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LA COLLECTION

11/01/2021

FLORINE WAULTIER
M1 MÉDIATION DU PATRIMOINE ET DE
L'EXPOSITION
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INTRODUCTION

PRÉSENTATION DU MACLYON

Le Musée d’art contemporain de Lyon, plus communément appelé Mac Lyon, est un musée créé en 1984, dans un
premier temps dans une Aile du Palais Saint-Pierre, avant de déménager dans le quartier de la Cité Internationale, dans le
6ème arrondissement de la ville. Modifié par Renzo Piano, le bâtiment conjugue la façade de l’ancien palais de la Foire de
Lyon avec la modernité de la façade en brique, plus ouverte et aérée. A ce musée est également adjoint une iconothèque,
ainsi qu’un centre de documentation.
L’intention muséographique du musée est régie par le souhait de créer des espaces modulables, aptes à s'adapter aux
besoins particuliers de chaque exposition et des œuvres qu’il expose. Cette modularité en fait sa spécificité : l’aménagement
intérieur se traduit par des murs placés autour des œuvres, des plateaux libres ou encore la possibilité de modifier l’éclairage,
qu’il soit zénithal, à claires-voies ou encore latéral. Par ailleurs, ce projet muséographique particulier fait l’objet d’un rapport
détaillé publié sur le site du musée.
L’action culturelle du musée y est très variée. On y retrouve des expositions, qui sont uniquement temporaires, dans le
but de renouveler l’accrochage et les parcours expographiques. A celles-ci s’accompagnent toute une série d’évènements
thématiques : qu’il s’agisse de conférences, concerts, master classes, rencontres.... Le lieu se positionne comme étant
incubateur d'échanges. C’est dans cette perspective que l’on y retrouve des projets participatifs, avec un public varié, parfois
réalisé en dehors des frontières du musée.

Cette dimension inclusive et participative nous amène alors à nous intéresser au projet scientifique et culturel du
musée. Le lieu se définit comme étant porteur de projets durables et inclusifs. Dans un objectif de démocratisation culturelle,
il souhaite mettre à bat les frontières parfois imperméables entre le monde de culture et les publics empêchés. Le credo est
le suivant : permettre à tous d’accéder à une même prestation culturelle sans distinction de tout genre. Par une approche
transdisciplinaire, il encourage d’autres formes de la création contemporaine afin d’instaurer un dialogue entre différentes
figures d’expression artistique.

Partagé aussi par de nombreux autres musées, il s’inscrit dans une démarche de transdisciplinarité, de co-construction
et de participation. Si l’on reprend la définition du “participatory museum” de Nina Simon, celle-ci se déploie dans le fait
d’utiliser le musée comme lieu d’interaction, où des professionnels et des amateurs peuvent ensemble explorer, interpréter,
contribuer, recevoir, créer un certain nombre d’éléments et de discours au sein du musée mais aussi des évènements. Il est
au service de la communauté de tous les membres, qui peuvent jouer un rôle au sein de l’établissement.

Enfin, il souhaite s’orienter vers tous les territoires et s’adresse à tous les publics, que ce soit par des relations étroites
avec l’International (en 2019, le musée se voit attribuer le label “le musée sort de ses murs” par le Ministère de la Culture),
mais aussi avec l’éducation nationale et l’enseignement supérieur. Celles-ci sont rendues visibles par des projets de
longue durée ou encore par la mise en place d’un programme particulier de recherche-création : le macSup.

LA COLLECTION

La collection compte environ 1400 œuvres. Issues d’expositions collectives ou monographiques, il s'agit d'œuvres très
réceptives à l’actualité. Le parti-pris du Mac Lyon est de posséder un large nombre d’installations monumentales, ce qui
en fait sa spécificité. Son essence réside dans le fait de tester les limites du médium et de mettre en avant des formes de
création ne s'inscrivant pas dans un carcan disciplinaire préétabli, bien défini.
Face à cette collection, le spectateur est souvent amené à sortir de son statut de simple “regardeur” , il peut ainsi vivre
l’expérience de l'œuvre par le biais d’éléments immersifs. Le rapport du musée d'août 2020 sur l'enrichissement de la
collection, présente la mention de “musée expérimental".
Explorant la frontière du visible/non visible, certaines œuvres de la collection jouent particulièrement sur le fait d’apparaître
mais aussi de disparaître : c’est le caractère éphémère qui leur confèrent une identité propre.
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Outre des installations, la collection recouvre l’ensemble des champs suivants et fait écho à la volonté de
transdisciplinarité du musée : performance, peinture, installation vidéo, sculpture, installation sonore, photographie, dessin,
cinéma, programmation informatique, ou livre. Ces œuvres s'inscrivent dans la collection grâce aux dons des mécènes de la
fondation cercle 21, mais aussi par la Biennale d’art contemporain de Lyon, ayant lieu toutes les années impaires depuis
1991. Aujourd’hui, la collection du Mac Lyon figure dans le pôle des Musées d’art de Lyon avec les collections du Musée des
beaux-arts de Lyon.

LES MODALITÉS DE CONSULTATION DE LA COLLECTION

Avant tout, on peut constater une quantité d’informations particulièrement intéressante sur la collection, allant de son
histoire à ses modalités d’acquisitions, le tout documenté dans un rapport récent (août 2020). Le travail effectué sur la mise
en valeur de la collection est conséquent.
Le site propose une rubrique “collection 2020”, sur laquelle on peut prendre connaissance des œuvres acquises au cours
de l’année. Quant à la consultation de la collection, plusieurs modalités sont possibles.
Tout d’abord, l’internaute peut appréhender la collection dès la page d’accueil, qui propose un “focus collection” réparti en
plusieurs catégories : “la + persistante”, “la + verdoyante”, “la plus changeante”, “la plus drôle” ou encore “la + minuscule". On
peut supposer que l’objectif recherché ici est à la fois d’interpeller le visiteur du site en suscitant sa curiosité , mais aussi de
montrer la collection sous un angle d’approche original par ce classement. Or, on pourrait reprocher que cette idée ne se soit
pas exploitée davantage. Lorsque l’on clique sur l’une des catégories, on aperçoit une seule œuvre et le site web renvoie à la
“page d’accueil” de la collection, au lieu de nous proposer plusieurs œuvres de la même catégorie, ce à quoi s’attend
l’internaute. Toutefois, l’avantage est de ne pas surcharger le visiteur d’une succession d’œuvres mais d’en mettre en lumière
une emblématique.

Autrement, la collection peut être consultée via un catalogue en ligne, qui recense ici 1379 œuvres. Cela passe alors par la
plateforme Navigart, que l’on retrouve aussi sur d’autres sites de musées d’art contemporain (par exemple celui de Marseille,
de Strasbourg, de Saint-Etienne…). La plateforme est ergonomique et permet de rechercher une œuvre en fonction de son
type (photographie, estampes, design,...), de son artiste, de son année de création ou encore si elle présente une notice. Cette
dernière permet d’ailleurs une recontextualisation de l'œuvre, elle propose une explication de celle-ci, mais permet aussi de
diriger l’internaute vers une autre production de l’artiste, dans la même collection.
En plus de fournir des informations générales sur l'œuvre et sur l’artiste (nationalité, date de naissance, matériaux utilisés
pour la création, dimension, lieu d’exposition, achat,...), la plateforme met aussi à disposition d’autres références, comme une
bibliographie, ses différentes apparitions dans d’autres expositions, et éventuellement le site internet de l’artiste.

L’utilisateur peut aussi faire une recherche “libre”, sans sélectionner les filtres. Une fois la recherche lancée, il peut définir
lui-même les modalités d’affichage de ses recherches : vue mosaïque, diapo ou encore développée, et peut trier selon 5
critères : le tri aléatoire, par date de l'œuvre croissante ou décroissante, par auteur, ou encore par numéro d’inventaire. Enfin,
le filtre image constitue un autre critère de sélection.
L'avantage de cette plateforme est de pouvoir facilement effectuer des recherches ciblées mais aussi de trouver
rapidement les informations souhaitées de façon classées. De même, la sélection d’œuvres présentée est nouvelle à chaque
fois que l’on clique sur le lien de la plateforme.

Le visiteur peut aussi découvrir les collections, autrement que par la plateforme Navigart. En effet, l’application "mac
Lyon : la collection” permet au public de la découvrir sous un autre angle, en se mettant dans la peau d’un régisseur au sein
des réserves du musée. La visite virtuelle dans les réserves n’est d’ailleurs pas sans rappeler la visite virtuelle 360° des
3000m² du musée, qu’il est également possible d’effectuer, cette fois-ci, via le site internet. L’application, créée en 2018 à
l’occasion de l’appel à projet SmArtapps, l’”appli la plus créative”, a été nommée gagnante.
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FOCUS SUR UNE OEUVRE : "COSMODROME"

Cosmodrome est une installation immersive réalisée en 2001 par l’artiste Dominique Gonzalez-Foerster (de son surnom
DGF). Selon elle, il s’agit d’un véritable “spectacle-environnement” visuel et sonore, de 9 minutes, où le but est d’explorer la
porosité des frontières entre les différents champs disciplinaires du spectacle vivant, du cinéma, des arts plastiques ou
encore de l'œuvre numérique. La bande son est composée par Jay Jay Johanson
Le titre fait référence à un univers à part entière dans lequel serait plongé le spectateur, invité à vivre l’expérience pieds nus,
sur le sable disposé au sol. Pour l’artiste, il ne s’agit pas d'envisager l’art comme un “objet décoratif mais comme un médium”.
Ici, c’est l’expérience qui est privilégiée tout comme l’interaction avec le visiteur, qui en quelque sorte, la performe en y
laissant une trace, selon la volonté de l’artiste. L’installation est constituée de multiples composantes, dont on peut faire des
catégories :
Les sources lumineuses : lampes pour découpes, ampoules dichroïques, voyants rouges, voyants bleus, méplats, tubes
ARIC, transformateurs générateur de lumière, faisceaux de 4 fibres optiques, unités de rideaux lumineux.
Les éléments technologiques (écran, enceintes amplifiées (4), câbles d'alimentation, cordons connectiques, 2 racks de
puissance, enceinte amplifiée, bloc de puissance, iris, découpes, élingues, crochets, console , racking carte son et DMX,
commande à distance, câbles DMX entre 3 racks, bloc de sauvegarde générale)
Les éléments plastiques : sable, planètes en contre-plaqué peintes en blanc et noir.

QU'EST-CE QU'UNE INSTALLATION ?

Afin de comprendre les enjeux de conservation qui s'exposent, il peut être intéressant de se pencher sur la notion
d’installation. Concept relativement récent, Allan Kaprow évoquait néanmoins en 1958, une pré-définition des installations
en utilisant le terme d’”environnement” pour ses productions, chose que l’on retrouve ici chez DGF. Si une installation peut
être permanente, elle n’est cependant pas rare qu’elle soit éphémère. Cette dernière donnée est à prendre en compte afin
d’envisager pour le mieux les modalités de conservation. De même, une installation peut-être conçue in situ, donc peut
difficilement s’adapter à d’autres espaces d’exposition. Ces éléments nous amènent dès lors à s’intéresser aux particularités
de conservation de l'œuvre.
.Pour "Cosmodrome", il se pose d’abord la question du caractère potentiellement obsolète de l’installation. En effet, les
dispositifs numériques ou lumineux utilisés par les artistes présentent le risque de ne retrouver le même matériau utilisé pour
l'œuvre. Il peut ne plus être mis sur le marché, ou bien ne plus être compatible avec les autres composants de l’installation.

L'OBSOLESCENCE LUMINEUSE

L’obsolescence apparaît comme l’un des principaux problèmes de conservation de ces sources lumineuses. En soi, le
remplacement de lampes, de rideaux lumineux, de voyants rouges ou bleus ne pose pas problème tant qu’ils peuvent être
retrouvés sur le marché.
Or, l’interruption de la commercialisation peut l’être. Dès lors, on peut se demander si l'œuvre a toujours la même
signification si l’un des composants, visible (notamment les voyants lumineux) a été remplacé par un autre.
Parfois l' obsolescence peut engendrer des différences en termes d’intensité de la lumière, des effets de couleurs, etc… il y
aura toujours des petites nuances même si cela est peu perceptible ou ne semble avoir qu’une légère importance.

L'œuvre utilise des ampoules dichroïques, qui sont des lampes basses tensions halogènes. Les lampes halogènes sont
en réalité un type de lampes incandescentes. Ces lampes fonctionnent sur le principe suivant : elles s’éclairent par le
processus de production de lumière à chaud. Or, dès janvier 2013, une loi interdit en France, la commercialisation de ce type
d’éclairage, du fait de sa forte consommation énergétique. Toutefois, les lampes "dichro" ne sont pas non plus très
énergivores et sont même dénommées sous le terme anglais suivant : “cool beam lamp”, à savoir lampe à faisceau froid. La
question est de savoir si l’artiste peut aisément remplacer ce type de lampes ou encore si elle a pu s’en procurer d’avance
avant la disparition de sa commercialisation dans les magasins de France.
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L'OBSOLESCENCE TECHNOLOGIQUE

L’autre obsolescence est d’ordre numérique. Hormis les problèmes techniques, de panne informatique ou numérique, la
série d’un composant de l’installation peut ne plus être en vente. Cela peut apparaître comme étant très handicapant,
d’autant plus que les composants numériques de l'œuvre sont très nombreux et beaucoup sont interdépendants : si l’un
d’entre eux est manquant et qu’aucune solution de secours n’est assurée (avoir des composants en double, savoir gérer une
panne…), alors on peut imaginer que le “mécanisme” peut potentiellement s’interrompre.
C’est pourquoi certaines mesures sont envisageables. Dans un premier temps, l’artiste peut donner le code source, en même
temps que la vente de sa production. Il s’agit d’une pratique déjà mise en place par les artistes ayant recours au numérique.
C’est le cas d’Antoine Schmitt, artiste plasticien qui s’inspire de son ancien travail en tant qu’ingénieur informatique afin de
proposer des alternatives de conservation. De cette manière, en cas d’obsolescence du support ou de la source, le code
persiste. Si l’ordinateur ou le logiciel utilisé n’est plus compatible, il sera toujours envisageable de tenter de reproduire le
plus fidèlement possible à partir du code source.
De plus, l’artiste peut donner au musée un document, telle une fiche technique qui recense toutes les modalités essentielles
de production de l'œuvre, mais aussi de présentation, afin de conserver au mieux l’image et le son (ex : qualité du son,
intensité de la lumière, régulation des basses, etc…).
Bien évidemment, certaines questions doivent être posées : l’artiste travaille-t-elle dans l’optique que son œuvre évolue à
l’image de ses composants ? Il faut peut-être envisager le fait que le déploiement d’une œuvre numérique ne dépende pas
tant de l’ordinateur ou de son écran mais de son logiciel. Ici malheureusement, je n’ai pu obtenir d'informations
supplémentaires quant au logiciel utilisé ou aux branchements réalisés. Si l’obsolescence d’une œuvre numérique
dépendant d’un modèle d’ordinateur particulier est plus embêtante, le logiciel peut permettre dans certains cas, de continuer
à faire vivre l’œuvre car c’est lui qui l”active”, d’où l’intérêt de conserver le code source, ou le langage de programmation.

LE CARACTÈRE HÉTÉROCLITE ET PLÉTHORIQUE DES MATÉRIAUX

En lisant simplement la notice de l'œuvre, on se rend compte que sa conservation est complexe et nécessite une bonne
organisation. En effet, l'œuvre a recours à de nombreux matériaux, dont on peut imaginer que leur conservation demande
des connaissances dans des domaines d’intervention très variés (électricité, informatique, ingénierie du son…). Cela peut
supposer de faire appel à plusieurs “sous-traitants” lorsqu'un problème surgit. Parfois, on retrouve dans certains musées,
des services internes liés à la gestion du numérique. Ils peuvent alors apporter leur connaissance afin de régler d’éventuels
problèmes numériques liés à l'œuvre mais aussi en assurer la maintenance. C’est dans cette perspective que l’on devrait
retrouver dans les grands musées, des services de spécialisation qui seraient à même de conserver pour le mieux les œuvres
qu’ils reçoivent.

L’INTERACTION AVEC LE SPECTATEUR

La question du caractère immersif de l'œuvre soulève des questions liées à sa fragilité. L'œuvre implique que le
spectateur passe à travers un rideau de plastique lumineux pour la découvrir. Or, celui-ci peut facilement se casser du fait
des nombreuses allées et venues des spectateurs. Ce qui n’est pas sans nous rappeler l’œuvre et son rideau de fer et de
nylon de Jesus-Raphael Soto, “Le pénétrable jaune” (1999), exposée en 2005 au MACVAL, dans laquelle les spectateurs
étaient aussi invités à “performer” l’œuvre, et lui donner vie et sens.
Il faut se demander comment les fils peuvent être remplacés. A l’inverse du "Pénétrable Jaune”, l’artiste de “Cosmodrome”
est toujours en vie. Ainsi, les questions de conservation sont bien entendu à prendre en compte avec les volontés de
l’artiste. Dans "Cosmodrome", DGF utilise également du sable noir. S’il est a priori facile de s’en procurer, on peut se
demander si ce sable doit être artificiel ou non, comment le disposer dans l’espace, quelle quantité en déposer, si cela doit
être quantifié. De même, il convient de savoir à quelle fréquence ce sable doit être renouvelé, que ce soit à chaque nouvelle
exposition de l'œuvre ou non (notamment pour des raisons d’hygiène).
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L'INTERACTION ENTRE LES MATÉRIAUX

Enfin, du fait de la présence humaine, les matériaux (sable, dispositifs lumineux, écran) peuvent aussi interagir entre eux.
La projection de sable peut s’infiltrer dans les composants ou causer des micro-rayures, sous l’effet éventuel des pas et
déplacements du spectateur. Cela ne devrait pas poser problème mais demande tout de même un entretien et un
nettoyage minutieux.

LA RÉ-EXPOSITION DE L'OEUVRE

En 2015, l'œuvre Cosmodrome, de la collection du Mac Lyon, a été exposée au Centre Pompidou, à l’occasion de
l’exposition "Gonzalez-Foerster”. Les enjeux sous-jacents à la conservation sont aussi liés à la ré-exposition d’une œuvre et à
ses modalités de transport, de montage et de démontage. Comment la transporter ? Comment l'œuvre peut-elle s'adapter
à un nouveau lieu d’exposition ? Il convient de s’assurer de la manière dont vont être réalisés les branchages, électriques ou
numériques, s’ils sont bien entendus, compatibles avec le lieu.

ÊTRE EN ACCORD AVEC L'ARTISTE

Dans tous les cas, les questions de conservation doivent être dans la mesure du possible, abordées avec l’artiste-même. Il
s’agit tout d’abord, de comprendre comment elle envisage son œuvre, quel en est le message. Est-ce le rapport à l’objet/la
matière/le dispositif qui permet la compréhension de l'œuvre ou plutôt l’émotion ressentie, l’ensemble ? Dans ce cas,
l’altération d’un composant peut-il compromettre l’appréciation de l'œuvre ?
Au plus le musée connaît la volonté de l’artiste, au plus il sera à même de conserver l'œuvre comme il se doit, dans le
respect de son créateur. Tel est l’avantage des artistes contemporains : le dialogue direct avec l’artiste est généralement
possible.
A cela, on pourrait conclure par le fait de Gonzalez-Foerster envisage l’installation comme un lieu de vie, au contact du
spectateur, et l’œuvre ne doit donc pas être fossilisée :

“J'ai un gros doute sur le fétiche, sur la chose, objet d'art que l'on va garder, archiver, conserver, et je lui préfère de loin
l'expérience, c'est pour cela que l'exposition comme médium a sa force car elle transforme l'œuvre en expérience. Je pense
souvent à l'œuvre en termes de paradoxe c'est-à-dire de tensions entre l'envie de laisser des traces, entre l'apparition et la
disparition ; mais en même temps, les artistes sont très inconscients au moment de la création.”

Dominique Gonzalez-Foerster
SOURCES

BARABANT Gilles, TREMOLIERES François, « Conserver et restaurer l’art contemporain Modifications des pratiques et
recherches de légitimité », in 5e journée d’étude du cycle « La restauration : connaissance et reconnaissance de l’œuvre d’art
», 4 octobre 2013, disponible sur : https://c2rmf.fr/sites/c2rmf.fr/files/conserver_et_restaurer_ac_interactif.pdf

DAZORD, Cécile, EZRATI, Jean-Jacques, « Art contemporain, sources lumineuses et obsolescence » in L’art contemporain à
l’ère de l’obsolescence technologique, Marie-Hélène Breuil et Cécile Dazord (dir.), Technè n° 37, 2013, pp. 83-87.

Centre Pompidou, « Dominique Gonzalez-Foerster » in www.centrepomidou.fr , disponible sur


:https://www.centrepompidou.fr/media/document/0c/e8/0ce8da4deca3bed035d55642eee1306b/normal.pdf

SERREL Mathilde, « Dominique Gonzalez-Foerster : “J’ai toujours eu une fascination pour les personnalités multiples” » in
France Culture, 17/07/2018, disponible sur : https://www.franceculture.fr/emissions/les-masterclasses/dominique-
gonzalez-foerster-jai-toujours-eu-une-fascination-pour-les-personnalites-multiples

WOLINSKI Natacha, « L’art contemporain, une histoire matérielle » in France Culture, 12/10/2010, disponible sur :
https://www.franceculture.fr/emissions/latelier-de-la-creation-14-15/lart-contemporain-une-histoire-materielle-rediffusion
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ANNEXES

SUPPORTS VISUELS

LA COLLECTION

Plateforme "Navigart" du macLYON :


Page d'accueil du macLYON : https://www.mac-lyon.com/fr
https://www.navigart.fr/mac-lyon/artworks

Application "macLYON : la collection" : https://www.sitem.fr/maclyon-smartapps/

Visite virtuelle en 3D du macLYON : https://my.matterport.com/show/?m=3wcKK9QJoX8


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ANNEXES

SUPPORTS VISUELS

FOCUS OEUVRE : "COSMODROME"

"Cosmodrome" de Dominique Gonzalez-Foerster (2001) : https://www.mac-lyon.com/fr

LA VISIBILITÉ DE L'OEUVRE ET DE L'ARTISTE SUR LES RÉSEAUX


SOCIAUX

"Cosmodrome" pour l'exposition Gonzalez-Foerster


du Centre Pompidou en 2015

Publications du compte twitter du macLYON :


https://twitter.com/maclyon/status/646633966468993024

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