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UNEFEMME
Claude Degrèse, quarante ans,
deux enfants, a fondé une agence
de communication prospective
- Emergence - à Paris, Milan,
New York. Elle a séduit dans tous
les pays : au Japon, aux USA,
en Europe, pour réaliser une
recherche sur les archétypes
masculins et féminins. Elle a
participé au lancement des
parfums les plus prestigieux et
joue le rôle de conseil auprès
des stylistes de magazines
de mode.
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LESFEMMES
Partenaire
Divine
Gagneuse
Ensorceleuse
Vamp
Princesse
Initiatrice
Magique

Mode d'emploi et règles du jeu de la Séduction : p. 34


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LE GRAND JEU DE LA SÉDUCTION


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CLAUDEDEGRÈSE
PATRICKAMORY

LE RA
mN D JEU
�L
A
1

ÉDITIONS ROBERT LAFFONT


PARIS
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(g) Éditions Robert Laffont, S.A., Paris, 1986


ISBN 2-221-04886-5
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A mon « alliant ».

Aux « emergentes ».
C.D.
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Je dédie ce livre à :
Elisabeth et Antoine, ces deux
partenaires qui se séduisent en-
core : Bravo !

Fanchon pour avoir partagé mes


longs « exercices » de séduction.

Eve, Salomé, Mary lin, Marie..., et


toutes celles qui m'ont offert avec
amour et humour leur grand jeu.
P.A.
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Etre partenaire c'est le but final de la


séduction un acte où l'on s'unit tout en
r e s p e c t a n t l ' i d e n t i t é de l ' a u t r e . Voici
comment les partenaires de ce livre se sont
séduits et ont réalisé ce grand jeu de la
séduction. L'origine de la carte des archétypes
a été mise au point par Claude Degrese dans
le cadre d'une recherche psychologique sur
la séduction dans 8 pays (Europe, USA,
Japon).

AVANT
La conception, l'adaptation, la recherche,
la définition des types dans leur contenu
et leur illustration sont le résultat d'un
travail c o m m u n des co-auteurs.
Le langage écrit est conçu et rédigé par
Patrick Amory.
Le langage visuel est conçu par Claude
PROPOS
Degrese.
La direction artistique a été confiée à Richard
Dupuy. L'illustration à Jo Parkinson.

L ' i d é e d u livre fut p r o p o s é e p a r P a t r i c k A m o r y . S u i t e à u n


a r t i c l e p a r u d a n s le B o o k M a g a z i n e et c o s i g n é p a r les
auteurs.
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Nous les avons séduits, et ils nous ont aidés, nos remerciements vont
d'abord à :
- Jo Parkinson pour ses illustrations,
- Frédéric Engel pour la maquette,
- à Olivier Sudre et Isabelle Degrese pour leur collaboration finale.
Et aussi à Joëlle Boyer pour son écoute, à Christophe Lebourg pour
sa collection de visuels, à Nicole Crassat, Phil Blanchet, Marie-
Madeleine Shillinger pour leurs conseils.

Ils nous ont séduits, nous les remercions :


PHOTOGRAPHES BRYAN ARIS, GIAN PAOLO BARBIERI,
ANDRE BAUMANN, CECIL BEATON, GILLES BENSIMON, JEAN-
PAUL BOUCK, MICHAEL CHILDERS, PATRICK DEMARCHELIER,
ANGELO FRONTONI, SERGE GAINSBOURG, JEAN-PAUL GOUDE,
PHILIPPE HALSMAN, WILLIAM KLEIN, PETER KNAPP,
KLAUS LAUBMAYER, PETER LINDBERGH, BERNARD MATUS-
SIERE, ROBERT MAPPELTHORPE, STEVEN MEISEL, HEL-
MUT NEWTON, NORMAN PARKINSON, DENIS PIEL,
ARNAUD DE ROSNAY, SANFORD ROTH, PAOLO ROVERSI, JEAN-
LOUP SIEFF, STEVEN SILVERSTEIN, BERT STERN, DA-
VID THORPE, TONI THORIMBERT, OLIEVIERO TOSCANI,
MAX VADUKUL, FREDERIQUE VEYSSET, BRUCE WEBER.

ILLUSTRATEURS GUIDO CREPAX, MICHEL DESIMON, RO-


LAND HOURS, ALLEN JONES, LIBERATORE, MANARA, PIERRE
ET GILLES, REISER, WALT DISNEY.

R E M E R C I E M E N T S

STYLISTES AZZEDINE ALAÏA, AGNES B, ANNE-MARIE BE-


RETTA, KENZO, JEAN-PAUL GAULTIER, KARL LAGERFELD,
CLAUDE MONTANA, SONIA RYKIEL, YVES SAINT-LAURENT,
CHANTAL THOMASS.

MAGAZINES ACTUEL, AMICA, COSMOPOLITAN, ELLE, L'EVE-


NEMENT DU JEUDI, FEMME, GQ, LEI, LUI, MADAME FIGARO,
PARIS MATCH, NOUVEL OBSERVATEUR, PLAY BOY, PENT-
HOUSE, PHOTO, VANITY, VOGUE.

AGENCES DE MANNEQUINS CITY CLIP, COSA NOSTRA,


CRISTAL, DIVA, DOMINA, ELITE, FAM, FIRST, GLAMOUR,
KARIN, MAD, MARYLIN GAUTHIER, PARIS PLANNING, PAS-
SION AGENCY, PRESTIGE, VIVA MODELS, ZEN.
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Bien sûr nous exprimons toute notre admiration à notre ami et


Directeur Artistique Richard Dupuy qui a mis tout son talent dans
l'élaboration et la conception visuelle de cet ouvrage.
Bravo à Laurent Laffont pour la confiance, l'ouverture et l'enthou-
siasme dont il a fait preuve tout au long de cette longue année de
séduction...
Enfin nous remercions Georges Collet, Jean-Robert Chauvin, et toute
l'équipe technique des éditions Robert Laffont, ainsi que l'imprime-
rie Maury S.A., pour leurs compétences.
C.D. P.A.
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L E GRAND J E U DE LA S É D U C T I O N
E S T - I L R É S E R V É A UN
PETIT N O M B R E ? (ÉLITE,
JEUNESSE, OISIFS, OBSEDES).

Non. Ce jeu est la pratique la plus c o m m u n e


et la préoccupation la plus partagée. Regardez
autour de vous, regardez-vous. Il n'existe pas
une culture nationale, pas une seule tranche
d'âge, pas u n h o m m e ni une femme qui de
nos jours ne soit sujet et objet de séduction.
La séduction est une obsession universelle.
Un besoin viscéral et un apprentissage cultu-
rel. Les jeunes enfants apprennent à tout
obtenir des « grands » en les faisant craquer,
mais les grands-parents aussi s'efforcent de
plaire et de rester dans le coup. Résultat,
mamie fait du judo et papi soigne son
bronzage.
En moins de 10 ans, le nouvel ordre séducteur
a conquis tous les secteurs de la société. La
politique et l'église n'échappant pas à ce
nouveau mode. Plaire est aussi important que
faire. Les politiques soignent leur look. Ils se
drapent de force tranquille ou changent de
lunettes pour mieux séduire l'électorat. Ils
emploient une nouvelle race de conseillers,
c e u x q u i s ' o c c u p e n t d e t o u t : l e s « l o o k e u r s »,

qui ont l'œil, les reluquent


et les améliorent. L'exem-
ple de Reagan est extrême.
Il peut se permettre toutes
les gaffes diplomatiques,
l'Amérique sourit - c'est
un cow-boy -, mais si le
m o i n d r e bouton pointe INTRODUCTION
sur son épiderme, l'Amérique pleure. Le pape
lui-même n'échappe pas au terrorisme de
l'ordre séducteur. On parle plus de sa forme
- physique - que de ses prières. On filme
Jean-Paul II en maillot de bain sortant de
l'Adriatique tel Apollon. Abandonnant, un
peu, la bulle canonique pour une bulle de
verre motorisée il s'expose aux foules en
liesse - iconophiles - folles d'images.
Il est aujourd'hui impossible d'exister sans
paraître, de gouverner sans soigner sa présen-
tation. Les médias et le voyeurisme généralisé
ont rendu les imaginaires gourmands d'ima-
ges toutes faites et bien fraîches. Par la même
occasion, nous voici tous devenus des acteurs
sociaux. Vedettes d'une mise en scène quoti-
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dienne évidente. Nos sociétés sont un specta-


cle permanent et gratuit, dont il faut accepter
la théâtralité et les multiples jeux de rôles.
PEUT-ON DÉVOILER TOUS
L E S S E C R E T S D E LA S É D U C T I O N ?

- Pourquoi Woody Allen a-t-il autant de


succès féminins qu'Alain Delon ?
- Pourquoi le super mâle R a m b o n'est-il pas
un h o m m e à femmes ?
- Pourquoi les jeunes princes délicats c o m m e
Christophe Lambert, ou maudits c o m m e
James Dean ont-ils toujours fait craquer
toutes les femmes de la pucelle à la m a d a m e ?
- Qu'est-ce qui donne envie de se frotter à
l ' e n s o r c e l e u s e p o u r c o n n a î t r e le g r a n d
frisson ?
- Pourquoi la vamp est-elle le type m ê m e de
la joueuse sensuelle ?
- Quels rêves évoquent en tout h o m m e l'ini-
tiatrice et son cortège de fantasmes ?
Chacune de ces questions a ses réponses dans
ce livre. Mais il n'y a pas une recette, pas une
vérité unique. Il ne faut pas le feuilleter
c o m m e un guide de la séduction. Il est un
bilan, un ensemble d'images et de témoi-
gnages sur les mentalités des années 80, et
particulièrement sur le rapport de chacune
et de chacun avec son image et avec les autres.
Le XVIIe siècle vivait ses itinéraires a m o u r e u x
au gré d'une carte du Tendre, nous proposons
des cartes de la Séduction. Nos cartes n'ont
qu'un but (ludique) : permettre à toutes et
tous de se situer sur une carte de la séduction.

LA S É D U C T I O N E S T - E L L E M O R A L E ?

Drôle de question... Pas vraiment. Voici les


définitions que nos dictionnaires donnent du
mot, séduction, séduire et séducteur(trice) :
Définitions (relevées dans un dictionnaire
usuel Quillet-Flammarion).
S é d u c t i o n : N. f. 1) Action p a r laquelle on
séduit. - 2) Action de débaucher une femme.
S é d u i r e : V. tr. 1) Tromper, faire tomber dans
l'erreur, p a r des insinuations, des promesses,
etc. - 2 ) Suborner : « séduire des témoins ».
Débaucher : « séduire une femme ». Origine
latine : seducere, emmener à p a r t (se sed).
S é d u c t e u r , s é d u c t r i c e : N. 1) Celui, celle qui
séduit, qui fait tomber en erreur ou en faute.
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- 2) Celui qui a l'art d'abuser de la faiblesse


des femmes. Adjectif : l'esprit séducteur : le
démon.
Définitions au goût acide et à l'odeur de
souffre : qui s'y frotte s'y damne semble
prévenir le sens commun.
Pourtant aujourd'hui lorsque vous dites d'un
spectacle qu'il est séduisant, voulez-vous dire
qu'il est démoniaque ? D'une tenue qu'elle
vous séduit ; insinuez-vous qu'elle va vous
poussez à la débauche ?
Etre séduisant dans le sens actuel c'est être
plaisant, adapté et attirant. Séduire ne relève
plus d'une norme morale, c'est un acte social.
JE SÉDUIS DONC JE SUIS

Je séduis donc je suis : c'est le cri du corps


contemporain. Séduire, c'est vital. Le savoir
vivre ne consiste plus à être, mais à savoir
paraître. Ce qui intéresse les autres n'est pas,
d'écouter vos déclarations d'intention - « voi-
là ce que je suis ». Non, ce qui intéresse les
autres c'est de profiter de vous, immédiate-
ment, « à quoi ressemble-t-elle ? » dit-on, « que
représente-t-il ? ». Un fin philosophe a noté
que les rapports de séduction ont remplacé
les rapports de production. Vous en doutez ?
Pourtant votre rapport à votre propre séduc-
tion détermine la constitution et la présenta-
tion - de votre personnalité Chaque matin,
un regard dans le miroir. Ce simple coup
d'œil change bien des choses. Il n'est plus
nécessaire d'être star, névrosé ou m a n n e q u i n
- ou les trois à la fois - pour attacher une
grande importance au stade du miroir. De
cette question matinale et de la réponse du
reflet dépend le verdict : « Ah !je me sens bien
dans ma peau ce matin » ou « je ne vais pas
bien, regarde cette tête, j'en ai marre ». Coup
de starter ou de frein. L'évaluation de notre
image et de son pouvoir est la première
épreuve sociale.
L E G R A N D J E

Dire « je », c'est avoir une identité, une idée


de soi. Pour que le « je » soit, il faut accepter
son image. Alors, seulement, on peut jouer
le jeu. L'énergie séductrice est auto-valori-
sante. Aimez-vous et le ciel - et les autres
- vous aimeront. Celui qui dégage, capte
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l'attention et le désir. Mieux on se sent, plus


on est fort. C'est l'étape décisive du « Je séduis
donc j'existe ». « J'existe parce que je plais.
Les autres me regardent, me choisissent, me
parlent, m'écoutent ». Un clin d'œil, u n mot
coquin, un compliment valent tous les eupho-
risants pharmaceutiques. La séduction est u n
laisser-passer, qui ouvre toutes les portes. En
« perdant » son temps chez le coiffeur ou dans
une salle de sport, on prépare son intégration
au milieu - des autres -. En s'identifiant aux
grands modèles séducteurs, on cherche à
correspondre aux canons de « séduisance »
pour être reconnus par ses pairs. En élabo-
rant sa propre allure, on se distingue, on
invente sa propre image.
SÉDUIRE N'EST PAS DRAGUER

Séduire est très différent de draguer. Bien


sûr il arrive que le séduisant se fasse
draguant, et que le dragueur soit séducteur
- parfois dans ce livre nous parlerons et
jouerons des plans drague. Mais la différence
entre draguer et séduire est profonde.
Séduire est avant tout une présentation de
soi, un acte total, draguer n'est qu'un
problème de méthode, un stéréotype et une
stratégie. Le play-boy est organisé, malin et
blasé. Tandis que le sujet séduisant est ému
et émouvant. En fait, le dragueur se masque
et le séducteur s'expose. Le dragueur se
déguise pour mieux capturer. Il va même
jusqu'à vous occulter complètement. Vous
êtes son objet. Vous n'existez plus. Selon ses
moyens, vous voilà « proie » ou « boudin » ;
la dragueuse - pas de racisme - souffre du
même regard réducteur. Dragueur et dra-
gueuse ne cherchent qu'à se valoriser en
chassant. Avez-vous lu les aventures de ce
traqueur fou, maître nageur italien *, qui se
« fait » 4 touristes par jour pendant sa saison
d'été : Don Juan Obsessionnel qui compte
fleurette sur le bout de son membre... Plus
de 500 trophées en une saison de chasse. Etre
séduisant, c'est au contraire être attentif et
expressif, jouer un jeu de sens et de signes
avec réponse et partenaire. La séduction est
un langage, certes on essaie d'y affirmer son
identité, mais on cherche aussi à entendre
l'autre ; être séducteur, c'est jouer l'émoi, être
dragueur, c'est se jouer des mois.
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S É D U C T I O N ET A M O U R

Les temps changent. « Autrefois pour faire sa


cour, on parlait d'amour », les pulsions se
masquaient derrière les mots. Le c œ u r était
un cache-sexe romantique. Aujourd'hui on
commence par une mise en scène pour finir,
peut-être, bien par
ien passé. une ilmise
Avant était a normal
m o u r : si
de tout s'est
déclarer
l'amour pour jouir des sens. De nos jours le
sensuel précède le sentimental. On se ren-
contre, on « s'expérimente ». Et si le jeu en
vaut le plaisir, l'amour se déclare pour
conserver la mise. Question d'atouts et de
désir. On n'aime conserver que ce qu'on a déjà
goûté. Si c'est bon, on y regoûte, alors on
s'engage un peu plus. Après l'acte, les mots.
Après la séduction, l'amour, après l'abordage,
l'ancrage.
LE GRAND JEU SÉDUCTEUR

Est à la fois un luxe et une aventure, luxe


moral et aventure quotidienne. Une expé-
rience urbaine, une émotion douce, une
passion poivrée. Il y a dans ce jeu des risques
et des joies. Des succès et des petites-morts.
La mise en jeu du corps avec l'autre, l'excita-
tion des sens, la rencontre sont les derniers
événements du quotidien. Séduire c'est rêver
et vivre. Partir en conquête, s'évader du réel.
Un jeu passionnant et épuisant. Une angoisse
profonde et un flot d'énergie. Il faut assurer
pour séduire, et troubler pour aborder. Il y
a dans ce mélange de jeu et de sérieux une
saveur inaltérable et indicible.

SÉDUIRE C'EST COMMUNIQUER

Chacun fait de son corps une surface d'exposi-


tion, u n champ d'expression, une antenne à
capter l'émotion. Nous séduisons en émettant
et en réceptionnant. Tout le monde veut
séduire, car personne ne veut mourir. Séduire
c'est vivre, séductions molles ou radicales, la
« séduisance » est capitale. Séduire c'est
rencontrer et s'exprimer. En vous cherchant
au fil des cartes, c'est votre image et votre
parole que vous cherchez à déterminer. Il y
a un discours corporel de la séduction, un
* Dans le magazine « Actuel ».
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sens silencieux de l'art de plaire. Séduire est


une obsession, une nécessité et une jouis-
sance, parce que c'est l'ultime acte social, le
premier et dernier espace de création : une
oasis dans le bitume et l'habitude. La séduc-
tion a beau se répandre, elle reste magique
et alchimique, capable de faire naître soudain
l'amour et la tendresse. Un regard, une odeur,
une courbe déclenchent des effets irration-
nels, des pulsions irrésistibles. En jouissant
d'une sensation et en jouant d'une réaction,
vous devenez superbement Humain, choisis-
sant d'échanger de caresser, de murmurer.
Séduire, c'est communiquer, et aussi jouir et
aimer...
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Comment séduit-on en Suède, au Brésil, au


Japon, en Indonésie, aux Antilles, en Argen-
tine ? Chaque culture a sa manière et ses mots.
Nous avons demandé à des femmes et des
hommes de ces pays * de raconter la séduc-
tion, leur séduction. Séduire c'est dire, ce qui
se passe et ce qui ne se passe pas...
Lisette - 25 ans - Origi-
BRESILIENNE naire de Salvador à Bahia,
dans le Nordeste. Fille de
notables : père avocat, propriétaire terrien ;
mère journaliste. Lisette est étudiante en
sociologie à Paris. Suit une psychanalyse.
« Avec la chaleur, on porte des vêtements qui
sont légers mais collants, pour que les formes
ressortent... c'est là que les filles provoquent.
Tu vois le soutien-gorge et le slip par transpa-
rence sous le vêtement, et puis surtout par
la marque qu'ils font parce qu'ils serrent, et
que les vêtements sont moulants.
A la plage comme à la piscine, les femmes
portent le tanga ** ; au Brésil les seins nus
c'est mal vu : pour m o n t r e r le derrière, par
contre, il n'y a pas de problèmes - c'est même
une arme. A la ville les filles portent le
bandeau - le haut le maillot -, c o m m e à la
plage. Les h o m m e s sont beaucoup plus excités
par la forme des choses que
par la nudité elle-même...
Tu vois, le gros délire c'est
le bon derrière, les seins
assez gros, plus la démarche
"à la Samba", comprends le
bassin tortillant.
Les fêtes privées sont très
prisées : c'est un lieu de rencontres répandu.
Dans la soirée le garçon dira à la fille : "Tu es
belle, tu es intelligente, je suis attiré par toi."
Si cela marche, il y aura ensuite contact physi-
que ; il lui prendra la main, puis des caresses.
Il y a une sorte de jeu répandu dans ces
soirées : pour que les couples se forment pour
danser, toutes les bagues des filles sont mises
dans un panier ; les garçons choisissent une
bague et ils danseront avec la fille à qui
appartient la bague pendant toute la soirée.
Pour les filles, l'homme idéal est à mi-chemin
entre l'aventurier et le gars aisé. Il y a des
* Tous les interviewés se sont exprimés en français. Nous avons
respecté leur langage spontané.
** TANGA : culotte très échancrée sur les fesses.
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objets représentatifs d'une certaine puissance


économique tels que la voiture, en particulier
l'Alfa Roméo, et la chaîne en or assez grosse
autour d'un cou, p e n d a n t sur un poitrail bien
velu, car c'est synonyme de virilité et les
femmes aiment bien, c'est séduisant. Dans m a
ville, il y a une avenue qui sert de lieu de
rencontres. Cela se passe vers 17-18 heures
et surtout l'été. Dans cette avenue les gens "se
postent" un peu de partout, sur les voitures,
dans les cafés où tout le m o n d e boit du
c h i m a r a ô (herbe typique du sud de la pampa,
entre l'Argentine et l'Uruguay). Ici les voi-
tures passent u n i q u e m e n t pour draguer de-
vant les groupes de femmes qui viennent dans
leurs meilleurs atouts vestimentaires.
Avant toute procédure de drague, on se
regarde beaucoup, plus qu'on ne parle. En-
suite un h o m m e appelle quelqu'un qu'il
connaît et d e m a n d e des renseignements sur
une fille qu'il a remarquée. Dans les chansons
brésiliennes, les femmes sont vues c o m m e
des "Eves" vis-à-vis d'''Adams'' qui eux sont
les victimes (bien sûr pour cacher le mal
qu'ils font). Une fois dans la voiture, ce qui
ce passe c'est que lui, pour m o n t r e r son côté
aventurier, il va se mettre à rouler vite... Ça
la séduction avec la voiture, cela marche très
bien avec les filles.
Cette avenue est un lieu vraiment obligatoire
pour bien s'intégrer à la ville.
Les atouts vestimentaires et autres : la
couleur des vêtements est très importante...
Les couleurs sont vives, pour les femmes le
j a u n e est très prisé. D'ailleurs le Premier de
l'an, on doit avoir des slips jaunes, c'est-à-dire
la couleur de l'espoir pour les femmes ; elles
portent ainsi b o n h e u r lors du passage de l'an.
Elles aiment en outre les boucles d'oreilles,
les bijoux, colliers, bracelets argentés ou
dorés. Les h o m m e s sont fous de blanc,
surtout les chaussures blanches.
Quant au parfum, il est très apprécié des
h o m m e s pour séduire les femmes. Ils utilise-
ront soit une sorte d'''Eau sauvage", c'est
frais, soit "Vitess", une eau de toilette avec
u n flacon rond à la base et effilé en haut. Les
femmes, elles, choisissent toujours le parfum
le plus cher et le plus commercial. Il existe
un p a r f u m créé au Brésil, « Opium », il a le
m ê m e nom qu'ici, mais pas la même odeur.
Les femmes entre elles aiment bien faire
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jalouser, pour attirer le plus d'hommes possi-


bles, ainsi le p a r f u m est une arme. Il y a
beaucoup de rivalité entre les femmes, tant
physiquement que matériellement. Elles vont
jusqu'à faire des choses plus ou moins
interdites tel que fumer pour le c h a r m e (elles
n'avalent pas la fumée).
Les gens se laissent beaucoup influencer par
la pub et les feuilletons... On prend un acteur
de la télé comme quelqu'un de la réalité. Il
n'est pas rare de voir des gens téléphoner à
un acteur pour lui d e m a n d e r qu'il prête son
piano ou sa voiture, tout cela parce que dans
le feuilleton cela lui a servi pour draguer. »

Horacio - 26 ans - Originaire


ARGtNrIN de Mar del Plata. A Paris depuis
cinq ans. Directeur d'un maga-
sin de vêtements.
« L'attitude générale de l'Argentin est très ma-
cho. L'Argentin est un mélange de races : espa-
gnol et italien. Nous respectons beaucoup la
femme. Et une femme qui oserait se taper des
mecs jeunes est considérée c o m m e une pute.
On se séduit donc par tranches d'âge identi-
ques ou proches. Mon premier trip a été avec
une Argentine d'origine danoise - blonde, les
yeux bleus. Dès l'école primaire je jouais avec
elle, un petit flirt. Mais les rapports physiques
commencent pour les h o m m e s entre 15 et
16 ans - pour les plus précoces -, et les filles
attendent jusqu'à 18 ans. Nous sortons donc
souvent avec des filles légèrement plus âgées.
Moi j'ai eu un plan très pied vers 14-15 ans
avec une fille qui m'a initié : elle avait 18 ans.
Les lieux de rencontre sont les bars, les cafés
et les boums. Mais les Argentins, c'est une
question de climat, aiment les espaces vides,
les squares, les bidonvilles et les plages pour
draguer.
Les femmes, les filles : elles sont très latines.
Parlent peu au début. Elles regardent d'une
certaine manière en roulant les yeux, en fixant.
Elles sont très physiques, bougent le corps en
roulant des hanches et des épaules. Du fait du
climat, elles se maquillent très peu. Par contre
elles soignent beaucoup leur habillement pour
les sorties. Elles sont très féminines : style
tailleurs, jupes, portent plus les bas que les
collants, même les filles de 18 ans ont des
porte-jarretelles. Elles cultivent beaucoup leur
côté sauvage, cheveux longs et gonflants.
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Il faut savoir que ce pays est très conserva-


teur, il y a presque vingt ans d'écart avec la
France en ce qui concerne les mentalités. La
séduction est très forte, car les femmes,
là-bas, rêvent d'un rapport durable et hon-
nête. Tandis que les h o m m e s veulent l'exploi-
ter l'instant du plaisir, occasionnellement,
librement. Cela fait que l'Argentin, qui séduit
beaucoup, a longtemps lutté pour arriver à
son statut : de séducteur...
Les plans séduction sont du style : avoir une
voiture. La voiture a un grand pouvoir de
séduction. La nuit on suit les filles avec la
voiture, et si cela marche on fait l'amour dans
la voiture. Je vais te d o n n e r un exemple
précis : il y a en Argentine des motels où tu
rentres dedans avec la voiture, u n employé
tire un rideau derrière toi, tu descends
directement dans la chambre. Pourquoi ? Il
y a un tabou qui est "baiser", donc on ne se
m o n t r e pas en couple non marié.
La femme argentine reste à la maison jusqu'à
ce qu'elle se marie. C'est un trip maternel,
malgré le patriarcat très puissant. Donc il
y a tout un secret autour des rapports
homme/femme.
Il n'y a pas d'informations, pas d'éducation
sexuelles. Les femmes par exemple sont très
coincées : les caresses buccales sont rares. Les
femmes pensent que c'est mal. Il faut beau-
coup de temps pour décoincer une fille... La
zone anale est aussi interdite. En Argentine
les homosexuels ne se montrent pas dans la
rue, mais il y en a beaucoup du fait de la
pression de la mère, et des difficultés qu'il y
a à a m o r c e r les filles.
Les femmes aiment les h o m m e s forts. Ils sont
décontractés et ont u n pouvoir social. Pour
elles le statut social de l'homme, sa représen-
tativité sont l'essentiel dans son attrait. Elles
veulent être dominées et protégées. Une
femme ne dit jamais si elle ne prend pas son
pied. Elle est soumise au désir et au plaisir
de l'homme.
La saison de la séduction, c'est l'été. En
Argentine il y a 27 millions d'habitants,
10 millions vivent autour de Buenos Aires
et beaucoup se retrouvent sur la côte à
Mar del Plata pour trois mois d'été où ils
s'exhibent et ne pensent qu'à se séduire
mutuellement, m ê m e si le passage à l'acte
est tabou... »
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Charlotte est suédoise. Cheveux


longs blonds, 1,78 mètre, mince,
S U É D O I S E les yeux bleus, le sourire écla-
tant, elle est un archétype national. Issue
d'une famille très aisée. elle a vécu en Suède
jusqu'à 15 ans, puis un an et demi aux
Etats-Unis. Avant de venir à Paris à 17 ans
pour y faire le mannequin. Depuis elle a fait
de la photographie, de l'assistanat à la mise
en scène - sans passion -, en continuant son
job de mannequin. Elle est aujourd'hui ma-
riée avec u n avocat international de 38 ans,
très « viveur », dont elle est la seconde épouse.
Ils ont u n bébé de 1 an : Victor. Si on
demande à Charlotte sa profession, elle
répond avec un grand sourire : généraliste.
C'est vrai qu'elle adore toucher à tout... Les
hommes, elle en parle bien : « Les Suédois,
j'ai dû en rater des bons parce que je n'ai
connu que des fades. Les Américains font un
vrai show lorsqu'ils te baisent, ils ont toujours
leur manuel érotique sous l'oreiller. Les latins
sont bons, parce qu'ils aiment vraiment la
femme. » Elle continue :
« La Suède est u n pays d'uniforme, la mode
n'est pas inventive, tout le monde a le m ê m e
look. Les filles sont mignonnes et se ressem-
blent toutes. Les garçons sont blonds aussi,
fades et assez maladroits avec les femmes.
Les rapports entre les jeunes filles et garçons
sont très différents d'ici - la France. En Suède
on n'invite pas une fille au cinéma ou au
restaurant. On y va ensemble : et chacun paie.
La femme est plus indépendante, elle n'est
pas un objet d'attention pour l'homme, elle
est responsable, très autonome. Chez les
Français, j'adore les compliments style :
"Vous êtes très belle ce soir" ou "T'as un beau
cul", selon qu'il s'agit d'un dîner mondain ou
d'un dragueur des rues. En Suède tu n'en-
tends jamais ça. La Suède est fade parce que
trop attachée au look sain, aux choses natu-
relles, là-bas la séduction ne porte pas de
jarretelles. Pas d'accessoires, pas de lingerie.
Tout coton blanc. Il y a une peur de la femme
pute. Alors qu'en France même les femmes
qui ont des hautes responsabilités : avocates,
médecins... portent des lingeries excitantes.
Les Suédoises adorent les h o m m e s latins. Les
beaux bruns qui aiment la femme. Pour nous
ils représentent le mec cool. En Suède, si dans
la rue tu es habillée très sexy, les h o m m e s
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détournent le regard, ou ils se sentent


agressés et disent : "Mais qui est cette folle ?"
Ici les hommes adorent, te glissent un mot
ou un regard coquin. Les taxis me branchent
toujours à Paris, jamais à Stockholm. Les
Latins aiment les contacts, ils te serrent
toujours. Les Suédois ne draguent que
lorsqu'ils sont saouls et alors ils sont ploucs.
Le rêve des Suédoises c'est d'aller en vacances
en France, en Espagne, en Italie, en Grèce et
de craquer pour tous les beaux mecs latins.
Se faire faire la fête.
Moi je suis excitée pour un mec quand il
dégage. Je n'aime pas les trop beaux mecs
autosatisfaits, j'aime les types qui ont de
l'humour, qui apprécient la femme qu'ils
sortent, tu sens très vite si un homme te fera
bien l'amour. Bien sûr dans une boîte je peux
craquer pour un type uniquement parce qu'il
est beau. Mais je préfère parler avant de
baiser. Sauf si je suis trop excitée. J'aime les
hommes juste assez sales - donc pas vraiment
sales -, du type Jagger par exemple. Bien sûr
qu'on est plutôt attirées par des mecs impor-
tants, parce qu'il y a plus de chances qu'ils
soient en harmonie avec eux-mêmes, ils n'ont
rien à prouver.
Mon mari m'a séduite par son anticonfor-
misme. Les gens ne s'attendent pas à voir un
avocat international important agir comme
lui. Il a déjà plaidé coiffé d'une queue de
cheval. Il est la contradiction d'un homme
dans sa situation. Et puis c'est un vrai Latin,
il apprécie les femmes, la beauté : il compli-
mente, il aime être excité, donc il n'est pas
jaloux. Hier soir nous sommes allés dîner
chez Maxim's, j'avais des talons de 20 centi-
mètres et une minijupe si courte de Versace
que les clients n'en revenaient pas. Je mesu-
rais 1,90 mètre et je faisais très pute. Ça
amusait mon mari, il a le goût de vivre, de
vivre le présent. Je l'aime pour ça.
Ma vie sexuelle a commencé à 14 ans, j'aimais
beaucoup un garçon suédois et dès 12 ans je
m'étais promis de lui donner ma virginité. Ma
deuxième expérience à 15 ans fut avec ma
meilleure amie et un superbe Italien, son
copain, une partouze à cet âge en Suède c'est
rare ! Parce que la Suède c'est vraiment pas
ce qu'on croit. OK ! les filles adorent faire
l'amour quand elles sont loin de chez elles
en vacances et à 14 ans ta mère te donne la
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pilule. Mais ici, à Paris, tu vas à des soirées


et très souvent les h o m m e s mariés arrivent
avec des femmes différentes. Personne ne dit
rien. En Suède, si une telle chose arrivait, ce
serait u n petit scandale, c'est impossible.
Ma séduction c'est jouer avec mes potentiels,
m a taille, me mouler dans des tenues très
sexy, jouer avec mes longs cheveux blonds.
Je pense qu'il faut séduire tout le monde, on
peut allumer u n peu, c'est le jeu. J'aime Paris
pour ce jeu perpétuel et parce que j'y trouve
toujours des amants intéressants. La jalousie
n'est pas dans mon couple, et depuis que je
suis mariée et mère, j'apprécie mieux les
choses de la séduction, et puis tout ici peut
arriver. Je me souviens d'un cocktail très chic
où en guise de séduction un h o m m e me glissa
à l'oreille : "J'ai envie de vous." J'étais si
choquée, je l'ai dit à mon mari, il a éclaté de
rire, ça lui plaisait. C'est pour ça que toutes
mes copines suédoises rêvent de venir à Paris
pour épouser un Français. »
B e t a r a n i - 23 ans - Étu-
diante dans une école de
I N D O N É S I E N N E publicité. Née à Djakarta.
En France depuis quatre ans. Repart dans son
pays tous les ans. 1,65 mètre, peau mate,
cheveux longs noirs, les yeux noirs, bridés,
sourire éclatant et très mignonne.
« L'homme a le rôle majeur dans la séduction.
C'est lui qui fait le pas en premier. C'est très
matérialiste : il frime beaucoup avec des
cadeaux, ses voitures, toujours l'argent. Chez
nous, on ne va pas loin avant le mariage. Les
mariages commencent à 17 ans, et les femmes
se marient pour quitter la famille, avoir une
dot. Même entre les meilleures amies, on ne
se raconte pas nos relations sexuelles avant
de présenter l'homme du mariage (islam)...
C'est la société qui impose cela. Moi j'ai
découvert l'amour en m'exilant en France à
19 ans. Les rapports d'amour se résument aux
contacts buccaux dans la voiture, dans les
boîtes, en cachette dans les toilettes, car il y
a toujours un frère ou un ami pour observer.
Pour séduire, une femme se sert de l'habille-
ment, très classique, très moulant, mode
européenne, avec de petits dessous mais très
simples, culottes (pas de "strings"), avec des
soutiens-gorge n o r m a u x (pas de balconnets).
Il faut être séduisante, mais pas être prise
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pour une pute. C'est rigolo car la mode des


vêtements traditionnels est plus sensuelle (pas
de haut, juste un pagne), mais c o m m e cela
appartient aux coutumes, cela est bien vu.
Le massage est donc une forme de plaisir,
surtout avant le mariage car c'est compensa-
toire. Il y a des zones qui ne seront j a m a i s
touchées avant le mariage (le sexe, les fesses).
Il y a très peu de gens qui bravent les interdits,
m ê m e chez les jeunes. Mais regarde c o m m e n t
cela se passe : c o m m e il y a des magnéto-
scopes, clandestinement des copains s'en
procurent, et l'on se passe une soirée à
regarder des films pornos, ce qui est une
manière de s'initier sans trop de dommages ;
cela ne perturbe pas les traditions..., c'est
juste une source d'information, mais c'est
frustrant quand même... Peut-être qu'après
les garçons vont aller aux putes. Mon frère
possède une belle collection de livres initia-
teurs (écrits) et je sais qu'il s'en instruit
assidûment.
Si un h o m m e va plus loin, il est rare qu'une
fille accepte m ê m e si elle l'aime. Elle décidera
plutôt de le quitter. Parfois, m ê m e souvent,
es h o m m e s mûr s vivent avec plusieurs
femmes, les artistes surtout. La polygamie
n'est pas officielle, mais elle se pratique
couramment. De moins en moins avec les
générations jeunes.
C'est très rare qu'une femme se venge en
t r o m p a n t son mari si celui-ci la trompe. Sauf
les femmes qui voyagent et qui en profitent
pour goûter dans les grands hôtels, les
cabarets, aux plaisirs des h o m m e s de
rencontre.
Mes rapports sont fréquents, mais pas n'im-
porte où, j'aime bien être à l'aise dans un lit,
où on peut se masser, et faire toutes les
positions. Le rythme est élevé : 6 ou 7 fois
en moyenne dans une nuit, mais ce sont des
petits coups (un quart d'heure) rapides,
tendres et calineux. L'une des positions
privilégiées en Indonésie, c'est la femme
dessus l'homme, car elle peut contrôler mieux
son plaisir, et l'homme est plus en accord avec
elle, car il la suit et donc la sent beaucoup
mieux.
L'atout majeur pour une femme, qui concur-
rence m ê m e sa beauté, c'est son esprit, sa
tenue morale, ce qu'elle apporte en maturité
à l'homme.
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Tu sais, les femmes parlent (surtout jeunes)


beaucoup entre elles sur leur relation avec
les hommes, mais jamais au-delà du côté
moral des rapports. »
M i t s u t e r u - 28 ans - Étudiant à
l'université de mathématiques
JAPONAIS d'Osaka, puis à l'université de
lettres françaises de Kyoto. Il travaille
comme interprète. (Lorsque nous l'avons
interviewé, il était en France depuis une
semaine.)
« Au Japon c'est vers 16-17 ans que filles et
garçons se rencontrent en groupe. Avant cet
âge nous ne nous fréquentons pas. C'est vers
18 ans qu'il est permis de se mettre en couple.
Certaines filles sont très libres, mais générale-
ment c'est très fermé. Le rêve pour un garçon
de 16 ans c'est d'aller avec une fille de 19 ans,
plus expérimentée. Même pour une seule
nuit, pour connaître. Elle n'est pas vue
comme une pute... en général lorsque ça
arrive il va chez elle. Cet âge 14-16 ans est
décisif pour le garçon Japonais. Il est en
dernière année à l'école, Il est considéré
comme u n "boss", c'est-à-dire qu'il a le droit
de priorité sur les autres garçons moins âgés.
Moi je suis très exceptionnel, puisque jusqu'à
l'âge de 22 ans je ne connaissais pas les filles,
du fait que j'étais très timide et puis mes
études je les ai faites dans une université très
renommée, donc très sévère. J'avais trop de
travail pour penser aux filles. Et puis elles
n'étaient pas très intéressantes.
Ma première fille, je l'ai quand m ê m e connue
alors que j'étais à la faculté. Nous avons
sympathisé lors d'un repas à Disneyland. Elle
était plus jeune que moi. Ensuite elle m'a
amené chez elle. C'est le plus pratique et le
plus courant, c o m m e ça elle prépare l'am-
biance : c'est un travail de fille. Préparer une
belle lumière, à boire et à manger. Autant les
filles que les garçons, nous nous cachons des
parents pour vivre ces rencontres.
Les endroits où l'on se rencontre au Japon,
c'est la rue et les grands magasins. Pas les
cafés car les chaises sont serrées à l'intérieur.
C'est moins discret. Il y a aussi les discothè-
ques, moi, je n'y suis jamais allé.
Les filles : si elles aiment un garçon, elles
s'occupent beaucoup de lui m o n t r e r leur
attention. Elles lui posent plein de questions
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- souvent très bêtes -, questions sur la vie


privée : "A quelle heure tu rentres du travail",
"Que bois-tu au petit déjeuner ?" Elles mon-
trent leur intérêt pour l'homme. Parfois
m ê m e elles l'invitent dans leur famille pour
qu'il goûte sa cuisine. Ça c'est si elle l'aime
vraiment. La femme doit se m o n t r e r très
ménagère dans notre pays. Les filles sont
toujours très pudiques, elles s'habillent de
façon réservée, un peu plus sexy le soir. Les
premiers contacts se prennent par les yeux,
puis la parole. On recherche un accord, un
"feeling".
Au Japon, beaucoup de j o u r n a u x consacrent
quelques pages aux positions amoureuses
préconisées. Moi, m a position préférée, c'est
la position allongée appuyé sur le coude face
à face, j a m b e s interpénétrées. Mitsu aime
aussi [il s'appelle lui-même Mitsu : note des
auteurs] la position où la femme est allongée
regardant le plafond, c'est très érotique,
l'homme se couche sur elle. Par derrière, c est
très détestable. Je fais cela [l'amour] vrai-
ment pour le plaisir et donc cela dure toute
une nuit. C'est très rare. Lorsqu'on fait
l'amour, les filles enlèvent leurs bijoux, mais
ne se démaquillent pas. »
P a t r i c k - 24 ans - A vécu

m m
bureau.
jusqu'à 18 ans en Guadeloupe.
Depuis vit à Paris. Employé de

« La femme n'a pas d'initiative. C'est elles qui


provoquent dans leur démarche, en tortillant
du cul, tout étant dans le roulement des
fesses, puis dans leur manière de s'habiller,
très moulant, des décolletés qui mettent en
valeur leur poitrine.
Il y a un côté matériel attaché à la séduction :
style "installé dans la vie", car les gens sont
poussés à consommer : donc les mecs qui
touchent au niveau de la drague sont ceux qui
possèdent de belles bagnoles comme la
BMW..., c'est très prisé.
Il suffit d'insister beaucoup avec les nanas...,
ce sont des tigres et des tigresses. Les mecs
sont jaloux, ça cogne sur elles dès qu'elles
regardent un autre, comme les filles... du style
"c'est ma propriété".
Chez nous il y a trois nanas pour un mec. C'est
une juste proportion. Il faut y voir la touche
des traditions esclavagistes, avec la femme
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qui a le rôle de reproduction... Aujourd'hui


il y a beaucoup de filles mères.
La drague commence au lycée, 4e, 3e, mais
un lieu privilégié, un peu plus tard, c'est la
plage le dimanche et les boîtes (permis à
16 ans). A l'école c'est les attouchements à la
récréation, comme en classe d'ailleurs... Au
fond jusqu'au dessous de la culotte.
Ça parle peu, c'est le cul qui prime pour les
deux sexes, tu n'as qu'à voir la mode des
maillots de bain : d'accord il n'y a pas de
monokinis, mais les formes sont mises en
apparence très sexy, mode brésilienne, échan-
crée dans les fesses.
On ne drague pas en créole, car il y a toute
une connotation de manque de respect...
draguer en créole c'est être ringard. La
famille, il ne faut pas y aller, surtout au
niveau des filles... Même si la vie sexuelle
existe, tant que tu ne le dis pas, ça passe. Cela
se passe en bagnole, sur les plages. Il ne m'est
jamais arrivé d'amener une nana chez ma
mère.
Il y a une stratégie de refus des nanas en ce
qui concerne les mecs pas trop aisés. Les
femmes aspirent peu à travailler... Elles
aiment le foyer. Quand elles ont un mari, elles
ne pensent plus à se mettre en valeur. Elles
deviennent vite des mamas après leur
deuxième minot. C'est ainsi que les hommes
trouvent une excuse pour aller courir. Au
collège, on touchait beaucoup les nanas...,
c'est le règne de la tripote ou plus, elles
n'osent rien dire. Il y a tellement de nanas
dont peu de mecs pensent à tomber amou-
reux. De la seconde à la terminale, j'en ai
connu qu'un.
Les nanas rejettent pas mal le côté africain.
Elles aiment pour ça beaucoup les dessous
européens, malgré le climat du style "string",
des bas de soie. De toute façon, une nana qui
n'a pas de dessous est considérée comme une
salope.
Une moyenne du premier rapport, c'est vers
14-15 ans... Au dire de beaucoup, les rapports
sont du style "on tape dans le trou"... très fort
et très rythmé... Les enfants arrivent souvent
avant 20 ans. »
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Femme ou homme :
- Lisez comme bon vous semble, commencez par le chapitre qui
vous inspire le plus (celui où vous pensez être).
- Puis cherchez à repérer sur les cartes les gens qui vous entourent,
ceux avec qui vous vivez : et lisez les chapitres correspondants.
- Pour mieux connaître ces personnages du jeu de la séduction, nous
vous proposons des premiers jeux de cartes (carte du cinéma, de
la mode, de la musique, du parfum, de la littérature). Ces exemples
vont vous familiariser avec les divers acteurs du livre.
- Vous avez compris qu'on entre dans le jeu de la séduction au gré
de son humour et de son plaisir, en sautant librement d'un chapitre
à l'autre, de la partie femme à la partie homme.
- Une seule règle : dans ce jeu le chapitre final se trouve au milieu
du livre, c'est le chapitre des partenaires. Il est l'union, le territoire,
où les femmes et les hommes s'unissent pour un temps. Pour mieux
comprendre ce chapitre nous vous conseillons de le lire en dernier.
Après lecture des 14 autres chapitres : pour savoir qui vous êtes,
et à la recherche de qui vous allez partir. On est meilleur partenaire
si on est conscient de son identité, et des rôles avec lesquels on aime
jouer.
- Enfin la question que vous continuez à vous poser est « comment
me situer sur la carte du grand jeu de la séduction ? ».
Cherchez votre dominante et les
rôles divers que vous aimez jouer :
par exemple : gagneuse en domi-
nante, et initiatrice ou partenaire,
VOTRE
ou : prince en dominante et macho
ou anti-héros.
N'essayez pas de vous réduire à un
seul caractère, cherchez à identifier ITINERAIRE
toutes vos tendances. Plus votre vie est riche en rencontres et en
événements, plus vous avez de chance d'avoir des visages différents
pour les gens qui vous entourent... Aujourd'hui cette souplesse est
une force.
NOTRE CONSEIL
Entre le jeu du sérieux et le sérieux du jeu il y a peu de différence.
Juste un changement d'humeur, si vous voulez suivre notre jeu
comme un guide. Faites-le, jouez-le avec sérieux mais toujours avec
humour...
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Pour bien comprendre Le mode d'emploi des


cartes de la séduction, dépliez les rabats :
début du livre vous trouverez la carte des
femmes et fin du livre vous trouverez la carte
des hommes.
Ainsi vous pouvez lire chaque page de ce livre
tout en regardant les cartes couleurs de ce
grand jeu de la séduction.

Les 4 zones majeures de nos cartes sont :


- La protection : donnée ou sollicitée. Vous
y trouverez l'initiatrice et le pygmalion, ainsi
que la princesse et le prince.
- L'agression : passive ou active. Vous y
trouverez la vamp et l'anti-héros, l'ensorce-
leuse et le macho.
- L'institution : m o d e r n e ou sacrée :
vous y trouverez la gagneuse et le
MODE meneur, la divine et l'olympien.
- La créativité : à deux ou individuelle.
Vous y trouverez la et le partenaire, la
magique et l'inquiéteur.

D'EMPLOI En haut, la carte a un sens : le spirituel,


le contrat social.
En bas, la carte a un sens : le roman-
tisme, le jeu charnel.
A droite, la carte a un sens : la conquête
sociale, l'amour de la tradition.
A gauche, la carte a un sens : la convivialité,
l'innovation créative.
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QUI SONT LES ACTEURS


DU
GRAND
JEU
D E L A S É D U C T I O N ?

Ces cartes s'adressent aux mâles et femelles


de toutes races et de toutes cultures, sans
exclure les enfants, les adolescents, les vieux
et les homosexuels des 2 sexes. L'égalité règne
avec un petit avantage pour les femmes qui
mieux que les hommes savent changer de rôle
pour séduire. Pour l'homme, la séduction
moderne est un territoire nouveau. On lui a
trop fait croire que l'uniformité était une
force, une preuve de son pouvoir.
F E M M E

« Si une femme veut faire son chemin vers


les sommets, il lui faut ressembler à une jeune
fille, se conduire c o m m e une lady, penser
c o m m e un h o m m e et travailler c o m m e u n
cheval... » Tout un p r o g r a m m e qui prédispose
la femme à la multiplicité des rôles.
La femme puzzle s'affirme de plus en plus.
Mère de famille au petit déjeuner, profession-
nelle et sportive la journée, épouse à dîner,
pour finir dans une soirée folie vêtue d'une
tenue sexy-torride mi-vamp mi-allumeuse au
bras de son mari complice... Complice mais
dérouté, laquelle a-t-il épousé ? Multiplicité
des rôles et séduction féminine, la femme ne
cesse de renvoyer nos désirs, de smacher dans
nos fantasmes de lifter nos pulsions : cham-
pionne du jeu non-stop de la séduction. Les
femmes sont les plus mobiles et s'adaptent
mieux que les hommes. Au gré des situations
et des fantaisies.
Depuis toujours la femme, moderne, sait.
H O M M E

Plus rigide, moins joueur, il est difficile de


faire sortir Monsieur de son costume cravate
ou Marcel de son bleu de travail. L'homme
n'aime ni se déguiser, ni se travestir. Si vous
le décalez, piètre comédien, il se sent mal.
"Nu c o m m e un ver", "con c o m m e un man-
che", "déguisé c o m m e un pingouin". Le
séduire masculin n'a pas le charme ludique
du séduire féminin. Rares sont les mecs
pleins d'humour, affichant des profils divers.
Pourtant, certains, osent... Le marché de la
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séduction voit apparaître un h o m m e conqué-


rant et concurrent de la femme. Plus adapta-
ble il fait vasciller les grands stéréotypes. On
sent une volonté, u n choix de changement.
Coquetterie, produit de beauté, soin corporel
ne sont plus des privilèges de femmes, ni des
tares de "folles" : le rapport à soi change. Le
succès des anti-héros au cinéma a dé-
complexé les hommes.
En remettant en cause l'immuable image
virile : guerrier, chef, père, macho... Les
h o m m e s gagnent en souplesse. Libérés, quel-
ques-uns larguent les poncifs et s'aventurent
dans les règles nouvelles du jeu séducteur.
Excitants, ils deviennent l'avenir de la
femme.

P A R T E N A I R E S

C'est le chapitre communion de ce livre :


les femmes et les hommes s'y rencontrent
pour jouer, aimer, vivre, ensemble le temps
d'une conversation, d'une soirée, d'un
week-end, d'une passion, d'une vie... au choix.
C'est la séduction à la carte que nous
célébrons. Un jeu où les atouts cœurs sont
les plus forts. Ce chapitre est particulier,
situé au milieu du livre, il en est pourtant
le final : pas la conclusion, ni la fin ; la
séduction est une faim sans limite. Le final
est une apothéose, un dernier salut, un
mariage comme il en existe toujours à la
fin d'un défilé de mode ; pour rire et faire la
fête.

Qu *est-ce qu 'un archétype ?


« C'est à la fois une image et une émotion.
On peut parler d'archétypes que lorsque ces
deux aspects se présentent simultanément.
En se chargeant d'affectif l'image acquiert de
l'énergie. Elle devient dynamique, forte. Les
archétypes sont des fragments de vie, des
morceaux d'individus. Les archétypes sont
dynamiques, comme les complexes, ils vont
et viennent, ils fascinent et parfois semblent
même jeter un sort. » (Jung)
Comment les avons-nous mis en jeu ?
En simplifiant cette notion d'archétype nous
avons donné à chaque case une identité et lui
avons associé des totems, des personnalités
pour faciliter la projection et l'identification.
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Exemples :
- La gagneuse est devenue un archétype de
femme moderne, active, indépendante. Pour
l'illustrer nous avons donné la parole à
Michèle Cotta : présidente de la haute autorité
de l'audiovisuel, à une jeune ambitieuse
décidée et nous avons pister une gagneuse à
New-York...
- L'ensorceleuse est restée cette femme terri-
ble, m a n i a n t le fouet et la magie noire pour
la plus grande jouissance de tous. Miss Grace
Jones est devenue cette m o d e r n e ensorce-
leuse, la Macha du futur...
En procédant ainsi par association nous
n'avons pas voulu stéréotyper ou caricaturer
mais illustrer et d o n n e r une résonnance à nos
cases.
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C A R T E S C U L T U R E L L E S
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Énorme bouddha à la face d'ivoire, Brando rayonne d'une force


et d'une beauté sans mesure. Dieu humain, il semble vivre parmi nous
et nous avoir déjà quitté... Peut-être à force d'être trop désiré, est-il
devenu réellement irréel. Objet de culte universel à la superbe absence,
Brando est l'homme fait émotion. Un bloc de séduction, pure et dure.
Marlon Brando est passé par de nombreuses étapes du jeu séducteur
avant d'atteindre le sommet de la « séduisance ». Jeune acteur, il
faisait partie des « Kazan's boys », ces fougueuses têtes brûlées
qu'Elia Kazan avait regroupées autour de lui à Hollywood (voir
chapitre « prince » : « James Dean »). Il était un prince maudit, gueule
d'ange et caractère diabolique. Arrogant et sûr, beau et inattendu.
« Brando est étonnant sur un plateau... Il faut être sans cesse en
éveil pour le photographier... car au moment où vous vous y attendez
le moins, il fera soudain quelque chose de surprenant ou de farfelu.
Brando a été l'un des acteurs les plus beaux et les plus distingués
de sa génération et il fit tout pour faire oublier ce physique trop
parfait. » Il fut aussi l'image du « macho dur » aux muscles charnus
et au tricot de peau sexy, grosse bécane et casquette cuir : là aussi
il jouait. « Brando nie que la comédie soit un art. Il méprise les
comédiens. Mais il a fait de sa vie une forme d'art. »* Etrange et
inquiétant, le personnage et l'homme se firent indissociables. Brisant
la mâchoire d'un paparazzo insupportable, murmurant dédaigneuse-
ment « jouer la comédie n'est qu'un moyen de gagner sa vie sans
se fatiguer ». Brando devenait en vivant un mythe immortel. « Il
possède une qualité rare : en dépit de son incontestable personnalité,
il peut se perdre dans une foule. Il peut faire de lui tout ce qu'il
veut... D'un autre côté il veut qu'on le remarque. S'il joue avec un
acteur plus petit, à l'écran il devient plus grand que l'autre. Une force
de projection... »" Refusant les mensonges
de la scène et négociant de main de maître
ses apparitions à l'écran, il était à la fois
anti-héros et meneur. Discret et oublié, puis
brillant comme un diamant. Sur son île avec
sa femme, avec les Indiens en lutte, il sut
A B S O L U
être un partenaire d'amour et d'idéal. Et
pour finir, un rôle l'imposa au culte et à la
fascination dans un film où, pervers pygmalion, il forme et libère
- par sa mort - une femme qu'il pliera à tous ses désirs, qu'il initiera
à toutes les expériences sensuelles. Admirable pas de deux,
inoubliable « Dernier Tango à Paris ». Depuis, de « Superman » à
« Apocalypse Now », Brando brille dans la constellation des étoiles
charnelles. Sa stature religieuse a trouvé sur l'Olympe un piédestal
à sa mesure. Coppola a dit de Kurt, le héros d'« Apocalypse Now »
(la photo ci-contre) : « C'est un type qui, pour ne plus obéir aux
règles, a fabriqué les siennes. » L'olympien est ainsi transgresseur
et inventeur de règles nouvelles que tous rêvent de comprendre.
Créateur d'unique et séducteur absolu.

* SAM SHAW.