Vous êtes sur la page 1sur 156

INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUEES DE

TOULOUSE
4ème Année Informatique & Réseaux

_________

ANTENNES
&
OUTILS ET MODELES POUR LA
TRANSMISSION

SUPPORT DE COURS
ENONCE DE TRAVAUX DIRIGES

Alexandre Boyer
alexandre.boyer@insa-toulouse.fr
www.alexandre-boyer.fr
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

TABLE DES MATIERES

Introduction................................................................................................... 4
A. Notions fondamentales .......................................................................... 12
B. Caractéristiques des antennes ................................................................ 29
D. Antennes pour les télécommunications ................................................. 43
D. Adaptation d'une antenne ...................................................................... 66
E. Antennes de réception ............................................................................ 83
F. Réseau d’antennes .................................................................................. 90
G. Modèles de propagation des ondes radioélectriques pour les réseaux
terrestres ...................................................................................................... 99
Références................................................................................................. 120
Annexe A – Rappel sur les unités ............................................................ 121
Annexe B – Champ proche et champ lointain.......................................... 123
Annexe C – Effet sur le corps humain ..................................................... 124
Annexe D – Equations des Télégraphistes ............................................... 126
Annexe E – Diagramme de Smith ............................................................ 135
Travaux Dirigés ........................................................................................ 137
Annales ..................................................................................................... 146

A. Boyer 3
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Introduction

1. Historique
La figure 1 dresse un rapide historique des découvertes et inventions liées aux
radiocommunications et aux antennes. Le développement des radiocommunications est basé sur la
théorie de l’électromagnétisme, mise au point au XIXe siècle et améliorer au XXe siècle. Les ondes
électromagnétiques, support des radiocommunications, ont été prévu de manière théorique dans le
cadre des équations de Maxwell et mises en évidence expérimentalement par Hertz à la fin du XIXe
siècle. Peu de temps après, les premières applications de transmission radio sont apparues. Leur
développement s’est fait en parallèle avec celui de l’électronique au début du siècle. Le XXe siècle est
ensuite ponctué d’innovations majeures, qui répondaient à des besoins précis.

1934 1940-45
1819 1887 – expérience 1970 - 75
1e radar Concept de
Expérience de Hertz (mise en RFID antennes
d’Oersted (lien évidence des patch
ondes EM)
1908
électricité –
Tube triode de 1946
magnétisme) 2010
Lee de Forrest équation 1958
1901 1984 Déploiement
de Friis récepteur 3.9G LTE
1873 – 1e liaison radio MIMO
Rake
équations intercontinental
de Maxwell 1926 –
antenne Yagi 1946 1962
1831 Telstar (1e 1987
Loi d’induction 1896 1906 Réseau Spécifications
d’antennes satellite de
de Faraday Radio de Création de télécom.) GSM
Marconi l’ITU - R

Figure 1 – Historique des radiocommunications

2. Applications
Les antennes sont utilisées sur une large gamme de fréquence (ou de longueur d’onde) pour un
grand nombre d’applications différentes comme le montre la figure 2.

A. Boyer 4
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

MF HF VHF UHF SHF EHF


0.3-3MHz 3-30MHz 30-300MHz 300-3000MHz 3-30GHz 30-300GHz

Liaison sous WiFi WiFi


ISM 4G
marine RFID (434MHz + Gigabit
(13.56MHz) Bluetooth
868 MHz)
Radio AM Radio FM GSM GPS ZigBee Liaison
Radio OC DCS satellite
PKE TV VHF DVB-T Wimax
(125 kHz) CB UMTS Fréquence (Hz)

100K 1M 10M 100M 1G 10G 100G

Figure 2 – Occupation du spectre radiofréquence

Quelques bandes de fréquences emblématiques :


Bandes ISM (Industrielle, Scientifique, Médicale) : bandes de fréquence libre de toute
licence (mais réglementées !) pour les applications industrielle, scientifique, médicale. En
Europe, parmi les bandes de fréquence ISM les plus utilisés, on trouve : 6,765 - 6,795 MHz,
13,553 - 13,567 MHz, 433,05 - 434,79 MHz, 2,4 - 2,5 GHz, 5,725 - 5,875 GHz. La
bande à 13.56 MHz est notamment utilisée pour la RFID, la bande à 434 MHz pour nombre
de systèmes d'accès main libre, d'ouverture de portail …, la bande à 2.4 GHz pour le WiFi,
le Bluetooth, les fours à micro-ondes, les téléphones sans fil … Attention, ces bandes sont
différentes selon les pays !
bandes de téléphonie GSM : GSM900 entre 880 et 915 MHz pour la voie montante et entre
925 et 960 MHz pour la voie descendante. GSM1800 entre 1710 et 1785 pour la voie
montante et entre 1805et 1880 MHz pour la voie descendante.
bandes de téléphonie UMTS -fréquences FDD : 1920-1980 MHz pour la voie montante,
2110-2170 MHz pour la voie descendante.
bandes de téléphonie 4G - LTE : bande des 800 MHz : 832-862 MHz pour la voie montante,
791-821 MHz pour la voie descendante. Bande des 2600 MHz : 2500-2570 MHz pour la
voie montante, 2620-2690 MHz pour la voie descendante.
bande radio FM : 87,5 – 108 MHz.
bandes Télévision Numérique Terrestre (DVB-T) : bande IV 470-606 MHz et bande V 606-
862 MHz.
bandes GNSS (Global Navigation Satellite System) : GPS (USA), GLONASS (Russie),
Galileo (Europe), Compass (Chine), QZSS (Japon), IRNSS (Inde). Bande L1, E1 et E2 :
1559 MHz à 1610 MHz.

3. Structure typique des émetteurs/récepteurs radiofréquences


Il est difficile de généraliser tous les émetteurs/récepteurs radio par un unique schéma de
principe, tant les technologies peuvent varier d'une application à l'autre (émetteur/récepteur radio pour
une liaison satellite, une station de base pour téléphonie mobile, pour la RFID …). Néanmoins, nous
pouvons retrouver des structures et des fonctions communes, que nous allons illustrer au travers de
plusieurs exemples concrets de transmission d'un signal digital. La structure typique des étages de
transmission/réception radio de signaux numériques peut être décrite par la figure 3.

A. Boyer 5
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Transceiver RF
Antenne
Signal analogique Dispositifs RF
bande de base (duplexeur, switch RF)
Codage
bande de Front-end RF
base Configuration
Ligne de
Réseau d’adaptation –
bande de base

transmission
Signal digital

Alimentation
statut, réveil
Filtre bande étroite
Contrôle,

Processeur Alimentation Power


bande de base management

Figure 3 – Structure d'un émetteur/récepteur radio numérique

Le cerveau de ce système est formé par un microcontrôleur ou processeur dit bande de base. Il
supporte l'application embarquée, élabore le signal numérique à transmettre ou traite le signal
numérique reçu. Celui-ci peut assurer un grand nombre de fonctions dans une application complexe
comme une tablette ou un smartphone (gestion de l'affichage, traitement audio, gestion des ports de
communication, gestion des réseaux sans fil …) via des périphériques dédiés et conformes à un ou
plusieurs standards donnés. En raison de sa complexité, du nombre important de fonctions embarquées
et de sa fréquence de fonctionnement élevée, celui-ci est très gourmand en énergie. Avec la
démocratisation des systèmes de télécommunications mobiles et autonomes en énergie, de nombreuses
innovations ont été développées pour réduire la consommation énergétique des processeurs en bande
de base. Des circuits dits de power management lui sont adjoints pour lui fournir des alimentations
stabilisées et la puissance nécessaire de fonctionnement.
Cependant, ces processeurs de bande de base n'intègrent pas les fonctions de
modulation/démodulation du signal, nécessaire à la transmission sans fil ou radiofréquence (RF) d'un
signal. Les technologies permettant le développement de fonctions digitales rapides et faible puissance
sont généralement incompatibles avec celles permettant de réaliser les fonctions de
modulation/démodulation avec de bonnes performances. Ces fonctions sont assurées par des
composants appelées MoDem ou Transceiver RF. Le processeur bande de base transfère et reçoit donc
le signal de bande de base et l'horloge symbole vers le transceiver. Il gère aussi l'activation, la
configuration, le réveil du transceiver RF et gère son statut (interruption, niveau de puissance du signal
reçu RSSI…).
Le transceiver RF est l'étage clé de tout émetteur-récepteur radio, faisant le lien entre le signal
numérique en bande de base et le signal radiofréquence propagé sur le canal radioélectrique. Il est
composé de deux parties plus ou moins complexes selon les applications visées et le coût : une
machine à état numérique assurant le codage bande de base et un circuit analogique appelé frontal
radiofréquence (front-end RF) assurant la transposition du signal de la bande de base vers la fréquence
porteuse. Le transceiver intègre donc l'ensemble des fonctions pour l'émission ou la réception du
signal radiofréquence, qui peuvent être résumées de la manière suivante :
• mise en forme du signal digital bande de base, modulation, amplification pour fournir
un signal suffisamment puissant pour exciter l'antenne d'émission
• amplification faible bruit du signal capté par l'antenne de réception, démodulation,
récupération du débit de symbole, détection du signal et décision, mise en forme du
signal digital bande de base

Avec l'amélioration des technologies de conception des circuits intégrés, ces différentes sont
de plus en plus intégrées au sein d'un même circuit. On parle de RFIC (Radiofrequency Integrated
Circuit).

A. Boyer 6
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

L'antenne constitue soit le point d'entrée, soit le point de sortie du signal RF reçu ou à
transmettre. Son rôle est de convertir l'énergie électrique du signal qui l'excite en énergie
électromagnétique transportée par une onde électromagnétique se propageant librement et
inversement, de convertir l'énergie transportée par une onde électromagnétique en énergie électrique.
Les performances du système en terme de portée vont fortement dépendre des caractéristiques de
l'antenne, mais aussi de l'environnement de propagation. Ainsi, la présence d'obstacles proches ou
lointains, en mouvement ou non, larges ou non, va modifier la propagation des ondes
électromagnétiques et induire une atténuation et/ou un étalement temporel du signal reçu.
Néanmoins, on trouve d'autres dispositifs dans ce système, qui vont avoir un impact important
sur les performances générales de la transmission ou de la réception. De nombreux filtres (passifs,
Surface Accoustic Wave (SAW)) sont ajoutés entre le transceiver et l'antenne de manière à limiter
l'occupation spectrale du signal transmis ou réduire l'influence des interférences hors bande. Il faut
rappeler que les radiocommunications se font toujours sur des bandes de fréquence étroites, soit sur
des bandes de fréquence à licence, soit sur des bandes dites libres mais avec restrictions. Des
dispositifs RF spécifiques sont parfois ajoutés : par exemple, des duplexeurs afin de séparer la voie RF
montante de la voie RF descendante, des switchs RF pour connecter une source sur une antenne parmi
N.
Enfin, ces différents composants échangent des signaux électriques rapides le long de lignes
de transmission. On trouve des liens digitaux entre le processeur bande de base et le transceiver, et des
liens RF entre le transceiver et l'antenne. La transmission d'un signal électrique correspond en réalité à
la propagation d'une onde électromagnétique guidée le long d'une ligne de transmission. Les
caractéristiques de ces lignes de transmission vont fortement influer sur la qualité des signaux
échangés ou sur la puissance électrique délivrée. Des réseaux d'adaptation sont indispensables pour
limiter certains effets néfastes liés à la propagation guidée sur une ligne de transmission.

Ci-dessous, deux circuits sont donnés à titre d'exemple pour illustrer les fonctions typiques des
transceivers et les processeurs bande de base. Il convient de préciser qu'ils ne sont pas représentatifs de
tous les transceivers ou processeurs bande de base, dont les fonctions, performances et caractéristiques
varient selon l'application désirée et le marché visé.

a. Exemple de transceiver RF - OL2381


Nous présentons un exemple de transceiver RF, OL2381 développé par NXP. Ce circuit
intégré est dédié aux applications de télémétrie fonctionnant sur les bandes ISM/SRD (315, 434, 868 et
915 MHz, selon les pays) : smart metering, remote keyless entry, capteur sans fil … Il contient
l'ensemble des fonctions permettant le codage ou le décodage en bande de base, la
modulation/démodulation du signal, l'amplification, le filtrage du signal RF, et la récupération des
données digitales reçues. Celui-ci fonctionne avec un microcontrôleur, qui le configure, envoie ou
reçoit des données via une liaison série standard (SPI). Ce type de circuit intégré permet de limiter le
nombre de composants différents pour réaliser toutes les fonctions qu'intègrent le transceiver, ce qui
limite le coût, la complexité et le temps de développement, mais aussi l'encombrement de l'application.
La figure ci-dessous présente le schéma-bloc du composant, qui contient des fonctions très courantes
dans les transceivers RF, et les connexions typiques avec le microcontrôleur (SPI/DATA) et vers
l'antenne d'émission/réception via le réseau d'adaptation (RF_IN et RF_OUT).

A. Boyer 7
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Figure 4 – en haut : schéma-bloc de l'OL2381; en bas : montage typique d'une application utilisant l'OL
2381 (NXP)
On retrouve les fonctions suivantes :

le codage bande de base : codage Manchester des données, contrôle du débit de symbole,
filtrage bande de base, détection des données digitales
gestion des horloges pour la génération des porteuses (bloc PLL) et la récupération de
l'horloge symbole à partir des données reçues (clock recovery)
modulation/démodulation FSK et ASK réglable et filtrage bande étroite
réglage automatique du gain pour accroître la dynamique de réception et régler la puissance
d'émission de manière optimale
récupération du Residual Signal Strength Indicator (RSSI), défini sur 8 bits (indication du
niveau de puissance du signal reçu)
machine à état SPI pour le dialogue avec le microcontrôleur
fonction de réveil du circuit dès réception des données
gestion de différentes signatures du signal reçu afin de basculer de configuration

A. Boyer 8
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

….

Le tableau ci-dessous liste quelques unes des caractéristiques radio de ce composant.


Paramètres Conditions Valeurs
Bande 315 MHz 300 - 320 MHz par pas de 150Hz
Bande 434 MHz 415 - 450 MHz par pas de 200 Hz
Fréquence porteuse RF
Bande 868 MHz 865 - 870 MHz par pas de 400Hz
Bande 915 MHz 902 - 928 MHz par pas de 415 Hz
Modulation Débit de symbole 0.4 - 112 kBds par pas de 0.1 KBds
Puissance de sortie De -15 à 11 dBm par pas de 1 dB
Sortie RF
Impédance de charge 150 Ω
Bande passante (channel filter B) 50 à 300 kHz
Noise figure 7 dB typique
Sensibilité pour BER < 10-3 -112 dBm typique en FSK, pour B=50 kHz et 2.4
(dépendant de la modulation, du Kbits/s
débit de symbole, du channel filter) -110 dBm typique en FSK, pour B=50 kHz et 4.8
Réception
Kbits/s
-105 dBm typique en FSK, pour B=100 kHz et
20 Kbits/s
-118 dBm typique en ASK, pour B=50 kHz et
2.4 Kbits/s
RSSI Dynamic range 130 dB (-120 dBm à +10 dBm)

Afin de faciliter l'intégration de ce composant dans des applications mobiles et autonomes en


énergie, il fonctionne sous de faibles tensions d'alimentation (2.1 V - 3.6 V), consomme peu (16 mA
en réception, 13 mA en transmission d'un signal de 6 dBm de puissance, 0.5 µA en mode ultra low
power). De plus, les applications radio étant soumises à des exigences sévères en terme d'occupation
spectrale et de compatibilité électromagnétique, celui-ci est conforme à de nombreux standards
valables dans de nombreux pays (ETSI EN300220 en Europe, FCC part 15 pour les USA).

b. Exemple de processeur bande de base - Snapdragon 800


Nous présentons ici un exemple de processeurs bande de base, Snapdragon 800 développé par
Qualcomm. Ce processeur est dédié aux smartphones, tablettes et Smart TV. Il est notamment
embarqué dans les smartphones ou tablettes suivantes : Sony Xperia Z Ultra, Amazon Kindle Fire
HDX, Samsung Galaxy S4 LTE+.
Il s'agit d'un système sur puce ou System-on-Chip (SoC), c'est-à-dire que ce composant
intègre sur une même puce de nombreuses fonctions, ce qui réduit fortement la surface occupée et le
nombre de composants nécessaires à cette fonction. Celui-ci est conçu dans une technologie avancée
(CMOS 28 nm High Performance) pour garantir une faible consommation électrique. La figure ci-
dessous décrit les principales fonctionnalités de ce composant.

Figure 5 – Vue d'ensemble des fonctions du processeurs Snapdragon 800 (www.qualcomm.com)

A. Boyer 9
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Ce processeur intègre trois processeurs :


un CPU (4 cœurs Krait400, équivalent d'un cœur ARM Cortex A15) dédié à l'exécution des
programmes embarqués. Il supporte différents OS (Windows Phone, Android, Linux…).
un GPU (processeur Adreno 330) dédié à la gestion de l'affichage graphique. Il supporte de
nombreux formats. Il est couplé avec les autres périphériques multimédia (caméra 21 Mpx,
vidéo ultra HD …)
un DSP (Hexagon QDSP6) dédié à l'ensemble des traitements audio (musique et voix)

Il intègre aussi les fonctions de gestion de puissance, nécessaire pour optimiser la


consommation du mobile et assurer une recharge rapide, et de connectivité : modem 3G/4G LTE,
WiFi, Bluetooth, USB et GPS. Il intègre donc l'ensemble des fonctions bande de base pour ces
différents systèmes. Pour assurer la connectivité RF complète, il est nécessaire pour chacun des
systèmes de communication d'ajouter un transceiver RF, un amplificateur de puissance, un switch RF
et les réseaux d'adaptation. Ces différentes éléments d'un front-end RF ne sont pas aujourd'hui
intégrable efficacement sur un circuit digital.

4. But de ce cours
Ce cours vise à fournir les connaissances de base sur les antennes utilisées dans les
radiocommunications, et de fournir les outils de base pour la compréhension des phénomènes de
propagation des ondes électromagnétiques (propagation libre ou propagation guidée sur ligne de
transmission). Le but de ce cours est triple :
comprendre le principe de fonctionnement d’une antenne, leurs caractéristiques et connaître
les principaux types d’antennes employées pour les radiocommunications.
comprendre les problèmes liés à la propagation guidée sur une ligne de transmission,
notamment les problèmes d'adpatation d'impédance, et les solutions employées.
disposer de modèles permettant d'estimer l'effet de l'environnement sur la propagation d'un
signal, notamment l'atténuation de parcours. Ces modèles dits de propagation permettent de
faire le lien entre la perte de propagation issue d'un calcul de bilan de liaison (voir cours de
canaux de transmission bruités) et la portée de ce lien RF (c'est-à-dire la distance maximale
de séparation entre l'émetteur et le récepteur garantissant des conditions de réception
acceptable).
Le cours est orienté de la manière suivante : le premier chapitre revient sur des notions
d’électromagnétisme afin de mieux comprendre le principe de fonctionnement d’une antenne et la
propagation guidée d'une ligne de transmission. Le second chapitre présente les caractéristiques
principales d’une antenne, en se concentrant uniquement sur les antennes utilisées en émission. A
l’issue de ce chapitre, vous devrez être capables de « décoder » la datasheet d’une antenne.
Dans le troisième chapitre, les principaux types d’antennes utilisées pour les
radiocommunications sont présentés (dipôles, boucle, antenne patch, ouverture rayonnante …). Des
formules pratiques sont données pour un premier dimensionnement de ces antennes. Cependant, en
raison de la complexité de la résolution des équations de Maxwell, la conception d’antenne repose
essentiellement sur l’utilisation de simulateur numérique.
Le quatrième chapitre est dédié à la résolution des problèmes d'adaptation d'impédance des
lignes de transmission et des antennes, qui garantissent un transfert de qualité des signaux. Un outil
graphique appelé diagramme de Smith sera présenté et employé afin de dimensionner les réseaux
d'adaptation d'impédance.
Le cinquième chapitre est dédié aux antennes de réception : les relations permettant de relier le
champ incident et la puissance reçue par l’antenne sont présentées, l’équation de Friis, aussi appelée
aussi équation des télécommunications, est introduite car elle permet de faire des bilans de liaisons
radio simplifiée. Il s’agit d’un modèle de propagation très restrictif car uniquement valable en espace
libre, mais le but de ce cours n’est pas de présenter en détail les modèles de propagation. Cette version

A. Boyer 10
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

de ce cours omet donc ces notions. Enfin, les notions de diversité spatiale et de polarisation sont
présentées. Le sixième chapitre traite des réseaux d’antennes, qui permettent littéralement de « tailler »
un diagramme de rayonnement complexe à partir d’éléments rayonnants basiques. Les principes de
base des réseaux sont présentés. Ces bases sont nécessaires pour aborder certaines techniques de
pointe utilisées aujourd’hui en télécommunications. La fin de ce chapitre en abordera certaines.
Enfin, le dernier chapitre proposera une liste non exhaustive de modèles de propagation pour
les environnements terrestres, en environnement extérieur et intérieur. Ces modèles sont primordiaux
lors du dimensionnement de réseaux de téléphonie mobile, de réseaux sans fil locaux (par exemple
WiFi), de réseaux de radio ou télédiffusion, de réseaux de capteurs sans fil, d'application de RFID …

A. Boyer 11
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

A. Notions fondamentales

Le but de ce chapitre est de revenir sur certaines notions fondamentales d’électromagnétisme


avant de se concentrer sur les antennes et les problèmes de transmission du signal sur une support. La
première partie s'intéresse à la génération d'une onde électromagnétique se propageant librement dans
l'espace. Il s’agira de répondre aux questions suivantes : pourquoi une antenne rayonne t-elle ? Qu’est-
ce qu’une onde électromagnétique ?
Ensuite, nous donnerons les éléments théoriques permettant de comprendre le transport d'un
signal électrique le long d'une ligne de transmission. Il s'agit de la propagation guidée sur un support
matériel d'une onde électromagnétique. Nous chercherons à déterminer quelles sont les conditions qui
permettent de transmettre sans distorsion un signal électrique (on parlera alors de dégradation de
l'intégrité du signal) et d'optimiser le transfert de puissance. Le premier point concerne tout
particulièrement la transmission de signaux digitaux rapides, alors que le second point concerne le
transfert de puissance électrique entre un émetteur/récepteur radio et une antenne.

I. Quelques rappels d’électromagnétisme


Les charges électriques au repos peuvent exercer des forces électriques entre elles, cette action
à distance se fait par l’intermédiaire d’un champ électrique. Toute charge électrique Q immobile créé
un champ électrique E dans l’espace environnant, qui décroit inversement avec le carré de la distance.
r
E r Q r
E (r ) = r Équation 1
4πεr 3
Charge Q

De la même manière, toute circulation de courant (c'est-à-dire des charges en mouvement) à


travers une interconnexion élémentaire est à l’origine d’un champ magnétique tournant autour de la
ligne. Cette ligne exercera une force à distance sur toute autre interconnexion parcourue par un
courant.
r
B r r
r µ J ∧r
B(r ) = 0
4π ∫ 3 dv
dv r
Équation 2
J

Les charges électriques et les courants constituent donc les sources élémentaires des champs
électromagnétiques. Les deux cas précédents correspondent au cas où les charges sont immobiles
(électrostatique) et les courants continus (magnétostatique), qui conduisent à des champs constants
dans le temps. Cependant, l’action d’une charge ou d’un courant n’est pas instantanée et est retardée
par un temps t = r/c, où c est la vitesse de la lumière. Ainsi, tout mouvement de charges ou toute
variation de courant induira une variation de champ électrique ou magnétique en un point donné de
l’espace après un temps de retard donné.
Bien qu’en électrostatique et en magnétostatique les champs électriques et magnétiques soient
indépendants, cela n’est plus le cas dès que la quantité de charge ou le courant varient. Les champs
électriques et magnétiques sont alors liés. On parle alors de champ électromagnétique. Par exemple,
dans un circuit électrique soumis à un champ magnétique, un courant se mettra à circuler en raison de

A. Boyer 12
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

l’apparition d’une force électromotrice, elle-même liée au champ électrique induit par la variation de
champ magnétique (loi de Faraday).

II. Une manière simple de comprendre l’origine du


rayonnement électromagnétique
Toute charge et tout mouvement de charge sont capables de créer des champs électriques et
magnétiques autour d’eux et devraient être capables de produire un rayonnement électromagnétique
(création d’une onde électromagnétique qui se propage librement dans l’espace). Cependant, dans la
nature, quasiment tous les objets ne rayonnent pas. En effet, la plupart des objets contiennent des
charges positives et négatives en équilibre, si bien que les champs électriques que chacune de ces
charges génèrent s’annulent. Lorsqu’un courant circule le long d’une interconnexion, les charges
véhiculées ne s’accumulent pas au bout de l’interconnexion, mais reviennent par un autre chemin,
formant ainsi une boucle. Ainsi, le champ magnétique créé par chaque élément de cette boucle
s’additionne avec la contribution des autres et annulent quasiment le champ magnétique total à grande
distance.
Alors comment une antenne fait-elle pour rayonner ? Intuitivement, on sent qu’il faut qu’il y
ait un déséquilibre dans la distribution de charges et les courants parcourant l’antenne, par exemple
produit par toute variation temporelle du courant ou toute discontinuité dans l’antenne conduisant à
une accumulation de charges. Ceci pour empêcher l’annulation de la contribution de chaque charge et
de chaque élément de courant de l’antenne. Dans l’exemple suivant [Dobkin], un courant continu se
met à parcourir une petite boucle carrée à t = 0. Bien que les contributions des 2 côtés de la boucle
(notés éléments 1 et 2) soient identiques en amplitude et de signe inverse, la contribution de l’élément
1 de l’antenne arrive un peu avant celle de l’élément 2 (ou les contributions des 2 éléments sont
déphasées), permettant la création d’un rayonnement électromagnétique pendant un temps très bref. Si
maintenant un courant variable se met à parcourir la boucle, un rayonnement électromagnétique sera
produit continuellement.
Point
d
d’observation

I I r H(r)
d/c

Élément 2 Élément 1

0 r/c t
Figure 6 - Rayonnement électromagnétique créé par la variation d’un courant dans un circuit de petite
taille [Dobkin]
On peut donc voir le rayonnement électromagnétique comme la résultante des différences de
phase des contributions de chaque élément de l’antenne.

Remarque : zones de champ proche et de champ lointain


Dans le raisonnement précédent, on considère que la taille de l’antenne est petite devant la
distance R la séparant du point d’observation. La contribution de chaque partie de l’antenne a alors à
peu près la même amplitude. Supposons maintenant que le point d’observation soit placé près de
l’antenne, de telle manière à ce que la partie de l’antenne la plus proche fournisse la plus grande
contribution aux champs électriques et magnétiques. Ceux-ci résultent de la différence de distance
entre chaque partie de l’antenne. Le point d’observation est placé en zone dite de champ proche (voir
annexe B). Lorsqu’on parle de rayonnement, le point d’observation est placé en champ lointain, le
rayonnement est dû à la différence de phase des champs électriques et magnétiques produits par
chaque partie de l’antenne

A. Boyer 13
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

La figure 7 présente de manière générale le champ électromagnétique produit par une antenne
parcourue par un courant sinusoïdal. Celui-ci se propage à la vitesse de la lumière, son amplitude
décroit avec la distance et sa phase varie avec la distance en fonction d’une constante de phase ou
d’onde β.
Point
d’observation
Antenne (longueur
effective Leff)
exp( −iβ r )
r phase = Leff .I . exp(iωt )
I exp(iωt) r
r
délai =
c
r
phase = ω × = β .r
c
Figure 7 - Rayonnement électromagnétique produit par une antenne de longueur effective Leff et
parcouru par un courant sinusoïdal

III. Equations de Maxwell


« Tout l’électromagnétisme est contenu dans les équations de Maxwell » [Feynman]. La
présentation des équations de Maxwell permet de donner un cadre un peu plus mathématique à la
discussion précédente. Pour plus de détails sur l’art de résoudre ces équations, reportez-vous à un
ouvrage d’électromagnétisme.

1. Présentation des équations de Maxwell

La répartition des champs électriques et magnétiques dans l’espace produite par une
distribution donnée de charges et de courants peut être déterminée en résolvant les équations de
Maxwell. En outre, celles-ci permettent de déterminer comment l’onde électromagnétique se propage
dans l’espace. Pour un milieu homogène et isotrope (cas général de la propagation en espace libre ou
guidée), celles-ci sont données par les équations 3 à 7.

ρ
Equation de Maxwell-Gauss div E = Équation 3
ε
Equation de Maxwell-
Thompson div B = 0 Équation 4

Equation de Maxwell- dH
Faraday rot E = − µ Équation 5
dt

Equation de Maxwell- dE
Ampère rot H = σ E + ε Équation 6
dt

Avec :
ρ : densité volumique de charge

A. Boyer 14
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

ε : permittivité électrique (F/m). A noter ε0 : permittivité diélectrique dans le vide (= 8.85e-


12) et εr : permittivité électrique relative telle que ε = ε0× εr
µ : perméabilité magnétique (H/m). A noter µ0 : permittivité diélectrique dans le vide (=
4π.10-7) et µr : permittivité magnétique relative telle que µ = µ0× µr
σ : conductivité électrique du milieu (S/m)

L’équation de Maxwell-Gauss (issue du théorème de Gauss) indique que toute distribution de


charges dans l’espace conduit à l’apparition d’un champ électrique, de telle sorte que pour tout volume
contenant ces charges, le flux du champ électrique sortant de cette surface est proportionnel à la
somme de toutes les charges.

L’équation de Maxwell-Thompson indique qu’un courant induit un champ magnétique qui


forme une boucle autour de ce courant. Contrairement au champ électrique créé par une charge, le flux
de champ magnétique sortant de toute surface entourant la ligne parcourue par un courant est nul. En
comparant cette équation avec celle de Maxwell-Gauss, on peut en conclure qu’il n’y a pas de charges
magnétiques analogues aux charges électriques.

L’équation de Maxwell-Faraday est issue de la loi de Faraday et décrit le phénomène


d’induction d’une force électromotrice par un champ magnétique variable. Le flux d’un champ
magnétique variable à travers toute surface incluse à l’intérieur d’un contour fermé donne naissance à
une force électromotrice.

L’équation de Maxwell-Ampère permet de relier le champ magnétique au courant circulant


dans un circuit. Elle est issue de la loi d’Ampère rot H = I C qui relie le champ magnétique au
courant de conduction I C = σE . Il s’agit du flux d’électrons apparaissant dans un conducteur
électrique entre chaque molécule lorsqu’on le soumet à une force électromotrice. Cependant, cette
équation n’est pas suffisante pour expliquer l’existence d’un courant alternatif dans un circuit
comprenant un condensateur. L’isolant présent entre chaque armature d’un condensateur ne permet
pas la présence d’un courant de conduction à travers celui-ci. Cependant, sous l’influence du champ
électrique variable apparaissant entre les 2 armatures chargées du condensateur, la variation de charge
est identique sur les 2 armatures. Ce flux de charge en mouvement est appelé courant de déplacement
dE
ID = ε .
dt

2. Interprétation
Que se passe t-il lorsqu’un courant de conduction variable traverse un fil ? D’après l’équation
de Maxwell-Ampère, un champ magnétique variable est produit au voisinage de ce fil. Localement
autour de ce point, il y a une variation du flux du champ magnétique qui, d’après l’équation de
Maxwell-Faraday, va donner naissance à un champ électrique variable. Localement, cette variation de
champ électrique donne naissance à un champ magnétique et ce processus continue de proche en
proche. Les champs électriques et magnétiques se propagent conjointement à l’image d’une vague. La
résolution des équations de Maxwell montre que la vitesse de déplacement des champs est une
constante c égale à la vitesse de la lumière.

3. Rayonnement électromagnétique d’une source électrique


Les courants et les charges sont les sources primaires du champ électromagnétique. Selon le
principe de Huygens, elles rayonnent dans l’espace des ondes sphériques dont la propagation est
exp(−iβ r ) exp(−iβ r )
fonction de . Ainsi, tout courant I0 créé un rayonnement proportionnel à I 0 et
r r

A. Boyer 15
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

exp(−iβr )
chaque charge Q0 un rayonnement proportionnel à Q0 . Il est possible d’exprimer la
r
contribution de toute source primaire caractérisée par une distribution volumique de courant IM et de
charge QM en un point P par les potentiels scalaires V et vecteur A.
µ exp(−iβ r )
A( P) = ∫
4π v
IV
r
dv Équation 7

1 exp(−iβ r )
4πε ∫
V ( P) = Q V dv Équation 8
v
r
A partir de ces potentiels, il est possible de calculer les champs électriques et magnétiques en
tout point de l’espace :

dA
E=− − gradV Équation 9
dt
1
H= rot A Équation 10
µ

IV. Onde électromagnétique – Propagation des ondes en


espace libre
A partir des équations de Maxwell, il est possible de déterminer la distribution dans l’espace
des champs électriques et magnétiques produits par une source. Le couple formé par les champs
électriques et magnétiques forme une onde électromagnétique. Ce terme vient du fait que, en raison
des liens qui existent entre ces 2 champs, ceux-ci gagnent tout le milieu ambiant de proche en proche
ou se propagent, à l’image d’une onde qui se forme à la surface d’un lac dans lequel on aurait jeté une
pierre.
Nous allons commencer par donner quelques éléments de démonstration succincts de ce
comportement. Il est conseillé de se reporter à des ouvrages d’électromagnétisme pour un
développement plus détaillé et rigoureux.

1. Equation de propagation
La résolution des équations de Maxwell va nous permettre de déterminer l’équation de
propagation des champs. Nous ne considérerons ici que le cas d’un milieu de propagation sans pertes
caractérisé par une constante diélectrique et magnétique réelle, où il n’y a donc aucune charge et
courant. En combinant alors les équations de Maxwell-Ampère et de Maxwell-Faraday, il est possible
d’écrire les 2 équations différentielles dites de propagation :

d2E
∆ E − εµ = 0 Équation 11
dt 2
r
r d 2H
∆H − εµ = 0 Équation 12
dt 2

Les solutions à ces 2 équations se comportent comme des ondes qui se propagent à la vitesse
1
v: v= . Dans le vide ou dans l’air, cette vitesse est notée c et est égale à
ε ×µ

A. Boyer 16
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

1 c
c= = 3.10 8 m / s . De manière générale, la vitesse peut s’écrire v = , en
ε 0 × µ0 ε r × µr
fonction de la permittivité électrique relative εr et la perméabilité magnétique relative du milieu µr.
Une onde qui se propage est appelée onde progressive.

En régime sinusoïdal et en considérant l’axe z comme la direction de propagation, la solution


aux équations de propagation s’écrit :
r r r
E ( z , t ) = E. exp j (ωt − β z ) = E ( z ). exp j (ωt ). exp j (− β z )
r r r Équation 13
H ( z , t ) = H . exp j (ωt − βz ) = H ( z ). exp j (ωt ). exp j (− β z )
β est la constante de phase et caractérise la propagation :
ω 2π
β= = ω ε .µ = Équation 14
v λ
Remarque : propagation dans un milieu à pertes
Un milieu à pertes est caractérisé par un diélectrique présentant des pertes telles que la
σe
permittivité électrique s’écrit : ε = ε ′ − i . Les équations de propagation restent quasiment
ω
identiques, hormis qu’on remplace la constante de phase β par un paramètre de propagation
γ = α + iβ , où α est le paramètre d’atténuation qui traduit l’affaiblissement de la propagation. Ainsi,
en se propageant, l’amplitude de l’onde est atténuée par un facteur exp(−αz ) . Dans un environnement
réel, une antenne peut être entourée de nombreux objets (voire d’êtres humains) qui vont absorber une
partie de l’énergie transportée par l’onde électromagnétique (voir annexe D). Selon les propriétés du
milieu et la fréquence, cet affaiblissement exponentiel sera plus ou moins rapide. Elle est caractérisée
par la profondeur de pénétration (ou épaisseur de peau pour les bons conducteurs) :
1 1
δ= = Équation 15
α πµσf
Au-delà d’une épaisseur δ, l’onde est atténuée d’un facteur e-1 = 0.37 dans un matériau à
pertes. Un conducteur parfait présente une épaisseur de peau quasi nulle et est capable d’arrêter une
onde électromagnétique quel que soit la fréquence. Par exemple, dans un bon conducteur comme le
cuivre (σ=57 MS), l’épaisseur de peau est égale à 0.08 mm à 1 MHz et 2.5 µm à 1 GHz.

2. Surface d’onde et onde plane


On appelle surface d’onde l’ensemble des points de l’espace atteints à un instant t par une
onde émise à un instant antérieur t0. La phase de l’onde identique en tout point de cette surface,
l’amplitude ne l’est qu’à condition que la source rayonne de manière isotrope dans toutes les directions
de l’espace. Dans le cas d’un milieu de propagation isotrope et homogène, la vitesse de propagation
est identique dans toutes les directions de l’espace et la surface d’onde est une sphère. On parle alors
d’ondes sphériques.
Loin de la source, l’onde peut être vue localement comme une onde plane. Localement, les
champs électriques et magnétiques ont la même valeur en tout point du plan d’onde.

3. Propriétés d’une onde électromagnétique plane


Nous allons chercher à donner une image à l’onde électromagnétique issue des équations de
propagation en régime sinusoïdale (équation 13). On considère que l’onde se propage le long de l’axe

A. Boyer 17
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

z. A grande distance de la source, l’onde est localement une onde plane. A partir des équations de
Maxwell, il est possible de montrer les propriétés suivantes :
Les champs E et H sont perpendiculaires à la direction de propagation. Ils sont donc inclus
au plan d’onde. On parle alors d’onde transversale électromagnétique (onde TEM)
Les champs E , H et la direction de propagation forment un trièdre direct. Les champs E et
H sont donc perpendiculaires entre eux.
Dans le cas d’un milieu de propagation sans pertes, les champs E et H sont en phase et sont
reliés entre eux par l’équation 16.

E µ
= =η Équation 16
H ε
η est appelé impédance d’onde du milieu. Dans le vide, η = η0 = 120π ≈ 377 Ω.
La figure 8 représente une vue d’une onde électromagnétique dans l’espace à un instant donné.
L’onde est formée par la superposition des champs électriques et magnétiques qui évoluent de manière
sinusoïdale dans l’espace. A un instant après, la position des maximums et des minimums de champs
se déplaceraient le long de l’axe z, indiquant la propagation de l’onde. A noter la longueur d’onde qui
correspond à la distance entre 2 maximums de l’onde. Celle-ci se calcule à l’aide de l’équation 17.
c
λ= Équation 17
ε r µr × f
Longueur d’onde λ

H Plan H

Plan E Direction de
propagation

3
Figure 8 – Représentation d’une onde électromagnétique TEM se propageant dans l’espace

Remarque : Approximation quasi-statique


La dimension d’une antenne est dite électriquement courte lorsqu’elle est très petite devant la
longueur d’onde. Dans ce cas, il est possible de résoudre facilement un grand nombre de problème
électromagnétique en utilisant l'approximation quasi-statique. Le phénomène de propagation de l'onde
électromagnétique peut alors être négligé : l’onde électromagnétique, le champ électrique, magnétique
ou le courant sont jugées constants en tout point de l’antenne. De manière empirique, on considère
qu’une dimension ou qu'une distance l est faible devant la longueur d’onde si :
λ
l<
10
L'approximation quasi-statique est donc utilisable en basse fréquence. Mais il est bien sûr
important de préciser ce que signifie "basse fréquence". Tout dépend du rapport entre les dimensions
géométriques du problème et la longueur d'onde aux fréquences considérées.

Remarque : plans E et H
Pour une antenne à polarisation rectiligne, on appelle le plan E le plan formé par la direction
de propagation et par la direction du champ électrique. Le plan H est celui formé par la direction de
propagation et par la direction du champ magnétique.

A. Boyer 18
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

4. Polarisation d’une onde électromagnétique


On définit la polarisation d’une onde électromagnétique comme la direction du champ
électrique. En se plaçant dans un repère sphérique ayant pour origine la source de l’onde avec l’axe r
orienté le long de la direction de propagation, on peut décrire la direction du champ E par la relation
suivante :
r r r
E = Eθ ⋅ uθ + Eϕ ⋅ uϕ
Eθ = A. sin (ωt + φθ ) Eϕ = B. sin (ωt + φϕ )
Équation 18

Si les deux composantes du champ électrique vibrent en phase ou en opposition de phase


( φθ = φϕ ± π ), les champs E et H conservent une direction constante dans le temps. La polarisation
est dite rectiligne. L’onde électromagnétique présentée à la figure 5 est rectiligne.
Sinon, la polarisation est elliptique et la direction du champ E varie dans le temps. L’extrémité
du vecteur représentant le champ électrique décrit une ellipse. Dans le cas particulier où les 2
composantes sont en quadrature ( φθ = φϕ ± π / 2 ), la polarisation est alors circulaire.
r r
uϕ uϕ
E E
B

r r

A uθ Eθ

Polarisation rectiligne : Le champ électrique Polarisation circulaire : Le champ électrique évolue


évolue dans l’espace à l’intérieur d’un plan dans l’espace le long d’une hélice
Figure 9 – Polarisation rectiligne et circulaire
La polarisation de l’onde dépend des caractéristiques de l’antenne émettrice. Ainsi, les
antennes filaires présentent une polarisation rectiligne. Cependant, la polarisation d’une onde peut être
modifiée par le milieu de propagation et les objets environnants. Par exemple, le passage d’une onde à
travers un milieu chargé (comme le passage d’une onde à travers l’ionosphère terrestre) conduit à une
rotation du plan de polarisation par effet Faraday et donc à l’introduction de déphasage de
propagation.

5. Puissance transportée par une onde électromagnétique


Dans un volume dV, une onde électromagnétique transporte une énergie composée de :
εE 2
une énergie électrique = dV
2
µH 2
une énergie magnétique = dV
2
εE 2 + µH 2 1
L’énergie totale est donc de dV = E.H .dV . On peut montrer que l’onde
2 c
transporte la puissance suivante, exprimée sous la forme d’un vecteur appelée vecteur de Poynting. H*
est le conjugué du champ magnétique.
1
P= E ∧ H * (W / m 2 ) Équation 19
2
Remarque :

A. Boyer 19
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Pour une onde progressive (comme une onde TEM), les champs E et H sont en phase, le
vecteur de Poynting est réel donc l’onde transporte une puissance active qui peut être fournie à une
charge. Si les champs E et H sont en quadrature, l’onde est stationnaire et le vecteur de Poynting est
purement imaginaire. L’onde ne transporte pas de puissance active.

Le fait qu’une onde électromagnétique transporte une puissance est à la base de deux types
d’applications fondamentales :
le transport d’énergie sans contact, imaginé par Nicolas Tesla et repris depuis plusieurs
années sous le nom de Wireless Power Transfer
le transport d’une information par une onde électromagnétique, à condition de la moduler,
utilisé par tous les systèmes de radiocommunication.

V. Propagation guidée sur une ligne de transmission


Une ligne de transmission est un support formé au moins de deux conducteurs électriques
assurant le transport du signal électrique, depuis un émetteur vers un récepteur. Comme nous allons le
voir dans cette partie, le transport du signal électrique correspond à la propagation guidée d'une onde
électromagnétique, produite par l'excitation de la ligne par l'émetteur. En pratique, ces lignes de
transmission prennent différentes formes, selon les distances de transfert du signal et son débit. La
figure ci-dessous donne un aperçu des différentes lignes de transmission selon l'échelle considérée. Le
"comportement électromagnétique" d'une ligne de transmission est à prendre en compte dès lors que sa
taille devient comparable à la longueur d'onde. Tant que l'approximation quasi-statique est valable, on
peut le négliger et la ligne de transmission peut être considérée comme une simple équipotentielle.
Aux fréquences où cette approximation n'est plus valide, il faut considérer les effets introduits par la
propagation de l'onde le long de la ligne. Comme nous allons le voir dans cette partie, ce
comportement électromagnétique peut avoir des conséquences néfastes sur la transmission d'un signal
s'il est ignoré : une dégradation du profil temporel du signal délivré à un récepteur digital (dégradation
de l'intégrité du signal) et une diminution de la puissance électrique fournie à un récepteur de type
antenne.
Réseau de distribution
> 10 kms électrique (fil de cuivre)

Réseaux filaires locaux


1 km
(paire torsadée, coaxial)

100 – 1 m

10 cms Carte électronique


(microruban, stripline)

Circuit intégré (bonding


1 cm wire, interconnexions
silicium)

1 mm

Echelle

Figure 10 – Lignes de transmission usuelles

A. Boyer 20
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

1. Modélisation d'une ligne de transmission


La transmission d’un signal électrique le long d’une interconnexion ou ligne de transmission
(ligne de circuit imprimé, câble) correspond en fait à la propagation guidée d’une onde
électromagnétique. La propagation s’effectue le long d’une ligne de transmission formée d’au moins 2
conducteurs : un conducteur aller et un conducteur retour (ou de référence). Dans ce cas particulier,
l'unique mode de propagation est appelée mode différentiel et est illustré dans la figure ci-dessous. Les
cas avec plus de trois conducteurs (multi transmission line MTL) ne sont pas abordés ici. Le but de
cette partie est déterminer la tension et le courant en tout point de la ligne, et principalement en entrée
du récepteur. Dans le cas où le récepteur est une antenne, nous serons principalement intéressés par la
puissance électrique active qui lui est délivrée. Comme le transport du signal électrique correspond à
la propagation guidée sur la ligne de transmission d'une onde électromagnétique à une vitesse finie,
cela aura des conséquences sur le profil temporel des tensions et des courants le long de la ligne.
Tout d'abord, établissons un modèle de la ligne de transmission. Nous établirons ensuite la
solution permettant de déterminer la tension, le courant et la puissance électrique au niveau du
récepteur. Toute interconnexion reliant un émetteur à un récepteur peut être ramenée au modèle
simplifié suivant : l’émetteur est modélisé par un générateur de Thévenin (source de tension idéale VG
en série avec une impédance interne complexe notée ZG), le récepteur est modélisé par une impédance
de charge complexe notée ZL, l’interconnexion par une ligne de transmission de longueur L. Nous
allons voir quelles sont les grandeurs qui permettent de la caractériser.

z
0 L
ZG
I(z,t)
Interconnexion
++++++
VG ZL
-------
Source du signal I(z,t)
(générateur de Charge
Ligne de
Thévenin équivalent)
transmission
Figure 11 – Modèle équivalent d'une ligne de transmission à 2 conducteurs
Analysons rapidement cette ligne du point de vue électromagnétique. En supposant que les
deux conducteurs de la ligne sont plongés dans un milieu homogène, en considérant qu'ils ont une
section uniforme et que leur séparation est négligeable devant la longueur d'onde, les charges et les
courants créent des champs électriques et magnétiques transversaux (Fig. 12), qui forment une onde
dite quasi-TEM. Comme pour le cas d'une onde électromagnétique en espace libre, celle-ci transporte
une puissance active. L’existence de ce mode TEM dépend de la fréquence. Lorsque la section de la
ligne de transmission n’est plus électriquement petite, de nouveaux modes de propagation que le mode
TEM peuvent apparaître. Cependant, pour des lignes de transmission de type ligne de circuit imprimé
ou des câbles coaxiaux, ces modes n’apparaissent qu’au dessus de plusieurs GHz. Nous les ignorerons
donc dans ce cours. Dans le cadre d'une propagation quasi-TEM, il est possible de définir une tension
et un courant en tout point de la ligne, qui ne sont rien d'autres que les représentations des champs E et
H existant autour des conducteurs en ce point (équations 20 et 21).
x

0 L z C
y
I(z,t) C1 C1
C1 Ht
++++++

Et Et Ht
-------
C0
I(z,t)
C0 C0

Figure 12 – Mode de propagation quasi-TEM le long d'une ligne de transmission à 2 conducteurs

A. Boyer 21
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

I ( z , t ) = ∫ H t dl
C1

V (z , t ) = − ∫ Et dl Équation 20 Équation 21
C0 C

De la même manière que pour la propagation des ondes en espace libre, il est possible de
combiner les équations de Maxwell pour déterminer des équations permettant de déterminer les
équations de propagation de l'onde TEM le long d'une ligne de transmission : ces équations sont
appelées les équations des Télégraphistes (voir annexe D). Celles-ci, présentées ci-dessous, relient
les tensions et les courants en tout point d'un petit tronçon de ligne de longueur dz petit devant la
longueur d'onde à travers deux équations différentielles. Elles font apparaître les paramètres
électriques par unité de longueur de la ligne notés r, l, c et g. L'interprétation de ces équations
permettent d'établir un modèle électrique équivalent d'un tronçon de ligne électriquement court, où l'on
suppose que la tension et le courant sont constants (Fig. 13).
 dV ( z , t ) dI ( z , t )
 = − rI ( z , t ) − l
dz dt
 dI ( z , t ) dV ( z , t ) Équation 22
 = −c − gV ( z , t )
 dz dt
Conducteur Inductance l
Résistance r (stockage énergie
I (z,t) (pertes ohmiques) magnétique)
V (z,t) Conductance g
(pertes
dz << λ Capacité c diélectriques)
(stockage énergie
électrique)

Figure 13 – Représentation électrique d'un tronçon élémentaire d'une ligne de transmission


Les paramètres électriques par unité de longueur dépendent des propriétés géométriques et des
matériaux constituant la ligne. La résistance et la conductance correspondent à des pertes qu'on
cherche à minimiser. De nombreuses formulations existent pour calculer les paramètres r, l, c, g dans
le cas de lignes de géométrie simple. Ci-dessous, quelques exemples de lignes typiques à deux
conducteurs sont données, avec les valeurs des inductances et des capacités par unité de longueur. On
négligera dans la suite l'effet des pertes.

Paire bifilaire :
Cette ligne est constituée de 2 fils séparés par une longueur constante, généralement torsadés
pour limiter l'émission électromagnétique ou le couplage d'interférences électromagnétiques externes.
E
H

2a
I
I
D
µ0 µr  D  πε 0 ε r
l (H / m ) = ln − 1 Équation 23 c (F / m ) = Équation 24
π a  D 
ln  − 1
a 

A. Boyer 22
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Câble coaxial :

Blindage (tresse) E
externe Ame
centrale
H
Gaine (Isolant Isolant
externe) interne r1 r2

µ 0 r2 2πε 0 ε r
l (H / m ) = ln Équation 25 c (F / m ) = Équation 26
2π r1 r
ln 2
r1

Fil au-dessus d'un plan de masse :


Le plan de masse est une structure métallique portant la référence de tension (0 V) pour
l'ensemble des circuits d'un même système. Dans ce type de ligne, le conducteur de retour est constitué
par le plan de masse. Le courant aller passant par le fil revient par le plan de masse et est localisé sous
la ligne. Dans le cas où les pertes de ce plan sont faibles, celui-ci joue le rôle d'un plan image, c'est-à-
dire que tout se passe comme si le courant revenait par une ligne virtuelle, symétrique du fil par
rapport au plan de masse. De ce fait, cette ligne se comporte comme une ligne bifilaire dont les deux
fil sont séparés de 2 fois la hauteur du fil par rapport au plan de masse.

I
2a h
Plan de h
masse idéal
I

µ  2h  πε 0
l (H / m ) = ln  − 1 Équation 27 c (F / m ) = Équation 28
π  a   2h 
ln  − 1
 a 

Ligne microruban (microstrip line) :


Ce type de ligne est fréquemment rencontré dans les circuits imprimés. Elle ressemble au cas
précédent, hormis le fait que le milieu entourant cette ligne n'est pas homogène (air au-dessus de la
ligne, matériau isolant entre la ligne et le plan de masse). Néanmoins, on suppose qu'un mode de
propagation quasi-TEM existe en assimilant le milieu entourant la ligne à un milieu homogène de
permittivité relative effective εeff.
Plaque
diélectrique W Piste
conductrice
H
I εr

E h
Plan de
Ligne image
masse idéal

−1 / 2
εr +1 εr −1 h
ε eff = + 1 + 10  Équation 29
2 2  W

A. Boyer 23
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

µ  8h W  2πε eff ε 0
l (H / m ) = ln  +  Équation 30 c (F / m ) = Équation 31
2π  W 4h   8h W 
ln  + 
 W 4h 

2. Solution de l'équation des Télégraphistes


Dans le cas où les pertes sont négligeables, l'équation des télégraphistes présente une solution
décrite par l'équation 32 : la tension et le courant en tout point de ligne peuvent s'écrire comme la
superposition de deux ondes guidées par la ligne et se propageant dans deux directions opposées à une
vitesse v données par l'équation 33. On parle d'ondes incidentes et rétrogrades. La résolution de ces
équations est détaillée dans l'annexe D. Celle-ci n'est pas indispensable à la compréhension de ce cours
et nous n'utiliserons que les résultats qui ont un intérêt pratique pour la transmission des signaux et les
antennes.

 + z − z
V ( z , t ) = V  t − v  + V  t + v 
    Équation 32

 I ( z , t ) = I +  t −  + I −  t + 
z z
  v  v

v (m / s ) =
1 1
= Équation 33
lc µε
En tout point d'une ligne de section uniforme, le rapport tension sur courant des ondes
incidentes et rétrogrades est constant et égal à l'impédance caractéristique Zc. Comme la vitesse de
propagation, la géométrie et les propriétés électriques fixent l'impédance caractéristique d'une ligne.

V+ V−
Z C (Ω ) =
l
+
= − −
= Équation 34
I I c
Le rapport entre l'onde incidente et rétrograde dépend des conditions électriques aux deux
extrémités de la ligne, c'est-à-dire les impédances de charge ZG et ZL. Voyons de manière simple ce
qu'il se passe dans la ligne lorsqu'elle est excitée par le générateur. L’onde incidente est produite par
l’excitation de la ligne induite par le générateur. Elle se propage à la vitesse v dans la direction de la
charge tant que les caractéristiques de la ligne sont uniformes. Puisqu'il s'agit d'une onde quasi-TEM,
elle transporte une puissance active depuis l'émetteur jusqu'au récepteur (ondes progressives). Lorsque
cette onde arrive au niveau de la charge ZL, une partie de cette puissance est fournie à la charge.
Cependant, une partie de cette onde est réfléchie et donne naissance à l'onde rétrograde (Fig. 14). Cette
réflexion apparaît lorsque l'onde rencontre une discontinuité : le passage d'un milieu caractérisé par
une impédance Zc à un milieu caractérisé par une impédance ZL. La quantité d’onde réfléchie au
niveau de la charge est déterminée par le coefficient de réflexion au niveau de la charge (équation 35) :
il ne dépend que de l’impédance caractéristique et de l’impédance de charge. Il est compris entre -1 et
1. Lorsqu'il est nul, il n'y a pas de réflexion. Selon la valeur du coefficient de réflexion, la tension aux
bornes de la charge sera plus ou moins importante (équation 36).
0 L
ZG ZC
V+ Transmission
V-

VG V(z,t) ZL
Réflexion

Générateur de Charge
Thévenin
Ligne de
transmission
Figure 14 – Réflexion d'une onde incidente en bout de ligne et création d'une onde rétrograde

A. Boyer 24
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

 L
V − t + 
 v  Z L − ZC
ΓL = = Équation 35
 L  Z L + ZC
V + t − 
 v

 L  L
V (z = L, t ) = V +  t −  + V −  t +  = V + × (1 + ΓL ) Équation 36
 v  v
L'onde rétrograde se propage maintenant dans le sens inverse à la vitesse v et se superpose à
l'onde incidente. Selon le signe de l'onde rétrograde, la superposition avec l'onde incidente va donner
lieu à une interférence constructive ou destructive.
Arrivée au niveau du générateur, le même phénomène va se produire : une partie de la
puissance électrique transportée par l'onde rétrograde est délivrée à l'impédance ZG, l'autre partie
donne naissance à une nouvelle onde se propageant dans la même direction que l'onde incidente. La
quantité d'onde réfléchie au niveau du générateur est caractérisée par le coefficient de réflexion au
niveau du générateur (équation 37) et ne dépend que de l’impédance caractéristique et de l’impédance
de charge. Ce mécanisme de réflexion va se produire au niveau de la charge et du générateur à chaque
fois qu'un front d'onde les atteint.
 L
V − t + 2 
 v  Z G − Z C Équation 37
ΓG = =
+ L  ZG + ZC
V t − 2 
 v
En combinant les contributions des ondes réfléchies aux extrémités de la ligne, on peut
déterminer le profil temporel de la tension et du courant en tout point de la ligne. Nous allons voir
maintenant les conséquences sur le transport du signal : la dégradation éventuelle du profil temporel
du signal et de la puissance transportée par l'onde en bout de ligne. Celles-ci vont dépendre des
coefficients de réflexion à chaque extrémité de la ligne, et donc des rapports entre impédance
caractéristique et impédances de charge. On parlera alors des conditions d'adaptation d'impédance, que
nous allons préciser.

3. Transport d'un signal numérique - Intégrité du signal


Le profil temporel du signal en tout point de la ligne est égal à la somme de l'onde incidente et
de l'onde rétrograde. Comme nous venons de le voir, celles-ci dépendent des contributions des
réflexions produites aux extrémités de la ligne. Comme ces ondes ses propagent à une vitesse finie v,
cette somme dépend de la longueur de la ligne, de la position du point considérée, de la vitesse v et de
la longueur d'onde (ou de la fréquence). Selon que le signal excitant la ligne a une forme d'onde
complexe, le profil temporel du signal en tout point de la ligne sera aussi complexe.
La question du profil temporel d'un signal est importante lorsque celui-ci transporte une
information qui ne doit pas être corrompue, par exemple dans le cas du transport d'un signal
numérique. Généralement, les états binaires sont codés par l'amplitude du signal. Selon l'amplitude du
signal, le récepteur décide de l'état binaire transporté. Bien que peu sensible au bruit, il faut veiller à ce
que la forme du signal électrique ne subisse par de fortes fluctuations pendant le transport d'un état
binaire, sous peine d'une détection erronée de l'état binaire transporté.
Dans le cas du transport d'un signal numérique sur une ligne de transmission, assimilons
chaque transition binaire à un signal électrique de type échelon. Il va provoquer un front d'onde qui va
se propager le long de la ligne et se réfléchir de nombreuses fois à chaque extrémité de la ligne selon
les impédances de charge. Ces différentes contributions vont aussi se propager à une vitesse finie et se
superposées à la manière d'un écho. En observant le signal électrique reçu en bout de ligne (Fig. 15),
on voit non pas un front bien défini, mais un front suivi d'oscillations amorties, résultantes des
multiples rebonds des ondes incidentes et rétrogrades. Le temps d'établissement d'un signal stable

A. Boyer 25
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

augmente. Les forts dépassements (overshoot et undershoot) peuvent induire une mauvaise
interprétation du signal binaire ou causée des dégradations de l'émetteur ou du récepteur.
Overshoot
VL
Vdd
Niveau ‘1’
VIH
Undershoot Niveau
indéterminé
VIL
Niveau ‘0’ Ringing
0
t
Temps d’établissement
Figure 15 – Réflexion d'une onde incidente en bout de ligne et création d'une onde rétrograde
L'apparition de ces phénomènes transitoires conduisent à une dégradation de l'intégrité du
signal. Il est indispensable de garantir une bonne intégrité du signal pour éviter les erreurs binaires lors
du transport d'un signal numérique. voyons quelles sont les conditions dans lesquels il faut craindre
des problèmes d'intégrité du signal et comment les résoudre.
L’intégrité du signal concerne principalement les signaux digitaux rapides, c’est-à-dire dont le
temps d’établissement (temps de montée TR ou de descente TF) est de l’ordre du temps de
propagation Tp le long de la ligne (équation 38). Dans ce cas, le régime transitoire lié à la propagation
du signal le long de la ligne de transmission dure plus longtemps que le temps d’établissement, créant
ainsi une oscillation (ringing) au moment de la transition du signal.
L
TR < TP = Équation 38
v
L : longueur de la ligne de transmission
v : vitesse de propagation de l'onde le long de la ligne

Plus les coefficients de réflexion à chaque extrémité de la ligne sont importants, plus la
dégradation de l'intégrité du signal sera importante. Il convient donc d'annuler les coefficients de
réflexions, en assurant les conditions d'adaptation d'impédance à chaque extrémité de ligne. Cela
consiste à assurer une égalité entre l'impédance caractéristique de la ligne et les impédances de charge.
En pratique, cela consiste soit à concevoir des émetteurs et des récepteurs avec des impédances de
sortie ou d'entrée présentant une impédance donnée et de dimensionner une ligne avec la même
impédance caractéristique, soit d'ajouter un réseau d'adaptation d'impédance en sortie d'émetteur et en
entrée de récepteur, assurant les conditions d'adaptation d'impédance à chaque extrémité de ligne (voir
chapitre C).
ΓL = 0 ⇒ Z L = Z C
Équation 39
ΓG = 0 ⇒ Z G = Z C

4. Puissance délivrée à une charge


Selon le coefficient de réflexion au niveau de la charge, la puissance transportée par l'onde
incidente ne sera pas entièrement délivrée à la charge terminale. Nous verrons dans le prochain
chapitre qu'il s'agit d'une contrainte importante pour une antenne, dont le rôle est de convertir l'énergie
électrique qui lui est fournie en énergie rayonnée et transportée par une onde électromagnétique plane.
Il faut assurer que la majeure partie de l'énergie électrique que peut fournir l'émetteur est bien
transférée à l'antenne. Encore une fois, ce transfert de puissance va dépendre de conditions
d'adaptation d'impédance.
Pour déterminer les conditions d'adaptation d'impédance permettant d'optimiser le transfert de
puissance électrique à la charge connectée à l'extrémité d'une ligne de transmission, il est nécessaire de

A. Boyer 26
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

répartir de l'équation des Télégraphistes et de la résoudre dans le domaine fréquentiel (en supposant
une excitation harmonique de la ligne) (voir annexe D). Il est intéressant de noter que ce type
d'excitation est courante avec les antennes puisque les signaux radiofréquences sont généralement des
sinus modulés.
A partir des formules des tensions et des courants en sortie de la ligne de transmission, il est
possible de calculer la puissance électrique transportée par l'onde et délivrée à la charge. Les grandeurs
utilisées étant complexes et afin de limiter la complexité des calculs, nous traiterons que deux cas
particuliers où :
l'impédance de la charge ZL est égale à l'impédance caractéristique de la ligne Zc
(adaptation en sortie de ligne)
l'impédance de sortie de l'émetteur ZG est égale à l'impédance caractéristique de la ligne Zc
(adaptation en entrée de ligne)

Considérons le premier cas de figure (Fig. 16). Dans le cas d'une ligne sans pertes, la tension
et le courant délivrés à la charge sont donnés par les équations 40 et 41.

ZG=RG+jXG ZC=ZL
I(L)

VG
V(L) ZL=RL+jXL

Figure 16 – Puissance électrique délivrée à une charge ZL, l'impédance de la charge ZL est égale à
l'impédance caractéristique de la ligne Zc

ZL
Vˆ (L ) = Vˆ Ge −γL Équation 40
Z L + ZG

Iˆ(L ) =
1
Vˆ Ge −γL Équation 41
ZC + ZG
La puissance électrique moyenne PL délivrée à la charge est donnée par l'équation ci-dessous,
où le symbole * désigne le conjugué. Il s'agit d'une grandeur complexe où la partie réelle est appelée
puissance active PA et la partie imaginaire puissance réactive PR. Seule la puissance active présente un
intérêt pratique puisque c'est celle-ci qui sera convertie sous une autre forme : chaleur (pertes
ohmiques) ou radiation (onde électromagnétique produite par l'antenne). La partie réactive correspond
à un stockage de l'énergie sous forme électrique et/ou magnétique.
1
PL = PA + jPR = V × I *
2
Équation 42
P(L ) = VG2
1 ZL 1
2 Z L + ZG Z L + ZG*
*

Afin d'optimiser la puissance active et annuler la puissance réactive, on détermine une


condition d'adaptation d'impédance dite conjuguée (équation 43). Dans ces conditions, la puissance
active moyenne maximale fournie à la charge est donnée par l'équation 44.
RL = RG
Équation 43
X L = −XG

VG2 1
PA max = Équation 44
2 4 RL

A. Boyer 27
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Considérons maintenant le second cas de figure, où l'impédance de sortie de l'émetteur est égal
à l'impédance caractéristique de la ligne. Dans le cas d'une ligne sans pertes, la tension et le courant
délivrés à la charge sont donnés par les équations 40 et 41. L'expression de la puissance active
moyenne est donnée par l'équation 42.
ZG=RG+jXG ZC=ZG
I(L)

VG
V(L) ZL=RL+jXL

Figure 17 – Puissance électrique délivrée à une charge ZL, l'impédance de sortie de l'émetteur ZG est égale
à l'impédance caractéristique de la ligne Zc

(
Vˆ (L ) = Vˆ + e − jβL 1 + Γˆ L ) Équation 45

Iˆ(L ) =
Vˆ + − jβL
ZC
e (
1 − Γˆ L ) Équation 46

( )
2
1 VG
PA = 1 − ΓL
2
Équation 47
2 4Z C
La puissance active délivrée à la charge est optimisée lorsque le coefficient de réflexion
s’annule. La puissance réactive est aussi annulé. On retrouve la même condition d’adaptation
d’impédance que pour éviter les problèmes d'intégrité du signal.

5. Récapitulatif : Conditions d'adaptation d'impédance


Nous venons de voir qu'il était indispensable d'assurer des conditions d'adaptation d'impédance
pour assurer un transfert du signal électrique sans distorsion à travers une ligne de transmission et
optimiser le transfert de puissance. Ces conditions d'adaptation d'impédance consistent à annuler les
coefficients de réflexion en entrée et en sortie de la ligne, en assurant les conditions suivantes :
Z L = ZC
ZG = ZC
Néanmoins, lorsqu'on cherche à optimiser le transfert de puissance électrique entre un
générateur d'impédance de sortie ZG et sa charge d'impédance ZL, il faut assurer la condition
d'adaptation d'impédance conjuguée :
Z L = ZG
*

Pour assurer ces deux conditions d'adaptation simultanément, il est donc nécessaire d'annuler
les parties imaginaires des impédances ZL et ZG. En pratique, il est difficile de concevoir des systèmes
avec une impédance donnée, constante, sans partie imaginaire et cela quelque soit la fréquence. Il est
alors indispensable d'ajouter en sortie des émetteurs et en entrée des récepteurs des dispositifs
transformant les impédances de sortie de l'émetteur et de charge, appelés réseaux d'adaptation
d'impédance. Nous traiterons de cela dans le chapitre C, dans le cas pratique de l'adaptation d'une
antenne.

A. Boyer 28
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

B. Caractéristiques des antennes

Quel que soit la fréquence de fonctionnement de l’antenne, quel que soit sa structure physique,
le rayonnement des antennes est caractérisé par des propriétés communes. Le but de ce chapitre est de
les présenter. Ces propriétés doivent permettre de répondre aux questions suivantes :
Comment une antenne rayonne t-elle la puissance qui lui est fournie dans l’espace ? Dans
quelle(s) direction(s) ?
Avec quelle efficacité se fait le transfert d’énergie entre la puissance de l’émetteur et la
puissance rayonnée ?
Sur quelle bande de fréquence l’antenne rayonne de manière optimale ?
Quelles sont les propriétés données par l’antenne à l’onde électromagnétique émise ?

Bien que les propriétés d’une antenne restent les mêmes qu’elles soient utilisées en émission
ou en réception, nous ne présenterons pas dans ce chapitre, mais dans le chapitre D, certaines
propriétés propres aux antennes employées en réception.

I. Structure générale d’une antenne


Dans ce chapitre, nous allons considérer uniquement des antennes émettrices. Cependant, il est
nécessaire de supprimer toute distinction entre antenne émettrice et antenne réceptrice, en introduisant
le principe de réciprocité : toute structure qui reçoit une onde électromagnétique peut transmettre une
onde électromagnétique. Une antenne passive peut réciproquement être utilisée en émission et en
réception. Les propriétés de l’antenne resteront les mêmes qu’elle soit utilisée en émission ou en
réception.
La figure 18 présente la structure générale d’une antenne émettrice. (Une antenne réceptrice
présente une structure similaire, l’alimentation est remplacée par un récepteur, le sens des flèches
indiquant le transfert de puissance est inversé) :
Le signal à transmettre peut provenir d’une ou plusieurs sources (amplitude et phase des
sources indépendantes). Ps correspond à la puissance électrique délivrée par la source.
Des amplificateurs et des filtres peuvent être placés entre la source et l’antenne pour fournir
une puissance électrique suffisante aux éléments rayonnants et assurer une émission (ou une
réception) sur une bande étroite.
L’émetteur ou le récepteur sont reliées à l’antenne par une ligne qui sont en général des
lignes coaxiales ou des guides d’ondes. Ils permettent de transporter une puissance
électrique PA aux éléments rayonnants. La puissance PA est différente de la puissance PS en
raison des pertes liées aux différents éléments reliant la source aux éléments rayonnants.
Le réseau de polarisation permet de connecter les signaux à transmettre aux éléments
rayonnants, de les déphaser et/ou de les combiner entre eux. Nous verrons dans le chapitre E
– « Réseau d’antennes » comment le fait de combiner plusieurs antennes entre elles peut
fournir des propriétés intéressantes à l’antenne équivalente.
Les éléments rayonnants assurent la transmission de l’énergie fournie par l’émetteur à
l’espace libre où l’onde va se propager. La puissance rayonnée par l’antenne est notée PR.
Réciproquement, elle assure la transmission de l’énergie d’une onde EM vers le récepteur.

A. Boyer 29
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Onde

Amplification - filtrage
électromagnétique
Puissance PS
rayonnée
réseau de Eléments
rayonnants


polarisation
Sources


Puissance PR
Puissance PA

Figure 18 – Structure générale d’une antenne


Il est important que l’installation de l’antenne et sa connexion à la source nécessite d’autres
structures non présentées sur le schéma, mais qui vont avoir une influence non négligeable sur les
performances de l’antenne. L’antenne est montée mécaniquement sur un dispositif (un mat pour une
station de base, le châssis d’un téléphone) qui va contribuer à modifier le rayonnement de l’antenne.
En outre, l’antenne peut être protégée de l’environnement extérieur par un radome, qui peut absorber
une partie du rayonnement.

Remarque : antenne passive et problème d’intermodulation


Une antenne est dite passive si elle se comporte de manière linéaire. Concrètement, il existe
une relation linéaire entre la puissance électrique incidente et la puissance rayonnée. Si le signal
d’entrée est sinusoïdal, l’onde EM produite l’est aussi. Si on double la puissance du signal d’entrée,
celle transportée par l’onde double aussi. Si aucun dispositif non linéaire n’est placé en entrée du
circuit, l’antenne est alors généralement considérée comme passive (rappelons-nous qu’il ne s’agit que
d’un morceau de conducteur métallique).
Cependant, cela n’est plus forcément vrai lorsqu’une forte puissance est appliquée. En effet,
certains matériaux peuvent se comporter alors comme des éléments non linéaires, et les contacts entre
différents métaux peuvent se comporter comme des diodes parasites. Il en résulte une distorsion du
signal incident, et un phénomène d’intermodulation (passive intermodulation) lorsque des signaux de
fréquences différentes sont appliqués. Même si les niveaux des signaux d’intermodulation sont faibles
(-120 à -180 dBc), cela peut être un problème si les puissances en jeu sont fortes, si la même antenne
est utilisée à la fois pour l’émission et la réception, si le récepteur présente un très faible niveau de
sensibilité et surtout si les nouvelles composantes fréquentielles d’intermodulation tombent sur la
bande de réception. Les stations de base souffrent de ce type de problèmes [Chen].

II. Diagramme de rayonnement d’une antenne


1. Puissance rayonnée par une antenne
Une antenne sert à convertir une puissance électrique en une puissance rayonnée, c'est-à-dire
transportée par une onde électromagnétique, qui peut se propager dans toutes les directions de
l’espace. Ces directions vont dépendre des caractéristiques de l’antenne. Commençons par exprimer la
puissance rayonnée par une antenne quelconque, dont le centre est placé au centre d’un repère
sphérique (Fig. 19) et connectée à une source qui lui fournit une puissance électrique PA. La puissance
rayonnée dans une direction quelconque (θ,φ) dans un angle solide Ω (exprimé en stéradian sr) est
donnée par l’équation 48. La puissance fournie à une surface élémentaire située à une distance R est
donnée par l’équation 49. La puissance rayonnée totale correspond à la somme des puissances
rayonnées dans toutes les directions de l’espace (équation 50).

A. Boyer 30
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

angle solide
Z Ω
PA
P (θ , ϕ ) = (W ou W / sr ) Équation 48

R

θ
PA
Puissance O p(θ , ϕ ) = (W / m 2 ) Équation 49
antenne PA Y Ω.R 2
φ

Ptot = ∫ ∫ P (θ , ϕ )dϕ dθ (W / m 2 ) Équation 50


θ ϕ
X
Figure 19 – Puissance rayonnée par une
antenne dans une direction de l’espace

Remarque : soit un repère cartésien où l’axe z correspond à l’axe vertical. On appelle plan horizontal
π
le plan repéré dans le repère sphérique par les coordonnées ( θ = ; ϕ ∈ [0,2π [ ).On appelle plan
2
vertical tous les plans repérés dans le repère sphérique par les coordonnées
( θ ∈ [0,2π [ ; ϕ = cons tan te ).

Cas particulier : Antenne omnidirectionnelle ou isotrope


Dans le cas d’une antenne sans pertes et d’une propagation dans un milieu homogène et
isotrope, une antenne isotrope est une source ponctuelle qui rayonne une onde sphérique, c'est-à-dire
de manière constante dans toutes les directions de l’espace la puissance PA fournie par l’alimentation.
Bien qu’une telle antenne n’ait pas de réalité physique, elle est considérée comme une antenne de
référence.
PA
Puissance rayonnée par unité d’angle solide : P (θ , ϕ ) = Équation 51

PA
Puissance rayonnée par unité de surface : p ( R, θ , ϕ ) = Équation 52
4πR 2

A partir de la mesure de la puissance rayonnée, il est possible de déterminer la valeur du camp


électrique. En espace libre et en champ lointain, la puissance transportée par l’onde est donnée par le
vecteur de Poynting (équation 53) et les champs E et H sont perpendiculaires, en phase et reliés par
l’impédance d’onde. On peut en déduire la relation suivante :
1 1 E2 P
p= E .H = = A2
2 2 η 4πR
Équation 53
ηPA 60 PA
⇒ E= =
2πR 2 R

2. Diagramme de rayonnement
Les antennes sont rarement omnidirectionnelles et émettent ou reçoivent dans des directions
privilégiées. Le diagramme de rayonnement représente les variations de la puissance rayonnée par
l’antenne dans les différentes directions de l’espace. Il indique les directions de l’espace (θ0,φ0) dans
lesquelles la puissance rayonnée est maximale. Il est important de noter que le diagramme de
rayonnement n’a de sens que si l’onde est sphérique.

A. Boyer 31
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

On trace dans le diagramme de rayonnement la fonction caractéristique de rayonnement r(θ,φ),


qui varie entre 0 et 1 selon la direction. Celui-ci peut se représenter sous différentes formes (Fig. 20).
En général, le diagramme de rayonnement d’une antenne est représenté dans les plans horizontaux (θ
= 90°) et verticaux (φ = constante), ou bien dans les plans E et H.
P (θ , ϕ )
Puissance rayonnée dans

r (θ , ϕ ) =
une direction quelconque

P0 (θ 0 , ϕ 0 )
Équation 54
Puissance rayonnée max.

Puissance rayonnée dans


l’espace – Vue 3D Repère polaire Repère cartésien
Lobe principal
Z Lobe principal φ0 r(θ,φ)
Lobe principal
1
θ φ
0 1
O
Y

θ
φ
0
Lobes θ0
secondaires

Figure 20 – Représentation du diagramme de rayonnement d’une antenne


Le diagramme de rayonnement d’une antenne est principalement relié à sa géométrie mais
peut aussi varier avec la fréquence. Hormis les antennes omnidirectionnelles, les antennes ne
rayonnent pas la puissance de manière uniforme dans l’espace. Dans ce cas, la fonction caractéristique
de rayonnement est égale à 1 quel que soit la direction considérée. En général, la puissance est
concentrée dans un ou plusieurs « lobes ». Le lobe principal correspond à la direction privilégiée de
rayonnement. Les lobes secondaires sont généralement des lobes parasites. Dans ces directions,
l’énergie rayonnée est perdue donc on cherche à les atténuer.

Remarque : niveau du premier lobe secondaire


Pour que les lobes secondaires ne soient pas considérés comme gênants, on admet en pratique
que le niveau du premier lobe secondaire doit être au moins 20 dB inférieur au niveau du lobe
principal.

Figure 21 – Exemple de diagramme de rayonnement d’une antenne (antenne log-périodique)

3. Angle d’ouverture
L’angle d’ouverture (beamwidth) caractérise la largeur du lobe principal. L’angle d’ouverture
à 3 dB 2θ3 représente la portion de l’espace dans lequel la majeure partie de la puissance est rayonnée.
Il s’agit de l’angle entre les 2 directions autour du lobe principal où la puissance rayonnée est égale à
la moitié de la puissance rayonnée dans la direction de rayonnement maximal.

A. Boyer 32
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

r(θ,φ) Lobe
Lobes 1 principal
secondaires
0.5 zéro

2θ3
0 θ
Figure 22 – Diagramme de rayonnement et angle d’ouverture
D’autres grandeurs sont utilisées pour caractériser l’ouverture d’une antenne et sa capacité à
focaliser la puissance rayonnée dans une direction donnée. On trouve l’angle entre la direction de
rayonnement maximale et le premier zéro.
Pour les stations de base, on trouve aussi
les paramètres suivants : l’ouverture horizontale Angle
antenne d’élévation
ou azimuth beamwidth et l’ouverture verticale ou
elevation beamwidth. Celles-ci sont conçues pour
couvrir une portion donnée du sol, dont
l’ouverture horizontale dépend du secteur Station de
qu’elles ont à couvrir (120° par exemple). base Lobe principal

L’ouverture verticale doit rester faible et ne


couvrir que le sol à proximité de l’antenne
(moins de 10°).
Figure 23 – Angle d’élévation (tilt)
Pour caractériser la direction verticale du lobe principale, on utilise l’angle d’élévation. En
pratique, cet angle doit être ajusté à toute installation d’antenne en lui ajoutant un tilt. Celui-ci peut
être contrôlé mécaniquement (ajustement à l’installation de l’angle que fait l’antenne avec la verticale)
ou électriquement (par le contrôle de phase des excitations de chaque élément rayonnant de l’antenne,
nous y reviendrons au chapitre E –Réseau d’antennes).

4. Rayonnement face arrière


Les antennes directives présentent en général un lobe principal dans une direction donnée, et
plusieurs lobes secondaires que l’on cherche à minimiser. Il arrive parfois que l’antenne produise un
rayonnement faible, mais non négligeable dans la direction opposée de la direction privilégiée de
rayonnement. On parle alors de rayonnement en face arrière.
On caractérise ce rayonnement face arrière par le rapport Avant / Arrière ou Front-to-back
ratio, qui est le rapport entre la puissance émise en face avant (dans la direction privilégiée de
rayonnement) et celle émise en face arrière (dans la direction opposée). Le placement d’un plan
réflecteur (ou plan de masse) à l’arrière d’un élément rayonnant permet de réduire le rayonnement en
face arrière. Il faudrait un plan métallique parfaitement conducteur et de taille infinie pour annuler le
rayonnement en face arrière. En pratique, un grand réflecteur métallique pose des contraintes
d’encombrement, de prise au vent … d’où l’existence d’un rayonnement face arrière résiduel.

III. Directivité, gain et rendement d’une antenne


Ces 3 grandeurs permettent de caractériser la façon dont une antenne convertit la puissance
électrique incidente en puissance électromagnétique rayonnée dans une direction particulière. Le gain
et la directivité permettent de comparer les performances d’une antenne par rapport à l’antenne de
référence qu’est l’antenne isotrope.

A. Boyer 33
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

1. Directivité
La directivité D(θ,φ) d’une antenne dans une direction (θ,φ) est le rapport entre la puissance
rayonnée dans une direction donnée P(θ,φ) et la puissance que rayonnerait une antenne isotrope.
P (θ ,ϕ ) P (θ , ϕ )
D(θ , ϕ ) = = 4π Équation 55
PR PR

2. Gain
Le gain G(θ,φ) d’une antenne dans une direction (θ,φ) est le rapport entre la puissance
rayonnée dans une direction donnée P(θ,φ) sur la puissance que rayonnerait une antenne isotrope sans
pertes. En général, le gain G correspond au gain dans la direction de rayonnement maximal (θ0,φ0).
Cette propriété caractérise la capacité d’une antenne à focaliser la puissance rayonnée dans une
direction.
P (θ , ϕ ) P (θ 0 , ϕ 0 )
G (θ , ϕ ) = 4π ⇒ G = 4π Équation 56
PA PA
Si l’antenne est omnidirectionnelle et sans pertes, son gain vaut 1 ou 0 dB. Le gain est
généralement exprimé en dB (voir annexe A) ou en dBi car une antenne isotrope est utilisée comme
référence. On trouve aussi parfois le gain exprimé en dBd, lorsqu’une antenne dipôle est utilisée
comme référence.

3. Rendement
Le rendement η d’une antenne traduit sa capacité à transmettre la puissance électrique en
entrée PA sous forme de puissance rayonnée PR. On le définit comme le rapport entre la puissance
totale rayonnée par une antenne et la puissance qui lui est fournie. Le rendement est lié aux pertes dans
le réseau de polarisation, de matching et dans les éléments rayonnants. En comparant les équations 55
et 56, on voit que le rendement relie le gain et la directivité.
PR = η .PA ⇒ G = η .D Équation 57

4. Lien entre gain et angle d’ouverture


Intuitivement, on voit que le gain est dépendant de l’ouverture d’une antenne. Plus le gain
d’une antenne est grand, plus l’angle d’ouverture du lobe principal est faible, ce que montre le résultat
suivant.
4π 4π
P(θ 0 , ϕ 0 )
G = η .4π et PR = ∫ P(θ , ϕ )dΩ = ∫ r (θ , ϕ ) P(θ 0 , ϕ 0 )dΩ
PR 0 0


G = η . 4π Équation 58

∫ r (θ ,ϕ )dΩ
0

Remarque : antenne à symétrie de révolution


Des antennes comme les antennes dipôles (voir chapitre C) ont une symétrie de révolution,
c'est-à-dire que le diagramme de rayonnement est invariant après toute rotation d’angle φ. Dans ce cas,
le gain peut s’écrire :

A. Boyer 34
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

4πη 4πη 2η
G= = = Équation 59
∫ ∫ r (θ ,ϕ )dϕ.dθ
θ ϕ
∫ ∫ r (θ ) sin θ .dϕ.dθ
θ ϕ
∫ r (θ ) sin θ .dθ
θ

Dans le cas idéal où l’antenne émet uniformément dans un cône (r(θ) = 1 si 0 < θ < θ0, = 0
η
ailleurs), le gain est égal à : G = . Par exemple, pour une antenne sans pertes, si l’antenne
2 θ0
sin
2
4
rayonne dans une demi sphère (θ0 = π/2), G = 2 = 3 dB. Pour un cône très étroit (θ0 0), G ≈ .
θ 02
Pour θ0=1°, G = 13000 = 41 dB.

Remarque : antenne à lobe étroit


Pour des lobes étroits (2θ3 < 10°), la relation entre le gain G et les angles d’ouvertures dans les
plans E et H sont :
25000
G≈ Équation 60
(2θ ) (2θ 3° ) H
°
3 E

5. Puissance isotrope rayonnée équivalente (PIRE)

La puissance isotrope rayonnée équivalente d’une antenne (PIRE ou EIRP en anglais) est un
terme souvent utilisé en télécommunications (principalement dans les bilans de liaison) qui définit,
dans la direction de rayonnement maximal, la puissance électrique qu’il faudrait apporter à une
antenne isotrope pour obtenir la même puissance rayonnée dans cette direction. Elle se calcule selon
l’équation 61.
PIRE = G × PA Équation 61

IV. Résonance, modèle électrique et comportement


fréquentiel d’une antenne
1. Fréquence de résonance d’une antenne
Une antenne rayonne efficacement sur une bande de fréquence étroite qui correspond à sa
fréquence de résonance. Lorsqu’un signal variable excite une antenne, des charges sont mis en
mouvement le long de l’antenne donnant naissance à un rayonnement (voir chapitre A). La résonance
correspond au cas où l’excitation de l’antenne met ces charges dans une oscillation permanente, qui
favorise le rayonnement électromagnétique.
Le phénomène de résonance apparaît lorsqu’une des dimensions de l’antenne Lg est (environ)
égale à une demi longueur d’onde λres (ou quart d’onde pour certaines antennes comme les antennes
monopôles, voir partie C.III.4). Si on suppose que l’excitation d’une antenne est sinusoïdale, alors la
résonance apparaîtra à une fréquence Fres, selon l’’équation 62.
λ res c
Lg = = Équation 62
2 2 ε r Fres

A. Boyer 35
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Exemple : dipôle demi-onde


Un dipôle demi-onde est constitué de 2 tiges cylindriques connectées à une source d’excitation
(Voir partie C.III). Son nom vient du fait qu’on utilise cette antenne à sa résonance demi-onde, c'est-à-
dire pour travailler autour d’une fréquence où la longueur de l’antenne est égale à la moitié de la
longueur d’onde. Par exemple, si on souhaite réaliser un dipôle demi-onde fonctionnant à 1 GHz (sa
fréquence de résonance est égale à 1 GHz), si le milieu ambiant est constitué d’air (εr ≈ 1), la longueur
c 3e 8
d’onde à cette fréquence étant de : λ res = = = 30cm , la longueur totale du dipôle doit
ε r Fres 1e 9
avoisiner 15 cm.

Remarque : cette résonance correspond à la résonance primaire de l’antenne. Elle présentera d’autres
résonances, à des fréquences multiples de Fres.

Lorsqu’une antenne est connectée à une source d’excitation (source de tension), elle absorbe
un courant. On peut donc la représenter par une impédance d’entrée Zant, qui est le rapport entre la
tension appliquée aux bornes de l’antenne et le courant absorbée. Cette impédance est une grandeur
complexe (nous verrons plus en détail la nature de cette impédance dans la prochaine partie). A la
fréquence de résonance d’une antenne, on peut observer que :
la partie réelle de l’impédance de l’antenne d’entrée est maximale
la partie imaginaire de l’impédance d’entrée de l’antenne s’annule

La mesure de l’impédance d’entrée d’une antenne permettra donc de repérer la fréquence de résonance
d’une antenne. En pratique, cette mesure se fera à l’aide d’un analyseur de réseau vectoriel.

2. Modèle électrique d’une antenne


On peut résumer le comportement électrique d’une antenne passive (qui présente un
comportement linéaire) ainsi : une antenne stocke des charges (comportement capacitif = stockage
sous forme d’énergie électrique), s’oppose aux variations des courants qui y circulent (comportement
inductif = stockage sous forme d’énergie magnétique) et dissipe une partie de l’énergie (pertes
ohmiques et par rayonnement) [Dobkin]. D’un point de vue électrique, une antenne passive peut donc
être modélisée par un circuit équivalent RLC (Fig. 24, valable pour une antenne dipôle) et l’impédance
Zin vue à l’entrée de l’antenne est donnée par l’équation 63. A noter que ce modèle n’est valide que
sur une bande de fréquence étroite !

antenne Modèle
électrique
Iin C L RLoss
Iin
Vin
Vin RRad

Figure 24 – Modèle d’impédance complexe d’une antenne

A. Boyer 36
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Vin
Z in = = Rin + j. X in
I in Équation 63

Partie active Partie réactive


Rin = RRad + RLoss 1
X in = iLω +
iCω
Résistance de Résistance
rayonnement de pertes

Par exemple, prenons le cas d’une antenne dipôle. L’inductance et la capacité sont liées à la
longueur de l’antenne. En basse fréquence, l’inductance est négligeable et l’antenne se contente de
stocker des charges à la manière d’un condensateur. Lorsque la fréquence augmente, l’effet de la
capacité diminue alors que celui de l’inductance s’accroît en raison du courant qui circule le long de
l’antenne. Une partie de l’énergie est stockée sous forme d’énergie magnétique. Ces 2 éléments
réactifs ne participent donc pas au rayonnement électromagnétique de l’antenne. La conservation
d’énergie électrique et magnétique est à l’origine de champ électrique et magnétique qui reste à
proximité de l’antenne mais qui ne forme pas une onde électromagnétique transportant une puissance
radiative (vecteur de Poynting nul). On parle alors de champ proche car localisé à grande proximité de
l’antenne.
A une fréquence particulière appelée fréquence de résonance, l’inductance et la capacité sont
égales en magnitude et leurs effets s’annulent. L’antenne est alors équivalente à une résistance pure. Si
les pertes ohmiques sont négligeables, la puissance fournie à l’antenne est alors entièrement rayonnée.
Sa capacité à rayonner est alors liée à la résistance de rayonnement.

La connaissance de ce modèle électrique est cruciale pour déterminer comment l’antenne va


convertir la puissance électrique incidente en puissance rayonnée. Afin d’optimiser le transfert en
puissance et éviter toute perte liée à la désadaptation entre la source électrique et l’antenne, il est
nécessaire d’assurer une condition d’adaptation d’impédance.

3. Résistance de rayonnement
Il ne s’agit pas de la résistance liée aux pertes ohmiques de l’antenne, mais de la perte de
puissance liée à l’onde électromagnétique rayonnée par l’antenne. Il s’agit donc d’une puissance active
Une grande résistance de rayonnement indique une forte capacité à convertir l’énergie électrique
incidente (lié au courant qui « passe » dans la résistance de rayonnement) en énergie
électromagnétique. En effet, la puissance électrique qui lui est fournie est une puissance égale à :
1
PRad = R Rad I in2 Équation 64
2
A partir de la connaissance du courant en tout point de l’antenne, il est possible de calculer la
puissance rayonnée. Cependant, cette définition suppose que le courant soit constant en tout point de
l’antenne. En pratique, on considèrera le point où le courant est maximum.
L’efficacité d’une antenne est reliée au rapport entre la puissance rayonnée et la puissance
dissipée totale (équation 65). Elle dépend donc du rapport entre la résistance de rayonnement de
l’antenne et ses pertes.
PRad RRad
η= = Équation 65
PA RRad + RLoss
Pour une antenne électriquement courte (longueur nettement inférieure à la longueur d’onde),
la résistance de rayonnement tend à augmenter lorsque sa longueur augmente.

A. Boyer 37
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

4. Optimisation du transfert de puissance vers l’antenne


Le but d’une antenne étant de convertir une énergie électrique fournie par une source
d’excitation en énergie électromagnétique rayonnée par l’antenne, il convient de se poser la question
suivante : quelle est la condition qui permet d’assurer un transfert optimale de puissance depuis la
source d’excitation vers l’antenne ?
Pour y répondre, considérons le modèle
électrique équivalent de l’antenne connectée à la RS
source d’excitation. Cette dernière est représentée par
un générateur de Thévenin, avec une source de tension
interne Vs et une résistance de sortie Rs (nous Zant
négligeons pour l’instant la ligne de transmission qui
VS
connecte la source à l’antenne). L’impédance de sortie
Rs est supposée constante et réelle. Une résistance de
50 Ω est fréquente. L’antenne est représentée par son source Antenne
impédance d’entrée complexe Zant = Rin+jXin.
Calculons la puissance électrique délivrée à l’antenne PA en fonction de l’impédance de
l’antenne. Cette puissance est maximale lorsque sa dérivée par rapport à Rin et Xin s’annule. On va
ainsi déterminer des conditions permettant ‘optimiser le transfert en puissance.
Z antVS2 ( Rin + jX in )VS2
PA = Z ant I ant
2
= =
( Z ant + RS ) 2 ( Rin + RS + jX in ) 2

dPA ( Rin − RS − jX in )VS2


= =0
dRin ( Rin + RS + jX in ) 3
dPA ( R − RS − jX in ) jVS2
= in =0
dX in ( Rin + RS + jX in ) 3
On en déduit les conditions suivantes sur les impédances pour optimiser le transfert en
puissance :
dPant
Pant =0
dRin
Rin = RS Pant max
X in = 0 Équation 66

0 Rin opt. Rin


La puissance électrique délivrée à l’antenne est maximale si la partie réelle de l’impédance de
l’antenne est égale à la résistance de sortie de la source, et si la partie imaginaire de l’impédance de
l’antenne est nulle. Si on avait considéré l’impédance du générateur comme complexe, avec une partie
réelle Xs, on aurait pu montrer la condition suivante : Xin = -Xs. En d’autres termes, l’impédance de
l’antenne doit être égale au conjugué de l’impédance de la source.
VS2
La puissance maximale que l’on peut délivrer à l’antenne est alors égale à : Pant max = .
4 RS

A. Boyer 38
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

5. Accord de la fréquence de résonance d’une antenne


Nous venons de voir que la fréquence de résonance d’une antenne dépend de ses dimensions
géométriques. Elle dépend aussi des éléments qui lui sont ajoutés. La modélisation électrique d’une
antenne nous a montré qu’elle pouvait être ramenée à un circuit passif de type RLC autour de la
fréquence de résonance. La résonance d’une antenne correspondait à la résonance entre l’inductance et
la capacité équivalente de l’antenne, ce qui conduisait à annuler la partie imaginaire de l’impédance
équivalente de l’antenne.
Supposons que l’on dispose d’une antenne de type dipôle de longueur donnée L0. Sa fréquence
c
de résonance est notée F0 telle que F0 = . Supposons que l’on souhaite utiliser autour d’une
2 ε r L0
fréquence F1 < F0. L’antenne sera utilisée à une fréquence différente de sa fréquence de résonance
propre, pour laquelle le transfert de puissance ne sera pas optimal et l’adaptation d’impédance non
assurée. Une solution consiste à accorder l’antenne en modifiant l’inductance ou la capacité totale de
l’impédance équivalente de l’antenne, en lui ajoutant un ou plusieurs composants passifs (à la manière
d’un réseau d’adaptation – cf. annexe D).
Le modèle d’une antenne dipôle est un circuit RLC série. La fréquence de résonance propre de
1
l’antenne est égale à : F0 = , avec Lant et Cant l’inductance et la capacité propre à
2π Lant C ant
l’antenne. Ajoutons une inductance externe de valeur Lext (composant passif) placée en série avec
1
l’entrée de l’antenne. La nouvelle fréquence de résonance F0’ sera : F0 ' = .
2π ( Lant + Lext )C ant
Pour accorder la fréquence de résonance de l’antenne autour de F1, il conviendra de choisir
une inductance Lext telle que :

1
F1 = F0 ' ⇒ Lext = − Lant Antenne à
(2πF1 ) 2 C ant Inductance accorder
d’accord Lext

Cela paraît donc très intéressant pour réduire les dimensions d’une antenne, ce qui faciliterait
son intégration dans une application électronique. Cependant, comme nous le verrons dans la partie
C.V, la fréquence de résonance évolue, mais pas la résistance de rayonnement ou la bande passante. A
fréquence de résonance égale, une antenne plus petite rayonnera moins bien et présentera un facteur de
qualité plus grand.

6. Rapport d’onde stationnaire VSWR


Dans les notes d’application d’antennes, l’adaptation de l’antenne est souvent caractérisée par
le rapport d’onde stationnaire (ROS) ou Voltage Standing Wave Ratio (VSWR). Lorsqu’il y a
désadaptation, la réflexion d’une partie de l’onde incidente et l’addition avec l’onde incidente conduit
à l’apparition d’une onde stationnaire dans la ligne qui relie l’antenne à la source (ou au récepteur).
L’amplitude de cette onde stationnaire n’est pas constante le long de la ligne : l’amplitude est
maximale en certains endroits (ventres) et minimale à d’autres (nœuds). Le rapport d’onde stationnaire
est le rapport entre l’amplitude maximale et l’amplitude minimale de cette onde stationnaire, et est lié
au coefficient de réflexion par l’équation 67. Outre l’indication des pertes par désadaptation, il s’agit
aussi d’une notion importante du point de vue électronique. Ainsi, si le VSWR est supérieur à 1, la
tension obtenue en un ventre dépasse la tension nominale, ce qui peut conduire à une dégradation des
équipements électroniques présents. Le VSWR est souvent noté de la manière suivante : 1.9 : 1, qui
signifie un VSWR = 1.9, c'est-à-dire que le rapport entre l’amplitude max. de l’onde stationnaire est

A. Boyer 39
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

1.9 fois plus grande que l’amplitude min. Le coefficient de réflexion est alors de 0.31. La perte de
puissance par désadaptation sera alors de 10 % de la puissance incidente, soit une perte de 0.44 dB.

V max 1 + Γin
VSWR = = Équation 67
Vmin 1 − Γin

Remarque : en pratique, on considère qu'une bonne adaptation est réalisée lorsque le taux d'onde
stationnaire est inférieur à 2.

7. Bande passante et facteur de qualité


La bande passante d’une antenne correspond à la bande de fréquence où le transfert d’énergie
de l’alimentation vers l’antenne (ou de l’antenne vers le récepteur) est maximale. La bande passante
peut être définie en fonction du coefficient de réflexion, à condition que le diagramme de rayonnement
ne change pas sur cette bande. Il n’y a pas de critères précis pour la limite du coefficient de réflexion.
Un critère typique d’avoir un coefficient de réflexion inférieure à -10 dB ou -15 dB sur la bande
passante ou un VSWR inférieur à 2.
S11
0 dB

-10 dB

Fréquence
Bande passante
Figure 25 – Bande passante et coefficient de réflexion

D’un point de vue électrique, nous avons vu que l’antenne pouvait être vue comme un circuit
résonant RLC. La bande passante BW (bande passante à 3 dB de la valeur du champ) est liée au
facteur de qualité Q du circuit RLC à la fréquence de résonance fRes. Le facteur de qualité représente la
quantité de résistance présente lors de la résonance (pour un circuit résonant série équation 69).
f Re s
Q= Équation 68
BW
1 Rant
= Équation 69
Q 2πf Re s .Lant
Une antenne avec un fort facteur de qualité rayonne très efficacement à la fréquence de
rayonnement sur une bande de fréquence très étroite, ce qui peut limiter les interférences hors bande.
Cependant, si la bande passante est trop étroite, tout signal émis ou reçu près des bornes de la bande de
fréquence de fonctionnement sera atténué. Une antenne avec un faible facteur de qualité est large
bande mais collecte le bruit présent sur la bande de fonctionnement, dégradant ainsi la qualité du
signal reçu.

V. Polarisation d’une antenne – Perte de polarisation


1. Polarisation d’une antenne
La polarisation d’une onde dépend de la géométrie et de la polarisation électrique de l’antenne
émettrice.

Comment déterminer la polarisation d’une antenne ?

A. Boyer 40
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

En utilisant les propriétés de symétrie du champ électromagnétique :


Le champ électrique est inscrit dans tout plan de symétrie, il est perpendiculaire à tout plan
d’antisymétrie
Le champ magnétique est inscrit dans tout plan d’antisymétrie, il est perpendiculaire à tout
plan de symétrie
Le champ électrique est nul en tout centre de symétrie, il est aligné le long de tout axe de
symétrie.

Charge +Q I I
Charge +Q

Plan de symétrie Plan d’antisymétrie


Charge +Q I Charge -Q I

Figure 26 – Plans de symétrie et d’antisymétrie


Par exemple, une antenne dipôle électrique présente une polarisation rectiligne. L’antenne est
inscrite dans le plan E (Fig. 27).
+Q
Plan de symétrie ou plan E

E
M
I
Plan d’antisymétrie ou Direction de
plan H H propag.

-Q

Figure 27 – Polarisation d’une antenne dipôle


Qu’est-ce qui conditionne le choix d’une polarisation à donner à une antenne ? La plupart des
antennes présentent des polarisations rectilignes. Dans une utilisation terrestre, les antennes peuvent
être montées horizontalement ou verticalement, donnant à l’antenne une polarisation horizontale ou
verticale. En termes d’installation et d’encombrement, une antenne verticale est meilleure. Cependant,
le choix de la polarisation dépend surtout des conditions de propagation. Par exemple, la propagation
d’une onde électromagnétique dans un environnement réel dépend de sa polarisation. L’utilisation
conjointe des polarisations horizontales et verticales (diversité de polarisation) permet de compenser
les effets parasites du canal de propagation.
Cependant, dans le cas où la polarisation est imprévisible, il est intéressant d’employer une
antenne de réception à polarisation circulaire. Par exemple, toute onde électromagnétique traversant
l’ionosphère verra son plan de polarisation modifiée. L’utilisation d’une antenne de réception à
polarisation circulaire permet d’éviter les pertes de polarisation aléatoire.

2. Perte de polarisation
Pour optimiser la réception d’un signal radioélectrique, la polarisation de l’onde
électromagnétique et celle de l’antenne réceptrice doivent être les mêmes (Fig. 28). Dans le cas d’une
liaison entre 2 antennes à polarisation rectiligne, la perte de polarisation dépend de l’angle α entre les 2
antennes qui représente la différence d’alignement. Cette perte dite de cross-polarization est maximale
lorsque les plans de polarisation sont perpendiculaires. En pratique, en raison des dimensions non
négligeables des antennes, celles-ci ne sont jamais inférieurs à 20-30 dB en pratique.
L pol (dB ) = 20. log(cos α ) Équation 70

A. Boyer 41
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Antennes émettrice et Antennes émettrice et


réceptrice parallèles réceptrice perpendiculaires
Antenne
E réceptrice
E Couplage
max. Couplage
Antenne nul !
Antenne Antenne émettrice
émettrice réceptrice

Figure 28 – Pertes de polarisation

VI. Tout est dans la datasheet !


Nous venons de voir les caractéristiques les plus courantes d’une antenne. Celles-ci sont
renseignées dans toutes les datasheets (notes d’application) fournies par les constructeurs. Ci-dessous,
un exemple de datasheet d’une antenne omnidirectionnelle « rubber duck » utilisé pour des
applications WiFi. Dans toute datasheet, on retrouve les informations telles que gain, diagramme de
rayonnement, angle d’ouverture, bande passante, VSWR, fréquence de fonctionnement, polarisation…
issues de mesure. En outre, les paramètres mécaniques tels que le poids, la taille, la connectique sont
aussi des informations importantes pour l’installation, ainsi que la conformité à des normes de
robustesse aux environnements difficiles (résistance au vent, à la température, aux UV …).

Figure 29 – Exemple de datasheet - antenne rubber duck [ZDA communications – www.zdacomm.com]

A. Boyer 42
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

D. Antennes pour les télécommunications

Plusieurs exemples d’antennes de base ou avancées utilisées pour les télécommunications sont
présentées dans ce chapitre. Les principes de fonctionnement, les structures, les performances typiques
et quelques formules basiques pour le dimensionnement sont proposées. Bien que les antennes filaires
et les boucles constituent les antennes les plus courantes car les plus simples et les moins onéreuses,
leurs performances sont parfois limitées et il est nécessaire de concevoir des éléments rayonnants plus
complexes pour obtenir de meilleurs gains, des bandes passantes plus larges. Le développement des
applications sans fils embarquées et mobiles augmentent l’exigence en terme de miniaturisation des
antennes.

I. Antennes élémentaires
1. Dipôle élémentaire ou dipôle de Hertz
Un dipôle élémentaire ou dipôle de Hertz ou doublet électrique est un fil de longueur h très
inférieure à la longueur d’onde (h < λ/10). Connecté à une source d’excitation, on considère que
l’amplitude du courant est constante le long de l’antenne. On l’appelle dipôle ou doublet car des
charges de signe opposé sont stockées à chaque extrémité. Les équations 71 à 74 donnent les
expressions générales des champs électriques et magnétiques générées par cette antenne. Bien
qu’idéale, cette antenne sert de référence car une antenne filaire plus longue peut être vue comme une
succession de dipôles élémentaires.
Eθ r ηβ 2 I o h  1 j 
Er = 2 cos θ  2 2 − 3 3 e − jβr Équation 71
Z
Er 4π β r β r 
r ηβ 2 I o h  1 j j 
θ R Hφ Eθ = sin θ  2 2 + − 3 3 e − jβr Équation 72
4π β r βr β r 
Io O Y
r I ×h 1 1
Hϕ = 2 × × β 2 × sin θ × ( + j ) × e − jβr Équation 73
φ 4π β ²r ² βr
X r r r r
Eϕ = H r = H θ = 0 Équation 74
Figure 30 – Champ rayonné par
un dipôle élémentaire
Ces expressions font apparaître des termes réels et imaginaires. Dans le calcul du vecteur de
Poynting, les termes réels correspondent à la puissance active, celle transportée par l’onde progressive,
alors que les termes imaginaires correspondent à la puissance réactive, celle conservé par une onde
stationnaire qui ne se propage pas et reste au voisinage du doublet. A proximité de l’antenne (zone de
champ proche) le champ électrique est prédominant. Ces expressions peuvent se simplifier lorsqu’on
λ 1 1
s’éloigne suffisamment ( β R >> 1 ⇒ R >> ). Les termes en et deviennent
2π (βR) 2
(βR) 3
négligeables. Seules termes réels persistent, l’onde formée est donc une onde progressive. L’antenne
rayonne ! En outre, seule les champs E et H forment une onde TEM puisqu’elles sont forment un
trièdre direct avec la direction de propagation. On peut remarquer aussi que la polarisation de l’onde
est rectiligne.

A. Boyer 43
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

8
r 60π  2πR 
Eθ = j h.I . sin θ exp − j 

Champ électrique (V)


λR  λ  6
Équation 75
4
r 1  2πR 
Hϕ = j h.I . sin θ exp − j  2
2λR  λ 
Équation 76
0
0 30 60 90 120 150 180
Theta ( )

Il est possible de déterminer les propriétés suivantes à cette antenne :


L’antenne présente une symétrie de révolution puisque le champ ne dépend pas de φ
La fonction caractéristique de rayonnement est égale à r (θ ) = sin 2 (θ ) Équation 77
3 2
La directivité de l’antenne est égale à D(θ ) = sin (θ ) Équation 78
2
Si les pertes sont négligeables (pertes ohmiques, pertes d'adaptation, de polarisation …), le
gain de l’antenne est de 1.5 ou 1.76 dBi.
L’angle d’ouverture à 3 dB est de 90°.
 πh 
2

La résistance de rayonnement est égale à : Rrad = 80  Équation 79. Plus le rapport
λ 
entre la longueur du doublet sur la longueur d’onde augmente, plus le rayonnement devient
efficace.

2. Boucle élémentaire – antenne boucle


Les boucles constituent le deuxième type d’antenne le plus courant. Nous allons considérer le
cas d’une boucle circulaire dont le rayon b est petit devant la longueur d’onde. Les équations 80 à 83
donnent les expressions générales des champs électriques et magnétiques générées par cette antenne.
z
Hr 2ωµβ o2  1 1  − jβ o r
Hθ Hr = j × Iπb 2 × cos θ ×  2 2 − j 3 3 × e

Équation 80
4πη o  β0 r βo r 
R Eφ
ωµβ o2  1 1 1 
θ Hθ = j × Iπb 2 × sin θ ×  j + 2 2 − j 3 3  × e − jβ r Équation 81 o

Io
b y 4πη o  βor βo r βo r 

ωµβ o2  1 1 
Eϕ = − j × Iπb 2 × sin θ ×  j + 2 2  × e − jβ r Équation 82 o

4π  βor βo r 
x
Figure 31 – Champ rayonné
par une boucle de courant
H ϕ = E r = Eθ = 0 Équation 83

Les expressions sont proches de celles du dipôle électrique. La boucle élémentaire est aussi
appelée dipôle magnétique. Les équations du champ font aussi apparaître des termes réels et
imaginaires, qui vont correspondre à la puissance active (onde progressive) et réactive (onde
stationnaire). A proximité de l’antenne (zone de champ proche) le champ magnétique est prédominant.
λ 1 1
A grande distance ( β R >> 1 ⇒ R >> ), les termes en et deviennent négligeables.
2π (βR) 2
(βR) 3

A. Boyer 44
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

8
Seules termes réels persistent, l’onde

Champ électrique (V)


formée est donc une onde progressive. 6
L’antenne rayonne ! En outre, seule les
champs E et H forment une onde TEM 4
puisqu’elles sont forment un trièdre direct
avec la direction de propagation.
2
Il est possible de déterminer les
propriétés suivantes à cette antenne :
0
0 30 60 90 120 150 180
Theta ( )

L’antenne présente une symétrie de révolution puisque le champ ne dépend pas de φ


La fonction caractéristique de rayonnement est égale à : r (θ ) = sin 2 (θ ) Équation 84
3 2
La directivité de l’antenne est égale à D(θ ) = sin (θ ) Équation 85. Elle est identique à
2
celle du dipôle électrique.
Si les pertes sont négligeables (pertes ohmiques, pertes d'adaptation, de polarisation …),, le
gain de l’antenne est de 1.5 ou 1.76 dBi.
L’angle d’ouverture à 3 dB est de 90°.
Soit S la surface de la boucle, la résistance de rayonnement est égale à :
2
 S 
Rrad = 320π 4 ×  2  Équation 86. Plus le rapport entre la surface de la boucle sur la
λ 
longueur d’onde augmente, plus le rayonnement devient plus efficace.
Le facteur de qualité d’une petite boucle créée avec un fil de rayon rw est donné par
6 b 
 ln − 2 
π rw
Q=   Équation 87
(βr ) 3

L’antenne boucle est principalement inductive, sa capacité propre est assez faible. Sa
fréquence de résonance est généralement fixée à l’aide d’une capacité placée en série. De nombreuses
formes peuvent être données à cette boucle. Par exemple, la figure ci-dessous présente un exemple
typique d’antenne boucle de forme carrée pour un lecteur d’une application RFID fonctionnant à 13.56
MHz. Celle-ci est généralement construite sur une plaque de circuit imprimé en vue d'une intégration
au plus près des circuits électroniques.

Figure 32 – Antenne boucle carrée pour une application RFID [Chen]


Tant que les dimensions de cette antenne sont électriquement petite (dimensions faibles devant
la longueur d'onde), le modèle électrique équivalent de cette antenne est une inductance avec un peu
de résistance série. L'inductance peut être calculée à l'aide de la formule 88.

A. Boyer 45
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

µ 0 P  8S 
L= ln  Équation 88
2π  wP 
où P est le périmètre de la boucle, w la largeur du conducteur formant l'antenne et S la surface
de la boucle. La résistance de l'antenne comporte deux parties :
La résistance de rayonnement d'une antenne boucle carrée donnée par l'équation 86.
La résistance de perte donnée par l'équation xx, avec f la fréquence, et σ la conductivité
électrique du conducteur formant la boucle (la conductivité électrique cuivre est de 5.7˟107
S/m)

P πfµ
Rloss = Équation 89
2w σ

Avec les dimensions de l'antenne boucle carrée de la figure 32, on a w = 10 mm, P = 4*250 =
1000 mm et S = 62500 mm². Pour une fréquence de fonctionnement à 13.56 MHz, on en déduit les
paramètres électriques suivants en considérant un conducteur en cuivre :
L = 780 nH
Rrad = 8 mΩ
Rloss = 48 mΩ

On remarque la faiblesse de la résistance de rayonnement vis-à-vis des pertes ohmiques ainsi


que de son rendement : η = Rrad/(Rrad+Rloss) = 14 % ! Sa directivité théorique étant de l'ordre de 1.5,
son gain G = 1.5˟0.14 = 0.21 soit -6.8 dBi, sans compter les pertes dans le réseau d'adaptation et dues
à l'orientation de l'antenne. Le rayonnement de cette antenne en champ lointain à 13.56 MHz est donc
faible, ce qui s'explique par les faibles dimensions de cette antenne par rapport à la longueur d'onde (à
13.56 MHz, λ = 22 m). Cette antenne est plutôt employée comme antenne champ proche.

Remarque : antenne champ proche


Le rayonnement en champ lointain d’une petite antenne boucle est généralement faible.
Cependant, en raison du fort champ magnétique en zone de champ proche (voir annexe B), celles-ci
sont employées comment antenne champ proche notamment pour les applications de Radio Frequency
Identification (RFID). Entre le lecteur et le tag, lors d’un couplage en champ proche, il n’existe pas de
couplage rayonné mais plutôt un couplage inductif. La zone de champ proche est cependant
relativement limitée, de l’ordre la taille de la boucle.

II. Antenne ferrite


Une manière d’accroître le champ magnétique générée par une antenne boucle est
d’augmenter le nombre de boucles ou de tours (pour une antenne à N boucle, le champ magnétique est
multiplié par N). En outre, en plaçant un matériau présentant une grande perméabilité magnétique (µr)
à l’intérieur de la boucle (par exemple Nickel Zinc ou le Manganèse Zinc), les lignes de champ
magnétique se trouvent plus fortement concentrées ce qui conduit à modifier les propriétés de
l’antenne, notamment en augmentant son facteur de qualité. Ces deux concepts sont utilisés par les
antennes ferrites, qui sont des boucles multi tours enroulées autour d’un noyau de ferrite. La résistance
de rayonnement d’une antenne ferrite peut se calculer à l’aide de l’équation 90. Ces antennes sont
largement employées pour les bandes LF, MF et HF. En général, la résistance de rayonnement reste
faible d’où une antenne peu efficace en champ lointain. Elle est plutôt employée comme antenne
champ proche pour des applications basses fréquences, en raison de son faible coût.

A. Boyer 46
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

2
 S 
Rrad = 31170 ×  N tour µ r ferrite 2  Équation 90
 λ 

Figure 33 – Antenne ferrite (n = 160 tours, µr = 60, L =820 µH) [Brzeska]

III. Antenne dipôle demi-onde


L’antenne dipôle demi-onde correspond au cas particulier d’une longue antenne filaire linéaire
utilisée à sa fréquence de résonance. Cette antenne est utilisée pour un grand nombre d’applications
sur les bandes VHF et UHF.

1. Principe
Un dipôle est constitué de 2 tiges cylindriques de diamètre fin (d < λ/100), connectées à une
source d’excitation. Cette fois-ci, sa longueur n’est plus négligeable devant la longueur d’onde et la
répartition du courant n’est plus constante le long du fil. L’analyse du rayonnement du dipôle peut se
faire en découpant le dipôle en dipôle élémentaire et en sommant leur contribution. La répartition du
courant le long du dipôle est quasi sinusoïdale (vrai si le diamètre de la tige est nul), à l’image de la
répartition du courant le long d’une ligne bifilaire. Cependant, le courant doit être nul à chaque
extrémité du dipôle (le circuit est ouvert donc il ne peut y avoir de courant de conduction aux
extrémités). La période de variation du courant le long du dipôle est égale à λ. Les courants sont en
opposition de phase en 2 points placés symétriquement sur chaque brin par rapport au centre du dipôle.

E
L
Direction de
Répartition propagation
du courant I
H

-
Figure 34 – Répartition du courant le long d’un dipôle et champ rayonné
Pour un dipôle fin, lorsque la longueur du dipôle L est égale à λ/2 ou λ, l’antenne est alors en
résonance. La fréquence de résonance est donc égale à :
λ c
L= ⇔ f res = Équation 91
2 2.L

Remarque : dipôle épais


Un dipôle épais présente un diamètre d tel que d > λ/100. Dans ce cas, l’extraction des
propriétés devient compliquée et la fréquence de résonance apparaît pour une longueur L légèrement
inférieure à λ/2.

A. Boyer 47
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

2. Diagramme de rayonnement et gain


Pour un dipôle fin, la fonction caractéristique de rayonnement est donnée par l’équation92. La
fig. xxx présente le diagramme d’un dipôle demi-onde.
βL βL
cos( cos(θ )) − cos( )
r (θ , ϕ ) = 2 2 Équation 92
sin(θ )

(a) Vue 3D

(c) Dans le plan E

(b) Dans le plan H


Figure 35 – Diagramme de rayonnement d’une antenne dipôle : (a) Vue 3D du gain d’un dipôle demi
onde, (b) : gain dans le plan H d’un dipôle demi onde, (c) : gain dans le plan E pour des dipôles de
différentes longueurs.

L’antenne est donc omnidirectionnelle dans le plan H, puisque le diagramme de rayonnement


ne dépend pas de φ. Le gain à la fréquence de résonance est égal à 1.64 soit 2.15 dBi et l’angle
d’ouverture à 3 dB de 78°. Comme le montre la figure 25, le diagramme de rayonnement évolue avec
la fréquence. Plus la fréquence augmente et plus l’ouverture du lobe principal est petite. Pour L= λ,
l’angle d’ouverture à 3 dB est égal à 48° et le gain à 2.48 soit 3.94 dBi. Cependant, lorsque la
fréquence augmente de telle sorte que L > λ, des lobes secondaires apparaissent.
Si on considère un dipôle demi onde épais, son diagramme de rayonnement se rapproche plus
de celui d’un doublet.

Remarque : dBd
Il est possible de calculer le gain d’une antenne en utilisant n’importe quelle antenne de
référence, par exemple un dipôle demi onde. Dans ce cas, le gain est exprimé en dBd. Le passage des
dBi au dBd se fait par la relation suivante : G (dBd ( ) = G (dBi ) + 2.15dB .

A. Boyer 48
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

3. Impédance d’entrée et bande passante


L’impédance d’entrée d’un dipôle demi-onde isolé dans l’espace et de diamètre d peut se
calculer à partir des formules de R.A. Smith (équations 93 et 94).

 5400   9700 
Z in =  73.2 −  + i 42.5 −  Équation 93
 RC   RC 

 λ 
RC = 120 ln − 1 Équation 94
 d 
λ 27 2300 
La résonance d’un dipôle demi-onde apparaît pour : L = 1 − + 2  . Pour un
2  RC RC 
dipôle fin, l’antenne présente une résistance d’entrée égale à 73.5 Ω et une réactance d’entrée égale à
42.5 Ω
Le facteur de qualité d’un dipôle demi-onde est donné par la relation suivante. Pour accroître
la bande passante d’une antenne dipôle, il faut réduire son facteur de qualité en augmentant sa
résistance d’entrée. A partir de la relation ci-dessous, on voit qu’on peut y parvenir en modifiant le
diamètre du dipôle.
λ
Q = 1.3 ln  − 1 Équation 95
d 

Remarque : dipôle replié (folded dipole)


Pour améliorer la bande passante d’un dipôle, il est aussi possible de modifier sa structure
pour faire un dipôle replié. En fonction des diamètres des 2 dipôles et de leur espacement e, il est
possible d’augmenter la résistance d’entrée du dipôle et donc d’accroître la bande passante.

λ/2

Figure 36 – Dipôle replié

4. Monopôle – antenne quart d’onde


La présence d’un plan de masse en dessous d’un dipôle va modifier ses propriétés et son
diagramme de rayonnement, en raison de la réflexion produite par le plan métallique. Un monopôle
correspond à un cas particulier où un demi – dipôle demi-onde (une seule tige de longueur l), est placé
verticalement au dessus d’un plan de masse supposé idéal. L’excitation est connectée entre la tige
restante et le plan de masse (Fig. 37). Cette antenne s’apparente à un dipôle demi-onde qui fonctionne
à une fréquence telle que l = λ/4. Avant d’expliquer pourquoi, il convient d’introduire la notion de plan
image créé par le plan de masse.

A. Boyer 49
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Brin du demi
dipôle
λ
l=
4
λ
L = 2l =
2
Plan de masse
λ
l=
4
Brin virtuel

Figure 37 – Antenne monopôle

Plan image
Un plan de masse idéal est un plan infini formé par un conducteur parfait. Electriquement, il
représente une équipotentielle. Un plan de masse se comporte comme un plan d’antisymétrie pour tout
courant. En effet, supposant qu’un fil parcouru par un courant soit placé au dessus d’un plan masse. Si
le plan est parfaitement conducteur, l’onde émise par le fil vers le plan est entièrement réfléchie et
repart vers le fil. Tout se passe comme si le plan de masse se comportait comme un plan
d’antisymétrie, c'est-à-dire qu’un fil virtuel serait placé sous le premier fil symétriquement au plan de
masse et serait parcouru par un courant opposé en phase. Ce principe est à la base de la méthode des
images, qui permet de déterminer l’effet d’un plan de masse sur une antenne.
I2
I1

I1 I2
Figure 38 – Un plan de masse se comporte comme un plan image
Revenons au monopôle. Le plan de masse créé donc un deuxième brin virtuel sous le premier
et parcouru aussi par un courant I1opposé en phase. Ces 2 brins forment donc un dipôle demi-onde. Le
monopôle aura donc les mêmes propriétés qu’une antenne dipôle pour un encombrement deux fois
plus faible ! Contrairement au dipôle qui représente une antenne qui résonne en λ/2, le monopôle
résonne en λ/4 : on parle d'antenne quart d'onde.

IV. Antenne imprimée ou patch


Le concept d’antennes patch est apparu dans les années 50, mais le véritable développement
ne s’est fait que dans les années 70. Les antennes imprimées ou microruban, ou « patch » en anglais
sont des éléments rayonnants planaires. L’antenne est réalisée par gravure d’un circuit imprimé. De
part leur technologie de fabrication, ceux-ci peuvent être intégrés au plus près des circuits
électroniques en occupant un volume réduit et se conformant à différents types de surface. Leur
principal avantage réside dans leur faible coût de fabrication. Les antennes patch sont utilisées dans de
nombreuses applications à partir des bandes VHF (Fig. 39).

A. Boyer 50
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Antenne de télépéage Antenne WiFi Réseaux d’antennes patch

Figure 39 – Exemple d’antennes patch

1. Structure
Une antenne patch consiste en un élément métallique de forme quelconque (rectangulaire,
circulaire, à fente, ou formes plus élaborées) déposé sur la surface d’un substrat diélectrique qui
présente sur l’autre face un plan conducteur (plan de masse). Une antenne patch rectangulaire est
l’antenne patch la plus courante, sa structure est détaillée ci-dessous.
L
Substrat εr, µr
Patch – élément
W rayonnant
O W = largeur (width)
L = longueur (length)
H
H = épaisseur du
plan de substrat (Height)
Connexion
masse
coaxiale

Figure 40 – Structure d’une antenne patch rectangulaire


L’antenne patch fonctionne comme une antenne demi-onde. On trouvera donc une des
dimensions du patch (longueur par convention) de l’ordre de la demi-longueur d’onde. Le choix de la
longueur du patch est donc guidé par la fréquence de résonance à donner à l’antenne. Le plan de masse
ne pouvant pas être infini, il doit être égal à 3 ou quatre fois la longueur d’onde pour « ressembler » à
un plan de masse infini. Un plan de masse plus petit conduira à une modification des propriétés de
l’antenne, avec notamment la présence d’un rayonnement en face arrière. Cependant, cela représente
parfois un encombrement trop important pour une intégration pratique et faible coût d’une antenne,
d’où une optimisation de sa taille. Les caractéristiques du substrat influent sur celles de l’antenne. En
général, sa permittivité doit être faible, il doit être d’épaisseur négligeable devant la longueur d’onde et
présenter de faible pertes (on caractérise les pertes d’un diélectrique par la tangente des pertes notée
tan δ. Une valeur typique se situe aux alentours de 10-3).
Différentes méthodes existent pour polariser une antenne patch. Sur la figure 30, l’antenne est
alimentée par une connexion coaxiale, le connecteur étant placée à l’intérieur de l’élément rayonnant.
L’alimentation peut être apportée par une ligne micro ruban connectée sur un coté de l’antenne. La
position du point de l’alimentation aura un impact non négligeable sur l’impédance d’entrée de
l’antenne et donc sur son adaptation. En outre, on peut trouver d’autres éléments gravés autour de
l’élément rayonnant tels que des lignes d’alimentation, des structures d’adaptation, de contrôle de la
phase…

2. Principe de fonctionnement
L’élément rayonnant le plus classique est un rectangle et nous ne nous concentrerons que sur
ce type d’antennes. Pour plus d’informations sur des antennes patch de formes différentes, vous
pouvez vous reporter aux références [Waterhouse], [Sainati] et [Luxey].
Deux modèles sont utilisés pour comprendre le fonctionnement d’une antenne patch et
déterminer des formules analytiques de leur rayonnement et de leur impédance d’entrée. Une antenne
patch peut être vue comme une ligne de transmission (ligne microruban) ouverte à chacune de ses
extrémités. Ces 2 discontinuités se comportent comme deux extrémités rayonnantes. La deuxième
manière de traiter une antenne patch est de la considérer comme une cavité résonante, formée par le
patch, le plan de masse et les 4 bords. En basse fréquence, la cavité peut être considérée comme une

A. Boyer 51
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

capacité qui stocke des charges et dans laquelle un champ électrique uniforme est créé entre le patch et
le plan de masse. Tant que l’épaisseur du substrat est faible, le champ électrique est orienté selon l’axe
z et indépendant de z. En pratique, l’épaisseur doit rester telle que :
c
h≤ Équation 96
4 f ε r −1
Au fur et à mesure que la fréquence augmente, la distribution des charges sur le patch n’est
plus uniforme, et celle du courant et du champ électrique dans le plan xy aussi. Un champ magnétique
apparaît aussi. La distribution du champ électrique dans la cavité rectangulaire est donnée par
l’équation suivante :

 mπx   nπy 
E X = EY = 0 E Z = E0 cos  cos  Équation 97
 L   W 
Pour des fréquences particulières (fréquences de résonance de cavité, équation 98) liées aux
dimensions de la cavité rectangulaire, la distribution du champ électrique est telle que le rayonnement
est optimisé.
2 2
c m  n 
Fm, n =   +  Équation 98
2 εr  L  W 
Où m et n sont des entiers supérieurs ou égaux à 0, qui représentent les modes de cavités. Ces
modes caractérisent la distribution du champ électrique le long d’un axe de la cavité. Le mode
fondamental est le mode (m,n) = (0,1) si W > L, indiquant que le champ électrique présente un
minimum le long de l’axe parallèle à la largeur, et (m,n) = (1,0) si L > W, indiquant que le champ
électrique présente un minimum le long de l’axe parallèle à la longueur. Cette formule est valable
uniquement si la hauteur de la cavité est négligeable. Si ce n’est pas le cas, il faudra pendre en compte
une troisième composante dans le mode de résonance. Vous pouvez vous reporter à des ouvrages
spécialisées [Hill] pour plus de détails sur les modèles de cavité résonante.
Prenons le cas où L > W et étudions la distribution du champ électrique dans la cavité (Fig.
41). Lorsque la longueur L de la cavité est environ égale à λ/2, l’antenne entre en résonance, à la
manière d’un dipôle demi onde. Le champ électrique est maximal et en opposition de phase aux 2
extrémités séparées par L. Le long de l’axe Y (parallèle à W), le champ électrique est quasiment
uniforme. Par contre, le champ électrique n’est pas uniforme le long de l’axe X (parallèle à L). Il
présente un minimum et un maximum et passe par un zéro le long des extrémités séparées par W.
Cette distribution de champ électrique est liée à une accumulation de charges de signes opposées sur
les bords séparées par L et un courant orienté le long de l’axe X.
Champ EM rayonné
E
L>w

------------ Bord non


Patch rayonnant
Bord
O
I
rayonnant ++++++++++++

z H
E L
y
x
w
Plan de masse

Figure 41 – Rayonnement d’une antenne patch rectangulaire

A. Boyer 52
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Le champ présent entre les bords du patch et le plan de masse va déborder et contribuer à
générer le champ électromagnétique rayonné : ceux généré par les bords séparés par L étant maximum
et en opposition de phase vont avoir tendance à s’additionner de manière constructive et optimale, et
générer un rayonnement inscrit dans le plan YZ. Ces 2 bords sont donc appelés bords rayonnants.
Ceux générés par les bords séparés par W présentant un zéro, ils ne vont pas contribuer au
rayonnement.
Cependant, en raison de ce débordement du champ électrique, la résonance ne se fait pas
parfaitement lorsque la fréquence est telle que la longueur du patch est égale à la demi longueur
d’onde, mais lorsque L ≈ 0,49 λ.
Le calcul des performances de l’antenne n’est pas trivial et repose sur soit sur un calcul
analytique et plusieurs hypothèses simplificatrices, soit sur l’utilisation de méthodes numériques
exactes. Pour des géométries simples, les méthodes analytiques sont facilement utilisables. Pour des
géométries plus complexes, il est nécessaire d’employer des méthodes numériques.

3. Diagramme de rayonnement et polarisation


La figure 42 montre la direction du champ électrique rayonné. Le rayonnement d’une antenne
patch rectangulaire est similaire à celui d’un dipôle orienté dans l’axe x. La polarisation du champ
rayonnée est rectiligne. Le rayonnement est dépendant de θ et φ. Il est concentré dans un lobe principal
orienté vers la verticale du patch (θ = 0°). En raison du plan de masse, le rayonnement ne se fait que
dans le demi-plan au dessus du plan de masse. La figure 42 illustre le diagramme de rayonnement de
cette antenne. La directivité d’une antenne patch est approximée par les relations suivantes :
2
1 W 
D≈   Équation 99
15G f  λ0 
W W 8W
si >> 1 : G f ≈ ⇒ D≈
λ0 120λ0 λ0
2
W W Équation 100
si << 1 : G f ≈ ⇒ D≈6
λ0 90λ 20
1 W W 1
si < < 3: G f ≈ −
3 λ0 120λ 0 60π 2

θ
z I
O φ L
z
y H
x W
x y

θ=0° θ=0°

2θE 2θH

θ=90° θ=90°
θ=270° θ=270°

θ=180° θ=180°
Plan E (φ=0°) Plan H (φ=90°)

Figure 42 – Diagramme de rayonnement d’une antenne patch rectangulaire

A. Boyer 53
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Les angles d’ouverture sont donnés par les relations suivantes. Le gain d’une antenne patch est
généralement compris entre 6 et 8 dBi, les angles d’ouverture à 3 dB entre 70° et 90°.
−0.5
1 
2θ E 3dB = 2 arccos (3β 02 L2 + β 02 h 2 )  Équation 101
7 
−0.5
  πW 
2θ H 3dB = 2 arccos 21 +  
 Équation 102
  λ0 

Remarque : antenne patch à polarisation circulaire


Les antennes patch n’ont pas toutes une polarisation rectiligne. Selon leur structure et la
manière de les alimenter, il est possible de leur donner une polarisation elliptique ou circulaire. Par
exemple, en introduisant des fentes dans l’antenne et en jouant sur la position du point de polarisation,
ou en excitant l’antenne en points par deux sources égales mais déphasées de 90°.
Ligne avec
déphasage = 90°
L

Source
L Alim.
coaxiale
c
Fente

Excitation en un point Excitation en 2 points


Figure 43 – Antennes patch à polarisation circulaire

4. impédance d’entrée et bande passante


L’impédance d’entrée d’une antenne patch est assez difficile à calculer et de nombreuses
formules approchées existent pour l’évaluer. L’impédance d’entrée dépend de plusieurs paramètres,
tels que la constante diélectrique, l’épaisseur et la largeur du substrat, ainsi que de la position du point
d’alimentation. Les équations ci-dessous permettent de déterminer approximativement la résistance
d’entrée d’une antenne patch rectangulaire :
1 W
Rin = , avec G1 = Équation 103
2G1 120λ0
L’effet de la position du point d’alimentation peut être pris en compte et déterminé à partir de
l’équation 104. Comme le montre la figure 44, placer le point de polarisation au milieu du patch
conduit à une impédance d’entrée nulle et à une dégradation du rayonnement.

 πx  L  R pos 
R pos = Rin cos 2   ⇔ x= arccos  Équation 104
L π  Rin 
 

A. Boyer 54
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Rin
Rpos
150

0
0 L/2 L yx

Figure 44 – Variation de la résistance d’entrée d’une antenne patch rectangulaire en fonction de la


position du point d’alimentation

La bande passante d’une antenne patch est relativement faible, seulement quelques % de la
fréquence centrale. Pour accroître la bande passante, il est possible d’augmenter l’épaisseur du substrat
pour réduire le facteur de qualité de la cavité résonante (tout en conservant un substrat suffisamment
fin pour conserver l’effet de cavité). Il est aussi possible de modifier la méthode d’alimentation du
patch, ou couplages entre antennes résonantes (2 patches superposés).

Remarque : antenne multi bande


Les dispositifs de télécommunications mobiles intègrent généralement plusieurs systèmes de
communication sans fil différents (GSM, DCS, UMTS, Bluetooth ...) fonctionnant à des fréquences
différentes. Pour chacun de ces systèmes, il faudrait une antenne ce qui limiterait fortement la capacité
à intégrer ce système. Comme in est difficile de réaliser une antenne large bande à partir d’une seule
résonance, ces systèmes intègrent plutôt des antennes multi-bandes c’est-à-dire qui présentent
plusieurs fréquences de résonance. Par exemple, les antennes PIFA (Planar Inverfed Folded Antenna),
comme celle présentée à la figure 45 qui couvre les bandes GSM, DCS et UMTS. Ce type d’antenne
est l’équivalent du monopôle quart d’onde pour les antennes patches. Le principe revient à placer un
court-circuit au milieu de l’antenne pour réduire sa longueur sans modifier sa fréquence de résonance.
En ajoutant des fentes sur l’élément rayonnant, les fréquences de résonance de mode supérieures vont
être modifiées. L’optimisation de ce type d’antenne se fait par simulation numérique.
Un autre exemple est donné à la figure 46. Il s’agit d’une antenne patch composée de 2
réseaux de 2 dipôles, le premier fonctionnant sur la bande GSM, le second sur la bande DCS. Cette
antenne est utilisée pour une station de base indoor.

Figure 45 – Exemple d’antenne planaire multi-bande (antenne PIFA) pour les bandes GSM, DCS et
UMTS [Ciais]

A. Boyer 55
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Figure 46 – Exemple d’antenne planaire multi-bande (antenne PIFA) : station de base indoor pour les
bandes GSM et DCS [Chen]

5. Dimensionnement d’une antenne patch rectangulaire


En guise de résumé, voici une procédure de conception d’une antenne patch rectangulaire
donné par [Luxey]. Celle-ci peut être utilisée pour un premier dimensionnement. L’optimisation peut
être faite ensuite à l’aide d’un simulateur électromagnétique.
Les données d’entrée sont : le substrat (permittivité électrique, tangente de pertes, épaisseur),
la fréquence de fonctionnement. L’épaisseur du substrat doit être telle qu’elle satisfasse à l’équation
66. On considère un plan de masse parfait et infini.
λ0 2 c
a. Calcul de la largeur du patch : W = , λ0 = Équation 105
2 1+ εr Fres
b. Calcul de la longueur d’onde effective λe et de la constante diélectrique effective εe :
c
λe =
f εe
Équation 106
− 0.5
ε r +1 ε r −1  12h  W
εe = + × 1 +  , ≥1
2 2  W  h
c. Calcul de l’extension de longueur du patch ∆L :
W
+ 0.264
(ε e + 0.3) h
∆L = 0.412h + Équation 107
(ε e − 0.258) W
+ 0.8
h
λe λe
En pratique, on trouve 0.005 ≤ ∆L ≤ 0.01
2 2
d. Calcul de la longueur du patch L :
λe
L = Le − 2∆L = − 2∆L Équation 108
2
e. Calcul de la position du point d’alimentation : à partir de l’équation 104.

A. Boyer 56
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

V. Miniaturisation des antennes


Le développement de la téléphonie mobile et des applications sans fil embarquées (Fig. 47)
ont conduit à une miniaturisation et à une intégration non seulement de l’électronique, mais aussi des
antennes. La miniaturisation d’une antenne consiste dans un premier temps à réduire ses dimensions,
sa surface, son volume pour une fréquence de résonance donnée, et dans un second temps, à
miniaturiser et intégrer au plus près de l’antenne les structures d’adaptation et de polarisation.

Figure 47 – Antennes intégrées dans un ordinateur portable

Cependant, réduire la taille d’une antenne a un impact sur les performances en terme de gain,
d’efficacité et de bande passante. Réduire la taille d’une antenne augmente sa fréquence de résonance.
Il est toujours possible de réduire la fréquence de résonance par ajout d’un condensateur ou d’une
inductance externe, mais cela ne modifie pas le facteur de qualité de la résonance et donc la bande
passante. A fréquence de résonance égale, l’antenne la plus courte aura une bande passante plus faible.
Cela peut poser un problème lorsque l’antenne est censée être utilisée pour une application pour
laquelle une bande de fréquence de plusieurs dizaines de MHz a été alloué. De plus, pour une antenne
électriquement courte, la résistance de rayonnement et donc l’efficacité et le gain tendent à augmenter
avec la longueur électrique de l’antenne. On peut trouver dans la littérature [Skrievervik] sur les
antennes des formules donnant des limites théoriques en terme de facteur de qualité minimum Qmin et
de gain maximum Gmax pour une petite antenne polarisée de manière rectiligne :
1 1
Qmin = 3
+ Équation 109
(k .a ) k .a

Gmax = (k .a ) 2 + 2k .a Équation 110

A. Boyer 57
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014


avec k le nombre d’onde : k = et a le rayon de la plus petite sphère qui contient l’antenne.
λ
Il existe cependant des techniques pour rendre des antennes plus petites tout en conservant de
bonnes performances en terme de gain, de résistance de rayonnement et de bande passante
[Skrievervik]. Nous allons voir brièvement quelques techniques courantes favorisant la miniaturisation
des antennes. Leur dimensionnement est généralement basé soit sur un ajustement expérimental soit à
l'aide d'un logiciel de conception assistée par ordinateur (CAO).

1. Meander Line Antenna


Une antenne miniature est une antenne qui occupe un faible volume (ou une faible surface
dans le cas d'une antenne planaire). Une première idée pour réaliser une antenne miniature consiste à
prendre une antenne filaire demi-onde ou quart d'onde et à la tordre. C’est le principe sous jacent des
antennes Meander Line Antenna MLA (meander signifie sinueux, méandre). En tordant
continuellement une antenne filaire, on augmente sa longueur électrique, donc il est possible de
réduire sa fréquence de résonance en conservant une surface ou un volume d’intégration constant. En
outre, les interactions entre les différents brins conduisent à modifier la bande passante et l’impédance
d’entrée. Les antennes MLA existent aussi en version planaire ou être réalisées dans les 3 dimensions.

Figure 48 – Antennes MLA de type monopôle [Godara]


Les paramètres géométriques de l'antenne sont à optimiser pour trouver le meilleur compromis
entre la surface de l'antenne et ses performances.

2. Chip antenna
Le concept de (Ceramic) Chip Antenna est apparu à la fin des années 90 et correspond à la
réalisation des différents composants constitutifs de l’antenne sur un même substrat céramique et leur
encapsulation dans un même boîtier. Les éléments rayonnants sont généralement des antennes patches
et des antennes MLA. Le degré le plus poussé d’intégration d’une antenne consiste à la réaliser
directement à la surface d’un circuit intégré.

Chip
antenna

Figure 49 – Chip antenna

A. Boyer 58
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

3. Antenne IFA
L'antenne IFA ( Inverted F-Antenna) est une antenne quart d'onde couramment employé dans
les systèmes de télécommunications mobiles comme les téléphones mobiles grâce à sa compacité et à
la possibilité d'en faire une version planaire. La figure ci-dessous présente un schéma de principe, soit
en version filaire, soit en version planaire sur circuit imprimé. Son nom vient de sa forme (un F
inversé). Bien qu'elle ressemble de prime abord à une antenne monopôle, pour comprendre son
fonctionnement, il faut la considérer comme la moitié d'une ouverture rayonnante, dont la longueur
serait égale à λ/2. Nous nous contenterons de donner les grandes lignes du dimensionnement de
l'antenne IFA.
Elle se présente sous la forme d'une brin de longueur L à peu près égale à λ/4 placé à une
distance H au-dessus d'un plan de masse. Celui-ci doit avoir une largeur plus grande que L. Le brin est
court-circuité à une extrémité et ouvert de l'autre. Le brin est excité sur un brin placé à proximité du
court-circuit (séparation S). Cette antenne présente une polarisation verticale et une quasi
omnidirectionalité dans le plan horizontal. La hauteur H doit être rester une faible fraction de la
longueur onde et faible devant L, de façon à ce que la fréquence de résonance de l'antenne soit ajustée
principalement par la longueur L. Cependant, plus H diminue, plus la bande passante et l'efficacité de
l'antenne diminuent aussi. Le diagramme de rayonnement et l'impédance d'entrée de l'antenne
dépendent faiblement de cette hauteur.
Version filaire Version planaire

L
L
H D

H Ø=D S

S Alimentation
Court-circuit
Plan de masse Plan de masse
Figure 50 – Antenne IFA
On peut se demander à quoi sert le court-circuit. Celui-ci sert à adapter l'impédance de
l'antenne, et notamment à annuler la partie réactive de son impédance. L'antenne est principalement
formée par un brin ouvert d'une longueur légèrement plus petite que λ/4. Electriquement, on peut
l'assimiler à un condensateur entre le brin et le plan de masse en parallèle avec la résistance de
rayonnement (voir figure ci-dessous). Le court circuit est placé à proximité du brin d'alimentation. S
doit rester aussi une fraction de la longueur d'onde. Un brin électriquement court et en court-circuit est
équivalent à une inductance., qui dépend principalement de S, mais aussi de H et D. Cette inductance
étant mise en parallèle du brin ouvert, elle compense en partie la capacité introduite par le brin ouvert.
En ajustant la distance de séparation S, on choisit une position pour le brin d'alimentation qui permet
la compensation de la capacité du brin ouvert par l'inductance du court circuit.
Court-circuit Brin ouvert

C RRad
L

Figure 51 – Modèle électrique équivalent d'une antenne IFA

A. Boyer 59
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

4. Antenne PIFA
Les antennes PIFA (Planar Inverted Folded Antenna) sont aux antennes patch rectangulaires
ce que sont les monopôles pour les dipôles. Il s'agit d'une version quart d'onde d'une antenne patch
rectangulaire, comme celle vue dans la partie précédente. La figure ci-dessous compare les structures
d'une antenne patch rectangulaire et d'une antenne PIFA.

Antenne patch
rectangulaire Antenne PIFA

E E
z z
Annulation du
champ E en x = L/2 Rangée de vias connectés
y Annulation du
y au plan de masse
x champ E en x = L/2
O x
O

H H
E L ≈λ/2 E L ≈λ/4
w w
O = point O = point
Plan de masse Plan de masse
d’alimentation d’alimentation

Figure 52 – Structures d'une antenne patch rectangulaire (à gauche) et d'une antenne PIFA (à droite)
En regardant la distribution du champ électrique du premier mode de résonnance du patch
rectangulaire (lorsque L = λ/2), on constate que celui-ci est maximal et opposé en phase sur les deux
bords rayonnants. C'est ce qui permet à l'antenne patch de rayonner efficacement. Mais on constate
aussi que le champ électrique (et aussi la tension) s'annule au milieu de la longueur résonante (en x=
L/2). C'est pour cela qu'il était déconseillé de placer le point d'alimentation au milieu de la longueur
résonante, car la tension appliquée sur l'antenne aurait été nulle. Le champ électrique présente une
symétrie par rapport à une plan passant par le milieu de la longueur résonante.
On exploite cette propriété dans une antenne PIFA : en introduisant un mur électrique parfait à
cet endroit, la distribution électrique n'est pas altérée. Un mur électrique est formé par un plan
conducteur, qui force le champ électrique tangentiel à s'annuler. Il joue le rôle de plan image que nous
avions introduit dans l'étude du monopôle. Par exemple, un plan de masse parfait forme un mur
électrique. Dans le cas d'une antenne PIFA, ce mur électrique est formé par un conducteur métallique
qui court-circuite le patch en son milieu. En pratique, une rangée de via suffisamment serrés reliant le
patch au plan de masse peut jouer le rôle de mur électrique. La distribution des champs E et H et du
courant sur les deux parties du patch sont symétriques et il n'est pas utile de garder ces deux parties.
On obtient donc une antenne de longueur égale à λ/4.
Bien qu'elle présente les mêmes performances qu'une antenne patch, une antenne PIFA a une
bande passante plus faible qu'une antenne patch. Comme pour une antenne patch, celle-ci peut être
accrue en augmentant la hauteur H du patch au-dessus du plan de masse.

Il existe différents moyens permettant encore de réduire la longueur physique de l'antenne


PIFA. Elle consiste à augmenter la longueur électrique de l'antenne, sans augmenter la longueur
physique de l'antenne. On rappelle qu'une antenne résonne lorsque sa longueur électrique est égale à
λ/2 ou λ/4. La longueur électrique correspond à la distance parcourue par le courant. Une première
méthode consiste à ne garder qu'un via pour assurer le mur électrique. Tout le courant circulant à la
surface du patch revient au plan de masse par ce via unique. Par rapport à l'antenne utilisant une
rangée de via sur toute la largeur du patch, le courant va parcourir une distance plus grande pour une
même longueur physique de patch.
Une autre méthode consiste à placer des ouvertures ou des fentes l'intérieur des antennes
patches. Lorsque le courant circulant sur le patch rencontre une fente, celui-ci la contourne,
augmentant ainsi la longueur électrique de l'antenne. Ces différentes techniques peuvent être
combinées pour réduire au maximum la taille d’une antenne. Elles nécessitent une optimisation fine,
basée sur l’utilisation de simulateurs électromagnétiques 3D.

A. Boyer 60
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

VI. Ouverture rayonnante et antenne à réflecteur


Les ouvertures rayonnantes correspondent à un type particulier d’antennes adaptées aux
applications nécessitant des faisceaux étroits à fort gain (faisceau hertzien) : communications spatiales,
radar … La structure de ce type d’antennes diffèrent des précédentes, car nous ne considérions que
l’élément conducteur à l’origine du rayonnement. Une antenne à ouverture rayonnante est composée
de 2 parties : une source primaire qui rayonne sur plan métallique présentant une ouverture, dont les
propriétés géométriques vont modifier le diagramme de rayonnement. Le rayonnement de la source
primaire peut être produit par une antenne quelconque situé à l’arrière de l’ouverture (suffisamment
loin pour être en zone de champ lointain) ou bien il peut être guidé par un guide d’onde jusqu’à
l’ouverture rayonnante.
L’étude des ouvertures rayonnantes est aussi nécessaire pour comprendre le fonctionnement
des antennes à réflecteur et notamment les réflecteurs paraboliques.

1. Ouverture rayonnante plane

a. Définition et zones de rayonnement


Une ouverture rayonnante plane correspond à une ouverture de surface quelconque dans un
plan conducteur, illuminé par une onde incidente. Le principe de Huygens stipule que le champ
rayonné en un point P peut être vu comme la superposition du rayonnement de sources secondaires
réparties sur l’ouverture (principe de la géométrie optique). Cependant, ceci conduit à une
approximation du champ rayonné, en raison de l’influence du contour de l’ouverture. En effet, celui-ci
diffracte le champ incident. Le champ total obtenu dépend donc du champ sur l’ouverture et du champ
diffracté (théorie géométrique de la diffraction). La première composante permet de déterminer
correctement le lobe principal et les premiers lobes secondaires, alors que la seconde permet de
déterminer les lobes secondaires éloignés de l’axe principal. Dans la suite, nous négligerons l’effet des
diffractions produites par les bords.
Ouverture
y Diagramme de
rayonnante
P rayonnement
(surface S)
Onde incidente φ r
(source primaire) Qi
θ

x Bords Sources
diffractants secondaires
θ

Figure 53 –Ouverture rayonnante

Remarque : Zone de rayonnement d’une ouverture plane


Nous avons jusque-là traité des antennes en zone de champ lointain, c’est-à-dire lorsque la
distance devenait suffisamment grande pour que les différences d’amplitude et de phase des
contributions de chaque élément de l’antenne soit négligeable. Dans cette zone, l’onde pouvait être
considérée comme une onde sphérique, localement vue comme plane. Posons-nous maintenant la
question : à quel moment l’onde issue de l’ouverture est sphérique ? La figure 54 présente les
différentes zones de rayonnement d’une ouverture plane. A proximité de l’ouverture rayonnante,
l’onde est plane, les directions de propagation des ondes rayonnées par chaque source secondaire
restent parallèles entre elles. Au-delà de la distance de Rayleigh, le faisceau émis par l’ouverture
commence à diverger et l’onde devient peu à peu sphérique. La zone de champ lointain apparaît au-
delà de la distance de Fraunhoffer. Deux critères permettent de déterminer si on se situe en zone de
champ lointain (équation 11&), la première condition étant adaptée aux petites ouvertures.

A. Boyer 61
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Ouverture
rayonnante
Zone de
Zone de Zone de transition champ lointain
Rayleigh (de Fresnel) r
D D 2
r≤ D2
2λ r≥2
λ
Ondes planes
Ondes sphériques

Figure 54 – Zone de rayonnement d’une ouverture rayonnante

2D 2
r > 10 D ou r> Équation 111
λ

b. Gain d’une ouverture rayonnante


Le champ rayonné peut être déterminé par la formule de Kottler, issue du principe de Huygens
(que nous ne présentons pas), à partir des champs électriques et magnétiques incidents. En champ
lointain, cette formule peut se simplifier et le champ électrique est donné par la formule de Fresnel
(équation 112).
1 + cos θ
E ( P) = i
2λ .r ∫∫ E (Q) exp(−iβ QP )dS
S
Équation 112

Dans le cas d’une ouverture de faible surface, l’amplitude et la phase de l’onde incidente
peuvent être constants. Prenons le cas d’une ouverture équiphase et équiamplitude, en notant E0 le
champ incident. Le champ électrique émis dans la direction de rayonnement maximal (θ=0°) est donné
par :
1 E .S
E max = E (θ = 0°) = ∫∫ E 0 dS = 0 Équation 113
λ .r S λ.r
Calculons maintenant l’expression du gain à partir de sa définition. La puissance par unité de
surface est donnée par le module du vecteur de Poynting. Il est alors possible de déterminer la
puissance rayonnée par unité d’angle solide (équation 115).
2
2
1 E max 1  E 0 .S 
p(W / m ) =2
=   Équation 114
2 η 2η  λ .r 
2
1  E0 .S 
p(W / sr ) =   Équation 115
2η  λ 
1 2
Connaissant la puissance totale rayonnée par l’ouverture : PA = E 0 .S , le gain peut être

déduit :
P(θ ,ϕ ) 4πS
G = 4π = 2 Équation 116
PA λ

Remarque : Ouverture non équiamplitude


L’hypothèse précédente suppose que la source primaire induit un rayonnement incident
uniforme sur l’ouverture, ce qui n’est parfois pas le cas en fonction de la géométrie de l’ouverture.
Dans ce cas, le gain effectif devient inférieur à celui prévu par l’équation 117. En pratique, on

A. Boyer 62
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

introduit un facteur de gain de l’ouverture noté FG et compris entre 0 et 1, qui traduit une diminution
de la surface équivalente de rayonnement de l’ouverture.
4πS .FG
G= Équation 117
λ2
c. Diagramme de rayonnement
Jusque-là, nous ne nous sommes intéressés qu’au lobe principal de cette antenne. Cependant,
le diagramme de rayonnement est complexe et contient de nombreux lobes secondaires en raison de la
surface non nulle de l’ouverture (l’apparition de nuls et de lobes provient des interférences
constructives ou destructives des contributions de chaque source secondaire de l’ouverture) et de la
diffraction dû aux bords de l’ouverture (que nous ne prendrons pas en compte ici). A partir de la
formule de Fresnel, il est possible de déterminer le diagramme de rayonnement de toute ouverture
plane rayonnante en intégrant le champ incident sur la surface de l’ouverture rayonnante. L’expression
ne sera valable que sur une plage angulaire limitée autour du lobe principal si les diffractions ne sont
pas prises en compte. Le diagramme de rayonnement dépend de 2 paramètres : la forme de l’ouverture
et la loi d’éclairement de l’ouverture, que nous allons supposer équiamplitude ici. Nous allons
présenter le cas d’une ouverture rectangulaire.
Dans le cas d’une ouverture rectangulaire de longueur a et de largeur b, le champ électrique en
un point P en champ lointain est donné par l’équation 118. On peut remarquer que la fonction
caractéristique de rayonnement contient de nombreux termes trigonométriques, à l’origine des
nombreux lobes secondaires apparaissant dans les plans E et H, comme le montre la figure 56. De
plus, la présence des termes en sin x/x indique une décroissance de l’amplitude des lobes quand on
s’éloigne de la direction du lobe principal.

ab 1 + cos θ sin u1 sin u 2


E (P ) = E 0 Fonction
λ.r 2 u1 u2 caractéristique
de rayonnement Équation 118

πa
u1 = sin θ cos ϕ Équation 119
λ
πb
u2 = sin θ sin ϕ Équation 120
λ
La loi d’éclairement va aussi modifier le diagramme de rayonnement. Le tableau ci-dessous
compare l’effet de 2 lois d’éclairement sur le rayonnement d’une ouverture rectangulaire [Combes].
Suivant la loi d’éclairement, il est possible soit de réduire la largeur du lobe principal, soit de diminuer
l’amplitude des lobes secondaires.

Loi d’éclairement (l Rapport des Angle d’ouverture à Facteur de gain Niveau relatif du 1e
= a ou b) amplitudes 3 dB (°) lobe secondaire
bord/centre
Uniforme 1 λ 1 -13.2 dB
50.8
l
πx 0 λ 0.81 -23 dB
cos 68.8
l l

d. Antenne cornet
Les antennes cornet sont des guides d’ondes dont la section augmente progressivement avant
de se terminer par une ouverture rayonnante, dont la section peut être rectangulaire, carrée ou

A. Boyer 63
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

circulaire. Suivant la forme du cornet, il est possible d’obtenir un diagramme de rayonnement fin soit
dans le plan E, soit dans le plan H, soit les deux. La figure ci-dessous présente un exemple d’antenne
cornet (Fig. 55) ainsi que son diagramme de rayonnement (Fig. 56).

Figure 55 – Antenne cornet (modèle R&S HF906 1 – 18 GHz) [http ://www2.rohde-schwarz.com/en/]

Figure 56 – Diagramme de rayonnement d’une antenne cornet

2. Antenne à réflecteur
Les antennes à réflecteur sont très utilisées dans les télécommunications par faisceau hertzien,
qu’elles soient terrestres ou spatiales, en raison de leur fort gain et de la concentration de la puissance
rayonnée dans un seul faisceau. De nombreuses antennes contiennent des réflecteurs plans situés en
face arrière, qui permettent de bloquer un lobe dans la direction du lobe principal. Dans le cas de
faisceau hertzien, les réflecteurs employés sont de forme parabolique. Lorsqu’une source primaire est
placée en leur foyer, ces réflecteurs sont capables de concentrer la puissance réfléchie dans un faisceau
étroit. Nous allons nous intéresser uniquement à ce type de réflecteur.
La figure 57 décrit le principe de rayonnement d’une antenne à réflecteur parabolique. Une
source primaire (antenne cornet) est placée au foyer du réflecteur parabolique de manière à produire
une onde sphérique. Cette onde incidente va interagir de 2 manières avec le réflecteur :
La majeure partie de l’onde incidente interceptée par le réflecteur va y induire des courants
de surface, qui vont à leur tour produire un rayonnement. La surface du réflecteur va donc
se comporter comme une source secondaire d’après le principe de Huygens, que nous avons
utilisé pour les ouvertures rayonnantes. La forme du réflecteur permet de focaliser le
rayonnement dans un faisceau étroit. On parle d’un rayonnement par diffusion.
Le champ incident qui arrive sur le bord du réflecteur produit un rayonnement par
diffraction (que nous allons négliger).

A. Boyer 64
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Diffraction sur
les bords
Ouverture
rayonnante
équivalente
Réflecteur
parabolique

D
Rayonnement Antenne
par diffusion cornet

Figure 57 – Rayonnement d’une antenne parabolique


Pour déterminer les propriétés de cette antenne, il est possible de la considérer comme une
ouverture rayonnante, placée dans le plan focal du réflecteur (plan qui contient le foyer) et d’ouverture
égale à l’ouverture équivalente du paraboloïde. Celle-ci dépend des dimensions du réflecteur
parabolique et de la loi d’éclairement de la source primaire. Le gain de l’antenne est donné par la
formule suivante, où FG est le facteur de gain de l’antenne.

(πD) 2 .FG
G= Équation 121
λ2

A. Boyer 65
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

D. Adaptation d'une antenne

Comme nous l'avons vu dans le chapitre A, des conditions d'adaptation d'impédance sont
nécessaires pour garantir un transfert optimal de la puissance électrique vers une charge. Dans un
système de télécommunications radiofréquences, cette problématique se pose sur différents liens :
entre l'antenne et le LNA du récepteur radio
entre l'antenne et le PA de l'émetteur radio
entre les étages intermédiaires, comme entre le mixeur et le LNA, le VCO.

Dans ce chapitre, nous nous intéresserons uniquement à l'adaptation des antennes. Bien qu'il
soit parfois possible de contrôler l'impédance d'entrée d'une antenne en fonction de ses dimensions, ce
n'est pas toujours le cas (par exemple, une antenne boucle est généralement très inductive et présente
une faible résistance de rayonnement, bien inférieure à 50 Ω). En outre, une antenne présenter une
adaptation d'impédance sur une bande de fréquence étroite, qui peut ne pas correspondre avec la bande
de travail. De plus, l'impédance de sortie ou d'entrée de l'émetteur/récepteur radio peut varier d'un cas
à l'autre où il est préférable de conserver la même antenne. C'est pour ces raisons qu'il est préférable de
placer un dispositif appelé réseau d'adaptation d'impédance en entrée de l'antenne, dont le but est
transformer l'impédance d'entrée de l'antenne vue à travers le réseau. S'il rend l'impédance de l'antenne
quasiment identique à l'impédance de sortie ou d'entrée de l'émetteur/récepteur à la fréquence de
travail, alors le transfert de puissance sera optimal.
Ce réseau est basé soit des composants passifs, soit sur des lignes de transmission, qui ne
dissipent pas de puissance électrique. Comme nous le verrons, il s'agit de dispositifs à bande étroite,
l'adaptation d'impédance n'étant assurée que sur une ou plusieurs bandes de fréquence étroites, devant
coïncider avec la bande de fréquence d'émission et de réception du système. Il existe une multitude de
topologies de réseaux d'adaptation d'impédance. Nous ne verrons qu'une forme simple basée sur des
composants passifs.
Cependant, avant de s'attaquer à l'adaptation d'impédance d'une antenne, nous introduirons la
notion de paramètres S. Ceux-ci sont couramment employés pour caractériser les dispositifs RF et
nous servirons à quantifier l'adaptation d'une antenne. Ensuite, nous introduirons un outil graphique
dédié au dimensionnement des réseaux d'adaptation : le diagramme de Smith. Celui-ci nous évitera
d'avoir recours à des calculs complexes.

I. Introduction aux quadripôles et aux paramètres S


Afin de modéliser efficacement les transferts de puissance entre l'entrée et la sortie d'un
système complexe, il peut être intéressant d'utiliser une approche dite boîte noire. Cette approche de
modélisation consiste à faire abstraction du modèle physique et de représenter la ligne par un modèle
mathématique, plus simple, ne traitant que des caractéristiques qui nous intéressent. Par exemple, dans
le cas d'une ligne de transmission, on peut chercher un modèle mathématique ne donnant que les
tensions et les courants à chacune des extrémités, les valeurs en tout point de la ligne n'ayant pas
forcément un intérêt pratique.
Dans ce chapitre, nous allons introduire un outil mathématique permettant de représenter les
transferts de puissance transportés par des ondes électromagnétiques entre l'entrée et la sortie d'un
dispositif présentant 2 voies d'accès ou ports. On parle alors de quadripôles (Fig. 58), qui va permettre
de modéliser les transferts « d’énergie » (ondes incidentes/réfléchies, tension, courant) entre les deux
pôles par l'intermédiaire d’une matrice 2×2 notée Q. Les différents termes de la matrice vont
caractériser :

A. Boyer 66
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

le transfert entre l'entrée et la sortie Q21


le transfert entre la sortie et l'entrée Q12
les caractéristiques d'entrée ou de sortie Q11 ou Q22

Modèle de ligne chargée Quadripôle Q

I(0) ZC, γ, L Port 1 Port 2


I(L)
P1 P2 I2
I1
ZG V1 V2
VG
V(0) V(L) ZL réf réf
Q11 Q12 
Q= 
Q21 Q22 

Figure 58 – Exemple de quadripôle d'une ligne de transmission reliant les tensions et les courants en
entrée et en sortie

Remarque : le concept de quadripôle peut être étendu à un dispositif à plus de 2 ports. On


parle alors de multipôles. Dans les d'un dispositif à N ports, le multipôle sera caractérisé par une
matrice NxN.

Dans ce chapitre, nous ne sommes pas directement intéressés par les tensions et courants, mais
par les ondes incidentes et réfléchies au niveau de chaque port. Pour cela, nous allons définir une
matrice appelée matrice de paramètres S (ou scattering matrix en anglais ou matrice de répartition),
dont les termes sont définies ci-dessous pour un quadripôle. Ceux-ci constituent l’outil de base pour
l’étude pour les transferts de puissance entre les entrées et les sorties et des réflexions sur les entrées et
les sorties des multipôles linéaires. Ils sont parfaitement adaptés à la caractérisation des dispositifs
électroniques linéaires à haute fréquence (au-dessus de quelques centaines de MHz).
Soit a1 et a2 les ondes incidentes arrivant sur chacun des deux ports du quadripôle. Ces ondes
sont produites par un générateur de tension VG présentant une impédance de sortie Zc, que l'on
suppose réelle et constante quelle que soit la fréquence. Selon l'adaptation entre Zc et les impédances
d'entrée et de sortie du quadripôle, des ondes réfléchies vont apparaître à chaque port, notées
respectivement b1 et b2. Ces deux ondes sont reliées aux ondes incidentes à travers la relation 122.
Quadripôle Q

ZC Port 1 Port 2 ZC
a1 P1 P2 a2
VG1 b1 b2 VG2
réf réf
S S12 
S =  11
 S 21 S 22 

Figure 59 – Définition des paramètres S

 b1 = S11a1 + S12 a 2
 Équation 122
b2 = S 21a 2 + S 22 a1
où :
b1
S11 = est le coefficient de réflexion vu en entrée du quadripôle. Il suppose que la
a1 a2 =0

sortie n'est pas excitée et adaptée par une charge d'impédance Zc.

A. Boyer 67
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

b2
S 22 = est le coefficient de réflexion vu en sortie du quadripôle. Il suppose que
a2 a1 = 0

l'entrée n'est pas excitée et adaptée par une charge d'impédance Zc.
b1
S12 = est le coefficient de transmission entre la sortie et l'entrée du quadripôle (on
a2 a1 = 0

parle aussi de coefficient de transmission inverse). Il suppose que l'entrée n'est pas excitée
et adaptée par une charge d'impédance Zc.
b2
S 21 = est le coefficient de transmission entre l'entrée et la sortie du quadripôle (on
a1 a2 = 0

parle aussi de coefficient de transmission directe). Il suppose que la sortie n'est pas excitée
et adaptée par une charge d'impédance Zc.

Les paramètres S sont des grandeurs complexes, définies dans le domaine fréquentiel, et
d'amplitude comprise entre 0 et 1 dans le cas de dispositifs passifs. Dans le cas de dispositifs actifs,
leur amplitude pourra dépasser 1 comme nous le verrons dans la prochaine partie.

Remarque : coefficient de réflexion

Dans le chapitre A - Notions fondamentales, nous avions introduit la notion de coefficient de


réflexion pour caractériser le rapport entre l'onde réfléchie et l'onde incidente au bout d'une ligne de
transmission terminée par une impédance quelconque (équation 35). Cette grandeur est équivalente
aux paramètres S11 ou S22. Ainsi, dans le cas d'un multipôle ne présentant qu'un seul port, si celui est
équivalent à une impédance ZL, le coefficient de réflexion ΓL ou paramètre S11 se calcule à l'aide de
l'équation ci-dessous. De manière inverse, à partir de la mesure de coefficient de réflexion, il est
possible de déterminer l'impédance (équation 124).
Z L − ZC
S11 = ΓL = Équation 123
Z L + ZC
1 + S11
Z L = ZC Équation 124
1 − S11

Remarque : Analyseur de réseau vectoriel (Vector Network Analyzer VNA)


Un analyseur de réseau vectoriel est l'appareil de mesure de référence pour caractériser un
quadripôle sous la forme d'une matrice de paramètres S. Il constitue l'équipement de base pour la
caractérisation des équipements haute fréquence. Cet appareil présente deux terminaux de sortie qui
sont connectés aux deux ports du quadripôle. Chacun des terminaux du VNA transmet successivement
un signal harmonique, sépare l’onde incidente de l’onde réfléchie et en mesure l'amplitude et la phase.
Ainsi, selon l'endroit où l'excitation est appliquée et le rapport entre ondes effectué, les 4 paramètres S
peuvent être calculés à une fréquence donnée. Ce processus est répété pour plusieurs fréquences sur
une bande de fréquence donnée.

A. Boyer 68
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Figure 60 – Analyseur de réseau vectoriel (photo et schéma de principe)

Remarque : Impédance caractéristique 50 Ω


Les mesures de paramètres S nécessitent la définition d'une impédance caractéristique. Il est
indispensable de la connaître pour relier paramètres S et impédance. En outre, il est préférable que les
équipements utilisés aient la même impédance caractéristique (VNA, câbles, dispositifs RF …) afin
d'éviter des réflexions parasites liées aux désadaptations d'impédance. C'est pourquoi il existe quelques
valeurs standards d'impédance caractéristique, qui varient selon le domaine d'application : 50, 75, 100,
600. Cependant, parmi ces quelques valeurs, 50 Ω est la valeur la plus couramment employée : la
plupart des VNA, câbles, antennes, dispositifs RF, micro-ondes ou hyperfréquences présentent une
adaptation d'impédance 50 Ω. Pourquoi 50 Ω ? Parce qu'il s'agit d'un chiffre rond permettant un bon
compromis entre les pertes dans les câbles et la puissance maximale qui peut y être véhiculée.
L'impédance caractéristique 75 Ω est aussi couramment employée, notamment dans les câbles de
télévision.

II. Intérêt pratique des paramètres S


Nous allons voir deux exemples d'utilisation des paramètres S en lien avec ce cours. L'objectif
est de relier les valeurs de paramètres S aux caractéristiques d'un dispositif radiofréquence.

1. Exemple 1 - adaptation d'une antenne


Comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, une antenne d'émission sert à convertir
l'énergie électrique fournie par un circuit électronique (par exemple un amplificateur de puissance RF)
en énergie rayonnée transportée par une onde électromagnétique (et inversement pour une antenne de
réception). Il est indispensable de garantir l'adaptation d'impédance entre l'impédance de sortie du
circuit électronique transmetteur et l'impédance d'entrée de l'antenne d'émission pour optimiser le
transfert de puissance (équation 125). Inversement, il faut aussi garantir l'adaptation d'impédance entre
l'impédance de sortie de l'antenne de réception et l'impédance d'entrée du circuit électronique
récepteur.
En fixant une impédance caractéristique donnée, cette condition peut être assurée en mesurant
le coefficient de réflexion ou paramètre S11 en entrée d'une antenne. Si on cherche à faire fonctionner
une antenne à une fréquence ou sur une bande de fréquence donnée, il est nécessaire de minimiser
autant que possible le paramètre S11. Comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, les pertes de
puissance liées à la désadaptation d'une antenne se calculent à l'aide de la formule ci-dessous, avec Ps
la puissance maximale disponible au niveau de la source.

Power Loss = PS × S11


2

Power Loss (dBm ) = PS (dBm ) + 20 log( S11 )


Équation 125

Dans la suite de ce chapitre, nous verrons comment assurer les conditions d'adaptation
d'impédance sur une antenne en pratique.
La figure ci-dessous montre un exemple de coefficient de réflexion mesuré au VNA en entrée
d'une antenne patch rectangulaire. Celle-ci a été conçu pour résonner à environ 2 GHz. Le graphique

A. Boyer 69
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

montre l'évolution du module du coefficient S11 (exprimé en dB) en fonction de la fréquence. Celui-ci
présente un minimum autour de 2.025 GHz, indiquant une excellente adaptation. Cependant, cela n'est
vrai que sur une bande passante très étroite. Le taux d'onde stationnaire est inférieur à 2 seulement
entre 2 et 2.05 GHz. L'adaptation d'impédance n'est effective que sur une bande passante de 50 MHz.
Un tel comportement bande étroite peut rendre l'antenne très sensible au moindre décalage de la
fréquence de résonance (lié aux incertitudes sur les dimensions de l'antenne, au réseau d'adaptation, à
"l'effet de main").

Figure 61 – Coefficient de réflexion mesuré au VNA en entrée d'une antenne patch (à gauche) et
extraction du VSWR (à droite)

Exemple : Une antenne présente un coefficient de réflexion S11 = 0.7+0.4.j, mesuré à


l'analyseur de réseau vectoriel. Celle-ci est excité par un driver d'impédance de sortie de 50 Ω capable
de délivrer une puissance max de 200 mW sur une charge 50 ohms. Calculez le VSWR. Calculez la
perte de puissance.

Le module du coefficient de réflexion est : S11 = Γ = 0.7 2 + 0.4 2 = 0.81 .


1+ Γ
Le taux d'onde stationnaire VSWR est donc de : VSWR= = 9.5 : 1 . C'est une grande
1− Γ
valeur qui indique une désadaptation importante vis-à-vis de l'impédance caractéristique (50 Ω)
puisqu'en pratique celui-ci doit être inférieur à 2. Il y a donc une très forte perte par désadaptation. La
perte de puissance est donc : Ploss = 200 × 0.812 = 131mW . Moins de 60 % de la puissance
électrique disponible est fournie à l'antenne. Cela aura forcément un fort impact sur la portée du signal
émis par cette antenne. L'adaptation de celle-ci est donc indispensable.

2. Exemple 2 - caractérisation d'un amplificateur RF


Les amplificateurs radiofréquences sont des composants indispensables dans tout étage front-
end d'un émetteur-récepteur radio. On trouve deux types d'amplificateurs :
Amplificateur de puissance (Power Amplifier PA) : il s'agit du composant électronique
fournissant le signal RF modulé à l'antenne d'émission. Il amplifie le signal RF fourni par
les étages amont d'un transceiver RF. Celui-ci doit donc lui fournir un signal de forte
puissance (de quelques centaines de mW pour une application de type Bluetooth, 2 W pic
pour un téléphone portable jusqu'à plusieurs dizaines de W pour une station de base de
téléphonie mobile) avec le minimum de saturation et de distorsions possibles, pour éviter les
émissions hors bande appelées aussi spurious.
Amplificateur faible bruit (Low Noise Amplifier LNA) : il amplifie le signal RF de faible
puissance délivré par une antenne de réception. Celui-ci doit garantir à la fois un gain
important et un faible facteur de bruit. L'objectif n'est pas simplement d'amplifier le signal,
mais plutôt d'augmenter le rapport signal-à-bruit.

A. Boyer 70
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Il s'agit de composants électroniques actifs qui fonctionnent généralement dans un régime


linéaire : le signal de sortie est une version amplifiée du signal d'entrée et l'amplificateur est
caractériser par un gain donné à une fréquence donnée. La mesure de paramètres S entre l'entrée et la
sortie permet de caractériser de nombreuses performances de ces amplificateurs RF. Nous n'en verrons
ici que deux. Supposons que le port 1 soit placé sur l'entrée de l'amplificateur et le port 2 sur sa sortie.
Comme précédemment, les paramètres S11 et S22 caractérisent l'adaptation des impédances
d'entrée et de sortie respectivement vis-à-vis d'une impédance caractéristique donnée.
Comme pour une antenne, toute désadaptation en entrée ou en sortie d'un amplificateur RF
conduira à une perte de puissance. Dans le cas d'un PA, l'émetteur produira une onde
électromagnétique de plus faible amplitude, donc la portée de l'émetteur sera réduite. Dans
le cas d'un LNA, toute désadaptation réduira le gain de l'amplificateur ce qui dégradera la
sensibilité du récepteur.
Le paramètre S21 caractérise le transfert de puissance entre l'entrée et la sortie, en supposant
que la sortie est adaptée. En d'autres termes, le paramètre S21 est équivalent au gain en
puissance de l'amplificateur adapté en sortie. Sur la bande de fréquence de fonctionnement
de l'amplificateur, un amplificateur apportant du gain doit donc présenter un coefficient S21
d'amplitude supérieure à 1 !
Le paramètre S12 caractérise le transfert de puissance entre la sortie et l'entrée. Cependant,
un amplificateur ne fonctionne que dans un seul sens : aucun résidu d'un signal appliqué en
sortie ne doit rester sur l'entrée. Il s'agit d'une contrainte importante permettant d'assurer une
isolation entre les parties amont et aval d'un amplificateur. Pour garantir une bonne
isolation, il est nécessaire que le coefficient S12 soit le plus proche de zéro sur la bande de
fréquence de fonctionnement de l'amplificateur.
La figure ci-dessous montre le résultat de la caractérisation à l'analyseur de réseau vectoriel
d'un amplificateur de puissance large bande. Celui-ci est spécifié pour délivrer une puissance
maximale de 50 W avec un gain nominal de 45 dB sur la bande 800 MHz - 3 GHz. Ces entrées et
sorties sont conçues pour des impédances 50 Ω. Les 4 paramètres S ont été mesuré entre 10 MHz et 5
GHz. Le coefficient S21 est compris entre 42 et 45 dBm entre 800 et 3000 MHz, correspondant au gain
attendu sur la bande de fonctionnement. Le coefficient S12 est très faible (moins de 60 dB) sur toute la
bande de fonctionnement, garantissant une excellente isolation entre la sortie et l'entrée. Les
coefficients S11 et S22 sont inférieurs à -15 dB sur la bande de fonctionnement, ce qui garantit une
faible perte de puissance liée aux désadaptations d'impédance.

Figure 62 – Caractérisation à l'analyseur de réseau d'un amplificateur de puissance large bande (port 1 =
entrée, port 2 = sortie)

A. Boyer 71
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

III. Un outil dédié à l'adaptation des antennes - le


diagramme de Smith
Le coefficient de réflexion ou paramètre S11 peut être représenté sous différentes formes, la
plus simple étant la représentation cartésienne dans un diagramme de Bode : amplitude et phase tracée
en fonction de la fréquence. Une représentation graphique un peu particulière est parfaitement adaptée
à la résolution des problèmes d'adaptation d'impédance : le diagramme de Smith. Bien qu'il soit
possible de dimensionner par calculs analytiques ou par simulations numériques les réseaux
d'adaptation à placer en entrée ou en sortie d'une antenne, le diagramme de Smith propose une
méthode graphique ne nécessitant aucun calcul complexe. Il constitue un des outils de base des
ingénieurs et techniciens RF, micro-ondes et hyperfréquences.
Dans cette partie, nous allons tout d'abord décrire la construction de ce diagramme, puis nous
présenterons comment celui-ci peut être utilisé pour dimensionner un réseau d'adaptation d'impédance.

1. Présentation et construction du diagramme de Smith


Le diagramme de Smith est un graphique polaire du coefficient de réflexion Γ ou S11 vu en
entrée d'un dispositif comme une antenne. La figure ci-dessous présente une version simplifiée du
diagramme de Smith. A une fréquence donnée, une charge présente une impédance donnée ZL, et donc
un coefficient de réflexion donnée vis-à-vis d'une impédance caractéristique Zc donnée. Puisque le
coefficient de réflexion est une grandeur complexe, cette charge est représenté par un point sur le
diagramme de Smith, l'abscisse correspondant à la partie réelle de Γ et l'ordonnée à la partie
imaginaire. Ainsi, le centre du diagramme, c'est-à-dire le point de coordonnée (0,0), correspond à une
charge parfaitement adaptée. Sur ce plan complexe sont ajoutés d'autres éléments graphiques que nous
allons décrire plus en détail : des cercles (traits pleins) correspondant à des charges dont la partie réelle
de l'impédance est constante, et des cercles (tirets) correspondant à des charges dont la partie
imaginaires de l'impédance est constante. Grâce à ces cercles, on pourra facilement retrouver ou placer
un point à partir de son impédance, dans un graphique représentant le coefficient de réflexion. Ainsi,
sans utiliser l'équation 126, on peut faire le lien entre l'impédance et le coefficient de réflexion d'une
charge.

Z L − ZC
Γ = ΓR + jΓI = Équation 126 1

Z L + ZC r=0 x=1

x=0.5 x=2
En pratique, Zc est fixée. Afin de
r=0.33
minimiser le nombre de termes, au lieu de 0,5
x=0.25
parler d'impédance ZL, on va utiliser la notion
d'impédance réduite z, telle que : r=1
x=0.1
imag(Γ)

ZL
z= = r + jx Équation 127 Short 0
r=5 Open
ZC -1 circuit -0,5 0 0,5 1circuit
x=-0.1
Où r et x sont les parties réelles et
imaginaires de l'impédance réduite de la x=-0.25
charge. On prendra r > 0 et x ∈ ℜ . Une
-0,5

inductance présente une valeur de x positive x=-0.5


x=-2
alors qu'une capacité présente une valeur de x
x=-1
négative. Une impédance est donc exprimée -1
en fonction de l'impédance caractéristique. real(Γ)
Par exemple, en considérant Zc = 50 Ω, une
résistance ZL de 100 Ω aura une impédance Figure 63 – Diagramme de Smith
réduite zL = 2.

A. Boyer 72
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Remarque : Réactance d'un condensateur et d'une inductance


Une inductance L présente une réactance positive dépendante de la fréquence f de valeur :
2πf × L
X L = 2πf × L . Sa réactance réduite vaut x L = . Une capacité C présente une réactance
ZC
−1
négative dépendante de la fréquence f de valeur : X C = . Sa réactance réduite vaut
2πf × C
−1
xC = .
2πf × C × Z C

Les cercles précédents représentent donc les cercles où les parties réelles r et imaginaires x de
l'impédance sont constantes. Pour les tracer sur le diagramme de Smith, il est nécessaire de préciser les
relations entre le coefficient de réflexion et l'impédance, en repartant de l'équation 126. On peut
exprimer l'impédance réduite et ses parties réelles et imaginaires sous la forme suivante :
1 + Γ 1 + ΓR + jΓI
z= = Équation 128
1 − Γ 1 − ΓR − jΓI

1 − ΓR − ΓI 2ΓI
2 2

r= Équation 129 x= Équation 130


1 + ΓR + ΓI − 2ΓR 1 + ΓR + ΓI − 2ΓR
2 2 2 2

r 2 + x2 −1 2x
ΓR = Équation 131 ΓI = Équation 132
(1 + r ) 2
+x 2
(1 + r )2 + x 2
L'équation 129 peut être réécrite pour montrer une relation géométrique dans le plan complexe
(ΓR,ΓI) lorsque la partie réelle de l'impédance réduite r est constante (la partie imaginaire pouvant
prendre n'importe quelle valeur) : il s'agit de cercles de rayon 1/(1+r) et dont le centre a pour
coordonnée (r/(r+1) ; 0). La figure 64-gauche montre un exemple de représentation d'impédance à
partie réelle constante. Par exemple, le cercle r = 1 a pour centre le point (0.5 ; 0) et 0.5 de rayon. Il
inclut notamment le point (0 ; 0) qui correspond à une réflexion nulle, c'est-à-dire une impédance
adaptée. Le cercle de partie réelle nulle a pour centre (0 ; 0) et un rayon = 1. C'est le cercle le plus
large. Dans ce cas, le module du coefficient de réflexion est toujours égal à 1, donc il y a toujours
réflexion totale. Lorsque la partie réelle devient infinie, le cercle tend vers le point (1;0) correspondant
aussi à une réflexion totale (|Γ| = 1).
2 2
 r   1 
 ΓR −  + ΓI = 
2
 Équation 133
 r + 1 1+ r 

Figure 64 – Construction du diagramme de Smith - A gauche, cercle de partie réelle constante; à droite,
cercle de partie imaginaire constante

A. Boyer 73
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Dès lors que l'on connaît la partie réelle de l'impédance, on détermine le cercle sur lequel doit
être placé le point. Pour le placer, il suffit de connaître la partie imaginaire. De la même manière que
pour la partie réelle, nous allons déterminer une relation géométrique dans le plan complexe (ΓR,ΓI)
lorsque la partie imaginaire de l'impédance réduite x est constante. En repartant de l'équation 130, on
détermine la relation ci-dessous. Il s'agit de cercles de centre (1 ; 1/x) et de rayon égal à 1/x. On
rappelle que x peut être positif ou négatif, comme le montre la figure 64-droite. Tous les cercles
incluent le point (1 ; 0), correspondant au cas d'une partie réelle infinie. Les parties imaginaires
positives (charge inductive) correspondent au demi-plan ΓI positif tandis que les parties imaginaires
négatives (charge capacitive) correspondent au demi-plan ΓI négatif. Le cas particulier x = 0
correspond à l'axe des abscisses, c'est-à-dire ΓI = 0. Il passe donc par le point (0 ; 0) correspondant au
cas d'une réflexion nulle. En effet, assurer l'adaptation sur l'impédance Zc nécessite d'annuler la partie
imaginaire de l'impédance de charge.
2

(ΓR − 1) +  ΓI − 1  = 12
2
Équation 134
 x x
Le diagramme de Smith présenté à la figure 63 correspond simplement à la superposition des
deux familles de cercles précédents dans le plan complexe (ΓR;ΓI). On comprend maintenant comment
le lien entre l'impédance d'une charge et son coefficient de réflexion peut être fait. Si on connait
l'impédance ZL0 d'une charge, on détermine l'impédance réduite z0 = r0+jx0. Le point dans le
diagramme de Smith est trouvé simplement en cherchant l'intersection des cercles r = r0 et x = x0.
Inversement, connaissant le coefficient de réflexion ΓL = ΓR+ΓI, on peut placer le point
d'abscisse ΓR et d'ordonnée ΓI. On trouve l'impédance réduite z0 en cherchant les valeurs r0 et x0 des
cercles présentant une intersection en ce point, et on en déduit la valeur ZL.

Exemple :
On considère Zc = 50 Ω. Placez les cinq points suivants sur le diagramme de Smith présenté à
la figure 63 : Z1 = 50+j.100 Ω, Z2 = -j.25 Ω, Z3 = 50 Ω, Z4 = court-circuit (0 Ω), Z5 = circuit ouvert et
donnez le coefficient de réflexion dans chaque cas.
Déterminez les impédances des charges présentant les coefficients de réflexion suivants : Γ6
= 0.5-j.0.5 (z6= 1-j.2), Γ7 = -0.5 (z7= 0.33), Γ8 = +j (z8= j.1)
Z8

Z1

Z4 Z7 Z3 Z5

Z6

Z2

A. Boyer 74
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

L'annexe E présente un exemple de diagramme de Smith plus complet permettant un repérage


précis de charge.

Exemple : représentation dans le diagramme de Smith de l'impédance d'entrée d'une antenne


patch
La figure ci-dessous représente dans le diagramme de Smith le coefficient de réflexion mesuré
en entrée de l'antenne patch présenté à la figure 61. Les différents points de la courbe apparaissant sur
le diagramme correspondent aux valeurs du coefficient de réflexion obtenues aux différentes
fréquences de mesure. Contrairement à la représentation de la figure 61, la fréquence n'apparaît pas
explicitement. Un curseur se déplace sur la courbe pour obtenir la fréquence et la valeur du coefficient
de réflexion. Autour de 2.02 GHz, la courbe passe sur l'origine du plan complexe Γ, indiquant une très
bonne adaptation en impédance de l'antenne.

Figure 65 – Représentation dans le diagramme de Smith du coefficient de réflexion mesuré en entrée de


l'antenne patch de la figure 61

2. Visualisation des transformations d'impédance sur le diagramme


de Smith
L'effet de la mise en série de composants passifs est facile à déterminer en utilisant des
impédances, puisqu'il s'agit d'une simple addition de deux nombres complexes. Voyons les effets sur
le diagramme de Smith, en considérant une charge zL = rL+jxL :
l'ajout d'une résistance r1 en série augmente la résistance. Sur le diagramme de Smith, le
point se déplace sur un cercle de réactance constante xL, jusqu'à croiser le cercle de
résistance constante égale à rL+r1. A noter que ce type de transformation d'impédance n'est
pas employé pour adapter l'impédance d'une antenne. Bien que l'ajout d'une résistance
supplémentaire puisse annuler le coefficient de réflexion, la puissance active délivrée à cette
résistance sera convertie en chaleur par effet Joule et ne servira pas à renforcer la puissance
rayonnée par l'antenne.
l'ajout d'une réactance x1 en série s'ajoute à la réactance de la charge. Selon le signe de x1,
celle-ci va d'additionner ou se soustraire à la réactance de la charge. L'ajout d'une
inductance L et de réactance x1 = jωL/ZC va provoquer une rotation sur le cercle de
résistance constante rL dans le sens des aiguilles d'une montre. L'ajout d'une capacité C et de

A. Boyer 75
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

réactance x1 = 1/(jωC.ZC) va provoquer une rotation sur le cercle de résistance constante rL


dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.

Exemple :
On considère le circuit ci-dessous. Placez sur le diagramme de Smith les impédances vues
depuis les points A, B et C. Calculez le coefficient de réflexion vu depuis les points A, B et C.
1

r=0 x=1

x=0.5 x=2

r=0.33

x=0.25
zA 0,5

r=1
x=0.1 zB

imag(Γ)
xA=0.5
xC=-0.5 rB=0.67
r=5
0
-1 -0,5 zC0 0,5 1
x=-0.1
zC zB zA rA=0.33
x=-0.25
-0,5

x=-0.5
x=-2

x=-1
-1
real(Γ)

Cependant, l'effet de la mise en parallèle de composants passifs est difficile à déterminer à


partir des impédances. En effet, la mise en parallèle de deux impédances z1 et z2 donne une impédance
équivalente ztot = 1/(1/z1+1/z2). L'effet sur les parties réelles et imaginaires nécessite une arithmétique
difficile. La résolution de ce problème devient simple à l'aide de la notion d'admittance, que nous
allons présenter dans la prochaine partie.

3. Diagramme de Smith en admittance


L'admittance correspond à l'inverse de l'impédance et est exprimée en Siemens (S). Sa partie
réelle est appelée conductance et notée G tandis que sa partie imaginaire est appelée susceptance et
notée B. On peut aussi définir une admittance réduite selon l'équation ci-dessous. Surtout, il ne faut
pas commettre l'erreur de considérer G = 1/R et B = 1/X.
YL
y= = YL .Z C = g + jb Équation 135
YC
On prendra g > 0 et b ∈ ℜ . Une inductance présente une susceptance négative de valeur
−1 − ZC
BL = et une susceptance réduite bL = alors qu'une capacité présente une
2πf × L 2πf × L
susceptance positive de valeur BC = 2πf × C et une susceptance réduite bC = 2πf × C × Z C .

L'utilisation de la notion de l'admittance présente un intérêt lorsque l'on met deux impédances
en parallèle. Soit deux charges d'impédances z1 et z2 , ou d'admittance y1 et y2, mises en parallèle. En
utilisant la notation en admittance, l'admittance équivalente est simplement la somme des admittances
y1 et y2.
1 1 1
= + ⇒ y eq = y1 + y 2
z eq z1 z 2

Comme avec l'impédance, regardons les liens entre le coefficient de réflexion et l'admittance.
En repartant de l'équation 126, on peut déterminer la relation suivante (équation 136). On trouve une

A. Boyer 76
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

propriété intéressante (équation 137) : soit une charge d'impédance z et d'admittance y = 1/z. Les
relations entre y, z et Γ sont identiques à un signe - près.
1 1

Z − Z C YL YC YC − YL 1 − y
Γ= L = = = Équation 136
Z L + ZC 1 1 YC + YL 1 + y
+
YL YC
z −1 1− y
Γ(z ) = = = −Γ ( y ) Équation 137
z +1 1+ y
Ainsi, pour représenter une charge sur le même diagramme de Smith à partir de l'admittance, il
suffit de placer ce point comme s'il s'agissait d'une impédance puis d'effectuer une symétrie centrale
par rapport à l'origine du plan complexe Γ. Cela permet de visualiser les admittances sans avoir besoin
de tracer un nouveau diagramme.

Considérons l'exemple ci-dessous pour déterminer l'effet de la mise en parallèle de deux


charges. Soit une charge d'impédance zA mise en parallèle avec une charge d'impédance zB. On
cherche l'impédance zL de la charge équivalente et le coefficient de réflexion ΓL associé, à partir du
diagramme de Smith.

zA

xB=-0.5 xA=0.5 zL
zL zA
yL
rB=0.5 rA=0.33
+bB

+gB
yA

On commence par le point correspondant à la charge d'impédance zA sur le diagramme de


Smith. Ce point est à l'intersection entre le cercle de résistance r = 0.33 et de réactance x = 0.5.
Puisque la charge équivalente correspond à la mise en parallèle de deux charges, il est nécessaire de
passer en représentation admittance. Pour cela, on place le point yA par une symétrie centrale par
rapport à l'origine du plan Γ. On considère maintenant que les cercles sur le diagramme correspondent
soit à des cercles de conductance constante, soit à des cercles de susceptance constante.
Graphiquement, on peut relever la valeur de l'admittance. Ce point se situe à l'intersection du cercle de
conductance g = 0.92 et du cercle de susceptance b = -1.39. On a donc yA ≈ 0.92-1.39j. On peut
vérifier mathématiquement que 1/zA = yA.
La seconde charge d'impédance zB = 0.5-0.5j présente une admittance yB = 1/zB = gB+j.bB =
1+j. La mise en parallèle de cette seconde charge provoque une modification de l'admittance de la
première charge. L'admittance totale yL = yA+yB. Sa conductance est d'abord augmentée de gB. Sur le
diagramme de Smith, cela correspond à un passage du cercle g = 0.92 au cercle g = 1.92, le long du

A. Boyer 77
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

cercle de susceptance b = -1.39. Sa susceptance est ensuite augmentée de bB. Sur le diagramme de
Smith, cela correspond à un passage du cercle b = -1.39 au cercle b = -0.39, le long du cercle de
conductance g = 1.92. Graphiquement, on arrive au point d'admittance yL ≈ 1.92-0.39j.
Pour déterminer l'impédance de la charge équivalente zL, il nous faut revenir en notation
impédance. Pour cela, on place le point d'impédance zL par une symétrie centrale par rapport à
l'origine du plan Γ. On retrouve des cercles de résistance et de réactance constante. Graphiquement, on
peut lire l'impédance équivalente zL ≈ 0.5+0.1j.
Graphiquement ou en utilisant les équations 131 et 132, on déduit la valeur du coefficient de
réflexion en entrée de la charge équivalente ΓL = -0.33+0.09j.

Récapitulatif sur la construction du diagramme de Smith


Soit une impédance réduite zL = rL+j.xL et d'admittance yL = gL+j.bL.
On place ce point dans le diagramme de Smith en cherchant l'intersection entre le cercle de
résistance constante r = rL et le cercle de réactance constante x = xL. On mesure son
coefficient de réflexion en relevant les coordonnées dans le plan complexe Γ.
En plaçant une résistance rS en série de la charge d'impédance zL, on trouve l'impédance
équivalente en déplaçant le point du cercle de résistance constante r = rL vers le cercle de
résistance r = rL+rS le long du cercle de réactance constante x= xL.
En plaçant une réactance xS en série de la charge d'impédance zL, on trouve l'impédance
équivalente en déplaçant le point du cercle de réactance constante x = xL vers le cercle de
réactance x = xL+xS le long du cercle de résistance constante r= rL.
En plaçant une charge en parallèle de zL, il est nécessaire de passer en notation admittance
pour déterminer l'effet de l'ajout de cette charge. Dans le diagramme de Smith, un point
passe d'une notation impédance vers une notation admittance (ou inversement) par une
symétrie centrale par rapport à l'origine du plan complexe Γ. Les cercles de résistance ou
de réactance constante sont alors considérés comme des cercles de conductance et de
susceptance constante. L'admittance yL est alors lue en déterminant les cercles de
conductance et de susceptance constante qui se coupe en ce point.
En plaçant une conductance gP en parallèle de la charge d'admittance yL, on trouve
l'admittance équivalente en déplaçant le point du cercle de conductance g = gL vers le
cercle de conductance g = gL+gP le long du cercle de susceptance constante b= bL.
En plaçant une susceptance bP en parallèle de la charge d'admittance yL, on trouve l'
admittance équivalente en déplaçant le point du cercle de susceptance b = bL vers le cercle
de susceptance b = bL+bP le long du cercle de conductance constante g= gL.

Maintenant que nous avons l'ensemble des outils pour visualiser les transformations
d'impédance, nous allons nous intéresser à la réaliser de réseaux d'adaptation d'impédance pour les
antennes.

IV. Adaptation d'impédance d'une antenne


L'adaptation d'impédance revient à annuler les pertes par désadaptation (mismatch loss), donc
à annuler le coefficient de réflexion, en pratiquant une transformation d'impédance à l'aide d'un réseau
d'adaptation. Le diagramme de Smith va nous aider à suivre les différentes étapes de cette
transformation d'impédance. Pour cela, il s'agira de placer sur le diagramme de Smith la charge à
adapter, puis à déterminer les transformations apportées par les composants du réseau d'adaptation
pour amener ce point au plus près du centre du diagramme.
Pour réaliser un réseau d'adaptation d'impédance, on va soit utiliser des composants passifs
discrets, soit des lignes de transmission (que l'on peut voir comme un réseau de composants passifs

A. Boyer 78
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

distribués). La première méthode permet de réaliser des réseaux d'adaptation prenant un minimum de
place jusqu'à plusieurs GHz. Nous nous limiterons donc aux réseaux d'adaptation d'impédance basés
sur des composants passifs discrets. Les techniques basées sur des lignes de transmission série et des
stubs ne seront pas abordées dans ce cours.
Les réseaux d'adaptation basés sur des composants passifs n'utilisent que des inductances et
des condensateurs pour réaliser des transformations d'impédance. On pourrait être tenté d'introduire
des résistances en série ou en parallèle pour ramener la partie réelle de l'impédance à Zc. Bien que cela
adapte la charge, cela n'améliorera pas la puissance électrique active fournie à l'antenne. En effet, la
puissance active délivrée à la charge adaptée sera dissipée en chaleur à la résistance que l'on a ajouté et
ne servira pas à améliorer le rayonnement de l'antenne.

1. Cas trivial où la résistance est égale à 1


Supposons que la charge à adapter, d'impédance zL = rL+j.xL, ait une résistance rL = 1. Pour
adapter cette charge, il suffit d'annuler la partie imaginaire, en ajoutant une réactance en série xS = - xL.
Si xL est positif, la charge est inductive et il est nécessaire d'ajouter une capacité. Sinon, la charge est
capacitive et il est nécessaire d'ajouter une inductance. Sur le diagramme de Smith, ce cas se retrouve
dès que le point se situe sur le cercle de résistance constante r = 1.

Exemple :
On dispose d'une antenne que l'on cherche à adapter sur Zc = 50 Ω à la fréquence F = 868
MHz. Celle-ci présente une impédance ZL = 50+j.36. Proposez un réseau d'adaptation.
Il suffit d'ajouter un condensateur en série qui présente une réactance Xs = -36 Ω à la
fréquence de travail F. La valeur de la capacité d'adaptation est donc de : Cs = -1/(2πF.Xs) = 5.1 pF.
La figure ci-dessous décrit comment déterminer les éléments du réseau d'adaptation avec le
diagramme de Smith. L'impédance réduite de l'antenne est zL = 1+0.72j. En plaçant ce point sur le
diagramme de Smith, on voit qu'il suffit de se déplacer le long du cercle de résistance constante r= 1
pour atteindre le centre du diagramme. Pour cela, il faut passer du cercle de réactance x = 0.72 vers le
cercle de réactance x = 0. Il est donc nécessaire d'ajouter une réactance réduite en série xS = -0.72. A la
fréquence de travail, cela correspond à une capacité Cs = -1 /(2πF. Zc .xs) = 5.1 pF.

Les points sur ce cercle ont


une résistance r = 1

zL
xs=-0.72 xL=0.72
+xS

zmatch zL rL=1 zmatch

2. Cas trivial où la conductance est égale à 1


Supposons que la charge à adapter, d'admittance yL = gL+j.bL, ait une conductance gL = 1. Pour
adapter cette charge, il suffit d'annuler la partie imaginaire, en ajoutant une susceptance en parallèle bP

A. Boyer 79
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

= - bL. Si bL est positif, la charge est capacitance et il est nécessaire d'ajouter une inductance en
parallèle. Sinon, la charge est inductive et il est nécessaire d'ajouter une capacité en parallèle.
Cependant, il n'est pas évident au premier abord de déterminer les impédances qui présentent
une conductance g = 1. En effet, le cercle de conductance constante g=1 n'apparaît pas directement sur
le diagramme de Smith. Néanmoins, il est facile à construire en utilisant la propriété de l'équation 137.
Si on passe en notation admittance, le cercle de résistance constante r = 1 devient un cercle de
conductance constante g = 1. Pour revenir en notation impédance, il suffit de réaliser une symétrie
centrale par rapport à l'origine du plan complexe Γ. Les impédances qui présentent une conductance =
1 forment donc un cercle symétrique au cercle de résistance constante r = 1 par rapport à l'origine du
plan complexe Γ (voir exemple ci-dessous).

Exemple :
On dispose d'une antenne que l'on cherche à adapter sur Zc = 50 Ω à la fréquence F = 868
MHz. Celle-ci présente une impédance ZL = 25+j.25. Proposez un réseau d'adaptation.

On place l'impédance zL = 0.5+j.0.5 sur le diagramme de Smith ci-dessous. On a représenté le


cercle sur lequel toute impédance présente une conductance g = 1 lorsqu'on passe en notation
admittance. On remarque que l'impédance zL se situe sur ce cercle. Pour adapter cette charge, il suffit
donc de placer une réactance en parallèle. Pour la déterminer, il faut passer en notation admittance.
Graphiquement, on détermine l'admittance de la charge à adapter : yL = 1-j. Pour l'adapter, il suffit de
placer en parallèle une susceptance bP = +j. Il s'agit donc d'un condensateur dont la capacité :
Cp = -1 /(2πF. Zc .xP) = +bP /(2πF. Zc) = 3.7 pF.

En notation impédance, les


points sur ce cercle ont une
conductance g = 1

xL=0.5 zL

ymatch
zmatch zL rL=0.5
bP=1

+bP
yL

3. Cas général
Dans les deux cas précédents, seul un composant passif mis en série ou en parallèle était
nécessaire pour adapter la charge. Cependant, si la charge ne présente pas une résistance réduite r = 1
ou une conductance réduite g = 1, comment faire ? La stratégie proposée est simple et repose sur
l'ajout de deux composants passifs mis en série et/ou en parallèle selon le cas. Elle présente deux
étapes, que l'on peut facilement visualiser sur le diagramme de Smith :
d'abord déplacer le point soit sur le cercle de résistance constante r =1, soit sur le cercle de
conductance constante g =1. On se place ainsi dans un des deux cas triviaux présentés
précédemment
ensuite, ajouter une réactance en série ou une susceptance en parallèle selon le cas.

A. Boyer 80
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Selon l'impédance de la charge à adapter, une ou deux configurations de réseaux d'adaptation


sont possibles. La figure ci-dessous décrit les solutions possibles en fonction de la position de
l'impédance de la charge sur le diagramme de Smith. Ce réseau d'adaptation a une forme dite en L ou
Γ.
Un C parallèle suivi d’un L/C série
Un C série suivi d’un L/C parallèle
C
L ou C Uniquement un L/C en
parallèle, suivie d’un
g=1 r=1 L/C en série
ZANT L ou C ZANT
C L ou C

L ou C ZANT

Uniquement un L/C en
série, suivie d’un L/C en L
L ou C
parallèle
L ou C
L ou C ZANT L ZANT

L ou C ZANT
Un L série suivi d’un L/C parallèle
Un L parallèle suivi d’un L/C série

Figure 66 – Configuration du réseau d'adaptation en L ou Γ selon la position de l'impédance de l'antenne


dans le diagramme de Smith

Remarque : dans certains cas, plusieurs réseaux d'adaptation sont possibles. Lequel choisir ?
On peut se baser sur les composants passifs réellement disponibles. Seules certaines valeurs
d'inductance et de capacité sont commercialisées (valeurs normalisées). On choisira le réseau
présentant des valeurs de composants proches de valeurs normalisées. On peut aussi choisir le réseau
qui nécessite les moins grandes valeurs d'inductance et de capacité. En effet, plus ces valeurs sont
grandes et plus les composants présentent de pertes de capacité ou d'inductance parasite, qui vont
dégrader les performances du réseau d'adaptation.

Exemple :
On souhaite connecter une antenne sur la sortie d'un transceiver RF dont l'impédance de sortie
est de 50 Ω sur la bande 2400 - 2500 MHz. Une mesure de paramètre S à l'analyseur de réseau
vectoriel de l'antenne donne le résultat suivant à la fréquence F = 2420 MHz: S11 = 0.7-0.4j. Proposez
un réseau d'adaptation de cette antenne. On ne dispose pas d'inductances de valeurs inférieures à 1 nH
et pas de condensateurs de valeurs inférieures à 0.1 pF.

On commence par déterminer l'impédance réduite de l'antenne. On peut se baser sur les
équations 129 et 130 ou utiliser le diagramme de Smith. On trouve zANT = 1.4-3.2j (point A). Ce point
se situe à l'intérieur du cercle de résistance constante r = 1, donc d'après la figure 66, il est nécessaire
de placer une inductance ou une capacité en parallèle, puis une inductance ou une capacité en série. Il
existe donc plusieurs solutions possibles que nous sélectionnerons en fonction des valeurs disponibles.
Puisqu'on commence par mettre une susceptance en parallèle de l'antenne, on passe en
notation admittance (point A'). On relève yANT = 0.11+0.26j. L'ajout d'une susceptance va déplacer le
point sur le cercle de conductance g = 1. Il y a deux possibilités pour y parvenir : soit on atteint le
point yB = 0.11+0.31j (chemin le plus court), soit le point yB = 0.11-0.31j (chemin le plus long). Il
serait préférable de prendre le chemin le plus court qui consiste à ajouter une susceptance positive b =
0.05, c'est-à-dire un condensateur C = b/(2πF˟Zc) = 66 fF. Cependant, c'est une très faible valeur qui
n'est pas disponible. Il est donc nécessaire d'emprunter le chemin le plus long, qui consiste à ajouter
une susceptance négative b = -0.57, c'est-à-dire une inductance L = - Zc /(2πF˟b) = 5.8 nH. Cette
valeur est bien disponible.
On atteint le point B' qui se situe bien sur le cercle de conductance g = 1. On repasse en
notation impédance puisqu'on va ajouter une réactance en série. On passe au point B. On vérifie que

A. Boyer 81
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

l'on est quasiment sur le cercle de rayon r = 1. L'impédance réduite zB = 1.02+2.87j. La seule
possibilité pour atteindre le centre du diagramme est de placer une réactance négative en série x = -
2.87, c'est-à-dire un condensateur de valeur C = -1/(2πF˟x˟ Zc) = 0.46 pF.

g= 1 r= 1
B’

A’

A
B’

La figure ci-dessous présente le schéma équivalent du réseau d'adaptation . Il correspond à la


mise en parallèle d'une inductance de 5.8 nH suivi d'un condensateur série de 0.46 pF. Pour une
réalisation pratique, il est nécessaire de chercher les valeurs normalisées les plus proches de ces deux
composants.

x=-2.87 x=-3.2

zM
zB zA
r=1.4
b=-0.57

A. Boyer 82
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

E. Antennes de réception

Une antenne passive peut être utilisée en émission et en réception. Jusque-là, nous avons
raisonné sur des antennes d’émission, connectées à une source électrique et rayonnante une onde
plane. Dans ce chapitre, nous allons travailler sur des antennes de réception, excitées par une onde
plane incidente et connectées à un récepteur. Quel que soit le sens d’utilisation, les propriétés restent
les mêmes. Une antenne à fort gain émet la majeure partie de l’énergie rayonnée dans une direction de
l’espace et, inversement, couple principalement une onde électromagnétique venant de cette direction.
Une antenne émettrice adaptée permet un transfert de puissance efficace depuis la source électrique
vers l’onde rayonnée. Une antenne réceptrice adaptée permet un transfert de puissance de l’onde
incidente vers le récepteur.
Plusieurs caractéristiques sont propres aux antennes de réception, comme le facteur de
conversion entre le signal capté et le champ incident (facteur d’antenne) ou le seuil de réception
imposé par l’antenne. Connaissant les propriétés des antennes émettrices et réceptrices d’une liaison
radio et celles su canal de propagation, il est possible de réaliser un bilan de liaison, c’est-à-dire
déterminer la puissance reçue par un récepteur connaissant la puissance émise et la séparation entre
antennes. Le bilan de liaison nécessite de connaître les conditions de propagation et de modéliser
l’ensemble des effets parasites dégradant la propagation des ondes électromagnétiques. Ces modèles
devenant très complexes dans un environnement réel, ils dépassent le cadre de ce cours. Dans ce
chapitre, nous n’aborderons que le modèle de perte puissance par propagation en espace libre (formule
de Friis). Pour une bonne introduction à la problématique de la propagation des ondes
électromagnétiques dans les réseaux terrestres, vous pouvez vous reporter aux ouvrages suivants
[Siwiak] [Sizun] [Lee].
Enfin, nous commencerons à aborder quelques techniques permettant d’améliorer la sensibilité
d’un récepteur en exploitant les techniques de diversité d’antenne. Nous verrons d’autres techniques
dans le prochain chapitre.

I. Surface équivalente d’une antenne


Une antenne en réception capte une puissance PA égale au produit de la densité de puissance à
l’endroit où elle se trouve par un coefficient Seq appelé surface équivalente de l’antenne. La surface
équivalente correspond à la surface plane qui placée perpendiculairement à l’onde incidente capterait
la même puissance que l’antenne considérée. La puissance électrique générée aux bornes d’une
antenne s’écrit donc :
PA = S eq .PR Équation 138

Seq

pR (W/m²) pR (W/m²)
PA

PR = ∫ p ds = p
S eq
R R × S eq

Figure 67 – Surface équivalente d’une antenne


Une antenne pouvant être utilisée à la fois en émission et en réception, on sent intuitivement
qu’il existe une relation entre le gain G et la surface équivalente Seq. Cette relation est donnée par
l’équation suivante.

A. Boyer 83
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

S eq Gλ 2
G = 4π ⇔ S eq = Équation 139
λ2 4π

II. Facteur d’antenne


Plaçons-nous dans le cas où nous cherchons à mesurer la « force » d’une onde
électromagnétique plane. Celle-ci peut être caractérisée par l’amplitude du champ électrique (la
plupart des recommandations concernant les niveaux de champs électromagnétiques sont données en
terme de champ électrique, que ce soit l’exposition des personnes ou les niveaux d’émission parasites
des équipements électroniques). D’après l’équation 138, en connaissant la surface équivalente d’une
antenne, il est possible de déterminer la puissance transportée par une onde électromagnétique
incidente en mesurant la puissance électrique couplée en sortie de cette antenne. Dans le cas d’une
onde plane TEM se propageant dans le vide, la puissance transportée par l’onde (vecteur de Poynting)
est liée à l’amplitude du champ électrique et à l’impédance d’onde du milieu. L’équation 140 relie la
puissance reçue avec l’amplitude du champ électrique de l’onde incidente.

E2 λ2 E 2
PA = S eq .PR = S eq =G Équation 140
η0 4π η 0
Si l’antenne de réception est connectée à un récepteur de résistance RR, la tension VR aux
bornes de ce récepteur est égal à VR = PR .RR . Le champ électrique de l’onde incidente et la tension
reçue est donnée par l’équation 141. Le rapport entre le champ électrique incident et la tension générée
aux bornes de l’antenne de réception est appelé facteur d’antenne AF, exprimé généralement en dB.

VR 4πη 0
E= Équation 141
λ G.RR

E  1 4πη 0 
AF = 20 × log  = 20 × log  Équation 142

V   λ G.RR 

III. Bruit capté par une antenne – température de bruit


En télécommunication, la puissance d’un signal reçu n’est pas suffisant pour en déduire la
qualité du signal ou le risque d’erreur binaire s’il s’agit d’un signal numérique. En effet, il est
nécessaire de connaître le rapport signal à bruit (se reporter au cours de Canaux de transmission
bruités [Boyer]). Le niveau de bruit fixe le seuil de réception. Bien que le récepteur introduise une
quantité non négligeable de bruit (pris en compte au travers du facteur de bruit ou noise figure), nous
ignorerons son effet dans ce cours et nous nous limiterons au bruit disponible en sortie de l’antenne.
Dans un récepteur, l’antenne constitue la source de bruit placé sur son entrée.
Ce bruit peut provenir des interférences électromagnétiques, notamment si elles existent sur la
bande de fonctionnement de l’antenne. Mais bien que les antennes ne soient pas large bande, elles
restent capables de coupler une part non négligeable des signaux hors bande. Considérons le cas où il
n’y a pas d’interférences. Le bruit proviendra des pertes de l’antenne et du rayonnement émis par
l’environnement. Le bruit dépend du diagramme de rayonnement de l’antenne, de la direction d’où
provient le bruit et de l’état du milieu environnant. On définit la puissance de bruit d’une antenne PN
par la relation suivante.
PN = kTant B Équation 143
Où k est la constante de Boltzmann (k = 1.38.10-23 J.K-1), B la bande de fréquence considérée
et Tant la température de bruit de l’antenne. La température de bruit de l’antenne est donc un facteur de

A. Boyer 84
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

proportionnalité qui caractérise le bruit issu de l’environnement et capté par l’antenne. Elle dépend de
la température des objets se trouvant dans le diagramme de rayonnement de l’antenne. La figure ci-
dessous donne les températures équivalentes des milieux pointés par une antenne.
Tciel
Corps Température de bruit
Terre, eau 290°K

Antenne terrestre 190°K


Antenne télécom spatiale 20 °K
Tsol

Figure 68 – Température équivalente de bruit


La température de bruit d’une antenne terrestre peut donc être divisée en deux : la contribution
du ciel, qui présente une température basse et variant avec l’état du ciel, et celle de la Terre dont la
température de bruit est proche de sa température ambiante. La température de bruit de l’antenne est
donnée par l’équation suivante :
TTerre 1
Tant =
4π ∫∫ G(θ , ϕ )dΩ + 4π ∫∫ T
Terre Terre
Ciel (θ , ϕ )G (θ , ϕ )dΩ Équation 144

IV. Bilan de liaison


Le bilan de liaison est un outil courant en télécommunication permettant d’estimer les
puissances reçues dans une liaison entre un émetteur et un récepteur et la qualité du signal. Il permet
de dimensionner l’émetteur, le récepteur et de déterminer les limites en terme de performance
(couverture radio, puissance minimale, amplification nécessaire …). Un bilan entre 2 antennes permet
notamment de :
Déterminer la puissance reçue connaissant la puissance émise, les caractéristiques des
antennes et la perte liée à la propagation de l’onde électromagnétique, et en déduire la
qualité du signal reçu
Déterminer la perte de propagation maximale connaissant la puissance émise, les
caractéristiques des antennes, le seuil de réception et le modèle de propagation, et en
déduire la couverture d’une antenne
Pour construire notre premier bilan de liaison, il nous faut disposer de modèles de propagation
des ondes électromagnétiques. Cette problématique dépasse le cadre de ce cours, nous ne verrons que
le modèle de propagation en espace libre.

1. Atténuation en espace libre – Formule de Friis


En supposant qu’une antenne émettrice produise une onde sphérique et que celle-ci se propage
en espace libre (milieu homogène, isotrope, libre de tout obstacle), la puissance rayonnée Pray par une
antenne de gain Ge et excitée par une puissance Pe à une distance d est donnée par :
Pe Ge
Pray = Équation 145
4πd 2
La puissance reçue Pr par une antenne de gain Gr est donnée par la formule suivante appelée
Formule de Friis.
Pe Ge G r λ2 PG G PIRE.G r
Pr = PRay .S eq = × = e e r2 = Équation 146
4πd 2
4π  d  d
2

 4π   4π 
 λ  λ

A. Boyer 85
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

La puissance reçue diminue avec le carré de la distance. Il s’agit d’une perte de propagation ou
affaiblissement de parcours en espace libre, appelée Free Space Path Loss en anglais. Cette perte de
propagation en espace libre Lp peut s’écrire :

λ2  4π
2
PG 
LP = e e = = ×d × f  Équation 147
Pr Gr (4πd ) 2
 c 
LP (dB) = 32.4 + 20 ⋅ log(d (km)) + 20 ⋅ log( f ( MHz )) Équation 148

2. Bilan de liaison
Le bilan de liaison se présente sous la forme d’un tableau avec 3 lignes principales :
Les caractéristiques de l’émetteur
Les caractéristiques du récepteur
Les pertes propagation
Il s’agit de faire la somme de tous les gains et toutes les pertes pour déterminer la puissance
émise par l’antenne, la puissance reçue minimale (à partir de la sensibilité du récepteur), puis d’en
déduire la perte de propagation maximale. Considérons la liaison descendante entre une station de base
GSM et un récepteur mobile. La station de base est composée par des antennes directives de gain = 14
dBi. La puissance maximale de l’émetteur est fixée à 42 dBm. Les coupleurs et les câbles induisent
des pertes respectives de 3 et 3.5 dB. La station mobile est composée d’une seule antenne
omnidirectionnelle. Les pertes sont principalement dues à la proximité d’un corps humain et sont
évaluées à 3 dB. Le seuil de réception est donné à -102 dBm. Pour tenir compte des effets parasites de
l’environnement sur la propagation, une marge de bruit de 8 dB est ajoutée. On cherche la perte de
propagation maximale.La figure 69 décrit sous forme de schéma le transfert de puissance, en indiquant
les gains (notés G) et les pertes (notées L).
GBTS Lp
PeBTS Lc L f BTS
Tx Coupleur Alimentation GMS

L f MS
Station de base Alimentation

PeMS Tx Rx PrMS

Station mobile

Figure 69 – Transfert de puissance entre une station de base et une station mobile
L’équation constitutive du bilan de liaison est la suivante. Le bilan de liaison est donné par le
tableau ci-dessous.

PrMS = PeBTS − Lc − L f BTS + G BTS − L p + GMS − L f MS Équation 149

Emetteur Puissance BTS PBTS (dBm) 42


Pertes coupleur Lc (dB) 3
Pertes cable LfBTS (dB) 3.5
Gain antenne BTS GBTS (dBi) 14
PIRE (dBm) 49.5 = PBTS- Lc- LfBTS+ GBTS
Récepteur Sensibilité MS PrMS (dBm) -102
Pertes MS LMS (dB) 3
Gain antenne MS GMS (dBi) 0
Marges M (dB) 8
Puissance reçue min PRmin (dBm) -91 = PrMS+ LMS- GMS+M
Perte de propagation max. 140.5 = PIRE+PRmin

A. Boyer 86
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

L’onde électromagnétique peut subir une perte de propagation maximale de 140.5 dB.
Connaissant le modèle propagation, il est possible de déduire une valeur de séparation maximale entre
les antennes émettrices et réceptrices, donnant la couverture de la station. En considérant une
propagation en espace libre, on trouve une séparation maximale de 280 km. Une telle couverture pour
une cellule de réseau cellulaire est irréaliste car le modèle de propagation employé est trop optimiste.
En utilisant un modèle de propagation plus réaliste et adapté en environnement urbain (COST231 –
Hata [Sizun]), on trouve une portée théorique proche de 4 km. Le prochain chapitre traitera des
modèles de propagation des ondes électromagnétiques dans des environnements terrestres.

V. Diversité
Lors de sa propagation, l’onde électromagnétique subit une forte atténuation qui devient
parfois aléatoire en présence d’obstacles (fading), en raison du phénomène de propagation multi-trajet.
Dans ce type d’environnement, la puissance du signal reçue peut être améliorée à chaque fois qu’il est
possible de recevoir ce signal par au moins 2 chemins indépendants. En diversifiant les canaux de
réception, on améliore l’amplitude du signal reçu. On parle alors de gain de diversité.

1. Diversité spatiale
Dans les environnements où de nombreux obstacles sont présents, de nombreuses réflexions
sont engendrées qui conduisent à la création de plusieurs canaux de transmission. A cause de cette
propagation multi-trajet, le signal reçu par un site fixe semble provenir d’une source distribuée dans
l’espace. Il subit alors de fortes variations sur de petites distances (Fig. 70). Supposons qu’on ait un
récepteur dual, c’est-à-dire utilisant 2 antennes. Si ces antennes sont suffisamment éloignées, il y a de
fortes chances que les signaux reçues par chacune d’elles soient décorrélés. Cette différence de signal
reçu peut être exploitée comme technique de diversité pour améliorer l’amplitude du signal reçu. Le
récepteur sélectionne alors la voie sur laquelle le signal capté est maximal. La puissance moyenne
reçue au cours du temps est alors supérieure au cas où une seule antenne est utilisée. Le gain apportée
est appelé gain de diversité. Cette diversité est exploitée dans les stations de base des réseaux
cellulaires et les routeurs WiFi.
A B Puissance Pdiv
Récepteur
dual Pdiv moyen
PB Gain de
E diversité S
(dBµV/m) d PA
PA moyen
PB moyen

x (m)
Temps

Figure 70 – Gain de diversité spatial apporté par un récepteur dual


Le gain de diversité S représente la différence moyenne entre les signaux reçus par les
différentes antennes du récepteur. Celui-ci peut se calculer à l’aide de l’équation suivante.

S = 20. log(1 + 1 − ρ ) Équation 150

Où ρ représente le coefficient de corrélation entre les 2 signaux. Il est donné en terme de


puissance corrélée. Moins les signaux sont corrélés, meilleur est le gain de diversité. Dans le cas de 2
antennes fixes séparées par une distance d :
ρ = J 02 ( β d ) Équation 151

A. Boyer 87
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

où J0 est la fonction de Bessel d’ordre 0 (Fonction de Bessel d’ordre n


(−1)
n ∞
 x
p
J n ( x) =  
 2
∑2
p=0
2p
p!(n + p)!
x 2 p ).

Exemple 1 : Gain de diversité spatiale pour 2 antennes séparées à 2450 MHz


En appliquant les formules précédentes, on peut tracer l’évolution du coefficient de corrélation
et du gain de diversité en fonction de la distance entre les 2 antennes de réception. A partir d’une
séparation supérieure à λ/5, le coefficient de corrélation entre les signaux reçus par chaque antenne est
inférieur à 0.5. Le gain de diversité maximal est alors de 6 dB.

λ/5 λ/5

Figure 71 – Gain de diversité en fonction de la séparation entre antennes d’un récepteur dual fonctionnant
à 2450 MHz

Exemple 2 : diversité spatiale pour stations de base de réseaux cellulaires


Les figures ci-dessous présentent des schémas de stations de base omnidirectionnelles. Dans
l’exemple ci-dessous, l’antenne centrale surélevée correspond à l’antenne d’émission. Cette
configuration permet de réduire le couplage parasite entre antenne. Les 2 autres antennes sont séparées
d’une distance allant de 12 à 20λ permettant d’atteindre un gain de diversité de 4-6 dB.

Figure 72 – Diversité spatiale pour une station de base [Lee]

Remarque : intuitivement, on sent qu’utiliser plusieurs antennes pour recevoir ou émettre un


signal, va sous certaines conditions améliorer la puissance reçue. Nous le démontrerons théoriquement
dans le chapitre suivant. Dans le prochain chapitre, nous aborderons aussi le système MIMO, qui
exploite aussi la diversité spatiale offerte par plusieurs chemins de propagation.

A. Boyer 88
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

2. Diversité de polarisation
La plupart des systèmes de télécommunications terrestres utilisent des polarisations verticales.
Cependant, les réflexions ne se font pas toutes selon des plans verticaux. La présence d’objets
horizontaux est à l’origine d’ondes polarisées horizontalement. Ce changement de plan de polarisation
conduit à une perte de polarisation. La diversité de polarisation consiste à employer 2 antennes
proches polarisées orthogonalement de manière à compenser les changements de polarisation. Le gain
de diversité de polarisation est de l’ordre de 4 à 6 dB.

Figure 73 – Diversité de polarisation pour une station de base [Scholz]

3. Multiple In Multiple Out (MIMO)


La technologie MIMO est une technique de télécommunication basée sur une émission et/ou
une réception multi-antennes pour exploiter la diversité spatiale et améliorer la qualité de service, le
débit et la portée. La technologie MIMO est aujourd’hui pleinement employée dans les réseaux sans fil
haut débit (WLAN – IEEE 802.11a, g, n) déployés dans des environnements présentant de nombreux
obstacles (donc prompts à de la propagation multi trajet et permettant d’exploiter la diversité spatiale).
Contrairement aux techniques précédentes, il ne s’agit plus simplement de sélectionner une
antenne de réception en fonction du rapport signal à bruit. Dans un système MIMO, des signaux
différents sont envoyés sur les différentes antennes d’émission. Prenons l’exemple d’une liaison entre
un émetteur et un récepteur MIMO composés de 2 antennes. Appelons E1 et E2 les signaux émis par 2
antennes de l’émetteur MIMO. Ces 2 signaux correspondent à 2 trames différentes. Les 2 antennes du
récepteur vont capter des signaux R1 et R2, composés des signaux E1 et E2, multipliés par des
coefficients liés au canal de propagation notés Hij.

 R1   H 11 H 12   E1 
R  = H H 22   E 2 
Équation 152
 2   21
Pour reconstituer les 2 trames, il faut résoudre le système d’équations précédent. Cela est
possible car le système MIMO utilise une modulation de type OFDM (Orthogonal Frequency Division
Multiplexing). Le signal à transmettre est modulé par un grand nombre de sous-porteuses orthogonales
entre elles et placées sur des fréquences proches. La propagation multi-trajet étant très sélective en
fréquence, certaines fréquences seront mieux transmises que d’autres. Connaissant le signal
initialement transmis, il est possible de déterminer la fonction de transfert du canal Hij. Ainsi, dans un
système OFDM, les trames présentent des entêtes connues permettant de la déterminer. Ainsi, grâce à
l’utilisation de plusieurs antennes et l’exploitation de la diversité spatiale, il est possible d’accroître le
débit de transmission. La technologie MIMO fera son apparition dans la téléphonie mobile avec les
réseaux 4G.

A. Boyer 89
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

F. Réseau d’antennes

Combiner le rayonnement de plusieurs éléments rayonnants peut conduire à augmenter le


rayonnement global, à condition de les combiner judicieusement. C’est ce principe qui est utilisé dans
les réseaux d’antennes. Les réseaux d’antennes connaissent un grand essor en télécommunications, car
ils permettent de produire des diagrammes de rayonnement complexes et modifiables électriquement.
On parle alors de beamforming (formation de faisceaux). Associé à un traitement de signal complexe,
ces réseaux d’antennes forment des antennes intelligentes, capable de modifier leurs caractéristiques
pour optimiser les performances du système qui les emploient.

Avant de présenter quelques exemples concrets de réseaux d’antennes, nous allons présenter
les éléments théoriques. Seules les considérations liées aux antennes seront abordées, pas le traitement
de signal associé. Il est conseillé de se reporter à des ouvrages spécialisés pour plus d’informations.
Ensuite, nous introduirons trois concepts avancées basés sur les réseaux d’antennes apparus
récemment : le beamforming, les antennes intelligentes et le Multiple In Multiple Out (MIMO).

I. Réseaux d’antennes
1. Présentation du concept
L’idée est de combiner le rayonnement de plusieurs éléments rayonnants afin d’accroître le
rayonnement de l’antenne dans une ou plusieurs directions données, comme le montre la figure 74. En
d’autres termes, il s’agit de créer une interférence constructive entre les ondes électromagnétiques
issues de différentes sources. La combinaison de ces différentes ondes va dépendre de la disposition et
de la séparation entre les éléments rayonnants, ainsi que des propriétés en amplitude et en phase de
l’excitation. Le réseau d’antennes comprend les différents éléments rayonnants ainsi que les structures
permettant de modifier l’excitation de chaque élément rayonnant. Les éléments peuvent être
quelconques : dipôles, patches, fentes rayonnantes. L’unique condition est que la mise en réseau de ces
éléments ne modifie pas leurs caractéristiques propres. Par rapport aux éléments rayonnants, le gain et
l’angle d’ouverture du réseau d’antenne seront donc modifiés.
Réseau d’antennes Diagramme de
θ rayonnement
Att φ
Direction du
Emetteur lobe principal
Att φ
Emetteur
Atténuateurs Eléments

Déphaseurs rayonnants
Récepteur Att φ

Att φ

Figure 74 – Association de plusieurs éléments rayonnants ou réseau d’antennes

2. Théorie
Soit N sources identiques et indépendantes notées Sk placées sur une surface quelconque. On
suppose que les couplages entres ces différentes sources sont nuls (condition valable si les distances
entre antennes sont supérieures à λ). Les notations et les hypothèses suivantes seront employées :

A. Boyer 90
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

M Sk : centre de la source
Ai.exp(iΦk) : alimentation complexe de chaque
θ3 source
z
|SkM| = rk ≈ r : distance entre le centre d’une source
S3 et un point M très éloigné
y SN
x α 1 dk est la distance entre l’origine du repère st une
d1
S1 S2 source Sk
O
αk est l’angle d’élévation, entre la surface et la
Figure 75 – Position du problème : N sources direction SkM
indépendantes placées sur une surface fk(θk) : fonction caractéristique de rayonnement de
chaque source. Pour simplifier, on suppose une
symétrie de révolution autour de l’axe z (diagramme
de rayonnement indépendant de φ)
Le champ rayonné au point M par une antenne peut être calculé à l’aide de l’équation 153. K
est un facteur constant, dépendant des éléments rayonnants employés, qui permet de déterminer la
valeur du champ électrique.
Ak 2π
E k ( M ) = K . f k (θ k ) exp(iΦ k ) exp(−iβrk ) , β =
r λ
Ak
E k ( M ) = K . f k (θ k ) exp(iΦ k ) exp(−iβ (r − d k cos α k ))
r
A
E k ( M ) = K . f k (θ k ) k exp(−iβ r ) exp i (Φ k + β d k cos α k )
r
Ak
⇒ E k ( M ) = K . f k (θ k ) exp(−iβr ) exp iΨk Équation 153
r
Ψi correspond au déphasage entre les ondes issues de chaque antennes. Il dépend de la phase
de chaque source et des distances entre les antennes. Le champ rayonné total au point M est la somme
des contributions de chaque source (équation 154).

Équation 154
Dans l’expression précédente, il apparaît un terme de somme lié à l’excitation et au
diagramme de rayonnement de chaque source. Ce terme correspond au diagramme de rayonnement FN
du réseau, puisqu’il est dépendant de la direction θk.
Plaçons-nous maintenant dans le cas d’une surface plane : θ = θ k ⇒ f k (θ k ) = f (θ ) . Le
diagramme de rayonnement du réseau FN peut s’écrire sous la forme suivante.
N
FN (θ ( ) = ∑ Ak f (θ ) exp(i.Ψk )
k =1

N
FN (θ ) = f (θ )∑ Ak exp(i.Ψk )
k =1

Diagramme de rayonnement Facteur de réseau


d’une antenne (Array Factor AF)
Équation 155
Le diagramme de rayonnement FN(θ) du réseau peut être déterminé à partir du diagramme de
rayonnement f(θ) d’une antenne élémentaire du réseau et du facteur de réseau (Array Factor) noté AF.
Le facteur de réseau traduit l’effet de la mise en réseau de plusieurs antennes sur le diagramme de

A. Boyer 91
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

rayonnement total, la directivité ou le gain. Il va conduire à accroître le gain et diminuer l’angle


d’ouverture de l’antenne formée par le réseau. Le facteur d’antenne est lié à la position des antennes et
à leur alimentation complexe (amplitude, phase). Ainsi, pour déterminer les propriétés du réseau, il
suffit de connaître celles d’un élément rayonnant et de déterminer l’expression du facteur de réseau.
Diagramme de rayonnement Diagramme de rayonnement
Facteur de réseau
d’un élément rayonnant du réseau
f(θ) AF FN(θ)

×
G1
G0

2θ3
2θ3
0° 90° 180° θ 0° 90° 180° θ 0° 90° 180° θ

Figure 76 – Le diagramme de rayonnement d’un réseau de N antennes identiques correspond au


diagramme de rayonnement d’un élément rayonnant multiplié par le réseau d’antenne

3. Cas particulier : N antennes colinéaires équidistantes


Plaçons-nous maintenant dans un cas particulier où nous pourrons établir une expression
analytique du facteur de réseau. Celui-ci est décrit dans la figure 77 : N antennes colinéaires identiques
sont placées le long d’un axe et séparées d’une distance constante d. De plus, l’excitation des antennes
présente une amplitude constante, mais leur phase présente un gradient constant. L’élément rayonnant
S1 est excité avec une phase = 0°, l’élément S2 par une phase Φ, l’élément S3 par une phase 2 Φ, …
Remarque : il est possible de déterminer l’expression analytique du facteur de réseau pour
des alignements différents (par exemple sur 2 dimensions) et des variations d’amplitude et de phase
plus complexes. Ces cas ne seront pas traités dans ce cours, nous nous limiterons au cas simple d’un
réseau à 1 dimension formé par des antennes colinéaires équidistantes.
E1 E2 EN
α


S1 S2 S3 SN

d
Ak = A0
Alimentation des antennes : Φk = k×Φ, k=[0,N-1]

Figure 77 – Réseau composé de N antennes colinéaires équidistantes


Le facteur de réseau peut se calculer de la façon suivante :
N −1
AF (α ) = ∑ Ak exp(iΨk )
k =0
N −1
AF (α ) = A0 ∑ exp i (k .φ + k .βd cos α )
k =0

N −1
AF (α ) = A0 ∑ exp i (k .Ψ ) , Ψ = φ + βd cos α
i =0
Suite géométrique
de raison N
Équation 156

Une suite géométrique de raison N apparaît dans l’expression du facteur de réseau qui peut
alors s’écrire de la manière suivante :

A. Boyer 92
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

 NΨ   NΨ   NΨ   NΨ   NΨ 
exp i  exp − i  − exp i  exp i  sin  Équation 157
1 − exp(iNΨ )  2   2   2 =A  2   2 
AF (θ ) = A0 = A0
1 − exp(iΨ )  Ψ  Ψ  Ψ  Ψ Ψ
0
exp i  exp − i  − exp i  exp i  sin 
 2   2   2   2  2

L’expression montre que le facteur de réseau présente un comportement périodique en


fonction du déphasage Ψ. Etant donné que l’espacement entre élément rayonnant et que le déphasage
entre source sont constants, le déphasage Ψ dépend de l’angle d’élévation α. En remarquant que
sin(nx) sin(nx)
est maximal pour x = m.π (m entier) et lim = n , on peut remarquer que la valeur
sin x x → 0 sin x
maximale prise par le facteur de réseau est égale à :
 NΨ 
sin 
AF max = A0  2 
= N × A0 , si Ψ = m.2π , m ≥ 0 Équation 158
Ψ
sin 
2
Ainsi, plus le nombre d’antennes N est important, plus le champ électrique est grand dans la
direction du lobe principal. Ainsi, le gain augmente dans cette direction lorsque N augmente, alors que
l’angle d’ouverture diminue.

Remarque : accroissement du gain d’une antenne


Supposons qu’on dispose de plusieurs antennes de gain G0 donné en dBi. Cependant, on
souhaite développer une antenne présentant un gain G1 > G0. Compte tenu de la propriété précédente,
on peut mettre les antennes à gain G0 en réseau. Dans la direction du lobe principal du réseau, le gain
sera plus grand que G0 et dépendra du nombre d’antenne. A chaque fois qu’on doublera le nombre
d’antenne, on doublera le gain dans cette direction (on augmentera de 3 dB le gain). Par exemple, si G0
= 6 dBi et qu’on souhaite obtenir G1 = 12 dBi. Il faut augmenter le gain de 6 dB, c’est-à-dire disposer
4 antennes de gain G0 dans le réseau.

La figure 78 présente un exemple de tracé du facteur de réseau en fonction de l’angle


d’élévation pour un réseau de 8 antennes colinéaires séparées de d= λ, et sans déphasage entre les
excitations (Φ=0°). On pose A0 = 1. 3 maximum apparaissent pour m= -1, 0 et 1. La valeur maximale
prise par le facteur de réseau est de 8A0. Un lobe primaire apparaît pour m = 0 (ψ=0) c’est-à-dire une
élévation α=90° (rayonnement transversal). Deux lobes secondaires apparaissent pou m = +/-1 (ψ = +/-
2π) c’est-à-dire des élévations α=0/180° (rayonnement longitudinal).

Rayonnement α=90°
Lobe primaire transversal

α=180° α=0°
Lobes …
secondaires S1 S2 S3 SN
Rayonnement Rayonnement
d
longitudinal longitudinal

Rayonnement
transversal α=-90°

α-
Figure 78 – Facteur de réseau pour un réseau composé de 8 antennes colinéaires (d= λ et Φ=0°)

A. Boyer 93
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

4. Effet de la phase de l’excitation


Dans le tracé du facteur de réseau présenté à la figure 79, nous n’avons pas introduit de
déphasage entre les excitations transmises à chaque élément rayonnant. Elles sont donc toutes en phase
(Φ=0°). Dans ce cas, le rayonnement/gain est maximal dans la direction normale de l’alignement ou
direction transversale (m= 0 et α0 = 90°), mais aussi dans la direction longitudinale de l’alignement (α
= 0° et 180°) qui correspondent à des lobes secondaires non désirés.
Cependant, d’après les équations 156 et 158, le terme d’incrément de phase ajouté à chaque
source va modifier le terme de phase Ψ ainsi que la direction α0 du lobe principal. En effet, le facteur
de réseau est maximal pour Ψ = φ + β d cos α = m.π , m ≥ 0 . En présence d’un déphasage entre
sources Φ, la direction du lobe principal est donnée par l’équation suivante.
m = 0 ⇒ φ + βd cosα = 0

φ φλ
⇒ cosα 0 = − =− Équation 159
βd 2πd
D’après la relation précédente, la direction du lobe principale s’éloigne de la direction normale
de l’alignement au fur et à mesure que le déphasage Φ grandit. Il apparaît aussi que le lobe principal
(ainsi que les lobes secondaires) s’incline du coté où les phases retardent. Cette propriété est
intéressante. En effet, en contrôlant le déphasage entre les antennes du réseau, il est possible de
contrôler, réajuster l’orientation du faisceau produit par le réseau d’antennes.
Si Φ >0, cos α0 < 0 Si Φ < 0, cos α0 > 0

α0
α0
S1 S2 S3 … SN
S1 S2 S3 … SN
Φ1 < Φ2 < Φ3 < ΦN Φ1 > Φ2 > Φ3 > ΦN

Figure 79 – Effet du déphasage entre les sources sur un réseau d’antennes colinéaires : le lobe principal
s’incline du côté où les phases retardent.

5. Réduction des lobes secondaires


Nous avons vu que la mise en réseau d’antennes colinéaires conduisait à créer un lobe
principal à fort gain, dont la direction pouvait être modifiée par la phase des excitations de chaque
antenne. Malheureusement, des lobes secondaires à fort gain sont aussi générés dans des directions
différentes. Ces lobes secondaires réduisent le gain du lobe principal et engendrent des rayonnements
parasites dans des directions où l’antenne ne devrait pas rayonner. La question que l’on peut se poser
est : quelles sont les conditions qui permettent d’annuler les lobes secondaires ?
Les lobes secondaires correspondent à la condition ψ = +/- 2π. Soit α1 la direction des lobes
± 2π − φ ± 2π
secondaires. Leur direction est donnée par φ + βd cosα1 = ±2π ⇒ cosα1 = = + cosα 0 .
βd βd
Les lobes secondaires disparaissent si leur direction α1 est telle que |cos(α1)| > 1, ce qui donne une
condition sur la séparation des antennes (équation 160).
±λ
cos α1 = + cos α 0 > 1
d

λ
⇒ d< Équation 160
1 + cosα 0
Cette condition conduit à ne pas espacer les antennes de plus d’une longueur d’onde. Elle tend
à rapprocher le plus possible les antennes. Cependant, plus celles-ci sont rapprochées, plus les
couplages en champ proche entre antennes sont importants. Or, ceux-ci vont modifier les

A. Boyer 94
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

caractéristiques de chaque antenne. Il y a donc un compromis sur la distance de séparation à trouver


entre annulation des lobes secondaires et réduction des couplages entre antennes.
La figure ci-dessous reprend l’exemple présenté à la figure 78. On souhaite avoir un lobe
principal dans la direction α0 = 90° et annuler les lobes secondaires. Le déphasage entre source est fixé
à Φ = 0° et la séparation entre antennes à d = 0.8λ. La figure ci-dessous présente le tracé de l’évolution
du facteur de réseau en fonction de l’angle d’élévation. Le résultat montre que les lobes secondaires
ont été fortement réduits.

8 antennes, d= 0.8λ, Φ=0°

Lobe primaire
(élargissement)

Lobes secondaires
atténués

Figure 80 – Facteur de réseau pour un réseau composé de 8 antennes colinéaires (d= 0.8λ et Φ=0°) –
réduction des lobes secondaires

6. Antenne Yagi
L’antenne Yagi (ou Yagi-Uda) est une antenne couramment
employée pour la réception de la télévision (Fig. 81). Il s’agit d’un
exemple de réseau d’antennes formé d’un élément actif et de N
éléments directeurs colinéaires et équidistants. Tous ces éléments sont
orientés le long d’un axe qui est pointé vers l’émetteur de télévision. La
mise en réseau est à l’origine d’un rayonnement longitudinal.
L’élément actif est un dipôle demi-onde, relié à l’émetteur ou
au récepteur. Celui-ci peut être composé d’une tige épaisse ou d’in
dipôle replié pour accroître sa bande passante.
Les N éléments directeurs sont des dipôles (des tiges Figure 81 – Antenne Yagi
métalliques ou parfois des brins croisés) de longueur inférieure à λ/2.

Ceux-ci sont régulièrement espacés d’une distance d << λ (en pratique entre 0.1 et 0.15 λ). Ces
éléments directeurs sont excités par l’élément actif pour couplage en champ proche. L’influence de
2πd
l’élément actif sur chacun des éléments directeurs est déphasée de − entre chaque élément
λ
directeur. Ce réseau est donc comparable à celui que l’on vient de traiter. Le déphasage est choisi pour
avoir un rayonnement optimal dans la direction longitudinal (α0 = 0°). La condition sur le déphasage
est donnée par l’équation suivante.
Lobe primaire
2πd cos 0 2πd …
φ =− =− Équation 161
λ λ S1 S2
Φ2
S3 SN
Φ1 > > Φ3 > ΦN

Généralement un réflecteur (une tige métallique de longueur supérieure à λ/2, ou une surface
plane) est situé à l’arrière du réseau pour réduire l’amplitude des lobes secondaires émis dans la
direction longitudinal opposée, renvoyer ce rayonnement vers l’avant, et réduire le couplage des ondes
venant de l’arrière sur l’antenne.

A. Boyer 95
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

II. Concepts avancés


Les parties suivantes présentent plusieurs innovations récentes basées sur des réseaux
d’antennes qui ont été intégré dans les systèmes de télécommunications sans fil. De plus en plus, les
standards de télécommunications intègrent des techniques de diversité spatiale, qui permettent
d’optimiser la couverture et la capacité d’un réseau et améliorer la qualité de service d’un utilisateur.

1. Utilisation pour les stations de base


Les réseaux cellulaires sont un exemple de champ d’application où de nombreuses innovations
sur les technologies d’antennes sont apparues. Le principe de base repose sur une réutilisation des
ressources (fréquences, codes) dans des cellules différentes et adjacentes. Les caractéristiques de
l’antenne de la station de base sont essentielles au contrôle de la réutilisation des ressources
(fréquences, codes) et à l’optimisation de la capacité de la cellule (dépendante du rapport signal à bruit
et donc des interférences entre cellules).
Afin de pouvoir offrir l’ouverture horizontale (azimuth beamwidth), vertical (elevation
beamwidth) et le gain souhaités, les antennes de station de base sont formées d’un réseau vertical
d’éléments rayonnants (Fig. 83) monté au dessus d’un plan réflecteur placé en face arrière. Chaque
élément rayonnant est conçu pour fournir l’ouverture horizontale désirée, le nombre d’éléments
rayonnants est choisi pour fournir le gain et l’ouverture verticale désirée. La figure 82 présente un
exemple de montage d’antennes de station de base. Il est à noter que ces antennes sont fortement
exposées à des conditions environnementales difficiles (vent, pluie, cyclage thermique) et qu’il est
nécessaire de tenir compte de ces paramètres pour garantir que les paramètres de couverture ne varient
pas au cours du temps.
Tour / Mat
Réglage tilt Antenne
antenne
Duplexeur
(séparation voie
montante/
descendante

Amplificateur monté
sur tour (mast-head
amplifier)
Station de base
Diviseur
RX
Contrôleur TX
réseau radio
Câbles à
Amplificateur faibles pertes
de puissance

Figure 82 – Montage d’’antennes de station de base

Figure 83 – Réseau d’antennes patch

A. Boyer 96
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

L’ouverture horizontale dépend du plan de réutilisation des ressources. Ainsi, pour des
cellules à 3 secteurs (typiques en environnement urbain), une station de base est formée de 3 antennes
espacées de 120° en azimut. L’angle d’ouverture horizontal à 3 dB de chaque antenne est en général
de 65°. Les antennes de station de base doivent couvrir le plan horizontal situé à leur pied. Elles
présentent donc un angle d’ouverture vertical faible (de 3 à 7°). Il est en effet inutile que le lobe
principal soit dirigé vers le ciel. Elles sont généralement placées en hauteur pour éviter les
phénomènes de masquage par des obstacles. Cependant, si elles ne sont pas légèrement orientées vers
le bas (en d’autres termes, si on ne leur ajoute pas un tilt), les utilisateurs placés au pied de la station
de base risquent de ne pas être couverts. En outre, cela permet de réduire le niveau d’interférence réçu
par les utilisateurs des cellules adjacentes. L’angle d’élévation (beamtilt) doit donc être correctement
choisie pour optimiser la couverture d’une cellule et réduire les interférences entre cellules. Celui-ci
peut être ajouté mécaniquement en orientant l’antenne, ou électriquement (Remote Electrical Tilt RET)
en modifiant les phases des excitations des éléments rayonnants de l’antenne. Cette dernière technique
est particulièrement intéressante car elle permet un contrôle en temps réel de la capacité de chaque
cellule. Si à un instant une cellule se trouve surchargée alors que le trafic reste faible sur une cellule
adjacente, les tilts de chaque cellule peuvent être réajustés pour accroître la couverture de cette
seconde cellule et rééquilibré le trafic. Depuis l’introduction des réseaux 2G, le RET est utilisé
massivement dans les réseaux cellulaires.

2. Beamforming
Le RET présenté précédemment est un premier pas vers des antennes “intelligentes”. Le
contrôle du tilt peut aussi être étendu au contrôle de l’azimut du lobe principal ou de l’ouverture
horizontal de l’antenne (Remote Azimuth Steering RAS et Remote Azimuth Beamwidth control
RAB). Cela permettrait de « focaliser » le lobe principal de l’antenne vers le signal reçu désiré et
d’améliorer le rapport signal sur interférences. Cette modification du diagramme de rayonnement
basée sur le contrôle d’un réseau d’antennes est appelée de manière générale Beamforming. Le
beamforming s’apparente à un filtrage spatial, où le signal provenant d’une direction donnée est capté
alors que ceux provenant d’autres directions sont rejetés. Le filtrage étant contrôlé par la direction du
lobe principal à fort gain. La technique la plus simple et la moins couteuse pour faire du beamforming
est de synthétiser plusieurs réseaux présentant des lobes principaux dans des directions différentes,
puis de sélectionner un des faisceaux produit par un des réseaux.

3. Antennes intelligentes
Les antennes intelligentes sont basées sur un beamforming adaptatif. L’idée est d’utiliser un
réseau d’antennes et de modifier en temps réel les conditions d’excitation de chaque élément
rayonnant pour modifier le diagramme de rayonnement et s’adapter à un environnement changeant. Ce
contrôle étant basé sur du traitement de signal très « gourmand » en temps de calcul et bien que les
recherches et les innovations dans ce domaine soient nombreuses, ce type de technique n’est pas
encore largement adopté dans les réseaux cellulaires et les standards de télécommunication. Mais la
pression pour réduire les coûts, les contraintes de plus en plus fortes sur la capacité, la couverture, les
débits, le nombre de systèmes existants sur des fréquences différentes, augmentent le coût de
développement des antennes et rendent l’introduction des antennes intelligentes de plus en plus
intéressante pour les opérateurs.

A. Boyer 97
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Technologie standard Technologie antennes intelligentes


Interférant Interférant Interférant Interférant
Signal
Signal désiré
désiré
Diagramme de
rayonnement

Diagramme de
Réseau
rayonnement d’antennes
Traitement numérique –
Antenne omni. 49 Beamforming Octobre 2010

Figure 84 – Beamforming et antennes intelligentes

A. Boyer 98
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

G. Modèles de propagation des ondes


radioélectriques pour les réseaux
terrestres

Dans les chapitres précédents, nous avons vu comment déterminer les puissances émises et
reçues par des antennes, connaissant leurs caractéristiques. En combinant ces données aux
informations sur les puissances électriques des émetteurs et les seuil de sensibilité des récepteurs, il est
possible d'établir les pertes de propagation maximale par un bilan de liaison. Cependant, une des
questions récurrentes avec les liaisons radioélectriques est celle de la portée, c'est-à-dire la distance
d'éloignement maximale entre un émetteur et un récepteur radio pour assurer une liaison de qualité
suffisante. Etablir la portée nécessite de disposer d'un modèle de propagation, qui relie la perte de
puissance d'un signal radioélectrique avec la distance, tout en tenant compte des propriétés de
l'environnement traversé. Dans des conditions d'espace libre de tout obstacle, la perte de propagation
suit une simple loi quadratique donnée par l'équation de Friis. Cependant, celle-ci est très vite limitée
dès que l'on cherche à calculer la portée dans un environnement terrestre, dans lequel le signal
radiofréquence est rarement transmis uniquement en visibilité direct. De multiples méthodes et
modèles plus ou moins complexes (et donc plus ou moins précis) ont été développé pour déterminer la
perte de propagation dans des environnements complexes. Dans ce chapitre, nous ne traiterons que des
environnements terrestres, en milieu extérieur (outdoor) ou intérieur (indoor), et nous présenterons
qu'une partie des modèles existants. Ces dernières décennies ont vu l'apparition d'un grand nombre de
modèles de propagation avec le développement des réseaux de communication sans fil (téléphonie
mobile, WLAN).

I. Modes de propagation dans un environnement


terrestre
L’hypothèse d’une propagation en espace libre est trop idéaliste dans un environnement
terrestre. En raison des nombreux obstacles présents entre un émetteur et un récepteur radio, le signal
reçu est rarement transmis en visibilité directe (Non ligne of Sight NLOS). En se propageant, l'onde
électromagnétique subit un grand nombre d'interaction avec les objets environnants : réflexion sur les
parois, atténuation à la traversée des parois, diffraction sur les arêtes des bâtiments, diffusion par les
petits objets et particules (par exemple les feuilles des arbres), … Comme l'illustre la figure ci-
dessous, le signal radioélectrique reçu en environnement terrestre est une combinaison de 4 modes de
bases. Il a généralement effectué de nombreux trajets avant d’arriver au récepteur : on parle alors de
propagation multi trajets ou multi-path. Les différents “échos” présentent des amplitudes, des
phases différentes et n’arrivent pas au même instant sur le récepteur. Ces différentes ondes interfèrent
entre elles et peuvent soit s’additionner soit se soustraire, générant une forte variabilité dans le temps
et dans l'espace du signal reçu.

A. Boyer 99
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Diffraction
Transmission
directe
Multiple
diffraction
réflexion

Atténuation

Diffusion
Onde
guidée

Figure 85 – Principaux modes de propagation des ondes radioélectriques dans un environnement terrestre

1. Conditions de visibilité directe


Dans le cas d’une visibilité directe (Line of Sight LOS), l’atténuation d’une onde
électromagnétique se fait comme en espace libre (application de la formule de Friis). Par analogie avec
l’optique, on pourrait penser que seule l’absence d’obstacles sur la ligne de visée séparant des
antennes d'émission et de réception est nécessaire pour assurer une visibilité directe. Bien qu’onde
lumineuse et onde radio soient des ondes électromagnétiques et donc soumises aux mêmes lois
(équations de Maxwell), leurs domaines de fréquence sont très différents (jusqu’à 300 GHz pour les
ondes radio, de 375000 à 750000 GHz pour les ondes lumineuses) et les phénomènes de diffraction ne
présentent pas les mêmes ordres de grandeurs. Ainsi, si un obstacle est situé à proximité de la ligne de
visée entre 2 antennes, celui-ci va causer une diffraction. L'onde diffractée va s’additionner ou se
soustraire avec l’onde transmise en visibilité directe (interférences d’ondes). Ce phénomène devient
négligeable si l’obstacle ne se trouve pas à l’intérieur d'un volume délimité par le premier ellipsoïde de
Fresnel (Fig. 86). On parle de la règle du dégagement du premier ellipsoïde.
Cette ellipsoïde est centrée sur la ligne de visée directe. Le rayon Rf de l’ellipsoïde est
inversement proportionnelle avec la fréquence. Plus la fréquence augmente, plus l’ellipsoïde se
rapproche de la ligne de visée directe (cas de l’optique). Par exemple, soit 2 antennes séparées de 1
km, avec un obstacle à mi-chemin. A 2 GHz, le dégagement nécessaire autour de la ligne de visée pour
assurer la condition de visibilité directe est de 6m.
Ellipsoïde de Fresnel
Antenne Antenne
1 Rayon Rf 2

Obstacle
d1 d2

Figure 86 – Condition de visibilité directe : règle du dégagement du premier ellipsoïde

λd 1 d 2
Rf = Équation 162
d1 + d 2

A. Boyer 100
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

2. Phénomènes de réflexion
Elles se produisent lorsqu’une onde radio se propage dans un milieu diélectrique, et rencontre
une interface avec un autre milieu. Des réflexions vont être produites par le sol et les parois des
obstacles. La réflexion peut être totale ou partielle, suivant les propriétés du nouveau milieu :
diélectrique : une partie de l’énergie est transmise et l’autre partie diffractée, sans perte
d’énergie.
conducteur parfait : toute l’énergie est réfléchie, sans pertes d’énergie.
Le coefficient de réflexion dépend des propriétés des matériaux, de la fréquence, de l’angle
d’incidence, de la polarisation (voir partie III.3).

3. Phénomènes de diffraction
Il s'agit de la création d’interférences entre l’onde directe d’une source et l’onde dont la
direction a été modifiée. Elle entraîne une modification du trajet suivi par une onde. Le phénomène de
diffraction est provoqué par les irrégularités du sol, les reliefs, les bâtiments en milieu urbain. La
diffraction existe pour toutes les longueurs d’onde, mais n’apparaît que dans le cas où les dimensions
de l’obstacle sont inférieures à la longueur d’onde. La diffraction a beaucoup d’influence sur les
bandes HF (λ=100-10m), un peu sur les bandes VHF (λ=10-1m), peu en UHF (λ=1-0.1m).

4. Phénomènes de diffusion
Dans le cas d’un volume comprenant un nombre important d’obstacles, dont la taille est
inférieure à la longueur du signal, le phénomène de diffusion peut apparaître. L’onde
électromagnétique est déviée dans de multiples directions de manière statistique. Sa polarisation est
aussi modifiée de manière aléatoire.
Elle apparaît à l’interface entre 2 milieux, ou quand une onde rencontre une surface pas
parfaitement plane et lisse ou à travers des feuillages. La modélisation du phénomène de diffusion est
complexe et recouvre plusieurs effets. Par exemple, la diffusion des ondes par les molécules suit la loi
de diffusion de Rayleigh.

5. Phénomènes d'absorption
Lorsqu'une onde électromagnétique se propage, la densité de puissance transportée diminue
avec la distance non seulement en raison de la perte quadratique (Friis) mais aussi en raison des
propriétés des caractéristiques des matériaux traversés qui absorbent une partie de l'énergie de l'onde
électromagnétique. Cette atténuation varie généralement linéairement avec la distance et s'exprime en
dB/m ou dB/km. Nous allons présenter quelques unes des principales sources d'atténuation dans un
environnement terrestre.
Les gaz et particules présents dans l'atmosphère absorbent une partie de l'énergie d'une onde
électromagnétique. Cette atténuation varie avec la fréquence et est accentuée à haute fréquence comme
le montre la figure ci-dessous. Sur certaines bandes de fréquence, des pics d'atténuation apparaissent,
provoqués par des phénomènes d'absorption moléculaire. La bande UHF est finalement peu affectée
par les phénomènes d'absorption atmosphérique. Il faut cependant noter l'influence des particules
liquides et solides dans l'atmosphère (pluie, grêle, neige …) qui vont introduire une atténuation non
négligeable selon leur densité.

A. Boyer 101
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Atténuation (dB/Km) Absorption


moléculaire
100
Forte pluie
02 H20
10
Pluie moyenne

1.0

0.1 Fréquence (GHz)


1 10 100 1000
Figure 87 – Absorption atmosphérique
La présence d’arbres et de leurs feuilles conduit à une atténuation importante. Celle-ci dépend
de la saison, de la hauteur des antennes vis-à-vis des arbres, de la fréquence. L’atténuation est variable
en fonction du vent. Les équations ci-dessous donnent des ordres de grandeur de l'atténuation apportée
par un arbre ou l'atténuation moyenne par unité de longueur apportée par une surface couverte
d'arbres.

LVeg (dB ) = 12.01 + 7.46 log( f GHz ) Équation 163

LVeg (dB / m ) = 0.54 + 1.4 log( f GHz ) Équation 164

Dans les réseaux terrestres, la traversée des matériaux de construction contribue fortement à
l'atténuation du signal. Selon leur conductivité et leur permittivité électrique, leurs coefficients de
réflexion et d'absorption varient. Ils dépendent aussi de l'épaisseur des ouvrages et de la fréquence. Le
tableau ci-dessous donne les atténuations typiques apportées par les murs selon les matériaux de
construction dans la bande 1 à 2 GHz (les épaisseurs ne sont pas systématiquement mentionnées, donc
il faut tenir compte d'une marge d'erreur).
Matériau Atténuation moyenne (dB)
Placoplatre 3
Vitre (sans propriété athermique) 2
Vitre renforcée 8
Bois 3
Mur en brique d’épaisseur inférieure à 14 cm 4
Mur composé de béton d’épaisseur inférieure à 10 cm 9
Mur composé de béton d’épaisseur supérieure à 25 cm 15
Mur de béton épais (> 25 cm) + grande vitre 11
Dalle 23
Mur métallique 30

6. Modification du plan de polarisation


Le milieu de propagation peut modifier le plan de polarisation d’une onde :
L’atmosphère peut faire tourner le plan de polarisation d’une onde (problème pour les
communications satellites)
La propagation dans un milieu urbain tend à modifier de manière aléatoire le plan de
polarisation.

A. Boyer 102
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Une différence entre les polarisations des antennes (émettrices ou réceptrices) et l’onde
conduit à une perte par non adaptation des polarisations.

7. Slow/Fast fading
Dans le cas d'une propagation en non visibilité, l'amplitude du signal reçu subit une grande
variabilité dans le temps et dans l'espace. Si on doit caractériser l'atténuation subit par le signal, il est
important de ne pas se limiter seulement à l'atténuation moyenne et d'inclure un écart type associé à
cette contribution aléatoire. Dans les environnements terrestres, on distingue deux types d'atténuations
aléatoires, appelées aussi fading (Fig. 88) :

Slow fading ou log-normal fading: lié aux obstacles de larges dimensions. Il créé une
variation aléatoire lente dans l'espace du niveau de puissance de signal reçu, sur une échelle
de plusieurs dizaines de longueurs d'onde. L'écart type de la variation est compris entre 5 et
7 dB en milieu urbain.
Fast fading : lié aux obstacles de petites dimensions, les objets en mouvement et aux
phénomènes de multitrajet. Il produit une variation aléatoire rapide à la fois dans le temps et
dans l'espace (sur une échelle d'une longueur d'onde). L'écart type de la variation est
compris entre 5 et 12 dB en milieu urbain, avec des diminutions maximales pouvant
atteindre 20 dB.
Fading de Rayleigh
ou rapide
10
0
-10
-20

≈10λ
100
Champ électrique

100 - 1000λ
80

60
(dBµV/m)

Modèle terrain
40 plat

20 Masquage des
immeubles – fading lent
0
1 ou log normal
10 100
Distance (km)

Figure 88 – Slow et fast fading


Le fading lent suit une loi statistique du type log-normale, donnée par l'équation 165. Le
fading rapide suit une loi de Rayleigh (équation 166). Il est possible de cumuler les 2 effets aléatoires
en supposant qu'ils sont indépendants et de les modéliser par une loi gaussienne.

1  10 ( x − β ) 2 
p LN ( x) = exp −  Équation 165
2πσ LN
2  2σ LN 2 
 

x  x2 
p R ( x) = exp −  Équation 166
σ R2  2σ R
2

A. Boyer 103
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

II. Modèles de propagation - considérations générales


Les performances d’un système de télécommunication basé sur un canal hertzien nécessite une
connaissance de la façon dont se propage les ondes électromagnétiques, et notamment la perte de
propagation (l’atténuation de la puissance par unité de surface d’une onde EM) et l’étalement temporel
(on ne traitera pas les caractéristiques temporelles des canaux hertziens dans ce cours). En effet, sans
une détermination précise de la perte de propagation, il n’est pas possible de déterminer la couverture
radio d’un émetteur (distance max séparant l’émetteur d’un récepteur pour permettre une réception
avec une qualité suffisante), ni l’interférence pouvant exister entre plusieurs émetteurs partageant des
bandes de fréquence communes.
Cependant, hormis quelques cas canoniques (comme un espace libre, ou un environnement
ouvert au dessus d’un plan conducteur), il est difficile de déterminer précisément par calcul analytique
la perte de propagation. Des méthodes électromagnétiques numériques deviennent nécessaires lorsque
l’environnement de propagation devient complexe (présence d’obstacle, milieu de propagation non
homogène…). Ce type de méthode sort du cadre de ce cours. L’utilisation de ce type de méthodes
précises suppose une très grande quantité de données et un temps de calcul considérable, les rendant
inadaptées à une prédiction rapide souvent nécessaire en ingénierie.
Comme nous allons le voir dans ce chapitre, de nombreux modèles empiriques, ajustés par des
mesures sur terrain, sont largement employés pour déterminer avec une précision acceptable la perte
de propagation d’une onde électromagnétique.

1. Rôle d'un modèle de propagation


Un modèle de propagation sert à :
Estimer la portée d’un émetteur radio
Déterminer la qualité du signal reçu en fonction de la distance et de l’environnement
Calculer le niveau d’interférence lorsque plusieurs émetteurs co-existent
Déterminer et configurer les équipements nécessaires pour assurer une couverture radio, une
capacité et une qualité de service suffisante.
Comme le montre l'équation ci-dessous, il va permettre de déterminer la perte de propagation
L, qui relie la puissance reçue PR et la puissance émise PE, à partir de la fréquence, de la distance, des
hauteurs hE et hR des émetteurs et des récepteurs et des caractéristiques de l’environnement de
propagation (absorption des matériaux, prise en compte d’obstacles…).

PR = PE − L( f , d , hE , hR , environnement ) Équation 167


Dans la plupart des cas, le modèle de propagation est difficile à déterminer avec précision, en
raison de la complexité des environnements de propagation terrestre et des effets physiques.

Figure 89 – Forme générale d'un modèle de propagation

A. Boyer 104
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

La perte de propagation est en grande partie liée à l’affaiblissement de parcours en terrain plat
(càd comme si l’émetteur et le récepteur était en visibilité directe). Cette perte dépend de la fréquence
et de la distance séparant l’émetteur du récepteur. Dans un réseau hertzien terrestre, cette situation de
visibilité directe n’arrive que lorsque le mobile est proche de la station de base. La plupart du temps, le
récepteur n'est pas en situation de visibilité directe et il devient nécessaire de prendre en compte les
pertes de masquage. Celles-ci sont liées aux obstacles, qui induisent des phénomènes de réflexion, de
diffraction et de diffusion de l’onde incidente. Ces pertes sont dépendantes de la fréquence, de la taille
et de la géométrie des obstacles et de la nature des matériaux les composant. Les environnements
terrestres (notamment les environnements urbains) comprennent un grand nombre et une grande
variété d’obstacles, rendant difficile une modélisation fine de l’ensemble des obstacles.
En outre, en raison de la présence d’obstacles, un signal arrivant sur un récepteur a
généralement emprunté plusieurs chemins, créés par les multiples réflexions, diffractions, diffusions,
induisant une propagation multi-trajet. La conséquence est l’apparition du phénomène de Fading
(atténuation), qui conduit à des variations plus ou moins rapides et importantes dans l’espace de
l’atténuation.
En outre, il est illusoire de vouloir calculer la valeur exacte de la perte de propagation, en
raison du caractère non déterministe des canaux hertziens. Dans un environnement terrestre, les
obstacles peuvent être en mouvement, modifiant continuellement les caractéristiques du canal. Dans
un réseau cellulaire, les récepteurs peuvent aussi être en mouvement, modifiant sans arrêt le canal de
propagation. Le phénomène de fading varie de manière totalement aléatoire dans le temps et dans
l’espace. La seule manière de traiter ce problème est l’approche statistique.

2. Classification des modèles de propagation


Un grand nombre de modèles de propagation existe, que l'on peut classer en fonction du degré
de complexité et de précision des méthodes de modélisation, ou de l'environnement visé par le modèle.

a. Classification des environnements terrestres


En fonction de la taille et des caractéristiques des environnements, certains modèles seront
adaptés, d’autres non. On distingue trois types d’environnements terrestres :

Milieu rural (ou semi-rural) ou macro-cellules : leur taille est supérieure à plusieurs dizaines
de kms, il présente une faible densité d’obstacles d’origine humaine.
Milieu urbain, semi-urbain ou micro/pico-cellule : leur taille va de quelques
dizaines/centaines de mètres à quelques kilomètres, en fonction de la densité d’habitation.
Les pertes de propagation évoluent très rapidement en fonction de la distance, en raison du
très grand nombre d’obstacles.
Milieu indoor : à l’intérieur d’un bâtiment. La propagation se fait par réflexion le long de
couloirs (similaire à une propagation guidée), de diffraction contre les ouvertures de portes,
de passage à travers les cloisons ou les dalles (atténuation importante).
Dans le cas d'environnement en extérieur, on parlera aussi de milieu outdoor.

b. Classification des modèles de propagation


Tout modèle est classé en fonction du rapport précision sur complexité (qui intègre le nombre
d'inconnues du problème et le temps de calcul). Plus on cherche à gagner en précision, plus la
complexité du modèle devient grande et plus les temps de calcul deviennent exorbitants. Selon le but
recherché, un ou plusieurs modèles de propagation peuvent devenir intéressants. La résolution de
problèmes d'ingénierie tels que la prédiction de la perte de propagation dans un environnement
terrestre nécessite donc des modèles simples donnant un résultat rapidement, au prix d'une perte de

A. Boyer 105
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

précision. La figure 90 présente une classification des méthodes de modélisation en fonction de leur
complexité et de leur précision.
Le canal radioélectrique est difficile à modéliser du fait de la complexité des phénomènes
agissant sur le signal au cours du temps. Ainsi, la prédiction exacte de l'atténuation du signal produite
par l'ensemble des phénomènes physiques d'interaction onde-matière (réflexion, diffraction, diffusion
…) nécessite la résolution des équations de Maxwell (avec plus ou moins d’approximations). Leur
cadre est généralement limité à des cas canoniques. Bien qu'elles fournissent des résultats d'une grande
précision, leur résolution reste difficile. La résolution exacte est généralement limitée à des cas
simples. Elle fait généralement appel à des méthodes de résolution numériques (ou discrètes) :
méthode des moments, volumes finis, FDTD… Ces méthodes font appel à un maillage volumique ou
surfacique des objets, qui conduit à générer des problèmes avec un très grand nombre de variables.
Leur utilisation pour la prédiction de l’atténuation d’une onde électromagnétique dans un
environnement terrestre n’est pas adaptée en raison du trop grand nombre de variables. Elles restent
cantonnées à la modélisation de petits environnements indoor.
théoriques discrètes mixtes empiriques
Exactes Statistiques
Plus précises mais Moins précises
moins rapides mais plus rapides

Figure 90 – Classification des modèles de propagation

De l'autre côté de l'échelle de la complexité, les méthodes empiriques fournissent des


équations simples, issues de mesures ou d'une analyse empirique des phénomènes de propagation. LA
figure ci-dessous décrit le principe d'utilisation de ce type de modèle. Ils réutilisent généralement
l’atténuation géométrique d’une onde électromagnétique (atténuation en 1/rn, où n >= 2), avec une
dépendance en fonction de la fréquence et un nombre réduits de variables (par exemple, la hauteur
moyenne des antennes, des obstacles…). Ces modèles se présentent comme des équations analytiques,
dont les coefficients peuvent être ajustés après des campagnes de mesure sur terrain. En général, avant
chaque utilisation, ces modèles doivent être recalibrés par mesures sur terrain pour réajuster les
coefficients du modèle. La précision de ces modèles est de quelques dB, mais leur avantage est leur
simplicité d’utilisation lors d’estimation de portée et leur déconnexion de l'ensemble des phénomènes
physiques jouant sur la propagation des ondes électromagnétiques. Les inconvénients sont la forte
dépendance aux environnements dans lesquels les mesures ont été effectuées et la nécessité de
recalibration du modèle dans l’environnement à étudier pour assurer une précision suffisante.
L’ITU recense plusieurs types de modèles empiriques. Nous en présenterons plusieurs dans la
suite de ce chapitre.
modèle de terrain
Paramètres d’entrée
• fréquence
• distance
• polarisation Atténuation
• hauteur Modèle statistique
d ’antennes moyenne, fading
• conductivité du sol
• climat (à valider sur
... le terrain)
Mesures de calibrage

Figure 91 – Principe d'utilisation d'un modèle de propagation empirique

Enfin, les méthodes mixtes combinent modèles numériques (prise en compte du profil et des
caractéristiques de terrain) et modèles empiriques ou semi-empiriques pour déterminer rapidement et
avec une bonne précision l’atténuation dans un environnement complexe. Ce type de méthode
nécessite des modèles numériques de terrain et sont utilisées dans les outils de planification radio.

A. Boyer 106
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

A noter que ces méthodes restent purement déterministes, alors que l‘environnement
radiofréquence dans un milieu terrestre est très aléatoire (phénomènes de fading lent et rapide).
L'introduction de variables aléatoires devient nécessaire dès lors que l'on souhaite déterminer les
marges de protection contre les phénomènes de fading.

Forme d'un modèle empirique classique :


Les modèles empiriques ont l’avantage d’être simple et de faiblement dépendre des
caractéristiques d’un site. C’est pourquoi ils sont couramment employés pour les communications
cellulaires pour une première estimation de la perte de propagation. Leur forme générale la plus simple
est donnée par l'équation ci-dessous. L'atténuation ne dépend que de la distance de séparation à
l'antenne d'émission. Elle est inversement proportionnel à une puissance de la distance, la puissance
étant généralement supérieure à 2. Attention aux limites de validité des modèles empiriques (plage de
fréquence, hauteur, distance, type d’environnement …).
 d 
L(dB ) = L0 + 10n. log  Équation 168
 d0 
Avec :
Lo (dB) : la perte de propagation moyenne à une distance de référence d0
d0 (m) : distance de référence
d (m) : distance de calcul
n : exposant de la perte de propagation (n=2 en espace libre, n>2 dans un environnement terrestre).
Ce coefficient est généralement extrait par régression linéaire à partir de mesures sur terrain.

III. Modèles pour environnement extérieur


Dans cette partie est proposée une liste non exhaustive de modèles théoriques ou empiriques
adaptés aux environnements extérieurs.

1. Propagation en espace libre - ITU-R P.525.2


L’atténuation en espace libre n’est valable en pratique que dans quelques cas : communication
en espace libre avec visibilité directe et dégagement du premier ellipsoïde de Fresnel, communication
intersatellites. Le modèle de Friis apparaît sous le nom ITU-R P.525-2. L’ITU-R produit un très grand
nombre de recommandations techniques et opérationnelles sur différents aspects liés aux
radiocommunications, qui sont ensuite réutilisées par les différentes instances de normalisation
(comme l’ETSI au niveau européen). La transmission en espace libre conduit à un affaiblissement
géométrique dépendant uniquement de la fréquence f et de la distance d, qui peut prendre la forme
suivante lorsqu'on exprime la perte de propagation en dB.
L(dB ) = 32.4 + 20 log(d km ) + 20 log( f (MHz )) Équation 169

2. Diffraction - modèle de terrain ITU


Il s’agit d’un modèle de propagation théorique qui donne la perte de propagation moyenne
lorsqu’un obstacle obstrue la ligne de visibilité directe. Il est basé sur la théorie de la diffraction. Il est
valide quelque soit le terrain, la distance et la fréquence. On considère une obstruction de la ligne de
visibilité directe autour du milieu de la liaison, comme le montre la figure ci-dessous. L'atténuation
supplémentaire Ldiff apportée par l'obstacle se calcule à l'aide de l'équation 170.

A. Boyer 107
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Premier ellipsoïde de Fresnel


Antenne 1 Antenne 2
LOS
Rf
hL

ho
Obstacle
d1 d2
ho : hauteur de l’obstacle
hL : hauteur de la ligne LOS h = hL − h0
h : différence de hauteur

Figure 92 – Diffraction par un obstacle en condition de visibilité directe

Ldiff (dB ) = 310 − 20


h
Équation 170
Rf
Avec :
Rf (km) : le rayon du premier ellipsoïde de Fresnel, qui peut aussi se calculer selon l'équation
d1 d 2
R f = 17.3
f (d1 + d 2 )
d1 et d2 (kms) : distance antennes-obstacle
f (GHz) : fréquence

Lorsqu’il y a plusieurs obstacles, cette méthode peut être étendue, où la perte totale liée aux
diffractions est la somme de chaque diffraction. Bien que simple, cette méthode donne généralement
des résultats “optimistes” car elle considère des obstacles en “lame de couteaux” et ne prend pas en
compte le volume de l’obstacle. La méthode dite “Round Mask” fait une approximation circulaire
volumique sur la cime des obstacles. Cette méthode est recommandée par ITU-R P.526-5. Dans le cas
d’obstacles multiples, la méthode “Cylinder” est une généralisation de la méthode “Round Mask”.
Dans le cas d'une propagation en non-visibilité directe, le modèle Deygout94 peut s'appliquer.
On considère que le sommet des obstacles se comportent comme des arêtes de faible épaisseur
(« knife-edge obstacle »). L’effet des obstacles peut se simplifier à une diffraction par chacune des
arêtes du bâtiment. L'approximation de la perte liée à la diffraction est donnée par l'équation ci-
dessous.
Ellipsoïde de Fresnel
Antenne 1 r Antenne 2
h
Obstacle

d1 d2

Figure 93 – Diffraction par un obstacle en condition de non-visibilité directe

Ldiff = 6.9 − 20 log 0.1 − v + 1 + (v − 0.1) 


2
Équation 171
 
Avec :
h
v= 2
Rf

A. Boyer 108
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

3. Réflexion par un sol conducteur - modèle à deux rayons


Voici un exemple de modèle analytique, permettant de déterminer la perte de propagation
entre 2 antennes en visibilité directe, placée au dessus d’un sol homogène, parfaitement plat, sans
aspérités, et conducteur. La réflexion de l’onde électromagnétique sur le sol conduit à l’apparition
d’une onde réfléchie qui va interférer avec l’onde directe, et donc modifier la puissance reçue en
fonction de la fréquence, de la distance de séparation et de la hauteur des antennes.
Ce modèle part du principe qu’un plan conducteur se comporte comme un plan miroir, c'est-à-
dire que tout se passe comme si une deuxième antenne virtuelle, symétrique par rapport à l'antenne
émettrice par rapport au plan conducteur, émettait en phase avec l'antenne émettrice. Ce type de
modèle trouve rapidement ses limites lorsque le sol n’est pas plat, la conductivité inhomogène ou
lorsqu’il comporte des aspérités. De plus, il ne prend pas en compte la présence d’obstacles. Le calcul
exact de l'atténuation de parcours est donnée par l'équation 172.
Tx
D
Rx Rx
H1
H2
θ θ
Courant de surface Antenne virtuelle
sol sol
d
Figure 94 – Réflexion d'une onde électromagnétique par un sol conducteur
2
e − jβD
Lrefl
P
= Rx ≈
PTx 2βD
(
× GTx + G Rx × (Γ + (1 − Γ ) A)e − jφ ) Équation 172

Avec :
GTx, GRx : terme tenant compte du diagramme de rayonnement des antennes Tx et Rx le
long des rayons direct et réfléchi
Γ : coefficient de réflexion du sol
A : contribution des ondes de surface
β : constante de phase β = 2π = 2πf , c = 3.10 8 m / s dans l ' air
λ c
Φ: déphasage du rayon réfléchi par rapport au rayon direct φ = β × (R − D )

 H + H2 
2

Les grandeurs géométriques sont données par : θ = arctan 1  ,


 d 
D = d 2 + (H 1 − H 2 ) , R = d 2 + (H 1 + H 2 ) .
2 2

Le coefficient de réflexion du sol dépend des caractéristiques électriques du sol, de l'angle


d'incidence de l'onde et de sa polarisation, comme le montre l'équation ci-dessous.
sin θ − X
2
Γ(θ ) = Équation 173
sin θ + X
Avec :
ε g − cos 2 θ
Pour une polarisation verticale X =
εg
Pour une polarisation horizontale X = ε g − cos 2 θ

A. Boyer 109
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

εg : permittivité électrique complexe relative du sol ε g = ε r − j σ , avec εr la


ε 0 2πf
permittivité électrique relative du sol (compris entre 3 et 25 selon l'humidité du sol), f la
fréquence et σ la conductivité du sol (compris entre 0.0001 et 0.005 S/m suivant l’humidité
du sol).
La contribution des ondes de surface dépend de la fréquence, des caractéristiques électriques
du sol, de la polarisation et de l'angle d'incidence.
−1
A= Équation 174
1 + jβ d ( X + sin θ )
2

Ce modèle peut néanmoins être simplifié dans le cas d'un rayon rasant, c'est-à-dire θ petit et d
≈ D ou d >> H1 et H2. Dans ces conditions, on a : Γ≈ -1 et A ≈ -1/(jβdX)². L'atténuation de parcours
peut se calculer selon les deux équations ci-dessous, selon le degré de simplification.
2
1
H 1 H 2 (β X )2
2 2
H1 H 2
Lrefl ≈ + Équation 175 Lrefl ≈ Équation 176
d2 d2 d4

Figure 95 – Comparaison de différents modèles pour la prise en compte de la réflexion par un sol
conducteur (F = 2000 MHz, HTx = 10 m, HRx = 1.8 m, GTx = GRx = 0 dBi, εr = 15, σ = 0.005 S/m)

4. Modèle Okumura-Hata - COST231-Hata


Le modèle Okumura-Hata est un modèle empirique “classique” pour les environnements
extérieurs macro-cellulaires, avec visibilité directe. Initialement conçu pour la bande de fréquence 100
– 1500 MHz par M. Hata dans les années 60 et ajusté à Tokyo, il a été réutilisé par le groupe de travail
COST231 pour le dimensionnement de réseaux cellulaires de 2e génération. Ces dernières années, il a
été étendu à la bande 1500 – 2000 MHz par les travaux du COST231 pour couvrir la bande UMTS.
Soit 2 antennes surélevées en visibilité directe. Les phénomènes de masquage et de réflexion
ne sont pas pris en compte. La formule est basée sur la perte de propagation en espace libre entre 2
points corrigées par un facteur de correction. Les 4 paramètres d'entrée du modèle sont :
f : fréquence (en MHz) entre 150 et 1500 MHz
d : distance en km entre émetteur et récepteur, de 1 à 20 km
Hb : hauteur en m de l’émetteur, de 30 à 300 m

A. Boyer 110
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Hm : hauteur en m du récepteur, de 1 à 20m

Le modèle Okumura-Hata, valide pour les environnements urbains sur la bande 100 - 1500
MHz, est donné par l'équation ci-dessous. Le facteur de correction A dépend de la hauteur du mobile,
de la fréquence et du type d'environnement (sa densité en obstacles).

Lu (dB ) = 69.55 + 26.16 log( f ) − 13.82 log(H b ) − A(H m ) + (44.9 − 6.55 log(H b )) × log(d ) Équation 177

 A(H m ) = (1.1 log( f ) − 0.7 ) × H m − (1.56 log( f ) − 0.8) ville de petite et moyenne taille

 A(H m ) = 8.29(log(1.54 H m )) − 1.1 ville de grande taille, f < 200 MHZ
2

 A(H ) = 3.2(log(11.75H ))2 − 4.97 ville de grande taille, f > 200 MHZ
 m m

Pour les zones suburbaines et rurales très dégagées, le modèle prend la forme ci-dessous.
2
  f 
Lsu (dB ) = Lu − 2 ×  log   − 5.4 Équation 178
  28  
Lr (dB ) = Lu − 4.78 × (log( f )) + 18.33 × (log( f )) − 40.94
2
Équation 179

Ce modèle initial a été réutilisé par le groupe travail COST231 en charge de l'élaboration de
modèle de propagation pour la planification de réseaux cellulaires. Ci-dessous est présentée l'évolution
du modèle proposée par l'ITU-R pour les bandes 900/1800 MHz (2G, 3G, 4G). Les stations de base
sont supposées être au-dessus des toits.

Lu (dB ) = 69.55 + 26.16 log ( f ) − 13.82 log (H b ) − A(H m ) + (44.9 − 6.55 log (H b )) × log (d ) − B Équation 180

avec A(H m ) = (1.1 log( f ) − 0.7 ) × H m − (1.56 log( f ) − 0.8) et B un facteur de correction
prenant en compte le pourcentage de surface couvert par les bâtiments et exprimé en %.
B = 30 − 25. log(Building _ Area % ) . Les 4 paramètres d'entrée du modèle sont :
f : fréquence (en MHz) entre 150 et 1500 MHz
d : distance en km entre émetteur et récepteur, de 1 à 20 km
Hb : hauteur en m de l’émetteur, de 30 à 200 m
Hm : hauteur en m du récepteur, de 1 à 10m

Le modèle COST231-Hata permet une extension sur la bande 1500-2000 MHz pour prendre
en compte les bandes UMTS. Le coefficient de correction A conserve la même valeur que
précédemment. Seul un nouveau paramètre CM apparaît : il est égal à 0 dB pour les petites et
moyennes villes, et à 3 dB pour les grandes villes.

Lu (dB ) = 46.3 + 33.9 log ( f ) − 13.82 log (H b ) − A(H m ) + C M + (44.9 − 6.55 log (H b )) × log (d ) Équation 181

A. Boyer 111
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Figure 96 – Modèle Okumura-Hata (F = 900 MHz, Hb = 50 m, Hm = 5 m)

5. Modèle ERCEG
Le modèle Okumura-Hata présente une limitation : il n'est pas adapté aux cas où les antennes
sont situées sous le niveau des toits et pour les environnements montagneux. De plus, il n'est valable
que jusqu’à 2 GHz. Le modèle présenté ERCEG est adapté pour les 3 environnements suivants :
type A : terrain montagneux couvert de forêts de moyenne et forte densité, avec une forte
atténuation
type B : environnement intermédiaire entre le type A et le type C
type C : plaine à faible couverture de végétation.
Pour une fréquence comprise entre 800 et 3700 MHz et une hauteur de mobile < 2 m, le
modèle ERCEG prévoit une atténuation de parcours donnée par l'équation ci-dessous.
 d 
L = A + 10γ . log  + s, d > d 0 Équation 182
 d0 
A : pertes de propagation en espace libre
d : distance en km (compris entre 0.1 et 8 km)
d0 : distance de référence (0.1 km)
S : pertes de masquage ( 8 – 11 dB)
 c 
Le coefficient γ dépend du type d'environnement γ =  a − bH b +  , avec Hb compris
 H b 

entre 10 et 80 m.
Type A (montagneux et forte Type B (montagneux et faible densité Type C (plat et faible densité
densité d’arbre) d’arbre, ou plat et forte densité d’arbre) d’arbre)
A 4.6 4 3.6
B 0.0075 0.0065 0.005
C 12.6 17.1 20

A. Boyer 112
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

6. Modèle Walfish-Bertoni - COST231-Walfish-Ikegami


Le modèle Walfish-Bertoni (ainsi que le modèle d’Ikegami) ont été développé à partir de
campagnes de mesures faites à Stockholm afin de prédire la perte de propagation dans un
environnement urbain, avec des antennes d’émission et de réception placées sous les toits. Dans ce
cas, la propagation des ondes est dominé par les multiples diffractions par les arêtes des bâtiments. On
considère :
Un milieu urbain homogène (généralisation géométrique)
L’antenne Tx peut être en dessus ou en dessous des toits
L’antenne Rx est entre 2 bâtiments et n’est pas en visibilité directe de Tx
Chaque immeuble est un écran absorbant/diffractant

Diffraction
Multiple diffraction
HTx (m)
b (m)

s (m) HRx (m)

d (km)
 b − Hm 
θ θ = arctan 
b (m)  W 
w (m) HRx
1 s

Figure 97 – Réception en condition NLOS - Modèle Walfish-Bertoni

L'amplitude moyenne du signal subit une atténuation donnée par l'équation ci-dessous :
 17 H Tx + d 2 
L = − L0 − LE1 − L E 2 − 18 log 
 Équation 183
 17 H Tx 
L0 : perte de propagation en espace libre L0 (dB) = 32.4 + 20 ⋅ log(d (km )) + 20 ⋅ log( f (MHz ))
LE1 : terme lié aux pertes dues à la diffraction sur les toits
 GRx (θ ) 1  
2
1
LE1 = −10 log ×  − 
 πβ (b − H )2 + W 2  θ 2π + θ  
 Rx 
LE2 : terme lié à l’absorption de l’onde par les bâtiments L E 2 = −10 log(GTx Q 2 )
Si l'antenne d'émission est au dessus des bâtiments (HTx < b),
  
0.9
s  . Sinon,  H Tx  s  .
1000d − s  1 1  Q = 2.35 arctan  
Q=
2   (b − H Tx 

 (b − H Tx     1000d  λ 
2πβ (b − H Rx ) + s  arctan  2π + arctan
2

  s   s 
La figure ci-dessous présente un exemple de calcul de l'affaiblissement de parcours en
fonction de la hauteur de l'antenne d'émission à partir du modèle précédent. Il est clair que
l'affaiblissement de parcours est accru dès lors que la liaison s'effectue en condition NLOS.

A. Boyer 113
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

100 MHz

900 MHz

NLOS LOS

1800 MHz

2100 MHz

Figure 98 – Evolution de l'affaiblissement de parcours en fonction de la hauteur de l'antenne d'émission :


modèle Walfish-Bertoni, d = 1 km, HRx = 2 m, b = 20 m, s = 40 m, w = 20 m, GTx = 9 dBi, GRx = 0 dBi

Le groupe de travail COST231 a repris ce modèle et l'a fusionné avec le modèle d'Ikegami, en
vue d’un modèle de propagation pour environnement urbain avec antennes sous les toits. Ce modèle,
appelé COST231 - Walfish-Ikegami prend en compte les propriétés de diffraction et de réflexion par
les bâtiments, ce qui lui permet d’offrir une bonne précision. Seul l’effet de guide d’onde par des
bâtiments rapprochés n’est pas pris en compte. Il est adapté aux environnement macro, micro et
picocellulaires (valable à partir de 20 m), au cas LOS et NLOS. Il prend en compte les hauteurs et
séparations moyennes des bâtiments, ainsi que les largeurs moyennes des rues, ce qui en fait un
modèle statistique.
Le modèle est complexe et n'est pas décrit ici. La figure ci-dessous compare les atténuations
de parcours dans une grande ville prévus par le modèle de Friis (espace libre), le modèle COST-231 -
Hata et le modèle COST231 - Walfish-Ikegami, dans le cas où les antennes d'émission et de réception
sont situées sous les toits (hauteur des toits Hroof).

Figure 99 – Comparaison des modèle de Friis, COST231-Hata et COST231-Walfish-Ikegami : Grande


ville, F = 2000 MHz, Hb = 15 m, Hm = 1.8 m, Hroof = 30 m, w =10 m, s = 15 m
En milieu urbain, lorsque l’antenne de la station de base est situé sous le niveau des toits et
que les puissances d’émission sont faibles, la zone couverte est appelée microcellule. Si le mobile est
en visibilité directe, le trajet direct est prépondérant devant les diffractions et le réflexions. Dans ce
cas, l'atténuation de parcours prévue par le modèle COST231-Walfish-Ikegami est donnée par
l'équation ci-dessous. Ce modèle est valide pour des distances supérieures à 20 m et des fréquences

A. Boyer 114
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

comprises entre 800 MHz et 2 GHz. Si le mobile n’est pas dans la même rue, comme celle-ci joue le
rôle de guide d’onde, il est proposé de manière empirique de retrancher 20 dB à chaque coin de rue.

L = 42.6 + 20 × log( f (MHz )) + 26 × log(d (km)) Équation 184

7. Modèle empirique pour la 4G - 3GPP TR 36.942 (v8.2.0)


Les travaux du groupe COST231 ont été motivé par le développement de la téléphonie mobile
et ont servi aux dimensionnements des réseaux de 2e génération. Le groupe de travail 3GPP en charge
de l'élaboration des spécifications techniques de la téléphonie de 3e et 4e génération a repris le
flambeau et élabore des modèles de propagation empiriques, adaptés aux bandes de fréquences de ces
la téléphonie 4G (bien qu'elles soient aussi sur la bande UHF) et aux conditions de fonctionnement. Le
modèle proposé dans la spécification 3GPP TR 36.942 est adaptée aux environnements
macrocellulaires urbains, suburbains et ruraux pour la téléphonie 4G. La bande de validité du modèle
va de 800 à 2600 MHz. Celui-ci considère des hauteurs de bâtiments uniformes. L'équation ci-dessous
donne l'atténuation de parcours moyenne prévue par ce modèle pour les environnements
macrocellulaires urbains et suburbains.
Lu (dB ) = 40.(1 − 0.004 H b )log (d ) − 18 log(H b ) + 21log ( f ) + 80 + S Équation 185

f : fréquence (en MHz)


d : distance en km entre émetteur et récepteur, quelques centaines de mètres à plusieurs
kms. Faible précision du modèle à petite distance.
Hb : hauteur en m de l’émetteur, de 0 à 50 m
S correspond à la variabilité par les pertes de masquage (log-normally distributed
shadowing). Une valeur de 10 dB est suggérée.

L'équation 186 donne l'atténuation de parcours moyenne prévue par ce modèle pour les
environnements macrocellulaires ruraux.

L r (dB ) = 69.55 + 26 .16 log ( f ) − 13 .82 log (H b ) + (44 .9 − 6.55 log (H b )) log (d ) − 4.78(log ( f ))
2
Équation 186
+ 18 .33 log ( f ) − 40 .94 + S

f : fréquence (en MHz)


d : distance en km entre émetteur et récepteur, quelques centaines de mètres à plusieurs
kms. Faible précision du modèle à petite distance.
Hb : hauteur en m de l’émetteur, de 0 à 50 m
S correspond à la variabilité par les pertes de masquage (log-normally distributed
shadowing). Une valeur de 10 dB est suggérée.

IV. Modèles pour environnement intérieur


La modélisation de la propagation des ondes électromagnétiques à l’intérieur de bâtiment est
difficile en raison de la forte atténuation par les murs, cloisons, plancher … (voir partie I.5 pour les
valeurs typiques d'atténuation apportée par les matériaux de construction), la présence importante
d’obstacles (mobilier) et de personnes en mouvement donnant naissance à des modes de propagation
complexes, et la propagation guidée par les couloirs. Deux problématiques sont associées aux modèles
empiriques indoor :

A. Boyer 115
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Prévoir la pénétration des ondes EM dans un bâtiment (modèle outdoor to indoor)


Prévoir la propagation des ondes EM à l’intérieur d’un bâtiment

Dans cette partie est proposée une liste non exhaustive de modèles théoriques ou empiriques
adaptés aux environnements extérieurs.

1. Modèles indoor du projet COST231


Le projet européen COST231 a développé plusieurs modèles empiriques simples pour les
pertes de propagation en environnement indoor : le modèle d'atténuation linéaire et le modèle dit
« one-slope ».

a. Modèle d’atténuation linéaire


Ce modèle ajoute un affaiblissement supplémentaire à l’espace libre qui dépend linéairement
de la distance r. L'équation ci-dessous présente ce modèle.
L P (dB ) = L P 0 (r ) + β r Équation 187

Lp0(r) les pertes en espace libre


β coefficient d’atténuation linéaire empirique (dB/m)
r distance émetteur-récepteur (m)
Environnement β (dB/m) @ 1.8 GHz
Dense – 1 étage 0.62
Dense – N étages 2.8
Ouvert 0.22

b. Modèle « one-slope »
Le modèle « one-slope » reprend les pertes en espace libre à 1 mètre et recale son modèle avec
l’ajout d’une constante empirique et un coefficient d'affaiblissement en fonction de la distance. Le
tableau ci-dessous donne des valeurs typiques à 1.8 GHz.
LP (dB ) = L0 (r = 1m ) + 10 N log (r ) Équation 188

L0(r=1m) les pertes à 1 m


N Coefficient d'affaiblissement en fonction de la distance
Environnement L0(r=1m) (dB) N
Dense – 1 étage 33.3 4
Dense - 2 étages 21.9 5.2
Dense – N étages 44.9 5.4
Ouvert 42.7 1.9
Couloir 39.2 1.4

2. Modèle empirique Multiwall


Ce modèle ajoute aux pertes en espace libre les pertes induites par la traversée des murs et des
planchers par l’onde électromagnétique. Seul un trajet direct est pris en compte. On considère les 2
types de murs suivants :
Type 1 - Mur fin : épaisseur < 10 cm, plastique, Plaque de bois ou placo-plâtre

A. Boyer 116
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Type 2 - Mur épais : épaisseur > 10 cm, brique, béton


 K f +2 
wall types  −b 
L (dB ) = L0 + LC +
 K f +1 
∑K
i =1
Wi LWi + K 
f

Lf Équation 189

Lc : constante de pertes (dB), extrait par mesures sur terrain, proche de 0


Kwi : nombre de murs de type i pénétrés
Lwi : pertes associées à la traversée des murs de type i
Kf : nombre de planchers traversés
Lf : pertes associées à la traversée d’un plancher
Le tableau ci-dessous donne des valeurs typiques pour ces différents coefficients à 1.8 GHz.

Environnement Lw1 (dB) Lw2 (dB) Lf (dB) b


Dense 3.4 6.9 18.3 0.46
Ouvert 3.4 6.9 18.3 0.46
Couloir 3.4 6.9 18.3 0.46

3. Modèle Motley-Keenan
Ce modèle ajoute aux pertes en espace libre les pertes induites par la traversée des murs et des
planchers par l’onde électromagnétique. Seul un trajet direct est pris en compte. Cependant, ce type de
modèle (comme les précédents) est spécifique à un site donné et ne prend pas en compte l'effet des
ouvertures (portes, fenêtres). Les pertes typiques provoquées par la traversée des murs, cloisons et
planchers sont données à la partie I.5.
L (dB ) = L0 + N Wall Lwall + N floor L floor Équation 190

Lo : pertes en espace libre


Nwall : nombre de murs traversés
Lwall : pertes (dB) par murs traversés, dépend de la nature du matériau (10 – 20 dB)
Nfloor : nombre de planchers traversés
Lwall : pertes (dB) par planchers traversés, dépend de la nature du matériau (10 – 30 dB)

4. Modèle ITU-R indoor P.1238


Ce modèle considère les pénétrations inter-étages. Il propose une approche un peu différente
du modèle Motley-Keenan. En effet, un coefficient d'affaiblissement en fonction de la distance est
ajouté et s’intègre dans l’équation des pertes de propagation. Comme dans l’approche de Motley
Kennan, ce modèle garde aussi une notion de traversée de paroi mais uniquement pour les dalles inter
étage. Ce modèle est valide pour des distances d > 1 mètre, la traversée de 1 à 3 étages et une
fréquence comprise entre 900 et 5200 MHz.
L (dB ) = 20 log ( f ) + N . log (d ) + L f (n ) − 28 Équation 191

f : fréquence en MHz
d : distance en m (d > 1 m)
N : coefficient d’affaiblissement en fonction de la distance d
Lf : coefficient d’affaiblissement dû à la pénétration inter-étage
n : nombre d’étages entre l’émetteur et le récepteur, compris entre 1 et 3

A. Boyer 117
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

5. Modèle de pénétration extérieur - intérieur COST231


La pénétration d’une onde électromagnétique dans un bâtiment dépend du type de bâtiment, de
l’environnement alentour, de la fréquence, des matériaux, de l’angle d’incidence. Le modèle
COST231 indoor considère un lien en visibilité directe avec une composante indoor.
L (dB ) = 32.4 + 20 log ( f ) + 20 log (S + d ) + Lindoor Équation 192

f : fréquence en MHz
d : distance parcourue en indoor, en m
S : distance parcourue en outdoor, en m
Lindoor : pertes supplémentaires en indoor
θ : angle d’incidence

Les pertes introduites par le passage en environnement indoor sont données par l'équation ci-
dessous.
Lindoor (dB ) = Le + Lge (1 − sin θ ) + max (L1 , L2 )
2
Équation 193

Le : pertes de pénétration par le premier mur sous incidence normal


Lge : pertes additionnelles liées à l’angle d’incidence,
L ge (1 − sin θ ) ≈ 0.55 L ge si L ge est inconnu
2

L1 : pertes supplémentaires liées à la traversée de murs dans le bâtiment, L1 = N wall Lwall


L2 : pertes supplémentaires liées à la traversée d’un couloir dans le bâtiment,
L2 = α (d − 2 )(1 − sin θ ) , α ≈ 0.6dB / m
2

Matériau Fréquence Le Lge L1


Bois 900 MHz 4 4 4
Béton + fenêtre 1.8 GHz 7 20 10
Résidentiel 2.5 GHz 6.2 10 3

Dans un environnement résidentiel, la perte de pénétration dans un bâtiment est de l’ordre de


10-15 dB, +/- 6 dB. Ces pertes sont plus importantes dans des environnements urbains en raison de la
présence de béton armé dans les murs, de la présence de vitre athermique et de la présence éventuelle
de hauts bâtiments aux alentours. La pénétration dans les véhicules s’accompagne d’une perte

A. Boyer 118
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

moyenne de 8 dB +/- 3 dB. Dans ce type d'environnement semi-fermé par des parois métalliques, des
phénomènes de résonances de cavité peuvent induire de fortes augmentations ou diminutions locales
du champ électromagnétique.

A. Boyer 119
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Références

[ANFR] « Guide Technique – Modélisation des Sites Radioélectriques et des Périmètres de Sécurité
pour le Public », version 2, 22 février 2008, ANFR, www.anfr.fr
[Boyer] A. Boyer, Cours de Canaux de Transmission Bruités, disponible en ligne sur
http://www.alexandre-boyer.fr
[Brzeska] M. Brzeska, G. A. Chakam, « Modelling of the coverage range for modern vehicle
access systems at low frequencies », 37th European Microwave Conference, October 2007,
Munich, Germany
[Chen] Z. N. Chen, K. M. Luk, « Antennas for Base Stations in Wireless Communications »,
MacGraw Hill, 2009, 978-0-07-161289-0
[Ciais] P. Ciais, R. Staraj, G. Kossiavas, C. Luxey, « Design of an Internal Quad-Band Antenna for
Mobile Phones », IEEE Microwave and Wireless Components Letters, vol. 14, no 4, p. 148-
150, April. 2004.
[Combes] P. F. Combes, « Micro-ondes tome II – Circuits passifs, propagation, antennes »,Dunod,
1997, 2-10-002753-0
[Dobkin] D. M. Dobkin, « The RF in RFID – Passive UHF RFID in Practice », Newness, 2008, 978-
0-7506-8209-1
[Godara] L. C. Godara, « Handbook of Antennas in Wireless Communications », CRC Press, 2001,
978-0849301247
[Hill] D. A. Hill, « Electromagnetic Fields in Cavities – Deterministic and Statistical Theories »,
Wiley, 2009, 978-0-470-46950-5
[Lee] W. C. Y. Lee, « Mobile Communications Design Fundamentals», 1993, Wiley
[Lo] Y. T. Lo, S. W. Lee, « Antenna Handbook – Volume II – Antenna Theory », Van Nostrand
Reinhold, 1993, 0-442-01593-3
[Luxey] C. Luxey, R. Staraj, G. Kossiavas, A. Papiernik, « Antennes Imprimées – Bases et Principes
», Techniques de l’ingénieur, n° E3310
[Sainati] R. A. Sainati, « CAD of Microstrip Antennas for Wireless Applications », Artech House,
1996, 0-89006-562-4
[Scholz] P. Scholz, Basic Antennas Principles for Mobile Communications, Kathrein,
http://www.kathrein.pl/down/BasicAntenna.pdf
[Siwiak] K. Siwiak, Y. Bahreini, « Radiowave Propagation and Antennas for Personal
Communications – 3rd Edition », Artech House, 2007, 978-1-59693-073-5
[Sizun] H. Sizun,, « Propagation des Ondes Radioélectriques des Réseaux Terrestres », Techniques
de l’ingénieur, n° E1162
[Skrievervik] A. K. Skrievervik, J. F. Zürcher, O. Staub, J. R. Mosig, “PCS Antenna Design: the
Challenge of Miniaturization”, IEEE Antenna and Propagation Magazine, vol. 43, no 4,
August 2011.
[Waterhouse] R. Waterhouse, « Printed antennas for Wireless Communications », Wiley, 2007, 978-0-470

A. Boyer 120
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Annexe A – Rappel sur les unités

Le passage en dB correspond au rapport d’une grandeur (puissance, tension …) avec une


grandeur de référence, placé sur une échelle logarithmique. Dans le cas où il s’agit d’un rapport entre
une puissance P1 et une puissance de référence P0, on utilise l’équation 194. Dans le cas où il s’agit
d’un rapport entre une tension V1 et une tension de référence V0, on utilise l’équation 195.
P 
X (dB) = 10 log( x) = 10 log 1  Équation 194
 P0 
V 
X (dB) = 20 log( x) = 20 log 1  Équation 195
 V0 
L’intérêt d’une représentation logarithmique réside dans la possibilité d’additionner les
affaiblissements et les gains au lieu de multiplier les rapports de puissance. De plus, elle permet de
représenter une très grande dynamique au niveau des amplitudes.
En pratique, on indique parfois l’unité des grandeurs du rapport. Il n’est pas rare de trouver
des dBV, des dBmW, des dBV/m … Il s’agit toujours de nombres sans unité, mais correspondant à un
rapport entre 2 grandeurs exprimées dans l’unité qui est ajoutée au dB. Par exemple, les équations 196
et 197 donnent les formules de calcul de rapports exprimés en dBV et dBW.
V 
V ( dBV ) = 20 × log   Équation 196
 1V 
 P 
P(dBW ( ) = 10 × log  Équation 197
1W 

Volts dBV Watts dBW


1000 60 1000 30
100 40 100 20
10 20 10 10
1 0 1 0
0.1 -20 0.1 -10
0.01 -40 0.01 -20
0.001 -60 0.001 -30

Figure 100 – Conversion V-dBV et W-dBW


En télécommunications, les signaux reçus sont en général très faibles et les microvolts (µV) et
milliwatts (mW) sont les unités les plus courantes. Il est courant de rencontrer des rapports exprimés
en dBµV et dBmW ou dBm (équations 198 et 199).

A. Boyer 121
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

 V ( µV ) 
V (dBµV ) = 20 × log 
 1 µV  Équation 198
 V (V ) 
V (dBµV ) = 20 × log − 6  = 20 log(V (V ) ) + 120 = V (dBV ) + 120
 10 V 

 P(mW ) 
P(dBm) = 10 × log 
 1 mW  Équation 199
 P (W ) 
P(dBm) = 10 × log −3  = 10 log(P (W ) ) + 30 = P(dBW ) + 30
 10 W 

Volts dBµV mW dBm


1 120 1000 30
0.1 100 100 20
0.01 80 10 10
0.001 60 1 0
0.0001 40 0.1 -10
0.00001 20 0.01 -20
0.000001 0 0.001 -30

Figure 101 – Conversion V-dBµV et W-dBmW

A. Boyer 122
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Annexe B – Champ proche et champ


lointain

On distingue deux régions autour d’une antenne : une zone proche appelée zone de champ
proche ou zone réactive à proximité de l’antenne, et une zone de champ lointain ou zone radiative qui
s’étend à l’infini. En champ proche, on ne peut pas parler de rayonnement électromagnétique,
puisqu’une partie importante de l’énergie électrique et magnétique n’est pas liée à une onde
électromagnétique qui se propage. En champ lointain, la partie radiative de l’énergie de l’antenne est
prédominante et on peut parler d’une onde électromagnétique sphérique qui se propage.
La limite entre zone de champ proche et zone de champ lointain est un peu floue et dépend de
la fréquence et des dimensions de l’antenne. On peut considérer qu’on est en zone de champ lointain
lorsque la plus grande dimension D de l’antenne est petite devant la distance séparant l’antenne du
point d’observation. En d’autre terme, il est difficile de différencier les contributions de chaque partie
élémentaire de l’antenne au champ produit au point d’observation. On définit la limite entre zone de
champ proche et champ lointain par les 2 critères suivants :

2D 2
R> Équation 200
λ
R > 10.D Équation 201
Il est important de noter que lorsqu’une antenne est placée dans la zone de champ proche
d’une autre antenne, un fort couplage existe entre les deux antennes (couplage électrique, assimilable à
une capacité) ou magnétique (assimilable à une inductance mutuelle) qui va contribuer à fortement
modifier les propriétés de chaque antenne (impédance, diagramme de rayonnement, fréquence de
résonance). De même, tout objet métallique placé à proximité de l’antenne va modifier ses propriétés
(par exemple le mat d’installation d’une antenne). Lors d’une installation d’antenne, il est important
d’évaluer cette modification.

A. Boyer 123
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Annexe C – Effet sur le corps humain

La proximité d’un récepteur mobile à proximité d’un corps humain pose 2 problèmes.
D’abord, le corps humain a une influence sur le diagramme de rayonnement de l’antenne de
réception :
Baisse de l’efficacité des antennes (réduction de 15 – 29 % pour un dipôle à 840 MHz, 60 –
62 % pour une boucle à 152 MHz).
Le corps humain présente une résonance à une onde polarisée verticalement pour des
fréquences comprises entre 30 et 70 MHz.

Ensuite, les rayonnements électromagnétiques non ionisants peuvent avoir un effet biologique.
Ceux-ci peuvent être absorbés plus ou moins efficacement par le corps humain et induire un
échauffement. Le corps humain peut être modélisé au premier ordre par un cylindre parcouru par des
courants en surface, à l’intérieur d’une épaisseur δ appelée épaisseur de peau :
−1 / 2
β 2  2  
δS =   εr + σ  −εr  Équation 202
 ωε 0 
 2  
ε est la constante diélectrique du corps humain égale à 64 à 100 MHz, et 43 à 1.6 GHz. Sa
conductivité électrique σ est égale à = 0.45 S/m à 100 MHz, et 1.07 à 1.6 GHz. On caractérise la
capacité du corps à absorber de l’énergie par la grandeur suivante Specific Absorption Rate (SAR). Il
s’agit du le rapport entre la quantité d’énergie dW absorbée par un élément de masse dm contenu dans
un volume élémentaire dV. Erms est la valeur efficace du champ électrique absorbé et ρ est la masse
volumique du tissu absorbant.
d dW d dW σE rms2
SAR (W / kg ) = = = Équation 203
dt dm dt ρdV ρ

Figure 102 – Simulation du champ électrique à proximité d’une personne utilisant un téléphone mobile
[source : CST]
Afin de protéger les personnes à proximité d’antennes radio, des standards régulent les valeurs
maximales de champs électromagnétiques radiofréquences auxquels les personnes peuvent être
exposées. De nombreux standards existent. Les standards européens (directive 1999/5/EC) définissent
des recommandations sur la bande 10 MHz – 300 GHz, en se basant sur un SAR < 0.08 W/kg pour un
corps entier [ANFR].

A. Boyer 124
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Fréquence (MHz) Champ électrique Champ magnétique Densité de puissance


(V/m) (A/m) (W/m²)
10 - 400 28 0.073 2
400 - 2000 1.375×f½ 0.0037×f½ f/200
2000 - 300000 61 0.16 10

Applications Champ électrique Champ magnétique Densité de puissance


(V/m) (A/m) (W/m²)
Radio FM 28 0.073 2
TV bande II (470 – 862 29 - 40 0.08 – 0.1 2.3 – 4.3
MHz)
GSM 900 - 1800 41 - 58 0.1 – 0.15 4.5 – 9
Wimax (3.5 GHz) 61 0.16 10

Prenons l’exemple des antennes de station de base. Un périmètre de sécurité doit être respecté
autour des stations de base fixes. Il convient de s’assurer qu’en dehors du périmètre de sécurité :
2
300 GHz  Ei 
∑ 

10 MHz  E i lim ite
 ≤1
 Équation 204

P=43 dBm (fort)


Gain : 15.5 dBi
Tilt = 5°
Champ < 3 V/m dans
les zones publics.

Figure 103 – Champ électrique autour d’une station de base GSM en terrasse d’immeuble (source :
www.anfr.fr)

A. Boyer 125
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Annexe D – Equations des Télégraphistes

Dans cette annexe, nous développons les différentes étapes permettant d'établir l'équation des
Télégraphistes, puis nous présentons ses solutions dans le cas d'une ligne à deux conducteurs avec des
pertes négligeables. Sa résolution va nous permettre de déterminer les tensions et courants en tout
point de la ligne. Elle nous permettra de voir l'effet des conditions d'adaptation sur la propagation du
signal et le transfert de puissance le long de la ligne.

1. Equation des Télégraphistes


Les équations des lignes de transmission ou équation des Télégraphistes sont des équations
différentielles reliant la tension et le courant en tout point d’une ligne de transmission, basées sur les
équations de Maxwell dans le cas d’une propagation d’une onde transverse électromagnétique (TEM)
guidée le long de la ligne. Ces équations vont nous servir de modèle pour une ligne à deux conducteurs
orientés selon l'axe Z. On suppose que leur section est uniforme, leur séparation petite devant la
longueur d’onde et qu'ils sont plongés dans un milieu homogène (Fig. 104). Tant que ces conditions
sont respectées, les charges et courants le long de la ligne créent des champs électriques et
magnétiques transversaux. La présence de pertes génère des champs longitudinaux. On se placera dans
un cas où les pertes restent faibles. Dans ces conditions, la répartition des champs électriques et
magnétiques respectent l'approximation quasi-TEM. Il est possible de définir la tension entre les 2
conducteurs et le courant en tout point de la ligne. Ceux-ci sont des représentations des champs E et H
existant autour des conducteurs, selon les équations 205 et 206.
x

0 L z C
y
I(z,t) C1 C1
C1 Ht
++ ++ ++

Et Et Ht
---- ---
C0
I(z,t)
C0 C0
Figure 104 – Ligne à deux conducteurs et approximation quasi-statique
C1

V ( z , t ) = − ∫ Et dl Équation 205 I ( z , t ) = ∫ H t dl Équation 206


C0 C

Dans le cadre de l'approximation quasi-TEM, il est possible de relier les tensions et les
courants à travers des équations différentielles en utilisant les équations de Maxwell. On commence
par établir la première équation à partir de la loi de Faraday. On considère ici une ligne avec un
conducteur non idéal (une conductivité σc), de longueur élémentaire dz faible devant la longueur
d’onde. Les deux termes de l'équation peuvent être développés en faisant apparaître les tensions et
courants sur la ligne et les notions de résistances r et inductances l par unité de longueur.

A. Boyer 126
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

x Conductivité métal = σc
r d r
Loi de Faraday :
∫C E dl = −µ dt ∫∫SH dS 0 dz z
y
El B
r Br B' r A' r A r A
∫ E dl = ∫ El dl + ∫ Et dl + ∫ El dl + ∫ Et dl
C
A B B' a'

r I ( z )dz I ( z )dz Et Contour C


∫ E dl = + V ( z + dz, t ) + − V (z , t ) Ht
C
σC σC
A’ B’
r
µ ∫∫ H dS = Φ = LI ( z, t )
S

I (z, t )dz dI (z , t )
V ( z + dz, t ) − V (z , t ) + 2 = −L
σC dt
dV ( z, t ) 2 I (z, t ) L dI ( z, t )
+ =−
dz σC dz dt
dV ( z , t ) dI ( z , t )
+ rI ( z , t ) = −l Équation 207
dz dt
La seconde équation est établie à partir de la loi de conservation de la charge. Bien que le
milieu entourant les 2 conducteurs soit un isolant, il n’est pas parfait et on peut le caractériser par une
conductivité σd (faible pour un bon isolant). On fait apparaître une deuxième équation différentielle
reliant la tension et le courant en un point quelconque de la ligne, à l'aide des notions de conductance g
et capacité c par unité de longueur.
x Conductivité milieu= σd

Equation de conservation de la charge : 0 dz z


y
I(z,t) +Q
dρ d V
div J = − ⇔ ∫∫ J dS = − ∫∫∫ ρdV
dt S
dt V St Sl
Jd
∫∫∫ ρdV = Q = CV (z, t )
V
-Q

∫∫ J dS = ∫∫ J dS + ∫∫ J dS
Sl St
S Conductance G :

∫∫ J dS = I (z + dz, t ) − I ( z, t ) + σ ∫∫ d
St
Et dS
∫∫ J d dS ∫∫ σ d Et dS
G= =
S St St

V (z, t ) V (z, t )
∫∫ J dS = I (z + dz, t ) − I ( z, t ) + GV (z, t )
S
dV ( z , t )
I ( z + dz , t ) − I ( z , t ) + GV (z , t ) = −C
dt

dV ( z , t )
− gV ( z , t )
dI ( z , t )
= −c Équation 208
dz dt
Récapitulons : les deux équations que nous venons d'établir relient les variations de tension et
de courant le long d'un tronçon élémentaire de ligne, à l'aide de quatre paramètres électriques. La
traduction directe de ces deux équations conduit au modèle électrique équivalent ci-dessous, qui
permet de mieux comprendre le rôle des quatre paramètres électriques : la résistance et la conductance
traduisent les pertes dans les conducteurs et dans l'isolant. L'inductance est liée au passage du courant
et la génération d'un champ magnétique autour des conducteurs ce qui produit un stockage d'énergie
magnétique. La capacité est liée à la présence de charge sur chacun des conducteurs, produisant un

A. Boyer 127
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

stockage d'énergie magnétique. Ces paramètres dépendent de la géométrie des conducteurs et des
propriétés électriques des matériaux les constituant.
Inductance
Conducteur (stockage énergie
Résistance (pertes
magnétique)
ohmiques)
I (z,t)
V (z,t) Conductance
(pertes
dz Capacité diélectriques)
(stockage énergie
électrique)
Figure 105 – Modèle électrique équivalent d'une ligne à deux conducteurs de longueur dz << λ

2. Solutions dans le domaine temporel


On considère une excitation de la ligne à deux conducteurs de forme quelconque. En reprenant
les deux équations xx et xx et en les combinant, on peut établir deux nouvelles équations
différentielles du second ordre, dites de propagation. car elles représentent la propagation d'une onde
de tension ou de courant le long de la ligne. Les solutions générales de ces deux équations sont
données en 209 et 210. Le profil temporel de la tension et du courant en tout point z de la ligne
correspond à la superposition d’ondes électromagnétiques progressives et rétrogrades, se déplaçant
dans deux directions opposées à la vitesse v = 1/√(lc).
dV (z , t ) dI ( z, t ) d 2V ( z, t ) d 2V ( z, t ) 2 d V ( z, t )
2
= −l = −lc = −γ
dz dt dz 2 dt 2 dt 2
dI ( z , t ) dV ( z , t ) d 2 I ( z, t ) d 2 I (z, t ) 2 d I (z, t )
2
= −c = −lc = −γ
dz dt dz 2 dt 2 dt 2
 z  z
V (z, t ) = V +  t −  + V −  t +  Équation 209
 v  v
 z  z
I (z, t ) = I +  t −  + I −  t +  Équation 210
 v  v
Dans le cadre de l'approximation TEM, on peut relier le courant et la tension en tout point de
la ligne à l'aide d'une grandeur appelée impédance caractéristique de la ligne Zc.
1 + z  1 − z 
I (z, t ) = V t −  − V t +  Équation 211
ZC  v  ZC  v
r + jlω l
ZC = ≈ si pertes négligeables Équation 212
g + jcω c

Le rapport entre l'onde progressive et l'onde rétrograde est déterminé par les conditions de
charge aux deux extrémités de la ligne. On introduit la notion de coefficient de réflexion Γ en chaque
extrémité de la ligne, qui dépend de l'impédance caractéristique de la ligne et de l'impédance placée à
l'extrémité de la ligne. Supposons que l'on ait placé une impédance ZL en z=L, le coefficient de
réflexion ΓL et le profil temporel de la tension sont donnés par les équations ci-dessous. Le même type
d'équation peut être déterminé à l'autre extrémité en z = 0.
 L
V − t + 
 v  Z L − ZC
ΓL = = Équation 213
 L  Z L + ZC
V + t − 
 v

A. Boyer 128
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

 L  L  L
V ( z = L, t ) = V +  t −  + V −  t +  = V +  t −  × (1 + ΓL ) Équation 214
 v  v  v
Lorsqu'une onde progressive arrive à l'extrémité de la ligne (en z=L), si la condition ZL=ZC
n'est pas respectée (condition d'adaptation d'impédance), une partie de l'énergie de l'onde progressive
n'est pas transmise à la charge ZL et donne naissance à une onde rétrograde se propageant dans le sens
inverse. Selon les conditions d'adaptation d'impédance à l'autre extrémité de la ligne (en z=0), lorsque
l'onde rétrograde atteindra l'autre extrémité de la ligne, une partie de l'énergie de l'onde rétrograde ne
sera pas transmise à la charge et donnera naissance à une nouvelle onde progressive. Ce processus de
"rebonds" continuera tant que l'énergie transportée par l'onde ne deviendra pas négligeable.

Pour déterminer l'expression exacte du profil temporel de la tension en tout point de la ligne, il
est nécessaire de connaître la forme temporelle de l'excitation de la ligne. Ensuite, il est nécessaire de
calculer l'onde progressive initiale produite par l'excitation, de la propager le long de la ligne et de
déterminer les multiples rebonds en chaque extrémité et de les additionner.
Afin de mettre en évidence les phénomènes de rebonds des ondes se propageant le long d'une
ligne et l'effet sur le profil temporel du signal électrique en chaque extrémité de la ligne, plusieurs
exemples sont proposés ci-dessous. Un algorithme calcule les diagrammes temps-espace des tensions
et courants le long d'une ligne, en fonction de ses caractéristiques (impédance caractéristique,
longueur, vitesse de propagation), des conditions de charge et du profil temporel de l'excitation de la
ligne. Ce diagramme permet de voir sur une même figure l'évolution dans le temps et en tout point de
la ligne de la tension et du courant.
On considère une ligne de longueur L = 1 m, d'impédance caractéristique Zc = 50 Ω, la vitesse
de propagation v est fixée à 2.5.108 m/s. Le temps de propagation Td = L/v = 4 ns. La ligne est excitée
par un générateur placé en z = 0 délivrant une tension maximale VG = 5 V et d'impédance de sortie
notée ZG. Il émet une impulsion courte de largeur = 2 ns, correspondant à la transmission d'un bit
d'information. La charge située à l'autre extrémité (z = L) présente une impédance notée ZL.

Exemple 1 : Ligne adaptée en chaque extrémité


On a donc ZG = ZL = ZC. La figure ci-dessous en haut présente le diagramme temps-espace de
la tension en fonction de la position le long de la ligne (axe X, de z = 0 à z = L) et du temps (axe Y, de
t= 0 à t = 2.2Td). Les figures du bas présentent soit l'évolution de la tension de la ligne à un instant
donné, soit l'évolution temporelle de la tension en un point donné. Ces différentes vues montrent
clairement que l'impulsion se propage à une vitesse finie de la source vers la charge. Une fois qu'elle a
atteint la charge, celle-ci est entièrement absorbée. Aucune version réfléchie de cette impulsion n'est
observée après t = Td. L'adaptation de la ligne permet une transmission sans altération du signal de la
source vers la charge. Lorsque le signal est reçu au niveau de la charge, le récepteur repérera le bit
d'information transportée par le signal sans aucun risque d'interférence intersymbole.

A. Boyer 129
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

En z = 0 En z = L
En t = 0.4Td En t = 0.7Td En t = 0.95Td

En t = 0.1Td En t = 1.2Td

Figure 106 – Propagation d'une impulsion le long d'une ligne de transmission adaptée en chaque extrémité
(en haut : diagramme temps-espace; en bas à gauche : évolution de la tension le long de la ligne à
différents instants; en bas à droite : évolution temporelle de la tension le long de la ligne en différents
points de la ligne)

Exemple 2 : Ligne désadaptée en chaque extrémité


On choisit ZG = 20 Ω et ZL = 150 Ω. Les figures ci-dessous montrent l'évolution de la tension
sur la ligne dans le temps et dans l'espace. Le diagramme temps-espace montre dans un premier temps
que l'onde incidente se propage depuis la source vers le générateur. Son amplitude est d'environ 7 V.
Lorsque celle-ci arrive au niveau de la charge (t = Td), une onde rétrograde prend naissance et se
superpose à l'onde incidente. Le coefficient de réflexion en sortie de la ligne est égal à
150 − 50
ΓL = = 0.5. La tension mesurée en z = L est augmentée de 50 % en raison de l'interférence
150 + 50
constructive entre les deux ondes. L'amplitude de l'onde rétrograde est moitié moins grande que celle
de l'onde incidente. Une partie de la puissance transportée par l'onde incidente a été cédée à la charge,
une autre a été transféré à l'onde réfléchie. L'onde rétrograde se propage vers le générateur et l'atteint
en t = 2*Td. Elle donne naissance à une nouvelle se propageant vers la charge et qui se superpose à
l'onde réfléchie. On voit donc apparaître un processus de rebond successif en chaque extrémité de
ligne. Le récepteur verra donc l'impulsion correspondant à la transmission du bit d'information, suivi
de ces multiples échos qui se superposeront aux prochains bits d'information à transmettre. Des
interférences inter symboles seront à craindre.
Cependant, à chaque rebond, une partie de la puissance est transférée aux charges terminales.
Avec le temps, l'amplitude transportée par ces ondes devient peu à peu négligeable. Selon les
coefficients de réflexion en bout de ligne et les pertes de la ligne, le temps nécessaire pour la
stabilisation du signal en chaque extrémité de ligne sera plus ou moins long. Pour assurer une
transmission sans interférences intersymboles, il sera nécessaire d'attendre la stabilisation de la tension
le long de la ligne avant d'émettre un nouveau symbole. Cela réduira très nettement le débit de
transfert maximal sur cette ligne.

En z = L

En z = 0

A. Boyer 130
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Figure 107 – Propagation d'une impulsion le long d'une ligne de transmission désadaptée en chaque
extrémité (à gauche : diagramme temps-espace; à droite : évolution temporelle de la tension en entrée et
en sortie de la ligne)

Ces deux exemples illustrent clairement la nécessité d'adapter une ligne en impédance pour
assurer un transport du signal sans distorsion. Dans le cas d'une transmission numérique, les rebonds
multiples de l'onde en chaque extrémité peuvent produire de l'interférence intersymbole. Les
conséquences seront une augmentation du taux d'erreur binaire en réception et une limitation du débit
binaire.

3. Solutions dans le domaine fréquentiel


Il n'est pas possible d'obtenir des équations analytiques des tensions, courants et puissances
transportées en tout point de la ligne hormis si l'on considère le régime permanent de la ligne soumise
à une excitation harmonique, permettant d'obtenir les solutions des équations des Télégraphistes dans
le domaine temporel. L'excitation harmonique peut correspondre au cas pratique de la transmission
d'un signal modulé sur une porteuse sinusoïdale, usuel dans le cadre de transmission RF.
On continue à considérer une ligne à deux conducteurs de forme quelconque et homogène
(sans discontinuité). L'excitation de la ligne est sinusoïdale et de pulsation ω. La tension et le courant
ont donc une évolution sinusoïdale dans le temps, notée ejωt avec la notation complexe. Seules
l'amplitude et la phase nous intéressent donc le terrme ejωt sera omis pour simplifier les expressions.
Nous utiliserons la notion de phaseur (nombre complexe) pour représenter l'amplitude complexe des
grandeurs physiques.
phaseur

(
VG (t ) = VG 0 cos ωt = Re VG 0 e jωt
)
Régime
permanent (
V ( z , t ) = Re Vˆ ( z )e jωt )
(
I ( z, t ) = Re Iˆ( z )e jωt )
Dans le domaine fréquentiel, les équations des lignes de transmission peuvent s'écrire sous la
forme suivante, où γ est la constante de propagation donnée par l'équation xxx.
d 2V ( z , t ) d 2V ( z , t ) d 2Vˆ ( z )
2
= −lc 2 2
= −lcω 2Vˆ ( z ) = γ 2Vˆ ( z )
dz dt dz
d 2 I ( z, t ) d 2 I (z, t ) d 2 Iˆ( z )
= −lc = −lcω 2 Iˆ( z ) = γ 2 Iˆ( z )
dz 2 dt 2 dz 2

La solution de ces deux équations différentielles s'expriment sous la forme de la somme


d’ondes électromagnétiques progressives V+ et rétrogrades V-, se déplaçant dans deux directions
opposées. Dans le cadre d'une ligne sans pertes, le coefficient de pertes α = 0 et la constante de
propagation est donnée par la constante de phase β. Celle-ci traduit le déphasage de l'onde lorsque
celle-ci se propage dans l'espace. La tension et le courant en tout point sont reliés par l'impédance
caractéristique Zc.

Vˆ ( z ) = Vˆ + e −γz + Vˆ − e +γz = Vˆ + e − jβz + Vˆ − e + jβz

Iˆ( z ) =
1 ˆ + −γz 1 ˆ − +γz 1 ˆ + − jβ z 1 ˆ − + jβ z Équation 215
V e − V e = V e − V e
ZC ZC ZC ZC
γ = (r + jlω )(g + jcω ) = α + jβ
ω 2π Équation 216
β = ω lc = =
v λ
r + jlω l
ZC = ≈ si pertes négligeables Équation 217
g + jcω c

A. Boyer 131
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Pour déterminer la tension et le courant en tout point de la ligne, il est nécessaire de


déterminer les amplitudes des ondes incidentes et rétrogrades. Pour cela, il faut considérer les
conditions d'impédance en chaque extrémité de la ligne (figure ci-dessous). En tout point z de la ligne,
le rapport entre l'onde rétrograde et l'onde incidente est donné par le coefficient de réflexion Γ
(équation 218). A partir du coefficient de réflexion ΓL au niveau de la charge, il est possible de
déterminer l'équation 219.
ZC
I(z)

VG ZG
Γ(z)
Z(z) V(z) ZL

ˆΓ(z ) = V e = Z (z ) − Z C
ˆ − + γz
Vˆ + e −γz Z ( z ) + Z C
Équation 218

ˆΓ( z ) = V e = Z ( z ) − Z C ⇒ Γˆ ( z ) = Γ e 2γ ( z − L )
ˆ − +γz
Vˆ + e −γz Z ( z ) + Z C
L Équation 219

A partir de l'expression du coefficient de réflexion, la tension et le courant en tout point de la


ligne peuvent être exprimés sous la forme suivante, qui ne dépend que de l'onde incidente, du
coefficient de propagation et du coefficient de réflexion.
( )
Vˆ (z ) = Vˆ + e −γz 1 + Γˆ (z )

ˆ
I (z ) =
Vˆ + −γz
ZC
(
e 1 − Γˆ (z ) ) Équation 220


L'onde incidente est donnée par l'équation 221. L'équation 220 peut se reformuler sous la
forme suivante, où ΓG est le coefficient de réflexion au niveau de la source d'excitation de la ligne.
Vˆ (0 ) 1 Zˆ (0 )
Vˆ + = = VˆG Équation 221
1 + Γˆ (0) 1 + Γˆ (0 ) Zˆ (0) + Zˆ G
ˆ 1 + Γˆ L e −2γL e 2γz
V ( z ) =
ZC
Vˆ Ge −γz
 1 − ΓG ΓL e
ˆ ˆ − 2γL
ZC + ZG
 − 2γL 2γz Équation 222
 Iˆ( z ) = 1 − Γˆ L e e 1
Vˆ Ge −γz
 1 − ΓG ΓL e
ˆ ˆ − 2γL
ZC + ZG

A partir des deux équations précédentes, il est possible de calculer la puissance transportée par
l'onde. En se plaçant en z = L, on peut calculer la puissance électrique moyenne PL fournie à la charge
ZL, où * indique le conjugué. En utilisant les équations 220 et 221, on obtient l'équation 223. Il
apparaît que la puissance délivrée à la charge dépend du coefficient de réflexion au niveau de la
charge. L'adaptation d'impédance au niveau de la charge permet d'annuler le coefficient de réflexion et
d'optimiser le transfert d'impédance.

PL = V (L ) × I (L )
1 *
Équation 223
2

( )
2
1V+
2

P(L ) = (1 + ΓL )(1 − ΓL )* = 1 VG 1 − ΓL 2
Équation 224
2 ZC 2 4Z C

A. Boyer 132
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Nous allons maintenant analyser ces résultats dans deux cas de figure : le cas où la ligne est
adaptée en impédance et le cas où la ligne ne l'est pas.

Cas 1 : Ligne adaptée en chaque extrémité


Les équations 222 se simplifie dans le cas où la ligne est adaptée en impédance à chaque
extrémité : ZG = ZL = ZC ΓG = 0 et ΓG = 0. Dans le cas d'une ligne sans pertes (α = 0), il apparaît que
l'amplitude de la tension et du courant est constante en tout point z de la ligne, seule leur phase varie
de manière linéaire le long de la ligne.
Vˆ (z ) = Vˆ2G e −γz

 Iˆ(z ) = 2 ZGC e
Vˆ −γz Équation 225

En outre, la tension et le courant sont en phase, ce qui indique le transport d'une puissance
électrique active, c'est-à-dire que toute la puissance électrique transportée par l'onde incidente est
délivrée à la charge terminale. Dans le cas où celle-ci est une antenne, l'adaptation d'impédance permet
le transfert optimal de puissance depuis le générateur vers l'antenne. En utilisant l'équation 224, la
puissance moyenne délivrée à la charge est donnée par :
2

P(L ) =
1 VG
Équation 226
2 4Z C

Cas 2 : Ligne désadaptée en chaque extrémité


L'expression de la tension et du courant le long de la ligne est complexe et il est préférable de
tracer leur évolution dans un cas précis pour voir l'effet de la désadaptation en impédance. On
considère une ligne de longueur L = 0.1 m, d'impédance caractéristique Zc = 50 Ω, la vitesse de
propagation v est fixée à 2.5.108 m/s. Le temps de propagation Td = L/v = 4 ns. La ligne est excitée
par un signal sinusoïdal de fréquence égale à 2 GHz et d'amplitude égale à 1 V. On considère le cas où
ZG = 50 Ω, et ZL = 10, 50 et 250 Ω (ΓL = -0.67, 1 et 0.67). La figure ci-dessous présente l'évolution de
l'amplitude de la tension et du courant en tout point de la ligne.

Figure 108 – Evolution de l'amplitude de la tension et du courant le long d'une ligne en fonction de
l'impédance de charge

Dans le cas d'une ligne adaptée (ZL = 50 Ω), on vérifie bien que l'amplitude de la tension et du
courant est constante le long de la ligne. L'adaptation assure qu'il n'y a aucune onde rétrograde qui se
superpose à l'onde incidente, pouvant créer un phénomène d'interférences constructives ou destructives
selon leur différence de phase. Par contre, dans les cas de lignes désadaptées, la tension et le courant
ne présentent pas une amplitude constante le long de la ligne. Elles présentent plutôt des maxima et
des minima en des positions bien localisées selon la longueur de la ligne, la constante de propagation
et les conditions de charge aux extrémités de la ligne. La présence d'une onde rétrograde qui se

A. Boyer 133
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

superpose à l'onde incidente est à l'origine d'un phénomène d'interférences entre ces deux ondes : aux
positions où elles sont en phase, l'amplitude du signal (tension ou courant) est importante. Aux
positions où elles sont en opposition de phase, l'amplitude du signal (tension ou courant) est réduite.

Onde stationnaire et VSWR


Il est intéressant de noter que deux maxima ou deux minima sont séparés d'une demi longueur
d'onde et restent à la même position en fonction du temps. La variation de l'amplitude de la tension ou
du courant forme ce qu'on appelle une onde stationnaire, c'est-à-dire qu'elles ne se propage pas. On
peut représenter la tension ou le courant le long de la ligne comme la superposition d'une onde
progressive, se déplaçant du générateur vers la charge ZL et transportant une puissance active, et d'une
onde stationnaire qui ne se propage pas. Elle ne transporte pas de puissance active vers la charge.
Plus l'adaptation d'impédance se dégrade (plus les coefficients de réflexion se rapproche de +/-
1), plus l'amplitude de l'onde stationnaire s'accroît au détriment de l'onde progressive, comme le
montre la figure ci-dessous. L'écart entre les maxima et les minima de tension deviennent plus
importants.

Figure 109 – Evolution de l'amplitude de la tension le long d'une ligne en fonction de l'impédance de
charge

La mesure des maxima et minima de tension le long de la ligne fournit un autre moyen de
mesure l'adaptation d'une ligne. On définit le taux d'onde stationnaire VSWR comme rapport entre la
tension max Vmax et tension min Vmin sur la ligne. Il est donné par l'équation 227 et est lié au
coefficient de réflexion en bout de ligne. Celui-ci est compris entre 1 (pour la condition d’adaptation)
et l’infini (désadaptation totale). En pratique, on considère qu’une bonne adaptation est obtenue si
VSWR < 1.2.
Vmax 1 + ΓL
VSWR = = Équation 227
Vmin 1 − ΓL

A. Boyer 134
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Annexe E – Diagramme de Smith

Ci-dessous est donnée une représentation précise du diagramme de Smith (certains éléments
graphiques habituels ont été supprimé pour en faciliter la lecture et l'utilisation dans le cadre de ce
cours). Celle-ci est utile pour une utilisation pratique du diagramme, par exemple pour adapter une
antenne à l'aide d'un réseau de composants passifs. Même s'il semble qu'un tel outil graphique peut
manquer de précision en raison d'éventuelles incertitudes de construction, il faut se rappeler que les
éléments constitutifs du réseau d'adaptation présenteront eux aussi des incertitudes : tolérance sur les
composants passifs, existence de valeurs normalisées, dépendance à la température, inductance,
capacité et résistance parasite introduite par les composants passifs eux-mêmes ou par les
interconnexions. Le but du diagramme est de donner une première approximation du réseau
d'adaptation qui, en pratique, est ajusté ensuite expérimentalement.

A. Boyer 135
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

A. Boyer 136
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Travaux Dirigés

A. Boyer 137
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

1. UNITE
Réalisez les conversions suivantes :
P = 20 dBm _W
V = 20 mV _ dBµV
G = 7 dB _
Lp = -3 dB _

2. GRANDEURS ELECTROMAGNETIQUES
Une onde électromagnétique monochromatique de pulsation ω = 1.26˟1010 rad/s se propage
dans un milieu homogène caractérisé par une permittivité électrique relative εr = 2 et une perméabilité
magnétique relative µ r = 1. La densité de puissance moyenne transportée par cette onde est de 1
mW/m². Calculez la longueur d'onde, la vitesse de propagation, la constante de phase, l'impédance
d'onde dans ce milieu, et les amplitudes moyennes des champs électriques et magnétiques. Précisez les
unités des différentes grandeurs.

3. DIAGRAMME DE RAYONNEMENT
Le diagramme de rayonnement d’une antenne a été mesuré dans les plans E et H. Il est
présenté ci-dessous.

1. Est-ce une antenne omnidirectionnelle ? Pour quelle application pourrait-on utiliser cette
antenne ?

2. Quelle est la valeur du gain et de l’angle d’ouverture à 3 dB ?

3. Quelle est la valeur du rapport entre le lobe principal et le premier lobe secondaire ?

4. Quelle est la valeur du rapport Front-to-Back Ratio ?

4. CABLES COAXIAUX
Le tableau ci-dessous donne les caractéristiques de quatre câbles coaxiaux. Déterminez pour
chacun d'eux l'impédance caractéristique et la vitesse de propagation. Comparez leurs performances et
discutez de leurs domaines d'application.
Référence Diamètre Diamètre Nature isolant Atténuation Puissance max.
conducteur diélectrique (dB/m) @ 1 GHz (W), f en GHz
central (mm) (mm)
RG6 1.02 4.56 Foam High Density 0.25 ___
Polyethylene

A. Boyer 138
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

(epsr=1.43)
RG58 0.9 2.94 Solid Polyethylene 0.67 55/√f
(epsr=2.02)
RG59 0.57 3.71 Solid Polyethylene 0.44 75/√f
(epsr=2.02)
RG174 0.48 1.52 Solid Polyethylene 1.07 16/√f
(epsr=2.02)

5. PAIRES TORSADEES UTP POUR RESEAUX ETHERNET


On dispose de quelques caractéristiques d'un câble UTP (Unshielded Twisted Pair) catégorie
5E. Il contient 4 paires torsadées, non écrantées, entouré d'une gaine non blindée. La paire torsadée
UTP est la plus employée dans le monde. La catégorie 5E lui permet d'être utilisé pour la norme
Ethernet 1000 Base-T (Gigabit Ethernet) et est largement employée pour les réseaux domestiques ou
de bureau. La norme Ethernet 1000 Base-T utilise les 4 paires en mode full duplex. Le débit de
symbole est de 125 MBauds/s, chaque symbole code 2 bits.
Bande passante < 155 MHz
Longueur > 100 m
Débit < 1000 Mbits/s
Diamètre fil 0.6096 mm
Diamètre fil+isolant 0.99 mm
isolant Polyethylene (epsr=2.1)

1. Comment les données sont-elles transmises sur un tel câble?

2. Pourquoi les fils sont-ils torsadée ? A quoi sert un blindage ?

3. Pour UTP est le type de paire torsadée le plus utilisé au monde ?

4. Quelle est l'impédance caractéristique d'une paire de fil ? On négligera les pertes dans les
fil, l'effet des paires voisines et on supposera que les deux fils sont enroulées de manière régulière.

5. Quelle est la vitesse de propagation le long de ce câble ? Combien de temps met un signal
pour se propager le long de 100 m de câble ?

6. Quelle doit être l'impédance placée en entrée en sortie de chaque paire de fil ? Est-elle
importante ? On pourra comparer le temps de propagation le long du câble et la durée d'un symbole.

6. ANTENNE AM - FM
Antenne AM

La figure ci-dessous présente une antenne de


radiodiffusion pour les bandes AM et FM. L’antenne AM est
composée d’une tige verticale de 1m de long. L’antenne FM Antennes FM
est composée de 2 dipôles de 1.5 m de long.

1. Une antenne de radiodiffusion doit-elle être omnidirectionnelle ?

A. Boyer 139
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

2. Comment qualifier l’antenne AM sur la bande AM ? Tracer qualitativement son diagramme


de rayonnement dans les plans horizontaux et verticaux ? Est-ce que les antennes FM influent
sur le rayonnement de l’antenne AM ?

3. Quelles sont les fréquences de résonance des antennes FM ?

4. Déterminer l’expression du champ rayonné par les antennes FM. A quelle condition les
antennes FM peuvent produire un rayonnement omnidirectionnel dans le plan horizontal ?

5. Quelle est la polarisation de l’onde émise par cette antenne ?

6. Les antennes AM et FM peuvent-elles interférer entre elles ?

7. EXPOSITION AUX CHAMPS ELECTROMAGNETIQUES


Une antenne panneau de gain égal à 18 dBi est placée sur le toit d’un immeuble. Il s’agit d’une
antenne tribande GSM 900/1800 – UMTS. La puissance d’émission est limitée à 20 W. Déterminer le
périmètre de sécurité face à l’antenne.

Un lobe secondaire est émis en direction d’un immeuble voisin situé à 20 m, le gain de
l’antenne dans cette direction est 20 dB plus faible. Quel est le champ électrique appliqué sur
l’immeuble ? Est-ce que le niveau de champ reçu respecte les recommandations d’exposition au
champ (voir annexe C) ?

8. ANTENNES DIPOLES
On dispose de 2 antennes dipôles, de 16 cm et 4 cm. Les notes d’application proposent les
modèles électriques suivants.

[Dobkin]
1. Calculer la fréquence de résonance du premier dipôle. Quelle est sa bande passante ? Pour
quelle application pourriez-vous l’utiliser ?

2. Est-ce que l’antenne 2 peut fonctionner à la même fréquence que l’antenne 1 ?

3. Pourquoi la valeur de la résistance de l’antenne 2 est aussi faible ?

4. Quelle solution proposez-vous pour faire résonner l’antenne 2 à la même fréquence que
l’antenne 1 ?

A. Boyer 140
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

5. Est-ce que les 2 antennes présentent les mêmes bandes passantes ?

9. ANTENNE DE MESURE
On souhaite mesurer le champ électrique à 900 MHz en utilisant un dipôle demi-onde.

1. Quelle longueur donneriez-vous au dipôle ? Quelle est sa surface équivalente ?

2. Calculer la valeur théorique de son facteur d’antenne ?

3. Après caractérisation de cette antenne, on obtient les données suivantes :


efficacité = 95 %
VSWR = 1.2 :1
La mesure sur une charge 50 ohms donne une puissance de -40 dBm. Quelle est la valeur du
champ électrique incident ?

4. Quelle est la valeur minimale de champ électrique qui peut être mesurée ?

10. ANTENNE CHAMP PROCHE


On souhaite réaliser une application RFID permettant de localiser des objets dans un bâtiment.
Les effets des objets métalliques environnants seront négligés. Le système utilise la bande ISM à 13.56
MHz. Il est constitué d'une station émettrice fixe qui excite une antenne avec un courant maximal de
300 mA. L'antenne est une boucle carrée de 400 cm² de surface placée sur un circuit imprimée. On
néglige les pertes de l'émetteur. Les objets à localiser portent tous un badge ou tags et sont situés à
plusieurs mètres de l'émetteur. Si un badge reçoit le signal provenant de l'émetteur, ils répondent sur
une autre fréquence, en bande UHF.
On cherche à estimer la portée de ce système, c'est-à-dire la distance maximale de détection.

1. Doit-on considérer cette antenne comme une antenne champ proche ?

2. Proposez un modèle équivalent permettant de déterminer le champ magnétique produit par


l'antenne émettrice. Quels sont les paramètres de ce modèle ?

3. La couverture en champ magnétique autour de l'antenne émettrice est-elle


omnidirectionnelle ?

4. La station émettrice est soumise à des contraintes en terme de compatibilité


électromagnétique. Pour être mise sur le marché européen, celle-ci doit respecter les niveaux
d'émission en champ magnétique maximum défini par la norme EN 300330-1 ("Electromagnetic
compatibility and Radio spectrum Matters (ERM); Short Range Devices (SRD); Radio equipment in
the frequency range 9 kHz to 25 MHz and inductive loop systems in the frequency range 9 kHz to 30
MHz"). Cette norme spécifie que le champ magnétique produit à 3 m par un émetteur radio
fonctionnant à 13.56 MHz ne doit pas dépasser 68 dBµA/m. La station satisfait-elle à cette exigence
normative ?

5. On suppose dans un premier temps que les badges intègrent des antennes boucles.
L'orientation des badges a-t-elle une influence sur la réception ? Quel est le problème posé ? Si oui,
comment s'en prémunir ?

A. Boyer 141
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Le badge intègre une antenne 3D dont la sensibilité est de 120 mV/A/m. Les pertes sont
incluses dans ce chiffre. Le récepteur radio du badge a un seuil de réception de -85 dBm. Son
impédance d'entrée est égale à 50 Ω.

6. Quelle est la valeur minimale de champ que le récepteur peut mesurer ?

7. En déduire la distance maximale de détection de la station émettrice par le badge.

11. UTILISATION DU DIAGRAMME DE SMITH


On considère une impédance caractéristique Zc = 50 Ω.

1. Sur le diagramme de Smith, représentez les charges suivantes :


A : z = 2 - 0.55.j B : z = 0.4 + 0.3.j C:y=
D : Z = 75+55.j E : une résistance de 36 Ω en série avec un condensateur de 22 pF
(Fréquence = 434 MHz)
Précisez dans chaque cas la valeur du coefficient de réflexion.

2. Soit le circuit ci-dessous. Utilisez le diagramme de Smith pour déterminer l'impédance


réduite zL puis son impédance ZL vues depuis son entrée.
x=0.9 x=-1.4 x=1

z L? r=1
b=1.1 b=-0.3

12. ADAPTATION D'UNE ANTENNE MONOPOLE PCB POUR


BANDES ISM
On souhaite réaliser une antenne omnidirectionnelle planaire pour différents
émetteur/récepteur radio fonctionnant sur les bandes ISM en UHF, notamment la bande autour de 868
MHz. On sélectionne pour cela une antenne monopôle. Elle sera réalisée sur un circuit imprimé en
substrat FR4 (εr = 4.5) d'épaisseur 1.6 mm. La largeur des pistes pour réaliser ce monopôle est de 2
mm. L'impédance d'entrée ou de sortie des émetteur/récepteur est de 50 Ω.

1. Pourquoi un monopôle est un bon choix ?

2. Quelle taille donneriez-vous au brin formant le monopôle ?

3. Comment pourrait-on rendre cette antenne plus compacte ?

4. Une version de cette antenne a été réalisé et une mesure à l'analyseur de réseau vectoriel
donne l'impédance d'entrée suivante à 868 MHz : Zin = 39.32+j˟49.46. Un réseau d'adaptation est-il
nécessaire ?

5. Proposez un réseau d'adaptation de l'antenne à 868 MHz.

A. Boyer 142
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Optionnel :
6. On souhaite utiliser le même modèle d'antenne utilisant le même réseau de matching sur la
bande ISM à 2.45 GHz (antenne à bandes duales). Une mesure à l'analyseur de réseau vectoriel sur
l'antenne sans réseau d'adaptation donne une impédance d'entrée à 2.45 GHz Zin = 51.36-j˟7.96. Le
réseau d'adaptation proposé dans la question précédente convient-il pour une adaptation à 2.45 GHz ?

7. Sans réseau d'adaptation, calculez le coefficient de réflexion et le VSWR de l'antenne à 2.45


GHz. Un réseau d'adaptation est-il nécessaire à cette fréquence ?

8. Proposez un nouveau réseau d'adaptation qui garantit un VSWR < 2 à 868 MHz et à 2.45
GHz. Idée : reprenez le premier réseau d'adaptation, comparez l'effet de C1 et C2 sur l'impédance
d'entrée à 868 MHz et à 2.45 GHz. Indice : seul un composant passif externe suffit !

13. REMOTE KEY ENTRY (RKE)


Le système de Remote Key Entry (RKE) est couramment employé dans les véhicules pour les
verrouiller ou les déverrouiller. Il est basé sur une petite télécommande miniature portée par les
conducteur qui émet un signal radio vers un récepteur dans le véhicule. Le RKE utilise les bandes ISM
315 ou 434 MHz selon les pays. Différentes stratégies plus ou moins élaborées sont employées dans
l'ouverture ou la fermeture du véhicule, que nous ne traiterons pas ici. Le but de cet exercice est
dévaluer la portée de ce type de système radio. On considère que l'environnement de propagation est
au-dessus d'un sol conducteur. On suppose que l'émetteur se situe à 1.5 m du sol et le récepteur à 1 m
du sol. On pourra considérer la règle empirique suivante : l'effet des obstacles environnants dans un
parking "vide" introduit une perte supplémentaire de 20 dB.
On suppose que l'émetteur et le récepteur intègre des antennes miniatures quasi
omnidirectionnelles de gain unitaire. Selon les données des constructeurs, la puissance d'émission est
configurable par pas de 1 dB de -15 dBm jusqu'à 10 dBm sur une charge 50 Ω. Le seuil de réception
du signal est de -114 dBm en modulation ASK, -108 dBm en FSK lorsque l'adaptation est parfaite et
pour un débit de 4 kBps (BER < 0.2 %).

1. Déterminer l'atténuation du signal à 10 mètres.

2. La puissance de l'émetteur est fixée au maximum et on suppose une adaptation d'impédance


parfaite. A 10 m, quelle est la puissance électrique reçue ? Concluez sur la qualité de la réception.

3. En exploitant le modèle de propagation simplifié, quelle serait la portée du RKE ? Pensez-


vous que ce chiffre est réaliste ?

4. En supposant que l'on vise une portée max de 100 m, sur un terrain relativement dégagé
(pas de gros obstacles), en tenant compte des pertes supplémentaires d'obstruction et en supposant que
le propriétaire du véhicule est dans un bâtiment et vise un véhicule depuis une fenêtre, quelle serait la
puissance d'émission minimale nécessaire pour assurer une liaison de qualité suffisante (BER < 0.2 %)
?

14. COUVERTURE RADIO D'UN POINT D'ACCES WIFI DANS UN


BATIMENT
On considère un point d'accès WiFi IEEE 802.11g dans un environnement indoor de type
bureau. On cherche à estimer la portée typique de ce type d'équipement à l'aide de différents modèles
de propagation pour milieu indoor. On considère les caractéristiques suivantes pour le point d'accès
WiFi et le récepteur :
Fréquence (Europe) : 2412 - 2472 MHz

A. Boyer 143
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Puissance RF : 13 dBm
Gain antennes émettrices et réceptrices : 3 dBi
PIRE max : 20 dBm (ETSI EN 300 328)
Débit max : 54 Mbits/s
Sensibilité typique pour 54 Mbits/s : -70 dBm

On considère les environnements de test suivants :


bâtiment ouvert (pas d'obstacle, un seul étage)
bâtiment avec un couloir
bâtiment dense sur un seul étage (on pourra considérer des bureaux de 5 m séparés par des
cloisons en placoplâtre, et des murs porteurs tous les 50 m)
traversée d'un étage dans un bâtiment dense
On utilisera les modèles de propagation suivants :
modèle ITU-R P.525
COST231 - modèle d'atténuation linéaire
COST231 - modèle one slope
COST231 - modèle Multiwall
modèle de Motley Keenan
ITU-R P. 1238

15. RESEAUX DE DEUX ANTENNES DIPOLES


Soit 2 dipôles électriquement petits séparés par une longueur de λ/4. Tracer qualitativement le
diagramme de rayonnement dans le plan horizontal pour les 2 cas suivants :
1. excitation : même amplitude Vo, pas de déphasage.
2. excitation : même amplitude Vo, déphasage de 90 °.

90°
z

θ

180°
y
φ
λ/4
x 270°

16. RESEAUX DE N ANTENNES DIPOLES VERTICAUX


Soit un réseau de 6 dipôles demi-onde montés de la manière suivante :

A. Boyer 144
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

N dipôles


S

S est la séparation entre le centre de chaque dipôle. On donne S = 0.82×λ. L’excitation des dipôles est
équiamplitude et équiphase.

1. Calculer la longueur physique de l’antenne.

2. Calculer sa directivité maximale et son angle d’ouverture à 3 dB.

3. Tracer qualitativement son diagramme de rayonnement.

4. Peut-on utiliser cette antenne comme station de base d’un réseau cellulaire ?

5. On souhaite donner un tilt au diagramme de rayonnement de -5° dans le plan vertical.


Quelle solution proposeriez-vous ?

A. Boyer 145
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Annales

A. Boyer 146
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

4ème IR – 2011/2012 Contrôle d’Antennes A. Boyer


Tous documents autorisés / 35 min
Le barème est donné à titre indicatif.
Il sera tenu compte des justifications apportées à chaque réponse, ainsi que de la présentation.

Soit une antenne sur laquelle différentes caractérisations ont été effectué :
• le diagramme de rayonnement dans les plans horizontaux et verticaux (fig. 1)
• le modèle électrique équivalent de l’antenne (fig. 2)

Le diagramme de rayonnement a été tracé en mesurant la puissance rayonnée dans la direction


(θ, φ), lorsque la puissance électrique fournie à l’antenne PA est de 20 dBm. On négligera les pertes
ohmiques dans les éléments rayonnants de l’antenne.

Plan vertical Plan horizontal

Figure 110 – Diagramme de rayonnement de l’antenne

Iin C = 1.7 pF L = 20 nH

Iin
Vin Vin Rrad = 10 Ω

Modèle électrique
Antenne équivalent
Figure 111 - Modèle électrique équivalent de l’antenne

1. Qu’appelle t-on gain d’une antenne ? Quel est le gain de cette antenne ? (2 pts)
Le gain G(θ,φ) d’une antenne dans une direction (θ,φ) est le rapport entre la puissance
rayonnée dans une direction donnée P(θ,φ) sur la puissance que rayonnerait une antenne isotrope
sans pertes. En général, le gain G correspond au gain dans la direction de rayonnement maximal
(θ0,φ0). Cette propriété caractérise la capacité d’une antenne à focaliser la puissance rayonnée dans
une direction.
PA = 20 dBm soit 0.1 W. Le gain est défini dans la direction privilégiée de rayonnement (theta = 90°),
où P = 14 dBm = 25.1 mW :

147
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

Pθ , ϕ P (θ 0 , ϕ 0 ( ) = 4π 25.1 = 3.15 = 4.98dB


G (θ , ϕ ) = 4π ⇒ G = 4π
PA PA 100
2. L’antenne est-elle omnidirectionnelle dans le plan horizontal ? Quel est l’angle d’ouverture
à 3 dB dans le plan vertical ? (2 pts)
Omnidirectionnelle dans le plan horizontal d’après la caractérisation du diagramme de rayonnement.
L’angle d’ouverture à 3 dB est de 34 °.
3. Quelle est la fréquence de résonance de l’antenne ? (3 pts)
A la fréquence de résonance, la partie imaginaire de l’impédance d’entrée de l’antenne s’annule. A
partir du modèle électrique, on en déduit que la fréquence de résonance est égale à :
1
f res= = 863 MHz
2π L.C
4. Calculer le facteur de qualité de l’antenne. En déduire la bande passante de l’antenne. (3
pts)
Relation entre facteur de qualité et modèle électrique de l’antenne :
1 Rant 2πf Re s .Lant
= ⇒ Q= = 10.84
Q 2πf Re s .Lant Rant
Relation entre bande passante BW et facteur de qualité :
f Re s f Re s
Q= ⇒ BW = = 79.6 MHz
BW Q
5. L’antenne est excitée par un générateur de tension dont la résistance de sortie Rg = 50 Ω. La
puissance délivrée par la source est de 20 dBm. A l’aide du modèle électrique équivalent de l’antenne,
calculer le coefficient de réflexion en entrée de l’antenne à la fréquence de résonance. En déduire la
perte par insertion (perte liée à la désadaptation de l’antenne). (3 pts)

Câble ZC = 50 Ω Antenne
RG = 50 Ω

Calcul du coefficient de réflexion en entrée de l’antenne à la fréquence de résonance :


Z in − Z C 10 − 50
Γin = = = −0.67
Z in + Z C 10 + 50
Calcul de la perte par insertion :

(
PA = PS 1 − Γin
2
)= P − P
S insert

Pinsert = PS × Γin = 0.1 × 0.67 2 = 44.9mW = 16.5dBm


2

148
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

6. A la fréquence de résonance, quelle est la puissance totale rayonnée par l’antenne ?


Qu’appelle t-on la puissance isotrope rayonnée équivalente (PIRE) ? Calculer la valeur de la PIRE à la
fréquence de résonance. (4 pts)
Une puissance électrique fournie à l’antenne PA est égale à :

(
PA = PS 1 − Γin
2
)= P − PS insert = 100 − 44.9 = 55.1mW = 17.4dBm
En considérant que l’antenne est sans pertes, comme l’impédance d’entrée de l’antenne est
équivalente à la résistance de rayonnement, toute la puissance électrique fournie à l’antenne est
convertie en puissance rayonnée. L’antenne rayonne donc une puissance totale de 17.4 dBm.
La puissance isotrope rayonnée équivalente d’une antenne définit, dans la direction de
rayonnement maximal, la puissance électrique qu’il faudrait apporter à une antenne isotrope pour
obtenir la même puissance rayonnée dans cette direction.
PIRE = G × PA = 3.15 × 55.1 = 173.6 mW = 22.4 dBm

7. On place une antenne de réception de même type à 1 km de l’antenne émettrice. Celle-ci est
connectée à un récepteur d’impédance équivalente égale à 50 ohms. En considérant toujours une
propagation en espace libre, mais en ajoutant 3 dB de pertes supplémentaires liées aux pertes
d’absorption et de polarisation, calculer la puissance électrique reçue par le récepteur à la fréquence de
résonance des 2 antennes ? (3 pts)
En considérant une propagation en espace libre, à partir de la formule de Friis, on peut
calculer la puissance électrique reçue par l’antenne Pr :
Pe Ge Gr 55.1 × 3.15 2
Pr = 2
= 2
= 0.42nW = −63.8dBm
 d  1000 
 4π   4π 
 λ  0.347 
Cependant, comme il n’y a pas d’adaptation d’impédance entre l’antenne réceptrice
(impédance de sortie = 10 Ω) et le récepteur (impédance d’entrée = 50 Ω), il y a une perte par
insertion entre l’antenne réceptrice et le réceptrice. La puissance électrique Prec délivrée par
l’antenne réceptrice au récepteur est donc égal à :

(
PRe c = PR 1 − Γin
2
) = 0.42nW × (1 − 0.67 ) = 0.23nW = −96.4 dBm
2

En tenant compte des pertes additionnelles de 3 dB, la puissance reçue est donc de -99.4 dBm
soit 0.115 nW.

149
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

4ème IR – 2012/2013 Contrôle Antennes A. Boyer


Tous documents autorisés / 35 min
Le barème (sur 10) est donné à titre indicatif.
Il sera tenu compte des justifications apportées à chaque réponse, ainsi que de la présentation.

On dispose d’une antenne de mesure présentant les caractéristiques décrites par les figures ci-dessous.
La mesure du coefficient de réflexion est faite en considérant une impédance caractéristique de 50 Ω.

1. Que signifient ces deux graphes ? Est-ce une antenne large bande ? Est-elle
omnidirectionnelle ? (1 pt)
Le premier graphe donne le diagramme de rayonnement en terme de gain dans les plans horizontaux
et verticaux, le second donne le coefficient de réflexion en entrée de l’antenne et nous permet de
déterminer la bande passante de l’antenne. Cette antenne est large bande mais n’est pas
omnidirectionnelle.
2. Donnez le gain de cette antenne et l’angle d’ouverture à 3 dB dans les plans verticaux et
horizontaux. (2 pts)
Le gain est mesuré dans la direction (0° ; 0°) est de 7 dB. L’angle d’ouverture dans le plan horizontal
est de 130°, celui dans le plan vertical est de 90°.

3. On travaille à une fréquence de 1.8 GHz. Quelle à la perte liée à la désadaptation ? Peut-on
négliger ces pertes ? (1 pt)
Le coefficient de réflexion à 1.8 GHz est d’environ 0.1. La perte liée à la désadaptation sont de :
Pmismatch = Pin*Γ², donc comme Γ = 0.1, la perte ne représente que 1 % de la puissance Pin qu’on
cherche à fournir à l’antenne. On peut donc la négliger.

4. On considère un point de mesure à 3 m de l’antenne de mesure. On suppose un espace libre,


sans obstacles et rempli d’air. Calculez la longueur d’onde. Peut-on considérer que le point de mesure
est en champ lointain ? (1 pt)
Longueur d’onde λ=c/f = 3e8/1.8e8 = 0.167 m. Le point de mesure est situé à environ 20 longueur de
l’antenne de mesure, on peut donc considérer que nous sommes en champ lointain.

5. On connecte une source de tension à cette antenne par un câble adaptée 50 Ω, présentant
une perte de 2 dB à 1.8 GHz. Cette source présente une impédance de sortie de 50 Ω. Cette source
délivre une puissance moyenne de 0 dBm à une charge 50 Ω. Calculez la densité de puissance
moyenne rayonnée au point de mesure. En déduire le champ électrique et le champ magnétique. (2 pts)
Le câble introduit une perte de 2 dB. Comme on considère qu’il n’y a pas de pertes liées à la
désadaptation, la puissance électrique Pe fournie à l’antenne de mesure est de -2 dBm, soit 0.63 mW.

150
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

En supposant une condition de champ lointain et un espace libre, la densité de puissance au point de
mesure est de : Pray (mW/m²) = Pe*Ge/(4*pi*r²) = 0.028 mW/m² Pray (dBmW/m²) = Pe+Ge-
10log10(4*pi*r²) = -15.5 dBmW/m²
En champ lointain, on a une onde en mode TEM donc le champ électrique E = sqrt(2*Pray*ηo) =
0.15 V/m, et H = E/ ηo = 0.39 mA/m.

6. On place au point de mesure une antenne dont on cherche à déterminer le gain. Cette
antenne est adaptée 50 ohms à 1.8 GHz. Il est connecté à un récepteur présentant une impédance
caractéristique de 50 ohms, à travers un câble adaptée 50 ohms présentant 3 dB de pertes à 1.8 GHz.
La puissance mesurée par le récepteur est de -41 dBm. Quelle est la puissance électrique induite sur
l’antenne ? (1 pt)
La puissance qu’on mesure est égale à la puissance induite sur l’antenne à caractériser moins les
pertes induites par le câble et la désadaptation, que l’on néglige. La perte du câble étant de 3 dB, la
puissance Pr induite sur l’antenne est donc de -38 dBm, soit 0.16 µW.

7. En déduire le gain de l’antenne à caractériser. Exprimez-le en dB. (2 pts)


En condition champ lointain et en espace libre, on peut utiliser la formule de Friis pour relier la
puissance électrique Pe fournie à l’antenne de mesure et la puissance électrique Pr reçue par
l’antenne à caractériser. On n’a qu’une seule inconnue dans cette équation : le gain de l’antenne à
caractériser Gr :
Gr = Pr*(4*pi*r/λ)²/(Pe*Ge) (les pertes câbles sont déjà prises en compte dans le calcul de Pe et Pr).
En dB : Gr (dB) = Pr (dBm) + 20*log10(4*pi*r/λ)-Pe (dBm)-Ge (dB) =4.1 dB

151
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

4ème IR – 2012/2013 A. Boyer


UF Techniques et Systèmes de Transmission – Contrôle de rattrapage
Antennes et Canaux de Transmission Bruités

Tous documents autorisés / 40 min


Le barème est sur 10, il est donné à titre indicatif.
Il sera tenu compte des justifications apportées à chaque réponse, ainsi que de la présentation.

On considère une application de contrôle d’accès à un bâtiment basé sur une liaison sans fil
fonctionnant autour de la fréquence 434 MHz. Le contrôle d’accès est basé sur une station émettrice
placée sur un mur à l’entrée du bâtiment.
Celui-ci transmet continuellement un signal
numérique modulé en QPSK sur un canal de
Zone de
10 KHz de large autour d’une fréquence Badge détection
porteuse de 434.1 MHz, avec un débit de 12
Kbits/s. Ce signal sert à activer tout badge
porté par une personne autorisée à entrer dans
le bâtiment, se situant face à l’entrée du Station
émettrice
bâtiment. Une fois le signal reçu par le badge,
celui-ci répond à la station émettrice par un
signal numérique modulé en QPSK sur un
canal de 10 KHz de large autour d’une
fréquence porteuse de 434.5 MHz, avec un
débit de 12 Kbits/s. Bâtiment

Il est important de noter que l’orientation du badge est à priori inconnue. La puissance d’émission de
la station émettrice est limitée à 10 dBm. On considérera le canal de transmission comme un canal
AWGN.
1. On dispose de 4 antennes dont les diagrammes de rayonnement dans le plan horizontal et les
gains (gain dans la direction privilégiée de rayonnement) sont donnés ci-dessous. Parmi ces 4
antennes, laquelle ou lesquelles choisiriez-vous pour la station émettrice et pour le badge ? (2 pts)
Pour la station émettrice : antenne B (car rayonnement dans une ½ hémisphère). Pour le badge :
antenne A (car omni). 1 point par réponse juste. Toute autre réponse est fausse.

152
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

A (gain = 0.2 dBi) 0° B (gain = 4 dBi) 0°


330° 30° 330° 30°

300° 60° 300° 60°

1 0.8 0.6 0.4 0.2 1 0.8 0.6 0.4 0.2


270° 90° 270° 90°

240° 120° 240° 120°

210° 150° 210° 150°


180° 180°
C (gain = 6 dBi) 0° D (gain = 7.8 dBi) 0°
330° 30° 330° 30°

300° 60° 300° 60°

1 0.8 0.6 0.4 0.2 90° 1 0.8 0.6 0.4 0.2


270° 270° 90°

240° 120° 240° 120°

210° 150° 210° 150°


180° 180°

2. Précisez pour les 4 antennes les angles d’ouverture à 3 dB dans le plan horizontal (à +/- 10°
près) ? (2 pts)
Antenne A : omnidirectionnel
Antenne B : 145 °
Antenne C : 2 lobes de 90°
Antenne D : 60°

3. Calculez le PIRE de l’antenne de la station émettrice. Exprimez-le en dBm (1 pt)


Avec l’antenne B : PIRE = Pe*Ge PIRE (dBm) = 10+4 = 14 dBm.

3. Les antennes de la station émettrice et du badge sont adaptées de telle manière à assurer un
coefficient de réflexion en entrée inférieur ou égal à 0.5 sur la bande d’émission et de réception.
Quelle est la perte maximale introduite par les désadaptations sur chaque antenne, exprimée en dB ? (1
pt)
Pmismatch =1- coef_refl² = 1-0.5² = 0.75 -1.2 dB

4. Au niveau de chaque récepteur, on souhaite réduire le taux d’erreur binaire (BER) à moins
de 0.1 % afin d’assurer une détection correcte de la station par le badge et du badge par la station. La
figure ci-dessous donne le BER théorique en fonction du rapport signal à bruit par bit pour les
récepteurs utilisés. En déduire le rapport signal à bruit minimal, noté SNR, pour assurer la contrainte
sur le BER. Exprimez-le en dB. (1 pt)

153
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

BER < 0.1 % Eb/No > 7 dB. SNR = Eb/No+10log(Fb)-10log(B) = 7+10*log(12)-10*log(10) =


7+10.8-10 = 7.8 dB.
5. Calculez les capacités théoriques du canal de transmission entre la station émettrice et le
badge. (1 pt)
SNR = 7.8 dB = 6
C = B*log2(1+SNR) = 10*log2(7) = 28 Kbits/s

6. On suppose une perte de propagation de type espace libre. En déduire la distance de


détection maximale théorique de la station émettrice par le badge. On supposera que le seuil de
réception du badge est de -90 dBm, que les pertes des émetteurs/récepteurs sont seulement liées aux
pertes de désadaptation des antennes et que des pertes supplémentaires estimées à 25 dB sont
introduites par les objets environnants et la personne porteuse du badge. (2 pts)
On fait un bilan de liaison succinct pour estimer la perte de propagation maximale :
Pemission = PIRE – Perte désadaptation = 14-1.2 =12.8 dBm
Preception min = Seuil de réception + Perte désadaptation = -90+1.2 = -88.8 dBm
Perte de propag max Lp = Pemission + Preception min – Pertes suppl = 12.8 + 88.8 -25 = 76.6 dB
D’après la formule de Friis : 20*log(D) = Lp-32.4-20*log(f_MHz) = -8.6 D = 0.37 km

154
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

4ème IR – 2013/2014 A. Boyer


Contrôle Antennes

Tous documents autorisés / 35 min


Le barème (sur 10) est donné à titre indicatif.

On dispose d’une antenne dont les caractéristiques sont données par le fabricant à l’aide des
figures ci-dessous. On souhaite utiliser cette antenne pour un point d’accès WiFi (bande ISM 2400-
2483.5 MHz) en extérieur. Dans la suite, on supposera qu’on est systématiquement en conditions
champ lointain. On négligera les pertes liées aux désadaptations d’impédance si le coefficient de
réflexion est inférieur à 0.1.

1. Que signifient ces deux graphes ? (1 pt)


Le premier graphe donne le diagramme de rayonnement en terme de gain dans les plans
horizontaux et verticaux, le second donne le coefficient de réflexion en entrée de l’antenne et nous
permet de déterminer la bande passante de l’antenne.

2. A quelle fréquence ou sur quelle bande de fréquence est-il conseillé d’utiliser cette
antenne ? Peut-on l’utiliser comme point d’accès WiFi ? (2 pts)
Entre 2325 et 2550 MHz, le coef de réflexion est < -20 dB, donc les pertes par desadaptation
sont négligeables. On peut utiliser cette antenne pour une application WiFi fonctionnant sur la bande
ISM 2400 MHz.

3. Donnez le gain de cette antenne et l’angle d’ouverture à 3 dB dans les plans verticaux et
horizontaux. (2 pts)
Le gain est mesuré dans la direction (0° ; 0°) est de 9 dB. L’angle d’ouverture dans le plan
horizontal est de 110°, celui dans le plan vertical est de 70°.

4. On travaille à une fréquence de 2.4 GHz. Un récepteur WiFi peut se connecter dans de
bonnes conditions s’il est exposé à un champ électrique supérieur à 45 dBµV/m. La puissance
électrique fournit à l’antenne d’émission du point d’accès WiFi étant de 20 dBm, à partir de quelle
distance théorique le récepteur ne pourra plus se connecter ? On supposera une condition d’espace
libre. Cette valeur vous semble t-elle réaliste en pratique ? (3 pts)
A 2.4 Ghz, on peut négliger les pertes par désadaptation (S11 = -25 dB)

155
Antennes & Outils et Modèles pour la Transmission Octobre 2014

E = 45 dBµV/m = 178 µV/m densite de puissance Pwave = E²/no = 84 pW/m² (no = 377
ohms). En supposant les conditions de champ lointain et d’espace ouvert, la densité de puissance
transportée par l’onde est égale à :
Pwave = PIRE/(4*pi*r²)=Pelec*Ge/(4*pi*r²)
La distance maximale assurant une connexion est donc :
Rmax = sqrt (Pelec*Ge/(4*pi*Pwave)) = 27.4 km

Chiffre irréaliste en pratique car le modèle de propagation en espace libre pour un


environnement extérieur (présence d’obstacles).

5. On décide de vérifier le gain de l’antenne WiFi à 2.4 GHz en effectuant la mesure


suivante en chambre anéchoïque. On place à 3 m de l’antenne à caractériser une antenne
préalablement caractérisée. Son gain est de 1.8 dB à la fréquence de mesure. On applique une
puissance électrique de 0 dBm à l’antenne WiFi. On mesure la puissance électrique reçue par le
dipôle. Celle-ci est de -42 dBm. L’ensemble des pertes associées aux câbles et aux équipements de
mesure atteint 3 dB. L’incertitude de la mesure est estimée à 2 dB.
Quel est le gain mesuré de l’antenne WiFi ? Est-ce que le résultat de mesure est en accord
avec les données du fabricant ? (2 pts)
A 2.4 Ghz, on peut négliger les pertes par désadaptation (S11 = -25 dB)
On va comptabiliser les pertes totales dans la puissance électrique fournie à l’antenne WiFi :
Pe = 0 – 3 = -3 dBm.
LA mesure étant faite en chambre anéchoïque, on peut supposer qu’on est en conditions de
champ lointain. D’après la formule de Friis, on peut évaluer le gain de l’antenne émettrice :
Ge = 10*log10(Pr*(4*pi*r/λ)²*1/(Pe*Gr)) = 8.8 dB
Ce chiffre est en accord avec la spécification du fabricant.

156

Vous aimerez peut-être aussi