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Mécanique des fluides compressibles

I. Introduction
Jusqu’à maintenant les fluides ont généralement été considérés comme incompressibles.
Cette hypothèse est justifiée pour les liquides. Dans le cas des gaz elle est encore valable tant
que les variations de pression mises en jeux restent modérées, mais toujours petites par rapport
à la pression absolue du fluide.
Dans ce cours, nous abordons les fluides compressibles qui présentent certaines
particularités. La masse volumique d’un gaz varie avec sa pression. L’étude de l’écoulement
d’un fluide compressible devient plus compliquée que celle d’un fluide incompressible. En effet,
les variations de température ou de pression qui peuvent apparaître dans l’écoulement d’un
liquide ne modifient en rien les volumes mis en jeu car la dilatation ou la compression sont
généralement négligeables. En revanche, ces phénomènes prennent une grande importance
lorsqu’il s’agit de vapeurs ou de gaz. Pour un fluide compressible, des changements importants
de pression interviennent dans le cas des grandes vitesses (approchant la vitesse du son)
d'écoulement d'un gaz (tuyère, turbine à vapeur, à gaz) ou dans celui des déplacements rapides
d'un corps solide dans un milieu gazeux (avion, lancement d'un projectile).
Les équations générales de l’écoulement d’un fluide compressible ont pour fondement les
équations de continuité, de la quantité de mouvement, de l’énergie, d’une part, l’équation d’état
du fluide, d’autre part. On peut y ajouter, pour des écoulements particuliers, des équations
traduisant certaines transformations typiques en thermodynamique telles que l’équation de la
transformation isentropique d’un gaz parfait ou l’équation liant l’enthalpie aux variables
thermodynamiques.

II. Quelques rappels de thermodynamique


Avant de définir précisément La notion d’écoulements compressibles, nous consacrons
cette première section aux rappels de thermodynamique. Il ne s’agit pas de rentrer dans les
détails mais d’introduire les quantités utiles pour établir l’équation d’énergie ainsi que de
préciser la notion d’entropie.

II.1 Premier principe de la thermodynamique


Le premier principe de la thermodynamique exprime le principe de la conservation de
l’énergie.
II.1.1 Système fermé
Soit un système matériel fermé limité par une surface fermée au travers de laquelle ne
s’effectue que des échanges de travail et de chaleur. D'une manière générale, un système
thermodynamique peut être au repos ou bien se déplacer à une vitesse non nulle, et changer
d'altitude. Le terme d'énergie interne est la somme de toutes les énergies contenues dans le
système. Le premier principe de la thermodynamique s’écrit :
dEtot   Q   W
Avec : Etot  U  EC  E P
où U est l'énergie interne, Ec l'énergie cinétique macroscopique du système associée à la vitesse
d'ensemble de déplacement des particules et Ep l'énergie potentielle des forces extérieures
agissant sur le système (force de pesanteur, force électrostatique, force électromagnétique). Le

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travail W est celui des forces autres que celles qui dérivent d’un potentiel et Q désigne la chaleur
reçue par le système.
II.1.2 Système ouvert
Nous considérons un système ouvert en fonctionnement continu : il reçoit en permanence
des courants de matière qu’il transforme en débits de sortie (avec des propriétés en général
différentes). Soient M in le débit de matière en entrée, M out le débit de matière en sortie.
Le système reçoit aussi du travail mécanique et de la chaleur de l’extérieur. Ces
échanges sont caractérisés par une puissance mécanique W et une puissance thermique Q .

Pour un système matériel ouvert, le premier principe de la thermodynamique s’écrit :


dEtot  Q  W  U out  U in   PinVin  PoutVout   dM outvout  dM in vin2   g dM out Z out  dM in Z in 
1 2

2
En régime permanent on a : dMin=dMout =dM et dEtot=0 on obtient :
U out  PoutVout   U in  PinVin   1 dM vout 2
 vin2   dM g Z out  Z in   Q  W
2
En utilisant l'enthalpie massique h, cette dernière expression devient :
dM hout  hin   dM vout  vin2   dM g Z out  Z in   Q  W
1 2

2
En divisant par dt on obtient :

1
2
2

M hout  hin   M vout 
 vin2  M g Z out  Z in   Q  W

II.2 Second principe de la thermodynamique ou principe d’´evolution


A tout système fermé on peut associer une fonction d’état extensive S, appelée entropie,
dont la variation lors de toute transformation élémentaire du système est la somme de deux
contributions dSext et dSint :
dS  dS ext  dS int

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où dSext est dû aux échanges de chaleur avec l’extérieur (est donc nul si la transformation
est adiabatique) et dSint est toujours positif ou nul : strictement positif si la transformation est
irréversible, nul si la transformation est réversible.
Lors d’une transformation réversible, la variation d’entropie est :
Q
dS  dS ext 
T
T étant la température absolue du système.

II.3 Equations d’état d’un gaz parfait


La majorité des calculs des écoulements compressibles est effectuée pour un gaz parfait,
ayant l’équation d’état suivante :
P  rT

avec P, ρ et T sont respectivement la pression, la masse volumique et la température absolue du


gaz. r est la constante du gaz considéré et s’exprime comme le rapport R/M entre la constante
universelle des gaz parfaits R = 8,3143 J/(mol K) et la masse molaire M du gaz étudié. Par
exemple, pour l’air, M = 28,964 g/mol d’où r = 287,06 J/(kg K).
r s’exprime également en fonction des chaleurs massiques à pression cp et volume cv constants
par la relation de Mayer :
r  c p  cv
Le rapport des chaleurs spécifiques est :
c
  p
cv
La combinaison de ces deux dernières relations donne :
r r
cv  et c p 
 1  1
Exemple
5 3 5
 Pour un gaz parfait monoatomique : c p  .r et cv  .r donc  
2 2 3
7 5 7
 Pour un gaz parfait diatomique : c p  .r et cv  .r donc  
2 2 5
8 6 8
 Pour un gaz parfait polyatomique : c p  .r et cv  .r donc  
2 2 6

II.4 Relations isentropiques


En thermodynamique des écoulements compressibles, les relations qui décrivent les
processus isentropiques (S est une constante) présentent de grande importance.
En cours de thermodynamique, nous avons démontré que pour un écoulement adiabatique et
réversible et pour un gaz parfait les relations suivantes :


P1  1   T   1
P V   Cte et     1 
P2   2   T2 

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III. Equations de base de l’écoulement


D’une manière générale la résolution des problèmes de la mécanique des fluides s’effectue
toujours à partir des mêmes principes fondamentaux de conservation dont nous allons donner
l’expression particulière dans le cas des fluides compressibles.

III.1 Equation de continuité


L’équation de continuité, ou équation de la conservation de la masse, traduit le principe de
conservation de masse. Pour un écoulement conservatif (sans source ni puits de courant), cette
équation s’écrit :
 
 div (  v )  0
t
Et sous forme d’intégrale de volume, l’équation précédente devient alors :
 
V t dV  V div(  v ) dV  0
D’après la formule de divergence d’Ostrogradsky :
 
V t dV  S  v.n dS  0
Cette équation s’appelle équation de la conservation de la masse ou l’équation de continuité
écrite sous forme intégrale. Ceci peut se traduire par l’égalité entre le débit rentrant dans la
conduite et le débit sortant de celle-ci.
Si l’écoulement est permanent, cette dernière équation donne :

  v.n dS  0
S
Pour un écoulement, à l’intérieur d’un tube de courant, c’est-à-dire dans un domaine dont la
surface latérale ne peut pas être traversée par le fluide : une canalisation par exemple. Cette
équation devient :
 1 v1dS1    2 v2 dS 2
S1 S2

Compte tenu de l’hypothèse de la constance de la vitesse sur une section droite et en


admettant que la masse volumique soit également constante sur cette section, on peut écrire :
1 v1 S1   2 v2 S 2

III.2 Equation de conservation de la quantité de mouvement


Le bilan de la quantité de mouvement donne lieu à une équation vectorielle qui traduit
simplement l’égalité entre les forces d’inertie du fluide et les forces qui lui sont appliquées. Ces
forces sont dues à la pression, à la viscosité du fluide et aux forces extérieures volumiques (la
pesanteur), cette équation s’écrit de la manière suivante :

dv  v  
     v . grad (v)    grad P  f  F
dt  t 
 
1
F   v   grad div (v) : force visqueuse.
3

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f    g   g grad z : force de pesanteur.


z : abscisse verticale.
Pour un écoulement permanent, on a, en projection sur la tangente à la ligne de courant :
dP
v dv   g dz  F dS

IV. Vitesse du son et nombre de Mach


Il est bien connu que lorsqu’une minuscule perturbation se développe dans un gaz, la
variation résultant de la pression se propage dans toutes les directions sous forme d’une onde de
compression (onde longitudinale), c’est ce qui l’on entend comme du son. Sa vitesse de
propagation est la vitesse du son.
Pour évaluer cette vitesse, on imagine une perturbation de pression infinitésimale dP, créée
par le déplacement d’un piston à une vitesse infinitésimale dv à l’extrémité d’un tube. La
perturbation se propage dans le tube sous la forme d’une onde plane avec une vitesse C.

IV.1 Expression de la vitesse du son


Considérons une onde qui se déplace dans une conduite contenant un gaz. L’expression de la
vitesse de l’onde peut être obtenue en appliquant successivement les équations de conservation
de la masse et de la quantité de mouvement. En prenant un repère lié à l’onde et un volume de
contrôle serré autour de cette onde.

Equation de la conservation de la masse s’écrit :


 C S    d C  dv  S
En négligeant le terme d’ordre supérieur 𝑑𝜌 du, on obtient :
d dv

 C
Aucune chaleur ou de travail ne traverse les limites du volume de contrôle et avec les
effets gravitationnels négligés, l’équation de l’énergie s’écrit :
h  C 2  h  dh   C  dv 
1 1 2

2 2

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Si l’on néglige le terme d’ordre supérieur dv2, on trouve :


dh  C dv
dP
On note que l’équation Tds  dh  , pour un processus isentropique conduit

également à :
dP
dh 

En combinant ces trois dernières équations, on aura l’expression désirée pour la vitesse
du son :
dP
C
d S

En admettant que le fluide considéré soit un gaz parfait idéal, l’équation de la


transformation isentropique est :
P V   Cte
Soit :
dP P

d 
Dans ce cas, la vitesse du son a pour expression :
P
C 

ou, en tenant compte de l’équation d’état des gaz parfaits :
C   rT

IV.2 Nombre de Mach


Les effets de la compressibilité dans le gaz sont considérés comme important quand la
vitesse de l’écoulement est élevée. En réalité, c’est le rapport de cette vitesse à celle du son qui
détermine l’importance de la compressibilité. Ce rapport est appelé nombre de Mach et est défini
par :
v
Ma 
C

 v : Vitesse d’écoulement en (m/s)
 C : Célérité du son en (m/s)
Le nombre de Mach varie d’un point à l’autre de l’écoulement, non seulement parce que la
vitesse varie, mais aussi parce que l’état du fluide varie, donc la célérité.
Exemple
Un avion vole avec une vitesse de 400 m/s. Calculez le nombre de Mach pour (a) la condition
standard au niveau de mer (T = 289 K), (b) à une altitude de 15,200 m, à la condition standard (T
= 217 K).
Solution

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(a) C = √ =√ = 341m /s. Le nombre de Mach est : Ma = v/C = 400/341 =


1.17 (b) à l’altitude de 15,200 m, C = √ = 295m /s. Le nombre de Mach est :
Ma = v/C = 400/295 = 1.36.
Nous pouvons constater que la vitesse de l’avion reste constante mais le nombre de Mach a été
changé parce que la vitesse sonique locale est différente.

IV.3 Classification des écoulements


Le nombre de Mach est le paramètre dominant dans l’étude de l’écoulement compressible.
La classification des différents régimes d’écoulement en fonction des diverses valeurs du nombre
de Mach sont rappelés ci-dessous :

 Ma < 0.3 : l’écoulement est incompressible et les effets de densité sont négligés. Dans
l’air, un écoulement peut donc être supposé incompressible pour des vitesses allant jusqu’à v =
0,3C = 100 m/s ;
 0.3 < Ma < 0.8 : l’écoulement est subsonique. Les effets de densité sont importants mais
il n’y a pas d’onde de choc ;
 0.8 < Ma < 1.2 : l’écoulement est transonique. Des ondes de choc apparaissent divisant
l’´ecoulement en différentes régions subsoniques et supersoniques ;
 1.2 < Ma < 3 : l’écoulement est supersonique. Des ondes de chocs apparaissent et il n’y a
pas de région subsonique ;
 3 < Ma : l’´ecoulement est hypersonique. Les ondes de chocs et autres phénomènes sont
particulièrement intenses. Il est très difficile d’obtenir des écoulements soniques avec des
liquides. Il faudrait des pressions de l’ordre de 103 atm. Par contre dans des gaz, un rapport de
pressions de 2 suffit pour générer des vitesses soniques.

V. Equations des écoulements compressibles unidimensionnels


Nous supposons dans cette section que l’écoulement est unidimensionnel (toutes les
grandeurs ne dépendent que d’un paramètre spatial, l’abscisse curviligne), stationnaire, qu’il n’y
a pas d’apport de chaleur ni de travail, De plus nous négligeons l’influence des forces de
frottement (écoulement réversible), ainsi que toute force de volume. L’écoulement est de plus
supposé se faire par tranches planes, c’est à dire que les grandeurs P, ρ, T et v sont uniformes
dans chaque section, et sont donc uniquement fonction de l’emplacement de la section.

V.1 Etat générateur et Etat critique


Cette notion d’état générateur ou conditions d’arrêt est particulière aux fluides
compressibles. On peut en avoir une représentation physique en supposant que l’écoulement est
alimenté par un réservoir de grande section, dans lequel la vitesse est pratiquement nulle : A
l’intérieur du réservoir, les caractéristiques définis par l’indice 0 sont celles de l’état générateur.

L’état critique est l’état du gaz au moment où sa vitesse est égale à la célérité locale du
son. Une grandeur critique ou sonique est une grandeur définie en un point aux conditions
soniques. Les grandeurs critiques sont notées avec un “*” en indice.

V.2 Formes alternatives de l’équation d’énergie

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V.2.1 Formulation en fonction de la célérité du son


En appliquant le premier principe de la thermodynamique à un gaz s’écoulant à travers un
volume de contrôle comme représenté sur la figure ci dessous, nous pouvons écrire l’équation de
l’énergie entre les 2 sections comme suit :

1 1
h1  v12  h2  v22
2 2
qui peut être reformulée en utilisant la relation thermodynamique dh = cpdT :
1 1
c pT1  v12  c pT2  v22
2 2
r
Puis avec la relation de c p  , il vient :
 1
r 1 r 1
T1  v12  T2  v22
 1 2  1 2
et introduisant la célérité du son pour un gaz parfait, nous avons :
C12 1 C2 1
 v12  2  v22
 1 2  1 2
Si nous introduisons un point d’arrêt tel que C2 = C0, il vient :
C2 1 C2
 v2  0
 1 2  1
que l’on peut récrire en faisant apparaître le nombre de Mach :
C02  1 2
2
 1 Ma
C 2
et avec C 2   rT , le rapport des températures totale et statique est :
T0  1
 1 Ma 2
T 2
P
Si l’écoulement est isentropique (   Cte ), les rapports des pressions et des densités pour un

gaz parfait ( P   r T ) sont calculées par :

P0    1   1
 1  Ma 2 
P  2 
1

0  P0     1 2   1
et     1  Ma 
 P  2 

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Ces formules sont applicables dans les écoulements des fluides compressibles entre le point de
stagnation et un point quelconque au sein du fluide.
V.2.2 Calcul des grandeurs statiques en fonction des grandeurs soniques
Les équations pour les quantités critiques peuvent facilement être établies en introduisant
Ma = 1 dans les trois dernières équations :
T 2

T0   1

P  2   1
 
P0    1 
1
   2   1
 
 0    1 
C 2

C0  1
L’utilisation des grandeurs soniques est très utile lors de l’étude des écoulements
supersoniques dans des tuyères.
Les valeurs numériques correspondants à celles de l’air pour lequel γ=1,405.
T P  C
 0,832 ,   0,527 ,   0,634 et   0,912
T0 P0 0 C0

V.3 Ecoulements isentropiques dans les canalisations


On étudie l’évolution d’un gaz assimilé à un gaz parfait dans une tuyère d’axe Ox
relativement à un référentiel d’étude supposé galiléen.
V.3.1 Equation de Barré de Saint-Venant
L’équation de l’énergie entre les 2 sections s’écrit comme suit :

1 1
h1  v12  h2  v22
2 2
 P1 1 2  P2 1 2
d’où :  v1   v2
  1 1 2  1 2 2
on en tire :

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v12  v22   P2 P1 
   
2   1   2 1 
P P
et en introduisant la loi d’isentropie 1  2 la dernière équation s’écrit :
1  2
 1
 
v12  v 22  P1 
 2   
 1
P

2  P1 
  1 1 
 
Cette équation permet de calculer la vitesse v dans une section quelconque du canal, en
connaissant seulement la pression statique.
L’équation de Barré de Saint-Venant est un cas spécial de cette équation où les
suppositions suivantes sont prises :
v1  v0  0
P  P
 1 0

 1   0
v  v
 2
 P2  P
on obtient :
 1
 
2  P0   
P  
v 1  
  1  0   P0  
 
L’équation de Saint-Venant donne la vitesse du gaz dans une section à conditions de
connaître les conditions initiales (au réservoir) et la pression statique à cette section, ou sous la
forme suivante :
 1
 
2 r   P   
v T0 1   
  1   P0  
 
On exprime souvent les équations de l’écoulement en fonction du nombre de Mach,
plutôt qu’en fonction de la vitesse, c’est ainsi que la relation de Saint-Venant peut s’écrire :
 1
 1
 1 T P    
1 Ma 2  0   0    0 
2 T P   
et il existe des tables permettant de calculer les caractéristiques de l’écoulement en fonction de
Ma.
V.3.2 Seuil de compressibilité
On peut vouloir comparer le comportement d’un fluide compressible avec celui d’un
fluide incompressible issu du même réservoir en amont à la même pression P0.
Pour un fluide incompressible on a :
 v2
P0  P 
2
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P0  P
soit : 1
 v2
2
alors que pour un fluide compressible, en écoulement isentropique, on a :

P0    1   1
 1  Ma 2 
P  2 
   2   
 1 Ma 2  Ma 4  Ma 6  ...
2 8 48
Soit
P 2 Ma 2 2   
P0  P  Ma 1   Ma 4  ...
2  4 24 
Mais :
P P v2  v2
Ma 2  
2 2  rT 2
il vient donc :
P0  P Ma 2 2  
 1   Ma 4  ...
 v2 4 24
2
ce qui permet d’établir le tableau suivant :

Ma 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8


P P
A 0 2 1,003 1,010 1,023 1,041 1,064 1.093 1,129 1,170
v
2
Erreur relative (%)
A 1 0,30 0,99 2,25 3,94 6,02 8,52 11,42 14,53
E
A

De sorte que si on tolère une erreur maximum de 1% il convient d’appliquer l’équation


de Saint-Venant à partir de Ma = 0,3 ; c’est ce que l’on appelle seuil de compressibilité.
V.3.3 Limite supérieure de la vitesse d’écoulement
La vitesse limite d’un écoulement compressible est atteinte lorsque la détente est poussée
jusqu’à P=0 donc T=0. La relation de Saint-Venant donne :
2 r 2  P0
vmax  T0   2 c P T0
 1   1 0
où encore :
2
v max  C 0
 1

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Cette valeur maximale est une valeur maximale qui ne dépend que des conditions régnant
dans l’état générateur : elle ne peut être atteinte, rappelons-le, qu’en détente isentropique.

Exemple
vmax est la vitesse maximale que peuvent atteindre les gaz d’échappement d’une fusée dans le
vide, elle conditionne donc la poussée maximale des moteurs de fusée

V. Ecoulement isentropique dans des conduits à sections variables


Pour étudier l’effet d’un changement de section, nous prenons les équations de bilan de
masse et de la quantité de mouvement écrites sous forme différentielle.
L’équation de la conservation de la quantité de mouvement est :
dP  v2  dP dv
 d    0  
  2 v 2
v
L’équation de continuité donne :
dA d dv
 
A  v
et par conséquent :
dA dP d
 
A  v2 
ou alors :
dA dP  v2 
 1  
A  v 2  d / dP 
Et donc pour une transformation isentropique :
dA dv
A

v
 
Ma 2  1
Cette relation est appelée la première équation d’Hugoniot. Elle relie les variations de
section et de vitesse à la valeur du nombre de Mach. On peut alors distinguer les cas suivants :
 Si l’écoulement est supersonique (Ma > 1), dA à le même signe que dv. Si
on augmente la section la vitesse augmente et vice versa ;
 Si l’écoulement est subsonique (Ma < 1), dA est de signe diffèrent de dv.
Si on augmente la section la vitesse diminue et vice versa ;
 Si l’écoulement est sonique (Ma = 1), dA/dv=0 et A atteint un extremum,
des deux derniers cas en résulte que, lorsque Ma=1, A doit être au minimum.
Aussi on a :
dv 1 dP

v Ma C 
2 2

P
et puisque C 2  :

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dv 1 dP

v  Ma 2 P
Qui représente la deuxième équation d’Hugoniot. D’après cette équation, toute variation de la
vitesse v entraîne une variation de la pression P dans le sens inverse.

Régime d’écoulement
Subsonique Supersonique

Propriétés

Section - + - +
Vitesse/nombre de Mach + - - +
Densité/ pression/température
- + + -
Il est pratique de relier le nombre de Mach à une section donnée A, à l’aire de cette même
section référée à l’aire critique du col A*. Ceci peut s’obtenir en considérant la conservation du
débit massique le long de la conduite.
A  v
1v1 A1   2 v2 A2  1  2 2
A2 1 v1
Comme l’écoulement est isentropique, on peut écrire :
1
 2  T2   1
 
1  T1 
En explicitant le rapport des vitesses en fonction du rapport des nombres de Mach
1
v 2 Ma 2  T2 2
  
v1 Ma1  T1 
Finalement on a :
 1
  1  2  1
1
A1 Ma 2 
Ma12 
  2 
A2 Ma1    1 2 
1 Ma 2 
 2 
En utilisant l’état critique (on fait Ma2=1et Ma1= M), on obtient :
 1
  1  2 1
 1 Ma 2 
A 1  2 

A* Ma   1 
 
 2 
Cette dernière relation, représentée par le graphe ci-dessous, confirme la conclusion
antérieure que le nombre de Mach d’un écoulement subsonique augmente dans une tuyère
convergente et celui d’un écoulement supersonique dans une tuyère divergente.

Professeur : Rachid MIR / ENSA Agadir 13


Mécanique des fluides compressibles

A/A*
3

0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
Ma

Professeur : Rachid MIR / ENSA Agadir 14