Vous êtes sur la page 1sur 6

PLAN DE L’EXPOSITION

1+1
DES CHOSES
ET DES MOTS

APRÈS LE READYMADE : LA FORME, L’ÉMOTION

NOUVELLES IMPRESSIONS D’AFRIQUE

LA PHOTO SANS LA PHOTO

L’ART DE LA TRANSPOSITION
EXPOSITION AUTOUR DE
COMMISSAIRES L'EXPOSITION
Michel Gauthier
Assisté de Marie Griffay PAROLE AUX EXPOSITIONS Pour les enfants, un parcours est
Entretien de Bertrand Lavier adapté aux 8-12 ans.
ARCHITECTE-SCÉNOGRAPHE avec Catherine Millet, Jean-Pierre Revisitez aussi le bâtiment et son
Camille Excoffon Criqui et Michel Gauthier histoire. En location à la billetterie
Jeudi 25 octobre, 19h, Petite salle (niveau 0). Retrait à l’Espace
PRODUCTION Entrée libre dans la limite des audioguide, niveau 0.
Dominique Kalabane places disponible 5 ¤, tarif réduit 4 ¤, gratuit pour
Anne-Claire Vigier les moins de 13 ans.
VISITES COMMENTÉES
En français
CHARGÉE DE PRODUCTION
Marie-Odile Peynet
Tous les samedis à 15h30 INFORMATIONS
Les mercredis à 19h : 01 44 78 12 33
26 septembre, 3, 10, 17 www.centrepompidou.fr
et 24 octobre, 7 et 14 novembre
En partenariat média avec 4,50¤ / tarif réduit 3,50¤ EXPOSITION OUVERTE AU PUBLIC
(+ billet Musée & expositions au tarif du 26 septembre 2012
réduit, 10¤) au 7 janvier 2013
3,50¤ avec le Laissez-passer. Galerie 2, niveau 6
Rdv à l’entrée de l’exposition muni Tous les jours sauf le mardi
des billets de 11h à 21h
Fermeture des caisses à 20h
Gratuit avec le Laissez-passer Nocturnes les jeudis jusqu’à 23h
Fermeture des caisses à 22h
VISITES ADAPTÉES

- Visite en lecture labiale : public TARIFS


malentendant Accès avec le billet « Musée
Samedi 13 octobre à 11h & expositions » Valable le jour
4,50¤ incluant l’entrée, gratuit pour même au Musée, dans toutes les
un accompagnateur. expositions et au Panorama, pour
Réservation obligatoire au plus tard une seule entrée dans chaque
PUBLICATIONS 3 jours avant. espace
Télécopie 01 44 78 16 62 13¤, tarif réduit 10¤
CATALOGUE SMS 06 17 48 45 50 Gratuit avec le Laissez-passer
Bertrand Lavier, depuis 1969 nicole.fournier@centrepompidou.fr annuel et pour les moins de 18 ans
Sous la direction de Michel Gauthier
- Visite en LSF : public sourd Achat et impression en ligne (plein
176 p., 135 ill.
Samedi 13 octobre à 14h30 tarif uniquement)
34,90 ¤
4,50¤, gratuité pour www.centrepompidou.fr/billetterie
un accompagnateur
ALBUM
Réservation obligatoire TWITTER
Bertrand Lavier, depuis 1969
SMS 06 17 48 45 50 Retrouvez des informations et des
Bilingue anglais-français
nicole.fournier@centrepompidou.fr contenus sur l’exposition via twitter
Par Michel Gauthier et Guillaume
Durand avec le hashtag #Lavier, ou en vous
AUDIOGUIDE SONORE
60 p., 60 ill. rendant sur la page http:/
Langues : français, anglais,
9,90 ¤ /www.twitter.com/centrepompidou
espagnol, allemand et italien.
En location au Centre Pompidou,
© Centre Pompidou, Direction des
le audioguide sonore vous plonge publics,
au cœur de la création. Service de l’information des publics et de
Laissez-vous guider dans la médiation, 2012
l’exposition « Bertrand Lavier,
Conception graphique
depuis 1969 » et découvrez près c-album
de quatre-vingt-dix œuvres
des collections permanentes Imprimerie
Friedling Graphique, Rixheim, 2012
du Musée.
BERTRAND LAVIER,
DEPUIS 1969
26 SEPTEMBRE 2012-7 JANVIER 2013
Au gré de ce qu’il nomme des Ces séries témoignent de son aptitude
« chantiers », des séries fondées sur à ébranler les catégories les mieux
des règles à la fois simples et établies de l’histoire de l’art (peinture,
ouvertes, Bertrand Lavier bâtit une sculpture, figuration, abstraction,
œuvre qui invite le public à se défaire parmi d’autres). Dans les œuvres
de ses certitudes. Jouant avec les ultérieures (de la voiture accidentée
catégories, les codes, les genres aux statuettes africaines, en passant
et les matériaux, son art manifeste par les néons d’après des tableaux de
une inclination pour l’addition, l’artiste américains Frank Stella),
le croisement, l’hybridation, il poursuit son entreprise de court-
la transposition. circuit des identités et confirme sa
Né en 1949 en Bourgogne, Lavier fait faculté de mettre en scène un concept
ses débuts en 1969 avec des œuvres tout en préservant les droits de la
marquées par le land art et l’art forme et de l’émotion.
conceptuel. Il ne tarde pas à La rétrospective « Bertrand Lavier,
s’affirmer, dès le début des années depuis 1969 » est organisée
1980, comme l’une des figures thématiquement. En une cinquantaine
majeures de la scène artistique d’œuvres, dont plusieurs de 2012,
européenne à travers différentes elle présente la méthode de l’artiste
séries, dont les « objets peints », et les grands motifs qui structurent
les « superpositions d’objets » sa poétique.
ou les « Walt Disney Productions ».

www.centrepompidou.fr
1+1 DES CHOSES ET DES MOTS
De ses études d’horticulture, Bertrand Lavier a Quand Bertrand Lavier débute, à la fin des
gardé le souvenir d’une technique qui constitue le années 1960, le mouvement artistique dominant
cœur de sa méthode : la greffe. Si les éléments est l’art conceptuel. Si cet art suppose un accord
greffés l’un sur l’autre changent au fil des années entre les choses et les mots, Lavier dresse alors
et selon les « chantiers » ouverts par l’artiste, la le constat inverse, non sans humour : les mots ne
logique créatrice reste la même. Dès 1980, Lavier correspondent pas aux choses. Le « chantier »
pratique une curieuse greffe : la représentation des « peintures industrielles », qu’il ouvre en
picturale d’un objet, par exemple d’un miroir ou 1974, joue de ce désaccord. Sur un mur ou une
d’un piano, est greffée sur cet objet lui-même. toile, un diptyque se partage en deux parties
Une peinture figurative d’un nouveau genre est égales, montrant deux nuances d’une même
ainsi née. Toutefois ces « natures mortes », ne couleur. Lavier a utilisé des peintures de même
sont pas hyperréalistes : la touche du pinceau, nom produites par deux fabricants différents. Les
« à la Van Gogh », se veut au contraire très mots sont identiques, les choses ne le sont pas.
visible. La grande originalité de cette peinture Peu après, le jeune artiste montre d’une autre
tient à son support : non pas une toile, mais façon, avec Polished, les ordres irréconciliables
l’objet même qu’elle représente. du langage et du réel. Il a rédigé en français le
Peu après, Lavier expérimente une greffe d’un descriptif d’une petite sculpture. Le texte a
autre type, celle d’un réfrigérateur sur un coffre- ensuite été traduit dans onze langues. Chacune
fort. Bien d’autres superpositions suivront. Lavier de ces traductions a donné lieu à la confection de
ne s’en tiendra pas là et greffera aussi les styles. l’objet qu’elle décrit. Il y a, entre les douze objets,
En 2002, il demande ainsi au studio Harcourt, autant de différences qu’entre les deux couleurs
célèbre pour ses images rêvant d’éternité, de de même nom. Une superposition d’objets,
photographier des statues de cire du musée réalisée en 1988, consistant à placer une petite
Grévin, qui cherchent, elles, à être réalistes. sculpture d’Alexander Calder sur un radiateur de
Toute l’œuvre de Lavier témoigne d’une confiance la marque Calder témoigne de la même
dans les vertus de l’addition, de l’hybridation. préoccupation. Mais l’écart entre les mots et les
« L’entité obtenue grâce à la greffe, dit-il, vaut choses s’est encore accru : ce ne sont plus deux
toujours plus que la somme de ses parties ». nuances d’une couleur que le verbe ne distingue
pas, mais une magnifique œuvre d’art et un banal
appareil de chauffage.

1.
Husqvarna/Art déco 2012
Souffleur de feuilles, meuble Art déco
Collection de l’artiste
© Bruno Voidey
© Adagp, Paris 2012

2.
Teddy, 1994
Ours en peluche soclé,
Collection particulière, Monaco
© Adam Rzepka
© Adagp, Paris 2012

3.
Mamba, 2008
Bronze nickelé
courtesy Galerie Yvon Lambert, Paris
© Adagp, Paris 2012

1.
APRÈS LE READYMADE : NOUVELLES IMPRESSIONS
LA FORME, L’ÉMOTION D’AFRIQUE
Avec Bertrand Lavier, le readymade échappe à Pour l’exposition « Afrikus » de Johannesburg, en
son inventeur Marcel Duchamp. Le Porte- 1995, Bertrand Lavier fait socler, à la manière des
bouteilles que celui-ci avait acheté en 1914 pour le objets exposés dans les musées d’ethnographie,
transformer en œuvre d’art se voulait un objet différents objets manufacturés. Depuis cette date,
neutre, froid, industriel, un pur concept. La il a plusieurs fois renouvelé l’opération : avec un
Giulietta, cette Alfa Romeo accidentée que Lavier verrou, un skate-board, un casque de moto ou
est allé « sauver » en 1993 dans une casse, encore un siège de designer célèbre. Ainsi
s’éloigne radicalement du modèle duchampien. présentés, ces objets changent de nature : bien
Avec elle, l’objet industriel n’est plus fidèle à son qu’appartenant à notre quotidien, ils se chargent
concept d’origine : il est manifestement arrivé d’une forme d’étrangeté. Ils nous amènent aussi
quelque chose à cette voiture, qui se donne, dans à nous interroger sur le statut de certains objets
son état présent, comme un véritable bloc d’art primitif que sacralise leur mode d’exposition
d’émotion. De la même façon, quand il pose le muséal. Avec les objets soclés et plus encore
canapé rouge en forme de bouche, conçu par avec Nautiraid, un kayak d’aujourd’hui en très
Salvador Dalí, sur un congélateur blanc, Lavier mauvais état, méticuleusement restauré comme
joue avec les couleurs, met en tension la courbe le serait un objet antique, Lavier nous transporte
et l’angle droit. Il érotise le readymade. Et Teddy, dans le musée archéologique du futur.
le petit ours en peluche, soclé à la manière des Si, en étant ainsi soclés ou restaurés, les objets
objets dans les musées d’art primitif, a lui aussi les plus ordinaires se « primitivisent », à l’inverse
vécu. les statuettes africaines en bois dont Lavier a fait
L’art de Lavier incarne ce moment de la réaliser des moulages en bronze nickelé
sensibilité esthétique où le readymade cesse de deviennent des objets d’orfèvrerie occidentaux.
valoir pour lui-même et devient pour l’artiste un L’artiste brocarde ici la vogue décorative des
moyen d’expression parmi d’autres. statuettes africaines.

2. 3.
LA PHOTO SANS LA PHOTO L’ART DE LA TRANSPOSITION
Lavier aime jouer avec les genres et les Selon l’esthétique moderniste, chaque art a pour
techniques. Si l’une des propriétés essentielles mission d’exalter sa spécificité : la peinture doit
du geste photographique consiste à cadrer une chercher à être la plus picturale ou la sculpture à
portion du réel, alors Lavier, dans plusieurs être la plus sculpturale. Avec Lavier ce credo
œuvres, se fait photographe, avec toutefois la n’est plus à l’ordre du jour. En 1978, il réalise Or
particularité de ne pas utiliser d’appareil not to be, un bloc de peinture acrylique vert, puis
photographique. Avec Philips, il cadre une portion en fait tirer un moulage en bronze. En 1986, il
de mur en l’éclairant, mettant en scène la imagine un diptyque qui consiste en la
valorisation qui accompagne automatiquement le photographie d’un pan de peinture rouge, dont
fait de cadrer. Avec Melker, il cadre la partie une moitié a été recouverte d’une peinture
centrale d’un morceau de tissu d’ameublement identique. Un véritable chassé-croisé entre
en la repeignant comme il le fait avec les « objets photographie et peinture qui brouille l’identité
peints ». Avec Cole & Son, il encadre et met sous des deux médiums. À la fin des années 1990,
verre un détail d’un papier peint collé sur la Lavier entreprend de convertir en toiles
cimaise, proposant ainsi un tableau parfaitement abstraites les badigeons blancs des vitrines de
intégré à son décor. commerces en chantier. Toute l’œuvre de Lavier
Avec les Photo-reliefs, il découpe un objet afin que donne des exemples multiples et variés de cette
celui-ci épouse le cadrage selon lequel il a été pratique de la transposition, du passage d’un état
photographié ; de cette façon, Lavier inverse le à un autre.
rapport entre l’image et son référent. C’est le Si, avec les Walt Disney Productions, ce sont les
second qui doit maintenant être le reflet de la œuvres imaginaires d’une bande dessinée qui
première. Avec ces œuvres, Lavier rappelle que le deviennent des tableaux et sculptures réels, ce
réel, photographié, filmé ou simplement dans sont parfois d’authentiques chefs-d’œuvre de
notre champ de vision, nous parvient toujours l’histoire de l’art (Paul Signac, Mark Rothko ou
cadré. Mais, loin de l’éprouver comme une Frank Stella) que Lavier n’hésite pas à transposer
fatalité malheureuse, il fait du cadrage une dans d’autres matériaux. En 2012, un Christ
véritable méthode de création. anonyme en bois de la fin du 19e siècle, sans bras
ni tête, ressuscite dans un bronze d’orfèvrerie.
Pour Lavier, une œuvre reste vivante tant qu’elle
peut être ainsi l’objet d’une transposition.

4.
Walt Disney Productions 1947-1995 no 2
1995
Résine, peinture, 163x86x50 cm
Galerie Xavier Hufkens, Bruxelles
Courtesy: the Artist and Xavier Hufkens,
Brussels
© Allard Bovenberg, Amsterdam
© Adagp, Paris 2012

4.