Vous êtes sur la page 1sur 17

Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429 Volume 4, numéro 1

Le rôle de l’université marocaine dans la promotion de


l’entrepreneuriat responsable
The role of the Moroccan university in promoting responsible
entrepreneurship
Najlaa EL CATI
Doctorante
Université Hassan II- FSJES Casablanca
najlaa.cati@gmail.com
Khalid EL OUAZZANI
Enseignant chercheur
Université Hassan II- FSJES Casablanca
elouazzanik@gmail.com

Abstract
Since the dawn of time the first vocation of a company was the realization of the profit, to ensure a gain in order
to increase its turnover and to maximize its wealth. With globalization, the opening of markets, access to new
technologies and the constant depletion of natural raw materials, the world is facing an alarming situation. A
situation that requires the reactivity of the various stakeholders working closely or far from the ecosystem.
Among the actors influencing the ecosystem we find businesses, by the ticket entrepreneurs and leaders. Today
they are obliged to act and think of effective solutions to ensure the presence of a better economic, social and
environmental environment. In our present analysis we want to analyze the role of university education on the
training of the responsible entrepreneur and to determine the priority of starting a business with students from
Hassan II University.

Keywords: Responsible entrepreneurship; entrepreneurial intent; teaching; entrepreneurial


training.

Résumé
Depuis la nuit des temps la première vocation d’une entreprise était la réalisation du profit, assurer un gain afin
d'accroître son chiffre d’affaire et maximiser sa richesse. Avec la mondialisation, l’ouverture des marchés,
l’accès aux nouvelles technologies et l’épuisement constant de matières premières naturelles, le monde se trouve
face à une situation alarmante. Une situation qui nécessite la réactivité des différentes parties prenantes
agissantes de près ou/et de loin sur l’écosystème. Parmi les acteurs influençant l’écosystème nous trouvons les
entreprises par le billet des entrepreneurs et des dirigeants. Aujourd’hui ils sont dans l’obligation d’agir et de
réfléchir à des solutions performantes afin d’assurer la présence d’un environnement économique, social et
environnemental meilleur. Dans notre présente analyse nous tenons à analyser le rôle de l’enseignement
universitaire sur la formation de l’entrepreneur responsable et de déterminer la priorité de création d’une
entreprise auprès des étudiants de l’université Hassan II.

Mots-clés : Entrepreneuriat responsable ; intention entrepreneuriale ; enseignement ;


formation entrepreneuriale.
Introduction
Au cours des deux dernières décennies, le nombre d’établissements universitaires et
professionnels offrant des programmes à l’entrepreneuriat n’a cessé d’augmenter. Cette
évolution remarquable se justifie par la prise en considération des chercheurs et praticiens de
la valeur ajoutée que l'entrepreneuriat peut apporter à une nation. L’enseignement de
l’entrepreneuriat est une opportunité redoutable qu’un pays peut exploiter pour initier et

91
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429 Volume 4, numéro 1

motiver les jeunes étudiants à entreprendre, à devenir maître de leur propre entreprise, à créer
de l’emploi et de la richesse. Pour cela, il s’avère important de considérer l’entrepreneuriat
comme facteur déterminant dans la croissance et le développement de l’économie d’un pays.
Mais, au-delà de la recherche du profit, une entreprise doit remplir son rôle d’entreprise
responsable, une vocation qui prend de l’ampleur autour du monde dans la mesure où il s’agit
d’une action sociale et sociétale et une prise de conscience de l’enjeu que représentent
l’environnement et le développement durable dans les affaires.
Dans notre présente réflexion, nous souhaitons croiser deux axes de réflexion d’actualité et de
grande importance : l’entrepreneuriat responsable et l’enseignement, afin d’analyser le rôle de
l’enseignement universitaire dans l’inculcation et le développement de l’esprit « entrepreneur
responsable » chez le jeune étudiant marocain.
Dans le contexte marocain, plusieurs formations à l'entrepreneuriat ont été développées dans
les établissements de l’enseignement supérieur pour sensibiliser et/ou former les jeunes. Des
programmes divers destinés à la sensibilisation, à l’encouragement à la création, et à
l’accompagnement ont vu le jour. Il s’agit bien évidemment d’une étape cruciale pour obtenir
comme output : un lauréat porteur de projet, un leader et un acteur proactif. Il nous semble
intéressant et important de s’interroger sur l’impact de ces programmes mis en place sur
l’intention de devenir un entrepreneur responsable chez l’étudiant universitaire marocain et de
voir quelles sont les composantes externes et internes qui peuvent soit accentuer ou ralentir ce
processus.
Pour mieux cerner notre réflexion, nous allons mener une étude auprès des étudiants de
l’université Hassan II de Casablanca. L’analyse des résultats nous aidera à nous pencher sur
d’autres champs d’analyse et sur d’autres axes de réflexion pertinents et importants.
1. Une nouvelle vision entrepreneuriale : l’entrepreneuriat et la création de
la valeur
L’entrepreneuriat est une notion difficile à cerner dans une seule définition malgré le fait
qu’elle soit de plus en plus utilisée par les praticiens. Sa définition reste modulable selon la
spécialité et le domaine de l’étude et selon les paradigmes qui l’évoquent (Filion, 1997 ;
Grégoire & al, 2006). L’entrepreneuriat est un concept qui a connu l’émergence de nouveaux
aspects, aujourd’hui on parle d’entrepreneuriat féminin, d’entrepreneuriat des jeunes,
d’entrepreneuriat vert ou encore d’entrepreneuriat d’immigrés. Des notions qui ont vu le jour
grâce à l’émergence de plusieurs acteurs et composantes socio-économiques. En effet,
l’entrepreneuriat a dépassé son stade d’observation à un stade plus complexe qui englobe
différents indicateurs (Verstraete & Fayolle, 2005).
Dans notre analyse nous nous sommes basés sur une logique différente de celle de certains
chercheurs. En effet, nous considérons l’entrepreneuriat comme processus de création de
valeur (Bruyat & Julien, 2001). Au-delà de la réalisation du profil, l’entrepreneuriat peut
contribuer à la réalisation d’une valeur sociale, humaine et culturelle. On peut dire que
l’entrepreneuriat prend une dimension de plus en plus large (Bruyat & Julien, 2001).
Notre introduction de l’entrepreneuriat sous son spectre large (Lackéus, 2015), nous aide à
sortir de sa définition classique qui est assez discriminative et qui l’associe uniquement à la
création de valeurs pécuniaires, alors que l’entrepreneuriat peut voir le jour à travers
différents types d’organisations et de structures à but non lucratif.
Comme nous l’avons déjà signalé le spectre de l’entrepreneuriat prend une dimension de plus
en plus large et complexe, surtout avec la présence des effets néfastes engendrés par la
mondialisation (pollution, épuisement de ressources naturelles, dumping, dégradation
d’éthique professionnelle, etc.). C’est à la base de ces phénomènes que plusieurs
entrepreneurs se sont trouvés dans l’obligation de prendre en considération le cadre

92
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429 Volume 4, numéro 1

responsable de l’entrepreneuriat. Une prise en considération qui donne naissance à un concept


porteur de valeur
qui est l’entrepreneuriat responsable.
Selon l’ONU, l’entrepreneuriat responsable « recouvre les stratégies volontairement adoptées
par les entreprises pour contribuer au développement durable », une notion qui transforme le
mythe de l’entrepreneur poussé uniquement par la quête du profit et le gain, par des nouveaux
concepts, tels que : l’entrepreneuriat social (Chell, 2007), solidaire (Gianfaldoni, 2004),
conscient (Levesque, 2011) ou encore durable (Hall, Daneke & Lenox, 2010; Obrecht, 2016 ;
Parrish, 2010). Plusieurs travaux se sont intéressés aux différentes dimensions de
l’entrepreneuriat, comme : l’éthique des entreprises (Giacalone & Thompson, 2006 ; Harris,
Sapienza & Bowie, 2009), de même qu’à leur responsabilité sociale et environnementale
(Michaud & Audebrand, 2014).
2. L’entrepreneur face à une analyse éthique, responsable et durable
2.1. L’entrepreneur et le cadre éthique
Mettre en lien le cadre responsable et le cadre moral s’avère difficile. Il s’agit d’une approche
idéaliste qui risque de mettre un poids lourd et contraignant sur l’entrepreneur ou le porteur de
projet, sachant que ce dernier évolue dans un écosystème guidé par l’incertain et marqué par
des indicateurs propres à lui. La responsabilité du porteur de projet dans ce cas est relative à
un arbitrage ou équilibrage entre son degré de conscientisation et les possibilités d’action que
lui offre son écosystème.
La vocation principale d’un porteur de projet est la réalisation du profit pour garantir la
continuité et la pérennité de son entreprise. En effet sa responsabilisation ne doit pas devancer
ou effacer la faisabilité ou la survie de son business. On peut dire que l’entrepreneur
responsable tend vers une approche éthique plus que morale, car l’entrepreneur n’est pas face
à une situation dans laquelle il doit respecter des principes et valeurs moraux, mais il est
plutôt dans l’obligation de s’inspirer de ses valeurs pour guider ses actions et prendre des
décisions optimales.
L’éthique regroupe les valeurs, les principes et les croyances qui sont soit la source de réussite
soit d’échec de la conduite des décisions d’un entrepreneur (Mercier. 2004), par contre le
cadre moral présente un caractère impératif. L’éthique reste un aspect modérateur et adaptable
au changement du monde et de l’écosystème, une adaptation guidée par une réflexion
consciente, qui indique la bonne ou la mauvaise façon d’agir. Selon une approche ouverte
nous pouvons considérer l’entreprise comme espace ou milieu propice à l’éthique, dans lequel
un entrepreneur est dans l’entière liberté d’exercer sa responsabilité selon ses principes et
convictions pour garantir un meilleur environnement (Moussé, 2001).
Kant, Clarke et Holt (2009) considèrent que l’éthique de l’entrepreneur se caractérise par sa
capacité à soumettre ses actions et décisions à ses propres normes d’éthique. En effet, il a le
droit de pérenniser les actions génératrices de valeur pour lui et pour son entourage. Pariente
et al (2010), considèrent l’éthique d’affaire comme éthique conditionnée par des contours
normatifs, d’une attitude et comportement valide et acceptable, avec une charte ou une
instance de jugement, favorable vis-à-vis de certains comportements et règles de conduite et
défavorable vis-à-vis d’autres. Plusieurs sont les auteurs qui ont remis en question l’approche
normative de l’éthique (semblable à l’approche morale). L’approche normative de l’éthique
peut être jugée inadaptée au processus de prise de décision et à la vocation que souhaite
compléter un entrepreneur.

93
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429 Volume 4, numéro 1

L’entrepreneur est un acteur de changement (Brenkert, 2009). En effet, l’entrepreneur peut


faire face à des dilemmes ou situations contraignantes qui le poussent à contourner quelques
règles morales1.
Selon Anderson et Smith (2007) l’aspect éthique de l’acte entrepreneurial est d’ordre social.
Ainsi l’entrepreneur est un acteur conscient des valeurs et principes de la société, et il doit être
en phase avec ces valeurs « Entrepreneur authentique ».
Selon Harmeling et al. (2008), la réussite de l’acte entrepreneurial est la capacité et le pouvoir
d’un entrepreneur à apporter de la valeur et à défendre une vision qui rencontre un
assentiment sociétal. C’est la convergence des valeurs individuelles de l’entrepreneur et les
valeurs de la société. Des valeurs qui peuvent être sources de richesse économique
(Dherment-Férère, Van der Yeught, 2011).
Les différents travaux et recherches autour de l’entrepreneur éthique sont le fruit d’une
inspiration de deux paradigmes de l’entrepreneuriat (Verstraete et Fayolle 2005) :
- paradigme de l’innovation : l’imagination morale, créativité et inspiration ;
- paradigme de la création de valeur: au sens économique et au sens sociétal et
environnemental.
2.2. La responsabilité sociale/ sociétale et environnementale de l’entrepreneur
responsable
Avant de débuter notre analyse de cette partie, nous souhaitons commencer par une définition
de l’entrepreneur responsable : « L’entrepreneuriat responsable désigne un mode de gestion
qui accroît la contribution positive de l’entreprise à la société tout en minimisant son impact
négatif sur les citoyens et leur environnement. Un entrepreneur responsable :
- traite ses clients, ses partenaires commerciaux et ses concurrents en toute équité et
honnêteté ;
- se préoccupe de la santé, de la sécurité et du bien-être général des salariés et des
consommateurs ;
- motive son personnel en lui offrant des possibilités de formation et de développement ;
- agit comme un bon citoyen au sein de la communauté locale ;
- respecte les ressources naturelles et l’environnement». (La Commission Européenne, 2004).
Selon Parrish (2010), l’entrepreneur est un être rationnel qui se base sur des décisions
logiques et objectives. En effet cet entrepreneur responsable, est en évaluation permanente de
ses actions, pour trouver les décisions porteuses d’avantages pour lui et pour ses partenaires.
D’ailleurs cette évaluation des décisions repose sur la prise en compte de critères qualitatifs ;
en favorisant ce type de critères, l’entrepreneur est davantage en mesure de satisfaire les
multiples objectifs qu’implique un engagement en développement durable2.
L’engagement responsable du leader ou du dirigeant d’une organisation, met en évidence une
réalité et singularité du cadre responsable. En effet, il porte sur une motivation intrinsèque
(Jenkins, 2006 ; Baden et al., 2009).
Pour développer et garantir la mise en place d’un contexte et environnement social ou
relationnel favorable, les actions prises par le dirigeant doivent s’inscrire dans un cadre
responsable (Paradas, 2008) (Fuller et Tian, 2006).
En 2008, Choi et Gray complètent le courant de recherche de la Responsabilité Sociétale. Les
deux auteurs se sont interrogés sur la manière d’aider les entrepreneurs à conduire des projets
en développant des activités socio environnementales. Ces entrepreneurs démarrent leur

1
L’entrepreneur peut être considéré comme destructeur, dont le principal objectif : évoluer, faire progresser son
écosystème, à innover et à soutenir la bonne conduite morale.
2
Dans le cas où l’entrepreneur responsable se trouve dans une situation qui s’avère difficile à optimiser, il
cherche à minimiser les dégâts et cible par la suite un niveau de satisfaction minimum pour chaque objectif ou
indicateur.

94
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429 Volume 4, numéro 1

activité avec une approche commune, qui est celle de joindre le volet économique et financier
au volet responsable et non financier3.
L’entrepreneur responsable est un entrepreneur conscient et authentique qui opte pour un
positionnement différent et une stratégie de différenciation (de coûts importants) ; achats
responsables, modes de production durable, soutien de causes citoyennes. Au niveau de la
gestion des compétences, l’entrepreneur responsable cherche des profils porteurs d’idées
innovantes, de principes et de culture.
En guise de conclusion, l’entrepreneur responsable est un entrepreneur authentique, qui prend
des décisions rationnelles pour joindre le volet non financier au volet financier. Il a pour
vocation de concrétiser son projet pour des fins à la fois pécuniaires et responsables. Dans sa
quête de l’idéal il prend en considération toutes les parties prenantes, pour établir une relation
florissante et gagnante.
3. L’université et l’entrepreneuriat
L’objectif de notre analyse est de vérifier le rôle des programmes universitaires dans la
promotion et l’inculcation de l’entrepreneuriat responsable chez l’étudiant marocain. Pour
aborder notre seconde partie qui met en lien l’entrepreneuriat responsable et l’enseignement
universitaire nous avons mené une recherche théorique évoquant les deux thèmes. Nos
recherches ne nous ont pas permis de trouver une base théorique qui traite de l’entrepreneuriat
responsable et l’enseignement. Nous avons décidé d’aborder le thème dans sa globalité et son
cadre général qui est l’entrepreneuriat et l’enseignement, car les pratiques de l’entrepreneuriat
sont les mêmes.
Selon les données du Haut-commissariat au plan (HCP) publiées au cours du mois de février
(2018) : « Le Maroc a enregistré à la fin de 2017 un taux de chômage de 10,2% contre 9,9%
une année auparavant. Ce taux touche principalement les jeunes âgés de 15 à 24 ans (26,5%),
avec un taux qui culmine à 42,8% en milieu urbain». Il est important de souligner que le
chômage au Maroc touche principalement les titulaires des diplômes supérieurs. Dans une
telle situation l’université marocaine se trouve dans l’obligation de renforcer ses actions dans
le domaine de l’entrepreneuriat. En effet le salariat ne doit plus être le choix unique des
lauréats de l’université.
L’entrepreneuriat est considéré par plusieurs auteurs comme pratique et discipline (Drucker,
1985; Verstraete, 1997)4.
À partir des années soixante-dix du siècle passé, le champ universitaire a connu l’émergence
des travaux de recherche, des revues, et des manifestations scientifiques pour étudier
l’entrepreneuriat comme levier de croissance de l’économie et de l’indépendance des jeunes
diplômés.
Plusieurs sont les étapes qui ont caractérisé la relation entre l’université et l’entrepreneuriat
(Schmitt et al, 2005) (Figure 1) :

3
Dans ce cas l’entreprise est considérée comme outil de réalisation d’une activité économique à vocation
responsable.
4
Il s’agit d’une pratique et technique qu’un individu peut apprendre par le billet de l’université (Schieb-Bienfait,
2000).

95
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429 Volume 4, numéro 1

Figure n°1. Étapes de la relation université - entrepreneuriat

Pré-relation Initialisation Valorisation Intégration

Source : (Schmitt et al, 2005)

a. Pré-relation : l’absence de l’entrepreneuriat au sein de l’université est alimentée par


plusieurs préjugés sur l’entrepreneuriat (irrégularité, aléa, imprévisibilité, risque).
b. Initialisation : c’est un niveau qui célèbre la construction de la relation entrepreneuriat -
université. Il s’agit d’une étape qui prend en considération les limites du modèle de la
grande entreprise et du modèle du salariat dans la création de nouveaux emplois et dans le
développement économique.
c. Valorisation : c’est une étape qui étudie le passage de l’entrepreneuriat du domaine de la
recherche au domaine pratique ou industriel (Aurelle, 1998).
d. Intégration : l’intégration fait référence au modèle d’accompagnement du porteur de
projet et les différents moyens qui lui seront utiles pour concrétiser son projet (moyens
humains, matériels, etc.).
À ce niveau, l’université prend un rôle important dans l’enseignement et la promotion de
l’entrepreneuriat ainsi que dans l’intervention dans les différentes étapes du processus
intentionnel. L’université est maintenant consciente du rôle crucial que joue l’entrepreneuriat
dans la croissance économique et dans la formation d’un étudiant indépendant. Mais comment
l’université peut-elle promouvoir l’esprit entrepreneurial chez les étudiants ? Pour répondre à
cette question nous allons nous référer au modèle proposé par Fayolle et Filion (2006)
(Tableau1).
Tableau n°1. Étapes pour promouvoir l’esprit entrepreneurial chez l’étudiant
À ce premier niveau, l’université est demandée d’informer
l’étudiant sur l’existence de parcours différents au salariat
Initiation à et de le sensibiliser à entreprendre. Le but est de déclencher
l’entrepreneuriat les habiletés personnelles de l’étudiant (esprit d’équipe,
créativité, innovation, prise de risque, autonomie, rapidité
d’interaction, proactivité, etc.)
L’objectif de cette étape est de mettre en place une
formation adéquate aux attentes du marché, c’est-à-dire
former des étudiants à devenir des entrepreneurs, à travers
l’inculcation de pratiques et connaissances utiles à
développer leurs compétences entrepreneuriales.
Formation à la création Il s’agit bien d’une formation qui prépare les étudiants aux
et/ou à la gestion de projet différentes situations professionnelles auxquelles ils
peuvent faire face durant leur processus de création
d’entreprise. La formation que présente l’université vise
également la spécialisation des étudiants dans certains
domaines d’activité de l’entrepreneuriat.
Un porteur de projet est dans la nécessité de maîtriser les
différents aspects relatifs à l’entrepreneuriat et à la création
d’entreprise, mais il a également besoin d’un

96
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429 Volume 4, numéro 1

accompagnement et d’un suivi dans les différentes phases


de son projet. Il s’agit d’un accompagnement personnalisé,
Accompagnement et conçu spécialement pour un projet bien déterminé, afin
d’offrir l’accompagnement le plus performant en matière
de recherche de financement et de prestataires, recherche
scientifique et technique/ technologique et surtout
psychologique.
Source : Fayolle et Fillion (2006).
L’enseignement de l’entrepreneuriat a pour principal objectif d’initier et de sensibiliser les
étudiants à l’esprit d’entreprendre et à l’esprit d’entreprise (Fayolle 2005, Gaujard et Verzat
2011, Papin 2011). Nous sommes concernés par le premier aspect qui est la formation de
l’étudiant à l’esprit d’entreprendre. L’entrepreneuriat est alors considéré comme levier
d’apprentissage (Papin, 2011). En effet ce concept a pour objectif d’assurer le développement
des habiletés et caractéristiques personnelles (Caird, 1990), comme le travail en équipe, la
proactivité, la gestion du risque, le sens d’initiative, la gestion du stress et des situations
contraignantes, l’autonomie, etc. (Caird, 1992).
Pirnay et al (cité par Surlemont, 2007) ont réalisé en 2005 une étude, afin de déterminer et
cerner les conditions favorisant le développement de l’esprit d’entreprendre dans le milieu
universitaire. Ils ont mis l’accent sur deux conditions :
a. Première condition : Le contexte propice
Pour assurer une bonne formation de l’esprit entrepreneurial, il faut mettre en place
une structure d’organisation (direction) et une culture d’établissement favorable à la
réussite du processus de développement de l’esprit entrepreneurial.
b. Deuxième condition : Un corps professoral adéquat et performant
Pour diffuser la formation, l’université a besoin de s’en servir de son corps
professoral. Pour cela, elle doit faire appel à des enseignants entreprenants et avec
d’excellentes habiletés relationnelles pour assurer un meilleur apprentissage.
D’autres auteurs venant des quatre coins du monde (Pelletier, 2005 ; Gibb, 2005 ; Surlement
et Keaney 2009) ont mis en relief quatre principes favorisant le développement de l’esprit
entrepreneurial qui s’inscrivent dans une pédagogie active.
a. Premier principe
Apprendre par l’expérience de projets innovants en lien avec des problèmes réels.
b. Deuxième principe
Motiver, sensibiliser, encourager et accompagner l’étudiant vers sa quête.
c. Troisième principe
Apprendre en groupe, favoriser la synergie et l’interaction entre individus et intervenants
externes.
d. Quatrième principe
Travailler avec une approche formative, avoir recours à l’apprentissage par réflexion et
valoriser les contributions externes.
La combinaison des quatre principes permet d’assurer un meilleur apprentissage de
l’entrepreneuriat, ainsi que la formation et l’inculcation de compétences entrepreneuriales
chez l’étudiant.
Les différentes approches et modèles que nous avons cités s’articulent sur les mêmes points.
Chaque auteur revisite à sa manière les conditions ou leviers primordiaux au développement
de l’esprit entrepreneurial à l’université.
Le paradigme pédagogique traditionnel de l’entrepreneuriat est un paradigme qui se focalise
sur l’introduction et l’initiation de l’étudiant au business plan. C’est un élément primordial qui
permet de tracer les différentes stratégies relatives au projet. Ce paradigme s’avère limité car
il néglige l’importance du développement de l’esprit entrepreneurial (Tounés, 2003).

97
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429 Volume 4, numéro 1

Plusieurs sont les auteurs qui ont préconisé l’abandon de ce paradigme (Carrier, 2000) et
favorisé l’apprentissage et l’inculcation de compétences entrepreneuriales ainsi que
l’enseignement par la pratique (Léger-Janiou, 2008).
L’école nouvelle ou moderne fondée sur la pensée du philosophe Dewey, encourage
l’apprentissage par la pratique « Learning by doing ». « L’apprentissage se fait à la faveur
d’expériences progressives qui prennent sens dans la vie de la personne » (Fayolle et Verzat,
2003). La pédagogie par projet (pédagogie active), découle de la pensée de Dewey. Elle a vu
le jour dans les années 1970, c’est une pédagogie qui « favorise une approche
interdisciplinaire centrée sur l’intérêt des apprenants et privilégie aussi, comme contexte
d’apprentissage, des situations concrètes de la vie courante » (Proulx, 2004).
Dans cette seconde partie nous avons abordé le cadre théorique de l’entrepreneuriat et
l’enseignement. Nous avons constaté que les auteurs proposent une liste exhaustive de
conditions et principes favorisant le développement de l’esprit entrepreneurial chez l’étudiant
universitaire. Plusieurs d’entre eux encouragent l’adoption de l’approche nouvelle de
l’enseignement, qui place la pratique et l’apprentissage comme clé de réussite du processus
entrepreneurial.
4. Partie empirique
4.1. Programmes et actions de l’Université Hassan II
L'Université Hassan II de Casablanca (UH2C) est une université publique gouvernementale,
créée en 1975. Avec ses 6 campus, ses 18 établissements situés à Casablanca et à
Mohammedia, et 84 931 étudiants composés de locaux et d'étrangers, elle est la plus grande
université au Maroc. Elle est classée par l’U.S. News & World Report au 30e rang du
classement régional 2016 des universités arabes.
L'université dispose de 77 laboratoires et 5 centres d’études doctorales. Ces laboratoires sont
dotés de plateformes technologiques visant l’émergence de niches d’excellence en tenant
compte des spécificités de l’environnement économique de la région et des compétences de
l’université. Ces dernières couvrent plusieurs domaines de recherche en relation avec les
grands champs disciplinaires : les mathématiques, l’informatique, la physique, la chimie, les
sciences de la vie et de la terre, les sciences humaines et sociales, les sciences juridiques et
économiques.
4.2. Le rôle de l’UH2 dans la sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat
L’UH2 propose des modules et programmes à l’entrepreneuriat (Tableau 2) afin de
sensibiliser les étudiants à l’entrepreneuriat. Une sensibilisation qui vise à montrer à l’étudiant
qu’il n’a pas que la voie du salariat au terme de la formation, mais il doit penser également à
une alternative à savoir l’entrepreneuriat. En effet, il serait plus bénéfique de se présenter à la
fin de son cursus comme créateur d’emploi au lieu de demandeur d’emploi.
Les actions de sensibilisations réalisées par l’UH2 sont comme suit:
- le renforcement et la pérennisation des partenariats dans le cadre du réseau REEM, BIT,
Injaz Almaghreb, CNAM, etc… ;
- la mise en place d’un programme d’aide aux étudiants porteurs de projets professionnels :
création d’espaces d’accueil, d’information, d’orientation et de documentation, etc.… ;
- la création et dynamisation d’une structure de création d’entreprises, offrant la possibilité
aux étudiants et aux lauréats de l’université de concrétiser leurs projets d’entreprise ;
- l’organisation annuelle d'un concours "Plan d'Affaire" au sein de l'université en
collaboration avec les partenaires professionnels ;
- l’insertion du module Entrepreneuriat (Licence fondamentale) pour inculquer les bases du
business plan à l’étudiant ;

98
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429 Volume 4, numéro 1

- la mise en place d’un master spécialisé intitulé « Entrepreneuriat et management des


organisations ».

Tableau n°2. Répartition des formations à l'entrepreneuriat au niveau de l’UH2

Parcours Module / Filière


Licence fondamentale SEG (S5) Entrepreneuriat / Marketing
approfondi
Licence fondamentale Gestion (S5) Management Stratégique /
FSJES Entrepreneuriat

Licence professionnelle Entrepreneuriat et Management des


TPMEs
Semestre 8
Option Gestion Financière et Comptable Module : Management des
organisations.
Semestre 8 Elément du module :
Option Marketing et Action Entrepreneuriat & Management de
Commerciale projet
Semestre 8
Option Audit et Contrôle de Gestion
ENCG
Licence professionnelle Management et Gestion des
Entreprises (MGE)
Management et Gouvernance des
PME/PMI (MG PME/PMI)
Management et Administration des
Entreprises (MAE)
FSJESM Master spécialisé Management des projets

Plusieurs sont les programmes proposés par l’UH2 pour promouvoir l’entrepreneuriat, par le
billet de deux voies :
- un module transversal « Entrepreneuriat » ;
- une formation (master ou licence) dédiée à l’entrepreneuriat, à la création d’entreprise et
au management de projet.
4.3. Méthodologie de recherche
Nous allons maintenant nous pencher sur l’aspect pratique de notre analyse. Dans le contexte
marocain, plusieurs formations à l'entrepreneuriat ont été développées dans les établissements
de l’enseignement supérieur pour sensibiliser et/ou former les jeunes. Des programmes divers,
destinés à la sensibilisation, à l’encouragement de la création et à l’accompagnement, ont vu
le jour. Il s’agit bien évidemment d’une étape cruciale pour obtenir comme output : un lauréat
porteur de projet, un leader et un acteur proactif.
Il nous semble intéressant et important de s’interroger sur l’impact de ces programmes mis en
place sur l’intention de devenir un entrepreneur responsable chez l’étudiant universitaire
marocain, ainsi que de voir quelles sont les composantes externes et internes qui peuvent, soit
accentuer soit ralentir ce processus. Pour répondre à notre problématique, nous avons mené

99
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429
2509 0429 Volume 4, numéro 1

une étude exploratoire descriptive qui se base sur une étude quantitative réalisée
r auprès d’un
échantillon d’étudiants.
Nous avons choisi de cibler les étudiants de la 3éme, 4éme et 5éme année de l’université
l’un Hassan
II de Casablanca. Nous avons envoyé les questionnaires par voie électronique (utilisation du
formulaire google document) et voie directe (face
( à face).
Sur 300 questionnaires envoyés, nous avons pu recueillir 260 avec des réponses exploitables.
Concernant
ncernant le traitement des données nous avons utilisé des analyses à plats et croisées, pour
mieux interpréter les résultats reçus.
reçus Pour cerner notre problématique nous avons proposé des
questions ferméess et à choix multiples pour pouvoir limiter
limit les réponses et leur traitement.
traitement
4.4 . L’intention entrepreneuriale
La figure ci-dessus
dessus nous montre la répartition de notre échantillon par niveau d’étude
universitaire :

70% des répondants sont des étudiants en deuxième année du master, 15 % sont des étudiants
en première année du master et 20% des étudiants de licence. Parmi
rmi l’échantillon étudié, 95%
ont déjà bénéficié d’une formation en entrepreneuriat,
entrepreneuriat, 37,50% grâce à des présentations,
conférences et séminaires,, 32.50% grâce aux cours, et 30% se sont spécialisés en
entrepreneuriat (Figure 3).

100
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429
2509 0429 Volume 4, numéro 1

L’université offre à ses es étudiants


différentes méthodes et supports de
formations (cours,
ours, spécialité,
conférences, séminaire, etc.).
). Parmi les
95% d’étudiants qui ont bénéficié de la
formation sur l’entrepreneuriat,
l’entrepreneuriat 57 %
estiment que la formation était
satisfaisante, et pouvait combler leur
besoin en matière de connaissances
entrepreneuriales, tandis que 43% ne
sont pas satisfaits parr la formation
(Figure 4).
La figure 5 nous donne une idée sur les raisons qui justifient le mécontentement ou
l’insatisfaction des étudiants. 46,20% d’entre eux déclarent que le programme enseigné est
purement théorique. Généralement les programmes théoriques sont bâtiss sous une pédagogie
classique qui favorise la valorisation du
business plan et des approches
entrepreneuriales théoriques, loin du cadre
pratique. 23.10% jugent que le nombre
d’heures enseignées est insuffisant. 20.40%
jugent le programme inintéressant et
10.30% d’entre eux estimentestime que le
programme est incomplet et mérite d’être
ajusté par d’autres aspects de
l’entrepreneuriat.
L’objectif de l’intégration des
de matières ou
activités entrepreneurialess au niveau de
l’université, est de sensibiliser
er l’étudiant à
entreprendre. Nous
ous avons demandé à notre
échantillon, s’il avait l’intention de créer
crée sa
propre entreprise. 60% des étudiants ont
l’intention de concrétiser leur projet, tandis que 40% préfèrent
préfère la voie du salariat.
salariat La question
de l’intention
ention et le passage à l’action s’avèrent délicats,, car dans notre pays le taux d’intention
dépasse généralement le taux de création, chose qui risque de nuire à la crédibilité de
l’intention.
4.5. L’entrepreneuriat responsable et l’enseignement : état des lieux
L’objectif de la partie empirique est de mesurer si l’université arrive à inculquer des valeurs
responsables dans l’esprit de l’étudiant.
l’étu Première chose à faire est de vérifier si les étudiants
sont conscients du concept.. Comme le montre la figure 6,, 65% des étudiants connaissent
co le
concept de l’entrepreneuriat responsable.
responsable 47,4% connaissent le concept à travers des cours,
21.1% le connaissent à travers des articles et journaux, tandis que 21.1% le connaissent grâce

101
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429
2509 0429 Volume 4, numéro 1

à des conférences et séminaires,


séminaire 5.3% à travers des ONG et incubateurs, et 5.3% le
connaissent à travers des stages (Tableau 3).
3
Tableau n° 3. A travers quel moyen l’étudiant à t-il
t il eu connaissance de l’ER ?

Si oui, à t r ave r s quoi ?

% c it.
A rtic les , journaux ,& 21,1%
Conf érenc es 21,1%
Cour s 47,4%
Enac tus , Injaz el maghrib 5,3%
Stage 5,3%
Tot al 100,0%

Nous avons posé la question suivante aux étudiants : Pensez-vous


vous que la responsabilité sociale
et environnementale est une condition
c importante, que chaque entrepreneur doit intégrer?
intégrer Il
s’agit d’une question directe, pour avoir une réponse objective, afin de vérifier le degré
d’importance de l’entrepreneuriat responsable dans l’esprit des étudiants.
À notre grande surprise, 80% estiment qu’il s’agit Tableau n°4.. La perception de l’étudiant
d’une
une condition importante et un déterminant concernant la place de l’ER dans l’entreprise
primordial au sein de n’importe quelle organisation.
20 % des étudiants pensent que c’est le cas contraire Pensez-vous que la responsabilité sociale
et environnem entale est une condition
(Tableau 4). importante, que chaque entreprise et/ ou
entrepreneur doit intégrer ?
Pour nous assurer de la vraie intention des étudiants
par rapport à l’entrepreneuriat
l’entrepreneuri responsable, nous % cit.
avons posé une seconde question sur leurs leur critères Non 20,0%
ou priorités de création. Les choix que nous avons Oui 80,0%
proposés sont les suivants : laa réalisation du profit,
Total 100,0%
le pouvoir et le contrôle, la réalisation de soi, la
démarcation et l’utilité sociale/sociétale et environnementale.
environnem À partir de la figure 7, nous
pouvons dire que la réalisation du profit décroche la première position, suivie par la
réalisation du pouvoir, la réalisation de soi, l’autonomie, la démarcation et pour finir l’utilité
sociale/sociétale et responsable.
responsable Même si 80% des interrogés estiment que le cadre c
responsable est primordial dans n’importe
n’ quelle entreprise (Tableau 4),
4 ce résultat reste
incohérent avec la suite des données collectées. Toujours au niveau de la figure 7 nous
constatons que les étudiants sont attirés par d’autres éléments. Laa réalisation du profit,profi le
pouvoir et l’autonomie, sont les principaux déclencheurs de la création.

102
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429
2509 0429 Volume 4, numéro 1

Au niveau de l’université Hassan II, l’entrepreneuriat responsable fait l’objet de connaissance


supplémentaire ou facultative,
facultative, il n’existe pas de module consacré à l’entrepreneuriat
responsable, même dans les filières
filière spécialisées en entrepreneuriat, les modules sont limités à
la culture de l’entrepreneuriat, à l’entreprise et son environnement,
envir aux spécificités des PME,
aux stratégies des PME et au business plan.
plan Sur la figure 8, nous pouvons constater que les
étudiants souhaitent avoir plus de prérequis à ce sujet, par le billet de module ER et
l’organisation des compétitions pour le meilleur projet responsable.
Pour conclure cette partie empirique,
empirique, nous souhaitons mettre le point sur quelques
recommandations :
- revoir les pratiques pédagogiques
pédagogique de l’université en vue d’une approche par projet,
créative et pratique, qui encouragerait
encourage les étudiants à penser concrètement à
l’entrepreneuriat
reneuriat responsable. Il faut aussi introduire cette approche comme base et
condition importante à la réussite du projet dans un environnement
environnement en pleine mutation
(changement climatique, épuisement de ressources,
res négligence de la gouvernance et du
système des valeurs, etc.) ;
- intégrer le module « Entrepreneuriat responsable » dans les différentes formations ;
- amplifier la formation des étudiants aux valeurs de citoyenneté et, particulièrement, en
valorisant les initiatives des
de étudiants sur leur territoire ;
- réaliser des manifestations dédiées à l’entrepreneuriat responsable
re : journée
ournée responsable ;

- encourager les
es entrepreneurs responsables à partager leur
leur expérience avec les étudiants ;
- inciter et impliquer les
es étudiants dans des activités associatives ;
- encourager les
es étudiants à la réalisation de projets
projets responsables, à travers la mise en place
de workshop animé et encadré par des professionnels ;
- motiver les étudiants « sciences et gestion » à mettre en place des projets innovants,
écologiques à travers des partenariats avec des étudiants « scientifiques et techniques ».
Conclusion
La principale vocation d’une entreprise est la réalisation du profit et du gain afin d’accroître
d’accro
son chiffre d’affaires et maximiser sa richesse. Avec la mondialisation, l’ouverture des
marchés, l’accès aux nouvelles technologies et l’épuisement constant de matières premières
naturelles, le monde se trouve face
f à une situation alarmante. Celle-ci nécessite la réactivité
des différentes parties prenantes agissant de près ou/et de loin sur l’écosystème. Parmi les

103
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429 Volume 4, numéro 1

acteurs influençant l’écosystème, nous trouvons les entreprises, par le billet des entrepreneurs
et des dirigeants. Aujourd’hui ils sont dans l’obligation d’agir et de réfléchir à des solutions
performantes afin d’assurer la présence d’un environnement économique, social et
environnemental meilleur.
C’est à la lumière de cette situation que nous avons constaté l’émergence d’un nouveau
concept, qui est la responsabilité sociale/sociétale et environnementale dans le champ
entrepreneurial, une association qui a pour vocation d’avoir un entrepreneur responsable,
conscient de ses obligations envers la société et l’environnement. L’objectif est d’initier les
entrepreneurs et les encourager à entreprendre avec responsabilité, à chercher la réussite
financière de leurs projets sans négliger l’aspect social/sociétal et environnemental qui joue
aujourd’hui un rôle important dans la réussite de l’entreprise.
Le cadre théorique de l’enseignement et l’entrepreneuriat présentent une liste exhaustive de
théories, pensées et approches qui traitent en détail des différents éléments contribuant de près
ou de loin à la formation de l’intention entrepreneuriale chez l’étudiant et au passage à
l’action d’entreprendre. Même si le champ théorique entrepreneurial est riche en informations,
au niveau de l’entrepreneuriat responsable le traitement reste limité voire inexistant. C’est la
raison pour laquelle nous avons évoqué l’entrepreneuriat et l’enseignement au sens large,
mais dans la partie empirique, nous avons essayé de voir si l’université Hassan II est en
mesure de sensibiliser ses étudiants à devenir des entrepreneurs responsables. Nous avons
remarqué que les étudiants jugent que l’entrepreneuriat responsable est important, mais dans
leur priorité de création, ils ont donné la priorité au gain, à l’autonomie et à la réalisation de
soi. À partir des résultats analysés nous pouvons dire que l’université Hassan II a besoin de
revoir ses pratiques pédagogiques, à favoriser la pratique, à introduire un module sur
l’entrepreneuriat responsable, à encourager les étudiants à présenter des projets responsables
et à donner de l’importance aux compétences et habiletés responsables.
Bibliographie
Anderson, A. R., Smith R. (2007), The moral space in entrepreneurship: an exploration of
ethical imperatives and the moral legitimacy of being enterprising, Entrepreneurship &
Regional Development, n°19, p. 479–497.
Aurelle, Y. (1998), De la création scientifique à la création industrielle, Annales des mines-
Réalités industrielles, n°4, novembre, p.13-21.
Brenkert, G. (2009), Innovation, rule breaking and the ethics of entrepreneurship, Journal of
Business Venturing, vol.24, n°5, p.448–464.
Bruyat, C., & Julien, P. A. (2001), Defining the field of research in entrepreneurship, Journal
of Business Venturing, p.165-180.
Caird, S. (1990), What does it mean to be enterprising? British Journal of Management,
p.137-145.
Caird, S. (1992), Problems With the Identification of Enterprise Competencies and the
Implications for Assessment and Development, Management Education and Development,
vol.23, n°1, p.6–17.
Carrier, C. (2007), Strategies for teaching entrepreneurship: What else beyond lectures, case
studies and business plans? In A. Fayolle (Ed.). Handbookof Research in Entrepreneurship
Education, vol.1, p.143-159.
Chell, E. (2007), Social enterprise and entrepreneurship: Towards a convergent theory of
the entrepreneurial process, International Small Business Journal, n°25, p.5-26.
Choi D.Y., Gray E.R., (2008), Socially responsible entrepreneurs: What do they to create and
build their companies?, Business Horizons, n°51, p.341-352.
Clarke J., Holt R. (2010), Reflective judgment: understanding entrepreneurship as ethical
practice, Journal of Business Ethics, n°14, p.317-331.

104
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429 Volume 4, numéro 1

Cunnigham J. Barton., & Lisheron, J. (1991), Defining Entrepreneurship, Journal of Small


Business Management, vol.29, n°1, Junary, p. 45-61.
Dherment-Férère, I., Van der Yeught, C. (2011), Créer de la valeur grâce aux «valeurs
partagées»? In Bergery L, Le Management par les valeurs, Paris, Éd. Hermès Lavoisier,
chapitre 6, p.193-241.
Drucker P. (1985), Entrepreneurship and innovation: practices and principles, New York:
Harper Business.
Fayolle, A. (2005), Entrepreneuriat : Théories et pratiques, Applications pour apprendre à
entreprendre, 3e édition, Éd. Dunod.
Fayolle, A. &Filion, L.J., (2006), Devenir entrepreneur : des enjeux aux outils, Paris, Éd.
Pearson Education, 272 pages.
Fayolle, A. Verzat, C. (2009), Pédagogies actives et entrepreneuriat : quelle place dans nos
enseignements ?, Revue de l’Entrepreneuriat, vol. 8, n°2, p.1-15.
Filion, L.J. (1997), Le champ de l’entrepreneuriat : historique, évolution, tendances, Revue
internationale PME, vol. 10, n°2, p.129–172.
Fuller, T., Tian, Y. (2006), Social and Symbolic Capital and Responsible Entrepreneurship:
An Empirical Investigation of SME Narratives, Journal of Business Ethics, n°67, p.287-304.
Gaujard, C., &Verzat, C. (2011), Former à la créativité... un pari insensé? Entreprendre
&innover, vol.3, n°11-12, p.137-146.
Giacalone, R. A., & Thompson, K. R. (2006), Business Ethics and Social Responsibility
Education: Shifting the Worldview. Academy of Management Learning & Education, vol.5,
n°3, p.266-277.
Gianfaldoni, P. (2004), Utilité sociale versus utilité économique. L’entrepreneuriat en
économie solidaire, Écologie & politique, vol.1, n°28, p.93-102.
Gibb, A. (2005), Towards the Entrepreneurial University, Birmingham. Récupéré de http:/
/ncee.org. uk/wpcontent/uploads/20 14/06/towards the_ entrepreneurial_ university. pdf
Hall, J. K., Daneke, G. A., & Lenox, M. J. (2010), Sustainable development and
entrepreneurship: Past contributions and future directions. Journal of Business Venturing,
vol.25, n°5, p.439–448.
Harmeling, S., Sarasvathy, S., & Freeman, R. E. (2008), Related debates in ethics and
entrepreneurship: Values, opportunities and contingency, Journal of Business Ethics, vol.84,
n°3, p.341-365.
Harris, J. D., Sapienza, H. J., & Bowie, N. E. (2009), Ethics and Entrepreneurship. Journal of
Business Venturing, vol. 24, n°5, p.407-418.
Jenkins H. (2006), Small Business Champions for Corporate Social Responsibility, Journal of
Business Ethics, n°67, p.241-256.
Lackéus, M. (2015), Entrepreneurship in Education - What, Why, When, How. Trento, Italy:
Background paper for OECD-LEED.
Léger-Jarniou, C. (2008), Développer la culture entrepreneuriale chez les jeunes, Revue
française de gestion, vol.5, n°185, p.161-174.
Levesque, R. (2011), École communautaire entrepreneuriale. Clé indispensable au
développement durable, Cahier de recherche 2011-03. Montréal : École des Hautes Études
Commerciales.
Mercier, S. (2014), L’éthique dans les entreprises. Nouvelle édition. Paris, Éd. La
Découverte, coll. Repères.
Michaud, M., & Audebrand, L. K. (2014), Les paradoxes de la transformation d’une
association en coopérative de solidarité : le cas de l’Accorderie de Québec, Économie &
solidarité, vol. 44, n°1-2, p.153-162.
Moussé, J. (2001), Ethique des affaires : liberté, responsabilité, Paris, Éd. Dunod.

105
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429 Volume 4, numéro 1

Obrecht, J. J. (2016), Sustainable entrepreneurship education: a new field for research in


stepwith the “effectual entrepreneur”, International Journal of Entrepreneurship and Small
Business, vol.29, n°1, p.86-98.
Paturel, R. (2011), Éditorial pour une refonte du paradigme de la création de valeur,
Business Management Review, vol. 1, n°2, p.14-23.
Paradas A. (2008), La position des petites entreprises face à la responsabilité sociale, Revue
de l'organisation responsable, vol.3, n°1, p. 39-52.
Pariente et al. (2010), Les dérives éthiques dans l'entreprise, Management & Avenir, vol.3,
n°33, p.317-324.
Parrish, B. (2010), Sustainability-driven entrepreneurship: principles of organization design.
Journal of Business Venturing, vol. 25, n°5, p.510-523
Paul, M. (2009), Autour du mot Accompagnement, Recherche et formation, p.91-107.
Pelletier, D. (2005), Invitation à la culture entrepreneuriale. Canada, Éd. Septembre.
Pepin, M. (2011), L’entrepreneuriat en milieu scolaire : de quoi s’agit-il?, McGill Journal of
Education, vol.46, n° 2, p.185-330.
Petit, F. Belet, D., Naccache, O., &Yanat, Z. (2006), Des compétences requises pour la RSE
et le DD. In Jean-Jacques Rosé (Dir.), Responsabilité sociale de l'entreprise : Pour un
nouveau contrat, Bruxelles, De Boeck., p.248-253.
Proulx, J. (2004), Apprentissage par projet, Canada, Éd. Presses de l'Université du Québec.
Sarasvathy, S. D. (2001), Causation and effectuation: Toward a theoretical shift from
economic inevitability to entrepreneurial contingency, The Academy of Management Review,
p.243-263.
Schmitt, C. (2005), Université et entrepreneuriat : Une relation en quête de sens, Tome 1,
Paris, France, Éd. L’harmattan.
Schumpeter J. A. (1934), Théorie de l’évolution économique. Recherches sur le profit, le
crédit, l’intérêt et le cycle de la conjoncture, Dolloz, 1912 (1ère édition).
Shane, S., Locke, E. A., & Collins, C. J. (2003), Entrepreneurial motivation, Human Resource
Management Review, p.257-279.
Solomon G. T., Duffy S., & Tarabishy A. (2002), The State of Entrepreneurship Education
in the United States: A Nation wide Survey and Analysis, International Journal of
Entrepreneurship Education, p.65-86.
Surlemont, B. (2007), Former pour entreprendre? Réflexions sur l'approche pédagogique en
matière d'entrepreneuriat, Innovation pédagogique dans l'enseignement de la Gestion,
Université de Liège.
Surlemont, B. et kearney, P. (2009), Pédagogie et esprit d’entreprendre, Bruxelles, Éd.
Deboeck.
Tounés, A. (2003), Un cadre d’analyse de l’enseignement de l’entrepreneuriat en France,
Agence universitaire de la francophonie, Réseau entrepreneuriat, Récupéré de
http://archives.auf.org/53/1/03-69.pdf
Tounés A. (2006), L’intention entrepreneuriale des étudiants : le cas français, Revue des
Sciences de gestion, n°219, p.57-65.
Tounés A. (2007), Une modélisation théorique de l’intention entrepreneuriale, Actes des
VIIème Journées Scientifiques du Réseau Entrepreneriat.
Tremblay, M., & Gasse, Y. (2013), Façonner l’entrepreneur, le rôle du milieu. Dans C.
Sheehan A (dir.). Entreprendre. La passion de créer et d’agir, Saint-Laurent, Canada :
Éditions du Renouveau Pédagogique, p.20-37.
Verstraete, T. (1997), Cartographie cognitive et accompagnement du créateur d'entreprise,
Revue internationale P.M.E, vol.10, n°1, p.43-72.
Verstraete, T., & Fayolle, A. (2005), Paradigmes et entrepreneuriat, Revue de
l’entrepreneuriat, vol. 4, n°1, p.20-55.

106
Moroccan Journal of Entrepreneurship, Innovation and Management (MJEIM) ISSN : 2509-0429 Volume 4, numéro 1

Wallace. S.L. (1999), Social Entrepreneurship: the role of social purpose enterprises in
facilitating community economic development, Journal of Developmental Entrepreneurship,
vol.4, p.153-174.
Wartick. S.L., & Cochran. P.L. (1985), The evolution of the Corporate Social Performance
model, Academy of Management Review, vol.10, p.758-769.

107