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Introduction

Après sa fondation au VIIIème siècle avant Jesus-Christ, Rome devient en


peu de temps une force majeure du bassin mediterranéen. Elle doit sa
réputation de nation guerriere au fait que son armée est composée
principalement de citoyens qui combattent pour leur patrie. Une discipline de
fer régit la véritable machine de guerre qu'est l'armée romaine. Cette dernière
est surtout composée de fantassins, les légionnaires, la cavalerie et la marine
étant moins développées.

Le fait que Rome et son armée occupent tout le bassin méditerranéen


permettra une très large diffusion de la culture romaine, notamment la langue
latine et, plus tard, la religion chrétienne.

Tout cela ne serait pas arrivé si l'armée romaine n'avait pas été si efficace
dans la conquête et l'occupation des pays de l'Empire.

Nous allons essayer, dans ce dossier, de décrire l'organisation et le


fonctionnement de la fabuleuse armée romaine aux diverses périodes de
l'antiquité.

Pour ce dossier nous avons utilisé des sources très diverses : des livres, des
Cédérom, et l'Internet.

L'organisation de l'armée
Officiers et prétoriens romains. Bas-relief du IIième siècle.

La hiérarchie
L`armée romaine est très hiérarchisée.

Sous la république le commandant en chef de l'armée est le consul. Il


commande donc toutes les légions (4 et plus selon les périodes). C'est lui qui
choisit les 6 tribuns parmi les meilleurs officiers. Ce sont les 6 tribuns qui
élisent les trente centurions (appelés primus pilus ou primipile). Les
centurions dirigent les manipules et chacun en nomme un second qui, à son
tour choisit un optio par centurie, ainsi que des porte-enseignes (signifer), des
instructeurs (campidoctor), des préposés aux subsistances (pecuarius), des
architectes, des médecins, un tesserarius, qui chaque nuit recevra le mot de
passe inscrit sur une tablette (tessera) et des sonneurs de cor ou de
trompette qui annonceront les exercices, les tours de gardes, le réveil et
l'extinction des feux.

Sous l'empire, le chef militaire est le préfet du prétoire (le ministre de la


guerre) ; il est aidé par le préfet des vigiles, des officiers et des centurions.
Dans les provinces, chaque armée régionale (de bretagne, de germanie, etc.)
est confiée à un général, le légat d'armée ; une légion est dirigée par un
commandant (le légat), par 7 officiers et 59 centurions. Toute unité auxiliaire a
un chef, des centurions (infanterie) ou des décurions (cavalerie).

Les corps de l'armée


L' infanterie

La Légion est une unité de 5000 fantassins ; elle constitue la principale force
de l'armée en campagne.
Chaque homme appartient à une centurie ; deux centuries forment une
manipule, reconnaissable pendant le combat à son étendard ; et six centuries
constituent une cohorte. Les cohortes sont numérotées de I à X (la première
est la plus prestigieuse ). Une légion compte donc 10 cohortes, 30 manipules,
et 59 centuries.

La cavalerie

Au début de l'Empire, la cavalerie fut organisée en régiments (Alae) de 500


hommes. Puis, comme dans l'infanterie, des unités de 1000 hommes furent
créées à la fin du premier siècle après J.C. Ces alae étaient divisées en
turmae de 30 à 40 hommes. Chaque turma était commandée par un décurion.
Les alae étaient commandées par des préfets.

La cavalerie n'était pas le fort de l'armée romaine. Elle fut souvent battue par
des ennemis possédant une meilleur force montée (ex : les carthaginois à la
bataille de Cannes). Les Romains n'étaient pas bons cavaliers, leur cavalerie
fut donc surtout composée d'alliés.

La marine

Le modèle du navire de guerre était la galère, un bateau à rames. Les


premiers navires romains furent des quinquirèmes (galères à cinq rangs de
rames) inspirées des navires carthaginois. Les Romains se sentant plus
vulnérable en mer, ils mirent au point un dispositif pour rapprocher le combat
naval du combat de terre : le " corbeau " (corvus), une passerelle d'abordage
articulée, fixée à la proue du bateau. Une fois le corvus abattu, les soldats
déferlaient sur le navire ennemi en formation serrée, protégés de tous cotés
par leurs grands boucliers. C'est ainsi qu'en 241 avant J.C. les romains
détruisirent la flotte carthaginoise.

Sous la République, le consul, chef des armées de terre commande aussi la


flotte. Sur chaque navire, il y a un capitaine, un pilote, des décurions et des
soldats. Les rameurs sont des esclaves.

Après la bataille d'Actium entre Marc-Antoine et Auguste, la flotte comptait


environ sept cents bateaux de toutes tailles. Cette flotte n'eut plus à livrer de
bataille rangée, mais assura un rôle de transport de troupes et de police. Le
préfet commande une escadre. Le commandant d'un bateau est le triérarque
(d'après le mot trirème, un navire grec). On compte trois cent rameurs et cent
vingt soldats sur un bateau. Le service dure vingt-six ans, au bout desquels
les non-citoyens reçoivent droit de cité.

Contrairement à la légende, les solides paysans Romains ont su donner


d' excellents marins. Ils se sont révélés supérieurs aux Athéniens, encore
qu'ils aient beaucoup appris des Grecs de l'Italie du Sud et des Phéniciens. Ils
savaient construire des navires exceptionnels par leur volume, leurs qualités
manoeuvrières et leur armement. Les vaisseaux de guerre romains ont été
les plus gros que l'Antiquité ait connus ; il faudra attendre les caravelles de la
fin du Moyen Age pour les égaler. Ils étaient aussi les plus solides : les
architectes des arsenaux faisaient d'abord installer les poutres transversales
et les membrures, puis les planches latérales qui étaient assemblées l'une
contre l'autre, bord à bord. Ils étaient, enfin, les mieux armés : un éperon en
bronze, installé sous l'étrave, permettait de détruire tout navire ennemi qui
était heurté de flanc. Sur le pont, étaient disposées des pièces d'artillerie qui
projetaient des flèches ou des pierres. Les Romains faisaient aussi usage de
projectiles inflammables. Des tours permettaient de dominer l'ennemi au
moment de l'abordage. Chaque navire recevait, en plus de son équipage, des
troupes qui pouvaient intervenir depuis le pont du navire, et qui servaient de
forces de débarquement. La marine assurait, en outre, la logistique des
opérations (transports de vivres et d'hommes).
Bateau Romain extrait des eaux du lac Nemi entre 1929 et 1932. Il fut
probablement construit par l'empereur Caligula.

Maquette du bateau du lac Nemi construit par la marine italienne.


Une bataille navale : la Bataille d'Actium
L'image sur la pièce montre l'aigle de la légion et deux drapeaux de la dix-
huitième légion de Marc-Antoine. Ce Denarius était utilisé pour payer les
troupes de Marc-Antoine qui luttèrent à Actium.

En 31 avant J.C. l'aboutissement d'une bataille navale sur la côte ouest de la


Grèce changea l'histoire Romaine. Par la suite, le jeune et ambitieux Octave
deviendrait le premier empereur Romain et prendrait le nom d'Augustus. La
victoire d'Octave établit fermement son pouvoir militaire et infligea à Marc-
Antoine une défaite sérieuse dont il ne se remettrait jamais. Cette bataille fut
livrée entre la flotte D'Octave d'une part et les forces navales de Marc-Antoine
et de Cleopatre VII d'autre part.
Antoine avait ancré sa flotte dans un petit port de la côte Dalmate sur la mer
Adriatique. Octave l'encercla par mer et par terre en coupant ses
ravitaillements. Le 2 Septembre Antoine fit une sortie. Ses 220 navires
attaquèrent à coup de catapultes les 260 vaisseaux d'Octave. Ces derniers
étaient plus légers et plus manoeuvrables et ses béliers portaient des coups
fatals. Il se produisit alors un fait étrange : Cléopatre décida de s'enfuir avec
ses 60 vaisseaux. Antoine, voyant sa bien-aimée partir, abandonna ses
légions. Démoralisées, les troupes d'Antoine perdirent la bataille.

L'armement et l'équipement
Les armes et protections du soldat romain
Soumis a un entraînement continuel, les soldats romains manient les armes
avec une surprenante agilité. Les légionnaires disposent du gladius et du
pilum. Le gladius est une épée a double tranchant, longue de 50 cm et assez
large. On la porte sur le côté droit : ainsi, en la sortant du fourreau, on ne
gêne pas le bras gauche qui soutient le bouclier. Le pilum, lui, est une lance
de bois, mince et légère, d'un mètre cinquante de long. On peut la lancer à 20
ou 25 m devant soi. Sa pointe munie de deux crochets, se fiche aisément
dans le bouclier de l'ennemi. Le pilum a été emprunté aux Samnites, guerriers
qui vivaient dans l'Italie centrale. Il est composé de trois parties : un manche
en bois, une pointe en métal et, entre les deux, une cheville qui se brise en se
fichant dans le bouclier et déséquilibre l'adversaire.

Les vélites sont moins chargés. Cette infanterie légère manie l'arc, la fronde,
et le javelot, sorte de lance beaucoup plus courte que le pilum, et terminée
par une pointe de fer très effilée. Les cavaliers attaquent à l'épée et à la
lance.

Il y a aussi des armes défensives. Sur la tête, un casque de peau renforcé de


lames de métal ; sur le buste et le dos , une cuirasse de cuir ; plus tard, le
soldat portera une sorte de cotte de mailles faite de petites lamelles de cuivre
ou de fer, disposées comme des écailles de poisson ; aux jambes, des
jambières en bronze ; au bras gauche, un bouclier en bois couvert de peaux
de boeuf, pièce de 1,40m de haut et de 90cm de large, dont le centre offre
une curieuse saillie en métal : son but était de faire dévier les traits ennemis.
Au début, le soldat était moins bien protégé : son bouclier était en cuivre,
mais plus petit et rond.

Les Romains empruntaient aux vaincus ce qu'ils avaient de bon : telle ou telle
pièce d'armement, par exemple. Ainsi, leur courte épée, le glaive, venait
d'Espagne. Ils utilisèrent plusieurs types de cuirasses. La plus commune, est
dite "articulée", ou "à lamelles". Le port du ceinturon était interdit aux "bleus" :
c'était le privilège du vrai soldat ; on y attachait le glaive et un poignard. Les
médailles, des plaques de métal décorées, étaient fixées sur la cuirasse. Par-
dessous, une chemise en tissu, qui se terminait par une sorte de petite jupe,
et une veste en cuir. Un autre modèle était constitué par une veste en cuir
recouverte d'écailles de métal ; on connaissait aussi la cotte de mailles, faite
de fils de fer tressés. Les auxiliaires recevaient une épée plus longue que
celle des légionnaires, et parfois une lance également plus longue que le
pilum (javelot de l'infanterie romaine).
Un légionnaire

Les machines de guerre


La tour mobile

La tour mobile permet d'approcher des remparts de la ville assiégée. Elle est
en bois ; montée sur des roues, on peut l'amener facilement à proximité des
remparts, qu'elle domine généralement ; les soldats, placés tout en haut
peuvent observer la ville pour découvrir ses points faibles et les cribler de
flèches. Elle est composée de plusieurs étages ; le plus haut est muni d'un
pont-levis que l'on abaisse au moment opportun, pour que les soldats
puissent pénétrer dans la ville.

La vinea

Les soldats qui doivent se rendre dans les tours avancent à l'aide des vineae,
sortes de baraques roulantes en bois, au toit incliné. Des peaux mouillées les
recouvrent entièrement, afin de les protéger des projectiles enflammés du toit
lancés du haut des murailles.
La tortue

La tortue ressemble aux vineae, mais en plus grand. Elle a pour objet de
protéger les soldats pendant qu'ils creusent des galeries souterraines au pied
des remparts. Elle abrite aussi les machines d'assaut appelées faux murales
qui servent à faucher les remparts : leurs pointes de fer déchaussent pierres
et poutres, et ouvrent ainsi des brèches.

Le bélier

Le bélier est la plus puissante machine d'assaut de l'armée romaine, utilisée


pour démolir portes et murailles. Il se compose d'une lourde poutre en bois
munie à une extrémité d'un bloc de fer ou de bronze en forme de tête de
bélier, et maintenue par une ou plusieurs chaînes. Des soldats la font osciller
et la tête vient frapper avec force le point attaqué. Certains béliers atteignent
60 mètres de long et nécessitent plus de 200 hommes pour les manier. Des
historiens rapportent même que pour donner l'assaut à Carthage les Romains
utilisèrent des béliers manoeuvrés par 6000 hommes.

La catapulte

La plus grosse machine de jet est la catapulte (grec catà,contre,et pallo,jet).


Elle lance à grande distance des produits enflammmés,des grosses pierres et
des boulets de plomb de plus de cent kilos.Elle se compose d'une poutre en
bois portant à une extrémité une poche de peau où est logé le projectile.De
gros câbles,s'enroulant sur une sorte de treuil, permettent d'abaisser cette
poutre et,ainsi,de tendre la corde d'un arc placé au sommet de la machine.On
lâche alors brusquement les câbles,la poutre vient buter contre une grosse
barre et le projectile jaillit avec violence de la poche.

La baliste

La baliste (du grec ballo, lancement ) ressemble à la catapulte, mais elle est
construite pour que le projectile suive une trajectoire en arc de cercle et
vienne retomber derrière les murailles contrairement à la catapulte.
Une baliste

L'onagre

L'onagre est une machine de jet semblable à la catapulte, mais de


dimensions plus réduites ; il est facilement transportable sur le champ de
bataille. Il lance des projectiles à 30m de distance et à près de 40m de haut.

La vie du soldat
Le recrutement
En principe, tous les citoyens doivent toujours faire le service militaire. En fait,
les enrôlements volontaires suffisent à maintenir les effectifs. Les levées de
troupes sont exceptionnelles.
Au début de la république, l'armée est composée de conscrits puis Marius en
fait une armée de métier. A Rome tout citoyen riche avait le devoir de faire
son service militaire et de s'équiper à ses frais ; mais en cas d'urgence, les
pauvres gens, qui en étaient habituellement exempts, étaient armés aux frais
de l'état. Le recrutement se fait surtout parmi les provinciaux qui y trouvent,
depuis Auguste, tout une série d'avantages :

* Une solde importante (qui, du Ier au IIIème siècle, passera de 150 à 500
deniers par an), augmentée de primes diverses ;
* Une retraite (praemia militae) qui se concrétise par l'attribution d'une somme
forfaitaire de 3000 deniers et, plus tard, par la distribution de portions de
terrain ;
* Pour les soldats des auxilia (durée de service 25 ans), l'octroi du droit de
cité en fin de service ; ils pourront alors se marier et jouir en famille des
avantages acquis. Septime-Sévère autorisera les soldats à se marier en
cours de service; leurs fils seront traités en " enfants de troupe " destinés à
l'état militaire. (Ne pas oublier que le légionnaire est toujours citoyen).

Les citoyens de 17 ans à 45 ans, les juniores, c'est à dire les jeunes,
formaient l'armée active ; les seniores, c'est à dire les plus vieux,
composaient une sorte de milice territoriale qu'on n'employait que dans les
arrières.

A son entrée dans l'armée, le citoyen prêtait le serment suivant : "J'obéirai à


mes supérieurs, et j'exécuterai tous leurs ordres dans la mesure du possible".

Personne ne pouvait aspirer à une charge publique à moins d'avoir été en


service pendant dix ans dans l'armée. Au temps de la monarchie et de la
république, l'armée ne fut levée qu'en temps de guerre, mais pendant l'empire
un certain effectif était toujours mobilisé.

On recevait l'instruction militaire au Champ de Mars situé sur la rive gauche


du Tibre. Les recrues, ceux qu'on venait d'enrôler, s'exerçaient au lancement
du javelot, au maniement du bouclier, à la lutte, au saut, à la nage, à la
marche.
Chaque nouveau soldat plantait dans le sol un pieu qui lui servait de cible
pour lui apprendre le maniement de la lance.

Pour acquérir une grande résistance à la fatigue, les jeunes s'exerçaient avec
des armes beaucoup plus lourdes que celles qui étaient utilisées au combat.
Pour que les recrues se sentent stimulées, encouragées à montrer leur valeur
personnelle, on permettait aux citoyens d'assister à leur entraînement et
d'applaudir les plus forts et les plus entreprenants.
Après les exercices individuels venaient les exercices collectifs. C'étaient,
pour la plupart, de longues marchesavec l'armement complet sur le dos, et le
passage rapide de l'ordre de marche à l'ordre de bataille.
Le campement
Le camp est une vraie ville couvrant près de 20 hectares. Protégé par un
solide rempart, il est flanqué de tours et percé de 4 portes ; il est doublé par
un fossé. Au centre se trouve les " principiae ", le quartier général, les
bureaux, les magasins d'armes ...
Les officiers vivent dans des vraies maisons, et les soldats dans des
chambres collectives. Ils disposent de salles d'exercices, d'entrepôts, d'un
hôpital et de thermes.
Lors d'un siège, des balistes sont placées au sommet de tours mobiles
montées sur roues. Des galeries en bois, également mobiles, connues sous
le nom de " tortues " permettent aux soldats de s'approcher d'un rempart sans
courir de risques.

La vie dans le camp. Une tente de dix soldats s'appelait un contubernium.

Les métiers du soldat


Il devait connaître de multiples métiers. Il devait être paysan : chaque unité
avait ses champs, où elle semait du blé et où elle élevait des chevaux et des
mulets pour le transport, et des boeufs pour la viande. En temps de guerre,
on faisait la moisson chez l'ennemi, sans le payer, bien évidemment. Le
combattant devait aussi être un artisan : chaque camp possédait un atelier ;
on y confectionnait des tuiles et des briques, on y fabriquait et on y réparait
des armes. De plus, pendant les sièges, il fallait savoir manier la pelle et la
pioche : construire des camps, creuser des fossés, élever des murs.
La guerre à la romaine :
tactiques et manoeuvres
La légion sur le champ de bataille
Pendant la deuxième guerre punique une légion comporte 4200 hommes qui
se repartissent de la façon suivante : l'infanterie se trouve au milieu, la
cavalerie occupe les ailes. En première ligne se trouvent 1200 hastaires
(hastati) qui sont les plus jeunes. Ils se répartissent en dix manipules de 120
hommes qui portent la haste, une longue lance. En deuxième ligne viennent
les principes, d'âge mûr, ainsi appelés, parce qu'ils occupaient initialement le
premier rang (principus = premier). Ils se répartissent eux aussi en dix
manipules de 120 hommes. En troisième ligne se trouvent les triaires (triiari,
de tres qui signifie trois), les plus âgés. Ils forment dix manipules de 60
hommes. Enfin 1200 vélites (du latin veloces, rapides), portant des armes
légères, se repartissent sur tous les rangs. Pendant la bataille ils se déplacent
prestement là où l'on a besoin d'eux.

Reconstitution d'un combat


Les vélites engagent le combat. Ils provoquent l'ennemi en lui lançant pierres
et javelots. Derrière eux, les trois rangs de légionnaire ne bougent pas, ils
attendent l'ordre de leur général. A son signal l'armée s'ébranle : les triaires
mettent le genou à terre et se retranchent derrière leurs boucliers tandis que
les hastaires chargent. Si leur assaut échoue, ils laissent place aux principes,
qui chargent à leur tour. Si par malheur, les principes sont refoulés, les triaires
prendront leur place laissant ainsi aux hastaires et principes le temps de
reformer leurs rangs.

Après maintes charges successives, l'ennemi désordonné cède devant la


supériorité tactique des Romains et sonne la retraite. Vélites et cavaliers
poursuivent les fuyards. Ainsi en peu de temps la victoire est remportée grâce
aux innombrables manoeuvres que seule une organisation géniale pouvait
concevoir. Une organisation qui fit de l'armée romaine la plus puissante force
militaire de l'antiquité.
Quelques commandements militaires

Legio expedita! Garde à vous!


Signa inferre! En avant!
Praege! Marche!
Concursu! Pas de charge!
Signa statuere! Halte!

Une défaite : la bataille de Trasimène

La date du 23 juin 217 (avant J.C.) reste comme l'une des plus tragiques de
l'histoire de Rome. Hannibal vient de traverser l'Espagne, la Gaule, puis les
Alpes et les Apennins avec ses éléphants. Le consul Flaminius l'attend sur les
rives du lac Trasimène. Au matin du 24, trompé par Hannibal qui a fait allumer
des feux sur les collines avoisinantes, et croyant que les Carthaginois sont
loins, Flaminius lance ses troupes à leur poursuite dans les vallées. Les
hommes d'hannibal déferlent alors de toute part, caverie et infanterie,
empêchant les Romains de se mettre en ordre de bataille. Ces derniers sont
acculés au bord du lac et 15000 soldats dont Flaminius sont massacrés. Une
ancienne tradition dit que le nom de la rivière Sanguinetto provient du sang
qui coula ce jour là. Il faudra attendre 202 pour que Scipion ait raison
d'Hannibal dans la plaine de Zama.
Formations
Dans les combats en rase campagne, l'armée Romaine oppose à l'ennemi un
mur de fer, hérissé de javelots ; les hommes du premier rang avancent
bouclier contre bouclier ; et derrière, les soldats les protègent en placant leur
bouclier au-dessus de leur tête : les légionnaires forment la "tortue".
Efficacement protégés contre les armes de jet par leurs boucliers, ils effraient
l'ennemi qui ne sait comment s'y prendre pour disloquer ou arrêter ce mur de
fer en marche.

La tortue.

Le siège
L'armée Romaine utilisait généralement des machines de guerrre pour faire le
siège et s'emparer des villes et camps ennemis.

Avant d'attaquer une forteresse, les Romains l'entouraient d'un rempart et


d'une tranchée pour empêcher l'arrivé des renforts ennemis. Puis ils
montaient une rampe de terre et de rondin par dessus le le fosé de défense
ennemis. Cette rampe leur permettait de placer leur machine contre la
muraille (voir chapitre Les machines de guerres). Dès que les béliers avaient
fait une percée les légionnaires débouchaient en tortue (voir chapitre
Formations). Quand le siège se prolongait les Romains construisaient des
défenses sur plusieurs km empêchant l'ennemi de faire une sortie et
l'affamant jusqu'à la reddition.

Massada
En 72, Flavius Silva commence le siège de la forteresse de Massada en
Palestine. Après plusieurs mois de siège, les romains ont déplacé des milliers
de tonnes de terre et consstruit une " rampe ", visible sur cette photo, qui va
leur permettre de grimper et de prendre la forteresse. Un millier de zélotes
(partisans juifs) décident alors de se suicider avec femmes et enfants plutôt
que de se rendre.

Le génie militaire de César à l'oeuvre : le siège d'Alésia.

D'après les " Cyberpapy " sur Internet à l'adresse


http://www.cyberpapy.com/index.html

Alésia est un site gaulois fortifié qui fut assiégé, en 52 av. J.-C., par l'armée
romaine commandée par Jules César, jusqu'à la reddition du chef des
révoltés, Vercingétorix. Si la défaite d'Alésia marqua la fin de la longue
période d'indépendance des Gaulois et de leur résistance à l'envahisseur
romain, elle symbolisa également un moment d'unité entre les nombreux
peuples gaulois.En 52 av. J.-C., la Gaule transalpine, contrôlée en grande
partie par les légions romaines (annexion en 56 av. J.-C.), restait divisée
entre une soixantaine de peuples indépendants. À cette époque, les Carnutes
(peuple de la Beauce) appelèrent à la guerre de libération contre Rome. Les
peuples du centre de la Gaule se coalisèrent et se donnèrent pour chef
Vercingétorix, descendant d'une famille royale arverne. Même les Éduens
(établis entre la Saône et la Loire), anciens alliés de Rome, se dressèrent
contre les armées de César. Vercingétorix tenta d'organiser militairement les
révoltés et pratiqua la tactique de la terre brûlée. Il tint en échec les légions
romaines à Gergovie (juin 52 av. J.-C.). Mais après avoir reconstitué ses
forces en territoire lingon (près de Sens), César repris l'offensive.
Vercingétorix décida d'attaquer les légions romaines sous l'oppidum (village
fortifié) d'Alésia, mais les cavaliers germains de César le contraignirent à se
replier à Alésia.

Les Gaulois furent enfermés à l'intérieur de la forteresse, tandis qu'à


l'extérieur se trouvaient dix légions romaines. César fit construire une ligne de
fortification qui boucla le plateau. Une tentative de sortie en masse des
assiégés échoua. Vercingétorix profita alors des derniers trous du dispositif
pour renvoyer la cavalerie et appeler des secours. Bientôt la famine régna sur
l'oppidum. L'armée de secours gauloise commandée par Comnius, pourtant
nombreuse était mal organisée. Elle fut repoussée grâce aux remarquables
retranchements romains. Vercingétorix vaincu se rendit à César en
septembre 52 av. J.-C., après deux mois de siège. Il fut envoyé en captivité à
Rome, exhibé lors du triomphe de César et finalement étranglé dans sa
prison en 46 av. J.-C.

Les archéologues ont essayé d'identifier le site d'Alésia à partir du récit de


Jules César (Commentaires de la guerre des Gaules, VII, 66-90). La
localisation d'Alésia divisa les chercheurs. Les fouilles entreprises sans
discontinuer depuis le XIXe siècle ont permis de trancher en faveur du site
d'Alise-Sainte-Reine (ce nom dériverait d'Alésia), sur le mont Auxois, en Côte-
d'Or. Une partie des installations romaines du siège ont été reconstituées
grandeur nature (Archéodrome).

Annexes
Annexe 1 : Chronologie de l'histoire romaine
Source : Larousse Multimédia Encyclopédique sur CD-Rom.

Rome : les origines et la royauté (753-509 av. J.-C.)

Aux VIIIe-VIIe s. av. J.-C. s'effectuent les premiers établissements sur le mont
Palatin (753, date légendaire de la fondation de Rome par Romulus), qui
s'étendent au VIIe siècle sur les sept collines. Les villages latins et sabins se
transforment en cité sous la domination des rois étrusques, qui lui donnent
ses premiers monuments.
La République romaine (509-27 av. J.-C.)

L'élaboration progressive du régime républicain se fait au travers de


magistratures, généralement collégiales (préture, consulat, censure), tandis
que le sénat, composé des chefs patriciens, assure la continuité de la
République. Le reste de la population, la plèbe, n'a ni droits politiques ni statut
juridique. Les nécessités de la guerre (conquête du Latium) favorisent la lutte
des plébéiens qui obtiennent l'égalité juridique et la désignation de nouveaux
magistrats, les tribuns de la plèbe.

Mais l'apparence démocratique cache cependant une prédominance des


riches (plébéiens ou patriciens), aussi grande dans les assemblées du peuple
(comices) qu'au sénat.

* 390 av. J.-C. : les Gaulois, installés dans la plaine du Pô, détruisent l'armée
romaine à la bataille de l'Allia. Ils s'emparent ensuite de Rome, qu'ils brûlent,
à l'exception de la citadelle du Capitole.
* Ve-IIIe s. av. J.-C. : Rome conquiert l'Italie méridionale.
* 264-146 av. J.-C. : les guerres puniques lui permettent d'anéantir sa grande
rivale, Carthage.
* IIe-Ier s. av. J.-C. : Rome réduit la Grèce en province romaine, puis
conquiert l'Asie Mineure, la Judée, la Syrie, l'Espagne et la Gaule. La
conquête va faire de Rome l'héritière des civilisations du bassin
méditerranéen et transformer la société romaine : la noblesse sénatoriale et
les chevaliers s'enrichissent, tandis que le déclin de la petite propriété
entraîne l'essor d'une nouvelle plèbe qui forme la " clientèle " des riches.
L'échec des tentatives de réformes des Gracques (133-123) permet à des
généraux ambitieux d'utiliser les luttes sociales pour établir leur dictature. Les
luttes intestines ne tardent pas à affaiblir la République.
* 107-86 : Marius, puis Sulla (82-79) gouvernent avec l'appui de l'armée.
* 60 : Pompée, Crassus et Jules César imposent une alliance à trois
(triumvirat), renouvelée en 55.
* Après une période de guerre civile, Pompée est vaincu par César à
Pharsale (48). César, dictateur, est assassiné aux ides de mars 44.
* 43 : second triumvirat : Antoine, Octavien, Lépide.
* 27 av. J.-C. : après sa victoire sur Antoine à Actium (31 av. J.-C.), Octavien
s'arroge tous les pouvoirs sous des apparences républicaines.

L'empire d'Auguste à Trajan


Le Haut-Empire

Avec le titre d'Auguste, Octavien dispose du pouvoir militaire (imperium), civil


(magistratures) et religieux (grand pontife). Premier représentant des Julio-
Claudiens, Octavien, appelé
désormais Auguste, réorganise l'armée, l'administration centrale et celle des
provinces, et fixe les frontières de l'Empire au Rhin et au Danube.
Ses successeurs, Tibère, Caligula, Claude et Néron, poursuivent son oeuvre
de 14 à 68 apr. J.-C. Sous Tibère, l'Empire s'étend par la conquête de la
Bretagne, mais les relations entre l'empereur et le sénat sont difficiles. Elles
vont se dégrader sous Caligula et sous Néron.

* 69-96 : les Flaviens (Vespasien, Titus, Domitien) consolident le pouvoir


impérial et stabilisent les frontières.
* 96-235 : l'Empire est à son apogée territorial, économique et culturel sous
les Antonins (96-192) et les premiers Sévères. La stabilité politique assurée
par les Antonins (Nerva, Trajan, Hadrien, Antonin, Marc Aurèle et Commode)
favorise la prospérité agricole, industrielle et commerciale. Une classe
dirigeante, où se mêlent sénateurs, chevaliers et membres de la bourgeoisie
municipale, s'enrichit, tandis que les villes, foyers de romanisation, se
couvrent de monuments. L'unité de civilisation s'affirme dans tout l'Empire.
* 212 : l'édit de Caracalla donne le droit de cité à tous les hommes libres de
l'Empire.
L'Empire tardif ou Bas-Empire

* 235-284 : menacé par les Germains et par les Perses, l'Empire manque de
se disloquer. Cette période est marquée par la ruine de la paysannerie devant
l'essor des grands domaines, l'appauvrissement des villes, l'arrêt des
conquêtes et la menace extérieure. Le poids croissant de l'armée entraîne
une période d'anarchie militaire (235-268), puis l'arrivée au pouvoir
d'empereurs originaires d'Illyrie (268-284), qui vont restaurer provisoirement
l'ordre romain, avec Aurélien, puis Dioclétien (285-305). Celui-ci établit le
régime de la tétrarchie (293), système collégial de gouvernement par deux
augustes et deux césars.
* 313-337 : Constantin reconstitue l'unité de l'Empire et crée une nouvelle
capitale, Constantinople, désormais rivale de Rome. Il accorde également aux
chrétiens le droit de pratiquer leur religion (313).
* 395 : à la mort de Théodose, l'Empire romain est définitivement partagé
entre l'Empire d'Occident (cap. Rome) et l'Empire d'Orient (cap.
Constantinople).
* Au Ve siècle, les invasions barbares touchent durement l'Empire
d'Occident.
* 410 : sac de Rome par Alaric.
* En 476, le roi barbare Odoacre dépose le dernier empereur, Romulus
Augustule ; c'est la fin de l'Empire d'Occident. En Orient, l'Empire byzantin va
durer jusqu'en 1453.

Annexe 2 : Glossaire
A
Agger : travaux de terre .
Alae : regiment de cavalerie (littéralement : aile).
Aquila, aquilae : l'aigle-l'enseigne de la légion.
Armilla, armillae : décoration en forme de bracelet.
Auxilliaires: soldats autres que légionnaire, servant dans l'armée romaine.
B
Ballista, ballistae : sorte de catapulte.
C
Calliga, calligae : sandale militaire.
Cataphractus : cavalier lourdement armé.
Catapulte, catapultae : machine lançant des traits.
Cohors equitata, cohortes equitatae : unité d'infanterie et de cavalerie
mélangé.
Cornicen, cornicines : sonneur de cor militaire.
Corona, coronae : couronne.
D

Dolabre, dolabrae : certificat accordant la citoyenneté romaine.


E
Eques, equites : cavalier.
Extraordinarii : unités romaines chargées de la garde du consul sous la
république.
F
Fossa, fossae : fossé.
G
Gladius, gladii : galive court.
Gladius hispanensis : glaive du légionnaire.
H
Hasta pura : decoration militaire en forme de lance sans fer, argent.
Hastatus, hastati : première ligne de la légion ;
Hastatus posterior : c enturion de l'arrière garde, d'une manipule d'hastati
Hastatus prior : centurion des manipules de première ligne
I
Imago : enseigne portant le portrait de l'empereur
L
Legatus, legati : officier supérieur commandant la légion ; gouverneur
provincial.
Lictor : garde personelle du consul.
O
Optio, optiones : sous officier qui servait d'adjudant au centurion
P
Parma equestris : bouclier rond en usage dans la cavalerie pendant la
république.
Primus Pilus : premier centurion de la légion.
S
Signifer : porteur de l'enseigne de la centurie.
T
Tessera : plaque portant le mot de passe écrit.
Tesserarius, tesserarii : chef de la garde dans le camp.
Triarius, triarii : troisième rang de la légion.
V
Veles, velites : corps de légionnaire munis d'arme légère.
Vinea, vinae : galerie couverte utilisée pendant les opérations de siège.

Annexe 3 : bibliographie
Livres

Histoire de l'armée Romaine. Peter Connally. Hachette Jeunesse.


De mémoire de ... Romain. Anita Ganeri. Hachette Jeunesse.
Rome la conquérante. Simon James. Les yeux de la découverte. Gallimard.
La Rome Ancienne. Christopher Fagg et François Carlier. Edition Gamma.
Rome et son Empire. Patricia Vanags. Le chat perché - Flammarion.
Les légionnaires Romains. Martin Windrow. Hachette Jeunesse.
Tout l'Univers. Hachette.
Encyclopaedia Universalis.
Cesar et Rome. Charlotte Bernard. Fontaine Mango.
Histoire du peuple Romain. Dominique Briquel. Découvertes Junior.
Gallimard.
Jules Cesar. Jacques Marseille. Histoire juniors.
Rome Antique. David et Bridget Trump. Poche-Encyclopédie. Edillio
Jeunesse.

Cédérom :

Du big bang à nos jours. Découvertes Junior Gallimard.


Larousse Multimédia Encyclopédique.

Sites Internet.

http://www.io-ltd.com/chester/history/roman
http://homepages.iprolink.ch/~azia/Army.html
http://impnet.com/annibale/battagliauk.html
http://www.virtual-pc.com/orontes/archeo/index.ht
http://myron.sjsu.edu/ROMEWEB
http://www.emperi.com/Furia/N1.1998/basempire
http://classics.lsa.umich.edu/welcome.html
http://www.ukans.edu/history/index/europe/ancient_rome/E/Roman/RomanSit
es*/home.tml
http://www.julen.net/aw/

Annexe 4. Un document : l'armée romaine au


bas-empire
Recherches historiques et rédactions : dr. Philippe RICHARDOT.
Extrait du livre : La fin de l'armée Romaine, Economica.
Disponible sur internet à l'adresse :
http://www.emperi.com/Furia/furia_francese.htm

Le Bas-Empire est une période de mutation de la société romaine et de son


armée. Cette mutation passe par une longue période de crise avant que des
empereurs énergiques n'essaient d'apporter des réformes radicales.

CHRONOLOGIE
* 284 Dioclétien empereur
* 293-305 Dioclétien instaure la tétrarchie.
* 312 Victoire de Constantin à la bataille du Pont Milvien.
* 313 Constantin établit le christianisme comme religion d'Etat.
* 325 Réforme de l'armée par Constantin.
* 364 L'Empire est divisé en deux parties.
* 378 Défaite d'Andrinople face aux Goths.
* 382 Les Goths sont installés comme fédérés dans l'Empire.
* 406 Vandales, Alains et Suèves franchissent le Rhin.
* 410 Le Goth Alaric pille Rome.
* 451 Le roi des Huns Attila est vaincu à la bataille des Champs
Catalauniques.
* 455 Les Vandales pillent Rome.
* 472 Les fédérés burgondes tuent l'empereur et mettent Rome à sac.
* 476 Le mercenaire Odoacre dépose le dernier empereur romain d'Occident.

La crise politico-militaire des années 250-270

Entre la mort d'Auguste, le premier empereur, et le milieu du IIIe siècle, une


armée professionnelle de 300.000 hommes, tant légionnaires qu'auxiliaires,
suffisait à maintenir la Pax Romana. Dans les années 250-260, cette armée
déployée aux frontières est mise en échec par une pression barbare sans
précédent. En Europe, de nouvelles confédérations germaniques (Alamans,
Francs, Saxons, Goths) s'organisent. Les Barbares franchissent le Rhin et le
Danube. Les voies romaines deviennent des couloirs d'invasion. Des Francs
traversent la Gaule et ravagent le Nord-Est de l'Espagne. Les villes de
l'intérieur, sans garnison ni murailles, sont aisément pillées. En Orient, la
dynastie sassanide redonne aux Perses les moyens et le goût de
l'impérialisme militaire. L'Euphrate et traversée, Antioche est pillée.

A l'évidence, l'Empire doit réorganiser son outil militaire. Tâche d'autant plus
difficile que les ambitions rivales de ses généraux contrarient l'unité de
l'Empire. Les grands commandants régionaux (Bretagne, Rhin, Danube,
Orient) utilisent leurs troupes pour briguer l'Empire, ou même un règne sans
partage sur une partie d'Empire. L'Empire fait alors l'expérience d'une
défense décentralisée. L'instabilité est de règle. Près des deux-tiers des
empereurs ont une fin tragique. La plupart des empereurs de la seconde
moitié du IIIe siècle est proclamée puis dénoncée par des "pronunciamentos".
Contrairement à la période du Haut-Empire, le Sénat n'a plus aucun rôle
politique ou militaire. Les professionnels ne veulent plus que les sénateurs
exercent de commandements épisodiques dans l'armée. En 262, l'empereur
Gallien les exclut de toute fonction militaire. A l'exception de l'éphémère
empereur Tacite, la pourpre impériale appartient désormais exclusivement
aux meilleurs ou aux plus ambitieux des généraux. L'armée assume la
direction politique de l'Empire dont elle est le seul recours. Militairement, les
empereurs ne sont pas inactifs. Deux d'entre eux trouvent la mort au combat:
Dèce, tué par les Goths en 251 et Valérien capturé et exécuté par les Perses
en 260. Le débordement des défenses frontalières conduit l'Empire à réduire
son périmètre défensif en abandonnant les provinces conquises au-delà du
Rhin et du Danube (Rhétie et Dacie) et délaisse en Bretagne le Mur
d'Antonin, situé au Nord du Mur d'Hadrien. Une stratégie de défense en
profondeur est adoptée empiriquement. Une armée de manoeuvre réduite,
groupée autour de l'empereur, intercepte les Barbares à 200-300 kilomètres à
l'intérieur du territoire romain. Rome cesse d'être la capitale effective de
l'Empire au profit de Milan et de l'état-major itinérant du prince.

Il n'y pas de sursaut militaire des populations romaines devant la menace


barbare. Toutefois les civils essaient localement d'assurer leur autodéfense.
On édifie des enceintes autour des villes. Certaines de ces enceintes
urbaines sont soignées et persistent jusque vers 1300. La ville du Mans
présente encore une tour et un rempart de cette époque. D'autres enceintes
réutilisent les pierres des bâtiments publics ou s'en servent de points-d'appui
pour former des villes réduites. Rome elle-même doit s'entourer d'une
enceinte en briques qui existe toujours aujourd'hui: le Mur d'Aurélien. Dans
les campagnes, les grands propriétaires terriens fortifient leurs villas. Des
refuges de hauteur sont construits dans les régions voisines du Rhin pour
protéger les villageois. C'est de l'autodéfense passive à la fois contre les
Barbares et contre les bandes de brigands qui s'organisent suite à
l'affaiblissement du pouvoir. L'histoire a conservé le nom de ces bandes de
brigands: les bagaudes en Gaule et les circoncellions en Afrique.

Première tentative de réorganisation : Dioclétien 284-305

En 284, un général originaire d'Illyrie parvient à réunir l'autorité civile et


militaire sous sa main. Ce général appelé Dioclétien impose entre 284 et 305
une vigoureuse réorganisation de l'Empire.

Dioclétien porte l'armée entre 450.000 et 600.000 hommes. Il rétablit de


puissantes défenses frontalières sur le Rhin et le Danube après avoir mené
des campagnes de pacification en terre barbare. Il augmente les flottes
fluviales du Rhin et du Danube. Dioclétien crée une importante rocade
fortifiée, la Strata diocletiana, pour protéger la Syrie et la Palestine contre les
raids des Perses et des Bédouins. Sous son règne est établi une chaîne de
forts côtiers et de surveillance navale sur les côtes de la Bretagne pour parer
aux raids des pirates saxons. L'architecture militaire de la fin du IIIe siècle
montre le changement de la stratégie de défense. Les forts du Haut-Empire
étaient construits en plaine, ouverts par quatre entrées, avec des tours
carrées d'observation bordant un mur étroit. C'étaient des forts tournés vers
l'intervention. Ceux du Bas-Empire sont construits sur les hauteurs avec des
murs et des fossés deux fois plus larges. Les tours en U forment des saillants
en bastion. Il n'y a qu'une ou deux entrées car il s'agit de forts de défense
locale. D'autre part, les nouveaux camps légionnaires ont une superficie
quatre fois plus réduite que ceux du Haut-Empire. Contrairement à une idée
reçue, Dioclétien n'a pas systématisé une stratégie de défense en profondeur
qui s'était empiriquement mis en place avant lui. Il essaie de revenir à une
défense en avant avec une armée défensive. Néanmoins, il a entrevu l'utilité
d'une certaine profondeur opérationnelle et place certaines unités à 60 ou 100
kilomètres en arrière du cordon de troupes frontalières.
Mais la plus grande réforme entreprise par Dioclétien est le système politique
qu'il met en place: la Tétrarchie (littéralement "gouvernement quadripartite").
Ce système calque les nouveaux grands commandements militaires de
l'Empire. L'Empire est divisé en deux grands commandements, l'Orient et
l'Occident, sous la direction de deux augustes. Chaque auguste a sous ses
ordres un césar destiné à lui succéder et chargé d'une sous-région. Ces co-
empereurs portent le nom de tétrarques. Cette réforme originale a deux
objectifs:

1/ apporter une meilleure réponse opérationnelle aux invasions en


décentralisant le commandement, car les contraintes stratégiques
de l'Empire sont immenses: un espace qui va de l'Ecosse à l'Irak
actuel à contrôler à vitesse de fantassins ou de cavaliers;

2/ limiter les risques de coup-d'Etat militaire en donnant sa chance


à quatre généraux en même temps. Dioclétien qui exerce une
autorité réelle sur les autres tétrarques démissionne en 305.
Il espère donner l'exemple, mais en fait, il donne le signal des guerres civiles
ou plutôt des guerres entre militaires rivaux.

325 La réforme constantinienne

Constantin sort vainqueur des guerres civiles et impose deux réformes qui
bouleversent la civilisation romaine:
1/ en 313, par l'édit de Milan, il impose le christianisme comme religion d'Etat.
Le paganisme est toléré mais reste vivace;
2/ en 330, Constantin fait de Byzance, rebaptisée Constantinople, la
deuxième Rome.

Les empereurs militaires du IIIe siècle avaient déserté Rome au profit de


capitales itinérantes plus opérationnelles mais Constantin prend acte de
l'appauvrissement économique, du déclin politique et stratégique de la Cité
qui avait conquis l'univers. Il renforce, bien que devenu empereur unique en
324, la bipartition qu'avait établie Dioclétien entre l'Occident latin et l'Orient
grec. Faille géopolitique profonde qui est à la base de l'éclatement de
l'Empire, de sa disparition à l'Ouest et de sa survie à l'Est jusqu'en 1453 sous
les couleurs de Byzance. Faille qui continue de séparer l'Europe en deux
entre Catholiques latino-germaniques et Orthodoxes gréco-slaves.

Une troisième réforme, moins persistante historiquement, est à mettre au


crédit de Constantin: la réforme de l'armée. Alors que Dioclétien avait
augmenté les effectifs en les portant à plus de 450.000 hommes, tout en les
maintenant aux frontières, Constantin modifie profondément la structure de
l'armée. En 325, il crée deux classes opérationnelles: les troupes
d'intervention dites comitatenses ("d'accompagnement"); les troupes
frontalières dites ripenses ("riveraines") ou plus tard limitanei ("frontalières").
La vieille distinction opérationnelle entre légionnaires et auxiliaires disparaît
en même temps que les cohortes prétoriennes supprimées en 312.
L'empereur Constantin impose aux fils de vétérans de s'engager dans
l'armée. Puis l'obligation est étendue aux fils de militaires en activité. Ces
derniers seront recrutés dès l'âge de 16 ans alors que l'âge normal est de 18.
Ce recrutement héréditaire forcé entraîne une vague de désertions.
Beaucoup de fils de vétérans entrent dans les ordres, exemptés d'obligations
militaires, car l'Empire est devenu chrétien. D'autres se coupent un pouce,
particulièrement en Italie. L'enrôlement prend souvent l'aspect d'une
arrestation. C'est une nouvelle armée qui naît.

Evolution de l'armée dans les années 360-380

Après la mort de Constantin en 337, l'armée évolue dans le sens qu'il a défini.
Cette armée se caractérise par :

* de nombreuses unités...: le nombre de légions passe de 53 à l'époque de


Dioclétien à près de 220 à la fin du IVe siècle; ... mais à format réduit: les
légions comptent 700 à 1000 hommes au lieu de 4000-6000;
* des difficultés croîssantes de recrutement parmi la population romaine;
* une diminution constante des effectifs;
* une défense élastique en profondeur qui apparaît réellement après le règne
de Constantin: les troupes d'intervention sont stationnées dans les villes de
l'intérieur.

Cette défense en profondeur renforce le rôle de deux nouvelles catégories


opérationnelles créées par Constantin. Il s'agit des troupes palatines (auxilia
d'infanterie et vexillations de cavalerie) qui forment une réserve stratégique à
disposition des grands commandements d'Orient et d'Occident, l'élite des
troupes d'intervention. Les scholes palatines constituent la garde impériale
sous les ordres du comte des domestiques. Peu nombreuses (en tout 3500
hommes par moitié d'Empire) ces scholes participent efficacement à toutes
les grandes batailles du IVe siècle.

Au point de vue opérationnel, l'armée romaine tourne sur peu d'unités d'élite.
Les armées d'intervention ont 5000, 15.000, exceptionnellement 30.000
hommes. En cas de crise simultanée sur plusieurs fronts Rhin, Danube,
Euphrate, il n'y a pas assez de troupes disponibles, ce qui est aggravé par la
bipartition politique de l'Empire rétablie en 364. Valentinien Ier devient
empereur d'Occident, et nomme son frère cadet, Valens, empereur d'Orient.
A cette occasion, les unités d'élite sont partagées en seniors qui vont à
l'Occident et juniors qui vont à l'Orient. Une menace répandue sur plusieurs
fronts amène la défaite d'Andrinople en 378 où Valens et l'armée d'Orient sont
anéantis par les Goths. Les troupes frontalières, dispersées dans de multiples
postes d'observation, n'ont plus la capacité de retenir un envahisseur. A partir
des années 360, les recrues les plus médiocres y sont affectées. Il s'agit de
paysans sans terre, fermiers ou journaliers que les grands propriétaires livrent
à l'Etat en acquittement de l'impôt. Cette catégorie de troupes forme une
police des frontières.

L'apparence des soldats romains change, annonçant la période médiévale:


épée longue, cuirasse d'écailles qui évoque la broigne carolingienne, cottes
de mailles à cagoule évoquant le haubert, casques segmentés à nasal. Les
casques romains continuent d'être portés par les chefs barbares au VIe siècle
tandis que l'épée longue se retrouve dans toute l'Europe. A partir du règne de
Gratien (375-383) les troupes occidentales demandent à être débarrassées
du casque et de la cuirasse jugés trop lourds. L'infanterie romaine devient une
grosse infanterie légère adaptée à la guérilla de frontière mais au Ve siècle,
plus rien ne distingue les Romains des Barbares à l'équipement romanisés.
L'arme qui conserve toute sa vigueur tactique en Orient tant en Occident est
la cavalerie. En particulier la cavalerie lourde cuirassée qui combat à la lance
et à l'épée comme les scutaires et les cataphractaires. La cavalerie légère est
l'arme d'auxiliaires barbares.

Crise du recrutement et barbarisation de l'armée

L'Empire face à une crise du recrutement croîssante a échoué en imposant


l'hérédité de fonction aux fils de militaires et en réquisitionnant pour 20 ans les
rebuts de la paysannerie. Dès le IIIe siècle, il recrute de plus en plus de
Barbares tant dans les unités auxiliaires que dans les troupes d'élite. Les
Barbares sont demandeurs d'intégration et valeureux aux armes. Les seuls
peuples de l'Empire qui continue à s'engager massivement au IVe siècle sont
les Gaulois et les Africains, alors que les Italiens se coupent le pouce pour ne
pas servir.

Commandements frontaliers de l'empire d'Occident vers 395

La barbarisation est progressive jusqu'en 376. Les Barbares s'engagent à titre


individuel ou par contingents entiers sous les ordres de leurs princes-officiers.
Leurs qualités combattantes, morales et physiques alliées à l'armement
romain en font des unités d'élite. Les scholes palatines de la garde impériale
sont majoritairement composées de Barbares. Les princes barbares accèdent
aux plus hauts grades de l'armée dès les années 350. Dès cette époque, les
Francs forment la majorité des officiers généraux de l'armée et de l'état-major
d'Occident. En Orient, des Sarmates, des Géorgiens, ou des Perses ralliés à
l'Empire accèdent à des grades importants. Néanmoins, ces Barbares sont
intégrés dans des unités organisées à la romaine. On voit des généraux et
des troupes barbares combattre avec férocité leurs frères de race pour le
compte des Romains. Il s'installe un paradoxe: les Barbares sont à la fois les
ennemis et les défenseurs de l'Empire. Ennemis et vaincus, ils sont distribués
à travers l'Empire pour mettre en valeur les terres incultes ou abandonnées
ou même recrutés dans l'armée romaine. Un ennemi qu'on arme n'est plus un
ennemi: c'est un partenaire.
Les barbares autour de l'empire.

Le difficile équilibre de l'intégration est rompu en 376. A cette date, chassés


par les Huns, Barbares asiatiques venus des steppes de Mongolie, les Goths
demandent l'asile politique à l'Empire romain d'Orient. L'empereur d'Orient
Valens, poussé par ses courtisans, intègre la masse des réfugiés qu'il espère
transformer en cultivateurs, en soldats et en contribuables. Il installe les
Goths en tant que fédérés dans les Balkans, mais la malhonnêteté des
gouverneurs provinciaux les affame et les pousse à la révolte dès 376. Leur
nombre est tel que les troupes frontalières ne peuvent les empêcher de se
répandre et de semer la dévastation. Les renforts s'avèrent insuffisants et
l'empereur Valens ne peut intervenir en personne avec l'armée de manoeuvre
qu'en 378. Après son anéantissement, l'Empire vaincu accepte de réintégrer
les Goths en tant que fédérés. Ils reçoivent des terres et des subsides de
l'Etat romain contre le service des armes. La tentative de les amalgamer aux
troupes régulières échoue car, trop nombreux, ils refusent la discipline
romaine et gardent leurs chefs. Des heurts ont lieu avec les soldats romains.
Des révoltes sporadiques éclatent. Le nouvel empereur d'Orient Théodose Ier
essaie vainement de les épuiser dans les guerres civiles contre des
usurpateurs.

Après la mort de Théodose en 395, son fils Honorius trop jeune et trop faible,
doit accepter la régence d'un Barbare appelé Stilicon, commandant en chef
des forces occidentales. En Orient, c'est un autre officier barbare, Gaïnas, qui
s'impose au frère d'Honorius, Arcadius. Arcadius et la population de
Constantinople, à la suite d'une réaction anti-germanique en l'an 400,
parviennent à chasser Gaïnas et ses fédérés barbares. Dans le même temps,
Alaric, le chef des fédérés goths mène une guerre personnelle contre l'Empire
romain d'Orient jusqu'à ce qu'il obtienne le commandement de l'Illyrie en 397.
En fait, il est devenu un seigneur de la guerre indépendant qui opère sur le
territoire romain en prélevant l'impôt à son bénéfice. Dès 401, il se reporte
contre l'Occident et attaque l'Italie. Le généralissime Stilicon contient ces
assauts, mais après son assassinat en 408, Alaric a la voie libre. En 410, à sa
troisième tentative de siège, il pille Rome, ce qui n'était pas arrivé depuis
l'époque de Brennus en 390 avant-Jésus-Christ. Ces guerres dans la
péninsule italienne obligent l'Occident à abandonner la Bretagne et à dégarnir
la frontière du Rhin pour rameuter des renforts. En conséquence, à la fin de
406, le Rhin est franchi par des hordes de Vandales, de Suèves et les Alains
qui dévastent la Gaule puis s'installent en Espagne vers 409.

Vers 412, Athaulf, le successeur d'Alaric, se réconcilie avec l'empereur


d'Occident Honorius dont il épouse la soeur et s'institue protecteur des
Romains. L'empereur l'installe en Gaule Narbonnaise puis en Aquitaine à
partir de 418. Toulouse devient le centre d'un royaume wisigothique au coeur
de l'Empire romain. Dès les années 420, les Wisigoths mènent une politique
d'expansion territoriale aux dépens des provinces romaines. Contre eux et les
agressions extérieures, L'Empire utilise des cavaliers huns et installe de
nouveaux fédérés en Gaule, Francs saliens dans le Nord-Est et Burgondes
autour de Lyon et de Genève. Lorsque le roi des Huns Attila investit la Gaule
en 451, le généralissime Aétius réunit les différentes communautés barbares
installées en Gaule aux dernières troupes régulières (composées de Barbares
et de quelques provinciaux). Après la victoire contre Attila, les fédérés mènent
une politique indépendante de l'Empire. Les terres qu'ils ont reçues en
protection deviennent des principautés barbares. L'Empire d'Occident se
délite de l'intérieur. Il n'y a plus réellement d'armée romaine, mais une garde
impériale à la fidélité douteuse. Rome est pillée en 455 par les Vandales,
installés en Afrique depuis 429, puis en 472 par les Burgondes, dont le roi est
devenu généralissime de l'armée romaine. L'empereur entre 455 et 476 n'est
plus qu'un fantoche entre les mains des condottières barbares. L'un d'eux
Odoacre, renverse le dernier empereur d'Occident en 476, et s'institue patrice
("petit père") des Romains. La déposition de Romulus Augustule est une
formalité, car l'Empire d'Occident a cessé depuis longtemps d'être
militairement souverain.

La barbarisation de l'armée a détruit l'Etat romain. La société romaine


disparaît progressivement sous l'apport barbare. Des Etats nouveaux
apparaissent en Europe occidentale. La paix romaine laisse place à ce que
l'historiographie anglo-saxonne appelle les "Ages Sombres".

L'ORDRE DE BATAILLE DE L'ARMEE ROMAINE VERS 395

Un document exceptionnel, la Notitia Dignitatum ("Notice des Dignités")


donne la liste et parfois l'emblème de bouclier des unités romaines à la fin du
IVe siècle et au début du Ve. Superposant plusieurs époques, ne donnant pas
de chiffres ce document est d'une interprétation complexe.
Armées mobiles : unités Orient
Occident
Vexillatio palatina (régiment de cavalerie: 200-500 14 10

hommes)
Vexillatio comitatensis (idem) 29 34
Legio palatina (légion: 600-1000 hommes) 13 12

Auxilia palatina (unité d'infanterie) 43 12

Legio comitatensis (légion) 38 33


Legio pseudocomitatensis (légion formé d'anciens 20
28
gardes-frontière)

Gardes-frontières : unités Orient


Occident
Légions 33 15

Autres unités 305 181

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