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MITOCHONDRIES

Historiques :
C’est Altman (1890) qui a découvert les mitochondries, il les a nommées : bioblastes, car
leurs aspects et dimensions ressemblent à ceux des bactéries.
Il a fallu attendre Bensley (1932) pour leur isolement à partir de cellules du foie de cobaye.
On doit leur description générale à Palade et Sjostrand (1952-1953) et la mise en évidence de
leur ADN à Schatz /Nass (1964-1965). Bien après Liu et al (1996) leur attribuent un rôle
dans l’apoptose.

Organisation générale :
Retrouvées uniquement chez les eucaryotes (sauf hématies), environ 1000-3000/cellule (selon
type cellulaire), elles sont à transmission maternelle.
Organites à double membrane, ayant un génome et des ribosomes, elles interagissent avec le
cytosquelette pour leur déplacement. Elles sont source d’énergie de la cellule.

Aspect morphologique
MO : Elles se colorent au vert Janus, elles apparaissent sous forme globulaire de θ de 0,5-
1µm, ou filamenteuse de 10µms de long.
Leur nombre varient d’un type cellulaire à un autre et de l’état d’activité d’une cellule, ainsi
nombreuses dans des cellules à forte activité et à dépense énergétique Intense,
ex : le neurone, le spermatozoïde, la cellule musculaire….etc.
La technique d’immunomarquage permet leur observation au microscope à fluorescence.

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Ultra-Structure (ME)
Chaque mitochondrie est constituée : -D’une membrane externe uniforme et continue ;
d’un espace inter-membranaire (chambre externe) ; d’une membrane interne qui se projette
par des invaginations ou crêtes dans la matrice mitochondriale. Ces crêtes sont soit tubulaires
(cellule à sécrétion lipidique) ou lamellaires (cellule à sécrétion protéique) ; et d’une matrice
mitochondriale (chambre interne).

Isolement des constituants de la mitochondrie


A partir d’un isolat de mitochondries intactes et par fractionnement, on obtient les différents
constituants structuraux de la mitochondrie, les étapes sont résumées ci-dessous.

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-Membrane externe :
A composition proche de la MP (un peu plus de protéines), avec une abondance de porines ;
qui s’organisent en pores et permettent le passage passif aux ions et molécules <10 KDa.

-Espace inter-membranaire
De 4-7 nms, d’aspect dense, à composition proche de celle du hyaloplasme, avec des ions et
petites molécules. Les protons H+ proviennent de la chaine respiratoire, le cytochrome C
circulant entre les 2 membranes et des molécules inférieures à 10 KDa.
-Membrane interne
Composée de: 80 % de protéines et 20% de lipides, avec une richesse en cardiolipine
(diphosphatidyl-glycérol) et absence de cholestérol. Cette membrane envoie des replies ou
crêtes projetées dans la matrice. On y retrouve des transporteurs et complexes protéiques
enzymatiques impliquées dans la phosphorylation oxydatives (respiration cellulaire).
Cette membrane est à faible fluidité, avec passage actif de petites molécules.

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-Matrice mitochondriale
Dense et irrégulière, d’aspect granuleux, elle contient des mitoribosomes ressemblant aux
ribosomes bactériens. Un ADN, un ARN messager et un ARN de transfert. Elle contient des
systèmes enzymatiques oxydants, du pyruvate(glycolyse), des acides gras (cycle de Krebs).
L’ADN mitochondrial : Circulaire, bicaténaire, constitué de 16569 paires de bases (pb),
5-10 copies par mitochondrie (environ 5000 copies/ cellule). Il porte une information
génétique 105 fois inférieure à celle de l’ADN nucléaire (1% de l’ADN cellulaire total).
Il code pour 37 gènes, comme chez les procaryotes, absences d’introns, code génétique
différent de celui de l’ADN nucléaire, systèmes de réparation incomplet.

Division et fusion mitochondriale


Comme les bactéries, les mitochondries se divisent par scissiparité, elles dédoublent leur
matériel génétique et leur volume. Elles donnent naissance à de petites entités qui peuvent
fusionner en mitochondries plus grandes ou structures ramifiées. Elles participent à leur
propre réparation (mécanisme mis en jeu n’est pas encore compris).

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Importation des protéines dans les mitochondries
La majorité des protéines mitochondriales sont importées du cytoplasme (500). Le système
d’import et d’adressage est précis avec une séquence d’adressage en N-Terminal, avec
présence d’un peptide signal et de pores protéiques de translocation pour leur passage.

Importation des lipides dans les mitochondries


Le mécanisme d’importation des lipides dans les mitochondries est mal connu, néanmoins il
y’a deux théories qui s’affrontent : L’une s’appuie sur l’existence d’une navette protéique qui
transporterait les lipides du REL aux mitochondries, l’autre sur un échange directe.

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Fonctions des mitochondries
Les mitochondries remplissent plusieurs fonctions parmi elles:

-La respiration cellulaire


La chaine respiratoire est une association de 5 complexes protéiques au sein de la membrane
interne, responsable de la synthèse d’ATP à partir de molécules donneuses d’électrons ;
NADH, et FADH2 (produits du cycle de Krebs).
Cette production d’énergie est permise grâce à la formation d’un gradient électrochimique de
protons dans l’espace inter-membranaire de la mitochondrie, lui-même formé par l’énergie
des électrons provenant du NADH, et FADH2 (donneurs d’électrons).
Ces électrons riches en énergie au départ sont récupérés et transportés successivement via les
différents complexes suivants :
- Complexe I : A action NADH coenzyme Q réductase, récupère les électrons du NADH et
permet le transport de 4H+ de la matrice mitochondriale à l’espace inter-membranaire.
- Le complexe II : A action succinate coenzyme Q réductase, récupère les électrons du
FADH2 et ne transporte aucun proton.
- Complexe III : A action coenzyme Q cytochrome C réductase, permet le transport de 4 H+
de la matrice mitochondriale à l’espace inter-membranaire.
-Complexe IV : A action cytochrome C oxydase, permet le transport de 2 H+de la matrice
mitochondriale à l’espace inter-membranaire
-Coenzyme Q (l’ubiquinone) : Permet la transition entre complexe I ou II avec le complexe
III
-Cytochrome C : Permet la transition entre le complexe III et IV.
Suite à cette chaine de complexes protéiques, le dernier accepteur d’électrons à basse énergie
est l’oxygène (énergie perdue au fur et à mesure de leur transport par les complexes) à
l’origine de la formation de la molécule d’eau en présence des H+.
Ainsi on voit bien que l’énergie électrochimique générée par le passage des électrons sur les
transporteurs permet le transport des protons H+ de la matrice vers l’espace inter-
membranaire (du moins concentré vers le plus concentré) et génère donc un gradient de
concentration de protons de part et d’autre de la membrane interne, énergie nécessaire à
l’ATP synthétase pour la phosphorylation d’ADP en ATP dans un processus global appelé
phosphorylation oxydative.
Les protons H+ sont libérés via une pompe à protons (composante de l’ATP synthétase) de
façon passive (du plus concentré vers le moins concentré) dans la matrice mitochondriale.
Les 10 H+ du NADH permettent la synthèse théorique de 3 ATP, les 6 H+du FADH2 2ATP.

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-L’ATP synthétase :
Complexe protéique transmembranaire, organisée en pompe ionique inversée, constituée de
trois parties solidaires :
Une sous-unité f0 Intra-membranaire; canal protonique (passage de protons H+)
Une sous-unité F1 baignant dans la matrice mitochondriale à activité ATP-synthétase
(synthèse d’ATP) et d’une partie statique, stabilisant la structure.
Synthèse de lipides :
- Synthèse d’hormones stéroïdes
Avec le REL à partir du cholestérol grâce à des cytochromes P450 mitochondriaux.
-Synthèse de Phospholipides : Avec le concours du REL.

Synthèse de l’hème :
L’hème est une structure aromatique à atome de fer. Sa synthèse a lieu principalement dans la
moelle osseuse et le foie. Elle débute dans la mitochondrie se continue dans le cytoplasme et
se termine dans la mitochondrie.

Précurseurs d’acides aminés non essentiels


La mitochondrie est capable de synthétiser des acides aminés non essentiels (non essentiel,
signifie que l’organisme est capable de les synthétiser)
ex : alanine, glutamine, contrairement aux acides aminés dit essentiels car l’organisme est
incapable de les synthétiser et doit les puiser de l’alimentation, ex : Histidine, leucine…etc

Homéostasie calcique :
Réservoir de Ca2+(avec le REL), la mitochondrie contribue à la régulation de la concentration
intracellulaire du Ca2+. Le transport a lieu à travers canaux ioniques ; protéines
transmembranaires (échangeurs Na+/Ca2+).

Rôle dans l’apoptose


L’apoptose : Mort cellulaire programmée, les mitochondries se gonflent et libèrent dans le cytoplasme
massivement du Ca2+ et des molécules apoptogènes (caspase, cytochrome C).
Le noyau devient petit et dense (pycnotique), la cellule se vésicularise et entoure ces
constituants, sans libérer son contenu. Les macrophages interviennent pour phagocyter ces
débris, donc pas de réaction inflammatoire ni dommage sur son environnement immédiat.

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Thermogenèse :
De par leur position de choix dans la production d’énergie, les mitochondries produisent de la
chaleur par la conversion d’une partie de cette énergie sous forme de chaleur.

Production d’EROs ou ROS:


EROs ou Espèces chimiques Réactives à l’Oxygène ; donc oxygénées (oxydées), telles que
des radicaux libres, H2O2 et e- célibataires qui peuvent s’échapper de la chaine respiratoire et
être transférés trop tôt à l’O2, on obtient un anion superoxydé , toxique si la cellule ne s’en
débarrasse pas .
La mitochondrie peut en être la source d’EROs comme ils peuvent être d’origine exogène,
elle est aussi la cible. Ainsi elle balance entre EROs et défense, car si ces EROs s’accumulent
dans la cellule, ils engendrent dysfonctionnement et accélèrent le vieillissement cellulaire
comme indiqué sur le schéma ci dessous.

Pour le bien de notre organisme, il est recommandé d’avoir une alimentation riche en anti -
oxydants qui sont protecteurs, tels que les fruits rouges, poivrons rouges, huile d’olive,
carottes, betteraves, tomates, noix, amandes …etc.

Origine des mitochondries


Théorie d’endosymbiose ou origine bactérienne de la mitochondrie
Cette théorie stipule : Il y’a des centaines de millions d’années, certaines formes bactériennes
aérobiques ont été phagocytées et piégées par d’autres cellules eucaryotes primitives
anaérobiques, depuis elles ont d’étroites relations d’endosymbiose (profit partagé) ce qui a
donné naissance à la cellule eucaryote aérobique que l’on connait.

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Les inhibiteurs de la chaine respiratoire
On connait depuis un certains temps des inhibiteurs de la chaine respiratoire qui agissent à
différents niveaux (voir schéma ci-dessous)

Pathologies mitochondriales:
Maladies liées à l’ADN mitochondriale :
Elles touchent les 2 sexes, l’effet est selon le nombre de mitochondries touchées,
ex : maladie de kearn-Sayne, qui se manifeste par des troubles occulaires et myopathie.
On remarque beaucoup de délétions dans l'ADN mitochondrial (60 % de molécules mutées).
La mutation en position 3242 (leucine de tRNA), cause le syndrome MELAS (80% des cas)
avec diabète et surdité.
On parle aussi d’hétéroplasmie ; cas où seules certaines mitochondries ou même copies de
l’ADN mitochondrial sont touchées.

Maladies liées à l’ADN nucléaire codant pour des molécules mitochondriales :


Les tissus les plus touchés sont ceux à fortes demandes d'énergie. Transmission mendélienne,
ex : syndrome de Leigh, caractérisé par une cardiomyopathie, lésions neurologiques.
L’Ataxie de Friedrich ; forme la plus fréquente de l’ataxie, avec déficit de la chaine
respiratoire, causée par une expansion répétée du triplet GAA. Cette maladie empêche la
production normale de frataxine, qui joue un rôle dans le métabolisme du fer au niveau
mitochondrial.