Vous êtes sur la page 1sur 6

4.

TRAVAUX D’INVENTAIRE :

4.1 Opérations d’inventaire Cours du 26/02/2021

Compétences attendues Savoirs associés


Provisions

PROVISIONS (ce qu’on n’a pas encore dans les comptes)

Lors de l’inventaire, il est obligatoire de constater des passifs qui sont nés durant l’exercice
mais dont la réalisation n’est que probable ou dont le montant et/ou l’échéance ne sont
qu’approximatifs. Afin de les distinguer des autres éléments du passif, ces dettes probables
sont constatées au passif au bilan dans des comptes de provisions.

1. Définition d’une provision

1.1 Eléments du passif externe

Le passif du bilan regroupe deux types de passif :


- Les apports des propriétaires de l’entreprise, entrepreneur individuel ou associé
d’une société, ainsi que les bénéfices qui ont été laissés à la disposition de
l’entreprise constituent les capitaux propres
- Les dettes probables ou certaines, qui sont les composantes du passif externe

Un passif externe est un élément ayant une valeur économique négative pour l’entreprise,
qui sera une sortie future de ressources en raison d’une obligation de l’entité vis-à-vis d’un
tiers. Cette obligation peut être d’ordre légal, réglementaire ou contractuel. Elle peut
également découler des pratiques passées de l’entité, de sa politique affichée ou
d’engagements publics.

Le PCG distingue plusieurs types de passifs, par ordre décroissant de certitude de l’obligation
future :
- Une dette est un passif certain quant à son montant et à son échéance, exemple :
montant dû à un fournisseur, suite à un achat de marchandises ou celui d’un emprunt
contracté auprès d’une dette ;
- Une provision est un passif correspondant également à une sortie future de
ressources mais pour lequel, à la date de clôture de l’exercice, l’échéance et/ou le
montant ne sont pas fixés avec une totale exactitude, exemple : suite au licenciement
d’un salarié, l’entreprise doit verser des indemnités de licenciement, mais à la fin de
l’exercice, le montant n’est pas exactement fixé ou la date exacte de paiement
connue, l’évaluation du montant à payer constitue une provision ;
- Un passif éventuel correspond à un engagement de l’entreprise vis-à-vis d’un ou de
plusieurs tiers mais dont la réalisation n’est que possible, et non probable, et ne
dépend pas d’une décision future de l’entreprise. Les passifs éventuels ne sont pas
comptabilisés, et ne figurent donc pas au bilan, mais ils doivent être mentionnés en
annexe lorsque leur montant est significatif. Exemple : l’entreprise s’est portée

1
caution auprès de la banque pour un emprunt souscrit par une de ses filiales. Elle ne
se substituera à sa filiale que si celle-ci ne paie pas ses échéances, l’obligation n’est
pas probable, mais possible.

Les provisions constituent des passifs externes. Ce sont des dettes probables.

1.2 Conditions de définition d’une provision

Une provision est un passif, c’est-à-dire une obligation à l’égard d’un tiers existant à la
clôture de l’exercice, conduisant à une sortie probable de ressources au bénéfice d’un tiers,
sans contrepartie pour l’entreprise.

Critères communs à tous les passifs :


- Obligations à l’égard d’un tiers : légale ou réglementaire, contractuelle (ex : garanties
données aux clients) ou résultant des pratiques de l’entité, de sa politique ou de ses
engagements publics (ex : politique du satisfait ou remboursé)
- Obligations existant à la date de clôture : résultant d’un événement passé antérieur à
la date de clôture (ex : litige avec un salarié) ou suite à une décision interne ayant été
annoncée à la date de clôture (annonce d’une restructuration)
- Sortie probable de ressources au bénéfice d’un tiers : ex : réparations estimées dans
le cadre d’un litige
- Sans contrepartie pour l’entreprise : absence d’avantages économiques pour
l’entreprise de la part du tiers envers lequel elle a une obligation (ex : indemnités
prud’homales)

Caractéristiques particulières :
Une provision est un passif particulier : elle est destinée à prendre en compte un passif dont
la sortie de ressources est probable. L’incertitude du risque ou de la charge associés aux
provisions porte sur l’échéance de l’obligation et/ou sur le montant de l’obligation. S’il existe
une faible incertitude dans l’évaluation du montant ou de l’échéance de cette obligation, il
est enregistré une charge à payer et non une provision.
Une provision est donc un passif dont l’échéance et/ou le montant n’est pas fixé de façon
précise.
Les provisions sont évaluées pour le montant correspondant à la meilleure estimation de la
sortie de ressources nécessaires à l’extinction de l’obligation :
- En se basant sur des obligations similaires
- En présence de plusieurs hypothèses d’évaluation de la sortie de ressources

Principes comptables et provisions

Degré de certitude acceptable pour pouvoir comptabiliser la provision, en respectant critère


de prudence, sincérité et bonne foi, afin de représenter une image fidèle de l’entreprise.

A l’inverse l’absence de comptabilisation d’une provision constituerait une faute grave


puisqu’elle conduirait à ne pas constater une charge à rattacher à l’exercice comptable
(principe de séparation des exercices), et donc à majorer de manière indue, voire
frauduleuse, le résultat de l’année.

2
Exemple 1  :
Une provision a été constatée à la fin de l’exercice N suite à un litige avec un client pour non-
respect des délais dans l’exécution de travaux.
Durant l’exercice N+1, l’entreprise a été condamnée à payer une indemnité à son client. La
charge a été comptabilisée et la provision n’a plus lieu d’être : elle est donc reprise.
Il se pourrait également que l’entreprise ait gagné en N+1 le procès que lui a intenté son
client. L’obligation disparaît et la provision doit être reprise.

Exemple 2  :
Si un fournisseur fait parvenir sa facture après la clôture alors qu’il a fourni sa prestation au
cours de l’exercice, la facture n’est pas enregistrée par l’entreprise. A l’aide du devis, du bon
de livraison et des prestations effectuées, il est possible de définir le montant dû au
fournisseur avec une incertitude faible. Ce passif envers le fournisseur constitue une charge à
payer à constater dans les comptes de l’exercice comptable concerné.
Si l’entreprise a appris à la clôture de l’exercice qu’elle doit réaliser des travaux pour
répondre à des contraintes de sécurité de ses locaux, elle doit estimer le coût des travaux de
mise aux normes. Le montant des travaux liés à cette obligation n’est pas précisé mais
l’entreprise peut en faire une estimation fiable. L’entreprise doit constituer une provision.

Exemple 3  :
Si une entreprise choisit de mettre en place durant l’année une offre commerciale « satisfait
ou remboursé », elle s’expose au fait que certains clients vont revenir vers elle pour
effectivement faire valoir leur insatisfaction ou demander un remboursement. L’entreprise
doit dans ce cas comptabiliser une provision :
- Elle a l’obligation envers ses clients du fait de la politique commerciale affichée ;
- Cette obligation résulte d’une action commerciale antérieure à la clôture de
l’exercice ;
- Elle devra probablement réaliser des remboursements ;
- Le montant des remboursements n’est pas fixé de façon certaine mais elle peut
l’estimer compte tenu d’opérations antérieures de même type ;
- Les remboursements s’échelonneront sur la période indiquée par l’offre commerciale
sans contrepartie, l’entreprise enregistrant un retour de marchandises sans vente.

2. Typologie des provisions

Elles sont destinées à couvrir les risques répondant aux caractéristiques suivantes :
- Risque clairement identifié
- Risque inhérent à l’activité de l’entreprise
- Risque généré par un événement passé ou en cours

2.1 Provisions pour risques

Les provisions pour risque enregistrent tous les risques identifiés inhérents à l’activité de
l’entreprise, tels que ceux résultant de litiges, d’obligations contractuelles ou encore de
variations de cours de change.

3
La réglementation comptable énumère les principales (liste non exhaustive) :

- 1511 Provisions pour litiges : pour couvrir les risques pécuniaires à propos des litiges
dans lesquels l’entreprise est impliquée. Montant égal à la somme que la société
risque de payer, incluant les coûts annexes et honoraires
Exemple : L’entreprise en litige avec un client pour des travaux non achevés dans les
temps de l’exercice N, estimé, à partir des clauses contractuelles, une réparation à
verser d’un montant de 5 000 €, qui sera le montant de la provision

- 1512 Provisions pour garanties données aux clients : dépenses susceptibles d’être
engagées du fait de garanties sur les produits vendus ou travaux réalisés, basées sur
des calculs statistiques
Exemple : pour un produit vendu 100 € HT aux distributeurs, le taux de retour est de
1% et le coût moyen d’une réparation sous garantie à 30 €. 10 000 unités ont été
vendues dans l’année. La provision pour garanties = 10 000 x 1% x 30€ = 3 000 €.

- 1513 Provisions pour pertes sur marché à terme : risques de pertes liés à des
opérations d’achat et de vente de marchandises ou matières premières à terme, ou
opération d’achat ou de vente à terme dont la livraison et le paiement
n’interviendront qu’à l’exercice suivant et dont le prix est fixé au préalable par un
engagement (contrat).
Exemple : Une entreprise s’est engagée à acheter à un certain prix le kilo de café
auprès d’un producteur de café ; si l’entreprise constate une baisse du prix du café ;
elle doit provisionner cette perte probable.

- 1514 Provisions pour amendes et pénalités : lorsque la société a contrevenu à la loi


et elle sait qu’elle sera condamnée pour les infractions commises, mais l’échéance et
le montant ne sont pas encore fixés
Exemple  : retard de dépôt de déclaration fiscale induit une majoration, qui n’a pas
encore été encore notifié à la clôture de l’exercice

- 1515 Provisions pour pertes de change : liées aux variations des cours de devises qui
peuvent générer des pertes latentes (potentiel, non confirmé) sur des opérations
réalisées en devises ou des comptes détenus en devises. Toujours par principe de
prudence, les produits latents ne sont pas enregistrés.
Exemple : L’entreprise a réalisé des ventes à un client américain en USD qui n’a pas
encore réglé

- 1516 Provisions pour pertes sur contrats : contrat à long terme, à raison duquel on
craint de dégager une perte, ou pour lequel l’entreprise se heurte à des difficultés
qu’elle n’avait pas anticipées et qui lui engendrent des surcoûts.

2.2 Provisions pour charges

Elles correspondent à des charges que l’entreprise devra supporter dans les exercices à venir
dont les montants ne peuvent pas être qu’estimés et/ou dont l’échéance est incertaine.

4
La réglementation comptable énumère les principales (liste non exhaustive) :

- 153 Provisions pour pensions et obligations similaires : pour l’obtention par le


personnel de droits à la retraite et d’autres avantages postérieurs à l’emploi
(assurance vie, couverture médicale…)

- 154 Provisions pour restructurations : en cas d’abandon d’une branche d’activité, de


fermeture d’un site, d’une relocalisation. La provision tient compte de toutes les
charges telles que coûts de licenciement, résiliation de baux, ou mise au rebut du
matériel

- 155 Provisions pour impôts : charges probables d’impôts concernant l’exercice mais
reportées dans le temps car dépendant des résultats futurs

- 156 Provisions pour renouvellement des immobilisations : souvent par les sociétés
concessionnaires

- 157 Provisions pour charges à répartir sur plusieurs exercices : lorsque des travaux
d’entretien périodiques ou des grands révisions sur une immobilisation sont prévus
lors de son acquisition ou de sa production, du fait d’obligations légales ou d’usages
de l’entreprise, le montant du coût des travaux futurs est évalué lors de l’acquisition
du bien et est étalé par la comptabilisation de provisions de la mise en service du
bien jusqu’à la date prévue pour la réalisation des travaux d’entretien ou de révision.
Exemple : il est prévu pour une immobilisation acquise le 1er juillet N de réaliser une
grande révision au terme de 3 ans dont le coût est évalué à 9 000 €. L’entreprise
constatera les provisions suivantes : 9000 x 1/3 x 6/12 = 1 500 € en N, 9000 x 1/3 =
3000 € en N+1 et N+2, et 1500 € en N+3.

3. Comptabilisation des provisions

Détermination des provisions à enregistrer

La dotation aux provisions (DAP) permet de constater l’augmentation du risque ou de la


charge future appréciée à la clôture de l’exercice.

La reprise sur provisions (RAO) reprend, pour tout ou partie, une provision antérieure qui
n’est plus justifiée à la clôture de l’exercice si le risque ou la charge probable est considérée
moindre ou s’il n’est plus justifié.

Enregistrement des provisions

En tant que passifs externes, les provisions sont constatées au crédit des sous-comptes du
compte 15 – Provisions (ou au débit pour une reprise). La charge correspondante est
comptabilisée au débit d’un compte de charges calculées qui dépend de la nature de la
charge (ou au crédit du compte de produit) :

5
- 6815 – Dotations aux provisions d’exploitation (ou 7815 Reprises surprovisions
d’exploitation)
- 6865 – Dotations aux provisions financières (ou 7865 Reprises surprovisions
financières)
- 6875 – Dotations aux provisions exceptionnelles (ou 7875 Reprises surprovisions
exceptionnelles)

Le compte 68 permet d’enregistrer à la fois les pertes de valeurs associées aux


amortissements et aux dépréciations de l’actif, et les provisions.

L’enregistrement d’une dotation aux provisions permet d’anticiper un risque ou une charge
probable. Le résultat au cours duquel l’entreprise a connaissance de ce risque ou charge
probable est diminué avant que ce dernier se réalise. Lorsqu’il a effectivement lieu, la charge
associée est enregistrée. En parallèle la provision est reprise pour ne pas grever doublement
le résultat.
L’enregistrement des provisions est une opération d’inventaire et n’a pas d’impact sur la
trésorerie de l’entreprise(uniquement quand le risque ou la charge se réalise).

Provisions et documents de synthèse


Les provisions pour risques et charges apparaissent au passif du bilan après les fonds
propres. Au compte de résultat, les dotations apparaissent en charges, et les reprises en
produits.

Exemple de comptabilisation de provision pour litige  :

Une entreprise a constaté 5 000 € de provision. Suite à la procédure de conciliation, elle


accepte de payer 5 200 € le 15 sept N+1.

31/12/N
6875 Dotations aux provisions exceptionnelles 5 000
1511 Provisions pour litiges 5 000
Litige avec le client X
15/09/N+1
671 Charges exceptionnelles sur opérations de gestion 5 200
512 Banque 5 200
Paiement des indemnités du client X
31/12/N+1
1511 Provisions pour litiges 5 000
7875 Reprises sur provisions exceptionnelles 5 000
Fin du litige avec le client X

Le résultat de l’exercice N+1 se soldera donc par une diminution de 200 €, correspondant à
la différence entre la charge exacte et la charge estimée.