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Equations différentielles linéaires scalaires d’ordre 2

D’après CCP 1994 PC

Préambule
Dans ce problème, on étudie quelques propriétés des solutions de certaines équations différentielles
du second ordre du type :
R(x)y 00 + R0 (x)y 0 − G(x)y = 0
Aprés une introduction et des résultats généraux (partie I et II) on étudie dans la partie
III des résultats concernant les nombres λ pour lesquels il existe une solution non nulle de
l’équation : R(x)y 00 + R0 (x)y 0 − λy = 0 vérifiant de plus certaines conditions.

Dans tout ce problème, on considère un intervalle I d’intérieur non vide, une fonction R
de classe C 1 sur I, à valeurs réelles, et une fonction G continue sur I, à valeurs réelles.
On note R0 la dérivée de R et E(R, G) l’équation différentielle du second ordre suivante :

E(R, G) R(x)y 00 + R0 (x)y 0 − G(x)y = 0

Dans laquelle y 0 et y 00 désignent respectivement les dérivées premières et seconde de l’appli-


cation inconnue y de I dans R.
Si J est un intervalle d’intérieur non vide contenu dans I, on désigne par SJ (R, G) ou simple-
ment SJ l’ensemble des applications de J dans R qui sont solutions de E(R, G) sur l’intervalle
J ; enfin si s et t désignent deux éléments de SJ , on note Ws,t la fonction définie sur J par :

Ws,t (x) = s(x)t0 (x) − s0 (x)t(x)

Rappel de cours
(E) : x00 + a(t)x0 (t) + b(t)x(t) = c(t) a, b, c : I 7→ K continues

(H) : x00 + a(t)x0 (t) + b(t)x(t) = 0

1 S(H)
Proposition 1.1 S(H) est un K-ev de dimension égale à 2.

Définition 1.1 On appelle système fondamental de solutions de (H) toute base (ϕ1 , ϕ2 ) de
S(H).
On appelle Wronskien d’un système (ϕ1 , ϕ2 ) de solutions de H le déterminant :

ϕ1 ϕ2
W (ϕ1 , ϕ2 ) = 0
ϕ1 ϕ02

Proposition 1.2 un système fondamental de solutions est tout couple (ϕ1 , ϕ2 ) de solutions
tel que ∀t ∈ I, ou ∃t ∈ T, W (t) = ϕ1 (t)ϕ02 (t) − ϕ2 (t)ϕ01 (t) 6= 0

1
2 S(E)
1. S(E) est un espace affine de dimension 2, f0 est une solution particulière alors :

S(E) = f0 + S(H)

2. (ϕ1 , ϕ2 ) système fondamental de solutions de (H).  0


λ1 ϕ1 + λ02 ϕ2 = 0
Les solutions de E sont de la forme : ϕ = λ1 ϕ1 + λ2 ϕ2 avec
λ01 ϕ01 + λ02 ϕ02 = c(t)
3. Si f0 est une solution particulière de H (obtenue dans le cas général avec DSE) qui
ne s’annulle pas sur I, pour résoudre E ( ou trouver une autre solution linéairement
indépendante à f0 ) on pose x(t) = λ(t)f0 (t) et on injecte dans E on obtient une
équation differentielle de 1er ordre en λ0 , et si l’équation différentielle s’écrit a(t)x00 +
b(t)x0 + c(t)x = d(t) alors, on obtient
 Z 
0 α(t) b(t)
λ (t) = 2 exp −
f0 (t) a(t)
 R 
α0 (t) b(t) d(t)
avec : f 2 (t) exp − a(t) = a(t)f 0 (t)
0

Théorème 2.1 (De Cauchy Lipschitz) Si a, b, c : I → R sont continues, alors :


∀(t0 , x0 , x00 ) ∈ I × K2 , il existe une unique solution au problème de Cauchy suivant :
 00
x + ax0 + bx = c
x(t0 ) = x0 , x0 (t0 ) = x00

Préliminaire
On suppose que R(x) est différent de zéro pour tout x appartenat à J et on considère un
élément x0 de J.
P1-Montrer brièvement, en utilisant le théorème de Cauchy, que l’application de SJ dans R2
qui à tout s appartenant à SJ fait correspondre le couple (s(x0 ), s0 (x0 )) est un isomorphisme
de R- espaces vectoriels.
P2-En déduire que si s et t appartiennent à SJ , alors s et t sont linéairement indépendantes
si et si Ws,t (x0 ) 6= 0.

Partie 1

Dans cette partie on suppose que 0 est un point intérieur à l’intervalle I.


1.1 On suppose dans cette question que : R(x) = xp (avec p entier strictement positif) et
G(x) = λ (avec λ réel quelconque).
1.1.1 On suppose que λ = 0. Déterminer l’ensemble des solutions de E(xp , 0) sur l’intervalle
]0, +∞[ (respectivement R) (c’est à dire les ensembles S]0,+∞[ et SR ).
1.1.2 On considère l’équation E(x2 , 12) :

E(x2 , 12) : x2 y 00 + 2xy 0 − 12y = 0

1.1.2.1 Vérifier que E(x2 , 12) admet une solution sur R une fonction polynôme Y0 telle que
Y0 (1) = 1, fonction que l’on explicitera.
1.1.2.2 En posant y = Y0 Z déterminer l’ensemble S]0,+∞[ . Préciser l’ensemble SR .

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1.1.2.3 Expliciter les solutions gj de E(x2 , 12) sur ]0, +∞[ correspondant aux conditions
initiales suivantes :
  
g1 (1) = 0 g2 (1) = 1 g (1) = −1
g1 0 ; g2 0 ; g3 30
g1 (1) = −2 g2 (1) = −4 g3 (1) = −3

et représenter leur graphe respectif relativement à un même repère (on précisera la position
relative de ces graphes).
1.1.3 On considère l’équation E(x, λ) avec λ 6= 0 :

E(x, λ) : xy 00 + y 0 − λy = 0

1.1.3.1 Montrer que pour tout λ 6= 0, l’équation E(x, λ) admet une solution unique hλ
développable en série entière de la variable réelle x et telle que hλ (0) = 1.
On explicitera le terme général et le rayon de convergence de cette série entière.

On considère le cas particulier λ = −1 et la fonction h−1 que l’on notera h pour simplifier.
1.1.3.2 Déterminer le signe de h(1) (resp h(2)).
1.1.3.3 La fonction h est-elle strictement monotone sur l’intervalle [0, 2] ?
1.1.3.4 Quel est le nombre de solutions de l’équation h(x) = 0 sur l’intevalle ]0, 2] ?
1.2 Considérons à nouveau l’équation E(R, G), R et G désignant respectivement une fonction
de classe C 1 et une fonction continue sur l’intervalle I, on suppose que R(0) = 0 et R(x) 6= 0
pour tout x non nul de I. Soit β un réel strictement positif de I ; on considère deux éléments
s et t de l’espace S[0,β[ (R, G).
1.2.1 Calculer la dérivée de la fonction H définie sur [0, β[ par :

H(x) = R(x)Ws,t (x)

1.2.2 En utilisant les restrictions de s et t à l’intervalle ]0, β[ montrer que s et t sont


linéairement dépendants dans l’espace vectoriel S[0,β[ (R, G).
1.3 On suppose dans cette question :

r(x) = x4 et G(x) = −2x2

1.3.1 Déterminer les fonctions puissances : x 7→ xθ (avec θ réel) appartenant à S]0,+∞[


1.3.2 Déterminer les ensembles S]0,+∞[ et SR .

Partie II

On suppose dans cette partie que I = [a, b], avec a et b réels, a < b et que la fonction R
est strictement positive sur l’intervalle I. On appelle ”zéro” d’une fonction une valeur de la
variable pour laquelle la fonction prend la valeur zéro. L’objet de cette partie est d’étudier
certaines propriétés des zéros des deux solutions linéairement indépendantes de E(R, G).
2.1 Soit f une solution de E(R, G) sur I. On suppose que f admet une infinité de zéros dans
I
2.1.1 Montrer qu’il existe dans [a, b] une suite convergente (Zn ) de zéros de f , telle que si
Z désigne la limite de la suite on ait Zn 6= Z pour tout n ∈ N.
2.1.2 Quelle est la valeur de f (Z) (respectivement f 0 (Z)) ?
2.1.3 En déduire que f est la solution nulle.
Il résulte de 2.1 que toute solution non identiquement nulle f de E(R, G) admet
un nombre fini de zéros dans l’intervalle [a, b], nombre que l’on note N (f ).

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2.2 Soient f1 et f2 deux éléments de S[a,b] (R, G) ; on suppose que f1 et f2 sont linéairements
indépendantes.
On considère deux zŕos consécutifs x1 et x2 de f1 sur [a, b] avec x1 < x2 (par suite f1 n’a pas
de zéros dans l’intervalle ]x1 , x2 [). On se propose, en utilisant la fonction Wf1 ,f2 , de montrer
que f2 a au moins un zéro dans ]x1 , x2 [.
2.2.1 La fonction f2 peut-elle être nulle en x1 ou en x2 ?
2.2.2 On suppose, par l’absurde, que f2 n’a pas de zéros dans ]x1 , x2 [ et l’on considère la
fonction ϕ définie sur [x1 , x2 ] par ϕ(x) = ff12 (x)
(x)
.
En utilisant la fonction ϕ et sa dérivée, montrer qu’alors les fonctions f1 et f2 seraient
linéairements dépendantes.
2.2.3 Combien la fonction f2 a-t-elle de zéros dans ]x1 , x2 [ ?
2.2.4 Quelles valeurs peut prendre l’entier |N (f1 ) − N (f2 )| ?
2.2.5 On suppose que a = 21 et b = 2
2.2.5.1 Quelle est la valeur de N (h) où h désigne la fonction définie au 1.1.3.1 ?
2.2.5.2 Quelle est, pour i 6= j, la valeur de |N (gi ) − N (gj )| où gi (resp gj ) désigne une des
fonctions définies au 1.1.2.3 ?

Partie III

Dans cette partie on considère deux nombres réels a et b et uen fonction R de classe
C 1 sur [a, b] à valeurs strictement positives sur [a, b]. Si m est un entier naturel, on désigne
par C m ([a, b] , K) le K-espace vectoriel des applications de classe C m de [a, b] dans K (où K
désigne soit R, soit C).
On note L l’application linéaire de C 2 ([a, b] , K) dans C 0 ([a, b] , K) définie par

L: y 7→ Ry 00 + R0 y 0

On désigne par EK le sous espace vectoriel de C 2 ([a, b] , K) formé des fonctions f telles que
f (a) = f (b) = 0. Soit λ un nombre complexe ; s’il existe dans EC une fonction y, autre que
la fonction nulle, telle que
L(y) = λy
On dit que λ est une valeur propre de L et que y est une fonction propre associée à λ.
On note Sp(L) l’ensemble des valeurs propres de L.
Si u et v sont deux éléments de C 0 ([a, b] , C).
On pose Z b
hu, vi = u(x)v(x)dx
a

3.1 On considère deux éléments y et z de EC .


Quelle est la valeur de la différence

hL(y), zi − hy, L(z)i?

3.2 On suppose que L possède deux valeurs propres distinctes λ1 et λ2 . Soit y1 (resp y2 ) une
fonction propre associée à λ1 (resp λ2 ). Quelle est la valeur de hy1 , y2 i ?
3.3 Montrer que l’ensemble sp(L) est inclus dans R
3.4 Déterminer l’ensemble sp(L). et pour chaque λ appartenant à sp(L), l’ensemble des
fonctions propres associées à λ dans les deux cas suivants :
3.4.1 Lorsque [a, b] = [0, 2π] et R = 1.
3.4.2 Lorsque [a, b] = [0, e2π ] et R(x) = x2
(On pourra effectuer le changement de variable défini par x = et ).