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CHAPITRE 8

LE XVII e SIÈCLE (1598-1715)

Le grand siècle ou le siècle des génies

• En France: l'absolutisme royal à son apogée


• En Angleterre : le parlementarisme jette les bases de la démocratie occidentale moderne
• Les aventures coloniales de l'Europe
• La révolution scientifique: une méthode, un langage, des instruments
• La saga beauté du classicisme et la folie générale du baroque

Au sommaire:
Près de 40 ans de guerres de religion: Un roi s'impose en France: Henri IV. Il rétablit
l'autorité royale, relève l'économie. Il impose l'ordre et la paix. Mais peu après son assassinat
en 1610 annonce la dernière guerre de religion en occident: la guerre de 30 ans.

L'Amérique est un enjeu colonial important.

Le baroque devance le classicisme.

La science moderne suit la révolution scientifique.

Trois régimes politiques cohabitent en Europe: absolutisme royal, monarchie parlementaire et


république fédérale.

8.1: LES HABSBOURG: ÉCHEC ET MAT SUR L'ÉCHIQUIER EUROPÉEN


La guerre de trente ans
La rivalité religieuse naît de la rivalité entre les princes allemands protestants et les
Habsbourg de la maison d'Autriche. La paix de 1555 donnait le choix religieux (voir chap.7).
Or la volonté catholique de redonner aux Habsbourg d'Autriche les territoires perdus remet la
paix en question.

Les deux branches de la maison d'Autriche étaient très unis (Autriche et Espagne).
Madrid décida d'appuyer l'Empereur. La volonté de l'Espagne de reconquérir les Pays-Bas
(Provinves-Unies)aurait permis à celle-ci d'accroître son autorité. Le Cardinal de Richelieu en
conclut que la France était menacée en tant que grande puissance. Richelieu déclara donc la
guerre à l'Espagne en 1635. Il ouvre aussi un second front du côté de l'Allemagne protestante
(de leur côté) contre l'Empereur et veulent contrer son effet sur l'Europe.
Le traité de Westphalie (1648)
Ce traité donne l'Alsace à Louis XIV (encore enfant) et la suprématie de la
France.
Le Saint-Empire
Au nom des libertés germaniques la paix de Westphalie découpe le Saint
Empire en 350 États allemands autant catholiques que protestants.
Les Habsbourg d'Autriche
La paix de Wesphalie élimine l'hégémonie catholique de la région sous
l'Empire de Vienne. Même morcelé, les Princes allemands sont victorieux. Les droits
impériaux seront désormais soumis à la ratification de la Diète d'Empire et réduisent le rôle de
l'Empereur.
Les Provinces-Unies et l'Espagne
L'Espagne passablement amochée reconnaît l'indépendance des Provinces-
Unies.
Le Brandebourg- Prusse
La maison des Hohenzollern très influents sont calvinistes et adversaires des
catholiques Habsbourgs. En 1701, de Berlin le Grand électeur de Brandebourg prit le nom de
roi de Prusse et scelle l'avènement de la puissance prussienne jusqu'au XX e siècle. Ce sont
eux qui réaliseront l'unité allemande au XX e s.
Vienne une politique de rechange
Pourquoi ne pas faire de l'Autriche le noyau d'un nouvel empire héréditaire?
Au début du XVIII e siècle, les Habsbourg s'emparent de la Croatie, la Slovénie et une
partie de la Serbie dans leur Empire jusqu'à la première guerre mondiale.
L'heure de gloire de la France
La France est un modèle culturel, intellectuel et artistique. Le français est la langue de
la diplomatie. La France devient même un modèle politique.

8.2: DE QUEL RÉGIME POLITIQUE S'INSPIRER

Les États Européens du XVI e siècle émergent des ruines du monde médiéval mises à part
l'Italie et l'Allemagne qui attendront la deuxième moitié du XIX e siècle.

Le modèle français: triomphe de la monarchie absolue.

La France marche vers l'absolutisme

Les trois pouvoirs médiévaux (Les souverains, les Seigneurs et l'Église) qui tenaient loin le
pouvoir monarchique, sont progressivement supplantés par la montée des grands souverains
de France (Philippe Auguste, Louis IX, Philippe le Bel).
Doctrine de l'absolutisme

À partir de la notion d 'État souverain d'origine romaine, on fait du poste de roi


"empereur en son royaume" l'incarnation même de l' État. Les pouvoirs ont été calqués
sur ceux de l'Empereur romain.
La doctrine de monarchie absolue de droit divin stipule que le roi est au dessus
des lois et lié à aucune d'elles. Son pouvoir vient de Dieu et n'est pas sujet à être
contesté par quiconque sur terre (ni Église, ni État). Il doit toutefois obéir au
commandements de Dieu mais directement sans critique de l'Église. C'est pour cela
que le roi est choisi de Dieu et le représente sur terre. Le roi "très chrétien" est oint de
Dieu à Reims, la ville royale. Désormais il est sacré et inattaquable sous peine de
poursuites civiles (crime de lèse-majesté) et divines (sacrilège).
Certaines règles coutumières doivent cependant être observées par le roi (issues
des lois saliques telle que la règle de succession héréditaire par les mâles à partir du
premier enfant en ligne directe.
Le domaine royal est aussi réglementé. Le roi n'en est que dépositaire et non le
propriétaire. Il ne peut le donner , le vendre, l'échanger ou le partager (cela évite le
morcellement comme à l'époque féodale).
Institution des États généraux

En 1302, sous le règne de Philippe Le Bel naîtra les États généraux. Il s'agit d'une institution
qui a pour fonction de conseiller le roi. Seul le roi a le pouvoir de les convoquer. Ce conseil
est constitué de représentants des trois ordres (la Noblesse, le Clergé et le Tiers État). Ce
conseil a ,en principe, le privilège de présenter les doléances et propositions (plaintes,
attentes, désirs de réglementations, décrets souhaités, etc.) pour tenter de résoudre les
problèmes et crises. Comme la permission donnée au roi de lever des impôts (sic…). Non
seulement le conseil est rarement convoqué (en raison des nombreux conflits ayant cours sur
le territoire tels que les guerres, famines, épidémies et luttes politiques et de la difficulté
technique de réunir les représentants) mais encore l'autoritarisme traditionnel des rois français
a à peu près condamné à l'avance aux périodes de régences (la dernière en liste étant celle de
Louis XIII en 1614) la convocation des États généraux. L'installation définitive de
l'absolutisme (Louis XIII, Louis XIV, Louis XV et Louis XVI) a signifié le chant du signe des
États généraux jusqu'au début de la Révolution.

Pouvoir royal de taxer


Pour consolider leur administration sur tout le territoire, les rois ont dès le Moyen - Âge
institué des instruments permettant la centralisation et plus tard favorisant l'émergence de
l'absolutisme. Il fallait une source de revenus annuelle et régulière: la taille royale, impôt
direct des roturiers. Il y eut ensuite les gabelles du sel, les "taxes" sur la vente de boisson, les
droits de douanes (traites), de marquage sur les ouvrages en fer, en or ou en argent, sur les
cartes à jouer, les huiles, le tabac, les draps…, les timbres sur les actes officiels, etc.

Monopole de la fonction guerrière


Ayant acquis les moyens financiers de le faire, le roi entretient les armées et les courtisans.
Pour défendre sa Suzeraineté suprême contre les féodaux, pour défendre les frontières du
territoire royal (la nation), le roi devient le chef de guerre. Il recrute les troupes, les
commande et décide de la paix ou de la guerre. À partir de Louis IX, le roi détient le
monopole de la fonction guerrière. Il peut donc interdire les guerres privées. Charles VII et
Louis XI vont établir une armée royale permanente. En 1516 François I e enrôle la garde
suisse au sein de sa Maison…

Une monnaie royale


Le roi est aussi le seul désormais a pouvoir frapper monnaie. L'écu a cours légal dans tout le
royaume.
Un gouvernement de juristes
L'élément central de la monarchie de droit divin demeure un gouvernement composé de
juristes distingués et compétents et non de dignitaires. La Cour du Roi est le cœur du pouvoir
et le conseille grâce au Conseil du Roi. Ce dernier se partage en sections spécialisées sous le
Cardinal de Richelieu: Le Conseil de Finances, le Conseil d'en Haut, le conseil des Parties, le
Conseil des Dépêches, puis en ministères, chancelleries, surintendances, secrétariats d 'État.

Le roi est justicier suprême


De la Cour du Roi émane aussi une cour de justice royale. Depuis Louis IX le roi a le droit de
juger en personne. Ses légistes siègent à la cour et y rendent justice (origine du parlement).
On dépossède ainsi les pouvoirs des tribunaux seigneuriaux et ecclésiastiques. On multiplie
le nombre de parlements dans les provinces.
Mise sous tutelle de la noblesse et du clergé
En raison des nombreuses guerres étrangères les rois ont pu soumettre l'Église et les nobles à
leur autorité, allant jusqu'à s'arroger le droit de nommer les évêques et les abbés.

Vente des charges de l ' État


Le roi pour arrondir ses revenus (les revenus de l'État), a pris l'habitude de vendre les charges
de magistrats, grands commis de l'État, percepteurs d'impôts et juges. C'est cette voie que
vont privilégier les bourgeois de France pour s'introduire au parlement et même s'anoblir
(noblesse de robe) à côté de la vieille noblesse d'épée. L'État poussera ce jeulucratif jusqu'aux
charges annuelles des " paulettes ".

Louis le Grand ou la monarchie "louis - quatorzième"


Pour faire de la France une grande puissance les grands ministres du XVII e siècle (Richelieu,
Mazarin, et Colbert ) affermissent la monarchie absolue. Cela se traduit par des guerres
coûteuses, des troubles civils et de sanglantes insurrections populaires. Les huguenots
(protestants) sont écrasés, la rébellion des parlements (pendant la régence d'Anne
d'Autriche)soit la Fronde du parlement de Paris. Cet épisode Louis XIV ne l'oubliera jamais.

Le roi éliminera toute opposition en forçant les Grands à un rôle de courtisans et en écartant la
noblesse de sang. Il les attire à Versailles. La nonchalance de ces derniers les perdront dans le
jeu et les intrigues. La seule façon de se sortir de là demeure de servir dans la Masison
militaire ou civile du roi.

Gouverner seul et guerroyer


Le roi gouverne seul et sans Premier ministre. Il prend l'avis de ses secrétaires d 'État et
ministres. Il a une police centralisée à Paris (relevant des Maréchaux) et des mousquetaires.

Se lamenter et crever
Les intendants des agents du roi et non des officiers soumettent à une inspection serrée les
personnes influentes du royaume. Pendant ce temps le peuple crève de faim. Les non-
productifs se font harcelés. C'est monsieur Vincent (St-Vincent de Paul) et ses filles de la
charité qui les protégeront. Car la guerre engouffre la moitié du budget.

Absolutisme politique
Seul à gouverner le roi cumule toutes les fonctions (législatif, exécutif et judiciaire). Tous les
sujets lui doivent obéissance. "L'État c'est moi".

Absolutisme juridique
Il est le seul à légiférer, pardonner, condamner. Au delà du rôle des parlements.

Absolutisme militaire
Le roi possède une armée permanente. Les savants ministres réorganisent et modernisent
l'armée (baïonnette, sièges, tranchées, uniformes, logistique, arsenaux et chantiers maritimes).
Louis XIV endossera toutes les guerres, même si il n'est pas responsable de la guerre de trente
ans (incombée à Richelieu et à Louis XIII), il n'en est pas moins partie prenante dans la guerre
franco-espagnole, de Hollande, d'Irlande, la guerre de succession d'Espagne. Il perdra à peu
près toutes les possessions d'Amérique mais léguera l'hexagone français actuel…
Absolutisme économique
Colbert (ministre des finances) exerce un contrôle sur la production, les échanges,les prix et
les salaires. Il met au point les comptes publics et applique la théorie du mercantilisme
(appelé colbertisme). Selon cette théorie la richesse du royaume repose sur ses réserves d'or
et d'argent. On pratique l'achat chez nous au détriment des importations (outre colonies). On
favorise les compagnies commerciales contrôlant le commerce colonial. On crée donc une
flotte marchande et une marine de guerre. On exporte les biens de luxe telles que les
tapisseries (les Gobelins) les glaces, les soieries et dentelles. La bourgeoisie commerçante
reconnaissante, finance à son tour l'État. Mais les guerres nécessitent la levée d'impôts et
aggravent les crises de subsistance.. À la mort de Louis XIV (1715) la France est au bord de
la faillite.
Absolutisme culturel
Le roi est également mécène de tous les arts, les lettres et les sciences, impose la culture et des
goûts. Il favorise la fondation d'Académies qui fixent les règles du jeu. Le roi favorise
l'émergence du classicisme dont Versailles en est le symbole. Elle accompagne le théâtre de
Molière et les ballets de Lully.

L'absolutisme devient aussi religieux. Il protège l'Église contre les hérésies protestantes. Le
roi veut l'anéantissement des huguenots pourtant protégés par l'Édit de Nantes jusqu'à l'arrivée
de celui de Fontainebleau révoquant l'Édit de Nantes.

La solution anglaise: monarchie parlementaire et conquête des libertés

La tête de Charles Stuart ou l'échec de l'absolutisme


- En 1215, Jean sans Terre a posé le premier jalon de la "solution" anglaise soit la signature de
la Magna Carta. Le pouvoir du roi n'est alors plus absolu. Les sujets sont protégés par la loi
contre les abus royaux et obligent le roi à respecter la liberté de ces derniers.
- En 1258, les Provisions d'Oxford organisent un parlement à deux chambres.
- En 1295, Édouard I er reconnaît les besoins financiers du parlement.
- Au XVI e siècle , la démocratie régresse. Durant la dynastie des Tudors, le pouvoir royal
s'affirme contre le Common law.
- Au XVII e siècle, l'influence de la France se fait sentir(catholique et absolutiste): Les
Stuarts gouvernent en monarques absolus.
- En 1649, c'est la guerre civile ou Puritan Revolution le parlement se soulève contre
Charles I er et porte Oliver Cromwell un puritain républicain au pouvoir. L'absolutisme
est vaincu, le roi décapité, la république proclamée. Mais le pays est sous la férule d'un
dictateur impopulaire.
La "Révolution glorieuse" : Guillaume d'Orange joue et gagne
Deux ans après la mort de Cromwell, en 1658, c'est le retour en force des souverains absolus
pour près de 30 ans. Aux élections de 1660, les députés favorables à la restauration de la
monarchie. Le fils exilé de Charles I er décapité rentre à Londres (Charles II). Il gouverne sur
la Grande-Bretagne entière jusqu' en 1685. Il s'appuie sur un cabinet restreint de conseillers.
Ce roi catholique n'est pas indifférent à l'absolutisme. Le parlement fait alors contrepoids en
votant le "bill du test" (qui aura des échos jusqu'en Nouvelle-France) qui rend obligatoire aux
charges de fonctionnaires et d'officiers la foi protestante (1673).

Jacques II (le frère de l'autre) commet l'irréparable en se convertissant au catholicisme. La


naissance de son fils fait craindre l'établissement d'une dynastie catholique. Le Parlement
chasse les Stuarts du pouvoir en 1688. C'est la glorieuse révolution qui sans effusion de sang
fera naître en Angleterre l'embryon de la démocratie occidentale moderne.
On instaure donc une monarchie tempérée ou constitutionnelle (ou parlementaire), avec une
Déclaration des Droits (Bill of Rights). La constitution n'est pas écrite. Le Parlement offre le
pouvoir au prince Guillaume d'Orange, un imperturbable protestant hollandais, et à son
épouse Marie II Stuart fille de Jacques II. Ils s'engagent tous les deux formellement de
respecter le Bill of Rights. Ils sont soumis à l'autorité du Parlement. Ils ne peuvent plus
invoquer le droit divin.

Le Bill of Rights énonce les libertés et les droits du Parlement et des sujets et apporte des
restrictions au pouvoir royal. C'est le Parlement et non le Roi qui gouverne. Le Bill énonce
aussi les libertés: la liberté individuelle déjà votée auparavant dans le bill d'Habeas corpus.
Elle protège contre les détentions abusives; elle affirme que la justice doit demeurer
indépendante du roi, assurant la liberté individuelle, le nouveau credo anglo-protestant…Le
parlement est électif mais à l'époque il est formé d'aristocrates et de grands propriétaires. Le
roi se doit de le convoquer fréquemment. Il devient le cœur des décisions politiques. Le roi ne
peut plus s'opposer à une loi votée par le parlement. Cela donnera naissance au libéralisme
politique.

En 1694 la reine Marie meurt et le roi Guillaume III d'Orange sans héritier. En 1701 l'Acte
d'Établissement règle définitivement la succession à la couronne d'Angleterre en écartant tous
les catholiques. Ainsi Anne Stuart, protestante fille de Jacques II et sœur de Marie succède à
Guillaume jusqu'en 1714. Conformément à sa loi, le Parlement importe alors un protestant
d'Allemagne (Georges I er).
John Locke défend le libéralisme politique
C'est John Locke, un philosophe émigré dans les Pays-Bas, qui en 1690 justifiera le nouveau
modèle politique anglais (monarchie constitutionnelle, démocratie libérale). Son Essai sur le
pouvoir politique deviendra le manuel de référence des philosophes des Lumières et les
révolutionnaires américains (1776) et français (1789). Locke dénonce la monarchie absolue.
Il estime les êtres humains égaux entre eux. Ils ont des droits naturels tels que: la liberté, la
vie, l'égalité, la sécurité et la propriété. Ils ne doivent cependant pas se servir de leurs droits
individuels pour se nuire. Les lois de la communauté doivent protéger ses droits individuels
et permettre de "jouir de leurs biens dans la paix et la sécurité" sans les soumettre au caprice
d'un autre. Il parle aussi de "deux" pouvoirs: un qui établit les lois et l'autre qui en garantit
l'exécution au bénéfice desquels les hommes acceptent de renoncer à leurs droits. Tous "riches
et pauvres" sont égaux devant la loi.

La légitimité du pouvoir est accordée par le peuple qui a choisi ses représentants. L'État se
déduit de l'assentiment libre des sujets en vertu d'un contrat social. L 'État légifère pour
garantir les droits au peuple et en retour ceux-ci reconnaissent son autorité. Si l 'État faillit à
ces tâches ou abuse de son pouvoir, le peuple doit se révolter (tel que déjà convenu dans la
Magna Carta).

L'équilibre de la société sera garanti par la séparation des pouvoirs. Le pouvoir de créer et
d'adopter les lois (législatif) qui relève du Parlement tout entier. Le pouvoir d'exécuter les lois
qui relève du gouvernement. Le système judiciaire doit demeurer à l'abri du Parlement
(législatif) et du Gouvernement (exécutif) pour arbitrer avec impartialité les litiges. Au XVIII
e siècle Montesquieu précisera cette théorie dans l'esprit des lois

Les provinces-unies: une république "fédérale"


Les sept provinces calvinistes des Pays-Bas espagnols ont déclaré leur indépendance en 1588
après que le duc d 'Albe ait pratiqué la terreur. Cette indépendance a été reconnue par
l'Espagne en 1609 et le traité de Münster (acte de naissance des Provinces-Unies) l'a
confirmée en 1648. Il s'agit d'une république fédérale bourgeoise. Chaque province a une
assemblée. Cette assemblée est constituée des délégués de la noblesse et les magistrats des
villes ou "régents" recrutés chez les riches marchands. Les États provinciaux choisissent un
"Pensionnaire" (premier ministre) et un Stathouder (gouverneur). Une structure fédérale vient
coiffer le tout. Les États provinciaux se réunissent à La Haye en États généraux. Les régents
y traitent des questions telles la diplomatie, les colonies, l'armée, la marine et l'Église d'État,
sous l'autorité d'un "Grand Pensionnaire" (premier ministre fédéral) souvent celui de la
Hollande et d'un Stathouder général (toujours celui de Hollande) par tradition puisqu'il
appartient à la Maison d'Orange-Nassau qui a pris la tête du soulèvement contre les
Espagnols. Il deviendra souverain héréditaire.

C'est la Hollande qui domine économiquement les Pays-Bas (Ports importants, flotte
impressionnante) et culturellement avec ses digues, ses moulins à vent et ses champs de
tulipes. Les Provinces-Unies deviendront rapidement la terre de liberté et le refuge de tous les
dissidents et les exilés d'opinion tels les Locke, Descartes, Spinoza. Aucune censure ne
frappe les journaux. Les femmes possèdent leur liberté d'opinion mais s'expriment
principalement dans les arts.

La tolérance des Pays-Bas lui permettront de devenir un centre artistique (Rembrandt) et


scientifique pour tout l'occident (université de Leyde).

8.3: LA TENTATION AMÉRICAINE


La France: du Saint-Laurent au delta du Mississippi
En 1608, Samuel de Champlain établit un port sur un promontoire "inexpugnable": Québec.
Sous Louis XIII en 1642, Paul de Maisonneuve fonde le bourg de Ville-Marie (Montréal). La
Nouvelle-France s'épanouit sous l'autorité de Gouverneurs comme Frontenac et d'intendants
comme Jean-Talon. Les colons principalement de Normandie, Bretagne et du Poitou cultivent
la terre. Les récollets et Jésuites évangélisent les autochtones. Les coureurs des bois (le 1/3 de
la population mâle adulte à fin du siècle) explorent la Baie d'Hudson, les Grands Lacs, l'Ohio.
En 1682, René Cavelier de La Salle descend le Mississippi jusqu'au golfe du Mexique. Pierre
Le Moyne d'Iberville prend possession de ces territoires au nom de Louis XIV et leur donne le
nom de Louisiane (1702).

Pour L'Angleterre la France est un frein au développement des colonies de l'est de la


Nouvelle-Angleterre. Le peuplement de la vallée du St-Laurent et les plantations du
Mississippi qui sont aussi les deux grands fleuves de la région la situation est insupportable.

Les Provinces - unies: un demi-siècle sur l'Hudson


La république des Provinces-Unies, petit pays de 2 millions d'habitants besogneux sont en
voie de devenir la première puissance économique. Ils poussent même leur audace jusqu'à
affronter les anglais sur la Tamise. Ils s'aventurent un peu partout: entre 1642 et 1643 Abel
Tasman découvre l'archipel des Fidji et l'île de Tasmanie (en Australie). Ils s'installent dans
la région du Cap (Afrique du Sud) en 1652. Ils implantent les Boers. Le sucre les épices, les
diamants et les métaux précieux sont légions. Ils en organisent le commerce à partir de leurs
établissements d'Asie (Moluques, Sumatra, Java, Siam, Japon, Chine, Ceylan), des Antilles
(Curaçao) d'Amérique du Sud (Brésil , Guyane) et d'Afrique. La toute nouvelle banque
d'Amsterdam (1609) finance les entreprises lointaines de la cie des Indes orientales et
occidentales. Ces derniers seront imités en France et en Angleterre.
En Amérique du Nord les hollandais ne durent qu'un demi-siècle. Ils érigent un fort sur le
fleuve Hudson (Fort Orange) Albany. En 1626 Fort Amsterdam au sud de l'île de Manhattan
devient Neuwe Amsterdam et devient la nouvelle Hollande ou nouveau Pays-Bas. Peter
Minnewit (ou Minuit) achète au nom de la cie des Indes occidentales l'île de Manhattan
entière en échange de 60 florins et de bijoux de pacotille. (1626). Il assure aussi la défense de
l'île avec un "mur" (Wall Street).

En 1647 la flotte anglaise prend possession de neuwe Amsterdam qui devient New-York. Les
quartiers de Harlem (Haarlem) et de Brooklyn (Breuckelen "marais") rappellent la souche
hollandaise.
L'Angleterre: à l'étroit en Amérique
Au début du XVII e siècle les anglais s'intéressent au continent américain. En 1607, les
premiers colons anglais débarquent à Jamestown en Virginie. Ce sont des marchands. Ils y
exploitent le tabac. Pour le cultiver, ils importent des esclaves africains et pratiquent le
commerce triangulaire.

Les persécutions religieuses anglaises amènent en Amérique de nombreuses sectes


protestantes dont les plus nombreux sont les puritains. Ainsi en 1620, 149 d'entre eux foulent
le sol du Massachussetts à bord du Mayflower et fondent Plymoth. La Thanksgiving Day très
populaire aux É.U. souligne l'anniversaire de leur première récolte (moisson).

Certaines colonies comme le Maryland ( fondée en 1632 par Lord Baltimore) seront des terres
d'asiles pour les catholiques ou en Pennsylvanie ( fondée en 1681 par William Penn) pour les
quakers (ceux qui tremblent devant la parole de Dieu) ensuite les huguenots (protestants
calvinistes de France persécutés). La Pennsylvanie abrite la cité de la fraternité universelle:
Philadelphie.

Les terres disponibles pour les nouveaux colons sont limitées et bordées de la Floride
espagnole, la Louisiane (la vallée du Mississippi de l'époque) et la Nouvelle-France. Pendant
les guerres de possession de L'Amérique, les souverains , surtout anglais, utilisent les
marginaux (comme les pirates et les corsaires) pour effectuer des raids contre les ennemis. Le
succès remporté par certains, font du pavillon à tête de mort l'emblème de tous les
"marginaux" des mers (particulièrement dans les Caraïbes).

8.4: LA VIE INTELLECTUELLE


La révolution scientifique
Les conditions de la vie scientifique
À cette époque, tout souverain rêve d'affermir son autorité grâce au concours de la science.
D'abord militaire mais aussi de tout acabit. L'État se sent dans l'obligation de favoriser les
conditions de recherches idéales et cela en dehors du cadre universitaire "coincé" par la
scolastique et les écrits bibliques. À l'époque, la plupart des savants sont pluridisciplinaires et
s'intéressent à tout.
L'Angleterre de Charles II est la première a fonder la Royal Society de Londres en 1662,
suivie de l'Académie des Sciences de Paris en 1666. D'autres centres à Stockholm et à Berlin
en 1700 et à St-Petersboug où Catherine I e fondera une académie des Sciences en 1725. Ces
académies sont les rendez-vous de tous les savants du monde qui vont démontrer leur savoir
faire auprès de la bonne société européenne. En plus ces derniers disposent d'une bonne
dizaine de revues scientifiques pour diffuser leurs découvertes. Les deux plus renommées ont
démarré en 1665 et sont le Journal du Savant de Paris et les Philosophical Transactions de
Londres
De nouveaux instruments
Pour aider à s'étoffer une crédibilité et à se démarquer des universités, trois révolutions
ouvrent la voie à la révolution scientifique: une première affecte les techniques (instruments
scientifiques). Zacharias Jansen, un Hollandais construit au début des années 1600 une petite
lunette d'approche qui permet de grossir trois fois les objets. En 1609, Galilée multiplie par
10 cette capacité (grossissement 30 x). Il s'agit du télescope.

Newton et Huyghens au XVII e siècle puis Herschel au XVIII e perfectionneront le


télescope. En 1667, on assiste à la naissance du premier observatoire moderne celui de Paris.
Celui de Greenwich sera érigé en 1676. Cela permet de démystifier plusieurs phénomènes
astronomiques dont les comètes (naguère annonciatrices de la fin du monde).

Galilée fabrique aussi l'un des premiers microscopes pour l'étude des insectes. Malpighi,
Hooke et van Leewenhoeck en construiront des modèles améliorés. Par la suite, une
multitude de découvertes : le thermomètre, le baromètre, le chronomètre et la pompe à air (qui
permet de créer le vide). L'existence du vide passionne les chercheurs. En 1654, Guericke
fait l'expérience de Magdebourg, de la pompe à air on passe à Boyle et à Papin (la marmite )
et à la machine à vapeur de Watt.

En 1642, Blaise Pascal qui a 19 ans à l'époque met au point une machine arithmétique
(calculatrice) appelée la "pascaline". Puis c'est au tour des Jardins botaniques et zoologiques
attenants aux châteaux royaux qui deviennent des pavillons ou cabinets de curiosité
(laboratoires expérimentaux pour les savants).

Une méthode
Une seconde révolution concerne la méthode. La scolastique prône l'utilisation du syllogisme
(la déduction). Une méthode nouvelle fait son apparition. Deux théories inédites permettront
de jeter les fondements de cette méthode: Le rationalisme de Descartes et l'empirisme de
Bacon. Ces deux théories qui semblent s'exclure finissent par se rejoindre dans une synthèse
dont celle de Kant au XVII e siècle.
René Descartes (1596-1650)
Il ramène l'existence à la pensée (cogito ergo sum " je pense donc je suis") et l'espace à
l'évidence de la géométrie, seules réalités perceptibles. Son principal ouvrage est Discours de
la méthode publié en Hollande en 1637. Il expose la méthode universelle. Il y exprime le
doute méthodique des perceptions sensorielles. Il faut donc développer une analyse
méthodique du problème que l'on dissèque en parties et que l'on simplifie. La synthèse finale
permet de comprendre l'ordre qui relie les parties en rebâtissant le problème. Ce
cheminement rend possible l'émission d'une hypothèse par induction. On y apprend que les
lois mathématiques établissent et coordonnent les lois de la nature avec l'exactitude d'un
théorème.
Francis Bacon (1561-1626)
Dans Novum Organum (1620) il explique l'empirisme "de l'inspection des faits résulte
l'induction d'où jaillit la découverte des lois". Les sciences doivent faire des inventions et non
spéculer sur l'abstrait. Elle a comme mission le mieux être des humains. La science nouvelle
doit reposer sur la méthode expérimentale et une meilleure connaissance des lois naturelles.

Un nouveau langage
La troisième révolution fait naître le calcul et la physique. Un langage qui s'applique à décrire
non seulement le temps mais aussi l'espace. On voit apparaître les logarithmes (Neper),
l'algèbre symbolique (Viète), la théorie des probabilités (Pascal, Fermat, Huygens) et la
géométrie analytique de Descartes (plans cartésiens). Va naître sous la plume de Isaac
Newton et de Leibniz les lois du calcul différentiel et intégral.

Des idées nouvelles


En biologie
William Harvey (1578-1657) publie en 1628 De motu cordis et sanguinis in animalibus la
théorie de la circulation générale du sang. Pour la première fois c'est à la contraction du cœur
comme une pompe mécanique qui permet l'écoulement du sang dans les artères et les veines
pour revenir à leur point de départ. Malpighi (1628-1694) confirme les travaux de Harvey
après sa mort.
Les découvertes astronomiques de Galilée (révolution post-copernicienne)
La réinvention de l'Univers amorcée par Copernic et qu'achèveront Galilée et Newton passe
par les œuvres de Képler. Quoique imparfaites et partiellement erronées ses œuvres
renferment les deux premières lois mathématiques du mouvement des corps célestes
découvertes sans l'aide tu télescope. La première décrit le mouvement elliptique des planètes
autour du soleil. La seconde concerne les déplacements des planètes sur leurs orbites (en
espace temps) en balayant des aires égales en des temps égaux. Elle lie la distance du soleil et
la vitesse de la planète. La troisième est l'essence même de la gravitation universelle: le carré
du temps que met une planète à parcourir son orbite est proportionnel au cube de sa distance
moyenne au soleil. En 1609-1610, Galilée détruisit à tout jamais la croyance dans les sphères
célestes affirmée par Aristote. La peur de l'Inquisition en retarda le processus. Ainsi lorsque
les lois de Képler furent complétés par les travaux de Galilée, cela permit à Newton d'inventer
un nouveau cosmos. On doit donc à Galilée l'observation des quatre lunes de Jupiter et
l'existence dans l'univers de plusieurs centres de rotation: la Terre le soleil et Jupiter. Il a
observé aussi de nombreuses étoiles non répertoriés jusque là. Cependant, il dut abjurer à
genoux la thèse copernicienne.
L'Univers de Newton
Quatre lois fondamentales régissent toutes les mouvements observables de l'Univers et
unifient la physique céleste et la physique terrestre. C'est Isaac Newton qui les a formulés et
observés. Ce qui inclut la gravitation universelle. Il réalisa une synthèse éblouissante et
globale de: Copernic et son héliocentrisme; Képler et ses lois des corps célestes; les principes
de Galilée relatifs aux mouvements des corps célestes; les méthodes de Descartes et de
Bacon; le magnétisme de William Gilbert qui compare la terre à un gigantesque aimant; le
calcul infinitésimal; la force centrifuge de Huygens et le degré de Picard (rayon terrestre).

Les lettres et la scène


Tirso de Molina (1583-1648)
Il crée en Espagne sa comédie de caractère: El Burlador de Sevilla y Convidado de Piedra:
Don Juan. Ce symbole universel inspire entre autres Molière (XVII e siècle) et Mozart
(XVIII e siècle).
John Milton (1608-1674)
Il publie en 1667 un long poème de 12 chants d'inspiration biblique, Paradise Lost (le Paradis
perdu). Le personnage central de cette tragédie est nul autre que Lucifer.

Nicolas Boileau (1636-1711)


Il rédige l'art poétique en 1674. Ce code du Classicisme auquel adhèrent les écrivains qui
établissent les lettres de noblesses françaises, érige en système organisé le vocabulaire, la
syntaxe et la poétique.
Jean de La Fontaine (1621-1695)
Il recourt au genre satirique des Fables souvent empruntés à Ésope .

Molière (1622-1673)
Il dépeint les défauts des classes supérieures (les précieux, les dévots et les parvenus). Il
manifeste beaucoup d'ironie. Il exploite la comédie sous tous ses aspects passant de la
comédie à la tragédie.

Pierre Corneille (1606-1684)


Il transgresse souvent les règles, surtout celles des trois unités (l'illusion comique, le Cid,
Horace, Cinna et Polyeucte. Dans tous les cas, un code de l'honneur, jugule les passions et les
ramène à la discipline dramatique du devoir et de la raison.

Jean Racine (1639-1699)


Élevés par les religieuses, Racine permet à la tragédie française à parvenir à des cimes
rarement atteintes. Il s'inspire de légendes (grecques, bibliques, historiques). On lui doit
Andromaque, Phèdre, Britannicus, Esther, Athalie). Il recherche des personnages démesurés,
passionnés, horribles et méchants.

Jacques Bossuet (1627-1704)


Évêque, homme de foi et de raison, il est le prince de l'éloquence sacrée.

Blaise Pascal (1623-1662)


Ses méditations les plus profondes sont consignées sous le titre de Pensées.
Charles Perrault (1628-1703)
Initie le public aux contes de fées comme la Belle au bois dormant, Barbe - Bleue, le Petit
Poucet, le Petit Chaperon rouge…
Cyrano de Bergerac (1634-1693)
Utopiste et extravagant, il se fait connaître avec Histoire comique des États et Empires de la
lune.
Marie-Madeleine de La Fayette (1634-1693)
Inaugure le "roman" comme genre littéraire.
Marie Le Jars de Gournay (1566-1645)
Soulèvera une polémique avec son livre: Égalité des hommes et des femmes.
Marie de Sévigné (1626-1696)
Marquise et veuve à 26 ans, Ses Lettres où elle décrit la cour et les événements de son siècle.
Madeleine de Scudéry (1588-1655)
Spécialiste des romans - fleuve en plusieurs volumes symboles des jeux amoureux et de
l'amour galant.
L'honnête homme
Imaginé par la bonne société des salons parisiens, l'honnête homme est un genre recherché de
perfection masculine du bon goût pour discourir sur l'éthique amoureuse et s'adonner à des
jeux littéraires ou à des concours de poésie. Il est profondément francophile et rêve de voir
entrer la France à Rome comme à Jérusalem.

Il est bien fait de sa personne, agréable, distingué et élancé. Il est élégant et pratique l'amour
courtois, joue du clavecin et danse à ravir. Il manie l'humour et se compare à un Adonis. Il
représente donc l'idéal masculin du XVII e siècle.
8.5: ENTRE L'ESTHÉTIQUE BAROQUE ET LES CANONS DU CLASSICISME
Au XVII e et XVIII e siècles, la Contre - Réforme catholique, la monarchie de droit divin, les
progrès scientifiques et des Lumières engagent l'Europe dans une production artistique
exceptionnelle.
L'art stimulé par l'Église catholique: le baroque

Peinture et sculpture
Aucun pays ne résiste à la contagion de l'art baroque. C'est l'art du catholicisme triomphant.
Le mot baroque vient du portugais barocco qui désigne une perle irrégulière. Il sert à
qualifier un style étrange, biscornu et pittoresque, mettant l'accent sur le somptueux,
l'ostentatoire, la surcharge, le déséquilibre et le mouvement. Le prince du baroque est le
flamand Rubens.
Architecture
Les façades ondoyantes s'animent et tourbillonnent de Rome à Prague. Grand art du
spectacle, le baroque architectural danse, les courbes sont sinueuses, il change d'axe. Les
colonnes deviennent des torsades.
Le premier baroque musical
Comme sur le plan esthétique, le baroque musical veut surprendre. Les modulations
inattendues (changements de tonalité) obtenues par des altérations de la note (bémol et dièse)
ou par une série d'accords successifs pour passer au ton voisin. Le baroque vise les effets de
scène, le grandiose et le somptueux qui s'épanouissent dans les opéras, les oratorios et les
cantates.
Le verbe avant tout: la musique vocale
Le baroque transforme les sentiments humains en tableaux musicaux avec le chant et la danse.
En Italie, naîtra l'opéra, la forme baroque par excellence. En 1607 avec Orfeo réservée à la
cour, l'opéra devient un genre très populaire. Venise en fait son divertissement privilégié en
1637 avec la première salle publique d'opéra à vocation commerciale.

Si les italiens aiment chanter, les français aiment danser. Le ballet de cour. Le roi lui-même
devient danseur étoile. Les courtisans se mêlent aux artistes. Mais c'est un italien de Florence
qui permettra à ce genre d'éclore en France aux cotés de Molière (11 comédies-balets).

En Angleterre, Henry Purcell et Georg Fredrich Haendel vont produire les opéras.

L'art vocal baroque se révèle surtout dans les œuvres religieuses. L'Église catholique créent
des motets, des hymnes et des messes. Du côté protestant l'œuvre d'Heinrich Schütz
(influencé par Gabrieli et Monteverdi) en Allemagne. En Angleterre, on accueille Haendel
qui crée le Messie.

Bach , un luthérien éclipse tous les autres. Ses passions dont celle selon saint Matthieu, son
Magnificat et sa messe en si mineur sont les trois plus grandioses architectures musicales.

Les instruments passent à l'offensive: la musique instrumentale


Peu à peu les voix sont remplacées par les instruments comme l'orgue, le clavecin et le violon
qui règnent en maîtres. Quelques noms célèbres. Girolamo Frescobaldi, l'organiste de St-
Pierre de Rome; François Couperin au clavier (au clavecin) et Bach, Stradivari au violon (qui
lance les célèbres stradivarius); Vivaldi perfectionne le solo de soliste à trois sections (vif-
lent-vif); À Versailles ce sont les suites symphoniques; En Angleterre Haendel triomphe avec
ses compositions plein air donné en public.
L'art animé par la monarchie absolue: le classicisme

Peinture et sculpture
Le classicisme triomphe après 1660. Il ressuscite les règles du passé à l'opposé du baroque.
La France en est la patrie. Il est enseigné partout dans les académies. Le dessin l'emporte sur
la couleur (Poussin) même au théâtre. Une France classique dans une Europe baroque
pendant 30 ans (jusqu 'en 1690). Mais alors que la France se convertit au baroque au XVIII e
siècle, c'est l'Europe qui est séduite par le classicisme français et se mettent à immiter
Versailles…
Architecture
La France du Grand Siècle ressent de l'antipathie pour l'horreur et le désordre. Elle fut très
éprouvée par les guerres de religion, la Fronde, les soulèvements populaires et l'assassinat de
souverains. Le Roi - Soleil lui permet de retrouver le calme et la stabilité. La civilisation doit
refléter l'équilibre et la discipline. La raison recommande alors une géométrie simple sans
fantaisies. La symétrie, les lignes droites et les angles vifs. Les décors sont purs et sobres.
Les ordres grecs par exemple. Les coupoles et frontons triangulaires (Versailles, Vaux-le-
Vicomte, les Invalides, le Louvre, etc.)

Entre le tout noir et le tout blanc

Aucune cloison entre le baroque et le classique. Les créateurs se promènent de l'un à l'autre.
C'est le cas de Diego Velasquez (1599-1660).