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L’activité des marchés de change et

de produits dérivés de change de gré à gré


sur la place de Paris en avril 2001
Coordonnée au plan international par la Banque des Règlements internationaux
(BRI), l’édition 2001 de l’enquête triennale Change-Dérivés a été menée par les
banques centrales et les autorités monétaires de 48 places financières.

Cette enquête rassemble une information, à la fois détaillée et cohérente, au


niveau international, sur la structure et la profondeur des marchés de change et
de produits dérivés de gré à gré. La Banque de France a centralisé et traité les
données collectées sur la place de Paris.

La présente étude retrace les principaux résultats de l’enquête menée sur la


place de Paris pour ce qui concerne les marchés de change et de produits
dérivés de change. Ces résultats traduisent les conséquences de plusieurs
évolutions qui ont contribué fortement à la réduction de l’activité : l’avènement
de l’euro le 1er janvier 1999 qui a fait disparaître les échanges entre les devises
constitutives de la monnaie unique européenne, la réduction du nombre
d’intervenants sur les marchés, enfin le développement du courtage
électronique interbancaire.

Le montant quotidien net (après élimination de la double comptabilisation


résultant des transactions entre banques déclarantes) enregistré en avril 2001
sur les marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré s’est
ainsi élevé à 49,7 milliards en contrevaleur dollars, en repli de 35,6 % par
rapport à la précédente édition de l’enquête parue en 1998.

L’activité sur les marchés de change « traditionnels » a diminué de 33 % depuis


avril 1998, s’établissant quotidiennement à 48 milliards de dollars. Quant à
l’activité journalière sur le marché des produits dérivés de change, déjà faible en
avril 1998 (5,3 milliards de dollars), elle s’inscrit en baisse de 68 % à 1,7 milliard
de dollars en avril 2001.

Sylvie RENOTON-MARILLIA
Direction de la Balance des paiements
Service des Capitaux monétaires extérieurs (SEMEX)
Cyrille STÉVANT
Direction des Opérations de Marchés
Service de Suivi et d’Animation des Marchés

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L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE
Cadre d’analyse
L’enquête 2001 a suivi le même cadre d’analyse que celle d’avril 1998 ce qui facilite les
comparaisons dans le temps.
L’enquête mondiale coordonnée par la BRI sur l’activité des marchés de change a été
menée pour la première fois en 1989 et renouvelée en 1992. En 1995 et 1998, l’enquête a
été élargie aux produits dérivés de change et de taux d’intérêt traités de gré à gré.
Comme lors des précédentes éditions, il a été demandé aux établissements participant à
l’enquête d’établir leurs statistiques d’activité sur la base de trois critères de répartition :
par catégories d’opérations, par contreparties et par devises. Les changements par
rapport à 1998 résident dans l’introduction de l’euro le premier janvier 1999 et dans un
élargissement des devises déclarées.
Les résultats sont présentés sur la base d’une moyenne journalière (20 jours ouvrés pour
avril 2001, contre 21 pour avril 1998) après élimination de l’incidence de la double
comptabilisation résultant des transactions effectuées entre banques déclarantes sur la
place financière de Paris.
Sur la base des déclarations des établissements interrogés, le mois d’avril 2001 se situe
légèrement en dessous du niveau normal d’activité.
Les catégories d’opérations analysées
– Les marchés de change :
– le comptant dont le dénouement a lieu dans les quarante-huit heures,
– le terme sec dont l’échéance de livraison est supérieure à quarante-huit heures,
– les swaps cambistes comportant l’achat et la vente simultanés d’un certain montant
de devises, l’un au comptant, l’autre à terme, sans échange périodique de paiement
d’intérêts.
– Les produits dérivés de change :
– les swaps de devises sont des swaps incluant, contrairement aux swaps cambistes, des
échanges périodiques de paiement d’intérêts,
– les options de change (achetées et vendues) procurant le droit ou l’obligation d’achat
ou de vente d’un certain montant de devises.
La ventilation par contreparties
Elle distingue :
– les transactions interbancaires réalisées avec les établissements participant à l’enquête,
– les transactions avec les autres institutions financières ne participant pas à l’enquête
(établissements financiers, compagnies d’assurance, fonds de pension, caisses de
retraite, OPCVM),
– les transactions avec la clientèle non financière (entreprises, administrations publiques,
personnes physiques).
Ces trois types de contreparties font l’objet, chacune, d’une ventilation selon le critère
résident/non-résident pour permettre l’élimination des doubles comptabilisations qui
apparaîtraient, au moment des consolidations nationales, sur les montants de
transactions des établissements participants et pour permettre le recoupement des
statistiques nationales pour la consolidation au niveau mondial par la BRI.

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L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

La ventilation par devises


Elle retient les opérations faisant intervenir les couples de devises :
– contre euro : EUR/USD, EUR/JPY, EUR/GBP, EUR/CHF, EUR/CAD, EUR/AUD,
EUR/Divers ;
– contre dollar : USD/JPY, USD/GBP, USD/CHF, USD/CAD, USD/AUD, USD/Divers ;
– Divers/Divers (avec un détail de 21 devises « exotiques »).
Déroulement de l’enquête
Le périmètre de banques concernées sur la place de Paris été légèrement élargi par
rapport à celui d’avril 1998 : 89 banques ont répondu à la partie change de l’enquête,
contre 84 établissements en 1998, 70 en 1995 et 50 en 1992.
L’enquête a confirmé l’utilisation de plus en plus courante, de la part des grands
établissements déclarants, d’un livre unique de suivi des transactions de change. Ce
phénomène a rendu plus délicat, dans certains cas, et notamment pour les options de
change, le rattachement des transactions à une place géographique donnée, du fait de la
nature apatride de ces « global books ».
Les principaux résultats ont déjà fait l’objet d’un communiqué de presse de la
Banque de France le 9 octobre 2001. Un communiqué de la BRI, publié le même
jour, a donné les résultats au niveau mondial pour la cinquantaine de pays ayant
participé à l’enquête, permettant ainsi d’établir des comparaisons internationales.
Une étude plus complète sera publiée par la BRI au printemps 2002, incluant
également des analyses sur le second volet de l’enquête relatif aux encours
notionnels et valeurs de marché sur les produits dérivés de gré à gré à fin juin 2001.

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L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

1. Principales évolutions constatées


sur les marchés de change
et de produits dérivés de change
de gré à gré sur la place de Paris

1.1.Évolution globale de l’activité :


une diminution marquée,
plus particulièrement sur le compartiment
du change au comptant
Activité journalière nette sur les marchés de change
et de produits dérivés de change de gré à gré en avril 2001
(montants en milliards de dollars – variation en pourcentage)
1998 2001
Moyenne Moyenne Variation par
50 % rapport à
journalière Total net journalière
Total brut interbancaire 1998
(21 jours (a) (20 jours
local
ouvrés) ouvrés)

Comptant 19,2 195,4 20,9 174,5 8,7 - 54,7


Terme sec 3,2 31,4 2,3 29,1 1,5 - 53,1
Swaps cambistes 49,5 829,8 74,0 755,8 37,8 - 23,6
Total change traditionnel 71,9 1056,6 97,2 959,4 48,0 - 33,2
Swaps de devises 0,8 6,9 0,4 6,5 0,3 - 62,5
Options de change 4,5 27,8 0,7 27,1 1,4 - 68,9
Total dérivés de devises 5,3 34,7 1,1 33,6 1,7 - 67,9
Total général 77,2 1091,3 98,3 993,0 49,7 - 35,6

(a) Après élimination de la double comptabilisation résultant des transactions entre banques déclarantes
sur la place financière de Paris

Sur les marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré, 49,7 milliards
en contrevaleur dollar de transactions quotidiennes nettes (après élimination de la
double comptabilisation résultant des transactions entre banques déclarantes sur
la place financière de Paris) sont effectuées en avril 2001, à comparer aux
77,2 milliards enregistrées en avril 1998 (– 35,6 % en trois ans).
Cette baisse globale constitue un renversement de tendance puisque l’activité sur ces
marchés avait progressé de 26 % entre l’édition 1995 et 1998 de l’enquête. Le même
phénomène de recul de l’activité s’observe, mais de façon moins marquée, au niveau
mondial : la BRI annonce en effet une diminution globale de 19 % de l’activité sur les
marchés de change et de produits dérivés de change entre avril 1998 et avril 2001,
contrastant avec la progression de 28 % enregistrée entre 1995 et 1998.

En France, tout comme à l’échelle mondiale, aucun des deux compartiments de marché
(change « traditionnel » ou produits dérivés de change de gré à gré) n’est épargné par ce
mouvement baissier.
En effet, l’activité quotidienne nette sur les marchés de change « traditionnel » de la
place de Paris (change au comptant, terme sec, swaps cambistes) a diminué de 33,2 %
par rapport à celle enregistrée en 1998 et celle sur les marchés des produits dérivés de
change de gré à gré (swaps de devises, options de change de gré à gré), dont le montant
global est toutefois beaucoup plus limité, a encore plus fortement baissé (– 67,9 %).

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L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

Montant quotidien net des transactions de change et de produits dérivés


de gré à gré de la place de Paris
(en milliards de dollars)

80

60

40

20

0
1995 1998 2001
Change traditionnel Dérivés de change

Source et réalisation : Banque de France


Direction de la Balance des paiements
SEMEX - 01 42 92 36 68

Trois facteurs majeurs permettent d’expliquer la diminution du montant journalier des


transactions, aussi bien au niveau international qu’au niveau de la place financière de
Paris.

En premier lieu, l’introduction de l’euro depuis le premier janvier 1999 a entraîné la


disparition automatique des transactions des monnaies des pays membres de la zone
euro : les opérations de change bilatérales entre les pays appartenant aujourd’hui à
l’Union économique et monétaire, qui représentaient en 1998 14 % de l’activité de la
place de Paris, ont été de facto supprimées.

Ensuite, le mouvement de concentration bancaire, accompagné par une relocalisation


des activités des succursales de banques étrangères sur leur place d’origine et/ou sur
Londres, s’est traduit par une réduction du nombre des intervenants sur les marchés.

Enfin, la transparence accrue des prix, suite au développement du courtage


électronique, tend à réduire le nombre des opérations rendues autrefois nécessaires par
le processus de découverte des prix. Il n’est donc pas surprenant de constater que c’est
le segment du change au comptant – le seul à être à ce stade vraiment concerné par le
développement des systèmes de courtage électronique – qui enregistre le recul d’activité
le plus marqué (– 55 %).

Par ailleurs, si la baisse des transactions affecte surtout le compartiment interbancaire,


les opérations avec la clientèle sont également en baisse quoique de manière
différenciée : alors que le chiffre d’affaires avec la clientèle non financière
(« corporate ») est en baisse très marquée (en dépit d’importantes opérations de fusions-
acquisitions transfrontières), les transactions avec la clientèle financière (gestionnaires
de portefeuilles) sont en hausse.

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L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

1.2. Analyse par instruments de l’activité sur les


marchés de change et de produits dérivés
de change de gré à gré
1.2.1. Évolution de la répartition des instruments de change :
un déclin relatif marqué des opérations au comptant

Évolution de la répartition des instruments de change


(traditionnel et dérivés)
(en milliards de dollars et en pourcentage)

Avril 1995 : 61,4 milliards de dollars Avril 1998 : 77,2 milliards de dollars
5,0% 5,8%
1,0%
0,5% 24,9%

41,4%

4,1%

49,5%

64,1%
3,6%

Avril 2001 : 49,7 milliards de dollars

2,8%

0,6% 17,5% Comptant

Terme sec
3,0%

Swaps cambistes

Swaps de devises

Options de change
76,1%

Source et réalisation : Banque de France


Direction de la Balance des paiements
SEMEX - 01 42 92 36 68

La part relative des swaps cambistes sur les marchés de change et de produits dérivés de
change poursuit la progression constatée depuis 1995, pour atteindre 76,1 % en avril
2001. Cette hausse s’effectue au détriment de la part du change au comptant dont le
recul relatif est particulièrement marqué (sa part est passée de 41,4 % en avril 1995 à
24,9 % en 1998 pour s’établir cette année à 17,5 %) tandis que la part du terme sec reste
quasiment stable.

La part occupée par les produits dérivés de change, minime en 1995 (5,5 %) mais qui
avait légèrement progressé en 1998 (6,8 %), a finalement diminué pour s’établir à 3,4 %
en avril 2001.

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L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

1.2.2. Les marchés de change traditionnels : la baisse de


l’activité constitue un renversement de tendance par
rapport à l’évolution observée en 1998
Le montant quotidien net des transactions sur les marchés de change de la place de Paris
est passé de 71,9 milliards de dollars en avril 1998 à 48 milliards de dollars en avril
2001, soit une baisse de 33,2 %. Il s’agit d’un renversement de tendance par rapport à la
précédente enquête puisque l’activité journalière sur les marchés de change avait
progressé de 24 % entre avril 1995 et 1998.

Activité sur produits de change traditionnels


(montants quotidiens nets en milliards de dollars)

80

60

40

20

0
1995 1998 2001
Change au Change à terme
comptant (terme sec + swaps cambistes)

Source et réalisation : Banque de France


Direction de la Balance des Paiements
SEMEX – 01.42.92.36.68

Activité quotidienne sur produits de change traditionnels


(en milliards de dollars – en pourcentage)
Change au comptant Terme sec Swaps cambistes
Avril 1998 Avril 2001 Avril 1998 Avril 2001 Avril 1998 Avril 2001

Part Part Part Part Part Part


Volume Volume Volume Volume Volume Volume
en % en % en % en % en % en %

EUR/USD 8,9 46,5 4,9 56,5 1,7 54,1 1,1 76,9 37,2 75,1 25,4 67,3
EUR/JPY 0,5 2,6 0,4 4,9 0,1 4,6 0 3,3 0,2 0,4 0,5 1,3
EUR/GBP 1,0 5,0 0,6 6,6 0,2 4,7 0 2,4 0,5 1,0 0,8 2,0
EUR/Divers 6,2 32,4 0,6 6,9 0,6 19,9 0,1 4,8 3,0 6,1 0,4 1,1
USD/JPY 1,3 6,8 0,9 10,5 0,2 4,9 0,1 4,1 2,8 5,6 3,0 7,9
DEV/DEV 1,3 6,6 1,3 14,6 0,4 11,8 0,1 8,5 5,9 11,8 7,7 20,3
TOTAL 19,2 100 8,7 100 3,2 100 1,5 100 49,5 100 37,8 100

Source et réalisation : Banque de France


Direction de la Balance des Paiements
SEMEX – 01.42.92.36.68

Le recul de l’activité journalière déjà observé entre avril 1995 et avril 1998 sur le
change au comptant (– 24 %) se confirme lors de l’enquête 2001 : les transactions sur
la place de Paris passent d’une moyenne quotidienne de 19,2 milliards de dollars en
avril 1998 à 8,7 milliards en avril 2001 (soit une diminution de 54,7 %).

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L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

L’activité journalière sur terme sec s’établit à 1,5 milliard de dollars en avril 2001
contre 3,2 milliards trois ans auparavant.
Les swaps cambistes apparaissent sur la place de Paris, comme sur les autres grandes
places financières, comme le segment le plus résistant de l’activité des marchés de
change même si la moyenne quotidienne des transactions a tout de même baissé de
23,6 % (contre – 11 % au niveau mondial) par rapport à avril 1998. L’activité
journalière s’établit ainsi à 37,8 milliards de dollars en avril 2001 contre 49,5 milliards
en 1998 et seulement 30,4 milliards en 1995. La part relative de ces opérations était de
52 % en avril 1995, de 69 % trois ans plus tard. Elle culmine à 79 % cette année.
La part relative du couple EUR/USD dans le montant quotidien net des opérations de
change au comptant, malgré une forte diminution des transactions impliquant ce dernier
couple, a fortement augmenté (56,5 % en 2001 contre 46,5 % en 1998).
En matière de transactions de swaps cambistes, le couple EUR/USD domine l’activité
avec une part de marché de 67,3 % en avril 2001, contre 75,1 % trois ans auparavant. Ce
repli s’explique à la fois par la diminution des transactions effectuées entre les monnaies
de la zone euro et le dollar et par la hausse des montants nets sur quasiment tous les
autres couples de devises. De ce fait, les parts relatives respectives des couples
EUR/JPY, EUR/GBP, USD/JPY et DEV/DEV ont augmenté.
Répartition de l’activité par couples de devises
Montant quotidien net d’activité du change au comptant en avril 2001 :
8,7 milliards de dollars

D E V /D E V
1 4 ,6 %
U S D /J P Y
1 0 ,5 %

E U R / D iv e r s
6 ,9 %
E U R /U S D
E U R /G B P
E U R /J P Y 5 6 ,5 %
6 ,6 %
4 ,9 %

Montant net d’activité du terme sec Montant net d’activité des swaps
en avril 2001 : cambistes en avril 2001 :
1,5 milliard de dollars 37,8 milliards de dollars

USD/JPY DEV/DEV
4,1% 8,5%
EUR/Divers DEV/DEV
4,8% 20,3%
EUR/GBP
2,4% USD/JPY
7,9%
EUR/JPY
EUR/Divers
3,3%
1,1%
EUR/GBP
EUR/USD EUR/USD
2,0%
76,9% EUR/JPY 67,3%
1,3%

Source et réalisation : Banque de France


Direction de la Balance des Paiements
SEMEX – 01.42.92.36.68

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L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

Ventilation des opérations selon leur durée initiale


Les opérations de terme sec ont été conclues en avril 2001 sur la place de Paris à
74,3 % sur une échéance allant de 7 jours à un an, ce qui correspond à une très
légère diminution par rapport à la précédente enquête. De même, la part relative du
long terme (plus d’un an), déjà marginale en 1998 (4,2 %), a reculé de 0,8 point.
Ces deux diminutions se sont opérées au profit de l’échéance courte dont la part
relative a gagné près de 4 points.
Au niveau international, alors qu’en 1998, la durée initiale prédominante des
opérations de terme sec était la plus courte, en avril 2001, l’échéance allant de
7 jours à un an représente une part relative de 58 %.

Terme sec, durées initiales Terme sec, durées initiales


en avril 1998 en avril 2001

4,2% 3,4%
18,4% 22,3%

77,4% 74,3%

Jusqu'à 7 jours inclus De 7 jours à un an Plus d'un an Jusqu'à 7 jours inclus De 7 jours à un an Plus d'un an

Source et réalisation : Banque de France


Direction de la Balance des Paiements
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La durée initiale des opérations de swaps cambistes conclues à Paris est très courte :
les transactions sont nouées à 62,5 % pour des durées inférieures ou égales à 7 jours
(overnight, spot/next semaine…), en léger repli par rapport à 1998. Les swaps
cambistes conclus avec une échéance supérieure à un an sont minimes (autour de 1 %
aussi bien en 1998 qu’en 2001). Cette tendance générale est également celle observée
à l’échelle mondiale, comme le montre la consolidation effectuée par la BRI.

Swaps cambistes, durées initiales Swaps cambistes, durées initiales


en avril 1998 en avril 2001

0,8%
1,1%
36,8%
29,2%

62,5%
69,7%

Jusqu'à 7 jours inclus De 7 jours à un an Plus d'un an Jusqu'à 7 jours inclus De 7 jours à un an Plus d'un an

Source et réalisation : Banque de France


Direction de la Balance des Paiements
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L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

1.2.3. L’activité sur produits dérivés de change de gré à gré


est en forte diminution, aussi bien sur le compartiment
des swaps de devises que sur celui des options de
change
Le montant quotidien net des transactions sur le marché des produits dérivés de gré à gré
s’établit à 1,7 milliard de dollars en avril 2001 contre 5,3 milliards de dollars en avril
1998, soit une diminution de 67,9 % contre une hausse de 56 % constatée entre 1995 et
1998).

Ce fort repli d’activité s’observe aussi bien pour les swaps de devises que pour les
options de change de gré à gré.

Activité sur produits dérivés de change


(montants quotidiens nets en milliards de dollars)

6
5
4
3
2
1
0
1995 1998 2001

Swaps de devises Options de change

Source et réalisation : Banque de France


Direction de la Balance des Paiements
SEMEX – 01.42.92.36.68

Activité quotidienne des produits dérivés de change de gré à gré


(en milliards de dollars - en pourcentage)
Swaps de devises Options de change
Avril 1998 Avril 2001 Avril 1998 Avril 2001
Part Part Part Part
Volume Volume Volume Volume
en % en % en % en %

EUR/USD 0,4 54,3 0,2 54,8 2,0 44,9 0,7 49,3


EUR/JPY 0 2,5 0 5,2 0,1 2,6 0,1 9,2
EUR/GBP 0 3,3 0 1,7 0,4 8,5 0 3,0
EUR/Divers 0,1 11,8 0 1,2 0,5 12,2 0 2,8
USD/JPY 0,1 11,4 0,1 20,8 1,0 22,3 0,3 22,1
DEV/DEV 0,1 16,7 0,1 16,3 0,4 9,5 0,2 13,6
Total 0,8 100,0 0,3 100,0 4,5 100,0 1,4 100,0
Source et réalisation : Banque de France
Direction de la Balance des Paiements
SEMEX – 01.42.92.36.68

La part du compartiment du marché des produits dérivés de change dévolu aux swaps
de devises progresse régulièrement depuis 1995 puisque ce compartiment assure en
avril 2001 17,6 % du montant net des transactions, contre 15,1 % trois ans auparavant et
seulement 8,8 % en 1995. En dépit de cette proportion croissante, ce compartiment reste

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L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

étroit par rapport à celui des options de gré à gré. Même au niveau mondial, ce
compartiment ne concentre que 9 % de l’activité totale sur produits dérivés de change.
La moyenne journalière en avril 2001 retrouve son niveau de 1995 (0,3 milliard de
dollars) annulant ainsi la progression de 1998.

La quasi totalité de l’activité journalière sur le marché des produits dérivés de change de
gré à gré est due aux options de change puisque la moyenne quotidienne des
transactions sur cet instrument est de 1,4 milliard de dollars. En rapportant ce montant à
l’activité quotidienne totale enregistrée sur le marché des produits dérivés de change
(1,7 milliard), les options de gré à gré occupent la part relative non négligeable de
82,4 %.
La moyenne journalière des transactions sur options s’est repliée de 68,9 % passant de
4,5 milliards de dollars en avril 1998 à 1,4 milliard en avril 2001. Le recul observé au
niveau mondial est quant à lui plus faible (– 31 %).

Ventilation de l’activité quotidienne selon les couples de devises


Montant net d’activité des swaps Montant net d’activité des options
de devises en avril 2001 : de change de gré à gré en avril 2001 :
0,3 milliard de dollars 1,4 milliard de dollars

DEV/DEV
DEV/DEV
16,4%
13,6%
EUR/USD
49,3%
USD/JPY
22,1%

USD/JPY
20,7%
EUR/Divers
EUR/Divers EUR/USD EUR/JPY
EUR/JPY 2,8% EUR/GBP
1,3% EUR/GBP 54,7 %
5,2% 3,0% 9,2%
1,7%

Source et réalisation : Banque de France


Direction de la Balance des Paiements
SEMEX – 01.42.92.36.68

Concernant les swaps de devises, le dollar est la devise la plus traitée puisque la
monnaie des États-Unis intervient dans près de 90 % des transactions en avril 2001
(contre 75 % lors de la précédente enquête).
Il convient de constater la part croissante des transactions faisant intervenir la monnaie
japonaise aussi bien contre l’euro (5,2 %) que contre le dollar (20,7 %) au détriment des
couples EUR/GBP et EUR/Divers.

Les options de change de gré à gré sont la catégorie d’instruments de change


(traditionnel et dérivés) où la part relative du couple EUR/USD est la plus faible
(49,3 %) et où celle du couple USD/JPY est la plus élevée (22,1 %).

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L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

2. Ventilation de l’activité
sur la place de Paris
selon les différents critères d’analyse

2.1. Poids relatif des différentes devises


et des différents couples de devises :
le dollar confirme sa suprématie,
tandis que le couple euro/dollar s’avère
prépondérant
2.1.1. Prépondérance du couple euro/dollar dans les
transactions
Le montant quotidien net des transactions faisant intervenir le couple EUR/USD1 a
diminué de 36 % (32,3 milliards de dollars en avril 2001 contre 50,3 milliards en avril
1998) mais, compte tenu de la tendance générale à la baisse de l’activité sur les produits
de change, la part du couple formé par ces deux monnaies dans l’ensemble des
transactions est restée constante à 65,1 %.

Répartition par couple de devises de l’activité sur les marchés de change


et de produits dérivés de change en avril 2001

DEV/DEV
18,8%

USD/JPY
8,7%

EUR/Divers
2,3%
EUR/USD
EUR/GBP 65,1%
2,8% EUR/JPY
2,3%

Source et réalisation : Banque de France


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1
USD/monnaies ayant intégré l’euro pour ce qui concerne la comparaison avec les chiffres de 1998.

12
L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

2.1.2. Consolidation de la suprématie de la part du dollar


dans les transactions, l’euro s’inscrivant en second
rang
Le dollar, monnaie internationale de référence, renforce en avril 2001 sa position
dominante par rapport à avril 1998 : 92,5/2002 des transactions impliquent le dollar en
avril 2001 contre 81,5/200 trois ans auparavant. Cette hausse n’est en aucun cas due à
l’évolution de la part du couple EUR/USD qui reste constante mais à celle de la part de
tous les autres couples de dollar/devise : les transactions USD/JPY, USD/CHF,
USD/GBP, USD/CAD, USD/AUD et USD/Autres représentent toutes en avril 2001 une
part plus importante qu’en avril 1998 dans le total des transactions sur instruments de
change.

L’euro se situe en seconde position mais occupe une place moindre que les monnaies
constitutives de l’euro en 1998 : 72,5/200 dans l’ensemble des transactions de change à
Paris contre plus de 80/200 lors de la précédente enquête. Ce mouvement s’explique en
grande partie par la diminution de la part des opérations sur les couples EUR/GBP
(2,8 % en 2001 contre 4,5 % en 1998) et EUR/CHF (1,2 % en 2001 contre 1,4 % en
1998) alors que le couple EUR/JPY a vu sa part de marché se redresser (elle est passée
de 1,3 % en 1998 à 2,3 % cette année)

La comparaison avec la répartition par devises de l’ensemble des pays remettants à la


BRI indique que les marchés de change et de produits dérivés de change français sont
aussi « dollarisés » que ceux de l’ensemble du monde. Au niveau de l’ensemble des pays
remettants à la BRI, 36 % du montant global des opérations fait en outre intervenir une
autre devise que l’euro ou le dollar (contre 17,5 % pour la France) que ce soit le yen et,
dans une moindre mesure, la livre sterling et le franc suisse.

Répartition par couple de devises de l’activité des marchés de change


et de produits dérivés de change en avril 2001

100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
F ra n c e E n s e m b le d e s p a y s re m e tta n ts
USD EUR A u tre s d e v is e s

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2
L’ensemble des parts relatives de chaque monnaie représente un total de 200 %.

13
L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

L’activité de la place de Paris en devises des pays périphériques et émergents


En raison du développement de l’activité des marchés émergents et de l’intérêt
grandissant qui leur est porté, des informations complémentaires pour les devises des
pays périphériques et émergents ont été demandées pour la première fois lors de cette
dernière enquête d’avril 2001 : les établissements ont dû effectuer une décomposition
des opérations par devises de ces pays, bien que les transactions sur ces devises ne
représentent que 5,3 % du total des opérations recensées sur la place de Paris et
4,5 % au niveau mondial (contre 3,1 % au niveau mondial en 1998).

Répartition géographique du montant quotidien net


(en millions de dollars)
Produits
Change
dérivés Total Pourcentage
traditionnel
de change

Monnaies de l’Europe Nordique 1 643,7 40,1 1 683,8 63,6


Monnaies de l’Europe de l’Est 298,5 0,3 298,8 11,3
Monnaies asiatiques 280,6 3,0 283,6 10,7
Dollar néo-zélandais 255,7 0 255,7 9,7
Monnaies de l’Amérique du Sud 47,5 1,2 48,7 1,8
Rand sud-africain 73,4 2,1 75,5 2,9
Total 2 599,4 46,7 2 646,1 100
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L’activité sur les devises des pays périphériques et émergents est essentiellement
centrée sur le change traditionnel (part de 98,2 %) plutôt que sur les dérivés de
change, faute de marchés liquides sur ces instruments. En outre, du fait de la position
géographique de la place de Paris, l’activité se trouve naturellement concentrée sur
les pays nordiques (à 63,6 %) et ceux de l’Europe de l’Est (à 11,3 %).

Concernant l’Europe Nordique (couronnes danoise, norvégienne et suédoise), la


couronne suédoise occupe une place dominante (près de 50 % pour le change
« traditionnel » et 90 % pour les produits dérivés) avec une activité quotidienne nette
de 820 millions de dollars sur les instruments de change « traditionnel » et de
35,7 millions pour les produits dérivés de gré à gré.

La deuxième place sur le total des transactions de change revient aux monnaies des
pays de l’Europe de l’Est avec un montant de 298,8 millions de dollars réalisé en
quasi totalité sur les instruments de change traditionnel (seulement 0,3 million sur les
options de change de gré à gré), le zloty polonais représentant 81 % de l’ensemble
des transactions de change. Les banques résidentes n’ont effectué aucune opération
sur le rouble russe en avril 2001.

Le flux quotidien net de 283,6 millions de dollars des monnaies asiatiques est
essentiellement constitué par des opérations sur les marchés de change « traditionnel »
qui impliquent surtout le dollar de Hong-Kong et le dollar de Singapour. La quatrième
position revient aux transactions sur le dollar néo-zélandais avec 255,7 millions de
dollars qui sont exclusivement réalisées sur les marchés de change « traditionnel » (la
part des swaps cambistes est de 93,4 %). L’Amérique du Sud se distingue des quatre
zones précédentes avec une activité nette (très faible de 48,7 millions de dollars en avril
2001) résultant en grande partie des opérations de change « traditionnel » (47,5 millions)
portant sur le peso mexicain et sur le real brésilien.

14
L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

2.2. Répartition de l’activité par contreparties :


les transactions interbancaires dominent
toujours en dépit d’un déclin relatif
2.2.1. En dépit d’un léger repli relatif, les transactions
interbancaires dominent toujours l’activité
La part des transactions interbancaires est toujours prépondérante (75,7 %) quoiqu’en
repli de 7 points par rapport à l’enquête précédente. Cette contraction peut s’expliquer
par le rôle croissant des courtiers électroniques sur le marché interbancaire
(compartiment change au comptant) puisque leur utilisation permet une plus grande
transparence au niveau du processus de formation des prix et diminue de ce fait les
opérations d’arbitrage.

Quant au poids de la clientèle finale, en hausse globale, elle enregistre une évolution
divergente selon les types de contrepartie : la part de marché des autres institutions
financières (OPCVM, compagnies d’assurance, fonds de placement) s’est fortement
accrue, en liaison avec le besoin croissant de couverture et de règlement lié à
l’internationalisation des portefeuilles des investisseurs institutionnels tandis que la
réduction d’activité de la clientèle des sociétés non financières peut s’expliquer par les
rationalisations/concentrations industrielles ainsi que par une aversion au risque, plus
grande, des trésoreries des grands groupes.

Répartition par contreparties de l’activité des marchés de change


et de produits dérivés de change
(en pourcentages)
Avril 1998 Avril 2001

Opérateurs Opérateurs

Autres non financiers Autres non financiers


institutions 7,3%
institutions 8,7%
financières
financières
17,0%
8,5%

Participants Participants
au au
recensement
recensement
82,9% 75,7%

Source et réalisation : Banque de France


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15
L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

2.2.2. Une internationalisation accrue des opérations de


change
Ventilation de l’activité entre résidents et non-résidents
(en pourcentage)

80%

60%

40%

20%

0%
1998 2001

Résidents Non-résidents

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Depuis avril 1998, les marchés de change et de produits dérivés de change français se
sont fortement ouverts sur l’extérieur puisqu’en avril 2001 73,6 % des opérations sur ces
marchés sont conclues avec des non-résidents contre 62,2 % lors de la précédente
enquête.

2.3. Accentuation de la concentration de l’activité


sur un petit nombre d’établissements
2.3.1. La concentration de l’activité sur les marchés de
change « traditionnel » s’est encore accrue
La tendance à l’accroissement de la concentration de l’activité des transactions sur le
change « traditionnel » au niveau des dix premières banques déclarantes s’est confirmée
cette année. En effet, alors que les dix premiers établissements de la place parisienne
assuraient 80 % du montant des transactions recensées en 1998, cette part s’élève à près
de 91 % en avril 2001.

De plus, en avril 2001, les cinq premières banques concentrent, quant à elles, 70,9 % de
l’ensemble des opérations contre 63,3 % trois ans auparavant. De nombreuses
opérations de concentration bancaire, notamment celle de la BNP et de Paribas, ont
contribué à renforcer cette tendance, observée aussi à l’échelle mondiale.

16
L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

Activité sur les marchés de change Activité sur les marchés de change
« traditionnel » de Paris des dix « traditionnel » de Paris des cinq
premières banques remettantes premières banques remettantes
(en pourcentage) (en pourcentage)

100% 20,0% 9,3% 100%


36,7% 29,1%
80% 80%
60% 60%
90,7%
40% 80,0% 70,9%
40% 63,3%
20% 20%
0% 0%
1998 2001 1998 2001
Dix premières banques Autres banques Cinq premières Autres banques

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2.3.2. L’accroissement de la concentration de l’activité sur


les marchés de produits dérivés de change de gré à gré
est encore plus marqué
Sur ce compartiment du marché, le mouvement de concentration est encore plus marqué
puisque les dix premières banques réalisent 96,6 % du montant des transactions
recensées sur ce marché contre 95,2 % lors de la précédente édition (respectivement
92,8 % et 97,6 % pour les swaps de devises et les options de change de gré à gré en avril
2001 contre respectivement 87,5 % et 96,7 % en avril 1998).

Les cinq premières banques contribuent pour 79,3 % (contre 69,3 % en 1998) du
volume des transactions sur swaps de devises et 87,9 % (contre 82,5 % en 1998) de
celui des opérations sur options de gré à gré. Sur l’ensemble des produits dérivés de
change, la part de ces banques s’établit à 86,2 %, en hausse par rapport à 1998 (80,4 %).

17
L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

Activité sur le marché des produits Activité sur le marché des produits
dérivés de change de gré à gré de dérivés de change de gré à gré de
Paris des dix premières banques Paris des cinq premières banques
remettantes remettantes
(en pourcentage) (en pourcentage)

4,8% 3,4%
100% 100% 13,8%
19,6%
80% 80%

60% 60%
95,2% 96,6%
80,4% 86,2%
40% 40%

20% 20%

0% 0%
1998 2001 1998 2001

Dix premières banques Autres banques Cinq premières banques Autres banques

Source et réalisation : Banque de France


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3. Comparaison internationale
Les chiffres publiés le 9 octobre 2001 au niveau mondial par la BRI permettent
uniquement de calculer la part et le rang de la France sur le change « traditionnel »
et non sur les produits dérivés de change3.
En ce qui concerne les montants quotidiens nets de change à terme (terme sec + swaps
cambistes), la France conserve en avril 2001 le rang qu’elle occupait en 1998 (8ème). En
revanche, compte tenu de la forte diminution des opérations au comptant, la place de
Paris cède une place par rapport à avril 1998 pour l’ensemble du change « traditionnel »
au profit de l’Australie : elle passe ainsi de la huitième à la neuvième place du
palmarès mondial, avec une part de marché de 3 %. Cependant, elle demeure au
quatrième rang européen derrière le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Suisse. La place de
Paris occupe enfin la seconde position au niveau de l’Union économique et monétaire
avec une part de marché de 20,1 %, derrière Francfort (36,8 %).

3
La publication des résultats complets de l’enquête mondiale par la BRI au premier trimestre 2002
permettra d’effectuer des comparaisons plus fines.

18
L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

Évolution des montants quotidiens nets des transactions


sur les marchés de change pour les principaux pays remettants
(en milliards de dollars)

800

600
2001
400 1998
200 1995
1992
0

Dans un contexte mondial de baisse de l’activité sur les marchés de change


« traditionnel » (– 17,3 %4 en trois ans), Londres maintient sa position dominante
bien que sa part de marché soit en légère diminution par rapport à celle d’avril 1998
(31,2 % en avril 2001 contre 32,5 % trois ans auparavant) : c’est la première fois depuis
que l’enquête est menée que la part de la place financière londonienne dans l’activité
mondiale sur le change « traditionnel » diminue. La part de marché de New-York a
également reculé, passant de 17,9 % en 1998 à 15,7 % cette année. Le Royaume-Uni et
les États-Unis assurent encore à eux deux près de 47 % des montants recensés.

Concernant Singapour, son activité sur le change « traditionnel » représente 6,2 % de


l’activité mondiale (près d’un point de moins par rapport à la précédente enquête). En
revanche, le Japon et l’Allemagne occupent une place croissante : respectivement 9,1 %
et 5,5 % en avril 2001 (contre respectivement 6,9 % et 4,8 % en avril 1998), de même
que l’Australie et le Canada avec 3,2 % et 2,6 % (contre 2,4 % et 1,9 % trois ans
auparavant).

4
Les montants ont été retraités afin d’éviter les doubles comptabilisations résultant des transactions
effectuées entre les banques déclarantes sur une même place financière. Ils n’ont en revanche pas été
retraités au niveau mondial afin de ne pas pénaliser les places financières qui effectuent de nombreuses
opérations avec d’autres centres financiers.

19
L’activité des marchés de change et de produits dérivés de change de gré à gré sur la place de Paris
en avril 2001

Distribution géographique du change traditionnel


(montants quotidiens en milliards de dollars)
1992 1995 1998 2001
Montant Part % Montant Part % Montant Part % Montant Part %
Royaume-Uni 291 27,0 464 29,5 637 32,5 504 31,2
États-Unis 167 15,5 244 15,5 351 17,9 252 15,7
Zone euro 184 17,1 276 17,6 339 17,3 239 14,8
Allemagne 55 5,1 76 4,8 94 4,8 88 5,5
Autriche 4 0,4 13 0,8 11 0,6 8 0,5
Belgique 16 1,5 28 1,8 27 1,4 10 0,6
Espagne 12 1,1 18 1,1 19 1,0 8 0,5
Finlande 7 0,7 5 0,3 4 0,2 2 0,1
France 33 3,1 58 3,7 72 3,7 48 3,0
Grèce 1 0,1 3 0,2 7 0,4 5 0,3
Irlande 6 0,6 5 0,3 10 0,5 8 0,5
Italie 16 1,5 23 1,5 28 1,4 17 1,0
Luxembourg 13 1,2 19 1,2 22 1,1 13 0,8
Pays-Bas 20 1,9 26 1,7 41 2,1 30 1,9
Portugal 1 0,1 2 0,1 4 0,2 2 0,1
Australie 29 2,7 40 2,5 47 2,4 52 3,2
Canada 22 2,0 30 1,9 37 1,9 42 2,6
Danemark 27 2,5 31 2,0 27 1,4 23 1,4
Hong-Kong 60 5,6 90 5,7 79 4,0 67 4,1
Japon 120 11,2 161 10,2 136 6,9 147 9,1
Singapour 74 6,9 105 6,7 139 7,1 101 6,2
Suède 21 2,0 20 1,3 15 0,8 27 1,5
Suisse 66 6,1 87 5,5 82 4,2 71 4,4
Source : Banque des Règlements internationaux
Réalisation : Banque de France
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La zone euro, avec une activité quotidienne de 239 milliards de dollars sur l’ensemble
des 12 pays, contribue à 14,8 % de l’activité mondiale sur le change « traditionnel » ;
ainsi, la zone euro arrive en troisième position au niveau mondial juste après les États-
Unis (part de 15,7 %). En 1998, elle aurait également occupé le troisième rang avec une
part de marché légèrement supérieure (17,3 %) et plus proche de celle des États-Unis
(17,9 %).
Au sein de l’UEM, la part de marché de l’Allemagne s’est renforcée en trois ans
puisqu’elle est passée de 27,7 % en avril 1998 à 36,8 % en avril 2001. L’Allemagne a
surtout bénéficié de la relocalisation récente des activités de « trading » de plusieurs
grandes banques allemandes sur Francfort et a pu s’appuyer sur son statut passé de
première place mondiale pour le USD/DEM. Elle a ainsi mieux résisté que les autres
places de la zone euro à la contraction de l’activité. La progression de l’Allemagne s’est
opérée surtout au détriment de la Belgique (4,2 % en 2001 contre 8 % en 1998) et de
l’Espagne (3,3 % en 2001 contre 5,6 % en 1998). Quant à la part de marché de la
France, qui s’établit à 20,1 % en avril 2001, elle est restée à peu près stable par rapport à
avril 1998 (21,2 %). Les deux principaux pays (Allemagne et France) représentent plus
de la moitié de l’activité (56,9 %) des marchés de change « traditionnel » de l’UEM. La
troisième position revient au Pays-Bas avec une part de marché de 12,6 % (contre
12,1 % lors de la précédente enquête).

Les places financières du Canada et de la Suède ont par ailleurs bénéficié d’importants
flux transnationaux d’investissements de portefeuille.

*
* *

20