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Bilan jurisprudentiel du contrat en cours :

Introduction
 

Chapitre I : Appréciation jurisprudentielle des contrats en cours


 
Section 1 : Régime général de la continuation des contrats en cours
 

A- Les contrats à exécution instantanée 


B- Les contrats intuitu personae      
        
Section 2 : le droit et les effets de l’option
 

A- Le droit d’option
B- Les effets de l’option
 

Chapitre II : L’apport jurisprudentiel des contrats en cours


 

Section 1 : Régime particulier de la continuation des contrats en cours


 

A- Le contrat de travail et le contrat de bail


B- Le contrat d’assurance et le contrat d’édition
 

Section 2 : Conséquence de la continuation et du non respects du contrat


 

A- Conséquence de la continuation du contrat


B- Conséquences du non respect du contrat poursuivi
 

Conclusion
 

Introduction
  
         L’intérêt de l’entreprise en difficulté postule une continuation de l’activité. La loi 15-95 a institué à cet effet une
période d’observation qui indique un espoir de redressement.
         Or, il serait absurde pendant cette phase intervenant dans le cadre de redressement judiciaire d’arrêter l’entreprise
pour ensuite lui faire reprendre ses activités. Une telle interruption risquerait d’entraîner la dégradation de la situation. Il
s’ensuit que l’exploitation doit continuer dans des conditions aussi proches que possible de celles qui existaient avant le
jugement d’ouverture, le principe de la continuation des contrats en cours constitue l’une des pièces maîtresse du système
de redressement instauré pour assurer la survie de l’entreprise, lorsque celle-ci est nécessaire à la poursuite de l’activité.
         Néanmoins il se pose le problème de la détermination des contrats en cour ; Les contrats pouvant faire l’objet d’une
continuation. Conformément à l’article 573 du code de commerce marocain, l’option constitue ainsi l’élément essentiel sur
lequel repose le mécanisme de la continuation des contrats.      L’ouverture d'une procédure de redressement judiciaire
ouvre la faculté pour le débiteur de demander à ses cocontractants la continuation de l'exécution des contrats en cours.
Cette notion de «contrats en cours» a inspiré un foisonnant contentieux. Pour être ainsi qualifié, le contrat doit être non
seulement en cours d'existence, c'est-à-dire valablement formé et pas encore mis à néant, mais également en cours
d'exécution, et sur ce point la jurisprudence procède par une interprétation très rigoureuse en ne tenant compte que des
effets essentiels du contrat[1].
         Ainsi la condition d’existence écarte le contrat qui n’existe pas encore ; peu importe qu’il soit en cour de formation ; et
à l’opposé ; le contrat qui n’existe plus ; quelle qu’en soit la cause. Le contrat totalement exécuté échappe également à ce
régime[2]. Ainsi ce régime concerne les contrats conclus avant le jugement d’ouverture de la procédure collective et dont
l’exécution n’est pas achevée à cette date. Il convient alors de se demander ce que deviennent ces contrats en cour
d’exécution ; si l'entreprise avec qui vous avez conclu ces contrats de travaux est soumis à une procédure collective. Une
des questions les plus importantes que vous avez à résoudre concerne l'incidence de cette procédure sur ce "contrat en
cours".
         Si vous êtes le donneur d'ordre, elle peut être résumée ainsi: qu'advient-il des contrats aux termes desquels votre
contractant reste devoir exécuter des travaux? Quel est  leur sort !
         Si c'est vous qui devez exécuter les travaux, devez-vous continuer à les exécuter? Pouvez-vous passer un accord direct
avec le maître d'ouvrage pour les travaux restants? La réponse ne va pas de soi.
         Face au principe énoncé ci-dessus tous les contractants ne sont pas au même plan d’égalité c’est la raison pour
laquelle il convient d’examiner dans un premier chapitre le régime général de la continuation des contrats avant d’étudier
dans le second le régime particulier dont  bénéficie certains contrats.

 
Chapitre I : Appréciation jurisprudentielle des contrats en cours
 

          La sauvegarde de l’entreprise en difficulté, ainsi que l’apurement de son passif ont parmi les objectifs fondamentaux
du nouveau droit des entreprises en difficulté, la survie d’une entreprise économiquement viable nécessite que soit
organisée une protection préalable du contrat en faisant prévaloir les intérêts de l’entreprise sur la volonté des
contractants créant délibérément un déséquilibre des rapports contractuels.
 

Section 1- Le régime général de la continuation des contrats


 
A-  Les contrats à exécution instantanée 
 

         L’exécution des obligations en un trait de temps étant la caractéristique des contrats à exécution instantanée la
qualification de contrat en cours ne semble pas s’appliquer à ces contrats et doit être réservée aux contrats à exécution
successive. Toutefois, les contrats à exécution instantanée ne pourront entrer dans la catégorie des contrats en cours que
s’ils sont affectés de modalités particulières introduisant le temps dans ce type de conventions[3].
         A coté de ces modalités pouvant affecter l’ensemble des contrats à exécution instantanée comme la condition et le
terme précédemment envisagés, s’inscrit le transfert différé de propriété dans le contrat de vente.
         Cependant, force est de constater que la prise en considération des contrats instantanés dans la détermination des
contrats en cours n’est pas toujours aussi simple, elle s’avère d’une application difficile a propos notamment de la vente et
du prêt, la vente est-elle un contrat en cours lorsqu’elle a été conclue avant le jugement d’ouverture et qu’une fraction du
prix vient a échéance après ou que le prix n’est pas payé dans son intégralité ?
         La réponse doit s’attacher uniquement au moment du transfert de propriété : il suffit d’établir que la vente a emporté
transfert de propriété avant le jugement d’ouverture pour que le contrat ne soit plus en cours[4], telle a été la position de
la cour de cassation française qui a refusé de voir un contrat en cours dans une vente d’immeuble conclue sous conditions
suspensive et dont la condition s’était réalisé avant l’ouverture du règlement judiciaire de l’acheteur même s’il a été relevé
que le prix n’avait pas été payé.
              Cette interprétation fut confirmée dans un autre arrêt où le critère de transfert de propriété a été repris dans le
cadre de l’appréciation d’un contrat de prêt pour décider qu’un prêt n’était plus en cours dès lorsque son montant avait été
versé par le prêteur avant l’ouverture de la procédure collective[5], même si les échéances de remboursements sont
postérieurs à ce jugement.
         En revanche, lorsque la propriété ne peut être transférée avant le jugement d’ouverture par l’effet d’une clause de
réserve de propriété, le contrat est en cours.
 

B- Les contrats intuitu personae  


   
         Compte tenu de la généralité des termes de l’article 573. du code de commerce[6] marocain qui ne prévoit aucune
exception à la règle de la continuation des contrats en cours, la dite règle semble s’appliquer, également, aux contrats
intuitu personae, c'est-à-dire conclus en considération de la personne du contractant, comme est le cas généralement du
contrat de franchise (par exemple, une chaîne de restauration). De concession exclusive (par exemple, dans le secteur de
distribution automobile) et de la convention de compte courant ou de crédit.
         Toutefois cette interprétation n’est pas sans susciter quelques difficultés, pour ne prendre que des exemples relatifs au
compte courant et l’ouverture de crédit, certains problèmes peuvent se poser.
         En effet, l’article 503 du c.c.m, dispose clairement que le compte courant est clos en cas de mise en redressement
judiciaire du client[7], et l’article 525 du même code qui oblige la banque à mettre fin à une ouverture de crédit lorsque le
bénéficiaire est dans une situation de cessation notoire de paiements.
 

         Certes, faut-il encore rappeler que l’esprit de la loi 15-95 limite en faveur des solutions favorables au redressement de
l’entreprise, mais rien n’interdit, a priori, d’invoquer l’application de l’article précité du moment que la clôture ou la
révocation de plein droit du compte courant et de l’ouverture de crédit procèdent de la survenance de la cessation des
paiements qui demeure la condition de fond dons l’ouverture du redressement judiciaire.
         La jurisprudence française qui a eu à statuer sur cette question précise que l’administrateur d’un redressement
judicaire à la faculté d’exiger l’exécution des contrats en cours lors du prononcé de ce redressement sans qu’il puisse être
fait de distinction selon que les contrats ont été ou non conclus en considération de la personne[8].
         La continuation des contrats intuitu personae s’imposait en raison de la place grandissante occupée parce type de
contrat dans les contrats dans les relations d’affaires[9].
         L’apport de cette jurisprudence est considérable, elle met en relief le particularisme de la loi sur le redressement des
entreprises, celle-ci procède d’une volonté de sauvegarder l’entreprise en imposant la continuation de ces contrats, le
caractère intuitu personae de certaines conventions ne saurait donc faire obstacle à la réalisation de cet objectif
prioritaire[10].
 

         Toutefois, il convient de préciser que, comme il est prévu dans la foi, seule l’ouverture d’une procédure de
redressement judicaire donne le droit au syndic d’exiger la continuation des contrats. Il est alors permis d’en déduire qu’en
cas d’ouverture d’une procédure de liquidation judicaire, sans que celle-ci soit précédée d’une phase de redressement, la
règle de continuation n’est pas opposable aux contractants de l’entreprise débitrice.
         Une nuance doit, néanmoins, être apportée à cette conclusion ; l’article 620 du code de commerce marocain prévoit,
en effet, l’application de la règle de continuation des contrats an cours lorsque le tribunal autorise la continuation de
l’activité de l’entreprise pendant la période de liquidation.
        
Section 2 : Le droit et les effets de l’option
 

         Le principe de la continuation des contrats en cours à l’ouverture  de la procédure collective occupe une place très
importante dans la loi de 1996 en accordant un droit d’option au syndic c’est-à-dire le droit de décider de la continuation
des relations contractuelles, la poursuite de l’activité économique et financière de l’entreprise en cessation de paiement et
également dans l’intérêt des créanciers (l’article 642 de c.c.m).
 

A-   Le droit d’option


 
         L’exercice du droit d’option relève de la compétence du syndic dans le cadre de l’ouverture de la procédure collective,
(L’article 573 du code de commerce marocain), cette faculté accordée au syndic constitue un élément essentiel pour la
continuation de l’activité de l’entreprise en exécutant les contrats conclus avec ses cocontractants[11].
 

         Nonobstant toute disposition légale ou clause contractuelle, aucune indivisibilité, résiliation ou résolution du contrat
ne peut résulter du seul fait de l’ouverture du redressement judicaire[12] .
         Aussi le syndic, quelle que soit la mission qui lui est assignée par le tribunal (gestion, assistance à la gestion ou
surveillance de la gestion, a seul la prérogative d’exiger l’exécution des contrats en cours conclus[13] par l’entreprise
débitrice.
         Toute fois, le contractant de ladite entreprise, désirant résister son contrat, doit en faire une mise en demeure
adressée au syndic. Une mise en demeure adressée au chef de l’entreprise ne produit aucun effet judicaire. Seul le syndic
est habilité à être destinataire de ladite mise en demeure[14].
 

         Le contrat est résisté de plein droit si la mise en demeure est restée plus d’un mois sans réponse. La question est,
alors, de savoir si le délai d’un mois cours à compter de la date de sa réception par le syndic ? La rédaction de l’article 573
semble favorable à la première solution, en ce sens que le délai d’un mois court à compter de la date d’envoi de la mise en
demeure par le cocontractant.
         En revanche, le syndic doit fournir la prestation promise au cocontractant de l’entreprise, l’équilibre est ainsi assurer
entre les deux parties. Toute fois, le défaut d’exécution des engagements antérieurs au jugement d’ouverture, par le
débiteur ne fonde pas le cocontractant a conditionné la poursuite du contrat par leurs exécution de la part du syndic
comme il ne peut pas opposer l’exception de non exécution du contrat, il doit remplir ses obligations malgré cette
défaillance du débiteur. Il ne bénéficie que du droit de déclarer son due au passif conformément aux règles de déclarations
des créances[15].
 

         Toutefois, si l’option est nécessairement  exercée par le titulaire visé pour la loi, il n’en demeure pas moins que se pose
la question de savoir si un contrat pourrait se poursuivre eu l’absence d’intervention du titulaire de l’option, la cour  de
cassation a apporté une réponse positive à cette question en affirmant en substance que la faculté de pour suivre
l’exécution du contrat en cours n’était en aucune cas subordonnée à une manifestation expresse de volonté[16].
         Ainsi la volonté du syndic de continuer l’exécution du contrat ne résulte pas exclusivement d’un échange de
correspondance, dans lequel il exprimerait  expressément cette volonté, mais également, de la continuation de l’exécution
normale des obligations mises à la charge de l’entreprise par le dit contrat, ainsi, un arrêt de la cour d’appel de Caen, du 27
mai 1993 a considéré que le syndic a choisi la continuation du contrat du bail du fait de la continuation du règlement de
loyer[17]. 
         Par ailleurs, la résiliation de droit peut résulter du refus express du syndic de poursuivre le contrat, sans qu’il soit
besoin de faire constater la résiliation par le juge commissaire[18].
 
B-   les effets de l’option
 

         En principe, seul le syndic, peut décider la continuation des contrats en cours, il peut choisir de continuer tous les
contrats en cours, s’il le juge nécessaire pour permettre la continuation de l’activité ou seulement certains d’entre eux,
comme il peut décider la renonciation de ces contrats lorsqu’ils sont inutiles ou ne représente aucun intérêt pour le
redressement de l’entreprise.
 

v l’option en faveur de la continuation 


 

         Lorsque le syndic s’est prononcé en faveur de la continuation du contrat en cours,  il doit l’exécuter en entier et
respecté ses clauses ainsi que les délais  impartis par le contrat au par le contrat ou par la loi sans pouvoir  modifier
unilatéralement les conditions d’exécution notamment les conditions de règlement[19].
         Les cocontractants de l’entreprise en redressement judiciaire ne peuvent s’opposer à sa volonté, même s’il existe dans
le contrat une clause de résiliation ou de résolution automatique en cas d’ouverture d’une procédure de redressement
judiciaire.
         Le cocontractant doit remplir ses obligations contractuelles malgré le défaut d’exécution du débiteur de ses
engagements antérieurs au jugement d’ouverture (l’article 573 alinéas 2 du c.c.m), il devra par conséquent déclarer au
passif de l’entreprise  la créance correspondante à cette exécution[20].
         Cependant, cette règle ne concerne que les manquements contractuels de nature financière. En revanche, le syndic ne
peut imposer aux cocontractants la continuation du contrat, si les manquements de l’entreprise en redressement
antérieurs à l’ouverture de la procédure ne sont pas d’ordre financier. C’est le cas par exemple lorsque, dans le cadre du
contrat de distribution, l’entreprise en redressement avait manqué à son obligation de l’exclusivité avant l’ouverture de la
procédure de redressement ou liquidation judicaire.
 

v Option en faveur de la renonciation 


 

         La décision de non continuation de contrats peut résulter soit d’une décision expresse, lorsque le syndic refuse de
poursuivre le lien contractuel ou il répond négativement à la mise en demeure, soit tacite, lorsqu’il y a absence de réponse
de celui-ci à la mise en demeure, dans le délai légal, entraîne la résiliation du contrat comme le prévoit l’article 573 de
c.c.m. Le silence du syndic ne vaut pas réalisation de l’option, mais plutôt renonciation certaine et irrévocable du lien
         Contractuel[21], la non continuation du contrat est une cause de réalisation anticipée du contrat, permettant le jeu
des clauses contractuelles réglant cette hypothèse, en particulier des clauses relatives à l’indemnité de réalisation.
L’inexécution du contrat suite à la renonciation par le syndic peut donner lieu à des dommages et intérêt, au profit du
cocontractant victime de la rupture, dont le montant sera déclaré au passif.
         Le paiement de ces dommages intérêts n’est pas garantie par le droit de priorité (l’article 575 du c.c.m) dont bénéficie
en général les créanciers dont le titre a pris naissance après le jugement d’ouverture de la procédure, c’est-à-dire les
créances qui résultent uniquement d’actes passés par le syndic. Cela peut
S’expliquer par le fait que les dommages -intérêts ne contribuent pas à la continuation de l’exploitation[22].
         Ces exploitations réalisent un compromis assez satisfaisant d’un coté, le syndic peut obtenir l’exécution des contrats
utiles au redressement de l’entreprise, d’un autre côté  le cocontractant est assuré d’être payé en cas de continuation, soit
libéré dans le cas continue ; ce qui lui permet de s’adresser à un autre partenaire.
 

rghkjlm 

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