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CHAPITRE II :

L’IMPOT SUR LES SOCIETES

I- DEFINITION GENERALE DE L’I/S :

L’impôt sur les sociétés institué en 1986 en remplacement à l’impôt sur les bénéfices
professionnels qui imposaient auparavant et sans distinction, les revenus professionnels
réalisés par les personnes physiques et morales.

L’impôt sur les sociétés est un impôt général sur le revenu des personnes morales. C’est un
impôt direct qui frappe l’ensemble des bénéfices et revenus des sociétés, des établissements
publics et autres personnes morales.

II- CHAMPS D'APPLICATION DE L’IS :

1- Les personnes imposables (art2) :

Sont obligatoirement passibles de l’impôt sur les sociétés :

1°- les sociétés quels que soient leur forme et leur objet à l’exclusion de celles exclues du
champ d’application ;

2°- les établissements publics et les autres personnes morales qui se livrent à une
exploitation ou à des opérations à caractère lucratif ;

3°- les associations et les organismes légalement assimilés ;

4°- les fonds créés par voie législative ou par convention ne jouissant pas de la
personnalité morale et dont la gestion est confiée à des organismes de droit public ou privé,
lorsque ces fonds ne sont pas expressément exonérés.

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Ex : Fonds publics de réserve (F.P.R) relatif à l’assurance à l’exportation. La gestion de ce
fonds a été confiée à la société marocaine d’assurance à l’exportation (SMAEX).

5°- les centres de coordination d’une société non résidente ou d’un groupe international
dont le siège est situé à l’étranger. Ainsi, ces centres peuvent revêtir deux formes :

          - soit la forme d’une filiale, c’est-à-dire toute société dans laquelle une autre société,
dite mère, possède plus de la moitié du capital

   - soit la forme d’une succursale c’est-à-dire un établissement de la société mère qui n’est
pas juridiquement distinct de celle-ci.

Sont passibles de l’impôt sur les sociétés, sur option irrévocable :

Les sociétés en nom collectif (SNC) et les sociétés en commandite simple, (SCS) constituées
au Maroc et ne comprenant que des personnes physiques, ainsi que les sociétés en
participation.

2- Les personnes exclues du champ d’application (art3) :

Sont exclus du champ d’application de l’impôt sur les sociétés :

1°- les sociétés en nom collectif et les sociétés en commandite simple constituées au Maroc
et ne comprenant que des personnes physiques ainsi que les sociétés en participation, (Sauf
si elles optent pour l’assujettissement à l’I/S)

2°- les sociétés de fait ne comprenant que des personnes physiques ;

Par société de fait, on entend toute association entre deux ou plusieurs personnes qui mettent
en commun leurs apports en vue de partager les bénéfices ou les pertes éventuelles, sans
qu’ils aient à établir un contrat écrit.

3°- les groupements d’intérêt économique.

Le groupement d’intérêt économique est une entité constituée de deux ou plusieurs personnes
morales pour une durée déterminée ou indéterminée, en vue de mettre en œuvre tous les

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moyens propres à faciliter ou à développer l’activité économique de ses membres et à
améliorer ou accroître le résultat de cette activité.

4°- Les sociétés immobilières « transparentes » c'est-à-dire les sociétés immobilières dont le
capital est dispatché en parts sociales ou actions nominatives :

a- Lorsque leur actif est constitué soit d’une unité de logement occupée par les membres
de la société ou certains d’entre eux, soit d’un terrain destiné à cette fin ;
b- Lorsqu’elles ont pour seul objet l’acquisition ou la construction, en leur nom,
d’immeubles collectifs ou d’ensembles immobiliers, en vue d’accorder statutairement
à chacun de leurs membres la libre disposition de la fraction d’immeuble
correspondant à ses droits sociaux.

3- Les produits soumis à l’impôt retenu à la source (Art 4) :

Sont soumis à la retenue à la source au titre de l’impôt sur les sociétés ou de l’impôt sur le
revenu, telle que prévue aux articles 158, 159 et 160 ci-dessous :

1°- les produits des actions, parts sociales et revenus assimilés visés à l’article 13 ; au taux
de 15% libératoire ;

2°-les produits de placements à revenu fixe visés à l’article 14 ; au taux de 20% non
libératoire ;

3°- les produits bruts visés à l’article 15 versés, mis à la disposition ou inscrits en compte
des personnes physiques ou morales non résidentes ; au taux de 10% au titre :

 de redevances pour la concession de licence d'exploitation de brevets, dessins et


modèles, plans, formules et procédés secrets, de marques de fabrique ou de commerce
 de rémunérations des prestations de toute nature utilisées au Maroc ou fournies par des
personnes non résidentes.
 de rémunérations pour le transport routier de personnes ou de marchandises effectué
du Maroc vers l'étranger, pour la partie du prix correspondant au trajet parcouru au
Maroc ;

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 de rémunérations pour la fourniture d’informations scientifiques, techniques ou
autres…

4- Territorialité (Art 5) :

Les sociétés, qu’elles aient ou non un siège au Maroc, sont imposables à raison de
l’ensemble des produits, bénéfices et revenus :

- se rapportant aux biens qu’elles possèdent, à l’activité qu’elles exercent et aux opérations
lucratives qu’elles réalisent au Maroc, même à titre occasionnel ;

- dont le droit d’imposition est attribué au Maroc en vertu des conventions tendant à éviter la
double imposition en matière d’impôts sur le revenu.

Les principaux cas sont résumés dans le tableau ci-dessous :

5- Les exonérations (Art 6)

5-1 : Exonérations et imposition au taux réduit permanentes

A ce niveau, on distingue les exonérations permanentes, les exonérations suivies de


l’imposition permanente au taux réduit et les réductions permanentes.

A- Exonérations permanentes

Sont totalement exonérés de l’impôt sur les sociétés :

1°- les associations et les organismes légalement assimilés à but non lucratif, pour les
seules opérations conformes à l’objet défini dans leurs statuts.

2°- la Ligue nationale de lutte contre les maladies cardio-vasculaires

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3°- les exploitations agricoles réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à cinq
millions (5.000.000) de dirhams,

Lorsqu’une société devient imposable au titre d’un exercice donné et que le chiffre d’affaires
réalisé au cours de l’exercice suivant est inférieur à 5 millions de DH, l’exonération précitée
n’est accordée que lorsque ledit chiffre d’affaires est resté inférieur à ce montant pendant 3
exercices consécutifs.

4°-les sociétés installées dans la Zone franche du Port de Tanger ;

5°- Les coopératives et leurs unions légalement constituées :

 lorsque leurs activités se limitent à la collecte de matières premières auprès des


adhérents et à leur commercialisation ;
 ou lorsque leur chiffre d’affaires annuel est inférieur à dix millions (10.000.000) de
dirhams hors taxe sur la valeur ajoutée,

6°- la Banque Islamique de Développement (B.I.D.), la Banque Africaine de


Développement (B.A.D.), la Société Financière Internationale (S.F.I.) et plusieurs
agences (ex : l’Agence Bayt Mal Al Quods Acharif, l'Agence de Logements et d'Equipements
Militaires…)

7°- la Fondation Lalla Salma de prévention et traitement des cancers, la Fondation


Mohammed V la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, la Ligue
Marocaine pour la protection de l’enfance…

8°- Les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (O.P.C.V.M.), pour les
bénéfices réalisés dans le cadre de leur objet légal ;

9°- les organismes de placement collectif immobilier (O.P.C.I), au titre de leurs activités et
opérations réalisées conformément aux dispositions de la loi n° 70-14 relative aux organismes
de placement collectif immobilier

10°- les sociétés non résidentes au titre des plus-values réalisées sur les cessions de valeurs
mobilières cotées à la bourse des valeurs du Maroc

8° autres…

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Les organismes précités et visés au 6°, 7°, 8°, 9°, 10° bénéficient :

 de l’abattement de 100% sur les produits des actions, parts sociales et revenus
assimilés prévus au C-1° ci-dessous ;
 et de l’exonération des plus-values sur cession de valeurs mobilières

B- Exonérations suivies de l’imposition permanente au taux réduit

Bénéficient de l’exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant une période de 5 ans et
d’une imposition au taux réduit de 20% au-delà de la période précitée, dont le montant du
bénéfice net est supérieur à un million (1 000 000) de dirhams les entreprises suivantes :

(Si le CA est inférieur ou égal à 300 000 dh, le taux appliqué est 10%)

1°- Les entreprises exportatrices de produits ou de services, autres que celles exerçant dans
le secteur minier ;

2°- Les entreprises qui vendent à d’autres entreprises des produits finis destinés à l’export,
autres que celles exerçant dans le secteur minier ;

3°- Les entreprises hôtelières et Les sociétés de gestion des résidences immobilières de
promotion touristique pour la partie de la base imposable correspondant à leur chiffre
d’affaires réalisé en devises ;

Bénéficient de l’exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant une période de 5 ans et
d’une imposition au taux réduit de 15% au-delà de la période précitée,

4°- Les sociétés de services ayant le statut "Casablanca Finance City" , bénéficient au titre
de leur chiffre d’affaires à l’exportation et des plus- values mobilières nettes de source
étrangère réalisées au cours d’un exercice.

5° - Les entreprises qui exercent leurs activités dans les zones d’accélération industrielle
(Zones Franches)

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6°- L’Agence spéciale Tanger-Méditerrannée, ainsi que les sociétés intervenant dans la
réalisation, l’aménagement, l’exploitation et l’entretien du projet de la zone spéciale de
développement Tanger-Méditerranée et qui s’installent dans les zones franches
d’exportation;

C- Impositions permanentes au taux réduit ;

Les entreprises minières exportatrices bénéficient d'une imposition permanente au taux réduit
de 20% à compter de l'exercice au cours duquel la première opération d'exportation a été
réalisée et dont le montant du bénéfice net est est supérieur à un million (1 000 000) de
dirhams.

(Si le CA est inférieur ou égal à 300 000 dh, le taux appliqué est 10%)

Bénéficient également de cette réduction, les entreprises minières qui vendent leurs produits à
des entreprises qui les exportent après leur valorisation.

5-2 : Exonérations et imposition au taux réduit temporaire

A ce niveau, on distingue les exonérations temporaires et l’imposition temporaire au taux


réduit.

A- Exonérations temporaires

Sont exonérés temporairement :

1°- les titulaires de toute concession d'exploitation des gisements d'hydrocarbures


bénéficient d'une exonération totale de l'impôt sur les sociétés pendant une période de 10
années consécutives courant à compter de la date de mise en production régulière de toute
concession d'exploitation.

2°- les sociétés exploitant les centres de gestion de comptabilité agréés sont exonérées de
l'impôt sur les sociétés au titre de leurs opérations, pendant une période de quatre ans
suivant la date de leur agrément.

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B- Imposition temporaire au taux réduit

L’imposition temporaire (5ans) au taux réduit de 20 % concerne :

(Si le CA est inférieur ou égal à 300 000 dh, le taux appliqué est 10%)

1°- les entreprises exportatrices implantées dans les régions dont le niveau de
développement économique nécessite un traitement fiscal préférentiel ;

2°- les entreprises artisanales dont la production est le résultat d'un travail essentiellement
manuel ;

3°- les établissements privés d'enseignement ou de formation professionnelle ;

4°-les promoteurs immobiliers personnes morales, qui réalisent pendant une période
maximum de trois (3) ans courant à compter de la date de l’autorisation de construire, des
opérations de construction de cités, résidences et campus universitaires constitués d’au moins
cinquante (50) chambres dont la capacité d’hébergement est au maximum de deux (2) lits par
chambre, dans le cadre d’une convention conclue avec l’Etat assortie d’un cahier des charges.

Ces promoteurs bénéficient de cette imposition temporaire au titre des revenus provenant de
la location de ces cités, résidences et campus universitaires.

5°- Autres…

III- ASSIETTE FISCALE

C’est la base qui va être frappée par l’impôt, elle est appelée également base imposable.
L’assiette ou la base imposable de l’I/S est constituée par le résultat fiscal. Le résultat fiscal
est obtenu à partir du résultat comptable qu’on va modifier en fonction des règles fiscales.

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IS = RF * taux Avec RF = R. Comptable +/- corrections fiscales

Exemple d’application

En 2017, la société X a réalisé un bénéfice comptable avant I/S de 253 821,70 dhs les PNI
s’élèvent à 45 000 dhs, les CND sont de l’ordre de 62 500 dhs.

TAF :

1- Calculer le résultat fiscal de l’exercice 2017


2- Calculer le montant de l’I/S correspondant
3- Déterminer le montant du résultat net comptable (RNC)

Résolution :

1- RF = RC - PNI + CND

RF = 253 821,70 – 45 000 + 62 500

RF = 271 321,70 DH

Remarque : La base imposable de l’I/S, de cotisation minimale et de l’I/R est toujours


arrondie à la dizaine de dirhams inférieure.

Donc : RF arrondi à 271 320 dhs

2- L’I/S = RF * 10%

L’I/S = 271 320 * 10% = 27 132 dhs

Remarque : L’impôt est toujours arrondi au dirham supérieur.

3- RNC= RC – L’I/S

RNC = 253 821, 70 – 27 132 = 226 689, 70 dhs.

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IV- ETUDE FISCALE : ANALYSE DES CHARGES

1- Conditions générales de déduction fiscale des charges

Pour être déductible, les charges doivent réunir les 4 conditions suivantes :

1ère condition : Elles doivent se rattacher à la gestion de la société et être exposées dans
l’intérêt de l’exploitation.

2ème condition : Les charges doivent être effectives et non pas fictives et appuyées par des
pièces justificatives.

3ème condition : Les charges doivent être comptabilisées

4ème condition : les charges doivent correspondre à des dépenses d’exploitation et non pas à
des dépenses d’investissement. la charge doit se traduire par une diminution du patrimoine de
l’entreprise ou avoir pour but de couvrir les risques entraînant cette diminution.

Dépenses d’exploitation : Correspondent à des biens qui sont destinés à être consommés ou
revendus au cours de l’exercice.

Dépenses d’investissement : Correspondent à des biens qui sont destinés à rester


durablement au sein de l’entreprise.

Remarque : Les charges déductibles sont celles qui affectent le résultat de l’exercice au cours
duquel elles ont été engagées quel que soit la date de paiement (le principe d’autonomie des
exercices).

Le principe d’autonomie : La vie de l’Entreprise est découpée, fractionnée en périodes


annuelles appelées exercices afin de déterminer le résultat d’une façon exacte, il faut que
chaque exercice supporte toutes ses charges qui lui reviennent et bénéficie de tous les produits
qui lui incombent.

Le critère de rattachement d’une charge ou d’un produit à un exercice déterminé est


constitué par la livraison des biens et services.

2- Analyse des différentes charges

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A- Les achats :

1. Les achats doivent être comptabilisés pendant l’exercice à partir de leur réception
même si la facture n’a pas été reçue et le prix n’a pas été payé à la fin de l’exercice.

2. Les entreprises qui importent les produits sont autorisées à comptabiliser le coût réel
des importations (immobilisation (coût d’acquisition versus prix d’achat)) en incluant
dans le prix d’achat, les frais accessoires d’achat (transport, Frète, assurance, droit de
douane, frais transit, frais portuaire)

Remarque relative aux droits de douanes :

Les droits de douanes sont des éléments du prix de revient des biens importés : De ce fait,
deux cas peuvent se présenter :

 Si les DD sont relatifs à l’importation des immobilisations : ils sont comptabilisés en


immobilisation
 Si les DD sont relatifs à l’importation à un élément de charges, ils constituent des
charges.

Exemple d’application

Calculer le résultat fiscal de l’exercice

Résolution :

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B- Les frais du personnel :

B-1 : Condition de déduction :

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Les rémunérations directes et indirectes sont admises en déduction des résultats dans la
mesure où elles correspondent à un travail effectif, elles ne sont pas excessives en égard au
travail rendu.

  B-2 : Rémunération du personnel

Elles comprennent les éléments suivants :

1- Rémunérations de base : salaire de base qui peut être mensuel déductible. 

2- Suppléments de rémunération :

- les primes : caractère obligatoire.

- gratifications : caractère facultatif.

- les indemnités : contrepartie, remboursements des frais déjà engagées par salariés ; elles sont
réelles ou forfaitaires.

- des avantages en argent : payer une partie ou en totalité les frais des loyers, voiture,
électricité…

- des avantages en nature : logement de fonctionnement ou voitures de services…

3- Les charges patronales de sécurité sociale retraite :

a) cotisation patronale obligatoire de sécurité sociale : A.M.O (assurance maladie


obligatoire)

b) cotisation patronale de retraite, d’assurance maladie, assurance vie.

4- Les frais de formation de personnel : cours, stage, bourse d’étude, similaire, cours du soir
au Maroc ou à l’étranger.

5- Les tenues de travail, les frais de pharmacie

C- Les impôts et taxes :

Tous les impôts et taxes sont déductibles à l’exception de :

 L’I/S ;

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 Pénalités et amendes fiscales ;
 Majoration de retard ;
 le montant de la contribution pour l’appui à la cohésion sociale mise à la charge des
sociétés :

 le montant de la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et revenus

Exemple d’application

Quel est le sort fiscal des charges ci-dessus ?

Résolution :

1. Salaire du gérant est déductible


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2. Femme du gérant exerce un travail effectif son salaire est déductible.

3. Condition non remplie, donc il faut la réintégrer : 24 000 dh

4. Salarié non déclaré, pas de pièce justificative, donc il faut la réintégrer : 36 000 dh

5. Formation est déductible, intérêt des salariés.

6. Cotisation déductible, caractère social.

7. TVA n’est effective, entreprise ne fait que collecter, c’est une simple perceptrice elle
n’est pas une charge de l’entreprise, donc non déductible 5 000 dh

8. droit d’enregistrement est une immobilisation en non-valeur, non récupérable, donc il


faut la réintégrer : 60 000 dh

9. P.F non déductible 1 200 dh

10. M.R non déductible 700 dh

11. M non déductible 1 000 dh

12. non déductible 400 dh

D- Les autres charges :

Ce poste comprend un ensemble disparate (hétérogène) des droits généraux qu’il convient
d’étude et d’analyse sous un angle fiscal :

D-1 : Les loyers

 Les charges locatives, des locaux professionnels, des locaux affectés aux logements
des personnels constituent des charges déductibles à la concurrence (à hauteur) de la
fraction échue au cours de l’exercice.
 Les loyers d’avance versés à titre de garantie doivent figurer à l’actif Immobilisation
(compte : dépôt et cautionnement), ils ne constituent pas des charges déductibles.
 le droit d’entrée versé comme un supplément de loyer pour renouveler le bail,
constituant une charge déductible. 

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D-2 : Redevances crédit-bail

 Il s’agit d’une opération de location d’un bien matériel de transport avec possibilité de
rachat de ce bien en fin de période couverte par le contrat de leasing.

 Au cours de la durée du contrat leasing, l’entreprise doit payer des redevances leasing
qui sont comptabilisées en charge. Sur le plan fiscal, ces redevances constituent des
charges qui sont déductibles.

 (Les redevances crédit-bail sont assimilées à des loyers déductibles).

 Les biens objet de leasing ne doivent pas figurer à l’activité du bilan pendant la
période de location.

 En fin de période, si l’entreprise acquiert le bien loué, elle doit payer une indemnité
de rachat, qui est portée en immobilisations. Fiscalement cette indemnité de rachat est
non déductible comme charge (immobilisations).

D-3 : Les frais d’entretien et de réparation

Ces frais sont :

 déductibles s’ils sont destinés pour maintenir en l’état les Immobilisation de


l’entreprise.
 Ils ne seront pas déductibles s’ils prolongent la durée probable d’utilisation. Dans ce
cas, elles sont immobilisées et font l’objet d’amortissement.

D-4 : Rémunération d’intermédiaire et honoraires

Les commissions, courtages, honoraires et autres rémunérations versées à des tiers font partie
des charges déductibles.

D-5 : Petits outillages et matériel de faible valeur

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Il est admis que l’outillage de faible valeur soit porté en charges déductibles.

D-6 : Prime d’assurance :

Les primes d’assurance destinées à couvrir des risques courus par le personnel de l’E/se ou
par ses éléments d’actif (Accidents de travail, incendie, responsabilité civile…) sont
déductibles.

Assurance – vie :

Les primes d’assurance vie contractées au profit du personnel sont déductibles, à contrario
les primes d’assurance vie contractées au profit de la société ne sont pas déductibles.

D-7 : Les cadeaux publicitaires

Les cadeaux publicitaires distribués gratuitement sont déductibles sous réserve des deux
conditions suivantes :

1- leur valeur unitaire TTC ne doit pas dépasser 100 Dhs

2- ils doivent porter le nom et le sigle de la société.

Dans le cas contraire, le montant doit être réintégré en totalité

D-8 : Les dons

La loi sur l’IS a prévu trois catégories de dons : des dons déductibles sans aucune limitation,
des dons déductibles, mais avec limitation et des dons non déductibles.

a- Les dons déductibles sans limitation : Il s’agit des dons en argent ou en nature
octroyés aux organismes suivants :
 Habous publics ; Entraide nationale ; Associations reconnues d’utilité publique ;
Etablissements publics qui dispensent des soins de santé (hôpitaux, dispensaire) ou qui
assurent des actions culturelles, d’enseignement ou de recherche (exemple la fac) ;

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Fondation Hassan II de lutte contre le cancer ; Ligue nationale de lutte contre les
maladies cardio-vasculaires ; Comité olympique marocain
 Fédérations sportives.

b- Les dons déductibles à concurrence de 2 pour mille CA TTC du donateur : Il s’agit


des dons octroyés aux œuvres sociales des entreprises publiques ou privés.
c- Les dons non déductibles : Tous les autres dons (non cités ci-dessus)

D-9 : Les jetons de présence et tantièmes 

a- Les jetons de présence : Ils sont des sommes allouées aux membres de conseil
d’administration (et de conseil du surveillance) par l’assemblé générale (ordinaire)
sont assimilés fiscalement aux salaires (donc déductibles).
b- Tantièmes ordinaires : Il s’agit d’une partie des bénéfices nets distribuables affectés
aux membres du conseil (administrateurs). les tantièmes ordinaires sont interdits
depuis 2001 par la nouvelle loi sur la société, donc fiscalement ils sont non
déductibles.
c- Tantièmes spéciaux : Ils sont versés aux membres du conseil d’administration pour
des missions accomplies dans l’intérêt de la société. Ils sont fiscalement déductibles.

Exemple d’application

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Préciser le sort fiscal des charges suivantes en justifiant brièvement vos éléments de
réponse ?

Résolution :

1. Le loyer des locaux professionnels est une charge déductible.

2. Le Loyer versé d’avance à titre de garantie est une créance à long terme et non une
charge : à réintégrer

3. IR salarial est retenu à la source « au niveau du salaire », l’entreprise joue rôle
d’intermédiaire ‘‘ Tiers payeur ’’ pour éviter l’encombrement du service fiscal
(mesure de simplification, mesure pratique, ignorance), il s’agit d’impôt personnel du
salarié et non une charge pour l’entreprise, il faut réintégrer le montant correspondant

4. Cotisations patronales A.M, il s’agit d’une charge déductible,

5. Cotisations salariales S.S, même réponse que IR, élément à la charge des salariés et
non de l’entreprise, à réintégrer.

6. Redevances leasing sont assimilées fiscalement à des loyers, donc c’est une charge
déductible.

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7. Indemnité de rachat est Immobilisation actif et non une charge (récupéré par
amortissement), à réintégrer.

8. Petits outillages, pour des raisons pratiques, il s’agit d’une charge déductible.

9. Rénovation d’un camion, cette rénovation a pour objet d’augmenter la durée de vie
du camion concerné, il faut donc la porter en Immobilisation et non une charge, à
réintégrer.
10. Réparation d’une camionnette, cette réparation a pour objet de maintenir en
l’état Immobilisation concerné, il s’agit d’une charge déductible.
11. Prime d’assurance A.T (prorata temporis)

Charge comptabilisée - charge déductible en 2017 = 12 000 - 3 000 = 9000 dhs


à réintégrer

12. Primes d’assurance vie contractées au profit de la société sont assimilées fiscalement à
des placements de fonds, il faudrait le porter en actif et non le traiter comme
charge, à réintégrer.
13. Frais de réception client étranger ou représentation est une charge engagée dans
l’intérêt de la société, c’est une charge déductible.
14. Cadeaux clients
 200 stylos de sigle Société valeur unitaire = 80 dh < 100 dh, charge déductible
 9 postes radio portant sigle de la Société valeur globale = 9 000 dh, la condition
relative au prix d’achat TTC n’est pas remplie (1000 dh > 100 dh), à réintégrer valeur
globale 9 000.
15. Dons en argent de 40 000 dhs versés aux organismes suivants :
 20 000 dh pour la fac de droit Guelmim, il s’agit d’un don octroyé à un Etablissement
public qui assure une mission d’enseignement, de ce fait, charge déductible sans
aucune limitation.
 Œuvres sociales,

Charge comptabilisée - charge déductible (5 850 000 x 0,002) = 15 000 - 11 700


à réintégrer 3 300

Il s’agit du 2ème catégorie de dons, il faut réintégrer surplus par rapport au plafond soit 3300
dhs,

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 Equipe de foot du quartier 3ème catégorie de dons à réintégrer quel que soit le montant.

D-10 : Transports et déplacements

Les frais du transport et déplacement sont déductibles du résultat imposable, elles


comprennent notamment :

 les frais de transport de matière et produits que l’Entreprise n’assure pas par ses
propres moyens.
 les frais de rouages de déplacement et de représentation dans la mesure où elles
correspondent effectivement à des dépenses professionnelles et sont assortis de
justification suffisante.

E- Les charges financières :

 Intérêts des emprunts

 Agios bancaires

 Escomptes de règlement

 Perte de change

 Intérêts des comptes courants des associés : Les associés prêtent de l’argent à la
société

Les frais financiers ci-dessus sont en principe déductibles à l’exception les intérêts du
compte courant créditeur qui sont soumis à une condition spécifique et 2 limitations :

 Condition : Pour que les intérêts des comptes courants soient déductibles, il faut que
le capital soit intégralement libéré. (Le capital non libéré représente une dette des
associés vis-à-vis de la société), ces associés doivent se libérer de la dette avant de
prêter de l’argent à la société.

 Les limitations

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Première limitation relative au montant compte courant : les intérêts ne sont déductibles que
dans la mesure où les sommes prêtées par les associés ne dépassent pas le montant du
capital social.

Deuxième limitation relative au taux maximum servis aux associés : ne doit pas excéder
celui fixé par voie réglementaire par le ministre de finance appelé taux réglementaire.
(2,21% en 2017) (2,53 en 2016).

Exemple d’application

La Sté ‘’A‘’ a un capital social de 1M dh intégralement libéré en 2017. Les intérêts servis aux
associés relatifs aux comptes courants (c/c) 144 000 dh. Ces intérêts rémunèrent :

- Montant avancé en c/c 1 200 000.

- Taux pratiqué (servi) 12 %.

- Taux réglementaire 6 %.

 Calculer le Mt de ces intérêts non déductibles ?

Résolution :

Mt comptabilisé (1.200.000*12%) = 144 000

- Mt déductible 1000.000 * 6% = - 60 000

- Mt à réintégrer = 84 000

F- Amortissements et Provisions

F-1 : Amortissement

Les amortissements ont pour objet de constater les dépréciations subies par les Immobilisation
du fait de l'usure de l'obsolescence.

 Base d’amortissement : La base d’amortissement est constituée par le prix de


revient et non pas le prix d’achat. Toute TVA déductible ne fait pas partie du prix
de revient, de ce fait si la TVA est déductible on prend le prix de revient HT, par

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contre si elle n’est pas déductible, on prend le prix de revient TTC ; par exemple :
Voitures de tourisme.
 Point de départ des amortissements : A partir de quel moment on va amortir ?

C’est généralement le 1er jour du mois d’acquisition ou d’achèvement des travaux (exp :
début d’exploitation d’un local professionnel). Cependant les biens meubles (matériel
mobilier etc) peuvent être amortis à partir du 1er jour du mois d’utilisation effective. Toute
fraction de mois est considérée comme un mois entier.

 Conditions de déductibilité des amortissements :

o Les amortissements doivent être comptabilisées même EN absence de bénéfice ;

o Les amortissements doivent être calculés selon les taux admis par l’usage ;

o La somme des amortissements ne doit pas dépasser la valeur d’origine ;

La société qui n'inscrit pas la dotation perd le droit de la déduire du résultat dudit exercice et
des exercices suivants

Les amortissements fiscalement déductibles relatifs aux voitures de tourisme sont


calculés sur une base maximum TTC de 300 000 dh.  AMORTISSABLE SUR 5 ANS.

Lorsque ces véhicules font objet de location ou de crédit-bail, la partie de la redevance ou


de la location correspondant à l’amortissement au taux de 20% par an sur la partie du
prix du véhicule excédant 300.000 dhs n’est pas déductible pour la détermination du
résultat fiscal.

Cette limitation n’est toutefois pas appliquée pour :

 Les locations par période n’excédant pas 3 mois non renouvelable ;


 aux véhicules utilisés pour le transport public ; - aux véhicules de transport collectif du
personnel de l’entreprise et de transport scolaire ; - aux véhicules appartenant aux
entreprises qui pratiquent la location des voitures affectés conformément à leur objet ;
- aux ambulances

Exemple d’application

Au cours de l’exercice 2017,

23
Une entreprise a pris en location les voitures de tourisme suivantes, amortis à 25% l’an par la
société de location.

 Voiture A acquise à 165.000 dhs HT, Période d’utilisation du 01/01 au 30/06 2017,
montant de la location 25.000.

 Voiture B acquise à 530.000 dhs HT, Période d’utilisation du 01/07 au 31/11 2017,
montant de la location 70.000.

TAF :

Quelles sont les régularisations qui s’imposent ?

Résolution :

 L’entreprise a constaté dans les charges de l’exercice : 25.000 +70.000 =95.000


 Analyse des amortissements comptabilisés :

 Véhicule A : Prix HT 165.000, Prix TTC 198.000 (prix de revient du voiture de


tourisme doit être TTC), La valeur du véhicule est inférieure à 300.000 dhs TTC
aucune réintégration n’est à opérer ;

 Véhicule B : Prix HT 530.000,

 Amortissement correspondant à la période d’utilisation présumée avoir été calculée


chez l’entreprise de location (en appliquant la loi, le taux doit être 20%) :

530.000 *20%*5/12= 44.176

 Parti d’amortissement déductible :

300.000 *20%*5/12= 25.000

Parti du montant de location à réintégrer, d’une manière extra comptable au résultat fiscal :

Réintégration = 44.176 – 25.000 = 19.176

F-2. Provision :

24
Les dotations aux provisions sont constituées en vue de faire face soit à la dépréciation des
éléments de l’actif, soit à des charges ou des pertes non encore réalisées et que des
évènements en cours rendent probables.

 Conditions de déductibilité fiscale des provisions :


 Les charges et les pertes doivent être nettement précisées quant à leur nature et
doivent permettre une évaluation approximative de leur montant ;
 La déductibilité de la provision pour créances douteuses est conditionnée par
l’introduction d’un recours judiciaire dans un délai de douze (12) mois suivant
celui de sa constitution.
 Différentes catégories des conditions de provisions

On distingue deux catégories de provisions : Provisions pour dépréciations et Provisions pour


risques et charges.

a- Provisions pour dépréciations : Elles ont pour objet de tenir compte de dépréciations
non définitives et réversibles (qui peuvent être remise en cause) sur élément de l’Actif.

En général, les entreprises pratiquent les provisions pour dépréciations suivantes :

 les provisions pour dépréciation des immobilisations : il s’agit principalement des


immobilisations non amortissables (fonds de commerce, terrains, titres de
participation, titres Immobilisation...).

 les provisions pour dépréciation des stocks 

 les provisions pour des créances douteuses : la loi exige des conditions
complémentaires : 1- une individualisation des créances (par client). 2- il faut qu’il y
ait une introduction en justice (recours judiciaires).

 Les provisions pour des titres de valeurs et placement (T.V.P) (spéculation)

b- Provisions pour risques et charges

Il s’agit des dettes futures probables, donc des éléments passifs :

 Provisions pour litige sont déductibles, provisions pour charges à répartir sur plusieurs
exercices sont déductibles,

25
 les provisions pour pénalité, pour amende et pour contrôle fiscal sont non
déductibles ; Les provisions pour constituer des fonds de retraites au profit des
salariés sont non déductibles, une société ne peut être son propre assureur, de ce
fait les provisions pour ses propres assurances ne sont pas déductibles.

G- Charges non déductibles :

 Ne sont pas déductibles du résultat fiscal les amendes, pénalités et majorations de


toute nature mises à la charge des entreprises pour infractions aux dispositions
législatives ou réglementaires ;

 les charges dont le règlement n’est pas justifié par chèque barré non endossable, effet
de commerce, moyen magnétique de paiement, virement bancaire, procédé
électronique ou par compensation, ne sont admises en déduction du résultat fiscal que
dans la limite de dix mille (10.000) dirhams, par jour et par fournisseur et sans que
le montant mensuel de ces charges dépasse cent mille (100.000) dirhams, par
fournisseur.

 Ne sont pas déductibles du résultat fiscal, les montants des achats, des travaux et des
prestations de services non justifiés par une facture régulière ou toute autre pièce
probante

 Ne sont pas déductibles du résultat fiscal :

- les montants des achats et prestations revêtant un caractère de libéralité ;

- le montant de la contribution pour l’appui à la cohésion sociale

- le montant de la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et revenus

V- ETUDE FISCALE : ANALYSE DES PRODUITS

Les produits imposables sont la contre-valeur des marchandises, biens et services fournis par
l’entreprise. Les produits imposables sont déterminés à partir :

 des produits d’exploitations ;

26
 des produits financiers ;
 et des produits non courants.

1- Les produits d’exploitation :

Les produits d’exploitation sont constitués par :

A- Le chiffre d’affaires : est constitué du montant des recettes et créances acquises


se rapportant aux produits livrés, aux services rendus et aux travaux ayant fait
l’objet d’une réception partielle ou totale.

Lorsqu’une vente est faite à crédit, la créance qui en résulte est réputée acquise car elle est
présumée être définitivement fixée dans son montant (accord sur le prix). Elle doit, de ce fait,
être rattachée à l’exercice au cours duquel la vente est réalisée.

B- Les autres produits d’exploitation soumis à l’IS sont :


 la variation des stocks de produits ;
 les immobilisations produites par l’entreprise pour elle-même ;
 les subventions d’exploitation dont l’objectif de permettre à l’entreprise de compenser
l’insuffisance de certains produits ou de faire face à certaines charges. Les subventions
d’exploitation, primes et dons sont rapportés à l’exercice au cours duquel ils ont été
perçus.

2- Les produits financiers :

Il s’agit d’intérêts et produits assimilés, acquis par le contribuable dans le cadre de son
activité professionnelle. Il peut être question des :

 gains de change ;
 écarts de conversion–passif relatifs aux augmentations des créances et aux diminutions
des dettes libellées en monnaies étrangères (imposables au titre de l’exercice de leur
constatation) ;
 les intérêts reçus et autres produits financiers ;
 les reprises financières et les transferts de charges.

27
 les produits de participations

Ils sont en principe imposables à l’exception des « produits de participation », qui


bénéficient d’un abattement de 100% pour éviter une double imposition. Ils comprennent
notamment les éléments suivants :

 Dividendes : une part de bénéfice distribuée aux associés ;


 Amortissement de capital : il s’agit du remboursement partiel ou total des parts
sociales, des actions, du capital aux associés par un prélèvement sur les réserves.
 Boni de liquidation : c’est le solde ou le résultat qui reste aux associés suite à la
liquidation de tous les éléments de la société.

3- Les produits non courants :

Il s’agit :

 des plus-values réalisés ou constatées par l’entreprise : Ce sont les plus-values


résultant des produits de cession d’immobilisations.
 des subventions d’équilibre et subventions d’investissement :

 Les subventions d’équilibre sont des subventions dont bénéficie une entreprise pour
compenser, en tout ou en partie, la perte globale qu’elle aurait constatée si ces
subventions ne lui avaient pas été accordées. Les subventions d’équilibre sont des
produits imposables.

 Les subventions d’investissement ont pour objectif d’encourager l’entreprise à


l’acquisition des immobilisations et à la création de l’emploi.

Le montant des subventions d’investissement est repris chaque année par une fraction au
compte des produits, ces fractions ou quottes parts sont calculés selon le taux d’amortissement
des immobilisations qui ont été financées grâce à ces subventions. Ces quottes parts sont
imposables.

3. Autres produits non courant :

 Transport facturé aux clients


 Loyers reçus Imposables

28
 Commissions reçues
 Jetons de présence reçus
 Reprise sur provision : désigne l’annulation de la provision initiale.

Le sort fiscal des reprises/provision dépend de celui des provisions auxquelles elles se
rapportent. De ce fait on désigne deux cas :

 Dégrèvement d’impôts : C’est la restitution et le remboursement de l’impôt par l’Etat.


 Dégrèvement d’impôt déductibles sont des produits imposables ; par exemple :
dégrèvement de la taxe de douane ;
 Dégrèvement d’impôt non déductibles sont des produits non imposables ; par exemple
dégrèvement de l’I/S.

Exemple d’application

La société ABC a réalisé au titre de l’exercice 2018, un bénéfice avant impôt de

245 825,40 dhs.

I) Les charges comptabilisées mais non déductibles fiscalement sont 175 500 dhs.

II) VNA des Immobilisation. Cédées …………….……… ………… 120 000 dhs.

III) Parmi les produits figurent les éléments suivants :

- Avances Clients sur commandes non encore livrées (pdt constaté d’avance) 10 000

- Transports facturés aux clients…………………........................................... 20 500

Jetons de présence reçus………………………………………………….. 21 200

Intérêts bancaires reçus …………………………….….………………… 42 000

Dividendes reçus……………………...…………………….…….……… 15 000

Placements à revenus fixes……………………………………………….. 20 000


29
Profit de change ………………………………........................................ 12 400

Subventions d’exploitation………………………..…………………….. 34 000

Dégrèvement d’un impôt déductible (patente)…………………………… 15 000

Reprise sur des provisions non déductibles……………………………..... 12 000

Produits de cession des Immobilisation. Cédées………………………... 300 000

Déterminez l’IS de cette Sté en tenant compte des éléments ci-dessus ?

Résolution :

30
La base imposable = 426 325,4 – 37000 = 389 325,4 dhs

On 2018, on calcule l’IS selon un taux progressif

IS = (300 000 * 10%) + (89 325,40 * 20%) = 47 865,08 dhs

VI- DEFICIT REPORTABLE

31
Le déficit d'un exercice comptable peut être déduit du bénéfice de l'exercice comptable
suivant. A défaut de bénéfice ou en cas de bénéfice insuffisant pour que la déduction puisse
être opérée en totalité ou en partie, le déficit ou le reliquat de déficit peut être déduit des
bénéfices des exercices comptables suivants jusqu'au quatrième exercice qui suit l'exercice
déficitaire.

La limitation du délai de déduction n'est pas applicable au déficit ou à la fraction du


déficit correspondant à des amortissements régulièrement comptabilisés.

Exemple d’application

Soit une entreprise ayant réalisé en 2013 un résultat déficitaire de 300.000 dhs dont
100.000 dhs correspondant à des amortissements ;

Les résultats dégagés dans les exercices suivants, sont comme suit :

En 2014 : + 20.000;

En 2015 : +40.000;

En 2016: + 30.000;

En 2017: + 70.000.

Résolution :

 En 2014

Bénéfice avant report de l’exercice déficitaire : +20.000

Déficit fiscal reportable hors amortissements de l’exercice 2013 : -200.000

Reliquat du déficit fiscal reportable hors amort en 2014 : -180.000

Déficit sur amortissements reportables de l’exercice 2013 : -100.000

 En 2015

Bénéfice avant report de l’exercice déficitaire : +40.000

Déficit fiscal reportable hors amortissements de l’exercice 2013 : -180.000

32
Reliquat du déficit fiscal reportable hors amort en 2015 : -140.000

Déficit sur amortissements reportables de l’exercice 2013 : -100.000

 En 2016

Bénéfice avant report de l’exercice déficitaire : +30.000

Déficit fiscal reportable hors amortissements de l’exercice 2013 : -140.000

Reliquat du déficit fiscal reportable hors amort en 2016 : -110.000

Déficit sur amortissements reportables de l’exercice 2013 : -100.000

 En 2017

Bénéfice avant report de l’exercice déficitaire : + 70.000

Déficit fiscal reportable hors amortissements de l’exercice 2013 : - 110.000

Reliquat du déficit fiscal reportable hors amort en 2017 : - 40.000

Déficit sur amortissements reportables de l’exercice 2013 : - 100.000

Ainsi le reliquat sur le déficit de l’exercice 2013 soit (- 40 000) est définitivement perdu mais
l’entreprise garde toutefois le droit de reporter la part du déficit de l’exercice 2013
correspondant aux amortissements sur les exercices suivants (durée illimitée)

VII- LA COTISATION MINIMALE

La cotisation minimale est un minimum d’imposition que les contribuables soumis à l’impôt
sur les sociétés sont tenus de verser, même en l’absence de bénéfice. Le montant de l'impôt
dû ne peut être inférieur à cette cotisation minimale quel que soit le résultat fiscal de
l’exercice.

1. Base de la cotisation minimale :

La base de calcul de la cotisation minimale est constituée par le montant, hors taxe, des
produits suivants :

 CA net HT

33
 les autres produits d’exploitation y compris les Subventions d’exploitation

 Produits financiers : les produits des titres de participation et autres titres immobilisés ;
les gains de change ; les intérêts courus et autres produits financiers.

 Produits non courants : les subventions d’équilibre et les autres produits non courants
y compris les dégrèvements obtenus de l’administration au titre des impôts
déductibles.

N’entrent pas dans la base de la CM, les produits de cession des immobilisations, les
reprises et transferts de charges, les reprises sur subventions d’investissement, la Var
stocks, production immobilisée et les reprises sur provision.

2. Taux de la cotisation minimale :

Le taux de la cotisation minimale est fixé à 0,50%.

Ce taux à 0,25% pour les sociétés dont les prix sont réglementés et dont les marges
sont faibles. Il s’agit des sociétés effectuant des opérations commerciales portant sur les
produits pétroliers, le gaz, le beurre, l’huile, le sucre, la farine, l’eau et l’électricité.

Après application du taux approprié aux produits d’exploitation, le montant de la


cotisation minimale ne peut être inférieur à 3.000 DH.

La CM n’est pas due au cours des 3 premiers exercices d’exploitation, en cas de non
exploitation ce délai est porté à 5 ans.

34
Exemple d’application

Les comptes de produits de la société ‘X’ se représentent de la façon suivante :

TAF

1) Calculez le montant de l’IS dû par cette société en 2018 sachant que son résultat fiscal
imposable est de 1 200 000 dhs.
2) Comparez le montant de l’IS avec celui de la CM.

Résolution :

1) Calcul de l’IS (Taux progressif en 2018)

IS = (300 000*10%) + (700 000*20%) + (200 000 * 31%)

= 30 000 + 140 000 + 62 000 = 232 000.00 dhs

2) Calcul de la CM

 La base de la CM : On travaille toujours avec des montants HT.

 CA net HT (Ventes – RRR accordés) 2 414 950.00

 Produits accessoires 300 000.00

 Produits financiers (Sauf dividendes) 150 000.00

 Subventions d’exploitation 120 000.00 

35
--------------

2 984 950.00

Le montant de la CM = 2984950 * 0.5% = 14 930 dhs

CM < IS   l’entreprise doit payer le montant de l’IS de 232 000.00 dhs

3. Crédit de la cotisation minimale :

A partir de 2016, la cotisation minimale payée au titre d’un exercice déficitaire ainsi que la
partie de la cotisation qui excède le montant de l’impôt acquitté au titre d’un exercice donné,
ne sont plus imputées sur les exercices suivants.

Cet excèdent reste acquis au Trésor.

VIII- LIQUIDATION DE L’IMPÔT

1. Période et Lieu d’imposition :

A. Période d’imposition :

L'impôt sur les sociétés est calculé d'après le bénéfice réalisé au cours de chaque exercice
comptable qui ne peut être supérieur à douze (12) mois.

En cas de liquidation prolongée d'une société, l'impôt est calculé d'après le résultat provisoire
de chacune des périodes de douze (12) mois.

B. Lieu d’imposition :

Les sociétés sont imposées pour l'ensemble de leurs produits, bénéfices et revenus au lieu de
leur siège social ou de leur principal établissement au Maroc.

2. Taux d’imposition :

36
A. Taux normal de l’impôt :

L'impôt sur les sociétés est calculé, à partir de la loi de finance pour l’année 2018, aux taux
progressifs ci-après :

Au taux de 37 % en ce qui concerne les établissements de crédit et organismes assimilés,


Bank Al Maghrib, la Caisse de dépôt et de gestion, les sociétés d'assurance et de réassurances.

Taux spécifiques de l’impôt (voir le champ d’application de l’IS)

3. Paiement de l’impôt

A- Principe des acomptes provisionnels :

L’impôt sur les sociétés donne lieu, au titre de l’exercice en cours, au versement par la société
de quatre acomptes provisionnels dont chacun est égal à 25% du montant de l’impôt dû au
titre du dernier exercice clos, appelé exercice de référence.

Ces acomptes sont versés spontanément par la société avant l’expiration des 3ème, 6ème,
9ème et 12ème mois suivant la date d’ouverture de l’exercice comptable en cours.

Toutefois, le montant minimum de la cotisation minimale (soit 3.000 DH) doit être effectué
en un seul versement avant l’expiration du 3ème mois suivant la date d’ouverture de
l’exercice comptable en cours.

Exemple d’application

Exercice de référence : 2017 Résultat de 2017 : 400.000 dhs

4 acomptes à verser au titre de l’exercice 2018

Résultat de référence : 400.000 dhs

37
IS = 40.000 x 10% = 40.000

Acomptes provisionnels :

 1er acompte à verser au plus tard le 31-03-2018 : 40.000 x 25% = 10.000

 2ème acompte à verser au plus tard le 30-06-2018 : 40.000 x 25% = 10.000

 3ème acompte à verser au plus tard le 30-09-2018 : 40.000 x 25% = 10.000

 4ème acompte à verser au plus tard le 31-12-2018 : 40.000 x 25% = 10.000

B. Régularisation de l’impôt :

Dans les 3 mois qui suivent la date de la clôture de chaque exercice comptable, la société doit
procéder à la régularisation et la liquidation de l’impôt dû au titre de l’exercice écoulé en
tenant compte des acomptes provisionnels versés pour le même exercice. Deux cas sont
possibles :

a- Cas de complément d’impôt à verser

S’il résulte de cette liquidation un complément d’impôt au profit du receveur de


l’administration fiscale, ce complément est alors acquitté par la société dans les 3 mois
suivant la clôture de l’exercice.

Exemple d’application

Soit une société qui a payé au titre de l’exercice 2017, 4 acomptes dont le montant total est de
100.000,00 dhs

L’IS dû selon le résultat fiscal déclaré an titre de 2017 est de 150.000,00 dhs

On a alors versé, sous forme d’acomptes, une somme inférieure à l’impôt dû.

Impôt dû : 150.000,00 dhs

Acomptes versés : 100.000,00 dhs

Complément à verser : 50.000,00 dhs

38
Ce complément doit être acquitté par la société dans les 3 mois suivant la clôture de
l’exercice, soit au plus tard le 31 mars 2018.

b. Cas d’excédent d’impôt versé

Dans ce cas, l’excédent versé est imputé d’office par la société sur les acomptes provisionnels
dus au titre des exercices suivants et éventuellement sur l’impôt dû au titre desdits exercices.

Exemple d’application

Soit une société qui a payé au titre de l’exercice 2015, 4 acomptes dont le montant total est de
240 000,00 dhs

L’IS dû selon le résultat fiscal déclaré an titre de 2015 est de 180.000,00 dhs

L’excédent des acomptes versés sur le montant de l’IS dû est de :

240.000 - 180.000 = 60.000,00 dhs

Imputation du trop versé sur les acomptes dus au titre de l’exercice 2016.

Excédent d’impôt versé en 2015 .............................. 60.000,00 dhs

 1er acompte 2016 : 180 000 x 1/4............................. 45.000,00 dhs

Cet acompte ne sera pas versé. Il va servir à l’imputation de l’excédent de versement.

Reliquat de l’excédent après 1er acompte...................15.000,00 dhs

 2ème acompte 2016 ...............……………................ 45.000,00 dhs

Imputation du reliquat de l’excédent .............……....15.000,00 dhs

Versement de la partie non imputée ……………….30.000,00 dhs

Reliquat de l’excédent après 2ème acompte..........................0

 3ème acompte 2016 à verser...................................... .45.000,00 dhs

 4ème acompte 2016 à verser....................................... 45.000,00 dhs

c- Dispense de versement d’acomptes provisionnels

39
La société qui estime que le montant d'un ou de plusieurs acomptes versés au titre d'un
exercice est égal ou supérieur à l'impôt dont elle sera finalement redevable pour cet exercice,
peut se dispenser d'effectuer de nouveaux versements d'acomptes en remettant quinze
jours avant la date d'exigibilité du prochain versement à effectuer, une déclaration datée et
signée, conforme au modèle fourni par l'administration .

Si lors de la liquidation de l'impôt telle que prévue à l'alinéa suivant, il s'avère que le montant
de l'impôt effectivement dû est supérieur de plus de 10% à celui des acomptes versés,
l'amende et la majoration sont applicables aux montants des acomptes provisionnels qui
n'auraient pas été versés aux échéances prévues.

Bibliographie

Mohammed NMILI, Fiscalité de l’entreprise, FSJES Fès, 2017

Abdallah ACHMAOUI, OFPPT Rabat, 2017

Habib ELFATHAOUI, Centre universitaire de Guelmim, 2017

Smail KABBAJ, FSJES Casablanca, 2016

CODE GENERAL DES IMPÔTS, 2021

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