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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche


Scientifique
UNIVERSITE DES SCIENCES ET DE LA TECHNOLOGIE
D'ORAN-Mohamed BOUDIAF-
FACULTE DE GENIE ELECTRIQUE
Département d’Automatique

Support du cours « Capteurs et chaînes de mesures»

L3 Automatique

Semestre 6

Assuré par Prof. Z.AZZOUZ

Année 2019/2020
Sommaire

Introduction générale

Chapitre I. Notions fondamentales sur la mesure


I.1 Introduction
I.2 Définitions
I.3 Chaîne de mesure (chaîne d'acquisition)
I.4 Chaîne d'information
I.5 Chaîne d'énergie
I.6 Synoptique d’une chaîne de régulation industrielle
I.7 Capteur industriel
I.8 Capteur intégré
I.9 Capteur numérique
I.10 Classification des Capteurs en fonction de leur principe de fonctionnement : Capteur actifs et
passifs
I.10.1 Le capteur (transducteur) actif
I.10.2 Le capteur (transducteur) passif
I.11 Classification des Capteurs en fonction de la nature de l’information qu’ils délivrent
I.12 Grandeurs d'influence
Pages 1-14

Chapitre II. Caractéristiques métrologiques des capteurs


II.1 Erreurs de mesure
II.1.1 Erreurs systématiques
II.1.2 Erreurs accidentelles
II.2 Étalonnage du capteur
II.3 Fonction de transfert d’un capteur
II.4 Fidélité, justesse et précision du capteur
II.5 Autres caractéristiques
II.5.1 Etendue de mesurage EM(ou plage de mesure)
II.5.2 Linéarité du capteur
II.5.3 Résolution du capteur
II.5.4 Spécifications d’un capteur en régime dynamique
II.6 Limites d'utilisation du capteur
Pages 15-18

Chapitre III. Mesure de température


III.1Introduction à la thermométrie/Généralités
III.2 Echelles de température
III.3 Domaines d’application des capteurs de température
III.4 Classification des capteurs de température
III.4.1 Capteurs avec contact : Thermométrie à résistances ou Thermo-résistances
III.4.1.1 Thermomètre à résistances métalliques (RTD)
III.4.1.2 Thermistances
III.4.1.3 Thermocouple
III.4.2 Capteurs sans contact- Pyromètres optiques
III.4.2.1 Généralités sur le rayonnement thermique
III.4.2.2 Mesure de la température d'un objet par pyrométrie optique
Pages 19-35
Chapitre IV. Mesure de pression
IV. 1 Introduction
IV.2 Définitions
IV.2.1 Définition de la pression (P)
IV.2.2 Les différentes unités de pression
IV.2.3 Les différents types de pressions
IV.2.4 Représentation schématique des différentes pressions
IV.2.5 Pression pour les fluides (liquide et gaz)
IV.2.6 Pression hydrodynamique ou dynamique
IV.3 Différents types de capteurs de pression
IV.4 Constitution des capteurs de pression
IV.5 Capteurs hydrostatiques ou manomètres à liquides
IV.6 Capteurs électriques
IV.6.1Capteurs passifs
IV.6.1.1 Capteurs à jauges extensométriques ( jauges de contraintes à variation de résistance)
IV.6.1.2 Capteurs à variation de capacité (capacitifs)
IV.6.1.3 Capteurs à variation d'inductance (inductifs)
IV.6.1.4 Capteurs à variation de tension (potentiométriques)
IV.6.2Capteurs actifs
IV.6.2.1 Capteurs piézorésistifs à semi-conducteurs
IV.6.2.2 Capteurs piézoélectriques
Pages 36-50

Chapitre V. Mesure de niveau


V.1 Introduction
V.2 Mesure de niveau à l’aide des méthodes visuelles
V.3 Mesure de niveau à l’aide des méthodes hydrostatiques
V.3.1 Mesure de niveau par Flotteur
V.3.2 Mesure de niveau par Plongeur
V.3.3 Mesure de niveau par Palpeur
V.3.4 Mesure de niveau par capteur de pression
V.3.5 Mesure de niveau par bullage-capteur à bulles ou limnimètre à bulles
V.4 Mesure de niveau à l’aide des méthodes électriques
V.4.1. Sondes conductives -capteurs conductimétriques
V.4.2. Sondes capacitives -capteurs capacitifs
V.5 Mesure de niveau par rayonnement Gamma ()
V.5.1 Capteur par absorption de rayons gamma (gammamétrie)
V.5.2 Capteur à ultrasons (ultrasonique)
V.5.3 Détecteurs optiques
V.5.4 Capteur par ondes Radar
Pages 51-68

Chapitre VI. Mesure de débit

VI.1 Introduction
VI.2 Généralités/Notions de base
VI.3. Mesure de débit-capteurs de débit
VI.3.1 Principe général de la mesure de débit
VI.3.2 Capteurs de débit
VI.3.2 1 Mesure des débits volumiques des fluides
Capteurs basés sur la mesure de la vitesse du fluide
Débitmètre électromagnétique
Débitmètre à ultrasons
Débitmètre à turbine
Capteurs basés sur l'effet Vortex
Débitmètre à effet Vortex
Capteurs basés sur la mesure de pression différentielle à l'aide d'organes déprimogènes
Débitmètre à tube de Venturi
Débitmètre à diaphragme
Débitmètre à tuyère
Capteurs à section variable
Rotamètre
Débitmètre à vanne mobile
Capteurs basés sur la mesure de pression dynamique
Tube de Pitot
La sonde Annubar (ou de Burton)
Compteurs volumétriques
Compteurs à double roue ovale

VI.3.2 2 Mesure des débits massiques des fluides


Débitmètre à effet CORIOLIS
Débitmètre massique thermique
Pages 69-92
1

Introduction Générale

Le besoin de contrôler des paramètres physiques (température, pression, déplacement, force, position, vitesse,
luminosité...) en vue d'un traitement d'information est présent dans de nombreux domaines. En effet, le domaine des
capteurs est vaste et la plus part des domaines d’activité nécessitent l’emploi de ces derniers. C'est le cas par exemple
du domaine industriel (contrôle de la production, automobile,...), de l'agriculture, de la sécurité, du médical de
l'électroménager et des loisirs.

Le capteur est un organe de prélèvement d'informations qui transforme une grandeur physique d'entrée (analogique)
appelée mesurande, en une grandeur physique de sortie de nature différente souvent électrique (tension ou courant) .
Cette grandeur de sortie, appelée réponse, qui est représentative de la grandeur prélevée est utilisable à des fins de
mesure ou de contrôle-commande via des actionneurs (Fig.1).

Fig.1: Utilisation de la mesure fournie par un capteur pour la commande de processus

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Chapitre I. Notions fondamentales sur la mesure

I.1 Introduction

La mesure est l’une des bases importantes sur lesquelles repose la recherche expérimentale. En effet, on ne peut
assurer une recherche de qualité sans un programme expérimental qui repose sur un dispositif de mesure adapté. Il est
important d’y apporter l’attention et le soin nécessaires, en utilisant la chaîne de d'acquisition adéquate.

I.2 Définitions

On appelle :

Mesurande (« measurand », en Anglais), la grandeur physique objet de la mesure (température, pression…).


Mesurage (« measurement », en Anglais)), toutes les opérations permettant l'obtention de la représentation de la
valeur d’une grandeur physique.
Mesure, l’opération qui consiste à donner une valeur à une observation. Cette valeur numérique représente au mieux
la mesurande (par exemple : 6 MPa pour une mesure de pression, 20°C pour une mesure de température, 2 m/s pour
une mesure de vitesse…)

Remarque : Par abus de langage, on confond souvent le terme mesurage qui désigne l’action et le terme mesure qui
représente le résultat de cette action.

Capteur : Dispositif qui lorsqu’il est soumis à l’action d’un Mesurande, non électrique, présente une caractéristique de
sortie souvent électrique. La fonction principale du capteur est de transformer une grandeur physique analogique
(variation continue dans le temps) en une grandeur souvent électrique pouvant être traitée par une unité de
traitement.
La transformation doit refléter la réalité des grandeurs mesurées, ce qui nécessite la connaissance du comportement
(réponse) du capteur qui peut être affecté par : les perturbations externes, les conditions d’utilisation, le processus lui-
même ou le milieu qui l’entoure.

Grandeur physique d’entrée Capteur Grandeur électrique (V,I,R-Z,Q…) de


s=f(m) sortie= Réponse : s
= Mesurande m ou excitation

La fonction f dépend de la loi physique régissant le capteur (variation de la résistivité  d’une RTD par exemple), de la
construction pratique et de l’environnement du capteur

Remarques :
 Pour faciliter l’exploitation de la réponse, on s’efforce de réaliser des capteurs dont la relation f est linéaire.
s=k.m, k étant la sensibilité du capteur.
 L’expression f(m) est établie par une opération dite « d’étalonnage » qui consiste à injecter plusieurs valeurs
connues (étalons) de « m » et recueillir en sortie les valeurs de « s » correspondantes. La courbe s(m), est
appelée courbe d’étalonnage statique.

Il existe deux grandes classes de systèmes technologiques faisant intervenir les capteurs avec différents rôles:

 Les systèmes séquentiels (dont l'outil d'étude est le Grafcet): les capteurs contrôlent dans ces systèmes le
début et la fin d'une action. Ils remplissent une fonction de détection.
 Les systèmes régulés (dont l'outil d'étude est la représentation par « Schémas blocs ») : les capteurs contrôlent
dans ces systèmes une grandeur physique en continu. Ils interviennent dans une boucle de régulation ou
d'asservissement et remplissent une fonction de mesure.

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I.3 Chaîne de mesure (chaîne d'acquisition)

La chaîne de mesure (ou d’acquisition) a pour fonction de :


 Recueillir les informations nécessaires à la connaissance de l’état d’un système, il s'agit des :
-variables du système (physiques : température, pression, ...)
-variables environnementales (physiques et électromagnétiques)
 Assigner une valeur au mesurande, on parle alors de mesure.
 Délivrer ces informations sous une forme appropriée à leur exploitation (transduction*, numérisation)

Le capteur est le premier maillon d'une chaîne de mesure analogique ou numérique.

La chaîne de mesure analogique est constituée par les éléments suivants :


Un capteur
Un conditionneur
Un affichage analogique

Mesurande Capteur Conditionnement Mesure

Fig.2 : Chaîne de mesure analogique


La chaîne de mesure numérique comprend:
Un capteur
Un conditionneur
Un convertisseur analogique/numérique
Un affichage ou traitement numérique

Grandeur électrique
Grandeur Physique Grandeur électrique
exploitable (normalisée) Grandeur électrique
brute
numérique
Capteur Conditionneur Conversion AN
Processus Mesurande (Transducteur)
physique

Carte d'acquisition µProcesseur Logiciel


(Traitement) (Analyse, Décision)

µOrdinateur
Fig.3 : Chaîne de mesure analogique
*Conversion d'une grandeur physique en un signal électrique

I.4 Chaîne d'information

En automatique, les capteurs font partie de la chaîne d’information du système automatisé. En effet, un système
automatisé (voir schéma ci dessous) est composé de plusieurs éléments qui exécutent un ensemble de tâches
programmées sans que l’intervention de l’homme ne soit nécessaire. Exemples : passage à niveau automatique, porte
de garage...

Fig.4 : Synoptique d'un système automatisé

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La chaîne d'information désigne la partie du système automatisé qui capte l'information et qui la traite. Elle se compose
des blocs fonctionnels suivants :

Acquisition : Fonction permettant le prélèvement des informations à l’aide de capteurs.


Traitement : C’est la partie commande composée d’un automate ou d’un microcontrôleur.
Communication : Cette fonction assure l’interface entre l’utilisateur et/ou d’autres systèmes.
Transmission : Cette fonction assure l’interface entre la partie commande et l’environnement.

Consignes de l'utilisateur Acquisition: Traitement: Communication:


Messages pour l'utilisateur
 Capteurs  Automates  Commande
 Interface H/M programmables  Interface H/M
 Systèmes  Ordinateurs  Liaisons (séries,
numériques  Microcontrôleurs parallèles)
d'acquisition de  Modules logiques  Réseau
Grandeurs physiques
données...  Logiciels...
extérieures au système
Transmission Ordres pour la chaîne d'énergie

Chaîne d'information
Fig.5: Synoptique d'une chaîne d'information
I.5 Chaîne d'énergie
On appelle chaîne d’énergie l’ensemble des procédés destinés à la réalisation d'une action. On peut découper cette
chaîne en plusieurs blocs fonctionnels.
Elle se compose des blocs fonctionnels suivants :

Alimentation : Mise en forme de l’énergie externe en énergie compatible pour créer une action.
Distribution : Distribution de l’énergie à l’actionneur réalisée par un distributeur ou un contacteur.
Conversion: La conversion d’énergie est réalisée par un actionneur qui peut être un vérin, un moteur…
Transmission: Fonction remplie par l’ensemble des organes mécaniques de transmission de mouvement et d’effort :
engrenages, courroies, accouplement, embrayage…..
Ordres

Energie d'entrée Alimentation Distribution Conversion Transmission Réalisation de l'action

Chaîne d'énergie
Fig.6: Synoptique d'une chaîne d'énergie

I.6 Synoptique d’une chaîne de régulation industrielle

La régulation consiste à maintenir une grandeur physique constante, égale à la « consigne ». La consigne est constante,
le système compense les perturbations.
Exemple : maintenir la vitesse d'un véhicule quelles que soient les perturbations (profil de la route, vent, etc)

Le maintien de la grandeur se fait à l'aide du capteur qui prélève la grandeur et l'envoi au comparateur.

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Perturbations
(Z)

Chaîne de puissance
Comparateur
Xmes: Grandeur physique à la sortie du capteur Xcons  Régulateur V Process
+
Xcons: Consigne - Sortie régulée

: Ecart de régulation ( Xcons-Xmes)


V: Signal de commande Xmes
Capteur
Z: Perturbations
Chaîne de contre réaction
(de faible puissance)

Fig.7 : Schéma synoptique d’une chaîne de régulation


I.7 Capteur industriel
La structure du capteur industriel est constituée de plusieurs éléments représentés dans le schéma synoptique suivant :

Mesurande Signal
Corps Transducteur Conditionneur Transmetteur
électrique
d’épreuve de sortie

Fig.8 : Constitution d’un capteur industriel


Exploite un effet physique de
la modification des propriétés
d’un corps Traitement numérique par Circuit électrique
microprocesseur d’interface

Corps
Grandeur Signal Amplification Signal Signal
physique d’épreuve/ Electrique Electrique Transmetteur Electrique
Transducteur Linéarisation

Bas niveau Haut niveau Normé

de l’ordre du de l’ordre du V (+/-10V, 0..20 mA,


mV ou du μA ou du mA 4..20 mA)
interprétable par
le circuit de
contrôle
commande

Fig.9 : Constitution d’un capteur industriel

Corps d'épreuve : Un capteur peut être sensible non pas directement au Mesurande mais à l’un de ses effets. Le corps
d’épreuve est le dispositif qui, lorsqu’il est soumis au mesurande étudié il en assure une première traduction en une
autre grandeur non électrique, le mesurande secondaire. Un capteur adéquat convertit ce dernier en grandeur
électrique. L’ensemble formé par le corps d’épreuve et un capteur actif ou passif constitue un capteur composite.

Exemple de corps d’épreuve : Mesure d'une force à partir d'un capteur de déformation

On applique une force à un solide déformable (ressort par exemple) auquel sera fixé un
capteur de déformation.

 Corps d’épreuve = Le ressort


 Mesurande primaire = La force
 Mesurande secondaire = L’élongation (déformation)
 Capteur composite : ressort + capteur de déformation

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Fig.10 : Structure du capteur composite

Transducteur : traduit la grandeur physique (température, force, ...) en grandeur électrique.


Conditionneur : adaptation de la grandeur électrique afin d'avoir une image correcte du phénomène à l’entrée du
capteur.
Transmetteur : élaboration d'un signal conforme aux standards de transmission d'un signal en milieu industriel (4 - 20
mA, 0 - 10 V, ...)
Signal normalisé : directement exploitable par les unités de traitement.

I.8 Capteur intégré

Un capteur intégré est un composant réalisé par les techniques de la microélectronique et qui regroupe sur un même
substrat de silicium commun, le capteur proprement dit, le corps d’épreuve et l’électronique de conditionnement. Dans
ce cas on réduit l’encombrement de la chaîne de mesure et on facilite la mise en œuvre du capteur.

Mesurande Corps d'épreuve Capteur Electronique de


(éventuellement) (actif ou passif) conditionnement Liaisons
(alimentation et signal)

Substrat de Si
Fig.11 : Structure du capteur intégré

L’intégration apporte de multiples avantages à savoir :


 miniaturisation,
 diminution des coûts par la fabrication en grande série,
 accroissement de la fiabilité par suppression de nombreuses connexions soudées,
 interchangeabilité améliorée,
 meilleure protection vis-à-vis des parasites, le signal étant conditionné à sa source.

I.9 Capteur numérique

Fig.12 : Structure d’un capteur numérique

Ce type de capteur délivre en sortie une information électrique à caractère numérique, image de la grandeur physique
à mesurer, c’est à dire ne pouvant prendre qu’un nombre limité de valeurs distinctes (comme tout signal numérique...).

I.10 Classification des Capteurs en fonction de leur principe de fonctionnement : Capteur actifs et passifs

Le capteur est le dispositif qui soumis à l’action d’une grandeur physique appelée Mesurande (température,
déplacement, pression…) présente une caractéristique de nature électrique (charge, tension, courant ou impédance)
fonction de la grandeur physique à mesurer.

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I.10.1 Le capteur (transducteur) actif

Il est généralement fondé dans son principe sur un effet physique qui assure la conversion en une énergie électrique,
caractérisée par une tension, un courant ou une charge électrique. La valeur fournie (de sortie) étant généralement
faible, il faudra l’amplifier.

Exemples

Mesurande Effet physique utilisé Grandeur de sortie Capteur

Température Thermoélectricité Tension Thermocouple

Flux lumineux Photoémission Courant Photoémissif


Pyroélectricité Charge Pyroélectrique
Effet photovoltaïque Tension Détecteurs photoconducteurs et
photovoltaïques

Force, pression, Piézoélectricité Charge Piézoélectrique


accélération

Position Effet Hall Tension A Effet Hall

VitesseTab.1 : Exemples de Induction


capteursEM
avec les effets physiques
Tensionutilisés pour leur fonctionnement

A) Effet piézoélectrique (piézoélectricité)

C’est la propriété que possèdent certains corps (quartz) de se polariser électriquement (apparition d’une tension V)
sous l'action d'une contrainte mécanique F (VF) et réciproquement de se déformer lorsqu'on leur applique un champ
électrique. Les deux effets sont indissociables. Si la force F est constante, la polarisation disparait.

Exemples de matériaux piézoélectriques : Le quartz, le PZM.

Fig.13 : Principe du capteur piézoélectrique (accéléromètre)


Application
Des capteurs de force, de pression et d'accélération utilisent ce phénomène qui permet de larges bandes passantes (i.e.
permet la mesure de grandeurs physiques variant très rapidement).

B) Effet thermoélectrique (thermoélectricité)


Il a été établi expérimentalement (sur la base des effets thermoélectriques) qu'un circuit formé de deux conducteurs de
nature chimique différente, dont les jonctions sont à des températures T1 et T2, est le siège d'une force électromotrice
d'origine thermique : « e ».

Fig.14 : Circuit illustrant la création d'une f.e.m par effet thermoélectrique

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Rappels

Effets thermoélectriques établis expérimentalement : l'effet Seebeck (1821), l'effet Peltier (1834) et l'effet Thomson.
 Effet Seebeck
Apparition d'une tension produite par la différence de température entre des jonctions de plusieurs corps
conducteurs. Cette tension est fonction de la différence de température (dT) et des propriétés des matériaux
employés.
Application : Thermocouples (capteurs utilisés pour la mesure de température).
 Effet Peltier
Lié à la production (ou à l'absorption) de chaleur donc augmentation (ou baisse) de température au niveau de la
jonction de deux conducteurs quand un courant les parcourt. Un changement de sens de parcours du courant
transforme le dégagement de chaleur en absorption de chaleur ; c'est le principe de la réfrigération par effet Peltier.
Application
L'utilisation la plus commune de l'effet Peltier se retrouve dans :
 Les petits systèmes de réfrigération ou dans les systèmes de refroidissement pour processeurs informatiques.
 Les laboratoires et hôpitaux emploient également des modules Peltier pour le refroidissement d'analyses
biologiques ou le transport d'organes.
 Secteurs qui demandent à la fois précision et fiabilité tels que l’aéronautique, le spatial, etc.
 Effet Thomson
Lié à la production (ou à l'absorption) d’une quantité de chaleur provoquée par le passage d'un courant I dans une
portion de conducteur (homogène) , en présence d'un gradient de température (différence de température entre les
extrémités de la portion).
Applications :
 Instrumentation (thermocouples, fluxmètres thermiques)
 Production d’électricité : générateurs thermoélectriques

C) Effet pyroélectrique (pyroélectricité)

Le phénomène de pyroélectricité se produit dans certains cristaux dits "pyroélectriques". Le cristal pyroélectrique réagit
au rayonnement thermique en changeant sa polarisation. Il y’à alors apparition d’une tension V proportionnelle au
rayonnement thermique  : V

Fig.15 : Principe du capteur pyroélectrique

Un flux de rayonnement lumineux absorbé par un cristal pyroélectrique élève sa température ce qui entraîne une
modification de sa polarisation qui est mesurable par la variation de tension aux bornes d'un condensateur associé. En
pratique, si le rayonnement est constant, la tension V disparaît peu à peu. Ce capteur fonctionne bien si le
rayonnement varie continuellement.

Exemples de matériaux pyroélectriques : La tourmaline, le sulfate de triglycine.

Application Un capteur (ou détecteur) pyroélectrique est doté de deux cellules au moins, qui sont sensibles à la chaleur
(rayonnement infrarouge). Le capteur est élaboré de telle sorte qu'il permet la détection de différences de chaleur
entre les cellules qu'il comporte. Il est très utilisé dans les systèmes de détection de mouvement et de présence de
personnes.

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D) Effet photoélectrique

On en distingue plusieurs, qui diffèrent par leurs manifestations mais qui ont pour origine commune la libération de
charges électriques dans la matière sous l'influence d'un rayonnement lumineux ou plus généralement
électromagnétique, dont la longueur d'onde est inférieure à une valeur seuil, caractéristique du matériau.

Selon la nature du dispositif éclairé, on distingue deux catégories d’effets photoélectriques :


 L’effet photoélectrique de surface (ou effet photoélectrique externe)
 L’effet photoélectrique de volume (ou effet photoélectrique interne)

 Effet photoélectrique de surface (ou effet photoélectrique externe)


Consiste à arracher les électrons d’un métal en leur fournissant une énergie > à leur travail de sortie (travail nécessaire
pour assurer leur sortie du métal). On l’appelle aussi l’effet photoémissif. Dans ce cas l’électron photo-excité est éjecté
hors du matériau.

Applications : Détecteur à effet photoélectrique de surface (externe) ou détecteur photoémissif.


Dans ce genre de détecteurs, l’énergie des photons du rayonnement lumineux est utilisée pour faire franchir aux
électrons la barrière de potentiel, derrière laquelle ils sont confinés en l’absence de rayonnement (on parle de
photoémission). Le détecteur est composé d’une photocathode et d’une anode qui réceptionne le photo-courant
(produit).
Exemple : Détection de mouvement par capteur photoémissif

Autre application de l’effet photoémissif : Diodes photoémissives ou diodes électroluminescentes (LED)


« Light Emitting Diode ».
Symbole :

Une LED se comporte électriquement comme une diode. Pour émettre la lumière elle doit être polarisée en direct
(soumise à une tension positive > la tension seuil donc traversée par un courant). La caractéristique IF(VF) montre que la
tension de conduction de la diode LED est d’environ 1,5 Volts à 2 V. Pour cesser d’émettre la lumière elle doit être
polarisée en inverse (application d’une tension négative V R). A noter enfin que VR max = 5 V ("reverse voltage") et que
le courant traversant la LED détermine l'intensité lumineuse émise.

 Effet photoélectrique de volume (interne)


L’électron photo-excité est libéré au sein du matériau. Il présente deux variantes à savoir:
- L’Effet photoconducteur
- L’Effet photovoltaïque
Applications : Détecteurs photoconducteurs et photovoltaïques

 Détecteurs photoconducteurs (ou cellules photoconductrices-photorésistances)


Ils exploitent l’effet photoconducteur (photoconductivité). Le principe utilisé est celui de la variation de la
conductivité électrique du matériau suite à l’éclairement lumineux ou un rayonnement électromagnétique. En effet,
la photoconductivité est l’émission (en interne) d’électrons par un matériau semi-conducteur lorsque celui-ci est
exposé à la lumière ou un rayonnement électromagnétique.

La cellule (présentée ci contre) est polarisée par une tension V et qui débite
un courant I par l’intermédiaire de contacts ohmiques. Sous un éclairement
lumineux, il y a création de photo-porteurs, et donc augmentation des
porteurs dans le dispositif, cela entraîne une augmentation de conductivité
du matériau et donc de la conductance de la cellule.

Fig.16 : Principe d'une cellule photoconductrice

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La conséquence de cette émission photoélectrique se traduit par la variation de la conductivité électrique (donc de la
résistance électrique) du matériau composant le détecteur lorsqu’il est soumis à un rayonnement. Le matériau peut
être un métal ou un semi-conducteur.

Application de la cellule photoconductrice : La photorésistance (Light Dependent Resistor, LDR = résistance


dépendant de la lumière)

Symbole

La partie sensible du capteur est une piste de sulfure de cadmium en forme de serpent : l’énergie lumineuse déclenche
une augmentation de porteurs libres dans ce matériau, de sorte que sa conductivité augmente (diminution de la
résistance électrique).

La principale application de la photorésistance est la mesure de l’intensité lumineuse :


- Mesure de la luminosité ambiante : Détection des changements obscurité-lumière (jour/nuit)pour ajuster un
éclairage par exemple.
- Suiveur de lumière (pour panneaux solaires, robots, etc),
- Appareil photo
- Systèmes de détection de présence, de mouvement ou de passage-ascendeurs, porte automatique…
- Systèmes d’alarme

 Détecteurs photovoltaïques
L’effet photovoltaïque consiste en la création de paires électron-trou dans le matériau semi-conducteur suite à un
rayonnement. Il se produit lorsque la lumière attaque la limite entre un semi-conducteur et une fine couche de
métal. Il se produit alors un courant sans exiger de f.e.m. extérieure.

Fig.17 : Illustration de l'effet photovoltaïque

Applications de l’effet photovoltaïque :Photodiode et phototransistors


Photodiode (capteur-détecteur de lumière)

Symbole

Une photodiode est constituée par une jonction P - N qui peut être éclairée extérieurement. Elle travaille
en polarisation inverse, le courant inverse étant fonction de l'éclairement (lorsque l'éclairement augmente, le courant
inverse augmente). Les photodiodes ont une réponse plus rapide et plus linéaire que les photo résistances, mais leur
courant photoélectrique est plus faible.

La photodiode, soumise à une ddp (polarisation inverse) d'une part et à un rayonnement lumineux d'autre part, se
comporte comme un générateur de courant. L'intensité de ce courant est proportionnelle à l'intensité du flux lumineux.
On remarque, avec les conventions de signes habituelles, que le courant généré est négatif c’est à dire qu'il circule à
l'opposé du courant dans une diode de redressement (diode normale). Une photodiode est donc une diode sensible à la
lumière. Un montage électrique adéquat permettra d'obtenir un signal (tension électrique proportionnelle à
l'éclairement).

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Applications :
 Détection de passage (détecteur de présence)
 Récepteur d’impulsions dans la mesure de vitesse par roue codeuse
Phototransistors
Un photo transistor est un dispositif qui convertit l'énergie lumineuse en énergie électrique. Les phototransistors sont
des transistors dont le boîtier transparent comporte une lentille qui concentre la lumière sur la jonction collecteur -
base. Cette jonction, polarisée en inverse, se comporte comme une photodiode. Ils sont similaires aux
photorésistances, mais ils produisent du courant et de la tension contrairement aux photorésistances qui ne produisent
que du courant.

E) Effet Hall
Lorsqu’un matériau (métal ou semi-conducteur) sous forme de plaquette, est parcouru par un courant I et soumis à une
induction B faisant un angle θ avec le courant, il apparaît, dans une direction perpendiculaire à l'induction et au courant
une tension vH qui a pour expression : vH= KH .I .B . Sin θ

Fig.18 : Illustration de l'effet Hall


KH désigne la constante de Hall dépendant du matériau et des dimensions de la plaquette.
Applications :
Les capteurs à effet Hall permettent de mesurer les champs magnétiques. Étant donné que un courant peut générer un
champ magnétique, on peut de fait s'en servir aussi pour mesurer l'intensité des courants électriques : capteurs de
courant à Effet Hall.
Capteur de champ magnétique à effet Hall

La tension de sortie est


proportionnelle au champ
magnétique.

Fig.19 : Principe du capteur de champ magnétique à effet Hall

Capteur de courant à Effet Hall


Le capteur de courant à effet Hall est type de capteur de courant exploitant l'effet Hall pour produire une tension qui
est l'image exacte (avec un facteur de proportionnalité connu) du courant à mesurer ou à visualiser.
Le capteur représenté ci dessous délivre en sortie une tension vH presque proportionnelle au champ magnétique et par
conséquent dépendant de l'intensité i : Le courant à visualiser est appliquée à un enroulement de circuit magnétique. Il
produit un champ magnétique qui est responsable de la naissance de la tension «Hall» vH.

Fig.20 : Principe du capteur de courant à effet Hall


F) Effet d'induction électromagnétique

L'induction électromagnétique se traduit par la création d’un champ magnétique à partir d’un courant permanent
(illustré par l’expérience de Oersted en 1820) et la création d’un courant induit dans un circuit fermé à partir d’une
variation de flux d'induction magnétique variable (illustré par l’expérience de Michael Faraday en 1821).

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Le phénomène d’induction magnétique (effet inductif) apparait dans un système aimant-bobine lorsqu’on fait :
- déplacer un aimant dans une bobine fixe entraînant l'apparition d’une f.e.m induite aux bornes de la bobine et
la circulation d’un courant dans la bobine pendant la durée du mouvement de l’aimant (bobine appelée bobine
induite et l'aimant est appelé inducteur). Le déplacement de l'aimant fait varier le champ magnétique de
l'aimant à l'intérieur de la bobine.

Fig.21 : Déplacement d'un aimant dans une bobine fixe : Principe de l'alternateur

- déplacer une bobine dans un aimant fixe provoquant l'apparition d’une f.e.m induite aux bornes de la bobine
et la circulation d’un courant dans la bobine pendant la durée du mouvement de la bobine.

Fig.22 : Déplacement d'une bobine dans un aimant fixe : Principe du moteur synchrone
Applications : Capteur inductifs de position et de vitesse
Ces capteurs incluent notamment : commutateurs de proximité, capteurs à inductance variable, capteurs à réluctance
variable, résolveurs, et capteurs de déplacement linéaires/rotatifs (LVDT/RVDT).

Fig.23 : Capteurs inductifs

Exemple : Capteur de vitesse angulaire.

Le principe est le même que celui utilisé pour les génératrices. On fait tourner un cadre métallique (bobine plate) a une
vitesse angulaire dans un champ magnétique fixe : B. Une force électromotrice V est générée telle que : V B
En pratique la force électromotrice est sinusoïdale et sa fréquence est proportionnelle à la vitesse angulaire .

Fig.24 : Principe de la mesure de vitesse angulaire par effet inductif


I.10.2 Le capteur (transducteur) passif

Le capteur (transducteur) passif se présente vu de sa sortie comme une impédance dont l'un des paramètres
déterminants (R, L ou C) est sensible au mesurande (Tab.2). Les capteurs passifs ont besoin d’une source d'excitation
pour fournir un signal électrique de mesure. Certains capteurs passifs ont besoin d’un circuit complexe pour fournir un
signal électrique de mesure.

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Mesurande* Grandeur de sortie Matériaux Capteur

Température Résistivité Platine, nickel, semi-conducteurs RTD, Thermistances

Flux lumineux Résistivité Semi-conducteurs Photorésistance

Déformation Résistivité Alliages résistifs NiCr Jauges de contraintes

Position Résistivité Polymères résistifs Capteurs potentiométriques

Tab2. : Exemples de capteurs passifs

*Le Mesurande est évalué grâce à la mesure de la résistance

I.11 Classification des Capteurs en fonction de la nature de l’information qu’ils délivrent

Suivant son type, un capteur délivre une information de type :

 Logique : Dans ce cas-là l’information ne peut prendre que les valeurs 1 ou 0 ; on parle alors d’un capteur « Tout ou
Rien (TOR) ». L'avantage des capteurs TOR est qu'ils sont peu coûteux mais ils sont spécialisés dans un type précis
de mesure. Par exemple ils peuvent dire si une pièce est présente ou non, si le tapis roulant est bien en
fonctionnement, si l'appareil se trouve à 20 cm ou pas d'un mur, si une vanne est fermée ou non … Ils ne
permettent pas de mesurer sur toute une plage.

Exemples de capteurs TOR : le détecteur de présence. Le capteur détecte la présence ou l’absence d’une personne.
Si une personne est présente, il ferme un contact qui alimente une lampe placée à l’intérieur d’un couloir par
exemple.

Fig.25 : Exemple de capteur TOR (détecteur de présence)

L'information délivrée dans ce cas est logique de type Tout Ou Rien (TOR) : ouvert ou fermé (0 ou 1). Les détecteurs
délivrent donc un signal binaire (deux états possibles : 0 ou 1).

 Analogique : L’information peut prendre toutes les valeurs possibles entre 2 valeurs limites ; on parle alors de
capteur analogique.
Exemple de capteur analogique: Mesure de température avec une sonde de température

Fig.23 : Exemple d'un capteur de température

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Le signal issu de la sonde de température évolue entre deux valeurs limites de manière continue en fonction de la
grandeur mesurée.

Par ailleurs, selon le conditionneur mis en œuvre, l’information analogique est délivrée sous diverses natures avec
de nombreuses plages différentes:
- en tension : quelques microvolts, 0-5V, 0-10V, +/- 10V
- en courant 4-20mA ou 0-20mA

 Numérique : L’information fournie par le capteur est sous forme d’un nombre binaire (sur n bits) ; on parle alors de
capteur numérique. Ce type de capteur délivre en sortie une information à caractère numérique, (valeur finie)
image de la grandeur physique à mesurer, c’est à dire ne pouvant prendre qu’un nombre limité de valeurs distinctes
(comme tout signal numérique...). Le signal de sortie peut être récupéré en série ou en parallèle. La sortie du
capteur donne une information du type : un train d’impulsion ou un échantillonnage.

I.12 Grandeurs d'influence

Hormis le Mesurande à caractériser, le capteur peut être soumis à d’autre grandeurs physiques susceptibles
d’influencer la grandeur électrique de sortie, qu’il n’est pas possible de distinguer de l’action du Mesurande. Ces
grandeurs « parasites » auxquelles la réponse du capteur peut être sensible sont des grandeurs d’influence(g1, g2, …..,
gn).

La réponse, s = f(m), d’un capteur devient : s = f(m, g1, g2, ….., gn)

Les grandeurs d’influence sont :

 La température qui modifie les caractéristiques électriques, mécaniques et dimensionnelles des composants du
capteur.
 La pression, l’accélération, les vibrations qui peuvent créer des contraintes et des déformations altérant la réponse
du capteur.
 L’humidité et projections d’eau qui dégradent l'isolation électrique
 Les champs EM qui créent des f.e.m induites.
 La tension d'alimentation lorsque le principe même du capteur en dépend.

Pour avoir une réponse représentative du seul Mesurande m, il faut:

 soit minimiser l’importance des grandeurs d’influence au niveau du capteur en le protégeant par isolement et
blindage adéquats;
 soit stabiliser ces grandeurs d’influence à des valeurs fixes et connues et procéder à un étalonnage du capteur dans
ces conditions de fonctionnement;
 soit utiliser un montage de compensation des parasites (montage différentiel);

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Chapitre II. Caractéristiques métrologiques des capteurs

II.1 Erreurs de mesure


II.1.1 Erreurs systématiques
Une erreur systématique est une erreur qui se produit à chaque mesure et qui produit le même écart. Cette erreur
peut être détectée en effectuant deux séries de mesurage avec deux capteurs différents. S’il existe entre les deux
mesurages un écart constant, alors il y a une erreur systématique.

 La première source d’erreur systématique est l’erreur de zéro ou offset. Elle se manifeste par un décalage
constant entre la grandeur vraie et le mesurande.

 Elle correspond à la valeur de sortie indiquée par le capteur alors que le Mesurande est nul.
 Elle est éliminée ou au moins réduite en ajustant régulièrement le signal de sortie du système de mesure à
une valeur nulle.
Erreur de zéro = Valeur de x (val de sortie indiquée par le capteur) quand X (mesurande) est égale à zéro.

 Le second type d’erreur systématique est l’erreur d’échelle ou erreur de gain. Il existe dans ce cas un
coefficient entre la grandeur vraie et le Mesurande.

 Le troisième type d’erreur systématique est l’erreur de linéarité


La caractéristique du capteur n’est pas une droite. Le capteur est polarisé autour d’un point de repos et la
mesure s’effectue dans le domaine des petits signaux en assimilant sa caractéristique à la tangente en ce point.

II.1.2 Erreurs accidentelles


Les erreurs accidentelles sont des erreurs qui peuvent se produire. A la différence des erreurs systématiques qui
affectent en permanence le mesurage, il est impossible de prévoir quand elles vont intervenir (imprévisibles). Ces
erreurs ne peuvent pas être réduites. Elles sont traitées de manière statistique avec les notions de moyennes et d'écart-
type.

II.2 Étalonnage du capteur

Les capteurs de mesure dans les procédés industriels nécessitent en général un étalonnage. Il comprend l'ensemble des
opérations qui permettent d'expliciter sous forme graphique ou algébrique, la relation entre les valeurs du Mesurande
et celles de la grandeur électrique de sortie. Cette opération d'étalonnage est obligatoire régulièrement. La période
dépend du type de capteur et de sa dérive connue dans le temps.

Deux types d’étalonnages existent à savoir :


 L’Etalonnage direct: Les diverses valeurs du Mesurande sont fournies par des étalons dont la valeur est connue
avec une précision 100 fois supérieure à celle recherchée pour le capteur.

 L’Etalonnage par comparaison: On utilise un capteur de référence dont on possède la courbe d’étalonnage et
dont on est assuré de la stabilité.

Courbe d’étalonnage statique d’un capteur

L’étalonnage d’un capteur consiste à appliquer une valeur connue en entrée du système de mesure afin de vérifier que
la sortie correspond bien à la valeur attendue. En entrant différentes valeurs connues on peut obtenir en sortie la
courbe d’étalonnage : y = f(x) du capteur qui permet de relier la valeur lue en sortie notée « y (ou s)» à la vraie valeur
de la grandeur physique à mesurer notée « x (ou m)».

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II.3 Fonction de transfert d’un capteur

C'est la relation fonctionnelle f qui relie le Mesurande en entrée et la grandeur électrique en sortie du capteur. Elle est
définie soit par un graphe, soit par une relation formelle (linéaire, exponentielle, logarithmique…). La caractéristique de
transfert détermine la relation entre l’entrée et la sortie du capteur. Dans la plupart des applications, quand cela est
possible, la sortie du capteur suit une loi linéaire du type :

Y = k.X + Y0,

Où :

k : est la sensibilité du capteur

Y0 : le décalage du zéro. (Y = Y0 pour X = 0)

II.4 Fidélité, justesse et précision du capteur

Fidélité: Qualité d’un capteur à délivrer une mesure répétitive sans erreurs. Elle caractérise l’Influence du
vieillissement. Pour un capteur fidèle, les résultats de mesures répétées d'une même valeur de mesurande restent
groupés autour d'une valeur moyenne. L’erreur de fidélité correspond à l’écart-type () obtenu sur une série de
mesures correspondant à un mesurande constant.

Justesse: Aptitude du capteur à délivrer une réponse très proche de la vraie valeur. C'est aussi la qualité d’un capteur
dont les erreurs systématiques sont réduites. Pour un capteur juste, les résultats de mesures répétées d'une même
valeur de mesurande sont dispersés autour d'une valeur moyenne proche de la valeur vraie.

Précision : Aptitude du capteur à fournir des données qui, prises individuellement, sont proches de la valeur vraie. Un
capteur précis est à la fois fidèle et juste. Elle exprime l’écart en % entre la valeur mesurée et la valeur vraie du
mesurande. Elle correspond aussi à la plus grande erreur possible du capteur sur son étendue de mesure.

Si on désigne par δM l'incertitude de mesure (m = M ± δM)

Alors l'erreur relative de précision (%) vaut:


M

M max  M min
Exemple: Capteur de température

- Etendue de mesure: 0-50 °c (Mmax-Min)


- Erreur maximale (δM) : 0,25 °c
- Erreur relative de précision = (0,25 /50)*100 = 0,5 %

Sensibilité: La sensibilité d’un capteur est le rapport de la variation du signal de sortie (s) par rapport à la variation
correspondante (m) de la grandeur à mesurer. C'est à dire à la pente de la courbe de réponse du capteur pour une
valeur donnée mi constante du Mesurande : S = s / m = tg () au point m = mi

II.5 Autres caractéristiques

II.5.1 Etendue de mesurage EM(ou plage de mesure)


C'est le domaine de variation possible de la grandeur à mesurer. Elle est définie par une valeur minimale et une
valeur maximale. C’est aussi la gamme des valeurs d’entrée qu’il peut traiter sans dégrader son fonctionnement.

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II.5.2 Linéarité du capteur


Un capteur est dit linéaire dans une plage déterminée du mesurande si sa sensibilité y est indépendante de la valeur
du mesurande.

II.5.3 Résolution du capteur


C’est la plus petite grandeur que l’on peut reproduire sur l’instrument (capteur) avec précision.

II.5.4 Spécifications d’un capteur en régime dynamique

Rapidité du capteur
Elle caractérise l'aptitude d'un dispositif à répondre aux variations temporelles du Mesurande. C’est la spécification
d'un capteur qui permet d'apprécier de quelle façon la grandeur de sortie suit dans le temps les variations du
Mesurande. Elle est spécifiée (caractérisée) soit par la bande passante, soit par le temps de réponse. Ce dernier
renseigne sur le comportement du capteur durant les phases transitoires de variation du Mesurande. C'est une
caractéristique importante lorsqu'il faut des temps de réaction rapides.

Temps de réponse du capteur


C'est le temps de réaction d'un capteur entre la variation de la grandeur physique qu'il mesure et l'instant où
l'information est prise en compte par la partie commande. Il est aussi défini comme étant le temps nécessaire pour
que la mesure croisse à partir de sa valeur initiale jusqu'à rester entre 90 % et 110 % de sa variation totale pour une
variation échelon du Mesurande.

Bande passante

Elle est définie comme étant la plage de fréquence de variation du Mesurande où les caractéristiques du capteur
spécifiées par le constructeur sont respectées.

A noter enfin que la sensibilité en régime dynamique est liée à la réponse en fréquence du capteur. Cette réponse
est souvent caractérisée par la notion de bande passante du capteur.

II.6 Limites d'utilisation du capteur


Les contraintes mécaniques, thermiques ou électriques auxquelles un capteur est soumis entraînent, lorsque leurs
niveaux dépassent des seuils définis, une modification des caractéristiques du capteur. Au-dessus d’un certain seuil
l’étalonnage n’est plus valable, au-dessus d’un autre plus grand le capteur risque d’être détruit.

Trois domaines d'utilisation du capteur sont définis à savoir :

 Le Domaine nominal d'emploi

Il correspond aux conditions normales d'utilisation sans que soient modifiées les diverses spécifications. Il est défini
par les valeurs limites que peuvent atteindre et conserver de façon permanente, d'une part la grandeur à mesurer,
d'autre part les grandeurs d'influence, sans que les caractéristiques métrologiques du capteur soient modifiées ;
c'est-à-dire que les erreurs éventuelles ne dépassent pas les valeurs maximales tolérées (spécifiées dans la
documentation technique fournie par le constructeur).

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Fig.24 : Illustration des trois domaines d'utilisation du capteur


Exemple : Domaine d’emploi du capteur de pression est de 1 à 25 bars pour des températures comprises entre 0 et
45 °C

 Le Domaine de non-détérioration

Les caractéristiques métrologiques sont modifiées, mais restent réversibles. Il est limité par les valeurs extrêmes
que peuvent prendre la grandeur à mesurer et les grandeurs d'influence sans que les caractéristiques ne soient
altérées après retour dans le domaine nominal d'emploi. Dans la plage de non détérioration, le constructeur ne
garantit plus les performances du capteur (ce qui ne signifie pas nécessairement qu'elles soient dégradées !).

Exemple

Domaine d’emploi du capteur de pression est de 0 à 35 bars pour des températures comprises entre -1 et 50 °C.

 Le Domaine de non-destruction

Dans ce domaine, les caractéristiques du capteur sont modifiées de façon irréversible. Il précise les limites que
pourront prendre les grandeurs à mesurer et d'influence sans destruction du capteur, mais avec une détérioration
certaine et permanente de ses caractéristiques métrologiques. Lorsque, par accident, un capteur est utilisé dans ce
domaine, même pendant une courte durée, il est indispensable de procéder à un réétalonnage complet du capteur.
Si l’utilisation se fait hors des limites du domaine de non destruction, l'altération est irréversible.

Exemple

Domaine d’emploi du capteur de pression est de 0 à 45 bars pour des températures comprises entre -10 et 65 °C.

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Chapitre 3.Mesure de température

III.1 Introduction à la thermométrie/Généralités

La température est une grandeur non directement mesurable, mais repérable par la variation d’une grandeur associée
(résistance, dilatation). Qualitativement, la température d'un objet est déterminée par la sensation de chaud ou de
froid, ressentie en le touchant. Techniquement, la température est une mesure de l'énergie cinétique moyenne des
particules dans un échantillon de matière, exprimée en degrés sur une échelle standard. Il est possible de mesurer la
température de plusieurs façons ; chaque façon se distinguant par le coût des équipements et la précision désirée.

III.2 Echelles de température

Échelles employées :
- Kelvin (1848, échelle absolue) T (°C) = T (°K) -273,15
- Celsius (1742, échelle relative) T(° F) = 9/5 T(°C) +32
- Rankin T(° F) = T(°R) − 459.7
- Fahrenheit (1707, échelle relative)
III.3 Domaines d’application des capteurs de température

Les capteurs de température sont utilisés dans de nombreuses applications industrielles telles que l’industrie chimique,
l’industrie agro-alimentaire, dans l’analyse et l’optimisation de fonctionnement (moteurs,…), la gestion des bains de
peinture, le traitement des métaux...

III.4 Classification des capteurs de température

Les capteurs sont classés en deux catégories à savoir :

 Les capteurs avec contact : basés sur un échange de chaleur entre le milieu et le capteur jusqu'à établissement
de l'équilibre thermique.

 Capteurs sans contact (cas des pyromètres optiques):basés sur la relation entre la température d'un corps et
son rayonnement optique.

Capteurs avec contact

 Analogiques
• Thermomètres à résistance métallique
• Thermomètres à semi-conducteur (thermistances)
• Couples thermoélectriques (Thermocouples)
• Thermomètres à quartz;
• Thermomètres à dilatation de fluide.

 Logiques
• Thermostats à dilatation de solide

Capteurs sans contact

 Analogiques
• Pyromètres optiques
• Thermographes.

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III.4.1 Capteurs avec contact : Thermométrie à résistances ou Thermo-résistances

Rappels :

- La résistance électrique R d'un barreau de matière conductrice de longueur l et de section S est donnée par la
relation suivante:
R=l/S

Où ρ désigne la résistivité du matériau utilisé

s
l
Fig.25 : Barreau de matière conductrice

- Effets thermorésistifs : La résistivité ρ des matériaux dépend de la température T : =(T)

C'est l'effet thermorésistif qui peut être utilisé pour réaliser des capteurs de température. Suivant la nature du
matériau utilisé, il peut y avoir deux comportements différents de la résistivité en fonction de la température :

 Utilisation de Métaux (Platine -Pt- par exemple) : on parle de thermomètre à résistance métallique (RTD) : Il
s'agit des métaux dont la variation de la résistivité en fonction de la température :  (T) est décrite par une
approximation polynomiale.
 Utilisation de semi-conducteurs (Si, Ge, ...): on parle de thermistances : Matériaux dont  (T) présente un
comportement exponentiel.

III.4.1.1 Thermomètre à résistances métalliques (RTD)

Loi de variation
Dans une étendue de mesure dépendant de chaque métal, la résistance du métal s’écrit en fonction de sa température
comme suit:
2 3
R (T)= R0 (1+ AT + BT + CT +...) , relation non linéaire

R0 : résistance à 0°C,
A,B, C.. : Coefficients positifs spécifiques à chaque métal.

Avec une RTD, on mesure la température à travers la mesure d’une résistance.

La mesure d'une résistance peut se faire avec une bonne précision et une variation d'un centième de degré peut être
mesurée. Les thermomètres à résistance à fil de platine pur sont les plus utilisés. La résistance est mesurée à l'aide d'un
montage en pont de Wheatstone (qui permet de convertir la résistance en tension -circuit conditionneur).

Les RTD existent en deux modèles à savoir les RTD bobinées (Fig26.a) et les RTD plus économiques à film métallique
(Fig26.b).

(a) (b)
Fig.26 Modèles de RTD, (a): RTD bobinées , (b) : RTD à film métallique

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Les RTD sont classées par leur résistance nominale à 0°C (Ex. : sonde platine de 100 Ω ou 1000 Ω pour 0°C, on dit alors
couramment une « PT100 »)

Fig.27 Sonde de température (RTD) PT100 avec sa caractéristique R(T)

Pour la platine (or blanc), cette caractéristique est presque linéaire (Fig.27):
R (T) # R0 (1+ T)

Avec :
R0(résistance à 0°C)= 100 Ω pour la Pt100.

Très précise, stable, simple à mettre en œuvre, sa loi de variation est presque linéaire mais sensible à
lʼautoéchauffement et à la variation des résistances de connexion.

Caractéristiques de métaux utilisés dans les RTD


Métal/type Résistivité Point Domaine R100/R0 Caractéristiques
de à de d'utilisation R100 : résistance à 100°C

RTD 0°C fusion R0 : résistance à 0°C

µ.cm °C °C
Cuivre 7 1083 -190 ÷ +150 1.427 - Linéaire
- Faible résistivité donc encombrant
- Peu stable
Nickel 6.38 1453 -60 ÷ +180 1.672 - Sensibilité thermique la plus élevée
- Résistivité élevée
- Faiblement linéaire
- Peu stable
Platine 9.81 1769 -250 ÷ +1400 1.392 -Précis,
-Stable,
-Durable,
-Couteux
Tungstène 5 3422 -100 ÷ +1400 1.385 - Sensibilité thermique plus élevée que la
platine
- Moins stable que la platine
- Meilleure linéarité en haute température
Tab.3 : Caractéristiques de certains métaux utilisés dans la fabrication des RTD
Remarques:
- Métaux les plus utilisés : platine, nickel et cuivre.
- Les RTD sont classées en fonction de leur résistance nominale à 0°C (Ex. : sonde platine de 100 Ω ou 1000 Ω
pour 0°C, on dit alors couramment une « PT100 »)

Caractéristique R(T)

Fig.28: Caractéristique R(T) des RTD

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III.4.1.2 Thermistances

Ce sont des capteurs très proches des RTD. cependant ils sont beaucoup plus sensibles que les RTD par ex. : 100 Ω/°C
par rapport à une RTD 0,4 Ω/°C. de plus, leur résistance nominale est plus élevée par ex. : 2252 Ω à 25°C. Ils sont
constitués d'un agglomérat d'oxydes métalliques (oxyde de zinc, dioxyde d’étain…) frittés, c'est-à-dire rendus compacts
par haute pression exercée à température élevée (de l'ordre de 150 bars et 1000 °C) encapsulés dans une petite bille
d’époxy ou de verre.

La loi de variation de la résistance en fonction de la température est de la forme :


b
R  ae 
a et b étant des paramètres spécifiques à la thermistance.

Pour une plage de température donnée on trouve des thermistances de type :


 CTN : coefficient de température négatif (NTC thermistor en anglais) dont la résistance diminue quand sa
température augmente.
 CTP : coefficient de température positif (PTC thermistor) dont la résistance augmente avec la température.

Thermistances à coefficient de température négatif (CTN ou NTC en Anglais)


Constitution : Une thermistance C.T.N (coefficient de température négatif) est réalisée à partir d’oxydes de métaux (ex :
manganèse Nikel…). Sa résistance diminue de manière uniforme avec la température. Pour une plage limitée de
température, la résistance d’une thermistance CTN et sa température vérifient la relation de Steinhart-Hart suivante :

[(1/𝑇)−(1/𝑇 )]
R (T)= R0 e 0

R0 : Valeur de la résistance à T = T0 ;
: Paramètre fonction de la température, compris entre 3000°K et 5000°K
T : Température en kelvin ; T0 = 298°K.
Remarque : A plus de 200 degrés la C.T.N n’est plus efficace.

Fig.29: Photos de quelques modèles de thermistances à coefficient négatif

Symbole :

Caractéristique R()

Fig.30: Caractéristique R() d'une thermistance à coefficient négatif

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Expression de la température en fonction de la résistance de la thermistance


 1 1 
Rt  (  ) Rt
 e
T T0  ln
R0 1 R0 1
( ) 
T  T0
 1 1 
Rt  (  )
1 1 1
 ln e   ( 
T T0 
ln ) T ( Rt ) 
R0 T T0  Rt 
 ln
R0 1 
Rt (  )
ln   T0 
R0 1 1  
(  )  
 T T0

Mesure de la variation de la résistance de la thermistance en utilisant un pont diviseur de tension


La thermistance est utilisée avec une autre résistance R (de valeur égale à celle de R0 de la thermistance, soit 10kΩ par
exemple) pour former le pont schématisé ci-dessous :
Avec :
R Ut : la tension aux bornes de la thermistance,
UR : la tension aux bornes de la résistance
U : la tension entre le haut et le bas du diviseur
Ut (tension d’alimentation VCC).
R t

Fig.31: Pont diviseur de tension pour la mesure de la variation de résistance de la thermistance

En appliquant la formule du pont diviseur de tension au niveau de UT, on obtient la relation suivante entre les
différentes tensions du circuit :
Rt
U t  U .( )
Rt  R
Après transformation, on obtient la relation de la résistance de la thermistance en fonction de la tension U t aux bornes
de la thermistance (mesurable) :
Ut
R
RT  U .
Ut
(1  )
U
Connaissant la relation entre la température mesurée par la thermistance et sa résistance :
1
T ( Rt ) 
 Rt 
 ln R 1 
( 0
 )
  T0 

 

On obtient la relation entre la température et la tension aux bornes de la thermistance (du circuit Ut):
T (U t ) 
1 Si U= 5V par exemple
 Ut  Pour une tension Ut mesurée aux bornes de la thermistance égale à :
 U R 
 U 
1  t   1,5V on a : T(1.5V)=321K° (soit 48 °C)
ln  U 
R0 1  2,5V on a : T(2.5V)=298K° (soit 25 °C)

 T0
 3,5 V on a : T(3.5V)=278K° (soit 5 °C)
Avantages
• Changement plus important de leur résistance par degré de température offrant une meilleure résolution. En effet,
un des avantages de la CTN sur les RTD (sonde platine par exemple) est que l'on peut réaliser des capteurs avec un
coefficient de température important ; une faible variation de température pouvant provoquer une forte variation
de résistance.
• Haut niveau de reproductibilité et de stabilité (influence du vieillissement faible)
• Une petite taille (faible encombrement) qui signifie une réponse rapide aux changements de température.

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24

Inconvénients
• loi non linéaire,
• sensibles à l'auto-échauffement et à la variation des résistances de connexion

Applications
Les CTN sont utilisées notamment :
 Pour la mesure et le contrôle de la température (Radiosondage).
 Pour la surveillance et le contrôle de la température en milieux gazeux et aquatiques.
 Comme limiteurs d’appel de courant (protection).

Conditions d’utilisation (plage de mesure) : entre -80°C et 200°C.

Thermistances à coefficient de température positif (PTC)(PTC : positive temperature coefficient)

Les PTC montrent une augmentation abrupte de leur résistance à une certaine température. Ce sont des résistances
réalisées à partir de matériaux semi-conducteurs (céramique), dont la valeur de résistance augmente considérablement
quand la température s‘élève.

Fig. 32 : Différents modèles de thermistances à coefficient de température positif

Caractéristique : R(T)

0 100 °C
Fig. 33 : Caractéristique R(T) d'une thermistance à coefficient de température positif

Avantages : La sonde C.T.P. est un produit particulièrement séduisant à cause de :

 sa précision au seuil de fonctionnement,


 ses petites dimensions,
 sa faible inertie thermique et son faible cout

Applications
Les sondes CTP (PTC) sont principalement utilisées dans le secteur de l‘électronique et de l‘électrotechnique. Le
domaine d'utilisation privilégiée de la thermistance C.T.P. est à moindre frais, la protection aux surchauffes :

 Protection contre la surcharge des bobinages de moteurs électriques, d'enroulements de transformateurs.


 Pour la surveillance de la température des semi-conducteurs de puissance, des paliers de toutes machines tournantes
etc...

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Comparaison entre les caractéristiques R(T) d'une thermistance à coefficient de température positif et d'une
thermistance à coefficient de température négatif

Fig. 34 : Caractéristiques R(T) d'une CTP et d'une CTN

Comparaison entre les caractéristiques R(T) d'une thermistance d'une RTD (Pt100)

(a) (b)
Fig. 35 : Comparaison entre les caractéristiques R(T) d'une thermistance et d'une RTD
(a) RTD et CTN, (b) RTD et CTP, RTD avec CTN et CTP
III.4.1.3 Thermocouple

Du grec "therme" signifiant chaleur, et "couple" désignant deux choses de même espèce, mais avec des différences. Les
thermocouples sont très couramment utilisés pour la mesure de températures, car ils sont relativement peu onéreux,
tout en étant précis, et peuvent fonctionner dans une large gamme de températures.

Le phénomène à l'origine du fonctionnement du thermocouple est en relation avec les trois effets thermoélectriques
dans les métaux (voir chap.1).
La force électromotrice qui apparaît dans le circuit est de l'ordre de 5 μV/°C à 50 μV/°C. Elle dépend de la nature des
deux conducteurs et des températures des deux jonctions.

 Représentation schématique

 Constitution/élaboration
Le thermocouple est formé de deux conducteurs (métaux) différents (A, B) soudés en deux points : une jonction
(soudure) chaude au contact du phénomène dont on veut mesurer la température (JC) et une jonction (soudure) froide
soumise à une température constante et connue (JF).

Métal 1

QJ.Chaude QJ.Froide
Vth
Jonction (soudure)chaude Jonction (soudure)froide
Point
de mesure
Métal 2

Fig. 36 : Principe du thermocouple

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 Fonctionnement
La f.e.m produite (Vth) aux bornes du thermocouple est proportionnelle à la différence de température crée au niveau
des deux jonctions (JC - JF):

Vth=S.T

S: Coefficient de Seebeck il varie en fonction de la température et dépend de la nature des matériaux



T = JC - JF

Comme cette f.e.m. dépend de la différence de température entre les 2 jonctions, il faut s'assurer de connaître la
température de l'une d'entre elle pour déduire la température de l'autre. Il suffit alors de fixer l’une d’entre elles à une
température constante (température de la jonction froide). La jonction dont la température est connue (fixée) est dite
"jonction de référence".

Mesure traditionnelle de température avec jonction de référence maintenue à 0° C grâce à un bain de glace
Métal 1
Cu

+
Voltmètre Appareil de
QJ.Chaude Vth QJ.Froide Vmes
mesure
Point
de mesure -
Cu
Métal 2
Zone
isothermique
Bain de glace
TREF=°C

Fig. 37 : Mesure de température par thermocouple en utilisant un bloc de glace

La tension mesurée dépend de la différence entre les températures QJ.Chaude et TREF ; dans ce cas, TREF est égale à 0° C.
Comme les fils de connexion au voltmètre (qui sont en cuivre) sont à la même température (TREF ), les tensions générées
en ces deux points sont égales et opposées. Donc, l’erreur de tension nette ajoutée par ces connexions est égale à zéro.
Dans ce cas on peut facilement déterminer la température de la jonction chaude (la référence par bain de glace étant
maintenue nulle QJ.Froide= TREF=0°C), connaissant la tension Vmes (obtenue à l’aide du voltmètre). Cette détermination est
rendue possible à partir de tables disponibles dans la littérature fournissant des courbes de température, pour
différents thermocouple, en fonction des tensions mesurées : V mes.

Cependant, cette approche avec une référence par bain de glace n’est pas pratique bien que précise. Il faut donc passer
à une nouvelle approche plus pratique. Cette dernière consiste à supprimer le bain de glace, et adopter une autre
solution basée sur la compensation de soudure froide. Cette solution est basée sur le remplacement du bain de glace
par un bloc isothermique qui maintient QJ.F(TREF) constante.

Mesure pratique de température avec jonction de référence maintenue à 0° C grâce à un système de compensation de
la température de la soudure froide
Jonction de référence
Métal 1
Jonction chaude
QJ.Chaude
Vth QJ.F =QREF

Point
de mesure Métal 2
Bloc
isothermique

Fig. 38 : Mesure pratique de température par thermocouple en utilisant le système de compensation


de la température de la soudure froide

On mesure la tension produite par le thermocouple (Vth) avec utilisation du bloc isothermique au niveau de la jonction
froide.

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Pour rappel : Vmes= Vth-VREF = (QJ.Chaude- QREF) ; α est le coefficient d’échange thermique du thermocouple (exemple
couple Fer/Constantan).

Il nous faut maintenant connaître, avec précision, la température QREF (TREF) du bloc de jonction isothermique pour
appliquer la relation : Vmes = α(Jch - TREF) et ainsi pouvoir calculer la température de la jonction J1 (Jch).

Deux techniques peuvent être appliquées dans ce cas à savoir :


 La technique de compensation logicielle de la jonction froide
 La technique de la compensation matérielle

A) Technique de compensation logicielle de la jonction froide

Elle consiste à mesurer la température de la jonction de référence (TREF=QJ.F) puis effectuer des calculs (selon une
procédure) pour réaliser une compensation logicielle afin de trouver la valeur de la température de la jonction J1 c'est
à dire : Jch.

La procédure de calcul se résume comme suit :

1. Etape 1 : Mesure de TREF = QJ.F en utilisant un capteur résistif (RTD-Pt100 ou thermistance) placé au niveau de de
la jonction de référence. La grandeur de sortie du capteur résistif est une variation de résistance. Cette
dernière est mesurée à l’aide d’un multimètre (ohmmètre) gradué en valeurs de température (connaissant la
loi de variation du matériau du capteur résistif avec la température).
On obtient donc la valeur de TREF = QJ.F Vmes
Cu
Voltmètre

Cu

Cu

Fe TREF
C C VREF
Fe V1
TJ1 JREF Bloc
J1 isothermique
Capteur de
Soudure température
résistif
chaude
RT

Fig. 39 : Principe de Mesure de TREF = QJ.F


2. Etape2 : Détermination par calcul de la température de la jonction chaude Jch
 Utilisation de tables disponibles dans la littérature pour convertir la température TREF (QJ.F), obtenue
dans l’étape 1, en tension équivalente de jonction VJ.F (VREF).
 Lecture sur le voltmètre de la tension produite V mes et soustraction de VREF pour calculer
Vth (thermocouple) = Vmes– VREF. Cette opération est appelée « compensation de l'effet induit par la jonction
de référence ».
 Conversion de Vth en température TJ1(QJ.Chaude) (à partir de tables disponibles dans la littérature par
exemple)

Remarque : La compensation logicielle est non seulement la plus simple à mettre en œuvre mais aussi la plus
efficace.

B) Technique de compensation matérielle de la jonction froide (de référence)

Elle consiste à mettre un générateur de tension dans le circuit pour annuler la tension de décalage de la jonction de
référence VREF afin de considérer celle-ci comme étant égale à 0°C. La tension de compensation « e » est fonction de la
température du capteur résistif (thermistance ou RTD placée dans l’enceinte de la jonction froide). Dans ce cas, la
tension V (mesurée par le voltmètre) est maintenant référencée à 0°C et peut être lue et convertie en température TJ1
par les tables standards.

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 Raccordement du thermocouple à l’appareil de mesure

Le fil qui constitue le thermocouple est utilisé au niveau du point de détection (ou de la partie sonde) du thermocouple.
La rallonge n’est utilisée que pour prolonger un signal de thermocouple entre une sonde et l’instrument de lecture du
signal. La rallonge supportera généralement une limite de température ambiante inférieure à celle que pourrait
supporter le fil du thermocouple. Plus précisément, elle peut transmettre un signal représentant une température plus
élevée en provenance de la sonde, mais le fil lui-même ne peut être exposé physiquement à des températures plus
élevées (de l’environnement). Le fil à thermocouple peut servir de rallonge, mais une rallonge ne peut pas être reliée au
point de détection (ou à la partie sonde) du thermocouple (car ne supporte pas les grandes températures du point de
mesure).

Fig. 40 :Raccordement du thermocouple


Problématique liée au raccordement (rallonge)
o
Un thermocouple produit une petite fem (de l’ordre de 60 μV/ C), il est nécessaire d'éliminer ou de minimiser les f.e.m
parasites d’origine thermique et les effets ohmiques susceptibles de fausser les mesures.
Les effets ohmiques sont dus aux éléments résistifs présents dans le circuit du thermocouple notamment au niveau de
la rallonge (câbles de connexion) reliant le thermocouple à l’instrument de mesure (qui peut être loin du
thermocouple). Ces câbles de connexion peuvent être des câbles d’extension ou de compensation (moins couteux que
les fils du thermocouple !). La longueur de ces câbles joue un rôle important, puisqu'elle ajoute une résistance de ligne
qui doit être prise en compte. Pour la plupart des instruments, les spécifications indiquent une résistance de ligne
maximale de 100 sans perte de précision significative.

Câbles de compensation : Les propriétés mécaniques et électriques des câbles de compensation pour thermocouples
sont définies par les normes européennes EN 60 584 et allemandes DIN 43 714. Ils sont réalisés dans des matériaux
spéciaux ayant les mêmes propriétés thermoélectriques que ceux des fils du thermocouple mais dans des plages de
températures restreintes. Pour certains matériaux, l'utilisation de câbles de compensation évite la majoration de prix
due aux métaux précieux employés. Les câbles de compensation sont constitués de brins torsadés.

On utilise donc les câbles de compensation lorsque les fils des couples thermoélectriques sont en métaux purs, de prix
élevés, la ligne de mesure est longue, on remplace, dès la sortie de la zone de mesure, les fils de thermocouple par des
fils de métaux plus communs et donc moins onéreux. L'ensemble de deux fils qui "remplace" le thermocouple est
appelé "câble de compensation" (ou aussi cordon compensateur).

Câbles d’extension : Les câbles d’extension sont fabriqués avec des fils de même composition (même matériau) que les
fils des couples correspondants. Ils sont repérés par la lettre “X” placée après le code du couple thermoélectrique, par
exemple “JX”.

Ainsi, pour identifier les câbles de compensation et les câbles d’extension, on passe par un code alpha-couleurs formé
de deux ou trois lettres.
La première lettre représente le code du couple suivant la norme (thermocouples normalisés) à savoir : K, J, T, E, R, S, C,
B.
La deuxième lettre permet l'identification du type de câble (extension ou compensation). Ainsi si la lettre est :
 X: cela veut dire que le matériau est identique à celui du couple suivant la norme. Il s'agit donc d'un câble
d’extension.
 C: indique qu'il s'agit d'un matériau spécial pour câble de compensation. Dans ce cas le code est composé d'une
troisième lettre spécifiant le type de matériau spécial.

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La troisième lettre permet la différentiation des câbles de compensation en cas d'utilisation de plusieurs types de
câbles.
Exemples :
- Si on trouve le code KX sur le câble, cela veut dire qu'il s'agit d'un câble d'extension (car présence de la lettre X)
pour couple NiCr-Ni, type "K" dans le même matériau que le couple.
- Si on trouve le code RCA sur le câble, cela veut dire qu'il s'agit d'un câble de compensation (car présence de la
lettre C) pour couple PtRh-Pt, type "R" en matériau spécial, type A.

Principe de la mesure avec raccordement (câbles de compensation) à un appareil de mesure

Fig. 41 : Illustration du raccordement du thermocouple à un appareil de mesure

Il convient de réduire la résistance du circuit lorsque la résistance interne de l’appareil de lecture (mesure) est plus
élevée. On limite au minimum la longueur des fils A et B du thermocouple. La liaison entre la jonction intermédiaire à
température θ2 et la jonction de référence à température θref est assurée par les câbles de compensation A’ et B’
associés aux métaux A et B respectivement. Au-delà de la jonction de référence et jusqu’ à l’appareil de mesure, la
liaison peut être assurée par des fils de cuivre moins résistants et beaucoup moins chers que les fils du thermocouple et
les câbles de compensation eux-mêmes.

 Caractéristique tension produite/température: V(T)

La courbe de réponse d'un thermocouple est en général non linéaire et dépend du type de couple choisi.

Fig. : 42 F.e.m des différents couples en fonction de la temperature

Remarque :Les pouvoirs thermoélectriques des métaux et alliages (relation V=f(T)) sont définis dans des tables par
rapport à un métal de référence (Pb ou Pt) et par rapport à 0°C. Par conséquent la relation force
électromotrice/température de n'importe quel couple peut être déterminée.

 Gamme des températures mesurables


Elle est limitée :
- à très basse température par la faible valeur des variations de tensions thermoélectriques décelables
- à haute température par les points de fusion des métaux composant le couple.

 Choix des métaux

Il est guidé par les considérations suivantes:


- La soudure doit résister aux variations de température d'emploi et conserver ses propriétés au bout d'une longue
durée d'utilisation.
- La tension thermoélectrique doit être aussi élevée que possible et varier de façon continue avec la température.
- Si possible, on choisit des métaux pas trop coûteux.

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 Types de thermocouples
Il existe plusieurs types de thermocouples, désignés par des lettres capitales indiquant leur composition conformément
aux conventions internationales (Tab.4)

Type de thermocouple Premier métal Second métal Plage de


(+) (-) température
en °C

T Cuivre Constantan -270 à 400°C

J Fer Constantan -210 à 1200°C

E Chromel Constantan -270 à 1000°C

K Chromel Alumel -270 à 1372°C

B Platine rhodié à 30% Platine rhodié à 6% 0 à 1820°C

S Platine rhodié à 10% Platine -50 à 1768°C

R Platine rhodié à 13% Platine -50 à 1768°C

N Nicrosil Nisil -270 à 1300°C

C Tungstène-Rhénium(5%) Tungstène-Rhénium(26%) -0 à 2320°C

Tab.4 : Types de thermocouples avec les métaux les constituant

Constantan : Alliage de cuivre et de nickel 60% de cuivre et 40% de nickel.


Alumel : Alliage composé de 95% de nickel, 2% d'aluminium, 2% de manganèse et 1% de silicium.
Chromel : Alliage composé de 80% de nickel et 20% de Chrome.

 Avantages et Inconvénients des thermocouples

Avantages
- Permettent une mesure ponctuelle
- Puissance fournie par eux mêmes (Générateurs d’électricité)
- Simples et Robustes
- Ne coûtent pas cher
- Large gamme de température de fonctionnement
- Temps de réponse rapides
- Pas d’auto-échauffements

Inconvénients
- Nécessité de maintenir constante la température de référence
- Réponses non linéaires
- Faibles tensions thermoélectriques développées (nécessité d’amplification)
- Peu sensibles.

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 Applications du thermocouple
Les thermocouples sont utilisés dans de nombreuses applications industrielles, scientifiques et domestiques. Ainsi, on
les trouve sur presque dans tous les domaines industriels (production d'énergie électrique, pétrole et gaz, industrie
pharmaceutique, biotechnologie, cimenteries, industrie du papier, etc). Les thermocouples sont également utilisés dans
les appareils de tous les jours (poêles, fours et les grille-pain, radiateurs de chauffage à gaz, ...).

Type de Applications
thermocouple
T Thermocouple largement utilisé dans :
 La surveillance lors de la transformation et la production des aliments.
 Applications à très basse température: cryogénie congélateurs ultra-basse température (recherches
scientifiques impliquant un stockage à long terme des échantillons).
J Thermocouple populaire souvent utilisé pour:
 La surveillance des métaux inertes et dans le vide
 Processus à chaud (à haute température), y compris les matières plastiques et la fabrication de
résine
 Applications associées à des atmosphères oxydantes (cuisson oxydante de céramique,...)
E Thermocouple adapté à la plus part des applications. Il est intéressant pour la mesure de :
 Basses température (cryogénie)
 Températures précises en milieu industriel (fours, étuves,...)
 La température de l'air ou du sol
K Thermocouple «polyvalent» convient donc à de nombreux processus et industries tels que:
 Test des températures associées aux installations de traitement (ex.: production de produits
chimiques et raffineries de pétrole).
 Tests de sécurité des appareils de chauffage
 Mesure de température dans les applications nucléaires
B Thermocouple utilisé dans les applications à haute température (verrerie industrielle, cimenteries,
incinérateurs...)
S Thermocouple utilisé dans les applications à haute température (industries Bio Tech et
pharmaceutiques,...) et parfois dans des applications à basses températures
R Thermocouple utilisé dans les applications à haute température et parfois en basses températures.
N Thermocouple convenant à la surveillance des hautes températures :
 Profils des températures dans les fours et fourneaux
 Mesure de la température dans l'échappement des turbines à gaz et des moteurs
 Surveillance des températures tout au long du processus de production et de fonte dans l'industrie
de l'aluminium et la sidérurgie
C Thermocouple adapté aux applications à haute température mettant en jeu des atmosphères
d'hydrogène ou de gaz inerte, et sous vide.
Tab.5 : Domaines d'application des thermocouples

 Comparaison entre les caractéristiques R(T) d’une thermistance, d’une RTD et d’un thermocouple

Fig.43 : Caractéristiques R(T) d’une thermistance, d’une RTD et d’un thermocouple

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Critères de Thermocouple RTD/Pt100 Thermistance


comparaison
Environnement Meilleur Meilleur Bon
Performances Bon Excellent Bon
Robustesse Excellent Meilleur Bon
Facilité d'utilisation Excellent Meilleur Excellent
Avantages Peu cher Précis Sensible
Tab.6 : Tableau comparatif entre quelques capteurs de température à contact

III.4.2 Capteurs sans contact- Pyromètres optiques

III.4.2.1 Généralités sur le rayonnement thermique

Le soleil nous procure chaque jour de la chaleur indispensable pour notre vie. Cette immense source de chaleur nous
transmet en fait des ondes électromagnétiques qu'on appelle " rayonnement thermique " à travers l'émission de la
matière qui la constitue et qui est le siège d'une très haute température (suite aux réactions de fusion nucléaire ayant
lieu au niveau de son "cœur"). Ce rayonnement thermique est caractérisé par des longueurs d'ondes comprises entre
0.1 et 100µm, il inclut le domaine du visible (ondes lumineuses) occupant une faible portion de ce spectre et aussi le
domaine du non visible comme le rayonnement infrarouge. Ces deux domaines du spectre électromagnétiques peuvent
être utilisés pour la mesure thermique.

Fig.44 : Spectre du rayonnement thermique

La pyrométrie est une technique qui a pour objet la détermination de la température de surface des corps visés à partir
du rayonnement thermique émis par ces derniers. Les pyromètres optiques utilisent la propriété que possèdent tous
les corps d’émettre un rayonnement thermique proportionnel à leur propre température appelé rayonnement
thermique propre. En effet, tous les corps émettent un rayonnement thermique réparti sur tout le spectre
électromagnétique. Ainsi, on parle d'émission de rayonnement thermique dès que la température des corps considérés
est supérieure au zéro absolu (-273,15°C = 0 Kelvin).

Par ailleurs, la pyrométrie optique a beaucoup évolué au cours des années passées, passant d'une utilisation plutôt
réservée à des spécialistes à une pratique courante. Le domaine des températures s'étend de -100°C à des
températures supérieures à 5000°C couvrant ainsi l'essentiel des mesures industrielles.

L'utilisation préférentielle des pyromètres optiques concerne les mesures :


 sans contact (corps toutes dimensions: en mouvement, éloignés, fragiles ou dangereux)
 de températures de surface
 de très hautes températures.

Rappels
Caractéristique d’un matériau
Les caractéristiques d’un matériau jouent un grand rôle dans la mesure de la température. Il est intéressant de décrire
les différents comportements d’un matériau vis-à-vis d’un rayonnement thermique. Ces notions sont nécessaires pour
une compréhension de la répartition des flux d’énergie dans la matière. Les caractéristiques physiques d’un matériau
sont : l’émission, l’absorption, la réflexion et la diffusion, la transparence et l’opacité.

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33

 Emission
Une des caractéristiques d’un matériau est de convertir son énergie interne en rayonnement thermique. L’énergie
interne dépend de la température. L’émission des matériaux est régie par des lois physiques. C’est bien sur ce
phénomène que repose la mesure de température sans contact.

Rayonnement thermique : Tout objet, porté à une température T, émet un rayonnement thermique. Le but d’une
mesure pyrométrique est de déterminer la température en mesurant/comparant le rayonnement thermique.
Emissivité : La notion de corps noir est idéale : « aucune surface ne peut émettre autant de rayonnement qu’un
corps noir porté à la même température ».
Emissivité d’une surface = Radiation émise par la surface / Radiation émise par la surface d’un corps noir parfait.

 Absorption
L’absorption d’un matériau définit la capacité de ce dernier à convertir un flux d’énergie reçu en énergie interne.
Cette capacité est bien évidemment différente suivant les matériaux.

 Réflexion et diffusion
La réflexion est régie par la loi de l’optique géométrique. Pour rappel, l’angle de réflexion est le même que l’angle
d’incidence en prenant comme référence la normale au plan d’incidence. Un angle de réfraction est également
présent. Cet angle est défini par la loi de Snell-Descartes. Ceci nous permet de définir l’angle de réfraction en
fonction de l’angle d’incidence et de l’indice de réfraction. Nous parlons de diffusion quand un l’onde incidente est
reflétée dans toutes les directions.

 Transparence et opacité
La transparence et l’opacité ont un impact direct sur la transmission d’une onde au travers d’un matériau. Nous
pouvons donner comme exemple de milieu transparent : le vide, nous pouvons facilement imaginer que ce milieu
ne limitera en rien la transmission des ondes. Au contraire, un milieu opaque ne transmettra aucune onde.

Corps noir (CN)


Un corps noir (CN) est caractérisé par une absorption totale de tout rayonnement incident et ceci pour toutes les
longueurs d’onde par conséquence sa température augmente. Il faut noter qu’un tel comportement n’est que
théorique (corps idéal) néanmoins, cette approximation nous sert de référence pour définir les propriétés radiatives
d’un corps réel.

Corps réel
Un corps réel est plus ou moins proche d’un corps noir suivant sa capacité d’absorption. Cette dernière ne sera plus
idéale comme dans le cas du corps noir et sera décrite par son émissivité "ε". Cette dernière dépend de plusieurs
facteurs à savoir la température, la direction du rayonnement, la longueur d’onde et la nature des matériaux employés
Elle sera toujours inférieure à 1 dans le cas du corps réel.

Lois mathématiques relatives au rayonnement thermique émis


L’énergie (appelée aussi Emittance monochromatique) émise par un corps noir (C.N) /unité de temps/unité de surface à
une longueur d’onde donnée et à une température T. Elle est aussi appelée densité spectrale de luminance du corps
noir. son expression est donnée par la loi de rayonnement de Planck :

= Densité spectrale de puissance rayonnée


par unité de surface en fonction de la
longueur d’onde.

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34

Avec:
-33 2
h = Constante de Planck= 0,65510 W.S
8
c = Vitesse de la lumière= 3.10 m/S
2 4 4 2
C1=2πc h =3,74 10 w.mm /cm
C2=(h.c/k) =1,44 cm.k
-22
k = Constante de Boltzman= 1,37210 W.S/K

Soit  le degré d’émission du corps réel.


= f(,T, état physique de la surface du corps, caractéristiques chimiques de la surface rayonnante).
,T = Energie émise par le corps réel/ Energie émise par le corps noir ≤1
= W/W,CN
A la même
température
d’où: W= ,T . W,CN

Le Flux total (Emittance totale) émis par un corps noir (C.N)/unité de surface est obtenu par intégration de la relation
rayonnement de Planck (présentée ci dessous) pour toutes les longueurs d’ondes (=0 à =∞) s'écrit :
.
WCN = .T4 AvecConstante de Stefan et Boltzmann = 5,6710 W/m .K
-8 2 4

= Puissance totale émise par unité de


surface dans toutes les directions.

L’Emittance totale/unité de surface pour un corps réel prend en compte le facteur de l’émissivité totale. Elle est
donnée par la loi de Stephan-Boltzmann:
.
W(T) =M (T)= . .T4

L’Emittance totale pour un corps réel s’écrit comme suit:

W(T) =M (T)= . .A.T4


A: étant la surface totale de l’objet (corps réel)
D’après la loi de Planck, l’Emittance monochromatique pour un corps réel /unité de temps/unité de surface à une
longueur d’onde donnée et à une température T s’écrit de la manière suivante:
C15 W .cm 2 
W ,T (, T )  M  ,T (, T )  L ,T (, T )  1 (, T ) C2

 m 

e .T  1
La mesure des températures passe par la détermination (mesure ou comparaison) de l'une des deux grandeurs
énergétiques (Emittance totale et Emittance monochromatique) pour le corps noir (CN) et pour le corps non noir- corps
réel(CNN). Par exemple la mesure de l'Emittance totale avec un pyromètres à radiation totale PRT(appelé aussi
pyromètre à rayonnement total) permet de mesurer la température d’un corps quelconque.

III.4.2.2 Mesure de la température d'un objet par pyrométrie optique

Principe
Le rayonnement calorifique émis par un objet quelconque (corps quelconque) dont on veut mesurer la température est
dirigé sur un capteur de température à contact : thermocouple, RTD ou une thermistance (Fig.45). Ainsi, le flux
thermique émis est focalisé sur le détecteur grâce à des dispositifs optiques (jeu de miroirs concaves et série de
lentilles). Le détecteur convertit cette énergie en un signal électrique fonction de la température de l’objet quelconque
permettant un raccordement aux systèmes de régulation de la commande de processus. La valeur de mesure peut faire
l‘objet d‘un affichage sur écran.

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(a) (b)
Fig.45 : Mesure de température par pyromètre à radiation
(a): Principe de mesure, (b) photo d'un pyromètre à infrarouge

Soit un corps quelconque (CQ) de température T = T1 à mesurer et un capteur de température (ici on a choisi un
thermocouple), auquel est fixé un corps noir de température T=T2 (ambiante = 22° C par exemple).

Si T1 >> T2 alors la puissance émise par le corps quelconque (CQ) est totalement absorbée par le corps noir qui
s’échauffe, la température T2 augmente alors jusqu’à une température C.
. .
Dans ce cas : W =W
CQ capt

Si le capteur est un thermocouple, après équilibre thermique entre C et a (ref) , le thermocouple est soumis à :
.
WCapt= Ac (C - a (ref))

: Coefficient d’échange thermique


Ac : Surface du corps noir

Si on revient à l'égalité des puissances précédente:


. .
.1. A1.T14 = = Ac (C - a (ref)) WCQ=Wcapt

D’où :

Gamme de température : 300 à 5000°C et plus (selon modèle)

Avantages
 Il permet une surveillance dans une large gamme température sans modification de la nature des objets à mesurés
 Son emploi peut se faire dans des environnements difficiles
 Facilité d’emploi
 Bonne précision
 Bonne fiabilité

Application : Mesure de température dans les fours de fonderies, les centrales nucléaires et les hôpitaux modernes
(température de malade contagieux)…

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Chapitre IV. Mesure de pression

IV. 1 Introduction

La pression tout comme la température, la vitesse ou le débit, intervient, en tant que variable, dans les phénomènes
liés aux fluides liquides ou gazeux et aux solides qui exercent ou subissent des pressions.

Si on considère les applications industrielles, où se posent, surtout, les problèmes de mesure, dont la mesure de
pression, on constate déjà qu’à lui seul le domaine énergétique absorbe une grande partie des instruments de mesure
de pression. Ce ci vient du fait que les installations hydrauliques, thermiques, nucléaires fournissant l’énergie
mécanique ou électrique, nécessitent la surveillance permanente des pressions à ne pas dépasser pour éviter
d’entraîner la détérioration d’enceintes et de canalisations et l’éclatement des parois menant vers des accidents graves
d’où l’intérêt de la mesure de la pression.

IV.2 Définitions

IV.2.1Définition de la pression (P)

Un corps liquide ou gazeux enfermé dans un récipient, qu'il remplit entièrement, exerce sur toutes les parois de
celui-ci une force dite de pression. La pression est une grandeur dérivée du système international. Elle est définie
comme le quotient d’une force par une surface :

P=F/S

F : Force agissant perpendiculairement à la surface S.

IV.2.2 Les différentes unités de pression

Le pascal (Pa), correspond dans le Système International (S.I.) à une pression uniforme exerçant sur une surface de
2 2
1m , une force totale de 1 newton. Donc 1Pa = 1N/m
5
Autre unité : le Bar, 1 Bar = 10 Pa

Fig.46 : Différentes unités de pression

psi= unité de mesure anglo-saxonne correspondant à la livre par pouce au carré « Pound per Square Inch ».

IV.2.3 Les différents types de pressions

 Le vide
Le vide est une pression inférieure à la pression atmosphérique. Le vide parfait correspond théoriquement à une
pression absolue nulle. Il ne peut être atteint, ni dépassé. Quand on s’en approche, on parle alors de vide
poussé.

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 La pression atmosphérique ou barométrique


C’est la pression ressentie en chaque point de la surface terrestre (pression exercée par l'atmosphère de la terre).
Elle est due au poids des couches d’air environnant le globe.

La pression atmosphérique varie avec :


 La température.
 La latitude (position % à la terre).
 L’altitude (position % à la mer).

La pression moyenne au niveau de la mer, à 0° C, est de 1,013 bars. Soit 760 mm Hg (mercure).

 La pression absolue (Pabs)


C’est une pression, positive, mesurée par rapport au vide absolu. Pour mesurer une pression absolue, il faut donc
faire un vide poussé dans une chambre dite de référence (au sein du capteur absolu).

Capteur absolu

Fig.47 : Capteur Absolu

Le vide est pris comme point de départ de l’échelle, 101325 Pa au niveau de la mer
La mesure de la pression est effectuée par rapport au vide

Utilisation
Les manomètres pour pression absolue sont utilisés pour la mesure de pression sans subir les variations de la
pression atmosphérique environnante.

 La pression relative ou effective(Pr)


C’est une pression, positive ou négative, exprimée par rapport à la pression atmosphérique. C’est la pression
habituellement mesurée par les manomètres par rapport à la pression atmosphérique (On l'appelle pression
manométrique) parce que la plupart des capteurs sont soumis à la pression atmosphérique et mesurent en relatif.

Pr = Pabs - Patm

 Si Pr est négative, elle est appelée dépression


 Si Pr est positive, elle est appelée surpression.

Capteur de pression relative

Fig.48 : Capteur de pression relative

La mesure de la pression se fait par rapport à une pression de référence (atmosphérique).

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On dit qu’un appareil est en pression lorsque la pression enregistrée est supérieure à la pression atmosphérique.

Exemples :
- Pression de refoulement d’un ventilateur ;
- Pression d’une chambre à air de pneu.

On dit qu’un appareil est en dépression lorsque la pression enregistrée est inférieure à la pression atmosphérique.

Exemples :
- Dépression d’un ventilateur à l’aspiration ;
- Dépression à l’aspiration d’une cheminée.

 Pression différentielle
C'est une différence entre deux pressions, dont l'une peut servir de référence. Une pression différentielle peut
prendre une valeur négative.

Capteur différentiel

Fig.49 : Capteur de pression différentielle

Le capteur mesure une différence de pressions.

Utilisation
Les manomètres pour pression différentielle sont utilisés pour mesurer la différence de pression de deux pressions
individuelles.

IV.2.4 Représentation schématique des différentes pressions

Fig.50 : Représentation des différentes pressions

IV.2.5 Pression pour les fluides (liquide et gaz)

Les fluides sont également soumis à la force de pesanteur. C'est pourquoi par exemple, dans le cas d'une colonne
liquide, contenue dans un tube ouvert, placé verticalement, la pression en un point M, à la distance h de la surface
libre, est égale à la pression atmosphérique po augmentée du poids de la colonne s’exerçant sur l'unité de surface
(pression hydrostatique).

À l’intérieur d’une colonne de fluide se crée une pression due au poids de la masse de fluide sur la surface
considérée. Cette pression est : P= .g.h

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Fig.51 : Pression à l'intérieur d'une colonne de fluide dans des récipients de formes différentes

Pour chacun des trois récipients, la pression au fond de ceux-ci est identique : P1 = P2 = P3 = P4 = .g.h + Pa
Pa: pression atmosphérique

IV.2.6 Pression hydrodynamique ou dynamique


Un fluide se déplaçant crée une pression supplémentaire (Pd) dite pression dynamique ou hydrodynamique :
1
Pd  V 2
2
V : Etant la vitesse de déplacement du fluide.

La pression totale est la somme de la pression hydrostatique, de la pression due aux forces extérieures et de la pression
hydrodynamique. Celle-ci a la même valeur en tous points pour un pour un fluide en mouvement horizontal
(incompressible de viscosité négligeable), c’est le théorème de Bernoulli.

IV.3 Différents types de capteurs de pression

Les différents capteurs de pression sont:

 Capteurs hydrostatiques ou manomètres à liquides


Manomètre à un seul liquide (tube en U)
Manomètre à un seul liquide avec réservoir
Manomètre à deux liquides
Manomètre à deux liquides et à deux réservoirs
Baromètre (mesure de pression atmosphérique

 Capteurs à déformation élastique


Manomètre à tube de Bourdon
Manomètre à séparateur
Manomètre à membrane
Manomètre à pression absolue
Manomètre à capsule
Manomètre à soufflet

 Capteurs électriques
Capteurs à jauges de contraintes (capteurs piézorésistifs)
Capteurs à variation de capacité (capacitifs)
Capteurs à variation d’induction (inductifs)
Capteurs à variation de tension (potentiométriques)
Capteurs piézoélectriques

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IV.4 Constitution des capteurs de pression


Dans tous les cas, les capteurs de pression peuvent se ramener au schéma synoptique ci-dessous.

Fig.52 : Schéma synoptique de représentation d'un capteur de pression

Le corps d'épreuve est l'élément mécanique qui lorsqu’il est soumis aux variations de la grandeur à mesurer transforme
celles-ci en grandeur physique mesurable.

IV.5 Capteurs hydrostatiques ou manomètres à liquides

On trouve, parmi ces instruments le plus simple de tous les indicateurs de pression de l'industrie, le manomètre à
liquide. Lorsque les pressions statiques sont faibles et que seule une indication visuelle est requise, on se sert de
manomètres visuels. La figure ci-dessous montre respectivement les manomètres à tube en U, à puits (ou réservoir) et
incliné. Dans le cas de pressions élevées, on se sert de mercure comme liquide. Dans ce cas, c'est la position d'un
flotteur à la surface du mercure qui définit le niveau de mercure, lequel à son tour définit la pression requise pour lui
faire atteindre ce niveau.

Fig.53 : Exemples de capteurs hydrostatiques


IV.6 Capteurs électriques

Le principe général sur lequel sont basés ces capteurs repose sur l'utilisation d'un effet physique.

Deux catégories de capteurs électriques existent à savoir :


 Les capteurs passifs
 Les capteurs actifs

Capteurs passifs : basés sur l'action indirecte de la pression

L'effort de pression engendre la déformation d'une membrane qui est suivie d'une détection et d'une mesure de la
déformation.

Dans cette catégorie on trouve :


 Les capteurs à jauges extensométriques (à variation de résistance)
 Les capteurs capacitifs (à variation de capacité)
 Les capteurs inductifs (à variation d’inductance)
 Les capteurs potentiométriques (à variation de tension)

Capteurs actifs : basés sur l'action directe de la pression

Dans cette catégorie on trouve :


 Les capteurs piézorésistifs (à variation de résistance)
 Les capteurs piézoélectriques (utilisant l’effet piézoélectrique)

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IV.6.1Capteurs passifs

IV.6.1.1 Capteurs à jauges extensométriques ( jauges de contraintes à variation de résistance)

Rappels

Un matériau soumis à une force (F) ou une pression (P) subit des contraintes mécaniques () produisant une
déformation (). Les principales contraintes sont dues aux sollicitations de traction, de compression, de flexion, de
torsion ou de cisaillement. La déformation () est exprimée par le rapport entre la variation d’une dimension et sa
valeur initiale.

Une déformation peut être définie comme le rapport entre la variation de longueur du matériau par rapport à sa
longueur d’origine.

L/L

La déformation n’a pas d’unité de mesure puisque c’est le rapport d’unité de longueur sur même unité de longueur.
Il existe des déformations positives et des déformations négatives.

Exemple : Soit une pièce (matériau) allongée de section constante S


 si elle est soumise a une traction : la déformation est positive.
 Si elle est soumise à une compression la déformation est négative

+L

-L

L+L L-L

= L/L = -L/L

Fig.54 : Déformation d'un matériau

L'effort de traction se traduit par une déformation positive (allongement). La section (S) du matériau diminue en
vertu de la loi de Poisson. Le rapport entre l’allongement unitaire, qui est définit par le rapport ∆L/L, et le
changement de section est défini par la loi de Poisson :

∆L/L = -2. S/S

étant le coefficient de Poisson


Le signe "moins" dans la formule indique que la section diminue avec l’allongement.

Fig.55 : Matériau subissant un effort de traction

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Effet piézorésistif
La résistance électrique d’un fil cylindrique soumis à une traction s'écrit comme suit
L
R 4 L
S R
D 2
D 2
S 
4

D: diamètre du fil

On obtient par calcul différentiel :


dR d dL dD
  2
R  L D
Le calcul complet permet d'écrire:

R L
k
R L

Ainsi la variation de résistance d'un fil électrique est proportionnelle avec la variation relative de longueur (appelée
élongation). Cette propriété permet de décrire l'effet piézorésistif des fils métalliques. Ainsi, si le facteur k est élevé
pour un matériau donné, l'effet piézorésistif est important.

Jauges de contraintes
Une jauge de contrainte métallique peut être réalisée à partir d’un fil métallique fin. Sa variation de résistance (suite
à une contrainte subie par la jauge) est donc proportionnelle à la variation de longueur. Ainsi, si une jauge
métallique est collée sur une surface déformable, sa résistance variera proportionnellement à la variation de
longueur du matériau qui la supporte (matériau de la surface déformable).

R L
jauge  k
R L

Avec :

k = 1+2

k est appelé facteur de jauge. Il dépend du métal utilisé.

La plupart des matériaux, tels que ceux utilisés pour les jauges de contrainte à fils métalliques (fabriqués en
Constantan) ont un facteur de jauge k2. Ce qui signifie qu’il y a une petite variation de la résistivité du matériau
sous contrainte mais pas suffisamment importante. L’effet piézorésistif est donc faible. Par contre, pour d’autres
matériaux (semi-conducteurs), la variation de la résistance est importante avec la contrainte, c’est ce que l’on
appelle l’effet Piézorésistif.

D'une manière générale les matériaux ayant une grande variation de résistance sous contrainte sont appelés
matériaux Piézorésistifs.

Mesure de pression par jauges de contraintes (jauges extensométriques)


Nous avons vu précédemment qu'une force de pression entraîne la déformation (d'un corps (métallique ou semi-
conducteur). Pour mesurer cette déformation (conséquence de la force de pression) on utilise des jauges de
contraintes. La jauge la plus courante est la jauge de contrainte métallique encollée.

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Technologie des jauges à fil

Jauges à fil
Les jauges de contraintes, parfois nommés jauges extensométriques ou jauges de déformation, sont les éléments
sensibles d’un capteur dans lequel une modification dimensionnelle est traduite par une variation de résistance
(Fig.56). Le corps d’épreuve est une pièce mécanique (membrane ou autre) qui se déforme sous l’influence de la
force de pression à mesurer.

Fig.56 : Jauge de contrainte et variation de sa résistance


Sous la forme la plus simple, une jauge résistive est constituée d'un fil conducteur très fin (de diamètre faible 12μm)
collé sur un support très mince (papier fin poreux de 0.1mm d'épaisseur) ou assez souvent un film polyamide. Les
brins de fil constituant la jauge étant principalement alignés suivant la direction de mesure, on peut admettre que le
fil subit les mêmes déformations que la surface sur laquelle la jauge est collée si le collage est efficace. Les jauges
sont protégées contre la corrosion et l’humidité à l’aide d'un vernis, de résines d´époxy ou d'élastomères silicones.

Fig.57 : Jauges de contrainte à fil

Jauges à trame pelliculaire


Actuellement, on réalise surtout des jauges à trame pelliculaire suivant la technique de fabrication des circuits
imprimés permettant notamment d’obtenir :
 des jauges de dimensions plus faibles utiles pour faire des mesures plus localisées des contraintes,
 un meilleur contact thermique avec la structure et une meilleure dissipation thermique de l’effet Joule.

Fig.58 : Jauge de contrainte à trame pelliculaire


Ainsi, le fil est alors remplacé par un conducteur mince et plat (brins de jauge de 3μm de largeur séparés par moins
de 2μm)obtenu par photogravure.

Jauges à semi-conducteur
On peut utiliser le silicium comme matériau de jauge à la place du fil (alliage) métallique afin d'avoir un facteur de
jauge élevé par rapport à celui des jauges métalliques et aussi de bénéficier des possibilités récentes de fabrication
de l’ensemble du capteur en silicium. Un autre avantage serait d'éviter toutes les opérations de montage des jauges
sur une membrane. Malheureusement, le silicium possède un inconvénient majeur celui d’avoir un fort coefficient
de dérive thermique, ce qui réduit l'utilisation de telles jauges.

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Fig.59 : Jauges à semi-conducteur


Mesure de la pression
Soit R0, la résistance du conducteur constituant la jauge métallique de section S et de longueur l : R0=0l/S
Une variation de longueur (suite à la déformation engendrée par la force de pression) provoque une variation de
résistance selon la formule essentielle de l’extensomètrie:
R/R0 =(R-R0) R0 /=k
R= k R0  
R: résistance du conducteur après déformation
R0: résistance du conducteur avant déformation
Dispositif de mesure

Fig.60 : Dispositif de mesure : (a) Enceinte de mesure-coupe transversale, (b) : membrane (vue de dessus)
Principe de mesure
Pour mesurer une pression à l'aide de jauges de contraintes, on colle deux jauges identiques : R3 et R4 au centre de
la membrane (où la déformation suite à l’action de la pression d’entrée P e est maximale). Sur la périphérie de cette
membrane (où la déformation est très faible), on colle deux autres jauges identiques : R2 et R1 (ayant des
coefficients de températures identiques à ceux des jauges R3 et R4). Ces deux jauges ont pour rôle de compenser
l’influence de la température du milieu sur la mesure de pression.

Suite à une variation de température, les jauges voient leurs résistance électrique varier:
R/R  k’.

Comme le principe de la mesure repose sur la variation de la résistance des jauges en fonction de la déformation (),
une erreur de mesure surviendra avec la variation de résistance des jauges en fonction de la température. Pour
supprimer cette influence de température, on utilise un montage en pont de Wheatstone (Fig.61) qui agit aussi
comme conditionneur puisqu'il permet de convertir la variation de résistance en une tension électrique.

Pont de mesure
Le pont de Wheatstone est donc constitué des quatre jauges de résistance identique en l’absence de contrainte.

Fig.61 : Pont de Wheatstone de conditionnement

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Suite aux variations des résistances des jauges, le pont se déséquilibre (apparition d’une tension U s dans la
diagonale).
On montre que : Us = (U0/2).k.
La tension obtenue (Us) est donc proportionnelle à la déformation donc à la pression à mesurer Pe.

Avantages
 Grande précision
 Bonne linéarité
 Gamme de température élevée
 Très utilisées en industrie
 Permettent de mesurer aussi bien une pression absolue, relative ou différentielle

Inconvénients
 Jauges collées (incertitude de transmission, fluage*, hystérésis, vieillissement)
 Temperature: facteur de jauge, colle

* Fluage: Phénomène physique qui provoque la déformation irréversible différée (c'est-à-dire non-instantanée) d'un matériau soumis à une
contrainte constante.

Remarque : Il existe des jauges à semi-conducteur dont le facteur de jauge est de 100 à 200 mais elles ont une
linéarité inférieure et une forte sensibilité à la température.

IV.6.1.2 Capteurs à variation de capacité (capacitifs)

Rappels
Chaque condensateur peut être caractérisé par la quantité d'électricité qu'il peut posséder. Cette quantité
d'électricité Q (unité : le coulomb) dépend de la tension U présente à ses bornes et de sa capacité électrique
(symbole C).

Q = C ⋅U

La capacité électrique C se mesure donc en coulomb par volt, unité de mesure à laquelle fut donné le nom de farad
(symbole F). Cependant, le farad correspond à des capacités gigantesques. En pratique, on utilise souvent les sous-
multiples du farad soit :
 Le microfarad (symbole µF, 10 F).
-6

 Le nanofarad (symbole nF, 10 F).


-9

 Le picofarad (symbole pF, 10- F)


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Condensateur plan
La capacité d'un condensateur plan est donnée par la formule:
S
C  0 r
d

Fig.62 : Condensateur plan

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C: Capacité en F
−12
ε0 : Permittivité du vide = 8, 8510 F/m
εr : Permittivité du milieu diélectrique (isolant)
S: Surface des électrodes (armatures) en m²
d: Distance entre les électrodes en m (épaisseur du diélectrique)

L'impédance de sortie d'un condensateur est donnée par l'expression:


. .
ZC=1/jCw= 1/j C (2 π.f); |ZC|= 1/2 π.f.C

Principe de mesure de pression


La différence de pression entraîne la variation de l’épaisseur entre les électrodes, d’où une variation de la capacité
de la cellule.

La pression à mesurer s’exerce sur l’électrode déformable (diaphragme) et la compresse faisant varier ainsi la
distance "e". Cette variation de "e" entraîne une variation de la capacité "C". On note alors une corrélation entre la
variation de capacité "C" et la variation de pression.

Fig.63 : Principe de la mesure par capteur capacitif

A noter que le signal n'est pas utilisé tel quel. Ainsi on place ce condensateur :
 dans un circuit oscillant permettant de récupérer une fréquence fonction de la variation de capacité (donc de
la pression) ou bien,
 dans un pont de Wheatstone en alternatif pour convertir la variation de capacité (donc la pression) en un
signal électrique.

Avec ce type de capteur, la précision de mesure est de l’ordre de 0,5% de l’entendue de mesure.
IV.6.1.3 Capteurs à variation d'inductance (inductifs)

Rappels
Un bobinage de fils conducteurs, parcouru par un courant électrique (I), crée un champ magnétique (B). On peut
canaliser les lignes de champ en ajoutant un circuit magnétique . Dans ce dernier cas, on peut écrire :

N×I=R×Φ
Avec:
N : nombre de spires ;
I : courant en A ;
−1
R : reluctance du circuit magnétique en H ;
Φ : flux traversant les spires en Wb.

Fig.64 : Lignes de champ magnétique

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Principe de fonctionnement : Un noyau magnétique se déplace à l’intérieur d’une bobine (sous l’effet de la pression
à mesurer). Ce déplacement entraîne une variation de l’inductance de la bobine (L AB). Cette variation de LAB est
fonction du déplacement du noyau lui-même fonction de la pression exercée (à mesurer).

Fig.65 : Capteur inductif


Avantages
- Faible hystérésis*,
- Très bonne résolution,
- Signal de sortie élevé.
Inconvénients
- Sensible aux chocs et aux vibrations

* : hystérésis : Soit "C" une grandeur cause produisant une grandeur effet "E". On parle d' hystérésis lorsque la courbe E = f(C) obtenue avec
des valeurs croissantes de "C" ne se superpose pas avec celle obtenue avec des valeurs décroissantes de "C". Ce phénomène
est dû généralement au fait que les variations de "E" se font avec un certain retard par rapport à celles de "C", ce retard
produisant des discontinuités lors des inversions de la variation de C (passage des valeurs croissantes aux valeurs
décroissantes). On retrouve ce phénomène dans les cycles d'aimantation et de désaimantation des matériaux
ferromagnétiques.

IV.6.1.4 Capteurs à variation de tension (potentiométriques)

Principe de fonctionnement
Lorsque l’intérieur d’un tube de Bourdon est soumis à une pression supérieure à la pression ambiante, le tube se
déforme ; sa section s’arrondit ce qui tend à dérouler le tube. Cette déformation est utilisée pour déplacer le
curseur d’un potentiomètre linéaire aux bornes duquel une tension constante est appliquée. La tension recueillie
entre le curseur et le point commun du montage varie proportionnellement avec la différence de pression qui existe
entre le tube de Bourdon et le milieu ambiant.

Fig.66 : Principe de la mesure de pression par tube de Bourdon


Pour un potentiomètre de résistance totale "R" alimenté par une fém. "E", la tension entre le curseur et l’une de ses
extrémités est :
R( X )
V E
R

R(x) étant la résistance entre le curseur et l’une des extrémités du potentiomètre.

Par ailleurs, la proportionnalité entre:


 La pression "P" à mesurer et la déformation du corps d’épreuve;
 La déformation du corps d’épreuve et le déplacement (X) du curseur;
 Le déplacement X du curseur et la résistance R(x).

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Permet d’aboutir à la relation suivante entre la tension aux bornes du curseur et une de ses extrémités (V) et la
pression à mesurer (P):

V = k. E. P avec k : une constante.

Donc la mesure de V permet de déterminer la pression P.

Avantages
 Réponse linéaire,
 Economique,
 Fournit un signal de sortie de niveau élevé sous faible impédance.
Inconvénients
 Précision limitée.

IV.6.2 Capteurs actifs

IV.6.2.1 Capteurs piézorésistifs à semi-conducteurs

Les jauges à semi-conducteur sont intégrées dans un film souple qu’on peut coller sur un support rigide. Les
fabricants de circuits intégrés ont développé des capteurs de pression composites d'emploi aisé. Ces appareils
intègrent généralement un diaphragme (membrane) semi-conducteur, sur lequel une jauge de contrainte à semi-
conducteur et un capteur de compensation de température ont été ajoutés. Un circuit intégré permet de
conditionner les signaux de manière appropriée, fournissant une tension DC ou un courant d’intensité linéairement
proportionnelle à la pression sur une gamme donnée.

Fig.67 : Exemple de capteur piézorésistif à semi-conducteur

IV.6.2.2 Capteurs piézoélectriques

Rappels
La piézoélectricité (du grec « piézein » presser, appuyer) est la propriété de certains corps de se polariser
électriquement sous l’action d’une force : des charges apparaissent sur les faces du cristal. Inversement ces
matériaux se déforment lorsqu'ils sont soumis à une tension.

F F

Apparition de Apparition de
charges charges Générateur Générateur
de tension de tension

F F
Effet direct Effet indirect

Fig.68 : Effet piézoélectrique direct et inverse

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La piézo-électricité du quartz a été découverte en 1880 par les frères Pierre et Jacques Curie. Ils ont montré que le
quartz soumis à une tension électrique, vibre à une fréquence très stable et bien définie. C'est pour cette propriété
que le quartz est utilisé pour fabriquer les montres et les horloges : en appliquant au quartz une tension provenant
d'une pile, celui-ci vibre et permet la mesure du temps.

Matériaux piézoélectriques naturels

Fig.69 : Photos de corps piézoélectriques naturels

Matériaux Artificiels
 Titanate de Baryum
 Titanate de Plomb
 Titanate Zirconate de Plomb (PZT)

Capteurs piézoélectriques
Les capteurs piézoélectriques sont utilisés pour des mesures dynamiques.

Fonctionnement
Tout matériau piézoélectrique (cristal de quartz par exemple) qui subit une force normale (une pression) sur une
face latérale voit apparaitre une charge électrique sur cette face.
PFQU

Q .F ; = module piézoélectrique

Le capteur piézoélectrique est équivalent à un condensateur de capacité : C0=.S/d

Fig.70 : Capteur piézoélectrique


Dispositif de mesure de pression par capteur piézoélectrique

Fig.71 : Enceinte de mesure de pression utilisant un cristal piézoélectrique

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Schéma électrique équivalent

Fig.72 : Capteur actif à élément piézoélectrique

Caractéristiques
• Excellente dynamique temporelle
• Haute plage de pression

Attention : A cause de la capacité du câble, la tension Ux est faible

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Chapitre V. Mesure de niveau

V.1 Introduction
La mesure de niveau de matériaux solides et liquides est très courante en milieu industriel. Ainsi, les capteurs de niveau
font partie intégrante, depuis des décennies, des processus de production car ils participent à la gestion et au contrôle
de ces processus industriels dans différents secteurs tels que ceux de :
- la chimie,
- la pétrochimie,
- l’industrie alimentaire et des boissons,
- l’électronique (semi-conducteurs),
- l’industrie pharmaceutique,
- l’environnement et de bien d'autres secteurs d'activités.

En effet, le besoin de mesure de niveau peut être motivé par le soucis d'évaluation de stocks de matière et, d'une
manière plus générale, d'évaluation de quantités de matière (niveaux des réservoirs de stockage dans l'industrie
pétrolière, chimique, agro-alimentaire,...), afin de s’assurer des conditions normales de fonctionnement d’un système
(niveau dans le ballon d’eau chauffée pour une chaudière, niveau d’eau dans un réacteur nucléaire, ...). Les capteurs de
niveau sont aussi utilisés dans des industries faisant intervenir des substances complexes, comme les liquides visqueux
(sirop, colle, encre...) et les liquides moussants (pulpe, liquides hydrauliques, savon, ...), des liquide ou gaz dangereux
(inflammables-explosifs) nécessitant des mesures de sécurité particulières et impliquant l'utilisation de capteurs
spécifiques (capteurs sans contact) et précis.

Par ailleurs, lors du choix d’un capteur de niveau on doit savoir si:
 la mesure se fait dans un réservoir étanche ou non.
 la mesure de niveau est en plein air, sur un bassin ou un canal.
 la nature du produit concerné par la mesure de niveau (solide ou liquide).
 le capteur peut être en contact ou non avec le produit dont on mesure le niveau.

Les capteurs de niveau peuvent être classifiés selon la méthode de mesure. Ainsi, on distingue les capteurs et
détecteurs de niveau basés sur une méthode de mesure:
Visuelle / optique Par Rayonnement:
 Tube de verre  Capteur par rayons gamma
Hydrostatique  Capteur ultrasonique (à ultrasons)
 Flotteur  Détecteur optique
 Plongeur  Radar
 Palpeur électromécanique  Capteur par hyperfréquences
 Capteur de pression 
 Capteur par bullage Calorique
Électrique  Thermistance
 Sonde conductrice
 Sonde capacitive

V.2 Mesure de niveau à l’aide des méthodes visuelles


L’observation visuelle est la méthode la plus simple pour connaître le niveau dans une cuve. Elle consiste à constater
visuellement le niveau à travers une fenêtre étanche disposée, par exemple, dans la paroi de la cuve.

V.3 Mesure de niveau à l’aide des méthodes hydrostatiques


Ces méthodes sont applicables aux liquides et le paramètre mesuré est une fonction de la hauteur.
Rappels :

Dans un liquide homogène, en équilibre, la pression est la même en tout point d’un même plan horizontal. Ainsi la
pression relative au fond du réservoir est proportionnelle au niveau de celui-ci. La mesure de cette pression nous
informe directement sur le niveau de liquide, mais dépend, de la masse volumique du liquide.

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
L

P=.g.L

Fig.73 : Réservoir Lrempli d'un liquide homogène

V.3.1 Mesure de niveau par Flotteur


Rappels
Poussée d'Archimède
C’est la force particulière que subit un corps plongé en tout ou en partie dans un fluide (liquide ou gaz) soumis à un
champ de gravité.
On parle aussi du principe d'Archimède et on le présente assez fréquemment de la façon suivante : « Tout corps
plongé dans un fluide au repos, entièrement mouillé par celui-ci (immergé) ou traversant sa surface libre, subit une
force verticale d’intensité égale et de direction opposée au poids du volume de fluide déplacé- dirigée de bas en haut-
(ce volume est donc égal au volume immergé du corps ».

Ainsi, si l'on considère un cube soumis à la force de pesanteur "Fp" et plongé dans de l'eau, il subira une poussée
d'Archimède "FA" de direction opposée à cette force de pesanteur. Selon la densité moyenne du cube, pour un même
volume, la force "Fp" ne sera pas la même mais la force "FA" ne changera pas. Le cube flottera si : FA>Fp et coulera si
FA<Fp .

Fig.74 : Principe d'Archimède

La poussée d'Archimède explique donc pourquoi des bateaux flottent ou pourquoi des montgolfières peuvent s'élever
dans les airs. Elle explique également comment on peut contrôler sa flottabilité en plongée en gonflant ou dégonflant
d'air un gilet stabilisateur.

FA = ρ.g.V

où :

FA : est la force d’Archimède ;

Avec:
ρ : est la masse volumique du liquide ;
2
g : est l’accélération de la pesanteur, soit 9.81 m/s et
V : le volume de la fraction du corps immergé (= volume de liquide déplacé).

C’est ce phénomène que l’on exploite dans les flotteurs.

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Le flotteur existe en deux versions :


1) En détecteur de niveau
2) En capteur de niveau.

Flotteur en détecteur de niveau

Fig.75 : Schéma de principe et photos d’un détecteur de niveau à flotteur

Exemple : Surveillance de niveau de remplissage dans un réservoir d'eau

La détection de niveau haut va permettre de stopper un remplissage dans un réservoir (via une action mécanique de
fermeture de la source de remplissage) afin d’éviter que ce dernier ne déborde. Ainsi, la détection de niveau bas va
permettre de stopper l'extraction du liquide, ce qui permet de garder un volume minimum dans le réservoir.
L'association d'une détection de niveau haut et d'une détection de niveau bas permet d'automatiser le remplissage et
le vidage des réservoirs.

Les détecteurs de niveau sont des systèmes ayant en général un coût moins élevé que celui des dispositifs de mesure
continue. Cependant, ces systèmes doivent être très fiables car ils conditionnent la sécurité des personnes et des
installations.

Flotteur en capteur de niveau


Lorsque le flotteur participe à la mesure du niveau, il devrait être inséré dans un puits de tranquillisation (guide) pour
éviter qu’il soit soumis à l’agitation du liquide dans le réservoir. Le flotteur se maintient à la surface du liquide, il est
rendu solidaire d'un capteur de position qui délivre un signal électrique correspondant au niveau. Sa position est peu
dépendante de la masse volumique du liquide. La mesure devient ensuite une mesure d'un déplacement ou la
détection d'une position(Fig.76-b). Le flotteur peut aussi être relié à un système de poulies avec un contrepoids et un
index se déplaçant lelong d'une échelle graduée permettant une lecture directe du niveau (Fig.76-a).

(a) (b)
Fig.76 : Mesure de niveau par flotteur
Caractéristiques
 Technologie non adaptée aux liquides très visqueux susceptibles d'adhérer aux parois du flotteur, modifiant
ainsi son poids et par conséquent sa profondeur d'immersion.
 Utilisables aussi bien dans les réservoirs ouverts, fermés, sous pression qu'en extérieur sur les puits, canaux...
 La mesure peut être faussée lorsque la densité du fluide varie.
 Gamme de mesure : 10 mm à plusieurs mètres (30 m).
 Précision : 0,5 à 5% de l'étendue de mesure

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V.3.2 Mesure de niveau par Plongeur


La mesure de niveau avec un plongeur repose sur la mesure de son poids apparent, car celui-ci varie en fonction de la
longueur immergée du plongeur. Contrairement au flotteur qui se déplace avec le liquide, le plongeur est une
installation fixe. C'est un cylindre immergé dont la hauteur est au moins égale à la hauteur maximale du liquide dans
le réservoir. Le plongeur est suspendu à un capteur de force qui se trouve soumis à une force F (poids apparent), qui
est fonction de la hauteur h du liquide.

Fig.77 : Mesure de niveau par plongeur


Bilan des forces
Le plongeur est attiré vers le bas par la gravité : FPl = m.g

Avec :
FPl : la force de gravité subie par le plongeur ;
m : la masse du plongeur;
2
g : l’accélération de la pesanteur =9.81 m/s

Mesure dans un réservoir ouvert

Fig.78 : Mesure de niveau par plongeur


La fraction immergée du plongeur est soumise à la force d’Archimède:

FA = ρ. g.V = ρ.A.h.g;
V=A.h

Avec :
A : la section du plongeur ;
h: la longueur immergée du plongeur
ρ : la masse volumique du liquide.

Le poids apparent (FAppt) qui en résulte est représenté par la force :

FAppt = FPl − FA = mg − ρ.A.h.g

De la mesure du poids apparent FAppt (par un capteur de force) , on peut déduire la longueur immergée h du plongeur:
mg  FAppt m FAppt
h  
. A.g . A . A.g

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Mesure d’une interface entre deux liquides dans un réservoir où le niveau est constant
Le plongeur peut être utilisé pour mesurer le niveau de l’interface entre deux liquides (H-h) de densités différentes
(1 et 2).

Fig.79 : Mesure par plongeur d’une interface entre deux liquides avec un niveau global constant

FA = ρ1A(H − h)g + ρ2A.h.g


Avec :
ρ1 : la densité du liquide le moins dense ;
ρ2 > ρ1 : la densité du liquide le plus dense ;
H : la longueur totale immergée du plongeur
h: la longueur immergée dans le liquide de densité ρ 2
Le poids apparent est alors :

FApp = FPl − FA= mg − (ρ1A(H − h)g +ρ2A.h.g)

On peut trouver alors la hauteur h de l’interface :


mg  FAppt  1. A.H .g
h
(1   2 ) A.g

Caractéristiques
• Le plongeur subit de la part du liquide, une force qui est dépendante du niveau d'immersion.
• Le plongeur de forme cylindrique est peu sensible aux oscillations de niveaux autour d'un point d'équilibre. Il
convient aux liquides très visqueux.
• Permet la mesure du niveau de l’interface de deux liquides de densités différentes.
• Plage de mesure réduite : 30 cm à 6 m maximum.
• Bonne précision (mieux que ±0.5 % EM).

V.3.3 Mesure de niveau par Palpeur


Le palpeur est un appareil dont le principe de fonctionnement est très simple. Il s’apparente à celui utilisé
anciennement par les marins pour déterminer la profondeur des eaux dans lesquelles leur navire circulait. En
attachant un poids au bout d’une corde et en la descendant dans l’eau, le marin pouvait déterminer la profondeur en
mesurant la longueur de corde qu’il fut nécessaire de dérouler avant que le poids touche le fond.

Mesure traditionnelle
Le principe est le même car un poids est descendu manuellement jusqu’à ce que l’on touche le produit, puis on
mesure la longueur de câble déroulé. Cette mesure est répétée périodiquement et n’est donc pas continue comme le
serait la mesure avec un flotteur.

Remarque : Le poids mis au bout de la corde est adapté au produit dont on désire mesurer le niveau. Pour la mesure
d’un niveau de liquide, c’est un flotteur. Quant à la mesure de niveau de solide, cela dépend de la nature de ce solide.

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Sac
En parapluie
Normal

Flotteur oval
Cage Cloche
Fig.80 : Différentes formes de contrepoids

Mesure par palpeur électromagnétique


Il est constitué d'un contrepoids suspendu à l'extrémité d'un câble. Un moteur permet de dérouler ce câble jusqu'à ce
que le contrepoids entre en contact avec ce liquide. A cet instant, la tension du câble se relâche actionnant un
commutateur qui inverse le sens de rotation du moteur. Durant la descente du palpeur, des impulsions sont générées
à intervalles réguliers. Le comptage des impulsions permet l'obtention du niveau.

Fig.81: Mesure de niveau par palpeur électromagnétique

Caractéristiques
• Mesure de niveau liquide et solide ;
• Mesure par contact (Eviter de mesurer pendant le remplissage).
• Coûteux (plus coûteux que les dispositifs à flotteur ou à plongeur).
• Utilisés pour les installations sur canal ouvert, réservoir de stockage de raffinerie.
• Portent également le nom de sondes affleurantes.
• Gamme de mesure : jusqu'à 70 mètres.
• Très bonne précision (± 1 cm et parfois (± 1 mm )

V.3.4 Mesure de niveau par capteur de pression


Lorsqu’un réservoir est rempli de liquide, les parois du réservoir à une profondeur « h » sous la surface du liquide
subissent une pression hydrostatique PHydro que l’on calcule comme suit :

PHydro = ρ.g.h

Avec :
ρ : la masse volumique du liquide.
2
g = 9.81 m/s , l’accélération de la pesanteur.

Cette pression est une pression relative.

Mesure de niveau d'un liquide dans un réservoir non-étanche


Lorsque le réservoir n’est pas étanche (ouvert à l’air libre), on utilise un capteur de pression relative (placé au fond du
réservoir), car la pression subie par le capteur est la somme de la pression hydrostatique et de la pression
atmosphérique poussant sur la surface du liquide :

P=PHydro+PAtm =  . g . h +Patm

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Fig.82 : Mesure de niveau par capteur de pression relative dans un réservoir non-étanche

La pression de référence est la pression atmosphérique PAtm.

Pmesurée = P - PAtm =  . g . h

Pmes
Donc : h 
.g
On voit bien que la hauteur h à mesurer est proportionnelle à la pression mesurée à l'aide du capteur de pression.

Mesure de niveau d'un liquide dans un réservoir étanche

Dans le cas ou le réservoir est étanche (fermé), le gaz cumulé entre la surface du liquide et le haut du réservoir exerce
une pression PGaz différente de la pression atmosphérique. Dans ce cas, pour mesurer le niveau, il faudra utiliser un
capteur de pression différentielle.

Une des entrées du capteur de pression subira la pression : PHydro + PGaz et il faudrait avoir sur l’autre entrée PGaz pour
que la sortie (Pmesurée) soit proportionnelle à PHydro (.g.h) donc à h.

Si le gaz au dessus du liquide est difficilement condensable, on peut utiliser l’approche de la colonne sèche. Il suffit de
connecter l’entrée haute pression du capteur de pression différentielle au bas du réservoir, qui subira la pression:
PHydro +PGaz , et le coté basse pression par une conduite allant au haut du réservoir pour être soumis à la pression PGaz.
On parle alors d’une mesure avec une colonne sèche.

Fig.83 : Mesure de niveau dans un réservoir étanche (gaz au dessus du liquide est difficilement condensable)

Si le gaz au dessus du liquide est facilement condensable, il ne faut pas utiliser l’approche de la colonne sèche, car
celle-ci se remplira de liquide en raison de la condensation du gaz. Dans ce cas, il faut utiliser l’approche de mesure
avec la colonne mouillée. On branche alors le coté basse pression du capteur de pression différentielle au réservoir et
le coté haute pression à la colonne mouillée qui sera branchée au haut du réservoir.

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Fig.84 : Mesure de niveau dans un réservoir étanche (gaz au dessus du liquide facilement condensable)

La colonne mouillée étant remplie de liquide (en raison de sa condensation), la pression subie du coté haute pression
sera :
PHP = ρ.g.H + PGaz

Avec :
H : la hauteur de liquide dans la colonne mouillée (= à la hauteur de la colonne mouillée car on s’assure qu’elle soit
toujours pleine en installant un condenseur par exemple), son trop plein se vidant dans le réservoir.

La différence de pression ∆P (= PHP − PBP) sera alors égale à:

∆P = PHP − PBP = ρ.g.H + PGaz − (ρ.g.h + PGaz) = ρ.g.(H − h)

La sortie du capteur de pression est donc proportionnelle à la différence de hauteur (H−h) de liquide entre la colonne
mouillée et le réservoir.

Mesure d’une interface entre deux liquides dans un réservoir non étanche

Tout comme le plongeur, un capteur de pression peut être utilisé pour mesurer le niveau d’une interface entre deux
liquides de masses volumiques différentes. Si le niveau du réservoir est constant (vidange par un trop plein), on peut
faire une mesure d’interface.

Ainsi : Pmes = ρ1.g(H − h) + ρ2.g.h = ρ1.g.H + (ρ2 − ρ1)g.h


 1.g.H
Donc : h  P mes
(  2  1 ) g

Pmes

Fig.85: Mesure d'une interface dans un réservoir non étanche


Avec :

ρ1: la masse volumique du liquide le moins dense ;


ρ2: la masse volumique du liquide le plus dense ;

ρ2 > ρ1

H : la hauteur totale de liquide au dessus du capteur de pression;


h : la hauteur de liquide de masse volumique ρ2 au dessus du capteur de pression.

Remarque :
Dans le cas où le niveau dans le réservoir est variable, il faut utiliser deux capteurs de pression.

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Caractéristiques
La précision de cette approche de mesure du niveau d’un liquide dans un réservoir dépend de la précision du capteur
de pression et de la précision avec laquelle la densité (masse volumique) du liquide est connue.

V.3.5 Mesure de niveau par bullage-capteur à bulles ou limnimètre à bulles


Le bullage est une technique peu onéreuse et très utilisée. La précision obtenue sur la mesure de niveau est de l’ordre
de 0,1% de l'étendue de mesure.
Dispositif de mesure :
Le système de mesure comporte :
 Une canne d’injection.
 Un manomètre mesurant la pression d’air de bullage.
 Un contrôleur de débit visuel (dit bulleur).
 Un régulateur de débit qui agit de manière à avoir un débit très faible.

Fig.86 : Mesure de niveau par capteur à bulles ou limnimètre à bulles

Principe :

le principe de mesure consiste à injecter dans un petit tuyau plongé verticalement sous la surface du liquide à son
extrémité supérieure (qui dépasse la surface du liquide), un débit d’air (donc une pression) au point le plus bas de la
colonne de liquide dont on veut mesurer le niveau. Lorsque la pression à l’autre extrémité du tuyau atteint la pression
hydrostatique du liquide (ceci est obtenu en agissant sur le débit d’air donc sur la pression d'injection), on assiste à
l'apparition de bulles (phénomène de bullage) qui sortent du tuyau et remontent dans le liquide. A ce moment là on
dit qu'il y a équilibre entre la pression de sortie d’air (P) et la pression hydrostatique (Pd) ce qui se traduit
mathématiquement par l'égalité de ces deux pressions à partir de laquelle on déduit la valeur du niveau (L) du liquide
dans le réservoir:

P= Pd =g.L  L  P
 .g
La valeur de la pression (P) de sortie d’air (celle qui permis d'avoir le bullage) est indiquée par le manomètre.

La mesure de la pression (P) par le manomètre fournit donc une mesure du niveau L.

Caractéristiques
 Extrémité du bullage doit être située sous le niveau minimal de l'eau et au dessus des dépôts possibles.
 Absence de coude et longueur limitée à quelques mètres pour le tuyau d'air (pertes de charge).
 Éviter les grandes vitesses de l'eau (forces d'aspiration pouvant fausser notablement la mesure).
 Très simple et économique.
 Mesure de hauteurs de liquide d’environ 1,5 m.
 Le système est sensible aux modifications de la température et de la densité du liquide.
 Très bonne précision : (± 2 mm de L’EM)

Résumé sur les méthodes hydrostatiques de mesure de niveau :


 Le flotteur est utilisé aussi bien dans les réservoirs ouverts, fermés, sous pression qu'en extérieur sur les puits,
canaux. Le cas le plus répandu est celui des détecteurs de niveau par transmission magnétique.
 Le plongeur est plutôt utilisé pour des liquides très visqueux
 Le palpeur électromagnétique est utilisé pour les installations sur canal ouvert, réservoir de stockage de
raffinerie.

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 Le capteur de pression est utilisable avec la quasi totalité des liquides, neutres ou corrosifs, chargés ou non.
Différentes technologies sont utilisées parmi lesquelles les capteurs piézorésistifs qui sont les plus utilisés dans
les eaux usées, les capteurs piézo-électriques, les jauges de contraintes.
 Le capteur à bulle est utilisé pour la mesure des hauteurs de liquide jusqu’à 1,5 m de hauteur d’eau et dans
des conditions particulières : absence de coude, faible vitesse d’eau.

V.4 Mesure de niveau à l’aide des méthodes électriques

Elles utilisent les propriétés électriques des liquides dont on veut mesurer ou contrôler le niveau. Dans ce cas on utilise
des capteurs qui traduisent directement le niveau en signal électrique.
Leur intérêt réside dans la simplicité des dispositifs et la facilité de leur mise en œuvre et dans leur utilisation en
régulation et en automatisme.

Capteurs de niveau à sortie électrique:


 Sondes conductives -capteurs conductimétriques
 Sondes capacitives

V.4.1. Sondes conductives -capteurs conductimétriques


Le principe de détection de niveau le moins couteux est l’utilisation de sondes conductives. Elles ne conviennent que
pour les produits conducteurs (conductance minimale de l’ordre de 10 µS) non corrosifs n’ayant pas en suspension
une couche isolante (ex : huile), ne sont pas sujettes à l'usure et permettent la détection d'un niveau haut, bas ou
intermédiaire.

Ainsi, les acides (les liquides agressifs peuvent être détectés sans problèmes en utilisant des sondes en matériaux
résistants), lessives et solutions contenant de l’eau sont conductrices de l'électricité et permettent une très bonne
détection alors que les hydrocarbures, les huiles et les solvants sont généralement très peu conductifs.

Les sondes conductives sont dotées d'une ou plusieurs électrodes selon les modèles.

Fig.87: Sondes conductives

En mesure continue
La sonde est placée verticalement et sa longueur s'étend sur toute la plage de variation de niveau (Fig.88). Le courant
électrique qui circule est d'amplitude proportionnelle à la longueur d'électrode immergée, mais sa valeur dépend de
la conductivité du liquide.
Deux électrodes Une électrode+un réservoir
métallique

Fig.88 : Mesure de niveau par capteur conductimètrique

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Ainsi, lorsque le liquide conducteur monte jusqu’aux électrodes de la sonde et entre en contact avec elles, alors le
milieu liquide ferme le circuit électrique et permet la détection de niveau.

En détection
La détection de niveau est une mesure binaire, c'est-à-dire que le capteur délivre une information binaire indiquant si
le niveau seuil défini est atteint ou pas. La détection de niveau ne permet donc pas de connaître le volume de liquide
contenu dans le réservoir, mais permet de savoir si le liquide a atteint un seuil. La détection de niveau haut permet de
stopper un remplissage afin d’éviter que le réservoir ne déborde. La détection de niveau bas va permettre de stopper
l'extraction du produit, ce qui permet de garder un volume minimum dans le réservoir. Enfin, l'association d'une
détection de niveau haut et d'une détection de niveau bas permet d'automatiser le remplissage et le vidage des
réservoirs.
Les détecteurs de niveau sont des systèmes ayant en général un coût moins élevé que celui des dispositifs de mesure
continue. Cependant, ils doivent être très fiables car la sécurité des personnes et des installations repose très souvent
sur eux. Ils délivrent un signal électrique lorsque le niveau atteint un seuil haut ou bas. Ils servent en général à fournir
un signal d'entrée aux systèmes d'alarme ou d'arrêt, aux automates programmables, aux circuits logiques à relais ou
aux simples signalisations sonores ou visuelles.

Détection d’un seul niveau seuil


On peut, par exemple, placer une sonde courte horizontalement au niveau seuil. Un courant électrique d'amplitude
constante apparaît dès que le liquide atteint la sonde.
Sonde

Hmax

Fig.89 : Détection de niveau par capteur conductimètrique


Détection de deux niveaux seuils
Deux sondes (capteurs) sont placées horizontalement aux niveaux seuils souhaités (min et max). Lorsque le niveau
monte, le liquide arrive en contact avec la sonde. Un courant électrique s'établit alors, indiquant que le liquide vient
d'arriver au niveau seuil.

Fig.90 : Détection de deux niveaux seuil par capteurs conductimètriques

Application au remplissage d’un réservoir par un produit donné

Dans ce cas, lorsque le niveau de produit atteint le seuil de remplissage, le détecteur convertit la variation physique
d’état en un ordre de commutation. Cela permet d’activer ou de désactiver des dispositifs de remplissage tels que
des convoyeurs ou des pompes ou de transmettre le signal vers un automate.

Caractéristiques
 Détection tout-où-rien
 Les détecteurs de niveau conductifs sont utilisés dans tous les domaines industriels, pour la sécurité anti-
débordement, la commande de pompe…
 Usage limité aux liquides conducteurs de conductance minimale 25 µA/V entre électrode et masse
 Sensible (ne supporte pas) aux liquides corrosifs, visqueux laissant des dépôts isolants.
 Principe déconseillé dans les milieux agressifs et pour les fluides contenant des graisses ou des huiles pouvant
former des dépôts non conducteurs sur les tiges des électrodes
 Peut détecter le niveau de charbon en poudre
 Températures de -200 à +400 ◦C au niveau de l'électrode
 La pression de service peut être élevée jusqu'à 160 bars

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V.4.2. Sondes capacitives -capteurs capacitifs


Elles sont d'un emploi plus répandu que les précédentes et fonctionnent à l'aide d'une électrode plongeante dans le
réservoir.
On peut utiliser la variation de capacitance (capacité) pour mesurer le niveau d’un liquide isolant ou conducteur .

Fig.91 : Sondes capacitives

Cas de la mesure de niveau d’un liquide isolant (pétrole, huile …)

Deux cas de figure se présentent dans ce cas là :


 Le réservoir est non métallique : le condensateur est formé de deux électrodes cylindriques, le liquide isolant est
le diélectrique entre les 02 électrodes.
 Le réservoir est métallique: le condensateur est formé d’une électrode cylindrique et de la paroi du réservoir
ème
(2 électrode), le liquide isolant est le diélectrique entre les deux électrodes dans la partie immergée.

La mesure ou la détection de niveau se ramène à la mise en variation de la capacité du condensateur.

Fig.92 : Mesure de niveau d'un liquide isolant

Principe de mesure : Une hauteur h1 de la sonde est immergée dans le liquide isolant ayant une masse volumique 1
et une longueur h2 est exposée au gaz au dessus du liquide (souvent de l’air) dont la masse volumique est 2.

La longueur totale de l’électrode est : l = h1 + h2

La capacité du dispositif est:


 r1h1   r 2 h2
C  2 0
D
Ln( )
d
Avec :
D : diamètre de l’électrode extérieure ;
d : diamètre de l’électrode intérieure ;
0 = 8.854 × 10− F/m, constante diélectrique de l’air.
12

La mesure ou la détection de niveau se ramène à la mise en variation de capacité qui est d’autant plus importante
que la constante diélectrique r1 du liquide est supérieure à celle de l’air (r1); on prend généralement comme
condition d’emploi de la méthode r1 > 2. Cette variation de capacité est traitée pour actionner un relais ou fournir un
signal de sortie proportionnel au niveau du produit.

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Cas de la mesure de niveau d’un liquide conducteur (eau, solutions salines,…, sans mousse)
Le Condensateur est formé de deux Electrodes:
Première Electrode: Fil ou tige métallique recouverte d'un isolant (= diélectrique du condensateur)
Deuxième électrode : Le liquide conducteur.

Fig.93 : Mesure de niveau d'un liquide conducteur

Si une longueur h1 du fil est immergée, la capacité du dispositif est :


 r1h1
C  2 0
d  2e
Ln( )
d

Donc : Ch1

Il suffit alors de mesurer la capacité du dispositif pour connaître le niveau h 1.

Avec :
d : le diamètre de l’électrode intérieure
e : l’épaisseur de l’isolant ayant une constante diélectrique relative r1.

Résumé sur les méthodes électriques de mesure de niveau


 La sonde conductive ne convient que pour les produits conducteurs, elle n’est pas sujette à l'usure et permet la
détection d'un niveau haut, bas ou intermédiaire. Ce principe est déconseillé dans les milieux agressifs et pour les
fluides contenant des graisses ou des huiles qui peuvent former des dépôts non conducteurs sur les tiges des
électrodes.
 La sonde capacitive est d'un emploi plus répandu que la précédente et est utilisée pour tous types de produits
conducteurs ou isolants, en évitant les produits solides à granulométrie importante et les abrasifs.

V.5 Mesure de niveau par rayonnement Gamma ()

V.5.1 Capteur par absorption de rayons gamma (gammamétrie)


Cette technique de mesure de niveau est basée sur le fait qu’un liquide ou un solide interagit avec le rayonnement 
(absorption électromagnétique d’un rayonnement radioactif : le rayonnement ). En effet, le rayonnement gamma
subit l’effet Compton lorsqu’il traverse un liquide (ou un solide).

Rappel
L’effet Compton décrit le transfert d’énergie qui se produit lorsqu’un rayon gamma entre en collision avec un
électron. Dans ce cas le rayon gamma perd de l’énergie et se trouve dévié de sa trajectoire alors que l’électron est
éjecté de son orbite en raison de l’énergie reçue.

Principe de mesure

Les rayons  peuvent traverser des parois en acier épaisses, ce qui permet d’installer le dispositif de mesure à
l’extérieur du réservoir. Ainsi, la source (émetteur Gamma) et le détecteur sont placés à l'extérieur, de part et d'autre
du réservoir; cette disposition est particulièrement adaptée au cas de liquides très corrosifs ou sous haute pression ou
à haute température.

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Source radioactive

Détecteur (scintillateur)

Dispositif de mesure Agrandissement (zoom) de la source


(scintillateur) radioactive et du détecteur

Fig.94 : Dispositif de mesure par rayonnement Gamma utilisant un scintillateur comme détecteur

Le détecteur de présence de particules ainsi que leur nature peut être :


 une chambre d'ionisation,
 un ou plusieurs tubes Geiger-Muller,
 un scintillateur.

La source radioactive (Fig.94.a) est généralement du Cobalt 60 ou du Césium 137. Cette source est installée dans un
conteneur de source (Fig.94.b) qui assure le blindage de cette dernière de façon qu'il y ait émission d'un faisceau
uniquement dans un angle d'ouverture balayant ainsi la hauteur totale du réservoir d'une part et du détecteur d'autre
part.

(a) (b)
Fig.95 : Source radioactive (Césium 137) et conteneur de sources radioactives

Une fois le dispositif enclenché, les rayonnement Gamma sont envoyés en direction du réservoir (siège d'une montée
de liquide et dans lequel on cherche à mesure le niveau de ce liquide). Une partie des ces rayonnements réussissent à
traverser le réservoir. Ces derniers sont détectés par le scintillateur (détecteur) placé du coté opposé du réservoir, par
rapport à la source de rayonnement.

Ainsi, la montée du liquide dans le réservoir réduit progressivement l'intensité de dose reçue (nombre de particules
reçues) par le détecteur dont le courant de sortie décroît donc de façon continue, à mesure qu'augmente le niveau.

La mesure est fiable et sans contact, indépendante des conditions du process : pression, température, viscosité,
corrosivité, …

Remarque : Pour les grands réservoirs ou relativement étroits, la source d'émission peut être montée à une plus
grande distance du réservoir. Dans ce cas, des mesures de sécurité supplémentaires sont nécessaires. Pour des
étendues de mesure importantes, plusieurs récepteurs peuvent être utilisés. L'emploi de deux sources peut être dicté
pour des grandes étendues de mesure.

Caractéristiques
 Montage à l’extérieur du réservoir
 Mesure précise et linéaire.
 Mesure indépendante de la température.

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V.5.2 Capteur à ultrasons (ultrasonique)


Dispositif de mesure

Fig.96 : Mesure de niveau par capteur ultrasonique


Principe : La mesure de niveau ultrasonique se fait en évaluant la distance h(donc le niveau h’) par une mesure du
temps requis pour qu’un signal ultrasonique (20 – 200 kHz) fasse l’aller-retour entre le capteur et la surface du liquide
(ou du solide).

En partant de la relation qui lie le temps "t" de propagation de l'onde ultrasonique (aller et retour) à la distance h
(entre le capteur et la surface du liquide), on peut déduire l'expression du niveau (h') du liquide:
2 1 1
t  h h  c.t h'  H  c.t ; h'  t
c 2 2

c: est la vitesse du son = à 343 m/s à 20◦C


Caractéristiques
 Mesure continue
 Mesure sans contact donc pas d’usure ni de dégât
 Pas d’influence de la densité, de la conductivité, du pH, de la constante diélectrique du liquide
 Mesure sans entretien (pas de maintenance), dans les liquides, pâtes, boues et solides en vrac pulvérulents (en
poudre) ou à forte granulométrie.
 Précis et fiable
 Influencé par des poudres, des vapeurs importantes, la turbulence en surface et la mousse
 Ne peut opérer sous vide ou sous haute pression
 Nécessite une bonne réflexion en surface

Remarque : L’ultrason s’est installé au cours des années comme le premier choix en de nombreuses applications de
mesure sans contact du niveau de liquides et solides. La qualité et les capacités du transmetteur de niveau
ultrasonique sont reconnues mondialement.

V.5.3 Détecteurs optiques


Les différents types de détecteurs optiques fonctionnent grâce à l’émission d’une lumière par une source (émetteur
assez souvent diode électroluminescente). En l’absence de liquide au seuil prédéterminé, la lumière est reçue par le
récepteur (phototransistor ou photorésistance), tandis que lorsque le seuil est atteint (présence de liquide), le
passage de cette dernière est perturbé. Différents types de détecteurs optiques existent à savoir:

 la sonde optique;
 la barrière optique.

Sonde optique
Dispositif de détection
La sonde est constituée d'une pointe conique (cône optique) agissant comme un prisme comprend:
 une diode électroluminescente (émetteur de lumière de faible puissance );
 un phototransistor, une photorésistance ou une photodiode(récepteurs);
 l'électronique correspondante.

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Cône à l'air libre I=max Cône immergé


R=0 dans le liquide I=0
R=max
Emetteur Emetteur
Emetteur
Emetteur

Récepteur
Récepteur Récepteur
Récepteur

En l'absence du liquide

En présence du liquide

Fig.97 : Dispositif de détection par sonde optique

Principe de détection

Il repose sur la variation de l’indice de réfraction de la lumière émise par l'émetteur en fonction du milieu environnant
à la surface d’un cône optique. Une diode électroluminescente émet un rayon lumineux à l’intérieur du cône :

Etat de non détection (en l'absence de liquide-prisme à l'air libre)


Le rayon lumineux émis par la diode électroluminescente (émetteur) située d'un côté de la tête de la sonde, subit une
double réflexion et vient éclairer une photodiode située de l'autre côté de la tête. Dans ce cas, la photodiode offre
une très faible résistance électrique au passage du courant (qui est maximal).

Etat de détection (présence du liquide -prisme immergé)


L’immersion partielle du cône optique dans le liquide entraîne le changement de direction du rayon lumineux émis
par la diode électroluminescente (émetteur) située d'un côté de la tête de la sonde. Celui-ci est diffusé hors du cône
et n’arrive plus à la photodiode. Cela se traduit au niveau de la photodiode par une très grande résistance électrique
au passage du courant.

Application : S'applique aux liquides calmes et non mousseux (huile, essence, pétrole, eau claire et boueuse, solutions
aqueuses, alcool)

Caractéristiques
 Détecteur Tout ou rien
 Simple et peu coûteux
 Applicable aux liquides calmes et non mousseux (huile, essence, pétrole, eau claire et boueuse, solutions
aqueuses, alcool).
 Gamme de mesure : détection de niveau avec une précision de 2,5 mm(moyenne), des pressions de 10 bars maxi
et des température de -20 à 80°C
Barrière optique (détecteur de niveau seuil à rayons lumineux)
Principe de détection : Une source de lumière (émetteur), placée d'un côté du récipient, émet horizontalement un
faisceau lumineux fin et unidirectionnel. Ce dernier est détecté par un récepteur. Lorsque le niveau monte, le faisceau
lumineux traverse le liquide. L'intensité lumineuse reçue au niveau du récepteur est donc diminuée, l’information de
seuil sera alors donnée.

La plupart du temps, l'émetteur est une diode électroluminescente, choisie pour la faible puissance électrique. Le
récepteur peut être une photorésistance, un phototransistor ou une cellule photoémissive.

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Emetteur Récepteur

Relais
Liquide Electromécanique

Récipient

Fig.98 : Dispositif de détection par barrière optique

Détecteur à rayons laser

Principe de détection

Une source laser infrarouge émet des impulsions lumineuses en direction de la surface du produit (matières en vrac
et liquides non transparents). La mesure du temps d'un aller-retour d'une impulsion émise permet de déterminer le
niveau pour les liquides qui n’absorbent pas complètement les infrarouges (cas du GPL par exemple).

Fig.99 : Principe de mesure par transmetteur de niveau à Laser et photo du transmetteur

Caractéristiques

- Mesure de niveau continue


- Mesure sans contact
- Absence d'influences significatives sur la mesure en hautes températures et pressions et pour des compositions
variables de gaz au-dessus du produit.
- Ne subit pas d’interférence du milieu (espace de stockage, réservoir,...)
- Insensible à la bizarrerie de la surface ou à r du matériau

V.5.4 Capteur par ondes Radar


Le principe est similaire à celui des ondes ultrasonores, on utilise un émetteur placé au sommet du réservoir qui
envoie (dans un cône de faible ouverture) en direction du produit contenu dans le réservoir des micro-ondes
électromagnétiques (ondes à haute fréquence : 1 à 100 GHz) se propageant à la vitesse de la lumière : 300.000 km/s.
Ces ondes sont ensuite réfléchies sur le transducteur lui même par la surface du produit. Grâce à la mesure du temps
de propagation des signaux (en aller-retour) et connaissant la vitesse de propagation des ondes, l’électronique
associée au capteur calcule la distance au produit (liquide, solide) donc le niveau (connaissant la hauteur du
réservoir). Le niveau calculé est traduit sous forme de signal électrique par le transducteur.

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Fig.100 : Dispositif de détection par Radar

Caractéristiques:

 Cette onde immatérielle ne nécessite pas de support pour se propager, de fait cette mesure de niveau
présente l’avantage par rapport à l’ultrason d’être largement insensible aux variations de température,
pression, ciels gazeux, vapeurs, brouillards, poussières, bruits.
 La mesure est enregistrée sous forme numérique, dans la mémoire du système d’acquisition.
 Ce dispositif permet une mesure de niveau continue. A l’inverse des ondes sonores qui sont fortement
perturbées par le ciel gazeux du produit dont on cherche à mesurer le niveau, les ondes électromagnétiques y
sont insensibles.

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Chapitre VI. Mesure de débit


VI.1 Introduction

La mesure de débit est présente dans beaucoup de domaines. Par exemple en hydrologie, la mesure de débit de cours
d’eau en fonction du temps est une donnée de base pour tout projet d’ouvrage hydraulique (ouvrage permettant la
gestion d'un écoulement.). Cette mesure s’effectue au niveau des stations de jaugeage qui sont installées sur des points
caractéristiques des rivières et permettent de relever sur une série d’années, les débits écoulés.

Par ailleurs, les mesures des débits des fluides industriels ont une grande importance, car elles sont toujours présentées
dans les opérations de commercialisation de ces produits soit à l’état liquide ou à l’état gazeux. Aussi, pour assurer le
transport et la distribution de ces fluides sans une grande perte, des appareils de mesure de débit sont nécessaires afin
de minimiser ces pertes

VI.2 Généralités/Notions de base

Définition du débit : Le débit est la quantité de matière ou de fluide, liquide ou gazeux, qui s’écoule par unité de temps.
En pratique on distingue deux débits:
 Le débit-masse ou débit massique (noté Qm)qui s’exprime en kg/s
3
 Le débit-volume ou débit volumique (noté Qv)qui s’exprime en m /s

Vitesse d’un fluide : C’est la distance parcourue par un fluide en écoulement par unité de temps. Elle est exprimée
généralement en m/s.

Débit volumique : C’est le volume de fluide (v) traversant une section de passage connue par unité de temps (t) : Qv=
v/t

Débit massique : C’est la quantité de masse ( Δm ) qui traverse la section (s) pendant l’unité de temps ( Δt ) :

Qm= m/t

Masse volumique d'un corps: C’est le quotient de la masse (Δm ) d’un corps par son volume (Δv ):

= m/v

Donc : Qm= Qv

Fig.101 : Ecoulement traversant une section de passage dans une canalisation

Densité : C’est le quotient de la masse volumique (ρ) d’un corps par la masse volumique d’un corps de référence (ρ r) à
des conditions de pression et de température qui doivent être spécifiées :

d= ρr

Remarques:
 Les appareils mesurant le débit sont appelés débitmètres. Les appareils mesurant le volume de fluide (quelle
que soit la durée) ou la masse écoulée s’appellent compteurs.
 Les liquides peuvent être considérés (à température constante) comme incompressibles, c'est à dire que leur
volume ne dépend pas de la pression. Ce n'est pas le cas des gaz et des vapeurs pour lesquels la masse
volumique est proportionnelle à la pression (gaz assimilé à un gaz parfait).
On peut donc considérer qu’à température constante, le débit massique d'un fluide est proportionnel à son
débit volumique. A noter que pour un gaz, il n'y a proportionnalité qu'à pression et température constante.

 La plupart des débitmètres indiquent le volume écoulé par unité de temps, ce sont des débitmètres
volumiques. Toutefois, dans certaines applications nécessitant la connaissance de l'énergie thermique d'un

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combustible, il est nécessaire de connaître le débit massique. On a recours alors à des débitmètres massiques,
dont la valeur mesurée est directement le débit massique. Cependant, bon nombre de débitmètres
prétendument " massiques ", déduisent le débit massique à l'aide de l'équation: Qm = . Qv

Pertes de charge: Les pertes de charge représentent la diminution de la pression totale entre deux sections d'un
écoulement. Elles s'expriment en mètres de colonne d'eau (MCE) et sont fonction de la section du tuyau, du débit
véhiculé et de la nature du liquide.

Régimes d'écoulement dans une canalisation

Écoulement laminaire: les lignes de courant demeurent parallèles entre elles, les couches de fluide glissant les
unes sur les autres sans se mélanger. Les pertes de charge sont alors proportionnelles à la vitesse.
Écoulement turbulent : les lignes de courant ne gardent plus leur individualité, mais s'enchevêtrent. Les pertes
de charge sont proportionnelles au carré de la vitesse.

Nombre de REYNOLDS

Pour faciliter la comparaison entre deux écoulements, on utilise des nombres sans dimension. Ainsi, dans un
écoulement incompressible (pression = constante) et isotherme (température = constante), un seul paramètre sans
dimension est suffisant pour caractériser l'écoulement, c'est le nombre de REYNOLDS.
V .D V .D
 
 
V : vitesse moyenne de l’écoulement en m/s
D : diamètre de la canalisation en mètre
 : viscosité cinématique du fluide en m²/s (eau douce n = 1,1 x 10 m²/s)
-6

µ : viscosité dynamique du fluide en poise (1 centipoise = 1 mPa.seconde)



La viscosité cinématique du fluide s'écrit :  
Dans une conduite de section circulaire : 
Si   2000 L’écoulement est laminaire
Si   2000 L’écoulement est turbulent

Zone Zone Zone d'écoulement Zone


d'écoule d'écoul imprévisible d'écoulement
ment ement préférée pour
laminaire imprévi les
débitmètres
sible

Passage du régime laminaire au régime turbulent

Fig.102 : Types d'écoulements

Coups de bélier
Ce sont des surpressions et dépressions qui se propagent dans une conduite lors de la modification du débit Q v, dans
une section S.

Facteurs influant sur l'écoulement des fluides dans les conduites


Les principaux facteurs influant sur l'écoulement des fluides dans une conduite sont les suivants :
 Vitesse du fluide
 Frottement du fluide en contact avec la conduite
 Viscosité du fluide
 Masse volumique du fluide

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Vitesse du fluide : elle dépend de la charge qui force le fluide à traverser la conduite. Plus la charge est élevée, plus le
débit de fluide est important (les autres facteurs restants constants) et, par conséquent, plus le volume d'écoulement
est important.

Le diamètre de la conduite influe également sur le débit. Si l'on double le diamètre de la conduite, le débit potentiel
augmentera selon un coefficient égal à 4.

Frottement de la conduite : il réduit le débit du fluide dans les tuyaux et la vitesse du fluide est plus lente près des
parois de la conduite qu'au centre. Il est donc considéré comme un facteur négatif. Plus la conduite est lisse, propre et
de grand diamètre, et moins le frottement de la conduite a d'effet sur le débit général du fluide.

Viscosité dynamique du fluide: elle réduit, tout comme le frottement, le débit du fluide près des parois de la conduite.
Elle augmente ou diminue en fonction des variations de température.

Masse volumique du fluide : elle influe également sur le débit, car un fluide plus dense exige une charge supérieure
pour maintenir le débit souhaité.

Remarque : le fait que les gaz soient compressibles exige souvent l'utilisation de méthodes différentes pour mesurer
des débits de liquides, de gaz ou de liquides contenant des gaz.

VI.3. Mesure de débit-capteurs de débit


VI.3.1 Principe général de la mesure de débit
3
La mesure d’un débit volumique (Qv, m /s) est déduite de la vitesse moyenne d’écoulement du fluide (V, m/s) à
travers une section de passage (S, m²) connue : Qv = V.S. Par conséquent, les instruments destinés à la mesure d’un
débit permettent de connaître la vitesse aussi.

VI.3.2 Capteurs de débit

Lorsque les caractéristiques du fluide sont constantes, le même débitmètre peut être étalonné pour mesurer un débit
volume ou un débit massique. Dans le cas contraire on utilisera pour la mesure de chaque débit un débitmètre dédié.
Il existe différents types de capteurs de débit qu'on peut classer en deux familles :

 Capteurs de mesure de débit volumiques des fluides comprenant :

A) Les capteurs basés sur la mesure de la vitesse du fluide


 Débitmètre électromagnétique
 Débitmètre à ultrasons
 Débitmètre basé sur la mesure du temps de parcourt
 Débitmètre basé sur l’effet Doppler
 Débitmètre à turbine
B) Les capteurs basés sur l’effet Vortex
 Débitmètre à effet Vortex
C) Les capteurs basés sur la mesure de pression différentielle à l'aide d'organes déprimogènes
 Débitmètre à tube de Venturi
 Débitmètre à diaphragme
 Débitmètre à tuyère
D) Les capteurs à section variable
 Rotamètre
 Débitmètre à vanne mobile
E) Les capteurs basés sur la mesure de la pression dynamique
 Tube de Pitot
 La sonde Annubar

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F) Les compteurs volumétriques


 Compteurs à piston rotatif
 Compteurs à disque oscillant
 Compteurs à double roue ovale
 Compteurs à double roue en huit
 Compteurs à palettes
 Capteurs de mesure de débits massiques des fluides dont :
 Les débitmètres à effet CORIOLIS
 Les débitmètres massiques thermiques
 Les débitmètres à double rotors (application automobile)

VI.3.2 1 Mesure des débits volumiques des fluides

Capteurs basés sur la mesure de la vitesse du fluide


 Débitmètre électromagnétique

Principe : Il utilise la loi de Faraday qui stipule que lorsqu'un un conducteur rectiligne se déplace dans un champ
magnétique d'induction (B), une force électromotrice (e) est induite dans ce dernier.
e= B. D. Vmoy
Qv
Vmoy 
S
Avec :
Vmoy = vitesse moyenne de l’écoulement (en m/s)
D = diamètre de la canalisation (en m)
B = Induction magnétique (en Teslas)

La f.e.m (e) qui apparait (induite) est donc proportionnelle à la vitesse moyenne du liquide qui elle même est
proportionnelle au débit volumique (Qv):
e  Vmoy liq donc  Qv

Dispositif de mesure

Fig.103 : Principe du débitmètre électromagnétique

Fonctionnement: Un champ magnétique est crée par deux enroulements inducteurs placés de part et d'autre d'un
même diamètre de la canalisation. Le conducteur est le fluide lui-même, il circule dans une canalisation isolée
électriquement à l'intérieur. Dans le cas d’un fluide conducteur, la force électromotrice est mesurée par deux
électrodes au contact avec le liquide placées aux deux extrémités d'un diamètre perpendiculaire aux lignes
d'induction. La force électromotrice mesurée (e) est proportionnelle à la vitesse moyenne du liquide, donc au débit
volumique du liquide. Le signal de sortie à une amplitude de quelques millivolts et indique également le sens de
l'écoulement.

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Un débitmètre électromagnétique industriel (Fig.104) est constitué par un tube en matériau non magnétique, revêtu
intérieurement d’un revêtement isolant. Deux bobines d’induction sont disposées de part et d’autre de la conduite.
Elles créent un champ magnétique alternatif pour éviter une polarisation des électrodes, et un champ magnétique
basse fréquence pour éviter les parasites.

Fig.104: Débitmètre électromagnétique industriel


Remarque
L’existence de deux électrodes et d’un électrolyte (liquide conducteur dans la canalisation) se traduit par l’apparition
d’une composante continue (tension de polarisation). Si la tension d’alimentation est continue (l’induction B est
continue) il y’à alors superposition entre la f.e.m produite et la composante continue ce qui va fausser la mesure du
débit. En revanche, si elle est alternative, l’utilisation d’un amplificateur à courant alternatif entraîne l’amplification
de la f.e.m produite (qui est alternative) et la suppression de la composante continue (tension de polarisation).

Tension générée
 12 mV à 3 l/s (25 mm);
 7 mV à 0.5 m3/s (300 mm).

Installation: Position horizontale, verticale ou oblique

 si verticale, débit du bas vers le haut;


 si horizontale, électrodes dans plan horizontal;

Caractéristiques

 Applicable aux liquides visqueux, pâteux, chargés d'impuretés, abrasifs* ou très corrosifs à condition qu'ils soient
conducteurs de l'électricité (ce qui n'est pas le cas des hydrocarbures)
 Diamètre de canalisations : 3 mm à 3 m
 Bonne précision de l'ordre de 1 % (limitée pour les faibles vitesses d'écoulement)
 Mesure ne dépendant pas des caractéristiques physique du liquide (viscosité, densité…) et possible à haute
température (450 °C) et haute pression (1000 bars)
 Vitesse du fluide : 0,2 à 10 m/s
 Prix relativement cher
* Un abrasif est une matière extrêmement dure, qui use d'autres matériaux plus tendres que cette matière. On emploie par exemple des
grains abrasifs recouvrant une feuille sous le nom de papier de verre.

 Débitmètre à ultrasons

Il existe deux techniques à savoir :


 La technique basée sur la mesure du temps de parcourt, applicable pour les liquides propres;
 La technique basée sur l’effet Doppler, adaptée pour les liquides ayant des bulles ou des particules en
suspension

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Débitmètre basé sur la mesure du temps de parcourt


Un émetteur et un récepteur sont montés en opposition de manière à ce que les ondes acoustiques (train d’ondes)
allant de l'un à l'autre soient à 45 ° par rapport au sens d'écoulement dans la conduite. La vitesse du son allant de
l'émetteur au récepteur constitue la vitesse intrinsèque du son, plus un apport dû à la vitesse du fluide. La mesure du
temps "t" mis par le signal pour parcourir la distance L permet de connaître la vitesse du fluide et d'en déduire le
débit.

C : vitesse de propagation du son dans le fluide


V : vitesse du fluide
L : distance entre émetteur et récepteur

Le temps (t)mis par l’onde ultrasonore pour aller de l’émetteur vers le récepteur est :
L c2
t V  t
c  V cos  2 L cos 
Avec :
t : temps en s ;
c : vitesse de propagation du son dans le fluide en m/s ;
V : vitesse du fluide en m/s ;
 : angle entre V est la direction définie par le couple émetteur/ récepteur.

Fig.105: Principe du débitmètre à ultrasons


Caractéristiques
 L’intérêt de ce dispositif est qu’il est intrusif ; l’ensemble du dispositif est à l’extérieur de la canalisation. Il est
donc insensible à l’agressivité du fluide et n’entraîne aucune perte de charge.
 Fréquemment utilisé pour les écoulements turbulents, pour les fluides non conducteurs (notamment
hydrocarbures), là ou les débitmètres électromagnétiques ne conviennent pas.
 Il est primordial que le fluide ne véhicule pas de gaz ou de solides, pour éviter la dispersion des ondes
acoustiques entre les deux transducteurs
3 3
 Il permet des mesures de débit compris entre 0, 1m /h et 105m /h, selon le diamètre de la conduite qui peut
être compris entre quelques mm et plusieurs m (6m environ).
 Précision : peut atteindre 0,5 %
 Temps de réponse très rapide, jusqu'à 1 ms

Autre variante

On mesure toujours la vitesse d’écoulement du fluide à travers la mesure de la différence des temps de parcours de
l’onde dans le fluide. Ainsi, cette différence des temps de parcours est calculée entre le temps de transit d’une onde
ultrasonore d’une sonde "A" montée en amont par rapport à une sonde "B" montée en aval (dans le sens
d’écoulement du fluide) et entre le celui d’une onde ultrasonore émise par la sonde "B" par rapport à la sonde A
(dans le sens opposé de l'écoulement). Les sondes A et B sont donc alternativement émettrices et réceptrices de
l’onde ultrasonore.

Fig.106: Principe et photo du débitmètre à ultrasons (autre variante)

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Le débit volumique est alors calculé connaissant le diamètre de la canalisation : Q = S x V.

Caractéristiques
 Installation facile et rapide
 Précis et robuste
 Pas de perte de charge
 Compatible avec de nombreux fluides (eau douce, eau de mer, acides, huiles, pétroles, …)
 Compatible avec de nombreux matériaux (métaux, la plupart des plastiques, … )

Débitmètre basé sur l’effet Doppler

Rappels

Effet Doppler
On constate habituellement une différence de son perçu lorsque la sirène d’un camion de pompier s’approche puis
s’éloigne. Cette différence de perception du son est due au phénomène appelé effet Doppler. La fréquence de l’onde
perçue par un observateur immobile est différente de la fréquence de l’onde émise par l’émetteur en mouvement.
L’effet Doppler se caractérise donc par un changement apparent de la fréquence d'un signal sonore ou
électromagnétique reçu par un observateur mobile par rapport à une source émettrice fixe ou bien par un
observateur fixe par rapport à une source émettrice mobile(Fig.107). La variation apparente de fréquence est
proportionnelle à la vitesse relative entre l'observateur et la source le long du chemin qui les sépare.

Dans le cas des ondes sonores, le son émis par un mobile en mouvement semble plus ou moins aigu selon la vitesse à
laquelle il se rapproche, et plus ou moins grave selon la vitesse à laquelle il s'éloigne. On détermine ainsi la vitesse
d'un mobile émettant du son, en mesurant le décalage de la fréquence reçue par rapport à la fréquence émise.

Fig.107: Effet Doppler*

* La source (le petit cercle coloré) se déplace de droite à gauche. Les ondes qu'elle émet semblent plus élevées en amont de son mouvement et
plus basses en aval.

La variation de la fréquence reçue par rapport à la fréquence émise dépend de la vitesse de déplacement de
l’émetteur ou du récepteur (l’autre étant fixe).

Exemple d’application : Mesure de vitesse d’un véhicule.

La vitesse du véhicule est donnée par la relation :


f reçue  f émise f
V  .c  .c
2. f émise 2. f émise
Où "c" désigne la vitesse de propagation de l’onde. L’utilisation d’une maquette de mesure Doppler permet de
mesurer directement la différence de fréquence Δf.

Mesure de débit par effet Doppler grâce au débitmètre de type hauteur vitesse

Le débitmètre à effet Doppler mesure et enregistre les débits des réseaux d’assainissement et des réseaux d’eau
pluviale. Le débitmètre fixe est de type hauteur (h)-vitesse (Vm) car le débit Qv=S.Vm; la superficie de la section
mouillée (S) étant fonction de la hauteur (h).

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Le débitmètre de type hauteur vitesse comprend:

 un capteur de hauteur (h) : sonde ultrasons ou capteur piézorésistif


 un capteur de vitesse (Vm) à effet Doppler.

Principe de mesure
Un faisceau d’ultrasons, de fréquence constante, est émis dans le fluide par l’élément émetteur d’une sonde
immergée, (sonde à ultrasons) suivant l’axe de la canalisation. Ces ondes sont réfléchies vers l’élément récepteur de
la sonde par toutes les particules en suspension dans l’eau (solides ou bulles). Cette réflexion se fait avec un
glissement de fréquence. La variation de fréquence est proportionnelle à la vitesse moyenne (V m) du fluide (mesurée
par un capteur de vitesse à effet Doppler).

Fig.108:Mesure de débit par effet Doppler

Caractéristiques
Capteur de vitesse de type Doppler:
 Plage de mesure : 5 cm/s à 5 m/s dans les deux sens.
 Résolution : 0,5 mm/s.
 Hauteur d’eau mini : 70 mm.
Capteur de hauteur de type Piezorésistif
 Capteur : Sonde de hauteur piézorésistive, immergée 4-20 mA (12-24V) passif.
 Plage de mesure : au choix (0-150 cm - 0-350 cm).

 Débitmètre à turbine

Principe de mesure

L'écoulement du fluide entraîne la rotation d'une turbine (rotor à plusieurs ailettes, reposant sur des paliers) placée
dans la chambre de mesure, la vitesse de rotation du rotor est proportionnelle à celle du fluide donc au débit
volumique total. La vitesse de rotation qui est mesurée par un tachymètre, est proportionnelle à la vitesse
d’écoulement du fluide.

Fig.109:Mesure de débit par débitmètre à turbine


Caractéristiques
 Compatibles avec de nombreux liquides (rotor en acier inoxydable).
3
 Etendue de mesure de 25 L/h à 10 000 m /h.
 Réservés aux fluides peu visqueux, exempt de bulles ou de matières granuleuses. Ils sont destinés aux applications
industrielles générales (eau, alcools, carburants, acides, gaz liquéfiés, liquides cryogéniques...).

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 Diamètres de canalisations : 5 mm à 600 mm environ


 Précision : 0,2 à 2 % de l'étendue de mesure, selon les capteurs.
 Temps de réponse : plusieurs millisecondes

Capteurs basés sur l'effet Vortex


 Débitmètre à effet Vortex

Des vortex ou tourbillons sont présents dans un fluide (liquide ou gaz) lors d’un écoulement turbulent. Ces vortex qui
engendrent des variations de pression et de vitesse au sein du liquide apparaissent à une fréquence qui dépend
directement du débit du fluide. Il existe différents types de débitmètres à Vortex, ceux-ci font tous appel au même
principe de fonctionnement.

Fig.110: Illustration des Vortex (pour l'animation consulter : http://www.composelec.com/debitmetre_a_effet_vortex.php)

Principe
Le principe est basé sur le phénomène de génération de tourbillons, appelé effet Karman. Lorsque le fluide rencontre
un corps non profilé (obstacle placé au centre de la canalisation= souvent une barre droite perpendiculaire à l’axe de
l’écoulement) , il se divise et engendre des tourbillons, de part et d'autre et en aval du corps non profilé. Les
tourbillons-appelés aussi vortex alternés- engendrent localement des variations de vitesse et de pression; la
fréquence de ces vortex est directement liée à la vitesse d’écoulement du fluide donc au débit.

On mesure alors la vitesse (à l’aide d’un capteur de vitesse) ou la pression (à l’aide d’un capteur de pression), la
fréquence de leurs variations étant proportionnelle au débit volumique.

Signal de fréquence
à partir du détecteur
Vortex

Détecteur Vortex

Obstacle
(corps non profilé)

Fig.111: Mesure de débit par effet Vortex

La vitesse du fluide = fréquence des tourbillons / facteur K

Le facteur K dépend du nombre de REYNOLDS, mais est pratiquement constant sur une vaste plage de débit.

Caractéristiques
 Destinés aux liquides propres, gaz ou vapeur, non recommandé pour la mesure de faibles débits. Il entraîne une
perte de charge, supporte des vitesses de fluide importantes.
 Diamètre de canalisations : 12 à 500 mm
 Précision : 1 %

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Capteurs basés sur la mesure de pression différentielle à l'aide d'organes déprimogènes

Rappels

Ces débitmètres de type manométrique sont les plus utilisés pour la mesure des débits de fluide. Ils exploitent la loi de
BERNOUILLI qui indique la relation existant entre le débit et la perte de charge résultant d'un changement de section
(passage de S1 vers S2; S2 < S1) dans une conduite (canalisation) :

S1
Ecoulement du S2 V2
fluide V1
Qv

Frein
hydraulique
Fig.112: Changement de section (à l'aide d'un frein hydraulique par exemple) dans une conduite

Les freins hydrauliques sont utilisables que lorsque l'écoulement est turbulent. En partant de la relation liant le débit
volumique à la vitesse moyenne du fluide ainsi qu'a la section droite de la conduite : Qv = V.S

Si on suppose une masse volumique constante du fluide (fluide incompressible), on peut écrire l'équation de continuité
à la frontière entre les deux zones (section S 1 et section S2):

Qv =V1.S1=V2.S2

D'où on déduit la vitesse du fluide V2 après passage par le frein hydraulique :

V2= V1.S1/S2

Celle ci montre qu'avec un écoulement régulier et uniforme, une réduction (étranglement ou rétrécissement grâce à un
organe tel qu'un frein hydraulique) du diamètre de la canalisation (S2  S1) entraîne une augmentation de la vitesse du
fluide (V2>V1), donc de l'énergie potentielle ou de la pression de la canalisation (la pression en amont-après sera plus
grande que la pression en aval).

Remarque : Une fois la conduite étranglée (grâce à l'organe déprimogène) on assiste à l'apparition d'une variation de
pression (pression différentielle):

 la pression au niveau de l'étranglement est inférieure à celle avant cet étranglement.


 la pression après (en aval) l'étranglement est supérieure à celle en amont (avant l'étranglement).

Cette pression différentielle est convertie en débit volumique, à l'aide de coefficients de conversion, selon le type de
débitmètre manométrique utilisé et le diamètre de la conduite.

Principe de mesure

Pour mesurer un débit à partir d’une différence de pression, on doit donc étrangler la conduite pour provoquer une
variation de pression (la partie de l’appareil servant à rétrécir la conduite s’appelle l’organe déprimogène).

Le fluide devant s’écouler par un passage plus étroit, la pression varie . Cette variation de pression augmente la vitesse
du fluide. Par ailleurs, on sait que le débit volumique est fonction de la variation de pression selon l'expression
suivante:
P
Qv  K

Avec :
ρ : masse volumique du liquide
K : constante fonction de l’organe déprimogène utilisé dans le capteur.
Remarque : Cette équation est vérifiée dans une certaine gamme du nombre de Reynolds.

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Le débitmètre à pression différentielle est constitué de deux dispositifs mécaniques réunis par des tubes de liaison :

 un organe déprimogène ou élément primaire, créant la différence de pression


 un appareil de mesure ou élément secondaire, pour mesurer en permanence cette différence de pression et
pour donner automatiquement la valeur du débit instantanée.

Les principaux organes déprimogènes (Fig.113) sont :

le tube de Venturi
le diaphragme
la tuyère

Les Venturi et Tuyères sont des appareils à restriction (étranglement) continue de section qui s’efforce de suivre la
configuration naturelle des lignes d’écoulement tout en restant relativement facile à réaliser. Les principaux avantages
résident dans une perte de charge et un encrassement plus faibles. Ils sont donc bien adaptés à la mesure de fluides
visqueux ou chargés. Cependant, ils sont plus chers qu’un diaphragme.

Fig.113:Principaux organes déprimogènes

 Débitmètre à tube de Venturi

Il est constitué d'un tronc de cône convergent, d'un col cylindrique et d'un tronc de cône divergent (Fig.114).

Prise de pression en amont Prise de pression au niveau du


du col (HP) col(BP)

A A
B B

Col (étranglement) cylindrique

Fig.114: principe du débitmètre à tube de Venturi

A B

Fig.115: Débitmètre à tube de Venturi

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On mesure la différence des deux pressions statiques en A et B : P= PA-PB

On en déduit alors la mesure de la vitesse et du débit selon la méthodologie suivante :

Le théorème de Bernoulli pour un écoulement sans frottement (Fig.116) s'écrit :

Manomètres
pA
A
pB
pA, SA, VA
B
pB, SB, VB

Fig.116: Application du théorème de Bernoulli pour un écoulement sans frottement


D'après l'équation de continuité on peut écrire : VBSB=VASA = Q

VB>VA donc pA > pB

La différence de pression aux bornes du tube de Venturi est proportionnelle au carré du débit. De l’équation
précédente on déduire le débit volumique :

Caractéristiques
 Convient aux liquides propres, gaz et vapeur
 Le dispositif offre une bonne précision: 0,5 à 3 % selon les cas
 Capteur coûteux et encombrant
 Il dispose d'un bon comportement du point de vue perte de charge, usure et encrassement
 Comme avec le diaphragme, les mesures de pression différentielle sont converties en débit volumique.

 Débitmètre à diaphragme

Il s'agit d'un disque percé en son centre, réalisé dans le matériau compatible avec le liquide utilisé. Le diaphragme
concentrique comprime l'écoulement du fluide, ce qui engendre une pression différentielle de part et d'autre de
celui-ci. Il en résulte une haute pression en amont et une basse pression en aval (juste après le col), proportionnelle
au carré de la vitesse d'écoulement. C'est le dispositif le plus simple, le moins encombrant et le moins coûteux.

Le profil des vitesses au passage d’un diaphragme est donné par le schéma ci dessous :

Fig.117: Profil des vitesses au passage d’un diaphragme

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Des prises de pression installées de part et d’autre du diaphragme (Fig.118)permettent la mesure de la différence de
pression statique. Cette mesure permet d’en déduire le débit volumique instantanée. Il est à noter que cette chute de
pression localisée au niveau du diaphragme n’est pas une perte d’énergie (perte de charge) mais un transfert
d’énergie « de pression » en énergie « de vitesse ».

Fig.117: Débitmètre à diaphragme


Caractéristiques

 Ne convient pas aux liquides contenant des impuretés solides car celles-ci peuvent s'accumuler à la base du
diaphragme. Il introduit une perte de charge importante
 Diamètre de canalisation : tous diamètres disponibles
 Précision : 2 à 5 %

 Débitmètre à tuyère
La tuyère a des caractéristiques intermédiaires entre le diaphragme et le venturi. Ainsi, à cause de son contour
profilé, la baisse de pression permanente est moindre que celle occasionnée par un diaphragme (mais supérieure à
celle causée par un venturi). Elle est conçue pour mesurer des débits de fluides non visqueux ayant une grande
vitesse (cas de la mesure des débits dans les conduites d’alimentation et de purge du circuit caloporteur primaire). En
effet, lors du passage de ces derniers à travers une plaque à orifice (diaphragme), il y'à risque d'érosion ou de
cavitation (naissance et l'oscillation radiale de bulles de gaz ou de vapeur dans un liquide soumis à une dépression).
Ce problème ne se pose pas avec la tuyère car elle ne présente pas d'arête vive susceptible d'être endommagée ce
qui se traduit par une meilleure précision. Les tuyères sont souvent utilisées pour la mesure de débit de vapeur.

L'orifice de la tuyère constitue un étranglement elliptique de l'écoulement, sans section de sortie rétablissant la
pression d'origine (Fig.118). Les prises de pression sont situées à environ ½ diamètre de la conduite en aval et un
diamètre la conduite en amont.

Fig.118: Principe du débitmètre à tuyère

Fig.119: Débitmètre à tuyère

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Caractéristiques

 Solides et résistent mieux à l’érosion.


 La perte de charge se situe entre celle d'un tube de VENTURI et celle d'un diaphragme.
 Utilisable pour les turbulences importantes (écoulements de vapeur à haute température par exemple).
 Inutilisable pour les boues
 Moins coûteux que les venturis
 Précision : 1 à 3 %

Capteurs à section variable


L’idée d’utiliser une pression différentielle pour la mesure d’un débit, comme dans les organes déprimogènes, peut
aussi être appliquée dans les débitmètres à section variable mais avec une différence fondamentale : c’est la section de
passage qui varie, le champ de pression restant quasiment constant. Ainsi, le terme de « débitmètre à section variable »
renvoie aux débitmètres pour lesquels la section de passage pour le fluide varie avec le débit : il s’agit principalement
des Rotamètres, et des débitmètres à vanne mobile. La mesure du débit est alors donnée par une quantité
géométrique comme une hauteur d'un ludion, ou d'un angle d'une vanne.

Le débitmètre à vanne mobile est plutôt utilisé comme un indicateur local, et non comme un débitmètre.

 Rotamètre ("Tapered-Tube Meter", ou "Rotameter")

Principe : Il est constitué d'un petit flotteur (ludion) placé dans un tube en verre transparent conique vertical (de
section variable) de masse volumique L > (masse volumique du fluide). Le terme « ludion » est préférable au terme
«flotteur » puisque dans tous les cas, il est totalement immergé.

Fig.120: Principe et photos du Rotamètre


La forme de ce ludion (Fig.121), et sa masse volumique L sont choisies en fonction du fluide et du débit maximal à
manipuler.

Fig.121: Quelques formes possibles du ludion

La forme sphérique est souvent retenue pour les tubes de petits diamètres. Le ludion possède des petites rainures
tout autour de sa partie supérieure. Le rôle de ces petites rainures est d’induire une légère rotation (fréquence de
l’ordre d’1Hz), afin d’augmenter la stabilité du ludion (effet gyroscopique). Pour les Rotamètres à tubes très larges,
on ajoute parfois une tige dans l’axe du ludion afin d’éviter un retournement de celui-ci.

Le tube doit être placé verticalement. Le fluide entre en bas par la plus petite section de passage, soulève le ludion,
et sort en haut par la plus grande section.

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Fonctionnement
Le ludion reste au fond du tube si le débit est nul. En présence d'un débit, le ludion subit une force le soulevant,
jusqu'à ce que l'espace entre le ludion et le tube permette à suffisamment de liquide de contourner le ludion. Il y a
donc équilibre entre le poids apparent du ludion et la force hydraulique subie par ce dernier. Donc pour un débit
donné, le ludion se stabilise à une certaine hauteur lorsque son poids apparent (poids réel - poussée d’Archimède:
P-PA) est équilibré par la force (F) due à la pression différentielle engendrée par la variation de section de passage
du fluide (Fig.123).

P-πA = F

Bilan des forces

Le fluide circule du bas (faible section) vers le haut (forte section ) du Rotamètre. Le ludion est soumis à trois forces :
• son poids P (dirigé vers le bas) )=ML.g = L.VL.g; L : ludion
• la poussée d’Archimède πA (dirigée vers le haut) = .VL.g
• la traînée F (dirigée vers le haut)
Avec :
ML : masse du ludion
L : la masse volumique du ludion,
VL : le volume du ludion,
: la masse volumique du fluide

Fig.122: Illustration du bilan des forces impliquées dans le fonctionnement du Rotamètre

En régime permanent (c'est à dire lorsque le ludion est en équilibre) on peut écrire l'équation vectorielle suivante :

P  A  F  0

Si l’on augmente le débit, la vitesse du fluide dans l’espace annulaire augmente, ce qui augmente aussi la
dépression ; le ludion s’élève donc. Tout en s’élevant, la surface annulaire augmente, ce qui diminue la vitesse du
fluide et donc la dépression qui retrouve son niveau d’origine. Le ludion est alors stabilisé à un niveau supérieur.

LUDION

Fig.123: Illustration de la notion de section de passage

Sachant donc que : P-πA = F


 P A  F
 L .VL .g  .VL .g  F
L’expression de la traînée, qui résulte des différentes forces de frottement s’exerçant sur le ludion, est :
v2
F  Cx . . .S L
2

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Avec :
Cx : Coefficient de traînée qui est quasiment constant pour un nombre de Reynolds Re : 100 ≤ Re ≤200000
SL: Section de ludion équivalente (section du ludion projetée sur un plan perpendiculaire à )

Si on remplace l'expression de F précédente dans l'équation :


L .VL .g  .VL .g  F

On obtient alors l'expression de la vitesse du fluide en présence du ludion () qui s'écrit comme suit:

VL .g.( L  )
v 2.
C x ..S L
Dans cette expression, tous les termes sont constants, par conséquent la vitesse  est constante autour du ludion.
Donc le profil des vitesses au voisinage du ludion étant constant, le ludion va se positionner en conséquence, à
condition que la section du tube soit variable.

Fig.124: Positionnement du ludion à cause de la constance de sa vitesse


Si DL désigne le plus grand diamètre du ludion, et « D(h) » le diamètre du tube à la hauteur « h ». Alors, la section par
laquelle circule le fluide, appelée section de passage « SP» (Fig.123) s’écrit :

SP  .( D 2 (h)  DL )
2

4
 
SP  .( D 2 (h)) 
2
( DL )
4 4
Sp = L'aire d'un disque de diamètre D(h) - L'aire d'un disque de diamètre DL

Cette section de passage dépend de la hauteur « h » du ludion. Le débit Qv s’écrit alors :


 VL .g
QV  S P .  .( D 2 (h)  DL ) 2 (L   )
2

4 Cx. .S L

La section de passage étant "une donnée constructeur S(h)", le débit Qv s’écrit sous la forme suivante:
mL .g 1 1
Qv  Cste.S ( h) (  )
.S L  L
Remarques :
 Afin de déterminer les graduations de son Rotamètre (étalonnage), le constructeur utilise un ludion bien précis,
sur un fluide bien précis (souvent pour les liquides, de l’eau à 15 °C, et pour les gaz, de l’air à 15°C sous 1 bar). La
valeur lue sur ce Rotamètre, ne sera exacte que pour ce ludion, et ce fluide. Cependant si on utilise un autre
ludion et un autre fluide on appliquera un coefficient de correction aux valeurs obtenues.
 Le repérage de la position du ludion se fait par lecture directe sur le tube en verre (Fig.125) qui est muni de
graduations ou par l'intermédiaire d'un couplage optique ou magnétique entre le ludion et l'extrémité du tube.

Fig.125: Rotamètre avec graduations sur le tube en verre

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Caractéristiques
 Construction simple et robuste
 Grande fiabilité
 Faible perte de charge
 Utilisable pour les liquides et les gaz (liquides non corrosifs et/ou contenant des résidus solides)
 Etendue de mesure de 0.3 à 300 000 L/h (gaz) et de 0.1 à 25 000 L/h (liquides)
 Diamètre de canalisation : 4 à 125 mm
 Précision : 2 à 10 % de l'étendue de mesure
 Insensible aux turbulences en amont ( donc, pas de contrainte sur la forme de la conduite en amont )
 Température maximale d’utilisation de l’ordre de 400 °C
 Faible coût
 Ne tolère pas les hautes pressions (pression maximale d’utilisation de l’ordre de 40 bar, 20 bars au maximum pour
les modèles en verre).
 Nécessité de les installer verticalement
 Non utilisable pour les faibles débits (le coefficient Cx varie énormément) et pour les vapeurs saturées

 Débitmètre à vanne mobile

Principe:
A débit nul, le volet de la vanne mobile (équipée d'un dispositif de rappel tel qu'un ressort) ferme complètement la
canalisation. En présence d'un débit, ce volet subit une force de pression accompagnant le débit. Le déplacement de
ce volet est mesuré par un capteur de déplacement (de type magnétique) qui permet d'avoir un signal électrique de
sortie. On peut aussi accéder à la lecture directe du débit par une échelle indexant le déplacement de la vanne
moyennant un étalonnage fonction du fluide utilisé.

Fig.126 : Principe du débitmètre à vanne mobile


Caractéristiques
 Le débitmètre à vanne mobile est un composant robuste, tout indiqué pour les débits très importants lorsqu’une
précision modeste est requise.
 Les fluides fortement chargés en impuretés peuvent également être mesurés.

Capteurs basés sur la mesure de pression dynamique


 Tube de Pitot
Rappel de mécanique des fluides
En présence d’un obstacle, les lignes de courant (d'un écoulement d'air par exemple) contournent l’obstacle, mais il y
en a au moins une qui s’arrête en un point de cet obstacle (point M sur le dessin). En ce point M appelé point d’arrêt :
VM= 0 (pression dynamique nulle)

Fig.127 : Lignes de courant d'un écoulement en présence d'un obstacle

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La charge totale, exprimée en pression est :


ptotale, M  pM  .g.z M  pM
*

VM= 0
pM: pression statique en M
 : masse volumique de l’écoulement (liquide, air …)
g: accélération de la pesanteur
zM: l'altitude du point M par rapport à un niveau zéro de référence.

En un point N, en amont de M et sur la même ligne de courant on peut écrire :


1 1
ptotale, N  p N  .g.z N  .vN  p N  .v N
2 * 2

2 2
Sachant que le long d’une ligne de courant la charge totale et constante (ptotale,N = ptotale,M)
1
pN   .g.z N  .vN  pM   .g.zM
2

2
1
pM  p N  .vN qui représente « la pression d’arrêt »
2
Dans le cas où ZM=ZN , on obtient:
2

Il y a donc une possibilité de mesurer une vitesse de fluide (N). C’est ce qui est mis en pratique dans la sonde de
Pitot.
Application à une canalisation de section (S) traversée par un fluide de masse volumique  (le tube de Pitot étant
dans la canalisation):
Prise de basse pression Prise de haute pression

Pression différentielle

Ouverture Tube de Pitot


d'impact
Tube de Pitot Standard

Fig.128: Principe du tube de Pitot

ptotale= pstatique+ pdynamique  pdynamique=ptotale – pstatique=P


2
Or pdynamique= (1/2)

Donc : P=(1/2)
2

p
D’où la mesure de la vitesse du fluide, au point d’impact du tube de Pitot : v 2.

Si la vitesse du fluide peut être considérée comme uniforme sur toute la section S de la canalisation alors:
p
Qv  S . 2.

La mesure des pressions statique et totale permet donc de connaître le débit et la vitesse du fluide.

Constitution de la sonde de Pitot


Elle est constituée par un jeu de deux tubes :
• un tube extérieur qui donne accès à la pression statique (pression atmosphérique) c’est à dire la force exercée
par le poids de l’air sur une surface (cas d’un avion)
• un tube intérieur qui donne accès à la pression totale (Pstat +Pdyn)

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Fig.129: Sondes de Pitot


Principe de la mesure
La mesure, par un manomètre différentiel, de la différence des deux pressions (statique et totale) permet d’avoir une
image de la vitesse du fluide sur la ligne de mesure. Ainsi, une premier tube permet la mesure de la pression
atmosphérique ps (pression statique) alors que le second tube canalise une ligne de courant, et l’arrête au bas de la
sonde, où l’on mesure la pression totale pt .

Considérons donc une ligne de courant rentrant dans la sonde. A l’entrée de la sonde (correspondant au trou dans le
tube extérieur), la pression est la pression atmosphérique, le fluide va à vitesse normale. Au bas de la sonde, la vitesse
du fluide est nulle, car la sonde arrête la ligne de courant. Or si la vitesse diminue, la pression augmente. La pression
au bas du tube est donc plus importante qu’à son entrée.

Exemple d'application de la sonde de Pitot : Mesure de la vitesse de l'air à l'extérieur d'un avion

Sondes de Pitot

Fig.129: Sondes de Pitot dans un avion


Grâce à la sonde de Pitot, les pilotes d’un avion connaissent le vent relatif : c’est le vent subi par l’appareil en
mouvement. En effet, le vent relatif est essentiel aux pilotes pour maintenir l’avion au dessus de sa vitesse
de décrochage : dans le cas contraire, l’appareil risque une perte d’altitude et une perte de contrôle.
Remarques :
 La plupart des sondes possèdent un système de dégivrage (protection contre le givre.
 Les plus gros appareils sont équipés de plusieurs tubes (souvent trois). En cas de défaillance de l’un d’eux, les
pilotes pourront s’en apercevoir en voyant que les résultats des deux autres sondes sont différents.
Caractéristiques
 Le tube de Pitot est l’un des capteurs les plus simples, utilisé dans une large gamme de mesure de débits : entrée
d’air dans les voitures de course et les avions, mais aussi pour les mesures de débits d’air, de liquides dans les
conduites industrielles ouvertes ou fermées.
 Précision 1 à 2 % de la valeur réelle
 Mise en place simple (il peut être placé dans des canalisations déjà existantes sans interruption du processus …),
et il peut être adapté à des conditions extérieures extrêmes.
 Les tubes de Pitot doivent être utilisés pour des régimes hautement turbulents ( Re > 20 000 ).
 Diamètre de canalisation : de 300 mm jusqu'à 9,6 m.

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 La sonde Annubar (ou de Burton)

Le tube de Pitot mesure la différence entre la pression statique et la pression dynamique du fluide dans une
canalisation. Le débit volumétrique est calculé en utilisant la formule reliant le débit à la différence de pression:
p
Qv  S . 2.

Cependant cette formule ne peut être appliquée que si la vitesse mesurée par le tube de Pitot est quasi-constante sur
la section de mesure c’est-à-dire que la vitesse mesurée soit bien la vitesse moyenne, ce qui n'est souvent pas le cas
en pratique. Aussi, pour améliorer la précision de la sonde de Pitot on peut utiliser la sonde Annubar. Celle ci
ressemble au tube de Pitot mais possède un élément de mesure sous forme de tige inséré dans la conduite et monté
perpendiculairement au sens de l'écoulement du fluide. Sur les faces avant et arrière de cette tige se trouvent
plusieurs orifices (ouvertures) reliés au moyen de tubes à une cellule de mesure de pression différentielle se trouvant
au niveau de la tête de la sonde. Cette dernière comprend deux chambres de pression (une chambre basse pression
et une chambre haute pression) séparées par une membrane permettant de mesures les différences de pression
engendrées. A noter que ces orifices de prise de pression sont réparties sur la section de la conduite de manière à
assurer des mesures représentatives.
Ainsi, la sonde Annubar permet de faire donc une moyenne de la pression différentielle en prenant en compte les
variations du débit le long de la section et tout en étant moins sensible à la déformation du profil des vitesses. La
seule façon d'obtenir le même résultat avec un tube de Pitot est de placer le bout du tube à un point de la section où
le débit est à peu près égal au débit moyen

pression différentielle

Orifices
Orifice

Ecoulement

(a) (b) (c)


Fig.130 : Principe de fonctionnement et photo de la Sonde Annubar
(a) Sonde Annubar avec un seul orifice de prise de pression statique
(b) Sonde Annubar avec plusieurs orifices de prise de pression statique (moyenne de la pression statique)
(c) Photo d'une sonde Annubar

Caractéristiques
 Les sondes Annubar sont plus précises que les tubes de Pitot
 Installation facile par insertion

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Compteurs volumétriques
Ce sont des appareils mesureurs qui déterminent en continu le volume du fluide qui les traverse, par un procédé
mécanique direct faisant intervenir des chambres volumétriques à parois mobiles. Ainsi, ils mesurent directement le
volume écoulé (Qv), en emprisonnant de façon répétée un volume élémentaire de fluide. Le volume total de liquide
traversant le débitmètre pendant un laps de temps donné est le produit du volume élémentaire par le nombre
d'emprisonnements. A noter que ces appareils totalisent souvent le volume directement sur un compteur intégré.
Différents types de compteurs volumétriques existent selon le corps d'épreuve utilisé. Le compteur à double roue ovale
par exemple est utilisé pour la mesure de la consommation d'eau.

 Compteurs à double roue ovale


Il est formé de deux roues ovales dentées (Fig.131), qui lorsqu'elles sont entrainées en rotation, par l’écoulement du
liquide, roulent l’une sur l’autre. Un volume déterminé et constant du liquide (V0) traverse le compteur à chaque
tour de la paire de roues.
Si on compte le nombre de tours (n) effectué par les deux roues par unité de temps (Nombre de tours/unité de temps
= une vitesse) on obtient le volume écoulé (V) donc le débit moyen (Qv).

Fig.131 : Principe du compteur à double roue ovale


Expression du débit volumique:
V n.V0
Qv  
t t
Avec:
V= n. V0
V0 : Volume correspondant à 1 tour
n/t = Vitesse
n
Qv  V0  Vitesse.V0  Cste.Vitesse
t
Q est donc proportionnel à la vitesse des deux roues.

Remarque: La mesure de débit se ramène donc à une mesure de vitesse des deux roues. On utilise alors un capteur de
vitesse que l’on étalonnera en valeurs de débit
Caractéristiques
 Mesure de tous les liquides industriels notamment les liquides visqueux
3
 Débit max.: 1600 m /h
 Précision: +/- 0.2 à 0.5 %
 Domaine de température -50°C à 100°C
 Pression max 350 bars

VI.3.2 2 Mesure des débits massiques des fluides


 Débitmètre à effet CORIOLIS
Rappels
L’accélération de Coriolis apparaît lorsque l’on soumet une masse (m) à la fois à un mouvement de rotation () et à un
mouvement de translation (vt). A cette accélération correspond une force:
  
Fc  2.m(  Vt )

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 Fc


Vt

Fig.132 : Illustration de l'effet Coriolis



Si le corps s’éloigne de l’axe de rotation, Fc s’exerce dans le sens contraire de la rotation. Par contre si le corps se

rapproche de l’axe de rotation, Fc s’exerce dans le même sens que la rotation.
Principe de mesure
Le débitmètre à effet Coriolis met en œuvre un système qui met en rotation uniforme une portion de masse "m" d'un
liquide s’écoulant dans une canalisation.
Cependant, la configuration d’un dispositif en rotation uniforme n’est pas adaptée à une réalisation industrielle.
Aussi, les constructeurs ont mis au point des systèmes oscillants qui mettent en œuvre une rotation dont la vitesse
varie de manière sinusoïdale. Deux technologies existent à savoir le capteur à tube rectiligne et le capteur à deux
tubes en U en boucle oscillante.

Capteur à tube rectiligne


Dans un débitmètre, une placée au milieu d'un tube rectiligne, soumet ce dernier à un mouvement oscillant
(vibratoire) autour de l’axe de repos du tube (oscillation de base en l'absence d'écoulement du fluide ). Lorsque les
particules du fluide se déplacent avec la vitesse Vt, elles créent des forces de Coriolis qui agissent sur les deux moitiés
du tube, dans des sens opposés. Il en découle une petite distorsion du tube qui se superpose à l’oscillation de base
donnant lieu à un mouvement oscillatoire total (possédant une fréquence f de résonance fonction de la géométrie du
tube de mesure, des caractéristiques du matériau et de la masse du fluide qui vibre dans le tube de mesure) (Fig.132).
Aussi, la superposition du mouvement de Coriolis sur l’oscillation initiale montre une différence de phase, détectée
aux extrémités par deux capteurs électromagnétiques (deux bobines reliées à un transmetteur). Cette différence de
phase est une mesure directe du débit massique donc de la masse qui circule à travers l'appareil de mesure.

Fig.132 : Représentation simplifiée de l'effet des forces de Coriolis dans le cas du


débitmètre à deux tubes rectilignes*

* : composé de deux tubes fixes à leur extrémité qui subissent en leur milieu une oscillation en opposition de phase.

En effet; en présence de débit, un retard de phase est observé entre les oscillations aux deux extrémités du tube
(Fig.133). Ce déphasage auquel correspond un intervalle de temps t est directement proportionnel au débit
massique Q.
Amplitude 1ère extrémité du tube
 2ème extrémité du tube
t   k .Q
2. . f t
k étant une constante.


Déphasage

Fig.133 : Déphasage entre les oscillations aux extrémités du tube du à l'effet Coriolis

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Capteur à deux tubes en U en boucle oscillante


Il est constitué de deux tubes en U oscillant en opposition de phase autour d’un même axe.

Capteur
électromagnétique Bobine excitatrice

Fig. 134: Débitmètre à tubes en U en boucle oscillante

Fig. 135:Représentation simplifiée de l'effet des forces de Coriolis dans le cas du débitmètre à tubes en U en boucle
oscillante
Caractéristiques
 Applicable pour tous les fluides, même s'ils sont chargés.
 Design robuste et peu encombrant,
 Très précis (0.1% d’erreur contre 0.5% pour les autres débitmètres).
 Insensible à la température, la pression, la nature du fluide.
 Coûte cher

 Débitmètre massique thermique

Principe de mesure : Il est basé sur la mesure des transferts caloriques par le fluide lui-même. Le capteur est
constitué d'un tube métallique à paroi mince, (capillaire), de résistances chauffantes à fort coefficient de température
bobinées à l'extérieur du tube. La circulation du fluide provoque un déséquilibre thermique (t) entre l'amont et l'aval
du tube, ce déséquilibre est proportionnel au débit massique.

Fig. 136: Débitmètre massique thermique

Si on chauffe un écoulement dans une conduite avec une puissance thermique P constante (à travers les résistances
chauffantes) alors le gradient de température T (entre l’amont et l’aval des résistances chauffantes) s’écrit :
P
T  .
C. m
P
m
CT

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Avec :
C: Capacité thermique du fluide
= f(T) pour les liquides
= f(T, DP) pour les gaz

Remarque : La précision de ces débitmètres dépend de la précision des thermomètres électriques et de la constance
de C (capacité thermique).

On mesure la température à l’aide de RTD (Pt 100) placés en amont et en aval des bobines de chauffages. La différence
de température T, mesurée à l’aide d’un pont de Wheatstone est une fonction non linéaire du débit massique :
.
1
T  f ( .
)
m

Fig. 137: Pont de Wheatstone conditionneur*


* : Conversion de T en signal électrique (tension)

Caractéristiques

 Mesure de débit massique de liquides < 0,5l/h et de gaz mais adapté plutôt aux gaz (mesure de faibles débits<
1l/h)
 Précision de l'ordre de ± 1 % à ± 2 % de l’étendue de mesure
 Pression de service  350 bars
 Diamètre de canalisation : tous diamètres

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Bibliographie

Livres

"Les Capteurs en instrumentation industrielle", Georges Asch et collaborateurs, Dunod 2010

"Instrumentation industrielle : Spécification et installation des capteurs et des vannes de régulation", Michel Grout,
Dunod 2002
ème
"Le carnet du régleur Mesures et régulation", Jean-Marie Valance, Bernard Poussery, Corine Valance, 18 édition,
Dunod 2017
ème
"Traitement des signaux et acquisition de données", Francis Cottet, 4 édition Dunod 2015.

"Les. capteurs pour Arduino et Raspberry Pi-Tutoriels et projets"-Traduit par Dominique Maniez, Tero Karvínen, Kimmo
Karvínen, Ville Vaitokarí, Dunod 2014.

Polycopié
"Mesures Physiques", Hans Laufer, USTO/Institut d'Electrotechnique, 1988.

Sites Web