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Réglementation Thermique 2005

Comprendre et Appliquer - Sommaire I

Comprendre et
Appliquer

SOMMAIRE
Chapitre I : Comprendre ................................................... 1 Chapitre II : Appliquer ....................................................... 5

1.1 Maîtrise de l’énergie dans les bâtiments : enjeux et 2.1 Les textes réglementaires....................................... 5
contexte réglementaire ........................................... 1 2.1.1 L’arrêté du 24 mai 2006 : ce qu’il faut retenir ........... 6
1.1.1 Les enjeux ............................................................... 1 2.2 La méthode de calcul Th-CE .................................. 7
1.1.2 Le contexte réglementaire ........................................ 2 2.2.1 Une seule méthode et des indicateurs
1.2 Les priorités et les principes de la RT 2005 ........... 2 pédagogiques.......................................................... 7
1.2.1 De la RT 2000 à la RT 2005..................................... 2 2.2.2 Les nouveautés ....................................................... 7
1.2.2 Des exigences renforcées ........................................ 2 2.3 Exemples de résultats ............................................ 8
1.2.3 Les orientations et évolutions ................................... 2
1.2.4 Une politique de labels ............................................. 3
1.3 L’impact économique de la RT 2005 ...................... 3
1.4 Les objectifs de progrès ......................................... 4

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Réglementation Thermique 2005
Comprendre et Appliquer - Chapitre I : Comprendre 1

Chapitre I
Comprendre

1.1 Actuellement la consommation moyenne annuelle d’énergie du


Maîtrise de l’énergie dans les bâtiments : secteur du bâtiment est de l’ordre de 400 kWh d’énergie primaire
enjeux et contexte réglementaire par m2 par an (environ 330 kWh pour le résidentiel et environ
550 kWh pour le tertiaire, électricité spécifique comprise).

1.1.1 Les enjeux


La contrainte de réduction par 4 des émissions de CO2 du secteur
Face au défi majeur du changement climatique, la France a pris des du bâtiment à horizon 2050, qui est inscrite dans les objectifs de
engagements ambitieux en signant le protocole de Kyoto entré en la loi de programme du 13 juillet 2005 fixant les orientations de la
application depuis le mois de février 2005. Le gouvernement s’est politique énergétique, se traduira par l’obligation d’une diminution
engagé à ramener en 2010 les émissions de gaz carbonique, mar- par 6 des émissions ramenées au m2, compte tenu de l’augmen-
queur des gaz à effet de serre, au niveau de celles de 1990. tation du parc de bâtiments.

Le secteur du bâtiment est, parmi les secteurs économiques, le En supposant que la relation reste identique entre les quantités
plus gros consommateur en énergie. Il représente plus de 40 % de CO2 émises et les quantités d’énergie primaire, ces objectifs
des consommations énergétiques nationales, soit 660 TWh, et nécessiteraient de parvenir, sur le parc, à une consommation
plus de 20 % des émissions de CO2. Cela correspond à une tonne moyenne d’énergie primaire inférieure à 70 kWh par an et par m2
d’équivalent pétrole consommée, à une demi-tonne de carbone et chauffé ou climatisé, dont environ 35 kWh pour le chauffage ou la
près de deux tonnes de CO2 émises dans l’atmosphère par an et climatisation et la production d’eau chaude sanitaire.
par habitant.
3ÊTJEFOUJFM
5SBOTQPSUT 5FSUJBJSF
5SBJUFNFOUEFTEÊDIFUT    


"HSJDVMUVSF
 5SBOTQPSUT


1SPEVDUJPO
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   %ÊDIFUT
"HSJDVMUVSF

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   1SPEVDUJPO
5FSUJBJSF
*OEVTUSJF *OEVTUSJFT EÊOFSHJF

4PVSDF"EFNF 4PVSDF"EFNF

Émissions de dioxyde de carbone par secteur (2004) Évolution des gaz à effet de serre en France entre 1990 et 2004

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2 Comprendre et Appliquer - Chapitre I : Comprendre

1.1.2 Le contexte réglementaire La RT 2005 s’applique à tous les bâtiments neufs des secteurs
résidentiel et non-résidentiel, dont les demandes de permis de
Le chapitre bâtiment et écohabitat du Plan climat 2004, qui con- construire sont déposées à partir du 1er septembre 2006.
cerne plus particulièrement les intervenants dans le domaine de la
construction, décrit entre autres les mesures transposant la direc-
tive européenne du 16 décembre 2002 qui traite de la performance 1.2.2 Des exigences renforcées :
énergétique des bâtiments aussi bien neufs qu’existants. • une amélioration de l’isolation thermique, de l’ordre de 10 %
sur les déperditions par les parois et les baies, et d’au moins
Diverses mesures législatives et réglementaires s’inscrivent dans le
20 % sur les déperditions par les ponts thermiques ;
cadre de cet objectif d’amélioration de la performance énergétique
• la référence des chaudières à combustibles fossiles devient la
des bâtiments :
chaudière basse température et celle du chauffage électrique
– la loi de simplification du droit n° 2004-1343 du 9 décembre
devient le panneau rayonnant ;
2004, qui a introduit l’obligation d’un diagnostic de performan-
• une meilleure isolation des réseaux de distribution et un gain
ce énergétique à la construction, à la vente et à la location ;
énergétique plus important sur les déperditions de ventilation
– la loi de programme n° 2005-781 du 13 juillet 2005 fixant les
sont demandés ;
orientations de la politique énergétique, qui a introduit l’obli-
• une référence particulière a été introduite pour les pompes à
gation, dans des conditions qui seront fixées par décret, de
chaleur ainsi que pour les équipements de refroidissement.
fourniture d’une étude technique et économique évaluant les
diverses possibilités d’approvisionnement énergétique, et no-
tamment les sources par énergie renouvelable. Elle introduit 1.2.3 Les orientations et évolutions
aussi des exigences de caractéristiques thermiques minimales
en ce qui concerne les réhabilitations des bâtiments. La RT 2005 s’attache à permettre le calcul et la valorisation des
outils de la construction bioclimatique aussi bien pour diminuer les
besoins de chauffage que pour assurer un meilleur confort d’été.
C’est ainsi qu’en maison individuelle, les baies au sud et les volets
1.2 sont placés en référence. En prenant en compte l’inertie réelle du
Les priorités et les principes bâtiment, on peut mieux valoriser certains matériaux à forte inertie
de la RT 2005 thermique. Pouvoir intégrer les avantages des dispositifs architec-
turaux, tels que des casquettes au sud et des masques plus loin-
Le Plan climat a fixé les objectifs de la RT 2005 : une amélioration
tains, donne la possibilité de valoriser les efforts de conception sur
de la performance des constructions neuves d’au moins 15 %,
l’environnement climatique du bâtiment.
avec une perspective de progrès tous les cinq ans, pour atteindre
moins de 40 % en 2020. Parallèlement, la prise en compte des énergies renouvelables se
poursuit, notamment en les introduisant en référence. Ainsi, les
La RT 2005 a pour principe d’inciter les maîtres d’ouvrage et maî-
calculs pour les chaudières bois ont été affinés, et la référence
tres d’œuvre à prendre en compte toutes les possibilités d’amélio-
calée aux bonnes pratiques du marché.
ration de la performance énergétique globale du bâtiment dans un
cadre technique précisé par les textes. Concernant l’énergie solaire, et pour certains bâtiments, une part
de production d’eau chaude sanitaire gratuite est prise en compte
en référence, pour une valeur cependant inférieure à celle procurée
1.2.1 De la RT 2000 à la RT 2005 par une installation standard.
La RT 2005 s’inscrit dans la continuité de la RT2000, dont elle Pour ce qui est des consommations de refroidissement, elles sont
reprend la structure réglementaire ainsi que les principes qui intégrées dans les méthodes de calcul. La plupart des bâtiments
permettent au maître d’ouvrage de choisir la solution la plus éco- ne disposeront pas de consommations de refroidissement en réfé-
nomique pour atteindre la performance exigée : rence, c’est-à-dire que la climatisation exigera une compensation
• le projet constructif est comparé à un projet de référence tant importante sur les autres postes ; les exceptions tiendront compte
en consommation d’énergie qu’en confort d’été ; de la zone de bruit et des usages, par exemple les établissements
• le principe de compensation entre différents postes de déper- sanitaires.
dition d’énergie (isolation thermique du bâti, équipements de
En complément, est introduite pour les bâtiments d’habitation une
chauffage, de climatisation et de production d’eau chaude sa-
limite de consommation maximale exprimée en énergie primaire
nitaire) ou entre protection solaire, inertie et ventilation pour le
pour les consommations conventionnelles de chauffage, de refroi-
confort d’été, est maintenu ;
dissement et de production d’eau chaude sanitaire.
• des exigences minimales de performance de certains maté-
riaux et équipements, que d’aucuns appellent des « garde-
fous », qui sont renforcées ;
• la méthode de calcul global, qu’il s’agisse de la consomma-
tion conventionnelle d’énergie pour le chauffage, le refroidis-
sement, la ventilation, la production d’eau chaude sanitaire et
l’éclairage, ou de la température conventionnelle intérieure à
atteindre en été, conserve une structure identique à celle de la
RT 2000 ;
• la possibilité de recourir à une solution technique, développée
par la profession, est conservée.

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1.2.4 Une politique de labels 1.3


L’impact économique de la RT 2005
Le principe du label Haute Performance Énergétique est reconduit
Cette réglementation étant basée sur un renforcement de la
et comporte actuellement deux niveaux :
performance énergétique « globale » du bâtiment, les concepteurs
• le label « HPE » et le label « THPE », pour les constructions dont
et les maîtres d’ouvrage ont donc la possibilité de choisir entre
les consommations conventionnelles sont respectivement
plusieurs composants intervenant dans la performance thermique
inférieures de 10 % et 20 % aux consommations de
globale du bâti.
référence.
De plus, le travail en amont sur la conception est mieux pris en
compte dans les méthodes de calcul RT 2005.
Il est prévu en outre la création de nouveaux labels sous les formes
suivantes : Ainsi, un concepteur qui implante les ouvertures principales au sud
• un label « bâtiment basse consommation » pour les construc- sera, de facto valorisé, ce qui n’était pas le cas dans la RT 2000.
tions dont la consommation conventionnelle est de l’ordre de
De même, si le concepteur prend en compte les contraintes éner-
30 à 50 kWhep/m²/an.
gétiques dès la conception du projet, le « surcoût » sera signifi-
• des labels « énergies renouvelables » dont les consomma-
cativement maîtrisé, avec une réduction moyenne de l’ordre de
tions de chauffage ou d’eau chaude sanitaire ECS sont assu-
2 %, pourcentage qu’il faut comparer aux économies d’énergie
rées par une production par énergie renouvelable.
qui seront d’au moins 15 % par rapport à un bâtiment construit
selon la RT 2000.
L’utilisation de ces labels par les maîtres d’ouvrage sera un levier
Les bâtiments pour lesquels les surcoûts seront vraisemblable-
très important pour le développement de technologies innovantes,
ment les plus importants, tout en restant inférieurs à 5 %, sont les
et en rupture par rapport aux techniques d’usage à l’heure actuelle
bâtiments pour lesquels il faudra recourir à une nouvelle technolo-
dans le monde de la construction.
gie ou à un ensemble de solutions particulièrement efficaces. Ce
pourra être le cas le cas, par exemple, de certaines maisons indivi-
duelles chauffées par effet Joule dans les zones les plus froides.

1.4
Les objectifs de progrès
La stratégie nationale est basée sur un principe de dynamisation
de la réglementation et d’une évolution progressive et continue,
par paliers successifs et cumulatifs.
Pour ce qui est de l’étape RT 2010, elle aura pour objectif une
amélioration d’au moins 15 % de la performance énergétique par
rapport à un bâtiment construit selon la réglementation RT 2005.
Rappelons qu’il s’agit là d’une condition pour parvenir à l’objectif
affiché dans le plan climat 2004 d’une amélioration de la perfor-
mance énergétique en 2020 de 40 % par rapport à 2000.
On peut d’ores et déjà citer quelques pistes incontournables :
• poursuivre résolument l’intégration du recours aux énergies
renouvelables, en introduisant, pour la première fois en réfé-
rence une part de chauffage par énergie renouvelable ou par
bioénergie.
• pour le chauffage par combustibles fossiles, positionner les
chaudières à condensation en référence, et pour le chauffage
électrique, la pompe à chaleur en référence, en renforçant bien
entendu le niveau de référence.
• réduire significativement ou traiter complètement les ponts
thermiques en ayant recours, par exemple, à l’isolation par
l’extérieur ou à l’isolation répartie.
• limiter l'impact des défauts d’étanchéité des bâtiments.

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Comprendre et Appliquer - Chapitre II : Appliquer 5

Chapitre II
Appliquer

2.1 • L’arrêté du 19 juillet 2006 relatif à la méthode de calcul


Les textes réglementaires Th-CE.
Cet arrêté approuve la méthode de calcul de la consomma-
Le décret et l’arrêté publiés en mai 2006, qui fixent les niveaux tion conventionnelle d’énergie du bâtiment et de sa tempé-
de performance à atteindre, sont aujourd’hui complétés par deux rature intérieure conventionnelle d’été (méthode Th-CE) et fait
arrêtés, l’un approuvant les méthodes de calcul, l’autre définissant évoluer les méthodes de calcul de la réglementation 2000
le label haute performance énergétique. (Th-C et Th-E).
Cette nouvelle version de la méthode de calcul permet, en par-
ticulier, de calculer les consommations de refroidissement et la
• Le décret du 24 Mai 2006, relatif aux caractéristiques
production d’énergie due au solaire thermique et au photovol-
thermiques et à la performance énergétique des construc-
taïque.
tions, réécrit l’article R.111-20 du Code de la construction et
de l’habitation.
• L’arrêté du 27 juillet 2006 relatif au contenu et aux conditions
Aux termes des dispositions de la directive européenne
d’attribution du label « haute performance énergétique ».
2002/91/CE sur la performance énergétique des bâtiments et
Ce label atteste que le bâtiment respecte un niveau de perfor-
des objectifs du Plan climat 2004, il complète le cadre régle-
mance énergétique globale supérieur à l’exigence réglemen-
mentaire défini en 2000 (RT 2000) afin :
taire et des modalités minimales de contrôle.
- d’une part, de donner suite à l’introduction, pour certains Pour en bénéficier, un bâtiment doit non seulement être per-
bâtiments, d’un maximum pour la consommation conven- formant d’un point de vue thermique, mais aussi faire l’objet
tionnelle d’énergie pour le chauffage, la ventilation, la clima- d’une certification portant sur la sécurité, la durabilité et les
tisation, la production d’eau chaude sanitaire et l’éclairage conditions d’exploitation des installations de chauffage, de
du bâtiment, production d’eau chaude sanitaire, de climatisation et d’éclai-
- et d’autre part, de prendre en compte les progrès techni- rage ou encore sur la qualité globale du bâtiment.
ques et économiques effectués depuis 2000. L’utilisation volontaire de ce label par les maîtres d’ouvrage
permettra le développement de systèmes et techniques cons-
tructives performants, dans la perspective des futures renfor-
A la date de publication de ce document, les principaux arrêtés cements de la réglementation tous les cinq ans.
d’application comprennent :

• L’arrêté du 24 mai 2006, relatif aux caractéristiques de réfé-


rence et aux caractéristiques minimales sur les matériaux et
les équipements, qui modifie dans son intégralité l’arrêté du
29 novembre 2000 (dit arrêté « pivot » RT 2000).
Il définit les modalités de calcul de la consommation conven-
tionnelle d’énergie du bâtiment de référence et de sa tempéra-
ture intérieure conventionnelle d’été.
Il précise les exigences minimales de performance de certains
matériaux et équipements.
Il spécifie les conditions d’élaboration de solutions techniques
justifiant du respect de la réglementation.

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6 Comprendre et Appliquer - Chapitre II : Appliquer

2.1.1 L’arrêté du 24 mai 2006 : Cette nouvelle obligation a un objectif pédagogique en même
ce qu’il faut retenir temps qu’elle devrait faciliter le travail de contrôle des services de
l’État.
La structure de l’arrêté du 24 mai 2006 reprend la structure de la
réglementation thermique 2000 en la complétant, lorsque néces-
saire, par l’introduction de nouvelles dispositions. Le titre II introduit des consommations maximales au niveau des
bâtiments les plus déperditifs en prenant en compte l’énergie de
chauffage (combustibles fossiles ou électricité) et la zone climati-
Le titre Ier définit le champ d’application et les notions nécessaires que. Cette exigence ne s’applique, dans un premier temps, qu’aux
à la réglementation. bâtiments d’habitation.
Le titre II définit également les valeurs de référence utilisées pour le
– l’article 6 reprend la réglementation 2000 relative à la justi- calcul de Cepref et Ticref.
fication des caractéristiques thermiques des matériaux par
– pour ce qui est de l’isolation thermique, les performances du
référence à des normes ou travaux européens, ou par défaut,
bâti ont été renforcées d’environ 15 % par rapport à celles de
à des normes ou règles techniques nationales. Pour ce qui est
la réglementation 2000, en particulier en traitant une grande
de la justification de l’étanchéité du bâti, elle pourra se faire soit
partie des déperditions par les points singuliers tels que les
à l’aide de mesures sur site, soit, ce qui doit être plus aisé à
ponts thermiques dans le projet de référence, dernier pas vers
mettre en œuvre, en recourant à une démarche de qualité dont
la réglementation 2010 dans laquelle le projet de référence
les modalités sont définies en annexe de cet arrêté.
serait sans ponts thermiques.
– en ce qui concerne la conception architecturale, les niveaux
– l’article 9 précise les modalités de justification du respect de
de référence permettent de valoriser la conception bioclima-
la réglementation : le calcul d’une consommation convention-
tique, en accord en cela avec la directive européenne sur la
nelle d’énergie et d’une température intérieure conventionnelle
performance énergétique des bâtiments.
atteinte en été, ou bien le recours à des solutions techniques
– pour les équipements de chauffage, ventilation, production
agréées.
d’eau chaude sanitaire, ainsi que d’éclairage pour le tertiaire,
La consommation conventionnelle d’énergie est exprimée en
les références sont renforcées et positionnées au niveau des
kWh d’énergie primaire par m² de SHON (surface de plancher
bonnes pratiques du marché.
hors-œuvre net), la SHON étant une donnée disponible dans
Une référence pour les pompes à chaleur est précisée.
la demande de permis de construire.
– pour l’eau chaude sanitaire, une réduction des niveaux de con-
A l’instar de la réglementation 2000, la consommation conven-
sommation est introduite en référence pour les maisons indivi-
tionnelle d’énergie et la température intérieure conventionnelle
duelles, en cas de chauffage électrique ou par combustible fos-
atteinte en été doivent être respectivement inférieures à celles
sile, ainsi qu’en collectif, dans le cas de chauffage électrique.
d’un projet de référence. De plus, la consommation conven-
La mise en place de chauffe-eau solaires est ainsi favorisée.
tionnelle d’énergie des bâtiments d’habitation (à l’exception
des bâtiments utilisant le bois comme énergie de chauffage) Cette première étape introduit les évolutions de la réglementation
doit être inférieure à une consommation maximale. 2010, dont l’un des objectifs sera d’étendre le recours à l’énergie
solaire à la production totale d’eau chaude sanitaire et d’y intro-
– l’article 8 définit deux catégories de bâtiments ou parties de duire le recours aux énergies renouvelables et aux bioénergies
bâtiments : pour le chauffage des locaux.
- les bâtiments ou parties de bâtiments, majoritaires, pour
lesquels les exigences de confort d’été doivent être respec- – Enfin, des références spécifiques sont définies pour les équi-
tées sans équipement de refroidissement ou qui ne sont pements de refroidissement.
pas climatisés. La consommation de référence est calculée
sans consommation de climatisation et elle doit être res-
pectée, y compris dans le cas où le bâtiment est climatisé. Le titre III précise les caractéristiques minimales de certains maté-
Il va de soi que ces constructions doivent respecter les riaux constitutifs du bâti et de certains équipements de chauffage,
exigences de confort d’été sans climatisation ; refroidissement, ventilation, production d’eau chaude sanitaire,
- les bâtiments ou parties de bâtiments dont l’usage ou la ainsi que d’éclairage pour le tertiaire.
localisation ne permet pas de respecter les exigences de Ces garde-fous, qui ont été établis dans le cadre d’une concer-
confort d’été sans refroidissement et pour lesquels la con- tation des professionnels, reflètent les progrès acquis par la filière
sommation de référence comprend des consommations de de la construction, tant sur le plan technique que sur celui de la
climatisation. Ces bâtiments ou parties de bâtiments ne sont mise en œuvre.
pas soumis aux exigences de confort d’été.
Les titres IV et V reprennent les dispositions initiées dans la régle-
– l’article 10 introduit l’obligation pour le maître d’ouvrage de
mentation 2000 et qui définissaient respectivement le cadre de
pouvoir fournir :
mise en œuvre et d’approbation des solutions techniques, valant
- toutes les données utilisées pour les calculs aux personnes pour respect de la réglementation, et des cas particuliers qui
habilitées au titre de l’article L 151-1 du Code de la construc- nécessitent le développement de méthodes de calcul complé-
tion et de l’habitation par voie électronique selon le modèle mentaires aux méthodes approuvées par arrêté.
défini dans la méthode de calcul ;
- au plus tard à l’achèvement des travaux, une synthèse
d’étude thermique selon des modalités définies dans
l’arrêté.

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Comprendre et Appliquer - Chapitre II : Appliquer 7

2.2 La méthode Th-CE a été validée dans ses deux parties par rapport
La méthode de calcul Th-CE à des normes ou des projets de normes européennes :
• le projet de norme 15265 définit, pour le calcul des besoins
d’énergie, 3 classes de précision A, B et C avec respective-
2.2.1 Une seule méthode et des indicateurs ment une précision de 5 %; 10 %, 15 %.
pédagogiques La partie C des Th-CE est classée A.
La méthode de calcul Th-CE regroupe en une seule méthode les • la norme 13792 définit, pour le confort d’été, 3 classes de
calculs de consommations d’énergie (partie C) et de température précision A, B, C, avec respectivement une précision de 1K,
intérieure en été (partie E). 2K, 3K.
La partie E des Th-CE est classée A.
Ceci a été rendu possible par le passage pour le
calcul des consommations d’énergie d’une méthode men-
suelle (RT 2000) à une méthode horaire. On a ainsi évité la
multiplication des méthodes qui aurait été rendu nécessaire pour 

le traitement des consommations de refroidissement (méthode 
 )B  
Th-Clim 2004). L’approche horaire est plus physique que l’appro- 
che mensuelle, et permet ainsi une intégration facile de concepts    53"11&4  
 /"/$:
innovants de gestion et de régulation, qui représentent encore un   )C
  
 
potentiel important d’économies d’énergie. )B   

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La partie C de la méthode traite aujourd’hui de l’ensemble des 
postes énergétique de façon homogène pour tous les types de #
)
bâtiments : chauffage, refroidissement, ventilation, ECS, éclairage. "
A noter que pour le chauffage et le refroidissement, les consom-
mations d’énergie des circulateurs sont prises en compte, ainsi
que celle des ventilateurs pour la ventilation. La prise en compte conjointe des consommations de chauffage
et de refroidissement a nécessité un découpage plus fin pour les
zones climatiques, qui sont maintenant au nombre de huit.
L’information de base, issue du calcul, est la consommation
En effet, les variations géographiques sont différentes en été et
d’énergie primaire par m2 et par an. Cet indicateur permet :
en hiver. Elles permettent en outre une meilleure évaluation du C.
• d'aller vers un indice simple de performances,
Par ailleurs, les années type ont été recalées pour respecter les
• aux concepteurs, d’acquérir des réflexes,
moyennes climatiques.
• de faciliter les comparaisons entre bâtiments,
• de rapprocher RT 2005 et affichage des consommations.
2.2.2 Les nouveautés
Les grands principes qui ont régi l’élaboration de la méthode On peut, par rapport à la RT 2000, retenir les points essentiels
Th-CE 2005 ont été les suivants : suivants :
• un jeu unifié de données d’entrée, quelle que soit l’application
La valorisation du bioclimatique, tant pour les consommations
(consommations et confort d’été),
d’énergie que pour le confort d’été, se traduit par :
• une structure simplifiée basée sur 4 niveaux : • la nécessité en 2005 d’une description plus systématique de
- bâtiment, l’enveloppe. Ainsi les orientations des baies et l’inertie ne font
- zone d’usage (bureau, habitat…), plus l’objet de valeurs par défaut et doivent donc être prise en
compte pour les valeurs réelles des projets.
- groupe (panachage possible de tous les systèmes),
• la prise en compte de façon plus précise des facteurs solaires
- éclairage (influence sur les besoins de chaud et de froid). des parois opaques, en particulier les toitures,
• la prise en compte de l'impact des baies sur l'éclairage en
secteur résidentiel,
• la possibilité de valoriser les systèmes de surventilation passive
ou active pour le confort d’été.

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Réglementation Thermique 2005
8 Comprendre et Appliquer - Chapitre II : Appliquer

L’introduction des consommations de refroidissement est bien Les deux premiers exemples concernent une maison individuelle
évidemment une nouveauté. Les réflexes pourront s’en trouvé chauffée à l’électricité. Dans ce cas, les consommations restent
modifiés, car pour un bâtiment climatisé, l’optimisation de la pour l’essentiel dues au chauffage et à l’ECS.
conception est moins évidente que pour un bâtiment seulement
Dans le sud, on remarque cependant que les consommations
chauffé.
d’ECS sont aujourd’hui du même ordre de grandeur que le chauf-
Sur le seul exemple des baies, les caractéristiques (orientation, fage. A noter que pour ce dernier cas, et compte tenu du facteur
surface, isolation, protection solaire...) ont en effet un impact 2,58 pour l’électricité, les besoins de chauffage sont de l’ordre de
différents sur les consommations de chauffage, de refroidissement 20 kWhep/(m2.an).
et d’éclairage.
Pour un immeuble collectif en chauffage et ECS gaz, les con-
La prise en compte des bâtiments climatisés a imposé de con- sommations de chauffage sont plus faibles, du fait, et du meilleur
sidérer l’impact des consommations d’éclairage sur les besoins facteur de forme du bâtiment, et du coefficient de passage de 1
de chauffage et de refroidissement, ce qui n’était pas le cas en entre énergie finale (fournie au bâtiment) et énergie primaire pour
RT 2000. En saison de refroidissement, une mauvaise installation le gaz.
d’éclairage se traduit, en effet, par une double pénalité, puisqu’elle
Pour l’ECS, les ordres de grandeurs sont les mêmes que pour
augmente à la fois les consommations propres et les consom-
l’électricité, car les besoins d’ECS par m2 sont plus importants
mations de froid. Là aussi, certains réflexes pourront s’en trouver
pour des logements que pour une maison individuelle.
modifiés.
Pour un immeuble de bureau climatisé, on note que la structure
La prise en compte des énergies renouvelables sous leurs dif-
des consommations est radicalement différente, avec près de la
férentes formes : solaire thermique pour le chauffage et l’ECS,
moitié des consommations pour l’éclairage, les pompes et les
solaire photovoltaïque, chauffage au bois.
ventilateurs.
La part chauffage + refroidissement varie peu entre le nord et le
sud, avec bien évidemment une inversion des importances rela-
2.3 tives.
Exemples de résultats
La RT 2005 obligeant à un résultat de performance globale du
bâtiment, le principe est donc de comparer les dépenses énergé-
tiques des différents composants, qui individuellement respectent
les garde-fous, mais dont la somme ne garantit pas la consom-
mation de référence maximale autorisée. Il convient donc alors de
compenser entre les différents postes de déperdition d’énergie en
prenant en compte tous les éléments susceptibles d’optimiser les
performances globales du bâti.
Le graphique ci-dessous présente des exemples de résultats
montrant à la fois la variété des valeurs obtenues et la diversité de
la répartition par postes des énergies consommées.


BVYJMJBJSFT
 WFOUJMBUJPO
L 8)FQ N BO


ÊDMBJSBHF

SFGSPJEJTTFNFOU
 &$4

DIBVGGBHF



NBJTPO NBJTPO DPMMFDUJG DPMMFDUJG CVSFBV CVSFBV
ÊMFD) ÊMFD) HB[) HB[) 1"$) 1"$)

OB-V.2006

Comprendre et Appliquer.indd Sec2:8 22/01/2007 09:39:37