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INSTANT ET DIACHRONIE

Âu cours des cinq à six décennies sur lesquelles s’est étendue la


recherche philosophique d'Emmanuel Lévinas, la question du temps a
constitué une préoccupation, peut-être en apparence latérale ou secon-
daire mais, dans les faits, constante ou constamment retournant et venant
en première place à des moments-charnières de l'évolution de l'œuvte,
On peut ainsi être étonné de constater que le tout premier essai qui ne fût
pas d'histoire de la philosophie — c’est-à-dire, en l'occurrence, consacté à
Husserl ou à Heidegger — et qui se voulait certes, et était, de nature philo-
sophique mais surgissait d’une préoccupation pour l'actualité historique
k plus brûlante, « Quelques réflexions sur la philosophie de l'hitiétisme »
(1934; il importe de souligner la date), se voyait amené à poser la ques-
tion du temps pour tâcher à penser le phénomène hitlérien dans sa spéci-
ficité ou sa rouveauté. L'un des derniers textesipubliés — mais qui remonte
à l'année universitaire 1975-1976 et suit donc de très-près la publication

annee
d'Autrement qu'être — à pour titre La Mort et le Temps, et plusieurs pages des
cssais tassemblés dans le très-tardif Entre nous s’emploient, avec endu-
tance, À thématiser la question, Tous les familiers témoigneront qu’elle
… tait devenue s4 question dans les dernières années, au point que certains?

ag
: Ont pu supposer qu'un livre organique était en préparation. Tenant

M L Cette importance de la question du temps dans l’essai de 1934 a été bien montrée par
-Agu el Abensour dans sa longue postface à la réédition du texte par les Éditions Rivages
en 1907,
2. En particulier Marc Faessler,
—_

DE L'AUTREMENT INSTANT ET DIACHRONI


PARCOURS E
292
293

lissement mais également de mot —_ déjà


compte non seulement des effets du vicil
cépe
P':: ndant très | rés
P: É ent dans De jéexis1 tenc
É e E istant
trage »!, je n'ai xp à l'ex
he pour ce qu il appelait le « court-mé
l'amour du philosop précèd; e le contenu
qui tà «la ée- enne: de 1
ui
qui

ne peut faire abstraction des é i


jamais partagé cette espérance. M ais on
qui PE) nn Es ont
Husserl ‘et le « flux » EEE
tion de l'entretien accordé en 1988:
termes de la réponse à la dernière ques «ultime £6Méta € Avec
phore duae
mé Na temps » s
(De
MT 125“e)
déclarer qi ue son «thème de
à la revue Aufrement, qui commençait paf 1 it écrit Lt : LE tem
€ ps
PS P: par
là déformalisation de la notion de
hiî mème se refuse à
recherche essentiel fétait]_celui de
les images de Courant et de
ce que cela signifie. Mais il faut
flux
P at lesquelles
temps» (EN 263). Of Vérra Bientôt
on

i de 1947, De L'existence à
encore se rappeler que, avant de conclure, l'essa 25) — au profit de
le temps » (EE 147-165) et que les
l'existant, emmenait la pensée « Vers partir de l’être-à-}“l-ae
2 [..] de l'extase du tem
ps [sk pour fütur] àà
nt Préc pour titre Le Temps moït, qui se à :
conférences contemporaines, qui avaie emprunHru
due qué Ce se-d
leur but consistait «à montrer té geà tien
de En d. Î
et l'Autre, annonçaient en ouvertute que qu'il est la rela- ë
" est Spéécu
cultiv
atiere
vement
s plus. satisfaisante que
isolé et seul, mais (DMT 126). Mais jam
que le temps n'est pas le fait d’un sujet ais sans de € Lela ph phrase
se
tion même avec autrui» (7A 17).
lamation — doit nous rendre
Cette detnière proposition — où ptoc
n constante où constamment
attentifs au fait que cette préoccupatio
r pour objet le temps dont il se
renouvelée n'eut pas à proprement parle
plus profondément, la question ne saurait en sortir vers
fût agi de donner une « définition», mais, ne peut plus pin
une phi ! qua de pré-
Ce qu'énonce on » (EE 19) —
même du temps envisagé dans sa temporalité, an
cs par Ste app lic ati on que
ei le Temps'en justifiant le choix «lu eagesde deoce r i remet dans
clairement la première leçon de La Mort C'est
jonction de penqu' en
Le mot évite les idées de flux ct dé Bas 1e temps = ser, eneffedéb
t, ats
d'un: ne Lévina
mot durée pour formuler cette question : « s
tance liquide et annoncent la à :
d'écoulement qui font penser à une subs S sa temporalité,
ité où, plus préciséme ne
nt, ; a de_pen
temps mesuré, le temps de …ser
possibilité d’une mesure du temps (le
Comme temporalisation — Æeili-
l'horloge, n'est pas le temps authentique).
ntendus et évite la confusion entre
gang — le mot durée évite tous ces male ment nt et originel-
temps et le temps lui-même » (DMT 15). Aire
son de La ns don
ce qui s'écoule dans le « Ve UE ptécisément il ent
— je ne crois pas que le mot end pat déforma. ji.
.

qu'étré parlait plus volontiers de diachronie


SX écisé à

Diachronie tation», Pun des


et représen œ W'il aura ? téalisé cet
«durée» y apparaisse — mais «
#e te tâche »07 P AS Thé E07
contre € qu'en
ion, en fait explicitement des sÿn0- ment heide. eg érien deborsrs d du ï dévelo
lopppe -
essais les plus impottants sur la quest
de la pe-
question, De Sotte
» (EN 189). Je choi x tardif de ce Pénultième leçon de
sa
À
nymes : « La durée ou la dia-chronie La Mort
l
g- 3
n'était pas fait pour le «lan de egger, ie L
1. Mi-plaisant, mi- sérieux, Lévinas me dit un utjouren qu'il
le temps à Partir
rassemblant un certain nombre
de la mort»,
ier ce défa
pall
métrage » mais qu'il pensait pouvoil r tenu de la thèse de 1930
, le seul véritable
que, compté non
‘ «courts-métrages ». Il est vtai d le ce livre les réserves
et Infini, et l'on à dit au couts
«long-métrage » qu'il ait écrit est Totalitél’on imagine sans peine Ja réaction des ré dacteurs des
que cette œuvre pouvait susciter. Mais
Cahiers du cinéma devant une telle définition ! ÊIStes
: », le mot sera iindifféremment écrit t avec ou sans trait d'union. ne reconnai SS. Ci
nt pas
as,
2. Comme « anar chie tee Est pas le plus haut» (AE 22 3) DÉ sor
te
294 PARCOURS DE L'AUTREMENT

gr tnes .
alors que la pensée de Lévinas s’oriente et suit son chemin vers des
dimensions de sens qui ne font pas nombre avec celles que laboure Hei-
‘déggetisur son propre Ælolgweg, même si des croisements s’opèrent sur
certains nœuds. Mais de sorte encore, et enfin, qu’une critique de prove-
nance heideggérienne a du mal à «mordre» sur le discours lévinassien
— et que, en fin de compte, elle n°y parvient pas.
On a dit plus haut que la question de la « déformalisation du temps »
— la question de la temporalité, de la temporalisation, de la Zetigng, de la
durée ou de la diachronie, autrement dit de la possibilité même du
temps — était devenue la question centrale de Lévinas dans les dernières linamovibilité d'un c
AUune continuation, La vra passé qui
années — on pourrait dire: dans la dernière décennie d'activité intense, Vrai commencement exiger
ait VU vrai présent qui,
ie liberté, Je
: . tou
« On voudrait montrer ici que, sous une forme peut-être pas toujours aussi d'unc destinée, la recommenc jours à l'apos ée
e éternellement. »! D'embl
consciente ni aussi explicite, elle a été sa question dès le départ, et donc, Heidegger et à Son comm ée on se heurte à
entaire du mot de Nie
puisque c’est de là que nous sommes partis, dès les « Quelques réflexions seul est la vengeance même: ñ . tzs che «Cela, oui, cela
sur la philosophie de l’hitlérisme ». On ne le comprendra cependant que temps ct son ‘i] était”. ÿ2 En ressentiment de la volonté contre le
si Fon met cet essai en rapport avec quelques textes contemporains où passé» n'est-elle BE 4 te Ron Contre « l’inamovibilité du
. ë j réssion
immédiatement postérieurs, mais c'est alors que l’on constatera que, si War Aramis ? À première vue, peut-être du ressentitiment contre le Er
ces éctits sont lus attentivement, la critique d'inspiration heideggérienne courte ! Cat, chez Ni mais cette vue est un peu
: _
qui pourrait en être faite ne « prend » pas à leur contact ou que ceux-ci lui celui
jeu dede la la rabmé
pe contre
Miéteche, Heidegger
et son y « insiste,
échappent. On suivta alors, ponctuellement, la façon dont la question se
le temps passer» le ressentiment
. sst
1gnés qui viennent d’être citées ni d F 7 et sien dans les
repose durant la période médiane de la progression de l’œuvre, avant d'en Peutx vérifier désormais que nous ..s_ sposo:
ensemble de Pessai (le lecteur le
Péditi
arriver à la déformalisation explicite du temps qui s'opère dans les der-
nières années, après la publication d’Awfement qu'être, mais que seul delissela volonté,
supposer À que nous autions
partir de quoi l
affaire ns de l'édition Abensout) ne
> SOUS-jacente, à une philosophie
celui-ci rend effectivement possible, On auta ainsi, en acte, une vérifica- dans ces lignes de DexBrés Son ds St légitimé à se demander s’il s'agit
l'esprità de vengeance, I] faut done un i :
tion de l’hypothèse de travail qui guide toutes ces pages depuis le « Che le ph nent EXptimant à son tour
;
‘pitre préliminaire viet qui consistait en une vision téléologique de l'œuvre qu'il est plus e : Us attentiv.
qui éenr nn Re question de Pexpression ement, pour con
ditigée — à travers «des contradictions ct des maladresses » avouées eds Vonbié qui s'inscrit en lui avec la
du manque du tn Se
en 1978 (ËE, préf. à la 2° éd.) — vers Autrement qu'être comme son aboutis- o 1 l'empéchement
É
dimension du
d’un 245 à commencement. La déterminsion ©
ee
sement sans a-boutissement'. Se trouverait alors également justifiée la Basé de l’origi gine x £
de linamovibi ité . ation 44u
oO ape et la caractérisati
cté na
décision de tessaisir l’ensemble de l’œuvre à partir de ce livre, vers lequel, possibilité d’un Commencement
#
MON a Présent de la
au moins à un regard rétrospectif, elle semble converger — heureusement

qui préc
1. C'est toujours cette préface à la deuxième édition de De l'existence à l'existant 1. Emmanuel
& citée, DS, uél Lévi |
chemin qui s€ parcouf Lévinas, «Quelques
que la démarche qui va de Totalité et Infinj à Autrement qu'être constitue un réflexions sur la philosophie de
sans a-boutir, et cela, précisément, parce que l'Infini n’est pas terme. 2. Marart
tinin Heideg tlérisme »,
Phitléri
Hei ger, Ln'appelle-t
on Penser à, p. 70 et sq.
con
PARCOURS DE L’AUTREMENT
296

D ne
avant de
commencement (empêché), au présent. Ce qu’il faut penser ici,
se précipiter dans un diagnostic heideggérien c’est l'inamovibilité
comme telle qui, l’année suivante, se retrouvera dans le premier essai
le pré
strictement philosophique, De l'évasion, pou caractériser cette fois
nausée,
sent tel qu’il s'impose dans le malaise et dans l’acmé de celui-ci, la
ce
où il rive le‘malade au présent du malaise et de la nausée, de sorte que
en aucun
présent apparaît radicalement sans avenir en ne pouvant plus
cas se faire commencement. On voit donc que ce qui compte, avant
toute détermination du présent ou du passé en tant que dimensions du
le
temps, cest Pêtre-tivé et la possibilité d’une dé-rive. C’est là que
temps lui-même trouve — serait-ce en creux — sa temporalisation, sa
durée ou sa diachronie.
Ce que rencontre le jeune Lévinas avec cette tragédie du temps, c'est
et
Vêtre-rivé qui s’y indure, c’est-à-dire la rétention du présent par le passé
du futur (du moins faut-il le supposer, puisqu'il n’est que supputé dans
ces pages) par le présent. C’est l'impossibilité du surgissement du temps,
mésse du du bon h eur
bonh x
es t une flèche dirigée4 vets
;
lé tkethité [ + La
ou du moins son « retard à l'allumage », lesquels posent comme question tion du présent, ; apogé téhabilita.
, apogée
” du temps et conditi
ondition de la liberté,
conduire fatalement à la fencontre de Péternit doi
a liberté, doit-elle nous
philosophique première celle de la tempotalisation. Il n’y a pas dès lors à
s'étonner que, lorsque Pessai sut l'évasion thématisera celle-ci comme de_—la froideur * impersonnell
i É si difficilement
e d'une vérité mathémati sé
Lävelle n'es t-il P pas une € éte per nr
matique ? Le présent de
libération du présent inadéquat du malaise, il énoncera que « ce n'est pas éternité prépsen
ré te, débarrassée de Ja
vers l'éternité que l'évasion s’accomplit» — pour préciser aussitôt: richesse
« L'éternité n’est que l'accentuation ou la radicalisation de la fatalité de
l'être tivé à lui-même. Et il y a une profonde vérité dans le mythe de
s obile 8» 6 . : soulig
l'éternité qui pèserait aux dieux immortels » (DE 95). Dès ces première
Mouvante de l'éternité imm .
le problèm e Identique (dénonciatio ne cette derniè. re Propositi
années, il est clair que c’est #mporellement que doit être posé n du pa ! é comme À
être-rivnéé, ide
£
on)
abordée à tion du pré ntique valorisa-
du temps, ou plutôt de sa temporalisation, paradoxalement sent en l'absence de Out °
e considération pour le
partir de ce qui semble faire epéchement du temps. Ce qui se fait jour der-
futur, à mais au
qui pourra sut-
rière tout cela, c’est la postulation d’une excellence du temps,
sur l’hitléri sme mais
prendre à la lecture du morceau cité des réflexions
de
que lon trouve en acte dans un compte rendu de La Présence totale

Louis Lavelle! qui affirme tout à la fois cette excellence du temps
Ne Heidegger
la définit au
c
î àlet
: zsche eres: « Quà L L est-ce q BE
qui i d: ans le tern 3 ps
est pté©-sent Î anesen
à ae ne d) €te P par làà
Fm
ques, p. 392-395. Notons
? Ce qui dans
1. Publié dans le tome IV (1934/1935) des Recherches philosophi nn le temps est
; > eutemer Pt “he _.
l'évasion 3je reprends ces Ë € Fan tenant
sr

que c’est dans la même revue que, Pannée suivante, sera publié De Main
(vi, Hô), Le
futur est le “pa
fan enco =
remarques sur le compte rendu à mes notes sur ce texte.
. Le passé est le
‘plus jamais mai
ntenant” - Le futur est
: ce quài
INSTANT ET DIAC
PARCOURS DE L'AUTREMENT HRONIE
298
299
lieu de le submerger
ce qui est déjà ab-sent. »! Le ; Où, É À l'in verse, « là
est encore ab-sent {Abwesende], le passé est prenne le Pinstant
ant co &
position es tll'
évé
événement mê%me
(en aucun sens qu'on 124). D'où à dé de
passé ne se définit pas ici par son absence ee
conséquen ce: » (EE éco ;
sur le présent”, lequel ne «L' a
avant d’être en relation ae ë une importante
terme), mais par l’empêchement qu’il fait peser précèdent ou le Re ï
main-tenant mais comme la pos- À , En qui le
se comprend pas comme un /éff où un
n un acte par quel s ere
lant est un commencement t, recèle shence. Chagae in Lg
(mais cela dépasse la He naissance|. ge ]L
sibilité d’un commencement, et donc possiblement Pour le com- tion, k une c ONQUÊEê , sas que
promesse d’un avenir. cefte relation se —.
lettre de nos textes actuels) comme la réf eo me
et voir comment, Ù qHe,
CONQ HE, à uR étre, ) à un
prendte cependant, il faut sauter cinq ans de captivité
événem
PAent plac
A é dass, S ce € passé6 on
acé 04 de GAS S cel avenir.
tique du présent, En
dans Pimmédiat après-guerre, est reprise ka probléma
;
tant que‘

ant qui va bient ôt la dépasser.


que guide l'interrogation sur l'inst
pénultièmes pages s’en vont
De l'existence à l'existant, dont seules les e
objet explicite, Cependant, il heurt
« Vers le temps », n’a pas celui-ci pour
du point de vue de sa temporalisa-
de front la question du présent, abordée pre-
bilité, laquelle apparaît au
tion, de sa présentification, bref, de sa possi
mier abotd comme une impossibilité, ce qui d'emblée nous place à écart
de quoi les deux autres
d'une considération du maintenant au regard
agées comme un plus-
dimensions du temps devraient être envis
ainsi comme des absences.
maintenant et un pas-encote-maintenant, ct
le présent doit se penser par
Or, cette question de la possibilité se pose, cat
transmutation au sein du
sa « subjectivité », c'est-à-dire par le fait « de Ja
moment aprés,
s1 quelq 1€ cause,
À savoir a Même
antif, de Fhypostase» qui nous à produi
pur événement d'être, de l'événement en subst
Continue à nous ts ne
P roduire, Cést-à
à-d
-dirirene
les pages où le présent est
n OUS con
co: s etve, »° Cet
(BE 125). Cela se comprend si lon précise que
Cett
te

l’#/y a encote son


qui révèle ici
interrogé suivent celles où était « imaginé »
95) ou encore « grouille-
caractère central — put «champ de force » (EE
ne sauait pointer, füt-ce
ment de points » (EF 96) dans lequel aucun point entre
être en général » (£E 94;
comme pointe d’épingle. Ce qui décrit l«
existant » (EE 93). Le présent
guillemets dans le texte), « l'existence sans
e de direction, dans cet universel
est, dans cette universelle circulation privé qui
de la position comme telle, mai
mouvement privé de mobiles’, événement
esdque, aussiiEi bibien en
raison de Sa « Cartésian
est position d an existant assumant
l'existence qui devient so existence A ans l'existence sans
exist: antooù
ité
ù bruitbone ]FE
ParA3
, 8, T se
|
nee
peut
s Spi esns
sur
41.
1. Martin Heidegger, @p. sf, p. 75; texte p. nommé Nixon ont popularisé mondiale- 1. Ferdi nand
Alqquié
u , , La Décéco
d’un présid ent
2. Depuis que les mésaventures omverte métÉfaPh
tablapysique qhe de de Ph l'homme
déboiter ainsi notre « empêchement », QU alors, 2 chez Ex Di fescartes, P: Paris,
ment le mot impeachment, je pense qu’on peut Lean Wahl
p,r De e #
ré e ps,
de l'instant dans la
Ul , 1950,
PUF
ne traduira pourtant pas fidèle ment Panglai s. Philosophie de Destarte
dans le mot (biégotni) que la € ourse des souris , 5, Paris, |Descartes |
3. Dans Pouchkine (évoqué p. 216), c'est & Cie,
de « mobiles ».
est sans direction, donc privée de sens, et ainsi
PARCOURS DE L’AUTREMENT
300

tien pour réaliser ce commencement ou qu'il doit commencer avec Jui-


pas de Pinstant qui
même et pat lui-même : « Le commencement ne pat
conte nu dans le point
précède le commencement : son point de départ est du
recul au sein même
d'arrivée comme un choc en retour. À partir de ce
131). Mais c’est
présent, le présent s’accomplit, Pinstant est assumé » (EF
pourquoi, si Y on croit qu'il est jeu, il faut encore reconnaître que « à son
jeu
: « Il se pèse. Il est
il se pique et est pris ». Et c’est encore pourquoi, en fait
Jeu est la musique, la
être et non point rêve, non point jeu» (EE 135).
t que la mélodie est vécue musi-
le présent est :constitué
mélodie, mais, précisément : « Pour autan
P bar a P prise en charge
B IL ent È » (6E El
du prés
sseur qui écoute son 9) ai, s
Mai
calement, qu’elle n’est pas contrôle exercé par le profe 5 est-à-dite avec la ques-
ants dans la musique, File est
élève, c'est-à-dire travail et effort, /#y apas d'inst instant constitue sa pré-
t
le modèle parfait sur lequel Bergson a calqué la durée pure. On ne saurai actavec l'être qui n’est en
nts et qu’on
contester qu’on puisse fractionner la durée musicale en éléme
ne puisse compter ces éléments. Mais chaque instant ne compte pas»
avant
(BE 46, je souligne). La musique — qui met cependant en
cuper plus loin —
l'évanescence de l'instant, dont nous aurons à nous préoc la mort Le Présen
t ne s ÿ ÉvVanouit
présentifica-
n’est done pas la « circonstance » permettant d'approcher la
la réflexion seulem pas pour
ent qui le déclare
insaisissable
se P ptoduire dans une > Pat sa manière même de
ant. C’est, tout à l'opposé,
tion du présent et dès lors l’instantanéité de l'inst
mélodie, ilest ÉVanes
cen
Scence
ce,, [Il
I] est entaché de nu
pourra trouver cette (EE 4 6-47). Cette 1té
dans P'ffort — qui «exclut le jeu » (BE ÀT) — que l’on
Évañescence-là est
celle du pseudo-insta
ts. C’est dans ns qui, à la di fe.
circonstance. « La durée de l'effort est tout entière faite d'arrê
> FFE
la durée il assume
ce sens qu’il ne suit pas l'œuvre qui s’accomplit. Dans ac ù Mmencement de la pâm
est en arrière de oison
l'instant, en déchirant et en renouant le fil du temps. IL que la dialectique de
Pinstant
ie déjà libéré
l'instant qu’il va assumer, n’est donc pas comme dans la mélod
elle ; et à la fois il est déjà engagé
du présent qu'il vit, emporté et ravi par
é sur un instan t d'avenir. Il
dans le présent, et n’est pas comme l'élan pench
inévitable où il s'engage
est aux prises avec linstant en tant que présent
tence, il y a atrèt
sans retout, Au milieu de Pécoulement anonyme de l'exis
de l'instant » (EE 48).
et position. L’effort est l'accomplissement même Ptésent, donne une appare
ement, paradoxale.
Cette position du présent dans Pinstant est, doubl … ke téduire au néant»
nce d’être au passé É et déf
ie avenir incapable de
comm ence à être n'existe
D'abord par rapport à ce qui le précède :« Ce qui
(EE 133)! L'év. anesce
nce ainsinsii comprise, qui n’est
te pas qui doit
pas avant d’avoir commencé et c'est cependant ce qui n'exis de nulle
par son comm encement naître à soi-même, venir à soi, sans partir
ps

constitue Pinstant»
patt. Paradoxe même du commencement qui
nt sans héritage et qu!
(6E 130-131). Patadoxe, donc, d'un commenceme moyens
lui qui ne dispose d'aucun de ceux- ci, les
doit trouver en lui-même,
302 PARCOURS DE L'AUTREMENT

précisément pas celle du pseudo-instant musical, est ce qui coupe tous les
ce
ponts entre l'instant obtenu sans appui dans le passé et l'instant à-venir,
que lon pourrait appeler «le plus proche instant » en pensant À un énigma.
tique et très-bref récit de Kafka. Cette évanescence n’a aucun avenir,
aucune promesse d'avenir dans un (instant) futur qui viendrait quelle que
. Tout
soit la façon dont on entend ce verbe — relevet l'instant évanescent
au contraire : « L'absolu de la relation entre l'existence et l'existant, dans
[ce dont
l'instant, est à la fois fait de la maîtrise de l'existant sur l'existence
nous étions pattis}, mais aussi du poids de l'existence sut l'existant. Rien ne
saurait annuler l'inscription dans l'existence qui engage le présent. La couts de notre existe
coupe de l'existence doit être bue jusqu'à la lie, épuisée ; rien n'est laissé nce pan , e.
ce qu’elle
de l'existence qui sse co nsomme est fini Il est, au Contrair; e,
pour le lendemain. Toute acuité du présent tient À son engagement sans fi 1ge
dans li
oz
Pinfini
sa liberté,À comme dans u
réserve et en quelque manière sans consolation dans Vêtre. Il n’y a plus rien
Î
Instant, la fatalité dans laquelle se
rent Captifs d'eux-même
à accomplir. 1] n’y a plus aucune distance à parcourir. L’instant s’évanouira, s L-] La pré
bilité, à son
Mais cela veut simplement dire qu’il ne dure pas. L’évanescence du ptésent retour inévitable à
elle ne
rend possible cet absolu de lengagement. La relation avec l'être dans le
présent ne s'accomplit pas sur le plan qui mène d'un instant à l'autre dans la durée, Î]
ny a dans le présent considéré en lui-même que sa relation exceptionnelle
tion,1 LeLe présen
avec l'être — rien qui s'annonce pour après [.] L'évanescence du présent ne Prést,
ent, lib
re à léégard du
gravité de l'être où il é, mai i
détruit pas le définitif et l'infini actuel de l’accomplissement de l'être qui s'engage » BEL
a PTS
constitue la fonction même du présent » (EE 132-133, je souligne). Ainsi Fee prets
le présent, saisi dans son évanescence même, est-il — et c’est là son
paradoxe — «réfractaire à l'avenir» (EE 125). Mais c’est ainsi que l'on
débouche sur la dialectique de l'instant, le mot étant pris ici dans le sens où,
très loin de cette problématique, certains ont parlé d’une dialectique dela
si
raison. Car Pinstant— « sans ancêtres, sans mariage, sans descendants »,
que
l'on peut une, fois encore s’en remettre à Kafka’ et, si l’on pense

étonnan-
1. «Le plus proche village. Mon grand-père avait coutume de dire : “La vie est
aujourd’ hui si serrée que je compren ds à peine,
ment brève. Dans mon souvenir € Île se ramasse
à partir à cheval pour le plus proche village
par exemple, qu'un jeune homme p uisse se décider n°
que — tout accident écarté — une existenc e ordinair e et se déroulant sans heurts futur ne sion
sans craindre ne signifie
Mais; la volonté —
pa; S une « f etombées
ne,

pour cette promenade” .» Trad, À, Vialatte, in Guvres compte


suffise pas, de bien loin, même d
Paris, Gallimard, vol. II, 1980, p. 439. .
ani ne

Œuvres complètes, vol. TI, 1984,


ne ne

2. Journal, entrée du 21 janvier 1922, trad . M. Robert, in #6


p- 524. Cependant, l'instant est par ailleurs essentiellement « marié » — mais à soi, Cest en
sens qu’il est essentiellement « célibataire ».
DE T'AUTREMENT INSTANT ET DIACHRONI
PARCOURS E
304 305

d'instant qui,
« champ de force », «gtou. ille- toujours à partir du présent,
absolument a-temporelle de: y a C! omme istan Et cette tentative est
Pz
« interrompt et renoue la durée à laquelle
se donne à penser comme
ce qui
t ».
i s> ou «exis te fee: Sans SAS
& il vient à partir de soi» et
ment de point une «retombée » — entraînant avec elle la naïvejveté
té q que le {tranche sur la durée où il est saisi » (EF ainsi
d'autant moins 126). La dutée est certes, ici,
qu avec pat urs
ce païco premier lieu, le confit que là représent en
es infiniment
Île est
— qu elle
consciente ation naïve se figur e en pui
vocable suppose
que,
le tragique flux, dans lequel l'instant se de
éé le temps, ; lequel, « loinj de constituer
i lui-même est fi guré granulair
ement et évoque les
elle ne ne se pas
s’est donn
petits cailloux dont les Pythag
ici en
’est nullement ici en hicontradic-
bi c
21: E 134). Onr'es oriciens se servaient pour nom
-être délivrer » (Æ éflexions brer, Mais elle
Un “sur: lananphilosophie
peurs Fe est simultanément à entend
, ropos initiaux des « Quelques sg de re comme temporalité où
« durée » au sens Ptécisé par tem potalisation,
por
’hitlérisme» ts par De Pévasion, et Von s ssl Tavelle, Car toute le couts sur La dort l Tem
uis l'instant, comme le « moment ps — Zirigung — et
Lavelle. » où celle-ci se fai, dans Pinter
“comprendr
nd e la conclusion du compte ruption et le
de nous rendu
mettre deen Loptésésence du tragique
1nouement, comme l'origin
à du e même de la durée L'instant-es
cette tééflexion Jui-même
n’a pour etfin dont
que l’évanescence lele re: rend incapable de débou- t ainsi à penser
£ En arme Lébtéaires ccomplit la diachronie même
présent jué à lui-
. lus proche instant» parce qu’ > « il«il ss est dépo à et, finalement, en nul autr et c’est en ce sens,
cas en 2 e, qu’il intervient dans la
méd ita tion s: ur la pté-
sentification du présent Que
nes tente De l'existence à l'existant.
ment aux “énénries
théo: de Bergson et de Heidegger, du p une réflexion sur le dire qu’il peut être détaché de s Mais cela veut
e réflexion est ST
de lui-même» (EE 129). Toute cett ue l’avancée de la méditation aussi bien qu’
du présent «en absence du temps “e Ensait la Facilité de se
rs as les moyens de conquérir
doriner. Le temps dèsx lors, en tant q ueet p°qu
Da: «mé d’un futur au delà de ce
possil ions » cherchaient|
oriner. Le te comme les « Quelques
Le
la possibi-
réflexio G r être compris que
ésent
PISSEnt arrêté —
delà ë bien sûr ê
+ & elà du pas sé — ne saura
D
lie dun rer2
Lune À
a u tragique pat ailleurs insctit,ï dans le 8, 2par. ce pasquiLe
ssot ne Cat À s’agit d’en venir au te
Mps au lieu
cornme libération sement de temps — lequel, bien que le m & de s’en tenir au présent, mêm
Sila été obtenu à partir de sa p rése e
retient son surgissein ntificationt, Pour ce faire, i
e sa farurition. passer de l'essai de 1947, malgré vaut mieux
prononcé, ne peut ici se penser qué son dernier chapitre, aux
te . if eue de cet EXCUrEUS CoNsA- confér ences
5 à ière rematque
:
estune dernière fes: oncernait
, ps Paru à Pexistant, La réflexion qui is S'y es co
conduite ne ci décrire é
Rsaai pour
cré à De ent le présent, et pas même seulement
Éloposai element
Pa me tion de
présenter celui-ci
cent en le « déformalisant ». :
sut l'instant, Sur l'instant saisi
A de l'héritage de
à pa stant sans lien
D ui ans
Sr
lien connu de Tolstoï, Zz Mort d'Iv
ï de Malebranche et, comme tel, en tant mettre d'accéder an Tliich,
PE à S n'ait pas songé à s'y référer
avec le précéden & ni avec le suivant, seul capable de pe! Pon aurait dans ces pages
jalecti
sa ce ropre, indépendamment de celle du temps que |
Fe a indépen ï ;
Speate” — c'est-à-dire d’une situ
ation d'être-
û
de penser sa cap seat
si à eneris. CE qu Pit faut
à « déduction 1. De même, dans Je chap
onnef.
men
» du der au Passé et au futur itre 5 de la Première pattie
, p. 176-180, on était parvenu à
4 sc rer de ce développement, ce n'est pas seule
Oonc ar
la promotion de la notion
: , re
futant se donner le temp spectivement À partir du vieillissement et de la souffrance
s. , sans
accé-
pour
encote et plus profondément
présent, ces + enci 2. On rappelle que le récit de
des très exceptiole nnel T' olstoï est cité au $ 51 de Sein und Zaite
les références Jiittéraires t constitue ainsi l une
Sa son entier, Voir “abra, p. (je ne dis évidemment pas poét
i chap. 4, p. . 140, 152.
iè partie, 259. iques) de Pœ uvre
4, Sur la « naïveté», voir première
nain ae
PARCOURS DE L'AUTREMENT INSTANT ET DIACHRONIE
306
307

se confond avec 1 ané


tivé à la souffrance même. « Le contenu de la souffrance
û antiss
sem
eme
ent
nt, mai: S P At d'inLino
q qu elle Ouvre.
V
ce sens, la souf- Et <«
l'impossibilité de se détacher de la souffrance [..] Dans
ACOnnu di € la
lumières. e | tion humaine avec la mi
admet cependant sujet ;
france est l'impossibilité du néant » (TA 55-56), Si l’on nn pe, lorsqu'il
entre en use on
ance annonc e en | É
que, en un sens au moins, la mort est néant’, la souffr affaire à une relati F Ce qui ne vient pas de Jui » (7.4 Fe
donc:
tout autre que hei- Sur toutes celles ue Nes
creux son événement, mais elle l'annonce de manière lumière, où € Fees
mort dans
deggérienne. « Notons tout de suite ce que cette analyse de la net de Éf mé are sst à la fois quelque chose qu'on renc ans la
rappot t aux célèbre s analyses
la souffrance présente de particulier, par nous » (ZA 47). Bols est éclairé, on le tencontre
comme s’il sortait de
dans l'exist ence
heideggériennes de l’&re pour la mort. L'être pour la mort, possibilité (ae limposbls encore le cas de la mort envisagée co e
là une virilité
authentique de Heidegger, est une lucidité suprême et, par sie, Mais tel ren ab) té) dans la mesure où par le fait même ell mme
ence par le
suprême. C’est l'assomption de la dernière possibilité de l'exist de là Gffiance, AT € cas lorsqu'on l’aborde däns l'inconnu à ae
possibilités, qui
Duasein, qui rend précisément possibles toutes les autres

en ne hrpie
aucune EE he viens me noue
de saisir une possibilité, Ja mort est relation avec ce Pen
rend par conséquent possible le fait même
ger, événement
C'est-à-dire l'activité et la liberté. La mort est, chez Heideg
atriver à la mont Bape
de liberté, alors que, dans la souffrance, le sujet nous semble
ement dont le sujet
e manière Par fapport auquel je sujet nest plus
limite du possible. Il se trouve enchaîné, débordé et en quelqu
de l’idéal isme » (TA 57-58). La
passif. La mott est dans ce sens la limite
s a rencontré
souffrance réalise ainsi la situation de l'être-rivé que Lévina
le temps.
depuis le début de sa recherche et dont l'effet est d'empêcher
serait
—Se 1 >
rait-ce dan s | anticipation. Par làx la relat 10n >
précise la
Mais il faut poursuivre et faire ici des distinctions qui, comme le tère de Ï Ja mort test avec l’inconnu ou € mys
est relrelati
ation avec «l'aut -
Autrre»
e » — q! qu'il il faut ic:
nces, byzan-
note appelée par le chiffre 5, ne sont pas, malgré les appare lemets carat ili est, au mo ici écrire entre gu ouil-
ï ment Où nous s .
tines. Ce qui cherche à se penser dans ce texte, ce n’est pas, comme dans miné :LES
« Cette apptoche de la mort i ommes, essentiellement indéter-
de la pure et
Sein and Zeit, la possibilité de l'impossibilité — «la possibilité avec quelque chose qui
est abs
de la possbilii.
simple impossibilité du Daseir » — tmais l'impossibilité l'altérité, non Pas comm
e une dé inati
cette impossibilité!
Qu'effectue la souffrance qui entraîne la mort dans
façon saisi » et
Entendue dans ce sens, la mort est « ce qui n’est en aucune
saisit une possibilité»
la relation avec elle «ne sera jamais le fait de
premièrement par
(TA 64). C’est pourquoi la mott ne se caractérise pas

hapitre 5 de cette partic.


1. Sur cette question, on se reportera au €
Martineau, p. 185.
2. Martin Heidegger, Seins nd Zait, $ 50, p. 251 ; trad. " is
le montre ce br ef extrait décr
3. C'est ici que le récit de Tolstoï a toute sa force, comme plus pour lui) Ivan Dich.
temps n'existai t
vant l’agonie du personnage : « Durant trois jours Ge !
inconnue, irrésistible. ]1 se démenait
aamemede

La mort est en ce sens à


se débattit dans un sac noir où l'enfonçait une force nene pour
poë d’,
fOposé d'en .
pe 4
penser com: ME Zislant dans le sens où l’on a
bras du boutrea u, sachant pettine mment qué rien Proposé faire u
comme le condamné à mott dans les n ConcepPEt opérat
opétaoir
dépit de ses efforts, le terme épouvantable était toi e. Elle est l'instant
vait le sauver. Et, à tout instant, il sentait qu’en du futur.
Il était cffrayé qu’on l’introd uisit dans le sac noir ef plus encore de ne pas
de plus en plus proche.
réussir à y pénétrer» (je souligne).
eee
INSTANT ET DIACHRONI
PARCOURS DE L'AUTREMENT E
308 309

fin mais inco nnu et, COMME telle, autre


où la mort n’e: st pas simplement tion
acception, sans qu'il soit ques
pur et simple. Dans cette seconde elà,
rrection dans un quelconque au-d
d’une promesse de survie où d e résu , d’un aven ir pur,
nsion de l'av enir
la mort ouvre le temps dans Î a dime de déte rmin a-
__ serait-il le néant, à titre ne rs
c’est-à-dire pur de tout contenu
lle sorte cep endant qu’il
« Cette situation, c’est .
llem ent A peut lui faire face,
même, véritablement et perpétuc Ja rela tion avec au trui, le
face-à-face avec autrui,
tion — mais, pour cette raison Pour autant, la
ouvte otiginairement Vavenir. onñe et dérobe autrui » (ZA
à-venir. En ce sens, la mott la mott, 67)
cet avenir, « l'avenir que donne
elle ne donne pas le temps. Car 68, je souligne, en
pas encore Le temps » (TA
Vavenir de l'événement » — « #'es# ir nest à per-
en est-il ainsi? « Car cet aven

5
brisant la phrase). Pourquoi nir un élé-
ne peut pas assumer, pour deve
sonne, cet avenir que l'homme présent. Quel
ér ER relation avec le
ment du temps doit tout de même entt le, tout
, qui ont entre eux tout l'interval

ete
est le lien entre les deux instants fois insi gnif iante
, cette marge à la
Vabime qui sépare le présent et la mott place pour l'es poir ? Ce
ours assez de
tnais à la fois infinie où il y a touj qui transformerait
nest certaine ment pas une relation de pure contiguité ' «La relation avec
non plus l'élan du dynamisme et de
le temps en espace, mais ce rest pas présent semble encore s’a
ccomplir
po uvoir d’être au delà de lui-même et à-face avec anttantrui ui. a ï Situation;

nd
la durée, puisque pour le présent ce l'accomplissement du temps ; de fac e-à -fa ce serait
précisément exclu par le mystère l’'empi
d’empiéter sur l'avenir nous semble Re &
Fe le fait d’un sujeë t seul, du présent sur l'avenir n'est
ÿ ait temps, il faudrait donc que
À
mais la mia c 2 intersubject
même de la mort» (id). Pour quil iv.ve. e. La conditiî on du

hi
la emps est dans le rapport entr
lui-même tel qu’il est «inventé » par e hu
Pavenir fût gros, non seulement de ins où dans l’histoire » (ZA
68-69)
ort entre lui-même et le présent
mort, mais encore d’un certain rapp nt
présent et «em piétement» du prése
| La leçon sera retenue dans
ns l’'œuvte
l”
— «présence» du futur dans le ied

nn
l'ave nir a été sea AUSSI approfondie, Surtout. è grande maturité, mais elle
isément exclu parc e que
dans l'avenir — et ce rappott est préc son mystè re pétition dans les conférences
ss 41HR pou vait sembler demeurer de
ctement entendue dans
obtenu à partir de la moït stri
— ; Onation du temps à partir
r au temps, il faudra — en se fondant
du faceE-à-

(inconnu) et son altérité. Pour en veni mort — décou-

age ot pbm
cette méditation de la
cependant sur ce qui a été ouver: + par « circonstance» dominé Pat Asirement qu'être où le temps n°
auire situation — une autre est pas cepend
vrir une autre relation, une « où, à la fois, paepale — ce travail . pendant la j
ier Lévinas. Circonst: ance sera opéré grâce à
pour emprunte le lexique du dern le SSt une phrase qui é . pété grâce à la notion de
nl sujet, C° qe
- C'est pourquoi
t pas de moi] et où cependant la méditation s
l'événement arrive [c'est-à-dire “ne vien , fait faceà les dernières années Tee toute e temps réalisée dans
on accueille une chose, un objet
sujet, sans l'accueillir comme du u DDire n’est: AM * « : Le sujet dit aussi siL proprement que possible :
so

ance, on le comprend, diffé


rente del fond (car 1 E
l'événement» (TA 67). Circonst
a
dacbronie mêmes (4E … Proprement dit), n’est pas des le tern ?
# souvient de la synonv: Je souligne le dernier membre de Fe Parestle ;
aucune considération pouf ke sn onymi « diachr nie per
« durée », quel STen
1. On remarquera que tout
ce développement se fait sans “lisation », on aus2 toutes des mots
ymieraisons de subodorer. » et « tempo-
passé. c'est dans le suj !) et que
0 bn
DE L'AUTREMENT INSTANT ET DIACHR
310 PARCOURS ONIE

se trouve le chiffre du temps ou que c’est avec lui que Pon parviendra à
proprement parler à l'instant. Mais, en conformité avec le résultat des ana-
lyses menées dans Le Temps ef l'Autre, il ne sera pas le fait du « sujet seul»,
mais de celui-ci dans la stricte mesure où, comme Pénonce une des propo-
sitions de départ d’Asfrement qu'être dont ce livre est lui-même parti, «la
responsabilité pour autrui est le eu où se place le non-lieu de la subject
vité » (AE 12). D’où l’on doit conclure que c’est dans l'intrigue de la proxi-
mité où pointe le sujet pointe d’épingle sous le coup de l'autre avec lequel
se pose un pôle absolu d'aktérité que s fifle temps. Mais il va se faire tont
autrement que dans les années d’immédiat après-guerre où, dans les
conférences, il tenait sa temporalisation originelle du futur que la mort
permettait de penser, tandis que dans l’essai if s’en tenait au présent. Dans
le cours de 1975-1976 et les textes contemporains ou postérieurs, la mort
n’aidera plus à penser le temps qui ne sera plus pensé à partir de l’avenit,
mais pourra elle-même être pensée à partir du temps. Lequel verra le passé
venir se situer en tant que dimension première, dont il tirera la nuance qui
tracàe —pr
ca « inc
eonvert
sera la note dominante de toute cette méditation tardive : la passé. dns i = neenieî ». Le sujet
«est la diachronie même
Repartons du sujet. Celui dont il est ici question n’est pas le Moi de ages nd , ë pat les circonstance
s et les implications
»
Le passé. En ns
Totalité et Infini et pas non plus celui qui dans Autrement qu'être Se pose , du Suigissement de sa
subjectivité, il pro-dui
|
après « l'apparition du tiers ». Ï] ne peut être envisagé comme « moi du Un passé « plus passé
que tout passé » : d pas
concept du Moi» (AE 177), mais il est le je qui s'obtient à la pointe de sé
l’épingle, au bout de l'intrigue de proximité sous le coup de lPautte (autrui)
qui l'investit de responsabilité. On ne reprendra pas ici les analyses
conduites dans la première partie de ce livre. Mais on rappellera seule-
ment que cette investiture s’y était alots montrée élection, et que celle-ci
trouve ainsi ou ainsi»?
avait manifesté son «essence» en guise de passivité qui pouvait se dire mais de
rout
fét ner en E, EnHr, en; pro .
jet. Ici,: le déjà. est se
« plus passive que toute passivité ». Passivité en vertu de laquelle le sujet e
à ulement1
était élu sans pouvoir sur cette élection ni, conséquemment, sut la respon- ; de ce qui dure en ten
ant le su)
ité
sabilité dans laquelle il était élu. Des analyses ultérieures avaient alors Sst pas immédiatement
Ouverture-à, ouverte qu
montré que cette passivité devait être pensée comme celle de la créature, et
nous avions appris comment décrire la créaturialité: « Le soi-même ne S, 5 OÙ
' du MOIS
i
peut pas se faire, il est fait de passivité absolue et, dans ce sens, victime
le passé é recueilli
ï dans Sa «pas-
If à la Cifcofstance
en
d’une persécution paralysant toute assomption qui pourrait s’éveiller
du face-à-face
où 5 si elle est

lui pour le poser pasr soi, passivité de l'attachement déjà nouée comme 1.
2.
Franz Rosenzweig18,
L'Et
L'Etoile
oile de de lala Réde
Rédenn 0m, p. 15
iréversiblement passée, en deçà de toute mémoire, de tout rappel. Nouée
Mattin Heide,
BE et, Sein und Zeit $ 68, .. 340
5 P. ; et + P: 238.
INSTANT ET
PARCOURS DE L'AUTREMENT DIACHRONIE

312

de profondeut, se fait jour


«une responsabilité
décrite avec suffisamment L re présent à moi-
AVAnt d’êt
voué arani tout VU, ava
pout autrui à qui j'ai été t le tial, n’a pas seulement po Ut eff
c'est jen évi_… demmen
_— et de faire pointer le sujet pointe d’épingle
soi». Ce qui compte ici, qui porte la trace d’une € et
même ou de revenir à interroger. & sr e : penser ultimement en
t Ini qu'il 5 faut
+ souligné par Le texte, . et c'es ue ei + tion ; elle a encore pour Tésultat termes de créa-
s ne rev
«
ien dra it il pas € ss de fourrer lun qui vi
a priori ? Mai
ct avant Fee l'avant d’un die” de l'innéité ai: … i
ALÈE Pautre sous le coup duquel il
“pr ofo nd jadi s a pointé, - La Un on s’a ae
dan s un N
cco mplBE
it ia
je réalable d’une idée qui pbe etv où uléfes-
Geée éco
guise de version — comime la versision de Pun
8 vets l’autre. Versi à ù
ainsiïen
du je1 pense et qui i — RÉ de
LE en présence cotrélative i s e L dant l’autre se prése ve comme autr
e et ne peut d oncme
é tem ps, dans la tempora e de ce que Totalité etad {nfini appe Ëêtre l P qéneb j nn
ité résentée. Ainsi Sse trouvetai
t pelait Désir et décrit
Pi _ i RE a Fa mémoire, rep physique : «Le Désir est désir _…
-omme DéDésit s mét.a-
de l'éternité comme uñ pere de l’absolument dufte. En deh
ors de la
nine re rome
; éternité dont ka durée ou 20
re
_pas, dan s l'id éali té de Pidé e
p us
dissimulatio n ou la déformation ou > Sans que, par le
D temps ne serait que la ilège aussi du je perse, P à
_.
cofp s aucu
u n 86st
geste
e Soitsoi possible
i pour dimi
imi nuer l aspiration, sans qu'il
ience finie de l’homme. Priv sous Possible d'esquisser aucune caresse con soit
des ombres temporelles em
à tassemble la dispersion it e PU
nue fi inventer aucune care
eme elle nouvelle, Dési. sans Séfî otion sse
et la plus form i qu,à préc
D dela
à c ep transcendantale, la plus ferme er pes extériorité de
précis
isémé ent entend léloignement.

e hétérogénéité de contenus
l’Autre, Pour le Désir, cette
altérité, inadéquate
affocmed LEE forte que tout aisi ssan t 1de » 2 un sens. Elle est entendue
comme altérité d’Autrui et com
Pexpéri en l'embrassant et en le ress me
Ï e, un passé irréduc- °
ire,
rair
ntra
Rs le ava l r ee
voi o! letise [.]à C'est, ; au cont
re obl
de l'être us
dans rie PAM
ie présent qui semble signifier t bb
ui, sans réf ére nce à mon iden En ca
ponsabilité-pour-a utr ge meme
responsabilité rejeté vers c
droit. Me voilà, dans cette ou Be
ce qui n'a jamais été en 5 E
ni ma faute, ni mon fait, vers se ga es
vient se en
ma liberté, vets ce qui ne me ; a ce érot io n
qui me “regarde
d’un passé qui me CONCEFRE,
, de toute rétention, hi :
dehots de toute réminiscence Signi
Signifiance qi d'un
da! ns Péthique
é émoré.
remémors.
de toute référence à un présent pis nr - ; nn plus précisément, le
Mouvement se dessine comme
cti ble à mo n présent et, ainsi, d'un ! St $ effectue concrètement com une infini
pur passé irr édu
rial, à partir de la Te me linfinition de l’Infini, Cette
mémo
fiance originaire d’un passéim n n se fait infini
o
de pa « Pimpossi
.
bilité de l'id
SE is .
i entification> de Moi ‘et de I ‘Aut |
Impossible synthèse du Moi re,
c'ese
ici, F t que
n pos er la que
sisti
s on. “MA
re n e _ L pe +souligner c Omposer sur
et de I Autre» qui est « impossib
ilit é de
Elus n
n loibtà s’e
es g Le ss pi “ae. le mêm
ê e tetrain,
î de co: M-pOser au monde, impossibilité en
n du passé, est pee
le temps, dans la dimensio a posté
das Erbische, et qu
criptions éthiques, à partir de au revefs deu obtrtt
ment sans référence au présent, mais ençôie
st dans le même sens que P
L Ce qui ne veut pas dire
qu'il s'agisse là du mauvais infini
référence au présent. Or, c’e
Partie, Chap. 3, p. 3 Sur ce point, voir première
105-107,
du futur.
le temps dans ia dimension
PARCOURS DE L'AUTREMENT INSTANT ET DI
314 ACHRONIE

guise de glissement de la terre sous mes pieds »!. Comme telle, cefre infini.
hion est temps: en elle prend corps «le toujours du temps». Dans la
patience que signifie l'impossibilité qui la constitue se tisse la « longueur
du temps». Mais, plus précisément, cette infinition trace otiginaite-
ment — et sans doute pré-originairement — le temps au futur. En effet, la
version de l'un vers Pautre s’y fait de telle façon qu’il faut la dire « version Mort» qui signifi
on, m
ver-
vers Pautre qui, en tant qu'autre, préserverait jalousement, dans cette
féction, mais :
une obliga où
gati dont la Mott
sion inassimilable à la représentation, la diachronie temporelle». Mais de chant sur Le &n ne
emeps synchroni nis
iis
limmémorial à la place temps off ablee dede ]
abl é ntation,
sorte aussi qu'il faut aussitôt préciser : « Comme a ert à liEEoSei
à Len Oùpe le ePrpennse gar
eder e
de l’origine [en tant que source du passé], s'est l'énfini qui est la téléologie du 7air le de
Dién
r MOt inv
inve,es.
temps» — et ainsi la version de l'un vers Pautre, la source du futur Propos de ces Papages n’e> st pas dePo on
donners d'
un asco
sump r » rendau visant
mete
(DMT 128 pour tout ce passage, je souligne). à] exhaustiviré
3; il est de saisir la
pensée ou dsnonL
ma
Le: dy
Comme le passé, le futur peut donc être obtenu à partir des seules de toute une Œuvte.pour
8€ formuler
prb) DS qui s'e
: st c h: étc h
héeÉ
Lg au Jon,
descriptions éthiques et sans qu'aucune référence au présent soit néces- b ErgSonienn dan S les années ultimes,
em en ( P: EnsS:é co
OMmm
mee Du temps
saire à sa « déduction ». Si l'on en reprend l'analyse un peu différemment,
durée
rée, 5 C'est:
st- à i té
à-d Co
0: mme « «ce qui au se
on verra à quel point la « relation éthique » où se trouve pris le sujet doit
être comprise comme /'énsfant au sens opératoire qu’on lui a conféré dans
ces pages. Dans l’assignation où, en toute passivité, le sujet reçoit la cir-
constance de sa naissance latente, se laisse déctire le paradoxe de l «assu- à partir du présent (c'
est-à-di
jettissement d’une obéissance précédant l’entendement de l'ordre ». D'où le passé à un avoit-été
-pré
question(s) : « Mais “assujettissement d'une obéissance précédant l’enten-
dement de l'ordre” est-ce seulement une insanité et un absurde anachro-
nisme? N'est-ce pas plutôt la description de la paradoxale modalité de
l'inspiration?, rompant précisément avec l'intellectualisme du savoit et lesquelles Peuvent sie8 nifi
dessinant, dans l’obéissance de l’ordre absolu, la diachronie même du E 189, 192 , un et l’autre Puts
futur ? N'est-ce pas la façon sans pareille dont, absolument irréversible, le étà Partir de
quoi il faudrait les
de tout co:

fatur commande le présent sans que cette façon de concerner, sans que
Penser. Tou
bien qu l'au pas
SÈ 1e tem
EMps «se se fai t t» comme
sc fai
cette “affection” par le commandement et cette passivité ou patience qui souligne Pimpuiss
réduisent à une “simultanéité” quelconque, à une quelconque superposi- ‘

tion, fût-elle partielle ou ponctuelle du “présent” et du futur, sans que le


futur soit dominé par l’a-venir ou le saisir d’une anticipation — où d'une
>. P«a-
(ä-coup », le « tout
à Coup »
1. Glissement qui est à penser par rapport à L la fermeté de la terre qu'assure l'essence dans
première partie. tiplicité Composer
son ex-position et que nous avions rencontrée au début du chapitre 4 de la ait en sehrar
ssemblant ] e cont
de la première
2. Celle-ci a été abordée dans les parages du « Me voici » dans le chapitr € 3 Meen
nsu
& Henr Bergson,
partie. son, La Penenssée ot Je9
ée et le mon “tant, P: Paris, » PUF
5 955 € (31° €d.), éd 3
}, p.
INSTANT ET Dr
ACHRONIE
PARCOURS DE L'AUTREMENT
316

que ce qui «inter-


du temps qui en serait le flux, mais l'instant en tant
de soi» (EE 126). Le
rompt et renoue la durée à laquelle il vient à partir
où la durée
«moment» où, selon le mot de Bergson, le temps se Jai,
et d’un futur étrangers
trouve à durer à partir de la dia-chronie d’un passé
ce dans le sujet en tant
au présent, diachronie qui découvre sa circonstan
en guise de
qu'il pointe au bout de l'intrigue de proximité qui se tisse
ne). L'instant doit donc
« dis-chronie non synchronisable» (AE 119, je soulig le
être pensé comme
être définitivement distingué du maintenant pour
dass
Du et déjàJà «co
nœud même du temps dans sa temporalité ou sa tempotalisation, D— Comme source du
Présent.
-
tantanéité à tout son rôle — mr
«temps originaire ». Mais — et c’est là que l’ins
dans le passé et qui en
d’un temps «de la soudaineté » qui s’enracine
ant » le présent,
garde la passivité lorsqu'il va vers le futur en «brûl
ion du présent. On le
Car il faut bien en venir À se poser ici la quest
comprendre pour-
doit, et on le peut, et c’est en le faisant que Pon poutra
le «temp s origi naire» tel qu'on
quoi il n’y a pas encote de présent dans
il est possible de le
vient d’en retracer la genèse et comment, à la fois, pas
en ne se donnant
«déduire» de ce temps qui ne le connaît pas,
pour laquelle le
d'autres moyens que ceux dont on à déjà usés. La raison
t qu’il n’est pas origi-
«temps originaire » bréle le présent, c’est précisémen plus haut, le
mot, où c’est, on y à suffi-
naire au sens qu'Aurrement qu'être attribue à ce physique mais de rendre
compte
«l'apparition du
samment insister dans la première partie de ce livre,
Or, tout le déve-
tiers » qui est « l'origine même de Porigine » (AE 204). son
l'absence du fiers, avant
loppement qui vient d’avoir lieu s’est déroulé e

Tr
son « inter position » (Derrida, une
«entrée» ou son «apparition », avant
ie que c'est du plus
fois encore). Remarque très importante. Elle signif e das
ique entendu(e) comm
profond de l'humain, du plus profond de l'éth
raliser, C'est là que
Eïthische, que monte le temps pour se tempo années,
» que, au couts des dernières
«s'origine » le «temps originaire dehors
contr e Heid egger qu’en
Lévinas a tâché de penser non point tant orne
plus être dit « originaire »
de lui. Mais, envisagé sérieusement, il ne doit
, mais, radicalemerit, Être affirmé
même avec la précaution des guillemets
ne connaît pas le présent et, plus
préoriginaire. C’est en tant que tel qu’il
il vient ne connaît pas le tier $ écrit pas une si nu
précisément, parce que la source dont ôD 160). C’est autant dire mple dégradation, mais üe
emphase. »
Pinstant où naît le préseni. Avec Jui, en Ence à Jaqueli , que Pessance n e
« L'apparition du tiers » est en ce sens elle s exhibe où s peut se Passer de la cons
la comparaison, la coexistence, Î
quelle
effet, naît «la justice, C'est-à-dire
DE L'AUTREMENT INSTANT ET DIAC
318 PARCOURS HRONIE

nce
a une élective convenance entre l'essance se manifestant et la conscie
accueillant cette manifestation et, au vrai, naissant dans ou de cet accueil.
On, cette convenance est présence. La manifestation se fait de telle sorte qu’elle
se
5e présente à la conscience (en lui présentant son opération) qui naît en
faisant re-présentation. La manifestation — inséparable de son
du
accueil — est ainsi, pour continuer à employer notre lexique, l'instant
présent. C’est pourquoi le « temps de l'essence » est — et c'est sans doute
là que la différence qui sépare Lévinas de Heidegger se creuse en
pour-
abîme — entièrement dominé par le présent. Mais c’est également
quoi le passé et le futur qui se temporalisent selon cette temporalité sont
à envisager comme des décroîts du «passé immémorial» et du «pur
la
futur» que l'on a rencontrés plus haut, « Ce qui emplit le champ de
une
conscience fut en son temps accueilli et reste récupérable ayant eu
laps
origine dans le passé. Le passé n'est, par conséquent, dans son
même, qu'une modification du présent. » Le mot qui compte ici, c'est le
laps. Mais celui-ci peut fort bien ne pas être n'importe lequel — il peut, ein
plus précisément, être celui qui s'inscrit tandis que l'essence se fait e-Préscnt1 ation, assign l, suscité
é
temps. En effet: « La manifestation ne se peut pas comme fulgutation une
ée À cette äâche quie s
est son
où la totalité de l'être se montre à la totalité de l'être, car le “se montrer Rad
tension| dans la être, se téalis e dans
S q aelle à la fois ell
e se projet
à” indique un déphasage qui est précisément le temps, étonnant écart de
j te hors de
soi ‘ ets la pré
rurË-
i-
Pidentique pat rapport à lui-même [...] L’essence de l'être est temporal
sation du temps — diastase de Pidentique et son ressaisissement ou rémi-
qui
niscence — unité d’aperception [..] L’essence de l'être ne désigne rien
ou action — elle nomme futur donné pat l’éthi
soit contenu nommable — chose ou événement
de Pidentique, cette ne
distin se — € par rapport
cette mobilité de l’immobile, cette multiplication à celui-ci
iquel e se tend la conscience dérivé,
essentiel-
diastase du ponctuel, ce laps » (4E 36-38). Mais le laps est, ici, est au
lement, récupérable et récupéré: « Le déphasage de l'instant, le “tout”
décollant du “tout” la temporalité du temps — rend cependant possible
illes, tap-
une récupération où rien m'est perdu [...] La vérité est retrouva

pel, réminiscence, réunion sous l'unité de l’aperception transcendantal Si
a de la synchronie et
parce qu’il s'origin e dans la manifest a- de la syn-
(AE 36). Le temps de l'essence, ntalement re-tenu ou
la conscie nce à qui la manifest a- plus exacte.
tion et la convenance de celle-ci et de
tion est faite, est ainsi réuni sous le signe du présent qui éten
d soû.

et la transcendance», p. 22.
1. Emmanuel Lévinas, « Trois notes sur la positivité
D

PARCOURS DE L'AUTREMENT INSTANT ET DIACHRONIE


320
32

le nom Sujet comme tel — est


irréductible que cherchait déjà Le Témps et l'Autre, mais sous <Ctemps de la soudainet
’énstons où | à duréeheS’inte
ce qui «vient»
d'avenir, lorsque, à partir de la mort entendue comme
la Se renoue dans
é y c’est. à-dire
dire
Oùù se A Sachronise
J
sait comme cette « déduction », c'é L di FAC0TOHIE.
(TA 61) — c'est-à-dire «ne vient pas de nous » — il le définis
cb Obétre:
tait ré ñ
1 P Le « déf E
P: Être:
sur nous €t s'empa re de nous » temps » dont on avait }
«ce qui n'est pas saisi, ce qui tombe va L& Vinas
ï confier qu elle faisait
(TA 64). ‘ le Cœur de ses

On doit donc voir mainte nant claire ment que ce qui se cherchait dans
qui dans les ulti-
l'immédiat après-guerre sous le nom d’avenir était déjà ce
de « pur futur ». Ce qu'il importe
mes années se pensera en guise de futur,
nom, il est obtenu dans la
ici de remarquer, c’est que, sous l’un ou Pautre
té comme son trait
passivité et donne ainsi au temps lui-même cette passivi
ant, il fallait sans
principal. Pour que cela devint parfaitement clair cepend
on a
doute que lon ne partit plus de ce futur-avenir, mais du passé, dont
kinétique des ext
as es) chez€z HeiMeide
té en le décriva nt à partir de la sance latente » (si P 9
dans ces pages voulu souligner la passivi
)
veut créatuidriale
-88er » (EN
ment int
Î 6). On aura ici: « Nais
, même si son tta- i erp
tptrét
étéé e) de l'un dans la res
création, ce qui n’est pas explicitement fait chez Lévinas .
vail tend cette description possible. Sous l’un ou l'autre
titre, l'avenir du NVenc 0xe obliga
igattio
i n que la mort ne déli
rCcouts à ais, insistons-y une e pas :
«temps originaire », le futur pré-originaire est obtenu sans aucun h
La
un à- ou à un gr. C’est là que prend tout son sens la proclamation de fps de le passivité.
comme
Mort et le Temps : « Penser la mort à partir du temps — et non pas,
cepen-
chez Heidegger, le temps à partir de la mort» (DMT123). Elle doit
ive du
dant être précisée : « Cette recherche de la mort dans la perspect
temps (du temps non pensé comme horizon de l'être, de l'essance de
). Ce qui
l'être) ne signifie pas une philosophie du Sein um Tode» (DMT16
compte ici, c'est le au, qui fait de la mott une “possibilité du Dasein, possibi-
le temps
lité suprême en tant que celle de l'impossibilité même, qui arrime
se projetan t
à l'anticipation. L'être-d-mort est aussi bien être-ay-temps. En
e de Lévinas dans
vets l’une, le Dasein se projette dans l’autre. La tentativ
recours à
les detnières années aura consisté à en venir au temps sans nul
quelque projection et, le pensant pour cela premièrement dans la dimen-
de la
sion du passé, à l’exhiber comme passivité, comme Pexercice même
nie même»,
patience qui se passe dans le sujet compris comme «la diachro
s’instaurer
en laissant cependant s'ouvrir en son mitan l'instance où poutra ke Cene à
? par
_«s’activer » — un « Moi, capable de présent, capable de commencement
méme d’une perfection
ee ou
de ‘ R qu'il faut comprendre
(AE 207). En ce sens, le temps, dans sa passivité, est intégralement = à noû pas du nu e la
e- à kenser le présent àà partiir de
« déduit» de l'intrigue de la proximité (prise dans son plein développ PSeudo-instant musical l’
— et avec elle le — com me faç
ment) où se #rowve le sujet par-l’autre-pour-Pautre. Celle-ci on
d'
Païtit d'un «concret plus €
ancien” » » ( (Æ
d e ïle ne
sais ir à
ue le pur maintenant.
322 PARCOURS DE L'AUTREMENT

C'était ainsi penser sa présentification, sous le nom d’instant et, parce que
celui-ci est le «lieu » où s’interrompt et se renoue la durée, c'était mani-
fester celle-ci comme ce qui, dans la question du temps, est À penser D LES
— comme sa temporalisation. Le propos est encore plus clair avec Ze E L'INTENT TURES
AVEN
Temps et l'Autre, où c’est la temporalisation de Favenir, puis du temps IONNALITÉ
comme tel, qu'il s’agit de penser, à partit de la circonstance du face-à-
face. La tentative est cependant encore inaboutie, puisqu'il manque une
dimension dans cette « déduction ». Et que cette dimension est celle du
passé, dont le temps va tenir ce qui le caractérise en propre : sa passé Il
fallait donc attendre les toutes dernières années, postérieures à la publica-
tion d'Aarrement qu'être — qui n’en fait pas son thème principal mais donne
les moyens pour Le penser, essentiellement en définissant le sujet comme
«la diachronie même» — pour voir Lévinas ouvrir son propre chemin :«La phénoménologiogie,
mation, qui 5 4daté” d c’est li Atentionalité
ionalité »
dans l'entreprise de la « déformalisation de la notion de ternps » et penser, e 1959 «+ appartient (En)
à Ja re
en passant par linstans, la tempotalisation ou la durée comme diachronie. Le
nm de LévinasBeau

Mais nul n'ignore


n° le volume d'p bou 8, Hussetl et
Ja Phénoménologie »2
ès-gBu
ueetrrree, Er dcÂon ;
vr ans l'existence av
e
L : Ed Re 1859-1959,
La Haye, M Nihoff,
onda,
late, Louvain,
: ences, v, R
Peeters, dernide a om
sgeeve, Panel RE OBBographie primaire
Lis Pre es