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De l'entraÎnement
à la performance
en football
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Collection dirigée par le Pr.VÉRONIQUE BILLAT (Université d'Évry, Génopole-


directriç~ de l'Unité 902tN SE RM, Unité, de Biologie 1ntégrative des Adaptations à l'Exercice [UBIAED
· ~tle Or J~AN~PIERRE KoRALSZTE.IN {Centre de médecine du sport CCAS, Paris)

La collection Sci~nces etpratiques du sport réunit essentiellement des ouvrages scientifiques et technologiques pour les premier et
deuxième cyclesl,miv~rsitaires en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) sans omettre les professionnels
du sport (m€d~clns, ~ntraîlieurs, sportifs). ·~;,

La collection apour objectifs de :

• cons(>liderun objet sCientifique au champ des activités physiques et sportives;


• confôrtertu1·chafTip·nouveau de connaissances. Il s'agit d'explorer les activHés physiques et sportives pour en faire un objet de
recherche et. de· formation.

Cettecollectionçomptel)ddeuxséries d'ouvrages, dans deux formats différents:

• • une-série SCIENÇESDUSPORTcomposée d'ouvrages donnant les bases des sciences d'appui appliquées à la performance sportive;
· • un~ série SCIENCE PRATIQUE des activités physiques et sportives (APS) confrontant les savoir-faire aux méthodologies scientifiques
cela pour un'eAPS:P~rticùlière•

. . . . . . . . . . . . . Physiologie du sport : enfant et adolescent


. /.J.H. Wu~MORE,.OIXCosTJLL.·
.; .... . . . Physiologie du sport et de J'exercice. Adaptation physiologique
à l'exercice physique, :J6 édition
· ·C.M. Tt~IEBAùLo!'P. SPRUMONT .... , .... Le Sport après 50 ans
'>~F. GRAPPE . . : . •...•............... Cyclisme et optimisation de la performance
·:::·:.. ·<·. w. oJ Mc .,, . 'F.l' KArc~
: .:·.· AFi6t:E
1· . ·'
· ·
,: ·, ·.v. L. KA'tCH , ;·......•.... ·, .......... Nutrition & performances sportives
~ );v 81L'1AL . ,' ...•...... : ..•... ; ..... Physiologie et Méthodologie de J'entraînement. De la théorie à la pratique, ? édition
•Y R. H.'qdx ....................... Psychologie du sport
_;pj R. PooRTMANS, N. BOISSEAU .. , ...... Biochimie des activités physiques, ? édition
< 'i.:E. NEW$HoLtv1~;J; ÙECH/G. DuEsTER .... La Course à pied. Bases scientifiques, entraînement et performances
:' <C.M. ~T~IEBAu(ô; P. SPFiUMONT : ........ L'Enfant et Je sport. Introduction à un traité de médecine du sport chez J'enfant
. · ; R. PAottrn .... , .. , ............... Éducation et motricité. L'Enfant de deux à huit ans

BIL(.AL . .:. , .................... L'Entrarnement en pleine nature


R'iÂ~ ... ; ... , ... , ............. Nutrition sportive de J'athlète

.. '<:-.'
5ous la direction de
Alexandre DeUal

e l'entraÎnement
la performance
n football
Pierre Barrieu
Carlo Castagna
Karim Cha mari
Anis Chaouachi
Sébastien Chinelli
Aaron Coutts
Alexandre Deliai
Nicolas Dyan
Laurent Hagist
Franco lmpellizzeri
Wassim Moalla
Sy!vain Alain Monkam Tchokonte
Antonio Pintus
Ermanno Rampinini
Didier Reiss

~~de boeck
© Groupe De Boeck, 2008
Ëditions De Boeck Université
rue des Minimes 39, B·tooo Bruxelles
Pour la traduction et l'adaptation française

Tous droits réservés pour tous pays.


Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent
ouvrage, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit..

Mise en pages: BambooK


Imprimé en Bt!lgique

Dépôt légal : 2008


Bibliothèque nationale, Paris :juin 2008
Bibliothèque royale Albert 1••, éruxelles :juin 2008 ISBN 978·2·8041-5720·3
Ce livre soutient
l'association
Diambars

Cette association a été fondée par jimmy Adjovi-Boco, Saer Seck, Bernard Lama et Patrick Vieira. Son objectif esrde former des
footballeurs de haut niveau et de faire du pouvoir d'attraction du football, un véritable levier pour l'éducation.
Le projet pilote a été initié au Sénégal pour des jeunes sélectionnés à l'âge de 13 ans sur le seul critère footballistique. Entièrement
pris en charge, les stagiaires suivent une formation de 5 ans, totalement gratuite. Près de 70% du temps y est consacré au travail scolaire,
et 30% au football.
L'Institut Diambars au Sénégal existe depuis novembre 2003 et a permis à 13 de ses joueurs d'intégrer l'équipe nationale
sénégalaise (juniors). Au niveau scolaire, l'Institut a atteint, en 2007, un taux de réussite de 82 %au brevet des collèges !
Diambars ambitionne à court terme, de reproduire ces structures associatives dans différents pays tels que l'Afrique du Sud et la
Tanzanie. Plus qu'un sport-études, le projet ambitionne, avec l'aide de l'UNESCO, de devenir une référence mondiale en matière de
sport et d'éducation. Diambars a besoin de vous!
Une partie des bénéfices de ce livre sera reversée à l'association Diambars afin de la soutenir dans ses projets et ses structures
ac1uelles. Vous pouvez également effectuer des dons soit par l'intermédiaire du site Internet (www.diambars.org), soit en nous envoyant
un courrier à :

Association Diambars
9, rue du croissant ·,;%t
62000 Arras

v
1\emerclements

Nous tenons à remercier spécialement Michel Dufo1,1r De même, nous sommes très reconnaissants aux
et Philippe Lambert pour lèurs conseils, leurs connaissances, personnalités suivantes d'avoir pu utiliser leur image : Damien
leur passion, leurs recherches et leurs réflexions, qui en font Grégorini, Olivier Echouafni, Vahid Halilhodzic, Lilian Thuram,
certainement des cadres parmi les meilleurs du football concernant Patrick Vieira, Pierluigi Collina, Djibreel Owusu et de différents
l'ensemble du domaine lié à la condition physique. joueurs du lttihad Football Club (Arabie Saoudite).
. Nous remercions infiniment jens Melwang, Alain David et Nous remercions également, concernant les photos, la
la société Amisco pour nous avoir permis l'utilisation d'un grand société Presse ·sport « L'Équipe » et Didier Levieil, la Fédération
nombre de données très intéressantes concernanfl'analyse de américaine de soccer, la ]uventus de Turin ainsi que les sociétés :
l'activité du footballeur. 'tt,
""·'··
Myotest (Donato Stephanelli et Patrick Flaction), Polar (Caroline
Helmer), Cefar-Compex (Franck Chenu), Cryonic médical (Anne-
Nous tenons également à remercier jacques Crevoisier
Sophie Thomas et Christian Cluzeau), Powerplate (Daphné Martin),
pour nous avoir permis de réaliser un dictionnaire du football
Matsport Uohan Cassirame) et Propriofoot (Loïc Paris).
spécifique à la préparation physique, dans la même idée que son
ouvrage axé sur le technico-tactique, et Marc Sieffert pour· son Enfin nous sommes très reconnaissants à Pierre Demu th,
aide concernant la traduction du dictionnaire franco-allemand. Mickaëlla et Laura, Karolina, Nala pour l'aide apportée ; et
aussi pour les savoirs sans cesse transmis par différents maîtres
Nous remercions l'ensemble des experts du football ayant
de conférence et professeurs qui exercent chaque jour, tels Blah
donné un avis pour introduire chaque partie de cet ouvrage :
Kouassi, Isabelle Logeart, Viviane Ernwein, Henry Vandewalle,
Claude Puel, Bruce Arelia, Vah id Halilhodzic, Didier Deschamps,
Stéphane Cascua, Pascale ]ully-Lotz, Martin Bucheit, Anne-Marie
Philippe Lambert, Philippe Delg~ve, Frédéric Mankowski, le
Heugas, Laurent Fleury et Véronique Bi liat.
docteur jean-Marcel Ferret, le professeur jaeger, Georges Gacon,
Frédéric Antonetti, Christian Gross, jean-Marc Furlan et Robert Merci enfin à Tiago.
Duverne.

VI
Présentation de l'ouvrage

Nous n'allons pas dbnn!O!r de méthode miracle ni de


Cet ouvrage a été écrit dans le but d'apporter aux paradigme, mais tout simplement des éléments scientifiquement
entraîneurs, aux préparateurs physiques, aux médecins du fondés et utilisés dans la pratique, que vous pourrez intégrer dans
spgrt, aux kinésithérapeutes du sport et aux étudiants des outils vos. séances. Chaque outil doit être utilisé en toute liberté avec
de compréhension et d'analyse des différents facteurs de la certaines précautions d'usage à ne pas négliger. Nous avons voulu
performance en football en se référant uniquement aux données
rester le plus objectif et neutre que possible.
relatives à la condition physique du footballeur. Ces données
doivent vous servir à mettre en place vos séances et à construire L'analyse de l'activité, l'endurance, la force, la
votre méthodologie d'entraînement selon vos propres opinion et coordination, le stretching, la vitesse, les méthodes d'échauffement
conviction. Bien évidemment, vous devrez faire correspondre se doivent d'être connus et étudiés afin d'apporter une meilleure
ces éléments avec les objectifs de votre équipe {performance ou compréhension footbalistique. Ces données pourront être
formation), avec les infrastructures à disposition, selon le contexte utilisées tout au long de la saison et pour chacune de vos séances.
et selon les joueurs. Chaque élément décrit dans cet ouvrage · De plus, les parties concernant l'évaluation et les blessures du
devra être intégré ou orienté selon vos méthodes d'entraînements, sportif vont vous permettre de mieux appréhender des éléments
votre cohérence et votre logique. délicats à maîtriser: par exèmple, une connaissance minimale des
pathologies propres au footbaileur e~t indispensable.
En football, il n'existe pas une vérité. Cette activité
est tellement complexe et multifactorielle que sa maîtrise ne Enfin, n'oubliez pas que cet ouvrage vous présente
tient qu'à un fil. Les aspects physiques, techniques, tactiques des données accessibles à tous, que vous soyez professionnel
et psychologiques sont tous liés. Les interactions ne sont pas ou amateur. Nous devons tous parler le même langage avec
toujours explicables et maîtrisées. Toutefois, chaque entraîneur des éléments simples qui permettront d'améliorer la pratique
se devra de connaître au mieux les différentes composantes de quotidienne. Chaque entraîneur tr~vaillera a~ec s? cohérenc.e
la performance en football et, en l'occurrence, l'aspect de la et sa méthodologie. La science est access1ble a tous ma1s
performance physique du footballeur afin de mieux appréhender l'entraînement que vous mettez en place ne tient que de vous et
l'entraînement physique. Ces connaissances vous permettront de votre réflexion.
de mieux manipuler les charges d'entraînements en fonction
d:objectifs plus techniques et tactiques.

VIl
Avant-propos

la .bonne élaboration et la bonne organisation de L'entraîneur doit construire ses propres méthodes de trav; i!
l'entraînement résident daris la connaissance approfondie des selon ses propres convictions, sa cohérence, sa logique et su,
différents facteurs de la performance en football. L'entraîneur et feeling. Il doit systématiquement l'adapter aux joueurs dont il a .1
son staff technique se doivent de maîtriser les différents aspects charge de révéler les qualités, selon leurs cultures footballi.stiqct~;
relatifs à la préparation physique et au « technico-tactique ». respectives, selon la période d'entraînement, selon ses objecti.;,
Nous vous présentons dans ce livre l'analyse des différents selon ses principes de jeu et selon son expérience.
facteurs de la performance, de manière à la fois théorique mais Malgré tous ces éléments, personne ne peut garantir :1
également pratique. Cette analyses' accompagne systématiquement· performance de ses joueurs. La part d'incertitude est trop grand ·
de témoignages d'experts du football donnanto.Jeur point de vue Alors, essayons. de la réduire au maximum!
sur chaque thème abordé.
Toutefois, la maîtrise de toutes ces connaissances ne Bonne lecture,
garantit pas la performance individuelle des joueurs ni la
performance collective de son équipe. Elle limite uniquement la Alexandre Deliai
part d'incertitudes qui existe dans le football.
L'entraînement en football est très complexe et ne peut se
réduire à une méthodologie unique. C'est pourquoi nous avons
volontairement évité de donner quelque programme censé être le
plus efficace; car il n'en existe pas en football.

VIII
Introduction :
interview de Claude Puel

Oaude Puel, en tant que spécialiste du football de haut jeu, le suivi physiologique ... Ainsi, nous effectuons. des séances
n;iveau à la fois comme joueur, comme préparateur physique communes et d'autres à la carte, individualisées.
puis comme entraîneur, quelles analyses portez-vous sur le Les différentes études concernant la distance totale parcourue par
football moderne ? Quelles conséquences entraînent-elles sur un joueur au cours d'un match mettent en avant des données su-
il' entraînement ?
périeures à 10 000 m. Quelles vont être vos orientations d'entraî-
nements concernant le travail d'endurance ? ·
Dans le contexte actuel des choses, le football est à la
fois technique, tactique et physique. L'aspect physique est même Nous effectuons, dès le début de saison, différents tests en endu-
devenu primordial. Le footballeur est devenu un véritable athlète . rance. Un test pratique, sur le terrain, le Vameval, et un test car-
qui a besoin d'exploiter de manière optimale ses capacités dio-vasculaire en laboratoire sur tapis roulantafin d'obtenir des
techniques et tactiques tout au long du match. L'approche de la données physiologiques plus,précises (exploration fonctionnelle).
préparation physique a évolué. Elle s'est généralisée mais elle Ces deux tests effectués, nous pouvons constituer nos groupes de
s'est surtout améliorée dans la qualité du travail effectué. Tous travail. Nous effectuons un travail en volume puis ce travail s'in~
le$ joueurs ont besoin de travailler physiquement afin d'exploiter tensifie progressivement. Nous passons très vite à des exercices
au mieux leurs qualités footbalistiques. Même 1.10 joueur avec intermittents, courses en ligne de courte durée de type 30-30;
un petit gabarit va compenser son manque de puissance et de 15-15, 10-10 ou 5-25, afin de spécifier le travail à l'activité du
force par son caractère. Tous les joueurs ont besoin de travailler la footballeur.
vitesse, la puissance et de constituer une base cardia-vasculaire Nous pouvons également effectuer; un peu plus tard, un travail
importante afin de pouvoir encaisser l'enchaînement des matchs avec des exercices intermittents en navette. Par exemple; nous
tous les trois jours durant certaines périodes de compétition. La pouvons mettre en place un travail d'intermittent court de type
base sera de pouvoir être régulier match après match ! 5-25 avec trois sprints .courts et deux changements de direction.
Ce travail permet d'augmenter encore la spécificité de l'activité
du footballeur au cours d'un match. Les joueurs doivent être ca-
D'après cette analyse, quelle est la place de la préparation pables d'enchaîner de nombreux changements de direction. Ces
physique dans l'entraînement ? changements de direction sont incontournables pour le footbal-
leur mais ils sont très coûteux énergétiquement, les joueurs doi-
Elle est très importante. Une bonne préparation physique vent alors être costauds, préparés afin d'encaisser ces charges.
de début de saison va permettre de constituer un réservoir que Donc, les exercices doivent vite être le plus spécifique possible,
n~us allons utiliser tout au long de la première partie de saison. ils doivent rappeler au mieux l'activité du joueur au cours de ces
Nous développons à la fois l'explosivité, l'endurance et la force- compétitions.
vitesse. Les joueurs doivent être performants, réguliers dans la
durée. Ils doivent maintenir une qualité de vitesse toujours au Concernant un autre travail d'endurance, nous avons mis en place
plus haut niveau possible. Lorsque nous jouons (depuis cinq ans) une piste finlâ'hdaise de trois kilomètres au domaine de Luchin
tous les trois jours, nous devons faire acquérir aux joueurs une afin d'effectuer certaines séances de récupération mais également
optimisation de l'ensemble de leurs qualités. Toutefois, ils sont les des séances de remise en forme, de ré-!lthlétisation. La compo-
seuls à pouvoir la maintenir grâce à leur« entraînement invisible». sition de cette piste permet de mieux absorber les chocs lors de
Ils doivent adapter leur rythme selon les objectifs footbalistiques. la course et donc de minimiser les microlésions afin d'alléger la
charge soutenue par chaque articulation à chaque appui.
Puis, nous allons effectuer des exercices de rappel afin de main-
tenir les différentes qualités à un niveau optimal. L'entraînement
durant la saison n'est pas toujours simple car nous n'avons pas L'une des notions d'endurance concerne l'endurance-vitesse.
beaucoup de temps. Nous cherchons à tout optimiser mais surtout La capacité de répéter des sprints à un niveau optimal est un
à maintenir les qualités d'explosivité. Nous effectuons un travail élément fondamental pour le footballeur de haut niveau. Quelle
individualisé, à la carte. Le staff technique doit agir comme un approche du travail de vitesse prônez-vous J
cuisinier, en modifiant les menus de chaque joueur selon ses be-
soins du moment. Tout le groupe doit être dans un même état Nous effectuons un travail de vitesse dès le milieu de la
de performance. L'individualisation des charges constitue une période de préparation initiale, et à la fin de la préparation d'avant
des bases de la préparation physique du football moderne. Nous saison, à base de travail de démarrage et d'explosivité. Nous
devons adapter selon différents paramètres tels que les temps de essayons également de coupler cette composante avec de la force

IX
afin d'obtenir des exercices de force-vitesse. Nous utilisons des La force, la vitesse et l'endurance sont dies facteurs
traîneaux, des harnais de résistance afin de travailler la poussée. fondamentaux de la performance du footballeur de haut nivea~:
Nous avons également une salle de musculation qui peut s'ouvrir Toutefois, de nombreuses étudies relatent qu'un travail intégré
directement sur une piste d'athlétisme afin d'effectuer une (avec ballon) à base de jeux réduits permettrait d'approcl-ier
accélération. De même, au sein de notre centre d'entraînement de l'intensité de travail au cours de certains exercices intermutl:er&
Luchin, nous avons également mis en place un atelier spécifique à de courte durée, par exemple. Quel intérêt portez-vous à ce
la vitesse. Cet atelier comprend trois zones (piste en tartan) : une type d'exercices ?
pente de 8% sur 25 rn, un plateau de 10 rn et une pente de 10 %
sur 25 m. Nous pouvons travailler en force-vitesse et travailler la Jacques Devismes préconisait ce type de travai 1cari 1perme
poussée. Nous l'utilisons également pour effectuer des exercices de travailler simultanément toutes les filières énergétiques. Durar-.
intermittents de courte durée de type 5-25. Par contre, nous ne un jeu réduit, les joueurs vont travailler à la fois techniquement
l'utilisons pas pour effectuer un travail de survitesse (la pente tactiquement mais également physiquement. Une des difficulté
pouvant être trop importante pour ce type de travail). réside dans l'appréciation de l'intensité inhérente à ces jeu;,
Enfin, nous diversifions nos séquences de sprint avec des exerci- réduits. Ces jeux réduits sont très intéressants car ils forment 1<
ces intermittents de courte durée comprenant des changements caractère des joueurs. Par exemple, lors d'un 3 contre 3 ou d'm
de direction afin de spécifier l'activité. Nous ~oulons toujours 4 contre 4, un joueur ne peut pas se cacher car s'il se cache
être le plus proche possible de la réalité. Notre principal objectif s'il ne joue pas le jeu, son équipe prend immédiatement l'eau
en explosivité est de minimiser ou de retarder le plus longtemps Tous les joueurs sont concernés. Par contre, à partir de 5 contreS
possible la perte de performance en explosivité tout au long du les joueurs peuvent noyer le poisson. Leurs activités seront mo in.
match. le footballeur de haut niveau doit être capable d'enchaî- contrôlables.
ner, de répéter des sprints durant l'intégralité du match en ayant
une baisse de performance la plus petite possible et le plus tard
possible. L'optimisation de ces différents facteurs de la performance
engendre des effets physiologiques qui sont pour la plupart
hétérochroniques. Comment faites-vous pour gérer les charge§
Cette qualité que vous jugez fondamentale pour le footballeur de travail et pour suivre l'état de forme de vos joueurs?
de haut niveau est directement liée à des facteurs de force.
Comment développer le facteur force chez vos footballeurs ? l'expérience, l'habitude, la réflexion ou des prises ci,
repères du staff technique sont des éléments qui nous permette,-,.
Effectivement, nous effectuons à la fois un travail de d'appréhender l'impact de tel ou tel exercice. Le ressenti du joueu.
renforcement général mais également un travail de renforcement est également très important. Les staffs techniques doivent être de •
« cuistos » capables d'identifier les conséquences physiologique
musculaire avec charge. Ce type de travail est individualisé pour
chaque joueur en rapport à sa répétition maximale que nous des différents exercices en relation avec les séances précédente:.
avons testée pour chaque type d'exercice. Nous devons être le les derniers matchs effectués et les matchs à venir. Les donnée
plus précis possible. Nous effectuons notamment un travail en sont très complexes.
demi-squat avec un sprint enchaîné sur la piste. En effet, la salle Il y a la gestion de la séance, donc immédiate. Mais il y a égale
dEt musculation est ouverte sur une piste de sprint. Ce type de ment la gestion à moyen terme avec la gestion de l'enchaînemen
travail est, comme je vous l'ai dit précédemment, un travail de des séances et des matchs. C'est pourquoi les entraîneurs, les en·
force-vitesse. Nous effectuons également un travail de pliométrie traîneurs adjoints, les préparateurs physiques et le staff médica
en salle avec un transfert sur un sprint. doivent effectuer un travail en commun. Les séances ne s'effec
Toutefois, le footballeur de haut niveau doit optimiser tellement tuent pas chacun de son côté, nous devons confronter nos idét
de facteurs de la performance qu'il nous manque très souvent du pour que les charges soient mieux adaptées, mieux quantifié~s. Le
temps pour effectuer un travail de musculation régulier. Si nous préparateurs physiques doivent également suivre l'intégralité c!e
jouons tous les trois jours, c'est d'autant plus difficile. entraînements et des matchs pour avoir une idée de charge plu
précise. li nous arrive de suivre précisément l'activité de joueur aL.
Enfin, nous effectuons un test de force à visée de suivi et d'évalua- moyen de cardiofréquencemètre Polar lors de certaines séances.
tion du footballeur. Ce test est un test isocinétique sur des appa- Ce suivi nous permet de donner un état de forme du joueur, OL
reils de type Biodex. Nous analysons l'équilibre musculaire afin encore d'impliquer le joueur de manière plus importante.
d'identifier certains déficits musculaires (notamment quadriceps/
ischia-jambiers) et d'obtenir une cartographie musculaire précise Concernant la récupération, nous n'utilisons pas de chàmbr.
de chaque joueur. Si des déficits sont mis à jour, nous allons orien- froide (comme celle de Christian Cluzeau, concepteur de la neu
ter un entraînement en force spécifiquement à ces joueurs. Ces rocryostimulation). Nous utilisons des bains chauds et des bain.
données sont également intéressantes pour suivre le joueur qui froids, des étirements et des massages. Nous préconisons égaie
vient de contracter une lésion musculaire ou articulaire. Elles vont ment un parcours en vélo, un footing léger ou encore de l'électre·
nous permettre de servir de référence à la situation musculaire et thérapie lorsque nous sommes dans l'avion (gain de temps).
articulaire lors de la phase de rééducation, de réadaptation et de
ré-ath létisation.

x
En Italie, nous relevons que certains clubs disposent d'au Sachant que la nouvelle génération d!entraîneurs est de mieux
moins deux préparateurs physiques dans chaque équipe (des en mieux formée en terme de préparation physique et qu'il
qt~inze ans aux seniors). Le premier est appelé préparateur existe même des formations nationales de préparation physique
physique de la performance. Il optimise les différents facteurs exclusivement destinées aux entraîneurs, le préparateur
de la performance et il gère les charges de travail. Le second physique restera-il vraiment indispensable dans un futur
€st nommé préparateur physique de ré-athlétisation ou de proche 1
réadaptation. Il effectue un entraînement individuel à la suite
d'une blessure. Il remet en forme les joueurs afin qu'ils puissent Les entraîneurs, qui sont pour la plupart d'anciens
revenir dans l'entraînement collectif. Est-ce véritablement footballeurs, ont des sensations bien précises des exercices avec
uti!e? ballon. Ils vont pouvoir identifier plus facilement des exercices
intégrés spécifiques aux footballeurs. Mais le préparateur
Si on a les moyens, c'est très intéressant ! Mais dans physique aura toujours sa place car il a une formation qui est
l'absolu, le travail de remise en forme, de ré-athlétisation et de suivi beaucoup plus poussée. Son cursus ne correspond pas à quelques
d;s blessés est très intéressant. Si une personne, en l'occurrence semaines de formation en préparation physique. Sa formation est
un préparateur physique, peut s'en occuper, le travail sera plus plus spécifique, beaucoup plus précise. Le préparateur physique
quai itatif. est un expert. Il va permettre de mettre en place un travail de
plus en plus poussé, performant et individualisé. L'entraîneur ne
. peut pas tout faire sinon il va trop généraliser. Il a besoin d'un
staff technique composé d'entraîneurs adjoints dont fait partie le
préparateur physique. Le pr~parateur physique est. un entra1neur
adjoint à part entière et il est indispensable à la constitution d'une
séance, au suivi des joueurs et à la gestion des différents· facteurs
de la performance en football. Son avenir reste clair.

Xl
"'.\

PREMIÈRE PARTIE

Les facteurs de la performance


en football·

L'avis de l'expert : ~es facteurs de la performance en football

« La chose la plus importante en préparation physique est de pouvoir et de savoir


conjuguer des efforts physiques avec des exercices intégrant le ballonj-, L'évaluation
de l'impact physiologique d'exercices intégrés bien précis doit être connue. "" Cette
intégration de la balle au travail physique permettra d'optimiser les possibilités à la
fois technique, tactique et physique du joueur. Cependant, l'entraîneur dai!. s'adapter
à la culture footballistique et tactique des joueurs et du club dont il est en charge afin
d'orienter au mieux l'entraînement. Par exemple, en France, le jeu .pratiqué durant un
match officiel orientera un travail physique privilégié en aérobie tandis qu'en Italie, les
entraîneurs favoriseront le travail de vitesse. La préparation physique doit donc à la fois
intégrer des données liées directement à la condition physique et des données liées
indirectement aux techniques et tactiques. »

Didier Deschamps
r
L'avis de l'expert : analyse de l'activité du footbaneur

«L'analyse de l'activité du footballeur en match est une chose fondamentale. Le football est
une activité avec une part très large d'incertitude. On ne peut pas faire fi de ces données
scientifiques issues de l'analyse de l'activité du joueur. Elles peuvent justifier des chai::
d'entraînement. L'expérience ne suffit pas toujours et l'entraîneur a besoin de repères précis
de l'activité physique, tactique et te.chnique de ses joueurs spécifique à leurs postes. Il z
besoin d'éléments rationnels afin de réduire les incertitudes. Il va favoriser l'analyse de
données qui oriente ses principes de jeu. Par exemple, les données liées à la récupération de
la balle~,~ la conservation de la balle et à l'équilibre du jeu m'intéressent fortement. Concernan:
un attaquant, on analysera les duels perdus et gagnés, le nombre de ballons joués, la zone
moyenne où il touche les ballons... Ces données doivent être mises en interaction et en ,
rapport aux exigences du haut niveau et de ses propres principes de jeu.
L'analyse chiffrée de l'activité des joueurs peut également se faire à l'entraînement. Le recueil
et l'observation peuvent se faire durant des jeux réduits, des oppositions, des duels, du jeu
devant le but et ils· peuvent ponctuellement orienter certains choix.
Les chiffres sont très intéressants pour construire l'entraînement et pour préparer a la
performance en match du footballeur, mais ils ne doivent pas constituer une vérité absolue.
Le ressenti et l'intuitif sont des notions qui restent incontournables. Il faut sentir les choses
et c'est souvent cela qui orientera la décision finale. »

Jean-Marc Furlan

« Les choses changent constamment. Divers aspects ont évolué dans le football, tels que le
professionnalisme du recrutement, les systèmes d'analyse et l'aspect médical qui continue
à atteindre de nouveaux niveaux de savoir-faire. On cherche toujours des moyens de faire
la différence. La nouvelle génération a grandi dans un environnement différent de celui de
mon époque. Le travail est devenu plus individuel tandis que de mon temps tout était axé sur
l'équipe. Aujourd'hui nous avons de petits groupes où nous travaillons individuellement avec
les joueurs. Des domaines tels que la science sportive et la psychologie ont revêtu davantage
d'importance· ces dernières années. Un coup franc, un contre, un effort individuel peuvent
être déterminants. La transition devient de plus en plus importante. La vitesse de réaction est
essentielle, les joueurs doivent être vigilants et la condition physique doit être optimale. »

Jürgen Klismann

«Un travail individuel est effectué lorsque nous sentons que les joueurs en ont besoin. Nous
devon·s souvent répartir les joueurs en groupes en fonction de leur condition physique et de 1

la durée de jeu qu'ils ont eue. »

Jose Mourinho
'''·

Analyse de l'activité
du footballeur
Della! Alexandré

.;,·

lntrodudion

Le football est une activité qui ne cesse d'évoluer. Dans une interview à France Football
du 25 septembre 2007, Gérard Houiller relatait que «Vitesse, réduction des espaces, exigences
techniques et physiques: l'évolution est profonde». Cette évolution doit faire l'objet de la plus
grande attention.
Nous devons connaître l'impact physique des matchs de haut niveau, c'est-à-dire comment le
joueur dépense son énergie et quels types d'effort il effectue. Ces éléments doivent être connus
dans un plan quantitatif (analyse brute, volume, nombre) et dans un plan qualitatif (temps de
récupération moyen entre deux sprints pour un attaquant...). Ces données permettront d'adapter .
clirëctement l'entraînement.

3
elles sont trop générales. Par exemple, les auteur~;
donnent une distance totale parcourue entre 8 km er
13 km par match à une vitesse moyenne de 7,8 km/h
et à une FC moyenne de 164 bpm. L'entraîneu;
dispose ainsi d'une tendance mais il ne pourra riei-.
en faire pour calibrer son entraînement.
Toutefois, certaines études ont relevé des tendances
très intéressantes dans l'entraînement. Mohr et al.
(2003) et Whitehead (1975) avaient relevé qu'un
joueur professionnel parcourait une distance plus
importante qu'un joueur amateur. Cette donnee va
véritablement influer sur l'orientation de l'entraîne-
ment chez les amateurs.

1 .2 Analyse qualitative

L'analyse quantitative n'étant pa~


directement exploitable, nous devons utiliser des
données qualitatives. Nous devons savoir qu'un
joueur effectue entre 825 et 1 632 déplacements
par match. Ce sont des déplacements de ty1:;::
course à différentes intensités, des déplacements
latéraux, des sauts, des tacles, des courses arrière ...
Bangsbo (1994) et Verheijen (1998) ont été les
premiers a véritablement analyser l'activité du
joueur en match dans les moindres détails. Il:; ont
systématiquement différencié les analyses selo:1
le niveau, les postes occupés, les allures, les
aspects physiques, physiologiques et techniques
(Tableaux 2, 3 et 4). Ces données permettent d'avoir
une idée plus précise de l'activité du joueur. De:>
séances spécifiques selon les postes pourront_ainsi
être appliquées. L'entraînement devient qualitatif.
Tableau 1 1. Analyse physique Whiters et al. (1982) avaient relevé sur les joueurs de
la sélection australienne qu'un joueur effectuait 9,2
Les différentes distances
sauts; 49,9 demi-tours; 13,1 tacles au cours d'un
totales relevées au cours
match. De même, ils avaient catégorisé la distance
d'un match 1.1 Analyse quantitative totale parcourue en fonction de différents déplace-
ments. Ainsi, la marche correspondait à 27% de IJ
Certaines données sont difficilement distance totale parcourue, la course lente à 46 %,
utilisable~ de manière brute. En effet, de nombreuses la course rapide à 13,5 %, les sprints à 0,6 %, les
études (Tableau 1) ont étudié la distance totale courses arrière à 7,8 %, les courses latérales à 3 %
effectuée par des joueurs au cours d'un match sans et les courses avec ballon à 2 %. Bangsbo (1994)
spécifier leur poste, le système de jeu, l'àctivité relevait 8 têtes/match, 11 tacles/match, 1,3 minute
durant chaque mi-temps ... Ces données ne sont pas de possession de la balle et 30 dribbles/match SJ-
exploitables directement dans l'entraînement car chant que chaque dribble dure 2,9 secondes. Stol en

Tableau 2

Les différentes allures


selon le poste et le niveau,
VerheiJen (1998)

4
Tobleou 3

Les différentes allures selon


le niveau, Bangsbo (1994)

Tobleou 4

Distances parcourues
en mètres durant un match
s.elon les postes et l'Intensité,
, Ramplnlnl (2007)

Tobleou 5

Distances parcourues en
course arrière durant un match

Tobleou 6

Distance totale parcourue


en sprint au cours d'un match

5
~/

• différence significative :Valeur plus haute en 1re mi-temps •• différence significative : Valeur plus haute en 2e mi-temps

Tableau 7 et al. (2005) relevaient qu'un joueur effectuait une 1.4 Analyse por mi-temps
nouvelle course toutes les 4 à 6 secondes.
Comparaison de l'activité
des joueurs selon les postes Une des données à ne pas négliger tient à la distan- Une analyse pour chaque mi-temps cL lr:2
et durant chaque ml-temps, ce totale parcourue en course arrière (Tableau 5). des indications intéressantes. Di Salvo et al. (2 :c;')
Dl Salvo et al. (2007) Elle effectue une actio.n excentrique et donc elle ont comparé l'activité des joueurs selon les 1) ,, "
peut entraîner une fatigue musculaire. et par mi-temps (Tableau 7).
Di Salvo et al. (2007) n'avaient relevé aucune ct:
1.3 L'analyse physique qualitative férence significative de la distance parcourL::: e ·,
sprint entre la 1re et la 2e mi-temps. Au contraire Ve-
des sprints
rheijen (1998) avait relevé une perte de 125 rn • :;t .:
la distance totale effectuée en sprint en 1re mi-l( l":f~.)
Cette analyse est très intéressante pour
(621 m) et celle effectuée en 2• mi-temps (·.JG'.
l'entraînement. Bangsbo (1994) avait notamment
Cette différence correspond à une décroissanc · c~
relevé que les joueurs effectuaient vingt sprints de
11,2 %. Cette donnée varie selon les niveaux:.;:; ;
moins dé trois secondes. Stol en et al. (2005) relevaient
elle sera au minimum de 11,2 %(elle peut attc:: :C:
entre dix et vingt sprints par match. Bangsbo et al.
plus de 30% !). •
(l991), et Thomas et Reilly (1979) avaient relevé que
les temps de récupération entre chaque sprint se De même, concernant les distances parcmo w ;
situeraient aux alentours de 90 secondes. Verheijen (autres que sprint), Verheijen (1998) avait rel ev t' .1. 0 '

(1998) relevait une valeur comprise entre 0,5 km et perte de 980 m entre la distance totale effectu{ • e:.
0,9 km de distance parcourue en sprint par match 1re mi-temps (5 934 rn) et celle effectué en 2' m:-
avec des distances maximales de sprint de 53 m temps (4 954 m). Cette différence corresp~rlfl ~. ·-~~-- :
pour des attaquants, 56 m pour des défenseurs et décroissance de 9 %. Selon les différents aut .1: ..
63 m pour des milieux. De nombreux auteurs se sont la distance parcourue en 2• mi-temps diminu:: c.:
intéressés à la distance totale parcourue en sprint lors 1 à 9 % (Tableau 8). Ces données con cern en 1, s
d'un match (Tableau 6). joueurs professionnels et elles sont accentuées ' he:;~
De même, la distance totale parcourue en sprint les amateurs.
correspondrait entre 1 % et 11 % de la distance to- Ces éléments sont très importants car ils relatent ~l:ll:
tale parcourue. Enfin, Rampinini et a/.·(2007) ont baisse de performance physique pouvant amu: ~: :,
relevé selon le poste occupé le nombre de sprints une baisse de performances technique et tacti ;u'-'.
effectués par match. Un arrière latéral en fait 31 en Toutefois, cette décroissance est plus marqut'e ci·,: :é
moyenne, un attaquant 27, un milieu 24 et un dé- les joueurs amateurs. Les professionnels sont très il'- u
fenseur central18. L'entraînement en vitesse pourra confrontés àcette décroissance (Di Salvo et al., 2( ü ;·).
0

alors être orienté selon des distances, des nombres De ce fait, les équipes amatrices devront cric 11tc::
de répétition et des temps de récupération entre l'entraînement de telle façon que cette décroiss. :1c ·
chaque répétition. soit limitée. Des exercices intermittents de cc. _:;: 0 ~
durée pourraient à la fois permettre de dévelo, ;x
la qualité explosive et la qualité d'endurànce · :J~

6
cifiques. Les entraînements devront être mieux ca- données physiques qualitatives. Elle peut également Tableau 8
librés. Chez les professionnels, nous rencontrons très se faire de manière quantitative et qualitative;
peu ce problème étant donné que le staff a d'autres Comparaison
moyens de suivi des joueurs mais également car ils de la distance totale
font faire plus d'entraînement, qu'ils ont de meilleurs 2.1 Données quantitatives parcourue durant
athlètes en face d'eux et qu'ils sont mieux formés sur chaque ml-temps
la méthodologie de l'entraînement. De nombreux auteurs ont analysé la FC (en mètres)
moyenne, la lactatémie moyenne, la V02 max au
~. Analyse physiologique cours de matchs. Concernant la FC moyenne, les
auteurs relatent des valeurs se situant entre 157
et 175 bpm, soit entre 72% et 93% de la FCmax
L'analyse physiologique est indispensable (Tableau 9). Stolen et al. (2005) ont relevé que
afin d'orienter l'entraînement en corrélation avec les l'activité du footballeur durant un match se situerait

Tableau 9

FC moyenne au cours
d'un match de football
selon différents auteurs
(Bangsbo, 1994)

7
- '
Lhapme ,, ·

Figure 1
BattemenUmin mmol/1
Cinétique de la FC et de • FRÉQUENCE CARDIAQUE lors d'un match hors compétition • LACTATE match
la lactatémle de Joueurs • FRÉQUENCE CARDIAQUE lors d'un exercice à la même intensité 8 LACTATE exercice

professionnels au cours de 10
match et d'exercice spécifique,
Bangsbo (1994)
8

2
$
@

.~~~~~~~~~~ ~~-~~~~~~~ 1 1
~~~_.~~ 1 1 1 1 0
13 18 31 36 13 18 31 36 min
Première mi-temps Seconde mi·temps

entre 80 % et 90 % de la FC max. Bangsbo (1994) a temps de jeu et enfin de plus de 92 %de la FC r;-:J>:
relevé une variation de la FC durant un match entre pour 26% du temps de jeu. Il faut donc travai!l ~~- ::
150 et 190 bpm. une FC supérieure à 75% de la FC max pour ;ué~
l'endurance soit spécifique.
Bangsbo (1994) estimait que l'intensité se rappro-
cherait de 70 % de V0 2max. Ces données quantita- Bangbso (1994) avait, quant à lui, analysé la Cii0-
tives permettent encore de donner une idée globale tique de la FC couplée à celle de la lactatémie 2u
de l'activité mais elles ne permettent en aucun cas cours d'un match de football (Figure 1). De rn une
d'orienter l'entraînement spécifique des joueurs. Balsom (Polar presse) avait relevé la FC au cour .. c:rc
l'intégralité d'un match (Figure 2).
2.2 Données qualitatives De manière plus précise, Bangsbo (1994) a ~ _:ivi
l'évolution de la concentration sanguine cie i~lc­
Nous devons disposer de données générales tate au cours de l'intégralité d'un match. La vê ~ur
mais surtout de données plus précises telles que la de repos était de 1,8 mmol/1, la valeur pic étai~ c!rc
cinétique; les valeurs maximales de lactatémie, le 9,7 mmol/1 au milieu de la seconde période et cle
t~mps passé à ce pic ... Rhode et Espersen (1988) 3,5 mmol/1 à la fin du match (Figure 3). Ces vab1::;
orlt analysé qualitativement la FC et ils ont trouvé sont également intéressantes quand nous les a11 :ly-
sùr une population de joueurs de 1re division sons mi-temps par mi-temps. De nombreux <1uku1:;
danoise (n =6) que la FC moyenne était de moins ont relevé ces données (Tableau 10). Ces clo:1: ic
de 73 % de la FC max pour 11 % du temps de relatent bien que l'activité de football ne pc;; ;K:
jeu, de 73 % à 92 % de la FC max pour 63 % du pas d'atteindre des valeurs maximums de lee . .~c-
Figure 2

Cinétique de la FC au cours de
match, Balsom (Polar presse).
FC
(bpm)

250
225
200
175
150
125
100
75

90 min deJeu et mi-temps

8
,i:
-
~ 12
E
g 10
c
·:; 8
Ol
li
Ul
6

J Gl
'Cl
4

c 2
0
:;::1
0
.s:c Repos 10' 30' 40' . Fin de la Dt\but de la 10' 20' 30' Fin du
8c 1ère mi- 2ème mi- match
temps temps
8

mie. Le travail n'est pas équivalent à un travail de À l'heure actuelle, aucune étude n'a permis d'ana- Rgure 3
résistance. Toutefois, ces valeurs doiventêtre mises lyser véritablement la cinétique de consommation
Cinétique de la concentration
en relation avec la V02 max des joueurs. En effet, un d'oxygène au cours d'un match dé football. là· seule
sanguine de hictate de joueurs
joueur ayant une haute V0 2max va mieux récupérer valeur dont nous disposons est une estimation de ICI
professionnels au cours
des actions intermittentes au cours d'un match et consommation d'oxygène moyenne, soit aux alen-
de match, Bangsbo {1994)
donc il va augmenter la métabolisation du lactate tours de 70 % de la V02 max. En fait, les scientifi-
et augmenter la re-synthétisation des phospho-créa- ques estiment la V02 selon l'évolution de la FC au
tines (Tomlin et Wenger, 2001 ). Ainsi, les joueurs cours du match. Astrand et al. (2003) trouvent ainsi
avec une haute V02max vont présenter une concen- une activité moyenne à 85 % de la FC max, et Us
tration sanguine en lactate moindre. en déduisent une activité correspondant à 75 % de
laV0 2max.
Concernant l'évolution de la V02 au cours d'un
match, Covelle et al. (1962) et Ogushi et al. (1993) Cette valeur n'est q~'une estima~ion. Balsom et al.
ont tenté d'analyser l'évolution de la V02 au cours (1991) ont bien montré que la FC évolue de maniè-
ci'LJn match, mais leurs valeurs semblent sous-esti- re disproportionnelle à la vo2 à la suite de sprints
mées étant donné l'imposant matériel inhérent à la ou d'actions explosives.
mesure de la V0 2• Ogushi et al. (1993) ont utilisé· L'analyse de l'activité des joueurs peut donc se faire
un sac de Douglas (1,2 kg) et ils trouvé une valeur de manière quantitative ou qualitative. Les valeurs
moyenne de 29 à 38 ml/kg/min soit entre 47% et quantitatives permettent de donner des tendances
61 % de la V0 2 max. Stolen et al. (2005) ont relevé globales tandis que les données qualitatives sug-
une différence de performance de 11 % lors d'un gèrent un entraînement spécifique selon les postes
match sans ces sacs de Douglas. Ceux-ci ne permet- occupés. Enfin, ces analyses permettent de différen-
tent pas de courir confortablement, ni d'effectuer cier l'activité des joueurs professionnels de celle des
différentes actions spécifiques au football (tacles, amateurs. Des amateurs par:1;ourent Une distance
duels aériens, tombés ... ) et donc la vo2 est bel et moindre, accumulent moins de laçtates et présen-
bien sous-estimée. tent une décroissance de la performance en sprint
Tableau 10

Valeurs de lactatémle durant


les différentes ml-temps
d'un match

* à la fin de la mi-temps

9
r
li:

deux fois plus importante que les professionnels au réalisation de meilleure qualité, et de définir cl s
cours de la 2• mi-temps. objectifs à moyen terme avec les joueurs.

3.2 Les systèmes d'analyse


3. Les systèmes d'analyse technologique avancée

Ces techniques sont beaucoup pl :s


L'analyse de l'activité des joueurs présente intéressantes car elles permettent de produire ur.e
ams1 des atouts indispensables afin d'orienter analyse professionnelle, plus complète, une anal y~ e
l'entraînement. Le nombre de sprints effectués qualitative et ainsi de disposer à la fois d'élémencs
par match, la distance maximale de sprint, le d'ordre physique mais également technico-tactiqu -'·
temps moyen de récupération entre deux sprints ... Différentes sociétés et techniques permettent L2
représentent autant de données .permettant de type d'analyse. Le système utilisant le GPS (gloLli
construire une séance de vitesse spécifique selon (positi9ning system) permet d'avoir une anal y, 2
les postes occup~s. qualitative et quantitative uniquement concemJ.~t
les données physiques (Hennig et Briehle, 2000). i: 1
Les techniqu~s d'analyses sont variées. Elles peu- revanche, elle nécessite de porter un équipem2::t
vent être sophistiquées ou non. Détaillons-les un durant les matchs, or la FIFA ne l'autorise P'·'
peu. (Barros et al., 2007). De plus, Edgecomb et Norton
(2006) ont relevé que cette technique surestime c2
4,8 % les distances parcourues.
3.1 Les systèmes manuels
Sport Universal Process (SUP) utilise la technolog:e
Amisco System0 • Cette société est le leader mondi.d
Ces systèmes représentent des données
d'analyse de l'activité individuelle et collective cl. s
statistiques ou des vidéos. Elles sont très
équipes professionnelles. Elle travaille notamme::t
régulièrement utilisées et présentent un intérêt
avec le Real Madrid, Liverpool FC, le FC Barcelorw,
grandissant (Mohr et al., 2003). Le procédé consiste
à relever ,manuellement et visuellement l'activité l'Olympique de Marseille ... Ses principales fonc-
des joueurs au cours du match selon une grille tions sont de relever des données physiques et tcc>.-
prédéfinie (Tableau 11). La méthode ne permet pas nico-tactiques. La technique consiste à effectuer u:1
« tracking passif» au moyen de 6 à 8 capteurs JL-
d'apprécier des données telles que la catégorisation
des différentes intensités lors de ·la course, les cés dans le stade qui permettent de capturer et c'e
distances de course, la distance totale parcourue ... mesurer objectivement la position ainsi que les ck-
Cette analyse se limite à des données plus restreintes placements des joueurs et du ballon 25 fois par sc-
.du nombre de frappes, de têtes, de duels gagnés, conde pendant l'intégralité du match. Elle effectL: ~
de duels perdus ... De même l'analyse simultanée une modélisation du terrain, analyse l'image et cr2=
de 'plusieurs paramètres paraît très compliquée un espace de stockage de données. Elle permet d 2
(Bangsbo et al., 1991 ). suivre l'ensemble des activités des joueurs (quanti-
tative et qualitative) et l'ensemble des trajeëtoin s
Cett~ techn;que est très souvent couplée
à la techni- du ballon. À l'entraîneur de choisir les données u
que d'analyse vidéo après le match, ce qui permet les critères dont il souhaite l'analyse. Edgecomb ct
de revenir sur des séquences, d'appuyer sur pause. Norton (2006) ont relevé que cette technique pe;-
On minimisera ainsi les erreurs. met un minimum d'erreurs. Figueroa et al. {200C:
ont confirmé ce risque d'erreur minime (1,4 %). Lè
Toutefois, ces techniques paraissent compliquées
système Amisco a les caractéristiques suivantes :
car elles nécessitent une attention particulière, un
visionnage multiple, beaucoup de temps et d'éner- • analyse physique et bilan athlétique,
gie. Ces données peuvent être analysées en match.
• analyse technico-tactique,
Cependant, certains entraîneurs demandert à ce
qu'il y ait un suivi statistique au cours même de la • prédécoupage des actions de jeu en séquencE
séance d'entraînement. Par exemple, l'entraîneur (corner, coup franc, touche ... ),
pourra dem'ander qu'une personne s'occupe per-
• animation en deux dimensions des déplacement
sonnellement de relever le nombre de buts mar-
collectifs,
qués par rapport au nombre de frappes effectuées
sur une semaine pour des attaquants ou des milieux • observation du jeu avec et sans ballon
offensifs, lenombrede fautes commises par des dé-.
• outils graphiques tels que la ligne des hors-jeL:,
fen!:eurs, le pourcentage de passes courtes ou de
des blocs, des lignes,
passes longues réussies ... Ces éléments permettent
de mettre le joueur en situation d'application et de • statistiques individuelles et collectives,

10
Tableau 11

Tableau d'analyse par système


manuel au cours du match
et/ou une analyse vidéo,
concernant une équipe jouant
en 4·4·2

rn
~
0
z

11
Figure 4

Exemple da données Amlsco


concernant l'animation
tactique (saison 2007·2008)

,_ -
-v~~n~·~
C~r~de

""""
CourM!.nte

~
...~
_. ~~-
--~----_---·_
,. o n. .t._sc

w•~
---r-------·

~ ------~-=
- ---
·10-!1
. D T'lM 54

Figure 5

Exemple da données Amisco


concernant l'animation
tactique au niveau
des systèmes da tau
at de l'organisation da Jau
(saison 2007·2008)

12
ANA!.'ISE DE L'AQMltDU FOOTDALLB.JI\

Figure 6
BOO,-----------------
Exemple de données Amlsco
concernant la distance totale
parcourue en sprint (bas)
ill en course haute Intensité
(haut) (saison 2007-2008)

0
A:Ol.Run 25.8is 26.Dom 04.Cou 15.Lau 14.Mon 10.C.r 23.Kov · 28.Sab 09.Pio 11.Aka 21.Koi 18.Mon 27.Din Moy.

Figure 7
15000,---------------------------.....,
Exemple de données Amlsco
concernant la distance totale
parcourue selon les différentes
Intensités (saison 2007-2008)

0
A:Ol.Run 25.Bis 26.Dem 04.Cou 15.Lau 14.Mon lO.Car 23.Kov 28.Sab 09.Pio ll.Aka 21.Koi 18.Mon 27.Din Moy.

œ choix des données d'analyse, 4. Analyse de l'activité


~ création de support individuel, des joueurs au sein
o montage vidéo avec archivage des données et re- des quatre grands
cherche multicritères.
champlonncts·:~uropéens
Tout cela permet d'orienter l'entraînement.
au moyen d'Amiseo ·
Cette technique effectuant une analyse sur la base
de 25 mesures par seconde, cela donne 2 500 tou-
ches de balle et plus ·de 4,5 millions de positions
mesurées. Nous présentons ci-après les différents Nous avons analysé l'activité de joueurs
types d'analyse. durant 11 240 mi-temps. Ces joueurs sont issus
des championnats de 1re division espagnol, anglais,
allemand et français (1772 mi-temps d'attaquants,
3 616 mi-temps de milieux défensifs axiaux, 420
mi-temps de milieux exce~trés, 338 mi-temps de
milieUx offensifs, 1 196 mi-temps d'arrières latéraux
et 3 898 mi-temps de défenseurs centraux. Tous ces
joueurs ont participé à l'intégralité des matchs (sans
prolongations) ou à une mi-temps complète (analyse
quai itative). Nous précisons que cette analyse permet
essentiellement d'identifier les besoins selon les
. postes occupés afin d'individualiser l'entraînement.

13
Toutefois, nous ne devons pas oublier que chacune 4.1.1.2 Distance totale parcourue quand
de ces analyses donne uniquement une idée car l'équipe n'est pas en possession de la balle
l'activité d'un joueur à tel ou tel poste va directement
dépendre du système de jeu, de l'organisation, des Quand l'équipe n'est pas en possession
animations offensives et défensives. Les facteurs de la balle, ce sont les défenseurs centraux et les
sont multiples et peuvent également dépendre des milieux défensifs axiaux qui effectuent la plus
·conditions de jeu : condition environnementale grande distance totale (respectivement 4 012 m et
,1-

température extérieure, état du terrain, match à


'
4 194 m) tandis que les attaquants sont de loin les
l'extérieur, forme de l'équipe ou encore valeur de joueurs effectuant le moins de distance (3 433 m),
l'adversaire. · ils ne participent pas toujours au replacement
(Figure 8 et Tableau 15).
;-.-·

4.1 Analyse.. du championnat anglais 4. 1. 1.3 Distance totale parcourue qua nd


l'équipe est en possession de la balle
Cette analyse d'activité portait sur 724 mi-temps
Les milieux défensifs axiaux et les milieux
d'attaquants, 1 3S6"mi4emps de milieux défensifs
excentrés (Figure 8 et Tableau 15) effectuent la
axiaux, 50 mi-temps de milieux excentrés, 76 mi-
plus grande distance (respectivement 4 002 m et
temps de milieux offensifs axiaux, 132 mi-temps
3 950 m) tandis que les défenseurs centraux sont
de défenseurs latéraux et 1 704 mi-temps de dé-
moins actifs (3 328 m).
fenseurs centraux ayant partiCipé à l'intégralité de
la rencontre (quantitative) ou à une mi-temps com-
4.1.1.4 Ratio des courses quand l'équipe
plète (qualitative).
est en possession de la balle/quand l'équipe
n'est pas en possession de la balle
4.1.1 Analyse quantitative physique
Il est systématiquement supérieur à 1 donc
l'activité des joueurs est équilibrée sur les plans
4.1.1.1 Distance tota/eparcourue offensif et défensif. Ainsi, en phase d'animation
L'analyse de la distance totale parcourue a offensive, les défenseurs centraux sont moins
démontré que les valeurs varient entre 10 617 m sollicités alors que les attaquants sont plus actifs.
et 11 779 m (Figure ~). Les valeurs minimales En phase d'animation défensive c'est exactement
concernaient les défenseurs centraux et les valeurs l'inverse. Enfin, les milieux défensifs axiaux ont
maximales concernaient les milieux offensifs et toujours une activité importante quelle que soit la
les milieux défensifs centraux. Les valeurs des phase de jeu (Tableau 15).
défenseurs latéraux .étaient proches de celle des
défenseurs centraux, soit 10 775 m, témoignant
ainsi d'une partiCipation moindre que les milieux.
Tous les joueurs évoluant au milieu de terrain
atteignaient · des distances totales parcourues
supérieures à 11 000 m (Tableau 15).

. Figure 8
14000
Distance totale parcourue,
en possession et en non· 12000
possession de la balle CP
dans le championnat 2 10000 Cl total
:::s
anglais selon les postes, 0
données Amlsco
e
co 8000 ill quand l'équipe est en
a. possession de la balle
8 6000
c l'!l quand l'équipe n'est pas en
...co
Cl) 4000 possession de la balle •

ë
2000
0
Attaquants' Mlieux Müeux Arrières Défenseurs Mlieux
excentrés offensifs . latéraux centraux défensifs

14
DE L'AGMTË DU FOOTDALLEUI\

Agure 9
300
Distance totale parcourue
250 c Total en sprint(~ 24 kmt11),
en possession et en non·
E 200 • quand réqulpe est en possession de la balle
t:
(1)
de
possesskm ~ bi!Re
dans le championnat
~ 150 Ill quand réqulpe n'esi"paa_
anglais selon les postes,
t: en possesskm de la banG

c~ 100
données Amlsco

50 ......,.

0
Attaquants Mllelix Mlieux Mlleux Arrières Défenseurs
défensifs excentrés offensifs latéraux · centraux

4. 1. 2 Analyse qualitative physique 4.1.2.2 Nombre de sptints


Ils varient de 8,60 à 13,06 sprints par match.
4. 7.2. 7Distance totale parcourue Les attaquants sont ceux qui en font le plusÎ.et qui
en sprints (~ 24 km!h) accumulent la plus grande distance en sprints,
Les attaquants effectuent la plus grande ces courses représentent 2,6 % de leur distance
distance en sprint (278,22 rn) de par leurs appels totale parcourue (Tableaux 12 et 15). Au contràire,
et leurs mouvements réguliers tandis que les les défenseurs centraux sont ceux qui en font le
défenseurs centraux effectuent la moins grande moins et qui accumulent la plus petite distance en
distance (208 rn). Quand l'équipe a la balle, les sprint : cela représente 1,8 %de leur distance totale
valeurs sont identiques. Cependant, les attaquants parcourue (Tableaux 12 et 15).
effectuent trois fois plus de distance en sprints
qu'un défenseur central et de 15 rn à 61 rn de plus
4.1.2.3 Distancé totale parcourue en course
que les autres joueurs (Figure 9 et Tableau 15). Cette haute intensité (21-24 km/h)
donnée va directement influencer l'entraînement Ce sont les milieux défensifs et les. milieux
spécifique des attaquants. offensifs qui effectùent la distance la plus grande
Quand l'équipe n'a pas la balle, les chiffres s'in- (319 rn et 334 rn), ce qui corre~pondrait plus à leur
versent, c'est-à-dire que ce sont les défenseurs intensité d'activité. Quand l'équipe a la balle, ce s.ont
axiaux qui effectuent la plus grande distance en encore les défenseurs centraux qui ont une activité
sprint (136,6 rn) tandis que les attaquants en font moindre, ils participent au jeu par des passes et ne
le moins. Les milieux excentrés ont également des sont pas très actifs en animation offensive (Figure 10
valeurs faibles. et Tableau 15). Les attaquants parcourent le plus de
distance à· cette allure quand l'équipe a la balle.

Agure 10
400
Distance totale parcourue
350 en course haute Intensité
300 (21-24 kmt11), en pmesslon
IJ total
E et en non-possession de la
t: 250 balle dans le championnat
CD • quand réqulpe est en
anglais selon les postes;
B 200
t:
possession de la bane - 1

données Amlsco
.....Ill!1) Iii qus:~nd réqulpe n'est pas
150 en possasslon da la bane
ë
100
50
0
Attaquants Milieux Mlleux Mlleux Arrières Défenseurs
défensifs excentrés offensifs latéraux centraux

15
Les attaquants. effectuent 68 % de leur distance nombreux partenaires (attaquants, milieux) et donc
totale en course haute intensité quand l'équipe est ils ont plus de possibilités de passe.
en possession de la balle. Tous les joueurs ont une
distance parcourue homogène quand l'équipe n'a 4. 1.3.2 Les duels aériens
pa:s la balle, excepté les attaquants qui se replacent
dans un premier temps mais qui sont rapidement Les défenseurs gagnent le plus de duels
moins concernés par ces phases défensives. Ces aériens (entre 59,41 % et 61 ,89 %) et de ce fait les
Jlpnnées sont corrélées au fait que les défenseurs attaquants et les milieux offensifs axiaux en gagnent
adverses auront également une activité moindre. très peu, respectivement 34,98% et 39,21 %
La distance totale parcourue en sprint représente de (Tableau 13). Les joueurs étant le plus soumis à
1,8% à 2,6% de la distance totale parcourue. De ce type de duels sont les attaquants, les milieux
même, les courses'à haute intensité (21-24 km/h) re- offensifs axiaux et donc forcément les défenseurs.
présentent 2,1 à 3,1 %de la distance totale parcou- Des attaquants de la trempe de Koller gagnent plus
rue (Tableau 13). Nous devons prendre en compte à de duels aériens mais ce n'est pas le plus important,
la fois des données q!;lantitatives et qualitatives. Les ce sont les deuxièmes ba/lons qui ont le plus
données qualitatives.'seront adaptées afin d'orienter d'importance. On peut gagner les duels aériens et
directement l'entraînem~nt car.elles peuvent repré- perdre la balle derrière car en étant esseulé aucun
senter un facteur de la performance primordial pour partenaire n'a pu récupérer la balle. La proximité
des milieux. des coéquipiers autour d'un joueur effectuant un
duel aérien est essentielle.

4.1.4 Analyse qualitative technique

4. 1.4. 1 Les passes

L'ensemble des joueurs réussissent entre


70,12 % et 80,58 % leurs passes (Tableau 14). Les
attaquants ont la valeur la plus basse (70, 12 %).
Cette donnée s'explique par le fait qu'ils sont
amenés à prendre plus de risques et qu'ils évoluent
dans une zone où la densité de joueurs adverses
est plus importante. Les défenseurs centraux ont
également un taux de passes réussies plus bas
que les autres joueurs (74,67 %) car ils effectuent
plus de jeu long que les .autres joueurs. Nous
pouvons également expliquer ce taux de mauvaises
passes des défenseurs car ce type de passes peut
être intercepté ou mal ajusté (trop courte ou tmp
longue), ou encore car les défenseurs ne sont pas
toujours les meilleurs techniciens (donc il y aura du
déchet).
Tableau 12 4.1.3 Analyse qualitative physico-technique Un des éléments importants dans l'animation offen-
Pourcentage da la distance sive est le nombre de passes vers l'avant. Les atta-
totale p,arcourua an coursa 4.1.3.1 Les duels au sol quants, de par leur position, ne peuvent en effectüer
haute Intensité (21·24 km/h),. plus que la moyenne, le jeu sera plus latéral ou en
en possession et an non- Les défenseurs sont ceux qui gagnent le plus retrait (Tableau 14). Au contraire, les arrières laté-
possession da la balla deduels au sol, plus de 55% (Tableau 13)tandis que raux effectuent plus de 30% de passes vers l'avant
dans la championnat les attaquants en perdent le plus (46,61 % de duels que leurs autres partenaires et plus de 160 % que
anglais salon les postas, gagnés). Concernant les dribbles, les attaquants en celles des attaquants. Le jeu de l'arrière latéral est
données Amisco réussissent lemoins (50,37 %).car ils sont dans des de jouer régulièrement vers l'avant car ses pas-
zones très dènsès, et; s'ils arrivent à dribbler un sibilités de jeu latéral sont limitées à un seul côté
aciversaire-; Hs yontfiir~ une différence qui pourra (intérieur)· et _ses possibilités de jeu en retrait sont
s'avérer dangereuse ou rnême décisive. Les milieux . limitées à son gardien et aux défenseurs centraux.
offensi(s: axiaux présel)tert uri taux de réussite aux Ils privilégieront les passes dans les intervalles pour
dribbles (60,21 %) supérieurs aux autres joueurs_ )es milieux centraux, les passes le long de la ligne
(excepté les défense-urs latéraux) car ils ont peut- pour les attaquants ou les milieux excentrés ou les
être un peu plus d'espace, ils sont à proximité de' changements d'aile.

16
ANALYSE DE L'AaMΠDU FOOIDALLEUB

Tableau 13

Analyse des duels au sol


et des duels aériens
dans le championnat ·· ·
anglais selon les postes,
données Amlsco · ·

'!.····-

4.}.4.2 Les possessions de balle joueurs qui prennent le moins de risques quand ils
reçoivent la balle; ils ont une perte de deux ballon5
Le nombre de possessions se situe entre sur dix possessions tandis qùe les milieux perdent
43,04 possessions pour les attaquants et 58,88 pour entre 2,6 et 2,7 ballons sur dix possessions.. '
i 2s arrières latéraux (Tableau 14). Les attaquants
(43,04) et les défenseurs centraux (41 ,22) ont des 4.1.4.3 Le nombre de touche de balle moyen en
valeurs de possession en dessous de 29, 9 % et
possession (tdb).et temps de possession
26,8 %de celles des arrières latéraux (58,8). De plus,
ces attaquants qui ont un nombre de possessions Les défenseurs ont un nombre de touches
limité présentent le plus haut taux de perte de de balle (tdb) moyen inférieur à 1,84: leur jeu est Tableau 14
balle, un ratio de pertes/possessions supérieur de simple, fait de relance en 1 tdb à la suite d'un duel - - - - - - - -
30% à 95 % par rapport aux autres joueurs. Les ou d'une interception. De ce fait, ils présentent le Analyse technique
attaquants sont les joueurs qui perdent le plus de temps de possession de balle total (41,72 secondes) des Joueurs dans le
balles (3,7 ballons perdus sur 10 possessions) étant le plus faible, ce qui correspond à. des valeurs championnat anglais
donné leurs prises de risque et la zone dans laquelle d'un peu plus d'une seconde par possession. Au selon les postes,
ils évoluent. Au contraire, les défenseurs sont les contraire, les milieux excentrés et offensifs· ont un données Amlsco

17
-
:,;

CLMft"aCII>
<» cCD::rm-=-
=o~»;:;.am ë1'
CT
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CDëD~E=:
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0
Y'=•-a
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'
./' iii'Ci'ca.ë
;;;" ~CD
.,=
=
ANALYSE DE L'AŒVITË DU FOOTOALLEUfl

nombre moyen de 2,24 tdb et donc un temps de plus grand chez les milieux excentrés et les milieux
possession bien supérieur aux défenseurs. En effet, offensifs car ils doivent orienter le jeu, le contrô-
leur temps de possession de balle moyen est de ler et donner le rythme, tandis que les défenseurs
1,40 seconde. Ils orièntent le jeu et ils sont amenés effectuent moins de 1,84 tdb. De même, le temps
à percuter, à provoquer. Ils évoluent dans des zones de possession de balle total est le plus grand pour
clés pour marquer des buts (30 m dans l'axe des ces milieux excentrés et ces milieux offensifs car
buts, et sur les côtés adverses). Enfin, les attaquants ils doivent jouer un rôle prépondérant dans cette
ont un nombre de 2,01 tdb ce qui témoigne du fait animation offensive. Ils doivent faire la différence
qu'un attaquant marque la majorité de ses buts en dans des zones clés. Les zones des côtés adverses
1 tdb, et donc il frappera en une fois. sont celles qui permettent d'apporter le plus de buts
(centre) selon l'analyse de jacquet et al. (2002).
4. 1. 5 Conclusion sur Je championnat anglais

L'analyse de l'activité des joueurs issus du Les données importantes


championnat anglais durant 4 042 mi-temps a
permis de dresser une cartographie précise inhérente Les attaquants effectuent 278,22 mde sprints dont trois fois plus
à leur déroulement. que les défenseurs centraux quand l'équipe ala balle. Ils font plus
de 13 sprints par match ; 70 %-80 %des passes sont réussies.
En animation défensive, les attaquants sont les Le nombre de touches de balle moyen se situe entre 1,84 tdb et
joueurs qui parcourent le moins de distance. À la 2,24 tdb et le temps de possession total des milieux excentrés est
perte de la balle, ils participent dans un premier de 77,85 s; des milieux offensifs, de 76,09 s.
temps au replacement collectif puis ils participent
peu à l'animation défensive. Ce sont surtout les dé-
fenseurs centraux et les milieux défensifs qui par-
ticipent le plus (données quantitative) quelles que
soient les allures analysées. Les défenseurs gagnent 4.2 Analyse du championnat
le plus de duels, soit 55% de duels gagnés au sol espagnol
et 60 % de duels aériens gagnés, tandis que les at-
taquants en perdent (46,6 %et 34 %). Ces données Cette analyse porte sur 262 mi-temps
sont intéressantes mais ne permettent pas de savoir d'attaquants, 616 mi-temps de milieux défensifs
si lil balle a été perdue à la suite d'un duel aérien axiaux, 100 mi-temps de milieux excentrés, 82
(notamment). En effet, un joueur peut gagner le duel mi-temps de milieux offensifs axiaux, 212 mi-
sans qu'un partenaire ne puisse récupérer la balle. temps de défenseurs latéraux et 624 mi-temps de
Le deuxième ballon est très important lors du duel défenseurs centraux ayant participé à l'intégralité
aérien. Un attaquant esseulé peut gagner le duel de la rencontre (quantitative) ou à une mi-temps
milis son équipe perdra automatiquement la balle complète (qualitative).
s'il est entouré d'adversaires.
En animation offensive, les attaquants ont la plus 4.2.1 Analyse quantitative physique
grande activité physique qualitative quelle que
soit l'allure analysée (trois fois plus de distance de
sprints que les défenseurs centraux) mais ils repré- 4.2. 7. 7 Distance totale parcourue
sentent les joueurs qui touchent le moins de ballons
Les défenseurs centraux et les arrières
(43,04) et surtout qui en perdent le plus (30% à
latéraux sont les joueurs qui parcourent le moins de
95 % de plus que les autres joueurs). Ces chiffres
distance, soit respectivement 10 496 met 10 649 m
s'expliquent par le fait qu'ils essaient sans cesse de (Figure 11 et Tableau 219). Tous les milieux de
se démarquer et à réception du ballon, ils tentent terrain arrivent à dépasser les 11 000 m, avec la
quelque chose dans des conditions de jeu plus den- plus grande activité pour les milieux défensifs
ses. Leur rôle est de faire la différence et donc si axiaux (11 247 m).
les pourcentages de dribbles réussis (50,87 %) et
de passes réussies (70 %) sont les plus faibles, c'est 4.2. 7.2 Distance totale parcourue quand
parce que les joueurs à vocation défensive sont plus
l'équipe n'est pas en possession de la balle
attentifs et leur laissent moins d'espace. Cependant
cette prise de risque des attaquants est voulue et En animation défensive, les joueurs à
tolérée. Les arrières latéraux participent eux aussi vocation offensive parcourent le moins de distance,
iOI'tement (58,88 possessions) aux phases offensi- ils participent peu aux phases défensives même s'ils
ves et ils représentent les joueurs qui effectuent le se replacent dans un premier temps, ils sont moins
plus de passes vers l'avant (30% de plus que les actifs (3 273 m pour les attaquants et 3 586 m pour
autres joueurs et 160% de plus que les attaquants). les milieux offensifs axiaux). Au contraire, ce sont
Enfin, le nombre de touches de balle moyen est le les joueurs à vocation défensive qui courent le plus
r Figure 11

Distance totale parcourue, 12000


en possession et en non-
possession de la balle E 10000 ototal
c
dans le championnat Gl

espagnol selon les postes, Gl 8000 quand l'équipe est en


2:::1 1111

données Amisco possession de la balle


~ 6000 D quand l'équipe n'est pas
a en possession de la balle
B
c
4000
~ 2000
ë
0
Attaquants Milieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs
défensifs excentrés offensifs latéraux centraux

(Figure 11 et Tableau 19) et notamment les milieux exactement l'inverse. Enfin les milieux défensifs
défensifs qui dépassent les 4 000 m parcourus. axiaux ont toujours une activité importante quelle
que soit la phase de jeu (Tableau 19).
4.2. 7.3 Distance totale parcourue quand
l'équipe est en possession de la balle 4.2.2 Analyse qualitative physique
À l'inverse, les joueurs à vocation offensive
effectuent la plus grande distance (de 3 886 m à 4.2.2. 7 Distance totale parcourue en sprints
3 957 m), ils parcourent plus de 494 m à 755 m (<': 24 km/h)
(Figure 9 et Tableau 19) que les défenseurs.
Les attaquants effectuent la plus grande
4.2. 7.4 Ratio des courses quand l'équipe distance en sprint (260,04 m) de par leurs appels
est en possession de la balle/quand l'équipe et leurs mouvements réguliers tandis que les
n'est pas en possession de la balle défenseurs centraux effectuent la moins grande
distance (193,64 m). La différence de distance
Le ratio est systématiquement supeneur parcourue en sprint entre attaquant et défenseur est
à 1 donc l'activité des joueurs est équilibrée de l'ordre de 67 111 ! Ces données vont directement
sur les plans offensif et défensif. Ainsi, en phase orienter l'entraînement. Quand l'équipe a la balle
d'animation offensive, les défenseurs centraux les valeurs sont identiques. Les attaquants effectuent
sont moins sollicités alors que les attaquants sont exactement quatre fois plus de distance en sprints
plus actifs. En phase d'animation défensive c'est qu'un défenseur central et de 43 111 à 88 111 de plus

Figure 12
300
Distance totale parcourue
en sprint (~ 24 kmlh),
250
en possession et en non-
possession de la balle E 200 ototal
dans le championnat c
Gl
Gl 1111 quand l'équipe est en
espagnol selon les postes, (,) 150 possession de la balle
c
données Amisco .fl c:J quand l'équipe n'est pas en
Ill
ë 100 possession de la balle

50

0
Attaquants Mlieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs
défensifs excentrés offensifs latéraux centraux

20
ANALYSE DE L' AQIVITË DU FOOTOALLEUI"\

Figure 13

350- Distance totale parcourue


en course haute intensité
300- (21-24 km/h), en possession
250 o total et en non-possession de la
E balle dans le championnat
c:
QI 200 Ill quand l'équipe est en espagnol selon les postes,
QI
u possession de ta balle
c: données Am iseo
...
l'Il 150 -
1/J o quand l'équipe n'est pas en
ëi 100 - possession de la balle

50

0 -.
Attaquants Mlieux Mlieux Mlieux Arrières Défenseurs
défensifs excentrés offensifs latéraux centraux

que les autres joueurs (Figure 12 et Tableau 19). Cette replacement et qui sont moins concernés par ces
donnée va directement influencer l'entraînement phases défensives. La participation défensive des
spécifique des attaquants. milieux offensifs devrait être plus importante,
toutefois elle correspondrait à des courses de basse
Quand l'équipe n'a pas la balle, les chiffres s'inver-
intensité.
sent, c'est-à-dire que ce sont les défenseurs qui effec- Tableau 16
tuent la plus grande distance en sprints (défenseurs La distance totale parcourue en sprint représente de
1,81 % à 2,43 % de la distance totale parcourue. Pourcentage de la distance
axiaux 133,8 m à arrières latéraux 140)1 m) tandis
De même, les courses à haute intensité (21-24 km/ totale parcourue en course
que les attaquants en font deux fois moins. Les mi-
h) représentent 2,15 %à 2,76 %de la distance tota- haute intensité (21·24 km/h),
lieux offensifs ont également des valeurs faibles.
le parcourue (Tableau 16). Nous devons prendre en en possession et en non·
compte à la fois des données quantitatives et quali- possession de la balle dans
4.2.2.2 Nombre de sprints
tatives. Les données qualitatives sont plus adaptées le championnat espagnol selon
ils varient de 8,80 à 11,98 sprints pat· match. pour orienter directement l'entraînement. les postes, données Amisco
Les attaquants en font le plus, ils accumulent la plus
grande distance en sprints, qui représentent 2,43 %
de leur distance totale parcourue. Au contraire,
les défenseurs centraux et les milieux défensifs ···%de la
sont ceux qui en font le moins et qui accumulent distance en
la plus petite distance en sprint, qui représente •· cCiürse•ha'ute
1,81 % et 1,84 % de leur distance totale parcourue
(Tableaux 16 et 19). ·':.-'.:'.}~:'.:: <:

4.2.2.3 Distance totale parcourue en course ••••;}f:/:,.,,',i·•;••i. ... :, .


haute intensité (21-24 km!h) ;~

Ce sont les milieux excentrés qui effectuent Attaquants 260,04 2,43 288,64 2,69
la distance la plus grande (31 0,62 m), ce qui
démontre qu'en championnat espagnol, ces mi 1ieux
sont particulièrement actifs. Quand l'équipe a la
balle, ce sont les défenseurs centraux qui ont une
activité moindre. Ils effectuent seulement 51,28 m
à cette allure soit environ trois fois moins que les
attaquants et de 42 m à 121 m de moins que les
autres joueurs. ils participent au jeu surtout par
des passes et ne sont pas très actifs en animation
offensive (Figure 13 et Tableau 19). Les attaquants
parcourent le plus de distance à cette allure quand
l'équipe a la balle (178,22 m). Tous les joueurs ont
une distance parcourue homogène quand l'équipe
n'a pas la balle, excepté les attaquants et les milieux
offensifs qui participent certainement moins au

21
-1\818~.. ÔE ÙNIIV\IIQENIENI À LA ~!1110~vl>'li4(E Ei4 F88l8...LL

4.2.3 Analyse qualitative physico-technique 4.2.4 Analyse qualitative technique

4.2.4. 1 Les passes


4.2.3. 7 Les duels au sol
L'ensemble des joueurs réussit entre 73,56%
et 79,11 % ses passes (Tableau 18). Les attaquants
Les défenseurs sont ceux qui gagnent le
ont la valeur la plus basse (73,56 %). Cette donnée
plus de duels au sol, à hauteur de plus de 55 %
s'explique par le fait qu'ils sont amenés à prendre
(Tableau 17) tandis que les attaquants en perdent
plus de risques et qu'ils évoluent dans une zone ol.1
le plus (47,70% de duels gagnés). Concernant
la densité de joueurs adverses est plus importante.
les dribbles, les attaquants en réussissent le moins
Les milieux excentrés ont également un taux de
(51,03 %) car ils sont dans des zones très denses, et,
passes réussies plus bas que les autres joueurs
s'ils arrivent à dribbler, ils peuvent faire la différence.
(76,60 %), ils évoluent dans une zone dense et plus
Les milieux excentrés présentent un taux de réussite
limitée aux niveaux des possibilités de passes. Ils
aux dribbles (61,89 %) supérieur aux autres joueurs peuvent être enfermés et ils effectuent également de
(excepté les défenseurs centraux). Ces données nombreux centres (qui sont plus souvent interceptés
témoignent encore de l'importance des milieux par les défenseurs).
excentrés dans le championnat espagnol où le
danger vient très souvent des zones latérales. Un élément important dans l'animation offensive
réside dans le nombre de passes vers l'avant. Les
attaquants, de par leur position, ne peuvent en ef-
4.2.3.2 Les duels aériens fectuer beaucoup, excepté lorsqu'ils« décrochent»
comme Thierry Henry ou l<arim Benzema. De ce
fait, les attaquants effectuent deux fois moins de pas-
Les défenseurs gagnent le plus de duels ses vers l'avant que leurs partenaires (Tableau 18).
aériens (entre 59,44 % et 61,48 %) et de ce fait les Au contraire, les arrières latéraux effectuent plus de
attaquants et les milieux offensifs axiaux en gagnent passes vers l'avant que leurs partenaires (18,28). Le
Tableau 17 très peu, respectivement 39,38 % et 40,19 % rôle de l'arrière latéral est de jouer régulièrement
(Tableau 17). Les joueurs étant le plus soumis à vers l'avant car ses possibilités de jeu latéral sont li-
Analyse des duels au sol ces types de duels sont les attaquants, les milieux mitées à un seul côté (intérieur) et ses possibilités de
et des duels aériens dans le offensifs axiaux et donc forcément les défenseurs. jeu en retrait sont limitées à son gardien et aux dé-
championnat espagnol selon Rappelons que ce sont les deuxièmes ballons qui fenseurs centraux. Ils privilégieront les passes dans
les postes, données Am iseo sont les plus importants car on peut gagner les les intervalles pour les milieux centraux, les passes
duels aériens et perdre la balle aussitôt si l'on est le long de la ligne pour les attaquants ou les milieux
esseulé. excentrés et les changements d'aile.
. ,.,_.
Nombre de duels au sol . ' ,.
%de duels %de duels
···: ibtar·· %de dribbles
gagnés aériens total au sol
réussis
gagnés gagnés

Attaquants n = 262 6,28 ± 3,0 2,70 ± 1,8 39,38% 12,40 ± 4,2 47,70% 51,03%

48,99% 11,04 ± 4,1 50,13% 55,50%

Milieux excentrés n = 100 2,74 ± 1,6 1,24 ± 0,9 46,46% 8,94 ± 3,5 49,66% 61,89%

Milieux offensifs
1,02 ±0;8. 40,19% 12,66 ± 4,3 50,75% 52,92%
axiaux

Arrières latéraux n =212 3,28 ± 1,6 2,02 ± 1,2 61,48% 6,86 ± 2,9 54,20% 53,10%
.-. ~'[.:?<~· ~\~"·>: ·.: ·:· •;: .':'.: .. •''' .; ..
..
Défenseurs centraux · . '4;60.±<1 ,9 2,80 ± 1,4 59,44% 7,24 ± 2,9 56,04% 67,46%

22
ANALYSE DE L'ACTIVITÉ DU FOOT()ALLEUf\

~1.2.4.2 Les possessions de balle 2,32 et 2,26 tdb) car ils dribblent beaucoup et ils
doivent garder la balle.
Le nombre de possession se situe entre 41,50
pour les attaquants et 60,96 pour les arrières latéraux 4.2.5 Conclusion sur le championnat
(Tableau 18). Les attaquants (41,50) et les défenseurs espagnol
centraux (43AO) ont des valeurs de possessions
inférieures de 32 % et 29% aux possessions des L'analyse de l'activité durant 1 896 mi-
milieux offensifs axiaux (60,96). De plus, ils ont un temps de joueurs issus du championnat espagnol a
nombre de possessions limité et présentent le plus permis de dresser une cartographie précise de son
haut taux de perte de balle soit 3,6 ballons perdus déroulement.
sur 10 possessions. Les attaquants sont les joueurs
qui perdent le plus de balles étant donné leurs prises En animation défensive, les attaquants sont les
de risques et la zone dans laquelle ils évoluent. Au joueurs qui parcourent le moins de distance. Par
contraire, les joueurs à vocation défensive sont les exemple, ils effectuent deux fois moins de sprints
joueurs qui prennent le moins de risque quand ils que les défenseurs. À la perte de la balle, ils partici-
reçoivent la balle; ils ont une perte de 2,6 à 2,8 pent dans un premier temps au replacement collec-
ballons sur 10 possessions tandis que les milieux tif en bloquant la sortie de balle adverse (action plus
perdent entre 2J et 3 ballons sur 10 possessions. explosive) puis, à partir du moment où leur rideau
est percé ils participent peu à l'animation défensive
ou alors uniquement par des courses lentes. Ce sont
4.2.4.3 Le nombre de touches de balle moyen
su1·tout les défenseurs et les milieux défensifs qui
en possession (tdb) et temps de possession participent le plus (données quantitatives) quelles
que soient les allures analysées. Les défenseurs ga-
Les défenseurs ont un nomb1·e de touches gnent le plus de duels, soit 55 %des duels au sol et
cie balle moyen de 1J6, leur jeu est simple, fait 60,4 % de duels aériens, tandis que les attaquants
cie relances en une ou deux touches de balle à la et les milieux offensifs en perdent le plus (39,4% et
suite d'un duel ou d'une interception. Leur temps 40,2 %). Ces données ne prennent pas en compte
de possession total durant un match est de 43 les deuxièmes ballons qui sont très importants lors
secondes, soit le plus faible. Pour comparaison, du duel aérien.
les milieux offensifs ont un temps de possession de
balle total presque deux fois plus important que les En animation offensive, les attaquants ont la plus
défenseurs centraux. Ces milieux offensifs espagnols grande activité physique quelle que soit l'allure Tableau 18
conservent la balle plus longtemps, soit entre 16,81 analysée (quatre fois plus de sprints que les défen-
et 40,15 secondes de plus que leurs partenaires. seurs) mais ils représentent les joueurs qui touchent Analyse technique des joueurs
Comme dans le championnat anglais, ce sont les le moins de ballons (41,5) et surtout qui en perdent dans le championnat espagnol
attaquants et· les milieux offensifs qui ont le plus le plus (3,6 balles perdues sur 10 possessions). Ces selon les postes, données
grand nombre de touches de balle (respectivement chiffres s'expliquent par le fait qu'ils tentent plus de Amisco

Possession de .la balle · ,


Nombre de Nombre moyen de
%de passes . touches de balle
passes vers nombre de
réussies en possession
l'avant possessions
'

Attaquants N= 262 73,56% 6,52 ± 2,60 41,50 ± 7,2 0,36 ± 0,13 55,87 ± 16,3 2,32

Milieux défensifs N= 616 78,05% 14,13 ± 4,14 53,60 ± 9,8 0,27 ±'0;13. '' ,., 63,61.± ~7,9, 2,03
:·:ù)~~\;~~.::.~·. '": ·.~:.::'' .· ~ '

Milieux excentrés N= 100 76,60% 14,44 ± 4,34 55,30 ± 9,7 0,30±0,13 67,23 ± 18,0 2,03

Milieux offensifs n =82 77,62% 13,42 ± 3,99


' ~ ., .. ·: .

Arrières latéraux N=212 79,11% 18,28 ± 4,93 54,38 ± 10,7 0,26 ±0,13 54,4 ± 15,6 1,79

Défenseurs centraux N= 624 77,40% 15,32 ± 4,49 43,40 ±'9,7


L ·~-- ·~··: '·
.. , . t . . . . .~ • . •

23
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3 - g:
-· en
<1>CD
n
CD
n 0 en
0 :::1

~6~2~: 1 181,06 ± 57,4 1 68,06 ± 30,2 1 ~~;~~; ~ 1 178,22 ± 40,0 1 93,01 ± 32,2 1 11,98 ± 3,1

2.0~.34 93,32 ± 58,7


103,28 ± 0
1 L/~~ ~:!: 1Ao6.32±46.4l157.44±46;1 1 9,50±3,3
:!;76,4 41 ;5

Milieux 31
~;~~'
3 642,96 ± 250,8 ± 105,14 ±
137,48 ± 51,5 1 1143,54 '48,2 1 152,70 ± 42,6 1 11,70 ±3,0
excentrés 546,2 71,5 41,9

Milieux-
138,06 ± 52,0 71,88 ±35,0 L<~1~; ~ ~ ~.~~:7~t;~2?: 1 94,24 ± 37,3 11 o;6o ± 2,9
, ...

1
140,71 ± 284 80
99,32 ± 49,5 · ± 1 92 ' 96 -+ 35 '1 1 175,02 ± 40,0 111,04 ± 3,1
54,7
50,7

.. , ·i..

.·2261 n+:· .. ·-·.>·:.. -·<':'."ij_·, :Je:._ ---->·.,.'. ':. .: . .


'47 02 ..: 39 4 -1
' - '
ù 44,1
3 38
· ± 3;
5 8
--·1 51-,28±~9-;a· 1 ~14{1-4±37,81 8;80 ± 2,7 _-
<- . --.-.-- ·'
ANALYSE DE L'AŒVITË DU FOOTOALLEUI\

choses dans des conditions de jeu plus denses. Leur 4.3.1 Analyse quantitative physique
rôle est de faire la différence et donc si les pour-
centages de dribbles réussis (51,03 %) et de passes
réussies (73,56 %) sont les plus faibles c'est parce 4.3.1.1 Distance totale parcourue
que les joueurs à vocation défensive sont plus at-
tentifs et leur laissent moins d'espaces. Cependant L'analyse de la distance totale montre que
cette prise de risque des attaquants est voulue. Les les valeurs varient entre 10 168 m et 11 540 m
milieux offensifs, les milieux excentrés et les arriè- (Figure 14). Les valeurs minimales concernent
res latéraux participent le plus aux phases offensives les cléfenseUI'S centraux et les valeurs maximales
(respectivement 60,96; 55,30; 54,38 possessions). concernent les milieux offensifs. Nous remarquons
Les arrières latéraux, à l'instar elu championnat an- que le volume de jeu des milieux de terrain
glais, représentent les joueurs qui effectuent le plus (défensifs, offensifs ou excentrés) est très important.
de !Jasses vers l'avant (18,28). Enfin, le nombre de Ce poste requiert des qualités aérobies au-dessus de
la moyenne, car le joueur fait plus de 11 000 m.
touches de balle moyen est le plus grand chez les
milieux offensifs (2,26) et les attaquants (2,32) car
ils doivent conserver la balle, temporiser et peut- 4. 3.7. 2 Distance totale parcourue quand
être doivent-ils plus dribbler que ceux elu cham- l'équipe n'est pas en possession de la balle
pionnat anglais. Toutefois, ce sont les milieux offen-
sifs qui conservent le plus la balle, soit entre 16,81 Quand l'équipe n'est pas en possession du
et 40,15 secondes de plus que leurs partenaires. Les ballon, nous remarquons que ce sont les milieux
défenseurs effectuent 1,76 tdb. Ce sont les premiers offensifs qui parcourent le plus de distance
relanceurs, ils jouent régulièrement en 1 tdb à la (4 112 m), les attaquants en parcourant le moins
suite d'une interception ou d'un duel gagné. Leurs (3 482 m). Nous imaginons qu'à la suite de la perte
actions se définissent comme un enchaînement de de balle dans la zone offensive, les attaquants sont
duels, de relances courtes ou longues mais sans une battus donc ils se replacent lentement en dehors du
grande conservation individuelle de la balle. bloc équipe. Les milieux offensifs (voire le milieu
offensif seul) deviennent les premiers défenseurs de
l'équipe et doivent très vite harceler le porteur de
balle adverse pour l'empêcher de jouer une attaque
Les données importantes 1·apide dangereuse.

Les attaquants effectuent 260,04 mde sprints (dont43 mà 88 m


de plus que les joueurs en possession de la balle). Ils font douze 4.3. 7.3 Distance totale parcourue quand
sprints par match. Les attaquants elfectuent également deux fois l'équipe est en possession de la balle
moins de passes vers l'avant que leurs partenaires. Ils doivent
effectuer beaucoup d'actions explosives et ils doivent également Quand l'équipe est en possession du ballon,
maîtriser le jeu dos au but étant donné qu'ils effectuent beaucoup nous remarquons que ce sont les milieux offensifs
de passes en retrait. Ils servent souvent de point de fixation ou de qui parcourent le plus de distance (4 073 m) au
point d'appui. contraire des défenseurs centraux qui en parcourent
Concernant les données générales de l'équipe, 73,56% à79,11 % le moins (3 117 m). En effet, les défenseurs centraux
des passes sont réussies, le nombre de touches de balle moyen sont en place« face au jeu », ils restent en retrait de
se situe entre 1,76 et 2,32 et le temps de possession total des la construction du jeu donc leurs appels de balle
milieux offensifs est de 84,04 s; et celui des défenseurs centraux sont limités. Les milieux offensifs mettent en valeur
de 43,89 s. leur qualité aérobie en alternant des appels dans
les intervalles ou en profondeur. Nous osons donc
imaginer qu'ils touchent beaucoup plus de ballons
que leurs équipiers.

4.3 Analyse du championnat 4.3. 7.4 Ratio des courses quand l'équipe est
allemond en possession de la balle/quand l'équipe
n'est pas en possession de la balle
Cette analyse porte sur 322 mi-temps
d'attaquants, 692 mi-temps de milieux défensifs llesttoujourssupérieurà 1 et nous retrouvons
axiaux, 68 mi-temps de milieux excentrés, un équilibre des courses en animations offensive et
14 mi-temps de milieux offensifs axiaux, 96 mi- défensive. Le profil et le poste du joueur l'amènent
temps de défenseurs latéraux et 570 mi-temps de à courir davantage en possession du ballon ou
défenseurs centraux ayant participé à l'intégralité en non-possession. Une tendance se confirme:
de la rencontre (quantitative) ou à une mi-temps les attaquants couvrent plus de terrain en phase
complète (qualitative). offensive que défensive, ce qui paraît évident !

25
F • ÔE t'ENII\AINEMENI A LA PEIIFOIVYIANCE EN füüllJACL

E o total
c
Gl
~ 1111 quand l'équipe est en
~ possession de la balle
8 o quand l'équipe n'est pas
td en possession de la balle
Q.
(!)
(.)
c
~
ë

Attaquants Miieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs


défensifs excentrés offensifs latéraux centraux

Figure 14 4.:3.2 Analyse qualitative physique complet (capacité à répéter les efforts et prendre de
vitesse pour porter le danger).
Distance totale parcourue,
en possession et en non· 4.3.2. 7 Distance totale parcourue en sprints 4.3.2.2 Nombre de sprints
possession de la balle dans le (~ 24 km!h)
championnat allemand selon Ils varient de 8,04 à 15 par match. Les
les postes, données Amisco Les milieux offensifs, les mi lieux excentrés milieux offensifs placés derrière les attaquants sont
puis les attaquants sont les joueurs qui parcourent les joueurs qui font le plus de sprints, alors que
le plus de distance en sprint (Figure 15). Nous les défenseurs centraux sont ceux qui en font le
retrouvons bien sûr les joueurs à vocation offensive, moins.
à qui nous demandons d'exploser vers l'avant avec
ou sans ballon. Les joueurs offensifs sont de plus 4.3.2.3 Distance totale parcourue en course
Figure 15 en plus rapides et explosifs. Bien sûr, ces courses haute intensité (2 7-24 km/h)
en sprint, chez les joueurs offensifs, se retrouvent
Distance totale parcourue quand l'équipe a le ballon et doit faire le jeu. Pour Ce sont les milieux excentrés « de couloir"
en sprints(;::: 24 km/h), étirer l'adversaire, les joueurs offensifs multiplient qui font le plus de courses de haute intensité avec
en possession et en non· les appels en profondeur. En ce qui concerne les les offensifs. Ces courses hautes intensités avec les
possession de la balle dans le milieux excentrés voire les ailiers modernes, leur sprints sont sans doute déterminantes, car, quand il
championnat allemand selon qualité de vitesse est déterminante: le 4-4-2 avec y a un but ou une action de but, nous remarquons
!es postes, données Amisco deux milieux excentrés exige un profil physique qu'il y a toujours un sprint voire plusieurs, ou une

o total

ii quand l'équipe est en


possession de la balle
o quand l'équipe n'est pas en
possession de la balle

Attaquants Milieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs


défensifs excentrés offensifs latéraux centraux

26
ANALYSE DE L'ACTIVITÉ DU FOOTOALLEUI\

Tableau 20
course haute intensité voire plusieurs. Nous disons
souvent que ces courses font<< la différence», d'où Pourcentage de la distance
l'intérêt que nous leur portons. Quand l'équipe n'a totale parcourue en course
pas le ballon, les milieux excentrés sont ceux qui haute intensité (21·24 kmlh),
font le plus de courses de haute intensité (Figure 16). en possession et en non·
En effet, ils couvrent un très grand espace sur possession de la balle dans le
le terrain. Leur rayon d'action est maximal. En championnat allemand selon
revanche, quand l'équipe a le ballon, les joueurs les postes, données Amisco.
offensifs, quels qu'ils soient, sont ceux qui font le
plus de course de haute intensité au contraire des
cléienseurs centraux qui en font très peu (55 m).
Une autre donnée nous paraît très importante, il
s'agit de la part de chaque seuil par rapport à la dis-
tance totale : nous remarquons que le pourcentage
de sprint/distance totale est maximal chez les arri-
ères latéraux (2,87 %) ce qui atteste que ce poste
exige des qualités de vitesse indéniables même si le
volume total des courses est moyen. Au contraire, le
pourcentage de sprint/distance totale est faible chez
le milieu défensif axial (1,93 %), sans doute parce
qu'il reste en place en contrôlant les déplacements
adverses par le biais de courses à faible intensité.
Le pourcentage de courses haute intensité/distance
totale est à l'avantage du milieu offensif soit 3,24% 4.J.J Analyse qualitative physico-technique
de la distance totale (Tableau 20). Ces données
qualitatives varient en fonction elu poste et des exi-
gences physiologiques de celui-ci. Elles sont à nos 4.3.3. 7 Les duels au sol
yeux primordiales pour déterminer les charges et les Les arrières centraux et les défenseurs
intensités d'entraînement. latéraux sont les joueurs qui gagnent le plus de duels Figure 16
au sol respectivement 56% et 57%, alors que les
attaquants en gagnent seulement 45% (Figures 17 Distance totale parcourue
et 18). Cela paraît évident car les attaquants sont en course haute intensité
souvent en infériorité numérique et reçoivent des (21-24 km/h), en possession
ballons difficiles à négocier en général plus à et en non-possession de la
l'avantage des défenseurs adverses. Les qualités de balle dans le championnat
gain en duels sont meilleures chez les défenseurs: allemand selon les postes,
les joueurs sont placés à un poste en fonction des données Amisco.

o total
E
c:
C1l 11 quand l'équipe est en
C1l
1.) possession de la balle
c:
œquand l'équipe n'est pas
~ en possession de la balle
i5

Attaquants Milieux Mlieux Milieux Arrières Défenseurs


défensifs excentrés offensifs latéraux centraux

21
d'lùitre 1 ' . DE 1'ENJrlAjNfMFNT À 1A PEP.mBMAN(f fN fOOIDAI 1
' 1 ,• l 1 ~

11 Total de duels
aériens
o Total duels
aériens gagné
G Total de duels au
sol

Attaquants Milieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs


défensifs excentrés offensifs latéraux centraux
axiaux

Figure 17 qualités ex1gees en l'occurrence des qualités de 4.J.4 Analyse qualitative technique
duel, de concentration, d'anticipation, de rigueur ...
Analyse des duels aériens Ce principe est aussi valable pour le pourcentage
et au sol dans le championnat 4.3.4. 7 Les passes
de dribbles réussis en faveur des milieux offensifs
allemand selon les postes, (63 % de dribbles réussis). En règle générale, les joueurs allemands
données Amisco réussissent plus de 72 %, de leurs passes (ent1·e
4.3.3.2 Les duels aériens 72 % pour les attaquants et 83 % pour les milieux
excentrés). Ce chiffre peut être surprenant pour
Les défenseurs axiaux sont ceux qui gagnent
les milieux excentrés, car nous pouvons imagine1·
le plus de duels aériens, 62 %(Figures 17 et 18). Ils
que ce sont davantage des latéraux de formation
prennent très souvent le dessus sur les attaquants
plutôt que des ailiers qui occupent ce poste dans un
dans le jeu de tête. Le profil des attaquants clans
système de 4-4-2 voir 3-5-2 d'où une prise de risque
le football moderne tend à évoluer. Nous recrutons
minimale dans les passes.
davantage des attaquants rapides, explosifs plutôt
Figure ·lB que des attaquants pivots, athlétiques. Les arrières latéraux et les défenseurs centraux sont
les joueurs qui font le plus de passes vers l'avant,
Analyse des pourcentages respectivement 21,44 et 15,16. Ces joueurs sont
de réussite de duels aériens placés dans une zone de construction « conforta-
et au sol dans le championnat ble, où le harcèlement et le pressing sont quasi
allemand selon les postes, nuls, surtout si le bloc adverse est replacé à hauteur
données Amisco de la médiane en position d'attente passive.

50%

40% Ill! % de duel au sol


gagné
30% o % de dribbles
réussis
20%
El% de duels
10% aériens gagné

0%
Attaquants Milieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs
défensifs excentrés offensifs latéraux centraux
axiaux

28
90

• nombre de possession

60
o te!11)s de possession de
la balle en secondes

30

0
Attaquants Milieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs
défensifs excentrés offenstfs latéraux centraux

4.3.4.3 Nombre de touches de balle moyen en Figure 19


4.3.4.2 La possession de balle
possession (tdb) et temps de possession
La fourchette de. possession de balle est Analyse du nombre de
comprise entre 39,6 pour les défenseurs centraux Les défenseurs centraux sont les joueurs possessions et du temps
et 57,70 pour les milieux offensifs (Figure 19). Les qui effectuent le moins de touches de balle par de possessions dans le
attaquants présentent un des nombres de possessions possession (1,92) d'où un temps de possession championnat allemand selon
de balle les plus faibles (40,72) et le plus grand ratio total faible de l'ordre de 49,22 secondes par match les postes, données Amisco
perte/nombre de possessions. En effet, ils perdent (Figures 19et 21). Leposteexigedejouerrapidement
3,2 ballons sur 10 possessions (Figure 20). Nous pour mettre du rythme et créer des décalages
remarquons également que les défenseurs latéraux (contrôle/passe le plus souvent). Au contraire des
réalisent le plus grand nombre de passes vers l'avant milieux excentrés et des milieux offensifs qui font
(21,44) ce qui montre sans doute une volonté et des plus de touches de balle (2,28 et 2,49 tdb) et qui la
consignes du coach de relancer en passant par les conservent le plus (respectivement 82,23 secondes
Figure 20
côtés, un souci de construire ses actions et non de et 78,71 secondes). Tout d'abord parce que ce sont
<·jeter des ballons longs>> vers la ligne d'attaque. des accélérateurs de jeu qui font des percussions Analyse du ratio perte de
" balle au pied ))'et aussi parce qu'on leur demande balle/nombre de possessions
de temporiser pour conserver le ballon ou préserver dans le championnat allemand
un résultat. selon les postes, données
Amisco

0,35
0,3
0,25
0,2
0,15
0,1
0,05
0
Attaquants Milieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs
défensifs excentrés offensifs latéraux centraux

29
'1 ~ ','J", ~ :r l 1 ,., 1\ . , \' \ '
'rf' .. :. Uhooitre.1
j, ~ " •
E L ENTAAINEMENT A LA PEil,FOWAANCE EN FOOTOALL

2,5

1,5

0,5

0
Attaquants Milieux défensifs Milieux Milieux offensifs Arrières latéraux Défenseurs
excentrés centraux

Figure 21 4.:3.5 Conclusion sur le championnat même, nous relevons que ce sont les arrières laté-
allemand raux qui présentent le plus haut ratio de sprints par
Analyse du nombre de touches rapport à leur distance totale parcourue (2,87 %),
de balle moyen dans le L'analyse de l'activité durant 1 762 mi- ce qui explique l'importance de leurs qualités de
championnat allemand selon temps des joueurs issus du championnat allemand vitesse et leur capacité à répéter des sprints indis-
les postes, données Am iseo a permis de dresser une cartographie précise de son pensables dans le football moderne.
déroulement.
Les milieux offensifs représentent les joueurs qui
En animation défensive, les attaquants sont les touchent le plus cie ballons (57,70) avec un nombre
joueurs qui parcourent le moins de distance. À la de touches de balle moyen de 2,28; un temps de
perte de la balle, ils participent dans un premier possession de 71 secondes et surtout peu de balles
temps au replacement collectif en bloquant la sortie perdues (un peu plus de 2 /1 0). Ils évoluent dans des
de balle adverse (action plus explosive) puis, à partir zones très denses dans lesquelles ils devront systé-
du moment où leur rideau est percé ils participent matiquement prendre les intervalles et la profondeur
peu à l'animation défensive ou alors uniquement tout en percutant et/ou en conservant la balle.
par des courses lentes. Ce sont les milieux de ter- Les joueurs effectuent entre 72 % et 83 % de pas-
rain qui ont la plus grosse activité (plus de 11 000 m ses réussies. Les milieux excentrés sont ceux qui en
parcourus), d'où l'importance qu'ils aient une capa- réussissent le plus, ce qui est intéressant car ils évo-
cité aérobie optimale. Concernant des allures plus luent dans des zones de jeu limité. Les défenseurs
intenses, ce sont les milieux excentrés et les défen- latéraux et à un degré moindre les défenseurs cen-
seurs qui parcourent le plus de distance en course traux, à l'instar des championnats anglais et espa-
haute intensité et en sprints. Ces données témoi- gnol, représentent les joueurs qui effectuent le plus
gnent d'une activité très importante en animation de passes vers l'avant (21 ,44). Ces joueurs sont pla-
défensive, notamment pour les joueurs de couloir cés dans une zone de construction « confortable »
qui doivent empêcher les adversaires de passer par où le harcèlement et le pressing sont quasi nuls sur-
les côtés Les défenseurs gagnent le plus de duels, tout si le bloc adverse est replacé à hauteur de la
soit 59% de duels gagnés au sol et 56,59 %, de médiane en position d'attente passive.
duels aériens gagnés, tandis que les attaquants en
perdent le plus (36,4% et 45,89 %). Ces données
ne prennent pas en compte les deuxièmes ballons,
si importants lors du d1Jel aérien.

En animation offensive, les attaquants et les milieux


offensifs ont la plus grande activité physique quelle
que soit l'allure analysée. Les attaquants effectuent
notamment 3,5 fois plus de sprints que les défen-
seurs centraux car ils doivent étirer le bloc adverse,
travailler dans la profondeur et se démarquer. Les
milieux excentrés présentent également des valeurs
fortes quelle que soit l'allure étudiée. Ils doivent être
des joueurs complets, c'est-à-dire avec une capaci-
té aérobie et une capacité à répéter des sprints. De

30
de la moyenne, car le joueur fait plus de 11 000 m
~es données importante voire plus de 12 000 m.
Les milieux offensifs eflectuent 331 rn de sprint dont 219 rn en
possession de la balle, soit plus que la distance totale en sprint
que les défenseurs et les milieux défensifs. Ils font 15 sprints/ 4.4. 1.2 Distance totale parcourue quand
matchs. Ils doivent systématiquement laire des appels dans les in- l'équipe n'est pas en possession de la balle
tervalles, dans la profondeur, sur les côtés afin de se démarquer.

Concernant les données générales de l'équipe, 72% à 83 %des Quand l'équipe n'est pas en possession du
passes sont réussies, le nombre de touches de balle moyen se
ballon, nous remarquons que ce sont les milieux et
situe entre 1,92 tdb et 2,9 tdb et le temps de possession totale des
surtout les milieux excentrés qui parcourent le plus
milieux excentrés est de 82,23 secondes conlre 49,22 secondes
concernant les défenseurs centraux. de distance (4 302 m) au contraire des attaquants qui
en parcourent le moins (3 565 m). Nous imaginons
qu'à la perte de balle dans la zone offensive,
les attaquants sont battus donc ils se replacent
4.4 Analyse du championnat français lentement en dehors du bloc équipe. De ce fait,
les milieux deviennent les premiers défenseurs de
l'équipe et doivent très vite harceler le porteur de
Cette analyse porte sur 464 mi-temps
balle adverse pour l'empêcher de jouer une attaque
d'attaquants, 952 mi-temps de milieux défensifs
rapide dangereuse.
axiaux, 202 mi-temps de milieux excentrés, 166
mi-temps de milieux offensifs axiaux, ï56 mi-
temps de défenseurs latéraux et 1000 mi-temps de
défenseurs centraux ayant participé à l'intégralité 4.4. 1.3 Distance totale parcourue quand
de la rencontre (quantitative) ou à une mi-temps l'équipe est en possession de la balle
complète (qualitative).

Quand l'équipe est en possession du ballon,


4.4.1 Analyse quantitative physique nous remarquons que ce sont les milieux excentrés
et offensifs qui parcourent le plus de distance
4.4.1.1 Distance totale parcourue (4 358 met 4121 m) au contraire des défenseurs
centraux qui en parcourent le moins (3 342 m). En
L'analyse de la distance totale parcourue effet, les défenseurs centraux sont en place, « face
montre que les valeurs varient entre 10 425 m au jeu», ils restent en retrait de la construction Figure 22
et 12 029 m (Figure 22). Les valeurs minimales du jeu donc leurs appels de balle sont limités. Les
concernent les défenseurs centraux et les valeurs milieux de couloirs et offensifs mettent en valeur Distance totale parcourue,
maximales les milieux excentrés. Nous remarquons leur qualité aérobie en alternant des appels dans les en possession et en non·
que le volume de jeu des milieux de terrain intervalles et en profondeur. Nous pouvons donc possession de la balle dans le
(défensifs, offensifs ou excentrés) est très important. imaginer qu'ils touchent beaucoup plus de ballons championnat français selon les
Ce poste requiert des qualités aérobies au-dessus que leurs équipiers. postes, données Amisco

ototal
E
c:
al • quand l'équipe est en
al
possession de la balle
...
::1
::1
0 lB quand l'équipe n'est pas
...
(.)
en possession de la balle
::i
al
(.)
c:
...
cu
rn
c

Attaquants Milieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs


défensifs excentrés offensifs latéraux centraux

31
o total

il\!1 quand l'équipe est en


possession de la balle
o quand l'équipe n'est pas
en possession de la balle

Attaquants Milieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs


défensifs excentrés offensifs latéraux centraux

Figure 23 4.4. 7.4 Ratio des courses quand l'équipe est ballon. Les joueurs offensifs sont de plus en plus
en possession de la balle/quand l'équipe n'est rapides et explosifs. Bien sûr, ces courses en sprints,
Distance totale parcourue
pas en possession de la balle chez les joueurs offensifs, se retrouvent quand
en sprints(~ 24 km/h),
l'équipe a le ballon et doit faire le jeu. Pour étirer
en possession et en non- Il est toujours supérieur à 1 donc nous l'adversaire, les joueurs offensifs multiplient les
possession de la balle dans retrouvons un équilibre des courses en animation appels en profondeur. En animation offensive, les
le championnat français selon offensive et défensive identique aux autres attaquants effectuent notamment quatre fois plus de
les postes, données Amisco championnats analysés. distance en sprints que les défenseurs.

4.4.2 Analyse qualitative physique 4.4.2.2 Nombre de sprints


Ils varient de 9,14 à 13,34 sprints par match.
4.4.2. 7 Distance totale parcourue en sprints Les milieux offensifs placés derrière les attaquants
Figure 24 (~ 24 km/h) sont les joueurs qui font le plus de sprints, alors
que les défenseurs centraux sont ceux qui en font
Distance totale parcourue Les attaquants, les milieux excentrés et les le moins.
en course haute intensité arrières latéraux sont les joueurs qui parcourent le
(21-24 km/h), en possession plus de distance en sprint (Figure 23). Ils parcourent
et en non-possession de la entre 235,41 m et 290,38 m. Nous retrouvons
balle dans le championnat bien sûr les joueurs à vocation offensive, à qui
français selon les postes, on demande d'exploser vers l'avant avec ou sans
données Am iseo

E o total
c:
(\)
(\) 1111 quand l'équipe est en
(,)
c: possession de la balle
~ o quand l'équipe n'est pas
ë.i en possession de la balle

Attaquants Milieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs


défensifs excentrés offensifs latéraux centraux
ANALYSE DE L' AŒVITÉ DU FOOTOALLEUR

Tableau 21
4.4.2.3 Distance totale parcourue en course
haute intensité (21-24 km/h) Distance totale parcourue
en course haute intensité
Ce sont les milieux excentrés « de couloir>> (21·24 km/h), en possession
et les milieux offensifs qui font le plus de courses et en non-possession de la
haute intensité (respectivement 334,54 m et balle dans le championnat
335,68 m). Ces courses avec les sprints sont sans français selon les postes,
doute les plus importantes, car, lorsqu'il y a un but Attaquants 2,65
données Am Iseo
ou une action de but, nous remarquons qu'il y a
toujours un sprint voire plusieurs, ou une course
haute intensité voire plusieurs. On dit souvent que
ces courses font « la différence», d'où l'intérêt
Milieux 1,96
qu'on leur porte. Quand l'équipe n'a pas le ballon,
excentrés
les milieux excentrés sont ceux C]Ui font le plus
de courses haute intensité (Figure 24). En effet, ils ·..• 2,00
couvrent un très grand espace sur le te1Tain. Leur Milieux offensifs
rayon d'action est maximal. En revanche, quand
l'équipe a le ballon, les joueurs ofiensifs, quels Arrières latéraux 2,26
qu'ils soient, sont ceux qui font le plus de course
haute intensité au contraire des défenseurs centraux
béiensèür§
qui en font très peu (56,58 m). centraùx ..
Une autre donnée nous paraît très importante, il
s'agit de la part de chaque seuil par rapport à la
distance totale : nous remarquons que le pourcen- yeux primordiales pour déterminer les charges et les
tage de sprints sur la distance totale est maximal intensités d'entraînement.
chez les arrières latéraux et les attaquants (2,26%
et 2,65 %) ce qui atteste que ces postes exigent des 4.4 ..3 Analyse qualitative physico-technique
qualités de vitesse indéniables même si le volume
total des courses est moyen. Au contraire le pour-
centage de sprints/distance totale est faible chez le 4.4.3. 1 Les duels au sol
milieu défensif axial (1 ,92 %), sans cloute car il reste
Les défenseurs centraux et latéraux sont
en place en contrôlant les déplacements adverses
les joueurs qui gagnent le plus de duels au sol
par le biais de courses à faible intensité. Figure 25
(respectivement 56% et 57,3 %), alors que
Le pourcentage de courses haute intensité/distance les attaquants en gagnent seulement 46,19 %
Analyse des duels aériens
totale est à l'avantage du milieu offensif soit 2,85 % (Figures 25 et 26). Cela paraît évident car les
et au sol dans le championnat
de la distance totale (Tableau 21 ). Ces données attaquants sont souvent en infériorité numérique
et reçoivent des ballons difficiles à négocier. Les
français selon les postes,
qualitatives varient en fonction elu poste et des exi-
qualités de gain de duels sont meilleures chez les données Am iseo
gences physiologiques de celui-ci. Elles sont à nos

• Total de duels
aériens
D Total duels aériens
gagné
ll.1l Total de duels au
sol

Attaquants Milieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs


défensifs excentrés offensifs latéraux centraux
axiaux

33
Ill % de duel au sol gagné
o % de dribbles réussis
m% de duels aériens gagné

Attaquants Mlieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs


défensifs excentrés offensifs latéraux centraux
axiaux

Figure 26 défenseurs : les joueurs sont placés à un poste en 4.4.4 Analyse qualitative technique
fonction des qualités exigées en l'occurrence des
Analyse des pourcentages qualités de duel, de concentration, d'anticipation,
de réussite de duels aériens de rigueur ... Ce principe est aussi valable pour 4.4.4. 7 Les passes
et au sol dans le championnat le pourcentage de dribbles réussis en faveur des
français selon les postes, En 1·ègle générale, les joueurs français
milieux défensifs (58,69% de dribbles réussis).
données Am iseo réussissent plus de 70% de leurs passes (entre 70%
pour les attaquants et 78,37% pour les milieux
4.4.3.2 Les duels aériens
défensifs et les défenseurs). Les milieux défensifs
Les défenseurs axiaux sont ceux qui gagnent prennent le moins de risques possible en essayant de
le plus de duels aériens, soit 62 %(Figures 25 et 26). trouver des relais ou en aérant le jeu en jouant sur
ils prennent très souvent le dessus sur les attaquants les côtés. Ce sont les joueurs qui ont certainemen!
dans le jeu de tête. Le profil des attaquants dans le plus de solutions de passe. Les arrières latéraux
le football moderne tend à évoluer. On recrute et les milieux défensifs axiaux sont les joueurs qui
Figure 27 font le plus de passes vers l'avant, respectivement
davantage des attaquants rapides, explosifs plutôt
que des attaquants pivots, athlétiques. 21,68 et 15, 16. Ces arrières latéraux sont placés
Analyse du nombre
dans une zone de construction « confortable »où le
de possessions et du temps
harcèlement et le pressing sont quasi nuls surtout si
de possession dans
le bloc adverse est replacé à hauteur de la médiane
le championnat français selon
en position cl' attente passive. Au contraire, les
les postes, données Amisco
mi 1ieux cléfensi fs arrivent à trouver de la vert ica 1ité

90

60 !!If nombre de possession

o temps de possession
de la balle en secondes
30

0
Attaquants Milieux Milieux Milieux Arrières Défenseurs
défensifs excentrés offensifs latéraux centraux

34
ANALYSE DE L'ACTIVITÉ DU FOOT13ALLEUfl

Figure 28

0,4 Analyse du ratio perte de


balle/nombre de possessions
0,35
dans le championnat français
0,3 selon les postes, données
0,25 Am iseo
0,2
0,15
0,1
0,05
0
Milieux Milieux offensifs Arrières Défenseurs
Attaquants Milieux
excentrés latéraux centraux
défensifs

l Figure 29

2,3 Analyse du nombre de touches


de balle moven dans
2,2 le championnat français selon
2,1 les postes, données Amisco

1,9

1,8

1,7

1,6
Milieux Milieux off ens ifs Arrières Défenseurs
. Attaquants Milieux
excentrés latéraux centraux
défensifs

dans leurs passes, ce qui témoigne d'un premier 4.4.4.3 Le nombre de touche de balle moyen
bloc défensif adverse peu présent. en possession (tdb) et temps de possession
Les défenseurs centraux sont les joueurs
4.4.4.2 La possession de balle qui effectuent le moins de touches de balle par
La fourchette de possession de balle est possession (1,87tdb) d'où un temps de possession
comprise entre 38,38 pour les défenseurs centraux total faible, de l'ordre de 44,58 secondes par
et 56,50 pour les milieux offensifs (Figure 27). match (Figures 27 et 29). Le poste exige de jouer
Les attaquants présentent avec les défenseurs rapidement pour mettre du rythme et créer des
centraux, les temps de possession de balle les décalages (contrôle/passe le plus souvent), au
plus faibles (55,56 secondes pour les attaquants contraire des milieux excentrés et des milieux
et 44,58 secondes pour les défenseurs centraux). offensifs qui font plus de touches de balle (2,21 et
Les attaquants présentent le plus grand ratio perte/ 2,23 tdb) et qui la conservent le plus (respectivement
nombre de possessions, ils perdent 3,4 ballons 73,64 secondes et 74,25 secondes). Tout d'abord
sur 10 possessions (Figure 28). Nous remarquons parce que ce sont des accélérateurs de jeu qui font
également que les défenseurs latéraux réalisent le des percussions « balle au pied », et aussi parce
plus grand nombre de passes vers l'avant, ce qui qu'on leur demande de temporiser pour conserver
montre sans doute une volonté et des consignes le ballon afin de préserver un résultat.
du coach de relancer en passant par les côtés, un
souci de construire ses actions et non de « jeter des 4.4.5 Conclusion sur Je championnat fronçais
ballons longs » vers la ligne d'attaque.
L'analyse de l'activité durant 3 540 mi-temps
des joueurs issus du championnat français a permis
de dresser une cartographie précise.

35
En animation défensive, les attaquants sont les eux qui orientent le jeu. Les défenseurs latéraux et à
joueurs qui parcourent le moins de distance. À la un degré moindre les défenseurs centraux et les mi-
perte de la balle, ils participent dans un premier lieux défensifs, à l'instar des championnats anglais
temps au replacement collectif en bloquant la sortie et espagnol, représentent les joueurs qui effectuent
de balle adverse (action plus explosive) puis, à partir le plus de passes vers l'avant (21,68). Ces joueurs
du moment où leur rideau est percé, ils participent sont placés clans une zone de construction « confor-
peu à l'animation défensive ou alors uniquement table >> où le harcèlement et le pressing sont quasi
par des courses lentes. Ce sont les milieux de ter- nuls, surtout si le bloc adverse est replacé à hauteur
rain qui ont la plus grosse activité (plus de 11 000 m de la médiane en position d'attente passive.
parcourus) d'où l'importance qu'ils aient une capa-
cité aérobie optimale. Nous notons que les milieux
excentrés effectuent même plus de 12 000 m lors Les données importantes
d'un match et donc ils doivent être à la fois habiles
techniquement et très endurants pour couvrir une Les attaquants eflecluent 290,38 m de sprints dont 208,5 m en
grande zone de jeu. Concernant des allures plus in- possession de la balle, soit quatre fois plus que les défenseurs
el de 72 mà 158 mde plus que leurs partenaires. Ils font 13.34
tenses, ce sont les milieux offensifs et les arrières
sprints par match. Ils doivent systématiquement faire des appels
latéraux qui parcourent le plus de distance en cour-
dans les intervalles, dans la profondeur, sur les côtés et se dé-
ses haute intensité et en sprints. Ces données témoi- marquer.
gnent d'une activité très importante en animation
défensive, notamment pour les joueurs de couloirs Concernant les données générales de l'équipe, 70-78% des pas-
qui doivent éviter que les adversaires passent par ses sont réussies, le nombre de touches de balle moyen se sttue
les côtés. Les défenseurs gagnent le plus de duels, entre 1,87 et 2,23 et le temps de possession total des milieux
soit 57 % de duels gagnés au sol et 62 % de duels offensifs est de 74,25 secondes tandis que celui des défenseurs
aériens gagnés, tandis que les attaquants en perdent centraux est de 44 secondes.
le plus (46 % et 46,13 %). Ces données ne pren-
nent pas en compte les deuxièmes ballons dont on
connaît l'importance lors du duel aérien.

En animation offensive, les attaquants et les mi-


4.5 Conclusion sur ces analyses
lieux excentrés ont la plus grande activité physique
quelle que soit l'allure analysée. Les attaquants ef- L'ensemble de ces analyses a permis
fectuent notamment quatre fois plus de sprints que d'identifier précisément l'activité inhérente à un
les défenseurs centraux car ils doivent étirer le bloc poste bien précis quel que SOit le championnat. C(~S
adverse, travailler dans la profondeur et se démar- données vont permettre d'orienter l'entraînement
quer. Les milieux excentrés présentent également spécifique selon les postes. Par exemple, les
des valeurs fortes quelle que soit l'allure étudiée. attaquants effectueront plus de travail de spt·int
Ils doivent être des joueurs complets, c'est-à-dire notamment dans un objectif de capacité à répéter
avec une capacité aérobie et une capacité à répéter des sprints sans diminution importante de lems
des sprints. De même, nous relevons que ce sont performances.
les arrières latéraux qui présentent le plus haut ra- Toutefois, nous voulons encore porter l'attention
tio de sprints par rapport à leur distance totale par- sur le fait que ces données sont des généralités et
courue (2)6 %L ce qui explique l'importance de des tendances quantitatives et qualitatives du haut
leurs qualités de vitesse et leur capacité à répéter niveau. Elles sont directement utilisables, mais une
des sprints nécessaires dans le football moderne (il comparaison des championnats ne serait pas cohé-
en est de même avec les attaquants qui ont un ratio rente étant donné l'absence d'homogénéité cultu-
de 2,65 %). relle, du nombre de matchs joués, de l'horaire des
matchs, etc. Ce type d'analyse doit directement être
Les milieux offensifs et excentrés représentent les
confronté à des données technico-tactiques et de
joueurs qui touchent le plus de ballons (55, 12 et
tactique pure. L'idéal serait de disposer d'une ana-
56,50) avec un nombre de touches de balle moyen
lyse de l'activité de ses propres joueurs au moyen
de 2,23 et de 2) 1 ; un temps de possession de
de système tel que le propose Amisco afin d'orien-
73-74 secondes et surtout 2J balles perdues pour
ter plus précisément l'entraînement aux postes se-
10 possessions. Ils évoluent dans des zones très
lon les exigences tactiques et technico-tactiques du
denses où ils devront systématiquement prendre les
staff technique. La réalité est qu'il n'est pas toujours
intervalles et la profondeur tout en percutant et/ou
possible de disposer d'une telle technique et clone
en conservant la balle.
l'analyse de ces différents championnats sera tt·ès
Les joueurs effectuent entre 70 %et 78 %de passes utile pour la constitution des séances d'entraîne-
réussies. Les milieux défensifs sont ceux qui en réus- ment et l'individualisation des charges de travail
sissent le plus, ce qui est très intéressant car ce sont selon le poste occupé.

36
4.5.1 Cof'lséquence sur J'entraÎnement performance de sprints. Il faudra noter à partir de
quel moment leurs performances baisseront lors des
L'analyse de l'activité durant ces 11 240 mi- répétitions de sprints. Le Tableau 22 démontre les
temps de joueurs issus des championnats français, meilleures vitesses instantanées de joueurs de Li-
allemand, espagnol et anglais a permis de déduire gue 1 française au cours d'un match. Elles oriente-
ou de réaffirmer des orientations spécifiques à ront directement l'entraînement car il sera demandé
adopter collectivement ou individuellement (selon au joueur de maintenir cette vitesse au cours des
les postes) à l'entraînement. entraînements. Les vitesses maximales atteintes au
Dans un plan quantitatif, les joueurs doivent tra- cours d'un match devront être travaillées lors de
vailler et optimiser leurs capacités aérobies quel l'entraînement.
que soit leur poste afin d'exprimer au mieux leurs De même, la particularité du football actuel réside
qualités footballistiques (notamment les milieux de dans la vitesse de jeu et dans la capacité à gagner des
terrain et les joueurs excentrés). Sur un plan quali- duels. De ce fait, il faudra travailler en force-vitesse
tatif, les joueurs doivent effectuer un travail à des afin de préparer et d'optimiser les performances des
allures d'intensité maximale et haute intensité car joueurs en match. Les équipes qui gagnent la ma-
elles représentent 4 % à 5 % de la distance totale jorité des matchs sont celles qui gagnent le plus de
parcourue (Figures 30 et 31 ). Ce sont souvent ces duels dans les couloirs Uacquet et al., 2002) et donc
facteurs d'explosivité qui permettent de caractériser il convient d'orienter l'entraînement des arrières la-
le haut niveau. Plus précisément, le facteur physi- téraux et des milieux excentrés à base de jeu réduit,
que principal du football moderne réside dans la de duels et de force-vitesse afin de les préparer au
capacité des joueurs à répéter des sprints courts en mieux tout en cultivant leurs caractéristiques.
ayant une baisse de performance la plus petite pos-
Grâce à l'amélioration de toutes ses qualités phy-
sible au fil du match. Des exercices intermittents
siques (vitesse-endurance, force-vitesse et capacité
cie course de courte durée tels que des 30-30, 20-
aérobie), le joueur aura un état de fraîcheur qui lui
20,15-15, 10-10 ou 5-25 permettraient d'améliorer
permettra d'exprimer au mieux ses qualités techni-
cette capacité. Les exercices intermittents pourront
ques et tactiques. il se fatiguera moins vite et il sera
être individualisés selon les postes. Ainsi un défen-
plus lucide.
seur ceiltral effectuera davantage des 30-30, un at-
taquant effectuera des 10-1 O... Tableau 22
Il faut rapidement individualiser les charges de tra-
vail. Un attaquant devra effectuer plus de 260 m Vitesse instantanée maximale
cie sprints aux entraînements avec des distances lors de 10 matchs de Ligue 1,
cie 53 m maximum sur un ensemble de 12 ou 13 Amisco (suite du tableau
sprints au minimum. Il devra travailler ses capacités pages suivante)
à répéter des sprints avec une diminution de laper-
formance la plus retardée possible. Au contraire les
défenseurs feront des sprints d'une distance maxi- Milieu excentré
male de 56 m et les milieux feront des sprints de
63 m. Les données doivent être propres aux joueurs. .···•·~oét~n~.~ùr;laterài;~~~;;:}xŒ~~,t~~~~~:~l~i~.'~;:f.
De même, la vitesse pourra être analysée au cours Match 5 Attaquant 38,0
même de la séance afin d'étudier le maintien de la

Figure 00

Répartition des courses


2% 3% aux différentes allures, r
apport quantltatif/qualitatil
en championnat anglais,
11 Distance en sprints
français et allemand
m Distance en course haute-
intensité
o Distance aux autres allures

95%

37
Figure 01
2% 2%

Répartition des courses


aux dll!érentes allures, rapport r--------------------
i Ill Distance en sprints !
quanlilalif/q ua 1italil 1 1
en championnat espagnol 1

EJ Distance en course haute- 1


intensité
[o Distance aux autres allures 1

96%

Figure 02
80
Éllolution du temps de jeu 75
efleclillors des différentes
70
grandes compétitions 1/J
internationales, Jacquet et al. s::s 65
(2002) c 60
E 55
cCl) 50
1/J 45
Q.
E 40
Cl)
1- 35
30
25
20
1990 1994 1998 1998 2000 2002 2002
2ème tour 2ème tour

Tableau 22 4.5.2 Analyse de l'activité desjaueurs en


rapport avec le temps de jeu effectif
Suite du tableau de la page 37
Jusque-là, les analyses portaient sur des
données lors de l'intégralité du match. Un des
éléments clés 1·éside dans le temps de jeu effectif
(durée du match hors arrêt de jeu). Les temps cie jeu
effectif n'étaient pas pris en compte. Or ils influe111
directement sur l'impact physique. Plus le temps
de jeu effectif est important plus la sollicitation
physique va être intense. En effet, nous avions
dénoté une augmentation proportionnelle de la
distance totale parcourue, du nombre de sprints et
des courses de haute intensité effectuées. Ce temps
de jeu eifectif varie entre 49 et 68 minutes au cours
des dernières grandes compétitions internationales
(Figure 32) et au cours de la saison 2006-2007 du
Tableau 20 championnat de France de Ligue 1 (Tableau 23).
Nous allons analyser l'activité des joueurs selon les
Temps de jeu effectif lors temps de jeu effectif.
de 10 matchs de Ligue 1 Le Tableau 24 démontre bien, dans un système
française au cours en 4-4-2, que les joueurs de champ, qui ont joué
de la saison 2006·2007, 94 minutes, effectuent entre 2 611 mètres et 3 765
Amis co mètres hors temps de jeu effectif (pendant les arrêts

38
Gardien de but 5 384 Gardien de but

Défênseur axe 1 ~0 094 Défenseur axe 1

Défenseur axe 2 9 804 Défenseur axe 2


·.- ·_,. ·:.-' --
.·Défenseur
' ,: . .. . . latéral
~-. . - . 1 ·-.- 10 796 . DéfénseiJr latéral1

Défenseur latéral 2 Défenseur latéral 2

··• Milieu1 llliilieu·1

Milieu 2 Milieu 2

Mili~u 3 so~i encours de jeü~ Milieu 3 sorti en ~oUrs de jèut

Milieu 4 sorti en cours de jeu· Milieu 4 sorti en cours de jeu •

M.\~~·t~:'[e,~~rJ;en .ca~;rs, ô<f• Milieu 5 rent~é en couŒ ~e jèu*·


Milieu 6 rentré
en cours de jeu •
; > ;;if?:r~J~~tÇ!rtii··
..-·
;· ..:~/- .;. - "."' ~ ·-
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0
c

~
*Joueur n'ayant pas effectué le match en entier ~~
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c:S.c-
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!!.3 !!!.
g. ~ C1)

,--.-~·.:..

Gardien de but 1 97 1' 4 968 1 Gardien de but 1 97 1 3 347 1 621 32,63

Défenseur axe 1 97. 102ZQ_-·.• .Péfer~seuraxe 1 97. ' . l181··.


·< •·•.·. 3089 .30,08

Défenseur axe 2 97 9 808 Défenseur axe 2 97 6 870 2 938 29,96


...... · ....
Défenseur latéral .-·· ..·:·.

1
97 9505• · Défenseur latéral i 9i' .· . 6 ~7'~-·~···. 2630 2'7;67

Défense~r latéral l 97 11 295 Défenseur latéral 2


1 1 1 97 1 8 242 1 3 053 1 27,03

Milieu gauche 97. 12522 . Milieu gauche 97 . 9180. '3 342 26;69

Milieu droit 97 12 129 Milieu droit 97 9 112 3 017 24,87

.A~â~t1~~J~~~~;
Attaquant
gauche/milieu
1 Attaquant gauche/milieu
97 12 237 1 97 1 8 949 1 3 288 1 26,87
1 1 gauche
gauche
de jeu) soit entre 26,08% et 29,48% de leur dis-
tance totale. De même, pour un système en 4-3-3 8% 2%
évolutif en 4-5-1, les joueurs de champ qui ont joué
97 minutes, effectuent entre 2 585 mètres et 3 342
mètres hors temps de jeu effectif (pendant les arrêts GJ Attaquants
de jeu) soit entre 24,87 % et 30,08 % de leur dis- ;J Milieux
tance totale (Tableau 25). 34% 56%
Ill Défenseurs
~~-C~ntr~- son camp
Ces chiffres témoignent bien que l'analyse quali-
~.ative devrait se faire selon des données issues du
temps de jeu effectif. Ainsi, en analyse classique,
un attaquant effectuera 3 %de sprints par rapport à
la distance totale parcourue alors qu'en effectuant
une analyse selon le temps de jeu effectif, ce même
attaquant effectuera 4,5 % de sprints par rapport à Figure 33
la distance totale parcourue en temps de jeu effec- 2002). En revanche, ces données sont légèrement
tif. L'analyse selon le temps de jeu effectif pourrait inférieures lors des championnats d'Europe : 28 %
Répartition des buts selon
augmenter de 50% les données qualitatives ! en 2000 et 27,9% en 1996 (DTN et FFF, 2000).
les postes lors de la Coupe du
L'entraînement devra alors être orienté sur un travail
monde 2002 en Corée du Sud
consciencieux des coups de pied arrêtés.
4.5.3 Relation avec la performance en match et au Japon, DTN et FFF (2002)
- Analyse des buts 4.5.3.3 Typologie des buts
L'analyse de l'activité du joueur de haut La majorité des buts sont marqués sans
niveau permet d'utiliser les données quantitative et contrôle et cette tendance s'est affirmée au fur et à
qualitative afin d'orienter l'entraînement spécifique. mesure des grandes compétitions (76 % en 2002,
L'impact de cet entraînement adapté ·selon ces 67% en 2000, 61% en 1998 et 46% en 1996)
données va permettre une meilleure expression des selon les données de la DTN. La densité défensive
qualités techniques et tactiques des joueurs durant est plus importante, les espaces sont plus réduits
le match. Toutefois, ces données n'indiquent rien et de ce fait les joueurs doivent agir rapidement
sur le fait le plus important pour le footballeur : pour surprendre les adversaires tout en étant plus
comment se marquent les buts a haut niveau ? adroits et mieux placés. David Trézeguet incarne
bien l'ensemble de ces qualités: un joueur adroit,
Différents ouvrages dont ceux publiés par la Direc-
toujours bien placé, qui frappe dans toutes les
tion technique nationale de la Fédération française
positions et qui cadre ses tirs de manière optimale.
de football ont permis d'éclaircir les différents élé-
jacquet et al. (2002) avaient trouvé que la zone de
ments permettant au sportif de haut niveau de mar-
prédilection pour marquer des buts est située entre
quer un but.
le point de penalty et les 5,5 m (43,5% des buts Figure 34
en 2002). Les frappes de loin représentaient un
4.5.3. 1 La répartition des buts Répartition des actions
taux de 14,9 % en 2002 mais lorsque les défenses
Lors de la Coupe du monde 2002 au Japon' et sont denses, les frappes en dehors de la surface de amenant à des buts lors
en Corée du Sud, les attaquants ont marqué plus de réparation peuvent être une arme. de la Coupe du monde 2002
55,9% des buts Uacquet et al., 2002, Figure 33). De en Corée du Sud et au Japon,
même, lors de la Coupe du monde 1998 en France, DTN et FFF (2002)
ce chiffre était de 56,7 %. Les milieux de terrain
continuent de marquer des buts en proportion
croissante: 34,2% en 2002; 33,9 0;{, en 1998 et
en 29 % en 1994. Ces proportions sont identiques
lors des 3 derniers championnats d'Europe aussi
bien pour les attaquants (58,8% en 2000 et 69%
en 1996) que pour les milieux (34,1 % en 2000 et
19% en 1996). Les milieux marquent plus et les
1 f.l Centre --~
attaquants moins.
\o Passe Longue !
4.5.3.2 Les coups de pieds arrêtés
51% 1• Passe courte \
i oAutres i
Plus d'un but sur trois est marqué à la suite
d'un coup de pied arrêté. Lors des différentes grandes
compétitions internationales la proportion des buts 6%
sur coups de pied arrêtés était de 34 % en 2002,
40% en 1998 et 36,1 % en 1994 Uacquet et al.,
41
4.5.3. 4 Les phases qui précédent {es buts buts en 2002 et 29% en 1998 Uacquet et al., 2002).
La capacité d'une équipe à évoluer et à trouver des
Lors de la Coupe du monde 2002, 51,8 % solutions en attaque placé permet d'optimiser ses
des buts ont été marqués à la suite d'un centre, chances de marquer un but. La majorité des buts sur
plus de 23 % par des passes et des combinaisons séquences de jeu sont marqués après des séquences
à base de passes courte et 5,8% à la suite d'une de dix secondes ou plus.
passe longue Uacquet et al., 2002). Les centres sont
véritablement un élément clé lorsque les blocs
4.5.3.5 Les buts selon la période du match
défensifs sont en place. Il faut les contourner, les
déséquilibrer pour trouver des positions de centres
jacquet et al. (2002) avaient relevé que
favorables. Toutefois, nous devons relever que
18,7 % des buts sont marqués soit par des actions 38,5 % des buts étaient marqués au cours des
personnelles, soit suite à un cafouillage soit contre trente dernières minutes de match lors cie la coupe
son camp (Figure 33 et 34). du monde 2002. En revanche, lors du championnat
d'Europe en 2000, ce fut le premier quart d'ht~ure
Les attaques placées avec des actions de plus de de la seconde mi-temps qui fut le plus prolifique en
quinze secondes ont permis de marquer 31 % des buts (DTN FFF, 2000).

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44
DE L'AŒVITË DU FOOTDALLEUI'\

;);

45
L'avis de l'expert : la coordination

« La coordination est un facteur de la performance indispensable au football. Courir, sauter,


bloquer et redémarrer sa course, tirer, passer et récupérer le ballon sont autant d'actions
motrices retrouvées dans le football. Chacune d'entre elles fait appel à une coordination
générale (musculaire et segmentaire) au service de l'activité sportive. Indispensable,
elle se doit d'être développée puis améliorée dès le plus jeune âge. Très jeune, l'activité
physique apportera un développement suffisant de la coordination. Avec la maturation de

dans la technique spécifique et dans son amélioration. ,, J


l'athlète, celle-ci doit être sollicitée de manière plus précise afin de développer un maximum
d'habiletés motrices générales permettant ensuite d·utiliser différentes actions motrices 1

Philippe Lambert
' - - - - - - - - - ·
La coordination

Deliai Alexandre

Introduction

« La coordination correspond à la capacité des sportifs à maîtriser des actions dans des
situations prévisibles (automatisme) ou imprévisibles (adaptation), de les exécuter de façon
économique et d'apprendre assez rapidement les mouvements. » Frey (1977).
Dans un contexte plus physiologique, Hahn (1982) la définit comme « l'action simultanée du
système nerveux central et du muscle squelettique afin d'exécuter un mouvement volontaire de
telle sorte qu'il y ait un enchaînement harmonieux entre les différentes composantes de ce mou-
vement».

47
1. Objectifs la perception, l'anticipation, le traitement de
l'information, le feed-back, l'expertise, les
dimensions spatio-temporelles, \'apprentissage ...
Hawkins (2004) a relaté que durant un
match de football les joueurs effectuaient plus
1. 1. 1 Apprentissage et performance
de 450 changements de direction de plus de
90°, des sauts, des tacles, des passes longues et
Les joueurs· arrivent dans les clubs
courtes (tendues, lobées ... ), des courses arrières,
professionnels avec une certaine coordination
des frappes, des têtes ... Tous ces éléments qui
qu'il faudra juste maintenir et peaufiner. On
s'enchaînent de manière aléatoire durant le match
pourra notamment tenter d'augmenter la vitesse
nécessitent une coordination de qualité car il faut
les effectuer en présence de joueurs adverses et par
d'exécution des joueurs. Ce dernier facteur
est l'une des principales composantes de la
rapport à ses partenaires. De ce fait, la coordination
coordination que des joueurs professionnels ont à
est un élément essentiel chez le footballeur. Chacun
répéter, à développer et à améliorer. Elle fait partie
de ses mouvements et de ses enchaînements
intégrante de la performance de haut niveau. Cette
footballistiques est lié à une coordination bien
performance est maintenue par une répétition des
maîtrisée. Elle se développe majoritairement
gestes dans diverses situations, par l'expérience et
durant la période prépubaire et la puberté. À haut
\'entraînement.
niveau les joueurs possèdent déjà une capacité de
coordination extrêmement développée qu'il faudra Sur le plan de l'apprentissage, la coordination
peaufiner et stabiliser tout au long de la saison. concerne essentiellement les jeunes footballeurs.
Cette notion de coordination est très complexe. Elle constitue la base des facultés cl'apprentissage
Nous notons l'existence de différentes capacités de moteur et d'optimisation de la performance. La
coordination (Figure 1). coordination est présente dans chacun des gestes
du sportif mais ces gestes sont le fruit d'un appren-
tissage moteur quel que soit le courant méthodolo-
1.1 Sur le plan individuel gique (cognitif, dynamique ou écologique) tout au
long du cursus footballistique. Dès son plus jeune
La coordination propre à l'individu est âge, l'enfant doit acquérir une motricité spécifique
une composante indispensable à la performance à l'activité, courir en conduisant la balle, dissocier
Figure 1 de tous les sports et quel que soit le niveau de les segments inférieurs et supérieurs, contrôler la
pratique. Sur le plan individuel, la coordination est balle tout en s'orientant par rapport à un partenaire
Les capacités de coordination, d'ordre technique. Son rendement est directement ou un adversaire ... Le jeune footballeur va appren-
Meinel et al. (1987) lié à différentes notions d'ordre psychomoteur: dre à se coordonner grâce à des parcours ludiques,

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48
LA COOfl.DINATION

- FiCHE TECHNIQUE 1 -

LES DIFFÉRENTES PHASES D'APPRENTISSAGE AUX TECHNIQUES DE JONGLAGE

Positionnement de la jambe de frappe, comment elle doit frapper la balle, comment elle doit être orientée, quelles actions musculaires sont
nécessaire (relâchement de la jambe).

Positionnement de la jambe d'appui, qui doit accompagner le mouvemenl de la jambe de frappe, bien orienter son corps et ses membres afin
de facilité le contact avec la balle.

Équilibre segmentaire du tronc supérieur et inférieur,

Les différents jonglages avec les différentes surfaces du pied (bout du pied, intérieur, extérieur. aile de pigeon),

Jongler avec le pied faible

Jongler en alternant la jambe de frappe, le nombre de touches ...

Jongler avec d'autres surfaces corporelles (genou, tête, poitrine, épaule).

Jongler en alternant la surface corporelle, la jambe de frappe et le nombre de touches,

Jongler tout en étant en mouvement, c'est-à-dire en marchant, en courant. en changeant de direction, en marche arrière ...

à la pratique, aux erreurs qu'il va commettre et qui joueur novice aura du mal à effectuer des tâches
constitueront une partie intégrante de sa capacité simples comme jongler. Dans un premier temps, il
à gérer plusieurs informations hétérochroniques et va devoir apprendre cette technique en assimilant
à utiliser la notion de feed-baci< à court, moyen ou une coordination spécifique à cette habileté et cela
long termes. « Qu'est que j'aurais dû faire dans cet- en étant isolé. Les éducateurs, les entraîneurs doivent
te situation ? N'aurais-je pas dû contrôler de cette ainsi trouver une progressivité dans l'évolution de
façon, placer mon pied ou mon corps de cette ma- l'apprentissage afin d'aller du simple au complexe.
nière ? Comment dois-je me déplacer pour éviter Le joueur ~evra ressentir le geste, l'analyser et le
les pièges du hors-jeu ? » répéter. Il devra utiliser les nombreux feed-back
afin de corriger l'exécution du geste à chaque
Au cœur de' ce processus d'apprentissage, diffé-
mouvement. La répétition des gestes devra faire
rentes méthodes et facteurs permettent d'améliorer
partie intégrante de toute la vie footballistique du
la coordination. Un des plus fréquents réside dans
joueur, il répétera régulièrement «ses gammes».
l'imitation ou la reproduction d'un geste à partir
Pour rester avec l'exemple de l'apprentissage du
d'un modèle observé. Cette méthode est naturelle
jonglage, il s'agit d'apprendre progressivement les
mais les résultats sont très différents d'un sportif à
différentes habiletés techniques afin d'atteindre une
l'autre. Les dernières études relatent l'existence de
expertise (voir fiche technique ci-après).
neurones miroirs et donc leur importance dans l'ob-
servation d'un modèle au cours du processus d'ap- Ainsi, la coordination va permettre d'apprendre,
prentissage (Calmels, 2006). Calmels remarque que d'optimiser et d'expertiser des gestes techniques
« des phases de jeu en sports collectifs permettraient isolés afin d'effectuer ces habiletés dans le contexte
d'anticiper les actions d'autrui (partenaires ou ad- spécifique au footballeur lors d'un exercice, d'un
versaires) plus efficacement car le système miroir entraînement ou lors d'un match.
représenterait le substrat neuronal de notre capacité
à comprendre une action, une intention, et l'état
1.1.J Économie d'énergie
d'esprit des autres ».Toutefois, elle est fonction du
niveau d'expertise (Calvo-Merino et al., 2005).
Une bonne coordination gestuelle permet
une économie d'énergie. Le joueur doit effectuer un
1.1.2 Habileté et adresse mouvement le plus fluide et le plus efficace possible
tout en ayant un relâchement musculaire. Ces
La coordination coïncide avec la notion éléments permettront de réduire le coût énergétique.
d'adresse. Elle est un élément essentiel à des Comme le souligne Georges Gacon: «d'une
réalisations techniques des plus simples aux plus manière générale, le coût énergétique de la motricité
complexes. Sans un minimum de coordination, le dépend du rendement de la machine musculaire,

49
de l'aptitude du joueur à orienter ses forces dans précision. D'où l'expression courante: « il faut agir
la bonne direction et à ne pas engendrer des sans précipitation ''· D'ailleurs, une des principales
contractions parasites ,, . Ces notions de contractions différences entre le très haut niveau et le haut niveau
parasites sont à ne pas négliger. Dans chacun des concerne cette notion de vitesse d'exécution. De
gestes du sportif la coordination est présente à même, dans le système pyramidal des différents
un degré d'expertise qui peut être très élevé. On niveaux de compétition, plus le niveau est élevé, plus
peut toujours dénoter la présence de contractions cette vitesse gestuelle est importante. «Agir vite ,,
parasites qui pourront être gommées ou minimisées dépend également de la capacité d'anticipation,
afin de réduire le coût énergétique et d'augmenter c'est-à-dire que le joueur doit être capable de faire
l'efficacité comme la qualité gestuelle. Le sportif face à différents évènements hétérochroniques à
et les éducateurs doivent être perfectionnistes, se cinétique variée. Ces facteurs endogènes et exogènes
remettre en cause systématiquement car l'économie sont à la fois contrôlés et non-contrôlés. Anticiper
d'énergie permettra d'être plus performant. Tous ces les mouvements des adversaires, les mouvements de
éléments servent à optimiser l'entraînement. Les ses partenaires, la balle, tenir compte des différentes
mouvements, les techniques gestuelles ou autres dimensions spatio-temporelles nécessite une prise
nécessitent une harmonie d'action concernant d'information perpétuelle et une anticipation de
un certain nombre de muscles ou une chaîne tous les instants. Cette notion d'anticipation est
musculaire. Un muscle isolé permettra très rarement clairement liée à la compréhension du jeu et à
d'effectuer les différentes techniques gestuelles l'expérience. Vite agir c'est anticiper, bien analyser
spécifiques au footballeur et c'est pourquoi il faut les différents facteurs endogènes et exogènes,
chercher la meilleure coordination intramusculaire apprécier une trajectoire, et maîtriser le temps et
et intermusculaire possible afin d'optimiser la qualité l'espace. Cette vitesse d'exécution, directement
gestuelle et d'économiser le maximum d'énergie. liée à la technique individuelle, constitue la
coordination ainsi que tous les termes auxquels elle
peut renvoyer (apprentissage moteur, anticipation,
1.1.4 Adaptation à l'environnement direct
compréhension, analyse, feed-back ... ).
La coordination est l'élément essentiel pour
réguler la capacité d'adaptation omniprésente
dans le milieu du football du fait de la multiplicité 1 .2 Surr le plan collectif
des changements de direction et des diverses
informations à percevoir, à traiter et à analyser. Le La coordination individuelle représentée à
joueur doit sans cesse s'adapter selon la trajectoire travers l'exécution de différentes tâches dans diverses
de la balle, la vitesse de la balle, les mouvements modalités permet une coordination« collective, de
des partenaires et adversaires, selon les limites l'individu. En effet, la maîtrise des différents gestes
du terrain, selon des données d'ordre tactique techniques propre au footballeur va déterminer la
(animation offensive et défensive, évolution du possibilité du joueur à détacher son regard de la
score), selon son état physique ... Tous ces éléments balle, à se concentrer sur d'autres facteurs et d'autres
nécessitent de bien percevoir et bien agir selon les informations environnementales; en d'autres
nombreuses informations que le joueur détecte dans termes, cette coordination de techniques spécifiques
son environnement direct afin d'effectuer le meilleur individuelles va lui permettre de s'intégrer au jeu et
geste possible. Le joueur aura du mal à effectuer un d'améliorer ses performances.
geste technique correct s'il n'arrive pas à traiter le
maximum d'informations possible dans le délai le Ainsi, le joueur ayant acquis une coordination des
plus court possible. Ainsi, si les joueurs présentent différentes habiletés techniques footballistiques (à
une coordination experte des différentes habiletés entretenir) va pouvoir travailler progressivement sa
techniques spécifiques aux footballeurs, ils pourront coordination sur le plan collectif. Il n'y a pas de
percevoir et traiter encore plus d'informations, et rupture entre coordination individuelle et coordina-
de ce fait s'adapter à l'environnement direct. Cette tion collective, elles sont toutes deux directement
coordination technico-tactique permet donc une liées. Une coordination collective s'exprime uni-
amélioration de la qualité d'anticipation de par le quement grâce à une coordination individuelle (et ,,
;
nombre croissant d'informations recueillies. inversement). .·f
1.1.5 Vitesse d'exécution et vitesse gestuelle Le joueur va pouvoir jouer selon les déplacements ~· '.'
de ses partenaires et de ses adversaires. Son atten-
Elle est la condition préalable de la maîtrise tion, sa concentration, son anticipation vont devenir
de la situation motrice nécessitant une action multifactorie/les. Il va lui falloir percevoir, analyser,
ciblée et rapide en relation directe avec les notions décider et agir dans un délai très bref tout en sa-
de vitesse d'exécution et de précision. Les sportifs chant que le nombre de contraintes aura considéra-
ont souvent du mal à agir vite avec une grande blement augmenté.

50
LA COOf\DINATION

1.2.1 Coordination interindividuelle, déplace harmonieusement et qui communique le


collective et rendement plus souvent possible (par la parole, le regard ou
de l'équipe les gestes).

Cette coordination concerne la manière


Junt le joueur intègre les déplacements et le 1.2.2 Coordination interindividuelle,
positionnement de ses partenaires afin de prendre collective par rapport aux adversaires
une décision efficace. Cette décision est au choix
un déplacement, une passe, un centre, un geste Cette coordination concerne la manière
défensif, une communication orale ou gestuelle dont le joueur intègre les déplacements individuels
afin de corriger le positionnement d'un (ou de des adversaires, le positionnement collectif de ses
plusieurs) joueur(s) par rapport à la balle ou aux adversaires et leurs différentes manières d'évoluer
adversaires ... afin de choisir une décision efficace commune. En
Tous ces éléments propres à la coordination collecti- effet, en fonction de la possession ou non de la balle,
ve intègrent des notions tactiques via les animations l'équipe devra se positionner, s'organiser de telle ou
offensives et les animations défensives. Simultané- telle façon à un moment «x» du match. Chaque
action est différente et aléatoire. Les joueurs peuvent
ment, les joueurs vont devoir décider en prenant
anticiper une partie des mouvements adverses mais
conscience que différents facteurs vont directement
en aucun cas la totalité. C'est pourquoi les joueurs
influencer la tactique individuelle et générale de
doivent s'organiser le plus rapidement possible afin
l'équipe (ces différents facteurs sont décrits dans la
de réduire les espaces libres, de bloquer l'accès au
fiche technique 2).
but et de récupérer la balle. Cette organisation est la
Ainsi, l'individu devra être capable d'agir rapide- conséquence d'une coordination interindividuelle
ment dans un contexte qui varie aléatoirement afin et collective quels que soient le poste occupé et
de conserver l'équilibre de l'équipe autant en situa- la localisation de la balle. De plus, nous savons
tion offensive qu'en situation défensive. Chaque qu'un tiers des ballons récupérés sont gagnés grâce
individu devra prendre en considération ces élé- à l'organisation collective. Elle doit être travaillée
ments afin d'optimiser la performance de l'équipe. et répétée à l'entraînement selon les convictions et
L'équipe n'est pas une somme d'individus juxtapo- la méthodologie qui auront .été définies par le staff
sés, mais un groupe d'individus coordonnés, qui se technique.

- FICHE TECHNIQUE 2 -

LES I!J!FFÉRENTS FACTEURS INFLUENÇANT DIRECTEMENT


LA TACTIQUE iNDIVIDUELLE ET GÉNÉRALE D'UNE ÉQUIPE

La possession ou non de la balle


Les déplacements des coéquipiers
Les déplacements des adversaires
Le joueur en possession de la balle
t:endroit où se trouve la balle
Le temps de jeu restant
Le score
Les consignes de l'entraîneur
Les avertissements distribués par l'arbitre (un joueur ayant pris un carton jaune ne jouera plus de la même façon, et cela est d'autant plus vrai
qu'il occupe un poste défensif)
t:état physique individuel et général de l'équipe
La volonté et la motivation des joueurs (l'état psychique)
Les conditions environnementales (les joueurs géreront différemment leurs courses lors de matchs se déroulant sous le soleil à une tempé-
rature de 35° ... ).

51
DE L'ENTAAINEMENT À LA PEI\FOWMNCE EN FOOT[)ALL
;: , Chapitre 2 '
poste occupé, l'activité moyenne et la distance par-
Les tests courue lors des matchs par un joueur, le nombre de
2.
sprints courts effectués ...

Il existe une multitude de tests de


coordination individuelle. Ils sont décrits dans la
partie Évaluation. Ces tests sont intéressants chez 3. Les exercices spécifiques
\es jeunes, \es amateurs, \es joueurs de centre de
préformation et \es joueurs de centre de formation
afin d'évaluer \es progrès et d'orienter certains Les exercices de coordination sont innombrables
exercices spécifiques pour certains joueurs ayant car nous pouvons en créer à l'infini en croisant et en
variant différents facteurs : nombre de répétitions,
un déficit de coordination.
distance, changements de direction, courses variées
Concernant \es joueurs professionnels, ces tests ne (en virage, latéral, arriè1·e en avant. .. ), la durée, les
sont pas très intéressants car ils arrivent déjà avec enchaînements, la présence ou non de la balle ...
une très bonne coordination et qui fait partie inté- Toutefois, nous allons indiquer différents exercices
grante de chaque exercice footba\listique du haut de coordination de base sans ballon (les exercices
niveau. Dans le cas où les entraîneurs souhaite- de coordination avec ballon sont présentés dans la
raient mettre en place des tests de coordination, il partie Préparation physique et dans le tome 2 de la
serait alors intéressant de créer des batteries selon série« De l'entraînement à la performance))).
les données spécifiques à l'activité telles que: le
- FICHE TECHNIQUE 3 -

CARRÉ MAGIQUE

Objectifs: Cet exercice apour finalité de travailler les différentes courses courtes du footballeur en alternant les appuis.

Description: Le joueur doit effectuer différentes courses vers les cônes placés aux différents angles du carré et il devra systématiquement les
toucher avant de changer de direction. Dans le schéma suivant nous vous proposons un enchaînement de base avec course diagonale, course
arrière, course latérale et course avant. Toutefois, vous pouvez varier à l'infini ces enchaînements. Enfin, il est important que ces exercices
soient effectués à la plus grande vitesse possible, avec un nombre de changements de direction réduit (très coûteux énergiquement) et avec
une durée courte. Le nombre de répétitions ne doit pas être excessif et il dépend directement de l'objectif de la séance et de l'exercice (veille
de match, à 5 jours du match ... ).

Ces exercices peuvent être effectués en carré, en losange, en rectangle, en triangle, en cercle, et toute autre forme géométrique ...

l- course diagonale
2- course arrière
3- course latérale
4 2 4- course avant
5- relâchement

ARRIVÉE

53
~) '1 '1, 1 - ~ ' '

;.~' ·Çnopine 2

- FICHE TIECHNIQUIE 4 -

TRAVAIL SUR LATTES ou ÉCHELLE IlE RYTHME

Objectifs: Cet exercice apour finalité de travailler la fréquence gestuelle avec des appuis très courts et très rythmés.

Description : Le joueur doit établir différents exercices de fréquence en effectuant un nombre d'appuis imposés entre chaque latte {distance
d'environ 30 cm). Ce travail de fréquence peut être effectué avec un appui entre chaque latte, sous forme d'appui avant-arrière, avec un appui
latéral, avec deux appuis latéraux .... Et il peut être suivi d'un démarrage et d'une accélération sur une distance courte. Ces exercices sont
surtout utilisés la veille de match au sein du milieu professionnel.

Le nombre de répétitions ne doit pas être important et la récupération entre les répétitions et/ou les séries doit permettre de réitérer l'exercice
à vitesse maximale.

 .
.

l 30 cm

54
LA COOI"\DINATION

- FiCHE TECHNIQUE 5 -

TRAVAIL D'APPUIS AVEC CERCEAUX

Objectifs : Cet exercice apour finalité de travailler la fréquence gestuelle avec des appuis très courts et très rythmés.

Description : Le joueur doit mettre un appui dans chaque cerceau le plus rapidement possible.

Les cerceaux peuvent être positionnés de laçon à ce que le joueur e!lectue des appuis latéraux. On peut également laire varier les distances
séparant les cerceaux alin de jouer sur l'amplitude. Cet exercice peut être suivi d'un démarrage et d'une accélération sur une distance courte
car ce travail de fréquence et d'amplitude est adéquat pour la mise en condition d'un démarrage et d'une accélération courte.

Il est important que ce type d'exercice e!lectué dans le cadre d'exercices de coordination-vivacité soit e!lectué avec des temps de contact au sol
le plus courts possible. Si l'on demande de stabiliser la réception sur une jambe puis de pousser sur une jambe, il s'agit à ce moment là d'un
travail développant l'aspect de la lorce des membres inlérieurs.

55
~·J•ll!l..
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LJË [ ENTitAINEMËNI A LA PËIIFOIIJ'AANCE EN FOOtBALL

- FICHE TECHNIQUE 15 -

TRAVAIL D'APPUIS AVEC PLOTS ou AVEC HAIES

Objectifs: Cet exercice apour finalité de travailler la fréquence gestuelle avec des appuis très courts et très rythmés.

Description : Le joueur doit effectuer un certain nombre d'appuis prédéfinis entre chaque plot ou chaque haie. Il est possible de passer ces
plots et ces haies de manière frontale ou/et latérale. Les distances entre chaque plot et chaque haie, la hauteur des plots et des haies sont
autant d'éléments à définir minutieusement. Cet exercice entre dans le cadre de la coordination et non de la pliométrie ou de la force ; de ce fait
nous devons éviter les obstacles trop hauts (maximum 70 cm de hauteur pour les plus grands).

Afin d'obtenir de meilleurs résultats, on peut varier les différentes hauteurs des obstacles au sein d'un même circuit et même individualiser le
parcours (la hauteur des haies) par groupe de travail (deux ou trois parcours différents seraient très bien).

Enfin, sachons que le joueur doit toujours essayer d'aller le plus vite possible en ayant une bonne coordination segmentaire.

------~··········· ................. li'>

:----:>··· .. ········ ............... ~

56
LA COOIIDINATION -- Chap~tr~: 2 .. :j'

- FiCHE TECHNIQUE 1 -

TRAVAIL D'APPUIS AVEC UNE CORDE ÀSAUTER

Objectifs : Cet exercice apour linalité de travailler la fréquence gestuelle, la rythmicité avec des appuis très courts et très rythmés.

Description: La corde à sauter reste un moyen d'entraînement efficace pour solliciter à la fois le système cardia-vasculaire, un renforcement
musculaire au niveau des membres inférieurs (notamment les gastrocnémius), la fréquence gestuelle et la rythmicité. Il s'agit d'effectuer dif-
iérents sauts (deux pieds joints, àcloche-pied, deux pieds alternés) sur place ou en mouvement avec une certaine coordination segmentaire
(bras-jambe). La possibilité de variation des exercices avec une corde à sauter est intéressante dans le cadre où la fréquence gestuelle sera
également différente. Ces exercices peuvent être utilisés régulièrement chez les jeunes ou chez les seniors (échauffement- coordination
-renforcement musculaire).

Toutefois, trois éléments sont à maîtriser afin de travailler dans de bonnes conditions:

1 - la charge de travail mise en place (type et durée des exercices, nombre de répétitions et de séries, emplacement de l'exercice dans la
séance ... ) ;

2- !a qualité de la corde (les poignées doivent être lourdes et la corde fine) ;

3- la taille de la corde (elle doit correspondre à la morphologie des utilisateurs, et c'est pourquoi nous devons essayer de toujours disposer
de trois tailles de cordes à sauter)

57
1 , 1 Il

Calmels C. « La découverte des neurones miroirs révolutionne le monde scientifique- Quels enjeux pour
Bâb~iographie
le milieu sportif? » ln 4"' journées internationales des sciences du sport, INSEP, novembre 2006, 83-84

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Meinel KG. Bewegungslehre- Sportmotorik 8. Volk et Wissen, Berlin, 1987

58
l'avis de l'expert : !a vitesse

«Voir vite et courir vite sont des qualités essentielles et fondamentales pour le football de haut
niveau car cela va permettre d'effectuer des gestes techniques le plus rapidement possible
et donc d'apporter de la vitesse au jeu. De même, un haut niveau de vitesse de course va
permettre de jouer plus en bloc : les défenseurs qui courent vite jouent volontairement plus
haut. La vitesse et l'explosivité chez un attaquant sont fondamentales avec ou sans ballon (à
condition que l'appel soit fait dans le bon timing). Dans le recrutement également, le fait de
courir vite et d'agir vite sont deux paramètres de choix.
Faire gagner à un joueur de la vitesse est très complexe, ou alors dans des proportions
faibles. En revanche lui donner la possibilité d'effectuer plus de sprints au maximum de son
potentiel me paraît important. Dans cet aspect, il me semble que l'intermittent court est un
bon exercice pour maintenir le potentiel maximal de vitesse du joueur et pour le répéter tout
au long d'un match. Ce type d'exercice permet également de limiter les lésions musculaires
contrairement aux exercices de vitesse maximale qui peuvent les engendrer (sollicitations
musculaires moins brutales).»

Frédéric Antonetti

« Le footballeur d'aujourd'hui a de moins en moins d'espace, il doit agir le plus vite et


le mieux possible. La vitesse de jeu actuelle entraîne une vitesse d'exécution qui doit
être optimisée. Cette notion de vitesse d'exécution est bien évidemment liée à la capacité
d'enchaînements techniques du joueur, à son anticipation et à sa perception du jeu. De nos
jours, la majorité des buts sont marqués sur des attaques rapides. Les joueurs modernes
doivent alors associer vitesse et technique, et pouvoir répéter des actions explosives
le plus longtemps possible et avec une qualité d'exécution constante tout au long du
match. Si le joueur n'est pas en bonne condition physique, ses qualités de footballeur ne
s'exprimeront pas aux mieux. Le travail de la vitesse est délicat et précieux. Les joueurs
doivent faire des tests, des exercices de musculation spécifique, des exercices en vitesse
pure sans ballon, en vitesse spécifique avec ou sans ballon et en vivacité. Le travail de
vitesse est un travail d'optimisation mais pour véritablement avoir une amélioration de la
performance en vitesse pure, il faudrait travailler pendant au moins 2 ans. Les résultats
sont longs à venir et les joueurs doivent être irréprochables dans ce travail de vitesse. Ils
doivent toujours être à 100 %. »

Vahid Halilhodzic

60
La vitesse

Deliai Alexandre

Introduction

« La vitesse du footballeur est une capacité très diverse. Elle implique non seulement la
capacité d'action et de réaction rapide, la rapidité de départ et de course, celle du maniement de
la balle, du sprint et de l'arrêt, mais aussi la rapidité d'analyse et d'exploitation de la situation du
moment. » Weineck (1997)
" La vitesse du joueur sportif est une capacité complexe qui se compose des différentes
capacités psychophysiques. » Bauer (1981)

61
interconnexion entre les différents facteurs de per-
1. Définitions et Objectifs
formance. Elle mélange les capacités d'étirement,
de coordination et de force. Bangsbo (1994) a
Messi, Cissé, Henry, Saviola, Owen, Roberto même démontré qu'il existe une corrélation entre
Carlos, Ronai do sont autant de joueurs présentant les la capacité de répétition de sprints et la VO,max. La
mêmes caractéristiques : une vitesse et une vivacité vitesse est une qualité variée car elle fait i~tervenir
exceptionnelles. La performance du footballeur de aussi bien des facteurs d'ordre physique que psy-
haut niveau est très souvent corrélée à sa capacité chophysiologique (voir Figure 1).
à réitérer des sprints à niveau optimal (Bangsbo, Ces éléments psychophysiologiques sont à dévelop-
1994; Helgerud et al., 2001 ). En harmonie avec per, entretenir et perfectionner quel que soit le ni-
les autres facteurs de la performance (endurance, veau de pratique. Grâce à l'harmonisation de cha-
souplesse, force, coordination, technique, tactique, cun de ces félcteurs, les joueurs pourront développer
récupération et hygiène de vie) cette qualité est leurs performélnces quel que soit le type de vitesse.
devenue une des caractéristiques du footballeur cie Cette vitesse est multifactorielle et existe sous diffé-
haut niveau (même s'il existe des joueurs lents à rentes formes : la vitesse gestuelle, la vitesse maxi-
haut niveau). Plus le niveau de compétition est élevé male, la vitesse courte (élccélération et démarrage),
plus la vitesse de jeu augmente, plus les footballeurs la vivacité, la vitesse-coordination, la vitesse-force,
sont rapides comparativement au poste occupé. la survitesse et l'endurance-vitesse (Figure 3).
En effet, Verheijen (1998) a démontré qu'il existe
une différence significative entre des footballeurs
amateurs et les footballeurs professionnels au 1 .1 Vitesse maximale
niveau des temps de course sur 15 et 40 mètres.
Cette différence s'observe également entre des C'est la vitesse maximale que peut atteindre
sportifs de niveau national et des sportifs de niveau un athlète. Elle varie en fonction des individus et
international. peut être atteinte à des distances qui varient selon les
La vitesse est un élément fondamental dans le foot- postes. En football, nous considérons qu'un joueur
ball actuel. Durant un match, les joueurs effectuent atteint Sél vitesse maximélle élUX alentours de 45 à
environ 700 m de sprints (entre 100 et 140 sprints),
55 mètres. Lorsqu'ils effectuent un entraînement
avec des exercices à vitesse maximale les joueUI's
de distances variant entre quelques mètres et 50
accumulent des lélctéltes et d'autres déchets
mètres et avec des temps de récupération avoisinant
métélboliques et de ce fait le délai de récupération
les 30 s à 40 s, Bangsbo (1994). Les différentes étu-
approchera les 48 h.
des et analyses considèrent que la vitesse maximale
du footballeur est atteinte aux alentours cie 40 m à
50 m. 1.2 Survitesse
Figure 1 Toutefois, n'oublions pas que << la qualité de vi-
tesse constitue une liaison des différentes qualités La survitesse consiste à faire courir ses
Les capacités psychophysiques physiques » (Tabachnic). Frédéric Aubut parle de joueurs à une vitesse plus importante que leur
!le la vitesse, Bau er (1981) << qualité multicomposante » et qui constitue une
vitesse maximale afin de les habituer à de nouvelles

VITESSE
VITESSE DE
D'INTERVENTION
PERCEPTION
1
\
1
\
VITESSE
VITESSE
D'ACTION
D'ANTICIPATION

VITESSE DE
DÉCISION MOTRICE

62
lA VITESSE

fréquences gestuelles et autres éléments cie la possible durant le match et de ce fait nous sommes
technique de vitesse. On veut alo1·s surprendre le plus clans un travail mixte, à la fois aérobie-anaérobie
muscle. Ces exercices sont en général effectués (Krustrup et al., 2001 ).
sur une pente inclinée au maximum cie 3 'Yt, à 5 %
(Romanova, 1990). Au-delà de cette inclinaison, la
qualité de la technique de course serait clété1·iorée. 1.5 Vitesse-coordination
Enfin, nous devons savoir que le travail en survitesse
augmente la sollicitation des groupes musculaires Elle consiste à maîtriser des actions dans des
des ischia-jambiers. Les séances peuvent être du situations prévisibles (automatisme) ou imprévisibles
type 6 x 20 m. (adaptation), de les exécuter de façon économique et
d'apprendre rapidement les mouvements, avec une
certaine vitesse. On cherche à effectuer des actions,
1.3 Vitesse courte des gestes techniques (dribble, enchaînement de
contrôle-passe ... ) à une vitesse optimale. Le délai
Elle englobe des distances courtes de récupération est de 24 h car le principal substrat
directement influencées par la capacité de réaction, énergétique (PCr) se régénère très vite.
d'anticipation et d'action. La qualité des appuis est
essentielle au même titre que la fréquence gestuelle.
Elle correspond au démarrage et aux changements 1.6 Vitesse-force
de direction. Or ces actions sont omniprésentes lors
de la pratique du football (Deliai et Keller, 2004). La vitesse est directement influencée par
Lors d'un entraînement intégrant des exercices la quai ité de force du train inférieur. La poussée
de vitesse courte, le délai de récupération est lors des premiers mètres d'un démarrage est très
de 24 h. Le principal substrat énergétique, les importante et dépend directement de la force
phosphocréatines (PCr), se régénère rapidement. elu joueur (l<otzamanidis et al., 2005). Il s'agit
Toutefois, nous devons faire attention au nombre d'effectuer diverses actions rapides tout en étant
cie séries et de répétitions pouvant induire une soumis à une charge (parachute, élastique, terrain
élévation importante de la lactatémie. boueux, côte, une montée, un adversaire ... ).

1.4 Vivacité 1.7 Vitesse-puissance en côte

Elle représente la capacité d'un sportif à La vitesse peut être travai liée par des exercices
effectuer des actions rapides de quelques mètres sur des pentes inclinées. Lors d'une séance en côte,
tout en changeant de direction de manière tout l'inclinaison ne doit pas excéder 10 %-15% afin
aussi rapide. La qualité des appuis, le rythme et la de rester dans un travail de puissance-vitesse ou de Figure 2
fréquence gèstuelle sont essentiels à ce niveau. Le force-vitesse. Plus l'angle de la côte est important,
délai de récupération est de 24 h car le principal Pente au centre
plus les poussées concentriques des quadriceps
substrat énergétique (PCr) se régénère très vite. Le d'entraînement de la Juventus
seront importantes. Ce type de travail en côte est
joueur doit être capable d'être vif le plus longtemps de Turin, Vinovo, Italie
également intéressant pour faire monter rapidement
DE L'ENTAAÎNEMENT À LA PEf\FORMANCE EN FOOTOALL

la FC (1 00 bpm en moins de 10 s) mais détériore 2.1 Analyse physiologique


la fréquence gestuelle. On peut envisager du travail
en escalier sur des marches basses pour entraîner la
La vitesse pure est une qualité
puissance du joueur, notamment pour le retour des
multifactorielle, c'est-à-dire qu'il existe différentes
blessés aux ischia-jambiers.
composantes (Figure 4) permettant de développer
la performance sur courte ou moyenne distances
1.8 Vitesse-endurance (coordination gestuelle et segmentaire, force
des membres inférieurs, vitesse de transmission
C'est la capacité du joueur à effectuer des nerveuse ... ). Toutefois, nous devons ajouter d'autres
répétitions de sprints courts ou longs sans perte de éléments spécifiques au contexte du footballeur
vitesse (retour à un meilleur état de fraîcheur entre et au sport collectif: l'importance du temps de
chaque sprint). Ce travail permet de répéter des réaction, la vitesse avec charge, la vitesse à la suite
sprints et de maintenir le plus longtemps possible de changements de direction, la vitesse à la suite
la vitesse maximale, d'augmenter les réserves de d'un saut, d'un ta cie, d'une tête ...
phosphagènes, d'être protégé contre 1 'acidification À vitesse égale, certains joueurs peuvent être les
lactique (baisse du pH, sprints longs) et un retour premiers sur la balle grâce à une analyse de la si-
à un meilleur état de fraîcheur avant chaque début tuation rapide et efficace. L'anticipation et une
de sprint. Le délai de récupération approche 72 h perception affinée permettent de gagner quelques
car les joueurs accumulent des lactates et d'autres centièmes de secondes par rapport à l'adversaire et
déchets métaboliques. donc d'être en avance sur lui, même si sa propre
vitesse pure est inférieure à la sienne.
1. 9 Vitesse en état de fatigue Nous allons donc rechercher différentes adaptations
physiologiques :
Ces types d'entraînement consistent à faire " augmenter le nombre d'éléments contractiles
des exercices de vitesse en situation de fatigue. dans les muscles sollicités;
Ces exercices sont très intéressants sachant
que la différence entre les équipes s'effectue • augmenter les réserves ATP/CP et de l'oxygène en
majoritairement dans le dernier quart d'heure réser"Ve intramusculaire;
du match, et de ce fait, l'équipe ayant le plus de • augmenter la concentration des enzymes inter-
ressources physiques (mais aussi morales) pourra venant dans le métabolisme anaérobie alactique
prendre l'avantage ou revenir dans le match. == créatine phosphokynase et myokinase;
• préparer les muscles à des actions brèves et spon-
tanées ;
2. Analyse • augmenter la Force maximale volontaire (FMV) et
Figure J la Force maximale isométrique (FMI) grâce à un
trav6il de force-vitesse (Widrick et al., 2002);
les différentes formes On peut analyser· la dimension " vitesse >>

de la vitesse sous plusieurs aspects. ~ améliorer la capacité pulmonaire;

0 augmenter la qualité d'échange;

COORDINATION COURTE VIVACITÉ MAXIMALE FORCE ENDURANCE

64
LA VITESSE · Chapitré· G.. ; ·j,

LA COMPOSANTE ÉLASTIQUE
DU MUSCLE

Base ph~sibidgi~qe· LA CAPAC!TI':


i.ES FIBiŒS DE FORCE
MUSCULAIRLS
dè Ia: ... i'•.,.."'"'·"'
MUSCULAIRE

VITESSE
LES RF:SFRVES DE TRANSMISSION
ÉNERGl~TlQUES NERVEUSE
LA PROCIRAMMATION MOTRICE ET
LA COMMANDE NEURO-
MUSCULAIRE

Elle dépend de la taille


La hausse des substrats énergétiques des moto-neurones et de l'épaisseur
et l'intensitïcation des réserves de la gaine de myéline.
enzymatiques augmentent ln vitesse
de contraction notamment pour la
vitesse acyclique. On veut une coordination intra-
ct intermusculaire. une hausse du nombre
cl' unités motrices activées et améliorer
la coordination antagoniste-agoniste.

Figure 4
tivité enzymatique nécessite notamment une tem-
e retarder l'élévation du rythme cardiaque par une pérature intramusculaire de l'ordre de 38°. Base physiologique
amélioration en quantité (volume) et en qualité
de la vitesse
(puissance) ; La composante élastique et réactive des muscles
• plus l'athlète sera réactif plus il sera efficace dès est très importante car elle est directement liée à
ses premières foulées; la capacité de vitesse du joueur. Elle est également
très importante pour la performance du joueur, au
• optimiser la rythmicité; niveau de sa vitesse gestuelle notamment, du fait
du cycle « étirement- détente )) omniprésent dans
œ optimiser la fréquence ;
chacun de ses gestes. Elle peut être définie comme
e optimiser la capacité d'anticipation. la capacité du muscle à pouvoir se déformer et à
se raidir selon l'équilibre propre à la contraction
La vitesse est une action explosive clans laquelle la nécessaire (volontaire ou de détente) à un exercice
demande énergétique va être importante et l'activité donné. On peut la diviser en deux fractions : une
enzymatique va considérablement augmenter. Bi liat fraction passive (les tendons) et une fraction acti-
(1998) a montré qu'un « des problèmes majeurs des ve (la partie contractile du muscle). Les exercices
efforts brefs et intenses est de satisfaire immédiate- amenant à des contractions de type concentrique
ment l'énorme demande d'énergie qui augmente la permettent de travai lier la compl iance (« la défor-
vitesse des réactions cie la glycolyse de mille fois mabilité ))), ou de réduire la raideur des muscles
par rapport au repos )), La PFK serait notamment alors que ceux amenant à des contractions de type
l'enzyme la plus sollicitée. L'augmentation cie l'ac-
65
excentrique, pliométrique ou isométrique permet- ~ une amélioration de la synchronisation des uni-
tent de travailler la raideur du muscle. tés motrices (UM) et une augmentation de leu1·s
fréquences de décharge (diminution du temps de
L'énergie élastique se1·ait principalement présente
recrutement des UM, surtout des fibres rapides) ;
dans les tendons et serait travaillée et optimisée lors
de travail de type pliométrique ol.1 l'on cherche à e une élmélioration de lél comdination intramus-
obtenir un<< Coupling Time »très court, de l'ordre culaire (élctivéltion d'un plus grand nombre de
de 50 ms- 150 ms pour que la phase concentrique fibres);
corresponde à la mise en jeu du réflexe d'étirement.
o une amélioration de la coordination intermuscu-
En football, la sollicitation de l'élasticité musculaire
laire (capacité des muscles agonistes et antago-
est trop faible, d'où la baisse de l'énergie élastique
nistes à coopérer).
compte tenu également du fait que le travail de type
pliométrique est difficilement applicable au cmm La combinëlison d'un travélil de force et de vitesse
des entraînements. Toutefois, si l'on souhaite amé- permett1·i1 au cou1·s de la même séance d'êimélin-
liorer ou maintenir l'élasticité musculaire, on peut rer également l'explosivité et la perfmmance du
effectuer des exercices isotoniques, balistiques, footballeur (l<otzamanidis et al., 2005). Enfin, l'en-
pliométriques, ou encore des exercices associant traînement en force-vitesse permet non seulement
force max et force explosive. Enfin notons que la d'améliorer et d'entretenir les qualités de vitesses
hausse de température consécutive à l'échauffe- d'un joueur mais aussi les qualités de force. Wi-
ment permet d'augmenter les propriétés élastiques drick et al. (2002) ont démontré que trois séances
des muscles et des collagènes. de force-vitesse par semaine permettaient d'amélio-
rer la force maximale volontai1·e de plus de 60 %,.
Le tendon d'Achille joue un rôle important dans
De même ils ont conclu que ce travail permettait
cette qualité de vitesse et d'élasticité car il permet cl'augmente1· de 30 'Yo à 40 °/c, la force maximale
un rebond de qualité.
isométrique.
La force est indispensable dans le développement Nous pouvons également relever que l'adducteur,
de la qualité de la vitesse. Wisloff et al. (2004) ont l'abducteur, les abdominaux et les fessiers permet-
signalé que la performance en demi-squat est di- tent de stabi 1iser le bassin.
rectement corrélée à la performance aux sprints
chez le footballeur. Un travail en force maximale
va permettre de synchroniser les unités motrices. 2.2 Capadté à répéter des sprints
De même, Cronin et Hansen (2005) ont démontré
qu'un travail de puissance-force était plus intéres- La performance physique du footballeu1·
sant qu'un travail à base de pliométrie afin d'amé- est très souvent 1iée à sa capacité à réitérer des
liorer la performance des footballeurs en sprint. sprints à un niveau optimal tout au long du match,
notamment pour des postes tels que milieu défensif
Les muscles sollicités sont les muscles équilibrateurs
et arriè1·e laté1·al. L'optimisation cie la V0 2max et son
et extenseurs de la hanche (fixation elu bassin), les
maintien à ce niveau va permettre de mieux réitérer
extenseurs du genou, les fléchisseurs du genou, les
les sprints et cie mieux récupérer entre chaque sp1·int.
muscles responsables de la rétroversion (les abdo- Bangsbo (1994) él même démontré qu'il y avait une
minaux, transverses, petit et grand obliques; grand corrélation entre la capacité de répétition de sprints
droit de l'abdomen; ischia-jambiers) et les muscles et la V0 2max. De même, Brown et al. (2007) ont
permettant les appuis unipodal (abducteurs et ad- relevé que la capacité de répéter des sprints courts
ducteurs). La force et la vitesse sont deux qualités est liée à la VO,max.
indissociables (Wisloff et al., 2004). La musculation
permet d'améliorer la puissance et la qualité de l<rustrup et al. (2006) ont analysé les effets de l'ac-
démarrage (demi-squat, presse, leg curl et leg ex- cumulation de métabolites sanguins et musculaires
tension). L'augmentation de la force maximale est au cours d'un match cie joueu1·s de 4" division da-
indispensable afin d'améliorer l'accélération (taille noise. Ils avaient effectué une biopsie musculai1·e
des filaments et des ponts d'union qui vont grandir) et une prise de sang avant le match et après le
mais aussi lors des phases de freinage afin de ré- match. Les joueurs avaient également effectué cinq
duire brutalement sa vitesse pour s'arrêter, sauter, sprints de 30 m avec 25 s de récupération passive
se repousser ou tout simplement effectuer une aut1·e entre chaque sprint durant trois périodes : avant le
action footballistique ... La force maximale n'est JXlS match, immédiéltement à lél mi-temps du match et
atteinte pendant le sprint. immédiatement à la fin du match. l<rustrup et al.
(2006) ont relevé que la periormance en sprint était
Ces exercices de force-vitesse, qui consistent à ef- réduite durant le match (enchaînement des sprints
fectuer des contractions maximales clans un laps de avec d'autres Jetions explosives et aérobies) et à
temps bref, consistent à entraîner le système ner- la fin elu match. ils expliquent cette baisse pé11' une
veux par: diminution elu niveau de glycogène musculaire. Le

66
LA VITESSE

niveau de lactatémie aurait été un pauvre indicateur


du lactate musculaire durant un match de football.
Ainsi, nous comprenons bien qu'il est important
d'accumuler le plus de glycogène musculaire possi-
ble et d'avoir une VO,max optimale afin de r~dentir
l'apparition de la baisse de la performance en sprint
au cours d'un match de football.

2.3 L'aspect technique


de la course de vitesse

Nous pouvons découper une course de vitesse


en quatre composantes : une phase de réaction, une
phase d'accélération, une phase de maintien de la
vitesse et une phase de décélération. En football, les
deux premières phases sont omniprésentes lors d'un
match avec les multiples changements cie direction
qu'il implique. Toutefois, cette phase de maintien
de la vitesse est également présente clans la mesure
oi:1 certains joueurs effectuent régulièrement des
courses longues (les joueurs excentrés).
La mobilité des segments est très importante, les
bras favorisent le mouvement impulsif des jambes.
Les bras et avant-bras doivent osciller dans un plan
parallèle. Dans le même temps les jambes effec-
tuent deux types de mouvements : le premier est un
mouvement arrière représentant la phase active de
la foulée, l'élément moteur pour la propulsion du
joueur; le deuxième est un mouvement avant qui
sollicite l'engagement de la jambe (Goriot, 1984).
Le joueur doit être relâché tout en ayant un bon
contrôle segmentaire (les mains ne doivent pas par-
tir clans tous les sens).
Le positionnement du bassin est très important. Le
bassin doit être placé le plus en rétroversion possi-
ble pour qu'il y ait un maximum de transfert d'éner-
gie et cela tout au long de la course afin de maximi-
ser l'économie énergétique. À très haut niveau (en
athlétisme essentiellement), les staffs techniques et
médicaux effectuent des enregistrement et des ana-
lyses des oscillations du bassin du coureur durant la
course afin de corriger le positionnement segmen-
taire du bassin de l'athlète (ce1·taines normes ont été
établies afin de considérer une oscillation du bassin
comme efficace, à ± 8 o;,,).
important de varier les stimuli de réaction, c'est-à- Figure 5
Le démarrage est essentiel car il permet d'acqué-
elire effectuer des stimuli visuels, sonores, ou encore
rir une vitesse dans un laps de temps bref. il cor- Analyse de l'activité
précéder l'action de démarrage par des actions spé-
respond à la phase de réaction et de poussée. Les musculaire durant trois types
cifiques (sauts, course arrière, course latérale ... ).
joueurs doivent pouvoir transformer l'énergie déve- de courses: lente, à allure
loppée par la poussée au sol avec le minimum de La capacité d'accélération est également essentielle moyenne et à allure maximale,
perte énergétique au cours de la transmission. La car elle permet de combler son déficit de perfor- Kunz et Unold (1988)
force combinée à l'explosivité fait le double facteur mance au démarrage. Elle est fonction de la capa-
indispensable à la capacité de démarrage pure. Du- cité de réaction et de la puissance du joueur.
rant les matchs, d'autres facteurs viennent s'ajouter
La fréquence, l'amplitude, en d'autres termes la qua-
tels que l'anticipation, la perception, le temps de
lité des appuis sont très importantes dans cette no-
réaction ... Ces éléments expliquent pourquoi il est
67
ti on de vitesse. En effet la vitesse est égale au rapport développer rapidement sa vitesse de course JWixi-
de l'amplitude et de la fréquence. << La fréquence male, mais au bout de quelque mois, un résultat
représente une notion de temps et de rythme. C'est positif sera observable.
le nombre de foulées obtenues par unité de temps
donnée. » Goriot (1984). En revanche ce travail de
fréquence doit être fait très tôt dans la formation car 2.4 l'aspect biomécanique
un joueur aura atteint sa fréquence maximale vers de la course de vitesse
15-16 ans même si cette qualité pourra être amélio-
rée mais non sans un effort très régulier. L'amplitude La biomécanique de la vitesse est
serait la quantité métrique dépendant de la qualité indispensable à analyser afin d'améliorer ses
de la foulée. Durant l'activité du footballeur nous performances sur vitesse courte ou sur moyenne
conseillons d'effectuer des appuis courts et dynami- distance. On doit tou jours essayer d'affiner la qua ité
1

ques durant la phase de poussée (les premiers mè- gestuelle afin de minimiser la perte énergétique.
tres) puis des appuis avec plus d'amplitude lors de Dans la littérature l'aspect biomécanique de la
courses plus longues (20 m à 60 m). vitesse est très souvent divisé en deux catégories :
la phase de contact au sol et la phase de suspension
(Figure 6).
VITESSE= FRÉQUENCE x AMPLITUDE
Généralement, le joueur doit avoir une course hau-
te, avec de faibles oscillations du bassin et du centre
Le centre de gravité (CG) : le buste doit être incli- de gravité, une attaque au sol par le talon la plus
né par un déplacement du centre de gravité vers rapide possible, un temps de contact au sol le plus
l'avant. L'oscillation de ce centre de gravité n'est court possible, une phase d'impulsi·on la plus ex-
pas très importante, environ 2,2 cm. Toutefois, si plosive et forte possible, une coordination segmen-
l'oscillation du CG est trop importante au cours de taire et un regard droit devant soi.
la course, cela traduira une déperdition énergétique
forte. Le footballeur doit avoir une oscillation du CG 2.4. 1 La phase de contact ou sol
de l'ordre de 7 cm lors de sa course pure, mais en
situation de match elle peut aller jusqu'à 13 cm. Tout d'abmd, il faut savoir que la vitesse
« Lors de la course de vitesse, les cuisses remontent de la jambe avant la reprise au sol doit être très
à l'horizontale et la reprise d'appui se fait pratique- rapide (jusqu'à 20 m/s pour une vitesse de 12 m/s)
ment sous le centre de gravité (un contact par le ta- et qu'il convient de réduire le temps de contact au
lon entraîne une pose en avant du CG) tandis qu'en sol (en général entre 0,12 s et 0,20 s). La première
demi-fond la reprise d'appui se fait légèrement en composante à analyser est la phase d'amortissement
avant du CG. » Michel Dufour - réception qui s'opère progressivement sur toute
Figure 6 la surface du pied. Elle peut-être définie comme
Toutes ces capacités doivent être travaillées tout au la contraction excentrique des extenseurs. Gmiot
Analyse de la foulée en course long de l'année. Le développement de la vitesse (1984) a remarqué l'existence de trois types de
est un travail à long terme. Le joueur ne pourra pas pose d'appuis : en avant des genoux pour limiter

1- Phase 4- Phase de
d'amortissement- suspension 1temps
réception 2 - Phase de soutien 1 3- Phase d'impulsion 1 de vol
transfert corporel renvoi

68
'"''.

· .· -Athlète Oii-10m
~ -1oa2om 2oà30m ·.3îJit'::4o-m::'4o\a5om~:-:5iJà-60ill ·60à-70m 70àsom SQ'à90m gO'àJillim
-~
Facteurs analysés· · • . • . . . f . ' ' .-. • . • ' . • ... -· . . . ·- . - • . - ··: •.

5,53 6,38 7,23 8,1 8,96 9,83


Ben Johnson 1,73 2,86 3,8 4,67
Temps intermédiaire (s) 6,5 7,36 8,22 9,07 9,93
Carl Lewis 1,74 2,86 3,91 4,78 5,64

0;85 0,87 W~6 ·o;87


1,73 1,02 0;94 0,87' ,'0,86. 0,85
Ben Johnson
0,86 0,86 0,86 -0,85 ·-0;86
Carl Lewis 1,74 1,02 0,95 0,87 0,86

11,76 11,76 11,49 11,63 11,49


5,78 9,8 10,64 11,49 11,63
Ben Johnson
Vitesse moyenne (m/s) 11,63 11,63 11,63 11,76 11,63
5,75 9,8 10,53 11,49 11,63
Carl Lewis
4~ 1 4,05 4,05 4,1
s'en Johnson 7,3 5,3 4,5 _.4,4 4,3 4,1

Nombre de foulées 3,9 3,9 3,95 ,' . 3,65:


4~8 4,35 4,2 .4,1 3,9
· · ._-·Carl Lewis 6,95
2,44 2,44 2,47 2,47 2,44
1,37 1,89 2,1 2,27 2,32
Ben Johnson
Longueur des foulées (m) 2,56 2,56 2,56 2,53 2,74
1,44 2,08 2,3 2,38 2,44
Carl Lewis
4,82 4',82 4,65
Be,rt Johllsoil - _<22 5,19 4,77
Fréqu~nce des foulées @fs) 4,53 '4;53
ëiir1 tewisë··~~ ·!~~3.99 4,7 4,_58 -4,82 4,53

80 80 85 85
Ben Johnson 115 91 85 87
Temps de contact au sol (ms) 83 82 85 82
Carl Lewis 134 100 87 85
-.122: 122 -

Te~'.'c"'0"'~.f1';/2/~~-f''~~~i~1;•• ,.
86_ 99. 1'11
.1t;3 ' 12{_ .:,'!34- : f38

0,7 0,7 0,65 0,64


0,92 0,76 0,77 0,65 0,63
Ben Johnson 1,34
Index d'activité (contact- 0,54
ç:-
0,62 0,63 0,59 0,61
suspension) 1,49 0,88 0,72 0,68 0,67 ~
Carl Lewis
~
())>t::LC»~ëD~5'
~:rco~oSg!!!.
~
Cf'
~CD:5"eD'3 ~ ~~ ii)
CD~""Ca:t-CD:::ICD 0
-·C")a:t::::Jnn et..
c
~ci'~ ~~a_ a~
;:§-_nh-·cn ~œ
_..c..:::s"'l:::) t:Lc..- C")
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...0
- · 0~ t'~I4TMÎI4i:lii~I4T À 1:A PEI'CS~';IJO:IKE Ell FSSTBALL

l'amortissement, à la verticale du genou en ce qui gestuelle permet d'augmenter la vitesse gestuelle


concerne notamment les petits gabarits, et derrière du joueur, elle a un rôle sur la structure (au niveau
le genou avec une économie énergétique plus de composants elu mouvement tels que la force) et
importante mais l'amplitude de la foulée est alors sur la répétition (enchaînement des structures). La
très limitée et donc la performance diminuée. vitesse et la fréquence gestuelle sont étroitement
1iées à la force.
La deuxième composante est constituée de la phase
de soutien qui doit être la plus courte possible, elle Toutefois, le développement de ce facteur de l'ré-
se situe au passage du bloc bassin-tronc à la verti- quence gestuelle est limité pat la barrière de vites-
cale de l'appui. Elle correspond au moment où le se, qui peut-être défini comme une limitation de la
pied est à la verticale du bassin. C'est une phase fréquence cl' ordre essentiellement nerveuse. Cette
neutre et explosive traduisant le transfert du poids notion de barrière de vitesse correspond à une vi-
corporel sur l'appui. tesse donnée que le joueu1· ne pourra plus améliorer
avec un entraînement nmmal. On doit alors trouver
Enfin, /a phase d'impulsion est constituée par la
d'autres moyens d'entraînement (survitesse) afin de
poussée et l'extension harmonieuse de l'ensemble
dépasser cette barrière de la vitesse avec une fré-
des muscles du train inférieur (notamment le qua-
quence et une vitesse gestuelle plus affinées.
driceps, les ischia-jambiers, les triceps suraux et
les soléaires). Elle conditionne l'amplitude de la
foulée et la fréquence des appuis. Nous pourrons 2.5.2 La vitesse gestuelle
également parler de phase de propulsion car la
force générée lors de la poussée par l'extension des Ce facteur nécessite un rapport entre force
segments inférieurs vers l'arrière va permettre de et vitesse. Chez les joueurs professionnels, la vitesse
déterminer directement la performance en vitesse gestuelle s'utilise contre 1·ésistance (peu de vitesse
du joueur. Piéron considère l'impulsion non pas gestuelle pure). Cette vitesse gestuelle dépend de
comme une poussée mais comme une déformation la qualité de la contraction musculaire qui doit
de la trajectoire du CG dont il s'agit de maintenir la être «violente"· L'obtention d'une contraction
vitesse acquise. Nous parlons également de phase musculaire efficace va dépendre:
de renvoi qui se doit d'être le plus dynamique pos-
·· v de facteurs se situant au niveau des musc;les : la
sible et le plus court pQssible. -
libération de CN +permettant la formation des
Ainsi nous pouvons dissocier la phase de contact au ponts d'actine-myosine, elu taux d' ATP présent
sol en trois composantes : amortissement-réception dans les muscles et elu pourcentage de fibres ra-
-soutien- impulsion. L'ensemble doit être le plus pides (FT);
bref possible afin de garantir une rythmicité, une
" de facteurs concernant l'utilisation du muscle: la
tonicité et une vivacité. Cette donnée de temps de
synchronisation des unités motrices, la capacité
contact au sol est très importante et elle est souvent
de sélectionner un maximum de FT et l'amélima-
analysée dans l'athlétisme et dans les sports collec-
tion de l'efficacité musculaire due à l'étirement;
tifs au moyen d'appareil tels que I'Opfojump.
o de facteurs concernant-la coordination des diffé-
2.4.2 La phase de suspension rents muscles : agonistes-antagonistes et l'inhibi-
tion réciproque de la contraction, l'antagoniste se
Cette phase de repos relatif est une relâche.
conséquence des actions au sol. Plus la puissance
à l'impulsion a été grande, plus l'amplitude sera 2.5.J Le temps de réaction
importante. La durée de cette phase de suspension
correspond à 0,12 s et 0,14 s pour un sprinteur. Cette notion correspond à une manifestation
de l'excitation au niveau des différents récepteurs
2.5 Les facteurs de développement de l'organisme. Ce message va être transmis sous
forme d'influx nerveux au système nerveux central
de la vitesse
(SNC) qui va traiter les informations. Puis le SNC
va constituer un signal effecteur qui va se propager
Ils sont au nombre de trois (Figure 7). jusqu'au niveau périphérique provoquant une
excitation et la manifestation de la contraction
2.5.1 La fréquence gestuelle musculaire. Le temps de réaction se développe par
un travail de vitesse gestuelle rapide (mais l'inverse
Elle dépend de la force des agonistes et des n'est pas obligatoirement faux), par une méthode
antagonistes, mais aussi de l'aptitude du joueur à répétitive et une attitude sensorielle. Ce temps de
enchaîner de manière qualitative des contractions réaction doit être le plus court possible afin· de
et un relâchement musculaire. Cette fréquence gagner du temps par rapport à son adversaire. Ces

70
Facteur de développemeüt
de la vitesse

La vitesse gestuelle
La fréquence gestuelle 1
Le temps de réaction

/
Le temps de réaction
simple
"
Le temps de réaction
complexe

De plus le nombre de répétitions et de séries dépend Figure 7


quelques centièmes de secondes vont permettre
cl' être en avance sur les joueurs adverses. également de l'objectif de travail. Est-ce que nous
Les facteurs de déveloJJPemenl
voulons effectuer un travail de vitesse en situation
de la vitesse
~~ous pouvons différencier deux sortes de temps de de fatigue (fin de match) ? Est-ce que nous voulons
réaction. Le temps de réaction simple ol.t il y a peu travailler sur les différentes adaptations nerveuses,
d'incertitude. Les joueurs de haut niveau doivent la rythmicité, la fréquence et la vitesse gestuelle?
travailler un autre temps de réaction, le temps de Est-ce CJUe nous voulons développer la qualité de
réaction complexe omniprésent cl;ms la pratique du démarrage en corroboration avec une prise d'infor-
football professionnel. Ce temps de réaction concer- mation (anticipation, adaptation)?
ne plusieurs incertitudes (hétérochronique ou non)
Littel et Williams (2007) ont noté l'importance de
pour lesquelles le joueur clevrél extr<1ire les bonnes
la récupération au cours de séances de vitesse. Ils
informations pour donner une réponse adaptée. Le
ont notamment relevé qu'un joueur qui répétait des
joueur devra donc également anticiper et s' éldap-
sprints sur 15 m avec des durées de récupération
ter lors de la phase préparatoire afin d'effectuer des
inférieures à celle qui suit un sprint sur 40 m, sera
ajustements moteurs.
plus fatigué à la suite de la répétition des 15 m qu'à
Vescovi et Mac Guigan (2007) ont relevé une cor- la fin de la répétition des sprints sur 40 m.
respondance entre les performances en sprint, en
tests de coordination et en contre-mouvement jump. 2.6.1 V0 2 max et capacités de répétitions
Ratamess et al. (2007) confirment ces résultats après
de sprints
dix semaines d'entraînements à base de travail de
résistance, de sprints et de travail pliométrique. ·
La VO.,mé.lx serait directement liée à la capacité à
répéter des sprints et donc à récupérer entre chaque
répétition et chaque série, Bangsbo (1994). Brown
2.6 La récupération durant
et al. (2007) ont même démontré qu'il y avait une
des exercices de vitesse corrélation entre la capacité de répétition de sprints
et la V0 2max.
La récupération est un élément essentiel
Bishop et Edge (2006) ont également analysé l'ef-
dans l'application d'exercice de vitesse. Les joueurs
fet du niveau de VO,max sur la capacité à répéter
doivent être le plus frais possible afin cie tr<1vailler
des sprints. ils expliquent que la VO,max agit direc-
CJUalitativement leur vitesse. Le nombre de séries,
tement sur la performance des jouëurs de football
le nombre de répétitions, la charge de trav<1il des
en permettant de maintenir des temps de sprint à
exercices effectués préalablement à ce travail
un niveau performant tout au long d'un match. Mc
de vitesse sont autant de fé.lcteurs influençant
Mi lian et al. (2005), Tomlin et Wenger (2002), Hel-
directement la qualité du tré.lvé.lil en vitesse. Tous
gerucl et al. (2001) avaient au préalable validé l'effet
ces éléments doivent être définis judicieusement
en harmonie les uns des autres é.lfin de cibler la de la VO,max, de la capacité aérobie sur la perfor-
dépense énergétique et la qualité du travail. mance en sprints et sur la performance à réitérer
71
• • DE c'ENliVXîNEMENI À rn PEI\ICII:IM14EE E14

les sprints. Ainsi, V0 2max influe directement sur la


performance du joueur en match.
~OOTBA~~

2.6.J La récupération entre les séries

À partir de quatre répétitions on dénote


une hausse de la lactatémie (Figure 8). Ainsi; si le
2.6.2 La récupération entre les répétitions joueur effectue plus de quatre répétitions il faudra
au minimum cinq minutes de récupération entre les
Au cours de répétitions de sprints (inférieurs séries. Plus la distance de travail est longue plus la
à 5 s), l' ATP est resynthétisé majoritairement par récupération entre les séries doit être importante.
le métabolisme anaérobie (dégradation des PCr Considérons que le joueur aura récupéré au bout de
et glycolyse anaérobie). Les PCr sont les substr.ats 2 min à 4 min pour des courtes distances et au bout
énergétiques majoritairement utilisés lors d'exercice de 5 min à 9 min pour des moyennes distances.
de courte durée de moins de cinq secondes. Les
réserves en ATP ne sont jamais complètement
épuisées. Elles sont continuellement renouvelées
au cours de l'exercice grâce au PCr, à la glycolyse 2.7 La récupération à la suite
anaérobie et à la phosphorylation oxydative. d'une séance de vitesse
Concernant la cinétique de récupération des PCr,
elle serait de l'ordre de 28 s pour 50% du stock de Tessitore et al. (2007) ont comparé différents
PCr, 110 s pour 75 %du stock de PCr et 400 s pour moyens de récupération à la suite d'une séance
95 % du stock de PCr. Selon Di Prampero le joueur anaérobie à base de sprints cie courtes distances, de
aurait besoin de 17 s de récupération pour que contre-mouvements jump et de squat jump. Entre
50 % du stock des réserves anaérobies alactiques deux séances anaérobiques identiques, ils ont testé
soit resynthétisé. Généralement pour des exercices l'effet de l'electrostimulation, d'un travail aérobie
de vitesse pure le joueur aurait besoin d'un temps de 20 min en piscine, d'un jogging de 20 min sur le
de récupération équivalent à dix fois le temps de terrain et d'une récupération totalement passive. Ils
travail. Une récupération supérieure à trois minutes ont trouvé que ces quatre moyens de récupération
permettrait aux capillaires de se refermer alors ne présentaient pas de différence significative pour
que leur implication dans le travail de vitesse est une séance anaérobique, explosive. Toutefois,
essentielle. l'électrostimulation ou un footing de 20 min
permettraient de mieux réduire les courbatu1·es,
----ies-durrleors-qu'-trne-récupération passive ou en
piscine.
17 s < < 3 min
Concernant une séance de vitesse maximale (nous
ne parlons pas des séances de veille de match qui

Figure 8 ~---r--r-·~--- -----~----,---- --,-·----- -r---·· ---


.!:: 2,0 1 1 1 1 l 1

Analyse de la lactatémie E
.......
'•'1 '
1
'
....J ;,
at de la consommation 0
N •1
'
d'oxygène au cours vi 1,5 '
c0 .,'
da la répétition de sprints, (.)

Volkov (1977)
1,0

i•
' '
1 1- ·- 1 1 ,. 1 1 ·-' 1-1 1 1
il 1 1
····-1··1- •-1-+ '-1--··l-1 1·1·1 +·1
012 012 012 012345 12 012012 012345

- cons. 02 Llmin temps en min


- lactate sanguin
Courbe de Volkov : en abscisse le temps en minutes, en ordonnée à droite le taux
d'acide lactique dans le sang, â gauche la consommation d'oxygène_ Les efforts sont
représentés par les bandes verticales. On constate que l'acide lactique augmente
pour commencer â être élevé à la 4' répétition. La récupération longue à l'issue de
la première série permet une diminution notable du lactate.

72
LA VITESSE

de sélectionner un maximum de fibres rapides sera


sont régulièrement effectuées avec un travail de dé-
également détériorée. De ce fait, les contractions
mat-rage, de vitesse courte et de fréquence) la récu-
musculaires seront de moins bonne qualité. Nous
pération doit être également optimale. Le système
pouvons également parler de fatigue nerveuse. Ces
nerveux central a besoin d'au moins 48 h de repos
éléments justifient pourquoi les exercices de vitesse
étant donné sa haute sollicitation durant la séance
sont préférables en début de séance, à moins que
de vitesse maximale. La fatigue nerveuse est présen-
l'objectif de l'exercice soit de vouloir travailler sa
te et court-circuite le fonctionnement classique. Les
performance de vitesse en état de fatigue.
meilleurs sprinters du monde laissent très souvent
huit jours de récupération.
2.8.5 L'aspect psychologique

2.8 les principaux facteurs limitant Le joueur doit être motivé, volontaire et doit
de la vitesse spécifique en football donner le maximum. Or ce n'est pas toujours le cas.
On doit alors trouver des situations, des exercices
de vitesse ludiques et variées afin d'entretenir
2.8.1 Le manque de souplesse, d'élasticité systématiquement un niveau motivationnel
et de relâchement élevé. Enfin nous pouvons noter que la réflexion
inhiberait l'action, d'où la nécessité de réfléchir un
Ces manques induisent une baisse de minimum pendant et durant la course pour ne pas
l'amplitude motrice entraînant un autre type de perdre les automatismes obtenus par le biais des
coordination motrice. Le joueur aura compensé entraînements.
naturellement sa gestuelle mais elle devra tout de
même être travaillée, modifiée et adaptée selon le
2.8.6 L'âge
profil du joueur. Les antagonistes auront des progrès
limités et les agonistes devront surmonter une La vitesse est la qualité qui décline le plus
résistance plus forte des antagonistes qui ne sont avec l'âge. Nos fibres rapides se transformeraient en
pas assez souples. Enfin, un mauvais relâchement fibres lentes avec le temps et de ce fait les muscles
musculaire entraîne de plus grands frottements ne permettraient plus d'être performants pour des
et un tonus plus élevé (donc un coût énergétique actions explosives. Toutefois, nous pouvons toujours
supérieur). gagner en travaillant la qualité gestuelle (Aubert
Frédéric).
2.8.2 Les fadeurs anthropométriques
Les autres facteurs sont :
« La variation et la longueur des foulées ne e La vitesse de transmission nerveuse
sont pas fortement influencées par la taille et les
• L'élasticité musculaire
rapports de feviers. » Weineck (1996). En fait, la
fréquence des foulées serait la seule déterminante • Le temps de réaction
de la performance de vitesse sur moyenne distance. • La vitesse gestuelle
Toutefois, les petits gabarits sont en général plus
performants sur courte distance, sur les démarrages • La fréquence gestuelle
et sur les changements de direction. • La coordination segmentaire
• Le pourcentage de fibres rapides
2.8.J L'état d'échauffement
'" La capacité d'anticipation et d'adaptation
L'échauffement permet d'une part de baisser • La vitesse de libération du Ca 2 +(ils influencent di-
la viscosité, et d'autre part d'élever l'élasticité et la rectement la vitesse de contraction du muscle.)
vitesse de transmission nerveuse. Le joueur peut
gagner jusqu'à 20 % de performance de vitesse en • La déplétion du glycogène musculaire
augmentant sa température musculaire de 2 oc. • Une faible V0 2max
• Le taux de phosphagènes (qui ne serait pas la
2.8.4 La fatigue cause directe de la fatigue musculaire; en effet,
le taux de PC diminue respectivement de 50% et
Elle baisse les réserves énergétiques 89 % à la suite d'un 200 m et d'un 400 m- Hir-
et engendre une accumulation de déchets vonen et al., 1992)
métaboliques (tels que l'acide lactique et l'acide
urique). La vitesse de transmission nerveuse va être • Les réserves de glycogène
affectée. De même, la libération de CN +permettant • L'activité enzymatique
la formation des ponts d'actine-myosine, la
synchronisation des unités motrices, la capacité e La température intramusculaire
73
• Dt t'tNIItAiNEMtNI À ca: PEi\P~r<I"',:Me~ ~N FaOTBAtt

G Au niveau de liJ planification de début de saison,


un tt·avail de force et d'endurance doit précécle1·
les exercices de vitesses.

• Bien planifier liJ chiJrge de travail en vitesse par


rapport aux charges de travail des jours précé-
dents et par rapport aux objectifs de la séance,

• Effectuer un bon échauffement orienté et ciblé


pour des exercices de vitesses.
e Effectuer de bons étirements à fin de réduire le ris-
que de blessure.
• Bien gérer les temps de travail et de récupération
entre les répétitions et les séries.

• Le joueur doit s'investir au maximum de ses capa-


cités, à intensité miJximale.

o Trouver des exercices permettant une motivation


continue des joueurs.

• Varier les stimuli de départ.


• Sa vitesse maximale : un joueur sera rapidement ~ Créer un esprit de compétition lors des exercices :
confronté à la « barrière de vitesse » ; i 1 devra les exercices en binôme, en relais permettent de
effectuer un travail de qualité gestuelle régulier, motive1· les joueurs.
mais surtout, il devra stimuler l'organisme avec
des moyens auxquels il n'est pas habitué; liJ sur- • Varier les formes de travail : course en ligne,
vitesse, les harnais de résistance, la course lan- course diagonale, course latérale, course apt·ès
des actions spécifiques (travail de fréquence suivi
cé ... en sont des bons exemples.
cl' accélération).
Figure 9
• Établir des exe1-cices reflétant des situations cie
2.9 Quelques recommandations
Organisation des différentes matchs en variant les trajectoires de course.
formes de vitesse durant
• Les exercices doivent toujours être effectués à " Effectuer des exercices de type intermittents cie
la période de compétition
«fond », à intensité maximale. courte durée permettant de travailler la capacité

VITESSE EN ÉTAT DE
FATIGUE+

VITESSE ENDURANCE+

VITESSE rvl!\XIMALE++
Vitesse courte Vitesse-Coordination
+++ +++ +++
VITESSE-FORCE++

SUJ~VITESSE+

Fréquence de ces exercices

Cèhaque veille de match J +++ Très souvent


++ Une fois 1 mois
+ Rarement

74
LA VITESSE

·Trav~il de vitesse courte. de


fréquence. de rythmicité, de vitesse
gestuelle. La vitesse coUJte est Travail de vitesse simple e
travaillée sur 10 m-15 m et au fur courte. Les joueurs travaillent en
et à mesure nous augmentons cette vitesse-coordination,' en
distance (pas pl us de 40 m). fréquence, en rythmicité ...

Travail de force et d'endurance puis Nous pouvons commencer à travailler en


nous introduisons de la vitesse simple survitesse, en pente, en vitesse-force, en
et courte. Le travail est en vitesse- vitesse-endurance ... tout en maintenant les
coordination. en fréquence, en exercices de PPS... Nous cherchons à
rythmicité ... varier et à créer de nouvelles adaptations.

de réitérer des sprints du joueur avec des temps 3. Les tests Figure 10
de récupération courts.
Organisation des dillérentes
e Les joueurs doivent toujours traverser la ligne
Les tests de vitesse sont très intéressants pour lormes de vitesse en football
d'arrivée à pleine vitesse et s'arrêter progressive-
ment. ils ne doivent surtout pas couper leur effort avoir des données concernant les qualités explosives
de manière brusque car cela pourrait être destruc- de chaque joueur. Ils permettent également
teur (effort excentrique et possibilité de blessure). d'analyser la biomécanique et la technique de
course des joueurs. Comme cela est relaté dans la
o Insister sur l'importance du placement segmen- partie Évaluation, les tests de vitesse s'effectuent
taire. quelques jours, voire quelques semaines (2-3 au
o Chronométrer régulièrement les performances de maximum) après le début de la préparation estivale
vitesses des athlètes au moyen de cellules-pho- car les sportifs et leurs muscles doivent être prêts à
toélectriques. effectuer ces types d'efforts (ils auront dû faire un
travail préalable de force et d'endurance).
o Effectuer régulièrement des exercices d'appui, de
fréquence et de démarrage. Concernant l'application des tests, on peut effectuer
une multitude de tests :
~ Le travail de vitesse puissante ne doit pas s' effec-
tuer sur des pentes supérieures à 10 %-15 %. e Vitesse sur 10 m, 15 m, 20 m, 25 m, 30 m, 35 m
et 40 m
"' Le travail en survitesse doit être fait sur une pente
inclinée au maximum de 3 %à 5 %. • Départ arrêté ou lancé
• Le joueur doit courir« haut». • Actions spécifiques préalables (course arrière,
tête, passe) avec le sprint
• Varier les stimuli, les moyens cie travail lorsqu'un
joueur est confronté à la « barrière de vitesse ». • Course en ligne droite
• Toujours bien s'hydrater. e Course en courbe

15
Sampaio et Macas (2005) ont analysé la différence Ces tests doivent être utilisés selon les spécificités
de résultats entre des joueurs amateurs et profes- de chaque poste. Pour être plus précis, ces résultats
sionnels lors de tests sur une distance de 3 7 m. De orienteront directement l'entt·aînement spécifique
même, leur étude démontre l'existence d'une dif- d'un joueur évoluant à un poste donné selon les
férence de la capacité à répéter des sprints (3 7 m, types de sprint qu'il effectue durant un match (nom-
avec des périodes de récupération active de 25 s) bre, distance, temps de récupération entre, action
selon le niveau de pratique. préalable au sprint. .. ). Ces tests peuvent être cou-
Cometti et al. (2001), Kollath et Quade (1993), plés à des exercices de coordination (voir la partie
Brewer et Davis (1992) ont évoqué cette différence concernant la coordination).
de performance en sprints (5 m, 10 m, 15 m, 20 m, Enfin, précisons l'importance de l'évaluation de la
30 m et 40 m). De même, l'entraînement (orienté vitesse au moyen de ce liu les photoélectriques pour
en force) permettrait d'augmenter les performances un souci de précision. Cet outil est indispensable
en sprint spécifiques aux footballeurs (Tableau 2). pour éviter les erreurs de saisie lors d'une évalua-

Tableau 2 . .· ·:.<: 1

.· Performance en sprint(s~co?·~·~s)
Performances en sprint
selon le niveau de jeu,
·. sin 10 rn 15' rn ~0 rn ' ' 3~· rn 40 m
le niveau d'entraînement Internationaux français 5,55
elles distances Dupont et al. (2004)
Après entraînement 5,35
~~gf~@~\i~f·~Î/·(~~Q~)\;{;:;:itt. {~;;,~~R9irs/êsd~9qoJs/. . . ·. · o,95
Wisloff et al. (2004) Professionnels norvégiens 1,82 3,00 4,00
· '·
~:;;-x ~·":!~:··:,·· ;;;~·'',' >:' Professionnels·nor\.régiens 1;91. 5;6~ ·. '
.Hofret'l:leJge~ud (2002) .· · ·
. -:.; · ·:. ' · . . · . . Après entraînement 1,81 5,55
Juniors norvégiens 1,88 5,58
Helgerud et al. (2001) Professionnels norvégiens 1,87 3,13
Après entraînement 1,81 3,08
Division 1 française 1,80 ·A22.
:.·'...· ··.
', '; > •• ·Division 2 française 1,82 .'4;25'.
\.,.

__,,; .: '-> -:.' : '


~'
Amateürs français. 1,90 4;30
Kollath and Ouade Professionnels allemands 1,03 1,79 3,03 4,19
(1993) Amateurs allemands 1,07 1,88 3,15 4,33
. .:.··
Br~w~f.èt.D.âvt~ .(1.~ 92 ) _· .. professionnels anglais 2,35 5,51
· · · · · ·' .. .Semi~professionnels anglais 2,70 5,80

Tableau J
··.;;;
Populatiôn CII,IIJ(cm). ,' SJ (cm)
Performance du footballeur
en CMJ et SJ, d'après Stolen Arnason et al. (2004) 8 équipes de 1" division islandaise 39,4 37,8

~~~~~Ji~,
et al. (2005) . Joueurs de v• divisioo.espagnols 47,8 ..39 ..·.
...
irê.ve 46,7 .39,2,
Jeunes footballeurs français de 12-13 ans 29,2 27,3
Diallo et al. (2001)
trêve 32,6 29,3
Amateurs italiens 36,9 .· . 1'
.· 34,2 .
tti~~:~~:~~,·.~ir?*r·

·. Professionnels italiens 43,5 . 40,4
Garganta et al. (1992) Espoirs portugais 34,7 33,3

,Gàr6~h~Q~ :et à{ t2oo4.. l. ·


~.:·. ~~ ·.· -.:· ,:::-~,,: . : ''.' ; :. . . ' :,:
Jeunes joueurs espagnols 37

Hoff et Helgerud (2002) Professionnels norvégiens 41,1 38,6

Mac Millan et·al. (2005) Espoirs écossais 53,4 40,3'

Wisloff et al. (2004) Professionnels norvégiens 56,4

76
LA VITESSE

tion manuelle (chronomètre) avec la double im- la vitesse sous ses diverses formes : les harnais, les
plication du temps de réaction de l'évaluateur (au traîneaux, les élastiques, les cerceaux, les lattes, le
départ et à l'arrivée). parachute, le skipping, les foulées bondissantes, les
multibonds, les planches inclinées, les pentes incli-
nées de 3 %à 5 %, les cordes à sauter, les escaliers,
les plinthes, les gilets lestés, les haies, le swissball ...
4. Les exercices spécifiques Les exercices de skipping sont très intéressants dans
le cadre du développement de la vitesse car ils im-
posent un redressement du tronc et une action plus
Les exercices de vitesse existent sous une complète de l'appui (extension quasi complète de
multitude de formes (voir illustrations ci-dessous la cheville).
et pages suivantes). Ces exercices peuvent être de
vitesse pure, de mouvements associés préalablement Sans oublier que des exercices de renforcement
au sprint, intégrés au sein d'exercices spécifiques musculaire sans charge (de type gainage, abdo-
avec ballon, d'exercices intermittents de courte minaux, dorsaux, psoas, ischia-jambiers et triceps
durée ... Le travail de vitesse permet une variation suraux) ou avec charge sont indispensables afin de
d'e.xercice importante tout en sachant que nous compléter l'entraînement permettant d'augmenter
elevons toujours faire attention au nombre de la vitesse du joueur.
répétition, de séries, au contenu de la session À ces exercices on peut ajouter le travail sur lattes Figure 11
d'entraînement et à l'agencement des différents ou les échelles de rythme, le travail d'appuis avec
exercices de la séance. plots ou haies et le travail d'appuis avec cerceaux Exemples d'exercices
Différents outils peuvent être utilisés afin de tra- (voir fiches techniques 4, 5 et 6 au chapitre Coor- de bondissement, d'appuis
vailler les qualités des différentes composantes de dination. et de vitesse courte

11
18
lA VITESSE

- FICHE TECHNIQUE 1 -
TRAVAIL DE MIJLTIBONDS et DE FOULÉES BONDISSANTES

Objectifs: Cel exercice apour finalité cl'améliorer la vitesse d'un joueur.

Description : Le joueur doit effectuer diftérents mouvements avec une qualité gestuelle et une coordination segmentaire afin d'améliorer la
coordinatiQn motrice de l'athlète. Nous optimisons sa qualité d'appui afin de la transférer directement dans la pratique du football et de mini-
miser les pertes énergétiques.

Quelques conseils pour des exercices àbase de foulée bondissante et de multibonds:

ils s'eftectuent en rapport avec un axe vertical.

La tête doit être droite (regard fixé sur l'horizon).

Le genou doit monter haut, le buste doit être droit, les bras effectuent des mouvements alternés qui permettent d'accompagner le mouvement,
les actions des jambes doivent permettre une bonne ouverture de l'angle formé par les deux jambes avec un retour rapide de la jambe arrière
consécutivement à la phase de poussée.

Le joueur doit effectuer l'exercice avec une régularité dans la longueur des bonds.

L'impulsion au sol doit être minime.

Le temps de contact au sol doit être le plus court possible.

La reprise au sol ne doit pas se faire par le talon.

Les appuis doivent être dynamiques.

Le joueur ne doit pas s'affaisser sur le sol mais chercher à rebondir le plus vite possible.

Enfin le joueur doit atteindre et maintenir une certaine vitesse d'exécution.

·~
~

19
- FICHE TECHNIQUE 2 -
TRAVAIL DE VITESSE AVEC DES TRAJECTOIRES SPÉCIFIQUES AUX FOOTBALLEURS

Objectils: Ces exercices ont pour finalité de travailler la vitesse du joueur dans des situations spéciliques aux footballeurs.

Description : Le joueur doit effectuer les différents parcours le plus rapidement possible. On doit faire attention à rester spécifique à l'activité
et à varier les parcours et les stimuli. Ces exercices peuvent être des courses en courbes avec des changements de direction (figure 1), sous
forme de duels avec demi-tour et donc une rotation de 180° (figure 2), sous forme de relais avec ou sans ballon, en navette, avec des pas
chassés effectués préalablement (figure 3), sous forme de sprints courts avec des blocages d'appuis et des courses arrière (figure 4), sous
forme de parcours avec une partie un travail de vitesse spécifique avec ballon el une autre partie sous forme de sprint (figure 5).

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»EPART 1
A
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80
LA VITESSE

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Pas chassé A
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1 DE'PART 1
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Pas chassé

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81
Évolution dP. l'exercice de vitesse avec et sans ballon

AVEC BALLON

Lexercice s'eflectue en binôme afin de stimuler l'esprit de compétition.

Le joueur démarre au top avec la balle.

Il eflectue une conduite de balle jusqu'aux haies d'une hauteur de 20 à30 cm.

Il passe les haies tandis que le ballon doit, lui, passer en-dessous des haies.

Les haies sont volontairement décalées afin d'éviter que le joueur ne pousse la balle et qu'il passe directement les
deux haies. Ces éléments l'obligent àtoujours garder le contrôle du ballon.

Le joueur doit placer le ballon dans le cerceau.

SANS BALLON

Puis il sprinte sans ballon pour finir entre les deux plots.

Les plots constituant la porte peuvent être rapprochés afin de spécifier la course avec un sprint pouvant se terminer
épaule contre épaule (toutefois il ne faut pas que cette porte soit trop petite afin d'éviter les collisions) .

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82
LA VITESSE

- FICHE TECHNIQUE 3 -
TilAVAIL EN PENTE

SURVIT ESSE

Objectifs : Faire ressentir au joueur au gestuelle, une rytl1micité différentes de celles de sa vitesse maximale afin d'augmenter cette vitesse
maximale.

Description : Le joueur effectue une course sur une pente inclinée au maximum de 3%. Au-delà de cet angle, la gestuelle serait dénaturée et
de ce fait le travail ne permettrait pas d'intégrer les nouveaux éléments d'ordre neuromusculaire, de coordinations motrice et segmentaire. Ces
exercices permettent de travailler à des vitesses supérieures àla vitesse maximale des joueurs. Cet exercice va permettre de créer de nouvelles
adaptations.

DÉPART
ARRlVÉE

TRAVAIL DE PUISSANCE SUR PENTE INCLINÉE

Objectifs: Travailler sa vitesse sous une clmge extérieure matérialisée par une pente inclinée

Description: Le joueur effectue une course sur une pente inclinée de W-15° maximum. Cet exercice permet d'effectuer un travail de force-
VItesse, de puissance en gardant une gestuelle et une rytl1micité proches de celles de vitesse maximale.

ARRIVÉE

DÉPART

83
- fiCHE TIECHNiQUE 4 -
iRAVAIL PAR STEP OIJ PAR ESCAU~Ifi

Objectifs: Effectuer un travail d'appui, de fréquence gestuelle et de rythmicité.

Description: Ces exercices sur stepper ou sur escalier permettent d'effectuer un travail de coordination et de fréquence gestuelle indispensable
à la performance de vitesse. Le jouer doit effectuer le plus rapidement possible des exercices spécifiques :

. -montée rapide marche par marche avec un seul appui par marche;

-montée rapide avec un seul appui toutes les deux marches ;

- montée rapide avec un seul appui toutes les trois marches ;

-montée rapide avec une alternance de deux appuis gauches consécutif sur deux marches consécutives puis deux appuis droit sur deux
marches consécutives ... ;

-montée rapide avec montée de deux escaliers- descente d'un escalier- montée de deux escaliers- descente d'un escalier... :

- montée rapide avec des appuis latéraux ;

- montée rapide avec une combinaison d'exercice.

Il est très important de bien évaluer et gérer les charges de travail car c'est un travail coûteux énergétiquement. Si ces exercices sont trop nom-
breux, les joueurs effectueront alors un travail de renforcement musculaire des membres inférieurs. Enfin, notons que la hauteur des marches
est un élément essentiel à la qualité de l'exercice (elles ne doivent pas être trop hautes).

ARRIVÉE

DÉPART

84
LA VITESSE

- FICHE TECHNIQUE 5 -
TRAVAIL D~ VITESSE iiiiTIÉGRÉ ÀUN EXERCICE TECHNICO· TACTIQUE

Objectifs: Ces types d'exercices permettent de travailler la vitesse du joueur dans des situations spécifiques retrouvées en match.

Description : Ces exercices permettent surtout d'intégrer les exercices de vitesse au sein d'exercices technico-tactiques. Dans l'entra1nement,
le staff ne trouve pas systématiquement de la place pour effectuer des exercices de vitesse durant la saison compte tenu de l'enchaînement des
matchs. Nous proposons deux séances de vitesse intégrée qui sont simples àmettre en place.

Évolution de l'exercice

Il yadeux groupes de travail qui travaillent simultanément au coup de sifflet de l'entraîneur.

Le groupe 1 est constitué de deux joueurs (ou plus) qui vont effectuer un exercice de fréquence, de rythmicité, de vivacité (ici appui latéral
en pas chassé et passage de haie) puis ils vont croiser leurs courses afin de reprendre un centre par une frappe au but. Les courses des deux
joueurs doivent être coordonnées avec le centreur. Le timing entre la passe et les mouvements des joueurs doit être harmonieux.

Le groupe 2est constitué de joueurs situés sur les côtés (de préférence des joueurs évoluant dans les couloirs durant les matchs ou étant ame-
nés à être excentrés et en position de centrer). Ces joueurs effectuent un travail de fréquence latérale (ici entre les coupelles) face au passeur
(un membre de l'encadrement). Le passeur effectue une passe en profondeur au joueur une fois que celui-ci afini son travail de fréquence. Le
joueur centre en une ou deux touches de balle.
Tout l'exercice doit s'effectuer à vitesse maximale avec un sprint de 15 à 20 mpour les joueurs du groupe 2à la sortie du travail de fréquence
et un sprint de 20 à 30 mpour les joueurs du groupe 1à la sortie de leurs travail d'appui et/ou de fréquence.

Mettre 2 ou 3 joueurs sur les côtés el3 à 4 groupes de travail au niveau du groupe 1.

Les joueurs reviennent se placer à leur position initiale.

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DÉPART

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Zatsiorsky V. Les Qualités physiques du sportif. Traduction 1NS, 1966

87
i
L'avis de l'expert : stretching et activités sportives r
« Dans le milieu sportif professionnel, la recherche de performance est le dénominateur commun
de tout travail. Pour permettre aux étirements d'avoir le maximum d'efficacité, il est impératif de
parfaitement connaître la biomécanique, qui analyse d'abord le mouvement induit par les muscles
concernés pour pouvoir mieux les étirer ensuite. En effet, c'est la bonne amplitude articulaire, le
bon levier utilisé et la connaissance de la fonction du muscle dans la chaîne musculaire globale qui
permettront la parfaite réalisation de l'étirement.
Chaque professionnel de santé et chaque technicien doit être convaincu que son but premier
est de ne jamais avoir de joueur blessé. En effet il faut considérer la blessure comme un échec
de la préparation ; la prévention doit être le moteur de toute préparation d'entraînement. C'est
pourquoi le stretching est très certainement un des éléments essentiels de la prévention
des blessures musculaires et articulaires associé à la proprioception. Et c'est l'observation
de la séance d'entraînement et son analyse gestuelle qui vont orienter les étirements de
récupération : les groupes musculaires les plus sollicités pendant l'entraînement seront plus
spécialement étirés après la séance. ,,

Frédéric Mankowski

" On sait la place que tiennent les étirements dans le quotidien du footballeur professionnel,
d'ailleurs cela aété largement documenté, qu'il s'agisse des effets sur le système neuromusculaire,
sur le système circulatoire, sur la structure myotendineuse, voire même sur le système nerveux
central. Le stretching est utilisé tant dans la préparation de l'effort que dans la récupération, et
concerne aussi l'amélioration de la performance et la prévention des blessures. Cependant, ce qui
retient le plus mon attention au fil du temps, c'est la polyvalence de cette technique qui s'adresse
à tous les acteurs de la performance : préparateur physique, entraîneur, intervenants de santé
et bien sûr le footballeur lui-même. Ce lien constitue au final un sujet commun d'échange, qui
donne de la cohérence à la performance. Enfin, de manière plus spécifique il faut savoir que
les étirements sont l'un des outils de l'ostéopathe, mais aussi du posturologue puisqu'ils sont
utilisés pour lever les rétractions sur les chaînes de mouvement (muscles longs dynamiques) qui
sont perturbées par la pratique du football et la spécificité du travail au poste. »

Philippe Delgove
Stretching et activités sportives

Monkam Tchokonte, Sylvain Alain, Deliai Alexandre et Chinelli Sébastien

~i; · HistOire, définition


' ) ·.er tbrâctéristiques .
.... '·:· du·sfretchipg :
<)( Cè~',choîne:s musculaires'·
; .. .

(~~L 'priri~ipés à respecter


C: dans les techniques ··
de souplesse
. 5. 'Intérêts;! Imites et règles
·. ,; .. prqtiqües de l'étirement

~;tf;, d~~eé~~:~:~ts· dons.·


::::,f .la pratique. des oêtivités
Introduction ~~~.;~~;);~~~~~1~~~}~~t ;~~rtiy~s·..•.
·;1;l:.,,,;•P!T~r~blr19 §'t .creepJQ9,
il s'affirme dans la litté1ature scientifique que les étirements musculaires, appelés stretching _..;~-.';·.·>'· . _ .. ·:·.:
-\~:<"·h\~:·. ::y·_:(.:;._
WB'• •:Stretc!"iiriÇj'èt échauffement •.

~~~~~;:[a,ao.
font désormais partie intégrante de toute activité physique et sportive. L'apparition progressive et
le développement du stretching au cours des années 1980 dans l'entraînement et la préparation
physique du sportif ont semblé apporter une évolution fondamentale dans la pratique. Une réalité
devenue certaine avec la prise en compte pour les pratiquants de l'exploration de leur souplesse
musculaire et de leur mobilité articulaire (Cometti, 2003). À ce titre, le stretching a souvent fait
l'objet de recommandations médicales de la part des médecins et physiothérapeutes, et il est de
J1Jil. :Streri::hing: ét récupéra ti br'!
plus en plus conseillé aux pratiquants par les entraîneurs et les préparateurs physiques.
;\insi sur le plan pratique, les étirements sont généralement utilisés avant, pendant et après l'en-
..
5~~~ Sfr~t~~ing èt vascularisation
traînement dans le cadre de l'amélioration de la performance, de la récupération et de prévention '1'2.Lestretchlng
des blessures. ils permettent aJssi de préparer les systèmes cardio-vasculaire, ostéo-articulaire et
···i, .etJaperformance
musculo-tendineux, ainsi que l'appareil musculo-squelettique avant toute pratique sportive, de
prévenir les pathologies myo-tendineuses, et d'améliorer la récupération de sujet.

89
1. Une « gymnastique et sportives. L'histoire et la définition du stretching
semblent importantes et incontournables pom nous
naturelle » éclairer sur cette'' gymnastique naturelle ».

Tous ces avantages affirmés du stretching


laissent clairement entendre que cette pratique qui
avait pour but au départ d'améliorer l'amplitude
2. Histoire, définition et
articulaire du sportif s'est vue avec le temps pm- corrodéristiques du stretchiling
gressivement attribuer des vertus quasi universelles,
allant du rôle primordial pour l'échauffement à la
prévention des blessures, en passant par l'amélio- L'origine des étirements comme discipline remonte
ration des performances musculaires et la récupéra- au milieu du xx" siècle. Il félut remarquer que, même
tion (Cometti, 2003). s'il existe des études scientifiques depuis cette éliO-
Les applications pratiques et techniques (manières que, ce sont les dix dernières années qui ont vu se
d'étirer, durée de l'étirement et de l'allongement développer les critiques sur la conception, la gestion
musculaire ... ), les effets et les conséquences elu et même les techniques d'exécution du stretching
stretching sur l'organisme font aujourd'hui l'objet de d'un point de vue expér·imental. Les entraîneurs uti-
moult interrogations et contradictions chez les cher- lisent des termes différents pour décrire des sééln-
cheurs, les entraîneurs et les sportifs eux-mêmes. En ces équivéllentes: flexibilité, amplitude articulair·e,
effet, la critique porte sur les points suivants : stretching. D'autre part, les méthodes« d'assouplis-
sement, sont parfois opposées à l'« étirement». En
• un flou conceptuel existe entre exercices d'assou-
fait, les connaissances sur le stretching sont parfois
plissement et d'étirement; leurs effets semblent fondamentalement influencées par la culture spor-
reposer à la fois sur des connaissances scientifi- tive et les méthodes de fonctionnement du muscle.
ques et sur des incertitudes;
Les étirements avaient pour objectif de développer
• le stretching n'est qu'une juxtaposition de con- l'amplitude articulaire, l'élasticité musculaire, puis
tenus, une combinaison d'exercices; il n'y a pas par la suite, ils se sont vus attr·ibuer d'autr·es intérêts
toujours d'adéquation entre les effets provoqués comme la récupér·ation, la prévention des lésions
et ceux recherchés ; la prévention des blessur·es musculair·es et un moyen d'échauffement d'avant
est un argument de r·éponse prépondérant; match. Malheureusement, ces derniers aspects t·e-
lèvent des sensations per·sonnelles des joueurs mais
• la préparation physique est envisagée à partir
aucunement de fondements scientifiques. L'entraî-
d'une succession d'exercices.
neur doit alors s'en remettre au ressenti et aux ha-
C'est dans cette optique critique que, depuis le bitudes des joueurs. Quand on leur évoque le mot
début des années 2000, il existe de plus en plus "étirement», ils l'associent souvent à la sensation
de travaux scientifiques bien documentés, qui non de bien-être et~ la meilleure connaissance de leur
seulement contredisent les insertions d'utilité elu corps. On per·çoit chez l'individu footballeur profes-
stretching dans la prévention des blessur·es, dans sa sionnel un besoin physiologique et psychologique
capacité à échauffer le muscle, mais aussi et sur- de s'étirer: « les étirements représentent pour moi
tout insinuent que le stretching pourrait nuire à la un apport indispensable~ mon hygiène sportive, ils
capacité de performance du sportif. En fait, le siret- m'aident à lutter contre la raideur musculaire, plus
ching se structure et s'organise, aujourd'hui comme concrètement ils me pem1ettent d'être plus souple.
hier, en grande partie en fonction de l'évolution des Je les utilise aussi bien en préparation de match
recherches et des connaissances scientifiquement qu'en récupér·ation en faisant varier l'intensité et la
construites et affirmées. Les chercheurs s'interm- durée en fonction de mes sensations».
gent et s'opposent de plus en plus sur la concep-
tion et la gestion du stretching, et interpellent les
entraîneurs et les préparateurs physiques sur son 2.1 Histoire du stretching
application, son intérêt et ses limites sur l'activité
organique du sportif. Nous notons une remise en Ainsi, lorsqu'on intermge les joueurs, les
cause d'une pratique professionnelle qui semblait staffs techniques et les stafis médicaux sur le rôle des
au départ naturelle et traditionnelle. Nous pouvons étirements, on constate qu'il en existe beaucoup et
même penser que l'étirement dans ses différentes on comprend mieux pourquoi les étirements pren-
modalités permettait de résoudre tous les problè- nent autant de place dans le quotidien du joueur· de
mes de préparation physique (Cometti, 2003), tan- football. Malheur·eusernent, les justifications scien-
dis qu'aujourd'hui, nous nous posons encore 1<1 tifiques sont faibles. D'ailleurs, les chercheurs ont
question de savoir quels sont les effets et les con- tendance à minimiser le r·ôle des étirements dans le
séquences du stretching sur les activités physiques suivi elu footbillleur. Alors, qu'est-ce qui est le plus
requiert ou non l'utilisation d'une force extérieure
important, les sensations du joueur ou les preuves
au corps. Elle est aussi le fait de plusieurs facteurs :
scientifiques ?
type d'articulation, ligaments, muscles, système ner-
Commençons par lister les différents objectifs cités veux, capsule ... L'amplitude du mouvement peut
par le joueur lui-même : faire recours à une force extérieure, ou même à la
,. Combattre la raideur et entretenir la souplesse; pesanteur; nous parlons alors d'étirement passif.
Cette force qui peut provenir d'un objet, d'une per-
~ Augmenter les amplitudes articulaires et muscu-
sonne, du poids du corps, rend possible l'extension
laires;
du muscle au-delà des valeurs de repos. Ce pre-
~ Améliorer la performance motrice; mier type d'étirement se différencie de l'étirement
• Se préparer efficacement avant un match ou un dit actif, caractérisé par l'absence de participation
entraînement ; directe des muscles au mouvement d'écartement,
mais avec tout de même une action des muscles
~ Obtenir une meilleure coordination intramuscu-
antagonistes. L'étirement actif représente la faculté
laire;
d'atteindre des amplitudes importantes grâce à la
œ ;'\ccélérer l'élimination des courbatures; seule mise en œuvre des muscles entourant l'articu-
• Favoriser un meilleur retour veineux; lation en jeu. Elle suppose une souplesse passive et
une force suffisante.
e Prévenir des accidents musculaires et tendineux;
Plusieurs principes définissent les étirements:
s Participer à la cicatrisation musculaire après une
lésion; • le positionnement du muscle et des articula-
œ Retrouver la longueur initiale après les contrain- tions;
tes excentriques et concentriques d'une séance • la durée des étirements;
de renforcement musculaire, p<:~r exemple;
• la fréquence des étirements;
a Obtenir une grande amplitude gestuelle pour ex-
e les effets qui doivent pouvoir être évalués.
primer la technique;
œ Augmenter la finesse et la précision clans les ges- L'efficacité du stretching est aussi fonction :
tes techniques; • de l'âge du sujet;
& Avoir une sensation de bien-être;
• du sexe;
<> Apprendre à connaître encore mieux son corps;
• du type de sport ;
• Vivre en parfaite harmonie avec son corps;
• de l'hérédité;
• Évacuer le stress ;
• l'environnement;
s Libérer des points de tension.
Il semble important de recentrer toutes ces données • le mental.
pour trouver une définition commune du stretching, À l'heure actuelle, le stretching rentre dans la pra-
qui concilierait les points de vue. tique de toutes les activités physiques et sportives,
des sédentaires aux sportifs de haut niveau. Il est
devenu indissociable aux méthodes d'~ntraînement
2.2 Définition du stretching et de la récupération. Toutefois, les scientifiques
s'interrogent et discutent sur différents points :
Le stretching est un mot d'origine anglo-
saxonne qui vient de stretch, « s'étirer ''· C'est une • le rôle et les effets du stretching sur l'organisme
forme d'exercices physiques ou gymniques qui as- du sujet;
sure entre autres l'élasticité des muscles et la mobi-
• les règles de pratique;
lité des articulations. À ce tit1·e, sur le plan bioméca-
nique, l'étirement musculaire consiste à allonger les • les moments de l'étirement (avant, pendant, après
fibres musculaires par un éloignement des insertions l'effort) ;
elu muscle sur les structures osseuses, alors que la
e les différentes techniques du stretching;
mobilité articulaire assure une fluidité gestuelle et
un confort dans l'exécution du mouvement. œ les effets et les limites de l'étirement sur la per-
Être souple, c'est être capable d'effectuer des mou- formance ;
vements de grande amplitude. Les qualités de • les concepts anatomiques et physiologiques du
souplesse de l'individu sont la propriété d'une ar- stretching;
ticulation ou d'une chaîne articulaire mesurée par
la valeur angulaire de sa course maximale. Cette Plusieurs éléments permettent de caractériser le
capacité de souplesse est différente selon qu'elle stretch i ng.
2.3 Caractéristiques du stretching 2.J.2 L'extensibilité musculaire.

Elle est limitée par la résistance des structu-


L'objectif principal que l'entraîneur vise res conjonctives (enveloppe des myofibrilles, apo-
lorsqu'il veut développer la souplesse à travers le névrose, fascia) et tendineuses (tendon) ainsi que
stretching chez un sportif est l'augmentation de par la résistance au degré d'étirement, dépendant
l'aisance gestuelle ou de l'amplitude de ses mouve- cie deux structures neurophysiologiques très impor-
ments durant leur exécution. tantes: les fuseaux neuromusculaires, sensibles à
Il existe deux types de souplesse : l'intensité, la fréquence et le degré d'étirement et
les fuseaux neuro-tendineux, l'appareil de Golgi
• une souplesse générale qui mobilise les systèmes (Marieb, 1993).
musculaires et articulaires pour faire en sorte
L'étirement du muscle provoque l'étirement du fu-
d'apporter une certaine aisance gestuelle, sans
seau neuromusculaire qui envoie alors des influx
pour autant atteindre les niveaux extrêmes en ter-
sensoriels la qui arrivent di1·ectement à la corne an-
mes d'amplitude;
térieure de la moelle épinière pour activer les moto-
• une souplesse spécifique à la discipline concer- neurones qui provoquent la contraction du muscle
née (touchant les principaux groupes musculai- étiré: c'est le réflexe myotatique qui évite au mus-
res). cle de se déchirer (Weineck, 1997, Marieb, 1993).
Le stretching est aussi considéré comme une mé-
2.3.1 La mobilité articulaire thode de détente physique. En effet, il semble per-
mettre un retour au calme après une dure séance
La mobilité ou la souplesse articulaire est d'entraînement et une meilleure élimination des
la capacité que possède le sportif d'exécuter, par toxines par une bonne circulation.
lui-même ou avec l'aide de forces extérieures, des
Au départ, le stretching est aussi considéré comme
mouvements de grande amplitude au niveau des ar-
une thérapie préventive qui permet d'éviter les lé-
ticulations (Weineck, 1997).
sions au niveau des tendons et des articulations, i 1
Les étirements sont un moyen permettant de de- améliore aussi la congestion et la récupération en-
venir plus souple et d'optimiser ses performances. tre les séries car les muscles sont mieux irrigués en
Dans la pratique, le travai 1 en statique exige que la sang riche en nutriments et en oxygène.
position d'extension soit tenue un certain temps et L'étirement clans l'échauffement semble faire du
apporte en conséquence un gain de souplesse et bien au sportif. En effet, les entraîneurs ont long-
d'amplitude articulaire lorsqu'on exécute un geste temps considéré que l'introduction des exercices
technique ou des exercices de musculation. À ce d'étirement dans l'échauffement est primordiale, en
titre, il est souvent affirmé qu'une amplitude maxi- particulier pour augmenter la température muscu-
male articulaire, est synonyme particulièrement en laire et prévenir les blessures. Cependant, bien que
musculation d'un maximum de développement cette conception de l'étirement semble aujourd'hui
musculaire et de performance d'entraînement. contredite et critiquée par plusieurs études, le rôle
Il existe tout de même des facteurs limitants. La traditionnel des étirements dans l'entraînement
mobilité articulaire est limitée par les os dans leur sportif de haut niveau a été vivement critiqué au
configuration, la capsule articulaire, les ligaments
cours cie la dernière décennie.
et le nombre d'axes de mouvement au niveau de
l'articulation. Cette mobilité articulaire, qui est
une réalité anatomique, ne peut être que faible- 2.J.J Les différentes formes du stretching
ment améliorée. Ainsi :
* le stretching permet d'améliore1· l'amplitude des 2.3.3. 7 Le stretching californien
mouvements, très souvent nécessaire à la réalisa-
Dans cet exercice, l'étirement se place en fin
tion cie gestes sportifs ;
de travail dynamique (par exemple: balancé de b1·as
• pour réaliser un geste, il faut penser à renforcer ou cie jambe suivi d'un étirement). C'est une techni-
musculairement les muscles antagonistes qui que qui propose un étirement segmentaire des mus-
commandent le mouvement et à réduire la ten- cles, c'est-à-dire le travail d'un muscle après l'autre
sion des muscles agonistes; il est donc important Son intérêt clans la pratique des activités physiques
d'allonger les agonistes. et sportives est multiple, à savoir améliorer :

Rappelons aussi qu'un allongement de 20% de la e la récupération des sujets;


longueur du muscle au repos permet d'obtenir une a la souplesse musculaire et articulaire;
valeur maximale de la force musculaire (Whirhed,
1985). e la posture et la statique ;

92
5mETCHING ET ACTIVITËS SPOfiTIVES

• l'élasticité du muscle; profondeur pour le ré-oxygéner et ce suivant plu-


sieurs manœuvres. Le stretching remodèle et affine
o la force, la puissance, l'endurance musculaires. la silhouette, le corps est relaxé, dynamisé par l'al-
légement du squelette musculaire. il y a quelques
2.3.3.2 Le stretching postural contre-indications: les personnes ayant des inflam-
mations, des tendinites, des déchirures musculaires
Le stretching postural est une technique mise
et celles atteintes de tumeurs malignes et les fem-
élU point dans les années 1960 par jean-Pierre Mo-
mes enceintes ne doivent pas choisir cette méthode.
reau, kinésithérapeute, qui préparait des athlètes de
Le stretching manuel suédois se combine très bien
haut niveau. C'est une technique plus globale. En
effet, les muscles de la posture, qui permettent de avec le drainage lymphatique.
soutenir le corps debout, sont situés en profondeur.
Le stretch i ng postural les soli ici te tout parti cu 1iè- 2.3.3.4 Le stretching sportif
rement, notamment les muscles elu dos. Ces étire- C'est l'un des étirements les plus connus,
ments ne sont pas utilisés à des fins d'échauffement qui fait alterner contraction - relâchement - étire-
avant une séance mais prennent place clans des ment sur un groupe musculaire isolé. Les étirements
séances spécifiques destinées à rétablir l'équilibre à base de cette technique sont pratiqués en quatre
anatomique du corps. Ils ont, en effet, pour premier
temps:
rôle de garder ou de redonner à l'organisme une
organisation compatible avec une efficience et une ,. Mise en tension du muscle;
santé harmonieuse. Le stretching postural permet • On contracte le muscle à étirer dix secondes tout
de dénouer les tensions physiques des sportifs, et en le maintenant tendu;
aide à combattre le stress. Il permet ainsi de libérer
les tensions nerveuses. Il procure une souplesse ar- • On relâche la contraction ;
ticulaire et une tonicité musculaire. Ses effets sont • On remet le muscle en tension douce dix à trente
directs : secondes aussi loin que possible sans douleurs.
~ musculaires; Leur but est la préparation à l'effort, l'allongement
3 respiratoires (liés à la ventilation des muscles pen- maximal elu muscle et la prévention des accidents
dant l'effort); musculo-tendineux. Les kinésithérapeutes les utili-
sent aussi comme soins après les accidents muscu-
o circulatoires (l'effet de pompe contraction-relâ-
laires. Les différentes formes de stretching utilisent
chement du muscle brasse le système veineux).
des techniques d'exécution plus ou moins distinc-
il est affirmé que l'utilisation elu stretching postural tes.
dans la pratique des activités physiques et sportives
apporte une tonicité musculaire, la souplesse arti-
culaire, un meilleur équilibre de la posture et de 2.4 les différentes techniques
la chaîne musculaire. Il est recommandé aussi pour d'étirement
les seo! ioses, lordoses, hyperlordoses, cyphoses
(même les hernies discales) et tous les problèmes Il est (trop) commun d'utiliser le stretching de
de clos. Le stretching postural alterne postures toni- manière très générale. Pourtant, les effets engendrés
ques d'auto-étirement et postures de relâchement. dépendent des outils et méthodes utilisés. il semble
Les premières sont à la recherche d'un placement donc utile de préciser les différentes techniques de
du corps par le jeu d'étirements, de contractions stretching (Kisner et al., 1990). En général, plusieurs
musculaires profondes, d'équilibre, de respiration. techniques peuvent être utilisées pour étirer le mus-
Les secondes sont à la recherche d'un relâchement cle ou les groupes musculaires, dans des étirements
complet du corps. globaux ou spécifiques. Ces techniques sont encore
plus précises quand il s'agit du stretching spécifi-
2.3.3.3 Le stretching manuel suédois que, tant il est vrai que dans ces types d'étirement,
les amplitudes articulaires recherchées sont beau-
C'est une technique manuelle dynamique et coup plus élevées. Celles que nous présentons dans
énergique, pratiquée en douceur sur les zones mus- leur pratique sont le plus souvent utilisées en stati-
culaires. Précisément, c'est un massage relaxant que et en dynamique.
qui stimule la circulation et le système nerveux, qui
agit sur les tensions, restructure la musculature. Il
s'adresse ainsi à toute personne désirant soulager 2.4.1 Les étirements statique et dynamique
des contractures musculaires, des crampes, des
spasmes, ou souhaitant vaincre le surmenage ou La 1ittérature scientifique parle souvent du
voulant lutter efficacement contre la cellulite in- stretching sous deux formes : « l'étirement statique »
ciUI'ée. La technique est simple: le sportif échauffe et « l'étirement dynamique » qui sont fondamenta-
le muscle, il le décolle, il masse son volume en lement différents. Une différence liée à la présence
ou non d'un mouvement d'élan pour amener le souvent d'une tension susceptible de réduire con-
segment dans la position produisant effectivement sidérablement la circulation sanguine; ce proces-
l'étirement du muscle. sus est tout à fait dommageable tant pour la mise
en train à l'exécution d'un geste ou d'un exercice,
Les étirements dynamiques correspondraient à des
que pour sa récupération après une activité phy-
étirements qui sollicitent une plus grande ampli-
sique et sportive.
tude segmentaire et une tension conséquente plus
importante appliquée au groupe musculaire con- Il apparaît clone que des étirements prolongés ou
cerné. C'est une forme d'étirement qui impose des en continu long ont un effet négatif sur le muscle.
« à coups» sur le muscle, ce qui n'est pas souvent Il semble dans cette optique plus intéressant de les
conseillé dans la pratique des activités physique et exécuter sous forme de répétitions entrecoupées de
sportive. moments de 1·écupération.

Les étirements statiques sont ceux le plus souvent L'étirement passif ou "tenu», implique l'étirement
utilisés. Ils peuvent être actifs ou passifs. La dis- du muscle jusqu'à une limite maximale par rap-
tinction que nous faisons entre l'aspect actif ou port à l'articulation, et sa tenue clans cette posture
passif de l'étirement vient de la présence ou non pendant une clu1·ée prolongée (3 s à 60s). C'est
d'une contraction musculaire pendant l'exécution clone cette forme de stretching qui va stimuler la
de l'exercice de l'étirement. Par exemple, si nous restauration des capacités élastiques du muscle, en
faisons intervenir les extenseurs du genou (quadri- favorisant l'élimination des toxines produites par
ceps) pour maintenir la position permettant d'étirer l'activité musculaire. Elle est aussi utilisée pour la
les fléchisseurs du genou (ischia-jambiers), nous récupération du sportif, particulièrement dans la
avons alors affaire à un exercice de souplesse active "forme courte», et pour le gain d'a.mplitude arti-
puisque l'étirement est associé à une contraction du culaire sous« forme longue».
groupe musculaire antagoniste. En revanche, si une
tierce personne maintient notre jambe pour étirer 2.4.2 Les étirements statiques actifs
ces mêmes fléchisseurs, c'est un exercice qui est
réalisé de façon passive par le sujet. L'étirement est provoqué par la contraction
isométrique du muscle antagoniste. Ainsi, lorsque
Les étirements statiques passifs sont les techniques le muscle antagoniste est contracté, l'agoniste est
les plus courantes. Le muscle ou le groupe mus- étiré. Les étirements statiques actifs, c'est l'associa-
culaire est tiré par l'action d'une force externe au tion d'une contr<Jction musculaire dynamique et
muscle allongé par la flexion d'une partie du corps, d'un étirement. Les étirements actifs sont des exel·-
la pesanteur ou l'action d'un partenaire. Ces étire- cices souvent p1·<1tiqués en phase d'échauffement,
ments consistent à maintenir un allongement mus- car il semblerait qu'ils favorisent l'augmentation de
culaire pendant un temps relativement long (com- la température et l'activation neuromusculaire.
pris le plus souvent entre dix secondes et plusieurs
minutes), et faire ensuite un retour à la position de Nous effectuons d'abord une contraction muscu-
départ lent et guidé. L'idée est de parvenir à l'allon- laire de courte durée (pendant six à dix secondes),
gement du muscle en favorisant son relâchement, nous relâchons, puis nous étirons ensuite ce même
grâce notamment à l'action des organes tendineux groupe musculaire pendant six à dix secondes. La
de Golgi. C'est un étirement généralement effectué durée de cet étirement est variable en fonction du
après l'effort, et les effets recherchés sont de favori- type d'activité, du niveau de pratique et de l'âge du
ser la récupération, d'accélérer le flux veineux par sujet. Il faut noter que, pendant un étirement actif,
une augmentation de l'irrigation sanguine et l'éva- nous provoquons un allongement d'un muscle ou
cuation des déchets métaboliques. Grâce à l'effet d'un groupe de muscle, sans chercher des amplitu-
antalgique, elle permet de redonner une longueur des maximales, en y associant une contraction sta-
initiale au muscle raccourci et d'harmoniser le to- tique, autrement dit sans déplacement des articula-
nus musculaire en provoquant un relâchement phy- tions. Les étirements actifs peuvent être réalisés en
sique et psychique. Toutefois, les risques sont: dynamique ou en statique c'est-à-dire en produisant
un mouvement ou en contractant les muscles con-
• D'une part l'activation du réflexe myotatique tre une résistance. Cette phase d'étirements actifs
avec comme conséquence la contraction du mus- doit permettre cl' être à l'écoute de son corps, des
cle (dans l'exécution, pour éviter ce désagrément, tensions existantes, de la sensation de bien-être.
on doit être lent et progressif dans l'étirement elu
La technique des étirements actifs est quant à elle
groupe musculaire, et rester autant que faire se
particulièrement adaptée à la partie terminale cie
peut en deçà du seuil douloureux);
l'échauffement, quand les muscles sont déjà chauds
• D'autre part, le ralentissement de la cirnd,ltion et activés. Elle prépare à la performance, minimise
sanguine dans le muscle; en effet, il est affirmé les risques cie blessures, optimise la préparation cie
dans la littérature que le stretching s'accompagne la musculature à l'effort, en augmentant l'élasticité

94
du muscle, favorise le développement de la force. clans les tendons, ce qui stimule efficacement les
Les étirements actifs consistent à faire des mouve- organes de Golgi et favorise ainsi le relâchement
ments amples avec les différentes parties du corps musculaire. Les fuseaux neuromusculaires sont
ou à donner des à-coups sur un muscle déjà étendu. peu activés dans la mesure où le muscle est con-
1_<.1 tension principale s'obtient clans les p<.1rties ter- tracté. Les l'isques de contraction excessive par
mini.11es elu geste. Les forces développées sont lar- voie réflexe sont donc diminués.
gement supérieures à celles produites par les éti- e Phase 2 : le muscle est relâché sans mouvement
rements passifs. C'est pourquoi le sportif g<.1gnera à ou avec seulement quelques petites secousses de
\es utiliser après une première phase d'étirements décontraction pendant quelques secondes.
plus doux et progressifs. Sur le plan physiologique,
les étirements actifs jouent sur deux qualités fonda- e Phase 3 : l'étirement proprement dit intervient sur
mentales du muscle : un muscle relâché et beaucoup moins réactif (ré-
flexe) que sans préparation préalable. L'étirement
o D'une part, l'élasticité liée au réflexe myotatique;
reste progressif et le plus souvent passif.
en effet, à une mise en tension fmte elu muscle ou
elu groupe musculaire fait suite une contraction Cette méthode est parfois appelée technique des
Jutomatique du muscle étiré; cette capacité à trois-six ou des trois-huit en référence aux temps
retrouver sa position de repos est fortement impli- conseillés pour chacune des trois phases (6-8 se-
quée dans l'efficacité du mouvement de course condes). Elle peut-être utilisée à tout moment mais
(secteur biomécanique); elle est particulièrement adaptée au début de séan-
ce. Cette technique est utilisée en rééducation, pour
œ D'autre part, le réflexe d'innervation réciproque
la prévention et le traitement des tendinopathies. Il
(Sherrington et Menz, 2001 ), qui consiste en l'in-
existe tout de même une relation étroite entre les
hibition (relâchement) des muscles antagonistes
étirements passifs et les étirements actifs.
en réponse à la contr<.1ction des muscles produi-
sant le mouvement.
Les étirements actifs présentent des av<.1ntages et des 2.4.4 Le stretching balistique
inconvénients. En effet, le gros risque inhérent aux
étirements actifs dynamiques est la contraction trop Ce sont des étirements musculaires effectués
importante en réponse à l'étirement. Ce risque est sous forme de mouvement répétés et par rebond.
d'autant plus grand que les tensions déployées sont Les muscles antagonistes sont contractés pendant
importantes et le contrôle des forces difficiles. Les l'étirement. Bien souvent, il s'agit de balancement
sportifs fragiles devront faire particulièrement atten- rythmique d'un bras ou d'une jambe jusqu'à une
tion voire même éviter ces étirements. L'avantage position extrême. Ce type d'étirement rejoint les
mouvements de balancement, lancement et circum-
tient au fait d'amener le muscle clans des conditions
proches de là pratique. Le muscle i.1pprencl à réagir duction.
rapidement à l'étirement sJns pour <.1utant se léser; Le but recherché est d'améliorer par exemple la mo-
il développe l'aptitude à se décontracter rapidement bilité de la hanche en abduction (écartement latéral
(temps de retour au relâchement ap1·ès une contrac- du membre inférieur). Ce mouvement rapide, dé-
tion). Enfin, les muscles agonistes se renforcent. clenché par la contraction des muscles antagonistes
de la hanche (muscles abducteurs de la hanche :
2.4.3 Le contracté-relâché-étiré petit fessier, moyen fessier, grand fessier supérieur et
tenseur du fascia lata), assure une certaine mobilité
Cette technique réalise une synthèse de dif- mais qui n'est pas la plus importante. En effet, ce
férents étirements. Les principes sont toujours les lancement de jambe va provoquer un étirement des
mêmes : éviter le réflexe de contraction et parvenir muscles adduCteurs de la hanche (muscles internes
au relâchement elu muscle. Après une contraction de la cuisse) et des fuseaux neuromusculaires qui
intense, le muscle dispose d'une meilleure capa- provoquent une contraction réflexe des agonistes
cité d'étirement, car il présente alms une résistance (muscles adducteurs de la cuisse) (= réflexe myo-
musculaire et articuiJire moindre. LJ technique ex- tatique).
ploite alors ce phénomène pour obtenir un meilleur
Les étirements balistiques permettent cependant:
allongement elu muscle ou elu groupe musculaire.
• d'améliorer le renforcement musculaire des mus-
Le principe comporte trois phases successives :
cles antagonistes (abducteurs de la hanche dans
œ Phase 7 : le muscle est placé en position d'al- notre exemple) ;
longement maximum. Pendant quelques se-
condes, il est contracté de manière statique • de créer un effet de pompe qui assure le réchauf-
(contre-résistance = étirement actif statique). fement du muscle grâce à l'alternance de phases
Cette phase a pour effet d'augmenter la tension de contraction et de relâchement.

95
C'est une forme d'étirement passif qui s'étend à l' éti- à l'étirement actif (Figure 1). Par exemple, lorsqu'on
rement dynamique dans un mouvement de grande se met en appui sur un pied et que l'on élève la
amplitude et répété. Les étirements balistiques utili- jambe, comme dans un battement, en vue d'étirer
sent un mouvement contrôlé de rebond ou un élan les ischia-jambiers, on est capable de monter son
pour amener un membre à sa limite d'amplitude de pied beaucoup plus haut avec l'aide d'un partenaire
mouvement. La force employée ne doit jamais être (l'étirement statique passif, position 3) que tout seul
exagérée. Le risque de blessure est plus important, (l'étirement statique actif, position 1).
c'est pourquoi ce type d'étirement est peu employé. D'autre part, l'étirement dynamique est toujours
Il est préférable dans ce cas particulier de faire un supérieur à l'étirement statique actif. Ainsi, on mon-
échauffement préalable. Le stretching balistique tera plus haut ce même pied si l'on fait un lancer de
peut causer des dommages musculaires plus ou jambe (\'étirement actif dynamique, position 2) que
moins importants si la tension musculaire est très pendant une montée progressive se terminant par
grande, et s'il n'y a pas une préparation de départ un maintien à la seule force des muscles responsa-
comme l'échauffement. bles de la fermeture jambe-tronc (l'étirement actif
Certains pensent que l'étirement balistique tel qu'il statique, position 1).
est présenté peut augmenter la flexibilité musculaire. La différence ent1·e l'étirement passif et l'étirement
Cela peut être vrai dans une certaine mesure, mais actif constitue ce que Frey (1977) a appelé la réser-
pourrait en conséquence causer des dommages mus- ve de mobilité (reprenant à son compte le concept
culaires importants. JI nous semble que le stretching de la réserve cardiaque fonctionnelle de J<arnoven
balistique ne soit pas la méthode la plus sûre pour en 1957). Celle-ci est très importante car elle donne
étirer le muscle ou un groupe musculaire, bien qu'il une information su1· la marge de progression que
puisse mener à un gain rapide de flexibilité muscu- l'on est en droit d'attendre de quelqu'un quand il
laire et d'amplitude articulaire. En effet, l'étirement s'entraîne de façon systématique soit en cherchant
balistique peut conduire à des niveaux plus élevés un gain de force des muscles agonistes (par exem-
de flexibilité que ne peut normalement pas atteindre ple le quadriceps dans notre exemple), soit un gain
la musculature humaine et causer des lésions dans d'allongement des antagonistes (les ischia-jambiers
les tissus musculaires étirés. Chez certains sportifs toujours dans ce même exemple). Avec l'entraî-
cet exercice peut ne pas être recommandé pour des nement, la souplesse dynamique peut atteindre la
raisons de santé. JI est admis que ce type d'étirement souplesse statique passive. Mais cela implique l'uti-
induit l'activation des réflexes de contraction qui lisation d'étirements dynamiques qui ont pour rôle
peuvent causer des blessures selon l'intensité de la de diminuer la cont1·action réflexe des agonistes en
vitesse et l'amplitude de la gestuelle même temps que l'on renforce le groupe antago-
niste, contrairement à l'étirement statique passif ol.1
2.5 Relation entre l'étirement actif seull'agoniste est ciblé.

et l'étirement passif La relation entre les différentes formes d'étire-


ment peut insinuer une certaine liaison enu·e
Il existe des relations entre les étirements les différents systèmes organiques. Le moindre
passifs et les étirements actifs. En effet, pour une problème corpo1·el peut créer des déformations
articulation donnée, l'amplitude du mouvement ef- parfois fort éloignées. C'est le principe d'inte-
fectué par l'étirement passif est toujours supérieure raction.

Figure 1

llillérentes amplitudes
entre l'étirement passif
et l'étirement actif,
d'après Frey (1977) 1. Sans élan
2. Avec élan
3. Avec aide
1

96
En effet, le corps humain est un système composé • la chaîne pharyngo-prévertébrate; elle corres-
d'éléments en interaction. Toute modification d'un pond au tendon central et est en rapport avec
élément du système rejaillit sur les autres. l'odorat.

Pour être plus précis sur les termes, les éléments sont 2) Deux chaînes latérales. Elles constituent la struc-
les os, les muscles et leurs prolongements (tendons, ture de l'axe horizontal. C'est l'axe relationnel qui
enveloppes fibreuses). Le système représente un état place l'homme dans son milieu.
anatomique; l'arrangement des muscles les uns par Ces cinq chaînes possèdent des muscles propres,
rapport aux autres. Toute action sur un os, un mus- des muscles multichaînes et des muscles relais in-
cle, un tendon situés à un endroit donné du corps terchaînes. Ces derniers permettent le passage d'une
peut conduire à des réactions sur leurs semblables chaîne à l'autre.
à d'autres endroits. D'où provient telle adaptation
corporelle? Est-ce qu'il existe des invariants dans
ces relations ou est-ce que l'on doit réagir au cas
par cas ? 4. Principes à respecter dans
l.a réponse n'est pas tranchée. Cependant, nous sa- les techniques de souplesse
vons qu'il existe des constantes liées à des principes
purement mécaniques et à la façon dont les mus-
cles s'organisent entre eux. Serait-ce des constantes Dans le souci de cerner au mieux le stret-
liées aux chaînes musculaires? ching et d'apporter à son utilisation cette valeur
scientifique, des constatations et des observations
ont été faites par des chercheurs sur les réalités ana-
tomiques, neurophysiologiques et mécaniques. Il
3. Les chaines musculaires s'avère donc possible de donner quelques règles et
principes techniques pour utiliser et gérer le stret-
ching dans les activités physiques et sportives. Il faut
La biomécanique fonctionnelle est un as- tout de même reconnaître que, fondamentalement,
semblage d'éléments relevant de différents domai- toutes ces techniques relèvent du bon sens mécani-
nes comme l'anatomie, la physiologie musculaire que, avec une attention particulière sur les données
et articulaire. Il existe une sorte de « solidarité >> physiologiques qui doivent les accompagner. Il faut
entre la forme du corps c'est-à-dire la posture et le aussi prendre en compte le fait que le stretching est
caractère de l'individu. Le caractère influence les différent des assouplissements, tant il est vrai que
tensions musculaires et les tensions musculaires les structures visées et les objectifs ne sont pas les
influencent la forme du corps en le figeant dans mêmes. Nous orienterons notre synthèse selon trois
une posture. Des groupes de muscles entretiennent grandes articulations:
des liens très étroits entre eux. Leurs enveloppes
• Règles pour les étirements
se touchent, leurs insertions se chevauchent. Ces
dispositions géographiques s'accompagnent de re- • Règles pour les assouplissements
lations fonctionnelles si marquées qu'elles peuvent • Données récentes relatives à la place des étire-
nous permettre de considérer tous les muscles qui ments dans la pratique sportive.
les partagent comme un seul : ces muscles forment
une chaîne musculaire.
4. 1 Règles pour les étirements
Toute action à un endroit de la chaîne ainsi cons-
tituée aura une répercussion immédiate à distance Selon la spécialité sportive, le muscle peut
sur la même chaîne. Par exemple, tout étirement à être considéré comme plus ou moins raide. Cette
un bout de la chaîne provoque une contraction à caractéristique musculaire correspond à la force de
un autre bout. Le corps humain dans son ensem- résistance générée par un muscle qui s'oppose à son
ble s'organise autour du pentagramme. La structure allongement. Il est affirmé dans la littérature scien-
musculo-aponévrotique n'échappe pas à cette rè- tifique que la raideur du muscle est plus marquée
gle. Elle s'étale en cinq chaînes musculo-aponévro- avant et après l'activité physique (Hagbarth et al.,
tiques qui se répartissent en deux groupes. 1985 ; Lakie et Robson, 1988 ; Proske et al., 1993 ;
Wiegner, 1987). Toutefois, certaines études scientifi-
1) Trois chaînes fondamentales. Ce sont des chaînes
ques ont montré que la raideur musculaire peut être
centrales. Elles donnent l'unité fonctionnelle du ter-
atténuée avec une pratique régulière des étirements
naire humain (tête, thorax, bassin) :
passifs ou actifs de grande amplitude ou intensité,
• la chaîne faciale, chaîne postérieure sagittale; ce qui n'est pas le cas par les contractions isomé-
elle est en rapport avec les yeux; triques (Lal<ie et Robson, 1988 ; Wiktorson-Moller
• la chaîne linguale, chaîne antérieure sagittale; et al., 1983). L'action de la composante élastique
du muscle contribue elle aussi à la raideur passive
elle est en rapport avec le goüt;
97
• Di ~·ii'ITPAÎNil'iW ~ 0 PiQFOPAIANCF Fb! mmpo1 1
À

musculaire. Cette assertion confirme le fait que les Dans la pratique des activités physiques et sporti-
étirements ne doivent pas être privilégiés pendant ves, plusieurs méthodes sont utilisées pour étirer les
l'échauffement ou juste avant le début d'une com- muscles et assouplir les articulations. C'est fonda-
pétition. mentalement la raison pour laquelle le terme stret-
ching est généralement employé chez les « Anglo-
D'autre part, sur le plan pratique, la cible Saxons », puisqu'il regroupe ces différentes formes
privilégiée des étirements est la raideur musculaire, et techniques d'exécution, à la différence du terme
contrairement à l'assouplissement où l'on recherche français« étirement», qui n'évoque que l'action en
un gain maximal d'amplitude articulaire. Cette rai- cours. Toutefois, la multiplicité des différentes tech-
deur peut être soit active soit passive. Dans le pre- niques formelles qui s'identifient et s'exécutent à
mier cas, elle résulte généralement de l'action des travers le stretching partage tout de même une toile
composantes contractile (ponts d'actine-myosine) de fond commune et des principes de base ou des
et élastique en série (aponévroses et tendons). Dans
règles d'or, détaillées ci-après.
le second, c'est surtout la composante élastique pa-
rallèle (squelette cellulaire de la fibre musculaire
notamment) qui est en cause. 4.1.1 L'allongement du muscle

Pour diminuer la raideur musculaire, nous pou- L'allongement du muscle provoque une di-
vons faire appel à différentes méthodes dont cer- minution réflexe de l'activité des nerfs moteurs et
taines relèvent simplement de la mobilisation ou donc un relâchement musculaire. Tant que nous
de la mise en tension passive du muscle, alors que étirons et que nous maintenons l'allongement du
d'autres nécessitent de faire appel aux réflexes ex- muscle, l' excitabi 1ité des motoneurones est dimi-
posés dans la partie théorique. En revanche, il peut nuée et le muscle s'allonge plus facilement. Dès
être intéressant de vouloir augmenter (ou conser- que l'articulation est 1·eplacée dans sa position ini-
ver) la raideur musculaire dans le but d'accroître tiale, l'effet d'inhibition disparaît et les motoneuro-
la rapidité de transmission de la force musculaire nes retrouvent quasiment leur niveau d'excitabilité
aux pièces osseuses et, par la même occasion, de initial (Cuissard et al., 1988).
rendre les muscles plus prompts à la réaction ou
moins sensibles aux perturbations. Cela leur per- D'autre part, l'intensité de l'inhibition est propor-
met de réagir plus aisément pour le contrôle pos- tionnelle à l'intensité de l'étirement du muscle, et
tural ou l'efficacité des mouvements rapides par donc de l'angle articulaire atteint pendant le mou-
exemple. En effet, il a été démontré que la produc- vement (Cuissard et al., 2001 ). Cela est dû au fait
tion de force et de puissance augmentait de façon que, en fonction de l'intensité de l'étirement, dif-
inversement proportionnelle à la raideur muscu- férents mécanismes nerveux de modulation de la
laire (Wilson et al., 1991). Ainsi, l'augmentation réponse musculaire peuvent être sollicités. il est
de raideur liée à l'entraînement pourrait améliorer conseillé d'aller jusqu'à l'amplitude articulaire
la restitution de l'énergie élastique stockée dans le. correspondant au seuil de douleur tolérable par la
tendon lors d'un cycle étirement-détente et, par là personne. Cette amplitude permet de solliciter tous
même, la performance liée à ce mécanisme. De les mécanismes d'inhibition présents au sein du sys-
même, l'augmentation de souplesse diminuerait à tème nerveux central.
long terme la raideur active et améliorerait ainsi
la performance du cycle étirement-détente (Wilson 4.1.2 Effectuer les étirements avec lenteur,
et al., 1992 et en 1994). sans à-coups
Néanmoins, les différentes techniques d'étirement
sont tellement efficaces qu'elles induisent immé- Lors des étirements, il faudra veiller à respec-
diatement des baisses de performance significati- ter une certaine progressivité clans l'allongement, et
ves. Cela a été démontré de façon très claire par de éviter les à-coups. il y a deux raisons à cela :
nombreuses études (e.g. Cuissard et al., 2001 ). Par • Si l'étirement est trop rapide, le réflexe myotati-
conséquent, l'entraîneur fera en sorte de les utiliser que se déclenche et provoque une contraction ré-
à bon escient, c'est-à-dire à un moment où il est flexe du muscle étiré ... On ne retire donc aucun
sûr qu'elles ne nuiront pas à l'efficience du geste. bénéfice à faire des mouvements de rebond vio-
Ou alors de les inclure dans un échauffement à part lents en guise d'étirement.
entière comme cela est expliqué dans la rubrique
Échauffement. Dans le doute, comme l'objectif pre- • Le muscle est un organe composé de différents
mier des étirements est bel et bien de relâcher les tissus qui lui confèrent un comportement viscoé-
muscles, il est logique de les placer dans la phase lastique. L'une des particularités de la viscoélasti-
de récupération, après la séance, pour essayer de cité est de faire augmenter la raideur proportion-
retrouver un degré de tonus musculaire quasi simi- nellement à la vitesse d'allongement pendant un
laire à celui précédant la séance. étirement passif.

98
STf\ETCHING ET ACTIVITËS SPOI"\TIVES

Les étirements doivent être progressifs, sans saccade rant les étirements. En revanche, la vitesse d'allon-
ou temps de ressort, et ils doivent être maintenus gement s'avère être un facteur important puisqu'elle
un temps donné (de six à trente secondes, voire entraîne à partir d'un certain nombre de répétitions
une minute). En effet, certaines études ont montré des effets opposés à ceux recherchés.
que, lors d'un étirement réalisé avec des à-coups,
le risque d'apparition de microtraumatismes des tis-
sus musculaires et tendineux augmente. De même,
4.1.4 Pratiquer les étirements en les co/ont
il est affirmé dims la littérature qu'étirer un mus- sur les phases respiratoires
cle ou un groupe musculaire avec force provoque
la contraction de ce muscle, alors qu'en étirant le Pendant les séances de stretching, il faudra
muscle avec douceur, le temps d'étirement com- être détendu (mentalement, psychiquement) et ex-
pense l'intensité qui ne peut être utilisée. pirer lors de l'étirement afin d'utiliser le côté posi-
tif de l'influence de la boucle gamma sur le tonus
musculaire. Celle-ci permet en effet de le diminuer.
4.1 ..3 Pratiquer des étirements statiques En d'autres termes, il est possible de contrôler ce
plutôt que dynamiques tonus par des exercices respiratoires.

En effet, la respiration est aussi un point commun


Il semble préférable, en phase de récupéra-
aux techniques de stretching. Elle tient une place
tion, d'utiliser des étirements statiques. Ils seraient
plus efficaces que les allongements dynamiques et importante clans l'exécution efficace des exercices.
répétés (mouvements de ressort comme par exemple L'objectif pour les sujets effectuant des étirements
des battements de jambe successifs) pou1· diminuer est de chercher à faire descendre leur thorax lors
la raideur musculaire et augmenter l'extensibilité de l'expiration. L'inspiration quant à elle ne doit
du muscle. En faisant un étirement statique, c'est- pas être accentuée; elle se produit en réponse à
à-dire avec le maintien d'une articulation à l'angle l'expiration. Il est aussi affirmé que la respiration
oi:1 apparaît le seuil de douleur tolérable pendant ne doit pas être bloquée au risque d'entretenir les
90 secondes, le relâchement musculaire que nous rétractions. En effet, les muscles participant à la
obtenons est de 18 %-20% de la valeur maximale respiration semblent former un espace vers lequel
elu départ. En reproduisant cet étirement à l'identi- convergent les autres structures musculaires de l'or-
que (même intensité et même angle), le phénomène ganisme. Les muscles s'organisent en chaînes, qui
se reproduit mais nous observons un nouveau gain interagissent entre elles notamment au niveau du
cie relâchement qui se traduit par une diminution centre respiratoire. En conséquence, au cours de
de la raideur (moins de résistance à l'allongement), l'étirement des chaînes musculaires, l'objectif sur le
de déformation (moins d'énergie absorbée lors de plan respiratoire sera de chercher à réaliser le mou-
l'adaptation au stress imposé) et de la viscoélasti- vement inverse à celui provoqué par la rétraction
cité. Ces effets atteignent des valeurs maximales au des muscles.
bout du dixième étirement et disparaissent en une
heure (Magnusson et al., 1996), (Taylor et a/., 1990).
La répétition d'un cycle de elix étirements passifs
4. 1. 5 Ne jamais dépasser les seuils
statiques d'une même amplitude, alternés avec de de douleurs musculaires
courtes pauses, entraîne des changements signifi-
catifs au niveau de la longueur musculaire (jusqu'à La douleur est un signal physiologique très
dépasser 3,5 %) et de la force musculaire (autour important qu'il ne faut pas prendre à la légère. Son
cie 80 % de la force initiale de résistance passive utilisation dans la pratique nécessite d'instaurer un
à l'étirement). De tels phénomènes peuvent s'ob- climat de confiance entre l'intervenant et le sportif
server chez l'homme avec une vitesse d'étirement afin qu'elle puisse guider le travail des étirements,
rapide (20 deg/s) réalisée avec la même amplitude en signalant le moment où cette douleur n'est plus
(angle articulaire) pour un nombre d'étirements si- tolérable. Lorsqu'on atteint cette position extrême
milaire. À la différence près que l'énergie ne dimi- pour une personne et pour un groupe musculaire
nuerait qu'au premier étirement et que la raideur donné, il ne faut jamais dépasser le seuil de dou-
était plus élevée au dixième étirement (Magnusson leur tolérable. En effet, la stimulation des termi-
et al., 1998). naisons sensitives libres, notamment sensibles à la
douleur, entraîne l'activation du réflexe myotatique
Ces résultats montrent qu'il est possible d'obtenir et provoque une augmentation de tonus muscu-
un allongement du muscle avec un étirement réitéré laire, voire une contraction musculaire de défense.
clans des conditions identiques à chaque répétition Le résultat est une augmentation de la raideur du
(même degré d'allongement ou angle articulaire), muscle allant à l'encontre de l'effet recherché. Si
sans avoir à dépasser le seuil de douleur tolérable. l'on augmente l'amplitude de l'étirement malgré
Cela est intéressant, notamment pour les personnes ce signal, des lésions peuvent survenir au niveau
ayant quelques difficultés à supporter la douleur du- des myofibrilles.

99
Cette douleur semble être d'ailleurs l'un des pre- effet d'obtenir une diminution plus importante de
miers paramètres sur lesquels agit l'entraînement: l'activité des motoneurones qu'avec un étirement
la répétition d'un étirement permet de reculer le statique seul et sont regroupées sous la terminolo-
seuil minimal de tolérance de la personne de sorte gie de PNF (Proprioceptive Neuromuscular Facilita-
qu'elle peut augmenter ainsi l'amplitude de l'angle tion).
articulaire sans pour autant qu'il y ait des change-
Le choix de l'une ou l'autre de ces techniques se
ments mécaniques ou viscoélastiques permanents
fera en fonction de l'amplitude articulaire atteinte
au niveau musculaire (Magnusson et al., 1996). Ce
par le sujet au cours de la séance. En effet, l'analyse
seuil varie en fonction des personnes et de leur rai-
de la relation force-longueur du muscle permet de
deur musculaire, qui elle-même dépend en partie
montrer que, passé une certaine amplitude, il n'est
de la masse musculaire (Magnusson et al., 1997).
plus possible de demander au sujet de réaliser une
contraction maximale de l'agoniste car le taux de
4. 1. 6 Foire une pause entre deux étirements recouvrement des protéines contractiles est insuf-
passifs statiques fisant pour permettre de développer une tension
à l'intérieur du muscle, même de petite intensité.
Faire une pause entre deux étirements pas- Il faut donc utiliser la contraction de l'antagoniste
sifs statiques, au maximum de 2-3 secondes. Une pour obtenir la diminution supplémentaire de l'ac-
fois l'effet de relâchement musculaire obtenu par tivité des motoneurones de l'agoniste (via le réflexe
le maintien d'un étirement passif statique, combien d'inhibition réciproque) lorsque les amplitudes arti-
de temps faut-il laisser entre deux étirements pour culaires sont importantes.
maximiser ou optimiser l'effet global des répétitions
au cours de la séance? Une réponse semble ap- 4. 7. 7. 7 Technique du contracter-relâcher
portée par le travail réalisé notamment par Hufsch-
midt et Mauritz (1985). Ces auteurs ont montré que En faisant précéder l'étirement statique par une pha-
plus le temps entre deux étirements est élevé, plus se de contraction isométrique maximale du muscle
la phase d'étirement-relâchement passif augmente, agoniste, on augmente la tension exercée sur les
et plus la raideur musculaire s'accroÎt. Cet effet a été tendons du muscle (ou groupe musculaire) ciblé
vérifié dans différentes conditions expérimentales et on mobilise ainsi le réflexe myotatique inverse
allant des fibres musculaires aux groupes muscu- dont l'effet est de diminuer la tonicité musculaire.
laires (Hufschmidt et Mauritz, 1985; Kilgore et Mo- Il est conseillé de réaliser cet exercice plusieurs fois
bley, 1991 ; Lakie et Robson, 1988). Nous pouvons de suite, sans revenir à la position de repos. Nous
donc conseiller de ne pas dépasser 2-3 secondes obtenons alors un gain d'amplitude de mouvement
de pause entre deux étirements au cours d'un cycle supérieur à celui que nous aurions eu avec des éti-
d'étirements statiques. Cela permet d'optimiser la rements statiques, et nous arrivons à un angle beau-
durée de la séance et l'effet souhaité. · coup plus important qu'avec un seul contracter-re-
lâcher (cette technique a un effet cumulatif).

4.1. 7 Les étirements sont plus efficaces 4. 7. 7.2 Technique de la contraction antagoniste
lorsqu'ils sont précédés
d'une contraction musculaire La sollicitation du réflexe d'inhibition réciproque
pour augmenter le relâchement d'un muscle pen-
Il est aussi conseillé de contracter le muscle dant son étirement passe par la contraction du
ou les groupes musculaires avant de les étirer. C'est muscle antagoniste. Ainsi, lors d'un étirement des
une action équilibrante et anti-stressante. En effet, ischia-jambiers par une fermeture jambe-tronc, ii
il est possible à travers cette technique d'inhiber le ne faut jamais obliger les sujets à relâcher leur qua-
réflexe myotatique, en contractant au préalable le driceps car la contraction de celui-ci entraînera de
muscle avant de l'étirer. L'utilisation d'une légère façon réflexe une diminution de la tonicité des is-
contraction avant l'étirement permet de limiter le chia-jambiers ... ce qui facilitera leur étirement.
risque de voir le muscle se « défendre » en se con-
tractant fortement, et de rendre en conséquence
4.1. 8 Maintenir la contraction volontaire
plus efficace l'action sur le muscle.
maximale une à deux secondes
Les étirements statiques sont améliorés lorsqu'ils sont
précédés par une contraction volontaire maximale Contrairement à ce qui est rapporté dans
(CVM) soit du muscle agoniste, suivie d'une brève beaucoup d'ouvrages consacrés au stretching, le
période de relâchement (technique du contracter- temps de maintien de la contraction volontaire
relâcher), soit du muscle antagoniste pendant l'éti- maximale a le même effet sur la durée d'inhibi-
rement de l'agoniste (Enoka et al., 1980; Guissard tion des motoneurones quelle que soit sa durée, au
et al., 1988; Magnusson et al., 1995 ; Moore et moins des temps de maintien de 1 à 30 s (Guissard
Kukulka, 1991 ). Ces deux techniques permettent en et al., 1988). Il est donc inutile de« traumatiser» le

100
SmETCHING ET ACTIVITËS SPORTIVES

dans cette zone se fait de façon répétitive, les mi-


muscle avec une tension maximale (souvent dou-
crofractures ne peuvent être réparées suffisamment
loureuse) trop longue puisqu'elle n'apporte rien de
vite et le tissu se désagrège, s'affaiblit (le taux de
plus au niveau de la mise en jeu des réflexes visés.
régénération tissulaire est inférieur au taux de dé-
Un maintien de la CVM pendant une ou deux se-
condes seulement suffira. gradation tissulaire).
La quatrième est la zone de surcharge (entre les re-
4.1. 9 Maintenir J'étirement tout au plus 10 s pères 3 et 4) qui se caractérise par des difficultés à
la cicatrisation si le stress continue à être appliqué
Il est également conseillé de tenir la posi- sans ménager des phases de repos suffisamment
tion d'étirement tout au plus 10 s (même si les ef- longues pour qu'il puisse se réparer. Elle se termine
fets durent un peu plus longtemps) quelle que soit par le point de rupture du tissu lorsque le stress dé-
la technique d'étirement utilisée (Cuissard et al., passe ses capacités de résistance mécanique.
1988). Au-delà, l'efficacité de l'inhibition des mo- Certains conseils que nous pouvons donner concer-
toneurones diminue et la raideur passive augmente nant les assouplissements en rapport avec la mé-
légèrement par une élévation du tonus musculaire. canique des biomatériaux vont vraisemblablement
Ce délai est bien sûr à mettre en regard des résultats aller à l'encontre des habitudes de certains entraî-
qui montrent que la raideur diminue rapidement
neurs. Pourtant ce sont ceux qui donnent le plus de
dès les premières secondes pour ensuite se stabili-
résultats. ·
ser lors d'un étirement statique passif (Magnusson et
al., 1998). Puisque ce type d'étirements ne sollicite Pratiquer les assouplissements quand la raideur est
pas les réflexes, il est possible de le maintenir plus maximale. La raideur est plus élevée avant ou après
longtemps (45 s maximum) à condition de ne pas l'exercice physique que pendant celui-ci. Or, pour
dépasser le seuil tolérable de douleur (Magnusson que les exercices d'assouplissement aient un effet
et al., 2000). durable, il faut qu'ils puissent agir directement sur
les structures responsables du maintien passif des
pièces osseuses et sur les structures conjonctives du
4.2 Règles pour les assouplissements muscle. Par conséquent, le moment le plus propice
à la pratique des assouplissements est celui où la
Pour comprendre les techniques d'assou- raideur musculaire est la plus élevée puisqu'il suf-
plissement, nous allons à nouveau faire appel à fira alors d'une traction plus faible pour obtenir un
quelques notions de mécanique des tissus. Consi- effet donné. Ce moment propice est donc avant ou
dérons d'abord le cas d'un test de résistance réalisé au moins 15-20 minutes après la fin de la séance
sur un ligament. Pour se faire, une machine lui im- d'entraînement, lorsque la raideur a de nouveau
pose une traction progressive (stress), pendant que augmenté. Inutile donc de s'échauffer avant de faire
nous enregistrons son élongation jusqu'à ce qu'il y
des assoupi issements.
ait rupture totale.
Pratiquer les assouplissements quand la température
La première est la zone de réagencement tissulaire
musculaire, voire corporelle, est minimale. Les tis-
(jusqu'au repère 1) où les fibres de collagènes pas-
sus sont plus extensibles à température élevée (Le-
sent d'un état « désordonné » à un autre OLI les fi-
hmann et al., 1970 ; Mutungi et Ramatunga, 1996;
bres sont plus ou moins parallèles (ordonnées). Nooman et al., 1993 ; Safran et al., 1988 ; Warren
La deuxième (entre les repères 1 et 2) est la zone et Lehmann 1976 ; Woo et al., 1987). De même, il
de déformation élastique où le tissu revient à son a été montré que l'amplitude articulaire augmentait
état initial dès què le stress s'arrête. C'est la zone de suite à un échauffement (Henricson et al., 1984 ;
fonctionnement physiologique. Généralement, les Stewart et al., 1998; Taylor et al., 1995 ; Wiktorsson
sollicitations liées à la pratique sportive ne dépas- et al., 1983). Un allongement réalisé dans de tel-
sent jamais la valeur maximale mesurée à l'indice les conditions est certes important mais temporaire.
2. Par exemple, Fung (1981) a rapporté des valeurs En revanche, cette déformation est plus durable si
de 2 % à 5% de cette limite maximale d'élasticité le tissu est « froid » car le tissu atteint plus rapide-
pour les tendons et les ligaments lors d'exercices de ment la borne supérieure de la phase Il lorsqu'il est
course et de saut. «froid » que lorsqu'il est « chaud », et ce pour un
même niveau de tension (Sapega et al., 1981 ). C'est
La troisième est la zone de déformation plastique
pour cette raison que l'on a l'impression qu'il est
(entre les repères 2 et 3) où la charge entraîne une
plus facile de pratiquer les assouplissements après
réorganisation moléculaire et un affaiblissement
une séance d'entraînement que le matin au révei 1. Si
tissulaire. Si l'intrusion dans cette zone n'est que
l'on veut véritablement obtenir un effet significatif,
passagère, le tissu se reconstitue et devient plus fort
il convient de faire les assouplissements à distance
qu'avant pour faire face à une future contrainte qui
d'un exercice physique, afin de profiter de la baisse
pourrait provoquer les microlésions que l'on ob-
de température et de l'augmentation de raideur qui
serve dans cette phase. En revanche, si le passage
101
l'accompagne; ces deux phénomènes permettront Enfin, l'entraînement des assoupi issements doit con-
d'obtenir des effets plus rapidement pour un même tinuer même en période de repos ou d'intersaison,
degré d'allongement. sans pour autant être associé systématiquement à
une pratique sportive, afin que se maintienne le ni-
Mettre l'articulation dans une position optimale. veau de souplesse atteint pendant la saison.
Cette position correspond à une tension d'une in-
tensité suffisante pour que les tissus puissent réagir.
Cette traction est d'autant plus élevée que le sujet
est déjà entraîné. Si nous dépassons un certain seuil
(Figure 1, borne supérieure de la zone Il), nous en- 5•
!ntérêts, limites et règles
traînerons un affaiblissement du tissu qui nécessi- pratiques de l'étirement
tera une phase de repos forcé, le temps que le tissu
se consolide à nouveau. Celle-ci peut aller jusqu'à
30-45 jours ! Mieux vaut bien doser les exercices Le stretching est sans aucun doute lié positi-
d'assouplissement. vement ou négativement aux qualités physiques et
Maintenir cette position de trente secondes à une de performance du sportif. Il se doit donc d'être en-
minute. Il est nécessaire de maintenir la position tretenu ou même amélioré de façon spécifique en
maximale atteinte dans ces conditions afin d'obte- fonction de la discipline sportive pratiquée. L'objec-
tif principal dans cette orientation de l'entraînement
nir un effet significatif sur le tissu conjonctif, très
vise à améliorer chez le sportif une amplitude et
difficile à allonger. Les proportions d'élasticité et de
une mobilité articulaire qui rendraient plus efficace
plasticité liées à un exercice d'assouplissement sont
l'exécution des gestes et des mouvements du spor-
déterminées par l'intensité et la durée de la force
tif. À ce titre, plusieurs techniques sont utilisées,
appliquée pour allonger le tissu conjonctif. Des
certaines beaucoup plus que d'autres en fonction
phases de maintien successives de 30 s à 1 min 30
de l'adhésion des entraîneurs à leur mise en prati-
dans une position articulaire donnée seront néces-
que, et des objectifs d'entraînement. Il semble donc
saires pour obtenir un gain significatif et durable au
intéressant d'expliquer les fondements anatomiques
niveau de l'amplitude articulaire. Avec l'entraîne-
et physiologiques sous-jacents à l'application des
ment, le seuil de douleur tolérable recule et permet
techniques visant à améliorer la souplesse. Dans
d'atteindre des amplitudes de plus en plus impor-
cette optique, il sera sans doute possible de cerner
tantes (Magnusson et al., 1996). objectivement les effets du stretching sur l'orga-
Atteindre cette position de façon progressive. Un nisme du sportif, et d'en tirer en conséquence les
point important concernant les tissus que nous vou- grandes orientations ou principes qui permettraient
lons cibler au cours des assouplissements est qu'ils à l'entraîneur d'atteindre efficacement des objectifs
ont eux aussi un comportement viscoélastique. d'entraînement. À travers cette étude, il semble dès
Comme nous l'avons signalé plus haut, nous amè- lors possible de présenter les intérêts, les limites et
nerons le sujet dans la position voulue le plus lente- les règles pratiques de l'étirement.
ment possible afin de ne pas provoquer des raideurs
indésirables tout en bénéficiant de l'effet maximal
au niveau tissulaire. 5.1 Intérêts de l'étirement dons la
pratique des activités physiques
Pratiquer régulièrement les assouplissements et opti-
miser leur planification. Il faut impérativement faire et sportives
des séances d'assouplissements avec régularité car
les progrès sont très lents et les régressions rapides. L'intégration des étirements dans les activi-
Mieux vaut faire des séances trois à quatre fois par tés physiques et sportives est fonction du type de
semaine (y compris en dehors des séances d'entraî- pratique, selon que nous nous situons dans un sport
nement elles-mêmes) à raison de 15-20 minutes par de maintien ou de compétition. Les objectifs peu-
session en se consacrant à chaque fois aux principa- vent donc être divers.
les zones articulaires en déficit. Si l'on peut planifier
ces séances de façon quotidienne, on diminue leur Traditionnel pour les personnes sédentaires, le siret-
durée à 8-10 minutes pour se consacrer exclusive- ching a pout· objectif de maintenir uns souplesse et
ment à l'une des ceintures articulaires (scapulaire une mobilité qui soit en relation avec la vie ou l'ac-
ou pelvienne), en la mobilisant selon les différents tivité que nous pratiquons au quotidien. À ce titre, il
plans et amplitudes articulaires spécifiques à la pra- est affirmé dans la littérature que le manque de sou-
tique sportive considérée. Cela permettra de répartir plesse at·ticulaire entraîne inévitablement une aug-
le travail de façon homogène sur l'ensemble de la mentation de la dépense énergétique musculaire.
semaine et de bénéficier, en parallèle, d'un effet de Une bonne souplesse générale est donc un élément
consolidation des tissus permis par l'instauration de important de la condition physique du sujet, et con-
cette alternance. tribue à son bien-être au quotidien.

102
SmETCHING ET ACTIVITËS SPOr\TIVES

De performance pour les sportifs, il est vrai que génétique est ainsi importante pour expliquer les
l'amélioration de la souplesse statique, dynamique différences interindividuelles (Berter et al., 1957;
et même spécifique (en fonction des objectifs cl' en- Bouisset 1995).
traînement et de la discipline pratiquée) permet de
réaliser avec efficacité les gestes techniques et les 5.2.1.2 Tissu conjonctif
mouvements. Le tissu conjonctif est le deuxième facteur
f, partir de ces différents objectifs et orientations limitant elu stretching. C'est le principal constituant
donnés aux étirements, il est possible de définir et des éléments de contention de l'articulation (capsule
de préciser les facteurs qui les crédibilisent vis-à-vis et ligaments), des différentes enveloppes (fascias)
cl es pratiquants, et ceux qui limitent leur usage clans donnant sa forme au muscle et des attaches qui lui
la pratique des activités physiques et sportives. permettent de se fixer aux os (tendons) (Figure 2). Il
est essentiellement constitué de fibres de collagène
très résistantes à la déformation (dans notre cas l'al-
5.2 Les facteurs et limites longement).
influençant le stretching Le tissu conjonctif se trouve en grande quantité
dans les capsules articulaires et les muscles. Ce sont
Les multiples interrogations sur le bien-fondé donc eux qui vont présenter la plus grande résistan-
elu stretching dans la pratique des activités physiques ce à l'allongement elu muscle. Par ailleurs, la nature
et sportives depuis une dizaine d'années ont poussé des autres constituants entrant clans leur composi-
les hommes de science et les techniciens à passer les tion (notamment la présence de tissus nerveux dans
différentes techniques du stretching au crible de l'ex- le muscle) explique le fait qu'il faille utiliser deux
périmentation tant de terrain que de laboratoire, et
types de techniques pour les mobiliser.
d'analyser objectivement les résultats afin de mettl·e
en évidence les réels effets tant positifs que négatifs Les ligaments et tendons sont de nature très simi-
cies étirements, ainsi que d'en tirer les conclusions laire au niveau de leur constitution en collagène.
pratiques que nous devons en tirer. Les facteurs limi- En effet, une fois déshydraté, 70 %à 80 %du poids
tant du stretching dans la pratique des activités physi- sec sont du collagène de type 1 (Burgeson et Nimmi,
ques et sportives sont de plusieurs ordres : 1992). Pourtant, ils diffèrent quand à leur résistance
relative car l'architecture de leur collagène est di-
~ les facteurs anatomiques et mécaniques
rectement liée aux contraintes mécaniques qu'ils
~ les facteurs neurophysiologiques subissent.
v les autres facteurs d'influence. Dans les tendons qui sont essentiellement soumis
à des forces traction, les fibres de collagène sont
5.2.1 Limites anatomiques et mécaniques disposées en parallèle, dans la continuité des struc-
tures conjonctives présentes dans le muscle.
Les limites anatomiques et mécaniques tien- Dans les ligaments qui subissent des forces pou-
nent : vant être multidirectionnelles, les fibres sont posi-
" au type d'articulation; tionnées dans plusieurs directions: en parallèle, en
oblique ou en spirale.
v au tissu conjonctif, aux éléments de contention
articulaires et à la trame de soutien et d'attache Les données de johns et Wright (1984) apportent un
des muscles. complément d'information concernant la résistance
relative à l'allongement des différentes composan-
5.2. 7. 7 Type d'articulation tes anatomiques que nous venons d'énumérer par
rapport à la résistance totale de l'articulation mo-
La première limite elu stretching est le type bilisée.
d'articulation que l'on souhaite mobiliser. Nous sa-
vons que la configuration de l'individu est détermi- Tableau 1
née génétiquement. Une grande part de la variabi- Composante anatbmiqùe
lité interindividuelle est donc due à ce facteur (par Récapitulatif des résistances
exemple le taux de recouvrement de la tête fémo- Capsule articulaire 47% à l'allongement des différentes
rale par la cavité cotyloïcle dans laquelle elle s'in- : .. Muscle composantes anatomiques
sère au niveau du bassin, l'angle entre la tête et le par rapport à la résistance
corps fémoral, etc.). Par ces analyses, nous pouvons articulaire totale,
affirmer que le type d'articulation influence fon- d'après Johns et Wright
damentalement la pratique elu stretching. En effet, ln Fox et Mathews (1 984)
selon le type d'articulation et son degré cie liberté,
l'amplitude maximale elu mouvement varie. Il existe La quantité tout comme les propriétés de ce tissu
clone une limite anatomique à la flexibilité. La part conjonctif peuvent varier avec la fonction du muscle

103
(Shadwick, 1990). Il est aussi affirmé clans la littéra- la capacité à emmagasiner de l'énergie élastique
ture qu'il existe plusieurs types de tissus conjonctifs (Noyes, 1977 ; Walsh et al., 1993 ; Newton et al.,
en fonction de sa composition. D'autre part, si le 1995). De plus, le retour aux valeurs initiales est
muscle contient lui aussi le tissu conjonctif, nous long (environ 1 an). Nous verrons donc que ces
verrons que ce sont surtout les fibres contractiles propriétés mécaniques du tissu conjonctif seront
(fibres de collagènes) qui constituent son volume. exploitées pour optimiser les performances en en-
Les fibres de collagènes, qui ont des propriétés traînement, mais aussi pour définir et organiser un
élastiques, correspondent à la trame de base des contenu d'entraînement et définir un échauffement
éléments du système articulaire. La différence d'ali- dans le sens de la prévention des risques de blessu-
gnement des faisceaux de collagène que constitue res. En effet, la stimulation des structures conjonc-
le dispositif des tendons et des ligaments va influen- tives sous forme d'étirement permet de stimuler et
cer fondamentalement leurs réponses mécaniques de faire évoluer leur capacité de raideur et de com-
(EIIiott, 1965). pliance.
Les bandes de collagènes permettent également la
connexion directe entre le muscle et l'os, et amè- 5.2. 7.3 Élasticité musculaire (Figure 3)
nent ainsi à transmettre pendant la contraction mus- Il a été montré dans la littérature scientifique
culaire les forces de tension. Plus le tissu à un nom- que la contrainte mécanique imposée par étirement
bre important de tissus de collagène, plus il sera à un muscle contracté est plus petite dans un muscle
résistant et aura de la raideur, mais cela ne change ayant une majorité de fibres lentes, alors que l'éner-
pas pour autant le seuil de rupture. D'autre part, gie élastique stockée y est plus importante dans
plus les fibres du tissu seront allongées plus le seuil les fibres rapides (l<omi, 1984) ; cela suggère que
de rupture sera repoussé avec une résistance iden-. l'élasticité de la composante élastique série d'un
tique, mais tout de même avec une raideur muscu- muscle lent est plus élevée que celle d'un muscle
laire plus faible, c'est-à-dire avec moins de renvoi rapide. Ces différences sont dues en grande partie
de l'énergie élastique. L'âge joue un rôle important au fait que la concentration en collagène est plus
dans la raideur du tissu conjonctif, puisque la quan- élevée dans les muscles lents que dans les muscles
tité de fibres augmente jusqu'à 20 ans environ (Vii- rapides, ce qui leur permet de mieux amortir les va-
dik et al., 1982). riations de position de façon passive (Kovanen et
L'entraînement peut aussi développer les propriétés al., 1984).
Figure 2 mécaniques du tissu conjonctif (Woo et al., 1981). De tels résultats sont en accord avec les analyses
À l'inverse, quelques études ont montré qu'une im- mécaniques de base que nous pouvons faire sur
Structure et ultrastruclure mobilisation de quelques semaines peut entraîner un mouvement rapide. La très grande raideur et
du tendon une diminution d'environ 30% de la résistance de la faible déformation des muscles lents sont bien
adaptées à une fonction musculaire qui est dédiée
au contrôle continu de la posture. À l'opposé, la
raideur plus faible, la plus grande compliance et la
plus petite élasticité d'un muscle rapide très con-
tracté sont beaucoup plus adaptées à l'amélioration
de la rapidité et de l'efficacité du mouvement. Il
est donc important de se rappeler que les muscles
habituellement utilisés dans le travail postural, et
qui sont en plus sollicités dans une activité spor-
tive contraignante, nécessitent qu'on leur consacre
toute son attention dans le travail de souplesse.
Les muscles sont constitués de fibres. Chaque fibre
Tendon contient :
• plusieurs noyaux;

groupe de • une membrane robuste qui l'entoure (le sarco-


fibres tertiaires lemme).
groupe de
fibres secondaires
L'ensemble constitue une architecture à haute ré-
ensemble de sistance mécanique. La contraction musculaire se
fibres primaires fibrille fait grâce à la traction de l'actine et de la myosine.
collagène de collagène Toutefois un certain nombre de protéines sont indis-
pensables pour transmettre les forces générées au
cours de la contraction musculaire. Ainsi, la force
externe fournie par l'articulation dépend également

104
STf\ETCHING ET ACTIVITËS SPORTIVES

cie la raideur des éléments élastiques qui sont enfer-


més dans la fibre musculaire, notamment la titine
(ou connectine). Son rôle est d'attacher la plus gros-
se des deux protéines contractiles (myosine) aux
stries Z, qui délimitent le sarcomère. Elle permet
cie ramener le sarcomère à sa position initiale après
l'étirement. Son rôle est également de maintenir Fibre· nèrvculo
Mo tri<"
l'alignement de la myosine par rapport à l'actine.
Cet élément élastique est particulièrement sollicité /
pendant l'étirement (Wydra, 1997; Wiemann et al.,
2000).
La titine et la nébuline sont les deux éléments qui
peuvent subir une destruction en cas d'effort excen-
trique ou d'étirement intensif.
Les muscles transmettent des forces considérables
<lUX os et aux tendons. Cette transmission ne peut
se faire directement sous peine de déchirer le sar-
SIK de réticulum} ~
colemme. Pour éviter ce désagrément, la répartition -~

des tensions générées se fait aussi de façon indi-


recte par l'intermédiaire des éléments élastiques
Tubulo T "'
transversaux. Une stimulation musculaire intense
(efforts excentriques ... ) peut provoquer des destruc-
tions de protéines impliquées dans la transmission
des tensions.
il semble que les principales structures qui donnent
la tension au muscle sont les ponts d'actine et de
myosine. Ces ponts ne se reconstruisent pas rapide-
ment, ce qui peut expliquer en partie les contractu-
res musculaires issues d'un effort excentrique.
desquelles s'enroule un neurone sensitif transpor- Figure G
5.2.2 Limites neurophysiologiques tant les informations vers la moelle épinière. Cette
Structures des filaments
fibre appelée fuseau neuromusculaire est position-
musculaires, Bixler et Jones
Les limites neurophysiologiques concement essen- née en parallèle avec les fibres musculaires striées
squelettiques responsables de la contraction mus-
(1992)
tiellement:
culaire. De par leur nature, les fuseaux neuromus-
e Le réflexe myotatique
culaires permettent d'obtenir deux types d'informa-
0 Le réflexe myotatique inverse tion concernant la longueur du muscle : l'une sur
son amplitude de variation et l'autre sur sa vitesse
0 Le réflexe d'inhibition réciproque
de variation.
e La boucle gamma
D'un point de vue physiologique, cette boucle
., Le tonus musculaire. myotatique permet de gérer les ajustements de la
il existe des circuits de contrôle qui tendent à main- longueur des muscles agonistes et antagonistes, de
tenir le muscle à l'état initial de la longueur et de sorte qu'elle participe à la conservation des angles
la force. Ces circuits sont sous contrôle du système articulaires. Une régulation de ce type est parfaite-
nerveux. Il permet au muscle de se protéger de mou- ment adaptée au maintien d'une position corporelle
vements traumatisants. Ces contrôles s'exercent en donnée. De fait, le réflexe myotatique occupe une
boucle à partir d'informations issues des capteurs place prépondérante dans la régulation de l'activité
situées dans les muscles et les tendons. posturale.
Ces ajustements de longueur interviennent aussi
5.2.2. 7 Le réflexe myotatique : lorsqu'il s'agit de protéger le muscle contre un étire-
contrôle de la longueur musculaire ment abusif de ses structures qui pourrait entraîner
L'étirement passif ou actif d'un muscle en- des lésions. L'activité myotatique va donc empêcher
certains mouvements de grande amplitude en pro-
traîne une contraction réflexe de celui-ci qui a pour
voquant des raideurs musculaires, c'est-à-dire en li-
objectif de rendre au muscle sa longueur initiale.
C'est le réflexe myotatique. Son origine prend sa mitant l'allongement musculaire. Cela va à l'encon-
source dans les fibres musculaires sensitives, autour tre de ce que nous voulons obtenir en souplesse.
105
5.2.2.2 Le réflexe myotatique inverse activités musculaires vont être déclenchées avant
ou le contrôle de la force musculaire le contact elu pied avec le sol afin de donner une
raideur suffisante aux membres inférieurs et éviter
Le muscle se contracte de façon réflexe lors- qu'elles ne plient sous la force d'impact.
qu'il est étiré de façon trop brutale (réflexe myotati-
Malgré tout, les réflexes d'inhibition réciproque pri-
que). Toutefois, si l'étirement persiste et s'amplifie,
ment sur les réflexes myotatiques, qui eux-mêmes
la résistance à l'allongement disparaît subitement.
dominent les réflexes myotatiques inverses.
Le même phénomène se produit lors d'une contrac-
tion volontaire maximale. L'origine de cette action
5.2.2.4 Le rétlexe d'inhibition post-isométrique
se situe au niveau des organes tendineux cie Golgi
qui se trouvent, comme leur nom l'indique, dans les La contraction statique et d'intensité modé-
tendons, et disposés cette fois-ci en série par rapport rée d'un muscle durant quelques secondes induit
aux fibres musculaires. C'est en effet la meilleure un 1·elâchement accentué. Ainsi, « un muscle se
position pour enregistrer les variations de tension. laisse très facilement étirer s'il a au préalable été
Leur action est opposée à celles des fuseaux neuro- contracté». Ce principe est celui de la méthode vi-
musculaires: ils entraînent une inhibition des mo- sant à réaliser des séries de « contracté - relâché
toneurones des muscles agonistes (qui véhiculent -étiré ».
l'ordre de contraction) et une facilitation des mo-
toneurones des muscles antagonistes. Ce faisant, ils 5.2.2.5 La boucle gamma
permettent de protéger le tendon d'un arrachement
au niveau de ses jonctions myo- et ostéo-tendineu- Les réflexes cités plus haut sont essentiel-
ses, du fait des trop fortes tensions qui lui seraient lement médullaires, c'est-à-dire qu'ils passent par
imposées. la moelle épinière sans intervention' du cerveau.
La boucle Gamma quant à elle est un réflexe qui
5.2.2.3 Le réflexe d'inhibition réciproque passe par le cerveau. Ce circuit permet de régler la
sensibilité de réflexe myotatique et en conséquence
Ce réflexe est le processus par lequel l'ex- la 1·aicleur et la tension cles muscles au repos. L'uti-
citation qui entraîne une contraction des muscles lisation de ce circuit est par conséquent fortement
agonistes s'accompagne d'une inhibition ou d'un favmisée par des expirations forcées. Ainsi, la sti-
relâchement des muscles antagonistes, et vice ver- mulation des fibres musculaires squelettiques et
sa. Cette activité réflexe représente, à l'intérieur de des fuseaux neuromusculaires peut passer par deux
l'activité neuromusculaire, une organisation coor- voies différentes: l'une est appelée alpha et l'autre
donnée et hiérarchique que l'on pensait, jusqu'à il gamma. Cette dernière va servir à définir la lon-
y a p~u, indépendante de toute influence corticale. gueur elu muscle (consigne) qui constitue le point
Or, il n'en est rien. de départ de la boucle de régulation myotatique. La
boucle gamma permet en quelque sorte de réguler
En effet, dans certaines circonstances, les centres.
la sensibilité du système. Elle permet d'avoir des fu-
supraspinaux situés en amont de la moelle épinière,
seaux neuromusculaires toujours prêts à réagir au
peuvent modifier l'activité· réflexe. Les interneu-
moindre allongement anormal, y compris pendant
rones situés dans la moelle épinière effectuent la
une phase de raccourcissement liée à une con-
somme algébrique des impulsions excitatrices et
traction musculaire qui, normalement, les rendrait
inhibitrices: selon le résultat final, le SNC exercera
inactifs : la sensibilité des fuseaux reste identique
soit une inhibition (-), soit une excitation (+) des quelle que soit la longueur'du muscle.
motoneurones. C'est ce qui se passe, par exemple,
au niveau de la coordination biceps-triceps dans
5.2.2.6 Le tonus musculaire de base
l'attraper d'un objet, lorsque nous laissons tomber
celui-ci d'une certaine hauteur dans la paume de C'est la contraction minimale ou la légère
main ouverte. Pour pouvoir le saisir et ne pas le faire excitation d'un muscle. Le mécanisme de base qui
tomber, le système nerveux anticipe le moment cie génère ce tonus réside dans le réflexe myotatique.
l'impact de l'objet dans la main et réalise une co- Ce tonus est sous l'influence de la formation ré-
contraction de ces deux muscles afin d'augmenter ticulée située dans le cerveau. Elle est soumise à
la raideur du bras. Cela permet d'amortir le choc l'action de plusieurs autres formations nerveuses
lié à l'impact qui constitue, clans ce cas, une per- supérieures (cortex cérébral, cervelet, noyaux ves-
turbation de la posture du bras. Fait encore plus tibulaires et noyaux gris centraux). Son action sur
troublant : l'augmentation de la raideur est propor- le contrôle du tonus et de la posture se traduit pa1·
tionnelle à la hauteur du lâcher et donc à la force de l'équilibre constant des commandes facilitatrices
l'impact qui en r.ésulte (Lacquaniti et Maioli 1987 et et inhibitrices agissant sur les différents motoneu-
1989; Prévost et al., 1999). D'une façon plus géné- rones. Ainsi, cette structure permet de réguler la
rale, c'est ce qui se passe lorsque nous faisons une tension des muscles au repos, et donc leur raideur
impulsion suite à un saut en contrebas : certaines (résistance à l'allongement).

106
SmETCHING ET ACTIVITËS SPORTIVES

Walsh et al., 1993). Huit semaines d'immobilisation


Certains états émotionnels ou autres (attente, stress,
provoquent une diminution de 39% de la charge
effort. .. ) entraînent souvent une tension tonique
de rupture (ce qui équivaut à augmenter sa fragi-
généralisée de l'organisme humain par la stimu-
lité à la déformation) et une diminution de 32% de
lation de cette formation réticulée par d'autres si-
l'énergie stockée par le tissu pendant la déformation
tuées en amont : cette structure agit donc comme
(ce qui implique une moins bonne capacité à ab-
un régulateur de tension. Chez l'homme, certaines
sorber les contraintes subies pendant l'allongement)
maladies obligent à faire une ablation du cervelet
(Noyes, 1977) ainsi qu'une diminution du diamè-
postérieur : cela provoque immédiatement une hy-
tre des fibres de collagène de 74% (Newton et al.,
potonie (baisse tonus) musculaire. Une partie des
1995). La récupération des propriétés mécaniques
voies nerveuses de cette structure participe à l'équi-
initiales nécessite un délai important. Après cinq
libration, une autre au maintien de la position du
mois de rééducation suite à une immobilisation, la
corps. Le cervelet agit donc, par circuits interposés,
récupération n'est que de 80% et la totalité est re-
sur les motoneurones alpha et d'une façon moin-
couvrée au bout d'un an (Noyes, 1977).
dre sur les motoneurones gamma en réduisant leur
excitabilité, d'où son impact dans le contrôle de la
posture et des mouvements.
En conséquence, les centres supra-spinaux ont une 6. 1\ôle et effets des étirements
importance non négligeable su1· le tonus cie base de dans la pratique des activités
nos muscles, et par conséquent sur la souplesse.
physiques et sportives
5.2 ..3 Autres limites et fadeurs d'influence
Parler du rôle et des effets du stretching dans
Ce sont: l'environnement des activités physiques et sportives
~ l'inactivité ou l'immobilisation; consiste aussi à parler de la conception évolutive
et fluctuante du stretching chez tous ceux qui s'y
~ l'état psychologique de la personne;
investissent. En effet, les spécialistes (techniciens et
Q l'âge; scientifiques) sont de plus en plus dubitatifs quant
aux bienfaits du stretching. D'un côté, les entraî-
"' le sexe;
neurs, les préparateurs physiques et les sportifs eux-
., l'échauffement; mêmes estiment que le stretching est un exercice
,. l'entraînement; thérapeutique et de performance, qui permet:

" les produits anti-inflammatoires. o d'améliorer et d'entretenir la souplesse du sportif


au quotidien ;
Il existe d'a~tres données importantes concernant
le collagène: son évolution avec l'âge et l'entraîne- • de préparer le muscle à l'effort;
ment ou la convalescence. Les propriétés physiques
• de favoriser la récupération.
elu collagène sont liées au nombre et à la qualité
des liaisons existant entre les molécules qui le com- Parmi les effets attribués aux étirements, certains ne
sont pas validés scientifiquement. Il convient de fai-
posent.
re le point sur les effets qui sont démontrés, et ceux
5.2.3. 7 Limites d'âge qui n'ont pas été démontrés, voire même réfutés.
En effet, à l'heure actuelle, que ce soit les en-
L'âge a un effet sur cette protéine fibreuse:
traîneurs, les préparateurs physiques, les ensei-
avec la maturation (jusqu'à l'âge de 20 ans environ),
le nombre et la quantité de ces liaisons augmentent, gnants, les kinés, les sportifs eux-mêmes, nul ne
ce qui entraîne une amélioration de sa résistance, peut affirmer avec certitude ni justifier quelles
notamment au niveau des ligaments et des tendons sont les techniques d'étirement les plus efficaces,
(Viidik et al., 1982). Nous observons également une quand et comment les uti 1iser, bien que le besoin
augmentation du diamètre des fibres de collagène de s'étirer soit un ressenti naturel du corps de
chez les jeunes (< 20 ans) avec une grande variabi- l'homme.
lité au niveau de la taille selon les individus. En effet, le rôle fondamental de l'étirement dans
la pratique des activités physiques et sportives est
5.2.3.2 L'immobilisation de plus en plus difficile à évaluer avec objecti-
vité, tant dans le domaine de la thérapie que de
La mobilisation et l'immobilisation (suite à
l'entraînement. Il y a toujours autant de confu-
une blessure par exemple) ont un effet significatif.
sion dans le sens du travail à réaliser, en ce qui
L'entraînement augmente la résistance des 1igaments
concerne les étirements actifs, passifs, activa-pas-
et des tendons (Woo et al., 1981) alors que l'im-
mobilisation a l'effet inverse (Newton et al., 1995 ; sif, posturaux ...
107
Toutefois, le rôle conceptuel du stretching dans le que, afin de profiter de la baisse de la température,
monde sportif s'articule et s'applique à trois grandes et de l'augmentation de la raideur qui l'accompa-
orientations de l'entraînement que sont: · gne. Ces deux phénomènes permettront des effets
plus rapides pour le même degré d'allongement de
• la prévention des blessures ;
l'étirement.
• l'amélioration de certains facteurs de la perfor-
mance sportive ;
6.2 Stretching et diminution
• le mental des sujets.
du tonus musculaire
Nous pouvons donc dire que les effets physiologi-
ques des étirements sur le système musculo-tendi- Plusieurs études ont confirmé la baisse des
neux peuvent se résumer à deux choses : motoneurones alpha qui permettent la contraction
• la diminution de l'activation des motoneurones musculaire. L'intensité de cette inhibition est pro-
(baisse du tonus musculaire mais aussi de la pos-. portionnelle à l'intensité de l'étirement du muscle,
sibilité d'activer les muscles); et donc de l'angle articulaire atteint pendant l'étire-
ment (Cuissard et al., 1988).
• la diminution de la raideur du complexe anato-
mique musculo-tendineux (plus grande facilité à
allonger le muscle et les tendons et donc moins 6.3 Stretching et prévention
grande résistance passive à l'allon&ement). des blessures
Nous pouvons donc en conclure que le principal
objectif des étirements est de relâcher et décontrac- En ce qui concerne la prévention des bles-
ter les muscles. Nous montrerons néanmoins que, sures, le stretching a en effet longtemps été reconnu
dans certains cas, cet effet n'est pas atteint et que comme une thérapie préventive. Sa pratique sur les
c'est même l'inverse qui se produit, notamment au terrains d'entraînement comme dans les salles de
niveau des courbatures, de la prévention des bles- gymnastique et de musculation avait pour but de
sures ... Toutefois, nous nous posons la question de permettre aux sportifs de prévenir d'éventuels trau-
savoir quelles sont les conséquences de l'utilisation matismes musculaires et articulaires, en apportant
du stretching au niveau de la performance sportive, un complément à un échauffement qui pourrait être
et surtout, quelles sont les raisons fondamentales de inadapté. À ce titre, l'introduction des exercices
s'inquiéter de ces conséquences. d'étirement dans l'échauffement s'avérait primor-
diale. Une préparation adéquate à l'entraînement
par un étirement conséquent inclus dans l'échauf-
6.1 Stretching et goin d'amplitude fement semble assurer au sportif une probabilité
du mouvement de blessure réduite et une perfmmance athlétique
améliorée.
Concernant le gain d'amplitude lié au siret-
Pope et al. (1988) ont avancé l'hypothèse que les éti-
ching, il est affirmé dans la littérature un effet aigu
rements réalisés avant l'exercice n'auraient en réa-
(à court terme), et un effet chronique (à long terme).
lité que peu d'incidence sur les risques d'apparition
Ainsi, les méthodes PNF permettraient un meilleur
des blessures au cours de la pratique sportive. Cette
gain au niveau de l'amplitude articulaire. Celle-ci
hypothèse a été confirmée par une étude réalisée
permettrait à long terme une tolérance à l'étirement
par la même équipe deux ans plus tard (Pope et al.,
(Cornelius et al., 1992). Les étirements passifs d'une
2000). La figure ci-dessous résume ces résultats et
dizaine de secondes permettraient un gain supé-
montre qu'il n'y a effectivement pas de différences
rieur en amplitude par rapport à une durée d'une et
entre les deux groupes (contrôle et expérimental) au
deux secondes (Mading et al., 1987 ; Taylor et al.,
niveau de la probabilité d'être blessé que l'on fasse
1990). Calder (1999) préconise huit secondes. Les
ou non des étirements avant une séance d'entraî-
étirements tenus sont aussi efficaces pour gagner en
amplitude du mouvement, mais n'engendrent pas nement. Dans les deux cas, plus on avance dans
d'effets négatifs sur la structure musculaire Oster- · l'entraînement et plus les chances d'avoir une bles-
ning (1990). il est possible que l'amélioration de sure augmentent tout en étant les mêmes, que l'on
l'amplitude provienne de la tolérance à l'étirement. s'étire ou non.
il est aussi possible que les étir.ements entraînent un Toutefois, et bien que nous ayons longtemps consi-
effet antalgique qui permet d'aller plus loin dans déré l'introduction des exercices d'étirement dans
l'étirement. l'échauffement et même pendant l'effort comme
· il semble qu'on puisse favoriser les étirements à un élément primordial pour prévenir les blessures,
« froid » (Sapega et al., 1981 ). Si nous voulons véri- plusieurs études viennent contredire cette asser-
tablement obtenir un effet significatif, il convient de tion. Ainsi, certains auteurs (Shrier, 1999; Shrier
faire des étirements à distance d'un exercice physi- et Cossai, 2000 ; Herbert et Gabriel, 2002 ; Pope

108
5mETCHING ET AŒVITts SPOIITIVES .PW""""""!

Figure 4
,...
QI
Effets des étirements
préexercices sur les risques
·~
d'apparition de blessures en
fonction du nombre de jours
- Groupe control d'entraînement, d'après Pope

----
-Groupe stretching et al. (2000)

0,75 - ' - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

0,7 .!,--~---,------.---.--,----.----,---,---;
0 10 20 30 40 50 60 70 80
Jours d'entraînements

et al., 1998; Van et al., 1993) font constater dans ments qui, en temps normal, ne pourraient être
des articles scientifiques que la pratique des étire- réalisés (Church et al., 2001) ;
ments avant un exercice ne réduit pas le risque de
.. Une étude hollandaise (Van Mechelen et al.,
blessure. D'autres études menées par ces mêmes
1993) a démontré que la réalisation d'un échauf-
auteurs mettent en évidence qu'il n'existe aucune
fement, d'un retour au calme et d'un protocole
différence significative entre les sportifs pratiquant
d'étirements standardisé pendant 16 semaines
régulièrement des étirements et le groupe contrôle
n'a pas permis de réduire le nombre de blessures
avant la survenue de blessures (Figure 4).
musculaires.
Plus récemment, une recherche bibliographique Dans l'attente de résultats plus fiables, le principe
(Pope et al., 2000; Miller, 2003), permet de se faire de précaution pourrait s'appliquer à cette situation.
une idée plus précise de l'influence des étirements Cela est certainement lié au fait qu'aucune étude
réalisés pendant l'échauffement et son incidence sur n'a duré assez longtemps ou n'a utilisé d'étirements
les blessures musculaires. Ces études confirment le suffisamment longs pour mettre en évidence ce
fait que les étirements pratiqués pendant l'échauf- phénomène (Cheung et al., 2003 ; Connelly et al.,
fement n'ont aucun effet sur les taux de blessures 2003). Toutefois, le rôle préventif de l'étirement,
musculaires (Church et al., 2001 ; Herbert et Ga- peut cependant se concevoir en ce sens que celui-
briel, 2002). la conclusion qui ressort de ces revues ci permet (Guissard, 1999 ; 2000; 2005) :
est que les étirements avant l'exercice ne semblent
pas constituer une pratique utile pour réduire le ris- e d'augmenter la mobilité;
que de blessures, tout au moins lorsqu'ils précèdent o d'améliorer la proprioception ;
les séances :
e d'améliorer la coordination neuromotrice;
s où la charge d'entraînement a été fortement aug-
• de diminuer la tension musculaire;
mentée;
• d'augmenter la température du muscle.
• lors de reprise après une période de convalescen-
ce ou de vacances ; Pour autant, il ne faut pas considérer ce résultat
comme acquis car des études supplémentaires
" où le sujet apprend une nouvelle technique ges- sont nécessaires pour valider les premiers résultats
tuelle; recueillis ces dernières années. Selon certains, les
o ol.1 le sujet utilise un nouveau matériel. étirements s'avèrent fondamentalement inefficaces
pour prévenir les blessures. Les points suivants jus-
Ces séances provoquent généralement des cour- tifieraient cette assertion.
batures. D'autres auteurs ont aussi étudié les étire-
ments et pensent que :
6.4 L'effet antalgique du stretching
• L'amélioration de la capacité oxydative du mus-
cle et les étirements cycliques du muscle n'ont
La description de l'effet antalgique du stret-
aucun effet mesurable sur la gravité de la blessure
ching peut en partie justifier et expliquer le fait que
musculaire (Fowles et al., 2000) ;
les étirements ne permettent pas effectivement de
'" Les étirements peuvent masquer la douleur mus- prévenir les blessures. En effet, la pratique régu-
culaire chez l'humain et permettre des mouve- lière du stretching pendant l'entraînement permet

109
'1

au sportif d'accentuer son effort par des étirements quants qui ne sont pas habitués à ce genre d'exer-
supérieurs que nous pouvons nommer « stretch to- cices. Il faut aussi noter que, contrairement à ce
lérance», de s'habituer et de supporter de mieux qui est souvent affirmé, les étirements statiques
en mieux la douleur, donnant ainsi au sujet la pos- entraînent des courbatures plus importantes que
sibilité d'aller plus loin dans l'exécution. Ainsi, les les étirements balistiques car ils provoquent des
récepteurs à la douleur sont en quelque sorte en- degrés d'allongement beaucoup plus importants.
dormis. Toutefois, cette habitude et cette tolérance Cela va à l'opposé de ce que nous admettons gé-
à la douleur présentent des risques de blessure, néralement dans le milieu sportif concernant les
particulièrement quand il s'agit de commencer son étirements balistiques (Smith et al., 1993).
activité spécifique (Cometti, 2003).
• D'autre part, il a été démontré que les douleurs
D'autre part, parmi les différentes techniques d'éti- ainsi que la baisse de force liées aux courbatures
rement souvent utilisées, c'est la PNF (Facilitation étaient plus prononcées lorsque la séance d'en-
neuromusculaire proprioceptive) qui entraîne le traînement était précédée et/ou suivie d'une ses-
plus d'anesthésie des récepteurs de la douleur. À ce sion d'étirements (Lund et al., 1998).
titre, cette technique est donc à éviter au cours d'un
échauffement. Si les étirements ont un effet antalgi- Mis ensemble, ces résultats démontrent que les
que, ils provoquent parfois des microtraumatismes étirements et les courbatures altèrent les mêmes
musculaires, qui ne participent pas non plus à pré- structures au sein de la fibre musculaire. La dimi-
venir les blessures chez le sportif. nution éphémère de la douleur liée à la courba-
ture que pourraient éprouver les sportifs lors des
étirements va dans le sens de l'hypothèse d'une
6.5 Stretching et prévention des 1·éduction de l'œdème intramusculajre concomi-
microtroumotismes musculaires ou tant à l'apparition des courbatures (Abrahams,
des courbatures 1977). Les efforts excentriques comme les étire-
ments passifs agissent sur les mêmes structu1·es
Les courbatures créent des séquelles mus- musculaires; le tissu conjonctif. il semble pro-
culaires et/ou articulaires qui peuvent même durer bable qu'ils afiectent ces tissus de la même ma-
plusieurs jours après un effort musculaire inhabi- nière (action su1· le squelette cellulaire de la fibre
tuel, notamment pendant les périodes de reprise, musculaire notamment). De fait, les étirements
après un épisode d'arrêt (convalescence, vacances), réalisés après une séance d'entraînement, dont
d'apprentissage de nouvelles techniques ou d'aug- nous savons qu'elle provoquera des courbatures,
mentation de la charge d'entraînement, et laisser le pourraient aggraver le degré de détérioration sub-
muscle ou le groupe musculaire significativement séquente au travail excentrique.
douloureux. Nous pouvons expliquer aussi leur Les études menées sur les effets immédiats des éti-
présence par une dominante de travail excentrique rements avant et/ou après les exercices à dominante
qui a provoqué des microlésions au sein des mus- excentrique n'ont pu démontrer que les étirements
cles sollicités. avaient un effet préventif sur les courbatures. L'effet
Les étirements, particulièrement le stretching pas- immédiat et à court terme semble donc aller dans le
sif, imposent aux muscles des tensions musculaires sens d'une contre-indication à la pratique des étire-
souvent très intenses et même maximales. Ce qui ments sur des muscles courbatus. Par conséquent, il
fait que les structures élastiques passives du sarco- paraît souhaitable de ne pas étirer un muscle suite à
mère sont donc sollicitées au maximum, et risquent une séance dont on sait qu'elle entraînera des cour-
de subir des microtraumatismes défavorables au batures (reprise de saison, séance d'une intensité
bon déroulement de la performance consécutive à supérieure à d'habitude, apprentissage d'une nou-
l'effort qui va suivre. Ces microtraumatismes mus- velle technique, renforcement musculaire de type
culaires créés des courbatures. Il s'ensuit au niveau pliométrique ou stato-dynamique).
du muscle ou de l'articulation un processus de ré- Il est aussi reconnu que le stretching effectué au ni-
paration pouvant durer de cinq à sept jours. Il a été veau d'une jambe avant un entraînement de cou1·se
écrit dans la littérature que les étirements pouvaient à pied n'a permis de voir aucune différence signi-
empêcher l'apparition des courbatures au niveau ficative clans la survenue des courbatures, en com-
musculaire ou en diminuer les courbatures souvent paraison avec la jambe témoin. De même, suite à
douloureuses. Des différentes études publiées, deux une séance de stretching effectuée après un entraî-
travaux (Lund et al., 1998) montrent l'interrelation nement de course à pied, il n'a été constaté aucune
des mécanismes mis en jeu dans le travail excentri- atténuation des douleurs dans les trois jours qui ont
que et les étirements : suivi la séance. Au contraire, le stretching a entraîné
• D'une part, les étirements passifs et actifs pour une augmentation des Cl< et une diminution de la
la contraction musculaire de type excentrique force au niveau du membre concerné. Le stretching
peuvent induire des courbatures chez des prati- n'est donc d'aucune efficacité sur les courbatures,

110
5Tf\ETCHING ET AŒVITËS SPORTIVES

Figure 5

--
QI
1:
120 -
,
Effets des courbatures sur la
force maximale isométrique en
a:; 110 -
Ill
t'Il
.c
,. " fonction du degré de raideur
musculaire du sujet, d'après
....0 100 - /
_, McHugh et al. (1999)
~
~
QI
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~,
'... ....... ~
.,..,..,.
- -compliant
...... •Normal
C'
·;::
....
'' - - - - Stiff
•QI
80 - ' \
--- - .... .... ....
E ~--

0 .... ....
.!!! ....
QI 70 - '
....u
0
LI.
60 -' ' ' ' '
Pre Jour 1 Jour 2 Jour 3

bien au contraire il pourrait les augmenter comme batures étaient plus prononcées lorsque la séance
le montre l'évolution des CK. d'entraînement était précédée et suivie d'une ses-
sion d'étirements (Lund et al., 1998).
Enfin, si le stretching est introduit pendant les séan-
ces d'entraînement, le membre étiré devient plus En revanche, il semblerait qu'à long terme les éti-
douloureux que l'autre. L'étirement passif ajoute rements aient un effet bénéfique en limitant l'ap-
des microtraumatismes musculaires à l'effort ex- parition des courbatures grâce aux modifications
centl·ique. Les étirements ne permettent pas non du comportement du muscle lors des exercices ex-
plus de réduire les courbatu1·es provoquées par les centl·iques, dont nous savons qu'ils sont les princi-
exercices impliquant de fortes contractions muscu- paux responsables de ce traumatisme musculaire
laires (musculation excentrique, sprint. .. ), contrac- (Lieber et Friden, 2002). En permettant à celui-ci
tions souvent associées aux blessures musculaires cie s'allonger plus facilement, ils l'empêchent de
(Fowles et al., 2000). Les études menées sur les ef- subir de trop fortes tensions (grâce à une plus gran-
fets immédiats des étirements avant et/ou après les de compliance) permettant ainsi de moins subir de
exercices excentriques n'ont pu démontrer que les déformation par suite des tensions qui s'exercent
étirements avaient un effet préventif sur les cour- alors au sein du muscle (McHugh et al., 1999;
batures (Herbert et Gabriel, 2002). Cela est certai- Wessel et al., 1994).
nement lié au fait qu'aucune étude n'a duré assez Par exemple, une expérience (Mc Hugh et al., 1999),
longtemps ou n'a utilisé d'étirements suffisamment montre très clairement que la raideur ainsi qu'on
longs pour mettre évidence ce phénomène (Cheung l'appelle est fonction de la masse musculaire.
et al., 2003 ; Con nelly et al., 2003).
Nous noterons que la diminution de la force est
De fait, les étirements réalisés après une séance la plus importante pour les personnes raides alors
d'entraînement, dont nous savons qu'elle provo- qu'elle diminue peu chez les sujets normaux (nor-
quera des courbatures, pourraient aggraver le degré mal), et qu'elle ne change pas, voire s'améliore chez
de détérioration subséquente au travail excentrique. les personnes présentant peu de raideur trois jours
En effet, deux travaux intéressants montrent l'inter- après une séance de travail excentrique (McHugh et
relation cl es mécanismes mis en jeu clans le travai 1 al., 1999) (Figure 5).
excentrique et les étirements. D'une part, les deux
La douleur augmente fortement chez les personnes
types d'étirement (elu muscle passif ou elu muscle
raides dès le premier jour après une séance de tra-
pendant sa contraction) peuvent induire des cour-
vail excentrique. Cette augmentation ne se produit
batures chez des sujets qui ne sont pas habitués à ce
qu'au bout elu deuxième jour pour diminuer au
genre d'exercice, les étirements statiques entraînant
troisième jour chez les personnes normales. Cette
des courbatures plus importantes que les étirements
douleur n'est que peu présente chez les personnes
balistiques. Ce dernier point est contraire à ce que
peu raides (Mc Hugh et al., 1999) (Figure 6).
nous admettons généralement dans le milieu spor-
tif concernant les étirements balistiques (Smith et Cette étude montre de façon évidente que les per-
al., 1993). D'autre part, il a été démontré que les sonnes plus souples sont moins susceptibles de
douleurs ainsi que la baisse cie force liées aux cour- courbatures induites par les dommages liés à un
Figure 6
7 -
Effets des courbatures sur la
douleur musculaire évaluée -...= 6 -
, ;--- - -
- -
-=...
1
de façon subjective sur une "'
échelle de 0 à 10, d'après - "' "'
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McHugh et al. (1999) "'
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Pre Jour1 Jour2 Jour3

exercice excentrique. Ces personnes pourraient cie. Ce phénomène est réversible mais avec un cer-
donc s'entraîner à des intensités plus élevées ou tain temps de latence. Il n'est donc pas justifié de
pendant une plus longue durée au cours des jours s'étirer à l'échauffement lors d'une discipline spor-
qui suivent une séance d'exercice excentrique. Il tive soli icitant vitesse et détente.
semble donc important de dissocier les effets immé-
En conséquence, au vu de ce qui précède, nous
diats des effets à long terme lorsque nous nous inté-
constatons que l'introduction de techniques fai-
ressons à la relation qui existe entre les étirements
sant appel aux étirements n'est pas indiquée au
et leurs effets supposés sur les courbatures. Si ces ef-
cours des échauffements des sports de vitesse/
fets semblent négatifs lorsque nous considérons leur
détente. Certaines disciplines telles que la gym-
utilisation avant ou après une séance de type excen-
nastique, le patinage ou le plongeon échappent
trique, il est vraisemblable qu'ils soient bénéfiques
à cette règle.
à long terme par la diminution de raideur passive
du muscle qu'ils induisent avec leur utilisation sys- Une question se pose alors : étant donné les effets
tématique au cours de l'entraînement. des étirements qui ont été mis en évidence dans de
nombreuses publications, est-ce que leur utilisation
Toutefois, la préparation adéquate peut aussi ré-
lors de l'échauffement ou avant une compétition est
duire les douleurs musculaires post-activité. En ef-
justifiée ?
fet, l'augmentation de température du corps et la
meilleure circulation du sang sont importantes pour
la livraison de l'oxygène aux muscles et pour préve-
nir l'intensification des déchets d'acide lactique qui 8. Stretching et échauffement
peuvent amener à la douleur musculaire.
pour une performance
Le phénomène de creeping permet de comprendre
pourquoi le stretching ne permet pas de prévenir sportive
les blessures.

Faire du stretching pendant l'échauffement


à un effort est souvent préconisé aux sportifs par
7. Stretching et creeping les entraîneurs et les préparateurs physiques. Cette
pratique aux objectifs thérapeutiques et de perfor-
mances, s'appuie sur la présomption qu'un muscle
Le phénomène de creeping est également préalablement étiré sera moins sujet aux blessures
évoqué par certains auteurs pour expliquer l'effet musculaires, et que le stretching à l'échauffement
négatif du stretching sur la performance du sportif. prédispose à de bonnes performances. Les experts
En effet, il a été montré qu'au cours d'un étirement du monde sportif- aujourd'hui critiqués-, s'accor-
le tendon s'allonge, ce qui entraîne une réharmo- dent tout de même sur le but principal de l'étil·e-
nisation des fibres de collagène qui vont s'orienter ment dans l'échauffement qui est d'augmenter la
alors que normalement leur position est en obi ique. circulation du sang pour élever la température du
Cette nouvelle orientation diminue les capacités corps au plus profond des muscles, ce qui permet
d'absorption du tendon qui se reportent sur le mus- en sus des muscles le réchauffement des tendons et

112
SmETCHING ET ACTIVITËS SPŒTIVES

ligaments. En effet, un entraînement qui intègre le 9. Stretching et augmentation


stretching dans son exécution augmente l'efficacité de la température du muscle
du muscle par une amélioration du temps de réac-
tion, et la vitesse de mouvement ligament/muscle.
il semblerait que les habitudes ancestrales du mon- Dire du stretching qu'il participe à une élé-
de sportif soient une nouvelle fois remises en cause vation de la température interne du muscle, c'est
par une analyse objective de certaines pratiques affirmer que le stretching est d'un apport sur:
de terrain, sans à priori et sans tenir compte des • L'augmentation de la vitesse des réactions du
idées reçues sur le sujet. L'étirement fait-il partie de métabolisme énergétique musculaire, grâce à
l'échauffement? C'est dans ce domaine que l'on est un effet facilitateur sur l'action des enzymes qui
le plus éloigné de la vérité. contrôlent ces réactions; (+ 1 oc = 13% d'aug-
Nous disposons tout de même aujourd'hui de quel- mentation des processus métaboliques) ;
ques études qui démontrent l'effet néfaste de l'intro- • L'accroissement de l'extensibilité musculaire et la
duction de procédés d'étirement pendant l'échauf- diminution des tensions internes (également liée
fement avant une compétition. Ces influences à la viscoélasticité musculaire);
négatives ont ainsi été démontrées sur des efforts
• La diminution du comportement viscoélastique
de vitesse, de force et surtout de détente. Nous pou-
du tissu musculaire, dû pour l'essentiel au tissu
vons aujourd'hui affirmer que le stretching influe
conjonctif qui assure le maintien de la structure
sur le sujet à deux niveaux :
musculaire et à la composante contractile (ponts
o la mécanique musculaire et articulaire; d'acto-myosine); cette viscoélasticité explique
o le mental. que la réaction passive du muscle à un étirement
est équivalente à celle d'un amortisseur;
En ce qui concerne la mécanique, le muscle qui
s'étire est rétracté, tendu, ce qui provoque un ralen- • L'augmentation de l'excitabilité du muscle (la vi-
tissement de l'action et de l'amplitude du mouve- tesse de conduction nerveuse) qui est d'environ
ment. Les étirements musculaires réalisés pendant 20 % pour une augmentation de 2 oc
de la tem-
l'échauffement avant une séance d'entraînement, pérature corporelle;
ou une compétition, induisent des modifications • L'augmentation de la vitesse de raccourcissement
immédiates de la fonction musculo-tendineuse qui des fibres musculaires impliquant une diminution
peuvent nuire à la performance sportive. Ceux-ci du temps de contraction des fibres musculaires,
ont apparemment un effet inverse à celui supposé qui dépend évidemment des deux points précé-
ou désiré (Prévost, 2003). Il est aujourd'hui connu dents;
que les étirements passifs influencent négativement
• L'augmentation de la production de force de l'or-
le niveau de prestations sur des successions d'ac-
tions de forèe rapide. L'étirement prolongé d'un dre de 2 % par degré.
groupe musculaire diminue l'activation et la force Est ce que dans la réalité ces facteurs sont vérifiés?
contractile du groupe étiré, cette perte de force est L'augmentation de la température musculaire est
encore présente une heure après la fin de l'étire- un élément fondamental dans l'échauffement du
ment. muscle sollicité. Il est aujourd'hui affirmé dans la
Au vu de ces différentes études, nous constatons littérature scientifique que le stretching n'est certai-
que l'introduction de technique faisant appel aux nement pas la meilleure technique, ni le meilleur
étirements n'est pas indiquée au cours de l'échauf- moyen pour augmenter la température du muscle.
fement, particulièrement dans des sports de vitesse En effet, les étirements provoquent des tensions éle-
et de détente. Certaines disciplines qui exigent des vées artéro-veineuses qui entraînent une limitation
positions avec des amplitudes des mouvements ex- ou même une interruption de l'irrigation sanguine
trêmes (gymnastique patinage artistique ... ) échap- du muscle. Pourtant, pour augmenter la tempé-
pent à cette règle, il faut préparer l'athlète pour lui rature d'un muscle, il est préférable d'alterner les
permettre d'aller sans risque dans ses positions. contractions concentriques moyennes avec le relâ-
Pour obtenir un bon échauffement musculaire, le chement (Wirhed, 1990, Cometti, 2003). De même,
stretching doit pouvoir participer à l'augmentation le stretching passif ne permet pas d'augmenter la
de la température musculaire. température intramusculaire (Cuissard, 2004) et
donc d'échauffer le muscle. C'est à ce titre que, lors
de l'échauffement, il est préconisé de ne pas pla-
cer tous les étirements en fin d'échauffement pour
ne pas faire chuter la température intramusculaire
(Robe, 2005).

113
Si le stretching n'est pas d'un apport au niveau de laire et non comme méthode favorisant la récupé-
l'augmentation de la température, qu'en est-il de ration.
son apport au niveau de la récupération ? Cepenclélnt, si le stretching n'a pas d'effet délns
l'élmélioration de lél récupération, il y a aussi certains
arguments qui permettent d'obtenir un meilleur état
de relaxation en post-exercices. Néanmoins, selon
1O. Stretching et récupération Nathalie Guisard (2000), « les étirements passifs
seront recommandés car ils vont rendre leur ex-
tensibilité aux muscles et rendre leur mobilité élUX
Il est couramment admis que les étirements
articulations ». C'est en ayant conscience de ces
sont nécessaires pour favoriser une bonne récupéra-
différents problèmes que les étirements pourront ré-
tion après une compétition ou un entraînement. Les
pondre parfaitement aux attentes des sportifs et de
travaux actuels ne confirment pas cette certitude de
pratique. En fait, la grande question que nous nous leurs entraîneurs. Cette p1·ise de conscience passe
posons tous est: Quels sont les paramètres qui peu- par la compréhension des mécanismes de réaction
vent agir sur la récupération ? et d'adaptation du muscle à l'entraînement, ainsi
que des différents types d'effets (immédiélts et à long
À ce titre, nous pouvons retenir trois articulations terme) que pmvoquent les étirements sur le système
fondamentales de la récupération qui peuvent con- musculo-tenclineux. Dans le cas où lél leçon est
cerner les étirements : susceptible de générer des courbatures importan-
• une augmentation de la circulation sanguine dans tes, l'utilisation des étirements est susceptible d'en
les muscles étirés qui pourrait faciliter l'élimina- augmenter l'intensité. C'est pourquoi il est conseillé
tion des déchets ; d'opter pour un léger temps d'activation générale
et/ou des attitudes couchées, membres inférieurs
• une prévention des courbatures;
en positions déclives. Cela serait susceptible d'en-
• une action musculaire sur les qualités viscoélas- clencher rapidement l'éliminéltion des toxines liées
tiques des muscles, à savoir diminution de la rai- à l'effort.
deur, détention et amélioration du relâchement.
Au niveau de la circulation, les étirements ne cons-
tituent certainement pas le meilleur moyen pour fa-
ciliter le drainage sanguin (Wiemann et Klee, 2000). 11. Stretching et vascularisation
Quant à la prévention des courbatures, les étire- ·
ments imposent des tensions importantes dans le
Contrairement aux assertions admises, et
muscle et cela dans des amplitudes inhabituelles, il
en découle des microtraumatismes au niveau de la étant donné que les étirements statiques compri-
ment les capillaires, ils interrompent la vascula-
structure intime du muscle (la titine en particulier).
risation, ce qui a pour effet de diminuer l'apport
Si l'on impose des étirements à la fin d'un match
sanguin, ce dont le muscle a le plus besoin pour
de sport collectif, alors que les muscles viennent
récupérer. Les étirements statiques ont donc un effet
d'être soumis à des efforts intenses et générateurs
contraire à ce qui est attendu. Seuls les étirements
de microlésions, nous risquons de rajouter des per-
dynamiques, par effet de pompage, peuvent amé-
turbations musculaires supplémentaires. Nous ne
liorer ou maintenir la vascularisation sanguine.
pouvons donc pas conseiller le stretching comme
récupération d'une compétition pour un match qui
va suivre dans les deux jours.
Toutefois, des étirements en fin d'entraînement ou 12. le stretdruing
en fin de match peuvent se justifier comme travail
et lo pea-formonce
de souplesse avec des conséquences musculaires
négatives à court terme mais la possibilité d'amé-
lioration à moyen terme. En effet, les athlètes res- Plusieurs facteurs peuvent permettre d'ap-
sentent de façon positive les étirements d'après précier les effets du stretching sur la performance
match avec une sensation subjective de diminution elu sportif, avec entre autres la raideur musculaire.
des courbatures. Comment expliquer cela ? Selon
Cometti (2003), il s'agit encore de l'effet antalgique Il semble que les étirements fassent évoluel' posi-
du stretching. La capacité des étirements à sensibili- tivement et négativement la raideur musculaire.
ser les récepteurs de la douleur donne à tout athlète· Ainsi, (Wilson et al., 1994) ont émis l'hypothèse
une sensation de bien-être qui est vécue de façon qu'une augmentation de la raideur elu système mus-
agréable. Dans le contexte des entraînements les culo-tendineux pennettrait d'accélérer la vitesse de
étirements sont donc à mettre à la fin des séances la transmission des forces générées au niveau de la
comme moyen d'amélioration d'amplitude articu- composante contractile et/ou stockées au niveau

114
STI\ETCHING ET ACTIVITËS 5POriTIVE5

cie la composante élastique, et donc la vitesse de Par conséquent, nous pouvons en déduire que toute
mobilisation des pièces osseuses durant les motJ- modification de la raideur du système musculo-
vements. squelettique aura des répercussions sur les perfor-
mances impliquant l'utilisation de la force ou de la
Application d'une force à une charge à l'aide du
puissance musculaire.
système musculo-tendineux : (1) le système est au
repos. Le système est progressivement mis en ten- La question qu'on se pose est de savoir quels sont
sion par la composante contractile (CC) entraînant les effets du stretching sur les efforts de force et de
l'allongement de la partie élastique située en sé- puissance dans l'activité su sportif.
rie (CES). Une fois atteint son seuil d'allongement
maximal (2), la CC qui continue à agir sur la CES
12.1 les étirements et exercices
peut alors soulever la charge (3) pendant son propre
raccourcissement.
de force

Nous pourrons alors noter une amélioration de la La pratique des étirements au niveau des
performance dans les exercices qui mobilisent jus- fléchisseurs plantaires montre que le stretching di-
tement force et/ou puissance, c'est-à-elire une très minue l'activation EMG et la force contractile du
grande majorité de ceux que nous trouvons clans groupe étiré. Cette perte de force est encore pré-
les pratiques sportives. Ces idées trouvent leur co- sente une heure après l'exercice d'étirement. Même
rollaire dans les résultats d'expériences menées ré- si l'activation musculaire est vite récupérée, la for-
cemment. En effet, il existe déjà des différences mé- ce contractile reste toujours 9% en dessous de la
caniques et anatomiques entre homme et femme : normale, près de 60 minutes plus tard. Kokkonen
, Au niveau du comportement viscoélastique du (2001) a testé l'introduction de deux protocoles de
tendon lorsqu'il est soumis à un allongement pas- stretching avant les mesures de la force maximale
sif (Kubo et al., 2003). des extenseurs et fléchisseurs du genou. Il s'agissait
du stretching passif et du stretching balistique. Dans
~ Au niveau de la grosseur des muscles ou l'angle les deux cas, il a constaté une diminution de la
de pennation (lchinose et al., 1998; Kanehisa et force produite après étirements, comparativement
al., 1994). au groupe témoin sans étirements. L'auteur conclut
Ces différences pourraient être à l'origine des va- que l'introduction d'exercices de stretching avant
riations de performance du système musculo-ten- les compétitions exigeant une participation d'un
important niveau de force est à déconseiller.
dineux par les différences de raideur qu'elles im-
IJiiquent (par exemple, le tendon cie la femme est
moins raide que celui de l'homme; pat· consé- 12. 1. 1 Le stretching peut provoquer la
quent, il ne permet pas des transmissions de forces diminution de la force à court terme
avec les pièces osseuses aussi rapides que chez les
hommes, d'où les différences de puissance muscu- Plusieurs auteurs ont montré la baisse de la
laire que nous pouvons noter sur le terrain dans cer- performance après des étirements dans des situa-
tains types d'exercices, notamment pliométriques). tions sportives différentes, Kokkonen (1998), Fowles
Mais il existe également des résultats qui permettent et al. (2000), McNeal et Sand (2001 et 2003). Pur-
d'illustrer cette hypothèse en montrant comment dam et al. (1999), ont montré que les étirements sta-
l'entraînement peut lui aussi modifier la raideur du tiques diminuent la force excentrique de 7 %, mais
système musculo-tendineux et améliorer les perfor- selon eux, ni les étirements balistiques, ni les étire-
mances (Newton et al., 1999) ou en tout cas ne pas ments statiques ne jouent sur la force concentrique.
leur nuire (Nelson et al., 2001 ). Ce dernier constat est tout de même contredit par
d'autres études. En effet, des études récentes mon-
il apparaît que les étirements (actifs et passifs), di- t€nt que les étirements statiques ne baissent pas le
minuent la raideur musculaire pendant environ une niveau de force, et que la réalisation des étirements
heure, Magnusson (1998). Cette baisse de raideur balistiques pouvait même augmenter le niveau de
diminuerait le transfert de la force et la performance force (Yamaguchi et lshii, 2005). (Kokkonen et al.,
sportive également. Cependant, il existe un moyen 2000) ont quant à eux montré que les étirements
de réduire cet effet. Il semble que plus le temps statiques permettaient une augmentation de la sou-
entre 2 étirements est élevé, plus la phase d'étire- plesse de 16 %, alors que la force correspondant à
ment-relâchement passif augmente, et plus la rai- 1 RM diminuait de 7,3 %, en flexion, et de 8,3 %en
deur musculaire augmente (Hufschmid et Mauritz, extension. Fowles et al., (2000), montrent la même
1985; Kilgore et Maubley, 1991 ; Lakkie et Robson, chose avec des étirements passifs très longs (135 s).
1988). Il est donc conseillé de ne pas dépasser 2 à Ils ont noté que la contraction musculaire volon-
.l secondes de pause entre deux étirements au cout·s taire avait diminué de 25 %avec durée de 1h. Cette
d'un cycle d'étirements statiques qui s'effectuerait assertion est confirmée par une étude de Mailer et
Jvant la compétition ou l'entraînement. al., (1985), qui ont eux aussi noté une augmentation

115
de compliance du complexe musculo-tendineux statique dynamique (Wilson et al., 1992). (Coutinho
pendant une durée de 90 minutes après une séance et al. (2004) confirment le fait que les étirements
d'étirement. passifs peuvent avoir des effets hypertrophiques,
même sans immobilisation chronique en allonge-
Les mêmes phénomènes ont également été obser-
ment. Kakkonen (2000) rappelle par ailleurs que
vés au niveau de la force musculaire concentrique
garder les étirements dans une séance de muscula-
mesurée après une séance d'étirement de type ba-
tion permet un gain de force supérieur à une séance
listique (Nelson et Kekkonen, 2001 ). Mais l'effet
sans étirement.
de l'étirement serait d'autant plus important sur la
performance que celle-ci implique des contractions
à vitesse faible. En revanche, si celles-ci sont réali- 12. 1.J Étirements et puissance musculaire
sées à des vitesses plus élevées, les effets négatifs
des étirements auraient un impact moins important Lors d'exercices de puissance (sauts verti-
(Nelson et al., 2001 ). caux), la performance est dégradée dans la période
qui suit l'étirement par rapport au groupe qui ne
réalise aucun étirement (McHugh, 2003) (Figure 7).
12.1.2 Le stretching participe
L'utilisation de la technique PNF (facilitation neu-
à J'augmentation de la force romusculaire proprioceptive) a provoqué la plus
à long terme importante réduction de performance dans le saut
vertical subséquent (Connelly et al., 2003).
L'utilisation de certains types d'étirement
pourrait augmenter les indices de force. En effet,. L'étude de Butler et al. (1978) démontre que l'éti-
Handel et al. (1997) observent chez des sujets au rement prolongé d'un groupe musculaire diminue
cours d'un entraînement incluant des étirements ré- l'activation et la force contractile, et réduit la force
guliers de type contracté-relâché une amélioration maximale isométrique du groupe musculaire jus-
du moment de force maximale de 21,6 %, et une qu'à une heure après l'étirement (-28% immédia-
augmentation de la production de la force maxi- tement après l'étirement; -9% une heure après).
male de 12,6 %. Il faut noter que des étirements Cette réduction de force est également observée
couplés à des contractions correspondent à de véri- lors d'exercices de force maximale concentrique
tables efforts excentriques. Par ailleurs, il est affirmé précédés d'étirements (Cavagna et al., 1968).
que le nombre de sarcomères augmente rapidement
Il est affirmé clans la littérature scientifique que le
après un entraînement excentrique. Le temps de la-
stretching diminue les performances dans les acti-
tence étant de 6-7 jours avant de percevoir les effets
vités de force et de puissance. La première étude
(Proske et Morgan, 2000).
à avoir tenté de répondre à cette assertion est celle
Si on veut augmenter la force et la flexibilité mus- de De Vries (1963). Il a étudié l'effet des étirements
culaire après un entraînement en musculation, il est pré-exercices sur le temps de course d'une épreuve
conseillé d'utiliser des étirements mixtes de type de vitesse sur 100 m. Les résultats recueillis sur qua-

Figure 7

Estimation du déficit e
'iij
0
de force dans une contraction
::J -5
maximale volontaire u
Ill -10
après un étirement passii, ::J
d'après Fowles el al. (2000) E
...u
G)

.g E
_ -15
-20
11 Réduction de
l'activation des
unités motrices
-25
a>Z G Réduction de la
'C-
-30 capacité à générer
::J
0Ill ·35 une force

..
..Q
co
'(j
1;:::
-40
·45
•G) -50
c Pre Post 5 15 30 45 60
Temps (min)

116
tre sujets ont montré que les étirements n'avaient mais aussi ceux de Cornwell et al. (2002) concer-
pas un impact négatif sur le temps aux 100 m, exer- nant la force maximale.
cice dans lequel la puissance musculaire joue un
très grand rôle. Pourtant une autre étude publiée 12.1.4 Les effets néfastes des étirements
l'année suivante rapporta que les performances de seraient fonction de l'ongle
vitesse étaient améliorées lorsqu'une séance d'éti- articulaire
rements était incluse d(lns le programme d'entl·aî-
nement (Dintiman, 1964); des résultats confirmés En effet, il semblerait qu'il y ait une spécificité de
lJeaucoup plus tard par d'autres études impliquant l'effet selon l'angle testé pendant la phase post-éti-
la force (Worrel et al., 1994 ; l<okkonen et Laurit- rement. Ainsi, Nelson et al. (2001) ont trouvé, en
zen, 1995). reprenant les protocoles de Kokkonen et Nelson
Depuis cette étude phare, de nombreux chercheurs (1998) cités plus haut, que la diminution de force
se sont penchés sur la pertinence des étirements pré- isométrique était plus prononcée pour les angles ar-
ticulaires supérieurs à 160° au niveau de l'articula-
exercices, en mesurant les niveaux de pmduction
tion du genou. Cette diminution dans les angles ex-
de force et/ou de puissance dans différentes condi-
trêmes pourrait affecter grandement la performance
tions (isométrique, isocinétique, dynamiqueL mais
de la force maximale que le sujet est capable de
(IUSsi les variations de la performance elle-même.
développer lors d'un test spécifique (1 RM). Les
l<okkonen et al. notèrent dans une de leurs études
auteurs expliquent ce phénomène par le fait que la
11998) une amélioration de la souplesse de 16 %,
série d'étirements pratiquée avant le test de force
et une diminution de la force de 7) % en flexion
maximale placerait les sarcomères à une longueur
d de 8,1 % en extension. Fowles et al. (2000) sont
moins favorable pour développer une force intense
arrivés à la même conclusion, comme le présente
de façon beaucoup plus précoce dans le mouve-
la Figure 7.
ment puisqu'ils sont plus rapidement« allongés» à
!!activation des unités motrices et la force contrac- l'issue des étirements, en tout cas dans des condi-
tile diminuèrent pendant les 15 minutes qui suivi- tions isométriques de force.
l·ent cette session. En revanche, l'effet sur la force
musculaire persista une heure après la session.
Ces données indiquent que l'étirement prolongé
12.2 Les étirements et le sprint
d'un muscle diminue la force volontaire jusqu'à
une heure après l'étirement, confinnant les ob- Des études récentes ont mis en évidence
servations de Moller et al.. (1985) qui ont eux les effets négatifs du stretching sur la performance
(IUSsi noté une augmentation de compliance du de sprint. En effet, des athlètes ont été enrôlés dans
complexe musculo-tendineux pendant une du- une étude expérimentale. À l'issue d'une pratique
d'étirements de quinze minutes, ils devaient effec-
rée de 90 minutes après une séance d'étirements.
tuer des sprints de 40 mètres. Leur temps de course
Il semble néanmoins nécessaire de faire une dis-
a augmenté de 0,14 seconde alors que le groupe
tinction entre les effets qui s'opèrent sur les facteurs
contrôle n'a pas modifié son temps de course.
nerveux et ceux qui touchent les facteurs mécani-
ques vu que les délais de récupération sont diffé- Les effets néfastes des étirements seraient fonction
rents pour chacun d'eux. Ainsi, la tension passive de la vitesse de mouvement. Nelson et al. (2001)
du complexe musculo-tendineux diminue suite à n'ont noté dans leurs études aucune différence de
une séance d'étirements; cela correspond au fait force pour les vitesses angulaires de 2,62; 3,67;
qu'il faut moins de force externe pour provoquer et 4,71 rads/s; alors que la force était significati-
i'allongement d'un muscle 1·elâché lorsque nous vement plus petite pour les vitesses de mouvement
voulons atteindre un angle donné. exécutées à 1,57 (- 4,5 %) et 1,05 (- 7) %) rads/s.
En revanche, ils n'ont noté aucune influence des
Les mêmes phénomènes ont été également obsel·-
étirements sur le pic cl~ force en fonction de l'angle
vés au niveau de la force maximale concent1·ique
angulaire.
mesurée après une séance d'étirements de type
balistiques (Nelson et l<okkonen, 2001 ). Par con- Ainsi, l'effet des étirements serait d'autant plus im-
séquent, quelle que soit la technique utilisée, les portant sur la performance que celle-ci implique
effets négatifs sur la performance sont présents. des contractions à vitesse faible. À l'inverse, si les
contractions sont réalisées à vitesses élevées, les
McNeal et Sand (2001) ont noté clans une étude ef-
effets négatifs des éti1·ements auraient un impact
fectuée chez des gymnastes féminins une diminu-
moins important, ou du moins non mesurables avec
tion de 8% de la hauteur du saut selon que l'on
les moyens dont disposent les scientifiques actuel-
plaçait cette série d'étirements ou non avant ce test
lement.
de puissance. Le temps passé en l'air était diminué
de 9,6% (McNeal et Sand, 2003). Ces résultats re- Mis ensemble, les résultats relatifs à la spécificité
joignent ceux déjà cités de l<okkonen et al. (1998), des effets des étirements mesurés, en fonction de

117
Figure 8

Modification de la relation
force-Longueur active du
muscle suite à une séquence
d'étirements, d'après Nelson
et al. (2001)

l'angle et de la vitesse, montrent que les étirements contraction (Cavagna et al., 1968). Cè phénomène
réalisés avant une performance affectent la force est connu sous le nom de cycle étirement-détente.
que le muscle est capable de produire en fonction Une plus grande amplitude d'étirement permet
de l'angle (ou la longueur) à laquelle il se trouve au clone d'obtenir un plus grand stockage d'énergie
moment de la contraction. En augmentant la com- élastique, et par là même une contraction muscu-
pliance (ou diminuant la raideur, ce qui veut dire la laire plus intense (Handel et al., 1997 ; McHugh et
même chose) du muscle, les étirements induisent al., 1999). Ce principe joue à chaque fois que l'on
un allongement prématuré du sarcomère qui entraî- effectue un saut vertical en faisant une flexion du
nerait une diminution du nombre de ponts d'actine- membre inférieur avant de pousser sur le sol.
myosine pouvant se former et donc une diminution
de la capacité à générer une force importante, puis- 12.2.2 Diminution des risques de blessure
que nous savons que l'intensité de la force contrac-
tile est proportionnelle à la quantité de ponts d'ac- Le stretching est une technique permettant
tine-myosine qui peuvent se former. d'éviter les blessures qui pourraient être occasion-
nées par le geste et le mouvement du sportif. Grâce
La courbe se décale vers la droite (Figure 8), corres-
à une grande mobilité articulaire, les muscles et
pondant à une longueur optimale au repos plus im-
les tendons seront sollicités en deçà de leur ampli-
portante qu'avant la séquence d'étirements, ce qui
tude d'étirement maximale fonctionnelle, et seront
pourrait signifier que les sarcomères sont plus longs
moins sujets aux dommages. De même, cette mo-
également au repos et mettent donc plus de temps à
bilité limite l'apparition cles courbatures en faisant
transmettre la force active aux pièces osseuses.
en sorte d'avoir des muscles moins« raides», c'est-
Les interrogations se sont aussi portées sur les effets à-dire susceptibles cie supporter de fortes tensions
du stretching sur la performance du sportif avant lors du travail excentrique, dont nous savons qu'il
une compétition ou un effort. En effet, le stretching est à l'origine de ces courbatures (Magnusson et al.,
peut avoir un impact direct et/ou indirect sur laper- 1997; McHugh et al., 1999). Cela implique que les
formance du sportif. personnes moins raides sont capables de réaliser
des exercices d'une plus grande intensité ou d'une
plus grande durée durant les jours qui suivent une
12.2.1 Augmentation de l'efficacité séance ayant pmvoqué des courbatures (McHugh
du geste et/ou de l'amplitude et al., 1999).
du mouvement
Néanmoins, une trop grande laxité de l'articulation
peut survenir si l'entraînement de souplesse est mal
Cette amélioration s'opère tant au niveau de
mené. Il peut alors provoquer l'effet inverse, à sa-
la technique que de la puissance musculaire. En ef-
voir un affaiblissement de la stabilité de l'articula-
fet, lorsqu'un muscle est étiré par le travail de son
tion, qui sera sujette iliors à des pathologies.
antagoniste, il emmagasine de l'énergie élastique
particulièrement dans les composantes élastiques Des études récentes ont montré un effet négatif du
séries. L'énergie est par la suite restituée lors de sa stretching effectué avant un exercice su1· la perim-

118
mance sportive. Ces effets négatifs influencent la la force aux pièces osseuses puisque les éléments
performance dans les épreuves de vitesse (écono- élastiques sont plus mous. Ils ont donc besoin d'être
mie de course) dans le domaine de la force et en plus allongés pour être mis sous tension et transmet-
particulier dans les sauts. tre ensuite la force. Cette hypothèse n'a toutefois
toujours pas été vérifiée mais c'est celle qui expli-
Les étirements diminuent la vitesse, la force et la que le mieux les phénomènes observés sur le ter-
puissance musculaires. rain et en laboratoire.
LR première étude à avoir tenté de répondre à cette
question est celle de De Vries (1963). Il a étudié
12.3 Stretching de qualité
l'effet des étirements sur le temps de course d'une
épreuve de vitesse sur 100 m. Les résultats 1·ecueillis et de détente
Sclr quatre sujets ont montré que les étirements réa-
lisés avant l'épreuve avaient un impact négatif sur La pe1·formance en détente est diminuée si-
le temps aux 100 m. Depuis cette étude pilote, de gnificativement après introduction des exercices de
nombreux chercheurs se sont penchés sur l'intérêt stretchi ng au cours d'un échauffement précédant des
cies étirements avant les exercices physiques. Ils exercices de sauts. La détente verticale est diminuée
ont pour cela mesuré les niveaux de pmcluction cie cie près de 4 a;;,_ En comparant différents protocoles
fmce et/ou de puissance clans différentes conditions d'échauffement tels qu'échauffement général seul,
(isométrique, isocinétique, dynamique) mais aussi échauffement et stretching statique, échauffement
les variations de la performance elle-même. Les l·é- et étirements avec contractions préalables (PNF) les
sultats les plus marquants sont issus de publications perfmmances en sous-verticaux ont baissé de ma-
parues principalement ces cinq dernières années: nière significative. Il est clone déconseillé d'utiliser
(Cornwell et al., 2002; Fowles et al., 2000; Kokko- ces techniques au cours d'échauffement.
nen et al., 1998; McNeal et Sand, .2001 ; Mailer FZ\ce à ce tableau négatif des effets immédiats des
ct al., 1985 ; Nelson et Kokkonen, 2001 l que nous étirements sur le muscle, il serait injuste de ne pas
pouvons résumer dans les points suivants. élborder les adaptations à long terme sur la perfor-
Les étirements entraînent systématiquement une di- mance, suite à un entraînement incluant des étire-
minution de la force maximale, de IR vitesse et de ments réguliers.
L1 puissance musculaire, ainsi qu'une augmentation
C!e l'amplitude articulaire, pour un large panel en 12.4 Effets à long terme
termes de durée d'effort (cie 15 s à 135 s), de type cie
sur la performance
groupes musculaires (elu membre infé1·ieur ou su-
périeur), cie technique d'étirement (statique passif,
Nous avons vu, dans les expériences citées,
stZltique acti( dynamique).
qu'il y avait augmentation de l'amplitude articulaire
L'intensité et la durée de la diminution de la fmce immédiatement après les étirements. Cette aug-
maximale semblent liées à la durée de l'étirement. mentation est également présente à plus long terme
Toutefois, pour l'instant personne n'a fait l'expé- (Gieim et McHugh, 1997 et Gajdosik, 2000). Par
rience permettant de le démontrer. Elle peut aller exemple, à l'issue d'un programme d'entraînement
jusqu'à une heure après l'aiTêt des étirements pour de huit semaines comportant des étirements uni-
une durée d'étirements de 13.1 s. latéraux (contracteHelâcher), Handel et al. (1997)
ont observé chez leurs sujets une amélioration de la
Nous notons aussi des effets elu stretching sur les
souplesse active et passive (jusqu'à 6,3 degrés d'am-
nerfs qui stimulent le muscle sur sa partie élastique.
plitude maximale de mouvement). Plus important,
En effet, avec les étirements, les nerfs voient leur
ils ont également rapporté une amélioration des
cieg1·é d'activation diminuée (capacité à l"éélgir à une
moments de force maximale (jusqu'à 21,6 %) et de
stimulation du cerveélu) et les composélntes élasti-
production de travail (jusqu'à 12,9 %) musculaire
ques du muscle deviendraient de moins en moins
essentiellement dans les phases excentriques, celles
efficélces à mesure que la durée d'étirement aug-
oli la tension est principalement supportée par les
mente. Ainsi, le muscle devient plus facile à allon-
structures élastiques du fait que les sarcomères sont
ger, et oppose moins de résistance lorsqu'il est étiré
étirés au-delà de leur longueur de repos et donc se
passivement. trouvent sur la courbe descendante. Les étirements
Par conséquent, quelle que soit la technique utili- auraient clone des effets bénéfiques à long terme
sée, les effets négatifs elu stretch i ng sur la perfor- sur les capacités de restitution d'énergie élastique,
méince du sportif sont présents. ils élgiraient p!·in- et donc pour les exercices impliquant la puissance
cip<llement sur la composante élasli[jue elu muscle musculaire. À plus long terme, les étirements sont
en diminuant sa raideur et en changeant ainsi s<1 importants car il a été démontré que les muscles les
longueur optimale. Ce glissement serait à l'migine plus raides étaient aussi les plus susceptibles d'avoir
d'une augmentation du délai de transmission de des courbatures. En ent1·etenant un certain niveau

119
d'élasticité, les étirements auraient un effet bénéfi- bénéfices sensoriels ou émotionnels du stretching.
que permettant de limiter l'apparition des courba- L'apport du stretching se situe donc sur plusieurs
tures grâce aux modifications du comportement du registres ; en sus de jouer un rôle essentiel dans la
muscle lors des exercices excentriques, dont nous préparation de l'organisme à l'effort, de la récupé-
savons qu'ils sont les principaux responsables de ce ration, ainsi que dans la préservation des systèmes
traumatisme musculaire (Lieber et Friden, 2002). En articulaire, musculaire et tendineux dans la séance
permettant à celui-ci de s'allonger plus facilement avant et après les activités physiques qui occasion-
(du fait d'une raideur plus faible), ils l'empêchent nent une sollicitation physiologique intense, il ap-
de subir de trop fortes tensions (grâce à une plus porte au sujet une connaissance fine cie soi dans
grande compliance) permettant ainsi de moins su- l'immobilité, les mouvements au ralenti, la localisa-
bir de déformation par suite des tensions qui s'exer- tion des contractions/relâchement, appui/étirement,
cent alors au sein du muscle (McHugh et al., 1999 ; appui/suspension pour susciter des mobilisations
Wessel et al., 1994). segmentaires ou corporelles efficaces, esthétiques
ou originales.
12.5 Le stretching et le mental Le stretching permet aussi de mieux gérer son émo-
tion, se calmer, se concentrer, se dynamiser. Il s'agit
Il y a polarisation de l'attention sur le corps, là du domaine de la gestion du stress par le biais des
ce qui implique un effet calmant. Cela facilite la techniques à point de départ corporel. Grâce à ce
maîtrise respiratoire, il y a donc régulation du stress stretching relaxant, le sujet peut mieux prendre soin
(c'est un facteur de performance non négligeable de soi, savoir s'écouter, relativiser les tensions qui
pour le sportiD (Figure 9). déstabilisent l'ensemble de la sphère psychologique
et qui se traduisent par des conséquences toniques,
Les pratiques d'étirement pendant les activités phy-
posturales et comportementales.
siques et sportives peuvent être l'occasion d'une
recherche de la détente, d'entretien ou d'accrois- La tension et le stress ont une action chimique au
sement des qualités d'élasticité (recherche d'ampli- niveau musculaire, qui se manifeste par certaines
tude articulaire maximum au service d'une presta- douleurs. Un stretching relaxant bien mené suppri-
tion optimum) et de tonicité musculaires, et même me les tensions musculaires passagères. Au fil des
de concentration. Tout cela contribue à déstresser séances, cette pratique élimine des tensions profon-
le sujet en réduisant son agressivité comme son des et anciennes, inscrites à la faveur du stress et
manque de concentration et en baissant la tension d'émotions fortes, et qui, à la longue, ont déséqui-
au niveau musculaire. Les étirements peuvent être libré le corps.
sollicités pour limiter les effets psychosomatiques Le stretching sera facilité par l'apprentissage d'une
du stress et rétablir la quiétude en liaison avec le respiration profonde, qui implique une concen-
figure 9
contrôle émotionnel. Le sportif peut s'étirer pour tration sur le rythme respiratoire. Il est nécessaire,
les évolutions du stress et du optimiser leur mobilisation dans les activités phy-. pour accéder naturellement à une meilleure con-
stretchlng dans l'organisme siques et sportives, et découvrir secondairement les centration, d'inclure dans les séances de stretching
quelques instants de respiration. Lorsqu'on s'étire,
la colonne vertébrale se renforce, et le rythme res-
piratoire se régule automatiquement. Plus les étire-
ments sont difficiles, plus on développe sa force et
améliore l'élasticité des muscles intercostaux et du
diaphragme. C'est un élément déterminant dans la
quête de vitalité, et de l'apprentissage d'une respi-
G Agressivité
ration détendue.
o Excès de stress -Iii>- • Manque de concentration
•Tension

Les différentes interrogations et critiques su1·


eDetente les conceptions et même les habitudes de la pra-
~Tonicitemusculaire tique elu stretching clans les activités physiques et
i"b Niveau optimal de stress ____.. sportives, sont aujourd'hui analysées avec objectivi-
& Concentration
1 té clans des expériences de terrain et de laboratoit·e.
fii L'une des vocations de la recherche est de question-
stress ner les croyances de longue durée, les mythes et
les traditions. Les résultats qui portent sur les effets

120
5TflfTCHING Ef ACTIVITËS SPORTIVES

et les conséquences du stretching ainsi que sur les Les étirements ont aussi un effet relaxant sur le mus-
conditions de l'exécution dans les activités spmti- cle et l'organisme du sportif grâce aux ondes céré-
ves semblent devoir bousculer les habitudes de tous brales.
les pratiquants du monde sportif. Les étirements réalisés pendant l'échauffement,
À l'heure actuelle, certaines pratiques de terrain avant une séance d'en.traînement, ou pire, avant une
n'ont toujours pas été validées par cjes études scien- compétition, induisent des modifications immédia-
tifiques où nous comparons de façon objective tes de la fonction musculo-tendineuse qui peuvent
deux groupes d'individus dont l'un sert de groupe nuire à la performance sportive. Ceux-ci ont appa-
contrôle pour vérifier les effets réels de telle ou telle remment un effet inverse à celui supposé ou désiré.
technique. Les étirements n'échappent pas à cet état Cela est valable uniquement pour l'entraînement
de fait. D'aucun les considère comme efficaces en qui suit et non pour l'entraînement à long terme.
ne s'appuyant que sur des connaissances a priori et Eneffet, un programme d'étirements durant trois à
sur des idées reçues ou transmises dans ou hors des douze semaines améliore la force des extenseurs
circuits de formation soit par les formateurs, soit par des genoux tout autant que leur souplesse (Dinti-
les entraîneurs, soit par les sportifs eux-mêmes (ré- man 1964, l<okkonen et al., 1995 ; Worrel et al.,
sultat d'une mauvaise formation, d'une désinforma- 1994).
tion ou de l'absence de remise en cause de ses pro- il semble intéressant de faire des étirements de type
pres compétences et connaissances). Ces croyances puissance, mais très courts avec peu de répétitions,
ne font que freiner la diffusion ou l'utilisation de et un temps d'enchaînement très court, ou alors des
techniques d'entraînement qui vont à l'opposé de étirements de type balistique avec des amplitudes
ce qui est actuellement fait sur le terrain et dont contrôlées.
l'efficacité a pourtant été démontrée objectivement.
En revanche, il semblerait également qu'ils neper-
Aujourd'hui encore, la spéculation triomphe sur les
mettent pas de diminuer les risques de blessure
données.
surtout dans les phases initiales d'un nouvel ap-
L'analyse de publications traitant des effets des éti- prentissage, d'une augmentation d'intensité d'en-
rements sur la performance et sur la prévention des traînement ou durant un programme de renforce-
risques de blessures n'échappe pas à cette règle. ment musculaire à dominante excentrique. Ils n'ont
Plusieurs faits intéressants en émergent et la plupart donc pas les effets prétendus bénéfiques, en parti-
vont à l'encontre de ces pratiques de terrain consi- cu 1ier dans ces phases d'entraînement. Par exem-
dérées comme « efficaces >>. ple, dans la phase initiale d'un apprentissage, que
l'on fasse ou non des étirements n'empêchera pas
Les étirements permettent un gain d'amplitude elu
l'apparition des courbatures compte tenu des nou-
mouvement. Ces effets peuvent être aigus ou chro-
velles contraintes imposées à l'organisme au niveau
niques. Les méthodes de PNF permettraient un
moteur et/ou énergétique qui sont pour le moins
meilleur gain, avec à long terme une augmentation
inhabituelles. Cela ne remet pas en cause leur effi-
de la tolérance à l'étirement. Il en est de même pour
cacité une fois cette période terminée.
les étirements tenus, qui n'engendrent pas d'effets
déstructurants sur la structure musculaire. Néanmoins, leurs effets sont tels qu'il est plutôt
conseillé de les utiliser comme technique de ré-
Il semble aussi que l'on puisse favoriser les étire-
cupération post-exercice, sauf si le risque d'appa-
ments « à froid »; cette déformation est plus dura-
rition de courbatures à l'issue de la séance est fai-
ble si le tissu est « froid ».
ble. Dans le cas contraire, on exposerait le joueur
Les étirements entraînent une diminution du tonus à un ralentissement des processus de régénération
musculaire à court terme; cela dépend aussi de musculaire mis en œuvre dès les premières heures
l'amplitude de l'étirement. qui suivent la séance à l'origine de ces traumatis-
mes (Philips, 2000). La fonction musculaire ne
Les étirements provoquent une baisse de la raideur
sera pas alors dans la possibilité de retrouver aussi
musculaire à court terme; mais plus le temps de
rapidement que prévu ses capacités maximales.
relâchement entre les étirements est élevé, plus la
C'est en ayant conscience de ces différents pro-
raideur musculaire augmente.
blèmes que les étirements pourront répondre par-
Les étirements à long terme provoquent une aug- faitement aux attentes des sportifs et de leurs en-
mentation de la tolérance aux étirements. Ce sont traîneurs. Cette prise de conscience passe par la
les effets antalgiques, qui sont des adaptations à compréhension :
long terme de la compliance des structures. e des phénomènes de réaction et d'adaptation du
Les étirements participent à une diminution de la muscle à l'entraînement;
force à court terme (environ 1 h), et une augmen-
tation de la force à long terme (augmentation de la
raideur et elu développement musculaire).
121
• des différents types d'effets (immédiats et à long il reste, malgré tout, beaucoup de zones d'ombre au
terme) que provoquent les étirements sur le sys- sujet de ces effets, notamment en ce qui concerne
tème musculo-tendineux. la compréhension des mécanismes qui entrent en
jeu et qui permettraient d'expliquer pourquoi nous
JI est de plus en plus conseillé:
observons une baisse de performance en force/puis-
• de bien choisir les étirements en fonction des ob- sance/vitesse suite à une session d'étirements. Des
jectifs; études supplémentaires sont clone nécessaires avant
• d'étirer les muscles pendant une durée de huit à de proposer des lignes directrices pour l'entraîne-
dix secondes, avec peu de répétitions, plutôt que ment et qui seraient issues d'un consensus géné-
de faire des étirements longs, qui occasionnent ral entre les physiologistes sur ce thème (Gieim et
un « garrot musculaire , ; McHugh, 1997).

• pour préserver la raideur musculaire, le temps en- Pour l'heure, force est de constater que nous ne de-
tre chaque répétition doit être minimisé cie deux à vons surtout pas considérer pour acquises les prati-
trois secondes; si l'on recherche un relâchement ques transmises par nos entraîneurs ou nos forma-
musculaire, il vaut mieux laisser un intervalle plus teurs, ou publiées clans les manuels cl'ent1·aînement.
important; L'entraîneur doit être à même cie faire une remise
en cause quasi pem1anente de ses connaissances
• il faudrait aussi de temps en temps s'étirer à froid, pour s'assurer que son action sur le terrain est réel-
afin de faciliter la mise en tension cie certaines lement bénéfique à plus ou moins long terme pour
structures; il n'est pas nécessaire clans ce cas la performance, et surtout réalisée clans le 1·espect
d'aller chercher l'amplitude maximale de l'étire-
de l'intégrité physique du spmtif.
ment;
• chaque sujet a des besoins différents, il convient
donc d'individualiser le choix des étirements.

Figure 10 a Figure 10 b

Étirement des quadriceps Étirement des ischio-jambiers

122
SmETCHING ET ACTIVITË5 5POf\TIVE5

Figure 11 a et b

Étirements des triceps su raux

Figure 12 a

Étirement des îschîo-jambiers


(2)

Figure 12 b

Étirement des adducteurs

Figure 10 a et b

Étirements des adducteurs


(2 et 3)

123
Figure 14 a, b etc

Étirements staio·dynamiques
des adducteurs

Figure 15 a et b

Étirements slato·dynamiques
des quadriceps

124
-..,
'.:,.

5mETCHJNG ET ACTIVITÉS SPŒTJVES

Figure 16 a, b etc

Étirements stato-dynamiques
!les ischia-jambiers

125
Figure 17

Étirements au sol
d'après séance

QUADRICEPS ISCHIO-JAMBIERS

ADDUCTEURS

FESSIERS

126
SmETCHING ET ACTIVITÉS )PŒTIVE)

CHAÎNE ANTÉRIEURE SUPÉRIEURE CHAÎNE POSTÉRIEUR~

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135
L'avis de l'expert : l'endurarace

« Chaque poste entraîne des sollicitations physiologiques différentes. L'endurance est une
qualité très importante en football et elle l'est d'autant plus pour les milieux dont le profil
physiologique fait d'eux des joueurs qui se doivent d'être endurants, rapides, vifs et forts.
Une solide base en endurance permettra de mieux répéter des efforts intenses. De plus, ce
travail en endurance est indispensable dans le travail tactique quand on demande à un joueur
de courir de façon à libérer des espaces sans qu'il soit en contact avec la balle. Ils doivent
intégrer l'endurance comme un outil de performance tactique, technique et psychologique.
Les joueurs bien entraînés se fatigueront moins vite et seront donc plus frais, plus lucides
afin de faire les bons choix tactique, de se déplacer dans le bon tempo en phase offensive
et défensive, et de bien réaliser les gestes techniques sous la pression adverse. ,Enfin, une
bonne condition physique a un retentissement positif direct sur l'état psychologique des
joueurs.
Toutefois, l'entraînement actuel nécessiterait 6à 8 semaines de préparation avant le 1er match
officiel. Or nous bénéficions de 5 semaines et demie au maximum. Le temps de préparation
est trop court et donc il faut s'adapter. On peut partager l'entraînement quotidien en 2 voire
3 phases. Le travail en endurance peut aussi se perpétuer après le début de la saison. Il
faut travailler en quantité et en qualité. Le rappel physiologique est également indispensable
entre 45 et 60 jours de la fin du travail en endurance pure. Il permettra de remettre en
condition les joueurs dont le niveau aurait diminué et dont la fatigue apparaîtrait plus tôt.
L'entraînement intégré à base de jeux réduits permettrait de maintenir le niveau d'endurance
durant la saison. Néanmoins, la maîtrise de la sollicitation physiologique et physique lors de
ces jeux réduits est délicate. Certains joueurs peuvent tricher, les oppositions peuvent être
truquées. Tous les joueurs doivent s'investir pleinement et être disciplinés. li faut qu'ils soient
à 100 %. Enfin, dans ce travail d'endurance nous devons différencier le travail d'entretien et
le travail de progression. »

Vahid Halilhodzic
l'Endurance

Deliai Alexandre

Introduction

L'endurance est une qualité fondamentale dans la performance en football. Elle permet
d'exprimer ses qualités footballistiques. Son développement fait appel à une méthodologie précise
à laquelle on doit faire correspondre ses objectifs. Différentes méthodes permettent de la dévelop-
per et de l'optimiser, et nous allons nous attarder sur des techniques spécifiques au football.

137
nement. Toutefois, chaque forme d'entraînement se
1. Définition développe à une allure précise en fonction de la
VMA ou de la vVO,max qui aura été déterminée à
la suite d'un test de type Vameval ou Léger-Boucher
La définition de l'endurance est très délicate.
(la première semaine de reprise).
De manière large, elle consiste en toute action qui
se prolonge dans le temps. il existe une multitude
de définitions selon la pratique et les objectifs de 2.1 l'endurance fondamentale (EF)
travail.
Nous proposons de la définir comme une qualité
qui permet à la fois de développer les systèmes car- 2. 1. 1 Définition
dio-vasculaire et cardio-respiratoire en effectuant
des actions maintenues à une intensité donnée et Elle correspond à l'intensité de base de l'en-
durant un temps donné. Elle s'effectue en rapport traînement physique avec une utilisation privilégiée
avec l'objectif souhaité: travail en endurance fon- des lipides. Elle permet d'utiliser les acides gras li-
damentale, en capacité aérobie, en puissance aé- bres et clone de maintenir le taux de glycémie clans
robie, en résistance, optimisation de la VMA ou le sang.
encore de la vitesse associée à la consommation
maximale d'oxygène (vV0 2max). De plus, l'en- 2.1.2 Aspect physiologique
durance constitue une qualité indispensable afin
d'optimiser son travail au sein d'autres facteurs de Sur le plan physiologique elle permet d'aug-
la performance du footballeur tels que la force ou menter le taux de cellules adipeuses utilisées,
la vitesse avec pour objectif final l'expression op- d'effectuer une meilleure irrigation du système
timale des qualités techniques, physiques et tacti- cardio-vasculaire, de développer la capillarisation
ques du footballeur durant son match et ce quel que (qui irrigue les fibres musculaires) et clone d'aug-
soit le niveau. Différentes études avaient relaté la menter la surface d'échange métabolique, ce qui va
valeur de V0 2max d'un footballeur de haut niveau permettre cl' amél imer les ressources énergétiques
(Tableau 1). Ces données permettent de situer des et les réserves en oxygènes. Le degré de capillari-
joueurs, de les suivre et surtout d'orienter les entraî- sation elu muscle est essentiellement contrôlé par la
nements en endurance. demande en oxygène et ce quel que soit le type de
fibres (Vock et al., 1996). Cette donnée de capillari-
sation est fondamentale car elle permet d'évaluer la
distribution de l'oxygène et des substrats mais aussi
2. Les différentes formes l'épuration des déchets métaboliques. L'EF va donc
accroître le volume cardiaque, augmenter leVES et
de l'endurance
la FC
Tableau 1
L'endurance se compose de différents élé- 2.1.3 Données d'entraÎnement
la V0 2max des footballeurs ments au travers desquels nous attribuerons plus
de haut niveau ou moins d'importance selon la période d'entraî- Elle se travaille à une vitesse supérieure
à 50 % de la vVO,max ou de la VMA. Certains
auteurs utilisent la Fréquence cardiaque (FC) com-
·vo~max (ml/kg/min) . me moven de contrôle de l'allure. Cette méthodo-
logie e~t délicate pour son application en football
Internationaux australiens 62,0 car la variabilité cardiaque, la FC de repos, la FC
Withers et al. (1977)
max sont toutes différentes d'un individu à un autre.
. 55,4/56,5 Nous conseillons alors de travailler en fonction de
la FC de réserve (décrite plus loin). Notons que ces
Rost et Hollmann (1984) Équipe nationale suédoise 67,0 mêmes auteut·s préconisent une FC entre 135 et
150 bpm.
Ekblom (198.6) .. ··: :l~teriléïütinaux · 61,0
·. ': :' ·:~.!~} i,•: :: ·: ; -;

2.1.4 Utilisation pratique


Bangsbo et Mizuno (1988) Professionnels danois 66,2
Elle est généralement utilisée en début de
61,t···.
saison afin de constituer la base du travail en en-
traînement qui va être fait à la suite de la prépara-
Puga et al. (1993) Professionnels portugais 59,6
tion physique. Elle est également très utilisée lors
des premières séances, le matin à jeun, dans l'ob-
Tiryaki et al. (1997) jectif de faire retourner le footballeur à son niveau

138
L'ENDUMNCE

de masse grasse initial ou adéquat (il prend souvent res physiologiques spécifiques à l'endurance et pour
des kilos pendant les vacances !). Des séances en retrouver une aisance respiratoire. Le cycle est très
endurance fondamentale peuvent également appa- court, de l'ordre de 10 à 21 jours selon les auteurs
raître au cours de la saison afin de maintenir un ni- et la méthodologie. L'EC est également préconisé
veau d'endurance nécessaire, nous les appelons des comme intensité de base pour la récupération (type
séances de « piqûre de rappel "·Toutefois, certains décrassage ou autre).
staffs techniques occultent cette forme d'endurance
et travaillent directement en capacité aérobie. 2.3 Puissance aérobie

2.2 la capacité aérobie (CA)


2.:3.1 Définition

2.2.1 Définition La puissance aérobie correspond à l'inten-


sité à partir de laquelle on va augmenter, optimiser
La capacité aérobie correspond à l'intensité son potentiel en endurance, sa capacité à maintenir
à partir de laquelle le footballeur développe ses des courses à haute intensité. Les exercices préco-
qualités d'endurance. nisés sont soit continus soit à base d'exercice par
intervalles ou d'exercice intermittent. Ils sont appli-
qués avec des variations de charges, de type de ré-
2.2.2 Aspect physiologique
cupération (voir plus loin Exercices intermittents).
Sur le plan physiologique, elle permet une
utilisation glycolytique entraînant une accumula- 2.:3.2 Aspect physiologique
tion de lactatémie. Ainsi, la réserve de glycogène
musculaire va augmenter. La CA va améliorer le La production d'acide lactique devient im-
fonctionnement des systèmes cardia-vasculaire et portante (7,5 à 16 mmoi/L) et le substrat énergéti-
cardio-respiratoire avec une hausse du nombre et que majoritairement utilisé est le glycogène. Nous
de la surface des mitochondries, éléments indispen- observons une hausse des enzymes glycolytiques et
sables au développement de l'endurance et donc de oxydatives telles que la PFK, MDH et la SDH mais
la réserve d'oxygène de la cellule et dans le sang. l'entraînement en endurance n'aurait aucun effet sur
Costi\1 et Trappe (2002) ont montré qu'un entraîne- la phosphorylase. Ainsi, cette hausse de l'utilisation
ment de 27 semaines s'accompagnait d'une hausse du glycogène et l'accumulation d'acide lactique
de 5 % du nombre de mitochondries par semaine vont permettre d'élever le stock de glycogène mus-
et d'une augmentation de 35 o;,, de la taille des mi- culaire. Ces exercices vont permettre d'optimiser la
tochondries. De même, on observe une hausse de la VO max et la VMA (\es détails seront traités dans la
densité en capillaires (qui irriguent les fibres muscu- ' spécifique aux exercices intermittents). L'ap-
partie
laires) et une augmentation des enzymes aérobies. plication de l'exercice intermittent «course en na-
L'entraînement en endUI'ance permet d'accroître vette » implique une incidence physiologique non
jusqu'à 40% le nombre de capillaires bordant les négligeable lors des changements de directions. En-
fibres musculaires. fin, nous notons que ces exercices permettent une
sollicitation mixte des filières aérobie et anaérobie.
2.2.:3 Données d'entraînement
2.J.J Données d'entraînement
La CA se travaille à une vitesse comprise en-
tre à 70 % et 85 % de la vV0 2max ou de la VMA. La puissance aérobie se travaille à une vi-
Certains auteurs utilisent la Fréquence cardiaque tesse comprise entre 90 %et 120% de la vV0 2max
(FC) comme moyen de contrôle de l'allure. Cette ou de la VMA. Nous dénotons trois types d'exer-
méthodologie est délicate pour son application en cices : continu, par intervalles ou intermittent. Les
football car la variabilité ca1·diaque, la FC de repos, plus utilisés sont les exercices intermittents tels la
la FC max sont toutes différentes d'un individu à un course de courte durée en ligne puis en navette (au
autre. Nous conseillons de travailler en fonction de cours de la saison). Ce sont des exercices de type
la FC de réserve. Remarquons que ces auteurs pré- 30-30, 45-15, 20-20, 15-15, 10-10, 5-25 (temps de
conisent une FC entre 150 et 170 bpm. travail temps de récupération) ... L'intensité est dé-
finie selon l'objectif de la séance. L'application se
2.2.4 Utilisation pratique fait en fonction de sa VMA et donc en fonction de la
distance correspondante (voir la partie des exerci-
Elle est généralement utilisée dès le début de ces intermittents). Le staff technique variera les dif-
saison à base de footing continu afin de préparer le férentes intensités, le type de récupération, la durée
«terrain physiologique», de développer les structu- et le nombre de blocs, la forme de l'exercice ...
139
2.:3.4 Utilisation pratique Nous allons évoquer les différentes méthodes utili-
sées pour le développement de l'endurance géné-
Ces séances s'appliquent à partir de la 3" rale et spécifique du footballeur avec une analyse
semaine avec une évolution des intensités, de la poussée des exercices intermittents, ce que le staff
durée des blocs, du nombre des blocs de travail et va le plus souvent utiliser. Toutefois il faut toujours
de la forme de travail (en ligne ou en navette). Nous utiliser différentes formes d'entraÎnement afin de
entrons directement dans des séances qui corres- surprendre l'organisme et développer un niveau su-
pondent à l'activité du footballeur, c'est-à-dire des périeur d'adaptation.
actions dites intermittentes. Elles sont également
très utilisées dans les séances de ré-athlétisation car
elles permettent de développer à la fois la filière aé-
robie et anaérobie. 4. les exerrdces intermittents

Les exercices intermittents sont incontour-


3. L'endurance en protique nables clans le milieu du football. Bangsbo (1994a
et 1994b) et Verheijen (1997) ont analysé et dénit
l'activité du footballeur comme une activité dite
La méthodologie peut différer selon les staffs " intermittente » car durant un match, le joueur ef-
techniques, cependant nous conseillons de respec- fectue différentes actions (dribbles, sprints, courses
ter certaines règles de base. La période s'établit en variées ... ) à des intensités qui varient aléatoirement
général sur une période de sept semaines de pré- et qui diffèrent selon le poste, le niveau de jeu, l'ex-
paration. Concernant la préparation physique, nous périence et le rôle joué au sein de l'équipe.
dénotons deux semaines où s'effectue un travail
de base (EF et CA) représentant 60 % à 70 % de Ainsi, de nombreux auteurs se sont intéressés à ces
la préparation globale, quatre semaines un travail types d'exercice. Ils les définissent comme une suc-
spécifique (CA et puissance aérobie) représentant cession continue et aléatoire de périodes d'effort et
40 %à 50% de la préparation globale puis une se- de périodes de récupération active ou passive. Nous
maine d'affûtage afin de préparer à la compétition allons présenter en détailles exercices intermittents
officielle. en faisant référence aux données scientifiques du
moment.
Il faut respecter l'individualisation des charges (éta-
blir des groupes de travail si ce n'est pas possible),
l'alternance des charges et la progressivité des char- 4.1 Caractéristiques de la charge
ges (volume et intensité) comme nous le présentons intermittente
à la Figure 1. Ce dernier élément de progressivité
de la charge est indispensable et s'applique par un Commençons par un petit historique.
travail continu vers un travail intermittent en ligne
puis en navette (Figure 2).

Figure 1

Évolution des charges


VOLUME
de travail au cours
de la préparation physique
d'avant saison

140
LENDURANCE

Figure 2
Général Spécofique Progressivité
du développement
EXERCICE BNITEIRMBTTENT de l'endurance en football
COURSE

~ll ln_œ_r_m_itt_e_nr_n_a_~_tt_e__~
CONTINUE
L __ _ _ln_te_r_m_itt_e_nt_e_n_l,_gn_e__ L ____

Développement Utilisation des structures-


des structures Optimisation de l'endurance spécifique

4. '/. 1 Généralités : origine, dénomination chercheurs. Balsom (1995) a rapporté dans sa thèse
et fonction les différentes expressions utilisées dans la littéra-
ture scientifique (Tableau 2). Nous pourrions ajou-
Dans les années 1940, Gerschler, Reindell ter le Fartlek, qui est un vocable suédois signifiant
et Roskamm ont élaboré la méthode des efforts in- « jeu de vitesse » et qui est une forme d'exercice
termittents, qu'ils appelaient « interval-training » intermittent qui consiste à courir dans des chemins
(Parienté, 1996). Dans le milieu de l'athlétisme, vallonnés et à jouer sur les allures de vitesse.
« cette procédure a été popularisée dans les années
1950 par Zatopek qui répétait au cours d'une même Notons que ce type de travail permet de dévelop-
séance jusqu'à 120 fois 400 mètres en 1 min 07 s, per et de maintenir l'endurance et la capacité ana-
soit 86% de sa consommation maximale d'oxygè- érobie. La V0 2 max d'un athlète qui évolue linéai-
ne (V0 2max) avec une récupé1·ation active de deux rement par rapport à la fréquence cardiaque (FC)
minutes entre chaque course» (Billat, 1998). Cet représente le plus fidèle indice physiologique d'un
exercice se caractérise par une alternance de temps travail en endurance (Bi liat et al., 2000). Comparé à
de travail et de temps de récupération active ou pas- un travail continu, la charge intermittente présente
sive. Reindell et Roskamm (1959) sont les premiers de nombreux avantages même si leur coexistence
à décrire scientifiquement l'exercice intermittent. semble indispensable. Ce travail intermittent pré-
Depuis, cet exercice a suscité l'intérêt de nombreux . sente différentes caractéristiques.

' ·· .. ·-,·~·:_.::,~.-'-~ --~;,;,. :-·:·.


.- < ~--
· 'APpellation·
Tableau 2
Exercice intermittent d'intensité supramaximale Margaria et al. (1969)
.. . .
Exercice intermittent s~'rtin~t Esséri({9ù). ,...... ><·:"'~yi'>·. Les autres termes qui ont
été proposés pour définir
lnterval-training Fox et Mathews (1977) !'intermittent de haute
intensité, Balsom (1995)
' 'Répétifiün~Maxir:nale.de.spririts · .·.'·woolbHiD~illiaNs;(1~~~fi?.;:g@;1i~;I.)~;,~
Sprints multiples Williams (1987)

.··. ExeriiÇè:rHtermittenÜÛpra~aximàl .·.


.:. ····: -·~-:< _: . ·:·:-, ·. . . . ._' '
Exercice intermittent maximal Gaitanos (1990)
.·Bépétifioribrève d'exercice maxinial ·'Brooks'étaE:{if!90J:' .·. :,- ilo',,/'f)t~:'; .~::
'·.,·• .. ( .. ·
"•; :. : ... ''
· ·.:·:···:

Exercice intermittent maximal Hamilton et al. (1991)

Répéti~ionde
• .;i' . . __
période de, sprint
'
. Gai't~~?s et aŒb,993);1·:·.S,[:?(t·j;~J~~::_;-'~~
·''·'·
Exercice intermittent sprint Nevill et al. (1993)
.• -~~pétitio~:.de:p·~riodé:d;~ciot~imurnw·~xercite•.~e>duré~.·.• ::i.~;:>~"!';'~·':((h .;; . ;>:·:::.~~RBfh'y~i~~~~f:t;{~~-1)\~r~,"-

Exercice intermittent intense Bangsbo (1994)

141
4. 1. 2 Densité de Jo charge Au niveau de la densité de la charge le rapport est
intéressant. Pour un 30-30 la densité serait de 1/1,
Cette notion se définit comme le rapport en- on parle de charge équilibrée. Elle sera identique
tre les temps de travail et les temps de récupération à du 10-10 ou du 15-15. On pratique majoritaire-
(W/R). Elle est à l'origine des diverses définitions ment des densités de type 1/1, 1/2 (1 0-20), 1/3 (15-
attribuées au travail intermittent. Pradet (2002) pro- 45) ou 1/4 (1'- 4').
pose quatre méthodes d'intermittents selon ce rap-
port W/R (Tableau 3) et selon la vitesse maximale .
aérobie (VMA) relatée par Bi liat et al. (1996). 4.1.3 Temps de travail et récupération
La 1'" méthode est celle des efforts intermittents de Au cours du travail intermittent nous consta-
longue durée: l'athlète doit effectuer une succes- tons deux types de récupération : active et passive.
sion d'efforts supra-maximaux d'au moins trois mi- La récupération active s'établit à une allure infé-
nutes entrecoupés d'une récupération équivalente rieure à 60% de la VO,max (Bi liat et al., 1996). Elle
· (la vitesse est supérieure de 3 km/h à la puissance permet notamment une hausse de l'irrigation san-
maximale aérobie, la PMA). guine utile pour l'évacuation des déchets métaboli-
La 2• méthode est celle des efforts intermittents ques. La récupération passive, quant à elle, consiste
de durée moyenne avec une vitesse supérieure de à être totalement inactif. Le choix d'une récupéra-
5 km/h à la VMA et avec une récupération de 2 min tion active plutôt que passive s'explique par le fait
30. qu'elle induit une accumulation de lactate moindre
et surtout l'athlète maintient la VO, à un niveau plus
La 3• méthode est celle des efforts intermittents de élevé. Quand la récupération est ·passive, les mus-
courte durée avec quinze secondes de travail à une cles sollicités vont être plus fatigués. En fait, le choix
vitesse supérieure de 7 km/h à la PMA avec une ré- d'une récupération active ou passive dépendra elu
cupération de 1 min 30 à 2 min. temps de travail, de l'intensité de travail et des ob-
Les deux premières méthodes semblent être diffici- jectifs des entraînements.
lement réalisables. En effet, Billat et al. (1994) ont
les choix des temps de travail et de récupération
montré que le temps limite à VMA se situe aux alen- sont essentiels. Balsom (1995) a montré l'impor-
tours de quatre à huit minutes. tance du temps de travail. Les sujets exerçaient des
La dernière méthode est celle du « court-court», temps de travail soit sur un 15 m (2,5 s), un 30 m
avec des efforts et des récupérations variant entre (4,5 s) ou sur un 40 m (5,5 s) avec une récupéra-
10 set 30 s du type 30 secondes de travail et 30 · tion passive de 30 s. Il a observé que les résultats
secondes de récupération (30-30). de sprints sur 15 m se détérioraient après quarante

Tableau 3
Récupération · . Quantité de'trâvail
les caractéristiques ouNo(l1bre.#rép~.titiors
!les actions permeilant le
développement du processus
aérobie, Pradet (2002)

active

142
L'ENDUrANCE

temps de travail tandis que pour les sprints sur 30 m


et 40 m les baisses de la performance apparaissaient 112
plus tôt (Figure 3).
·" 15x40m+30s
De même, Balsom (1995), a démontré l'importance 110
....~>:······
de la durée de repos. Des sujets faisaient un sprint
... ...
de 40 m avec une récupération de 30 s, 60 s ou
120 s. Quand R = 30 s, la perfmmance baisse. Cela
ë
·~
108
...··.·
... ~······
confirme les études de Wooton et Williams (1983)
·~~ 106

et Holmyard et al. (1988). .c.


E
,!! 104 :'-. .•·····€1·····0 20 x 30 rn+ 30 s

."'
.... a ...
4.1.4 Nature de l'effort .'.'.
....
..•. · :111.. .-··" 15x40m+60s
102 .··' ·····v···
•• ~·........... / .................... 15x40m+120s
En général, les athlètes travaillent l'aspect
«course ». Cependant, ils peuvent développer 100
.,JI(.':~;~s- ,. _. .-· ·.:~::.-:.<•·
:~_..... ,..·.,.. :,....ii' ·..... · ·····lil··•·•··•·-g·s.·-œ 40 x 15 m + 30 s
d'autres facteurs que l'endurance : la comdination
ou la force (Cometti 2002 et 1993). Cometti recher- Départ 40 120 200 280 360 440 520 600

Distance de sprint accumulée (m)


chait un travail en qualité en parlant de «force-in-
termittent ». JI remplaçait des séries de courses soit
par un travail de force avec ou sans charge, soit par
un travail de bondissements. De plus, il proposait
de varier les facteurs sollicités durant les temps de d'un intermittent en ligne par une accumulation Figure 3
récupération, en alternant de la course, du jongla- plus importante de la lactatémie et des NH 3 tout en
ge, des passes à deux ou des tirs. ayant un temps limite de maintien de la performan- Effets des répétitions de
ce moins élevé (Bisciotti et al., 2000). Enfin, le nom- sprints à 15, 30 et 40 m.
Toutefois, Cometti (2003) a démontré qu'un inter- Le temps est pris pour
bre de changements de direction lors d'intermittents
mittent 10-20 avec une récupération passive durant le 1" sprint, Bal som (1995).
navette influence le coût énergétique de la course
un bloc de huit minutes, à objectif unique VMA,
et la performance de l'athlète (Bisciotti et al., 2000;
permettait de développer plus fortement la VMA
Thompson et al., 1999).
qu'un intermittent dont la nature de l'effort serait
différente.
4.1.6 La fréquence cardiaque (FC)
4.1.5 Forme de l'intermittent
Lors d'un inte1·mittent, l'évolution de la FC
Nous pouvons effectuer soit un exercice est différente de celle obtenue durant un travail con-
intermittent en ligne ce qui privilégiera le système tinu (Gacon in Cometti, 2002) (Figure 4). Pour un
central (FC et le volume d'éjection systolique), soit travail intermittent, nous observons que la FC atteint
un exercice intermittent navette privilégiant le systè- des pics plus élevés comparés au travail continu.
me périphérique. ~ intermiftent navette se distingue ~intermittent est bel et bien un travail d'endurance.

Figure 4

La FC lors d'un ellort conli1111


Battements superposée à la FC d'un effort
par min 180 -
intermittent 30-30, Comelli
170-
(2002)

150-

140-
130-
120-
110-
100-

90 -~~~--~1~~--~~--~~~~--~~--~~~~--~~--~~~~--~~--~~~~--~~--~1~~--~~--~~
12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 44 46 46 50
Minutes

143
La FC représente parfaitement un individu travaillant al., 1982), la rupture de la PCr (200 ms) étant plus
en filière aérobie car elle évolue linéairement à la rapide que le mécanisme de la glycolyse.
V0 2 pour des exercices longs. Cependant, FC max
ne correspond pas obligatoirement à V0 2max (Du- 4. 7. 7.2 Le métabolisme aérobie
pont et al., 1999).
Rappelons que l'intermittent utilise la stimu-
4.1. 7 Les métabolismes du travail intermittent lation des processus aérobies qui s'observe à l'issue
d'un effort ayant provoqué une dette d'oxygène (02)
Le travail intermittent est une sollicitation dans l'organisme de l'athlète (Pradet, 2002). Chris-
mixte anaérobie et aérobie (Thibault, 1996 ; Gaita- tensen et al. (1960) relatent qu'une part de l'énergie
nos et al., 1993 ; Lacour et al., 1992 ; Christensen nécessaire à la contraction du muscle proviendrait
et al., 1960). des réserves de ce métabolisme (0,). Bien que lors
d'un exercice intermittent les réserves de l'organisme
4. 1.7. 1 Le métabolisme anaérobie en oxygène ne soient pas importantes, cette molé-
cule est fortement sollicitée passé un délai temporel.
La part de la participation du métabolis- L'oxygène est limité dans le muscle où il se lie à la
me anaérobie à la fourniture énergétique dépend myoglobine et dans le sang à l'hémoglobine. Astrand
de l'intensité et du temps de travail. Lors des tou- et al. (1960) notent environ 2 mmol d'02/kg durant
tes premières secondes de l'exercice intermittent, les phases initiales de l'exercice. La myoglobine est
la phosphocréatine (PCr) est utilisée. Le reste de une protéine qui ressemble à celle de l'hémoglobi-
l'énergie anaérobie est délivré par la glycolyse ne et qui constitue une réserve d'oxygène, tout en
anaérobie menant à une formation de lactate peu permettant de transporter l'oxygène du sang vers les
importante, compte tenu de la courte durée de ces mitochondries des cellules musculaires (Fox et Ma-
exercices intermittents (Balsom, 1995). De plus, le thews, 1981). L'oxygène dissous dans les muscles
lactate formé va être métabolisé durant les temps de constitue une source d'énergie directement utilisé€
récupération. dès le départ de l'exercice intermittent. L'activité aé-
Gaitanos et al. (1993) ont montré que, avec dix ré- robie va clone permettre d'élever la proportion de
. pétitions de six secondes de sprint maximal et une l'utilisation des PCr (Balson1, 1995) et permettra de
récupération passive de trente secondes, au-delà réduire la production de lactate.
du premier temps de travail, l'énergie requise pour Pour un exercice de dix répétitions de six secondes
conserver un rendement de puissance moyenne a de temps de travail à intensité maximale, ce méta-
été générée par une contribution égale de la dégra- bolisme aérobie participe à 20% de la fourniture
Figure 5 dation de PCr et de la glycolyse anaérobie. Durant de l'énergie totale (Ba lson1, 1995). Durant la ré-
des courtes périodes de travail très intensif, la majo- cupération de ces exercices intermittents de haute
Relation entre FC et rité de l'énergie nécessaire pour la contraction mus- intensité, l'adénosine-tri-phosphate (ATP) va être ré-
consommaiion d'oxygène, culaire est fournie de façon anaérobie par la rupture générée exclusivement par le métabolisme aérobie
IBalsom (Polar presse) des liaisons PCr et la glycolyse anaérobie (Boobis et (Harris et al., 1975). Il y a une relation directe entre
la réserve d'oxygène dans le muscle et le pourcen-
tage de PCr resynthétisée durant la récupération.
Une hausse elu pourcentage de PCr resynthétisé
FC sera plus grande pour les fibres lentes (ST) que pour
(bpm) les fibres rapides (FT) (Balsom 1995). En effet, les ST
présentent une capillarisation plus importante, une
200
forte teneur en myoglobine, une richesse en glyco-
gène et en mitochondries renfermant les enzymes
aérobies utilisées préférentiellement par le métabo-
150 lisme aérobie.

4.2 l'exerdce interrmittent


100
à l'entraînement

50 150 250 watts 4. 2. 1 Méthodologie


0 1,0 2,0 3,0 4,0
prise d'oxygène L-min·• Sachant qu'un exercice intermittent s'effec-
Ce graphique montre la relation linéaire directe entre tue par rapport à la VMA, l'entraîneur doit connaî-
la fréquence cardiaque et l'absorption d'oxygène avec tre la VMA de ses athlètes. Cependant, il existe une
l'accroissement de l'intensité de l'effort. Dans ce cas
différence notable entre une VMA ligne et une VMA
l'exercice était réalisé sur un vélo ergomètre.
(extrait de Astrand et Rodhal, 1986) navette (Cazorla et Léger, 1993). Un test VMA en

144
LENDUMNCE

Nombre et Nombre .· Nombre dè temps .:. •])[stance utilisée poul' les


Exercice Intensité Type de
durée des blocs de temps ' ~

Intermittent (en% de la VMA) récupération de rêcupération: .':.··, intermittents naveute


(en minutes), de travail ·. ' ': ;._J·:~·.r. •.'' ~

Active
30-30 100%, 105%et110% 1 * 11 '30 12 11 42 m
(50 % de la VMA)

15~15 105%, 110% et 115% Passive 1 * 9'45 20 30 rn


.. ·;_ ... ,.,·.·' .·,.' .. ..:.;:._;, ... ,'·.
·,l'

10-10 110%, 115%, et 120% Passive 1 * 6'50 21 20 21 m

ligne tel que le Léger-Boucher (1980) relèverait une pour déterminer: les caractéristiques de temps de Tableau 4
VMA utile pour l'établissement d'intermittent-ligne travail et des temps de récupération, la densité de la
contrairement aux intermittents en navette qui de- charge, la nature du travail, la forme du travail et le Caractéristiques des
vraient utiliser une VMA issue d'un test inte1·mittent nombre de répétitions et de séries. principaux exercices
navette. Or ce type de test n'est pas encore validé. intermittents en football
Cependant, les caractéristiques de ces exercices
Toutefois, les différents tests proposés par Bangsbo
doivent être combinées pour qu'il y ait des effets
(1994a) : Yo- Yo Intermittent Endurance Test et Yo- Yo
sur les athlètes qui devraient aussi modifier leurs
Intermittent Recovery Test permeltent d'évaluer et
habitudes (Berg, 2003).
d'apprécier la capacité des athlètes à soutenir des
exercices intermittents de haute intensité et à récu- « Lorsque l'intensité est supérieure à la V0 2max,
pérer entre ces types d'effort (l<rustrup et al., 2003a ; les marqueurs aérobies et anaérobies peuvent être
l<rustrup et al., 2003b). améliorés, alors que lorsque les intensités sont in-
La VMA étant connue, nous pouvons ap- férieures à la VMA, seuls les marqueurs aérobies
pliquer un intermittent en choisissant minutieuse- peuvent être améliorés. '' Dupont (2004)
ment ses caractéristiques (voir Tableau 4). Reindell Thibault (1999) a proposé un modèle (Figure 6)
et Roskamm (1959) attribuent de l'importance aux permettant de construire 35 séances différentes. Ce
périodes de récupération tandis que Fox et Mathews modèle permet de contrôler le niveau de difficulté
(1977) en attribuent à la période d'exercice intense des séances et de percevoir une sensation de fatigue
faisant référence à certaines réalités physiologiques. subjective. Enfin, notons qu'un exercice intermittent Figure 6
Ces réalités sont notamment: définir la filière méta- doit s'établir à une intensité supérieure à 100% de
bolique prédominante et établir le programme d'en- la V0 2 max (Billat et al., 1996). Un modèle de l'entraînement
traînement le plus efficace. En prenant conscience en intermittent, d'après
de ces règles nous pourrions utiliser ces principes . Thibault (1999)

30,0 · , - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ,

(/)
c
0 --110%
;;
;; ----105%
•Q)
c. ~100%
...Q)
•Q)
""""" •95%
'C
..... 90%
...
Q)
.c ~ " •85%
E
0
z

30" 40" 1' 1'15 1'30 1'45 2' 2'15 2'30 3' 3'30 4' 4'30 5' 5'30 6' 6'30 7' 7'30

Durée d'effort ('min • "s)

145
4.2.2 Source d'énergie et substrot intensité maximale. Cette baisse peut atteindre 13,2
énergétique mmol/kg, mais la PCr participe tout de même si-
gnificativement à la fourniture énergétique jusqu'à
la fin des dix répétitions. Ainsi, la performance lors
4.2.2. 7 La PCr d'intermittent de haute intensité est liée à la PCr et
Les premiers articles relatant que la PCr était à sa capacité de resynthèse.
un substrat énergétique pour les intermittents de haute Un supplément de PCr augmente de 7% les capa-
intensité sont issus de Margaria et al. (1969), Saltin et cités tampons, pouvant donc réduire la régulation
Essén (1971) et Fox et Mathews (1977). Elle représente de la glycolyse (Balsom, 1995). Cette hausse des
la source d'énergie principale pour reformer l' ATP au capacités tampons est très importante pour l'en-
cours des premières secondes de l'exercice. La PCr traînement. L'intermittent « course de courte elu-
sera alors resynthétisée grâce à l'oxygène de l'orga-
rée , permet de développer les capacités tampons
nisme, mais aussi grâce à l'oxygène ambiant au cours
du muscle au niveau des bicarbonates intracel-
d'une récupération active. Pour des exercices d'inten-
lulaires, des phosphates et des dipeptides. Ainsi,
sité sous-maximale, 50 % de la PCr est resynthétisée
l'organisme tolérera une quantité de lactate plus
en 21-22 s au cours d'une récupération active (Harris
importante lors des premières minutes de l'exerci-
et al., 1975) ou en 30 s (Eclwards et al., 1972). Actuel-
ce où le métabolisme anaérobie est le mécanisme
lement Haseler et al. (1999) considèrent que le de-
dominant. La performance sera améliorée par la
mi-temps de restauration de la PCr serait plutôt autour
suite.
d'une minute.
Balsom et al. (1994) ont démontré que la perfor- 4.2.2.2 Le glucose (CHO) ou le glycogène
mance augmentait s'il y avait un régime d'au moins
6 jours à raison de 20 g/jour de créatine supplé- Ces derniers sont utilisés très r,apidement
mentaire. Gaitanos et al. (1993) ont suggéré que au niveau des muscles sollicités au moyen de la
lors d'une série de dix sprints de six secondes sur glycolyse anaérobie. Bishop et al. (2002), Nevill
ergocycle avec R = 30 s, le rendement de puissance et al. (1993), Bangsbo et al. (1988) ont signalé
au dernier sprint serait supporté par la dégradation que les performances de l'intermittent de haute
des PCr et par une hausse du métabolisme aérobie. intensité seraient influencées par les glucides et
Figure 7 Ainsi, cela démontre bien l'importance des PCr et surtout par la concentration de glycogène muscu-
du métabolisme aérobie pour la performance. Cette laire avant l'exercice. Cette concentration consti-
Relation entre le pourcentage
thèse est appuyée par l'étude de Bogdanis et al. tuerait un substrat énergétique essentiel au même
de PCr resynthélisée durant
(1995) qui ont démontré que la resynthèse de PCr titre que la PCr. Aussi, Welsh et al. (2002), Davis
les 3 min de la récupération
influe sur la performance (Figure 7). et al. (1999), ont montré que l'hydrate de carbone
elle rendement de la
(CHO) est un substrat essentiel pour des actions
puissance moyenne (MPO) Toutefois, la concentration de PCr ([PCr]) dans le.
intermittentes intenses. Bishop et al. (2002), Da-
développé durant les temps muscle squelettique est limitée. Gaitanos et al.
vis et al. (2000), Bangsbo (1994b) et Bangsbo et
de travail de 6s de " all-ouis ,. (1993) relatent que la [PCr] dans le vaste latéral
al. (1992), ont montré que la hausse de CHO dans
qui suivent, Bogdanis et al. tombait de 76 à 32,9 mmol/kg après le premier
l'alimentation prolonge significativement les per-
(1995). temps de travail de dix répétitions de six secondes à
formances d'endu1·ance en intermittent pour un
passage de 39 °/c, (355g) à 55% (602 g) par jour.
Le glycogène musculaire initial augmenterait per-
mettant une hausse de la performance (Balsom et
al., 1999).
100

0
4.2.2.3 Le lactate
Cl.. 95
2 Les premières études sur l'intermittent por-
:l
"0
taient sur l'évolution du lactate sanguin (Fox et Ma-
§ 90
~
thews, 1977 ; Astrand et Rodhal, 1970; Margaria et
(/)

:a; al., 1969 ; Christensen et al., 1960). Balsom (1995)


.sc: 85 trouva que, pour des 1·épétitions de sprints de 15 rn
in' avec une récupération passive de 30 s la lactatémie
~ évoluait entre 7 mmoi/L et 15,5 mmoi!L (Figure 8) .
.gJ 80
Ces données reflètent le fait que la glycogénolyse et
çf.
la glycolyse sont immédiatement stimulées pou1· un
0,0 ~'1-r----r-..---.......----r----.--..--.......---. exercice intermittent (Shroubridge et Radda, 1987;
0,0 60 65 70 75 80 85 90 95 100 Hultman et Sjoholm, 1983 ; Bergstrom et al., 1971 ).
Balsom (1995) a mesuré la concentration de lactate
% de resynthétisation du PCr
([LA]) musculaire tout de suite après 6s de travail

146
L'ENDUMNCE

Figure 8

Conceniralion du lactate
sanguin durant et après
la répétition de sprint,
18 •· ····,.. 15 x 40 m + 30 s Balsom (1995)
16
:s..._ 14 s ..
···-o 15 x 40 m +60s
ë5
E 12 ... 20 x 30 m + 30 s
-E
c 10-
::l
0')
·.
··~ 15 x 40 m + 120 s

c
cu 8-
rtl

-(J)
cu
t)
6- 1!11-.. •·m 40 x 15 m + 30 s
cu
_j
4
2
1 1
0 80 160 24o 320 4Ôo 4so 560 3 5
Distance de sprint accumulée (m) Post-exercice (min)

à intensité maximale (Figure 8). Il en a déduit que que la récupération active permettait d'augmenter
l'énergie proviendrait à 50% de la glycolyse anaé- la diffusion des lactates.
robie par rapport à l'énergie totale requise. Gaita-
nos et al. (1993) ont trouvé que la [LA] musculaire 4.2.J Les différentes adaptations
et la glycolyse anaérobie participaient de manière
significative à la production d'énergie totale à partir La densité de la charge influence les adap-
cie plus de six répétitions de temps cie travail de 6 s. tations. Les intensités de charges doivent varier et
Une partie de l'énergie anaérobie est délivrée pa1·la mixer afin de créer différentes adaptations. Un ra-
glycolyse anaérobie menant à une formation de lac- tio équilibré de type 30-30 à 1OS %de la V0 2max,
tate peu importante compte tenu de la courte durée s'effectuant en deux blocs de douze minutes, tra-
cie ces exercices intermittents. vaille spécifiquement la VMA. Billat et a/. (2002)
ont montré que l'on peut travailler durant 2,5 fois
le temps limite pour ce 30-30. Un ratio non équi-
La hausse du lactate musculai1·e est le fruit du trans- libré de type 10-20 pem1et un travail mixte anaé-
port et de la diffusion du lactate. Cependant durant
ces exercices, comme nous l'avons relaté aupa- Figure 9
ravant, cette [LA] va être maintenue à un niveau
peu