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/ Cours de Droit des Sociétés Commerciales, année académique 2020-


2021

INTRODUCTION GENERALE

L’exploitation de l’activité commerciale peut être le fait d’un commerçant qui gère une
entreprise individuelle ou d’un groupe de personnes associées d’une société commerciale. On
définit la société commerciale comme un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes
conviennent d’affecter à une activité des biens, dans le but de partager le bénéfice ou de profiter
de l’économie qui pourra en résulter.
Ainsi, d’un point de vue humain, il faut au moins deux personnes pour constituer une
société commerciale, on parlera ainsi de société pluripersonnelle par référence à plusieurs
associés créateurs de la société. Cependant, on admet exceptionnellement qu’une société
commerciale peut être constituée par une seule personne, on parlera dans ce cas de société
unipersonnelle par référence à un associé unique créateur de la société commerciale. Cela dit,
seules peuvent être constituées par un seul associé ou actionnaire la SA (Société anonyme), la
SARL (Société à responsabilité limité), et la SAS (société par action simplifiée).
Les personnes qui ont ainsi décidé de créer une société commerciale sont appelées
associés ou actionnaires. Elles sont appelées associés dans les sociétés de personnes notamment
la SNC (Société en nom collectif), la SCS (Société en commandite simple) et dans la société
mixte la SARL. Elles sont appelées actionnaires dans les sociétés de capitaux notamment la SA
et la SAS.
L’associé ou l’actionnaire étant au centre de l’activité sociale, le droit des sociétés
commerciales apparait comme un ensemble de règles juridiques qui régit les rapports entre les
associés ou actionnaires au cours de la constitution, du fonctionnement et de la dissolution de la
société commerciale.
Quel est donc l’intérêt de créer une société commerciale ? Pourquoi le mode
d’exploitation du fonds de commerce sous la forme d’une société est important ?
- L’intérêt de créer une société du point de vue financier : Les capitaux d’une seule
personne ne sont pas souvent suffisants pour créer une entreprise dont le lancement ou le
développement vont requérir de très lourds investissements. L’intérêt du point de vue financier
est encore plus grand lorsque les sociétés peuvent faire appel public à l’épargne (la société
apparait ici comme une technique d’organisation de l’entreprise).
- L’intérêt de créer une société du point de vue juridique : Ici l’intérêt majeur de créer
une société est que cette dernière acquiert une personnalité juridique autonome. De même que,

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contrairement à une entreprise individuelle où l’entrepreneur répond des dettes nées de son
activité sur tous ses biens, la société permet d’affecter à son activité une partie seulement des
biens de l’entrepreneur, ceci lui permettant ainsi de protéger ses biens en cas de mauvaises
gestion (cette technique s’applique aux sociétés dans lesquelles la responsabilité de l’associé est
limitée à son apport, V. plus tard). C’est en ce sens qu’on dit que la société est une technique
d’organisation du patrimoine.
Au titre des sources du droit des sociétés commerciales, il y a d’abord le traité OHADA
du 17 octobre 1993, avec son acte uniforme dont la dernière révision date du 30 janvier 2014
avec la mise en place de l’Acte uniforme révisé portant DSGIE. Ensuite, on retrouve les lois
internes notamment la loi du 10 août 1990 avec ses modifications subséquentes sur l’orientation
de l’activité commerciale (C’est l’art. 1 al. 3 AUSGIE qui a précisé que : « les sociétés
commerciales et les groupements d’intérêts économiques demeurent soumis aux lois non
contraires du présent Acte uniforme qui sont applicables dans l’Etat partie ou se situe leur siège
social ».Enfin, il y a les règlements d’application, la jurisprudence, la doctrine.
Il convient tout de même de préciser que les dispositions de l’AUSGIE s’appliquent à
toute société commerciale y compris celle où l’Etat ou une personne morale de droit public est
associé dès lors que son siège social se situe dans l’un des Etats parties du Traité OHADA .
Le cours est donc structuré en deux parties, une première partie qui traite du droit
commun des sociétés commerciales, et seconde partie qui étudie le droit spécial de chaque
société commerciale.

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PREMIERE PARTIE : LES REGLES COMMUNES A TOUTES LES SOCIETES


COMMERCIALES

Ces règles constituent le droit commun des sociétés. Ces règles concernent
essentiellement la formation, le fonctionnement et la dissolution des sociétés commerciales.

CHAPITRE I : LA CONSTITUTION DES SOCIETES COMMERCIALES


La constitution d’une société commerciale obéit à des conditions de fond et de
forme particulières. La société commerciale peut être créée par une seule personne dénommée
associée unique, cette société est créée par un acte appelée acte écrit. Mais généralement,
la constitution d’une société commerciale procède de la conclusion d’un contrat de société
manifestant la volonté de s’associer. L’acte écrit ou le contrat de société doit obligatoirement
faire l’objet d’une publicité légale dont l’accomplissement donnera naissance à la
personnalité morale. Section I : La condition préalable : Le contrat de société
D’après l’art 4 AUSGIE, le contrat de société est une convention
par laquelle deux ou plusieurs personnes conviennent d’affecter à une activité des biens en
numéraire ou en nature, ou de l’industrie, dans le but de partager le bénéfice ou de profiter de
l’économie qui peut en résulter. Il ressort de cette définition deux critères fondamentaux, la
mise en commun des biens et le partage du bénéfice ou de l’économie. A ceux-ci, la doctrine
ajoute un troisième critère : la volonté de s’associer ou affectio societatis.
Paragraphe I : La mise en commun des biens : les apports
A - Définition des apports
L’apport est une somme d’argent, un bien, ou une expertise particulière
qu’un associé met à la disposition de la société en vue de l’exploitation commerciale. On
distingue 03 types d’apports.
- L’apport en numéraire (argent) : Il consiste pour l’associé
d’apporter de l’argent en espèce pour le fonctionnement de la société commerciale. Cet apport ne
sera considéré comme réalisé que lorsqu’il y aura eu transfert de propriété des sommes d’argent
par l’associé et que la société aura intégralement et définitivement encaissées.
- L’apport en nature (matériel) : Il consiste pour
l’associé d’apporter un bien (mobilier ou immobilier) à la société. Cet apport peut être fait en

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propriété ou en jouissance. Lorsque l’apport est en propriété, la propriété du bien est transférée
à la société qui en supporte également les risques. Par contre, lorsque l’apport est en jouissance
l’apporteur demeure propriétaire de son bien et ne transfère que son usage à la société pendant
la durée de son contrat (par conséquent, il continue à assumer les risques et en cas de
détérioration ou de perte du bien apporté, l’associé perd sa qualité).
L’apport en nature doit être évalué en argent par les
associés (cette évaluation se fait selon le type de société, sous le contrôle d’un commissaire aux
apports : personne désignée par les associés et chargée d’apprécier, sous sa responsabilité, la
valeur des apports en nature effectués par un associé), et est réalisé par le transfert à la société
des droits correspondant aux biens apportés.
- L’apport en industrie : Il consiste pour l’associé
d’apporter des connaissances techniques ou professionnelles (apport de main d’œuvre) à la
société. Cet apport n’est pas susceptible d’être évalué en argent et ne concourt pas à la
formation du capital social mais donne lieu à l’attribution des titres sociaux.
B - Les effets de l’apport
L’apport est le critère de définition
de la qualité d’associé et permet de distinguer un associé, d’un prêteur ou d’un salarié. L’apport
constitue aussi dans les sociétés à risque limité (SA, SARL, SAS) la mesure de l’engagement
de l’associé qui n’est tenu du passif social qu’à concurrence de son apport.
En contrepartie de son
apport, l’associé reçoit des titres sociaux (dénommés actions dans les sociétés par action et part
sociale dans les autres sociétés). Ces titres lui confère des droits particuliers (droit de vote, droit
au partage des bénéfices et de l’actif net…) et représentent la fraction du capital social qu’il
détient. L’ensemble des apports constitue le capital social. L’apport est non seulement la
condition de validité de la société, mais représente le gage des créanciers sociaux.
Paragraphe II : Le partage des
biens ou le profit de l’économie La répartition des bénéfices
entre les associés se fait proportionnellement au montant de l’apport de chaque associé à la
formation du capital social. Mais les statuts peuvent prévoir des règles différentes, seules sont
interdites les clauses léonines (clauses par lesquelles un associé ou un groupe d’associés se
réserve la totalité des bénéfices fut-il majoritaire). Cependant, si la société n’a réalisé aucun

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bénéfice, il est interdit aux associés de prélever de l’argent dans le capital social pour se partager
(ceci se justifie par deux règles  : la fixité et l’intangibilité du capital social).
Toutefois, l’art. 4 al 1. Précise
qu’en contrepartie du droit au bénéfice, les associés ont l’obligation de contribuer aux pertes
de la société (NB : L’obligation de contribuer aux pertes se distingue de l’obligation aux dettes
ou au passif social. Dans le premier cas, il s’agit de déterminer une fois les créanciers
désintéressés, la part effective de la dette que devra supporter chaque associé
proportionnellement à son apport, par contre l’obligation au passif est relative à l’étendue de la
responsabilité de la société et varie selon que la société est à risque limité ou illimité).
Paragraphe III : La
volonté de s’associer ou affectio societatis L’affectio societatis
est la manifestation de la volonté de collaborer entre associés. Ceci suppose une volonté d’union
entre associés qui collaborent sur une base égalitaire. La jurisprudence fait d’ailleurs de l’affectio
societatis la condition fondamentale du contrat de société. L’existence véritable d’une société
suppose donc que les associés soient animés de cette volonté d’union et de collaboration (En
l’absence de cette volonté de collaboration, la société sera qualifiée de société créée de fait).
Toutefois, l’affectio societatis demeure un sentiment et non un concept juridique, par conséquent
n’est pas imposé par la loi. Section II : Les conditions de constitution
des sociétés commerciales Pour qu’une société soit valablement formée, les
conditions de fond et de forme doivent être respectées.
Paragraphe I : les conditions de fond
La société se définissant comme un contrat doit
d’abord satisfaire aux conditions de validité de droit commun des contrats avant de satisfaire aux
conditions spécifiques du contrat de société.
A- Les conditions de fond générales
Il s’agit des conditions classiques de validité des
contrats. Ainsi, les parties au contrat de société doivent justifier d’une capacité à contracter,
d’un consentement valable, d’un objet licite et d’une cause conforme à l’ordre public et aux
bonnes mœurs. B - Les conditions de fond propre à la
société En plus des conditions précédemment présentées
(les apports, la recherche du bénéfice et la volonté de s’associer), on pourrait ajouter : D’abord,

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la pluralité d’associés lorsque la société est pluripersonnelle. Ensuite, le profil des associés est
indifférent, il peut s’agir aussi bien des personnes physiques que des personnes morales. Les
associés peuvent également être des commerçants ou des non-commerçants, sauf à relever que
tous les associés d’une SNC doivent obligatoirement avoir la qualité de commerçant. De même
que dans la SCS, le commandité doit avoir la qualité de commerçant. Par contre dans la SARL,
la SA et la SAS cette condition n’est pas exigée. Enfin, s’agissant le cas des époux, l’art. 09
AUSGIE interdit aux époux d’être associés d’une société dans laquelle ils seront tenus
indéfiniment et solidairement des dettes sociales (SNC). Ils ne peuvent donc qu’être associés
d’une société où leur responsabilité est limitée à leur apport (SA, SARL, SAS) ou dans une
société ou l’un sera commanditaire (non-commerçant) et l’autre commandité (commerçant)
(SCS). Paragraphe II : Les conditions de forme
D’abord, la création d’une société
commerciale nécessite l’établissement des statuts encore appelés acte de société. De principe,
les statuts (acte constitutif d’une société rédigé par écrit, comportant des mentions obligatoires
(forme de la société, objet et siège social, sa durée…) et posant les objectifs et les règles de
fonctionnement de la société) peuvent être établis par acte notarié ou par tout acte considéré
comme authentique dans un Etat membre de l’OHADA. Exceptionnellement, l’établissement des
statuts peut également être fait par acte sous-seing privé.
Ensuite, une fois les statuts établis, les
fondateurs de la société doivent procéder à l’immatriculation de la société au RCCM (c’est par
l’immatriculation que la société acquiert la personnalité juridique). Enfin, dans un délai de 15
jrs suivant l’immatriculation, les fondateurs doivent procéder à la publicité des statuts dans un
journal d’annonces légales. Paragraphe III : La sanction des
irrégularités de constitution En principe, une société
irrégulièrement constituée encourt la nullité. Mais l’AU réserve un régime particulier à cette
nullité. Primo, l’art.
242 AUSGIE dispose que la nullité d’une société ne peut résulter que soit d’une disposition
expresse dudit AU (pas de nullité sans texte), soit des textes régissant la nullité des contrats.
Ainsi, il y aura nullité en cas d’omission des formalités de publicité dans la SNC et la SCS (a
contrario cela ne semble pas être le cas dans d’autre société). De même que la nullité est exclue
dans les SA, SARL et SAS pour vice du consentement ou incapacité d’un associé à moins que

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celui-ci n’atteignent tous les associés (a contrario, la nullité semble être possible pour ces
causes dans les autres sociétés). En dehors de ces cas, l’AU annule toute société dont le
contrat de société à un objet illicite ou une cause contraire à l’ordre public et aux bonnes
mœurs. Par ailleurs, l’action en nullité se prescrit par 03 ans à compter de l’immatriculation de la
société (ce délai ne concerne pas la nullité pour illicéité de l’objet social).
Secundo, une mise en demeure de la société est obligatoire avant toute action en
nullité afin de permettre à celle-ci de régulariser sa situation dans un délai de 15 jrs. Quand bien
même cette mise en demeure est vaine, le Tribunal saisi peut donner un délai supplémentaire à la
société pour régularisation (toute régularisation est exclue en cas d’illicéité d’objet social).
Tercio, La nullité de la société met fin sans rétroactivité à l’exécution du contrat. Les associés
et la société ne pourront se prévaloir de la nullité à l’égard des tiers de bonne foi.
Section III : La société de fait et la personnalité morale des sociétés
commerciales Paragraphe I : La société de fait
Dans le but de protéger les tiers de bonne foi qui auraient noué des relations
juridiques avec une société irrégulièrement constituée et, garantir la sécurité des transactions,
l’AUSGIE consacre la notion de société de fait (c’est une société constituée mais qui comporte
un vice de formation non régularisé ou une société ne correspondant pas aux formes de
société reconnues par l’AUSGE). On considère que les actes accomplis par une société
irrégulièrement constituée demeurent valables et les associés sont tenus indéfiniment et
solidairement du passif social. Cette notion doit être distinguée de la société créée de fait
(celle où deux ou plusieurs personnes physiques ou morales se comportent comme des
associés sans avoir constitué entre elles l’une des sociétés reconnue par l’AUSGIE).
L’existence d’une société de fait ou créée de fait peut être
prouvée par tous les moyens (si l’existence est reconnue par le juge, les règles de la SNC
seront appliquées aux associés). Paragraphe II : La personnalité morale des
sociétés commerciales Une société régulièrement constituée jouit à
compter de son immatriculation, de la personnalité juridique. Cette personnalité a pour principale
conséquence de lui conférer certains attributs notamment  : un nom (dénomination sociale), un
domicile (siège social), une nationalité (généralement celle où se situe son siège social), une
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CHAPITRE II : L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT DES


SOCIETES COMMERCIALES

Pour assurer le fonctionnement d’une société commerciale deux éléments


sont nécessaires, les Hommes et les biens. D’un côté, les Hommes s’organisent autour de
plusieurs organes appelés organes sociaux. De l’autre côté, en contrepartie d’un apport effectué,
l’associé reçoit des titres sociaux. .
Section I : L’organisation des sociétés commerciales : les organes sociaux
Trois organes assurent le fonctionnement d’une société commerciale :
l’assemblée générale, le dirigeant social et éventuellement le commissaire aux comptes.
Paragraphe I : L’assemblée générale (AG)
L’AG est l’organe qui réunit tous les associés d’une société
commerciale. C’est l’organe de délibération et de contrôle de la gestion sociale. L’art. 125
AUSGIE dispose que tous les associés ont le droit de participer aux décisions collectives au
cours d’une AG. L’associé a également un droit de vote (proportionnel à sa participation au
capital social). L’associé peut participer personnellement ou se faire remplacer par un
mandataire. Toute décision d’une AG non-conforme à l’intérêt de la
société pourrait engager la responsabilité de ceux qui l’ont imposée à défaut son annulation
(NB : Il y a abus de majorité lorsque les associés majoritaires ont voté une décision dans leur
seul intérêt contrairement aux intérêts des associés minoritaires, et que cette décision est
contraire à l’intérêt de la société. Par contre, il y a abus de minorité lorsqu’en exerçant leur
vote, les associés minoritaires s’opposent illégitimement à ce que les décisions soient prises
alors qu’elles sont nécessaires et conformes à l’intérêt social).
Dans tous les cas, l’AG a le pouvoir de
nommer et de révoquer les autres organes sociaux. L’AG se tient par an, il s’agit en réalité de
l’AGO (Assemblée Générale Ordinaire), notamment en cas d’approbation des comptes sociaux
(les décisions ici sont prises à la majorité simple des voix des associés). L’AG peut aussi être
extraordinaire (AGE), c’est le cas chaque fois qu’il s’agira d’apporter des modifications aux
statuts (changer le siège social, augmenter le capital social…ici les décisions sont prises à
l’unanimité des voix des associés). Paragraphe II : Le dirigeant social
C’est celui qui assure la

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mise en application des décisions adoptées par l’AG. L’appellation de ce dirigeant social varie
en fonction de la forme de société. Dans les sociétés de personnes (SNC, SCS)
et dans la SARL, il est appelé le gérant. Par contre dans les sociétés de capitaux, notamment la
SAS, la direction de la société est assurée par le président de la société, tandis que dans la SA
(avec conseil d’administration), deux organes sont chargés de la mise en application des
décisions voté en AG : un président du conseil d’administration (organe d’administration) et
un directeur général (organe de direction), et dans la SA (sans conseil d’administration), un
seul organe : un administrateur général (qui assure simultanément l’administration et la
direction). La mission du dirigeant social est de
conduire la société vers la finalité légale à savoir la réalisation des bénéfices ou le profit de
l’économie. Il jouit d’une liberté de gestion à charge simplement de rendre compte de sa gestion
à l’AG. A cet effet, il est tenu à certaines obligations telles que la tenue et la présentation
d’une comptabilité régulière. En tant que chef d’entreprise, le dirigeant social
exerce un triple pouvoir (un pouvoir de direction, un pouvoir règlementaire et un pouvoir
disciplinaire). Cependant, tout acte qui ne poursuit pas la finalité légale serait contraire à
l’intérêt social et pourrait engager sa responsabilité en cas de faute de gestion. C’est en ce sens
que l’art. 162 définit l’action individuelle (action en réparation du préjudice subi par un tiers
ou un associé du fait de la faute commise individuellement ou collectivement par les dirigeants
sociaux dans l’exercice de leurs fonctions) et l’art. 166, l’action sociale (action en réparation du
dommage subi par la société du fait de la faute commise par le ou les dirigeants dans l’exercice
de leurs fonctions). Paragraphe III : Le contrôle de gestion : Le commissaire aux
comptes Il a pour mission avant la tenue de l’AGO, de certifier les
états financiers de synthèse annuels (bilan, inventaire, compte…) et le rapport de gestion
établis et arrêtés à la fin de chaque exercice par le dirigeant social. C’est lui qui assure
principalement le contrôle de gestion de la société.
Par ailleurs, tout associé à un droit d’information
et de communication des documents sociaux qui lui permet d’exercer un contrôle indirect sur
la gestion de la société. C’est le cas notamment en cas de doute sur la continuité de
l’exploitation. Ce contrôle consiste pour l’associé à saisir les organes de direction afin de
s’informer (en posant par écrit des questions) sur l’activité de la société ou que soit mis à sa
disposition des documents sociaux. Ce contrôle peut aboutir à une expertise de gestion à la

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demande de l’associé (procédure par laquelle un ou plusieurs associés saisissent la juridiction


compétente au fin de désignation d’un ou de plusieurs expert chargés de présenter un rapport
sur une ou plusieurs opérations de gestion). Section II : Les titres sociaux
En contrepartie de son apport,
l’associé reçoit des titres sociaux émis par la société (ces titres confèrent à leur titulaire : un
droit sur les bénéfices réalisés par la société, un droit sur l’actif net au moment de la
dissolution de la société, le droit de participer et de voter aux décisions collectives et
l’obligation de contribuer aux pertes sociales). Ainsi dans les sociétés de personnes (et dans la
SARL), ces titres sont appelés parts sociales tandis que dans les sociétés de capitaux on parle
d’actions et éventuellement d’obligations. Paragraphe I : Les parts
sociales dans les sociétés de personnes L’associé reçoit en
contrepartie de son apport une ou plusieurs parts sociales (titres émis par les sociétés de
personnes et la SARL, qui représentent une fraction du capital social et constate les droits de
l’associé dans la société. Le montant minimal est fixé à 5000 frs). D’une part, dans les
sociétés de personnes, le principe est que les parts sociales sont incessibles (en raison de
l’intuitu personae qui fonde les sociétés de personne et ferme l’accès des tiers au capital
social).Toutefois, les parts sociales peuvent néanmoins faire l’objet d’un nantissement après
approbation des organes compétentes de la société. En réalité, les parts sociales peuvent être
cédées mais avec le consentement unanime de tous les associés (SNC, SCS) ou à la majorité
des voix (SARL). (Art. 274 et 319 AUSGIE) (NB   : les parts sociales ne sont pas librement
cessibles). D’autre part, les
parts sociales sont intransmissibles aux héritiers de l’associé défunt sauf clauses contraires
des statuts ou unanimité des associés survivants (pour éviter qu’un associé ne soit prisonnier
de ces parts en cas de refus de cession ou de transmission des parts sociales, les statuts peuvent
aménager une procédure de rachat des parts sociales de l’associé voulant céder ou décédé).
(NB  : les parts sociales ne sont pas librement transmissibles). Paragraphe II : Les
valeurs mobilières des sociétés par action Les valeurs
mobilières des sociétés par action représentent les droits d’actionnaires et les droits des
créanciers ayant souscrits au profit de la société un emprunt obligataire. La SA émet des actions
et des obligations, alors que la SAS n’émet que des actions.

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A- Les actions
En contrepartie de son apport, l’actionnaire reçoit des actions (titres
négociables émis par les sociétés par action, qui représentent une fraction du capital social et
constate les droits de l’actionnaire dans la société. Le montant minimal est fixé à 10000 frs).
Contrairement aux parts sociales dans les sociétés de personnes, l’action dans
les sociétés par action est librement négociables (cessibles) et transmissible. Néanmoins, les
statuts peuvent prévoir dans certains cas des clauses d’agrément (obligation pour l’actionnaire
de soumettre préalablement au CA ou à l’AG tout projet de cession) et des clauses de
préemption (obligation pour l’actionnaire qui envisage la cession de ses titres d’en adresser
prioritairement l’offre à la société elle-même, soit aux autres actionnaires).
B - L’obligation
C’est un titre de créance négociable constatant un prêt à
long terme consenti à la société émettrice dans le cadre d’un emprunt obligataire. Par ailleurs,
seules les SA peuvent recourir à l’emprunt obligataire à travers l’appel public à l’épargne , ce
qui est exclu dans les SAS (l’appel public à l’épargne est un mécanisme qui permet à la SA
d’avoir un appui financier auprès des investisseurs pour la réalisation de ses objectifs).
La SA qui émet des obligations doit justifier d’au moins deux
années d’existence et de deux bilans régulièrement approuvés par l’AG. Tout obligataire a le
droit au remboursement de son capital et au paiement d’un intérêt (ce dernier peut être fixe
quel que soit les résultats de la société emprunteuse, mais il peut arriver qu’une partie
seulement des intérêts soit fixe et que l’autre dépende des résultats de l’entreprise).

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CHAPITRE III : LES MUTATIONS DES SOCIETES COMMERCIALES

En cours de vie sociale, il peut arriver que pour réaliser de nouveaux objectifs ou pour
faire face à certaines difficultés financières ou simplement pour avoir un poids économique
considérable sur le marché, une société commerciale subisse des modifications. Selon les cas, la
modification consistera soit simplement à changer de forme sociale, on parlera de mutation
interne, donc de transformation, soit à créer une nouvelle société ou transmettre le patrimoine
d’une société à une autre, on parlera dans ce cas de mutation externe et donc respectivement de
fusion et de scission.
Section I : Les mutations internes : la transformation
D’après l’art. 181 al. 1 AUSGIE, la transformation est l’opération par laquelle une
société change de forme juridique par décision des associés. La transformation peut être
volontaire (ex : adapter la société au contexte économique) ou forcée (ex : En cas de décès d’un
associé d’une SNC, celle-ci doit obligatoirement être transformée en une autre société,
notamment en SCS, si elle veut continuer l’exploitation commerciale).
Paragraphe I : Les conditions de transformation des sociétés commerciales
A- Les conditions de fond
Il faut se référer aux règles spécifiques qui régissent chaque forme de société pour
apprécier les conditions de fond propres à la transformation de chaque société. Toutefois, il faut
relever que non seulement, la transformation donne lieu à une modification des statuts lors
d’une AGE mais aussi, la transformation d’une société dans laquelle la responsabilité des

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associés est limitée à leurs apports en une société dans laquelle la responsabilité des associés
est illimitée est décidée à l’unanimité des associés.
B - Les conditions de forme
Il faut retenir en substance que d’une part, la décision de transformation doit être
publiée dans un journal habilité à recevoir les annonces légales de l’Etat partie du siège social
et le cas échéant des Etats parties dont le public est sollicité en cas d’appel public à l’épargne.
D’autre part, l’inscription au RCCM doit être modifiée en conséquence.
Paragraphe II : Les effets de la transformation des sociétés commerciales
A l’égard de la société, la transformation régulière d’une société n’entraine pas la
création d’une personne morale nouvelle. Par ailleurs, si à la suite d’une transformation, une
société n’a pas l’une des formes sociales prévues par l’AUSGIE, elle perd la personnalité
juridique si elle exerce une activité commerciale.
A l’égard des organes sociaux, la décision de transformation met fin aux pouvoirs des
organes d’administration ou de gestion de la société.
A l’égard des tiers, la transformation leur devient opposable après achèvement
des formalités de publicité ci-dessus.
A l’égard des créanciers, la transformation d’une société n’a pas d’effet rétroactif,
sauf à relever que les droits et obligations contractés par la société sous son ancienne forme
subsistent sous sa nouvelle forme, il en est de même pour les sûretés sauf clauses contraires
des parties.
A l’égard des salariés de la société, tous les contrats de travail en cours sont
maintenus lors d’une transformation de société.
Section II : Les mutations externes : fusion, scission, apport partiel d’actifs
La fusion est l’opération par laquelle deux ou plusieurs sociétés se réunissent
pour n’en former qu’une seule soit par création d’une société nouvelle soit par absorption de
l’une d’entre elles. (On parle ainsi de fusion par participation pour le premier cas et de fusion
par absorption pour le second cas). Une société même en liquidation peut faire l’objet d’une
fusion.
La scission est l’opération par laquelle le patrimoine d’une société est partagé entre
plusieurs sociétés existantes ou nouvelles.
L’apport partiel d’actifs est l’opération par laquelle une société fait apport d’une branche

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autonome d’activité à une société préexistante ou à créer (la société apporteuse reçoit en
contrepartie des titres composant le capital social de la société bénéficiaire). Par ailleurs,
contrairement à la fusion et la scission, cette opération n’entraine pas la dissolution de la société
apporteuse. NB : L’apport partiel d’actifs est soumis au régime de la scission.
Paragraphe I : Les conditions de la fusion et scission des sociétés
commerciales A- Les conditions de fond
Les sociétés qui veulent participer à une opération de fusion ou de scission
doivent procéder à l’établissement d’un projet de fusion ou scission (mentionnant la forme et
dénomination sociale des sociétés participantes, motifs et conditions de fusion ou fusion…). Ce
projet est arrêté selon les cas par le conseil d’administration, l’administrateur général, le ou les
gérants de chacune des sociétés participant à l’opération. Il convient de noter que les décisions de
fusion, scission ou apports partiels d’actifs sont prises selon les règles de fonctionnement propres
à chaque société. Toutefois, si l’opération projetée a pour effet d’augmenter les engagements des
associés ou actionnaires des sociétés en cause, les décisions doivent être prises à l’unanimité des
associés ou actionnaires.
B - Les conditions de forme
Le projet de fusion ou scission doit être déposé au RCCM du siège social
desdites sociétés et faire l’objet d’une publicité dans un journal habilité à recevoir les
annonces légales par chacune des sociétés qui participent à l’opération. Ces formalités doivent
être accomplies au moins un (1) mois avant la date de la première AG appelée à statuer sur
l’opération. Paragraphe II : Les effets de la fusion et scission des sociétés
commerciales La fusion entraine la transmission à titre universelle du patrimoine de la
ou des sociétés qui disparaissent du fait de la fusion, à la société absorbante ou à la société
nouvelle. La scission entraine la transmission à titre universelle du
patrimoine de la société qui disparait du fait de la scission, aux sociétés existantes ou nouvelles.
La fusion et la scission entraine la dissolution
(sans liquidation) des sociétés qui disparaissent et la transmission universelle de leur patrimoine
aux sociétés bénéficiaires dans l’état où il se trouve.
Par ailleurs, les associés des sociétés qui disparaissent
acquièrent la qualité d’associés dans les sociétés bénéficiaires dans les conditions déterminées
par le contrat de fusion ou de scission.

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CHAPITRE IV : LA DISSOLUTION DES SOCIETS COMMERCIALES


La dissolution est la fin de vie d’une société marquant la rupture du lien juridique
qui unissait les associés. Elle peut se produire à la suite de l’une des causes communes prévues à
l’art. 200 AUSGIE, mais aussi à la suite des causes spécifiques à chaque société. Quel qu’en soit
la cause cependant, la dissolution produit toujours des effets juridiques.
Section I : Les causes communes de dissolution des sociétés commerciales
Il y a les causes naturelles ou volontaires et les causes accidentelles ou
involontaires. Paragraphe I : Les causes naturelles ou volontaires
La société est dissoute :
- Par l’expiration de la durée de vie : La société est dissoute de
plein droit à l’arrivée du terme convenu. En effet, la société à une durée de vie mentionnée dans
les statuts (cette durée ne peut excédée 99 ans). A moins de proroger sa durée de vie, l’arrivée du
terme dissout la société. -Par la réalisation ou l’extinction de son objet  social :
L’objet social est réalisé lorsque l’opération pour laquelle la société a été constituée est
définitivement achevée (ex : la construction d’une route par). Si aucun objet de substitution n’a
été prévu, la société sera dissoute de plein droit. Il en est de même de l’extinction de l’objet
social qui peut résulter de l’interdiction de l’activité de la société.
- Pour toute cause prévue par les statuts : Les associés peuvent
prévoir contractuellement dans les statuts les causes de dissolution.
- Par décision des associés : Les associés, fondateurs de la société
peuvent décider d’un commun accord de dissoudre la société même avant l’arrivée du terme.

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Paragraphe II : Les causes accidentelles ou


involontaires La société est dissoute :
- Pour justes motifs : Un associé peut saisir
la juridiction compétente pour demander la dissolution la société pour justes motifs. Le juste
motif peut être l’inexécution par un ou plusieurs autres associés de ses obligations (ex : non
libération des apports). Il y a également juste motif en cas de mésentente 1 entre les associés
empêchant le fonctionnement normal de la société.
- Par l’effet d’un jugement ordonnant la
liquidation des biens de la société : C’est le cas lorsque la société est en cessation des paiements.
Le jugement a pour conséquence de dissoudre la société2.
- Par le décès d’un associé : Dans les SNC
et SCS, la société prend fin avec le décès d’un associé en nom ou d’un commandité, sauf
stipulation contraire. La dissolution d’une société doit faire l’objet
d’une publicité dans un journal habilité à recevoir les annonces légales du lieu du siège social
et il s’ensuit en conséquence une modification de l’inscription de la société au RCCM
(c’est à compter de cette formalité que la dissolution devient opposable aux tiers).
Section II : Les conséquences de la dissolution
La dissolution d’une société
unipersonnelle entraine la transmission universelle de son patrimoine social à l’associé
unique (sans qu’il est lieu à liquidation). En revanche, la dissolution
d’une société pluripersonnelle entraine de plein droit la liquidation de son patrimoine et le cas
échant le partage entre les associés du boni de liquidation. Par ailleurs, la personnalité morale
subsiste pour les besoins de la liquidation et jusqu’à la clôture de celle-ci.
Techniquement, la liquidation
(procédure ayant pour objet la réalisation de l’actif du débiteur pour apurer son passif) se

1
C’est à cet effet qu’à la demande des associés, le Tribunal compétent peut désigner un administrateur provisoire.
L’administrateur provisoire est un mandataire de justice chargé en cas de crises sociales graves résultant d’un
dysfonctionnement des organes de gestion ou d’un conflit entre associés mettant en péril les intérêts de la société,
d’assurer momentanément la gestion de la société en lieu et place des dirigeants sociaux.
2
C’est à cet effet que pour éviter une dissolution, lorsqu’une société présente les signes d’une santé financière
douteuse, les associés ou le commissaire aux comptes peuvent lancer une procédure d’alerte. La procédure d’alerte
est une procédure lancée lorsque les associés ou le commissaire aux comptes ont eu connaissances des faits de
nature à affecter de façon préoccupante la situation économique de l’entreprise et à compromettre la continuité
de l’exploitation.

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déroule comme suit : Lorsqu’une société commerciale est dissoute, on procède d’abord au
recouvrement de toutes ses créances (c’est la réalisation de l’actif). Ensuite, on procède au
désintéressement de tous les créanciers de la société (c’est l’apurement du passif). Enfin, si après
ces deux opérations, le solde est positif, celui-ci est appelé boni de liquidation et c’est lui qui
sera partagé entre les associés (proportionnellement à l’apport de chacun dans la société).

SECONDE PARTIE : LE DROIT SPECIAL DES SOCIETES COMMERCIALES


Le droit spécial des sociétés commerciales désigne l’étude de l’ensemble des règles
juridiques applicables à chaque forme particulière de sociétés commerciales. Depuis la révision
de l’AUSGIE en 2014, il existe 05 formes de sociétés commerciales : les sociétés de personnes :
la SNC et la SCS, les sociétés de capitaux : la SA et la SAS et la société mixte : la SARL.

1ère Sous-partie : LES REGLES SPECIFIQUES AUX SOCIETES DE PERSONNES


Les sociétés de personnes sont caractérisées par une forte considération de la personne,
on parle ainsi d’intuitu personae (en considération de la personne). Ici la personne de l’associé
vaut plus que les capitaux qu’il peut apporter. On range également les sociétés de personnes
dans la catégorie des sociétés à risque illimité. Ici, les associés sont tenus du passif social au-
delà de leurs apports dans la société. Il s’agit essentiellement de la SNC et de la SCS.

CHAPITRE I : LA SOCIETE EN NOM COLLECTIF


La SNC est la société de personnes par excellence. Cette société est caractérisée
par une responsabilité illimitée des associés à leurs apports. Les associés répondent donc
indéfiniment et solidairement des dettes de la société. Dire que les associés sont solidaires
signifie qu’en cas de dettes sociales, le créancier a le droit de poursuivre un seul associé pour le
paiement de la totalité de la dette (on parle d’obligation solidaire). Par ailleurs, dire qu’ils sont
indéfiniment responsables signifie que si les biens propres de la société n’arrivent pas à payer les
créanciers ou sont insuffisants, ceux-ci ont le droit de saisir les biens personnels des associés (on
parle d’obligation indéfinie). Etudions pour cette société, sa constitution, son fonctionnement et

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sa dissolution.
Section I : La constitution de la SNC
Il y a les conditions de fond et de forme.
Paragraphe I : Les conditions de fond
Outre le respect des conditions classiques de validité des contrats, les conditions de fond
concernent ici les associés et le capital social.
S’agissant des associés, l’AU exige qu’il faut au moins deux personnes pour constituer
une SNC (cette société ne peut donc pas être unipersonnelle). Par ailleurs, tous les associés
doivent obligatoirement avoir la qualité de commerçant. Par conséquent le mineur, sauf s’il
est émancipé et les majeurs incapables ne peuvent être associés d’une SNC. S’agissant du
capital social, l’AU ne fixe aucun montant minimum pour constituer une SNC. Elle peut donc
être valablement constituée avec n’importe qu’elle somme d’argent.
Paragraphe II : Les conditions de forme
Ces conditions sont les mêmes que celles précédemment étudiées pour les règles de
constitution commune aux sociétés commerciales. Ainsi les associés doivent établir les statuts,
faire immatriculer la société au RCCM, à la suite de laquelle une publicité doit être faite dans un
journal habilité à recevoir les annonces légales.
Section II : Le fonctionnement et la dissolution de la SNC
Paragraphe I : Le fonctionnement de la SNC
A- Les organes sociaux
Le dirigeant social d’une SNC est appelé gérant. Il peut avoir
plusieurs gérants (personnes physiques ou morales). Le gérant peut être un associé ou un tiers.
Toutefois, en l’absence de clause statutaire, tous les associés sont présumés être gérants.
Le gérant a le pouvoir d’accomplir tous les actes de gestion dans l’intérêt
de la société. En cas de pluralité de gérants, chacun détient les mêmes pouvoirs que s’il était le
seul gérant. L’AG quant à elle regroupe tous les associés. C’est le gérant qui préside
l’AG mais toutes les décisions qui excèdent les pouvoirs du gérant doivent être prises à
l’unanimité des associés à moins que les statuts ne prévoient une majorité différente. Par ailleurs,
lorsqu’il n’existe pas de gérant, les travaux seront présidés par l’associé majoritaire et si tous les
associés sont égalitaires, c’est l’associé le plus âgé qui préside l’AG.
La SNC n’a pas l’obligation d’avoir un

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commissaire aux comptes, dans ce cas les comptes seront certifiés par les associés eux-mêmes.
B- Les titres sociaux dans la SNC
Les parts sociales ne peuvent être cédées qu’avec
le consentement unanime des associés (dans le cas contraire la cession est nulle). A défaut
d’unanimité la cession ne peut avoir lieu, mais les statuts peuvent aménager une procédure de
rachat pour permettre le retrait de l’associé cédant (Ici les parts sociales ne sont ni librement
cessible, ni librement transmissibles). Paragraphe II : La dissolution de la SNC
Toutes les causes communes de dissolution
des sociétés commerciales sont applicables à la SNC . Sauf à rappeler que la SNC prend
fin par le décès d’un associé. Toutefois, les statuts peuvent prévoir que la société continue soit
entre les associés survivants, soit entre eux et les héritiers de l’associé décédé (avec ou sans
l’agrément des associés survivants). En outre, si l’héritier est mineur non-
émancipé, la société doit être transformée dans un délai d’un an en SCS dont le mineur
devient commanditaire, à défaut, la société est dissoute.

CHAPITRE II : LA SOCIETE EN COMMANDITE SIMPLE


La SCS constitue également un modèle de société de personnes. Ces membres
sont liés par l’intuitu personae. On retrouve par conséquent dans le régime juridique de cette
société la plupart des règles propres à la SNC. Dans cette société coexiste obligatoirement deux
types d’associés, d’un côté les associés commandités (commerçants), qui sont responsables
indéfiniment et solidairement des dettes sociales, et de l’autre côté les associés commanditaires
encore appelés associés en commandite, qui sont responsables des dettes sociales dans la limite
de leurs apports dans la société.
Section I : La constitution de la SCS
Il y a les conditions de fond et de forme.
Paragraphe I : Les conditions de fond
Outre le respect des conditions de validité de droit commun des contrats, les
conditions de fond concernent ici les associés et le capital social.
S’agissant des associés, l’AU exige qu’il faut au moins deux personnes
pour constituer une SCS (par conséquent cette société ne peut pas être unipersonnelle). Parmi
les associés il doit obligatoirement avoir d’un côté des commandités et de l’autre côté des

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commanditaires. Par ailleurs, les commandités doivent obligatoirement avoir la qualité de


commerçant, tandis que pour les commanditaires cette exigence n’est pas requise (par
conséquent un mineur non émancipé peut être associé commanditaire et non commandité).
S’agissant du capital social, l’AU ne fixe aucun montant minimum
pour constituer une SCS. Elle peut donc valablement être constituée avec n’importe qu’elle
somme d’argent. Paragraphe II : Les conditions de forme
Les associés doivent établir les statuts, faire immatriculer la société
au RCCM, à la suite de laquelle une publicité doit être faite dans un journal habilité à recevoir
les annonces légales. NB : Le nom d’un associé commanditaire ne peut en aucun cas être
incorporé dans la dénomination sociale, à défaut de quoi ce dernier répond indéfiniment et
solidairement des dettes sociales.
Section II : Le fonctionnement et la dissolution de la SCS
paragraphe I : Le fonctionnement de la SCS
A- Les organes sociaux
Le dirigeant social d’une SCS est appelé gérant. Il peut avoir
plusieurs gérants (personnes physiques ou morales). Le gérant ne peut être qu’un associé
commandité ou un tiers tel que prévu par les statuts. Toutefois, en l’absence de clause
statutaire, tous les associés commandités sont présumés êtres gérants (art. 298). NB : un
associé commanditaire ne peut en aucun cas être gérant d’une SCS même par procuration.
En cas de désignation d’un commanditaire comme gérant, celui-ci devient responsable
indéfiniment et solidairement avec les autres commandités des dettes et engagements de la
société qui dérivent des actes de gestion qu’ils ont faits. Le gérant a le pouvoir d’accomplir tous
les actes de gestion dans l’intérêt de la société. En cas de pluralité de gérant, chacun détient les
mêmes pouvoirs que s’il était le seul gérant.
L’AG regroupe tous les associés, commandités et
commanditaires (Tout comme dans la SNC, l’AGA se tient chaque année, dans les six mois qui
suivent la clôture de l’exercice et ne peut valablement se tenir que si elle réunit une majorité
d’associés représentant la moitié du capital social). C’est le gérant qui préside l’AG mais toutes
les décisions qui excèdent les pouvoirs du gérant doivent être prises à l’unanimité des associés à
moins que les statuts ne prévoient une majorité différente. Par ailleurs, lorsqu’il n’existe pas de
gérant, les travaux seront présidés par l’associé commandité majoritaire. Dans la pratique,

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la SCS a toujours une AGS (assemblée général spéciale qui a pour but de défendre les intérêts
des associés d’une même catégorie) pour les commandités et pour les commanditaires.
La SCS n’a pas l’obligation d’avoir un commissaire aux
comptes, ceux-ci sont certifiés par les associés eux-mêmes.
B - Les titres sociaux dans la SCS
Les parts sociales ne peuvent être cédées qu’avec
le consentement de tous les associés (dans le cas contraire la cession est nulle). Toutefois, les
statuts peuvent prévoir les modalités de cession des parts entre commandités et commanditaires,
ou entre commanditaires et tiers (ici aussi les parts ne sont pas librement cessible et
transmissibles). NB : Tout comme dans la SNC, la cession des parts
doit être constatée par écrit et n’est opposable aux tiers qu’après accomplissement des
formalités requises et publication au RCCM. Paragraphe II : La dissolution de la SCS
Toutes les causes communes de dissolution
des sociétés commerciales sont applicables à la SCS. Sauf à ajouter que : la société est dissoute
de plein droit par le décès de l’un des associés commandités, sauf stipulation contraire. Il peut,
en effet, être stipulé dans les statuts que la société pourra continuée avec les héritiers ou
successeurs de l’associé commandité décédée (ceux-ci deviennent associés commanditaires s’ils
sont mineurs non émancipés). Par ailleurs, si l’associé décédé était seul commandité et si ses
héritiers sont mineurs non émancipés, il doit être procédé à son remplacement par un nouveau
commandité ou à la transformation de la société dans un délai d’un an à compter du décès. A
défaut, la société est dissoute de plein droit à l’expiration de ce délai.
De même que la disparition d’une des deux
catégories d’associés entraine la dissolution de la société, dans la mesure où la SCS est
caractérisée par la coexistence de ces catégories (ex : en cas de cession totale de ses parts par le
seul associé commandité aux commanditaires).
NB : Toute décision de transformation d’une SCS doit être
prise à l’unanimité des associés commandités et à la majorité en nombre et en capital des
associés commanditaires. Toutefois, dans le cas où la SCS se transforme en SNC, les associés
commandités doivent se prononcer à l’unanimité.

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2ième sous-partie : LES REGLES SPECIFIQUES AUX SOCIETES DE CAPITAUX


Les sociétés de capitaux sont caractérisées par une forte considération des capitaux. Ici la
considération de la personne est relativement indifférente, ce qui compte ce sont les capitaux
qu’il peut apporter. On range les sociétés de capitaux dans la catégorie des sociétés à risque
limité, les actionnaires étant responsables du passif social dans la limite de leurs apports dans
la société. Il s’agit essentiellement de la SA et de la SAS.

CHAPITRE I : LA SOCIETE ANONYME

La SA est la société de capitaux par excellence. C’est une société dans laquelle les
actionnaires ne sont responsables des dettes sociales dans la limite de leurs apports dans le
capital social. C’est une société de capitaux dans la mesure où le capital apporté compte plus que
la personne qui l’apporte.
Section I : La constitution de la SA
Il y a des conditions de fond et de forme.
Paragraphe I : Les conditions de fond
Les conditions de fond concernent l’actionnaire et le capital social.
S’agissant de l’actionnaire, l’AU prévoit que la SA peut valablement être
constituée par une ou plusieurs personnes. Dans le premier cas, on parlera de SA unipersonnelle
et dans le second cas de SA pluripersonnelle. Par ailleurs, il n’est pas nécessaire que les
actionnaires de la SA aient la qualité de commerçant, par conséquent les mineurs et les

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incapables majeurs peuvent êtres actionnaires. De même, deux époux peuvent être
actionnaires d’une même SA. S’agissant du capital social, L’AU fixe un capital
social minimum en fonction de la nature de la SA. Ainsi, ce capital est de 10 millions FCFA
pour les SA ne faisant pas appel public à l’épargne. Pour les SA faisant appel public à
l’épargne le montant minimum du capital social est fixé à 100 millions FCFA.
Paragraphe II : Les conditions de forme
La constitution d’une SA se fait soit sans apport en
nature, soit avec apport en nature. Lorsqu’il s’agit d’une constitution sans apport en
nature, le capital social est essentiellement composé d’apports en numéraire (l’apport en
industrie étant exclu dans le capital social) . Ces apports doivent être souscrits puis libérés (la
souscription d’une action est l’acte par lequel une personne s’engage à faire partie d’une
société en promettant de lui apporter une somme d’argent ou un bien dans le cadre d’un apport
en nature. Par libération des apports, il faut entendre l’acte par lequel le souscripteur remet
effectivement ce qu’il a promis à la société).
Lorsqu’il s’agit d’une constitution avec apport en nature,
il faut la désignation d’un commissaire aux apports par les actionnaires et une assemblée
générale constitutive. Le commissaire aux apports doit évaluer les apports en nature et l’AGC
doit approuver cette évaluation.
Dans tous les cas, la constitution s’achèvera par l’immatriculation
de la société au RCCM et la publication dans un journal d’annonces légales.
Section II : Le fonctionnement et la dissolution de la SA
Paragraphe I : Le fonctionnement de la SA
A- Les organes de gestion
L’AU prévoit deux modes d’administration et de direction
de la SA. Les fondateurs de la société devront opter soit pour une SA avec administrateur
général, soit pour une SA avec conseil d’administration.
Dans le premier cas, les SA comprenant un nombre
d’actionnaire inférieur ou égal à 3 ont la faculté de ne pas constituer un conseil d’administration
et peuvent désigner un administrateur général qui assure les fonctions d’administration et
de direction de la société (il a le pouvoir de convoquer et présider les AG, il représente la
société dans ses rapports avec les tiers).

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Dans le second cas, la société est dirigée soit par un conseil


d’administration et un directeur général, soit par un président-directeur général (lorsque les
fonctions de PCA et DG sont exercées par une même personne). Le CA (présidé par le PCA) est
composé de trois membres au moins et de douze membres au plus, actionnaires ou non (par
conséquent, la SA unipersonnelle ne peut pas constituer un CA). Un administrateur ne peut
simultanément être membre de plus de cinq(5) conseils d’administration ayant leur siège
dans le même Etat membre de l’OHADA. Le CA se réunit toute les fois que l’intérêt de la
société l’exige. Il ne peut délibérer qu’en présence au moins de la moitié de ses membres (sauf si
un quorum a été définit dans les statuts. Le quorum étant le nombre de participant nécessaire
pour qu’une assemblée puisse valablement délibérée). Toutefois, sauf clauses contraires des
statuts, les décisions doivent être prises à la majorité des administrateurs présents ou représentés.
Par ailleurs, le CA détermine les orientations de l’activité de la société
et veille à leur mise en œuvre, il procède aux contrôles et vérifications qu’il juge opportun,
il est compétent pour décider sous réserve de la ratification par l’AGE, du déplacement du
siège social de la société.
B - Les organes de délibération
L’AG peut être convoqué par le CA ou par l’administrateur généralselon les cas.
L’AG peut, en toutes circonstances révoquer un ou plusieurs membre du conseil l’administrateur
général. L’AG est présidée selon les cas par le PDG, le PCA, ou par l’administrateur général.
A défaut par l’actionnaire majoritaire ou en cas d’égalité d’actions, par le doyen en âge.
L’AGO ne peut valablement délibérer que si les actionnaires présents ou
représentés possèdent au moins le ¼ des actions sur première convocation. Sur deuxième
convocation aucun quorum n’est requis (les décisions ici doivent être votées à la majorité des
voix exprimées). L’AGE ne peut valablement délibérer que si les actionnaires présents ou
représentés possèdent au moins la moitié des actions sur première convocation et le ¼ des
actions sur deuxième convocation (les décisions ici prises à la majorité des 2/3 des voix
exprimées). Par ailleurs, l’unanimité des actionnaires est requise en cas de transfert du siège
social de la société sur le territoire d’un autre Etat membre.
L’AGS est une assemblée qui réunit les titulaires d’actions d’une
catégorie spécifique. Elle a pour but de défendre les droits de ses membres. Les règles de quorum
et de majorité sont identiques à celles des AGE.

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C - Les organes de contrôle : le cas du CAC


La SA ne peut pas fonctionner sans le CAC. Lorsqu’elle fait
appel public à l’épargne, elle doit obligatoirement avoir au moins deux CAC titulaires et deux
CAC suppléants. Dans le cas contraire, elle doit avoir un CAC titulaire et un CAC suppléant.
D - Les titres sociaux
Les titres sociaux ici sont représentés par des actions.
Celles-ci constituent des titres négociables, c’est-à-dire qu’elles sont librement cessibles et
transmissibles (la cession d’action peut être limité uniquement par une clause d’agrément ou
par un droit de préemption. La clause d’agrément n’est pas applicable en cas de cession entre
actionnaires). Paragraphe II : La dissolution de la SA
Toutes les causes de dissolution communes aux sociétés
commerciales peuvent entrainer la dissolution de la SA. En outre, la réduction du capital social
en dessous du minimum exigé, de même que la perte partielle d’actifs constituent des causes
particulières de dissolution de la SA.

CHAPITRE II : LA SOCIETE PAR ACTIONS SIMPLIFIEES

La SAS est la dernière-née des sociétés commerciales. Instituée par la révision de


l’AUSGIE en 2014, elle se définit comme une société instituée par un ou plusieurs associés et
dont les statuts prévoient librement l’organisation et le fonctionnement de la société sous
réserve des règles impératives de l’AU. En réalité, la SAS se présente comme une variante de la
SA. Plusieurs règles de la SA sont applicables à la SAS, exception faite quelques-unes (ex  :
l’AU interdit à la SAS de faire appel public à l’épargne). Tout comme dans la SA, les
actionnaires de la SAS ne sont responsables des dettes sociales que dans la limite de leurs
apports dans le capital social.
Section I : la constitution de la SAS
Paragraphe I : Les conditions de fond
Ces conditions concernent l’actionnaire et le capital social.
S’agissant de l’actionnaire, il n’est pas nécessaire qu’il ait la qualité de
commerçant (par conséquent le mineur peut être actionnaire d’une SAS). La SAS peut être
unipersonnelle (SASU) ou pluripersonnelle.

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S’agissant du capital social, son montant ainsi que la valeur


minimale d’une action sont librement fixés par les actionnaires.
Paragraphe II : Les conditions de forme
Les conditions de forme sont celles classiques à toutes les sociétés.
Il s’agit de l’établissement des statuts, de l’immatriculation de la société au RCCM et de la
publication dans un journal d’annonces légales.
Section II : Le fonctionnement de la dissolution de la SAS
Paragraphe I : Le fonctionnement de la SAS
La particularité de cette société réside dans le fait que les actionnaires
jouissent d’une grande liberté d’initiative. Ainsi, ils sont libres de déterminer les modalités
d’organisation et de fonctionnement de la société sauf à respecter les dispositions impératives
fixées par l’AU. Ainsi, la société est représentée à l’égard des tiers par un président
(personne physique ou morale) désigné dans les conditions prévues par les statuts. Celui-ci jouit
des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société dans la limite
de l’objet social. Les statuts peuvent également désigner un DG ou un DGA.
Les statuts définissent librement les modalités de délibération
des AG. Toutefois, la décision de transformation de la SAS ou de fusion-absorption d’une
société par la SAS doit être prise à l’unanimité des actionnaires.
La SAS est tenu de désigner un CAC lorsqu’elle remplit
deux des trois conditions suivantes   : total du bilan supérieur à 125 000 000 FCFA   ; chiffre
d’affaire annuel supérieur à 250 000 000 FCFA   ; effectif permanent supérieur à 50
personnes. Les statuts peuvent déclarer inaliénables
(incessibles) des actions pour une durée n’excédant pas dix (10) ans. Les statuts peuvent
également soumettre toute cession d’actions à l’agrément préalable de la société et à un
droit de préemption. Paragraphe II : La dissolution de la SAS
La SAS est dissoute pour toutes les causes de
dissolution communes aux sociétés commerciales (Cf. chapitre sur la dissolution des sociétés
commerciales).

3ième sous-partie : LES REGLES SPECIFIQUES A LA SOCIETE MIXTE

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CHAPITRE UNIQUE : LA SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE


La SARL constitue une forme de société hybride entre les sociétés de personnes
et les sociétés de capitaux. La raison est que dans la SARL, la personne de l’associé compte (il
s’agit là d’une caractéristique propre aux sociétés de personnes). De même que dans cette
société, les associés ne sont responsables des dettes sociales que dans la limite de leurs
apports dans la société (il s’agit là d’une caractéristique propre aux sociétés de capitaux). La
SARL est donc une société carrefour, une société mixte.
Section I : La constitution de la SARL
Il y a les conditions de fond et les conditions de forme.
Paragraphe I : Les conditions de fond
Ces conditions concernent l’associé et le capital social.
S’agissant de l’associé, la SARL peut être constituée par une ou plusieurs
personnes. On parlera de SARL unipersonnelle dans le premier cas et de SARL pluripersonnelle
dans le second cas. L’associé ne doit pas nécessairement avoir la qualité de commerçant (par
conséquent le mineur et les majeurs incapable peuvent être associés d’une SARL).
S’agissant du capital social, l’AU fixe le montant minimum à 1million
FCFA pour constituer une SARL. Cependant au Cameroun, la loi N° 2016/014 du 14
Décembre 2016 a ramené le seuil minimum du capital social de la SARL à 100   000 FCFA.
Une SARL peut donc valablement être constituée au Cameroun avec 100 000 FCFA comme
capital social. Paragraphe II : Les conditions de forme
Une seule formalité est prévue pour cette société. L’associé ou les
associés doivent tous à peine de nullité de la société, intervenir à l’acte constitutif de la
société en personne ou par mandataires justifiant d’un pouvoir spécial.
Section II : Le fonctionnement et la dissolution de la SARL
Paragraphe I : Le fonctionnement de la SARL
A- Les organes sociaux
Contrairement à la SA, le mode de gestion de la SARL est
simplifiée dans la mesure où il n’y a qu’un seul organe de direction de la société. Ainsi, la
société peut être gérée par une ou plusieurs personnes physiques, associé ou non. Il est élu à
la majorité simple pour un mandat de 4 ans rééligible. Il est révocable par décision des associés
représentant plus de la moitié des parts sociales ou par la juridiction compétente du siège social

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pour juste motif à la demandes des associés. Le gérant a le pouvoir d’accomplir tous les actes de
gestion dans l’intérêt de la société. L’assemblée des associes est présidée par le gérant. A
défaut, par l’associé majoritaire et en cas d’égalité, par le plus âgé. A l’AGO les décisions sont
adoptées par un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié du capital social. A l’AGE
les décisions sont prises par les associés représentant au moins les ¾ du capital social
(Cependant, l’unanimité est requise en cas transformation de la SARL en SNC ou en SAS, ou en
cas de transfert du siège social dans un autre Etat membre).
La SARL est tenue de désigner un CAC
dans les mêmes conditions que pour la SAS (effectif permanent supérieur à 50 personnes…).
B - Les opérations sur les parts sociales
C’est sur ce point que l’associé de la SARL
se distingue le plus nettement de l’actionnaire de la SA.
La cession des parts sociale entre vifs doit
être constatée par écrit et n’est opposable à la société qu’après son acceptation par celle-ci et aux
tiers qu’après modification des statuts et publicité au RCCM.
- la cession entre associés, ascendants,
descendants et conjoints : les statuts organisent librement les modalités de transmission des
parts sociales entre associés, ascendants, descendants et conjoints. A défaut la transmission des
parts sociales est libre. - la cession à des tiers : la
transmission des parts sociales à des tiers étrangers à la société à titre onéreux peut faire l’objet
de clause d’agrément ou de préemption insérée dans les statuts. A défaut, la cession n’est
possible qu’avec le consentement de la majorité des associés non cédant représentant les ¾ des
parts sociales. La transmission pour cause de
décès : les statuts peuvent prévoir qu’en cas de décès d’un associé, un ou plusieurs héritiers ou
successeurs ne peuvent devenir associés qu’après agrément dans les conditions qu’ils définissent.
Tout projet de nantissement des parts
sociales doit être approuvé par la société dans les mêmes conditions que la cession des parts à
des tiers. Paragraphe II : La dissolution de la
SARL La SARL est dissoute pour toutes causes de
dissolution communes aux sociétés commerciales. Cependant le décès d’un associé n’entraine
pas sa dissolution sauf clauses contraires des statuts. De manière spécifique, la réduction du

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IUC / Cours de Droit des Sociétés Commerciales, année académique 2020-
2021

capital social en dessous du minimum légal et la perte partielle d’actifs entraine la


dissolution de la SARL.

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