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UNIVERSITE PAUL VALERY 2020/2021

LICENCE 3EME ANNEE AES


E.C.U.E. E54AE5

ECONOMIE DE LA CROISSANCE
TRAVAUX DIRIGES
Equipe pédagogique :
Flavia FABIANO flavia.fabiano@cirad.fr
Morgane BLANC morganeblanc14@gmail.com
Delphine VALLADE delphine.vallade@univ-montp3.fr

TD n°1 : ANALYSER LA CONJONCTURE - MESURER LA CROISSANCE

Document 1
ENTRETIEN : Mathieu PLANE (2020) "Le manque de croissance risque de se traduire par du
chômage", Le Monde, 18 septembre 2020.

Document 2
MÉDA Dominique (2013) La mystique de la croissance. Comment s’en libérer ?, Flammarion :
Chapitre 7 « Le PIB, occultation suprême : où l’on montre comment la comptabilité nationale
néglige les dégâts de la croissance », p. 87-96.

Mobiliser des sources & rechercher…

En 2019, quels sont les 5 pays affichant les meilleures performances du point de vue de leur
taux de croissance économique ? Et les 5 pays affichant les moins bonnes performances ?

Questions document 1
1- Vous définirez ou expliquerez les expressions suivantes :
a. Des « mesures fiscales » (donner des exemples)
b. Le chômage partiel
c. Les fonds propres des entreprises
d. « Doper les carnets de commandes »
e. « Des achats importés »

2- D’après Mathieu Plane, quelles sont les principales limites du plan France Relance
annoncé par le gouvernement ?

3- Quels types de mesures auraient pu davantage soutenir l’activité économique et


l’emploi ? D’un point de vue plus général, la relation croissance-emploi est-elle
toujours positive ?

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Questions document 2

1- Quels événements historiques ont influencé la construction de la Comptabilité


Nationale ? Avec quels effets de ce contexte sur le cadre comptable ?
2- Vous expliciterez le passage suivant : « Il suppose toute une série de choix parmi
lesquels on peut citer : la réduction de la richesse d’une nation à ce qui est produit
et donc à un flux ou un surplus, alors qu’il aurait été possible de s’intéresser aux
variations de patrimoine(s), c’est-à-dire de stocks (…) » (p. 89).
3- Le PIB est-il une mesure du bien-être ? Pourquoi ? Quel est son périmètre (ce qu’il
inclut/exclut de son champ) ?

Document 1

Vendredi 18 septembre 2020

« Le manque de croissance risque de se traduire par du chômage »


L’économiste Mathieu Plane analyse le plan de relance et regrette qu’il n’y ait pas plus de
mesures destinées à doper la consommation.
ENTRETIEN Pour Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures
économiques (OFCE), le plan de relance présenté le 3 septembre par le gouvernement manque
de mesures de court terme pour doper la consommation et les carnets de commandes des
entreprises.
Le gouvernement a présenté France Relance à la fois comme un plan d’investissement et un moyen
de redresser l’économie d’ici à 2022. N’est-ce pas contradictoire ?
Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a indiqué vouloir décaisser un tiers des 100
milliards d’euros de crédits du plan dès 2021. Selon nos calculs, on est presque à 40 %. Mais
la totalité du plan ne sera pas dépensée d’ici à 2022 : le plan hydrogène, par exemple, prévoit 7
milliards d’euros d’investissement au total mais seulement 2 milliards en 2021-2022. Une
grosse partie du plan aura des effets sur les deux prochaines années. Mais il s’étalera au-delà.
Quels sont les principaux écueils ?
Beaucoup de mesures ne sont pas des mesures fiscales simples : il va falloir les alimenter,
trouver à les mettre en œuvre. Prenez la rénovation thermique des bâtiments : l’ambition est
forte (plus de 6 milliards d’euros dans le plan) mais il va falloir trouver les entreprises, les
compétences, la main d’œuvre pour la réaliser. La construction est un secteur qui peut être en
tension. Aura-t-on réussi à réaliser pour 6 milliards d’euros de rénovation en 2022 ? Faire de
l’investissement en aussi peu de temps, surtout aussi ciblé, c’est difficile.
Hors investissement, le plan est-il bien calibré pour sortir le pays de la crise actuelle ?
Injecter 30 milliards d’euros de plus dans l’économie en 2021 permettra d’atteindre au moins
un point de produit intérieur brut (PIB) d’activité supplémentaire. Mais on aurait pu faire mieux.
Beaucoup de mesures auront plutôt des effets de long terme, comme la baisse des impôts de
production. C’est une mesure générale qui s’adresse aux entreprises quel que soit leur état de
santé. Cela aura des effets à moyen terme, sur la compétitivité, alors qu’avec le chômage partiel
et le renforcement des fonds propres des entreprises, on préserve l’emploi et on renforce le tissu

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productif. On peut aussi regretter l’absence de mesures permettant de doper les carnets de
commandes.
Quels autres dispositifs auraient été nécessaires ?
L’épargne des particuliers (près de 100 milliards d’euros) constitue en soi un plan de relance !
On aurait pu imaginer des mesures boostant la demande dans les secteurs les plus touchés. Par
exemple une baisse de TVA temporaire, non pas générale comme en Allemagne mais ciblée,
comme au Royaume-Uni, sur les secteurs les plus touchés par la crise : restaurants, cafés... Cela
évite de soutenir des achats importés et au pire, même s’il n’y a pas d’effet sur la consommation,
cela redonne des marges de manœuvre aux secteurs concernés.
Le gouvernement veut faire revenir l’économie en 2022 au niveau d’avant crise. Est-ce trop
ambitieux ?
Revenir au niveau d’activité d’avant crise n’a rien d’optimiste, et ne garantit pas un rétablisse-
ment de l’économie. Même si on a un fort rebond du PIB en 2021, on aura quand même une
perte d’activité par rapport à la trajectoire économique sous-jacente d’avant la crise sanitaire,
de l’ordre de 3,5 points à fin 2022. Et cela, sans même parler des incertitudes sur la fin de la
crise (quand y aura-t-il un vaccin disponible ? va-t-on reconfiner partiellement ?) ni sur les
recompositions économiques qu’elle va engendrer : les services à forte interaction sociale
(concerts, etc.) vont-ils repartir ? Le secteur aérien sera-t-il toujours à terre ? Les ménages
vont-ils dépenser leur épargne ? Tout cela aura un effet sur les finances publiques, car les dépen-
ses d’éducation et de santé, elles, vont continuer de croître au même rythme. Et cela aura un
effet sur l’emploi, parce que la population active aussi va continuer de progresser au rythme
d’avant crise. Le manque à gagner en termes de croissance a donc toutes les chances de se
traduire par du chômage en plus.
Propos recueillis par A. T.