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Concevoir, Construire et gérer des

structures durables en béton

Évolutions normatives
et réglementaires,
Démarche
performantielle

Saint-Brieuc
09 novembre 2016
Lycée Freyssinet

En partenariat avec :
Concevoir, Construire et gérer des
structures durables en béton
Évolutions normatives et réglementaires,
Démarche performantielle

Recommandations pour maitriser


la durabilité des bétons : de la
spécification à la mise en œuvre

Concevoir, construire et gérer des structures durables en béton


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Concevoir, Construire et gérer des
structures durables en béton
Évolutions normatives et réglementaires,
Démarche performantielle

Prévention vis à vis des risques en


environnements chimiquement agressifs

Patrick Guiraud
CIMbéton

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RECOMMANDATIONS

La définition de l’agressivité chimique et en


particulier la collecte d’informations concernant la
composition chimique des milieux avec lesquels les
bétons seront en contact

relève de la responsabilité du maitre d’oeuvre

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NORME NF EN 206/CN

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CLASSE D’AGRESSIVITE CHIMIQUE

La norme NF EN 206/CN définit pour les attaques chimiques 3 classes d’exposition


Correspondant à 3 niveaux d’agressivité chimique:

- XA1 Environnement à faible agressivité chimique


- XA2 Environnement d’agressivité chimique modérée
- XA3 Environnement à forte agressivité chimique

TABLEAU 1 : DEFINITION DES CLASSES D’AGRESSIVITE CHIMIQUE

- Agressivité des eaux en fonction de leur concentration en agents agressifs :


C02 , SO4 , Mg,NH4 …
- Agressivité des sols : SO4 , acidité…
- Agressivité des gaz : SO4 , H2S

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NORME NF EN 206/CN
ARTICLE NA 4.1.7 ATTAQUES CHIMIQUES

En complément du tableau 2 de la norme , il convient de se reporter au fascicule de documentation


FD P 18-011 : Définitions et classification des environnements chimiquement agressifs -
Recommandations pour la formulation des bétons

Ce fascicule sert de référence pour le choix du liant (ciment et addition ) en fonction de la classe
d’exposition

Nota 1 : L’attention du prescripteur est attirée sur le fait que , pour les environnements agressifs dans
les milieux industriels une étude spécifique est nécessaire pour déterminer l’exposition du béton

Nota 2 : Pour les classes d’exposition XA , l’attention du prescripteur est attiré sur le fait que la seule
imposition d’une classe XA ne permet pas de déterminer l’enrobage conformément à la norme
NF EN 1992-1-1 et son Annexe Nationale .Il convient de préciser les classes d’exposition retenues vis-à-
vis des risques de corrosion des armatures (XC , XS ou XD)

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FASCICULE DE DOCUMENTATION FD P 18-011

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FASCICULE DE DOCUMENTATION FD P 18-011

DEFINITION ET CLASSIFICATION DES


ENVIRONNEMENTS CHIMIQUEMENT AGRESSIFS

Recommandations pour la formulation des bétons

Parution Mars 2016

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FASCICULE DE DOCUMENTATION FD P 18-011
SOMMAIRE
1/2
1. Domaine d’application
2. Références normatives
3. Généralités
4. Définition des environnements chimiques agressifs
5. Mode d’action des environnements chimiquement agressifs
5.1. Milieux liquides
5.2. Milieux gazeux
5.3. Milieux solides

6. Classification des environnements chimiquement agressif et recommandations pour le choix


des ciments et des additions
6.1 Classes d’agressivité chimique
6.2 Définition des classes d’exposition aux attaques chimiques
6.3 Recommandations pour le choix des ciments
6.4 Recommandations pour le choix des additions

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FASCICULE DE DOCUMENTATION FD P 18-011
2/2

SOMMAIRE suite

7. Recommandations pour la formation et la fabrication des bétons, à l’exclusion des produits


manufacturés en béton couverts par des normes spécifiques
7.1 Généralités
7.2 Cas particuliers des produits manufacturés relevant de la norme NF EN 13369
7.3 Cas particulier de formulations de bétons spécialement étudiées pour résister à
certaines agressions chimiques

Annexe A (informative)Degré d’acidité des sols selon Baumann-Gully

Bibliographie

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FASCICULE DE DOCUMENTATION FD P 18-011
LE FASCICULE DE DOCUMENTATION FD P 18-011 :

Définit les environnements chimiquement agressifs pour les bétons non armés , armés et
précontraints,
- milieux liquides : eaux pures , eaux de mer , solutions de sels , d’acides ou de bases ,
eaux résiduaires , liquides organiques…
- milieux gazeux : gaz , vapeur …
- milieux solides : sols naturels , remblais..

Décrit les modes d’actions des environnements chimiquement agressifs

Définit les classes d’agressivité chimique et les classes d’exposition aux attaques chimiques:
XA1 / XA2 / XA3,
Fournit des recommandations pour le choix des ciments, des additions et pour la formulation et
la fabrication des bétons destinés à des structures soumises à des environnements agressifs
Il est complémentaire de la norme NF EN 206/CN pour les bétons et de la norme NF EN 13669 pour
les produits préfabriqués en béton

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FASCICULE DE DOCUMENTATION FD P 18-011
FACTEURS INFLUENÇANT L’AGRESSIVITÉ POUR LE BÉTON
HUMIDITÉ RELATIVE
Atmosphère: sèche (HR <65%)
humide (65%<HR<80%)
très humide (HR>80%)
TEMPÉRATURE
Si T ↑ → Vitesse de réacHon ↑
Dégradation importante à basse température
CYCLE DE TEMPÉRATURE ET D’HUMIDITÉ RELATIVE
MOBILITÉ DU MILIEU : gaz et solutions
CONCENTRATION DE L’AGENT AGRESSIF
DURÉE D’EXPOSITION
PRESSION
PRESENCE DE MICRO-ORGANISME

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ENVIRONNEMENTS CHIMIQUEMENT AGRESSIFS½
3 MILIEUX
MILIEUX LIQUIDES
Eaux pures : eaux faiblement minéralisées qui peuvent lessiver les constituants les plus
solubles du béton (portlandite).

Solutions acides: pH inférieur à 7


Acides minéraux : HCl, HNO3, H2SO4 fort effet dissolvant sur les ciments
Acides organiques : acide acétique, lactique,formique, attaquent les constituants calcaire du ciment
Acides humiques :

Solutions basiques : pH supérieur à 7

Solutions salines :
Chlorures ou sulfates de magnésium
Chlorures ou sulfates et nitrates d’ammonium
Chlorures ,sulfures ,carbonates
Eau de mer : ions chlorure (Cl-), ions sulfate (SO42-), ions magnésium (Mg2+).

Graisses et huiles acides

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ENVIRONNEMENTS CHIMIQUEMENT AGRESSIFS 2/2

MILIEUX GAZEUX
Agressivité des gaz en présence d’eau ou d’humidité
Anhydride sulfureux: SO2
Acide sulhydrique: H2S
Anhydride carbonique: CO2 Carbonatation du béton

MILIEUX SOLIDES
Agressivité des sols fonction de l’eau qu’ils contiennent et des circulations d’eaux
Sulfates
Acides carboniques
Acides organiques

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FASCICULE DE DOCUMENTATION FD P 18-011

CLASSES D’EXPOSITION AUX ATTAQUES CHIMIQUES


Lorsque plusieurs agents agressifs sont présents avec des concentrations conduisant à un classement
XA3 la classe d’exposition reste XA3
Lorsqu'au moins un agent agressif présente une concentration dépassant la limite de la classe XA3 ,
il convient de prévoir une protection externe (enduit , peinture ) ou interne (imprégnation)

RECOMMANDATIONS POUR LE CHOIX DES CIMENTS

MILIEUX CONTENANT DES SULFATES


EAU DE MER
MILIEUX ACIDES
EAUX PURES

RECOMMANDATIONS POUR LE CHOIX DES ADDITIONS

Laitiers de haut fourneau, cendres volantes, fumée de silice, métakaolins utilisées


- en substitution partielle du ciment : liant équivalent
- incorporées dans le béton sans substitution du ciment

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DEFINITION DES CLASSES D’AGRESSIVITÉ CHIMIQUE
1/2
AGRESSIVITÉ DES EAUX
Agent agressif Norme d’essai Classe d’agressivité selon NF EN 206/CN
XA1 XA2 XA3
>100
CO2 agressif (mg/l) NF EN 13577 ≥ 15 et ≤ 40 > 40 et ≤ 100
Jusqu’à saturation

SO42-(mg/l) NF EN 196-2 ≥ 200 et ≤ 600 > 600 et ≤ 3 000 > 3 000 et ≤ 6 000

> 1 000 et ≤ 3 > 3 000


Mg2+ (mg/l) NF EN ISO 7980 ≥ 300 et ≤ 1 000
000 Jusqu’à saturation
ISO 7150-1 ou
NH4+ (mg/l) ≥ 15 et ≤ 30 > 30 et ≤ 60 > 60 et ≤ 100
ISO 7150-2

pH NF T 90-008 ≤ 6,5 et ≥ 5,5 < 5,5 et ≥ 4,5 < 4,5 et ≥ 4,0

NF EN ISO 9963-1 et
TAC (mé/l) ≤ 1,0 et ≥ 0,4 < 0,4 et ≥ 0,1 < 0,1
NF EN ISO 9963-2

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DEFINITION DES CLASSES D’AGRESSIVITÉ CHIMIQUE
2/2
AGRESSIVITE DES SOLS
Agent agressif Norme d’essai Classe d’agressivité selon NF EN 206/CN
XA1 XA2 XA3
SO42- (mg/kg de sol
NF EN 196-2 ≥ 2 000 et ≤ 3 000 > 3 000 et ≤ 12 000 > 12 000 et ≤ 24 000
séché à 105°C ± 5°C)
Degré d’acidité Annexe A > 200 - -

AGRESSIVITE DES GAZ en milieu humide supérieur à 75% en présence d’oxygène


Agent agressif Norme d’essai Classe d’agressivité selon NF EN 206/CN
XA1 XA2 XA3
SO2 (mg/m3) NF EN 14794 ≥ 0,15 et ≤ 0,5 > 0,5 et ≤ 10 > 10 et ≤ 200
H2S (mg/m3) NF EN ISO 19739 < 0,10 ≥ 0,1 et ≤ 10 > 10 et ≤ 200

Nota : si un agent agressif présente une concentration dépassant la limite de la classe XA3,
le béton doit être protégé (protection externe et interne).

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EXEMPLE DE RECOMMANDATIONS POUR LE CHOIX DU CIMENT
MILIEU CONTENANT DES SULFATES ( SOLS)
CLASSE
CHOIX DU CIMENT
D’EXPOSITION

XA1 Pas de recommandations particulières

Ciments SR conformes à la norme NF EN 197-1


XA2
Ciments conformes à la norme NF P 15-317 (PM) ou NF P 15-319 (ES)

XA3 Ciments SR conformes à la norme NF EN 197-1


Ciments conformes à la norme NF P 15-319 (ES)

Il convient que les ciments SR conformes à la norme NF EN 197-1 respectent les spécifications
complémentaires données au paragraphe NA.F.1. de la norme NF EN 206/CN : 2014 :
Teneur en SO3 ≤ 3,5 % pour les CEM I SR 0 et SR 3 et ≤ 2,5 % pour les CEM I SR 5
Teneur en C3A et C4AF du clinker telles que la condition suivante : (C4AF) + 2 (C3A) ≤ 20% soit satisfaite pour les
ciments CEM I et CEM II.

Autre Exemple :
Milieux contenant du sulfates (solutions)

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EXEMPLE DE RECOMMANDATIONS POUR LE CHOIX DU CIMENT
MILIEUX ACIDES ET EAUX PURES

CLASSE D’EXPOSITION CHOIX DU CIMENT

CEM II/BS ,CEM II/B-V ,CEM II/B-P,CEM II/B-Q ,CEM II/B-M(S-V)


CEM III/A conformes à la norme NF 197-1
XA1 Ciments conformes aux normes NF P 15-317 (PM) ou NF P 15319 (ES)
CEM IV/A et B conformes à la norme NF EN 197-1
Ciments SR conformes à la norme NF EN 197-1
CEM II/B S ,CEM II/B-V,CEM II/B-P,CEM II/B-Q ,CEM II/B-M(S-V)
CEM III/A conforme à la norme NF EN 197-1
Ciments conformes aux normes NF P 15-319 (ES)
XA2 CEM IV/ B conformes à la norme NF EN 197-1
Ciments SR conformes à la norme NF EN 197-1
CEM V conforme à la norme NF P 15-319 (ES)

CEM III/A,B,C , CEM V/A et B conformes à la norme NF P 15-319


XA3
CEM IV /B conformes à la norme NF EN 197-1

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Concevoir, Construire et gérer des
structures durables en béton
Évolutions normatives et réglementaires,
Démarche performantielle

Prévention vis-à-vis du risque de


dégradations dues au gel
(selon fascicule 65 du CCTG)

Benoit Thauvin (avec l’appui de Sylvie Arnaud


et Michael Dirkens)
CEREMA

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Dégradations dues au gel
Deux types de pathologies : gel interne, écaillage
Indépendantes l’une de l’autre
Mais pouvant se produire de manière simultanée

Ecaillage
Gel interne

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Dégradations dues au gel
Gel interne Écaillage

En surface
Dans la masse
Éclatement superficiel de la
Fissuration interne
surface exposée aux sels de
Gonflement déverglaçage sous forme
d’écailles

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Dégradations dues au gel
Gel interne Écaillage
Bétons non conçus pour y résister
Cycles répétés de gel - dégel

Présence de sels de
déverglaçage

Augmentation du volume de l’eau


gelée dans les pores, En présence de chlorures dans le
béton, le béton en surface gèle à des
Déplacement de l’eau dans les T° plus basses que celles du béton
capillaires trop petits pour geler, plus en profondeur
Création de surpressions Création de contraintes différentielles
entre la peau et le cœur
Endommagement de la matrice
cimentaire Endommagement du béton en surface

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Prévention

Exécution :
Fabrication : Malaxage important et régulier
Mise en place : Vibration, talochage
Cure adaptée !

Formulation, composition :
Fonction des classes d’exposition de la partie d’ouvrage

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Prévention
Référentiel :

Norme Fascicule 65 du Normes d’essais :


NF EN206/CN CCTG - Essais de gel sur béton durci
Béton - Spécifications, Exécution des ouvrages (NF P18-424, NF P18-425)
performances, production de génie civil en béton - Essai d’écaillage des surfaces
et conformité de béton durci (XP P18-420)

Recommandations
pour la durabilité
des bétons durcis
soumis au gel,
Guide LCPC, 2003

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Prévention
Classes d’exposition au gel-dégel
Fonction de l’intensité du gel et de la fréquence de salage
Carte de gel Carte de salage

Figure NA.2 (NF EN206/CN) Figure NA.3 (NF EN206/CN)

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Spécifications (non exhaustives)
Classes d’exposition au gel-dégel
Salage peu
Salage très
fréquent (ou aucun Salage fréquent
fréquent
salage)
Gel faible ou modéré
pour les éléments très
XF1 XF2(2) XF4 (G+S)
exposés aux risques
d’écaillage (1)
Gel faible ou modéré
pour les autres XF1 XF2(2) XF2(2)
éléments

Gel sévère XF3 (G) XF4 (G+S) XF4 (G+S)

(1) Éléments très exposés au risque d’écaillage : surfaces horizontales soumises aux
stagnations d’eau et aux projections directes de sels de déverglaçage : corniches,
solins d’ancrage des joints de chaussée, longrines d’ancrage des dispositifs de retenue

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Spécifications
Nature du ciment

Pour les classes XF2 et XF4 (utilisation de sels de déverglaçage) :


- Utilisation de ciments conformes à la norme NF P15-317 (PM)
- Ou utilisation de ciments résistants aux sulfates :
- Ciments conformes à la norme NF 15-319 (ES)
- Ciments résistants aux sulfates (SR) (NF EN 197-1) et
répondant aux exigences complémentaires de la marque NF
Liants hydrauliques
Nature des granulats
Pour les classes XF3 et XF4 :
- Utilisation de granulats non gélifs (NF P18-545)
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Spécifications
Teneur en air occlus

(2) Les bétons relevants de la classe XF2 peuvent être formulés


de deux façons différentes :
- Avec une teneur en air occlus > 4%
- Avec une teneur en air occlus < 4% et spécifications
correspondant à la classe XD3 (tableaux NA.F ou tableau 8B)
Intérêt :
- Limiter le recours à des bétons à air entraîné aux cas les +
défavorables
- Privilégier la prévention contre les risques de corrosion des
armatures due aux chlorures (spécifications XD3) en zone de gel
faible/modéré avec salage fréquent/très fréquent
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Spécifications
Teneur en air occlus

Résistance au gel avec ou sans sel de déverglaçage


(XF2, XF3, XF4) :
Possibilité de déroger à la teneur mini en air occlus sous réserve de
respecter les seuils associés aux essais de performances :
- NF P18-424 et 425 : Essais de gel
- XP P18-420 : Essai d’écaillage

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Spécifications
Teneur mini en liant
équivalent
Pour les classes XF3 et XF4 : Leq > 385 kg/m3 (fascicule 65 du CCTG)
Possibilité de réduire le dosage mini en liant équivalent :
- XF3 : Leq > 350 kg/m3
- XF4 : Leq > 370 kg/m3
Sous réserve de respecter les seuils associés aux essais de
performance (essais de gel interne, essai d’écaillage)
Pour la classe XF2 : Leq > 350 kg/m3 (fascicule 65 du CCTG)
Pour les éléments très exposés au risque d’écaillage :
- Leq > 370 kg/m3
- Teneur en air occlus > 4%
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Spécifications
Autres

Pour les classes XF3 et XF4 :


Les spécifications complémentaires relatives aux bétons G ou G+S
sont à respecter si elles sont exigées au marché.
Voir Recommandations pour la durabilité des bétons durcis
soumis au gel

Spécifications d’essais à réaliser et de


seuils à vérifier en :
- Épreuve d’étude
- Épreuve de convenance
- Épreuves de contrôles

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Spécifications
Autres

Essais de détermination du facteur d’espacement (ASTM C457) :


Demi-distance entre 2 bulles

Étude et
Contrôle
convenance
Béton G
≤ 250 µm ≤ 300 µm
(CEM I et II)
Béton G L étude ≤ L étude + 50 µm
(CEM III) à valider par essai de gel

Béton G+S ≤ 200 µm ≤ 250 µm

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Spécifications
Autres
Essais de gel sur béton durci :
- Gel dans l’eau et dégel dans l’eau (NF P18-424)
- Gel sévère avec forte saturation du béton
- Gel dans l’air et dégel dans l’eau (NF P18-425)
- gel modéré ∀ le degré de saturation en eau du béton
- gel sévère avec saturation modérée en eau du béton

300 cycles, Amplitude (-18 +9)°C, 4 cycles sur 24 h


Durée de l’essai : 3,5 mois
Critères d’évaluation :
• déformation longitudinale : ∆l/l
Prismes 10x10x40 cm
• fréquence de résonance : f1²/f0²
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Spécifications
Autres
Essais de gel sur béton durci :

Étude et
Contrôle
convenance
Allongement relatif (∆l/l) ≤ 400 µm/m ≤ 500 µm/m
Fréquence de résonance (f²/fo²) ≥ 75 % ≥ 60 %

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Spécifications
Autres

Essai d’écaillage des surfaces de béton durci exposées au gel en


présence d’une solution saline (XP P18-420) :
Gel en présence de sels de déverglaçage
Échantillons : ½ cube 15x15x7 cm
Cycles : 56 cycles (1 par 24 h)
Amplitude : (-20 + 20)°C
Durée : 3 mois environ

Etude et
Contrôle
convenance
Quantité de particules après
56 cycles ≤ 600 g/m² ≤ 750 g/m²

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Conclusions

Spécifications complexes
Essais de contrôles spécifiques
Grand Ouest : XF1 ou XF2 sauf cas particulier (salage)
Retour d’expériences : pas d’écaillage
XF2 => Air occlus < 4% et spécifications XD3
=> On privilégie la prévention des risques de corrosion par les sels
de déverglaçage

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Merci pour votre attention

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Concevoir, Construire et gérer des
structures durables en béton
Évolutions normatives et réglementaires,
Démarche performantielle

Prévention vis à vis de l’alcali-réaction


Michel Menguy
CEREMA

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FD P18-464

Le FD P18-464 (2014) remplacer et actualise


les recommandations LCPC de Juin 94
– Vise à optimiser la gestion des ressources de
granulats en accord avec une démarche de
développement durable.
Il ne privilégie pas la solution restrictive « Granulats NR »
– Démarche par « partie d’ouvrage »
– Actualisation normative

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FD P18-464

La démarche se fait en deux temps :


– Détermination du niveau de prévention à
atteindre parmi 3 niveaux (A,B ou C), le choix
étant fonction de :
• La catégorie de l’ouvrage
• La classe d’exposition du béton à
l’environnement climatique
– Orientation vers la (ou les) solution(s)
possible(s) au regard des précautions liées
au niveau de prévention retenu.

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FD P18-464
Catégorie d’ouvrage (ou partie d’ouvrage)
– Catégorie I :
• Eléments non porteurs à l’intérieur des
bâtiments
• ouvrages provisoires ou facilement
remplaçables
• produits préfabriqués non structurels
– Catégorie II :
• La plupart des bâtiments et des ouvrages de
génie civil
– Catégorie III :
Ouvrages de génie civil où le risque de RAG est
jugé inadmissible : centrales nucléaires, ponts ou
viaducs exceptionnels, barrages, tunnels, bâtiments
de prestige.
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FD P18-464
Classes d’exposition (ouvrage ou partie
d’ouvrage)
LRPC 94 FD P18-464 Description de
l’environnement
Classe 1 XAR1 Sec ou peu
humide a) Certaines pièces de
(Hr<80%)a) forte épaisseur (au
moins de l’ordre 50cm
Classe 2 XAR2 Hr > 80 % ou en pour une pièce ayant
contact avec une seule face de
l’eau, avec ou séchage, et de l’ordre
sans gel de 1m d’épaisseur pour
les pièces ayant deux
Classe 3 XAR3 Hr > 80 % avec faces de séchage)
gel et fondants peuvent garder une
Classe 4 Marin humidité interne qui
amène à classe XAR2

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FD P18-464
Détermination du niveau de prévention

LCPC 94

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Les précautions à prendre en fonction du niveau
retenu (1/2) :

– Niveau A : Pas de précaution particulière

– Niveau B : Précautions particulières


4 dispositions
• Granulats NR
• Ou granulats PRP avec conditions spécifiques
• Ou bilan des alcalins satisfaisant
• Ou essai de performance de la formule satisfaisant

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 46
Les précautions à prendre en fonction du niveau
retenu (2/2):

− Niveau C : précautions exceptionnelles


Granulats NR, ou PRP avec des conditions particulières
satisfaisantes
Ou, dans les quelques cas où l’approvisionnement en
granulats NR ou PRP est particulièrement difficile :
Etude approfondie de la formule envisagée
Granulats PR avec détermination seuil en alcalins
déclenchant la RAG (base essai de performance NF P18-
454 mais ciment à basse teneur en alcalins) + application
d’une marge de sécurité (1 à 2kg/m3 de moins en
fonction du caractère critique de la structure et de la
variabilité des constituants)

Concevoir, construire et gérer des structures durables en béton


Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 47
La qualification des granulats NR, PRP
ou PR
Suivant déroulement prévu par la NF P18-594 (Méthodes d’essais) et le FD P18-542
(critères de qualification) associé.
Etude pétrographique – qualification NR si espèces réactives <4 %
Essais de stabilité dimensionnelle
Essais cribles (5j) - qualification NR PRP ou PR
Essais sévères :
Autoclave (essai de réf) sur 40x40x160mm Si NR ou PRP pas de doute
5h à 127°c 0,15MPa en milieu suralcalinisé Si PR, un essai long peut
qualifier le granulat NR
Microbar (alternatif) sur éprouvettes 10x10x40mm
cure vapeur (4h) cure alcaline 150°c (6h)
Essai à long terme (8 mois)
Sur éprouvettes 70x70x282mm 38°c et 100 % d’humidité, une mesure par mois

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 48
Conditions particulières granulats PRP
Gonflement maximal pour une teneur en silice réactive dite « pessimale »

En dessous ou au dessus de le teneur pessimale le gonflement décroît fortement

Lorsque que les deux conditions sont respectées :

Condition 1 :
• Tous granulats PRP

Condition 2 :
• Soit le mélange >70 % silex (XP P18-543)
• Soit essai de performance du béton satisfaisant
(NF P18-454)

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 49
Bilan en alcalin satisfaisant

Teneur en alcalins ACTIFS du béton = T (kg/m3 du béton)

T = C.AC + B.AB + U.AU + E.AE + H.AH

Ciment Granulats Adjuvants Eau Additions


Ex: C: quantité de en ciment (kg/m3 de béton) et Ac: teneur en alcalins actifs du ciment (% en masse)

méthodes de calcul des teneurs:

NF P 18-464: références normatives et méthodes regroupées


dans le tableau 4

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Bilan en alcalin satisfaisant

Béton de CEM I, CEM II et CEM V


et CEM III/A avec laitier < 60% ou béton avec additions de
composition similaire

Lorsque les données statistiques des teneurs en alcalins actifs du


ciment,
des cendres volantes et du laitier sont disponibles, on utilisera la
règle :

Tm < 3,5 kg/m3 et Tmax < 3,5 kg/m3


1 + 2Vc

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 51
Bilan en alcalin satisfaisant

Béton de CEM I, CEM II et CEM V


et CEM III/A avec laitier < 60% ou béton avec additions de
composition similaire

En l’absence de données sur les dispersions des teneurs en alcalins,


on admet qu’une formule de béton convient à l’emploi de granulats
potentiellement réactifs si :

Tm < 3,0 kg/m3 et Tmax < 3,3 kg/m3

Tm = teneur moyenne en alcalins du béton (tableau 5)


Tmax = teneur maximale

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Bilan en alcalin satisfaisant

Béton de CEM III avec S(Laitier) > 60%


Dans ce cas, il convient de :
s’assurer que le laitier est en quantité suffisante
limiter le taux d’alcalins TOTAUX des ciments CEM III
Une formule de béton convient à l’emploi de granulats
potentiellement réactifs si :

CEM III/A ou CEM III/B CEM III/C

am < 1,1 % am < 2,0 %

am = teneur moyenne en alcalins totaux du ciment


S = teneur en laitier de haut fourneau dans le ciment

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Merci pour votre attention

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 54
Concevoir, Construire et gérer des
structures durables en béton
Évolutions normatives et réglementaires,
Démarche performantielle

Prévention vis à vis de la Réaction


Sulfatique Interne (RSI)
Bruno Godart
IFSTTAR

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Introduction
Introduction
2007 : Publication
par le LCPC des
recommandations
pour la prévention
des désordres dus à
la RSI
(Sous la Direction de
L. Divet et B. Godart)

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La démarche préventive
LaLes
démarche préventive
bases de la méthode

1. Identifier les parties d’ouvrages susceptibles de


développer une RSI

2. Choisir la catégorie dans laquelle se trouve


l’ouvrage (ou la partie)

3. Caractériser l’environnement
Implique le niveau de prévention qui détermine
alors les précautions à prendre

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1. Identifier les parties d’ouvrage

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Identifier les parties d’ouvrage
Les produits préfabriqués en béton subissant un
traitement thermique
Les parties d’ouvrages définies comme étant des
pièces critiques
La notion de pièce massive n’est pas pertinente annexe 3
Semelle de 1,5 m d’épaisseur :
C30/37 dosé à 370 kg/m3 de CEM III/A 42,5 N ∆T = 29°C
Voile de 0,6 m d’épaisseur :
C40/50 dosé à 400 kg/m3 de CEM I 42,5 R ∆T = 45°C
Définition d’une pièce critique : Pièce de béton pour laquelle la
chaleur dégagée ne sera que très partiellement évacuée vers
l’extérieur et conduira à une élévation importante de la
température du béton (Epaisseur au moins supérieure à 0,25 m)

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 59
Identifier les parties d’ouvrage
L’élévation de température au sein d’un élément
en béton dépend :

de l’exothermie du béton

de sa géométrie

de la température initiale du matériau

des déperditions thermiques


On ne peut pas établir une limite précise concernant
l’épaisseur de la pièce à partir de laquelle il faut parler de
pièce massive

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2. Catégorie de l’ouvrage ou de la
partie d’ouvrage

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Choix de la catégorie
3 catégories représentatives du niveau de risque
vis-à-vis de la RSI que l’on est prêt à accepter
pour un ouvrage :
Choix décidé par le maître d’ouvrage

Ce choix est fonction :


de la nature de l’ouvrage
de sa destination
des conséquences des désordres sur la
sécurité souhaitée
de son entretien ultérieur
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Choix de la catégorie
Catégorie Exemples d’ouvrages ou d’éléments d’ouvrage

Catégorie I - Ouvrages de classe de résistance inférieure à C 16/20


- Eléments non porteurs des bâtiments
conséquences - Eléments aisément remplaçables
faibles - Ouvrages provisoires
ou acceptables - La plupart des produits préfabriqués non structurels

Catégorie II - Les éléments porteurs de la plupart des bâtiments et les


ouvrages de génie civil (dont les ponts courants)
Conséquences - La plupart des produits préfabriqués structurels (y compris
peu les canalisations sous pression)
tolérables
Catégorie III - Bâtiments réacteurs de centrales nucléaires et aéroréfrigérants
- Barrages
Conséquences - Tunnels
inacceptables - Ponts ou viaducs exceptionnels
Ou quasi - Monuments ou bâtiments de prestige
inacceptables - Traverses de chemin de fer

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3. Classe d’exposition

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Choix de la classe d’exposition
La norme NF EN-206/CN ne définit pas de classe
d’exposition adaptée à la RSI
3 classes complémentaires XH1, XH2 et XH3 sont
créées
elles prennent en compte le fait que l’eau ou une
hygrométrie ambiante élevée sont des facteurs nécessaires à
la RSI

Ces 3 classes viennent en complément des 18 classes


d’exposition définies dans la norme NF EN 206/CN

Elles doivent être spécifiées au CCTP pour chaque partie


d’ouvrage

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Choix de la classe d’exposition
Classes Description de Exemples informatifs illustrant le choix des
exposition l’environnement classes d’exposition

sec ou humidité - Partie d’ouvrage située à l’intérieur de bâtiments où le


XH1 taux d’humidité de l’air ambiant est faible ou moyen
modérée - Partie d’ouvrage située à l’extérieur et abritée de la
Pluie
alternance - Partie d’ouvrage située à l’intérieur de bâtiments où le
XH2 taux d’humidité de l’air ambiant est élevé
humidité- - Partie d’ouvrage non protégée par un revêtement et
séchage, soumis aux intempéries, sans stagnation d’eau à la
humidité élevée surface
- Partie d’ouvrage non protégée par un revêtement et
soumise à des condensations fréquentes
en contact - Partie d’ouvrage submergée en permanence dans
XH3 l’eau
durable avec - Eléments de structures marines
l’eau : - Un grand nombre de fondations
- Immersion permanente - Partie d’ouvrage régulièrement exposée à des
- stagnation d’eau à la projection d’eau
surface
- zone de marnage
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Détermination du niveau de prévention

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 67
Choix du niveau de prévention
de la responsabilité du maître d’ouvrage

Classe XH1 XH2 XH3


d’exposition
Catégorie d’ouvrage

I
Risque faible ou
As As As
acceptable
II
Risque peu tolérable
As Bs Cs
III
Risque inacceptable As Cs Ds
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Choix du niveau de prévention
Choix du niveau de
Exemple d’application à un pont classé en
prévention
catégorie II
Pieux et semelles de fondation : niveau Cs

Piles et tablier : niveau Bs

Chevêtre sur pile et sommiers sur culée :


niveau Bs ou Cs
fonction des dispositions prises pour
assurer l’évacuation des eaux

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 69
Principe de prévention
Le principe de prévention repose essentiellement
sur la limitation de l’échauffement du béton caractérisé par
Tmax susceptible d’être atteinte au sein de l’ouvrage

Les recommandations donnent des outils de calcul


de l’échauffement du béton :
méthode simplifiée permettant d’estimer si les pièces sont
considérées comme critiques outil d’alerte

étude plus fine en utilisant un code de calcul aux éléments


finis qui prend en compte la chaleur dégagée par le béton lors
d’un essai spécifique

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 70
Principe de prévention
Principe de prévention
Pour éviter tout dégagement de chaleur excessif
non maîtrisé du béton :

il convient de mettre en œuvre les moyens


possibles suivants :
choix de la formulation et des constituants du béton

choix de la période de bétonnage

refroidissement du béton frais

dispositions constructives adaptées …

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Niveau de prévention As

Soit Tmax < 85°C

Soit 85°C < Tmax < 90°C

et durée (Tmax > 85°C) < 4 heures


Dans le cas d’un traitement thermique maîtrisé (en usine
de préfabrication ou installations sur chantier)

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 72
Niveau de prévention Bs
Soit Tmax < 75°C

Soit 75°C < Tmax < 85°C


Dans ce cas, une des 6 conditions suivantes doit
être respectée :
soit (1) durée < 4 heures
et Na2Oéquivalent actifs du béton < 3 kg/m3

soit (2) utilisation d’un ciment conforme à la


norme NF P15-319 (ES) avec pour les CEM I et
CEM II/A : Na2Oéquivalent actifs du béton < 3 kg/m3
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Niveau de prévention Bs (suite)
Une des 6 conditions suivantes doit être
respectée (suite) :
soit (3) utilisation de ciments non conformes à la
norme NF P15-319 (ES)
de type CEM II/B-V, CEM II/B-S, CEM II/B-Q, CEM
II/B-M (S-V), CEM III/A ou CEM V
et SO3 du ciment < 3% et C3A du clinker < 8%

soit (4) vérification de la durabilité du béton vis-


à-vis de la RSI à l’aide de l’essai de performance

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 74
Niveau de prévention Bs (suite)
Une des 6 conditions suivantes doit être
respectée (suite et fin) :
soit (5) utilisation en combinaison avec du CEM
I, de cendres volantes, de laitiers de haut
fourneau et de pouzzolanes
et proportion d’addition > 20 %
et ciment CEM I : C3A < 8 % et SO3 < 3%

soit (6) pour les éléments préfabriqués : couple


béton/échauffement semblable à un couple
disposant d’au moins 5 références d’emploi dans
des lieux différents
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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 75
Niveau de prévention Cs

Soit Tmax < 70°C

Soit 70°C < Tmax < 80°C


Dans ce cas, une des 6 conditions (vues
précédemment) doit être respectée

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 76
Niveau de prévention Ds
2 précautions proposées, la première étant prioritaire
1) Soit Tmax < 65°C

2) Soit 65°C < Tmax < 75°C

et utilisation d’un ciment conforme à la norme


NF P15-319 (ES) avec pour les CEM I et CEM
II/A : Na2Oéquivalent actifs du béton < 3 kg/m3

et validation de la formulation du béton par un


laboratoire indépendant expert en RSI
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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 77
En conclusion
Introduction
Ces recommandations reprennent certains concepts de base
qui ont tendance à être négligés, voire oubliés :

structures coulées en place :


éviter des rythmes de construction soutenus au détriment de la
durabilité des structures
optimisation multicritère du choix du ciment et de la formulation
du béton (éviter CEM I 52,5 R dans une pièce massive)
éviter le coulage de pièces massives lors des fortes chaleur si
aucune disposition prise pour limiter l’échauffement
structures constituées de produits préfabriqués :
éviter des Tmax élevées avec des durées de palier longues

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 78
En conclusion
Introduction
Pour les niveaux Bs et CS, modification de la condition (2)
introduite dans les recommandations sur l’approche
performantielle du LCPC en 2010 :
utilisation d’un ciment conforme à la norme NF P15-
319 (ES) excepté les ciments CEM I, CEM II/A-L et CEMII/A-LL
pour les bétons de pièces critiques coulés en place.

Révision des Recommandations RSI en cours…


Publication prévue en 2017

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Merci pour votre attention

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 80
Concevoir, Construire et gérer des
structures durables en béton
Évolutions normatives et réglementaires,
Démarche performantielle

Prévention vis à vis des risques de


corrosion des armatures et optimisation
de l’enrobage des armatures
Patrick Guiraud
CIMbéton

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 81
CORROSION DES ARMATURES

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 82
CORROSION DES ARMATURES

EFFETS DE LA CORROSION
Gonflement des armatures (la réaction d’oxydation de l’acier
s’accompagne d’une forte augmentation de volume)
fissuration du béton
Diminution de la section
perte de résistance des armatures
Réduction de l’adhérence acier/béton
Apparition de traces de rouille en surface
Eclatement local du béton

2 PHENOMENES GENERENT LA CORROSION DES ARMATURES


LA CARBONATATION DU BETON
LA PENETRATION DES CHLORURES DANS LE BETON

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 83
CARBONATATION DU BETON

Le CO2 présent dans l’air pénètre dans le béton par le réseau poreux et, en présence d’eau dans
les pores, abaisse le pH (initialement de 13) de la solution interstitielle du béton à 9 par réaction
chimique avec la portlandite (Ca(OH)2)
Ca(OH)2 + CO2 + H2O CaCo3 + 2H2O

Les armatures initialement protégées par une couche d’oxyde de fer sont alors dépassivées et le
phénomène de corrosion s’initie.
Nota : vitesse de progression du front de carbonatation = √ temps

e:
enrobage
ec :
profondeu
r de béton
carbonaté
e
ef :
enrobage
efficace

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 84
PENETRATION DES CHLORURES
Les chlorures pénètrent dans le béton par diffusion en milieu saturé ou par absorption capillaire
lorsque le béton est soumis à des cycles d’humidification-séchage et initient la corrosion des
armatures

Seuls les chlorures libres (solubles dans l’eau) jouent un rôle actif dans le processus de corrosion
des armatures

Seuil critique [Cl- libres] critique = 0,4% par rapport à la masse de ciment,

lorsque [Cl- libres] > [Cl- libres] critique au voisinage des armatures, le phénomène de corrosion s’initie.

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 85
ENROBAGE DES ARMATURES

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 86
OBJECTIFS DE L’ENROBAGE DE ARMATURES

Norme NF EN 1992-1-1 Article 4.4.1.2

Fonctionnement
Bonne transmission des forces d’adhérence
béton / armatures
Durabilité
Protection de l’acier contre la corrosion
Sécurité
Résistance au feu convenable

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 87
PHILOSOPHE DE L’ENROBAGE SELON L’EUROCODE 2

Les recommandations de l’EUROCODE 2 en matière d’enrobage sont novatrices. Elles


visent, en conformité avec la norme NF EN 206-1, à OPTIMISER de manière pertinente la
durabilité des ouvrages.
La détermination de la valeur de l’enrobage doit prendre en compte :
La classe d’exposition dans laquelle se trouve l’ouvrage (ou la partie d’ouvrage),
La durée d’utilisation de projet,
La classe de résistance du béton,
Le type de systèmes de contrôles qualité mis en œuvre pour assurer la régularité
des performances du béton,
La nature des armatures (acier au carbone, inox),
La maîtrise du positionnement des armatures.

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 88
ENROBAGE MINIMAL ET NOMINAL

EUROCODE 2 : Norme NF EN1992-1-1 (4.4.1.2) :


Calcul de l’ENROBAGE MINIMAL cmin :
adhérence
cmin = max de
durabilité
marge de sécurité : ∆dur,γ=0
{ cmin,b ; cmin,dur + ∆ cdur,γ - ∆ cdur,st - ∆ cdur,add ; 10mm}

acier inox protection


valeurs = 0 en général

Calcul de L’ENROBAGE NOMINAL (celui qui est précisé sur les plans )
cnom = cmin + ∆cdev marge de calcul pour
tolérances d’exécution …

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 89
ENROBAGE MINIMAL VIS-À-VIS DE LA DURABILITE

L’enrobage cmin,dur est fonction des classes d’exposition relatives à la


corrosion des armatures (XC/XD/XS) et de la classe structurale
(NF EN1992-1-1 tab 4.4N) :
Classe d’Exposition
Classe structurale

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 90
ENROBAGE MINIMAL VIS-À-VIS DE LA DURABILITE

Classe structurale :
Ouvrages « courants » : S4 (durée utilisation projet de 50 ans)
Classe structurale à adapter avec le tableau 4.3NF de l’AN de l’EN1992-1-1.

Ouvrage de GÉNIE CIVIL : 100 ANS


Majoration de 2 classes structurales >> Classe structurale S6

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 91
TOLERANCES D’EXECUTION

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 92
EXEMPLE DE DETERMINATION DE L’ENROBAGE MINIMAL

S5
Caisson de Pont
Ouvrage en bord de mer
S5 S5
Béton C35/45
Enrobage compact des hourdis S6 XC3 XC4
S5
supérieur et inférieur XS1
S5

Diamètre des armatures


Ames 25 mm
Hourdis 20 mm

Hypothèses enrobage compact


>>
minoration d’une classe S5

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 93
EXEMPLE DE DETERMINATION DE L’ENROBAGE NOMINAL

∆cdev 10 mm

Cnom =Cmin +10 mm

50 mm

40 mm 50 mm

40 mm
55 mm
50 mm

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 94
COMMENTAIRES

Attention les enrobages peuvent être très importants


Exemple d’une pile exposée à des projections de chlorures (XS3) de classe structurale
S6 cnom = 55 +10 = 65mm

Annexe nationale 1992-1-1 - 4.4.1.2(5) :


« Note : L’attention est attirée sur les problèmes de fissuration auxquels risque de
conduire un enrobage cnom supérieur à 50 mm. »

Anticiper dès la phase projet et définir les enrobages au DCE :

Vérifier la cohérence entre :


enrobage
calcul des sections d’armatures
maîtrise de la fissuration
diamètre et espacements des barres
dispositions constructives de l’EN1992 (section 8 et 9)
pour éviter les difficultés lors de l’exécution…

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 95
OPTIMISATION DE L’ENROBAGE

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 96
OPTIMISATION DE L’ENROBAGE NOMINAL

∆cdev 5 mm
Amélioration du
contrôle d’exécution

45 mm

45 mm
35 mm

35 mm
50 mm

45 mm

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 97
OPTIMISATION DE L’ENROBAGE NOMINAL

∆cdev 5 mm
Amélioration du
contrôle
d’exécution
ET
Amélioration de la classe de résistance du béton : C60/75
>> minoration de 2 classes structurales
35 mm

25 mm
35 mm
25 mm
40 mm
35 mm

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Saint-Brieuc, le 9 novembre 2016 98
Questions

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