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SALAIRE ET CLAUSE D’INDEXATION

Section I Clause d'indexation

Code mon. fin. art. L 112-2 ; C. trav. art. L 141-9

13300
L'interdiction des clauses d'indexation résulte de l'article 79, paragraphe 3, de l'ordonnance 58-1374 du 30 décembre 1958
modifié codifié à l'article L 122-2 du Code monétaire et financier. Aux termes de ce texte, dans les dispositions statutaires ou
conventionnelles, est interdite toute clause prévoyant des indexations fondées sur le salaire minimum de croissance, sur le niveau
général des prix ou des salaires ou sur les prix des biens, produits ou services n'ayant pas de relation directe avec l'objet du statut
ou de la convention ou avec l'activité de l'une des parties.

13310
L'article L 141-9 du Code du travail reprend plus particulièrement le principe de l'interdiction des clauses d'indexation sur le
Smic.
Aux termes de cet article, sont interdites dans les conventions ou accords collectifs de travail les clauses comportant des
indexations sur le salaire minimum de croissance ou des références à ce dernier en vue de la fixation et de la révision des salaires
prévus par ces conventions ou accords.

A. Portée de l'interdiction

13400
Sont interdites, dans les conventions collectives, les accords d'entreprise et les contrats individuels, toutes clauses prévoyant une
indexation des salaires sur :
- le Smic ;
- le niveau général des prix ;
- le niveau général des salaires ;
- les prix des biens, produits ou services sans rapport avec l'activité de l'entreprise.
Il reste possible en revanche, d'une part, d'indexer les salaires sur les prix des biens ou produits fabriqués par l'entreprise et,
d'autre part, de réviser les salaires en fonction des variations du coût de la vie dès lors que cette révision n'est pas automatique et
intervient a posteriori.

13410
Si l'article L 141-9 du Code du travail prohibe dans les conventions les clauses comportant des indexations sur le Smic ou des
références à ce dernier en vue de la fixation ou de la révision des salaires, est valable la clause du contrat de travail prévoyant que,
faute d'accord sur un système d'indexation à déterminer, la rémunération d'un salarié sera augmentée annuellement de 6 %, une
telle clause ne se référant à aucun indice et ne violant pas l'interdiction susvisée.
CA Paris 10 juin 1998, 22e ch. A, Tassin c/ SA Groupe Emeraude et a.

13420
L'interdiction d'indexation vaut aussi bien pour le salaire proprement dit que pour les primes ou indemnités (voir O-II-13580).

13430
L'interdiction d'indexer les salaires sur l'évolution générale des prix ou des salaires s'applique même en l'absence de toute clause
contractuelle ou conventionnelle. Elle s'étend notamment aux usages.

13440
Est illicite l'usage instauré dans l'entreprise de réévaluer le salaire des cadres en fonction de l'évolution de l'indice Insee du coût
de la vie. En effet, un tel usage assimilable à une clause contractuelle tombe sous le coup de l'interdiction des clauses
contractuelles prévoyant des indexations fondées sur le niveau général des prix. Par suite, le salarié ne saurait invoquer l'usage
pour obtenir une réévaluation de son salaire.
Cass. soc. 22 juillet 1986 n° 2110 S, Poiret c/ SA Ressorts Industries.

Indexation sur le niveau général des prix

13460
L'employeur ne peut consentir par avance une révision automatique des salaires fondée sur le niveau général des prix.
Cass. soc. 7 février 1985 n° 598 S, Cofaz c/ Abadie.

13470
Constitue une clause prohibée la disposition de la convention collective prévoyant qu'une augmentation de 6 % de l'indice
national de 295 postes entraîne une hausse automatique du point horaire au moins égale au pourcentage d'augmentation de
l'indice. Peu importe que les parties soient libres de fixer, en concertation, le montant de la majoration au-delà de ces 6 %.
Cass. soc. 15 février 1984 n° 662, Snip c/ SNPAP DVM.

13480

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La clause qui prévoit une augmentation des rémunérations chaque fois que l'indice officiel des prix atteindra ou franchira un
certain seuil tombe sous le coup des dispositions d'ordre public qui interdisent les clauses établissant une relation automatique
entre l'augmentation prévue et l'indice général des prix. Il en est ainsi même si cette clause stipule préalablement le montant de
l'augmentation sans aucune référence à un indice et entre en application par fractions dont le montant est également fixé de façon
autonome.
Cass. soc. 19 janvier 1983 n° 106, Gonzales c/ Chaumière aux Tricots.

13490
L'augmentation des salaires indexée sur la moyenne des indices nationaux Insee-CGT, et la majoration annuelle de 2 % du
pouvoir d'achat modulée pour les cadres et les Etam par un abattement par tranche de salaire après l'application de cette
indexation, constitue une indexation prohibée.
Cass. soc. 2 mars 1977, Scan de Port-Neuf c/ Denier : Bull. civ. V n° 159.

13492
Evolution du salaire - Clauses d'indexation - Clause prévoyant une indexation automatique sur le taux de l'inflation
Cass. soc. 13-12-2006 n° 2991 FS-P BS 3/07 inf. 349

13500
Sur la validité d'une clause d'indexation complexe prévoyant une fourchette d'augmentation du pouvoir d'achat en fonction de
l'évolution de l'indice Insee, voir O-II-13990.

Indexation sur le niveau des salaires

13520
Jugé, dans le cas d'un contrat de travail liant une société d'édition à un salarié exerçant les fonctions de conseiller de la direction
générale, que le choix comme indice d'un salaire afférent à une catégorie professionnelle en relation avec l'activité du salarié, en
l'occurrence le salaire minimum de rédacteur en chef de la presse parisienne hebdomadaire pour une publication de première
catégorie, ne constituait pas la référence prohibée au niveau général des prix ou des salaires. La référence à cet indice était donc
licite.
Cass. soc. 5 novembre 1984 n° 2769 S, Hachette c/ T'Serclaes.
Ndlr :
L'employeur reprochait en l'espèce aux juges du fond d'avoir refusé d'annuler la clause d'indexation susvisée aux motifs que cet
indice n'était pas un indice général. Il faisait observer en particulier que le salaire de référence étant lui-même fixé en fonction du
niveau général des prix, le choix de cet indice avait pour but d'assurer de manière frauduleuse l'alignement des appointements du
salarié sur l'évolution de l'ensemble des prix.

13530
La clause d'indexation prévoyant que le salaire d'un comptable au service d'une société coopérative d'HLM serait révisé selon la
valeur du point fixée pour les employés du bâtiment est licite dès lors que, l'activité de cette coopérative ayant pour but la
construction d'immeubles, il y a une relation directe entre cette activité et les salaires des employés du bâtiment, lesquels
constituent un des éléments importants du coût de la construction.
Cass. soc. 12 février 1969, Sté coopérative d'HLM La Moselle c/ Guebel : Bull. civ. V n° 94.

13540
Sur une indexation des salaires sur la valeur du point prévue par la convention collective, voir O-II-13990.

13550
Les dispositions de l'ordonnance du 30 décembre 1958 modifiée (reprises à l'article L 112-2 du Code monétaire et financier)
doivent être interprétées restrictivement comme dérogatoires à la liberté des conventions.
Dès lors, le choix, comme indice de salaire, d'une catégorie professionnelle déterminée n'étant pas la référence au niveau général
des salaires, n'est pas prohibé.
Cass. 3e civ., 15 février 1972, Epoux Couasse c/ Consorts Lenoux : Bull. civ. III n° 100.

13560
Sur une prime de panier calculée en fonction du salaire minimum effectif, voir O-I-17560.

Indexation sur le Smic

13580
Violent l'interdiction édictée par l'ordonnance du 30 décembre 1958 (reprise à l'article L 112-2 du Code monétaire et financier)
les juges du fond qui font droit à la demande d'un salarié de réajustement d'une prime de panier en appliquant une indexation sur
le Smic.
Cass. soc. 16 mai 1984 n° 1368, CFEM c/ Delor et a.

13590
L'employeur ne peut consentir par avance une révision automatique du salaire fondée sur le Smic. Par suite, le salarié ne saurait se
prévaloir d'une clause de son contrat prévoyant une rémunération brute horaire égale au Smic augmentée de 7 % pour demander

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la révision de sa rémunération à chaque revalorisation du Smic.
Cass. soc. 18 mars 1992 n° 1415 P, SA HRPP-Mac Donald c/ Petit : RJS 5/92 n° 618, Bull. civ. V n° 188.
Ndlr :
Outre les clauses prévoyant la révision automatique du salaire en fonction des revalorisations du Smic, la prohibition des clauses
d'indexation sur le Smic vise également les clauses prévoyant la fixation du salaire par référence au Smic.

13600
La prohibition générale édictée par l'ordonnance du 30 décembre 1958 (reprise à l'article L 112-2 du Code monétaire et financier),
qui interdit toute clause prévoyant des indexations fondées sur le Smic, s'oppose à ce que le calcul de l'intéressement d'un gérant
salarié soit effectué en divisant le total des salaires mensuels du magasin par le Smic pour chiffrer le nombre de personnes
théoriquement employées à prendre en considération pour la détermination du rendement en fonction duquel varie, à partir d'un
certain montant, le pourcentage du chiffre d'affaires alloué en sus du salaire.
Cass. soc. 8 avril 1976, Société coopérative régionale des Charentes et du Poitou c/ Epoux Cocher : Bull. civ. V n° 201.

Indexation sur le taux de change

13620
S'agissant de l'indexation sur le taux de change du salaire versé aux salariés travaillant à l'étranger, voir TC-II-15140.

Réévaluation a posteriori des salaires

13640
La Cour de cassation admet que les salaires puissent être revalorisés en fonction du niveau général des prix dès lors que cette
revalorisation intervient a posteriori, une fois l'indice connu et ne constitue pas une révision automatique convenue à l'avance.

13650
Le fait de fonder une augmentation de salaire sur un indice de niveau général des prix ne constitue pas une indexation prohibée
dès lors qu'à la date de l'accord l'indice devant servir de base à l'augmentation n'est plus susceptible de variation.
En effet, le réajustement des salaires déterminé dans ces conditions provient directement de la négociation des parties et non d'une
révision automatique convenue d'avance.
Cass. soc. 30 avril 1985 n° 1745, Legallic c/ Société Douce-Hydro : Bull. civ. V n° 267.
Ndlr :
Jugé à propos d'un accord signé le 2 juillet 1982 et prévoyant une revalorisation des salaires pour l'année 1982 fondée sur
l'évolution de l'indice Insee de juillet 1981 à juillet 1982 augmentée de 0,7 % sous certaines conditions.

Seuil de déclenchement d'une négociation sur les salaires

13660
Les clauses d'indexation automatique des salaires prohibées par la loi doivent être distinguées des clauses se référant à
l'évolution d'un indice pour fixer un seuil de déclenchement d'une négociation sur les salaires.
De telles clauses précisant les seuils de variation à partir desquels de nouvelles négociations peuvent s'engager sont licites (Rép.
Cousté : AN 14 décembre 1981 p. 3669 n° 3202).
Dans le même sens : Cass. soc. 21 février 1979, Sté des Laboratoires Nicholas c/ Marcel et a. : Dr. Social 1979-287.

13670
Ne constitue pas une clause prohibée la clause du contrat de travail prévoyant un rattrapage fixe semestriel ne faisant référence à
aucun indice des prix et n'étant pas liée à l'évolution du Smic.
Cass. soc. 11 mars 1998 n° 1314 D, SCP Foucteau-Nicolas c/ Tallec.
Ndlr :
En l'espèce, le contrat de travail prévoyait un rattrapage du coût de la vie de 5 % du salaire brut en avril et de 5 % en octobre.

B. Conséquences d'une clause prohibée

13900
Les clauses d'indexation automatique prohibée par la loi sont nulles. Il s'ensuit que le salarié ne saurait revendiquer leur
application.

13910
Sauf en ce qui concerne les dettes d'aliments, les clauses d'indexation sur le niveau général des prix sont nulles, quelle que soit la
nature de la convention.
Doit donc être cassée la sentence prud'homale condamnant un employeur à verser des rappels de salaire en application d'un
avenant à la convention collective indexant les salaires sur la moyenne des indices du coût de la vie publiés par l'Insee et par la

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CFDT.
Cass. soc. 3 mai 1979 n° 78-40.123, Quincaillerie Lejoncour c/ Bernard et a. : Bull. civ. V n° 383.
Dans le même sens : Cass. soc. 23 septembre 1982 n° 1589, Société Comptoir de distribution alimentaire c/ Bisbrouck et a.

13920
L'application, pendant plusieurs années, d'un dispositif de revalorisation des salaires comprenant une clause d'indexation sur le
niveau général des prix ne peut pas constituer au profit des salariés un avantage acquis dont ils pourraient se prévaloir pour
contraindre l'employeur à en poursuivre l'application.
Cass. soc. 27 février 1980 n° 577, ABCF c/ Minaudier et a. : Bull. civ. V n° 197.

13930
Toute convention contraire aux dispositions de l'ordonnance du 30 décembre 1958 modifiée (reprises à l'article L 112-2 du Code
monétaire et financier) est nulle. L'employeur qui a remplacé un système d'indexation prohibée par un autre mode de
revalorisation des salaires ne peut donc être condamné à en poursuivre l'application, même si la nouvelle formule se révèle moins
avantageuse pour les salariés.
Cass. soc. 2 mars 1977 n° 75-40.669, Scan de Port-Neuf c/ Denier : Bull. civ. V n° 159.

13940
Un conseil de prud'hommes ne peut condamner une entreprise au versement d'un acompte dès lors que celui-ci constitue une
avance sur un salaire déterminé par une indexation sur le niveau général des prix.
Une telle indexation est en effet prohibée par la loi et toutes conventions contraires sont nulles. Il importe peu à cet égard que
l'accord qui a institué cette indexation n'ait pas été dénoncé et qu'il ait été appliqué à diverses reprises.
Cass. soc. 7 décembre 1983, Coopérative d'Elle et Vire et a. c/ Syndicat régional CFDT des cadres et agents de maîtrise des
coopératives et Sica Laitières de Basse-Normandie : Bull. civ. V n° 593.
Ndlr :
En l'espèce, l'accord prévoyait, afin de garantir le pouvoir d'achat des salariés par l'indexation sur la base de l'indice Insee des prix
à la consommation, qu'il serait attribué aux salariés en complément de l'acompte déjà versé le 1er avril, un nouvel acompte au 1er
juin et au 1er octobre. Si la variation de l'indice Insee s'avérait supérieure aux augmentations prévisionnelles accordées, une
majoration de salaire égale à l'écart ainsi constaté serait appliquée rétroactivement au 1er janvier de l'année considérée.

13950
La nullité d'ordre public des clauses d'indexation des salaires sur le Smic ou le niveau général des prix permet à l'employeur de
cesser d'appliquer un accord collectif d'entreprise prévoyant une telle indexation sans être tenu d'en poursuivre l'application
pendant un an à compter de sa dénonciation, comme le voudrait l'article L 132-8 du Code du travail.
Cass. soc. 16 mai 1984 n° 1369, CFEM c/ Vieules et a. : non publié au Bull. civ.

13960
Dans une entreprise indexant les salaires sur le niveau général des prix sauf pour les salariés dont l'efficacité professionnelle a
donné lieu à une remarque du chef de service, un salarié écarté du bénéfice de l'indexation sans avoir fait l'objet d'une telle
remarque n'est néanmoins pas en droit de la réclamer. Une telle demande ne tiendrait en effet qu'à une indexation de son salaire
sur le niveau général des prix. Or une telle indexation est prohibée par la loi et toutes les conventions contraires sont nulles.
Cass. soc. 20 juin 1984 n° 1657, ATEI c/ Gauthier.

13970
Commet une faute l'employeur qui insère au contrat une clause d'indexation du salaire qu'il sait inopérante car illicite, et qui a
amené le salarié à s'engager. Il en résulte pour ce salarié, auquel fut ensuite refusée toute augmentation de salaire, un préjudice
dont le montant peut être évalué souverainement par les juges du fond.
Cass. soc. 14 mai 1987 n° 1848 S, SA Malta c/ Bernardini.

13980
Lorsque le dispositif de revalorisation prévoit plusieurs paramètres, la circonstance que l'un de ceux-ci consiste en une
indexation prohibée n'entraîne pas la nullité de l'ensemble du dispositif. L'employeur reste donc tenu de revaloriser les salaires en
fonction des autres paramètres.

13990
Un accord d'entreprise faisant référence à la convention collective des Etam du bâtiment et des travaux publics prévoyait :
- en premier lieu la variation des salaires proportionnellement et aux mêmes dates que la valeur du point Etam de la région
parisienne ;
- en second lieu qu'en tout état de cause cette revalorisation ne peut entraîner une augmentation du pouvoir d'achat inférieure à
1 % l'an ni supérieure à 1,5 % l'an par rapport à la variation de l'indice Insee des prix à la consommation des ménages urbains.
Jugé que ces dernières dispositions étaient nulles dans la mesure où elles font référence à l'indice des prix à la consommation.
Toutefois, cette nullité ne s'étend pas à la clause de revalorisation du salaire en fonction d'un point Etam, laquelle doit seule être
appliquée par l'employeur.
Cass. soc. 9 avril 1987 3 arrêts : n° 1316 P, Hallier et a. c/ AFPBTP : Bull. civ. V n° 212 ; Cass. soc. 9 avril 1987 n° 1315 S,
AFPBTP c/ Mendy et a. ; Cass. soc. 9 avril 1987 n° 1317 S, Aforprobat c/ Anger et a. : non publiés au Bull. civ. ; Cass. soc. 16
octobre 1991 n° 3443 D, Blot et Boulay c/ Association Afobat.

14000
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Au cas où une clause d'indexation des salaires stipule un indice composite, constitué par la combinaison de deux paramètres
distincts, dont l'un, en relation directe avec l'activité de l'une des parties, est licite, tandis que l'autre, faisant référence à la
moyenne des indices Insee de la région parisienne, est prohibé par l'article 79 paragraphe 3, de l'ordonnance du 30 décembre 1958
(repris à l'article L 112-2 du Code monétaire et financier), il y a lieu de faire application de l'article 1157 du Code civil, selon
lequel, lorsqu'une clause est susceptible de deux sens, on doit plutôt l'entendre dans celui dans lequel elle peut avoir quelque effet
que dans celui où elle n'en pourrait produire aucun.
Par suite, en fonction de l'intention des parties, il convient de décider que cette masse doit être expurgée de l'élément prohibé et de
ne retenir que celui dont le caractère licite est certain, et cela à concurrence de moitié.
Il en résulte que doivent être rejetées les solutions consistant soit à tenir pour valable l'indexation composite puisqu'une nullité
radicale frappe l'un des éléments de la combinaison, soit à retenir la nullité pour le tout, cette solution faisant litière de la
commune intention des parties.
CA Paris 16 avril 1996, 21e ch. C, SA Allianz Via IARDT c/ Renon.

14010
Interprétant les termes ni clairs ni précis d'un accord prévoyant la revalorisation annuelle du capital alloué aux salariés d'une
société d'assurance en fonction de l'indice arithmétique moyen des valeurs d'assurance publié à la cote officielle des agents de
change et de la moyenne annuelle des indices Insee- région parisienne, arrêté au 31 décembre de l'année considérée, la cour
d'appel a estimé que l'application de l'un des indices de référence prévus dans l'accord pour la révision annuelle des sommes
allouées à chaque salarié, nonobstant l'illicéité de l'autre, correspondait à la volonté des parties exprimée dans cet accord d'assurer
aux salariés un capital révisable chaque année. Par suite, c'est à bon droit qu'elle a condamné l'employeur à appliquer au compte
des salariés concernés l'indice arithmétique moyen des valeurs d'assurance publié à la cote officielle des agents de change.
Cass. soc. 18 mars 1997 n° 1294 P, SA Allianz Via Assurances c/ Vialle et a. ; rectifié par Cass. soc. 28 mai 1997 n° 2795 D :
RJS 10/97 n° 1106, Bull. civ. V n° 110.
Ndlr :
Lorsqu'un dispositif de revalorisation comprend plusieurs paramètres, la circonstance que l'un de ceux-ci consiste en une
indexation prohibée (en l'espèce la référence à l'indice Insee) n'entraîne pas la nullité de l'ensemble du dispositif.

1/ Clause d’indexation au SMIC

Toute clause d’indexation au SMIC ou à tout autre paramètre d’ordre général (niveau des prix, des salaires,…). La
conséquence d’une telle clause est qu’elle est nulle. Un salarié qui s’en prévaudrait devant les prud’hommes se
verrait débouté. Pour plus de détail, voir le document ci-joint.
Un raisonnement qui dit que comme le salaire minimum des ASMAT est indexé au SMIC, les salaires peuvent l’être
aussi ne tient pas.

La seule possibilité légale, donc opposable aux employeurs, est de mentionner un montant ou un pourcentage précis
d’augmentation au bout d’un an. Mais il ne faut pas que ces montants fassent référence à un indice.