Vous êtes sur la page 1sur 25

DIAGNOSTIC FINANCIER

Le diagnostic financier comprend aussi bien l’analyse de la rentabilité (Soldes intermédiaires de


gestion  Compte de résultat) que celle de la structure financière (Bilan fonctionnel  Bilan de l’entreprise). A
noter que le risque de faillite va s’expliquer plus par la structure financière que la rentabilité. La faillite n’est pas
concomitante avec l’activité de l’entreprise. Une entreprise qui a activité rentable peut se retrouver en situation
de faillite.

I  / ANALYSE DE LA RENTABILITE (compte de résultat)   :

I-1- Les rubriques du compte de résultat :

A/ Le résultat d’exploitation  :

1/ LES PRODUITS D’EXPLOITATION   :


 Vente de marchandise : C’est le cas des entreprises de type commercial. Il s’agit de
vente en l’état de biens achetés. Compte 607.
 Vente de bien : Il s’agit de la vente de produits fabriqués par l’entreprise. Donc, on est
dans le cas d’une entreprise industrielle.
 Vente de service : Prestataire de service fournie. C’est le cas des entreprises de service.
Les ratios entre les trois catégories sont différents en fonction de la nature de l’activité.
 Chiffre d’affaires net : C’est l’ensemble des ventes. Il est dit net car on enlève les RRR
(compte 707). C’est la somme de ce qui a été vendu.

Les marges arrière, ou rétro-commissions étaient, en France, des rémunérations ou des remises
différées versées par le fournisseur au distributeur qu'il ne pouvait intégrer dans le calcul de ses prix
de vente aux consommateurs. Défini par la loi Galland en 1996, cette mesure a été modifiée en 2006
par la loi Dutreil renommant ces rémunérations en "autres avantages financiers", bien que le terme
marge arrière soit resté dans le langage courant. Elle permit progressivement sur deux ans d'en tenir
compte pour le calcul du seuil de revente à perte. En 2008, la loi Chatel a permis de tenir compte de
la totalité de ces rémunérations pour le calcul du seuil de revente à perte.
Dans la grande distribution, les marges arrière peuvent atteindre 70% du prix d’achat des produits.

 Production stockée : On peut avoir fabriqué des produits, qu’on n’est pas arrivé à
vendre à la fin de l’exercice. Elle est valorisée en coût de production (Si il est normal d’avoir une partie de la
production qui soit toujours stockée à la fin de l’exercice, cette production ne doit pas se développer
considérablement pour autant : Exemple de Général Motors qui pendant des années a fait de la production
poussée et a stocké énormément).
 Production immobilisée : Production que l’on n’a jamais eu l’intention de vendre. Cette
production sera valorisée en coût de production.
 Subvention d’exploitation ou d’investissement : Ce sont des subventions versées en
complément du prix. C’est une perfusion qui permet de compenser les charges d’exploitation. Elles sont versées
par l’État ou par les collectivités locales quand les produits d’exploitation sont insuffisants. C’est l’exemple de la
PAC (Politique Agricole Commune).
Si cette subvention venait à représenter un taux important de la totalité des bénéfices, cela
devient grave.
 Reprises sur amortissements et provisions sur transfert de charge :
 Reprise sur amortissement : Indicateur de vente d’actifs immobilisées ;
 Reprise sur provision : Il s’agit du cas où une provision est diminuée ou annulée ;
 Transfert de charges : Il s’agit soit d’un transfert vers un autre compte de charges,
soit vers un compte de tiers. Compte 791.
Les plus gros montants sont dans les reprises sur provisions.
 Autres produits (d’exploitation) : Il s’agit des autres produits d’exploitation, en dehors
des ventes. Par exemple, les redevances de la propriété intellectuelle, loyers perçus. S’ils sont importants, il faut
se poser des questions.
 Total des produits d’exploitation : Il s’agit de la somme des produits d’exploitation.

M.A.E. Cadres-1ère année 1/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


2/ LES CHARGES D’EXPLOITATION  :
 Achats de marchandises (y compris droits de douane) : Compte 607
 Variation de stock (marchandises) : Elle augmente en négatif : Ainsi, signe (-) si on a
stocké et à l’inverse, si le signe est (+), cela signifie que le stock a diminué et que nous avons vendu des
marchandises achetées avant. Compte 6037.
La somme de ces deux rubriques donne le coût d’achat des marchandises vendues CAMV :
Achat de marchandises + variation de stock = coût d’achat des marchandises vendues
 Achats de matières premières et autres approvisionnements (y compris droits
de douane) : C’est dans le cas des entreprises industrielles, notamment les comptes 601 et 602. Dans les
autres approvisionnements, on va trouver par exemple les emballages.
 Variation de stock (matières premières et autres approvisionnement) : Signe
négatif (-) si on a stocké et à l’inverse, signe positif (+), si on a déstocké.
La somme de ces deux rubriques donne le coût d’achat des matières premières consommées :
Achat de matières premières + variation de stock de matières premières= coût des matières consommées
 Autres achats et charges externes : Il s’agit des comptes 61 et 62 y compris les
redevances de crédit-bail (612), le personnel extérieur à l’entreprise (qu’il va falloir retraiter) et également la
sous-traitance.
 Impôts, taxes et versements assimilés : C’est l’ensemble des impôts et taxes à
l’exclusion de la TVA et de l’impôt sur les sociétés ou le bénéfice.
 Salaires et traitements : Il s’agit de l’ensemble des rémunérations brutes du personnel,
y compris les bonus. Par contre, les stocks options n’en font pas partie.
 charges sociales : La part patronale des charges sociales.
La somme de ces deux rubriques donne la Masse Salariale qui est le poste le plus important. +
(Bonus sauf stock options) : c’est le poste le plus important.
 Dotations d’exploitation :
 Sur immobilisations :
 Dotations aux amortissements : L’amortissement a trois utilités :
- Constater la perte de valeur du bien ;
- Etaler la charges sur la durée de vie de l’immobilisation ;
- Reconstituer la capacité financière pour renouveler l’équipement à
l’identique (théoriquement) [La question de l’achat à crédit :
L’amortissement permet de rembourser le capital du prêt]
 Dotations aux provisions : On ne constitue de provision que pour les
immobilisations qui ne sont pas amortissables. Par exemple, on peut faire une
provision pour le fonds de commerce.
 Sur actif circulant : Dotations aux provisions.
 Pour risques et charges  : Dotations aux provisions. C’est le cas notamment des
procès, des retraites, des garanties, etc.
 Autres charges d’exploitation : Autres charges liées à l’exploitation de l’entreprise.
 Total des charges : La somme des charges d’exploitations.

B/ Les opérations en commun (Pour info) :

 Bénéfice attribué ou perte transférée :


 Perte supposée ou bénéfice transféré :

C/ Le résultat financier  :

1/ PRODUITS FINANCIERS  :

M.A.E. Cadres-1ère année 2/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


 Produits financiers de participation : Ce sont les dividendes liés aux actions détenues
dans les filiales.
 Produits des autres valeurs mobilières et créances de l’actif immobilisé : Il s’agit
par exemple des revenus des obligations (intérêts) ou des intérêts en cas de délais de paiement
supplémentaires au-delà de la durée initiale demandée par le client.
 Autres intérêts et produits assimilés : Il s’agit d’une rubrique utilisée essentiellement
par les établissements bancaires.
 Reprise sur provision et transfert de charge :
 Différences positives de change : Gain obtenu grâce à une amélioration du taux de
change en faveur de l’entreprise.
 Produits nets sur cession de valeurs mobilières de placement : Plus-value suite à la
vente de valeurs mobilières de placement.
2/ CHARGES FINANCIERES  :

Ce sont des éléments d’appauvrissement liés à la situation financière de l’entreprise.


 Dotations financières aux amortissements et provisions :
 Intérêts et charges assimilées : C’est le poste le plus important des charges
financières. Il s’agit du coût de la dette, qui peut être :
- Découvert bancaire ;
- Dette de l’actif immobilisé ;
- Paiement des intérêts des obligations ;
- Dettes à long terme.
 Différences négatives de change : Perte d’argent au fait de la dégradation du taux de
change (compte 666).
 Charges nettes sur cessions de valeurs mobilières de placement : Moins-values
suite à une vente d’une valeur mobilière de placement.
3/ RESULTAT FINANCIER  :

En général, il est négatif, sauf dans le cas de la grande distribution et des institutions financières.

D/ Le résultat courant avant impôt  :

On parle ici de l’impôt sur le bénéfice (IS). Il est dit courant, dans le sens où l’entreprise aura
couramment ce résultat, car le résultat financier est pérenne.

E/ Le résultat exceptionnel  :

1/ PRODUITS EXCEPTIONNELS  :
 Produits exceptionnels sur opérations de gestion : C’est l’exemple d’un procès
gagné.
 Produits exceptionnels sur opération en capital : C’est le cas par exemple du prix de
cession des éléments d’actif immobilisé (Compte 775), ainsi que les quotes-parts des subventions
d’investissement virées au résultat de l’exercice (compte 777).
 Reprises sur provisions et transfert de charge : Ce sont des provisions
exceptionnelles, par exemple le cas de travaux sur la voie publique devant un magasin.
2/ CHARGES EXCEPTIONNELLES  :
 Charges exceptionnelles sur opérations de gestion : C’est l’opposé des produits
exceptionnels. Ainsi, ça sera l’exemple d’un procès perdu.
 Charges exceptionnelles sur opérations en capital :
 Dotations exceptionnelles aux amortissements et provisions :
3/ RESULTAT EXCEPTIONNEL  :

Il ne faut pas trop prendre en compte ce résultat car il est par définition exceptionnel.

E/ Participation des salariés aux résultats de l’entreprise   :

M.A.E. Cadres-1ère année 3/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


F/ Impôts sur les bénéfices  :

I-2- Le tableau des soldes intermédiaires de gestion (TSIG) :

LES SOLDES LES TAUX ET LES OBSERVATIONS


Marge commerciale (M.C) : MC
= Vente de marchandises - Coût d’Achat des Taux de marge commerciale = ______
Marchandises Vendues (CAMV) Ventes
de marchandises
CAMV = achats de marchandises + Variation de On calcule la performance commerciale de
stocks de marchandises l’entreprise. Elle reflète la négociation du prix
d’achat, la qualité, les délais de livraison, les délais
de paiement, les conditions de retour.
Production de l’exercice (P.E) :
= Production vendue + Production stockée + On s’intéresse à la répartition entre ce qui est vendu
Production immobilisée et ce qui est stocké
Valeur ajoutée (V.A) : D’un point de vu macro économique, ce calcul va
= MC + PE – les Consommations de l’Exercice en nous donner une idée de la contribution de
Provenance des Tiers (CEPT) l’entreprise au PIB. PIB = Σ VA

CEPT = Achat de matières premières et autres 1er intérêt : la VA est le supplément de richesses
approvisionnements + Variation de stocks de apporté par les facteurs de production et elle va
matières premières et autres approvisionnement + permettre de les rétribuer (Travail, capital technique,
Autres achats et charges externes capital financier).
2ème intérêt : Il s’agit d’un solde important, car il
donne une idée sur la taille de l’entreprise.
Excédent brut d’exploitation (EBE) : EBE
= VA + Subvention d’exploitation – Impôt Taxe & Taux de marge brute d’exploitation = ________
Versements Assimilés (ITVA) – Masse Salariale (6 à 7% est un bon taux) CA(HT)
(salaires et traitements + charges sociales)
L’EBE mesure ce qui va rester à l’entreprise après
Comment faire pour améliorer l’EBE ? avoir rémunéré les salariés (facteur travail) et donc,
MC + PE – CEPT – MS = EBE l’ensemble des tiers. Il va alors servir à rémunérer
La solution rapide et efficace à court terme, c’est de l’entreprise.
faire baisser la MS. Cela dit, à long terme, la baisse
de la MS aura des incidences négatives sur la PE et Pour les anglo-saxons, il y a "EBITDA" : Earnings
la MC. En délocalisant, on finit par influer sur la Before Interest, Taxes, Depreciation, and
qualité et par perdre des clients. Amortization (revenus avant intérêts, impôts (taxes),
Par contre, il faudrait améliorer la MC en jouant sur dotations aux amortissements et provisions).
la qualité, mais c’est un processus plus long.
Résultat d’exploitation (R.E) :
= EBE + RAP d’exploitation + Autres produits – DAP Ce que l’entreprise a créé après avoir rémunéré le
d’exploitation – Autres charges d’exploitation. capital technique (DAP = Les machines).
Résultat courant avant impôt (RCAI) : Le résultat financier mesure l’impact de la structure
= RE + Résultat financier financière sur le compte résultat.
Il mesure la rétribution du capital financier prêté.

Pour ce qui est de la quote-part des subventions versée au compte de résultat (QPSVCR), il s’agit de
la différence entre le CA et l’amortissement en cas d’achat d’une immobilisation grâce d’une subvention
d’investissement. Exemple, on a l’achat d’une machine. Le coût de l’investissement est de 100.000 € dont
60.000 € de subvention d’investissement. Donc, il n’y a eu le décaissement que de 40.000 €.
Si le taux d’amortissement est de 10%, on a un amortissement annuel de 10.000 € par an. Si le CA
est de 15.000 €, alors le profit sera de 5.000 €. Mais, le profit imposable prend en compte la subvention (qui
fait partie de l’amortissement). Ainsi, le profit imposable = profit + QSVCR = 5.000 + 6.000 = 11.000 €.

M.A.E. Cadres-1ère année 4/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


Exercice 1 : Cas "Conci"

Exercice N Exercice N+1 Exercice N+2


 
SIG TX SIG TX SIG TX
MC
0 -  0 - 0 -
= Vente marchandises + CAMV
PE
27 065 953 -  37 001 399 - 37 920 473 -
= P° vendue + P° stockée + P° immo
VA
16 154 092 58,18% 19 243 994 52,63% 19 956 704 52,42%
= MC + PE – CEPT
EBE
3 246 077 11,69% 5 576 889 15,25% 6 536 709 17,17%
= VA + Subvent° Exploitat° - ITVA - MS
RE
= EBE + RAP Exploitat° - DAP Exploitat° – 2 028 500 7,31% 4 250 001 11,62% 4 508 881 11,84%
Autres charges d’exploitat°
RCAI
1 385 682 4,99% 3 327 960 9,10% 3 334 074 8,76%
= RE + Résultat Financier
RNC
484 292 1,74% 1 393 698 3,81% 1 456 810 3,83%
= RCAI + Résultat exceptionnel
La production de l’exercice :
On remarque qu’entre N et N+1, il y a une augmentation importante de la P.E (36,7%). Mais, il
faut faire attention à cela : S’agit-il d’une augmentation de la production qui est vendue ou qui est stockée ?
Est-ce que cela est structurel ou simplement le reflet d’une commande exceptionnelle ?
A cet égard, on observe que la situation est saine entre N, N+1 et N+2  : L’augmentation de la
production a été vendue et maintenue sur deux exercices (N+1 et N+2), ce qui exclu une vente exceptionnelle.
On est en présence d’une entreprise qui répond à la demande et qui se stabilise à un niveau supérieur.
La valeur ajoutée :
Par contre, pour ce qui est de la VA, le taux de la VA parait bon en N (58,18%), mais il baisse en
N+1 et N+2 (52,63% et 52,42%). On est alors en droit de se poser des questions sur cette baisse de VA : Est-
on face à une entreprise qui veut répondre à la demande de tous les clients, quitte à baisser les prix et perdre
de la rentabilité ? Y a-t-il une opposition entre l’intérêt de l’actionnaire (augmenter la productivité) et celui du
dirigeant (agrandir l’entreprise afin qu’elle ne puisse pas être absorbée et qu’il ne soit pas limogé) ? Est-il bon
de faire croître la taille de l’entreprise, d’autant plus si la VA chute ? (Si la rentabilité n’est pas au rendez-vous,
les actionnaires peuvent débarquer le dirigeant).
A quoi alors est due cette baisse de la VA ? On ne peut qu’émettre des hypothèses. Soit on a
acheté plus cher, soit encore on a externalisé une partie de la production.
La première hypothèse s’avère fausse du fait qu’en raison d’une forte demande, le prix des
matières premières a baissé.
Pour ce qui est de la seconde hypothèse, elle pourrait s’avérer juste, notamment du fait que la
CEPT a augmenté entre N et N+1. Cette hypothèse parait la plus probable, d’autant plus que la M.S n’a pas
évolué de même que les DAP (ce qui signifie qu’on n’a pas utilisé les machines plus que d’habitudes et n’en a
pas acheté de nouvelles). Ce dernier point, écarte l’autre hypothèse, celle que l’entreprise ait pu faire appel à
de l’intérim. Dans ce cas là, la dotation aux amortissements des machines aurait dû augmenter en fonction.
Manifestement, cette entreprise a dû servir 30% de clients supplémentaires sans pour autant
acquérir en pleine propriété des usines, des machines et qu’elle ait employé directement du personnel
supplémentaire. Ce qui a été donné aux sous-traitants pour la rémunération des hommes et des machines est
inférieur à ce que l’entreprise aurait due mettre pour les hommes et les machines.
A ce sujet, pour affiner cette analyse, il faut avoir plus de détails sur les comptes "Autres achats et
charges externes" (Location d’usine, de machines et des hommes )et "La Consommation de l’exercice à l’égard
des tiers" (dans ce compte serait apparu la location d’une usine, de machines et le recours à l’intérim ). Seul le
fisc peut contrôler ces informations qui sont hors bilan.
L’EBE :
On remarque qu’au niveau de l’EBE, il y a une forte amélioration, alors même que la VA a baissé.
Or, le passage de la VA à l’EBE traduit la rémunération du capital humain. Donc, le taux de l’EBE augmente et le
taux de la VA baisse. Ce qui signifie que la proportion de la MS diminue dans la VA.
Le dirigeant n’a pas voulu croître à tout prix, quitte à sacrifier la rentabilité de son entreprise,
comme nous aurions pu l’imaginer. Bien au contraire, sa volonté est congruente avec celle des actionnaires, car

M.A.E. Cadres-1ère année 5/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


le résultat de l’exploitation ne cesse d’augmenter proportionnellement, notamment l’EBE qui est un indicateur
de performance économique probant. Le dirigeant veut grossir et les actionnaires s’enrichir.
Le R.E :
Le passage de l’EBE au RE renseigne sur la rémunération du capital technique. On remarque une
augmentation du taux du RE, alors même qu’on avait une baisse du taux de la VA. Donc, la proportion des DAP
diminue dans la VA. Ainsi, on rémunère moins nos machines.
Cela renforce encore plus l’hypothèse de la sous-traitance pour faire face à cette augmentation de
l’activité (En supposant que l’amortissement choisi est celui économique et non fiscal).
Le RCAI :
Le RCAI augmente, ce qui colle avec notre hypothèse : le résultat financier n’a pas augmenté car
on n’a pas plus d’intérêt à payer, du fait qu’on n’a pas d’achats de machines supplémentaires.
Le RNC :
Le RNC est ce qui revient aux actionnaires. On remarque une amélioration du taux du RNC qui a
doublé entre N et N+1. Ca montre une élasticité du RNC par rapport au CA(HT).
On remarque que l’entreprise gagne plus en faisant faire le travail par les autres (sous-traitance) et que
durant N+1, au lieu de consolider les emplois, elle a choisi de continuer à soustraire.

M.A.E. Cadres-1ère année 6/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


La CAF (Capacité d’autofinancement)

Le calcul de la CAF par la méthode additive :

RNC
+DAP (Comptes 681, 686 et 687)
- RAP (comptes 781, 786 et 787)
- QPSVCR (Compte 777)
- PCEAC (Compte 775) : Produit de cession des éléments de l’actif cédé
+VCNEAC (Compte 675) : Valeur comptable nette des éléments de l’actif cédé
________________
= CAF
Pour ce qui est des PCEAC et VCNEAC, si on n’a pas le détail, on prend dans la liesse
fiscale les cases HB et HF : Produits et charges exceptionnelles sur opération en capital.
La CAF est le supplément de trésorerie dégagé par une année d’activité normale.
Le calcul de l’autofinancement :
AFN =CAFN – Dividende N-1
Il y a aussi le remboursement du capital de la dette qui n’apparait pas dans la formule, car
le remboursement de la dette est un autofinancement a posteriori. (Les intérêts sont des charges, alors
que les dividendes ne le sont pas).

M.A.E. Cadres-1ère année 7/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


Retraitements de la Centrale des bilans (CDB) de la banque de France (BDF)

La CDB centralise les bilans des entreprises sur la base du volontariat pour que la banque
de France puisse établir des monographies sectorielles. La BDF ne se limite pas à établir des
monographies à partir des TSIG comptables, mais elle effectue auparavant des retraitements, car la
vision du plan comptable n’est pas économiquement juste. Le Plan Comptable Général adopte une
version juridique de la comptabilité.
Les données peuvent être achetées auprès de la Banque de France.
Les principaux retraitements :
1. Personnel extérieur à l’entreprise  (P.E.E) :
Pour le PCG, ça fait partie du compte "Autres achats et charges externes" (AA&CE).
La CDB va le retrancher dans le calcul de la VA. Ainsi, le PEE va être retranché des
"Autres achats et charges externes" pour être rajouté à la Masse Salariale : AA&CE – PEE  MS +
PEE.
2. Crédit-bail  :
Pour le PCG, le crédit-bail fait partie des "Autres achats et charges externes".
Alors que pour la CDB, c’est assimilé à l’achat de l’immobilisation par l’entreprise. Ainsi,
les redevances de crédit-bail (RCB) sont retraitées et dispatchées entre les Amortissement et les
Charges d’Intérêts : AA&CE – RCB  Amortissement + charges financières.
 Il existe deux méthodes pour effectuer ce dispatching.
a) La méthode forfaitaire :
Dans cette méthode, on distingue ce qui est mobilier de ce qui est immobilier.
 Mobilier :
Dans ce cas les RCB sont partagées de façon égale entre les intérêts (1/2) et les
amortissements (1/2).
 Immobilier :
Pour le cas des biens immeubles, le 1/3 des RCB est affecté aux charges
financières et les 2/3 aux amortissements.
b) La méthode calculatoire :
On ne considère que le coût d’achat théorique CA = VO – PLO, avec CA : coût
d’achat, VO : valeur d’origine et PLO : prix de levée de l’option
Le dispatching se fait alors suivant un calcul de l’amortissement. Pour ce calcul, on
prend en compte la durée du contrat. Ainsi, on divise le coût d’achat par la durée pour trouver
l’amortissement. Les charges d’intérêt sont alors égales à la différence entre les redevances et
l’amortissement. On a donc : Amortissement = CA/D et I= RCB – Amortissement.
Il y a d’autres retraitements qui sont effectués par la CDB de la BDF. En se limitant à ces
seuls deux retraitements, on a :
MC
+ PE PEE
- CEPT RCB "amortissement"
= VA RCB "intérêts"
+Subventions d’exploitation
- ITVA
- MS
= EBE
+RAP & AP
- DAP & AC
= RE
- Charges financiers
+ Produits financiers

M.A.E. Cadres-1ère année 8/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


= RCAI
Exercice 2 : Cas "Camp-sport"

Exercice N Taux
 
SIG TX sectoriels
MC
0 -
= Vente marchandises + CAMV
PE
15 345 500 -
= P° vendue + P° stockée + P° immo
VA
3 810 927 25,01% 21%
= MC + PE – CEPT
EBE
1 062 967 6,97% 5,8%
= VA + Subvent° Exploitat° - ITVA - MS
RE
891 727 5,85%
= EBE + RAP Exploitat° - DAP Exploitat° – Autres charges d’exploitat°
RCAI
182 899 1,2%
= RE + Résultat Financier
RNC
152 123 0,99%
= RCAI + Résultat exceptionnel

On remarque que les performances économiques de l’entreprise sont supérieures à celles


du secteur. Par contre, en comparant les ratios des frais financiers (frais financiers/CA), on observe
que celui du secteur est de 2%, alors que pour cette entreprise, il est de 5%.
Frais financier/CA = 772 619/ 15 237 550 = 0,05
Donc, cette entreprise consacre 2,5 fois plus du CA que le secteur dans le paiement des
frais financiers. Cela est dû soit au montant de la dette, soit au taux d’intérêt.
Cette conclusion renvoie à la structure financière de l’entreprise. Est-elle bien gérée ? car
ce sont les emprunts à court terme qui coûtent le plus cher.

M.A.E. Cadres-1ère année 9/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


II  / ANALYSE DE LA STRUCTURE FINANCIERE (Bilan fonctionnel)  :

II-1- Les rubriques du bilan comptable :

Un bilan doit être certifié par un commissaire aux comptes.

A/ Actif  :

Il comprend trois colonnes : Brut, amortissement/provision et net.


1/ LE CAPITAL SOUSCRIT NON APPELE (AA) :
C’est une promesse de don faite par les actionnaires. Il s’agit de la partie du capital que les
actionnaires ont promis de verser, mais que l’entreprise n’a pas encore exigé (appelé). L’entreprise
peut faire un appel partiel du capital, tant qu’elle n’a pas besoin de la totalité du capital. Dans ce cas
elle n’a pas à rémunérer le capital non appelé par des dividendes. L’ensemble du capital doit être
appelé au bout d’un délai maximal de 5 ans.
2/ L’ACTIF IMMOBILISE  :
a) Les immobilisations incorporelles :
Frais d’établissement (compte 2801) (AB) : Ce sont les frais que l’on supporte
quand on créé l’établissement. Ils sont amortis à fractions égales sur 5 ans au maximum. C’est un actif
fictif.
 Frais de recherche et développement (AD) : Ils comprennent les prospections, les
salaires des chercheurs, etc. Ce sont des charges qui sont étalées sur le temps (Amortissement à
fractions égales sur 5 ans au maximum). Il faut qu’ils remplissent deux conditions : Primo, il faut que
les projets soient nettement identifiés et les frais nettement affectés. Secundo, il faut que les projets
aient de sérieuses chances de réussite techniques et commerciales.
 Concessions, brevets et droits similaires (AF) : Les brevets sont inscrits à leur
prix d’acquisition. Ils perdent de la valeur facilement, ils sont très volatiles (C’est de l’économie
immatérielle). On y intègre également les marques (image de marque). Il y a aussi les concessions, les
licences et les franchises.
 Fonds commercial (AH) : C’est un mix entre le droit au bail (droit de porte) et la
clientèle. Le droit au bail est un droit qu’il faut payer pour acquérir le droit de payer le loyer
commercial. Il reflète la clientèle potentielle. Il est évalué en fonction de l’achalandage. L’achat de la
clientèle, ne garanti en rien qu’elle reste acquise.
 Autres immobilisations incorporelles (AJ) :
 Avances sur acomptes sur immobilisations incorporelles (AL) : Avances sur
l’achat d’une immobilisation.
b) Les immobilisations corporelles :
 Terrains (AN) : Seules les mines et carrières peuvent être amorties, à l’exclusion
des autres terrains.
 Constructions (AP) :
 Installations techniques, matériel et outillage industriels (AR) :
 Autres immobilisations corporelles (AT) :
 Immobilisations en cours (AV) :
 Avances et acomptes (AX) : Versés sur les commandes d’immobilisations
corporelles.
c) Les immobilisations financières :
Participations évaluées selon la méthode de mise en équivalence (CS) et autre

participations (CU) : Il s’agit des actions des filiales.

M.A.E. Cadres-1ère année 10/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


 Créances rattachées à des participations (BB) : Ce sont les créances accordées
aux filiales. Il y a la possibilité de leur accorder des avances et des prêts préférentiels. Exemple des
filiales de recherches et développement.
 Autres titres immobilisés (BD) : C’est le cas des obligations ou actions détenues
sans avoir le pouvoir. .
 Prêts (BF) : Il s’agit de prêts à long terme, accordés soit à une entreprise tierce, soit
à une filiale, soit encore à ses salariés.
 Autres immobilisations financières (BH) : Dépôts de garantie par exemple.
3/ L’ACTIF CIRCULANT  :
a) Les stocks :
 Matières premières, approvisionnements (BL) :
En cours de production de biens (BN) : Produit toujours sur la chaîne de
production au 31/12/N, donc non encore achevé. Ils sont valorisés au coût de l’encours.
 En cours de production de service (BP) : Acomptes versés pour service (Par
exemple, les assureurs devraient redistribuer 85% de leur bénéfice technique).
 Produits intermédiaires et finis (BR) : Stocks de produits destinés à être utilisés
pour la production.
 Marchandises (BT) :
b) Les Avances et acomptes versés sur commandes (compte 4091) (BV) :
Il s’agit de créances sur fournisseur.
c) Les créances :
 Clients et comptes rattachés (BX): Ce sont les comptes clients, client douteux et
clients litigieux ainsi que les effets de commerce et les lettres de change que l’on peut escompter
(comptes 411, 413 et 416). Le client douteux ne peut pas payer, alors que le client litigieux ne veut pas
payer.
 Autres créances (BZ) : A l’égard d’autres tiers que les clients : fisc (TVA),
organismes sociaux et salariés, par exemple.
 Capital souscrit appelé non versé (CB) : Les actionnaires ont un délai de 3 mois
pour répondre à l’appel de l’entreprise.
d) Divers :
 Valeurs mobilières de placement (CD) : Il s’agit de placements effectués par
l’entreprise sous forme de valeurs liquides qui peuvent être convertis en argent à tout moment. Cette
catégorie comprend également l’achat d’actions propres. L’achat des ses propres actions n’est possible
pour l’entreprise que dans deux cas : Soit pour les détruire (coup de l’accordéon), en vue de réduire le
volume et faire monter le cours de l’action. Soit, dans le cas des stock-options (plan d’achat d’actions).
En dehors de ces deux cas, il doit impérativement y avoir une personne physique au bout de la chaîne
des actions.
 Disponibilités (CF): Comptes bancaires et caisses.
4/ LES COMPTES DE REGULARISATION :
 Charges constatées d’avance (CH) : Charges qui concernent les exercices
suivants, mais qui étaient dans le compte de résultat. Elles peuvent être assimilées à une créance.
 Charges à répartir sur plusieurs exercices (CL) : Ce sont par exemple, des frais
de grosses réparations, type ravalement de façade. Ils sont répartis sur 5 ans, sans prorata temporis.
 Primes de remboursement des obligations (CM) : Il s’agit de la différence entre
la valeur d’émission et la valeur de remboursement, suite à emprunt obligataire à un taux nominal.
C’est une charge en devenir que l’on est sûr de perdre au moment du remboursement. C’est le cas où la

M.A.E. Cadres-1ère année 11/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


valeur d’émission est inférieure à la valeur nominale et/ou que la valeur de remboursement est
supérieure à la valeur nominale.
Par exemple :
On a un emprunt obligataire avec les données suivantes : Valeur Nominale : 100
€, Taux Nominal : 4%, Valeur d’Émission : 90 € et Valeur de Remboursement : 105 €.
On aura alors une Prime de remboursement = VR – VE = 15 €
Pour un remboursement au paire : VN = VR = 100 €.
 Écarts de conversion actif (CN) : Il s’agit de perte de change potentielle. L’écart
peut concerner des créances clients, des dettes fournisseurs, voire même des dettes financières.
Par exemple :
L’entreprise a effectué une vente avec un client américain le 01/10/N et la
facture est libellée en $. La facture est d’un montant de 10 000 $, mais le compte client doit être
libellée en €. A la date de la facturation (01/10/N), on a 1$ = 1€, donc le compte client est de 10 000 €.
Or, au 31/12/N, à la clôture de l’exercice, le change est de 1$ = 0,8€. Donc, la
créance est de 8 000 € seulement et c’est l’écart de conversion actif (ECA) qui va permettre de
rééquilibrer les comptes. ECA = 2 000 €.

B/ Passif  :

1/ LES CAPITAUX PROPRES :


 Capital social ou individuel (DA) :
 Primes d’émission, de fusion et d’apport (DB) :
 Écart de réévaluation (DC) : (dont écart d’équivalence) sert à rééquilibrer le bilan
en cas de réévaluation de l’actif.
 Réserve légale (DD) : alimentée par 5 % du bénéfice dans la limite de 10% du
capital social (argent que l’entreprise ne peut pas reverser sous forme de dividendes).
 Réserve statutaires ou contractuelles (DE) :
 Réserves réglementées :
La totalité des capitaux propres appartient aux actionnaires qui la mettent à la
disposition de l’entreprise.
2/ LES AUTRES FONDS PROPRES (pour info) :
Ce sont des emprunts qui ne sont jamais remboursés.
 Produits des émissions à titre participatif (DM) :
 Avances conditionnées (DN) :
3/ LES PROVISIONS POUR RISQUES ET CHARGES :
Elles doivent être calculées de façon prudente et raisonnée, mais elles diminuent la
base d’imposition, ce qui en fait un poste privilégié pour la fraude fiscale. On n’en connait pas toujours
la destination finale. Sont-elles justifiées ou pas ?
 Provision pour risques (DP) : Par exemple, en cas de procès en cours.
 Provision pour charges (DQ) : L’exemple des garanties données aux clients.
4/ LES DETTES :
a) Dettes financières :
Il s’agit de dettes liées à un emprunt.
 Emprunts obligataires convertibles (DS) :
 Autres emprunts obligataires (DT)

M.A.E. Cadres-1ère année 12/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


Emprunts et dettes auprès des établissements de crédits (DU) : Y compris

concours bancaires et découverts.
 Emprunts et dettes financières diverses (DV) : Dette financière quand on doit de
l’argent parce qu’on nous a prêté de l’argent alors que la dette courante est le résultat d’un achat.
b) Dettes circulantes :
Il s’agit de dettes qui résultent d’un achat.
 Avoirs et acomptes perçus sur commandes en cours (DW) :
 Dettes fournisseurs et comptes rattachés (DX) : Comptes 401 et 403.
 Dettes fiscales et sociales (DY) : Impôt sur les sociétés, TVA, organismes sociaux,
et les salaires du mois de décembre, par exemple.
 Dettes sur immobilisations et comptes rattachés (DZ) :
 Autres dettes (EA)
5/ LE COMPTE DE REGULARISATION :
 Produits constatés d’avance (EB) :
6/ ECART DE CONVERSION PASSIF (EC) :
Il s’agit d’un gain de change potentiel
Il faut surtout distinguer dans le passif les emprunts et dettes à court terme, ainsi que les
découverts.

II-2- Le bilan fonctionnel :

1/ Les 3 cycles de l’entreprise  :


Il existe trois cycles de l’entreprise : Investissement, financement et exploitation. Ces
cycles vont faire apparaitre des ressources et des besoins.
Cycle de l’investissement  : Exemple : achat d’une machine, utilisation de la machine,
usure, remplacement de la machine.
On a un décaissement immédiat important (achat), puis des encaissements plus faibles et
échelonnés dans le temps. Le besoin de financement est long : Emploi stable. Le cycle
d’investissement est long.
Cycle de Financement  : Exemple un emprunt. Encaissement, puis remboursement
échelonné du capital jusqu’au remboursement total du crédit.
On a alors un encaissement important immédiat et des décaissements échelonnés dans le
temps. C’est également un cycle long par définition : Ressources durables.
Cycle d’exploitation  : Exemple : Achat de matières premières, stockage de MP,
transformation, stockage du P.I, montage, stockage du PF, vente et paiement. Cela renvoie à l’actif et
au passif circulants.
C’est un cycle court qui fait naître un besoin long. Plus l’activité est importante, plus le
besoin va durer.
C’est pour cela que certaines entreprises font faillites, car il faudrait que le cycle de
financement finance les cycles d’investissement et d’exploitation.
Les dettes fournisseurs vont réduire le besoin du cycle d’exploitation.

2/ La présentation du bilan fonctionnel  :

Voir page suivante

M.A.E. Cadres-1ère année 13/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


Bilan fonctionnel
Actif Passif
Emplois Stables (ES) : Ressources durables (RD) :
- Total des Amortissements des Provisions de l’Actif
TAIB (BJ) TAPA (IA) - Capitaux Propres (après répartition des dividendes)
- Total de l’Actif Immobilisé Brut - Autres Fonds Propres
+ CAR (CL) + CP  (DL)
- Charges A Répartir sur plusieurs exercices + PRO ( CM) + AFP (DO)
- Primes de Remboursement des Obligations - Provisions pour Risques et Charges Non Justifiés
+ PRCɈ (DR*) (Par défaut, toutes les provisions sont justifiées)
+ Dφ (DS + DT + DU + DV) - Dettes Financières
- cbc & scb (EH) - Concours Bancaires Courants et les Soldes Créditeurs
de Banques et CCP qui ne sont pas des ressources
durables car elles sont à rembourser sur l’exercice.
Actif lié à l’activité de l’entreprise (structurel, Actifs circulants de Dettes courantes
pérenne) l’exploitation (ACE°) : d’exploitation (DCE°) :
- Stocks - Avances et Acomptes reçues sur commande en cours
- Créances Clients & Avances et Acomptes - Dettes Fournisseurs et comptes rattachés (a priori
Versés Stocks  (BL+BN+BP+BR+BT) AA reçues (DW)
c’est de l’exploitation)
- Effets escomptés (information hors bilan) + CC (BX) & AAV (BV) + DF  (DX) - Dettes Fiscales et Sociales (sauf la dette d’IS)
- Autres Créances d’Exploitation + Effets escomptés + DFS (sauf IS) (partie de DY) - Autres Dettes d’Exploitation (par défaut, ils sont tous
(essentiellement la TVA) + ACE° (BZ*) + ADE° (EA**) d’exploitation)
- Charges Constatés d’Avance d’Exploitation
(Par défaut, elles sont toutes d’exploitation)
+ CCAE° (CH**) + PCAE° (EB***) - Produits Constatés d’Avance d’Exploitation (par
+ ECA (CN) + ECP (ED) défaut, ils sont tous d’exploitation).
- Écarts de Conversion Actif (Normalement, il - Écarts de Conversion Passif (Par convention ils sont
faut les retraiter en fonction de leurs origines. Mais, placés dans les DCE, mais normalement il faut les retraiter
par facilité, ils sont placés dans les ACE, la selon leurs origines)
majorité des échanges se faisant en zone euro)
Actif circulant conjoncturel et non pérenne Actifs circulants hors Dettes courantes hors
exploitation (ACHE°) : exploitation (DCHE°) :
- Autres Créances Hors Exploitation ACHE° (BZ*) Dettes IS (reliquat DY) - Dette sur les Impôts sur les Sociétés.
- Capital Souscrit Appelé Non Versé - Dettes sur Immobilisation
- Charges Constatés d’Avance Hors
+ CSANV (CB) + Dettes / immo (DZ)
- Autres Dettes Hors Exploitation
Exploitation + CCAHE° (CH**) + ADHE° (EA**) - Produits Constatés d’Avance Hors Exploitation
+ PCAHE° (EB***) - Provisions pour Risques et Charges Justifiés
+ PRCJ  (DR*)
Trésorerie Active (TA) : Trésorerie Passive (TP) :
- Valeurs Mobilières de Placement VMP (CD) Cbc & scb (EH) - Concours bancaires courants & Soldes créditeurs de
- Disponibilités + Disponibilité (CF) + Effets escomptés  banque
- Effets escomptés (information hors bilan)

On ne s’intéresse qu’aux valeurs brutes de l’actif (ce qui a été réellement déboursé par l’entreprise)

M.A.E. Cadres-1ère année 14/21I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


3/ Le fonds de roulement, le besoin de fond de roulement et la trésorerie nette  :

a) Le FRNG : Fonds de Roulement Net Global

FRNG = RD – ES
Avec RD : ressources durables et ES : Emplois stables

b) BFR : Besoin de fonds de roulement :

 BFRE° : Besoin de Fonds de Roulement d’Exploitation :


BFRE° = ACE° - DCE° (il est structurel)
 BFRHE° : Besoin de Fonds de Roulement Hors exploitation :
BFRHE° = ACHE° - DCHE°
 BFR = BFRE° + BFRHE°

c) TN : Trésorerie nette :


 Lecture par le haut du bilan :
TN = FRNG - BFR
 Lecture par le bas du bilan :
TN = TA - TP

d) TNS  : Trésorerie nette structurelle :

TNS = FRNG – BFRE°

M.A.E. Cadres-1ère année 15/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


Exercice 2 (suite) : Cas "Camp-sport"

Exercice N-1 Exercice N


A P Actif Passif
ES = 3 111 019 RD = 3 588 154 ED : Emplois stables : RD : Ressources durables :

FRNG = 477 135 TAIB : 3 393 024 TAPA : 811 849


+ CAR : 0 + CP  : 1 350 452
+ PRO : 0 + AFP : 0
= 3 393 024 + PRCɈ : 0
+ Dφ - cbcscb : 1 667 405
= 3 829 706
ACE = 4 138 244 DCE = 2 483 507
ACE° : Actif circulant d’exploitation DCE° : Dettes courantes d’exploitation

BFRE = 1 654 737 Stocks : 1 637 220 AA reçus : 0


+ CC & AAV : 3 058 217 + DF : 2 017 954
+ Effets escomptés : 779 804 + DFS (sauf IS) : 777 507
+ ACE° : 0 + ADE° : 065 070
+ CCAE° : 120 000 + PCAE° : 93 807
+ ECA : 0 + ECP : 0
= 5 636 459 = 2 954 338
ACHE = 209 625 DCHE = 168 005 ACHE° : Actif circulant hors exploitation DCHE° : Dettes courantes hors exploitation

BFRHE = 41 620 ACHE° : 207 000 Dettes IS : 29 682


+ CSANV : 0 + Dettes / immo : 98 000
+ CCAHE° : 0 + ADHE° : 256 204
= 207 000 + PCAHE° : 0
+ PRCJ : 205 294
= 589 180
TA = 56 020 TP = 1 275 242
TA : Trésorerie active TP : Trésorerie passive

TN = - 1 219 222 VMP : 0 Cbc & scb : 1 088 237


+ Disponibilité : 4 787 + Effets escomptés : 779 804
= 4 787 = 1 868 041
Total : 9 241 265 Total : 9 241 265

1- FRNG : Fonds de Roulement Net Global :


FRNG = RD – ES = 3 829 706 – 3 393 024 = 436 682
2- BFR : Besoin de fonds de roulement :
a- BFRE° :
BFRE° = ACE° - DCE° = 5 636 459 – 2 954 338 = 2 682 121
b- BFRHE° :
BFRHE° = ACHE° - DCHE° = 207 000 – 589 180 = - 382 180 (Excédent de FR)
 BFR = BFRE° + BFRHE° = 2 682 121 - 382 180 = 2 299 941
3- TN : Trésorerie nette :
a- Lecture par le haut du bilan :
TN = FRNG – BFR = 436 682 – 2 299 941 = - 1 863 259
b- Lecture par le bas du bilan :
TN = TA – TP = 4 782 – 1 868 041 = - 1 863 259
4- TNS : Trésorerie nette structurelle :
TNS = FRNG – BFRE° = 436 682 - 2 682 121 = - 2 245 439

Observation :
Dans les informations complémentaires (annexe 4), au point 6, on a les effets escomptés
non échus (c’est-à-dire, des prêts à court terme sur la foi de l’effet de commerce : lettre de change,
etc.) d’un montant de 779 804 €, qu’on a retraité en les intégrant aux comptes clients et à la trésorerie
passive.

M.A.E. Cadres-1ère année 16/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


Analyse :
On est devant l’exemple type d’une entreprise qui est bénéficiaire et très rentable (voir
analyse de la rentabilité dans la première partie de l’exercice), qui risque de faire faillite.
Il faut alors analyser ce qui fait augmenter l’activité. On doit analyser l’évolution du C.A
(Ici n’ayant pas les données nécessaires, on peut observer l’évolution des comptes créances clients et
dettes fournisseurs, ainsi que les stocks.
On sait aussi que la TNS = FRNG – BFRE°. Donc, si la TNS est faible, ou bien qu’elle
baisse, cela signifie que le FRNG baisse ou/et le BFRE° augmente.
TNS ↘ = FRNG ↘ - BFRE°↗
De même, on a :
FRNG ↘ = RD ↘ - ES ↗
BFRE° ↗ = ACE° ↗ - DCE° ↘
Par rapport aux données du secteur, on peut observer les différences suivantes :

ratios Entreprise Secteur

Frais financier/CA 5% 2%

FRNG/Total actif 5% 27%

Taux de couverture :
615% 94%
BFRE°/FRNG

Le taux de couverture soit être proche de 1 (c’est-à-dire 100%). Donc, le fonds de


roulement est insuffisant. Il va falloir améliorer le FRNG, en augmentant les ressources durables
(passer donc de dettes à court terme à des dettes à long terme) et/ou en diminuant les emplois stables.
Néanmoins, il n’est pas recommandé de diminuer les emplois stables pour ne pas se dessaisir de l’outil
de production, d’autant plus que l’entreprise est rentable.
Il faudrait renégocier la dette en augmentant le délai de remboursement et diminuant le
découvert bancaire. Cela nous renvoie à la notion de ratio d’endettement. Ce dernier doit être
inférieur ou égal à 1. Ratio d’endettement : Dettes financières / Capitaux propres ≤ 1
Les dirigeants se trouvent devant plusieurs options pour améliorer le taux de couverture.
1ère option 
option : Augmenter la dette financière à long terme 
terme :
Le problème de l’entreprise est que ses dettes à court terme sont aussi importantes que ses
dettes à long terme. Mais, la banque a déjà financé l’entreprise à hauteur de 2 755 642 €, alors que les
capitaux propres ne sont que de 1 350 452 € (En rajoutant les amortissements, on atteint 2 162 301 €).
La banque a prêté à l’entreprise 2 fois plus que les actionnaires.
Donc, le banquier ne risque pas de donner un emprunt de 1 800 000 € sur 20 ans par
exemple. D’une part, le banquier exige que les capitaux propres soient au moins égaux à la dette
financière pour pouvoir la rembourser en cas de liquidation. D’autre part, si les actionnaires ne veulent
pas augmenter la capitalisation, c’est qu’ils n’ont pas confiance dans l’entreprise, pourquoi alors le
banquier lui ferait-il confiance ?
La solution serait alors d’augmenter le capital.
2e option 
option : Augmenter les capitaux propres 
propres :
On a une dette globale de 3 535 446 € : 2 755 642 (dette financière) + 779 804 (effets
escomptés non échus).
Et pour ce qui est des capitaux propres, on a 2 162 301 € : 811 849 (amortissement) +
1 350 452 (capitaux propres).

M.A.E. Cadres-1ère année 17/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


Pour que le ratio d’endettement soit égal à 1, il faut que la dette financière soit égale aux
capitaux propres  Dφ = CP
L’augmentation du capital doit permettre d’éponger une partie de la dette. On aura donc :
CP = 2 162 301 + X et Dφ = 3 535 446 - X
On peut alors conclure que : 2 162 301 + X = 3 535 446 – X (puisque le ratio
d’endettement est égal à 1).  X = (3 535 446 - 2 162 301) / 2 = 686 572,5 €
Ainsi, pour assainir la situation du point de vue du ratio d’endettement, il faut augmenter le
capital d’au moins 686 572,5 €.
Mais, comment peut-on pousser les actionnaires à augmenter le capital ?
On sait que le ratio de frais financier/CA est pour l’entreprise de 5%, alors qu’il n’est que
de 2% dans le secteur. Donc, si on assainit la situation financière on devrait gagner 3% du CA. Cela
devrait faire augmenter ce qui intéresse le plus les actionnaires, à savoir le RNC.
Actuellement, le taux du RNC/CA est de 1%. On peut alors promettre aux futurs
actionnaires de faire augmenter ce taux à jusqu’à 4%.
Mais, pour que cette nouvelle structure financière soit viable, il faudrait garder la même
taille d’activité (dans le cas contraire, on va faire évoluer le BFRE°, ce qui aura des répercussions sur
la TNS).
Cela dit, il est fort probable dans le cas d’une PME que l’actionnaire principal (et unique ?)
refuse l’augmentation du capital pour ne pas perdre son emprise sur les décisions de l’entreprise qu’il a
créée.
On doit alors essayer de diminuer le BFRE° (Stock, Créances Clients et les Dettes
fournisseurs). Ainsi, comme on l’a déjà vu, diminuer le BFRE° signifie de diminuer l’ACE° et
d’augmenter la DCE°.
De ce fait, il faut ;
- Diminuer les stocks ;
- Diminuer les créances clients ;
- Augmenter les dettes fournisseurs.
3e option 
option : Améliorer la gestion des stocks 
stocks :
On remarque que le stock des MP est de 1 227 915 € et celui des encours est de 409 305 €
(en brut).
La solution serait alors de rationaliser la gestion des stocks, en embauchant par exemple un
gestionnaire de stock.
Mais, l’entreprise ne pourra pas adapter son moyen de production pour gérer ses stocks en
flux tendu, car elle ne dispose pas de trésorerie pour le financement.
Par ailleurs, cette gestion en flux tendus n’est pas toujours réalisable.
Comment calculer le délai de rotation des stocks ?
Si on prend les matières premières par exemple, il faut rapporter les stocks de matières
premières aux achats de matières premières.
DR SMP = 360 x Stocks de MP
Achat MP

Dans le compte de résultat, on a : achat MP = 11 227 504 € HT et stocks de MP =


1 227 915 € HT
Donc : DR SMP = 360 x (1 227 915 / 11 227 504) ≈ 39 jours.

M.A.E. Cadres-1ère année 18/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


4e option 
option : Diminuer les créances clients 
clients :
Le compte client en brut est de 3 058 217 € et en net 2 978 395 €, ce qui dépasse de loin les
besoins de l’entreprise en trésorerie.
Pour diminuer les créances clients, il faudrait diviser le délai de paiement par 2. Ceci est
difficile, car il faut que les clients acceptent, sachant que c’est aussi un argument commercial de vente.
Cependant, étant donné que l’entreprise vend tout ce qu’elle produit sans stocker, elle peut tenter de
jouer cette carte auprès de ses clients, ce qui permettrait même de faire un tri et d’écarter les mauvais
payeurs.
Comment calculer le délai de paiement des créances clients ?
Il faut rapporter les créances clients au CA annuel TTC.
DP CC = 360 x (créances client et comptes rattachés – Avance et acomptes perçus + effets escomptés non échus)
CA annuel TTC

Dans le compte de résultat, on a : CA = 15 237 550 € HT, soit 18 224 109,8 € TTC ;


Dans le Bilan, on a : Créances clients – avances et acomptes perçus + effets escomptés non
échus = 3 058 217 – 0 + 779 804 = 3 838 021 € TTC.
Donc : DP CC = 360 x (3 838 021 / 18 224 109,8) ≈ 76 jours.
e
5 option 
option : Augmenter les dettes fournisseurs 
fournisseurs :
Les dettes fournisseurs ne sont que de 2 017 954 €. Il faudrait alors essayer d’augmenter
les dettes fournisseurs, notamment en rallongeant les délais de paiement.
Cette option parait envisageable du fait qu’en raison de l’augmentation de l’activité,
l’entreprise a augmenté son volume d’achats des MP. Aussi, elle pourrait renégocier les délais de
paiement avec ses fournisseurs.
Quel est le délai de paiement actuel ? Comment calculer le délai de
paiement fournisseurs ?
Il faut rapporter les dettes fournisseurs aux achats et tout prendre en compte soit en HT,
soit en TTC.
DP DF = 360 x (dettes fournisseurs et comptes rattachés – Avance et acomptes versé)
(Achats TTC + Services extérieurs TTC)
Dans le compte de résultat, on a : achat de marchandises + achat de MP&AA + AACE =
12 042 411 € HT, soit 14 402 723 € TTC (avec une TVA à 19,6%).
Dans le Bilan, on a la somme correspondant aux dettes fournisseurs : 2 017 954 € TTC.
Donc : DP DF = 360 x (2 017 954 / 14 402 723) ≈ 50 jours.
Toutefois, concernant les délais de paiement (fournisseurs et clients), il est fort possible
que nos concurrents aient les mêmes délais et alors, il n’y aura pas de marge de manœuvre pour les
modifier.
6e option 
option : Diminuer les emplois stables "ES" 
"ES" :
Si le patron ne veut pas augmenter le capital de son entreprise, alors il doit éviter de la faire
grandir : Le dirigeant ne veut pas céder des parts de son entreprise et le marché lui interdit de
fonctionner en flux tendu. Pour qu’il ne perde pas le contrôle de son entreprise, il faudrait qu’elle reste
petite.
Dans le cas présent, diminuer les emplois stables, signifie vendre une partie des machines.
Ce qui va conduire à :
- Augmenter les disponibilités ;
- Diminuer l’activité et donc, le nombre de clients  Diminuer les créances clients
et une meilleure sélection de ces derniers.

Cette option demeure à bien des égards la meilleure solution : Eviter la problème et rester
petit.

M.A.E. Cadres-1ère année 19/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


7e option 
option : Augmenter les "RD" sans augmenter ni le capital, ni l’endettement 
l’endettement :
C’est une option qui prend beaucoup de temps et qui n’est pas très attractive pour les
actionnaires : C’est le fait de ne plus distribuer de dividendes et de réinvestir l’ensemble du RNC dans
l’entreprise.
Mais, cette solution est incongrue.

Remarques :
 Il faut faire attention au calcul des délais de rotation des clients, fournisseurs et stocks. Il
faut prendre des montants représentatifs, alors que dans un bilan ce n’est pas toujours le cas. Ceci est
d’autant plus vrai quand l’activité est saisonnière. Dans ce cas, les chiffres au 31/12 ne sont pas
réellement représentatifs de la situation réelle de l’entreprise.
Pour se faire, il faut aller chercher les renseignements à la source, dans les comptes
appropriés.
A titre d’exemple, si on prend le cas d’une entreprise qui produit et commercialise des
planches à voile. La production s’étale de janvier à août et la commercialisation a lieu entre avril et
août. Si on suppose qu’il y a un délai de paiement moyen des clients de 4 mois, au 31/12 on aura une
créance client nulle, ce qui pourrait laisser supposer que les clients paient au comptant.
Il faut alors faire la moyenne réelle des créances clients. On prend la somme des créances
inscrites en comptabilité et on divise par le nombre de mois (ou de jours) durant lesquels elles ont été
constatées (Dans le cas présent d’avril à novembre).
 Le découvert bancaire peut être un bon instrument de gestion de trésorerie, car il permet
de combler le besoin au centime près (contrairement à un effet escompté par exemple). Néanmoins, i
ne doit pas être subi, mais choisi comme un moyen de gestion préférable aux autres. Exemple, il est
meilleur d’avoir recours à un découvert plutôt qu’à escompte d’un effet de commerce dont le montant
est trop important, du fait même que les taux d’intérêts sont pareils.
 Le calcul du seuil de rentabilité est primordial avant de lancer un projet et d’accroitre
l’activité, via un investissement.
Les éléments du calcul
 Frais fixes : charges supportées même si vous ne produisez rien (salaires, loyer, chauffage,
primes d'assurance,...)

 Frais variables : charges directement rattachées à votre exploitation et proportionnelles à


l'activité (prix d'achat des matières premières utilisées et des marchandises, frais de
transport sur achats et sur ventes, commissions sur les ventes).
Etapes de calcul
 Marge sur coût variable = montant des ventes prévues - charges variables.
 Taux de marge sur coût variable = (marge sur coût variable / montant du chiffre d'affaires)
x 100.

 Seuil de rentabilité = Montant des charges fixes / taux de marge


Tableau de calcul
1. Chiffre d'affaires prévisionnel HT ……………
2. Charges variables : ……………
3. Marge sur coût variable …………… (1) - (2)
4. Taux de marge sur coût variable …………… (3) / (1)

5. Seuil de rentabilité …………… charges fixes / (4)


Exemple :

M.A.E. Cadres-1ère année 20/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


Un boulanger qui ne produit que des baguettes, a comme charges fixes, un loyer de 10 000
€ et l’amortissement annuel du four de 20 000 €. Pour ce qui est des charges variables, elles sont de
0,5€ par baguette.
Le prix de vente de la baguette est de 1€.
Quel est alors son seuil de rentabilité ?
On calcul d’abord la marge sur coût variable. Elle est égale à la différence entre le prix de
vente et le coût variable :
MCV = PV- CV = 1 – 0,5 = 0,5 €
Pour atteindre le seuil de rentabilité, il faudrait que le bénéfice soit positif : B ≥ 0
 B = Q x PV – CV total – CF ≥ 0
 Q x PV – Q x CV – CF ≥ 0
 Q (PV- CV) – CF ≥ 0
 Q x MCV – CF ≥ 0
 Q ≥ CF / MCV

 Q ≥ 30 00 / 0,5
 Q ≥ 60 000 baguettes.
Ce chiffre est-il réaliste ? Si on suppose qu’il va travailler 300 jours par an (en enlevant les
journées de congés, les jours fériés et les dimanches par exemple), il doit vendre quotidiennement 200
baguettes. Cela est-il possible ?
Il doit alors se poser un certain nombre de questions : Il y a combien d’habitant dans le
village ? Y a-t-il de la concurrence ? Quelle est la consommation moyenne par habitant ? Etc.

Ratio de financement = ressources stables / Immobilisations Brutes


3 829 706 / 3 393 024 = 1.12%

Ratio de financement du besoin en fonds de roulement = FRNG/BFR


436 682 / 2 299 941 = 0.19%

M.A.E. Cadres-1ère année 21/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


Exercice 3 : Cas "Kronos"
1- Tableau des SIG :

Soldes Calcul Taux


Marge brute : = 5 672 000 – (3 174 000 + 467 146) MC/Vtes mses
MC = Ventes marchandises – CAMV = 2 030 854,00 € = 35,80 %
Avec CAMV = Achat marchandise + variation
stock marchandises

Production de l’exercice : = 75 798 200 + (- 1 032 600) + 0


PE = Production vendue + Production stockée + = 74 765 600,00 €
Production immobilisée
Valeur ajoutée : = 2 030 854 + 74 765 600 – (30 827 044 -
VA = MC + PE – CEPT 344 337 + 15 235 372)
Avec CEPT = Achat MP + Variation stock MP + = 31 078 375,00 €
Autres achats et charges externes
Excédent brut d’exploitation: = 31 078 375 + 0 – 1 818 235 – EBE/CA(HT)
EBE = VA + Subvention d’Exploitation – ITMA (17 634 926 + 7 009 708) = 5,66%
- MS = 4 615 506,00 €
Avec MS = Salaires + Charges sociales
Résultat d’exploitation : = 4 615 506 + 981 424 + 1 117 688 –
RE = EBE + RAP d’exploitation + Autres (1 277 302 + 827 934) – 107 869
produits d’exploitation – DAP d’exploitation – = 4 501 513,00 €
Autres charges d’exploitation
Résultat courant avant impôt : = 4 501 513 + (- 1 614 706)
RCAI = RE + Résultat financier = 2 886 807,00 €

2- Bilan fonctionnel :

Actif Passif
ED : Emplois durables : RD : Ressources durables :
TAIB : 22 285 397 TAPA : 17 989 773
+ CAR : 0 + CP  : 16 481 444
+ PRO : 0 + AFP : 0
= 22 285 397 + PRCɈ : 0
+ Dφ - cbcscb : 10 889 585 + 3 904 455 +
1 827 493 – 1 420 000
= 49 682 750
ACE° : Actif circulant d’exploitation DCE° : Dettes courantes d’exploitation
Stocks : 4 741 480 + 9 207 405 + 468 266 AA reçus : 66 8989
+ CC & AAV : 26 088 959 + 0 + DF : 11 054 607
+ Effets escomptés : 750 000 + DFS (sauf IS) : 7 622 421 – 127 692
+ ACE° : 0 + ADE° : 0
+ CCAE° : 511 534 + PCAE° : 0
+ ECA : 0 + ECP : 0
= 41 767 644 = 18 616 234
ACHE° : Actif circulant hors exploitation DCHE° : Dettes courantes hors exploitation
ACHE° : 6 115 573 Dettes IS : 127 692
+ CSANV : 0 + Dettes / immo : 337 027
+ CCAHE° : 0 + ADHE° : 858 674
= 6 115 573 + PCAHE° : 0
+ PRCJ : 150 000
= 1 473 393
TA : Trésorerie active TP : Trésorerie passive
VMP : 0 Cbc & scb : 1 420 000
+ Disponibilité : 1 773 763 + Effets escomptés : 750 000
= 1 773 763 = 2 170 000
Total = 71 942 377 Total = 71 942 377

M.A.E. Cadres-1ère année 22/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


3- FRNG : Fonds de Roulement Net Global :
FRNG = RD – ES = 49 682 750 – 22 285 397 = 27 397 353

4- BFR : Besoin de fonds de roulement :


a- BFRE° :
BFRE° = ACE° - DCE° = 41 767 644 – 18 616 234 = 23 151 410
b- BFRHE° :
BFRHE° = ACHE° - DCHE° = 6 115 573 – 1 473 393 = 4 642 180

 BFR = BFRE° + BFRHE° = 23 151 410 + 4 642 180 = 27 793 590


5- TN : Trésorerie nette :
a- Lecture par le haut du bilan :
TN = FRNG – BFR = 27 397 353 – 27 793 590 = - 396 237
b- Lecture par le bas du bilan :
TN = TA – TP = 1 773 763 – 2 170 000 = - 396 237
6- TNS : Trésorerie nette structurelle :
TNS = FRNG – BFRE° = 27 397 353 – 23 151 410 = 4 245 943

I- Analyse de la rentabilité :
On a, d’après les calculs, EBE = 4 615 506 et le taux de marge brute d’exploitation =
5,66%.
Il s’agit d’une entreprise qui produit des biens qu’elle vend à des centrales d’achats. Donc,
il faut s’attendre à ce qu’elle ait des délais de créances importants.
Dans le cas précis, on n’a aucune information sur les données du secteur, ni sur celles des
autres exercices de l’entreprise, pour pouvoir faire des comparaisons ou suivre l’évolution.
En tout état de cause, il s’agit d’un bon EBE.
En général, pour agir sur l’EBE, il faut agir sur ses éléments les plus pertinents :
PE + MC = CA
– CEPT = VA
– MS = EBE
Option 1 : Augmenter le CA :
Il faut arriver à augmenter le CA sans augmenter les CEPT et la MS.
Pour la production de l’exercice, il faut voir si on vend tout ce qu’on produit.
1- Si on a des stocks :
En vendant notre stock, la production de l’exercice augmente sans augmenter les CEPT
et la MS. En effet, le stock est valorisé au prix de revient, alors que la production vendue est valorisée
au prix de vente (et à moins qu’on ne vende à perte, il y aura amélioration de la production de
l’exercice).
2- Si on n’a pas de stocks :
Cela signifie que les clients achètent bien nos produits. Dans ce cas, on peut envisager
d’augmenter les prix de vente, tant que les clients suivent.
Pour que les clients continuent à suivre, au-delà d’un certain seuil, il faut leur faire
penser que si on a augmenté le prix, c’est qu’on a également amélioré la qualité. La solution est alors
de communiquer à travers la publicité. Mais, l’augmentation des charges de publicité va faire

M.A.E. Cadres-1ère année 23/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


augmenter les CEPT. Donc, cette solution n’est rentable que si l’augmentation des CEPT est inférieure
à celle du CA.
Δ P x Q ≥ Coût de la pub
Comme on ne peut pas avoir cette information à l’avance, alors il faut faire une étude du
marché (qui n’est pas fiable par ailleurs). On aura alors :
Δ P x Q ≥ Coût de la pub + Etude du marché
D’une part, on a une certitude : Coût de la pub + Etude du marché
Et d’autre part, on a une incertitude : Δ P x Q
Option 2 : Diminuer les CEPT :
Si on ne peut pas influer les prix (pour diverses raisons : concurrence, étroitesse du
marché, etc.), il va falloir à CA fixe, diminuer les charges.
On va essayer de renégocier avec nos fournisseurs les prix d’achat et si cela n’est pas
possible (monopole, concurrence, etc.), il va falloir opter pour une autre option.

Option 3 : Diminuer la MS :


Cela peut passer par la renégociation des primes, des salaires, etc.
Si cela s’avère impossible ou insuffisant, alors il va falloir licencier :
- Soit un licenciement brut : Dans ce cas, pour garder la même productivité, il faut :
o soit investir dans les machines : Or, la rémunération des machines est
l’amortissement et ce dernier n’apparait pas dans l’EBE. Donc, cette solution
permet d’améliorer l’EBE ;
o Soit investir dans la formation du personnel restant : Cela afin de les rendre
plus performants. Cela implique que les charges de la formation soient
inférieures au gain de productivité.
- Soit on licencie en France et on délocalise dans un pays où la MS est plus faible  :
Il faut se poser des questions quand à la qualité des produits fabriqués.

Conclusion :
En définitive et en général, pour faire une analyse de rentabilité complète, il faut voir
également les points suivants et les éléments les plus pertinents qui rentrent en compte pour atteindre
le résultat comptable avant impôt :
PE + MC = CA
– CEPT = VA
– MS = EBE
– DAP = RE
– intérêts = RCAI

On remarque que l’EBE est partagé par les apporteurs de capitaux (DAP = machine 
Actionnaires / intérêts = Dettes financières  Banquiers).

M.A.E. Cadres-1ère année 24/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)


II- Analyse de la structure financière :
Pour l’analyse de la structure financière on a les éléments suivants :

RD = 49 682 750
ES = 22 285 397
 FRNG = 27 397 353

ACE° = 41 767 644
DCE° = 18 616 234
 BFRE° = 23 151 410

TNS = FRNG – BFRE°


= 27 397 353 – 23 151 410 = 4 245 943

L’entreprise donne l’impression d’être en bonne santé.


Il faut toutefois, souligner que la TN conjoncturelle est négative. Cela est dû au BRFHE°.
Il faut alors comprendre qu’elle en est la cause. Dans le cas présent, c’est les ACHE° qui posent
problème. Il faut voir alors si cela est réellement conjoncturel ou bien que c’est une situation
récurrente (on peut ainsi avoir une action hors exploitation qui est récurrente).
Par ailleurs, il faut souligner que l’entreprise est caractérisée par le vieillissement de ses
immobilisations. Donc, elle va être obligée à court ou moyen terme de les renouveler.
Taux d’usure des immo = Amort des immo amortissable / Valeur d’origine des immo amortissables
Taux d’usure des immobilisations = (3 194 156 + 11 938 273 + 626 612) / (4 358 922 + 14 296 831 + 809 138)
Taux d’usure des immobilisations = 80,96 %

Pour renouveler ses immobilisations à l’identique, l’entreprise a besoin d’environ 18


millions, or la TNS est de 4 millions seulement.
Donc, l’entreprise n’a pas la capacité de mettre directement le montant nécessaire.
A-t-elle la capacité d’emprunter ?
On doit calculer son ratio d’endettement. Ratio d’endettement = Dette financière / capitaux
propres. Dans le cas présent, ratio d’endettement = 15 201 523 / 16 481 44 = 92,23 %
On voit bien, que l’entreprise n’a plus une grande capacité d’endettement. Ici, le banquier
peut encore donner 1 million, ce qui donne au total 5 millions seulement, or le besoin est de 18
millions.
Donc l’amortissement n’a pas été mis de côté et n’a pas non plus servi à rembourser
l’emprunt. A-t-il été alors utilisé pour acquérir d’autres immobilisations ? Ou pour combler le BFR ?
(Notion de capitaux permanents nécessaires à l’exploitation : Actif immobilisé + BFR)
Dans le cas de cette entreprise, on observe que les créances clients s’élèvent à 26 millions,
alors que les dettes fournisseurs ne sont que de 11 millions, soit une différence de 15 millions, ce qui
pourrait expliquer en partie la destination des amortissements.

M.A.E. Cadres-1ère année 25/21 I.A.E. de MONTPELLIER (2008/2009)

Vous aimerez peut-être aussi