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Le modèle quantique de l'atome

C'est le modèle le plus récent et le plus élaboré qui vous est présenté dans ce cours. Il vous
permettra d'apprendre à écrire les configurations électroniques des atomes

Principe d'incertitude
En 1927, Heisenberg démontre l’inégalité suivante :

 x est l’incertitude sur la position du corps étudié.


 px est l’incertitude sur la quantité de mouvement du corps étudié

Exemple 1 : Prenons un projectile de masse 10g dont la vitesse est de 25 1m.s-1,  calculer
l’incertitude sur sa position.

Réponse
Exemple 2 : Considérons maintenant un électron, de masse 9,1.10-31 kg et dont la vitesse
connue à 4% près est de 0,5.107 m.s-1. Calculer l’incertitude sur sa position. 

Réponse

L'incertitude trouvée pour l'exemple 2 est beaucoup trop grande par rapport aux dimensions
des atomes. Si on connaît précisément la vitesse d’un électron, il est impossible de déterminer
sa position et réciproquement si on obtient avec précision la position de l’électron sa vitesse
sera impossible à calculer correctement.

Conclusion : à l’échelle de l’infiniment petit toute notion de trajectoires disparaît, les modèles
basés sur la mécanique classique ne sont plus valides.
Dualité onde-corpuscule
Considérons le dispositif expérimental suivant : un système produit un faisceau d’électrons
qui passe à travers un trou de faible diamètre, à la sortie du trou on place une plaque sensible
aux électrons. On pensait obtenir le résultat suivant :

Or, au lieu d'obtenir une simple tache issue de la réduction du faisceau lors du passage du
trou, on observe le phénomène suivant :

La figure obtenue est une figure de diffraction, caractéristique d’une onde. Le faisceau
d’électrons peut donc être considéré comme une onde. Mais, les impacts sur la plaque qui ont
donné naissance à la figure de diffraction n’ont pu être produits que par des particules, le
faisceau d’électrons peut être considéré dans ce cas là comme un flux de particules. Il faut
donc admettre la dualité onde/corpuscule pour les particules élémentaires.
De Broglie a relié le comportement corpusculaire d’une particule de masse m en mouvement
à la vitesse v à son comportement ondulatoire caractérisé par sa longueur d’onde  par la
formule :

      

où h est la constante de Planck.

 Conclusion
Le principe d’incertitude et la dualité onde / corpuscule ont totalement bouleversé les sciences
physiques, ce qui a conduit Schrödinger à dire :

" A mesure que le regard de notre esprit devient capable de percevoir des distances de plus en
plus petites et des espaces de temps de plus en plus courts, nous trouvons que la nature se
comporte de façon si radicalement différente de ce que nous observons dans les corps visibles
et palpables de notre entourage qu'aucun modèle, façonné selon les suggestions de notre
expérience à grande échelle, ne peut plus être " vrai ". "

Il a donc fallu réfléchir à d’autres modèles permettant de décrire les phénomènes se


produisant à l’échelle de l’infiniment petit.

Présentation de la fonction d'onde


Objectif :

L’équation de Schrödinger va nous permettre de décrire ce qui se passe au niveau de


l’infiniment petit comme la relation fondamentale de la dynamique nous permet de décrire les
phénomènes se produisant à notre échelle.

Introduction de la fonction d'onde :

L’électron ne peut plus être décrit par ses trois coordonnées d’espace x, y et z. En mécanique
quantique, on utilise une fonction de x, y, z et du temps appelée fonction d’onde  , qui
contient toutes les informations sur l’électron.

Le carré de la fonction d’onde permet d’obtenir la probabilité de présence de l’électron en


un endroit donné de l’espace.

Cette fonction d’onde est solution d’une équation, l’équation de Schrödinger :


H est un opérateur dont on ne précisera pas la forme dans ce cours ( multiplier ou diviser sont
des exemples d’opérateurs mathématiques ), E est l’énergie associée au système étudié.

Parallèle mécanique classique / mécanique quantique :

Mécanique classique Mécanique quantique


par ses coordonnées d'espace par la fonction d'onde qui
Description de l'électron et de temps : x, y , z et t dépend de x, y, z et t.

La relation fondamentale de la L'équation de Schrödinger :


dynamique :
Relation fondamentale

Obtenue par la résolution de la Cette notion n'existe pas


Trajectoire de l'électron relation fondamentale de la
dynamique

Informations fournies par l'équation de


Schrödinger
L’équation de Schrödinger peut être résolue sans approximation seulement pour les espèces
hydrogénoïdes. On retrouve, dans ce cas là, l’expression de l’énergie en fonction du nombre
quantique principal que nous avions obtenue à l’aide du modèle de Bohr :

Pour les atomes polyélectroniques, la résolution de l’équation de Schrödinger montre que


l’énergie dépend cette-fois ci de deux nombres quantiques :

 le nombre quantique principal, n,


 le nombre quantique secondaire, l qui ne peut être égal qu’aux valeurs comprises entre
0 et n-1  
Utilisation des nombres quantiques
En seconde, vous avez appris à répartir les électrons sur différentes couches autour des
atomes. La couche K pouvait contenir deux électrons, la L, 8 et la M, 18. Ainsi, le chlore avait
la configuration électronique suivante K2L8M7. Chacune de ces couches correspondait en fait
à une valeur du nombre quantique principal :

valeur du nombre quantique 1 2 3 4


principal
symbole de la couche électronique K L M N

Nous allons affiner ce principe de remplissage des couches électroniques à l’aide de résultats
fournis par la résolution de l’équation de Schrödinger.

Cette résolution fait ressortir trois nombres quantiques n et l dont nous avons déjà parlé et m,
le nombre quantique magnétique.

Un triplet (n, l, m ) définit ce que l’on appelle une orbitale atomique.

Comme vous l’avez vu en seconde, n caractérise les couches électroniques. l, nombre


quantique secondaire permet de diviser chaque couche en n sous-couche que l’on désigne par
une lettre suivant le tableau ci-dessous :

valeur de l 0 1 2 3
nom de la sous-
couche s p d f

Les sous-couches seront notées de la façon suivante : nl où l désigne la lettre correspondant à


la valeur de l et n le nombre quantique principal. Ainsi on trouvera les sous-couches 1s ,2s ,
2p, 3s, 3p, 3d, 4s, 4p, 4d, 4f… Mais on ne rencontrera jamais de sous-couche 2d, 3f ou 1p
comme l’impose la condition : 0  l  n-1.

m, le nombre quantique magnétique permet de diviser chaque sous-couche en (2l+1) orbitales


atomiques. Une sous-couche s n’aura qu’une OA, une sous-couche p se divisera en 3 OA, une
d en 5 OA, une f en 7 OA. m prend alors les valeurs comprises entre -l et +l.

 
Règles de remplissage des orbitales
atomiques
Règle de Klechkowsky :

Dans les atomes polyélectroniques, les sous-couches se remplissent selon les énergies
croissantes, c’est-à-dire suivant les valeurs croissantes de (n+l). Pour deux valeurs égales de
(n+l), c’est la sous-couche correspondant à la plus petite valeur de n qui se remplit en premier.

Pour se souvenir de cette règle, on peut utiliser un schéma du type suivant :

Pour chaque sous-couche, faîtes la somme de n+l et constatez que la règle est bien respectée.

Principe d'exclusion de Pauli :

On est ici obligé d’introduire un quatrième nombre quantique, ms, le nombre quantique de
spin qui vaut plus ou moins un demi.

Dans un atome, deux électrons différent par au moins un nombre quantique.

Ce qui veut dire que dans une même orbitale atomique caractérisée par un triplet (n, l, m) on
ne pourra mettre que deux électrons :

 un électron dont les quatre nombres quantiques seront n, l, m et ms = ½,

un deuxième électron dont les quatre nombres quantiques seront n, l , m et ms=-½.

Pour schématiser deux électrons dans une orbitale 2s, on utilisera le formalisme suivant :
La case symbolise l'orbitale atomique, les flèches les électrons, le sens opposé des deux
flèches indique les spins opposés.

Règle de Hund :

Les électrons d’une même sous-couche occupent d’abord le maximum d’orbitales atomiques
avant de s’apparier.

Voici comment répartir 3 électrons dans une sous-couche p, qui contient comme nous l'avons
vu 3 orbitales atomiques :

Il serait faux d'écrire la répartition suivante :

Remarque : les électrons occupant la couche de nombre quantique principal le plus élevé
sont appelés électrons de valence par rapport aux autres désignés par le terme électron de
cœur. Pour le chimiste, connaître la configuration électronique des atomes est essentiel. Il en
déduit le nombre des électrons de valence qui détermine un nombre important de propriétés
chimiques de l’atome considéré.

 
Exemples de configurations électroniques
 

écriture de la
Désignation numéro répartition
configuration
de l’atome atomique dans les OA
électronique
H 1
(1s)1

He 2
(1s)2

Li 3
(1s)2(2s)1

P 15 (1s)2(2s)2(2p)6(3s)2(3p)3

Ar 18 (1s)2(2s)2(2p)6(3s)2(3p)6

Ca 20 Réponse
Br 35 Réponse

Il existe des exceptions à ces règles de remplissage :

- le chrome, Cr qui a une configuration en (4s)1(3d)5 au lieu de (4s)2(3d)4,


- le cuivre, Cu qui a une configuration en (4s)1(3d)10 au lieu de (4s)2(3d)9.

Ceci est dû au fait qu’une sous-couche d à demi remplie a un effet très stabilisant pour le
système noyau, électrons. Cette inversion est également possible car les sous-couches 3d et 4s
sont très proches en énergie.

Représentation des orbitales atomiques


Il est difficile de représenter les orbitales atomiques dans la mesure où on ne connaît pas la
trajectoire de l'électron. Les représentations ci-dessous donnent une idée du volume dans
lequel on a une forte probabilité de trouver l'électron.

représentation des orbitales s :


On peut remarquer la symétrie sphérique de ces orbitales

représentation des orbitales p :


Chacune de ses orbitales possède une symétrie de révolution par rapport aux axes x, y ou z.

Orbitale atomique px Orbitale atomique py Orbitale atomique pz

représentation des orbitales d :


Ces orbitales sont symétriques par rapport aux axes x, y ou z

Orbitale atomique dxy Orbitale atomique dxz Orbitale atomique dyz


Orbitale atomique dz2 Orbitale atomique dx2y2

Probabilité de présence de l'électron


Cas des orbitales s :

Cas des orbitales p :


Sur ces deux graphes, on constate que plus le nombre quantique principal est élevé plus les
orbitales atomiques sont diffuses et plus la probabilité de trouver l'électron près du noyau
diminue.

L'essentiel
Les quatre nombres quantiques et ce qu'ils définissent.

Les règles de remplissage des orbitales atomiques.

La géométrie des orbitales s et p.


Voici la distribution des électrons dans les orbitales atomiques du brome :
on écrira la configuration électronique suivante :

(1s)2(2s)2(2p)6(3s)2(3p)6(4s)2(3d)10(4p)5

Retour cours

Voici la distribution des électrons dans les orbitales atomiques du calcium :


on écrira la configuration électronique suivante :

(1s)2(2s)2(2p)6(3s)2(3p)6(4s)2

Retour cours

h
On en déduit : x   10  32 m
2mv

L'incertitude sur la vitesse est ici de 1 m.s-1, soit v = 1 m.s-1.

La meilleure précision que l’on puisse espérer est de 10-32m, ce qui laisse penser que l’on
puisse connaître avec une extrême précision la position du projectile.

Retour cours
v
L’incertitude relative est de 4% donc  0,04
v

Donc v = 0,04 v = 2 10 5 m.s-1

h
On en déduit x   600 12 m
2mv

L'incertitude obtenue ici, 600 pm, est à comparer à la taille d'un atome environ égale à 100
pm.

Retour cours
 

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