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The hyperactive dog: Everything that moves is not hypersensitivity-


hyperactivity syndrome

Article · April 2013

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Nathalie Marlois
ZOOPSY
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j
EN FORMATION > L’ESSENTIEL SUR

L’hyperactivité du Chien est fréquemment observée en


consultation ou rapportée par les propriétaires. Bien tolérée
ou insupportable, normale ou franchement pathologique, une
sémiologie fine permet au praticien de replacer ce symptôme
dans son contexte, ce qui conduit à une prise en charge
adaptée.

Le chien hyperactif :
tout ce qui bouge n’est pas

N. MARLOIS, DV, Vétérinaire


HSHA
Comportementaliste DIE,

m
46 rue Bérard - 01500 Ambérieu-en-Bugey
C. MÈGE, DV, Vétérinaire
Comportementaliste DIE, otif fréquent de plaintes des propriétaires, l’hyperactivité du Chien a
60 G avenue du 14-juillet - 21300 Chenôve de nombreuses causes, qui ne relèvent pas toutes du syndrome Hyper-
sensibilité Hyperactivité (HSHA). Des critères précis permettent d’éta-
OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES
blir un diagnostic. 

Être capable de diagnostiquer un HSHA


et faire le diagnostic différentiel des
hyperactivités du Chien.
En connaître les origines. Le syndrome HSHA présente des
Savoir mettre en place le traitement et
des mesures de prévention. aspects cliniques très divers [1]
RÉSUMÉ

L’agitation au sens large est un motif de


plainte fréquent. Le syndrome HSHA fait
partie des troubles qui engendrent cet état ;
L es chiens HSHA ne sont
pas tous caricaturaux ;
les tableaux cliniques sont très
c’est un trouble du développement très divers.
invalidant.
Le diagnostic repose sur des critères précis Motifs de consultation
qui permettent de faire la différence entre
le normal et le pathologique - HSHA ou Les plaintes des propriétaires
autre affection -. Ces critères doivent encore sont souvent multiples et va-
évoluer pour mieux différencier des sous- rient en fonction de l’âge de
types.
l’animal : destructions (PHOTO Photo 1 : Les destructions d’objets sont difficiles à
La prise en charge, aussitôt que possible, est tolérer pour les propriétaires.
1), vocalises, agitation, difficultés d’édu-
multimodale et doit s’inscrire dans la durée.
Le rôle du vétérinaire est primordial dans la cation, mordillements, agressivité, mal-
prévention et le dépistage précoce. propreté, tournis.
Observation
Examen clinique Le plus souvent, l’arrivée du chien à la
CRÉDITS DE FORMATION CONTINUE
La lecture de cet article ouvre droit à 0,05CFC. La Incontournable, il est parfois délicat sur clinique ne passe pas inaperçue : aboie-
déclaration de lecture, individuelle et volontaire, est
des chiens très agités. Il ne faut pas négli- ments, gémissements, excitation, pro-
à effectuer auprès du CNVFCC (cf. sommaire).
ger l’examen neurologique. priétaire en difficulté, accroché à la laisse.

24 PratiqueVet (2013) 48 : 220-225 (220)


EN
FORMATION
j
timulé par l’environnement de sorte
qu’il ne fait pas ses besoins et s’exonère
en rentrant à la maison (environnement
plus calme et connu).
Au stade 2, la réduction du temps de som-
meil favorise la malpropreté nocturne.

■ Sommeil

Il est perturbé dans le stade 2. La durée


totale du sommeil est diminuée (hypo-
somnie : moins de 8 heures de sommeil
par 24 heures). Les propriétaires voient
peu le chien dormir et, ce, dès son plus
jeune âge. Il peut réveiller ses proprié-
taires en pleine nuit pour jouer.

> Comportements centrifuges


■ Agressions

Photo 2 : La consultation d’un HSHA est parfois difficile ! • Lorsque le chien est jeune, les proprié-
taires décrivent un chien qui mord mais
Durant la consultation, le chien n’est absence de satiété et peut ingérer une qui n’est pas méchant ; ils disent qu’il
presque jamais en repos ; il explore de grande quantité de nourriture, la régur- mord “sans faire exprès”.
façon désordonnée, parfois en hauteur giter puis la réingérer.
En fait, le chiot mordille lors des prises de
(PHOTO 2) . ■ Prise de boisson contact, sans arriver à se contrôler ; ces
L’examen est difficile, le chien turbulent. L’animal boit souvent salement, en met- morsures peuvent être dangereuses mais
Les mains et les avant-bras des proprié- tant les pattes dans sa gamelle ou en la ne sont pas le résultat d’une agression
taires peuvent être marqués par les mor- renversant. (PHOTO 3) .
dillements (PHOTOS 3 ET 4).
■ Comportements somesthésiques • Les agressions par irritation sont les
L’animal peut être calme en consultation
Des rituels de tournis ou des stéréotypies plus fréquentes, elles apparaissent sou-
alors que ses maîtres décrivent une tor-
peuvent apparaître assez tôt (dès l’âge de vent dans un contexte de contrainte.
nade à la maison ; il est alors inhibé en
3 ou 4 mois). Des activités substitutives Elles augmentent avec l’âge et sont sus-
milieu inconnu.
(léchage) sont plus tardives et lorsque de ceptibles de s’instrumentaliser.
Sémiologie comportementale l’anxiété s’installe (PHOTO 5).
• Des agressions hiérarchiques peuvent
■ Comportement éliminatoire apparaître vers la puberté, dans un
> Comportements centripètes La malpropreté est fréquente. Elle est la contexte hiérarchique ambigu. En effet,
■ Prise alimentaire conséquence des difficultés d’appren- il est difficile d’établir un cadre hiérar-
Les vols de nourriture sont fréquents. tissage et de l’incapacité du chien à se chique clair avec des animaux aussi en-
Dans le stade 2, le chien présente une contrôler : lors des sorties, il est hypers- vahissants.

Photo 3 : Blessures infligées par un jeune Jack Russell terrier : l’observation Photo 4 : Chiot Jack Russell terrier de trois mois ne contrôlant pas sa
des propriétaires est riche d’enseignements. morsure : la prise en charge précoce améliore le pronostic.

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FORMATION > L’ESSENTIEL SUR

Photo 5 : Léchage des carpes chez un Labrador HSHA anxieux. Photo 6 : Un hyperattachement secondaire au syndrome HSHA favorise
l’apparition de troubles reliés à la séparation.

Les rapports avec les congénères sont de > Relations avec les propriétaires avant que l’éducation maternelle ne per-
mauvaise qualité et entraînent des agres- mette l’acquisition des autocontrôles.
sions fréquentes : le jeune chien entre en Les relations entre le maître et l’animal Une portée nombreuse, une mère qui ne
contact avec les adultes de façon incohé- sont souvent dégradées quand une de- sanctionne pas ou en est empêchée sont
rente et est souvent agressé. mande de soin émerge. Chiot vivant et des facteurs favorisants.
amusant au départ, en grandissant, le
Par la suite, il peut devenir agressif envers Les premiers apprentissages ne sont pas
chien hyperactif devient vite épuisant,
les chiens. Les maîtres anticipent et l’em- définitivement acquis, ils doivent faire
puis invivable, voire inquiétant.
pêchent d’approcher ses congénères, ce l’objet d’un entretien et d’un approfon-
qui entraîne une désocialisation progres- Les jeux sont incontrôlés et violents, les dissement par les maîtres qui font parfois
sive. enfants l’évitent. Les fêtes d’accueil sont défaut, que ce soit par méconnaissance,
exubérantes, le chien peut blesser ou incapacité ou par volonté de protection.
Dans tous les cas, l’impulsivité du chien faire tomber.
et son manque de contrôle rendent les Critères diagnostiques
agressions dangereuses. Dépassés par leur animal, les maîtres
adoptent souvent une communication Ils risquent d’évoluer car la sémiologie,
■ Comportement exploratoire inadaptée : énervement, punitions ou à l’instar de la psychiatrie humaine et du
démission, qui aggravent les symptômes. syndrome Trouble Déficit de l’Attention
Il est exacerbé, désordonné et inefficace. Hyperactivité (TDAH), tend à s’affiner
L’exploration orale, qui disparaît norma- Le chien hyperactif peut développer un
(ENCADRÉ 1) . Pour l’instant, on distingue
lement après 6 mois, persiste. hyperattachement secondaire qui sert
deux stades [2].
de béquille émotionnelle au trouble du
Du fait de l’absence de contrôle, les des- développement mais peut engendrer des > Stade 1
tructions sont souvent importantes, elles troubles liés à la séparation (PHOTO 6).
apparaissent très tôt et peuvent être réali- ■ Absence ou retard à l’acquisition du
sées en présence même des propriétaires. > Comportements mixtes contrôle de la morsure chez un Chien de
Parfois le chien épargne un objet ou un plus de deux mois.
Le satyriasis est fréquent, le moindre
jouet (“doudou”). ■ Incapacité à arrêter une séquence après
contact peut provoquer des chevauche-
ments. la phase consommatoire ; au contraire,
L’ingestion de corps étrangers est très fré-
réapparition d’une phase appétitive.
quente (avec parfois syndrome occlusif). Une chienne hyperactive a du mal à ré-
guler ses chiots de façon adaptée, tant au ■ Hypersensibilité associée à la produc-
Du fait de l’hypersensibilité caractéris- tion d’une séquence comportementale en
plan moteur qu’émotionnel, ce qui favo-
tique du HSHA, le chien réagit à toute présence de stimuli continuellement pré-
rise des troubles du développement chez
stimulation, sans discrimination, sans sents dans l’environnement de l’animal.
ceux-ci.
hiérarchisation.
> Développement comportemental > Stade 2
Le filtre sensoriel est défectueux. L’impul-
sivité associée conduit à des réactions Les chiots HSHA ont très souvent été sé- ■ Critères du stade 1.
excessives, sans analyse de la situation. parés très tôt de la mère (vers 6 semaines) ■ Absence de satiété.

26 PratiqueVet (2013) 48 : 220-225 (222)


> L’ESSENTIEL SUR
EN j
FORMATION

Encadré 1 : Pathologie comparée.


■ Diminution de la durée globale de som-
■ Il paraît impossible de s’intéresser distinctions sont une piste de re-
meil (< à 8 heures).
au syndrome HSHA du Chien sans cherche chez le Chien [5] et sont
parler de pathologie comparée, tant pertinentes cliniquement.
Particularités de la consultation le TDAH (Trouble Déficit de l’Atten-
Chez l’Homme, elles ne conduisent
En début de consultation, les motifs et tion Hyperactivité) chez l’humain et
pas à des choix pharmacologiques
plaintes sont nombreux et il est impor- les recherches qu’il génère offrent
spécifiques (le traitement principal
d’enrichissement et de similitudes
tant de les recueillir sans se laisser sub- est un psychostimulant, le méthyl-
[6].
merger. phénidate, peu utile chez le Chien)
Le TDAH, d’abord décrit chez l’en- mais à une prise en charge adaptée.
Il est ensuite essentiel de reprendre la fant, est maintenant reconnu comme
main, de structurer le questionnement Les hypothèses neuro-développe-
persistant chez l’adulte. Comme
et de hiérarchiser les demandes tout en mentales et génétiques dominent
chez le Chien, diagnostic précoce
les hypothèses étiologiques.
observant l’animal et ses propriétaires.  et diagnostic chez l’adulte peuvent
être délicats. Trois sous-types sont Les meilleurs résultats sont obtenus
distingués : prédominance de l’inat- par une prise en charge multimo-
tention, prédominance de l’hype- dale comme cela doit toujours être
ractivité-impulsivité et mixte. Ces le cas chez l’animal.

Les trois clefs de l’hyperactivité


D ifférents facteurs sous-tendent la
régulation de l’activité motrice.
Les déficits d’attention sont fréquents
chez les chiens HSHA (PHOTOS 7) ; ils en-
traînent des difficultés d’apprentissage.
Cela explique que les troubles émotion-
nels (phobie, anxiété) puissent induire de
l’agitation et un déficit des autocontrôles
En prendre connaissance permet de
mieux appréhender les hypothèses étio- dans un contexte émotionnel.
Bien que mal répertoriés, il pourraient
logiques, le diagnostic différentiel et la
participer à la distinction de sous-types Les systèmes régulateurs de la motricité
prise en charge thérapeutique.
[5]. se mettent en place lors du développe-
Motivation ment.
La motivation, sous contrôle noradré- Régulation de l’activité motrice Ils nécessitent un apprentissage conco-
nergique, est le processus à l’origine du mitant de l’activation des connexions
besoin d’action. Une surmotivation est Les ganglions de la base constituent la synaptiques appropriées (dopamine,
fréquente chez les HSHA. pierre angulaire de la coordination entre GABA, glutamate, sérotonine sont impli-
les différentes structures impliquées dans qués).
Attention la motricité.
Les mêmes structures cérébrales sont Le syndrome HSHA est un trouble du
Ils exercent à la fois une action facilita- développement dans lequel la régulation
impliquées (cortex préfrontal, cortex
trice sur le mouvement en focalisant les est dysfonctionnelle.
prémoteur, noyaux gris centraux) lors de
informations externes sur la tâche en
l’attention à un stimulus sensoriel et lors Le défaut de maternage est un facteur
cours de réalisation, et une action inhibi-
de la préparation motrice [3]. déterminant chez le Chien mais d’autres
trice permettant de bloquer la réalisation
La filtration des signaux est fonction du des mouvements inadaptés. facteurs de vulnérabilité interviennent
plan d’action choisi [4]. L’hyperactivité sans doute : qualité de l’attachement, dé-
peut être vue comme un trouble des Ils sont également impliqués dans la mé- veloppement neurobiologique influencé
fonctions exécutives, en lien avec la pla- morisation et le traitement des processus par les interactions entre l’environne-
nification de l’action. cognitifs et émotifs [3]. ment et les gènes. 

7C 7D

7A 7B Photos 7 : Maintenir en place le patient est parfois délicat.

(223) PratiqueVet (2013) 48 : 220-225 27


EN j
FORMATION > L’ESSENTIEL SUR

Pour le diagnostic, il ne faut pas avoir d’a priori


I l est important de ne pas avoir d’a
priori car tout ce qui bouge n’est pas
HSHA.
s’il y a mal être, si les répercussions sur le
mode de vie sont un handicap.
Des causes organiques sont à rechercher
en priorité.

Agitation reliée à des troubles Dysthymie


Chien normal émotionnels (phobies, anxiété) Durant la phase productive, l’animal est
souvent agité, hyperactif, hypervigilant.
Il peut s’agir d’un niveau d’activité élevé L’agitation est contextuelle lors de la
chez un chien normal ou de l’augmenta- rencontre avec un stimulus phobogène Agitation reliée à des troubles
tion de l’activité chez des animaux man- (comme une visite chez le vétérinaire). organiques
quant d’activité ou chez lesquels elle a
été très encouragée (image de la race, L’hypervigilance, souvent présente dans
Tout signe nerveux concomitant de l’ap-
activité du maître, motivation pour une ces troubles, est parfois confondue avec
parition d’hyperactivité ou d’hypersen-
activité spécifique). l’hypersensibilité du HSHA.
sibilité doit faire envisager un trouble
La limite entre le normal et le patholo- nerveux, y compris l’épilepsie.
Agitation et troubles de l’humeur
gique est parfois difficile à établir : le re- Les troubles algiques peuvent entraîner
cours à des critères diagnostiques stricts Dépression de l’agitation. 
est indispensable. Les états dépressifs, notamment chez
Le pathologique est envisagé s’il y a perte le vieux chien, peuvent s’accompagner
d’équilibre ou des capacités adaptatives, d’agitation ou de déambulations.

La prise en charge doit être globale [1,6]


■ Apprendre l’attente : “assis” puis, at-
L es choix thérapeutiques doivent
répondre à une stratégie globale de
traitement de l’animal, dans son contexte
tente avant la gamelle ou le jeu.
Traitement pharmacologique
Les médicaments les plus employés sont
de vie. > Améliorer la communication inhibiteurs-régulateurs ou favorisent les
L’utilisation de la force est souvent apprentissages.
contre-productive, voire dangereuse : la ■ Gestuelle réduite : apprendre aux en- Ce sont toujours des traitements longs :
montée en escalade symétrique délétère. fants à faire le “poireau” ou l’ “arbre”, 6 à 8 mois, parfois à vie.
limiter le nombre de gestes parasites ■ Sélégiline (Selgian®) : 0,5 mg/kg une
Thérapie comportementale susceptibles de renforcer l’excitation ou fois par jour, PO : elle peut être utilisée
de distraire l’attention. à tout âge. Elle est particulièrement in-
> Contraindre au calme
diquée lors de déficit d’attention et de
■ Communication verbale limitée et
■ Bloquer, plaquer l’animal, jusqu’à trouble des apprentissages, notamment
pertinente : une communication mini-
obtenir un apaisement, une phase de chez de jeunes chiens.
maliste (parler bas, peu de mots) facilite
détente est une attitude pertinente chez ■ Clomipramine (Clomicalm ®) à doses
l’attention.
les chiots hyperactifs. fortes : 1 à 2 mg/kg deux fois par jour PO.
■ Chez l’adulte, c’est souvent plus diffi- ■ Les bons renforcements, les mauvaises Ses effets sur le sommeil et la continence
cile à réaliser, voire dangereux. punitions : la chronologie des renforce- peuvent être des atouts.
ments et punitions et leur dosage est un ■ Fluoxétine (Reconcile ®) : 2 à 4 mg/kg
> Apprendre le contrôle élément essentiel de la communication une fois par jour PO. C’est le traitement
■ Jeux : rapport de balle (utiliser une et souvent un défi sur les animaux en de choix des grands hypermoteurs et des
deuxième pour faciliter la récupéra- hyper. impulsifs.
tion) ; se montrer indifférent dès que le
La récompense doit être motivante, sans ■ Carbamazépine (Tégrétol LP ® [H]) :
chien s’excite, puis reprendre l’activité.
devenir obsessionnelle (balle, nourri- 10-20 mg/kg deux fois par jour PO, le
■ Obéissance : apprendre de petits exer- plus souvent associée à l’acétate de
ture).
cices d’obéissance nécessitant concen- cyprotérone (Androcur ® [H]) : 1,5 à
tration et maîtrise (assis, tenir la position 2,5 mg/kg deux fois par jour PO.
> Structuration hiérarchique
progressivement). Intéressant en cas d’hypersexualité ou
■ Pistage : c’est une activité intéressante Un cadre hiérarchique clair aide le chien de troubles de l’humeur associés, il est
où la concentration, l’analyse, la discri- à se structurer, est apaisant et utile pour conseillé de limiter la prise à quelques
mination sont développées. prévenir une sociopathie. mois (inducteur hépatique). 

28 PratiqueVet (2013) 48 : 220-225 (224)


EN
FORMATION
j
POINTS FORTS
La prévention et le dépistage ■ L’hyperactivité et ses conséquences sont
un motif de consultation fréquent en
sont du domaine des médecine canine.
■ Un examen comportemental et médical
vétérinaires complet est nécessaire afin de
diagnostiquer un syndrome HSHA.
■ Le diagnostic chez le très jeune chiot est
parfois délicat. Chez l’animal adulte, il est
rendu complexe par les comorbidités
Photo 7 : fréquentes, en particulier lors de
L’apprentissage des l’apparition de sociopathie ou d’anxiété.
autocontrôles par un ■ Le diagnostic différentiel est vaste : du
adulte régulateur est chien normal actif, à des troubles
important chez le chiot. émotionnels ou psychiatriques en passant
par des atteintes nerveuses.
■ La prise en charge du HSHA est à la fois
médicale et comportementale et doit être
envisagée sur le long terme.
■ La prévention est de trois ordres : à
l’élevage, à l’adoption et tout au long du
développement.

L e vétérinaire joue un rôle crucial


dans la prévention du syndrome
HSHA dans l’élevage, à l’adoption puis
Les propriétaire de tels chiens ont ten-
dance à d’abord chercher de l’aide auprès
des clubs canins : malheureusement, ces
lors des visites vaccinales et pubertaires. chiots sont souvent rejetés car ce sont des
éléments perturbateurs qui déroutent
Il veille à ce que le jeune animal bénéfi- >>A LIRE...
très vite les éducateurs quelles que soient
cie d’un cadre propice à un développe-
leurs compétences et leurs techniques. 1. Mege C et coll. Pathologie
ment harmonieux et à l’acquisition des comportementale du chien. Paris : Masson ;
contrôles : présence d’un adulte régu- Un trouble peut être dépisté à tout âge et 2003.
lateur compétent (PHOTO 7), enrichisse- une prise en charge doit être proposée 2. Marlois N. Etude comparée des déficits
ment sensoriel et social (sans excès non de l’attention avec hyperactivité chez
le chien et chez l’enfant. Mémoire pour
plus), cadre structuré à l’adoption (pas La prise en charge précoce améliore le
l’obtention du diplôme de vétérinaire
trop permissif). pronostic.  comportementaliste des ENVF, mai 2000 :
67p.
3. Bleuer-Elsner S. Le syndrome
hypersensibilité/hyperactivité tel que
décrit par P Pageat : peut-on dégager des
tableaux cliniques plus précis et enrichir
le modèle ? Mémoire pour l’obtention du
diplôme de vétérinaire comportementaliste
des ENVF, juin 2010 : 46p.
4. Pageat P. Pathologie du comportement
du chien. Maisons-Alfort : Editions du Point
Vétérinaire ; 1995.
5. Gazzaniga MS et coll. Neurosciences
cognitives. La biologie de l’esprit. Université
Bruxelles : De Boeck ; 2001.
6. Maréchal J. sous la direction de.
L’hyperactivité infantile : débats et enjeux.
Paris : Dunod ; 2001.

Déclaration publique d’intérêts


sous la responsabilité du ou des
auteurs : néant.

(225) PratiqueVet (2013) 48 : 220-225 29


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