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Droit de l’environnement

Ministères successifs : de l’environnement  de l’écologie  de la transition écologique et solidaire

 L’environnement, c’est les espaces, les ressources et milieux naturels terrestres et marins, les
sites, les paysages, la qualité de l’air, les êtres vivants et la biodiversité (Article L110-1 du code de
l’environnement).

L’environnement, c’est aussi tout ce qui se rattache aux normes environnementales de l’industrie, au
climat, à l’eau (pollution et pénurie), la règlementation de l’origine des pollutions, les déchets, la
lutte contre le bruit…

Le droit de l’environnement est essentiellement issu du droit européen puis du droit français. La
plupart des normes sont des normes européennes, notamment dans les domaines de la qualité de
l’eau (robinet et baignade)…

Pourquoi un droit de l’environnement ?


- pour lutter contre la perte de la biodiversité
- suite à des grandes pollutions, des grandes catastrophes (1° échouage d’un pétrolier : Torrey
Canyon en 1967 / Fuite de gaz toxiques dans une usine de pesticides à Seveso en 1986 / Usine de
produits chimiques à Bhopal en 1980 / Usine AZF qui explose à Toulouse)
- pour lutter contre la pollution chronique : de l’eau, de l’air, les déchets il y a un lien entre
l’environnement et la santé : les normes environnementales pour lutter contre la pollution
atmosphériques sont également des normes en matière de santé

C’est dans les années 70 que le droit de l’environnement est né au niveau international (ONU), au
niveau européen et au niveau français.

Sources internationales du droit de l’environnemental

Le droit de l’environnement est né à l’international en 1972 lors de la conférence des Nations Unies à
Stockholm. Elle permet de faire connaître au public les grands problèmes environnementaux. Les
résolutions sont prises lors des conférences suivantes. Mais en 1973 il y a la crise pétrolière qui
marque la fin des 30 Glorieuses en Europe et les problèmes économiques deviennent beaucoup plus
importants que les problèmes environnementaux.

La 2ème grande conférences est le Sommet des Nations Unies de Rio en 1992 sur l’environnement et
le développement.
 Elle adopte l’Agenda 21 pour le 21ème siècle (document qui montre ce qu’il faudrait faire pour
améliorer l’environnement, les questions de développement, atteindre un développement
durable pour le 21ème siècle).
 Les états adoptent également la déclaration de Rio qui reprend les principaux points de la
déclaration de Rio et qui énonce les grands principes de l’environnement : développement
durable, principe pollueur-payeur...
 On adopte aussi une déclaration sur les forêts.
 Et 3 conventions : sur la diversité biologique, sur la lutte contre la désertification et la
convention-cadre sur les changements climatiques.
Il en ressort que ce fut un très grand succès climatiques, quelques conventions, la mise en
avant des grands principes.

Il existe plus de 1000 traités internationaux qui portent sur une question environnementale. Ces
traités ne sont pas toujours suivis d’effets. Il y a souvent plusieurs années entre la signature d’un

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Droit de l’environnement

accord et sa mise en application.


exemple  : le changement climatique
Convention cadre sur le changement climatique signée en 1992 / entrée en vigueur en 1994
Protocole de Kyoto  : fin en décembre 2012, prorogé jusqu’en décembre 2020 signé en 1997 / entré en vigueur en 2005
Accord de Paris signé en avril 2016 / entré en vigueur le 4 novembre 2016

Sources européennes du droit de l’environnement

La Communauté Économique Européenne ne se préoccupait pas de l’environnement jusque dans les


années 70. Aujourd’hui l’environnement est intégré dans le traité du fonctionnement européen.

Les états membres adoptent les principes suivants : principe de précaution et d’action préventive,
principe de la correction, par priorité à la source des atteintes à l’environnement, principe du
pollueur-payeur.

Le droit de l’environnement européen est très important en qualité et en quantité, il intègre tous les
domaines : la protection de la biodiversité, l’environnement marin, la qualité de l’air, les déchets, les
industries, l’eau…

 Une directive est un acte adopté par l’UE, et les états membres adoptent une transposition de
cette directive avant de l’appliquer. La directive fixe un objectif à atteindre mais pas la façon de
l’atteindre. Le règlement européen s’applique directement aux citoyens des pays membres.

Les états membres ont du mal à respecter les règles en matière d’environnement.

Par exemple, la France a du mal à améliorer la qualité de l’air, la qualité de l’eau (problème de
nitrates) et la protection de la biodiversité. Elle a souvent été condamnée pour ces raisons.

Sources françaises du droit de l’environnement

La France a l’obligation les dispositions européennes et internationales (pour les traités auxquels elle
a adhéré).

La charte constitutionnelle de 2004 est le texte fondamental que toutes les dispositions sur
l’environnement doivent respecter. Il y a ensuite le code de l’environnement, le code de
l’urbanisme, de l’énergie, des transports, rural…, ainsi que des textes non codifiés.

Historique des principales lois :


1669, ordonnance sur la forêt
1810, décret-loi sur les manufactures et ateliers qui répandent une odeur insalubre ou incommode
1906, loi sur la protection des sites et milieux naturels
1917, loi sur les établissements insalubres et dangereux
1930, loi sur la protection des sites et milieux naturels
1961, loi relative à la lutte contre la pollution atmosphérique et les odeurs
1964, loi relative au régime de répartition des eaux et à la lutte contre leur pollution
1971, création du premier ministère de la « protection de la nature et de l’environnement »
1975, loi sur les déchets
1976, loi du 10 juillet relative à la protection de la nature ; loi relative aux installations classées
1983, loi relative à la démocratisation des enquêtes publiques
1992, loi relative à la lutte contre le bruit ; loi relative aux déchets ; loi sur l’eau

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Droit de l’environnement

1993, loi paysages


2003, loi relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des
dommages
2004, loi sur l’eau
2005, Charte de l’environnement
2009, mise en œuvre du Grenelle de l’environnement
2012, chasse
2015, loi de transition énergétique
2016, loi biodiversité

Un droit en constant renouvellement

Le droit français n’arrête pas de changer.

Droit
Le code de l’environnement est composé d’une partie législative L et l’une partie réglementaire R
ou D

La partie législative est issue des lois : adoptées par le parlement


La partie réglementaire est adoptée par des décrets : adoptés par le gouvernement
Les arrêtés sont pris par les ministres

L : principe général


déclinée dans le R qui fixe les détails.
précisé dans des arrêtés

Déclinaison du L-411-1  : Livre 4, Titre 1, Chapitre 1, Section 1

Toutes lois sont accessibles sur legifrance.gouv.fr

Charte constitutionnelle de l’environnement adoptée en 2004.

Elle contient des :


- Droits : articles 1 et 7
- Devoirs : articles 2, 3, 4 (pour tous) et 5, 6, 8, 9 (pour les autorités publiques)
- Principes : articles 3, 4, 5, 6, 7

Principes :
Article 1er (principe de développement durable) - Chacun a le droit de vivre dans un environnement
équilibré et respectueux de la santé.
Article 2 (principe de prévention) - Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à
l'amélioration de l'environnement.
Article 3 (principe de précaution) - Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi,
prévenir les atteintes qu'elle est susceptible de porter à l'environnement ou, à défaut, en limiter les
conséquences.
Article 4 (principe pollueur-payeur) - Toute personne doit contribuer à la réparation des dommages
qu'elle cause à l'environnement, dans les conditions définies par la loi.
Article 5 (principe de précaution) - Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état
des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement,
les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines
d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures
provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage.
Article 6 - Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles

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Droit de l’environnement

concilient la protection et la mise en valeur de l'environnement, le développement économique et le


progrès social.
Article 7 (principe d’information) - Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites
définies par la loi, d'accéder aux informations relatives à l'environnement détenues par les autorités
publiques et de participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur
l'environnement.
Article 8 - L'éducation et la formation à l'environnement doivent contribuer à l'exercice des droits et
devoirs définis par la présente Charte.
Article 9 - La recherche et l'innovation doivent apporter leur concours à la préservation et à la mise
en valeur de l'environnement.
Article 10 - La présente Charte inspire l'action européenne et internationale de la France.

(+Participation intégration)

Le principe de conservation est le précurseur du développement durable. Le développement


soutenable, devenu  développement durable est défini comme : un développement qui répond
aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux
leurs.

Le développement durable intègre 3 piliers : Environnement, Social et Économie. Et plus récemment


la culture.

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Droit de l’environnement

Il y a 17 objectifs de développement durable :

Le Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE) et la stratégie Europe 2020 reprend
les principes suivants :
- une croissance intelligente : développer une économie fondée sur la connaissance et l’innovation;
- une croissance durable: promouvoir une économie plus efficace dans l’utilisation des ressources,
plus verte et plus compétitive;
- une croissance inclusive: encourager une économie à fort taux d’emploi favorisant la cohésion
sociale et territoriale.

Il y a 4 enjeux écologiques dans la stratégie Europe 2020 :


- le changement climatique
- la perte accélérée de la biodiversité
- la raréfaction des ressources
- les risques sanitaires environnementaux

D’après le code de l’environnement :


III L’objectif de développement durable, tel qu’indiqué au II, est recherché grâce aux cinq engagements suivants :
1° La lutte contre le changement climatique ;
2° La préservation de la biodiversité, des milieux, des ressources ainsi que la sauvegarde des services qu’ils fournissent et
des usages qui s’y rattachent ;
3° La cohésion sociale et la solidarité entre les territoires et les générations ;
4° L’épanouissement de tous les êtres humains ;
5° La transition vers une économie circulaire.

Déclinaison locale

Il existe des Agendas 21 locaux : projets mis en place par les collectivités sur le développement
durable.
Exemple  : créer les conditions d’une mobilité durable, prévenir les risques et nuisances, fonder le
développement durable sur la connaissance et la formation…

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Droit de l’environnement

Principe de développement durable

Responsabilité sociétale des organisations : elles s’engagent à respecter des principes via les normes
ISO.

Définition de la responsabilité sociétale des organisations par la norme ISO 26000 : responsabilité
d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur
l’environnement, se traduisant par un comportement transparent et éthique qui :
 Contribue au développement durable y compris à la santé et au bien-être de la société.
 Prend en compte les attentes des parties prenantes.
 Respecte les lois en vigueur et est compatible avec les normes internationales.
 Est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en oeuvre dans ses relations.
Pour définir le périmètre de sa responsabilité sociétale, identifier les domaines d’action pertinents et
fixer ses priorités, il convient que l’organisation traite [toutes] les questions centrales suivantes  :
 La gouvernance de l’organisation.
 Les droits de l’homme.
 Les relations et conditions de travail.
 L’environnement.
 La loyauté des pratiques.
 Les questions relatives aux consommateurs.
 Les communautés et le développement local.

Principe de prévention

C’est le principe le plus ancien. Si l’on sait qu’une activité va avoir un impact sur l’environnement et
sur la santé, il faut éviter ou limiter cet impact.

On retrouve ce principe dans la déclaration de Rio, dans le TFUE et dans la charte constitutionnelle
de l’environnement (article 3).

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Droit de l’environnement

Ce principe est d’agir à la source en utilisant les meilleures techniques disponibles à un coût
économiquement acceptable :

Article L110-1 du code de l’environnement :


2° Le principe d'action préventive et de correction, par priorité à la source, des atteintes à l'environnement, en utilisant les
meilleures techniques disponibles à un coût économiquement acceptable. Ce principe implique d'éviter les atteintes à la
biodiversité et aux services qu'elle fournit ; à défaut, d'en réduire la portée ; enfin, en dernier lieu, de compenser les
atteintes qui n'ont pu être évitées ni réduites, en tenant compte des espèces, des habitats naturels et des fonctions
écologiques affectées.

Ce principe doit viser un objectif d'absence de perte nette de biodiversité, voire tendre vers un gain de biodiversité.

L’évaluation environnementale

Dès que l’activité est susceptible de faire courir un risque à l’environnement ou à la santé, il faut
procéder à l’évaluation environnementale.

L’évaluation environnementale est le nouveau nom de l’étude d’impact.

Elle est mise en œuvre par 2 directives dans l’Union Européenne. L’une sur l’évaluation des
incidences sur l’environnement de certains projets, l’autre sur certains plans et programmes.

Les objectifs de la réforme de 2016 :

Réforme
Réforme
de
de 2016
2016

Moins
Moins
d'études
d'études
d'impact
d'impact
Mais
Mais un
un
contenu
contenu
renforcé
renforcé

Sont concernés par la procédure :

Article L122-1 : Définitions


1° Projet : la réalisation de travaux de construction, d'installations ou d'ouvrages, ou d'autres interventions dans le milieu

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Droit de l’environnement

naturel ou le paysage, y compris celles destinées à l'exploitation des ressources du sol ;

2° Maître d'ouvrage : l'auteur d'une demande d'autorisation concernant un projet privé ou l'autorité publique qui prend
l'initiative d'un projet ;

3° Autorisation : la décision de l'autorité ou des autorités compétentes qui ouvre le droit au maître d'ouvrage de réaliser le
projet ;

4° L'autorité compétente : la ou les autorités compétentes pour délivrer l'autorisation du projet.

examen par l'Autorité


compétente et
étude d'impact consultations
éventuellement
autorisation

L’évaluation environnementale est un processus constitué de : L’élaboration d’un, par le maître
d’ouvrage, d’un rapport d’évaluation des incidences sur l’environnement, dénommé ci-après « étude
d’impact », de la réalisation des consultations prévues, ainsi que de l’examen par l’autorité
autorisant le projet, de l’ensemble des informations contenues dans l’étude d’impact et reçues dans
le cadre des consultations effectuées et du maître d’ouvrage.

Contenu de l’étude d’impact :


Facteurs en fonction de chaque cas particulier :
- la population et la santé humaine
- la biodiversité, en particulier les espèces et les habitats protégés,
- Les terres, le sol, l’eau, l’air et le climat,
- Les biens matériels, le patrimoine culturel et le paysage,
- l’interaction entre les facteurs mentionnés précédemment
Contenu :
- un résumé non technique de l’étude d’impact qui permet à tout citoyen de pouvoir comprendre les
éléments de l’étude d’impact
- la description du projet, en particulier :
- la localisation du projet
- les caractéristiques physiques de l’ensemble du projet
- les principales caractéristiques de la phase opérationnelle
- l’estimation des types et des quantités de résidus d’émissions attendus
- une description des aspects pertinents de l’état actuel de l’environnement et de leur évolution
dénommée « scénario de référence » et un aperçu de l’évolution probable de l’environnement en
l’absence de mise en œuvre du projet
- une description des facteurs mentionnés ci-dessus susceptibles d’être affectés de manière notable
par le projet
- une description des incidences notables que le projet est susceptible d’avoir sur l’environnement
résultant entre autres :
- de la construction et de l’existence du projet, y compris, le cas échéant, des travaux de

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Droit de l’environnement

démolition
- de l’utilisation des ressources naturelles
- de l’émission de polluants
- des risques
- du cumul des incidences avec d’autres projets existants ou approuvés
- des incidences du projet sur le climat et de la vulnérabilité du projet au changement
climatique
- des technologies et des substances utilisées
- la description des éventuelles incidences notables portant sur les effets directs
- une description des incidences négatives notables, le cas échéant, les mesures envisagées pour
éviter ou réduire les incidences négatives notables
- une description des solutions de substitution raisonnables
- les mesures prévues pour :
- éviter les effets négatifs ou les réduire
- compenser les effets négatifs
- la description de ces mesures doit être accompagnée de l’estimation des dépenses
correspondantes, des effets attendus, des principales modalités de suivi des effets
- les modalités de suivi des mesures d’évitement, de réduction et de compensation proposées
- les méthodes de prévision
- les noms qualités et qualifications des experts
Afin de veiller à l’exhaustivité et à la qualité de l’étude d’impact :
- le maître d’ouvrage s’assure que celle-ci est préparée par des experts compétents
- l’autorité compétente veille à disposer d’une expertise suffisante
- si nécessaire, l’autorité compétente demande au maître d’ouvrage des informations
supplémentaires

L’étude d’impact doit toujours être à jour et récente. Si l’étude est insuffisante, l’autorité
administrative refusera l’autorisation.

Mesure d’évitement : (…)


- (…)
Mesure de compensation (contrepartie) : elle a pour objet d’apporter une contrepartie aux effets
négatifs (…)

Il y a des compensations par anticipation.

ÉVITER – RÉDUIRE – COMPENSER :

Principe de précaution

C’est un principe que l’on retrouve dans la déclaration de Rio, le TFUE, le code de l’environnement et
la charte constitutionnelle de l’environnement. Il s’applique en droit français et en droit de l’UE. C’est
le principe le plus controversé. Le risque est incertain. Ce n’est pas la recherche du risque 0 mais la

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Droit de l’environnement

limitation des risques. Ce sont les autorités publiques qui décident s’il faut ou non un principe de
précaution. Les mesures de précaution sont toujours provisoires car aucune certitude sur l’existence
du risque.

Charte constitutionnelle de l’environnement : Lorsque la réalisation d'un dommage, bien


qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et
irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de
précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation
des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du
dommage.
Code de l’environnement : Le principe de précaution, selon lequel l'absence de certitudes, compte
tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption de
mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et
irréversibles à l'environnement à un coût économiquement acceptable
On essaie de prévenir un dommage à l’environnement.

Prévention (activité qui fait courir un risque de dommage) ≠ précaution (on n’est pas sûr que le
risque existe)

Copier le schéma « Principe de précaution »

Copier le schéma « application du principe de précaution »

Principes :
1 : évaluation et définition du risque
2 : définition des différents scénarios d’action
3 : analyse coût bénéfice (idée de risque acceptable)
4 : évaluation des risques par des organes indépendants
5 : les décisions prises doivent être révisables, les solutions adoptées doivent être révisables et
proportionnées. Non discrimination et cohérence des décisions.
6 : obligation de recherche
7 : les circuits de décision doivent être appropriés
8 : les circuits de décision doivent être fiables
9 : les évaluations et décisions doivent être transparents, ce qui implique l’étiquetage et la traçabilité
10 : information du public

Le contrôle du respect du principe de précaution par le juge doit s’opérer suivant une démarche
prudente. Les autorités politiques doivent se voir reconnaître un large pouvoir d’appréciation. Il ne
s’affirme en tant qu’élément d’une gestion rationnelle des risques. Il n’est pas contesté que
l’application de ce principe n’a pas pour effet d’écarter celles d’autres principes tout aussi essentiels.

Principe pollueur-payeur

Au départ, ce n’est pas un principe environnemental mais économique qui vise à éviter les
distorsions de concurrence. Certains pays prenaient à leur charge le coût des mesures de protection
de l’environnement, mises en œuvre de manière obligatoire par les entreprises.

 C’est un instrument qui dit que c’est à l’entreprise de prendre à sa charge le cout des dommages
environnementaux pour éviter les distorsions de concurrence.
Toute personne doit contribuer à la réparation des dommages qu’elle cause à l’environnement, dans
les conditions définies par la loi.

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Droit de l’environnement

Cela a été étendu aux pollutions accidentelles.

Il a 3 fonctions principales :
- l’internalisation des coûts de la pollution
- prévention des pollutions (normes, quotas d’émissions de GES…)
- réparation : après des pollutions accidentelles : capital naturel, santé, faune, flore, nettoyage et
remise en état, impact touristique et économique

Préjudice écologique : par préjudice causé à l'environnement on entend des atteintes causées aux
écosystèmes dans leur composition, structure ou fonctionnement. Ces préjudices se manifestent par
une atteinte aux éléments ou aux fonctions des écosystèmes, au-delà et indépendamment e leurs
répercussions sur les intérêts humains.

La réparation du préjudice écologique s’effectue par priorité en nature.

Fonds d’indemnisation : FIPOL, le pollueur contribue à la réparation de l’environnement en versant


sa cotisation au FIPOL

Les principes d’information et de participation

 C’est le droit pour les acteurs de la société de participer au traitement des questions
environnementales. Pour participer, il faut être informé, ce qui fait que les deux facettes sont
indissociables.

 Principe d’information : toute personne a le droit d’accéder aux informations relatives à


l’environnement détenues par les autorités publiques. Sauf : défense nationale, vie privée, secret
médical, secret commercial et industriel.
 Principe de participation : toute personne peut formuler des observations qui sont prises en
compte par l’autorité compétente.

 L’enquête publique a pour objet d’assurer l’information et la participation du public ainsi que la
prise en compte des intérêts des tiers. Les observations et propositions sont prises en considération
pour prendre la décision.

Font l’objet d’une enquête publique obligatoire tous les projets qui ont fait l’objet d’une
évaluation environnementale, ainsi que certains plans et programmes.

S’il a évaluation environnementale, il y a enquête publique.

L’enquête publique est très réglementée, elle est préalable à l’adoption du projet. Le principe, c’est
que les citoyens vont participer avant que la décision soit prise.

Procédure :

- Une enquête publique est ouverte et organisée par l’autorité compétente pour prendre la décision
en vue de laquelle l’enquête est requise.
- Elle est conduite par un commissaire enquêteur ou une commission d’enquête.
- Le responsable du projet, plan ou programme prend en charge les frais de l’enquête.
- La durée de l’enquête publique est fixée par l’autorité compétente chargée de l’ouvrir et de
l’organiser (30 jours à 2 mois).
- 15 jours au moins avant l’ouverture de l’enquête, l’autorité compétente informe le public. (le
principe est de donner de la publicité à cette enquête publique, sur le site internet, par voie

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Droit de l’environnement

d’affichage et dans les journaux locaux).


- Cet avis précise :
- L’objet de l’enquête ;
- La ou les décisions pouvant être adoptées au terme de l’enquête et des autorités compétentes
pour statuer ;
- Le nom et les qualités du commissaire ou des membres de la commission d’enquête ;
- La date d’ouverture de l’enquête, sa durée et ses modalités ;
- L’adresse du ou des sites internet sur lequel le dossier d’enquête peut être consulté ;
- Le ou les lieux ainsi que les horaires où le dossier de l’enquête peut être consulté sur support
papier et le registre d’enquête accessible au public ;
- Le ou les points et les horaires d’accès où le dossier de l’enquête publique peut être consulté
sur un poste informatique ;
- La ou les adresses auxquelles le public peut transmettre ses observations et propositions
pendant le délai de l’enquête. S’il existe un registre dématérialisé, cet avis précise l’adresse du
site internet à laquelle il est accessible.
- Le dossier d’enquête publique est mis en ligne pendant toute la durée de l’enquête. Il reste
consultable, pendant cette même durée, sur rapport papier.
- Si le projet, plan ou programme a fait l'objet d'une procédure de débat public ou d'une
concertation préalable, le dossier comporte le bilan de cette procédure ainsi que la synthèse des
observations et propositions formulées par le public. Lorsqu'aucune concertation préalable n'a eu
lieu, le dossier le mentionne.
- Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête conduit l'enquête de manière à permettre
au public de disposer d'une information complète sur le projet, plan ou programme, et de
participer effectivement au processus de décision. Il ou elle permet au public de faire parvenir ses
observations et propositions pendant la durée de l'enquête par courrier électronique de façon
systématique ainsi que par toute autre modalité précisée dans l'arrêté d'ouverture de l'enquête.
- Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions
motivées dans un délai de 30 jours à compter de la fin de l'enquête (L123-15).
- Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée
de l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage.
- Le rapport et les conclusions motivées sont rendus publics par voie dématérialisée sur le site
internet de l'enquête publique et sur le lieu où ils peuvent être consultés sur rapport papier.

Les principes d’intégration

 Les exigences de la protection de l’environnement doivent être intégrées dans la définition et la


mise en œuvre des politiques et actions de l’Union, en particulier afin de promouvoir le
développement durable.

L’idée est que dans toute politique, on doit prendre en compte la question environnementale.

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Droit de l’environnement

Deux voies pour l’intégration :


- l’adoption de mesures destinées à réduire la pollution dans des politiques autres que
l’environnement ;
- la mise en balance des intérêts divergents.

Les nouveaux principes de l’article L110-1 du code de l’environnement

- Le principe de solidarité écologique : appelle à prendre en compte, dans toute prise de décision
publique ayant une incidence notable sur l'environnement, les interactions des écosystèmes, des
êtres vivants et des milieux naturels ou aménagés.
- Le principe de l’utilisation durable : la pratique des usages peut être un instrument qui contribue à
la biodiversité.
- Le principe de complémentarité : entre l'environnement, l'agriculture, l'aquaculture et la gestion
durable des forêts, selon lequel les surfaces agricoles, aquacoles et forestières sont porteuses d'une
biodiversité spécifique et variée et les activités agricoles, aquacoles et forestières peuvent être
vecteurs d'interactions écosystémiques garantissant, d'une part, la préservation des continuités
écologiques et, d'autre part, des services environnementaux qui utilisent les fonctions écologiques
d'un écosystème pour restaurer, maintenir ou créer de la biodiversité.
- Le principe de non régression : un décret ne pourrait pas revenir en arrière. La protection de
l'environnement ne peut faire l'objet que d'une amélioration constante.

Les institutions de l’environnement (France et Union Européenne)

Administration de l’état :

- Organigramme du ministère
- Établissements sous tutelle
- Services déconcentrés

Structure centrale du ministère :


- secrétariat général
- CGDD
- 5 directions générales (énergie, transport, logement, prévention des risques, pêches…)

Le ministre est chargé de préparer et de mettre en œuvre la politique du gouvernement. C’est le


ministère de la transition écologique qui va préparer les projets de décrets et d’arrêtés. Il est assisté
du ministre chargé des transports.

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Droit de l’environnement

Le ministère a une fonction d’élaboration des textes, des décrets et d’arrêts, ils vont également
travailler sur les projets de lois. Il va suivre l’application des textes et questions environnementaux.

Le commissariat général au développement durable (CGDD) :


- connaissances environnementales
- service statistiques
- publications
- aides à la décision

Le conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) :


- conseil du gouvernement
- mission d’expertise
- mission d’inspection générale
- c’est l’autorité environnementale consultée quand un projet fait l’objet d’une évaluation
environnementale au cas par cas.

Les services déconcentrés :


Ce sont les services du ministère mais qui se trouvent soit en région (DREAL), soit en département.

Le préfet assure la mise en œuvre des politiques publiques, c’est le représentant de l’état dans le
département. Il a un rôle important dans les autorisations. Le contrôle des installations classées
relève du préfet.

Compétences des collectivités territoriales :


- Région : Nouvelles compétences : le schéma régional d’aménagement, de développement durable
et d’égalité des territoires (SRADDET) planifie les enjeux régionaux en matière de préservation et de
remise en bon état des continuités écologiques, déchets, atténuation et adaptation au changement
climatique, lutte contre la pollution atmosphérique, maîtrise de la consommation d’énergie,
développement des énergies renouvelables et des énergies de récupération, il peut établir un projet
de territoire pour anticiper et gérer les évolutions du trait de côte.
- Elle est à l’origine de la création des parcs naturels régionaux.
- Diverses compétences consultatives.

- Département : Peu de compétence réelle : création des Espaces naturels sensibles, plan
départemental des itinéraires de promenade et de randonnée (et motorisée). Compétences
consultatives.

- Commune ou EPCI : Pouvoir de police du maire. La commune a perdu des compétences au profit
des EPCI ou métropoles : eau et assainissement (progressivement). Déchets transférés aussi
progressivement. La gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI) est
transférée aux intercommunalités. Compétences consultatives.

Les institutions de l’UE :

La commission européenne a des services qui travaillent par directions générales, qui préparent des
textes, étudient l’état de l’environnement…
Les deux directions générales sont celles de l’environnement et de l’action climatique.

L’agence européenne pour l’environnement apporte une aide technique et scientifique à l’union et
aux états membres en ce qui concerne la protection de l’environnement.

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Droit de l’environnement

 La pollution atmosphérique se calcule en tonne équivalent CO2 teqCO2

 L’économie circulaire : le fait que lorsqu’on conçoit un produit, on prend en compte les déchets
qu’il génèrera jusqu’à sa fin de vie (cycle de vie des produits).

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