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ABSOLU 6

On peut rattacher ce sens à celui V0 Beau. - On a employé quelquefois


qu'indique Kant pour l'adjectif : • Das en un sens analogue Bien absolu et
Wort Absolut wird jetzt ôrter gebraucht Vrai absolu. Voir ci-dessous, Critique,
um bloss anzuzeigen dass etwas von et cr. Métaphysique•, not. D et E.
einer Sache an sich selbst betrachtet 3. USAGES DIVERS.
und also innerlich gelte 1 . li Krit. der 1. « [Valeur] absolue. • En mathé-
reinen Vern ., A. 324 ·; B. 381 (voir plus matiques, la valeur absolue d'un nom-
haut, C). Mais nous ne croyons pas bre réel n est la valeur arithmétique
qu'on trouve chez lui, même à titre de ,j;i. Pour un nombre négatif - x,
d'indication, le sens correspondant du c'est x, car (- x)2 = (+ x) 2 = x 1• La
substantif. valeur absolue (ou module, comme on
G. « Ce qui est en dehors de toute
disait autrefois) d'un nombre imagi-
relation en tant que fini, parfait,
: yx 2 + y 2 •
achevé, total. Il correspond donc au naire ordinaire x + iy est nombre
d'Aristote. Enfin, la valeur absolue d'un
-.à (i).ov et au -.à -rtÀtLov
complexe à n éléments (x , x1 , .• . xn)
Dans cette acception, et c'est la seule 1

dont je me serve, l' Absolu est diamé- est : v'xi + xi + ... + x~. La valeur
tralement opposé, contradictoire même absolue d'une quantité quelconque X
à l'infini. li HAMILTON, Discussions sur s'indique par IXI ou par mod X (nota-
Reid, p. Ht. Définition discutée par tion de CAUCHY).
J . S. MILL, Exam., chap. 1v. J. « L'absolu de la question li, DEs-
B. Par un mélange des deux sens CARTES. Le principe évident ou déjà
précédents, les Éclectiques ont employé démontré, d'où peut se déduire la solu-
Beau absolu pour désigner l'idée du tion d'une question ; la notion simple
Beau en tant qu'existant en soi, indé- ou même seulement plus simple à
pendamment de toute réalisation par- laquelle une autre se ramène. « Toul
ticulière. • Nous reconnaissons trois le secret de la méthode consiste à cher-
formes principales de l'idée du Beau : cher en tout avec soin ce qu'il y a de
le Beau absolu... qui n'existe qu'en plus absolu. .. Parmi les corps mesu-
Dieu, etc.» Ch. BÉNARD dans FRANCK, rables, c'est l'étendue qui est l'absolu ;
mais dans l'étendue c'est la lon-
t. • Le mot aœalu est le plUB souvent employé aujour· gueur, etc. li, Regulae, VI.
d'hui pour indiquer seulement que ce qu'on dit d'une K. Le « moi absolu » chez FICHTE,
chose est valable en tant qu'on la considère en elle-même
et par suite inUrieurement. • est le moi en tant qu'acte originaire de

nos facultés de connaître. Mais pour eux le mot signifie plutôt ce sans quoi les
termes de la relation sujet-objet disparaissent.
Nicolas de Cusa est peut-être le premier qui ait systématiquemen t fait usage
d' Absolu pour désigner l'objet ultime de la spéculation philosophique. Ce terme
est devenu usuel en ce sens chez plusieurs écrivains anglais contemporains, tels
que M. Bradley et feu M. Bosanquet; et par suite il a été fréquemment l'objet
des critiques des écrivains appartenant à l'école pragmatiste, comme W. James
et M. F. C. S. Schiller. (C. C. J. Webb.)
- En France, ce mot a été introduit dans l'usage philosophique courant par
Victor Cousin, en 1817. Il le tenait peut-être de Maine de Biran, qui l'avait employé
vers 1812. Voir Paul JANET, Victor Cousin et son œuvre, p. 70-71 et 107. (V. Egger.)
Sur • Beau absolu. » - N'y a-t-il pas là une expression vague pour une idée
chimérique ? (J. Lacbeller.) - Sans doute, mais elle a été fréquemment employée
dans l'École Éclectique, et même chez les littérateurs qui en étaient contemporains.
On la rencontre encore aujourd'hui. (A. L.)

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