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Université Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou / Campus de Tamda 2

Département des sciences financières et comptabilité


Niveau : 2ème année LMD (S3) Semestre 3 Date : …/12/2020 Durée : …….

Examen rattrapage du module : Méthodologie 2


TAF : faites une synthèse à partir des documents ci-dessous.

Quantitatif vs Qualitatif
Document N°1 : 125 mots
mots
Gilles Granger disait : « Dans les sciences de l'homme, où ni la quantification ni une
connaissance qualitative véritablement objectivante ne semblent avoir encore atteint leur maturité, il se
peut même qu'il soit vain de trop espérer de la première, et que l'avenir soit à une espèce qualitative du
savoir »1.
Selon Savall et Zardet2, la « guerre de religion » quantitatif/qualitatif n'épargne pas la discipline
des sciences de gestion et même si le débat semble aujourd'hui quelque peu archaïque, la hiérarchie
entre les deux démarches reste à mettre au profit du quantitatif. Le qualitatif, étant peu balisé, est
considéré comme peu noble, puisqu'il ne se prête pas à l'analyse statistique et manque de précision alors
que les recherches quantitatives jouissent du paradigme de scientificité.
1-DAHAK, Abdennour., KARA, Rabah. Le mémoire de master : du choix du sujet à la soutenance.  Tizi-Ouzou : Edition EL-AMEL,
2015, p. 149.
2-BOUTIGNY, Erwan. Vers un renouvellement de la démarche qualitative en sciences de gestion ? Management & Avenir, 2005, Vol.2,
No. 4, p. 59-69.

Document N°2 : 136 mots

Il faut dire que ces deux modes analytiques se sont souvent constitués en opposition l'un par
rapport à l'autre. Bon nombre d'adeptes de l'approche quantitative ont longtemps exprimé du mépris pour
l'analyse qualitative, la percevant comme une forme inférieure. Bon nombre de protagonistes de
l'approche qualitative ont eux-mêmes dédaigné l'analyse statistique, lui reprochant de ne pas pouvoir tenir
compte de divers phénomènes, voire de déformer la réalité, notamment humaine. Dans leurs
manifestations les plus naïves, la critique quantitativiste réduit la recherche qualitative à une énonciation
subjective et associe science à mathématisation, la critique qualitativiste, elle, assimile positivisme —
entendant par-là vaine prétention à l'objectivité - à statistique et nie le bien-fondé de la quantification de
la vie humaine et sociale. La critique quantitativiste ignore alors que toute analyse du réel, quelle qu'elle
soit, est sociale et historique...
LAFLAMME, Simon. Analyses qualitatives et quantitatives : deux visions, une même science. Nouvelles perspectives en sciences sociales :
revue internationale de systémique complexe et d'études relationnelles, 2007, Vol. 3, No. 1, p. 141-149.

Document N°3 : 87 mots
mots Pour acquérir un statut de sciences, le champ des sciences de gestion, comme celui des sciences
économiques ou des sciences sociales, a développé l’utilisation d’outils statistiques de plus en plus
sophistiqués, censés reproduire artificiellement la rigueur expérimentale sans expérimentation. Mais ces
méthodes tendent à éloigner le chercheur de son objet d’étude en réduisant ce dernier à quelques aspects
quantifiables : habitués aux « salons superbes tout resplendissants de lumière », les quantitativistes
négligent la complexité inhérente aux phénomènes de gestion au profit de la recherche de régularités.
CURCHOD, Corentin. La méthode comparative en sciences de gestion : vers une approche quali-quantitative de la réalité managériale.
Finance Contrôle Stratégie, juin 2003, Vol.6, No2, p. 155-177.

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Document N°4 : 469 mots
La recherche qualitative s’oppose-t-elle à la recherche quantitative ? L'expression « recherche
qualitative » paraît s'opposer directement à celle de « recherche quantitative ». D'où vient cette
dichotomie ? L'opposition qualité/ quantité remonte (au moins) au système des catégories d'Aristote. La
qualité est ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est, et non ce que les autres sont. La quantité porte sur
le nombre de choses en question. L'opposition entre analyse quantitative et analyse qualitative vient
quant à elle de la chimie du XIXe siècle. Par différence avec l’analyse quantitative, l'analyse qualitative
se définit comme : « l’analyse qui détermine la nature des éléments composant un corps sans tenir
compte de leurs proportions. » On est face à un corps, comme l'air. On cherche à identifier les éléments
qui le composent. L'analyse qualitative montre qu'il s'agit d'oxygène, d'azote, de quelques gaz rares, de
vapeur d'eau et de dioxyde de carbone. L'analyse quantitative montrera ensuite qu'il y a en fait 78%
d'azote pour 21% d'oxygène. Dans cette opposition, il y a l'idée que l'analyse qualitative précède
l'analyse quantitative, et qu'elle la domine en importance : la tâche difficile et noble consiste à identifier
les éléments dont un corps est composé et, une fois cette tâche réalisée, l'analyse quantitative apparaît
plus simple. En quoi cette opposition est-elle pertinente, transposée à l'analyse des phénomènes
sociaux ? On y retrouve cette idée que l'analyse qualitative précède et prépare l'analyse quantitative en
lui fournissant des phénomènes à étudier et des concepts à tester statistiquement ou économétriquement,
et l'idée qu'elle est en même temps plus « noble » parce qu'elle rentre plus profondément dans la nature
des phénomènes humains, leur qualité propre. Mais, d'une part, on ne voit pas bien de quelle nature
seraient les éléments fondamentaux composant les corps sociaux, et le mot qualitatif reste donc ici assez
vague. D'autre part, il n'est pas sûr que le quantitatif ne constitue pas un de ces « éléments ». Lorsqu'on
mène une recherche dans une organisation, peut-on ne pas tenir compte des tableaux de chiffres qu'elle-
même produit et manie dans sa prise de décision, et le travail de recherche ne peut-il pas consister aussi
à produire des données chiffrées originales pour mieux comprendre ce qui s'y passe? La recherche
qualitative ne s'oppose donc pas à la recherche quantitative. Les deux exigent des compétences
différentes de la part du chercheur, mais elles peuvent s'enrichir mutuellement et, notamment, le
traitement de séries chiffrées peut constituer un apport substantiel à la recherche qualitative. On ne peut
donc répondre à la question de savoir ce qu'est la recherche qualitative par une simple opposition a
priori à la recherche quantitative. Peut-être peut-on alors chercher à préciser ce qu'est la recherche
qualitative en s'interrogeant sur son objectif scientifique (où l'on retrouvera l'opposition aux approches
quantitatives, mais sous un angle plus concret).
DUMEZ, Hervé. Qu’est-ce que la recherche qualitative ? Le Libellio d’Aegis, Hiver 2011, Vol.7, No.4, p.47-58

Document N°5 : 146 mots


Vouloir établir deux camps distincts, sinon opposés, entre les partisans et spécialistes du quantitatif et
les partisans et spécialistes du qualitatif, paraît de prime abord étrange et on peut s'interroger sur les raisons,
sans doute pas toujours avouables et, en tout cas, pas toujours avouées, d'une telle ségrégation. Et cette
ségrégation paraît finalement se résumer à une plus ou moins grande « affection » (entendez : capacité,
prédisposition, aisance ou maîtrise) pour les mathématiques et les statistiques. Généralement, ceux dont
« l'affection » est grande, se limitent au quantitatif et s'y épanouissent scientifiquement tout en étant
conscients de leur qualité et de leur supériorité scientifiques. Généralement aussi, ceux qui se caractérisent par
une faible « affection », pour ne pas parler de forte répulsion, chantent les mérites du qualitatif, s'y
épanouissent scientifiquement et ne sont pas moins fiers de leur qualité et de leur supériorité scientifiques, à
leurs yeux pourtant tellement méconnues.
HUBERT, Gérard. Quantitatif, qualitatif : même combat ! In : Séminaire méthodologique en sciences humaines et sociales, 6-10 avril 1998,
Ouagadougou, p. 1-9.

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. »


Boileau
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