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HEETTTTEE 1 eett YYaannnn LLEERREED
DDDEE 2

1
Laboratoire de Dynamique de la Lithosphère
Cc
Université Montpellier II
34090 MONTPELLIER

2
Centre d’Océanologie de Marseille
Université d’Aix - Marseille II
Campus de Luminy, case 901
13288 Marseille cedex 9

1
Remerciements

Je tiens à remercier Frédéric BOUCHETTE et Yann LEREDDE d’avoir proposé ce sujet de stage et de
m’avoir conseillée, encadrée et corrigée tout au long de ces cinq mois de travail. Je tiens à les
remercier aussi pour leur patience et leur gentillesse qui m’a permis de travailler dans les meilleurs
conditions.

Je remercie bien évidemment toute l’équipe du laboratoire de Dynamique de la Lithosphère qui m’a
accueillie alors que ma thématique de DEA n’est pas en rapport direct avec la Science de la Terre.

Mes remerciements s’adressent aussi à Patrick MARSALEIX du laboratoire d’aérologie de Toulouse qui
a toujours répondu avec célérité à toutes mes petites questions sur le modèle Symphonie.

Je remercie aussi le professeur SVENDSEN qui pendant notre enrichissante rencontre à


l’université de Toulon nous a conseillé sur la mise en place de la théorie du couplage 3D
entre les courants et la houle.

2
IInnttrroodduuccttiioonn
Le littoral Languedocien, caractérisé par de longues plages de sable et de nombreux aménagements
portuaires, est en pleine évolution. La stabilisation de son trait de côte étant loin d’être acquise,
l’étude des transports sédimentaires dans cette région en est d’autant plus intéressante.
Le golfe d’Aigues-Mortes, en particulier, présente des caractéristiques spécifiques en tant qu’ unique
golfe du littoral Languedocien. En effet, en raison de sa géographie propre il est potentiellement
soumis à une forte variabilité latérale des phénomènes. D’autre part, il est divisé en deux zones
distinctes, l’une soumise à l’influence des fleuves côtiers (Vidourle, Lez) et l’autre exempte de tout
apport de matières fluviales, ce qui présente un intérêt certain dans l’étude des transports et des
apports sédimentaires.
Cependant, l’hydrodynamique de cette zone géographique ayant très peu été étudiée, aucune donnée
(bibliographique ou de mesures in situ) n’était accessible et il a donc fallu avoir recours à des outils de
modélisation numérique afin d’appréhender les divers phénomènes agissant sur le golfe d’Aigues-
Mortes.
Or, l’étude de la dynamique sédimentaire en milieu côtier a permis de mettre en évidence deux types
de forçages responsables de l’évolution du littoral sableux : les courants et la houle.
En effet, les courants générés localement par les vents, les marées et les gradients de densité et de
pression, créent des contraintes de cisaillement sur les fonds marins et des transports de matières
susceptibles d’agir sur les sédiments.
De même la houle, d’une part par réfraction et diffraction, et d’autre part par déferlement et
dissipation, est aussi à l’origine de courants de houle qui vont permettre le transport sédimentaire.
La compréhension des forçages hydrodynamiques littoraux sur la dynamique sédimentaire, dans le
golfe d’Aigues-Mortes, passe donc par l’étude couplée de la houle et des courants marins sur cette
zone.
En pratique, cette étude est une première tentative de couplage d’un modèle hydrodynamique 3D et
d’un modèle de propagation de houle.
Le premier est le modèle de circulation océanique côtière SYMPHONIE (Estournel et al., 1997) qui
résout les équations primitives en domaines côtiers (e.g. golfe du Lion) et littoraux (e.g. golfe de Fos,
Ulses et al., 2003) et qui prend en compte la bathymétrie, les forçages atmosphériques, la circulation à
grande échelle et les apports fluviaux comme conditions aux limites.
Le deuxième est le modèle REFDIF (Kirby & Dalrymple, 1983 ; Kirby & Dalrymple, 1995) qui
calcule la propagation et la transformation, par réfraction et diffraction, d’une houle quelconque en
résolvant l’équation de Berkhoff parabolisée avec la possibilité d’introduire le forçage par les courants
tels que ceux fournis par le modèle SYMPHONIE.
Ces deux modèles bénéficient des dernières avancées dans les domaines trop souvent dissociés de
l’océanographie physique et de l’hydraulique marine.
En les associant, l’objectif est d’obtenir un outil fondamental d’étude de l’hydrodynamique
littorale et, à terme , de la dynamique sédimentaire qui en découle, afin de modéliser les phénomènes
hydrosédimentaires du golfe d’Aigues-Mortes.
Le couplage consiste en l’ « introduction » d’une part des courants de houle dans le Modèle
SYMPHONIE et d’autre part des courants de circulation dans le modèle REFDIF :

Redistribution des
SYMPHONIE courants de houle
sur la grille
REFDIF Symphonie et
Courants généraux ajout des termes
moteurs de la
Courants de
houle aux
Houle
équations de
Algorithme d’interpolation des données de la Symphonie.
grille Symphonie sur la grille REFDIF qui est
plus fine et qui forme un angle par rapport à
cette dernière .

3
Après une présentation des deux modèles, une étude de sensibilité est effectuée : les résultats
donnés par REFDIF et SYMPHONIE sont analysés séparément afin de connaître l’influence
respective de la houle et des courants dans le golfe d’Aigues-Mortes.
Ensuite le principe du couplage est présenté et il est suivi d’une discussion sur l’impact relatif des
courants générés par les deux modèles sur l’hydrodynamique du golfe selon les différents scenarii.
Dans les cas où l’impact de la houle et des courants est identique, le modèle couplé est alors utilisé
afin d’obtenir l’hydrodynamique couplée du golfe.

Figure 1 : Carte routière du golfe d’Aigues-Mortes.

4
CCH
HAAPPIIT
TRREE II :: LLee ggoollffee dd’’A Aiigguueess--M
Moorrtteess
CCaarraaccttéérriissttiiqquueess dduu ssiittee

11 –– PPrréésseennttaattiioonn dduu ssiittee


Le golfe d’Aigues-Mortes est situé sur la côte méditerranéenne du Languedoc au sud de Montpellier
entre le Grau de Palavas et le phare de l’Espiguette. Dans cette étude une zone plus large est
considérée ; elle est représentée sur la figure 1.
Le tourisme ainsi que les activités nautiques y sont très largement développés. Les ports de plaisance
tels Port-Camargue, le Grau du Roi, la Grande-Motte, Carnon, Palavas-les-Flots et Frontignan, ont été
l’objet de nombreux aménagements côtiers. Un grand nombre de digues et tombolos artificiels
protègent, en effet, la côte languedocienne.
Le reste du littoral est composé de plages sableuses et d’un cordon dunaire étroit protégeant une
série d’étangs caractéristiques des paysages camarguais.
Ce littoral est très fragile et semble encore bien loin de se stabiliser.

Montpellier
Plateau de Carnon

Plateau de Frontignan

Figure 2 : Image satellite du golfe du Lion Figure 3 : Bathymétrie du golfe d’Aigues-Mortes.


et situation géographique du golfe d’Aigues-Mortes.
(L'Europe vue de l'Espace, M-SAT, CD-ROM Havas Interactive)

De plus la bathymétrie de cette zone géographique est particulièrement lisse et ne présente pas
d’accident bathymétrique. On peut toutefois remarquer deux plateaux : le plateau de Frontignan et le
plateau de Carnon. Le domaine du golfe d’Aigues-Mortes est largement ouvert sur le large et donc
largement influencé par la circulation générale sur le plateau du golfe du Lion.

22 –– LLeess vveennttss ddoom


miinnaannttss
Les conditions météorologiques sur le golfe d’Aigues-Mortes sont en pourcentage de jours annuels :
Les vents de Nord - Ouest (il s’agit
essentiellement du Tramontane), ainsi
que les vents de Nord – Est (Mistral),
représentent les conditions climatiques
de 60% de l’année et peuvent atteindre
de très grandes vitesses (entre 27 et 55.8
m/s).
Les vents de Sud-est (12%) sont des
vents à très long fetch qui génèrent au
large des houles dans la même direction.
Ces caractéristiques nous ont guidées
dans le choix des scénarii de vents et de
houle.

Figure 4 : Carte des vents d’après la Navicarte côtière à la latitude moyenne 43°28’N (2000)

5
33 –– LLeess fflleeuuvveess
Deux fleuves principaux viennent se jeter dans le golfe d’Aigues-Mortes (DIREN, 2002):

Ø Le Vidourle qui se jète au Grau du Roi après avoir été canalisé par un chenal de 1 km. Son
débit maximal peut atteindre jusqu’à 18.3 m3/s (moyenne réalisée entre les maxima des années
1969 à 2002) lors des crues annuelles et un débit minimal de 0.238 m3/s (moyenne réalisée
entre les minima des années 1969 à 2002) en période sèche.

Ø Le Lez qui se jète à Palavas-les-Flots après avoir été canalisé par un chenal de 2.5 km. Son
débit maximal peut atteindre jusqu’à 4.3 m3/s (moyenne réalisée entre les maxima des années
1969 à 2002) lors des crues annuelles et un débit minimal de 0.138 m3/s (moyenne réalisée
entre les minima des années 1969 à 2002) en période sèche.

Ces fleuves n’ont que très peu d’influence en temps normal mais peuvent fournir de très importantes
quantités de matériel sédimentaire lors de catastrophes telles que celle intervenue le 9 septembre 2002.

Figure 5 : Image satellite du golfe du lion prise lors de la crue de septembre 2002.

6
CCH
HAAPPIIT
TRREE IIII :: LLee m
mooddèèllee ddee ccoouurraannttoollooggiiee S
SYYM
MPPH
HOON
NIIEE
11 –– M
Miissee eenn ppllaaccee dduu pprroobbllèèm
mee
Les équations de Navier-Stokes utilisées en mécanique des fluides régissent les courants océaniques
et sont à la base du modèle SYMPHONIE développé par l’équipe d’océanologie côtière du
Laboratoire d’Aérologie.
Ce modèle résout en fait les équations primitives tridimensionnelles (Johns et al., 1991) ayant subit
divers développements (Estournel et al.,1997 ; Marsaleix et al., 1998) afin de tenir compte des
conditions inhérentes au milieu marin et plus particulièrement à la zone du golfe du Lion.

22 –– EEqquuaattiioonnss dduu m
mooddèèllee
2
2-
2 -1
-11..H
Hyyppootthhéésseess
Le modèle SYMPHONIE dans un système de coordonnées cartésiennes (0, x ,y ,z) repose sur les
hypothèses suivantes :

Ø Fluide incompressible : = 0 avec ρ la masse volumique du fluide
Dt ρ ρ ρ
( ρ
)
Ø Fluide tournant : force de Coriolis ρ 2Ω ∧ u avec u le vecteur vitesse et Ω la vitesse de
rotation de la Terre
Ø Termes de courbure, dus à la forme de la Terre, négligés
∂P
Ø Equilibre hydrostatique : − ρg = 0 avec P la pression et g la gravité
∂z
 ρ = ρ 0 + ρ ' (x, y, z, t )
Ø Approximation de Boussinesq :  avec ρ 0 >> ρ '
 P = P0 ( z) + P (x, y, z, t )
'

Ø Viscosité moléculaire du fluide négligée

z η ( x , y ) élévation de la surface libre


0

x Y
h(x, y) profondeur

Figure 6 : Représentation schématique des variables du modèle SYMPHONIE

2
2-
2 -2
-2 mooddèèllee 3
2..EEqquuaattiioonnss dduu m 3DD
Les équations régissant le modèle SYMPHONIE ont été obtenue en décomposant, d’une part, la
ρ ρ ρ 1Tρ
vitesse u (u, v, w) en une partie moyenne u (avec u = ∫ u (t) dt la moyenne des vitesses sur une
T0
ρ' ρ ρ ρ'
période T) et en une partie turbulente u : u = u + u

7
Et d’autre part en moyennant les équations de Navier-Stokes sur une période temporelle T ; sachant
ρ
que u ' = 0 on obtient :
Equation de continuité
∂u ∂v ∂w
+ + =0 (1)
∂x ∂y ∂z
Conservati on de la quantité de mouvement
∂u ∂u ∂u ∂u 1 ∂P 1  ∂  ∂u  ∂  ∂ u   1 ∂ τ xz
+u +v +w − fv = − +  A + A  + (2)
∂t ∂x ∂y ∂z ρ 0 ∂ x ρ 0  ∂ x  ∂ x  ∂y  ∂ y   ρ 0 ∂ z
∂v ∂v ∂v ∂v 1 ∂ P 1  ∂  ∂ v  ∂  ∂ v   1 ∂τ yz
+u +v +w + fu = − +  A +  A  + (3)
∂t ∂x ∂y ∂z ρ 0 ∂ y ρ 0  ∂x  ∂ x  ∂ y  ∂ y   ρ 0 ∂ z
∂P (4)
−ρ g=0
∂z
Avec :
• A le coefficient de viscosité horizontale
• f le paramètre de Coriolis
1  ∂  ∂u  ∂  ∂u  1  ∂  ∂v  ∂  ∂v 
Les termes de diffusion horizontale   A  + A  et  A + A  (5) et (6)
ρ0 ∂x  ∂x  ∂y  ∂y  ρ0 ∂x  ∂x  ∂y  ∂y 
∂u j '
résultent d’une paramétrisation très simple des moments d’ordre deux du type u i ' ne faisant
∂x j
intervenir que des fluctuations horizontales u’, v’.
Les tenseurs de Reynolds verticaux τ xz = −u' w' et τ yz = −v' w' sont également paramétrés avec la
∂u ∂v
notion de viscosité turbulente K par :τ xz =K et τ yz = K
∂z ∂z
Dans la suite par commodité d’écriture, u , v , w seront désignés par u, v, w.

La masse volumique suit la loi d’état linéarisée:

ρ = ρ 0 [1 − α (T − T0 ) + β (S − S 0 )] (7)

Avec :
• T la température (en Kelvin), S la salinité (sans unité), T0 la température de référence et S0 la
salinité de référence
• α = 2.41 10 − 4 K −1
• β = 7.45 10 − 4 (sans dimension)
Et les valeurs à l’état de référence :
• ρ 0 = 1024 kg / m 3
• T0 = 20° C
• S 0 = 35
Les équations de transport régissant la température T et la salinité S sont les suivantes :
∂S ∂ uS ∂ vS ∂ wS ∂  ∂S  (8)
+ + + = K2 
∂t ∂x ∂y ∂z ∂z  ∂z 
∂T ∂ uT ∂ vT ∂ wT ∂  ∂T  QC ∂I (9)
+ + + = K2 +
∂t ∂x ∂y ∂z ∂z  ∂z  ρ 0C P ∂z

8
Avec :
• K2 le coefficient de diffusivité cinématique turbulent vertical, la diffusion turbulente
horizontale étant négligée
• Qc le flux solaire
• CP la chaleur massique
• I(z)= e-kz la luminosité et k=5.10-2 m-1 le coefficient d’atténuation
1

Les coefficients de viscosité et de diffusivités turbulentes sont paramétrés par K 1 = K 2 = c k l k E


2

lk est une échelle de longueur caractéristique de mélange et ck =0.1 .
L’énergie cinétique turbulente E est donnée par la résolution de l’équation de transport :

∂E ∂uE ∂vE ∂wE ∂  ∂E   ∂u 2  ∂v 2  g ∂ρ


+ + + =  K1  + K1   +    + K1 − ε (10)
∂t ∂x ∂y ∂z ∂z  ∂z   ∂z   ∂z   ρ0 ∂z
3
2
E
ε = cε le terme de dissipation d’énergie et cε = 0.7. Où lε est une échelle de longueur

caractéristique de dissipation. lk et lε sont déterminées suivant le calcul de Gaspar et al.(1990) .

2
2-
2 -3
-33...C
Coonnddiittiioonnss aauuxx lliim
C miitteess
En surface comme au fond l’hypothèse d’égalité des termes de production et de dissipation est faite.
Ce qui revient à écrire que :
τ
• E= en z=η et en z = -h pour l’énergie cinétique turbulente (où τ est la
ρ0 Cε CK
tension de cisaillement soit au fond soit en surface)
∂T ∂S
• = 0 et K = 0 en z=η et en z =-h pour la température et la salinité
K
∂z ∂z
ρ ρ ρ
La tension de surface due au vent crée une contrainte telle que : τ surf = ρ 0air C10 V10 V10
Avec :
ρ
• ρ 0air la masse volumique de l’air et V10 la vitesse du vent à 10 m
• C10 = (0.8 + 0.065 V10 ).10 −3 (Wu, 1986) le coefficient de traînée à 10 m
ρ ρ ρ
La tension de fond est quant à elle donnée par : τ b = ρ 0C d Vb Vb
Avec :
ρ
• Vb la vitesse calculée au premier niveau de grille prés du fond à une hauteur z1 du fond
• C d le coefficient de traînée de fond

Aux frontières latérales, la composante normale de la vitesse est nulle si la frontière est fermée.
Aux frontières latérales ouvertes, il faut alors résoudre :

x=xob, y=0 x=xob, y=yob Frontières ouvertes (open boundaries).


L’indice ob représente les valeurs des variables
à ces frontières calculées à plus grande échelle
x=0, y=0 x=0, y=yob pour une imbrication de grilles.

Figure 7 : Représentation schématique du domaine et de ces frontières ouvertes.

9
g en x=0 g
u − uob = −(η −ηob ) u − uob = +(η−ηob) en x=xob
H H (11)
g
v − vob = − (η − η ob )
g en y=0 v − vob = +(η−ηob) en y=yob
H H

∂H(v −vob) ∂(v'−v'ob) ∂(u'−u'ob )


avec = 0, = 0, = 0 en x=0 et en x=xob
∂x ∂x ∂x
∂H(u −uob) ∂(u'−u'ob ) ∂(v'−v'ob )
et =0, =0, = 0 en y=0 et en y=yob
∂y ∂y ∂y
Pour la température et la salinité les conditions limites sont inscrites dans le schéma
d’advection (Ulses, 2002).

33 –– CCoonnddiittiioonnss dd’’uuttiilliissaattiioonn dduu m


mooddèèllee
3
3-
3 -1
-11...IIIm
mbbrriiccaattiioonn ddee ggrriillleess
La principale difficulté rencontrée pour la modélisation du golfe d’Aigues-Mortes est la pauvreté de
la bibliographie et des données (mesures et simulations) concernant cette zone géographique.
Il était donc impossible de réaliser des simulations avec des forçages réalistes par manque de données
de vent, de courant, de salinité et de température.
Pour palier à ce manque il a fallu recourir au procédé d’imbrication de grilles afin de pouvoir générer
les courants à grande échelle qui forcent la zone étudiée.
Une triple imbrication a été réalisée afin de pouvoir simuler d’une part la circulation grande échelle
et particulièrement le courant Liguro – Provençal sur la première grille (grille « grande échelle »), la
circulation sur le plateau du golfe du Lion (grille « plateau ») et finalement les courants de petite
échelle dans le golfe d’Aigues-Mortes (grille « golfe d’Aigues-Mortes »).

Plateau

golfe d’Aigues-Mortes

Grande échelle

Figure 8 :Imbrication des trois grilles utilisées dans SYMPHONIE et représentation de la


bathymétrie.

Le principe de création des grilles ainsi que de l’interpolation utilisée par SYMPHONIE est décrit
dans le rapport de DEA de Caroline Ulses (2002).

10
3
3-
3 -2
-22... GGrriillllee «« ggrraannddee éécchheellllee »»
333---222...111...C
Caaarrrccctttééérrriiissstttiiiqqquuueeesss dddeee lllaaa gggrrriiilllllleee
C

Suivant x 124
Taille de la grille
Suivant y 74

Suivant x 3 km
Résolution
Suivant y 3 km

Type Sigma
Coordonnées en z
Niveaux 26

Mercator
Projection - rotation de la grille
31°

Latitude 40.
Origine de la
grille
Longitude 3.5

Figure 9 : Bathymétrie de la grille « grande échelle »


333---222...222...F
Fooorrrçççaaagggeeesss
F
Ø Initialisation de la circulation générale :
Afin d’initialiser correctement le modèle sur ce domaine il a fallu générer la circulation générale c’est
à dire le courant Liguro -Provencal et l’introduire en tant que forçage.
Le procédé utilisé afin de réaliser ce forçage est l’aboutissement des études menées sur l’initialisation
des modèles à surface libre (Auclair et al., 2000 ; Estournel et al., 2003).
La base de cette théorie repose sur la résolution des équations régissant la fonction de courant définie
par ψ telle que :U = − ∂ ψ et V = ∂ ψ représentent le transport suivant x et y.
∂y ∂x
En intégrant sur la verticale les équations primitives et en négligeant les termes d’advection une
solution stationnaire est donnée par le système :
∂ψ ∂η τ sx −τ bx ∂ ∂  1 ∂ψ  ∂ ∂  1 ∂ψ   (12)
−f = −gR + − H  Kh   + Kh  
∂x ∂x ρ0  ∂x ∂x  H ∂y  ∂y ∂y  H ∂y  
(13)

11
∂ψ ∂η τ sy − τ by ∂ ∂  1 ∂ψ  ∂ ∂  1 ∂ψ 
−f = − gR + + H  Kh   + Kh  
∂y ∂y ρ0  ∂x ∂x  H ∂x  ∂y ∂y  H ∂x 

Avec :
• ∇ P ( z ) = R ( z )∇PS le gradient de pression où ∇ PS est le gradient de pression de surface et
ρ ( z ) − ρ ( zref ) avec zref une hauteur de référence .
R ( z) =
ρ ( 0 ) − ρ ( zref )
0
• R = ∫ R ( z ) dz
−H

• τ bx = ρ 0C d ub et τ by = ρ 0 C d vb les tensions au fond suivant x et y respectivement, avec


R ( − H ) ∂ψ , R ( − H ) ∂ψ
ub = − vb = et Cd le coefficient de traînée au fond.
R ∂y R ∂x
La solution de ψ obtenue en résolvant ces équations permet alors de définir les transports de la
circulation générale ainsi que l’élévation de la surface libre (cf. figure(10)). Une description plus
complète se trouve dans Estournel et al. (2003) et Auclair et al. (2003).

Figure 10 : Transport et élévation –initialisation du courant Liguro-Provençal


Ø Prise en compte des fleuves :
Le golfe du Lion subit l’influence de 5 fleuves majeurs dont il faut tenir compte afin de
forcer la grille « grande échelle ».Les données de salinité et de température ainsi que le débit
doivent être précisés pour chacun des fleuves :
• Le Grand Rhône : Débit : 1000 m3/s
Salinité : 0
Température à la source :14 °C
• Le Petit Rhône : Débit : 100 m3/s
Salinité : 0
Température à la source :14 °C
• L’ Hérault : Débit : 50 m3/s
Salinité : 0
Température à la source :15 °C
• L’ Orb : Débit : 50 m3/s
Salinité : 0
Température à la source :15 °C
• L’ Aude : Débit : 50 m3/s
Salinité : 0
Température à l a source :15 °C
Ces données représentent les conditions caractéristiques en hiver pour ces 5 fleuves.

3
3-
3 -3
-33... GGrriilllee «« ppllaatteeaauu »»
333---333...111...C
Caaarrrccctttééérrriiissstttiiiqqquuueeesss dddeee lllaaa gggrrriiilllllleee
C

12
Taille de la Suivant x 212
grille
Suivant y 87
Suivant x 1 km
Résolution
Suivant y 1 km

Type Sigma
Coordonnées
en z
Niveaux 26

Projection - rotation de la Mercator


grille 31°
Latitude 42.3
Origine de la
grille
Longitude 3.2

Figure 11 : Bathymétrie de la grille « plateau »


333---333...222...F
Fooorrrçççaaagggeeesss
F
Les forçages par les fleuves sont identiques à ceux de la grille grande échelle. Par contre cette grille est
initialisée et forcée toutes les trois heures par les données de vitesse, de transport, de salinité et
d’élévation de la surface libre provenant de la grille « grande échelle » et interpolées sur cette grille.

3
3-
3 -4
-44.. GGrriilllee «« ggoollffee dd’’A
Aiigguueess--M
Moorrtteess »»
Caaarrrccctttééérrriiissstttiiiqqquuueeesss dddeee lllaaa gggrrriiilllllleee
333---444...111...C
C

13
Suivant x 90
Taille de la
grille Suivant y 71

Suivant x 500 m
Résolution
Suivant y 500 m

Type Sigma
Coordonnées
en z
Niveaux 10

Projection - rotation de la Mercator


grille 0°

Latitude 43.25
Origine de la
grille
Longitude 3.66

Figure 12 : Bathymétrie grille


« golfe d’Aigues-Mortes »

333---444...222...F
Fooorrrçççaaagggeeesss
F
Le golfe d’Aigues-Mortes subit l’influence de 2 fleuves dont il faut tenir compte afin de forcer la grille
« golfe d’Aigues-Mortes ».
Les données de salinité et de température ainsi que le débit doivent être précisés pour chacun des
fleuves :
• Le Vidourle : Débit : 8 m3/s
Salinité : 0
Température à la source :14 °C
• Le Lez : Débit : 2 m3/s
Salinité : 0
Température à la source :14 °C

Les renseignements sur le débit des fleuves proviennent d’études menées par la DIREN Languedoc-
Roussillon et représentent la moyenne des débits à l’embouchure en hiver sur la période de 1999 à
2002.

14
De plus cette grille est initialisée et forcée aux frontières toutes les trois heures par les données de
vitesse, de transport, de salinité et d’élévation de la surface libre provenant de la grille « plateau » et
interpolées sur cette grille.

CCH
HAAPPIIT
TRREE IIIIII :: LLee m
mooddèèllee ddee pprrooppaaggaattiioonn ddee llaa hhoouullee RREEFFD
DIIFF
11 –– M
Miissee eenn ppllaaccee dduu pprroobbllèèm
mee
La modélisation de la houle en profondeur finie, c’est à dire quand l’onde « voit » le fond, doit tenir
compte des variations de la bathymétrie qui engendrent d’une part de l’atténuation et des
changements de direction de propagation de la houle et d’autre part de la réflexion et du shoaling.
∇ h
 h 
Les variations de la profondeur sont caractérisées par le paramètre m tel que: m = Ο 
 kh 
 
Avec :
• h = h( x, y) la profondeur d’eau
 ∂h ∂h 
• ∇ h h =  ,  le gradient horizontal de h
 ∂x ∂y 
• k = k (x, y ) le nombre d’onde de la houle

Ø Lorsque les variations de bathymétrie sont très faibles, m << 1 , les seuls phénomènes
observés sont la réfraction et le shoaling.
Ø Lorsque ces variations sont plus importantes mais restent faibles, il faut aussi tenir
compte, en plus des phénomènes précédents, de la diffraction de la houle.
Ø Lorsqu’il y a de brusques variations alors la réflexion entre en jeu.

En zone côtière et pré-littorale la condition m << 1 est rarement vérifiée. En zone littorale et d’avant
côte elle l’est encore moins sauf dans certains cas (plages sableuses de faible pente, baies fermées,
etc.).
REFDIF est un modèle de propagation de la houle, développé par le CACR, Center of Apllied Coastal
Research, Delaware, USA (Kirby & Dalrymple, 1983 ; Kirby, 1995) qui tient compte de la réfraction,
de la diffraction et du shoaling de la houle sur fonds lentement variables. Par contre REFDIF ne tient
pas compte de la réflexion de la houle, et ne modélise pas correctement la propagation de la houle en
zone de déferlement.

22 –– LLee m DIIFF
mooddèèllee RREEFFD
2
2-
2 -1
-1 Hyyppootthhéésseess
1..H
L’utilisation de REFDIF impose le respect de certaines hypothèses imposées par les équations du
modèle .
La première hypothèse porte sur l’équation fondamentale de modélisation de la houle par REFDIF.
Le modèle prend en compte les effets non linéaires limités au troisième ordre puisqu’il génère des
Houles de Stokes du troisième ordre en profondeur finie qui se propagent initialement suivant l’axe
des x.
La déformée de la surface libre générée par ce type de houle est de la forme :
( ) ( ) ( )
η ( x , y , t ) = Ae
i kx − σ t 2 i kx − σ t 3 i kx − σ t
+ α 2 A2e + α 3 A 3e (14)

15
Avec : • k nombre d’onde de la houle, propagation initiale suivant x
• A = A( x, y ) amplitude complexe de la houle
• α2 , α 3 coefficients des ordres supérieurs
• σ pulsation intrinsèque ou propre de la houle

La deuxième hypothèse est la prise en compte par le modèle des courants.REFDIF permet
d’introduire dans ces équations les courants marins moyens issus de la circulation générale dans les
ρ
océans. Ces courants sont notés : U = (U , V ) suivant x et y
Houle du troisième ordre

ρ λ=

U k

h( x, y) Fond faiblement variable

Figure 13 : Représentation schématique des variables utilisées dans les équations où


h( x , y) est la profondeur et λ la longueur d’onde.

2
2-
2 -2
-22..LLeess ééqquuaattiioonnss dduu m
mooddèèllee
222---222...111...LLLeee m mooodddèèèllleee
m nnnooonnn llliiinnnéééaaaiiirrreee dddeee rrréééfffrrraaaccctttiiiooonnn dddiiiffffffrrraaaccctttiiiooonnn aaavvveeeccc
iiinnntttrrroooddduuuccctttiiiooonnn dddeeesss cccooouuurrraaannntttsss

Sous les hypothèses définies précédemment l’équation de Berkhoff (« mild-slope equation »)


linéaire (Berkhoff, 1972), sous sa forme parabolique (Radder, 1979), qui modélise la réfraction et la
diffraction sur les fonds lentement variables a été modifiée afin d’introduire :
Ø les effets non linéaires de la houle de Stokes de troisième ordre (Kirby & Dalrymple, 1983)
Ø les effets du courant (Booij, 1981 ; Kirby & Dalrymple, 1984)
L’équation ainsi obtenue s’écrit :
σ  ∂ Cg +U  ∂  V 
(C +U )∂ A +V
∂A
+ i ( k − k ) (C + U )A +    +   A
∂x ∂y 2  ∂x σ ∂ y  σ 
g g
  (15)
i ∂  ∂A  k2
−  ( p − V 2
)  − σ D A2 A = 0
2σ ∂ y  ∂y  2

Cependant pour définir la relation de dispersion, le modèle n’utilise pas une houle de Stokes de
troisième ordre (Mei,1989 ).
En effet le modèle considère que la houle de Stokes peut être approximée par une houle de Gerstner
linéaire et la relation de dispersion s’écrit alors : σ 2 = gk th ( kh )
Avec :
• p = Cg C
• C g = C 1 + 2 kh  la vitesse de groupe de la houle
2  sh ( 2 kh ) 
• C = g th ( kh ) la célérité de la houle
k
• k la moyenne suivant y du nombre d’onde

16
D= (ch (4 kh ) + 84− 2th ( kh ) ) l’apport du terme non linéaire
2

8 sh kh
• σ = ω − kU et ω la fréquence de la houle
2
Toutefois si le nombre d’ Ursell U = HL3 (H : longueur verticale caractéristique et L : longueur
h
horizontale caractéristique) qui permet de mesurer la non linéarité de la houle est supérieur à 40 alors
une modification de l’équation de dispersion permet de réduire l’erreur commise par
l’approximation linéaire (Hedges, 1976) : σ A
2
= gk th ( kh ( 1 + ))
h
Cette modification permet donc de travailler avec des houles ne pouvant être approximées par une
houle de Gestner linéaire.
Finalement dans le modèle, une dernière modification a été apportée à l’équation de Berkhoff afin
d’augmenter l’angle de propagation de la houle par rapport à la direction d’incidence des houles
entrantes (Kirby & Dalrymple,1986) .

L’équation finale du modèle s’écrit alors : ℑ( A, U , V ) = 0


 σ ∂  C g + U  ∂  V  
(C +U )∂A − 2 ∆ V
∂A
+ i ( k − a 0 k ) (C g + U )A +  

 − ∆ 1σ
  A
∂x ∂y  2 ∂ x  σ ∂ y  σ  
g 1

∂  ∂  A   ∂  ∂  A  ∂  ∂  A 
+ i∆ ' (p − V 2)   − i∆ 1  UV ∂ y  σ   + ∂ y UV ∂ x  σ   
∂ y  ∂ y  σ    ∂ x      
    ∂  A  
ik σ ∂
(
∂  A ∂
)
2 2
b
+ D A A− 1  p −V 2   + 2i  σ V   
2

2 k  ∂x∂y   ∂y  σ  ∂x  ∂ y  σ    (16)
 ∂  A ∂  A ∂  A ∂ 
( ) ∂∂y  σA   
2
+ β b1  2 i ω U   + 2 iV σ   − 2 UV  + p−V 2

 ∂ x  σ  ∂ y  σ  ∂ x ∂ y  σ  ∂ y   
i  ∂ ∂ 
− b1  (ω V ) + 3 (ω U ) ∂  A  − ∆ 2 ω U ∂  A  + 1 ω ∂ U  A  
k  ∂y ∂x  ∂x  σ   ∂x  σ  2 ∂x  σ 
A
+ ik ω U ( a 0 − 1 ) = 0
σ

La relation de dispersion linéaire ou modifiée par Hedges est quand à elle inchangée et reste valable
quel que soit l’angle d’incidence de la houle.
Avec :
• β = 1 ∂k + 1 ∂
(k ( p − U 2 ) )
k 2
∂x 2 k 2 ( p − U 2 ) ∂x
• ∆1 = a1 − b1
• ∆ 2 = 1 + 2a1 − 2b1
k
• ∆ ' = a 1 − b1
k
a0 , a1 , b1 sont des coefficients empiriques tels que : a 0 =0.994733, a 1 =-0.890065, b 1 =-0.451641
Ils permettent d’obtenir de bons résultats pour des ondes diffractées jusqu’à 70° par rapport à la
direction de la houle incidente (Kirby and Dalrymple,1986) .
Le modèle REFDIF est donc basé sur cette dernière équation afin de calculer les phénomènes de
réfraction - diffractions générés par une structure non réflective de pente faiblement variable.

mooodddèèèllleee dddeee dddiiissssssiiipppaaatttiiiooonnn


222---222...222...LLLeee m
m

Les effets de l’ atténuation de la houle (Booij, 1981 ; Dalrymple et al., 1984) sont donnés par l’ajout,
dans l’équation finale du modèle, du terme : ϖ A
2
L’équation finale s’écrit alors : ℑ ( A ,U ,V ) + ϖ A = 0
2

17
Le facteur de dissipation ϖ qui modélise la dissipation d’énergie représente le rapport de l’énergie
dissipée sur l’énergie totale et s’exprime en s −1 .
Pour modéliser le facteur de dissipation il est nécessaire de tenir compte de quatre phénomènes
naturels :

Ø Les frottements visqueux à l’interface air-eau et eau-sédiments :


A l’interface air-eau, la différence de viscosité entre les deux milieux engendre une couche limite qui
dissipe la houle .
De même à l’interface eau-fond, en considérant que les particules les plus superficielles constituent un
milieu saturé en eau ayant un comportement visqueux à caractère dissipatif, une couche limite est
aussi présente.
Le facteur de dissipation ainsi créé ϖ visqueux suit les lois (Phillips,1966) :

ν ν
σk (1 − i) 2σ k (1 − i )
2σ 2σ (17) et (18)
En surface : ϖ S −visqueux = Au fond : ϖ B − visqueux =
th(kh) sh(2kh )
Avec : ν la viscosité cinématique

Ø La porosité des sédiments :


Les fonds marins étant majoritairement constitués de matériaux granulaires poreux, lors du passage de
la houle il peut se créer un flux dissipatif.
gkC P (1 − i )
Dans ce cas ϖ poreux est alors tel que (Kirby & Dalrymple,1992) : ϖ poreux = (19)
ch 2 (kh)
Avec : C P le coefficient de perméabilité (m2), et C P = 4.5 10-11 m2

Ø La turbulence dans une couche limite à l’interface eau-sédiment :


Le facteur de dissipation qui tient compte de la turbulence s’exprime comme suit (Dean & Dalrymple,
2σkf A (1 − i )
1984 ; Kirby & Dalrymple,1992) : ϖ turb = (20)
3πsh(2kh )sh(kh)

Avec : f le facteur de friction de Darcy-Weisbach, et f=0.01

Ø Le déferlement de la houle :
La modélisation du comportement de la houle par REFDIF n’est possible qu’hors de la zone de
déferlement.
Cependant lorsque la houle déferle le facteur de dissipation est modifié et se modélise par (Dally et
al., 1985 ; Kirby & Dalrymple, 1986) :
 2

KC  1 −  γ h   (21)
g
  H  
ϖ = 
def
h
Avec :
• K = 0.017 constante empirique (Dally & al., 1985 )
• γ = 0.4 constante empirique (Dally & al., 1985 )
• H= 2 A la hauteur de vague
Le critère de déferlement utilisé par REFDIF est (Fredsoe & Deigaard, 1992) : H B ≥ 0.78hB (22)

La dissipation globale de la houle peut alors s’exprimer par la somme de toutes ou partie des lois de
dissipation qui viennent d’être présentées.
La dissipation liée au déferlement est toujours prise en compte alors que le choix entre les autres
formes de dissipation est géré par l’utilisateur dans le modèle REFDIF.

18
En ce qui concerne le choix parmis les lois de dissipation et la sensibilité du modèle à ces dernières,
une étude complète a été réalisée par Frédéric Bouchette (2001).
Il apparaît dans cette étude que si tous les facteurs de dissipation sont pris en compte alors le point de
déferlement des vagues est retardé au maximum. C’est le cas de figure envisagé dans notre étude.

33 –– LLiim
miittaattiioonnss ddee RREEFFD
DIIFF
Dans le cadre d’une utilisation hors zone de déferlement et sans réflexion, les seules contraintes et
limitations imposées à l’utilisateur sont d’ordre numérique.
D’une part, la taille des mailles de la grille de calcul de REFDIF doit être assez fine pour permettre
d’avoir 5 points de calcul par longueur d’onde de houle.
D’autre part, l’utilisateur doit tenir compte du fait que l’introduction d’un angle de houle par rapport à
la grille de calcul génère de nombreux artéfacts numériques sur les bords du domaine et donc réduit la
zone dans laquelle le modèle sort des résultats valides.

Grille REFDIF

Propagation
de la houle
a
Figure 14 : Introduction d’un angle α de propagation de la houle dans le modèle

Afin de visualiser ces artéfacts, des simulations par REFDIF ont été réalisées avec une houle
incidente dans l’axe des x de la grille et pour une houle formant un angle de 15° par rapport au
domaine. Les résultats ainsi obtenus sont montrés figure (15).
C’est pourquoi toutes les simulations réalisées ultérieurement ont utilisées des grilles inclinées dans le
sens de propagation de la houle afin de s’absoudre des problèmes engendrés par l’introduction d’un
courant de houle.

Ancienne Grille
Nouvelle grille
REFDIF Propagation
Propagation de la houle
de la houle
a
Figure 15 : Inclinaison des grilles REFDIF en fonction de la direction de la houle

19
Zone où le calcul
est valable
Propagation
de la houle

Propagation
de la houle

Figure 16 : Hauteur de la houle pour une houle se propageant sans angle (figure de gauche)
Hauteur de houle pour une houle se propageant suivant un angle de 15° (figure de droite)
Une houle inclinée provoque une zone de réflexion (à gauche de la figure de droite) et une zone
d’ombre (à droite). Par conséquent et pour éviter ces artéfacts les grilles de calcul seront
systématiquement inclinées dans l’axe de la houle incidente.
CCH
HAAPPIIT
TRREE IIV
V :: EEttuuddee ddee sseennssiibbiilliittéé ssuurr lleess ddeeuuxx m
mooddèèlleess
AA--SSiim muullaattiioonn ddeess ccoouurraannttss ddee cciirrccuullaattiioonn ggéénnéérraallee ddaannss llee ggoollffee
dd’’A
Aiigguueess--MMoorrtteess
A
A11 –– LLeess ssiim
muullaattiioonnss rrééaalliissééeess
Selon les conditions d’utilisation exposées dans la partie présentation du modèle SYMPHONIE,
plusieurs simulations ont été réalisées avec différents scenarii de vent.
Voici le tableau récapitulatif de toutes les simulations effectuées avec le modèle SYMPHONIE seul :

Simulation Direction du vent Tous les vents générés pour ces simulations avaient une
1 tension de 0.3 N/m2 ce qui représente une vitesse
Vent d’est
d’environ 11 m/s.
2 Vent de sud De plus sur le domaine « Golfe d’Aigues-Mortes » le
3 Vent d’ouest vent souffle uniformément durant 48h et des sorties
graphiques sont réalisées toutes les 3h.
4 Vent de nord Le trajet de 10 bouées (5 en surface et 5 sur le fond) a été
5 Vent de nord-ouest simulé durant ces 48h afin d’avoir une meilleur idée des
6 trajectoires lagrangiennes des particules.
Vent de sud-ouest
7 Vent de nord-est
8 Vent de sud-est
9 Pas de vent

A22 –– EEttuuddee ddee sseennssiibbiilliittéé aauu vveenntt


A
A
A2
A 2-
2--11..PPrréésseennttaattiioonn ddeess rrééssuullttaattss ( cf. figures (17) à (21) )

20
Les résultats des simulations réalisées afin d’étudier la sensibilité au vent du domaine n’ont pas tous
pu être présentés ici pour des raisons évidentes de gain de place. Cependant il est à noter que l’état
initial des simulations (seulement présenté pour les courants de surface dans cette étude) représente en
fait les résultats de la grille « plateau » (couvrant l’ensemble du golfe du Lion) interpolés sur la grille
« golfe d’Aigues-Mortes ». Ces situations initiales sont donc les forçages grande échelle du domaine.
Il est toutefois bon de noter que ces forçages sont parfois peu réalistes et engendrent des structures
totalement fictives à cause des interpolations nécessaire au passage entre le domaine « plateau » et le
domaine « golfe d’Aigues-Mortes ». Par contre ils donnent la tendance générale des grands
phénomènes engendrés par les vents et permettent l’initialisation des conditions sur le petit domaine
qui commence à modéliser les effets des vents deux jours plus tard que le domaine « plateau ».
15/02/00 17/02/00 19/02/00 21/02/00

Début Début Début Fins des


simulation simulation simulation simulations
« grande « plateau » « golfe
échelle » d’Aigues-
Mortes »

De plus au bout d’un jour, les simulations « golfe d’Aigues-Mortes » atteignent un état quasi
stationnaire. Nous allons donc commenter les résultats lorsque cet état est atteint.
Il faut aussi noter que les coordonnées données en longitude sur les figures ne sont pas correctes. En
raison d’ une erreur de conversion des coordonnées (i, j) en coordonnées (Longitude, Latitude)
commise par SYMPHONIE. Les coordonnées réelles sont données par le logiciel de visualisation
GMT lors du traitement des résultats de REFDIF.

21
Figure 17 : COURANTS DE SURFACE A L’ETAT INITIAL

VENT NORD OUEST VENT NORD EST VENT SUD EST

VENT SUD OUEST VENT SUD VENT NORD

L’échelle de couleur représente l’intensité des courants en m/s et les vecteurs leur direction.

22
VENT OUEST VENT EST CALME

Vent Nord-Ouest : Configuration de Tramontane. Présence d’un jet côtier en direction de l’est qui atteint 0.5 m/s à partir de la pointe de l’Espiguette et
s’accélère en direction de l’est. De plus les courants les plus importants sont localisés sur une « ceinture bathymétrique » s’étendant entre –70m et –20m de
profondeur. Présence d’un flux allant du sud-ouest vers le nord-est mais de moindre importance par rapport au jet (0.4m/s). La dérive générale suit donc la
bathymétrie tout en s’accélérant vers l’est. Dans cette configuration la côte est relativement protégée des vitesses de surface. Le fond du golfe est protégé.
Vent Nord-Est : Configuration de Mistral. La dérive vers l’Ouest est totalement inversée par rapport au cas précédent ; elle se situe à la côte qui n’est plus
protégée et subit de fortes vitesses (0.4 m/s) . Il n’y a plus de « ceinture bathymétrique » et les courants s’accélèrent à partir du plateau de Frontignan sur une
zone comprise entre la côte et –35 m de profondeur. Ceci est du à l’effet de la force de Coriolis qui, quand le courant laisse la côte à sa droite, a tendance à
s’en approcher et qui, quand le courant laisse la côte à sa gauche, a tendance à s’en éloigner. Par contre le fond du golfe est toujours protégé.
Vent Sud-Est : Il y a aussi une dérive vers l’Ouest dans ce cas de figure par contre les vitesses les plus importantes sont sur une « ceinture bathymétrique »
comprise entre la côte et –50m. Le fond du golfe reste protégé.
Vent Sud-Ouest : Dérive vers le Nord-Est entre Sète et Carnon. Les courants sont de l’ordre de 0.4 m/s et sont situées entre la côte et –30 m de profondeur. De
Carnon à l’Espiguette, les vitesses à la côte sont très faibles puis il y a de nouveau une petite accélération vers l’est à la sortie du fond du golfe qui lui reste
protégé.
Vent Sud : Dérive de direction Ouest, Nord-Ouest qui laisse toute la côte à l’ouest de Carnon protégée et qui présente une zone de fortes vitesses sur la côte à
l’est de l’Espiguette. Le fond du golfe est toujours protégé.
Vent Nord : Dérive de Sud-Est localisée sur la côte à l’est de l’Espiguette qui atteint jusqu’à 0.45 m/s.
Vent Ouest :Dérive générale vers l’Est. Présence d’une « ceinture bathymétrique » entre –30 m –50 m où se situe les vitesses les plus fortes (0.5 m/s).
Vent Est : Dérive générale vers l’Ouest. Présence d’une « ceinture bathymétrique » entre la côte et –40 m où se situe les vitesses les plus fortes (0.5 m/s).
Calme : Pas de courant sauf au niveau de la pointe de l’Espiguette où les vitesses atteignent 0.2m/s.

23
Figure 18 : COURANTS DE SURFACE A L’ETAT QUASI STATIONNAIRE

VENT NORD OUEST VENT NORD EST VENT SUD EST

VENT SUD OUEST VENT SUD VENT NORD

L’échelle de couleur représente l’intensité des courants en m/s et les vecteurs leur direction.

24
VENT OUEST VENT EST CALME

Vent Nord-Ouest : On retrouve la même configuration des courants de surface qu’à l’état initial, par contre d’une part les courants allant à l’Est se sont
accélérés ( jet côtier en direction de l’Est jusqu’à 0.8 m/s ) et d’autre part les courants proche de la côte sont plus faibles (0.25 m/s). Le fond du golfe quant à
lui n’est plus protégé et subit l’influence de vitesses allant jusqu’à 0.4m/s .
Vent Nord-Est : On retrouve encore la même configuration qu’à l’état initial. La dérive vers l’Ouest s’est accélérée par rapport à l’état initial (0.5 m/s) et les
vitesses les plus importantes sont maintenant localisées sur le plateau de Frontignan. Par contre le fond du golfe subit encore moins l’influence des courants
qu’à l’état initial.
Vent Sud-Est : La dérive vers l’Ouest est plus marquée qu’à l’état initial, par contre les vitesses n’ont pas réellement augmenté. Sinon la répartition des vitesses
reste identique à celle de l’état initial. Le fond du golfe n’est plus protégé mais présente de faibles courants ( 0.2 à 0.3 m/s).
Vent Sud-Ouest : Par rapport à l’état initial les vitesses les plus importantes de la dérive vers le Nord-Est sont maintenant plus localisées et se situent sur le
plateau de Frontignan. Il s’est aussi formé une dérive vers le large. En effet, après le plateau, la direction du courant est scindé en deux pour créer une dérive
vers le large et une dérive vers le Nord-Est. Le fond du golfe n’est plus totalement protégé et subit même de fortes courants à sa sortie (0.5m/s).
Vent Sud : Dans ce cas de figure l’état quasi stationnaire n’a plus rien à voir avec l’état initial. En effet, toute la côte Est jusqu’à l’Espiguette subit une dérive de
Nord-Ouest alors que dans la zone du plateau de Frontignan la dérive est de Nord-Est. Il existe donc à la côte une zone de convergence des vitesses au niveau
de Carnon . De plus une troisième dérive allant globalement vers l’Ouest et suivant l’isobathe –50 m s’est formée. Le golfe n’est pas vraiment protégé.
Vent Nord : Là aussi la configuration a beaucoup changé par rapport à l’état stationnaire. A l’inverse d’un vent Sud il y a une zone de divergence des vitesses :
à l’ouest de Carnon la dérive est de direction Sud-Ouest tandis qu’à l’Est sa direction est Sud-Est. La troisième dérive est dirigée vers l’Est.
Vent Ouest :La dérive générale vers l’Est s’est accélérée par rapport à l’état initial (0.6 m/s).
Vent Est : La dérive générale vers l’Ouest a très peu évolué par rapport à l’état initial . L’accélération des courants sur le plateau de Frontignan est plus
marquée.
Calme : Pas de courants sauf à la sortie des deux fleuves et sur le plateau de Frontignan (0.3 m/s).

25
Figure 19 : COURANT DE FOND A L’ETAT QUASI STATIONNAIRE

VENT NORD OUEST VENT NORD EST VENT SUD EST

VENT SUD OUEST VENT SUD VENT NORD

L’échelle de couleur représente l’intensité des courants en m/s et les vecteurs leur direction.

26
VENT OUEST VENT EST CALME

Vent Nord-Ouest : Convergence de deux courants (vitesse : 0.15 m/s) au niveau du plateau de Frontignan qui lui reste protégé : c‘est un UPWELLING.
Sur toute la partie Est à partir de l’Espiguette, il y a une dérive vers l’Est (vitesse : 0.25 m/s) située entre les isobathes –10m et –30m. Le fond du golfe est une
zone protégée. En surface la dérive était globalement vers l’Est ce qui semble montrer que la répartition des vitesses sur la colonne d’eau est homogène sur toute
la partie Est. Par contre, au niveau du plateau, les dérives sont probablement des courants de retour . Le fond du golfe est protégé.
Vent Nord-Est : On observe une dérive littorale (0.2 m/s) vers le Sud-Ouest des courants de fond tout comme à la côte. En effet lorsque les vents soufflent
parallèlement à la côte alors la structure verticale des vitesses est homogène : c’est la structure des jets côtiers. Le fond du golfe est protégé.
Vent Sud-Est : De la même manière que précédemment, il y a un jet côtier vers le Sud-Ouest (0.25 m/s au fond) ce qui signifie que la structure des vitesses en
surface reste identique au fond. Le plateau de Frontignan ainsi que le fond du golfe sont des zones protégées. Le fond du golfe est protégé.
Vent Sud-Ouest : Jet côtier vers le Nord-Est (0.15 m/s au fond). De plus il y a une zone de convergence des courants (0.1 m/s) au large de Carnon qui
correspond à la dérive vers le large en surface : c’est un DOWNWELLING. Le fond du golfe est protégé.
Vent Sud : Sur la partie Est du domaine (à partir de l’Espiguette) : dérive vers l’Ouest (0.18 m/s) qui colle à la côte. Sur la partie Ouest du domaine (à partir de
Carnon) dérive vers le Nord-Ouest (0.18 m/s) qui est opposée à la dérive côtière de surface vers le Sud-Est mais se situe sur l’isobathe –20 m .
Vent Nord : Sur la partie Est du domaine (à partir de l’Espiguette) : dérive vers l’Est (0.2 m/s) qui colle à la côte. Sur la partie Ouest du domaine(à partir de
Carnon) dérive vers le Sud-Est (0.2 m/s) qui est opposée à la dérive côtière de surface vers le Nord-Ouest mais se situe sur l’isobathe –30 m .
Vent Ouest : Dérive vers l’Est (0.2 m/s)qui suit la « ceinture bathymétrique » comprise entre la côte et –30 m de profondeur et qui correspond grossièrement à
celle de surface. Le fond du golfe est protégé.
Vent Est : Dérive vers l’Ouest (0.2 m/s) beaucoup plus marquée sur la partie ouest du domaine (à partir de Carnon) et accélérée (0.25 m/s)sur la plateau de
Frontignan. Le fond du golfe est protégé ainsi que la zone comprise entre la pointe de l’Espiguette et Carnon.
Calme : Peu de courants de fond qui restent extrêmement faibles (au plus 0.045 m/s)

27
Figure 20 : ELEVATION ET TRANSPORT A L’ETAT QUASI STATIONNAIRE

VENT NORD OUEST VENT NORD EST VENT SUD EST

VENT SUD OUEST VENT SUD VENT NORD

L’échelle de couleur représente l’élévation de la surface libre en cm/s et les vecteurs la direction des transports : représente

28
VENT OUEST VENT EST CALME

Vent Nord-Ouest : L’élévation se fait au large (8 cm). La côte subit globalement, sous l’effet de l’Upwelling, une diminution de la surface libre (set-down de -
4 cm) sauf au fond du golfe qui lui s’élève de 3 cm . Les transports se font globalement vers l’Est.
Vent Nord-Est : Elévation à la côte (set-up de 11 cm) , localisée sur le plateau de Frontignan et due à l’accident bathymétrique que représente cette zone. Le
fond du golfe est protégé et est la seule zone qui ne subit pas d’élévation. Les transports ne sont pas très marqués.
Vent Sud-Est : Elévation générale à la côte ( set-up de 20cm) et transport vers l’Ouest. Remarque : ce cas de figure favorise de fortes inondations lorsqu’il y a
de fortes intempéries. En effet, puisque l’arrière côte est formée d’étangs et de lagunes juste au niveau de la mer, de fortes pluies conjuguées à l’élévation de la
surface libre vont créent des inondations importantes (septembre 2002).
Vent Sud-Ouest : Elévation à la côte ( jusqu’à 16 cm et en moyenne de 7cm) particulièrement marquée sur toute la partie Est du domaine à partir de Carnon et
plus spécifiquement sur la côte du fond du golfe (14 cm). Les transports les plus importants vont vers le large.
Vent Sud : Forte élévation à la côte (20 cm) sur toute la partie Est du domaine (à partir de Carnon). Les transports se font globalement vers le Nord-Ouest.
Moins fréquents que les vents de Sud-Est, ils sont également susceptibles de provoquer de fortes inondations.
Vent Nord : Le fond du golfe subit une diminution de sa surface libre : set-down de -2 cm. Les transports globalement dirigés vers l’Est suivent l’isobathe –30
m.
Vent Ouest : Entre l’élévation marquée (14 cm) sur la côte du fond du golfe et l’élévation non négligeable (8 cm) au large, il y a une zone qui ne subit pas
d’élévation voir même qui est soumise à la côte à un set-down (-2 cm). Les transports se font globalement vers le Nord-Est.
Vent Est :Forte élévation à la côte (set-up jusqu’à 20 cm) et transports globalement dirigés vers le Nord-Ouest.
Calme : Les différences de pression dues aux accidents bathymétriques, tels le plateau de Frontignan, la pointe de Palavas et le fond du golfe, créent une forte
élévation à la côte (10 cm). Ceci est la résultante d’un courant géostrophique dépendant de la bathymétrie. Il y a cependant peu de dynamique et l’équilibre
sans vent est fortement dépendant des conditions initiales données par le forçage de la grille « plateau ».

29
Figure 21 : SUIVI LAGRANGIEN DE BOUEES EN SURFACE pour les 5 cas de vent les plus fréquents

VENT NORD OUEST VENT NORD EST VENT SUD EST

VENT SUD OUEST VENT SUD

Désigne la position de départ des bouées en mer

Désigne la position des bouées à la sortie des


deux fleuves

En surface, les trajectoires des bouées couvrent


tout le domaine en suivant les grandes dérives
ce qui veut dire que sur deux jours il est
possible d’avoir des mesures sur l’ensemble du
golfe d’Aigues-Mortes à condition de garder
les même conditions de vent.

30
A
A2
A 2-
2--22.. SSyynntthhèèssee eett ccoonncclluussiioonnss ddee ll’’ééttuuddee ddee sseennssiibbiilliittéé
La synthèse des résultats obtenus a permis de mettre en évidence 4 zones qui favorisent
particulièrement la formation des processus dus au vent sur le domaine « golfe d’Aigues - Mortes » :
Ø Le fond du golfe
La caractéristique principale de cette zone est de rester globalement protégée par rapport à
l’ensemble du domaine quelque soit les conditions de vent. En effet même quand il se forme des
champs de courants à cet endroit , ils sont deux fois moins intenses que sur le reste du domaine. Ceci
veut donc dire que de manière générale le fond du golfe ne subit pas l’influence des vents.
Ø La zone allant de Frontignan à Carnon
Cette zone voit naître les principales dérives littorales dues aux vents. Il semblerait que les courants
ainsi que leur intensité soit très dépendant des conditions météorologiques sur cette partie du domaine.
Cependant en général, deux grandes tendances pour les dérives ont été observées grâce aux
simulations : une dérive très à la côte vers le Sud-Ouest et une dérive plus au large vers le Nord-Est.
(cf. commentaires des figures)
Ø La zone du plateau de Frontignan
En tant qu’accident bathymétrique, cette zone d’ élévation du fond engendre une augmentation de
l’intensité des vitesses sur toute la colonne d’eau. Le plateau sera donc une zone très intéressante à
étudier lorsque l’on étudiera les transports sédimentaires.
Ø La zone s’étendant sur toute la côte Est du domaine à partir de la pointe de l’Espiguette
Cette partie du domaine est particulièrement soumise aux conditions de vent et les courants qu’on peut
y rencontrer sont souvent de forte intensité. Elle est aussi soumise à l’influence du panache du Petit
Rhône ce qui est visible sur les résultats donnant la salinité (non présentés ici) .
On peut finalement avancer que, SYMPHONIE est un outil adapté à la modélisation des courants sur
ce domaine et les résultats obtenus semblent cohérents puisqu’ils s’expliquent tous par des
phénomènes physiques connus.

BB--S
Siimmuullaattiioonn ddee llaa pprrooppaaggaattiioonn ddee llaa hhoouullee ddaannss llee ggoollffee dd’’A
Aiigguueess--
MMoorrtteess
BB11 –– LLeess ssiim
muullaattiioonnss rrééaalliissééeess
Selon les conditions d’utilisation exposées dans la partie présentation du modèle REFDIF, plusieurs
simulations ont été réalisées avec différents scenarii de houle.
Voici le tableau récapitulatif de toutes les simulations effectuées avec le modèle REFDIF seul :
Angle
d’incidence - - - - - - - - - -
0 0 0 0 0 45 45 45 45 45 90 90 90 90 90
de la houle 45 45 45 45 45 90 90 90 90 90
(en °)
Hauteur de
vague 1.2 2 3 3 0.5 1.2 2 3 3 0.5 1.2 2 3 3 0.5 1.2 2 3 3 0.5 1.2 2 3 3 0.5
(en m)

Période de
Houle 7 10 11 8 6 7 10 11 8 6 7 10 11 8 6 7 10 11 8 6 7 10 11 8 6
(en s)

Ces simulations ont été réalisées 5 fois de suite avec des courants de 0 m/s , 0.01 m/s , 0.03 m/s , -0.01
m/s et -0.03 m/s . Ces courants ont été pris dans la direction de propagation de la houle afin de
simplifier l’interprétation des résultats de l’étude de sensibilité.
Les études de sensibilité portent donc sur le courant, la hauteur de houle, la période et l’angle
d’incidence de la houle.

BB22 –– EEttuuddee ddee sseennssiibbiilliittéé aauuxx ccoonnddiittiioonnss ddee hhoouullee iinncciiddeennttee


B
B2
B 2-
2--11..CCoommm meenntt iinntteerrpprréétteerr lleess rrééssuullttaattss ddee RREEFFD
DIIFF ?? (cf. figure(22))
B
B2
B 2-
2--22..LLeess rrééssuullttaattss (cf. figure(23) à (30))

31
INTERPRETATION DES RESULTATS pour une houle incidente telle que : ANGLE 0° - AMPLITUDE 3 M – P ERIODE 11 S – COURANT DE CIRCULATION 0 M/S

• Figure 22 : Courants de Houle Sur ces deux figures, les flèches blanches représentent la Hauteur de Houle
réfraction c’est à dire la rotation de la houle due à la
variation de la bathymétrie.
Sur la figure représentant les courants, le fin cordon
rouge qui borde la zone côtière représente l’augmentation
des vitesses due au phénomène d’atténuation de la houle.
Les franges de couleur rouge sur la figure des hauteurs de
houle représentent les franges de réfraction que nous
retrouveront tout au long de l’étude de sensibilité. En ce
qui concerne les courants, ils augmenteront toujours
graduellement comme sur la figure jusqu’à la zone
d’atténuation pour ensuite diminuer à la côte (c’est en
général du au déferlement).

VARIATION DE LA PERIODE DE LA HOULE pour une houle incidente telle que : ANGLE 0° - AMPLITUDE 3 M – COURANT DE CIRCULATION 0 M/S

• Figure 23: Effet sur les courants de houle

Période 11 s Période 8 s

Lorsque la période diminue le maximum des vitesses de


courant de houle est situé plus à la côte et l’intensité de ces
courants diminue.
Par ailleurs, pour les périodes explorées, le champ de
vecteurs reste à peu prés identique ce qui revient à dire que
le comportement de la houle reste le même et que seule
l’intensité des courants varie.

32
• Figure 24 : Effet sur les hauteurs de houle

Période 11 s Période 8 s

La variation des hauteurs de houle est à peu prés identique


pour les deux périodes. Par contre les franges de réfraction
apparaissent pour une période 11s plus tôt lors de la
propagation de la houle vers la côte. L’interaction houle -
sédiment débute en position plus distale que pour la période
8s. Sur le plateau de Frontignan, il existe une zone protégée
par rapport au linéaire côtier plus au nord. Lorsque la
période diminue la largeur de cette zone diminue d’autant.
La zone protégée reste identique quelle que soit la période.

VARIATION DU CLIMAT DE HOULE pour une houle telle que : ANGLE 0° – VITESSE DE COURANT DE CIRCULATION 0 M/S

• Figure 25 : Effet sur les courants de houle


Houle très petite Houles de beau temps Houles de tempête
(Amplitude : 0.5 m – Période : 6 s ) (Amplitude : 2 m – Période : 10 s ) (Amplitude : 3 m – Période : 11 s) En toute logique, plus la
houle est forte et plus les
vitesses augmentent . Par
contre la forme du champ
de vitesse reste encore
identique.
Pour les houles résiduelles,
les courants de houle sont
strictement limités à la
côte et sont du même ordre
de grandeur sur tout le
linéaire côtier.
En passant d’une houle de beau temps à une houle de tempête, la zone de déferlement se déplace vers le large. Plus la houle se rapproche d’une houle de
tempête et plus elle est réfractée à la côte. Les courants de côte sont donc potentiellement obliques par rapport aux courants incidents et certaines zones
protégées peuvent être exposées (ou vis versa). Plus la houle est forte et plus les courants induits se rapprochent de la direction perpendiculaire à la côte.

33
• Figure 26 :Effet sur les courants de houle :
Houle très petite Houles de beau temps Houles de tempête
(Amplitude : 0.5 m – Période : 6 s ) (Amplitude : 2 m – Période : 10 s ) (Amplitude : 3 m – Période : 11 s )

Lorsque le climat de houle


passe d’une houle de
tempête à une houle de
beau temps, alors la zone
de réfraction diminue.

La zone du plateau de Frontignan, n’est pas protégée de la réfraction pour de faibles houles. Par contre dès que la houle forcie, cette zone ne subit plus les effets
directs de la houle qui a déjà réfracté et déferlé sur l’avant du plateau.
La zone du Grau du roi et Port-Camargue ne subit aucune influence de la houle .

VARIATION DES COURANTS DE CIRCULATION pour une houle telle que : ANGLE 0° - AMPLITUDE 1.2 M – P ERIODE 7 S

• Figure 27 : Effet sur les courants de houle


Courant 0 m/s Courant 0. 01 m/s(vers le Nord) Courant 0.03 m/s (vers le Nord) Courant –0.01 m/s (vers le Sud)

34
Courant –0.3 m/s (vers le Sud)
Lorsque les courants de circulation sont opposés à la houle, alors la longueur d’onde de la
houle diminue et sa hauteur augmente. C’est à dire qu’il y a raccourcissement de la houle.
Donc pour une bathymétrie donnée la zone de déferlement s’éloigne de la côte.
De la même manière, lorsque les courants de circulation sont dans le sens de la houle, il y
allongement de la houle et « retardement » du déferlement.

Sens de propagation de la houle Houle sans courant.

Houle modifiée par le courant.

Représentation schématique de la houle


lorsqu’il y a un courant inverse Courant

• Figure 28 : Effet sur les hauteurs de houle

Courant 0 m/s Courant 0.01 m/s (vers le Nord) Courant 0.03 m/s (vers le Nord) Courant –0.01 m/s (vers le Sud)

35
Courant –0.03 m/s (vers le Sud)
La variation des courants de circulation dans le cas de courants faibles n’a pas un effet
significatif sur la réfraction et la diffraction de la houle.

VARIATION DE L’ANGLE pour une houle telle que : AMPLITUDE 2 M– PERIODE 10 S – VITESSE DE COURANT DE CIRCULATION 0 M/S
Nous n’avons pu représenter les résultats pour une houle incidente à –90° car les résultats n’étaient pas interprétables puisque la houle ne pouvait se propager à
cause de la dominance du domaine terrestre à l’ouest.
• Figure 29 : Effet sur les courants de houle
Incidence de la houle de 0° Incidence de la houle de – 45° Incidence de la houle de 45° Incidence de la houle de 90°

Dés que les houles ont un angle d’incidence, la réfraction de ces dernières (représentée par les flèches blanches) est beaucoup plus importante. Par contre sur le
plateau de Frontignan et sur la pointe de l’Espiguette, la réfraction est identique quel que soit l’angle d’incidence de la houle. De même l’augmentation des
vitesses vers la côte est similaire de figure en figure (<0.1 m/s à l’isobathe -70m, 0.2 m/s à l’isobathe -50m). Pour une houle de 90° il y a une zone où la houle
réfracte d’une part vers le plateau de Frontignan et d’autre part vers la Grande Motte en formant un triangle relativement protégé de la houle et entouré de
chaque côté de zones moins protégées. Lorsque les houles viennent de l’Est, ( houle d’Est 90° et houle de Sud-Est 45°) alors le fond du golfe est protégé.

36
• Figure 30 : Effet sur les hauteurs de houle
Incidence de la houle de 0° Incidence de la houle de – 45° Incidence de la houle de 45° Incidence de la houle de 90°

Sur ces résultats, on observe les mêmes phénomènes de protection du fond du golfe, pour des houles de 90° et 45°, que sur les résultats de vitesse générée par la
houle. De plus la zone de réfraction du plateau de Frontignan protège, pour des houle de -45°, toute la partie arrière du plateau (en bleu sur la figure). Sinon le
passage de la couleur verte à la couleur bleue représente, sur toutes les figures, l’atténuation que subit la houle en se rapprochant de la côte .Cette atténuation est
traditionnellement marquée par le déferlement de la houle.

mppaarraaiissoonn eennttrree lleess rrééssuullttaattss ddee RREEFFD


CC--IInntteerrccoom MPPH
SYYM
DIIFF eett ddee S HO NIIEE
ON
Par certaines conditions météorologiques, par exemple lorsqu’il y a un vent de Nord-Ouest, la houle, qui le plus souvent est de Sud-Est dans le golfe d’Aigues-
mortes, se retrouve opposée aux courants de circulation. Les courants de circulation et les courants de houle sont d’intensité équivalente et donc ne peuvent être,
ni l’un ni l’autre, négligés ; dans ce cas de figure ils s’opposent . De même pour un vent de Sud-Est, les effets des courants de houle et des courants de
circulation s’ajoutent car sont de même sens.
Les cas de figure où les courants de houle et de circulation s’opposent où s’ajoutent sont très nombreux et intuitivement représentent les cas où il semble le plus
intéressant de regarder les actions conjuguées de la houle et du courant.

37
CCH
HAAPPIIT
TRREE V
V :: CCoouuppllaaggee H
Hoouullee--CCoouurraanntt
A
A--EEttuuddee bbiibblliiooggrraapphhiiqquuee
Parfois, comme cela a été montré dans la partie interprétation des résultats des simulations « golfe
d’Aigues-Mortes », les influences de la houle et des courants sont équivalentes.
La prise en compte des interactions houle-courant devient alors inévitable.
C’est pourquoi en domaine côtier de nombreuses études ont été menées afin d’une part de déterminer
ces interactions qualitativement et d’autre part de les modéliser.

En première approche une étude bibliographique sur les modèles couplant houle et courant a été
réalisée.
En particulier, le modèle SHORECIRC et le couplage entre les modèles PARAB, COURANT et
SEDSIM réalisé par PRINCIPIA, d’autre part, ont retenus notre attention.
Le modèle SHORECIRC (Svendsen et al., 2000) est un modèle quasi 3D c’est pourquoi il nous a
particulièrement intéressé puisque SYMPHONIE est un modèle 3D.
En fait ce modèle utilise les équations de St Venant moyennées en temps dans lesquelles la vitesse est
décomposée en vitesse due à la turbulence plus vitesse due aux vagues plus vitesse due au courant. De
plus, afin de prendre en compte les effets 3D, les équations sont modifiées dans le but d’introduire les
coefficients de dispersion 3D.
La zone de validité de ce modèle est une zone côtière englobant la zone de déferlement.
Cependant, malgré le fait qu’il prenne en compte les effets 3D , ce modèle utilise des équations de
transport pour calculer les vitesses intégrées sur la verticale et non pas les équations de Navier Stokes
comme le fait le modèle SYMPHONIE.
Le couplage réalisé par PRINCIPIA est particulièrement enrichissant pour notre étude car nous nous
proposons, à terme, de réaliser ce triple couplage avec d’autres modèles (SYMPHONIE, REFDIF et
un modèle de transport encore non déterminé).
D’après différents rapports de Stage (Lopin, 2000 ; Aubran, 1998 ; Gaillard, 1997), le calcul de la
houle est obtenu en résolvant l’équation de Berkhoff parabolisée et les transports sont calculés grâce
aux équations de St Venant. Il s’agit donc d’un modèle purement bidimensionnel. Le problème d’un
couplage avec un modèle de courantologie 3D n’est pas abordé.
L’utilité d’un couplage 3D peut donc être mise en doute dans un premier temps. En effet, puisque, à
terme, nous voulons travailler sur les transports sédimentaires pourquoi calculer la répartition des
vitesses sur toute la colonne d’eau ? alors que l’on peut obtenir directement les transports grâce aux
équations de St Venant.
La réponse à cette question réside dans les résultats de l’étude de sensibilité au vent donnés par
SYMPHONIE . En effet, ces résultats montrent bien que les transports, quoique donnant la tendance
générale du déplacement des masses d’eau, fournissent une information beaucoup moins précise que
les vitesses calculées sur le fond . De plus les transports de sédiments peuvent aussi se faire au sein de
toute la colonne d’eau ; il est donc nécessaire de connaître le comportement hydrodynamique d’une
zone sur toute sa colonne d’eau afin de bien modéliser les transports sédimentaires.
En effet, comme le montrent les figures (18) à (20) , les courants littoraux ont une véritable structure
tridimensionnelle avec de forts gradients verticaux.
Alors qu’un modèle 2D intégrera sur la verticale tous les effets, un modèle 3D apporte des structures
hydrodynamiques plus riches et beaucoup plus conformes à la réalité.
Un vent de Nord-Ouest, par exemple, provoque un courant de retour au fond, de l’ordre de 20 cm/s,
susceptible de ramener du sédiment. Un modèle 3D a la possibilité de représenter un tel courant alors
qu’un modèle 2D ne parvient qu’à simuler un transport latéral à la côte.
C’est pourquoi il nous a semblé pertinent de réaliser un outil performant sur le domaine « golfe
d’Aigues-Mortes » prenant en compte les effets tridimensionnels de la houle et des courants.
L’avenir des modèles couplant houle et courant réside bien dans le couplage 3D réel et l’équipe ayant
travaillé sur le modèle SHORECIRC a cette perspective dans un avenir proche (communication
personnelle de Svendsen).

38
BB--IInntteerrppoollaattiioonn ddeess ddoonnnnééeess ddee llaa G
Grriilllee S
SYYMMPPH HO ONNIIEE ssuurr llaa ggrriilllee
RREEFFDDIIFF –– IInnttrroodduuccttiioonn ddeess ccoouurraannttss ddee cciirrccuullaattiioonn ddaannss RREEFFD
DIIFF
BB11 -- IInnttrroodduuccttiioonn
La première difficulté du forçage de REFDIF par SYMPHONIE est d’interpoler les données ( de
vitesses et de bathymétrie) de la grille SYMPHONIE sur la grille REFDIF.
En effet pour la bathymétrie donnée du Golfe d’Aigues-Mortes, SYMPHONIE peut modéliser les
courants sur une grille de 500 m par 500 m alors que REFDIF nécessite des grilles beaucoup plus
fines( 20m par 20m par exemple).
Ceci est du au fait que le modèle impose qu’il y ait 5 points de calcul par longueur d’onde de
houle(Kirby & Dalrymple, 1993). Ainsi, pour modéliser des houles réalistes de beau temps en zone
littorale, il est nécessaire de diminuer la taille des mailles pour augmenter le nombre de points de
calcul.
De plus comme l’étude des limitations des modèles l’a montré, l’introduction d’un angle ? entre la
propagation de houle et la grille REFDIF provoque de nombreux artéfacts numériques sur les bords
du domaine .
Il a donc été décidé que la grille REFDIF serait toujours orientée dans le même sens que la
propagation de la houle ce qui fait que ? sera toujours nul et que les résultats obtenus seront
valables sur une zone maximale du domaine. Ceci implique que selon la houle le domaine REFDIF
sera orienté d’un angle a par rapport au domaine SYMPHONIE, cet angle étant en fait l’angle de
propagation de la houle par rapport au domaine SYMPHONIE. 500 m
Grille SYMPHONIE

Mailles
Grille REFDIF
REFDIF

20m
Maille
500 m
Symphonie
20 m

Propagation
a de la houle

Figure 31 : Représentation schématique Figure 32 : Représentation schématique de l’imbrication


de l’orientation des deux grilles suivant des mailles de la grille REFDIF dans celles de la grille
l’angle de propagation de la houle. Symphonie. Dans notre étude, la grille REFDIF a un pas de
20m et est imbriquée dans une grille Symphonie dont les
cellules sont de dimension : 500 m × 500 m.
BB22 –– LL’’iinntteerrppoollaattiioonn
En première approche une interpolation barycentrique utilisant les quatre points les plus proche de
la grille SYMPHONIE semblait être la solution la plus simple et la moins coûteuse en calcul.
Cependant, cette interpolation engendrait de nombreuses discontinuités se traduisant par une
interpolation en « nid d’abeille » .
Il a donc fallu avoir recours à une interpolation plus sophistiquée afin de remédier à ces problèmes.

B2
B
B 2-
2--11.. TThhééoorriiee ddee llaa «« CCuubbiicc SSpplliinnee »»
L’interpolation par « spline » a été utilisée afin de palier à la rigidité des interpolations polynomiales
classiques. Elle permet d’obtenir un lissage et une continuité des données interpolées. Elle est donc
justifiée pour notre utilisation.
(Attéia & Gaches, 1999 ; McKinley & Levine ; 2000)
Voici une présentation succincte de la théorie mathématique sur laquelle est fondé le principe de
cette interpolation.

39
Ø Mise en place du problème : Soient : [a, b] ∈ 3
∀ j ∈ [[1, n]] t j ∈ (a, b ) avec − ∞ < t1 < t2 < ... < t n < +∞
y j est la valeur associée à t j
a (t1,y1) (t2,y2) (tn-1,yn-1) (tn, yn) b

Le but de l’interpolation est de trouver une fonction telle que ∀x ∈ [a, b] :



 s1 ( x ) si t1 ≤ x ≤ t 2


S ( x ) =  s 2 ( x ) si t 2 ≤ x ≤ t 3 avec ∀i ∈[[1, n −1]] si (x) = ai (x − ti ) + bi (x − ti ) + ci (x − ti ) + di
3 2

Μ


 s n −1 ( x ) si t n −1 ≤ x ≤ t n
Les polynômes s i sont d’ordre 3 puisque que l’on veut une « cubic spline » et les coefficients ai sont
à calculer.
Ø Propriétés de la « cubic spline » : 1) S (x) interpole toutes les valeurs y j des points t j
2) S ( x ), S ' ( x), S " ( x ) sont continues sur [t1 , tn ]
La propriété 1) a pour conséquence : ∀ i S (t i ) = yi ⇔ y i = si (t i ) ⇔ yi = d i

La propriété 2) implique quant à elle : (avec h = ti − ti −1 )


∀ i ∈ [[2, n]] si (ti ) = si −1 (ti ) ⇔ d i = ai −1h 3 + bi −1h 2 + ci −1h + d i −1

∀ i ∈ [[2, n − 1]] si ' (ti ) = si −1' (ti ) ⇔ ci = 3ai −1h 2 + 2bi −1h + ci −1

∀ i ∈ [[2, n − 2 ]] si " (ti ) = si −1" (ti ) ⇔ 2bi = 6ai −1h + 2bi −1

Mi +1 − Mi M y −y  M − 2Mi 
si on pose 2bi = M i alors : ai = , bi = i , ci = i+1 i −  i+1 h, di = yi
6h 2 h  6 
Il faut alors résoudre ∀ i l’équation :
ci +1 = 3ai h 2 + 2bi h + ci ⇔ M i + 4M i +1 + M i + 2 =
6
( yi − 2 yi +1 + yi + 2 )
h2
Soit
Il faut remarquer que
M 1 
    y1 − 2 y 2 + y 3  la matrice est
 1 4 1 0 Λ 0 0 0 0  M 2   −  bibande et de
  M   y 2 2 y3 + y4  dimension n-2 × n.
 0 1 4 1 Λ 0 0 0 0  3   y3 − 2 y4 + y5  Il faut donc imposer
  M 4   
    y 4 − 2 y5 + y6  deux autres
 0 0 1 4 Λ 0 0 0 0  Μ  Μ  conditions pour
  Μ  6   résoudre le système
 Μ Μ Μ Μ Ο Μ Μ Μ Μ
 = 2 Μ 
 Μ  h
qui pour le moment
 Μ 
  Μ    comporte plus
 0 0 0 0 Λ 4 1 0 0   Μ  d’inconnues que
  M n − 3    d’équations.
 0 0 0 0 Λ 1 4 1 0  M   y n −4 − 2 y n −3 + y n − 2  Ces conditions sont
   n− 2   y n −3 − 2 y n −2 + y n −1  pour une spline dite
 0 0 0 0 Λ 0 1 4 1  M n − 1   
  M   y n −2 − 2 y n −1 + y n  « naturelle »:
 n  M1 = Mn = 0

40
B
B2
B 2-
2--22.. IInntteerrppoollaattiioonn «« BBiiccuubbiicc SSpplliinnee »» aapppplliiqquuééee aauu ccoouuppllaaggee
S
SY
S YM
Y MPPH
M HO ON NIIEE --RREEFFD DIIFF

Soient les notations suivantes :


• Vi , j , Vi , j +1 , Vi +1, j +1, Vi +1, j les valeurs aux
V i , j +1 Vi+1, j+1
points de la grille Symphonie
(Xi,Yj+1) (X i+1,Yj +1) • V P la valeur à interpoler pour la grille
VP REFDIF
Point à • ( Xi,Yj ),(Xi +1,Yj ),(Xi ,Yj +1),(Xi +1,Yj+1 ) les
interpoler distances au point d’origine de la grille
( X P,YP ) Symphonie en x et y des points utilisés
pour l’interpolation
V i, j V i + 1, j
• ( X P ,YP ) les distances au point d’origine
(Xi,Yj ) ( X i+1,Y j )
de la grille Symphonie en x et y du point à
Figure 33 : Interpolation « Bicubic Spline » - notations interpoler

Dans la suite, Vi ',' j ,Vi ',' j +1 et V i ' ' , V i '+' 1 , représentent les dérivées secondes des valeurs Vi , j ,Vi, j+1 et Vi ,Vi +1 .
L’interpolation « bicubic spline » est en fait une double interpolation « cubic spline »
dont le principe est le suivant (Press et al.,1994) :

1) Une interpolation suivant les indices j afin d’interpoler le point P suivant y


2) Une interpolation suivant les indices i à partir de la précédente interpolation afin de trouver Vp

Ø Interpolation « cubic spline » sur les j :

Résultat de l’interpolation : Vi = AV i , j + BVi , j +1 + CVi ,'' j + DV i ',' j +1


Y j +1 − YP YP − Y j 1 3 1
Avec : A= , B= , C= ( A − A)(Y j +1 − Y j )2 , D= ( B 3 − B )(Y j +1 − Y j )2
Y j +1 − Y j Y j +1 − Y j 6 6
Ø Interpolation « cubic spline » sur les i :

Résultat de l’interpolation : V P = AV i + BVi +1 + CV i " + DVi "+1


X i +1 − X P X − Xi 1 1
Avec : A= , B= P , C= ( A3 − A)(Xi +1 − Xi )2 , D= ( B3 − B)(X i +1 − X i )2
X i +1 − X i Xi+1 − Xi 6 6
Cette interpolation nécessite la connaissance des dérivées secondes Vi , j , Vi ,'' j +1 et Vi '' , Vi '+' 1 qui sont
''

obtenues en résolvant les équations suivantes :


Y j − Y j −1 Y j +1 − Y j −1 Y j +1 − Y j Vi , j +1 − Vi , j Vi , j − Vi , j −1
Vi ',' j −1 + Vi ',' j + Vi ',' j +1 = +
6 3 6 Y j +1 − Y j Y j − Y j −1
X i − X i −1 " X − X i −1 '' X i +1 − X i '' V − Vi V − Vi −1
Vi −1 + i +1 Vi + Vi +1 = i +1 + i
6 3 6 X i +1 − X i X i − X i −1

L’interpolation nécessaire au passage de SYMPHONIE à REFDIF est alors réalisées et il est alors
possible de générer la grille d’entrée de REFDIF pour calculer la propagation de la houle.
Les données de SYMPHONIE à interpoler sont d’une part les données bathymétriques et d’autre part
les données de courant (moyenné sur la verticale) puisque le couplage réside dans l’introduction des
courants de SYMPHONIE dans REFDIF.

41
CC--IInnttrroodduuccttiioonn ddeess ccoouurraannttss ddee hhoouullee ddaannss llee m
mooddèèllee SSYYM
MPPH
HOON
NIIEE

CC11 -- IInnttrroodduuccttiioonn
L’introduction des courants de houle, calculés par REFDIF, dans le modèle de courant
SYMPHONIE représente la deuxième partie du couplage.
Le modèle REFDIF est une approximation parabolique de l’équation de Berkhoff sous sa forme
hyperbolique ce qui implique qu’ il calcule des états stationnaires de la houle et des courants
qu’elle induit .
Dans cette étude on appellera durée critique le temps mis par une vague pour se propager sur la
totalité du domaine (du large à la côte).
Les résultats donnés par REFDIF ne sont valables que si les conditions de houles restent inchangées
sur la durée critique . Autrement dit les variations des conditions de houle sont lentes devant la durée
critique.
Ce modèle est donc un modèle permanent ce qui implique qu’il est impossible de scinder le courant
de houle en une partie moyenne plus une partie oscillatoire .
Cela pose donc dès le départ des restrictions drastiques dans l’introduction des courants de houle
donnés par REFDIF dans le modèle SYMPHONIE.
CC22 –– M
Miissee eenn ppllaaccee tthhééoorriiqquuee dduu ccoouuppllaaggee
C
C2
C 2-
2--11.. EEqquuaattiioonnss dd’’oorriiggiinnee
Les équations qui régissent les vitesses dans un écoulement fluide sont les équations primitives
instantanées de Navier- Stokes. Ce sont les équations de départ de notre couplage.
Les hypothèses simplificatrices ainsi que les notations utilisées sont identiques à celles définies dans le
modèle SYMPHONIE.
Les équations primitives instantanées s’écrivent alors :

Equation de continuité :
∂u ∂v ∂w
+ + =0 (23)
∂x ∂y ∂z
Equation de conservation de la quantité de mouvement :
∂u ∂u ∂u ∂u 1 ∂P
+u +v + w − fv = − (24)
∂t ∂x ∂y ∂z ρ 0 ∂x
∂v ∂v ∂v ∂v 1 ∂P
+ u + v + w + fu = −
∂t ∂x ∂y ∂z ρ 0 ∂y
(25)
∂P
− ρg = 0
∂z

C2
C
C 2-
2--22.. D mppoossiittiioonn ddeess vviitteesssseess
Dééccoom
Afin de tenir compte des effets conjugués des courants de la circulation, et des courants de houle la
décomposition de la vitesse définie dans les équations primitives est nécessaire. Il vient alors :
ρ ρ ρ
ut = uc + uw
ρ
Avec : u c current, la contribution des courants de la circulation générale
ρ
u w Wave, la contribution des vagues
De plus la décomposition du courant u C en une vitesse moyenne et une vitesse turbulente, telle
ρ ρ ρ'
qu’elle a été présentée dans le modèle SYMPHONIE, reste tout à fait valide. Ainsi: u C = u C + u C

42
Une fois la décomposition introduite dans les équations, il vient :

Equation de continuité
∂ u C ∂ v C ∂w C ∂ u C ∂v ∂ wC ∂u ∂v ∂ wW
' ' '

+ + + + C + + W + W + =0 (26)
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
Conservati on de la quantité de mouvement suivant z
∂P
−ρ g =0 (27)
∂z
Conservation de la quantité de mouvement suivant x
∂uC ∂u ∂u ∂u ∂u ' C ∂u ' C ∂u ' C ∂u'C
+ u C C + v C C + wC C − fv C + + u 'C + v'C + w'C − fv ' C
∂t ∂x ∂y ∂z ∂t ∂x ∂y ∂z
∂uC ∂u ∂u C ∂u ' C ∂u ' C ∂u ' C
+ u 'C + v ' C C + w' C + uC + vC + wC (28)
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
∂u ∂u ∂u ∂u ∂u w ∂u ∂u ∂u ∂uC
+ u w w + v w w + ww w − fv w + u C w + v C + wC w + u w C + v w C + ww
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
∂u w ∂u ∂u ∂u ' C ∂u ' C ∂u ' C 1 ∂P
+ u 'C + v ' C w + w' C w + u w + vw + ww =−
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z ρ 0 ∂x
Conservation de la quantité de mouvement suivant y :
∂vC ∂v ∂v ∂v ∂v'C ∂v'C ∂v'C ∂u ' C
+ u C C + v C C + wC C + f u C + + u 'C + v 'C + w'C + fu ' C
∂t ∂x ∂y ∂z ∂t ∂x ∂y ∂z
∂v ∂v ∂v ∂v'C ∂v ' C ∂v ' C
+ u 'C C + v' C C + w 'C C + u C + vC + wC (29)
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
∂v ∂v ∂v ∂v ∂v ∂v ∂v ∂v ∂v C
+ u w w + v w w + w w w + fu w + u C w + v C w + wC w + u w C + v w C + ww
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
∂v ∂v ∂v ∂v'C ∂v ' C ∂v'C 1 ∂P
+ u 'C w + v 'C w + w'C w + u w + vw + ww =−
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z ρ 0 ∂y

C
C2
C 2-
2--33.. EEqquuaattiioonnss m
mooyyeennnnééeess ssuurr uunnee ppéérriiooddee

La dernière étape afin d’obtenir les équations modélisant les effets conjugués des courants généraux et
de la houle est l’intégration des équations précédentes
ρ' sur une période temporelle : T.
De même que pour le modèle SYMPHONIE u C = 0 est toujours valable.
ρ ρ
Les courants induits par la houle, modélisée par REFDIF, étant stationnaire il vient : u w = u w
Les équations permettant la modélisation du couplage s’écrivent alors , après simplification :
Equation de quantité de mouvement suivant x :
∂u C ∂u ∂u ∂u ∂u ' C ∂u ' C ∂u ' C
+ u C C + vC C + wC C + u ' C + v' C + w' C − fvC − fv w (30)
∂t ∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
∂u w ∂u ∂u ∂u ∂u ∂u ∂u ∂u ∂u 1 ∂P
+ uw + v w w + ww w + u C w + v C w + wC w + u w C + v w C + ww C = −
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z ρ 0 ∂x

Equation de quantité de mouvement suivant y:


∂v C ∂v ∂v ∂v ∂v ' C ∂v ' C ∂v ' C (31)
+ u C C + v C C + wC C + u ' C + v 'C + w'C + f u C + fu w
∂t ∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
∂v w ∂v ∂v ∂v ∂v ∂v ∂v ∂v ∂v 1 ∂P
+ uw + v w w + ww w + u C w + v C w + wC w + u w C + v w C + ww C = −
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z ρ 0 ∂y

43
L’équation de quantité de mouvement suivant z reste inchangée puisqu’elle ne fait pas intervenir les
vitesses dans l’approximation hydrostatique.

Equation de continuité :
∂u C ∂vC ∂wC ∂uW ∂vW ∂wW (32)
+ + + + + =0
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
Avec :
1 ∂ ∂ ∂uc ' ∂u C
'
• τ xz = K1 modélise - w C et est le tenseur de Reynolds suivant x
ρ 0 ∂z ∂z ∂z ∂z
1 ∂ ∂ ∂v ∂v ' C
• τ yz = K1 c modélise - w ' C et est le tenseur de Reynolds suivant y
ρ0 ∂z ∂z ∂z ∂z
• K1 le coefficient de viscosité verticale
)   modélise -( u ' C ∂u C + v ' C ∂u C )
' '
• 1  ∂  ∂u C  ∂  ∂u C
 A +  A  
ρ 0  ∂x  ∂x  ∂y  ∂y  ∂x ∂y
 ∂  ∂vC  ∂  ∂vC )  ' ∂v C ' ∂v C
' '
1
•  A +  A   modélise -( u C +vC )
ρ0  ∂ x  ∂x  ∂ y  ∂ y   ∂x ∂y

Les équations finales peuvent alors s’écrire :

Equation de quantité de mouvement :


D (u c + u w ) 1 ∂P 1  ∂  ∂u C  ∂  ∂u C )  1 ∂
− f (vc + v w ) = − +  A +  A   + τ (33)
Dt ρ 0 ∂x ρ 0  ∂x  ∂x  ∂y  ∂ y  ρ 0 ∂z
xz

D (v c + v w ) 1 ∂P 1  ∂  ∂v C  ∂  ∂vC )  1 ∂
+ f (u c + u w ) = − +  A +  A   + τ (34)
ρ 0 ∂y ρ 0  ∂x  ∂x  ∂y ∂ ρ 0 ∂z
yz
Dt  y 
∂P
− ρ g = 0 (35)
∂z
Equation de continuité :
∂(uc + uw) ∂(vc + vw ) ∂( wc + ww ) (36)
+ + =0
∂x ∂y ∂z
ρ ρ ρ
Ces équations sont en fait les équations qui régissent le modèle SYMPHONIE avec u = u c + u w ,
ρ
sauf pour les termes prenant en compte la turbulence où seuls les courants u c sont considérés comme
générant des fluctuations turbulentes.
Une autre manière de se représenter le couplage est d’isoler les termes que rajoute l’introduction des
courants de houle dans les équations de Navier Stokes et de les traiter séparément comme étant les
termes moteurs de la houle.
C’est cette deuxième approche que nous pensons privilégier lorsque nous réaliserons le couplage
numériquement. Nous n’avons malheureusement pas eu le temps de boucler le couplage
numériquement pendant la durée de cette étude.

44
CCHHA APPIIT TRREE V VII :: RRééssuullttaattss ddee ll’’iinnttrroodduuccttiioonn ddeess ccoouurraannttss
ddee cciirrccuullaattiioonn ddee S
SYYM MPPH HO ON NIIEE ddaannss llee m mooddèèllee RREEFFD DIIFF
11 –– LLeess ssiim
muullaattiioonnss rrééaalliissééeess
Dans toutes les conditions de houle et de courant de circulation académiques pour lesquelles la
direction de propagation de la houle et la direction du vent étaient soit opposées soit dans le même
sens nous avons réalisé l’introduction des courants de Symphonie dans le modèle REFDIF. Voici
toutes les simulations réalisées pour chacune des 5 houles définies dans l’étude de sensibilité du
modèle REFDIF :

Vent opposé à la direction Vent dans la même direction


de propagation de la houle que le sens de propagation de
incidente la houle incidente.
Houle incidente à 90 ° Ouest Est
Houle incidente à 45° Sud-Est Nord-Ouest
Houle incidente à -90 ° Est Ouest
Houle incidente à -45 ° Nord-Est Sud-Ouest
Houle incidente à 0 ° Nord Sud

22 –– D
Diiffffiiccuullttééss rreennccoonnttrrééeess
Lorsque nous avons voulu représenter les résultats du couplage voilà les résultats que nous avons
obtenus (ils sont identiques quelles que soient les houles incidentes) :

Vent Est à –90° Vent Ouest 90°

Comme on le voit ici la totalité où presque du domaine est rose ce que signifie qu’il n’y a pas de
houle. Au vu de ces résultats, et après consultation du fichier de sortie de REFDIF qui donne toutes les
informations sur le déroulement de la simulation, nous nous sommes rendu compte que REFDIF ne
pouvait modéliser les houles lorsque l’on introduisait les courants de Symphonie académiques car ces
derniers sont trop importants. Cette limitation n’est apparue qu’après avoir effectué de nombreux tests
sur toutes les simulations car REFDIF est normalement prévu pour gérer le forçage par des courants
violents (Kirby & Dalrymple , 1983).
Pour pallier à cette limitation, deux options se présentent :

1) Le couplage que l’on envisage se limitera aux conditions pour lesquelles le calcul
est possible. Hors conditions, seules les données de courant de circulation seront
prises en compte et la houle négligée.
2) Il faudra modifier le code de REFDIF afin de pouvoir introduire des courants de
circulation plus importants qu’actuellement et s’astreindre des limitations
théoriques imposées par Kirby & Dalrymple (1983).

Par manque de temps nous n’avons pu essayer de mettre en œuvre ni l’une ni l’autre de ces solutions
et nous ne pouvons présenter ici de résultats.

45
CCoonncclluussiioonn
L’objectif principal de cette étude était de parvenir à déterminer les grandes caractéristiques de
l’hydrodynamique du golfe d’Aigues-Mortes et, grâce aux nombreuses simulations réalisées avec les
modèles SYMPHONIE et REFDIF, il a pu être atteint.
Une étude de sensibilité du modèle SYMPHONIE a pu être réalisée grâce aux différents scénarii de
vents que nous avons pu modéliser (Est, Ouest, Sud, Nord, Sud-Est, Sud-Ouest, Nord-Est, Nord-
Ouest).
Une étude de sensibilité du modèle REFDIF a pu elle aussi être réalisée grâce aux différents scénarii
de houle et de courant que nous avons pu modéliser ( Houle très petite, houle de beau temps, houle de
tempête, pas de courant, courant faible, courant moyen).

Cette étude avait également pour objectif de créer un outil de modélisation de l’hydrodynamique sur le
domaine du golfe d’Aigues-Mortes. En effet, une bonne modélisation du golfe en zone côtière passe
par le couplage de ces deux modèles mais seul le forçage de REFDIF par SYMPHONIE a pu être
réalisé dans cette étude.
Le travail nécessaire à l’introduction des courants de SYMPHONIE dans REFDIF était d’interpoler
les données de l’un sur la grille de l’autre et de faire tourner les grilles.
Malheureusement les résultats obtenus grâce à ce premier pas vers le couplage ne peuvent être
interpréter et nous avons n’avons pu voir l’effet sur la houle des courants de circulation.

Cependant, les conditions météorologiques imposées à SYMPHONIE tout comme les conditions de
houle incidente imposées à REFDIF étaient des conditions académiques or il serait nécessaire de
réaliser des simulations avec des conditions réelles tirées des mesures in situ.
De plus, la modélisation ne suffit pas pour connaître de manière précise l’hydrodynamique d’une zone.
Il est nécessaire d’avoir recours aux images satellites et aux mesures in situ (bouées, sondes CTD,
ADCP etc. ) pour vérifier sur le terrain la validité d’un modèle. C’est pourquoi ce travail devrait être
suivit d’une thèse ayant pour objectif :

1) de boucler le couplage houle-courant entre SYMPHONIE et REFDIF


2) de réaliser des campagnes de mesures de houle et de courant dans le golfe d’Aigues-Mortes
afin de valider le couplage hydrodynamique
Une barge équipée est en construction afin de pouvoir mener à bien cette campagne.

3) de modéliser les transports sédimentaires sur cette zone grâce au couplage final houle –
courant - transport sédimentaire.
Une étude bibliographique sur les différents modèles de transports sédimentaires sera réalisée suivie
par le couplage du modèle hydrodynamique avec le modèle de transport choisi.

Pour conclure je dirais que cette étude a été très enrichissante pour moi puisqu’elle m’a permis :

- de prendre en main un modèle de propagation de la houle et un modèle de courantologie ce qui


représente de nombreuses heures passées à traiter et interpréter la totalité des résultats des deux études
de sensibilité puis à sélectionner les résultats les plus intéressants (environ 200 simulations pour
REFDIF et 30 simulations pour SYMPHONIE) ,
- de réaliser techniquement la première partie du couplage houle-courant ce qui signifie la réalisation
d’un code Fortran permettant le transfert de grille,
- de réfléchir au principe d’introduction des termes moteurs de la houle dans le modèle SYMPHONIE,
- et bien évidemment de mieux connaître l’hydrodynamique du golfe d’Aigues-Mortes.

46
BBiibblliiooggrraapphhiiee

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