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Cours de construction métallique I

II. Eléments fléchis en


construction métallique

Enseignant: Sami MONTASSAR


(email: montassar@lmsgc.enpc.fr)
1
École Nationale d’Ingénieurs de Tunis, 2008-2009
Quelques éléments fléchis usuels

2
Principaux types de profilés laminés
utilisés en flexion

IPE HEA , HEB ou HEM Tube U Cornière


ou rectangulaire
IPN

3
Critères de choix du type de profilé laminé

 La résistance : sécurité structurale.


 La rigidité : elle est directement liée à l’inertie du profilé.
 Le déversement : les profilés laminés en I sont
particulièrement sensibles à leur rapport Iz/Iy. (Pour une même
résistance en section, un profilé IPE présente une moins
bonne résistance au déversement qu’un profilé HEA, HEB ou
HEM).
 Le poids (par mètre) : a une influence sur le prix de
l’élément, ainsi qu’éventuellement sur son principe de
montage.
 La hauteur du profilé : peut être déterminante lorsqu’il
s’agit de limiter son encombrement. 4
Déformations et contraintes dans une
section fléchie

5
Planchers et couvertures

 Les planchers et les couvertures des bâtiments métalliques


sont réalisés en :

• plaques ondulées fibres-ciment sans ou avec amiante


(généralement pour les constructions de bas de gamme :
hangars agricoles, dépôts …).

• bacs acier nervurés en acier galvanisé (éventuellement


en aluminium).

• platelage sur poutrelles (acier : tôle métallique, béton,


mixte acier-béton, bois …).

6
Plaques ondulées fibres-ciment

 Avantages :
- bonne résistance au vieillissement (insensibilité à l’humidité).
- incombustibilité.
- grande stabilité dimensionnelle (dilatation et flèches minimes).
- coût modique
7
 Exigences et inconvénients :
- une pente minimale de toiture de 9%.
- l’adjonction de cordons d’étanchéité pour pente inférieure à
16%.
- une entraxe des pannes faible de 1,00 m à 1,38 m
maximum (exception : maxi-plaques qui vont à 2,25m).
- aspect architectural médiocre.
- poids propre élevé (18 daN/m2).
- résistance aux chocs limitée (risque de rupture brutale).
Plaques ondulées Longueur Nombre Portée des Surcharge
fibres-ciment nominale des d’appuis plaques (entraxe admissible
plaques (m) pannes) (daN/m2)
Formats courants 1,52 2 1,38 308
2,50 3 1,18 425
1,25 2 1,11 480
Format spécial 2,50 2 2,25 308 8
Bacs acier (ou aluminium) nervurés

9
10
 Fabrication : tôle laminée à chaud ou à froid et galvanisée
→ plaque profilée à froid

 Grandes dimensions (largeur 1 m, longueur jusqu’à 12 m).

 Les bacs de faible longueur portent sur 2 pannes → calculé


en isostatique. Les bacs de grande longueur portent sur 3 ou
4 pannes → en continuité → flèches réduites.

 La portée des bacs (qui détermine l’entraxe des pannes) est


déterminée en fonction :
- des charges appliquées : climatiques, de montage,
isolation, étanchéité …
- des profils des bacs (répertoriés dans les catalogues des
fabricants correspondant à divers moments d’inertie variables en
fonction de l’épaisseur de la tôle, du pas des nervures et de la
hauteur des ondes).
11
 Les bacs sont dimensionnés :
- pour présenter une flèche relative admissible [f/L]
inférieure à 1/200,
- Pour supporter une charge minimale de 100 daN/m2
correspondant au poids de deux hommes et de leurs
matériels.
 Les bacs peuvent être posés tels quels, en couverture
sèche (si la pente est supérieure à 5%) ou bien recevoir une
étanchéité (généralement multicouche).
 Les pentes, les modes de fixation et les recouvrements
sont réglementés (fixation par boulons-crochets ou vis auto-
taraudeuses).

 Principaux avantages : grande rapidité de pose et faible


poids (environ 10 daN/m2 ).
12
Bacs nervurés en acier galvanisé

Profil Critère Ep Poids Nbre Portée (m) pour une charge (daN/m2) de
flèche (mm) (kg/m2) appuis
100 115 125 150 175 200 250
.
0,75 6,74 2 2,45 2,35 2,30 2,15 2,05 1,95 1,80
3 2,95 2,80 2,70 2,50 2,35 2,20 1,95
1/200 1,00 8,99 2 2,70 2,60 2,55 2,40 2,25 2,15 2,00
3 3,25 3,10 3,00 2,80 2,70 2,50 2,25
Plein
0,75 6,74 2 2,15 2,05 2,00 1,85 1,70 1,65 1,50
3 2,60 2,45 2,35 2,20 2,05 1,95 1,80
1/300 1,00 8,99 2 2,35 2,25 2,20 2,05 1,95 1,85 1,70
3 2,95 2,80 2,70 2,50 2,30 2,20 2,00

13
Platelage en tôles métalliques

 Les tôles métalliques constituant le platelage du plancher


d’un ouvrage en construction métallique sont posées et
soudées sur les semelles des poutrelles.

Qn H H
t

H H
f

L
14
 Le platelage travaille simultanément à la flexion et à la
traction.

 Le choix de l’épaisseur du platelage est fonction de la flèche


relative admissible [f/L] = 1/150 – 1/200 et des charges
nominales Qn ≤ 40 kN/m2 .

 Ces valeurs peuvent être adoptées :

 t = 6 – 8 mm pour Qn ≤ 10 kN/m2

 t = 8 – 10 mm pour 10 < Qn ≤ 20 kN/m2

 t = 10 – 12 mm pour 20 < Qn ≤ 30 kN/m2

 t = 12 – 14 mm pour 30 < Qn ≤ 40 kN/m2

15
 La travée du platelage peut être ensuite estimée par :
 4
 72.E.   f
4.t   L  
L= 1+
f 
15.   Qn . 1 − ν (2 

)
L

 La force de poussée latérale H (par unité de longueur) est
approchée par :
π f
2 2
E
H = C p .t. .  .
4  L  1 −ν 2 ( )
= 4/3 pour les charges permanentes défavorables
=1 pour les charges permanentes favorables
= 3/2 pour une seule charge variable
= 17/12 pour deux charges variables différentes appliquées simultanément
= 4/3 pour trois charges variables différentes appliquées simultanément 16
 La gorge utile a (l’épaisseur du cordon de soudure d’attache
platelage/membrure) peut être enfin calculée selon l’EC 3 par
la formule suivante (le calcul des assemblages soudés fera
l’objet d’un chapitre dans le cadre de ce cours) :

H. 2
a. 142 Σl 43 = βW .γ MW .
=1 unité de longueur
fu

Nuance d’acier γMW βW γMW.β


βW
fy (MPa) fu (MPa)
235 360 1,25 0,80 1,00
275 430 1,30 0,85 1,10
355 510 1,35 0,90 1,20

17
Application 1 : calcul d’un platelage
en tôles d’acier d’un plancher.

Poutre principale Poteau

Poutrelle de
platelage
S.235
Qn = 2 t/m 2
f 1
 L  =
platelage 150
18
Déversement des éléments fléchis

 Le phénomène du déversement se manifeste lorsqu’un


élément fléchi selon son axe fort n’est pas tenu latéralement.
La partie comprimée de sa section peut alors éventuellement
se dérober.

 Un tel phénomène peut être assimilé au flambement de la


partie comprimée de la section entre deux points d’appui
latéraux.

19
20
 Selon l’EC3, on utilise la procédure suivante pour vérifier le
déversement des éléments fléchis :
1) Calcul du moment critique de déversement
π 2 .E.I z
M cr = C1. .
(k .L )2

  k  I w (k .L )2 .G.I t
2 
   . + + (C 2 . z g − C3 . z j )2
− (C 2 . z g − C3 . z j )
  kw  I z π 2 .E.I z 
 

• Le facteur k concerne la
rotation d’extrémité dans le
plan de chargement. Il est
analogue au rapport longueur
de flambement sur longueur
réelle d’un élément comprimé.
21
• kw concerne le gauchissement d’extrémité. Sauf dispositions
particulières prises pour empêcher tout mouvement aux
extrémités, on prendra kw = 1.
Coordonnée du centre
Coordonnée suivant z du point de cisaillement
d’application de la charge
z g = za − z s

( )
0,5∫ z y 2 + z 2 dA
z j = zs − A
Iy

E
G=
2(1 + ν )
22
• It est le moment d’inertie de torsion

• Iz est le moment d’inertie de flexion suivant l’axe de faible


inertie

• L est la longueur de la poutre entre points latéralement


maintenus

• Iw est le moment d’inertie de gauchissement


2
h−tf 
I w = I z  
 2 

• C1, C2 et C3 sont donnés par les tableaux suivants

23
Cas de moments d’extrémités

24
Cas de charges transversales

 Mcr doit être calculé avec les caractéristiques de la section


brute. Pour les sections de classe 4, le calcul de Mcr sera fait
en considérant que la constante de torsion uniforme It est
nulle.
25
 comparaison du moment critique élastique d'un profil en
caisson (qui possède une rigidité de flexion et de torsion
élevée) avec des profils ouverts de diverses formes.

26
2) Calcul du paramètre d’élancement réduit

β w .W pl , y . f y
λ LT =
M cr

βw = 1 si la section est de classe 1 et 2


Wel , y
= si la section est de classe 3
W pl , y
Weff , y
= si la section est de classe 4
W pl , y

si λ LT ≤ 0,4 ⇒
il n' est pas nécessaire de tenir compte du déversement
27
3) si λ LT > 0,4

[
Φ LT = 0,5 1 + α LT (λ LT − 0,2)
2
+ λ LT ]
Le facteur d’imperfection pour le déversement (=0,21 pour les profilés
laminés et 0,49 pour les profilés reconstitués soudés)

1
χ LT = 2
mais χ LT ≤ 1
Φ LT + Φ 2LT − λ LT

Le coefficient de réduction à appliquer à la capacité plastique ou


élastique de la section (≤1)

28
 Le moment de flexion maximal Mf doit être inférieur au
moment ultime de déversement :
fy
M f ≤ χ LT .β w .W pl , y .
γ M1

γM1 coefficient partiel de sécurité de résistance des =1,1


éléments aux instabilités

 Il n’est pas nécessaire de vérifier la résistance au


déversement d’une poutre si sa semelle comprimée est tenue
latéralement sur toute sa longueur.

 C’est par exemple le cas des solives d’un plancher


solidarisés à la dalle béton ou au platelage en tôles d’acier.

 Calcul de Mcr – Quelques cas particuliers :


29
 Poutres en I à section transversale constante mono-
symétrique et à semelles inégales :

( )
hs = h – tf : distance entre les centres de
Iw = β f . 1 − β f .I y .hs2 cisaillement des semelles.

I fc
βf =
I fc + I ft
Moment d’inertie de flexion de la
semelle comprimée suivant l’axe
de faible inertie de la section

Moment d’inertie de flexion de la


semelle tendue suivant l’axe de
faible inertie de la section

30
Les approximations suivantes peuvent être utilisées pour
calculer zj :

- Lorsque β f > 0 ,5 alors z j = 0,8.(2. β f − 1).


hs
2
- Lorsque β f < 0 ,5 alors z j = (2. β f − 1). s
h
2
 Poutres à section transversale constante et
doublement symétrique :

Sections transversales doublement symétriques ⇒ zj = 0.

π .E.I z   k  I w (k .L )2 .G.I t 
2
( )
2
M cr = C1. .   . + + C . z 2
− C . z 
(k .L ) 
2 g 2 g
2
 kw  I z π 2 .E.I z 

It =
1
3
(
2.b.t 3f + d .t w3 ) 31
- Dans le cas de chargement par moments
d’extrémité (C2 = 0) ou de charges transversales
appliquées au centre de cisaillement (zg = 0) :

 k  I w (k .L )2 .G.I t
2
π .E.I z
2
M cr = C1. .   . +
(k .L )2  kw  I z π 2 .E.I z

- Lorsque de plus k = kw = 1 (pas d’encastrement


aux extrémités) :

π 2 .E.I z I w L2 .G.I t
M cr = C1. . + 2
L2 I z π .E.I z

32
Application 2 : déversement d’une poutre

Q = 400 kN

g (kN/m)

6m

S.235
HEA 400

33
Effort tranchant γM0 coefficient partiel de =1,0 si l’acier utilisé est agrée
sécurité de matériau =1,1 sinon

VEd ≤ Vc , Rd = V pl , Rd = ( f y / 3 )Av / γ M 0

Aire de
cisaillement
Av

34
35
Moment fléchissant

 la résistance des sections au moment fléchissant n’est pas


affectée par la présence de l’effort tranchant si
1
VEd ≤ V pl , Rd
2

Dans le cas contraire, il y a une réduction qu’il faut prendre en


compte.
 Le risque de déversement est négligeable et n’a pas à être
pris en compte lorsque
λ LT ≤ 0,4
 4 cas peuvent être rencontrés
36
 1
er VEd ≤ V pl , Rd
1 cas  2 M Ed ≤ M c, Rd
λ LT ≤ 0,4

 Pour les sections de classe 1 ou 2 :


Mc,Rd=Mpl,Rd=Wpl.fy/γM0 : Moment résistant plastique

 Pour les sections de classe 3 :


Mc,Rd=Mel,Rd=Wel.fy/γM0 : Moment résistant élastique

 Pour les sections de classe 4 :


Mc,Rd=Weff.fy/γM1 : Moment résistant au voilement local

 1
ème VEd > V pl , Rd M Ed ≤ M v, Rd
2 cas  2
λ LT ≤ 0,4
37
 Mv,Rd est le moment résistant plastique réduit du fait de
l’effort tranchant, déterminé en utilisant une limite d’élasticité
réduite pour l’aire de cisaillement seule
f red = (1 − ρ ) f y

2
 2VEd 
ρ =  − 1

 V pl , Rd 

- Pour les sections transversales en I à semelles égales et


fléchies suivant l’axe de forte inertie
 ρAv2  f y
M v , Rd =  w pl − 
γ
 4t w  M0

38
 1
VEd ≤ V pl , Rd
M Ed ≤ M b, Rd
ème
3 cas  2
λ LT > 0,4
W pl , y f y
M b, Rd = χ LT β w
γ M1

 1
ème VEd > V pl , Rd M Ed ≤ min (M b, Rd ; M v , Rd )
4 cas  2
λ LT > 0,4

39
Valeurs usuelles de flèches
(calcul à l’E.L.S.)

Type de structure Valeur limite


toitures en général f < l/200
planchers en général f < l/250
planchers supportant des poteaux f < l/400
poteaux de portiques en général ∆ < l/300
poteaux de portiques avec pont roulant ∆ < l/500
40
Application 3 : calcul d’une poutre laminée
Poutrelle de
platelage
Poutre principale Poteau

secondaire
Poutre
1m

6m

41
12 m
S.235
Qn = 2 t/m 2
t platelage = 10mm
f 1
 L  =
poutrelle de platelage 300
f 1
 L  =
poutre secondaire 300
f 1
 L  =
poutre principale 500

42
Dimensionnement des poutres
reconstituées soudées (P.R.S.)

As σs
tfs

vs
Axe neutre G
élastique 0
d h
vi

Ai
tfi
σi
43
 Les poutres reconstituées soudées sont généralement
des poutres élancées utilisées comme poutres de grandes
portées en bâtiment ou poutres de ponts.

Une portée et des conditions


Un moment donné
de charge bien définies

Section optimale

Poids minimal et modules de résistance maximaux

44
 Section totale : Ω = As + Ai + d .t w

 Position de l’axe neutre élastique (équilibre des


moments statiques par rapport à cet axe neutre) :

 t fs 
As . vs −  +
(v s − t fs )2
 t fi 
.t w = Ai . vi −  +
(vi − t fi )2
.t w
 2 2  2 2

⇒ tfi et tfs << vs, vi et h ⇒


vs 2 vi 2
As .vs + .t w = Ai .vi + .t w
2 2
or h = vi + vs ⇒ la position de G et de l’axe neutre élastique :
h  d .t 
vs = . Ai + w 
Ω 2 
45
 Moment d’inertie (par rapport à l’axe neutre élastique) :
2 2
 t fs   t fi   d 
2
A t 2
+ A t 2
+ t d 3
I = As  vs −  + Ai  vi −  + dt w  vi − − t fi  +
s fs i fi w

 2  2  2  12
⇒ tfi et tfs << h ⇒ d ≅ h

2  ht w  ht w 
I ≅h  + Ai  − vs h + Ai 
 3   2 
 Section des semelles : As et Ai sont minimales lorsque les
contraintes admissibles sur les fibres extrêmes auront atteint
les limites admissibles.
I I
vs = .σ s ; vi = .σ i
M M
⇒ h = vs + vi = .(σ s + σ i )
I
M 46
I h h.σ s
⇒ = ⇒ vs =
M σs +σi σ s +σi
- En utilisant l’expression de l’inertie, on trouve :
M h.t w  σ s 
Ai = − . 2 − 
h.σ i 6  σi 
M h.t w  σi 
As = − . 2 − 

h.σ s 6  σs 

- Le premier terme représente la section que devrait avoir


chaque membrure, si l’âme était infiniment mince. Chacune
serait en effet soumise à l’effort normal ±M/h.
- Le second terme représente la collaboration de l’âme à la
résistance de la section à la flexion.

47
 Cas particulier : section symétrique à semelles égales

As = Ai et σ s = σ i
M h.t w 2.M 2.h.t w
⇒ As = Ai = - et Ω = +
h.f y 6 h.f y 3
 Section de l’âme : l’effort tranchant doit rester inférieur à
l’effort tranchant résistant
f y . Av V . 3.γ M 0
V ≤ VR = ⇒ Av ≥
3.γ M 0 fy
- Connaissant les élancements admissibles courants des
poutres : 1 h 1 néc
< < avec h ≤ 1,1. W
25 L 15 tw
on détermine h en fonction de la portée l ⇒ l’épaisseur de
l’âme tw peut être calculée par : t w = Av 48
h
on peut aussi utiliser les formules empiriques suivantes :
 3.h p 
t w =  7 mm +  ou t w ≥ 0,006.d
 1000 
1 1 
avec h p =  − .L
 8 10 
 Vérification de la flèche : elle s’effectue à l’E.L.S. (tous les
calculs précédents de dimensionnement et de résistance ont
été conduits à l’E.L.U).
 Autres vérifications à faire :
 Vérification de l’interaction entre l’effort tranchant et le
moment fléchissant.
 Vérification de la stabilité de la poutre au
déversement.
 Vérification du voilement local et détermination des
raidisseurs d’âme. 49
Application 4 : Prédimensionnement et calcul d’une P.R.S.

Données :

P.R.S de 50m de portée, isostatique, en acier


S.355, recevant une surcharge de 50 kN/m.

L’épaisseur de l’âme est prise égale à tw = 2 cm


pour éviter la corrosion.

50
Voilement d’âme par cisaillement

 Le risque de voilement d’âme (qui est un risque d’instabilité


géométrique) est provoqué par l’effort tranchant VEd.
 Dans le cas d’une âme de poutre munie de raidisseurs
transversaux, l’effort tranchant développe :
- des contraintes de cisaillement
et
- des contraintes normales de traction et de compression orientées à 45°lorsque
l’effort tranchant sollicitant est inférieur à l’effort tranchant critique.

51
 Le voilement apparaît lorsque la contrainte de cisaillement
(et par conséquent la contrainte principale de compression
induite) dépasse un certain seuil τcr donné par (dans le cas
d’un panneau articulé sur son contour) :
π 2 .E
2
 tw 
τ cr = kτ
(
12. 1 −ν 2 ) . 
d
- pour les âmes avec raidisseurs transversaux au droit des appuis mais
sans aucun raidisseur transversal intermédiaire : kτ = 5,34;
- Pour les âmes comportant des raidisseurs transversaux intermédiaires :
5,34 a
kτ = 4 + 2
si < 1
a d
 
d 
4 a
kτ = 5,34 + 2
si ≥1
a d
  52
d 
Vérification selon l’EC3

d
 On définit : λw = l’élancement de l’âme
tw
λw
λw = l’élancement réduit de l’âme
37,4.ε . kτ
 Le risque de voilement par cisaillement est négligeable si :

λw < 69ε pour des âmes sans raidisseurs

λw < 30ε kτ pour des âmes avec raidisseurs


transversaux intermédiaires

 Dans les cas contraires, la résistance de l’âme au


voilement doit être vérifiée.
53
 Les profilés laminés du type HEA, HEB, IPE ne présentent
pas de risque de voilement d’âme par cisaillement. Le
phénomène est surtout critique pour les profilés reconstitués
soudés dont les âmes sont en général très élancées.
 L’EC3 propose deux méthodes de vérification de voilement
sous cisaillement :
 La méthode post-critique simple qui peut s’appliquer dans
presque tous les cas aux âmes de poutre à section en double té
avec ou sans raidisseurs intermédiaires mais à condition qu’il y ait
des raidisseurs transversaux au droit des appuis. Elle est
particulièrement recommandée lorsque le rapport a/d > 3 ; dans le
cas contraire, elle est conservative.

 La méthode du champ diagonal de traction qui s’applique aux


panneaux courants des âmes ayant des raidisseurs intermédiaires
et vérifiant 1 ≤ a/d ≤ 3.

54
Méthode post-critique simple

VEd ≤ Vba , Rd = d .t w .τ ba / γ M 1
Résistance post-critique
simple au cisaillement

Limite élastique de l’âme

f yw
si λw ≤ 0,8 alors τ ba =
3

si 0,8 < λw < 1,2 alors τ ba = [1 − 0,625.(λw − 0,8)]


f yw
3
0,9. f yw
si λw ≥ 1,2 alors τ ba =
3.λw
55
Méthode du champ diagonal de traction
Résistance au voilement
par cisaillement

VEd ≤ Vbb, Rd =
[(d .tw .τ bb ) + 0,9.( g.t w .σ bb .sin φ )]
γ M1
Résistance initiale au Résistance dite du champ diagonal de
voilement par cisaillement traction développée à l’intérieur d’une
bande inclinée de largeur g de l’âme

56
 Détermination de τbb :
f yw
si λw ≤ 0,8 alors τ bb =
3

si 0,8 < λw < 1,25 alors τ bb = [1 − 0,8.(λw − 0,8)]


f yw
3
 1  f yw
si λw ≥ 1,25 alors τ bb = 2
 
 λw  3
 Détermination de σbb :
ψ = 1,5.τ bb .sin 2φ
σ bb = 2
f yw − 3τ bb
2
+ ψ 2 −ψ

On a θ /2 ≤ φ ≤ θ où θ = arctan(d/a). Il est recommandé de


prendre φ = θ/1,5.

57
La largeur g du champ diagonal de traction est donnée par :
Longueurs d’ancrage du champ
diagonal de traction le long de la
g = d . cos φ − (a − sc − st ).sin φ semelle comprimée

Longueurs d’ancrage du champ diagonal


de traction le long de la semelle tendue

sc et st sont calculés à partir de la formule suivante :


Moment de résistance plastique réduit de la semelle

2 M Nf , Rk
s= mais s ≤ a
sin φ t w .σ bb

Pour calculer MNf,Rk, on commence par considérer que l’effort


axial NEd et le moment fléchissant MEd sont repris uniquement
par les semelles
58
Soit Nf,Ed l’effort longitudinal résultant dans la semelle. Par
exemple pour une section soumise à un effort axial de
compression et un moment fléchissant positif, on a :
N Ed M Ed
N f , Ed (semelle supérieure) = +
2 (d + t f )
N Ed M Ed
N f , Ed (semelle inférieure) = −
2 (d + t f )
Après on calcule MNf,Rk :  N 2
b.t 2f . f y 
M Nf , Rk = .1 −   
f , Ed
4   N f , Rd 
 
 
b.t f . f y
N f , Rd = pour les sections de classe 1, 2 ou 3
γM0
beff .t f . f y
N f , Rd =
γ M 1 pour les sections de classe 4
59
Vérification des raidisseurs transversaux

 Il faut d’abord s’assurer que le raidisseur transversal


intermédiaire dispose de l’inertie suffisante Is en vérifiant :
3 3
d .t w
si a < 2 alors I s ≥ 1,5. 2
d a
si a ≥ 2 alors I s ≥ 0,75.d .t w3
d
 Ensuite, on vérifie la résistance du raidisseur au
flambement (voir chapitre éléments comprimés) en retenant
comme effort de compression NS dans le raidisseur l’effort
donné par la formule :
d .t w .τ bb
N S = VEd −
γ M 1 mais N S ≥ 0
60
Interaction entre effort tranchant,
moment fléchissant et effort axial

 Elle ne fait pas partie de ce cours (voir EC3 ou cours de


construction métallique 2).

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