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© Gilbert MOUTHON

Professeur Gilbert MOUTHON


Service de Physique et Chimie Biologiques et Médicales,
Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort
59 av. du Général Leclerc, 94700 Maison Alfort, France

Docteur Jean Christophe BOCQUET


© Gilbert MOUTHON

LES EFFETS BIOLOGIQUES DES CHAMPS ELECTROMAGNETIQUES A TRES BASSE


FREQUENCE : DES TROUBLES OBSERVABLES SUR LES ANIMAUX

Professeur Gilbert MOUTHON - Docteur Jean Christophe BOCQUET

Table des matières détaillée

Introduction 3
I- Etudes in vitro des effets des champs électromagnétiques E.L.F. 3
Tableau I : Interactions des champs électriques et magnétiques avec les processus 4
moléculaires et cellulaires (résumé des études « in vitro »)
Tableau II : Interactions des champs électriques et magnétiques avec les processus 5
moléculaires (résumé des études « in vitro »)
Tableau III : Effets des champs électriques chez le rat sur la répartition de métaux 6
dans l’organisme
II- Etudes sur l’animal des effets des champs électromagnétiques E.L.F. 7
Tableau IV : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz 7
sur le système immunitaire
Etudes des modifications du comportement 8
Etudes des modifications neurophysiologiques 8
Analgésie 8
Tableau V : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz 8
sur le système nerveux
Tableau VI : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz 9
sur des indicateurs de stress
Etudes des effets sur l’embryogenèse du poulet 9
Tableau VII : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz 9
sur le développement embryonnaire
Etudes sur l’embryogenèse de souris 10
Etudes sur l’embryogenèse de rats 10
Etude sur l’embryogenèse de porcs 10
Tableau VIII : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz 10
sur le développement embryonnaire
Etudes portant sur le développement spontané de tumeurs 11
Etudes portant sur des modèles d’implantation de cellules tumorales
Tableau IX : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz 11
sur la carcinogenèse animale
Initiation et promotion de tumeurs de la peau 11
Initiation et promotion de tumeurs mammaires 12
Initiation et promotion de lymphome thymique 12
Tableau X : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz 12
sur la carcinogenèse animale. Etudes portant sur des modèles
d’initiation et de promo tion tumorale (suite)
Tableau XI : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 12
Hz sur la sécrétion nocturne de mélatonine chez le rat
III- Effets observés des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz 13
sur les animaux de rente
Effets sur les ruminants 14
Effets sur le porc 14
Tableau XII : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz 14
sur les animaux de rente
IV- Effets des courants électriques parasites et induits sur les animaux d’élevage 15
V- Effets des courants électriques parasites et induits chez le chien 16
V-1- principales maladies rencontrées 16
V-2- Investigations complémentaires : Sur les problèmes de reproduction 16
Mesures de courants électriques vagabonds 17
VI- Conclusion : Résumé des effets des courants électriques parasites 17-18
et induits sur les animaux
La bibliographie sera fournie à la demande par l’auteur

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Les effets biologiques des champs électromagnétiques à très basse fréquence :


des troubles observables sur les animaux

Biological effects of electromagnetic fields with very low frequency on animals

Professeur Gilbert MOUTHON*


Docteur Jean Christophe BOCQUET

De nombreuses études dans les domaines allant des modèles cellulaires aux expérimentations
chez l’animal et aux observations chez l’homme, établissent la réalité des effets biologiques chez tous
ces êtres vivants soumis à l’action de champs électromagnétiques 50 / 60 hertz.

Chez l’animal, des perturbations dans la répartition des métaux catalytiques dans
l’organisme, dans le développement embryonnaire, le système immunitaire, le système nerveux
et les comportements sociaux et d’apprentissage, des indicateurs de stress, des effets carcino-
génétiques et des réductions sur la sécrétion nocturne de mélatonine ont été rapportés.

Ces troubles ont été décrits chez l’homme avec notamment des effets sur le cerveau, le
cœur, les maladies dégénératives et l’hypersensibilité mais aussi des risques importants de
leucémies, en particulier chez l’enfant, peut-être de cancer du cerveau (astrocytome).

Même si les effets expérimentaux sont de mieux en mieux compris, il est difficile d’établir des
relations entre les phénomènes physiques et les troubles observés, du fait des interactions complexes
des champs électromagnétiques à extrêmement basse fréquence avec les systèmes vivants.

I- Etudes in vitro des effets des champs électromagnétiques E.L.F.

Un grand nombre d'expériences suggère que les processus cellulaires peuvent être
influencés par les champs électromagnétiques E.L.F, ces derniers semblant avoir une influence
globale ou produire une réaction de stress. Les processus étudiés touchent à l'action des champs
sur les membranes cellulaires et aux modifications des transports ioniques (notamment du
calcium) impliqués dans les mécanismes de réception et de transduction des messages
intercellulaires avec les perturbations qu'elle s induisent dans les cascades enzymatiques qui y
sont associées.

L'activité de certaines enzymes, notamment plusieurs intervenant dans les mécanismes de


croissance cellulaire, a été plus particulièrement explorée, de même que certaines altérations
pouvant affecter la transcription de l’ADN. Enfin, le métabolisme cellulaire, en particulier celui
des lymphocytes T, a fait l'objet de recherches intensives.

* Service de Physique et Chimie Biologiques et Médicales, Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort

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De l'ensemble de ces recherches se dégage un certain consensus scientifique quant aux modes
d'interactions possibles entre les champs électromagnétiques E.L.F et la biologie cellulaire et
moléculaire, qui indique que la coopération cellulaire implique des états cohérents de la matière, des
phénomènes de résonance et des transitions se déroulant en dehors des états d'équilibres thermiques.

On retrouve dans les tableaux I et II qui suivent une synthèse des effets des champs
électromagnétiques sur un certain nombre de modèles moléculaires et cellulaires.

Modèle types d’effets Intensités Résultats Références


recherchés Fréquences
Temps et durée
d’exposition
Action sur les membranes cellulaires et les flux du calcium
Paramécie 72 Hz, pulsé • Augmentation du taux de division Dihel et al
cellulaire (1985)
• Modification du potentiel et de la
fluidité membranaire
Efflux calcique à 1 mW/cm2 • Modification de la fixation du calcium
Bawin et Adey
Tissus cérébraux 16 Hz • Altération de l’efflux calcique (1978)
Blackman et al
(1982,1985)
Influx calcique 22 mT – 60 Hz • Augmentation de l’influx calcique Walleczek et
Thymocytes activés 60 minutes uniquement chez les lymphocytes activés Liburdy (1990)
(+20%)
Influx calcique 2 mT – 60 Hz • Augmentation du taux de capture du Walleczek
2 minutes calcium uniquement lorsque le taux de (1995)
capture initial est faible
• Pas d’effet dans le cas contraire
Influx calcique 1 Mt • Réduction significative du taux de Conti et al
Thymocytes activés 3 Hz capture du calcium (1985)
Walleczek
(1992)
Efflux calcique 5 à 100 Hz • Fenêtre d’intensité de 40 à 150 µT Lindstrom et al
Lymphocytes activés 40 à 150 µT • 50 Hz : effet maximum (1995)
(CD3)
Efflux calcique 100 µT • + 30% d’amplitude des oscillations de Galvanovskis et
Lymphocytes activés 50 Hz la concentration du calcium al (1996)
(CD3) • Déplacement vers les hautes
fréquences
Action sur les enzymes
Protéines G • Activation des protéines G induisant Luben (1990)
(liée à GTP) une forte amplification du signal
transmembranaire
Adénylate-cyclase mT • Inhibition de l’accumulation de l’AMPc Luben(1990,
Ornithine 60 Hz – 72 Hz en réponse à la Parathormone (1 nMole) 1993, 1994)
Décarboxylase 90 H
Protéines kinases C 100 µT • Translocation de la protéine-kinaseC de Luben (1994)
Ostéoblastes 60 Hz la fraction membranaire
Cell. Leucem. 30 mn à 24 H • Activation progressive de la PKC

Tableau I : Interactions des champs électriques et magnétiques avec les processus


moléculaires et cellulaires (résumé des études « in vitro »)

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Modèles Intensités Résultats Références


types d’effets Fréquences
recherchés Temps et durée
d’exposition
Prolifération cellulaire
ODC à 10 mV/m • Augmentation de l’activité de l’ODC Buys et al (1987)
Ornithine 60 Hz jusqu’à +500% pour les cell. Reuber H35
Décarboxylase exposées à 10 mV/m
Hépatocyte • Début d’augmentation à 0.1 mV/m
Cellules MCF7 µT et 1.2 µT • Diminution de la croissance des cell. Liburdy et al
(cell. tum. 60 Hz sinusoïdal tumorales en présence de mélatonine (1993)
mam sensibles • Suppression de l’effet inhibiteur de la
oestrogènes et mélatonine à 1.2 µT
mélatonine • Pas d’effet inhibiteur 0.2 µT
Action sur la transcription
Cellules humaines 60 Hz – 72 Hz • Augmentation de la production Goodman et al
HL60 sinusoïdaux d’ARNm ( ß Actine et Histone H2B) (1989)
Fibroblastes 60 Hz • Augmentation de la production Gold et al (1994)
transformés par sinusoïdaux d’ARNm viraux et de protéines
virus SV40 antigéniques
Levures 60 Hz • Augmentation du taux de transcription Goodman et al
Cell. Drosophile sinusoïdaux de gènes de stress (1997)
Cell. humaines • Activation des facteurs HSF1 et HSF2
Aberrations chromosomiques et effets mutagènes
Cellules 30 µT – 50 Hz • Augmentation des aberrations Nordenson et al
amniotiques Intermittents chromosomiques (4% contre 2% (1994)
humaines 15s/15s - 2s/20s témoins)
72 H • Pas d’effet pour l’expo. continue
Revue de 23 études portant sur les effets mutagènes des CEM ELF présentant 7 Mac Cann et al
études récentes qui ont conclu à un effet mutagène (1998)
Effets lymphocytaires
Lymphocytes T 450 Mhz modulés • Inhibition partielle de la toxicité Lyle et al (1983)
allogéniques entre 0 et 100 Hz allogénique des lymphocytes T
1.5 mW/cm2 (maximum de 20% pour 60 Hz)
Effets sur les radicaux libres
Réaction du • Action des champs magnétiques Grundler et al
cytochrome pouvant s’exercer pour des intensités (1992)
proches de zéro
P450 Econazol 60 Hz • Inhibition complète de l’action du P450 Walleczek et al
2 mT Econazol (1994)
Oxyde Nitrique 1 Hz • Modification de la régularité des Bawin et al (1994)
(NO) 100 µT rythmes lents de l’E.E.G modulés par
l’action de NO

Tableau II : Interactions des champs électriques et magnétiques avec les processus


moléculaires (résumé des études « in vitro »)

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Métaux concernés Intensité Résultats Références


Fréquence
Durée d’exposition
Cuivre (Cu) 1 kV/m – 15 kV/m Pour15 kV/m : Koriazin et al
Molybdène (Mo) 50 Hz Cu :Diminution dans le foie (1977)
Fer (Fe) 2 h/j - 4 mois Fe et Mo :Diminution dans le foie et les
autres organes
Augmentation du Fe dans les reins
Cuivre (Cu) 7 ;12 ; 15 kV/m A : diminution du Cu et augmentation du Fe Gabovich et al
Molybdène (Mo) 50 Hz et du Mo dans les fécès et l’urine (1977)
Fer (Fe) A : 30 mn/j - Cu : diminution dans le foie ; augmentation
Manganèse (Mn) 4 mois dans les autres organes
B : 2 h/j - Fe et Mo : diminution dans tout le corps ;
4 mois augmentation dans les reins
Mn : diminution pour 7 et 12 kV/m ;
augmentation pour 15kV/m
B : résultats idem /A
Cuivre (Cu) 7 ;12 ; 15 kV/m Cu : diminution dans le foie ; augmentation Gabovich et al
Molybdène (Mo) 50 Hz dans les autres organes (1978)
Fer (Fe) Fe et Mo : diminution dans tout le corps ;
Manganèse (Mn) augmentation dans les reins
Mn : augmentation dans tout le corps ;
diminution dans l’os
Cuivre (Cu) 7 ;12 ; 15 kV/m Cu : diminution dans les reins ; Shvaiko &
Fer (Fe) 50 Hz augmentation dans les autres organes Koriazin (1983)
Céruloplasmine A : 30 mn/j – Céruloplasmine . : augmentation
Transferrine 4 mois progressive dans le sang
Fe : diminution dans tout le corps;
augmentation dans l’urine et fécès
Transferrine : diminution progressive dans
le sang

Tableau III : Effets des champs électriques chez le rat sur la répartition de métaux dans
l’organisme

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II- Etudes sur l’animal des effets des champs électromagnétiques E.L.F.

Les observations et les recherches sur les effets possibles, directs ou indirects, des champs
électromagnétiques à extrêmement basses fréquences (ELF) sur la santé des animaux, notamment
pour la fréquence 50/60 Hz des réseaux de distribution électrique sont de plus en plus nombreuses.
Nous présenterons une revue des principales publications réalisées dans ce domaine, montrant des
interactions possible s avec les systèmes immunitaire et endocrinien, le développement embryonnaire,
des troubles du comportement et du rythme circadien, certaines actions à long terme, la relation
possible avec le cancer, la répartition tissulaire de certains métaux et les effets sur la sécrétion
nocturne de la mélatonine .
L’essentiel de ces travaux sera présenté sous la forme de tableaux synoptiques dans le but de
faciliter la lecture et la comparaison des résultats.

Intensité Animal Résultats Références


Fréquence
Durée d’exposition
2 ; 200 ?T; 1 mT Souris Pas de modifications générales des lymphocytes House et al
1mT intermittent (CD3 ,CD4, CD8, B) (1996)
60 Hz Variations de la réponse de Natural Killer -N.K :
28 ou 90 js -Augmentation à 4 sem./ Suppression à 13 sem.
18.5 h/j ; 7/7 js
2 ;20 ;200 ?T ; 2 Rats Diminution des CD5+ ,CD4+, CD8+ (doses Tremblay et al
mT dépendantes) (1996)
60 Hz Diminution des lymphocytes B (-12%)
42 js Augmentation de l’activité des N.K (+50%)
20 h/j ; 7/7 js
100 ?T Rats Diminution du nombre des lymphocytes à 2,4,8,13 sem. Mevissen et al
50 Hz Réponse des lymphocytes T de la rate à la Concanavaline (1998)
91 js ; 12 h/j A (prolifération) à 2 et 4 sem. Et diminution à 13 sem.
2 ;4 ;8 ;13 sem.
100 ?T Souris Diminution du nombre de globules blancs Picazo et al
50 Hz Altération de la formule sanguine (augmentation du (1994)
3 mois nombre de lymphoblastes)
5.9 /5.3/5.8 kV/m Moutons Diminution de la réponse humorale (anticorps) Lee et al (1992)
4 /3.8/3.5?T Diminution de la production d’IL1 après 2,5 et 6 mois
60 Hz d’exposition
(ligne 500 kV)
13-14 mois
6 kV/m – 50?T Babouins Diminution du nombre de lymphocytes T4, helpers et Murthy et al
50 Hz suppresseurs (1995)
6 semaines Diminution du nombre de récepteurs de l’IL2
2.5-20-40 mT Souris Expo. unique à 2.5mT : Kosova et al
50 Hz inhibition de la formation d’anticorps; normalisation (1987)
8 semaines après plusieurs expositions répétées.
Expo. à 20mT :
Exposition unique : pas d’effet
Après plusieurs expositions : stimulation de la productio n
d’Anticorps
Autres effets : leucopénie et monocytopénie

Tableau IV : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz sur le système
immunitaire

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Etudes des modifications du comportement

Intensité Espèces Résultats Références


Fréquence
Durée d’exposition
30kV/m Babouin Modification de comportements sociaux : Coelho et al
60Hz Affinité passive (1991)
période pré. : 6 sem. Agressivité
Période post : 6 sem Stéréotypie
30kV/m Babouin Modification des comportements sociaux Easley et al
60Hz (affinité passive, agressivité, stéréotypie) (1992)
période pré. : 6 sem. presque uniquement pendant la première
Période post : 6 sem semaine d’exposition

30kV/m Babouin Arrêt du travail à la première exposition Coehlo et al


60Hz Retour à la normale ensuite (1995)
1 an
0.75 mT Souris Diminution de la vitesse d’acquisition Sienkiewicz et al
60Hz (1998)
45 mn avant le test
d’apprentissage
Etudes des modifications neurophysiologiques
25 - 100kV/m Rats Expo. courte : Diminution de la plupart des Zecca et al
50Hz neurotransmetteurs cérébraux (norépinéphrine, (1991)
8-22 h ; 5-7js / sem. sérotonine, dopamine ) 4 expériences
320 – 1408 h

0.5 – 0.75 mT Rats Réduction de la réabsorption de la choline Lai et al (1993)


60Hz Blocage de cet effet pa r administration de
45 mn naltrexone (antagoniste cholinergique central)
1kV/m – 5 µT Rats 100 µT – 5 kV/m : Zecca et al (1998)
5 kV/m – 100 µT Augmentation de la norépinéphrine dans la
60Hz glande pinéale
22 h/j ; 8 mois Pas de modification des concentrations de
sérotonine et 5 Hydroxy Indol Acetic Ac
(5HIAA)
Diminution du nombre de récepteurs opioïdes
3kV/m – 10 µT Macaques Diminution de 5 HIAA ( métabolite de la Seegal et al
30 kV/m – 90 µT sérotonine) (1989)
60Hz Diminution de l’acide homovallinique 6 expériences
3 sem. (métabolite de la dopamine) dans le liquide 4 témoins
céphalo-rachidien.
Analgésie
50-100-150 µT Souris Diminution de l’analgésie Ossenkopp et
60Hz Relation dose dépendante Kavaliers
1h (1987a, 1987b)

Tableau V : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz sur le système nerveux

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Intensité Fréquence Espèces Résultats Références


Durée d’exposition
15kV/m Rats Diminution de la concentration de corticostérone Marino et al
60Hz dans le sang (1977)
10mois (enregistrée au cours de 6 expériences sur 10)

50kV/m Souris Diminution corticostérone après une seule Hackman et


60Hz application de 15 mn Graves (1981)
50kV/m Lapins Diminution de la concentration de cortisol dans la Portet et
50Hz corticosurrénale Cabanes (1988)
Pas de changement dans le sang
10 kV/m Souris Pour les mâles adultes, dans la zone glomérulaire De Bruyn et de
50Hz des surrénales Jager (1994)
22 h/j Augmentation corticostérone
6 générations Diminution des lipides
15 µT Souris Modification du rythme diurne de production du Picazo et al (1996)
50Hz cortisol
Exposition continue

50 kV/m Rats Pas d’effets systématiques Brugère et al


10-100 µT Augmentation de la corticostérone pour les (1996)
50Hz expositions 12 et 24 h
20mn;1; 2; 4; 6; 12;
24; 48 h
60Hz Cellules Induction de la transcription des gènes du stress par Goodman et al
10 mn Bactéries les facteurs HSF (HSF1 et HSF2) (1995, 1997)
20 mn Glandes Augmentation de la production de protéines de stress
salivaires

Tableau VI : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz sur des indicateurs de stress

Etudes des effets sur l’embryogenèse du poulet

Intensité Effets analysés Résultats Références


Fréquence
Durée d’exposition
0.125 - 12.5 µT Malformations à 48 h Seuil > 1.25 µT : Juutilainen et al
50 Hz Augmentation du nombre (1987)
2 jours P.C d’embryons anormaux

6 ?T – 10mT Malformations à 9 js Pas d’effet sur la mortalité et les Pafkova et al (1994)


50 Hz – 0-40 H malformations structurales
6 ?T – 10mT Malformations à 9 js Une pré-exposition aux champs Pafkova et al (1996)
50 Hz + Ray.X magnétiques réduit les effets
0-52 h tératogènes des rayons X, de
l’insuline et des tétracyclines
1?T et 1.2 ?T Malformations Inhibition de l’embryogénèse Delgado et al (1982)
100 Hz Anomalies de structure Berman et al (1990)
0 – 48 h Farrell et al (1997)
200 ?T Malformations Pas d’effet Veicsteinas (1996)
50 Hz – 0-48 H Fertilité, Ponte

Tableau VII : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz sur le développement
embryonnaire

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Etudes sur l’embryogenèse de souris

13 et 130 ?T Taux d’implantation Pas d’effet ( Souches CBA/Ca) Juutilainen et al


50 Hz Viabilité des fœtus (1997)
0 – 18 js
(gestation)
24 h/j

Etudes sur l’embryogenèse de rats

50 KV/m Fertilité, résorption Pas d’effets systématiques sur la Brugère et al (1993)


50 Hz Nombre de fœtus reproduction mais :
7 générations Malformations Présence sporadique de côtes
Poids des fœtus supplémentaires
Augmentation résorptions générations
F5 et F6
Diminution sporadique du poids des
fœtus ( 10% pour F7)
12.6 ?T – 50 Hz Implantations Augmentation des anomalies Huuskonen et al
15 ?T – 50 kHz Gestation à 20 js squelettiques mineures (1993)
0-20js (gestation) Viabilité, poids Pas de malformations majeures
Malformations
30mT Implantations Augmentation des anomalies Mevissen et al (1994)
50 Hz + champ stat. Gestation à 19 js squelettiques mineures (ossifications)
0-20js (gestation) Viabilité, poids Diminution du nombre de fœtus
Malformations Pas de malformations majeures
0.61 et 1 mT Implantations Diminution du nombre de fœtus Rommereim et al
60 Hz Gestation à 20 js (1996)
0-20js (gestation) Viabilité, poids
Malformations

Etude sur l’embryogenèse de porcs

60 Hz Fertilité, résorption Diminution du poids des fœtus Sikov et al (1987)


2 générations Nombre de fœtus Augmentation du nombre de
3 ans Malformations malformations
Poids des fœtus

Tableau VIII : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz sur le
développement embryonnaire

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Etudes portant sur le développement spontané de tumeurs

Modèles Espèces Intensités Durée Résultats Références


Etudiées Fréquences
Développement Souris 25?T 23 h/j Exposition > 133 js : Mikhaïl et
spontané de mâles et 60 Hz 418 js Augmentation des lymphomes Fam
tumeurs femelles (1990 ;91 ;93)
Développement Rats et 2,200, 2 ans Pas d’augmentation du nombre des NTP (1998 )
spontané de Souris 2000?T 18.5 H/j tumeurs
tumeurs 60 Hz (cerveau, mammaire, leucémie)
Développement Rats 2,20,200,2000 2 ans Pas d’augmentation du nombre des Mandeville
spontané de Femelles ?T 20 H/j tumeurs et al (1997)
tumeurs 60 Hz
Développement Rats 20?T 2 ans Exposition : > 3 H/j Beniashvili
spontané de Femelles 50 Hz 0.5 – 3 H/j Augmentation du nombre des et al (1991)
tumeurs tumeurs
Développement Souris 50 ou 500?T 103 sem. Réduction du temps de survie Rannug et al
spontané de femelles 50 Hz 19 – 21 H/j Augmentation des leucémies (500 (1993a), cité
tumeurs ?T) par Mevissen
et al (1993)
Développement Rats 0.5 ou 104 sem. Pas d’augmentation des tumeurs Yasui et al
spontané de Mâles et 5 mT 22.6 H/j (1993)
tumeurs Femelles 50 Hz

Etudes portant sur des modèles d’implantation de cellules tumorales

Implant de cell. Souris 1,4,200, 2 sem. Pas d’effet sur le temps de survie Thomson et al
leucémiques femelles 500?T 6 H/j (1988)
P388 60 Hz 5 js/sem.
Implant de cell. Souris 2 mT A : 60 H Pas d’effet sur la croissance Marino et al
d’adénocarc. femelles 50 Hz B : 6 H/j (1995)
mammaire 2 sem.

Tableau IX : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz sur la


carcinogenèse animale

Initiation et promotion de tumeurs de la peau

Modèles Espèces Intensités Durée Résultats Références


étudiées Fréquences
Tumeurs Souris 2 mT 21- 23 sem. Diminution du temps de Stuchly et al
induites par femelles 60 Hz 6 H/j latence (1991 ;92)
TPA / DMBA 5 js/sem. Développement plus rapide 2 expérimentations
des tumeurs
Tumeurs Souris 50 ou 500?T 103 sem. Pas d’effet Rannug et al
induites par femelles 50 Hz 19 – 21 H/j (1993 b)
DMBA

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Initiation et promotion de tumeurs mammaires

Tumeurs Rats 20?T 0.5 - 3 h/j Diminution de la période de Beniashvili et al


induites par le femelles 50 Hz 160 h latence (1991)
NMU Augmentation du nombre des
tumeurs
Tumeurs Rats 0.3 ou 1?T 3 mois Diminution de la période de Mevissen et al
induites par femelles 50 Hz 24 H/j latence (1993)
DMBA Augmentation de la taille des
tumeurs
Tumeurs Rats 100?T 3 mois Diminution de la période de Mevissen et al
induites par femelles 50 Hz 24 H/j latence (1993)
DMBA Augmentation du nombre de
tumeurs

Initiation et promotion de lymphome thymique

Tumeurs Souris 1 mT 16 sem. Pas d’effet sur le lymphome Shen et al (1997)


induites par le 50 Hz 3 H/j thymique
DMBA 6 js/sem. Augmentation des métastases
hépatiques

Tableau X : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz sur la carcinogenèse
animale. Etudes portant sur des modèles d’initiation et de promotion tumorale (suite)

Intensité Paramètres Résultats Références


Fréquence Etudiés
Durée d’exposition
Champs électriques et expositions sur le long terme

1.7 – 1.9 kV/m Mélatonine • Diminution du taux de mélatonine pinéale Wilson et al


24 h – 30 js plasmatique et (1981)
60 Hz pinéale et NAT
39 kV/m Mélatonine pinéale • Diminution du taux de mélatonine pinéale Wilson et al
24 h – 30 js NAT et de la NAT après 3 semaines (1986)
60 Hz • Retour à la normale 3 js après l’arrêt
10-65-130 kV/m Mélatonine pinéale • Diminution du taux de mélatonine pinéale Reiter et al (1988)
19 h/j
60 Hz
Champs magnétiques et expositions sur le court terme

0.02- 0.1-5 µT Mélatonine • Diminution du taux de mélatonine pinéale Kato et al


jusqu’à 250 µT plasmatique et à 0.1 µT le jour et 1 µT la nuit (1993,1994)
22 h – 6 sem. pinéale • Diminution du taux de mélatonine
50 Hz circulaire plasmatique, jour et nuit, à 0.1 µT
0.3 – 1 µT Mélatonine • Diminution du taux de mélatonine Löscher et al
24 h – 91 js plasmatique et plasmatique (1994)
50 Hz nocturne
1 –10 - 100 µT Mélatonine • Diminution du taux de mélatonine Selmaoui et
18 h – 30 js plasmatique et plasmatique et de la NAT à 10 et 100µT Touitou (1995)
50 Hz NAT

Tableau XI : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz sur la


sécrétion nocturne de mélatonine chez le rat

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III- Effets observés des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz sur les
animaux de rente

Des études épidémiologiques déjà anciennes et des expérimentations ont montré que des
animaux d’élevage (essentiellement des bovins) exposés sous des lignes à Très Hautes Tensions (THT
de 400-500-765 kV) ne semblaient pas montrer de problèmes particuliers liés à la présence de ces
lignes (études portant sur la reproduction, la production laitière, la croissance des animaux, l’état de
santé des troupeaux en général).

Une étude (Raleigh et al, 1988) portant sur 774 bovins exposés à un champ électrique de 5,6
Kv/m pendant trois ans et ne montrant pas d’effet sur la consommation alimentaire, la santé, la
mortalité, le nombre de veaux nés, le vêlage et le développement sexuel, serait très probante si elle ne
concernait pas une ligne électrique de 500 kV en courant continu, lequel apparaît potentiellement
beaucoup moins nocif que le courant alternatif puisqu'il ne contribue pas à la création dans les
bâtiments ou chez les animaux de courants de Foucault.

Comme le font cependant remarquer Burchard et coll. (1996,1998), ces études ne manquent
pas d’inconvénients. En effet, les champs magnétiques générés par les lignes THT varient
constamment avec la demande de consommation de courant électrique, le temps de présence réel des
animaux sous les lignes est difficile à évaluer avec précision et il est souvent assez court (seuils de
présence = 15 jours dans l’enquête suédoise comportant 106 fermes). Par contre, une étude chez le
mouton se déroulant sur des périodes d’expositions réelles longues (Lee et al, 1992) révèle une
diminution de la concentration en IL 1 et deux autres études chez la vache laitière dans un
environnement électromagnétique bien défini et contrôlé (Burchard et al,1996,1998) montrent une
augmentation du taux de progestérone ou de la durée du cycle oestral chez les groupes exposés.

Remarque : cette augmentation de la durée du cycle oestral pourrait, selon Burchard et al


(1998), être mise en relation avec la diminution du pic nocturne de mélatonine découvert chez
plusieurs espèces, laquelle induirait une sécrétion supérieure de stéroïdes gonadiques qui seraient
responsables du maintien en activité plus longtemps du corps jaune et donc de l’allongement du cycle
oestral.

Le tableau XII résume ces principaux effets :

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Effets sur les ruminants

Types Intensité Espèces Résultats Références


d’études Fréquence
Durée
d’exposition
Epidémio. 765 kV – 60 Hz 55 fermes Pas d’effet sur la reproduction ( fertilité, Williams et Beiler
4 – 6 ans de vaches mortalité embryonnaire, malformations ) (1979)
laitières
Epidémio. 765 kV – 60 Hz 11 fermes Pas de problème particulier Amstutz et Miller
3 ans Vaches, Quelques problèmes de santé et de (1980)
porcs , reproduction non attribués aux lignes à THT
chevaux… par les éleveurs
Epidémio. 400 kV – 60 Hz 106 fermes Pas d’effet sur la reproduction Algers et Hennichs
> 15 js par an (1985)
Expérience 400 kV – 60 Hz 58 génisses Pas d’effet sur la reproduction (oestrus, Algers et
Sous lignes 4 kV/m – 2 µT longueur des cycles, taux de conception ) Hultgren (1987)
120 js Pas d’effet sur la concentration de
progestérone
Expérience 500 kV Moutons Pas d’effet sur la concentration nocturne de Thomson et al
Sous lignes 4 – 7 kV/m mélatonine (1991)
0.1 – 5 µT
Expériences Equivalent 765 16 vaches Augmentation des taux de progestérone Burchard et al
Cages bois kV laitières durant l’exposition (+11%) (1996)
métabolique 10 kV/m gestantes Taux de cortisol inchangé
30 µT
Expériences Equivalent 765 16 vaches Pas d’effet sur le taux de progestérone Burchard et al
Cages bois Kv lait. Maintien du taux de progestérone > 1ng/ml (1998)
métabolique 10 kV/m Non plus longtemps
30 µT gestantes Allongement du cycle oestral en rapport
3 cycles avec un fonctionnement prolongé du corps
oestr. jaune
Expériences 500 kV Moutons Pas de différences pour la mélatonine Lee et al (1992)
Corridors 5.9 ; 5.3 ;5.8 - 20 mois Taux de cortisol inchangé
3 expérim. kV/m - 10 mois Reproduction normale
4 ; 3.8 ; 3.5 µT - 30 mois Diminution des taux d’IL 1 après 2, 5 et 6
mois d’exposition dans 9 essais

Effets sur le porc

Expériences 60 Hz Porcs Effets sur la reproduction ( diminution du Sikov et al


sur la 2 générations poids des foetus et augmentation des (1987)
Reproduct. 3 ans malformations )
Etudes 30 kV/m - 60Hz Porcs Pendant la période de repos , les porcs restent Hjeresen et al
Comporte- 20 h/j - 7/7 js miniatures plus longtemps dans la zone non exposée (1982)
-mentales 6 mois

Tableau XII : Effets des champs électriques et magnétiques E.L.F 50/60 Hz sur les
animaux de rente

IV- Effets des courants électriques parasites et induits sur les animaux d’élevage

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La présence de courants électriques dans les bâtiments d’élevage ou dans le sol d’une
exploitation peut être due à la défectuosité de l’installation électrique de l’exploitation, le retour
à la terre de courants de fuite d’origines variées, la mise à la terre défectueuse d’installations à
l’extérieur de l’exploitation ou encore l’induction produite par les champs électromagnétiques
générés par les lignes à hautes tensions (ces différentes causes pouvant se cumuler).

C’est aux Etats-Unis et au Canada qu’ont été réalisées la plupart des études d’évaluation
des seuils de détection et de nocivité de ces courants, du fait de la nature du réseau électrique
nord américain avec un retour par la terre de plus de 35 à 65 % du total du courant et des
interconnexions qui se produisent entre les neutres du réseau et les neutres de certains abonnés.
Ainsi, Kirk (Kirk et al, 1984), dans une enquête portant sur 59 fermes de vaches laitières du
Michigan mesura des courants vagabonds dans 32 exploitations. Lorsque les tensions dépassent
1 volt, l’enquête révèle un accroissement des troubles du comportement en salle de traite des
vaches laitières dans ces élevages et une augmentation de la prévalence des mammites cliniques.
De plus la guérison de ces troubles induits par les courants vagabonds est liée à leur nature et à
l’intensité de l’exposition aux courants.

En outre, dans l’aménagement des élevages modernes, des structures métalliques


conductrices sont largement employées ( cornadis, salle de traite, barrières et cages à
contention de truies…) et ces structures sont très souvent reliées entre elles (formation de
boucles) ; elles peuvent donc servir de conducteurs à des courants induits en 50 Hz.

Espèces Manifestations Références


Vaches Troubles du comportement, agitation, nervosité, refus Brugère (1993)
laitières Troubles de la traite : rétention de lait, production variable, Kirk et al (1984)
Bovins Mammites et augmentation du taux de cellules dans le lait Appleman et Gustafson
Chute de production inexpliquée (1985)
Effets fonctionnels : accélération cardiaque, tremblements Hultgren (1990)
Problèmes de reproduction The Merck Veterinary
Troubles digestifs Manual (1986)
Refus d’eau et de nourriture
Accroissement du volume de fumier Cloud et al (1980)
Diminution de la réponse immunitaire Gouvernement du
Porcs Chutes de croissance et d’appétit Quebec et al (1994) :
Allongement de la période d’engraissement « l’ABC de ce qu’il faut
Consommation inférieure d’eau savoir sur les tensions
Dysenteries et entérites hémorragiques parasites : une approche
Nervosité et cannibalisme globale »
Truies Agressivité
Baisse de la consommation d’eau et appétit variable The Merck Veterinary
Production laitière fluctuante s’accompagnant d’une Manual, 6ième édition
augmentation de la mortalité dans les portées de porcelets (1986)
Anorexie accompagnée de constipation (signe fréquent)
Sensibilité Dès 1 mA entre la bouche et les pattes ce qui correspond à des Rapport Laborelec,
Des vaches tensions de 0.3 à 0.5 V Jacquet (1990)
laitière s 2 mA entre la mamelle et les pattes ? 1 à 2 V
Pas de sensibilité < 0.3 V
Systèmes correcteurs à partir de 0.5 V

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V- Effets des courants électriques parasites et induits chez le chien

Une publication américaine assez récente (Marks et al, 1995) analyse en détail le cas de
deux élevages de chien. D’approche pluridisciplinaire, elle a été réalisée dans le Michigan
(U.S.A) par un groupe d’étude privé comptant un biologiste pharmacologue (Marks), une
vétérinaire pathologiste (Ratke) et un ingénieur électricien expert de la Commission des
Services Publics du Michigan (English).

V-I- principales maladies rencontrées

L'étude a porté sur une période de douze années, dont trois de surveillance très intensive
(de 1980 à 1983), et a révélé des problèmes sanitaires majeurs :

?? Troubles de la reproduction :

Ils affectent les femelles et les mâles.


?? Interruption des cycles œstraux ou cycles anormaux.
?? Avortements, taux de malformations élevés chez les chiots morts-nés ou survivants
(perte de 120 portées de chiots dans un élevage et arrêt presque total de la
reproduction dans l’autre).
?? Forte diminution de la spermatogénèse

?? Troubles cutanés: des problèmes d’allopécie peuvent survenir sur certains chiens ainsi
que des kystes digitaux.

?? Troubles digestifs:
On note une fréquence élevée de :
- torsions de l'estomac chez des chiens adultes
- paralysies du pylore chez certains chiots

?? Troubles urinaires :
Ils affectent principalement les femelles d’un élevage et sont associés à une
sous-consommation d’eau.

?? Comportements anormaux :
Ces comportements ne sont pas permanents, mais sont fréquemment observés.
??Refus de manger ou de boire dans des écuelles métalliques fixées sur les grillages
métalliques du chenil.
??Refus de rentrer dans les bâtiments à certains moments.
??Evitement de certaines zones de l’élevage.

?? Taux élevé de morts subites, survenant sur des jeunes chiens et attribuées à des
électrocutions.

V-2- Investigations complémentaires :

?? Sur les problèmes de reproduction :


??L’introduction de reproducteurs confirmés, ayant des origines différentes, dans ces
élevages, conduit à une dégradation similaire des performances de reproduction
après plusieurs mois de présence.
??Normalisation de la fonction reproductrice chez des reproducteurs à problèmes de
l’élevage placés en pension en dehors des élevages.

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??
Exclusion des substances toxiques habituelles pouvant conduire à des troubles de la
reproduction lors d’une enquête d’expertise approfondie
??
Les troubles de la reproduction affectent aussi des chats de l’élevage mais
n’apparaissent pas chez des rats placés dans l’élevage et logés dans des cages
métalliques sur roulettes en caoutchouc

?? Mesures de courants électriques vagabonds :

Ces mesures ont été réalisées par un ingénieur électricien expert (English) de la
Commission des Services Publics du Michigan.
Alimentation électrique des élevages coupée, il mesure dans un élevage, en tête du puits,
des courants électriques de valeurs élevées (2.45 V en courant alternatif et –150 mV en courant
continu), courants qui ne sont pas constants (fluctuations et pics régulièrement enregistrés).
Dans l’autre élevage, des courants sont relevés à plusieurs endroits et une tension de 4 V
est enregistrée dans la maison, due à des erreurs de connexions et une mauvaise terre du câble
T.V et le téléphone.
La situation de l’élevage d’Allegan, à proximité d’une centrale électrique (4,8 km), d’une
sous-station de transformation (1,8 km) et de grandes étendues d’eau (lac d’Allegan), peut
expliquer les niveaux de tensions électriques relevées.

En effet, aux U.S.A et au Canada, l’absence de câble isolé pour le retour du courant au
centre de distribution ou de production induit que 30 à 60 % de la totalité du courant retourne à
la centrale via des circuits secondaires (les lacs, les rivières ou le sol), le courant empruntant
toujours les voies de moindre résistance. Ceci explique que des courants vagabonds sont très
souvent enregistrés à proximité de centres de production et d’étendues d’eau, comme on en
trouve en particulier dans la région des grands lacs.

Les problèmes se trouvent aggravés du fait de la connection du neutre primaire du circuit


avec les neutres secondaires de service, les conduites d’eau ou de gaz, les câbles de télévision
ou de téléphone. Toute perturbation touchant le neutre primaire se répercute ainsi sur l’ensemble
des conducteurs secondaires.

VI- Conclusion : Résumé des effets des courants électriques parasites et induits sur
les animaux

Quelle que soit l'espèce animale considérée, les courants vagabonds, par les multiples
stress qu’ils peuvent occasionner, sont associés à :
??des problèmes de reproduction et de la lactation ;
??des troubles du comportement alimentaire (boisson et aliments solides), de l'agressivité
et de la nervosité ;
??des troubles digestifs (dysenteries, paralysies, torsion de l'estomac, constipation.) ;
??des affections cutanées ;
??des problèmes de croissance ;
??des morts inexpliquées pour lesquelles des électrocutions sont suspectées.

Ces troubles sont peu spécifiques et généralement d’origine multifactorielle (erreurs de


conduite d'élevage, mauvais fonctionnement ou réglage défectueux de la machine à traire,
troubles sanitaires et erreurs alimentaires).
Toutefois, malgré les corrections apportées à ces multiples paramètres d’élevage, certains
élevages où circulent ces courants induits ou vagabonds présentent toujours de tels symptômes.

De plus, si les animaux tolèrent assez bien des tensions constantes de courant, ils sont
plus sensibles à leurs fluctuations et aux pics de tensions.

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© Gilbert MOUTHON

Enfin, des facteurs de confusion additionnels doivent être pris en considération, tels que
la présence de champs électromagnétiques et leurs fluctuations, la nature et la résistivité du sol
ou des sources additionnelles de courants ( effet de pile dans le sol, rivière souterraine…).

La bibliographie sera fournie à la demande par l’auteur.

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