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1 Gouvernance et action publique 2 perte de capacité de l’état à diriger l’économie, là aussi dans un contexte de

globalisation.
I. L’éclatement des niveaux de gouvernement
Années 70 : crise économique + vieillissement de la population : dépenses publiques
multiplication des centres politiques et on assiste à la dispersion du pouvoir : en en hausse, recettes en baisse : le contexte n’est plus favorable à l’Etat providence.
France d’une part :
1. La crise de l’état
la décentralisation entre 1982 et 1990 conduit à la remise en cause de l’état
(nouveaux niveaux de gouvernement infra nationaux) domaine économique

-> Villes deviennent importantes Dans les pays occidentaux à économie de marché, cette crise de la capacité
interventionniste de l’Etat est directement liée à la crise économique (années 1970)
-> perte de capacité de l’action de l’état qui perd le contrôle sur les politiques locales
par exemple perte de tutelle des préfets sur les présidents des exécutifs locaux  Les politiques keynésiennes montrent leurs limites
(maires etc.).
 Les politiques contra cycliques veulent soutenir la croissance ou la freiner en
d’autre part : fonction du contexte pour booster la relance (emploi + croissance)

la régionalisation également au niveau européen En France on a plutôt une croissance si soutenue qu’on a un système très
inflationniste car il y a une très forte demande avec des périodes contra cyclique
Au niveau international, le développement d’organisations politiques internationales
(relancer la machine quand elle s’essouffle ou l’inverse).
jouent un rôle dans les politiques publiques= FMI et Banque mondiale (bailleur de
fond pour beaucoup de pays) + l’OMC dont l’action a des conséquences sur les  Ces politiques s’essoufflent donc avec la stagflation qui apparaît, terme
politiques industrielles et les politiques protectionnistes qui sont des armes aux hybride renvoyant à la coexistence de chômage et d’inflation.
mains des Etats-Nations.
La stagflation à partir des années 70 : croissance faible chômage inflation
On voit aussi apparaître des organisations macro-régionales avec notamment le
Mercosur (économique plus ou moins intégrés). En France la relance de 1981 : inefficacité des relances keynésiennes (Mitterrand fait
une relance profitant aux partenaires politiques de la France qui n’ont pas les mêmes
l’état est concurrencé par le bas et le haut, ce qui est le fait marquant de l’intégration politiques).
européenne.
La crise de l’état se caractérise par le fait que l’Etat ne peut plus financer les grands
Dans les années 90, une idée s’installe selon laquelle on est dans un monde où les programmes industriels (TGV, Alcatel, l’aérospatiale etc.), le financement de la
échanges se sont développés et les relations se sont pacifiées. Euphorie : chute du recherche, le développement et la commande publique. L’Etat va aider des secteurs
mur de Berlin-> l’état-nation un niveau dépassé pour aller vers un système post- en difficulté (sidérurgie) mais se fait critiquer car n’a pas à intervenir dans les
étatique (gouvernance s’inscrivant dans ce schéma). politiques industrielles (contre politiques interventionnistes et contre l’assistanat aux
3 canards boiteux)

L’Etat actionnaire c’est bien mais contre productif sur le marché internat. Car l’entrep. 4
ne peut pas faire jouer les lois du marché : l’Etat s’oppose aux délocalisations par ex.
 Thatcher en fait la base de son programme pol. ainsi que Reagan dans les
Domaine de la protection sociale années 1980

une crise de financement de l’action sociale : demande de prestations dépense  Relayées par des organisations internationales (FMI, Banque mondiale, OCDE)
d’actions sociales mais si chômage alors moins d’actifs donc cotisations sociales
 Dans le domaine social, ces attaques idéologiques contre l’état providence se
Idem population vieillissante dc dépenses maladies, aides etc datent en 1981 au travers du Welface state in Crisis= qui est un rapport qui
dénonce la crise de l’état providence .( L’OCDE produit aussi un rapport, les études PISA
+ de dépenses - de recettes = déficit de la sécurité sociale sur les jeunes de – de 15ans des pays de l’OCDE et leur niveau de compétences ) Dans ce

donc l’Etat providence et par suite l’Etat tout court est remis en cause rapport : le coût de la protection sociale pénalise les entreprises et les rend
moins compétitives et donc entraîne la ruine de l’Etat en le rendant moins
Dans les pays du sud il y a aussi une forme de crise : la crise de la dette dans les compétitif.
années 80 : Mexique 1982 par ex.
Aujourd’hui il y a l’idée que protection sociale=charge sociale=remise en cause de la
Les objectifs de développement pas remplis -> inégalités Nord/sud + incapacité à compétitivité des entreprises
rembourser la dette et les intérêts Les Etats sont en échec.
Les doctrines préconisées par les thèses libérales sur l’Etat social pèsent sur les pol.
du côté du bloc soviétique, à la fin des années 1980, l’éclatement de l’ex URSS : rejet publiques :
de l’éco socialiste : crise des thèses marxiste + fin de la guerre froide donc moins de
-Privatisation (idée de retirer à l’état providence des choses et de le confier à des
soutien aux pays qui auraient pu devenir socialistes
prestataires privées : assurances privées),
Crise des idées keynésiennes et des thèses marxistes + inefficacité des Etats =
-Le ciblage des prestations sociales
émergence des idées néo libérales
-Retirer une partie de l’action sociale à l’état et faire entrer des acteurs privés
2 Le tournant néo-libéral (Bruno Joubert sorti en 1994)
-Appel à la responsabilisation individuelle
deux auteurs Hayek, Friedman sont retenus ; pour eux la crise est due à l’application
des idées de Keynes (intervention de l’Etat) qui génèrent inflation et chômage car Sur le versant économique :
l’Etat et la société vivent au-dessus de leurs moyens, cela entraîne aussi les déficits
publics. Donc ils préconisent les privatisations etc.. - politiques monétaristes pour lutter contre l’inflation

Milton Friedman : incarne le courant monétariste ; ses thèses diffusées dans les pays - diminuer la pression fiscale et les charges qui pèsent sur le capital, entreprises
Anglo-Saxons au travers des Think Tanks (passent les idées du monde univers. Au
- Plus grande flexibilité du travail
monde politique) 6

5 en bas formation professionnelle les jeunes embauchés par l’entrep.

- privatisations Depuis les années 1980 changement :

cette doctrine va être résumée par le consensus de Washington, un ensemble de -Privatisations sous Chirac, désengagement de l’Etat dans les entrep. publiques ->
recette libéral tournant autour des recettes publiques et de la régulation des marchés sous emploi
promus par la banque mondiale, FMI et la banque américaine. C’est un cadre général
-Les entrep. se financent sur le marché financier, les investisseurs sont américains,
qui à partir des années 80 qui est très dominant.
britanniques etc (voir les stés du CAC 40 investissements étrangers)
Le modèle français qualifié de dirigiste et étatique
-Plus de financement d’Etat pour des secteurs prioritaires
Dans les années 2000 il y a un renouveau des sciences sociales qui s’intéressent à
l’objet économique. -> recours à des méthodes et régulation différente pour - la loi de 2004 sur le dialogue social : autonomie des négociateurs au niveau de
l’entrep. syndicats faibles
coordonner l’activité économique

Les auteurs distinguent 2 grands modèles qui sont des idéaux typiques: moins d’égalité : différences entre régions et secteurs d’entrep.

Pour la formation : les régions sont devenues acteurs des formations professionnelles
-> économie libérale de marché : le marché joue un rôle très important pour :
relations entrep./sous traitants, relations de travail se gèrent dans la firme, relations (décentralisation) : chaque région détermine ses besoins mais la coordination avec
entrep. et syndicats fonctionne mal. Le système échappant à l’Etat les élites vont vers
avec les autorités publiques faibles, financement par le marché interne
le secteur privé même si l’Etat continue de financer. L’enseignement général reste
-> Les économies de marché coordonnées : les entreprises s’appuient sur des piloté par l’Etat
formes de coopération institutionnalisées plus que sur le marché, financement plus
sécurisé moins dépendant du marché, relations avec sous traitants contractualisées  Crise du compromis fordiste des 30 glorieuses D’un point de vue politique
donc pérennes, partenariats stables apparaît une inadéquation du niveau gouvernemental pour agir sur
l’économie et un écart entre les processus de globalisation et un écart avec
La France se situe surtout dans le 2eme modèle ( Culpepper) mais aujourd’hui est l’espace politique centré sur l’état nation : on parle de « crise de la
déstabilisé . gouvernementabilité  donc de légitimité des gouvernants et de l’Etat

Après la libération : rôle central de l’Etat planification de l’éco. socialement il oriente 3 La place des acteurs non étatiques et le renouveau du débat
les salaires (syndicats faibles)3 leviers : 1) les salaires du privé indexés sur le public 2) élitiste/pluraliste
création du SMIC 3) la procédure d’extension permettant au gouvernement d’étendre
à tout un secteur un accord signé avec un syndicat valant sur l’ensemble du secteur ; a) Le débat pluraliste élitiste
années 1981 nationalisations et banques gdes entrep. orientations des financements
pour développer certains secteurs Aux USA on va s’intéresser au rôle des acteurs extérieurs à l’état (groupes d’intérêts)
et à la capacité d’influence de ces groupes d’intérêts.
La formation est dispensée par l’Etat : méritocratie au sommet une élite : ENA etc… 8

7 Ces groupes représentent des intérêts très larges, ils sont très institutionnalisés,
organisés l’état joue un rôle dans leur structuration. Les négociations sont tripartites :
Truman (approche pluraliste) l’émergence de ces groupes d’intérêts résulte de 2 Etats/patronat/ représentant des salariés
processus : Néo-corporatisme : Système de représentation des intérêts dans lequel les unités
-> différenciation de plus en plus poussée des sociétés (faire valoir leurs intérêts et constituantes sont organisées en nombre limité de catégories singulières,
être de plus en plus représentés). D’où l’émergence de groupes de pression : ceux qui obligatoires, non constitutionnelles, catégories reconnues ou agrées, sinon créées…
ont des intérêts communs vont s’associer pour se défendre en pesant sur l’Etat : c’est L’Etat référent du corporatisme (des 30 glorieuses : l’Autriche) un seul syndicat
le pluralisme. années 60 on a un regain des idées pluralistes R. Dahl représente l’ensemble des salariés : il existe une chambre institutionnalisée qui leur
-> approches dites élitistes (élite au pouvoir) : perspective opposée qui est de dire est dévolue ; il existe une chambre de commerce représentant l’industrie et les
que c’est un groupe homogène qui occupe les différents groupes de pouvoirs (état, services ; idem une chambre pour l’agriculture. Ces chambres joue une rôle dans
économique ou militaire).n Europe : l’état joue un rôle historique plus important l’élaboration des politiques publiques et es lois et dans la pol. sociale et éco. Cet
(Europe=état fort et Etat faible aux USA). échange doit permettre la paix sociale. Ces groupes acceptent l’intervention de l’Etat
dans la désignation de leur leader, dans leur fonctionnement. Ces groupes acceptent
D’un côté une approche mettant l’accent sur la pluralité des groupes, à se faire de moduler et d’encadrer les demandes : c’est la sociale démocratie à l’autrichienne
entendre, Etat reflet de ce pluralisme et de l’autre un groupe une élite autonome (macro corporatisme).
monopolisant tous les postes de pouvoirs et n’étant pas à l’image de l’état
En France pas de syndicalisme unifié mais des fractures importantes de + syndicalisme
b) Le neo-corporatisme comme modèle de régulation des politiques des 30 faible. Vrai aussi pour le patronat medef/AFEP (entrep.privées) entrep
glorieuses privées/publiques , Grandes/petites et moyennes, FNSEA, artisans => pas de voix
collective
En France : Idée d’une relation directe entre l’Etat et le citoyen notamment avec la loi
le Chapelier qui interdit les corporations professionnelles. Pas de Lobby au parlement Il existe cependant des négociation avec un groupe en situation de monopole : le
mais les groupes d’intérêts existent et peuvent de faire entendre. Les administrations secteur agricole : politique agricole années 50-60 les professionnels ont été associés à
les consultent l’élaboration de la loi (modernisation, mécanisation, concentration des exploitations,
formation des agriculteurs, développements de techniques productives etc)
néo corporatisme : régulation politique prenant en compte le rôle de certains
groupes intermédiaires, d’intérêts entre l’état et le citoyen cela fait référence aux La mise en œuvre de cette politique, sa gestion concrète est aussi confiée à la
corporations d’ancien régime qui étaient des système de représentations de groupes profession via les chambres d’agricultures(chambres consulaires représentants la
professionnels auprès de l’état ( ces corporations avaient un pouvoir obligatoire avec profession d’agricoles avec des élus, il y a aussi des représentants de l’état). La FNSEA
une codification norme de production, salaires versés etc.). sont surtout associées au acteur principal ; Coupe-feux aux éventuelles explosions sociales. L’état se garantit la
nom de Philippe Schmitter. paix sociale dans les campagnes. C’est la nécessité pour le gouv de moderniser le
secteur et d’éviter les risques.
Dans les politiques publiques l’Etat ne négocie qu’avec un nombre restreint de
groupes privés (seuls certains groupes ont légitimité à discuter avec l’Etat mais tous 10
peuvent s’adresser à lui)
II. La gouvernance en Science Politique
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A . Le temps des mutations et de l’ingouvernabilité
C) Nouveaux groupes et retour du débat élitistes pluralistes
Jean Leca :
Le cadre d’analyse corporatiste va être remis en cause à partir des années 70,
toujours liés au contexte de la globalisation et l’apparition de nouveaux acteurs C’est dans le contexte des années 80 avec une très forte montée du marché qu’on va
parler de gouvernance= nouvelle forme de régulation à la place du gouvernement et
revenant à ces décisions du néo-corporatisme durant les 30 glorieuses.
des états.
Les politiques nationales moins fortes car interdépendances par ex l’Etat ne peut plus
Gouvernance : C’est une forme d’action qui se situe entre le tout marché et le tout
tenir ses garanties de plein emploi contre des engagements des syndicats. La France
étant dans l’UE -> conflit car la PAC garantit les intérêt agricoles français état dans un contexte où la montée en puissance de la régulation par des
mécanismes de marché plus importants (dans l’action publique) mais en même temps
Schmitter dans la présentation de son modèle a mis en avant un certain nombre de où l’état ne disparaît pas complètement. Pour Jean Leca : «  le terme traditionnel en
limite ou de tensions menaçant ce modèle de médiation néo-corporatiste : anglais de gouvernance tend alors à désigner un mode de coordination sociale ne
présupposant pas l’autonomie encore moins la souveraineté d’un gouvernement
->Des tensions peuvent apparaître au sein du groupe en situation de monopole public, mais consistant dans une pluralité d’acteurs «  gouvernants  » qui en sont pas
(dissension au sein de la FNSEA par ex.) apparition, à gauche de la confédération tous étatiques, ni même publics  »
paysanne donc scission (année 80)
Richard Balme : «  La gouvernance «  se distingue du gouvernement en ce qu’elle
->reconnaissance officielle par l’Etat d’un autre groupe représentatif (la caractérise les relations entre un ensemble d’institutions et d’acteurs publics et privés,
confédération) plus que l’activité d’un organe centralisant l’autorité exécutive »
->Internationalisation du marché agricole (début 80) création de filières de produits Patrick Le Galès : « Processus de coordination d’acteurs, de groupes sociaux,
donc plus d’unité du monde agricole d’institutions pour atteindre des buts propres discutés et définis collectivement dans
->apparition de nouveaux groupes qui ne se fondent plus sur des critères socio les environnements incertains »
économiques mais sur des valeurs post matérialistes : les mouvement En synthèse : forme de pilotage de la société qui ne passe plus par l’action d‘une élite
environnementalistes ou régionalistes ou féministes etc… qui concurrencent les politico administrative relativement centralisée mais par des formes de coordination
acteurs traditionnels. Les ONG vont s’organiser de façon transnationales multi-niveaux et multi-acteurs (privées publics, privées, internationaux etc.)et qui
=> tout cela déstabilise le modèle corporatiste. Le néo corporatisme ne disparaît pas s’applique à des espaces variables : les villes : gouvernance urbaine, puis par
complètement puisqu’il y a bcp plus d’acteurs intervenant dans différentes phases de extension, le territoire (« gouvernance territoriale »), le monde : la gouvernance
la gouvernance mais en même temps se maintiennent des poches de négociation mondiale, l’UE : la gouvernance européenne
corporatistes à l’échelle nationale
.

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Les attributs de la gouvernance

a) Système horizontal : pas hiérarchique, les acteurs qui interagissent sont presque
égalitaires. L’Etat n’est plus le plus important ni normatif : ce n’est plus lui qui donne
du sens

b) Les affaires publiques devraient être gérées comme des entreprises ( New Public
management)

c) Les relations au travers des délégations publics-privées sont sur le mode


contractuels et non pas sur le mode hiérarchique

d) C’est un ensemble hétérogène d’axiomes tiré des théories économiques (trop


d’état, plus de responsabilité des acteurs, plus de contrôle= approches éco
néolibérales). Elle emprunte aussi à des savoirs issu du magement privée et c’est une
doctrine empruntant aussi à des expériences faites dans les pays anglo-saxon
réformant l’état et l’administration .

5 principes :

1) séparation nette entre les fonction de pilotage, de stratégie et l’exécution (gestion


doit être externalisée et l’Etat prend les décisions) 2) Une fragmentation des
administrations et des hiérarchies verticales répondant au principe précédent (la
décentralisation par ex.) 3) Une fragmentation correspondant à la volonté de confier
à d’autres acteurs que l’état la responsabilité d’autres services. 4) Le recours aux
mécanismes de marché avec concurrence de acteurs publics-privées,
l’individualisation des rémunérations, des externalisation de services à de acteurs
privés. 5) Le renforcement des responsabilité de l’autonomie et plus de
responsabilité ; Gestion par les résultats
Ces approches se durcissent dans des slogans forts = banque mondiale et FM,
vecteurs de diffusion. L’Etat doit s’en tenir à un rôle de garant et de régulateur.