolidés le sont ou
bien parce qu’on a sous-estimé σ'c (chose qui est attribuée à l’expérimentation), ou bien
parce que la contrainte verticale effective est surestimée (valeur élevée de γ, ou valeur sous-
estimée de u en place).
- La pression de préconsolidation σ'c est une grandeur importante en pratique, car elle limite
le domaine des contraintes pour lequel les déformations restent faibles et accuse un tassement
acceptable pour les ouvrages à construire.
5.3 Calcul du tassement

5.3.1 Degré de consolidation

Durant la consolidation d’un sol fin la suppression interstitielle diminue. En un point où elle
vaut ∆ui à l’instant initial, et ∆u à l’instant t, le degré de consolidation est défini par :
∆u
U =1−
∆u i
- A l’instant initial, on a ∆u = ∆ui , d’où : U = 0 ;
- En fin de consolidation, on a ∆u = 0, d’où U = 100% ;
U est exprimé généralement en pourcentage.

5.3.2 Théorie de consolidation de Terzaghi

Elle permet de calculer le temps de tassement en se basant sur les hypothèses


simplificatrices suivantes :
- Le sol est homogène, et est complètement saturé ;
- L’eau et les grains solides sont incompressibles ;
- La compression est unidimensionnelle ;
- L’écoulement est unidimensionnel (suivant la verticale) ;
- La loi de Darcy est vérifiée ;
- La relation entre la contrainte effective et l’indice des vides est linéaire ;
- Les caractéristiques du sol restent constantes durant la consolidation.

Les deux premières hypothèses sont relatives à l’hydraulique des sols. Les troisième et
quatrième hypothèses supposent que les conditions de l'essai œdométrique sont vérifiées pour
le sol en place, ce qui n'est réellement le cas que lorsque le chargement uniforme est appliqué
sur une couche de sol drainée des deux côtés. La sixième hypothèse suppose que la courbe
œdométrique est linéaire dans le système d'axes (e, σ' ) et non dans le système d'axes
(e, log σ' ), cette linéarité est définie par le coefficient de compressibilité av tel que :
de
av = − = Cte (1)
dσ '

L’ensemble de ces hypothèses est largement commenté par Magnan [10].

5.3.2.1 Equation de consolidation

Deux méthodes peuvent être utilisées pour établir l’équation régissant la théorie de
consolidation unidimensionnelle de Terzaghi.
- Soit en utilisant la forme générale des équations de conversation de la masse d’eau et de la
masse des grains solides ;
- Soit en raisonnant sur les quantités d’eau qui sortent d’une tranche de sol, et sur la variation
de volume qui en résulte.
La deuxième démarche sera utilisée dans la suite pour établir l’équation de consolidation.

Soit une tranche de sol située à la côte z, d’épaisseur dz et de largeur unitaire soumise à un
écoulement vertical d’eau (figure 6), le volume d’eau qui entre dans la tranche de sol, pendant
l’intervalle de temps dt, est égal à :
Vint = v z S dt
Le volume d’eau qui sort de la tranche pendant le même intervalle de temps est :
 ∂v 
Vext =  v z + z dz  S dt
 ∂z 

La différence entre les deux volumes précédents est égale à la variation du volume de la
tranche du sol pendant le même intervalle de temps, soit :
 ∂v  ∂V
Vext − Vint =  z dz  S dt = dt (2)
 ∂z  ∂t

L’eau et les grains solides étant incompressibles, la variation de volume du sol doit être celle
du volume des vides, d’où :
∂V ∂Vv ∂ V  V ∂e
= =  v Vs  =
∂t ∂t ∂t  Vs  1 + e ∂t
Soit donc :
∂V  ∂e  S dz
=  (3)
∂t  ∂t  1 + e

En combinant (2) et (3), et après simplification par (S dzdt) on a :

∂e ∂v
= (1 + e ) z (4)
∂t ∂z
∂v z
vz +
∂z

z + dz

z
vz
1
S

Figure 6. Ecoulement vertical d’eau à travers une tranche de sol.

Par ailleurs la variation de l’indice des vides est proportionnelle à celle de la contrainte
effective, on a d’après (1) :
∂e ∂σ'
= −a v (5)
∂t ∂t

En tenant compte de la relation de Terzaghi : σ = σ' + u , et la contrainte verticale est


constante, on obtient à partir de (4) et (5) :
∂v z 1 + e ∂u
=
∂z a v ∂t
∂h
En introduisant la loi de Darcy qui s’écrit : v z = k , puis en remplaçant la charge
∂z
u
hydraulique par : h = + z , on aboutit à l’équation :
γW
∂ 2 u k.(1 + e) ∂u
. = (6)
∂z 2 av ∂t

Le coefficient de l’équation différentielle (6) est appelé coefficient de consolidation, il est


noté cv. L’équation différentielle de la théorie de consolidation unidimensionnelle de Terzagui
s’écrit alors :

∂u ∂ 2u
= cv 2
∂t ∂z
avec : (7)
k.(1 + e)
cv =
av

Le coefficient cv n’est pas en réalité constant comme il dépend de l’indice des vides qui est
variable, mais on le suppose tel.

5.3.2.2 Conditions aux limites et conditions initiales

Soit une couche de sol d’épaisseur H, limitée à sa partie supérieure par une surface
perméable, et à sa partie inférieure par une surface imperméable (figure 7). Avant le
chargement du sol la pression interstitielle a une distribution initiale : u = γ W z , vers laquelle
elle va tendre en fin de consolidation.

Niveau perméable
O u
Di quil
str ibr
d' é

ibu e
tio

∆u i = f (z )
n

H
z Niveau imperméable

Figure 7. Evolution de la surpression interstitielle lors de la consolidation

Les conditions aux limites sont alors :


- Pour z = 0 : u = 0, ∀t ;
∂u
- Pour z = H : = γ W ,∀t.
∂z
L’application instantanée de la charge au temps t = 0 provoque une suppression interstitielle
∆ui = f(z), la condition initiale est alors pour t = 0 :
u = γ W z + f ( z)

5.3.2.3 Equation différentielle adimensionnelle

La solution générale de l’équation différentielle (7) est définie à une fonction linéaire
de z près, qui est la position d’équilibre de la pression interstitielle soit u 0 = γ W z , donc il
revient de rechercher l’évolution de la surpression interstitielle au cours du temps tel que :
∆u = u − u 0 = u − γ W z .
En terme de la surpression interstitielle, on résout le problème suivant :
∂ (∆u ) ∂ 2 (∆u )
= cv (8)
∂t ∂z 2
∆u = 0, pour z = 0, ∀t
∂ (∆u )
= 0 , pour z = H, ∀t
∂t
∆u = f(z) pour t = 0.

En introduisant les nouvelles variables adimensionnelles suivantes :


c t
Le facteur temps : Tv = v2
H
z
La coordonnée réduite : Z=
H
L’équation différentielle (8) s’écrit :
∂ (∆u ) ∂ (∆u ) dTv c ∂ (∆u )
= = v2
∂t ∂Tv dt H ∂Tv
2
∂ 2 (∆u ) ∂ 2 (∆u )  dZ  1 ∂ 2 (∆u )
=   =
∂z 2 ∂Z 2  dz  H 2 ∂Z 2

D’où :
Les conditions aux limites s’écrivent pour leur part :
∆u ( Z, Tv ) = 0 , pour Z = 0
∂[∆u ( Z, Tv )]
= 0 , pour Z = 1
∂Z
∆u(Z,0) = f(Z)

5.3.2.4 Résolution analytique de l’équation de la consolidation

Cette résolution est représentée en détail par Magnan [10] ; elle permet de déterminer
le degré de consolidation U en tout point du sol à un instant t donné. L’abaque n° 1 (page )
donne l’évolution du degré U en fonction du facteur Tv. A partir de la courbe de variation des
surpressions interstitielles, l’évolution de la surface S' (figure 8) permet de mettre en évidence
l’évolution du degré U par l’équation :
S' (Tv )
U =1−
S
La surface S correspond à l’augmentation de la surpression interstitielle au temps t = 0.

O u
 u = γ w z + ∆u ( z , Tv )

 Tv

 u = γ w z + f ( z )
S ( Tv ) S 
 0

1 H u
γwH
z

Figure 8. Evolution de la surpression interstitielle

Remarques

- Du fait de la linéarité entre la déformation et la contrainte effective, l’évolution du degré de


consolidation U caractérise aussi celle du tassement au cours du temps, soit :
sT
U(Tv ) = v
sf

Où:
s Tv est le tassement correspondant au temps Tv ;
sf est le tassement final de la couche après consolidation.
- Dans le cas où la couche est drainée des deux côtés, la valeur de H à prendre en compte pour
le calcul de Tv est égale à la moitié de sa hauteur. En effet H représente le chemin de drainage,
qui est la distance maximale que parcourt l'eau pour atteindre une couche drainante en suivant
le chemin le plus court.

5.3.3 Calcul du tassement

Le calcul du tassement dépend du type de la sollicitation appliquée, donc de l’état de


déformation du sol qui en résulte. On utilise en général deux méthodes de calcul :

La méthode œdométrique : Pour laquelle l’effet de la contrainte normale octahédrique (σoct)


est prépondérant, il ne provoque que des variations de volume. Le tassement correspondant
est dû à la compressibilité du milieu. C’est le cas du tassement d’un remblai de largeur B
reposant sur une couche d’argile de faible épaisseur H tel que :
H < B, (figure 9a). La déformation latérale du sol est négligeable.

La méthode pressiométrique : Pour laquelle l’effet de la contrainte de cisaillement est


prépondérant, il ne provoque que des distorsions du milieu. C’est le cas du tassement d’une
fondation rigide reposant sur une couche semi-infinie (figure 9b). La déformation latérale du
sol n’est pas négligeable.
5.3.3.1 Définition des termes du tassement

Le tassement d’une couche de sol est en général la somme des trois termes suivants :
- Tassement immédiat (ou initial) : sj, il se produit rapidement lors du chargement avant la
consolidation du sol, c.à.d sans évacuation de l’eau interstitielle. La déformation du sol se
produit donc à volume constant.
- Tassement de consolidation primaire : sc, il est dû à l’évacuation de l’eau interstitielle, ce qui
correspond au phénomène de dissipation des surpressions interstitielles sous l’action du
chargement.

B B

HR γ

M
H M

σz σz
wz wz
σx σx
wx wx

(a) (b)
Figure 9. Calcul du tassement en fonction du type de sollicitation

- Tassement de consolidation secondaire : ss, il est dû à la déformation du squelette du sol et


correspond au phénomène de fluage provoqué par la contrainte transmise aux grains du sol en
fin de consolidation primaire.
Le tassement total s’écrit alors :
S = si + s c + ss

5.3.3.2 Calcul du tassement immédiat

Ce tassement se produit à volume constant, il ne peut être provoqué que par distorsion
du sol. Donc pour les cas où le phénomène de consolidation (variation de volume) est
prépondérant, il est négligé. C’est l’exemple de l’essai œdométrique où la déformation
latérale du sol est empêchée.
Dans les autres cas, ce tassement est déterminé par la théorie de l’élasticité linéaire (formule
de Boussinesq) en supposant que le sol est incompressible (ν = 0,5). Cela suppose la
connaissance du module d’élasticité non drainé du sol Eu, qu’on peut déterminer :
- Soit par un essai non drainé à l’appareil triaxial,
- Soit à partir d’essais in situ en appliquant les contraintes calculées par la théorie de
l’élasticité linéaire ; Costet [1].
5.3.3.3 Calcul du tassement de consolidation

* Méthode œdométrique : La déformation latérale est nulle en tout point du sol, dans ce cas le
tassement de la couche est déterminé à partir de la variation de l’indice des vides du sol. A
partir de la figure 10 a, on a :
∆V ∆H ∆v
= ou ∆H = H0
V0 H0 V0
On écrit aussi les relations suivantes :
V = Vs + Vv = Vs (1 + e)

∆V = Vs ∆e

On obtient en définitive :
∆e
∆H = H 0
1 + e0

S H0 e0
~ e0
s
e0
V0 e
e1
Vs Vs
σ'0 σ'c σ'c+∆σ log σ'

(a) (b)

Figure 10. Calcul du tassement par la méthode œdométrique

La courbe œdométrique (figure 10b) montre d’une part que le sol est surconsolidé ( ), d’autre
part l’indice des vides passe de la valeur initiale e0 à la valeur finale e1. Si on néglige la
variation de l’indice des vides dans la partie de pente très faible, on aura :
log(σ'0 + ∆σ)
∆e = e1 − e0 = Cc (10)
σ 'c

En tenant compte de (9), l’équation (10) s’écrit :


- Pour un sol surconsolidé :
H 0 Cc log(σ'0 + ∆σ)
s= (11a)
1 + e0 σ'c

- Pour un sol normalement consolidé (ou sous-consolidé) :

H 0 Cc log(σ'0 + ∆σ)
s= (11a)
1 + e0 σ'c
lorsqu’il y a plusieures couches, ou la couche trop épaisse a été subdivisée en plusieures sous-
couches, on fait la sommation des tassements élémentaires, et on écrit :
 H 0i Cci log(σ'0i + ∆σi ) 
s=
i


 1 + e 0i σ 'ci


(12)

Pour déterminer le tassement à l’instant t avant la fin de consolidation primaire, on utilise la


théorie de Terzaghi et on montre que si le coefficient de compressibilité av est constant, le
degré de consolidation moyen U correspond au rapport du tassement de la couche à l’instant
t : soit st, au tassement final sf. Pour démontrer ce résultat, on peut consulter Schlosser [9] ; on
a:
s
U= t
sf

** Méthode pressiométrique : Dans le cas de remblais ou de fondations de dimensions


limitées, le chargement du sol provoque des déplacements latéraux donc le phénomène de
consolidation ne peut plus être considéré comme unidimensionnel. On corrige le tassement
déterminé par la méthode œdométrique pour tenir compte des déplacements latéraux du sol en
utilisant la méthode pressiométrique. Cette méthode se base sur les résultats d'un essai in situ
réalisé au pressiomètre (voir chapitre 8) dont le principe est le suivant :
On introduit l’appareil à la profondeur voulue, dans un forage de 60 mm de diamètre (figure
11a). Puis on applique une pression latérale uniforme sur le sol en envoyant de l’eau sous
pression dans la cellule centrale.

eau
V

2V0 C

Vf B
cellules cellule A
V0
de garoles centrale
Vc P
P0 Pf Pl
2r0 0

Figure 11a. Principe de l’essai


Figure 11b. Courbe pressiométrique
pressiométrique

En mesurant la variation de volume en fonction de la pression exercée, on dresse la courbe


pressiométrique dont l’allure est ci-dessus représentée (figure 11b). En faisant l’hypothèse
qu’entre les pressions p 0 et pf le comportement du sol situé autour de la sonde est élastique,
on peut déterminer :
- Le module de cisaillement GM,
- Le module de déformation pressiométrique EM.
En utilisant l’équation de Lamé (1852), qui donne l’expansion radiale d’une cavité
cylindrique dans un milieu élastique, soit :
∆p
G=V
∆V
∆p
Où V est le volume de la cavité, et p est la pression dans la cavité. Le rapport est
∆V
l’inverse de la pente de la partie linéaire de la courbe pressiométrique située entre les
pressions p 0 et pf . Dans cette partie, le volume moyen de la cavité est :
V + Vf
Vm = Vc + 0
2
Où Vc est le volume de la cellule à l’état initial ; le module de cisaillement est donc :
∆p
G M = Vm
∆V

Le module de déformation pressiométrique s’écrit :


E M = 2G M (1 + ν)
Ou bien :
∆p
E M = (1 + ν)Vm
∆V

Calcul du tassement par la théorie de l’élasticité

Le tassement d’une fondation circulaire rigide posée à la surface d’un massif élastique semi-
infini est donné par la formule de Boussinesq :
π (1 + ν 2 )
s = pB
4 E
ou bien (13)
π (1 + ν)
s = pB
8 G

Où p est la charge répartie sur la fondation de diamètre B.

- Le tassement immédiat peut être calculé en utilisant dans (13) les caractéristiques non
drainées du sol en considérant le milieu incompressible (vu = 0.5). Ce tassement se produit à
volume constant, il ne peut être provoqué que par distorsion du sol.

- Le tassement final peut être déterminé aussi à partir de la même expression en utilisant les
caractéristiques drainées du sol, le cisaillement du sol s’effectue toujours sans variation de
volume. En utilisant l’hypothèse de Terzaghi on montre que G = G'. Donc le module GM,
obtenu à partir de l’essai pressiométrique, peut être utilisé à la fois pour le calcul du tassement
immédiat et du tassement final.

- Le tassement dû à la consolidation est alors déduit par différence entre les tassements final et
immédiat :
s c = s f − si
Remarque

Dans l’expression (donnée ci-dessus) du tassement de consolidation on a négligé le


tassement ss dû à la consolidation secondaire du sol.
Mais le tassement théorique, obtenu à partir de la théorie de l’élasticité linéaire, comparé au
tassement mesuré est très élevé. Cela a conduit Ménard à établir des formules semi-
empiriques pour estimer le tassement à partir du résultat suivant de la théorie d’élasticité :
Sous une fondation circulaire rigide, de diamètre B, le déplacement du sol provoqué sous
l’action d’une charge uniformément répartie est décomposé en deux termes [6] :
- Le premier, sous la semelle, où l’effet de la contrainte moyenne est prépondérant, le
phénomène de consolidation l’est aussi ;
- Le deuxième, situé au delà du premier, où le phénomène de distorsion sans variation de
volume est prépondérant.
Ménard a proposé que le premier domaine (I), dit sphérique, soit constitué d’une sphère de
rayon égal à la demi-largeur de la fondation. Le deuxième domaine (II), dit déviatorique, est
constitué par le reste du massif situé au delà du domaine (I). Le tassement total est donc
calculé par la somme de deux tassements : l’un est relatif au domaine sphérique, l’autre est
relatif au domaine déviatorique.

Calcul du tassement par les formules de Ménard

Soit une fondation circulaire de diamètre B = 2r, ou une fondation rectangulaire de


dimensions (B,L) placée à la profondeur D au sein du massif de sol (figure 12).

2r

I
sphérique
II dévatorique

Figure 12. Décomposition d’un massif de sol d’après la méthode pressiométrique

Le tassement de la fondation est la somme du tassement s1 d’une demi-sphère rigide de rayon


r dans un milieu élastique de module Eu = E soumis à des cisaillements purs ; et du tassement
s2 de la demi-sphère sous l’effet de la consolidation. Pour ce dernier on fait intervenir le
module œdométrique qui est estimé par :
E
E oed = M
α

Où :
EM est le module pressiométrique,
Α est le coefficient de structure du sol (voir tableau 1).
Lorsque le massif est supposé homogène, le tassement de la semelle s'écrit :
(1 + ν )pB0 (λ1B / B0 )α α
s= + pλ 2 B (14)
6E 9E
s= s1 + s2
où :
ν est le coefficient de Poisson du sol, en général on a : ν = 0,33 ;
p est la contrainte appliquée par la semelle sur le sol ;
B0 est le diamètre de référence ; B0 = 60 cm ;
λ1 et λ2 sont les coefficients de forme de la semelle (voir tableau 2).

Remarque
La formule (14) est établie pour une fondation encastrée avec D/B > 1 ; sinon il convient de
majorer le tassement de 10% si D = B/2, et de 20% si D = 0.

Sols Argile Limon Sable Sable et graviers


E/pl α E/pl α E/pl α E/pl α
Surconsolidé > 16 1 > 14 2/3 > 12 1/2 > 10 1/3
Normalement
9 - 16 2/3 8 - 14 1/2 7 - 12 1/3 6-10 1/4
consolidé
Altéré et remanié 7-9 1/2 ----- 1/2 ----- 1/2 ----- 1/2

Sol α
Tourbe 1
Rocher sain 2/3
Rocher peu fracturé 1/2
Rocher très fracturé 1/3

Tableau 1. Valeurs du coefficient de structure du sol

1 2 3 5 20
L/B = L/2r cercle carré
λ1 1 1,12 1,53 1,78 2,14 2,65
λ2 1 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5

Tableau 2. Valeurs des coefficients de forme de la semelle

Cas d’un sol hétérogène

On découpe le sol en tranches horizontales (figure 13) dont les limites sont situées, à partir de
la base de la fondation, aux profondeurs suivantes : z = B/2, 2r, 5r, 8r, 16r.
A chaque tranche est affecté un module pressiométrique qui est la moyenne harmonique des
valeurs trouvées pour le module de déformation à différentes profondeurs dans la tranche
considérée ; on obtient six modules : E1, E2, E3/4/5, E6/7/8, E9-16. On a :

EA = E1

4
EB =
1 1 1 1 1 (15)
+ + + +
E1 0,85E 2 E 3 / 4 / 5 2,5E 6 / 7 / 8 2,5E 9 − 16
Dans le cas d’un sol hétérogène, le tassement est donné par :
1,33pB0 (λ1B / B0 )α α
s= + pλ 2 B (16)
6E B 9E A

r 2r E1
2r E2

E3/4/5
5r
E6/7/8
8r

E9 16

16r
z

Figure 13. Subdivision d’un sol pour le calcul du tassement par la méthode
Pressiométrique

Exemple de calcul de tassement

Soit la fondation représentée sur la figure 14, et dont les dimensions sont :
B = 5m, D = 1.75m, L = 12m.

Elle est placée dans un terrain argileux dont les caractéristiques, déterminées par des essais
pressiométriques, sont données sur la même figure.

Pour déterminer le tassement de la fondation, on découpe le sol en cinq tranches et on calcule


leurs modules à partir de la moyenne harmonique HM des valeurs EM trouvées dans la couche
considérée.

E1 = HM(13000/20000/16000) = 3/ E1 = 1/13000 + 1/20000 + 1/16000 = 15840 Kpa.


E2 = HM(27000/40000) = 32240 Kpa.
E3/4/5 = HM(35000/24000/35000/37000/70000/55000/60000/70000), d’où :
E3/4/5 = 42270 Kpa.
E6/7/8 = HM(75000/85000) = 79700 Kpa.
E6/7/8 et E9-16 sont considérés égaux ; d’où on déduit : EA = E1 = 15840 Kpa.
En appliquant (15), on trouve : EB = 30000 Kpa.

A partir du tableau 1, pour une argile ayant EM/pl = 9 à 16, on a : α = 2/3.


Pl E P = 66000 KN
(KPa)
1500 11000 z = 1,75 m
Argile
1200 13000
1700 20000 1
Limon z = 4,25 m
1700 16000
5 1700 27000
1800 40000 z = 6,75 m 2
6,5 1800 35000
1400 24000 3
z = 9,25 m
9,3 1900 35000
10 1800 37000
2100 70000 z = 11,75 m 4
1700 55000
Limon 2200 60000 5
z = 14,25 m
2300 70000
15 2300 75000
3000 80000 6

z (m)

Figure 14. Données pour le calcul du tassement par la méthode pressiométrique

A partir du tableau 2, pour L/B = 2,4 on a :


λ1 = (1,53 + 1,78)/2 = 1,65 et λ2 = (1,20 + 1,30)/2 = 1,25.
Par ailleurs, pour D/B = 1,75/5 = 0,35, on a une augmentation de 13% du tassement calculé,
on obtient finalement :
s = 6.8 cm

5.4 Applications pratiques de la consolidation

Ces applications sont nombreuses, la théorie de la consolidation permet :

- L’étude du comportement dans le temps des sols sous l’effet des charges permanentes ;
- Le calcul du tassement sous les ouvrages, deux types de problèmes sont distingués à ce
niveau, l’estimation du tassement définitif (ou total) d’une part, et l’estimation de l’évolution
du tassement d’autre part.
Lorsque le chargement est conforme au schéma de Terzaghi (l’étendue de la surface chargée
est très grande par rapport à l’épaisseur de la couche compressible) le tassement est obtenu
avec un ordre de grandeur acceptable. Pour le cas des fondations, le tassement obtenu est
satisfaisant d’autant plus que le schéma de chargement est très proche de celui d’une semelle
isolée.
Cependant l’estimation de la vitesse réelle de consolidation dans le temps est très grossière.
Ceci est dû essentiellement à la perméabilité non isotrope des sols compressibles qui sont
d’origine sédimentaire. La perméabilité horizontale kh du sol peut être 100 à 1000 fois
supérieure à sa perméabilité verticale kv. Par exemple si un lit plus perméable, jouant le rôle
de drain est situé à mi-épaisseur de la couche le temps de consolidation sera divisé par 4,
comme la hauteur de drainage est divisée par 2 (voir l'expression de cv).
- La théorie de consolidation a permis d'envisager des procédés destinés à accélérer la vitesse
de tassement. On décrira deux principaux procédés : le préchargement du sol, et la réalisation
des drains de sable (ou de carton ou de géotextile).
L’accélération du tassement a pour but de provoquer la majeure partie avant et en cours de
construction de l’ouvrage de manière à éviter les désordres qui peuvent lui porter préjudice en
cours de service.

5.4.1 Préchargement du sol

Supposons que le terrain, du fait de la construction d’un ouvrage donné, soit soumis à
la charge de service P0, et qu’avant la construction de l’ouvrage on soumet le terrain à une
charge provisoire P1> P0. En analysant les courbes du tassement théorique sous P0 et P1, on
voit (d’après la figure 15) que pour obtenir le tassement sf (P0) il suffit d’appliquer la charge
P1 pendant une durée de temps t1. En enlevant la surcharge P1, et l’ouvrage étant construit, le
tassement obtenu après consolidation sera très minime.

Afin de réduire davantage la durée du préchargement, on se contente souvent


d’appliquer la charge pendant un temps t2 < t1 de façon à obtenir un tassement su. Le tassement
résiduel
(sf – su) qui aura lieu après la construction de l’ouvrage est acceptable sans dommage par ce
dernier.

su

sf (t0) P0

P1
log t
s t2 t1

Figure 15. Réduction du tassement par préchargement du sol

5.4.2 Utilisation des drains

La méthode consiste à forcer dans le sol selon une maille régulière et à remplir les
forages par un matériau drainant (sable, mèche en carton ou en géotextile). La couche
compressible est surmontée d’une couche drainante et d’un préchargement (figure 16).
De cette façon la longueur de drainage est réduite considérablement en passant de H à
d1 − d 0
; de plus l’écoulement se faisant dans la direction horizontale est fonction non plus de
2
la perméabilité verticale kv, mais aussi la perméabilité horizontale kh qui est très élevée par
rapport à kv, ce qui accélère davantage la consolidation du sol.
L’utilisation de cette méthode a permis d’établir des abaques donnant le degré de
consolidation en fonction d’un facteur temps de la consolidation radiale et du rapport (d1/ d0),
Philipponat [6].

sans drains avec drain de sable

Plate forme Remblai


drainante

H Argile CV
molle

Substratum d1 d1 d0

Figure 16. Consolidation accélérée par drains de sable

5.5 Tassement absolu – Tassement différentiel

Lorsque le tassement est uniforme, il n’est pas préjudiciable si l’ouvrage considéré


possède une certaine raideur. Par exemple les immeubles importants, qui reposent par
l’intermédiaire de radiers généraux sur une couche d’argile molle normalement consolidée
très épaisse, accusent un tassement de 10 à 25 cm sans aucun dommage.
Le cas le plus gênant correspond à des dénivellations entre différents points d’une fondation
qu’on appelle tassement différentiel. Lorsqu’il est prononcé, des désordres graves peuvent se
produire : dislocations de maçonnerie, fissures dans le béton (armé ou précontraint) ou
rotation d’ensemble entraînant un hors plomb, par exemple la tour de Pise.

Tassement admissible

Les tassements différentiel et absolu sont considérés comme admissibles lorsqu’ils


peuvent être absorbés sans inconvénients par la superstructure qui peut être :
- Soit souple (ouvrage rendu isostatique grâce à des articulations) ou bien elle est à
maçonnerie hourdée à la chaux susceptible d’adaptations importantes : par exemple l’église
Notre Dame à Mexico a subi un tassement différentiel de 1.5 m sans que des fissures graves
ne se produisent {1} ;
- Soit rigide (immeuble monolithe en béton armé), l’exemple de bâtiments d’habitation au
Brésil fondés sur une mince couche de sable reposant sur 70 m d’argile molle, leur tassement
courant est de 0.8 m à 1.5 m.
Un tassement différentiel sd de plusieurs centimètres est admissible pour des ossatures en
béton armé ou métalliques avec plusieurs niveaux. Bjerrum et Skempton ont montré que ce
tassement n’est pas préjudiciable pour des constructions courantes, en fonction de la portée L
entre deux appuis voisins, dans les limites suivantes [1] :
En maçonnerie : sd ≤ L/600.
En béton armé : sd ≤ L/1000.
5.6 Application

Soit un remblai posé sur un sol dont la coupe géotechnique est indiquée sur la figure
17.
Déterminer le tassement du remblai dans son axe, sachant que l’argile est normalement
consolidée.
On assimilera le remblai à une distribution de charge uniforme s’étendant à l’infini.

12 m

γr = 20 kN/m3 3m

γd = 16 kN/m3
Sable 3m
Gs = 2,65

3m

γd = 16 kN/m3 Cc = 0,4
Argile N. C. 3m
e0 = 2

Sable

Figure 17. Coupe géotechnique du sol

Réponses

On détermine le tassement dans ce cas par la méthode œdométrique, comme


l’épaisseur de la couche compressible est petite par rapport aux dimensions du remblai.
Le calcul du tassement est fait au milieu de la couche d’argile, on doit y déterminer la
contrainte effective. Ceci nécessite la détermination du poids spécifique déjaugé pour la
couche de sable (partie saturée) et pour la couche d’argile. Pour cela, on utilise l’expression
suivante (établie en chapitre 1) :
 γ 
γ = γ d 1 − W 
 γs 
Pour le sable, sachant que : γ s = G s γ W , on trouve :
γ = 9,96 KN/m3

Pou l’argile, sachant que : γ s = γ d (1 + e ) , on aura :


γ = 12,67 KN/m3

La contrainte effective à la profondeur z = 7,5 m est égale donc à :


σ '0 = (16 × 3 + 9,96 × 3 + 12, 67 ×1,5) = 97 kPa
Calculons maintenant l’excès de contrainte ∆σ z au milieu de la couche d’argile, en utilisant
l’abaque n° 4 (donné en annexe du chapitre 3). On considère à cet effet la moitié d’un remblai
pour lequel on a d’une part :

b/z = 0,8

et d’autre part :

a/z = 10

Comme on suppose que le remblai s’étend à l’infini. Ceci donne :

I = 0.49

D’où l’excès de contrainte total :


∆σ z = 2 (p I) = 58,8 Kpa

p étant la contrainte apportée par le remblai à la surface du sol, soit :

p = γ r H = 60 KN/m2

L’argile étant normalement consolidée, on calcule la tassement de la couche à partir de


l’équation (12b), ce qui donne :

s = 8,2 cm.

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