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N°243 n SEPTEMBRE 2013

économie&
comptabilité
LA REVUE TECHNIQUE DE L’IFEC

Préparez-vous
au marché
de demain

L’IFEC VOUS
ACCOMPAGNE
olutions sélectionn
s
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Les

IFEC
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s représenta

l Communication l Gestion l Nouvelles l Production l Prospective


du cabinet missions
n EDITORIAL

CHARLES-RENÉ TANDÉ ‹ PRÉSIDENT NATIONAL DE L’IFEC

“Economie et Comptabilité”

Q uel beau titre ! Il représente ce qu’est vraiment notre métier : l’expert-comptable est
au service de l’économie.

J’ai placé ma mandature sous le signe de la performance de l’entreprise. Ce sera d’ailleurs le thème
du prochain congrès de l’IFEC qui se tiendra les jeudi 3 et vendredi 4 juillet 2014 à Antibes-Juan-
les-Pins.

D’ici là, de nombreux travaux seront menés par les commissions de l’IFEC. Ce numéro d’Econo-
mie et Comptabilité vous présente des réflexions et des solutions concrètes recommandées par
la commission Innovation & Productivité, animée par Thierry Polack et Denis Barbarossa. Ce maga-
zine très orienté “technique” répond à une attente forte de nos confrères d’avoir un contenu
toujours plus spécifique.
Je vous invite à découvrir, au fil des pages, les avancées technologiques qui facilitent nos métiers.

Ce magazine est un préambule au prochain Salon Innovation & Productivité qui se tiendra le
29 novembre 2013 dans les salons de l’Aveyron, à Paris. Les inscriptions sont déjà ouvertes sur notre site.

Le rôle de l’IFEC, dans sa qualité d’Institut, a toujours été de réfléchir aux évolutions, qu’elles soient
sociétales, liées au marché ou technologiques pour faire progresser l’ensemble de la profession
vers une amélioration constante.
J’ajouterai que la prospective est nécessaire pour mieux anticiper ces évolutions.

Vous trouverez tous ces ingrédients dans ce nouveau numéro d’Economie et Comptabilité.
Bonne lecture à tous.

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

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n Sommaire

Préparez-vous au marché de demain


L’IFEC vous accompagne

Editorial n Charles-René Tandé, Président National de l’IFEC 3


Préface n Thierry Polack n Denis Barbarossa 6

COMMUNICATION  PAGE 8
Rejoindre un réseau social = gain de visibilité + marqueur de modernité n Yann Benchora 8
Quel usage de Twitter pour les Experts-Comptables ? n Julien Catanese 9
Introduction d’un format de reporting harmonisé pour les entreprises
européennes : quels impacts pour la profession comptable n Bruno Tesnière 12
Le CRM : gestion gagnante des pièces comptables n Didier Vrignaud 14

GESTION DU CABINET  PAGE 16


GED comptable : un monde qui change grâce aux échanges n Patrick Michels 16
Pour le commissariat aux comptes, CaseWare Audit se distingue n Fabrice Laurence 18
Dématérialisation des pièces comptables n Florent Tachot 20
Le Cloud, un concept technologique, une réalité économique n Didier Comet 22

NOUVELLES MISSIONS  PAGE 24


Développement du cabinet : de nouveaux outils pour de nouvelles missions n Anne-Cécile Schatteman 24
Une gamme full web de solutions pour les missions du cabinet n Caroline Perrier 26
Expert-comptable, commissaire aux comptes : prévenir la cybercriminalité n Stéphane Bellanger 28

PRODUCTION  PAGE 31
Démarche d’audit en environnement PE/TPE : de la nécessité de disposer d’un outil
métier adapté n Denis Lesprit 31
EDI et dématérialisation à valeur juridique - Jedeclare.com innove encore n Stéphane Gasch 34
Travailler et produire autrement avec une comptabilité Web dans le Cloud n Marc Pierre 36
L’expertise indépendante, bien plus qu’une mission d’évaluation n Benjamin Mass 39

PROSPECTIVE  PAGE 40
Évolution des besoins des clients, nouvelles missions du cabinet n René Duringer 40
Et demain ? Interview croisée n Jean-Paul Ménager et Denis Barbarossa 42
Bring Your Own Device ! n Denis Barbarossa 46

Économie & Comptabilité


La revue de l’Institut Français des Experts-Comptables et des Commissaires aux Comptes
139, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris. Tél. : 01 42 56 49 67 Fax : 01 42 25 52 61 E-mail : ifec@ifec.fr - www.ifec.fr
Directeur de la publication : Charles-René TANDÉ - Rédacteur en chef : Bruno DELMOTTE - Coordination du numéro :
Henriette de TALHOUËT - Conception, maquette et réalisation technique : OhmyProd 21 rue du chateau, 92200 Neuilly-sur-Seine

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

5
n PRÉFACE

Depuis 20 ans :
faites du Conseil, vendez du Conseil,
mais…
THIERRY POLACK ‹ PRÉSIDENT DE LA COMMISSION INNOVATION & PRODUCTIVITÉ,
MEMBRE DU CONSEIL DE GESTION DE LA SECTION IFEC PARIS ILE-DE-FRANCE

DENIS BARBAROSSA‹ MEMBRE DE LA COMMISSION INNOVATION & PRODUCTIVITÉ,


VICE-PRÉSIDENT DE LA SECTION IFEC PARIS ILE-DE-FRANCE

profession 15, donc un volant de crois-


FACE À LA MUTATION RAPIDE DU MARCHÉ, QUELLES SONT LES ATTENTES DE sance possible. Mais, alors que nous sou-
NOS CLIENTS ET LES OUTILS À NOTRE DISPOSITION ? haiterions accéder à ce marché important,
fort de notre image de professionnel com-
pétent et indépendant, nous nous frottons

L
à de nouveaux concurrents :
a Commission Innovation est à nets ralentit, la compétition s’est forte- n anciens cadres du secteur comptable et

l’honneur en ayant la responsabilité ment développée tant au sein de la pro- financier tentant une conversion vers un
éditoriale de cet exemplaire du magazine fession qu’à l’extérieur. Hier protégés, les statut de collaborateur haut niveau à
“Economie & Comptabilité”. C’est un choix cabinets vivent des heures difficiles et la temps partagé ; leur champ d’intervention
fort de signification en cette période de crise concurrence acharnée que se livrent les s’étend désormais du conseil financier aux
économique et de difficulté pour la profes- confrères qui n’hésitent pas à se battre systèmes d’information, du Secrétariat
sion. En effet, nous sommes confrontés plus dangereusement sur les prix, en est le sym- Général à la Direction Financière et au
aujourd’hui que jamais, à une véritable ten- bole. Face à ces tensions sur notre marché Contrôle de gestion,
sion de notre marché liée : historique, la production de bilan… d’au- n SSII vendant prestations et logiciels pour

n à la crise économique qui rend nos cun ont tenté de s’ouvrir sur de nouveaux lesquels ils ont un agrément,
clients fragiles et diminue leur capacité secteurs, se frottant à des acteurs jusque n Cabinet de conseil financier, proposant

contributive au moment où ils ont plus là inconnus. restructuration financière, reporting et


que jamais besoin d’accompagnement, autre financement sur lesquels ils sont
n à une concurrence accrue dans une éco- Le conseil est un marché juteux et dispa- commissionnés.
nomie déprimée. rate. Il représente près de 50 milliards d’eu-
Alors que la croissance naturelle des cabi- ros de CA (source : SYNTEC 2012), la Ces différents acteurs, bien implantés,
contribuent à réduire notre champ d’ac-
compagnement en nous cantonnant
encore et encore au rôle de garant de la
conformité juridique, sociale et fiscale.
« Deux axes essentiels : Force est de constater que notre profession
est bien implantée dans la TPE / PME,
l’amélioration de notre productivité et structure reine de notre économie. En effet,
sur 3,6 millions entreprises (source INSEE
l’élargissement de notre offre de services » 2012), 2,4 millions n’ont aucun salarié et
1,15 millions sont des TPE de moins de 50
salariés. Il reste peu de place pour les entre-

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6
n
prises de plus de 50 salariés à même de
consommer du conseil sur un marché hau- « Il est urgent de réagir en évoluant dans
tement concurrentiel auquel n’est pas pré-
parée la profession. nos métiers, en étant de plus en plus près
Malgré tout, les TPE consomment du
conseil, mais intégré au sein d’une presta- des préoccupations de nos clients »
tion globale de l’Expert-Comptable dans sa
mission première d’établir des comptes et
bulletins de paie, et ce conseil n’est pas ou
très peu valorisé, cette clientèle considé- nos clients. La Commission Innovation & naires habituels, en tentant de les influen-
rant souvent qu’il est dû dans la mission Productivité a l’ambition de travailler à des cer pour les amener vers ce que nous
de base. propositions concrètes, innovantes et opé- croyons utile à notre développement et à
rationnelles autour des deux axes essen- celui de nos clients, mais également, et
A côté de cette réalité, notre Institution ne tiels : l’amélioration de notre productivité et c’est notre ambition, à déceler dans l’in-
nous propose que des solutions anciennes, l’élargissement de notre offre de services. contournable Cloud, les solutions inno-
nous fait miroiter de nouveaux marchés vantes d’entreprises en devenir, disposant
sans rentabilité (les particuliers), nous pro- Aujourd’hui, non seulement la révolution de peu de moyens et dont la pérennité
pose des outils qui n’apportent que des est nécessaire, mais elle est déjà en mar- n’est pas forcément assurée, mais dont la
coûts sans service pour nos clients (la che. Le monde de l’entreprise, notamment pertinence de l’offre nous donne envie
signature électronique) et nous fait passer autour de ses process au-delà même de d’en faire la promotion pour enrichir la
pour les supports de l’Administration, faci- ses business models, est en train de chan- palette de services de nos cabinets.
litateur de démarches et d’obtention de ger du fait des avancées technologiques. Si
crédit d’impôt, voire “valideur” de la la révolution numérique, en termes de C’est en relevant ce challenge, en étant
conformité fiscale ! Il n’est nécessaire que marché, est une réalité, elle nous concerne dans une constante vigilance sur les nou-
de prendre pour illustration ce dernier tri- également, aussi bien dans nos organisa- veautés que la Commission avance et est
mestre et l’empressement à communiquer tions, dans nos systèmes de production, à même d’offrir aux adhérents des solu-
sur le CICE et les emplois d’avenir au lieu dans notre relation client, dans notre tions concrètes. A chacun de naviguer pour
de communiquer sur notre présence sur le management, dans notre productivité et définir les outils qui correspondent le
terrain et les difficultés des entreprises dans notre offre de services. mieux à sa structure, sa façon de travailler.
relayées par la CGPME et le MEDEF… Elle participe avec un de nos partenaires
C’est conscient de tous ces enjeux que la éprouvé en matière de Ged Collaborative,
A quoi servent donc nos Consœurs et Commission a construit son programme à la mise en place d’un produit innovant
Confrères dans l’imaginaire des patrons de de travail et qu’elle a la mission d’en com- permettant de renforcer le lien avec nos
PME : à transmettre les messages du gou- muniquer au fur et à mesure les résultats, clients tout en leur proposant un nouveau
vernement (top - down) et remonter les à travers cette revue aujourd’hui, dans le service destiné à les aider à mieux gérer
bases fiscales et social (bottom - up) : cadre du Salon Innovation & Productivité leur propre information : offre standard
engageant ! (SIP) demain (le 29 novembre à Paris). facile à mettre en œuvre, amélioration du
process interne du cabinet donc gain de
C’est pourquoi il est urgent de réagir en Et son travail n’est pas simple, car elle a à productivité, nouveau service à nos clients,
évoluant dans nos métiers, en étant de confirmer à la fois la légitimité des offres donc fidélisation et augmentation de nos
plus en plus près des préoccupations de traditionnelles et éprouvées de nos parte- prestations.

Elle est attentive aux offres concernant


aussi bien la CRM et la Communication du
cabinet, la Gestion interne et les process de
production et de partage, les outils per-
mettant la production de nouvelles mis-
sions périphériques aux missions
traditionnelles et se tient à l’écoute et en
veille permanente sur ce qui pourrait être
des solutions d’accompagnement de nos
clients demain.

Mais derrière ces beaux mots, entrons dans


le vif du sujet en tournant cette page et en
découvrant plus concrètement de quoi il
est question ! n

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

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n COMMUNICATION

Rejoindre un réseau social =


gain de visibilité + marqueur
de modernité
YANN BENCHORA ‹ EXPERT-COMPTABLE - COMMISSAIRE AUX COMPTES - ASSOCIÉ COMPAGNIE FIDUCIAIRE
MEMBRE DU BUREAU NATIONAL DE L'IFEC

VOTRE CABINET EST AINSI sont déjà lancés dans l’aventure et sont Mais contrairement à un monde 1.0 où les
ultra présents sur les réseaux sociaux, mais outils de communication vont vous “coûter
AUJOURD’HUI, CAR IL EST COMME
cette transformation concerne tout le un bras”, l’univers des nouveaux médias
VOUS L’AVEZ IMAGINÉ HIER… monde ! sociaux fonctionne uniquement avec de l’in-
ventivité et de la pugnacité. Un univers
FAITES LE TEST ! accessible 24h/24, 7j/7 d’où que l’on se

E
Ignorer ce que l’on dit de vous sur les trouve que le cabinet compte 2 ou 1 000
n 2013, activités personnelles et pro- réseaux sociaux -ou internet plus générale- personnes. Un accès libre sans barrière à l’en-
fessionnelles sont aussi importantes ment-, ou ne pas disposer d’un dispositif de trée, sous réserve d’un peu de volontarisme.
sur les nouveaux médias sociaux, que dans veille sur ses concurrents sont autant de fac-
la vie réelle. Si beaucoup ont encore en tête teurs de prise de risques et de mise en dan- LES “TECHNOLOGIES SOCIALES” POUR UNE
des usages ludiques des réseaux sociaux, ger. Si vous cherchez le nom de votre cabinet PROXIMITÉ AUGMENTÉE
aujourd’hui ceux-ci sont en train de mode- dans Google et que vous n’apparaissez nulle Dans un monde où nos clients naviguent
ler plus ou moins directement nos activités part, c’est un signal à ne pas prendre à la dans le brouillard et l’incertitude, plus que
et celles de nos clients. légère. Ne pas être visible et ne pas prendre jamais nous devons proposer une proximité
soin de son e-réputation, c’est accepter relationnelle au quotidien aux patrons de
LE MONDE CHANGE, ET VOUS ? d’emblée l’idée de ne pas capter de nou- TPE/PME. Les “technologies sociales”
Certes, on peut faire la sourde oreille et se veaux flux entrants de clients. Sombrer dans concourent à des expériences qualitatives et
contenter d’une communication classique, l’anonymat alors que toutes les enseignes de facilitantes avec les clients tout en tenant
“les yeux dans les yeux” avec une plaquette la profession comptable revoient leurs axes compte de l’évolution des modes de vie de
remise en mains propres.Toutefois, les nou- stratégiques et leurs lignes de produits, c’est chacun. L’enjeu, ce n’est pas la “féérie” des
velles générations d’entrepreneurs (qui une forme de marginalisation rampante. technologies, mais un service personnalisé
sont de plus en plus jeunes) arrivent avec au client, plus de lien et de confiance qui
leur propre façon de travailler. Les nouveaux LE FOND PRIME SUR LA FORME sont les clés d’une croissance pérenne. Il est
collaborateurs que tout le monde souhaite S’il est courant d’assimiler la gestion de pour cela important de soigner votre signa-
tant fidéliser sont également sensibles réseaux sociaux à des problématiques d’in- ture relationnelle aussi bien dans votre poi-
aux démarches des employeurs en formaticiens, de geeks ou de jeunes (dite gnée de mains et votre regard, que dans
adéquation avec leur temps (cf. “marque Génération Y), dans la pratique la stratégie votre expression digitale.
employeur”). de communication virale s’appuie avant tout Compte tenu de la capacité d’adaptation de
sur du contenu éditorial. Ce qui prime c’est la profession comptable, nul ne doute que les
QUI N’AVANCE PAS RECULE le discours de la marque du cabinet, ses acti- cabinets adopteront ces nouveaux usages.
Pour continuer à exister d’ici 2018, il faut vités, ses réflexions, ses projets, ses idées, son Toutefois, si en 2013, monter dans le wagon
arrêter de reculer et plonger dans cette expérience du tissu économique, etc. La de la modernité est simple, il est probable
nouvelle communication. A trop attendre, publication des différents contenus édito- qu’en 2018 vouloir intégrer les médias
on finit par être hors-jeu et on prend du riaux du cabinet sur les réseaux sociaux n’est sociaux dans sa stratégie, cela équivaudra à
retard. Exister passe par l’intégration de la qu’un aboutissement matériel, qui ne peut vouloir changer une courroie de transmission
culture des réseaux sociaux, mais aussi la exister que s’il y a en amont un vrai posi- sur un moteur à plein régime… n
culture “full digital” dans la stratégie des tionnement du cabinet sur ses différents
cabinets. Bien sûr, beaucoup de cabinets se marchés.

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n

Quel usage de Twitter


pour les Experts-Comptables ?

JULIEN CATANESE ‹ CABINET DAGÈS & ASSOCIÉS, MEMBRE INDÉPENDANT DE FRANCE DÉFI

PAS UNE JOURNÉE NE PASSE SANS QUE LE MOT “TWITTER” NE SOIT PRONONCÉ 1. LES AVANTAGES POUR LE CABINET
D'EXPERTISE COMPTABLE
DANS LES MEDIAS, DANS UNE CONVERSATION DE BUREAU ET MÊME AU

PARLEMENT. MAIS LES AVIS À PROPOS DE CE RÉSEAU SONT PLUS QUE PARTAGÉS. Twitter est avant tout un outil simple pour
aider l'Expert-Comptable à faire face aux
OUTIL INDISPENSABLE ? GADGET INUTILE ? OU SIMPLE PHÉNOMÈNE DE MODE ? multiples évolutions de son environnement
ET SURTOUT QUEL INTÉRÊT POUR LES CABINETS D'EXPERTISE COMPTABLE ? professionnel : évolution de la réglemen-
tation professionnelle, évolution de la
CET ARTICLE EST L'OCCASION DE REMETTRE LES CHOSES À PLAT, EN PRÉSENTANT
mentalité des collaborateurs, et évolution
DE FAÇON SYNTHÉTIQUE LES AVANTAGES QU'IL EST POSSIBLE DE RETIRER DE L'UTILI- des besoins des clients. Voyons comment.
SATION DE TWITTER, PUIS DE RAPPELER QUELQUES ÉTAPES CLÉS DANS SA MISE EN
1.1 TWITTER UN OUTIL SIMPLE
PLACE CONCRÈTE AU SEIN DU CABINET. Sur Twitter, il s'agit de publier des messa-
ges très courts (140 caractères), lisibles uni-
quement par une liste de personnes
préalablement autorisées ou, cas le plus fré-
quent, publiés de façon totalement
publique et lisibles par n'importe quel uti-
lisateur. Ensuite, un utilisateur qui trouvera
le message intéressant pourra y répondre
(la réponse étant également publique), ou
le partager avec ses propres abonnés ; on
parle alors de « retweet ». Plus les infor-
mations que vous publiez sont intéressan-
tes, plus le nombre de personnes qui
s'abonnent à votre flux d'information (les
fameux « followers ») devient important.
Par cet effet boule de neige, et dans la
mesure où vous maintiendrez un contenu
de qualité, vous gagnerez en visibilité
Autre manière de communiquer sur Twit-
ter : rédiger correctement sa biographie.
Véritable vitrine, il s'agit de se décrire (ou,
dans le cas qui nous concerne, de décrire
son cabinet) en 160 caractères maximum.
Il faut donc que ces caractères résument
vos points forts, vos spécificités, et surtout
qu'ils leur donnent envie de vous suivre.
Pour ajouter une touche d’interactivité sup-
(SUITE PAGE 10)

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n COMMUNICATION
Quel usage de Twitter pour les Experts-Comptables ?
(SUITE DE LA PAGE 9) pas d'alourdir le processus de recherche 1.3 ÊTRE EN PHASE AVEC L'ÉVOLUTION
plémentaire, il est également possible d'y d'information en dédoublant les sources ? DE LA MENTALITÉ DE NOS COLLABORATEURS
ajouter un lien vers le site de votre cabinet La plupart des médias d'information tradi- Les réseaux sociaux sont désormais deve-
ou vers votre blog. Ceci permettra d'aug- tionnels (télévision, quotidiens,...) utilisent nus des modes de communication à part
menter le trafic sur ces pages et d'ajouter leur compte Twitter pour poster des brèves entière. De ce simple fait, Twitter est un
de la cohérence à votre stratégie de com- d'actualité, quasiment en temps réel. canal que l'on ne peut de toute façon pas
munication. Twitter permet de se constituer de vérita- négliger, tout comme il n'est plus possible
bles alertes sur des thèmes qu'on aura choi- de faire abstraction du web ou du mail.
1.2 ÊTRE EN PHASE AVEC L'ÉVOLUTION sis au préalable. Par exemple, le fil Twitter C’est aussi un outil privilégié pour s'adres-
DE LA PROFESSION Digest Do, @Digest_DO, constitue un ser aux nouvelles générations. Par consé-
1.2.1 Les nouveautés en termes de parfait exemple de flux d'information uti- quent, c'est un atout non négligeable en
démarchage et de publicité lisable comme outil de veille. période de recrutement. Le cabinet présent
L’ouverture des règles de la profession en Aujourd’hui, le professionnel de l'expertise de la bonne façon sur les réseaux sociaux
matière de démarchage et de publicité comptable ne peut se permettre d'ignorer se créera une image d'entreprise moderne,
constitue un réel avantage pour la profes- quelque chose que son client sait. Juste- et n'en deviendra que plus attractif. Mais
sion. Et Twitter permet d'accompagner ce ment parce qu'il est le professionnel, il doit l'image du cabinet ne fait pas tout en
changement profond en se révélant être un d'être capable de confirmer ou d'infirmer matière de recrutement.
fabuleux outil de marketing au service des l'information en question. Les personnes qui échangent via Twitter sur
Experts-Comptables. La vraie question est : Ainsi, en connectant les cabinets aux des sujets techniques présentent d'emblée
comment aborder cet aspect de façon effi- mêmes sources que leurs clients, Twitter un niveau d'engagement et d'intérêt pour
cace sans tomber dans la surenchère et le permet d'éviter ces situations d'asymétrie la profession supérieur à la moyenne. En s'y
démarchage grossier, tout en respectant de l'information qui peuvent discréditer le prenant bien, Twitter devient ainsi un
l'ensemble des principes déontologiques y professionnel de l'expertise comptable. ” vivier” de potentiels et de profils variés et
compris les principes de discrétion, d'hon- atypiques, certes, mais très souvent inté-
neur et de dignité (voir à ce sujet le com- 1.2.3 Un moyen de vaincre l'isolement ressants et pertinents.
muniqué du Conseil Supérieur de l'Ordre du propre aux petits cabinets Twitter permet aussi d’entrer en contact
6 avril 2011) ? Les cabinets de petite taille disposent de avec des personnes, des collaborateurs, qui
plusieurs moyens pour rompre l'isolement ne sont pas forcément dans une recherche
1.2.2 Un besoin croissant en information dans lequel ils peuvent se trouver : grou- d'emploi en phase active. En ne communi-
On le sait, le professionnel de l'expertise pements de cabinets, associations tech- quant pas directement sur la disponibilité
comptable est un grand consommateur niques, clubs du type CJEC, etc. Twitter d'un poste, vous pouvez effectuer une pre-
d'information, qu'elle soit économique, juri- peut-il là encore apporter un plus en offrant mière recherche de profils et établir des
dique, commerciale, ou liée à la réglemen- l'opportunité de se constituer un réseau contacts. Il s'agit d'une véritable recherche
tation professionnelle De nombreuses professionnel rapidement. Pourquoi ? Il est de candidats “en amont”.
entreprises, la plupart des médias, et d'im- assez facile de détecter deux personnes en
portantes personnalités de différents train de discuter d'un sujet que l'on a à 1.4 ÊTRE EN PHASE AVEC L'ÉVOLUTION
milieux professionnels possèdent un cœur et de s'immiscer dans la conversation. DE NOTRE CLIENTÈLE
compte Twitter. Lire les tweets d'un impor- La force de Twitter, c'est de faire tomber La réactivité
tant chef d'entreprise, ou d'une société que beaucoup de barrières géographiques, ou Les mails ont profondément changé la
l'on suit de près, c'est obtenir de l'informa- sociales. Il est tout à fait possible de discu- façon de transmettre des informations et
tion directement à la source. Mais à quoi ter ou d'être interpellé par des personnes ont accéléré les échanges client / Expert-
bon suivre le compte Twitter d'un quotidien que l'on n'aurait sans doute jamais ren- Comptable. Twitter prolonge cette muta-
économique par exemple ? Ne risque-t-on contré dans la “vie réelle”. tion, en apportant une dose d'instantanéité
supplémentaire.
Pourquoi peut-on malgré tout dire que
Twitter apporte un plus ? Par son côté
« Les cabinets d'expertise comptable informel, on constate qu'il facilite le
contact avec des prospects désireux d'ob-
ont tout à gagner à créer et surtout tenir une information brève, ou simplement
des coordonnées. C'est donc un point d'en-
trée supplémentaire pour le cabinet.
à faire vivre un compte Twitter »
L'opportunité d'assurer un service après-
vente et fidéliser sa clientèle

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10
n
2.2 DÉFINIR CLAIREMENT LE CONTENU
Il s'agit en fait de poser un cadre, en repar-
tant de l'objectif que l'on s'est fixé. De la
même façon, la forme des tweets doit être
réfléchie. Il faut choisir son positionnement
entre une communication formelle, au ton
convenu mais professionnel et une com-
munication plus libre, plus spontanée, plus
informelle, mais également plus propice
aux échanges.
Seul le contenu de votre flux fera la diffé-
rence, tant sur la forme que sur le fond. Par-
dessus tout, il est indispensable de
maintenir une cohérence, une certaine sta-
bilité dans le mode d'expression. Les inter-
nautes qui vous suivent doivent savoir
pourquoi ils le font et quelles informations
ils trouveront auprès de vous.

2.3 CHOISIR LA BONNE PERSONNE


Qui sera responsable de l'utilisation du
compte ? Quelle sera sa liberté éditoriale,
dans le respect des objectifs et des règles
de contenu fixées plus haut ? Avec quelle
fréquence devra-t-il publier de l'information ?
Trois qualités semblent indispensables : être
à l'aise avec les “nouvelles technologies”,
avoir quelque chose à dire et savoir le dire.
Le fil Twitter, accessible à tous, va devenir
une véritable vitrine virtuelle. Pour un inter-
naute de passage, la qualité des informa-
tions publiées préjugera des prestations et
du sérieux du cabinet dans son ensemble.
On n'insistera donc jamais assez sur l'im-
portance de confier les clés de la “rédaction”
à une personne aux compétences tech-
niques avérées...

2. METTRE EN PLACE UN COMPTE CONCLUSION


La mission de présentation des comptes TWITTER POUR LE CABINET
annuels, principale mission de l'Expert- Les cabinets d'expertise comptable ont tout
Comptable, permet le plus souvent de 2.1 DÉFINIR CLAIREMENT L'OBJECTIF à gagner à créer et surtout à faire vivre un
maintenir un lien continu avec nos clients Nous avons abordé dans cet article plu- compte Twitter. Certes, il ne s'agit que d'un
au cours de l'année. sieurs objectifs possibles ; tous peuvent être outil parmi d'autres dans une stratégie de
Mais d'autres missions ne présentent pas poursuivis, ou quelques-uns seulement : communication globale. Mais qui peut rapi-
cet avantage : évaluation, situation ou pré- - S'agit-il d'améliorer la qualité du recrute- dement s'avérer très efficace. D’autant plus
visionnel d'activité sont autant de missions ment en dénichant des profils atypiques ? qu’il ne reste pas un outil isolé pour les aut-
“ponctuelles” qui, de fait, impliquent une - Veut-on privilégier le développement d'un res et permet de générer une véritable visi-
relation de courte durée avec les clients. En réseau professionnel ? bilité numérique. Twitter ne doit pas être
encourageant les clients (et particulière- - Veut-on explorer une nouvelle façon de considéré comme un gadget, une nou-
ment les clients “ponctuels”) à suivre votre faire du marketing ? Mais dans ce cas, veauté curieuse à essayer sans trop s'y
compte, vous créez un lien qui se poursui- auprès des clients existants pour générer de investir. Bien au contraire, une véritable
vra après la fin de la mission. Le client conti- nouvelles missions ou en vue de contacter réflexion doit être mise en place au sein du
nuera à recevoir votre flux d'actualités : des prospects ? cabinet afin de l'intégrer aux différents pro-
nouvelles du cabinet, actualité économique cessus de gestion interne. Ce n'est qu'à ce
et tout ce que vous jugerez bon de publier. prix qu'il sera possible d'en retirer un maxi-
mum d'avantages. n

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n COMMUNICATION

Introduction d’un format de reporting harmonisé


Quels impacts pour la profession
BRUNO TESNIÈRE ‹ EXPERT-COMPTABLE - COMMISSAIRE AUX COMPTES, ASSOCIÉ PWC
PRÉSIDENT DE L’ASSOCIATION XBRL FRANCE

LE 12 JUIN 2013 LE PARLEMENT EUROPÉEN, APRÈS DE LONGUES NÉGOCIATIONS cifiera le format de reporting électronique
et les options technologiques “tel que
AVEC LE CONSEIL ET LA COMMISSION, A VOTÉ UNE MODIFICATION DE LA DIRECTIVE
eXtensible Business Reporting Language
“TRANSPARENCE” QUI ORGANISE LES OBLIGATIONS DE PUBLICATION AU MARCHÉ (XBRL)”.
DES ENTREPRISES QUI FONT APPEL PUBLIC À L’ÉPARGNE.
“TAGGER” LES DONNÉES, UNE SOLUTION
QUI EXISTE DÉJÀ
*XML est le “code barre” des données
échangées entre ordinateurs. Cette tech-
LES OBJECTIFS DE LA NOUVELLE DIRECTIVE STOCKER DES DONNÉES EST UNE CHOSE, nologie s’est imposée depuis plusieurs
“TRANSPARENCE” FACILITER LEUR UTILISATION EN EST UNE AUTRE années dans les échanges entre entreprises
La directive actuelle prévoit déjà que les Certes l’Europe a déjà œuvré pour une har- se substituant peu à peu aux formats EDI
états membres mettent en place des sys- monisation avec la mise en place des IFRS de l’informatique “pré-internet”. XBRL est
tèmes d’archivage afin que le public puisse en 2005 mais ceci ne couvre qu’une partie un système de gestion de “code barre”, spé-
accéder à l’information réglementée mais du problème. Ce que cherche maintenant cialisé pour les données financières. XBRL
cet accès sur une base européenne reste dif- à adresser la Commission c’est la question permet de standardiser les rapports finan-
ficile puisqu’il faut piocher l’information de l’utilisation des rapports financiers ciers en spécifiant clairement la signification
dans 27 bases de données nationales insuf- (comme l’a fait la SEC depuis plusieurs de chaque donnée en lui associant une défi-
fisamment interconnectées. L’absence d’un années déjà) : faciliter non seulement l’ac- nition propre permettant ainsi à un ordina-
mécanisme d’archivage centralisé est consi- cès, mais surtout l’analyse et la compara- teur de lire et d’interpréter ces données de
déré par les autorités européennes comme bilité des rapports publiés en application de façon fiable.
un frein au développement d’un marché la directive “transparence”. Si vous cherchez à déterminer le pourcen-
financier pan européen, notamment pour Pour faciliter l’analyse des données publiées tage des frais commerciaux sur chiffre d’af-
les petites capitalisations. par les entreprises, il faut harmoniser les for- faires ou le taux d’actualisation des retraites
Dans sa nouvelle mouture, la directive pré- mats de reporting électronique en choisis- de 10 entreprises d’un même secteur vous
voit la mise en place d’un point d’accès cen- sant un standard partagé par toutes les n’avez aujourd’hui que le choix d’aller cher-
tralisé à l’information réglementée qui sera entreprises européennes. La directive prévoit cher les 10 rapports annuels, de les lire et de
développé et opéré par l’ESMA. Chaque état donc l’utilisation d’un format commun qui ressaisir l’information, ceci réclame évide-
membre devra assurer l’accès à sa propre sera rendu obligatoire pour le 1er janvier ment du temps. Avec XBRL ces informa-
base d’archives à partir de ce point central. 2020. Elle mandate pour cela l’ESMA qui tions pourront être simplement obtenues
La Commission européenne se voit déléguer doit proposer une réglementation qui spé- en quelques clicks. C’est déjà ce qui se passe
des pouvoirs renforcés pour faciliter l’accès
et la recherche d’informations au niveau
européen et l’ESMA assistera la Commission
en développant des projets de standards « XBRL est un système de gestion
techniques qui porteront à la fois sur les
points d’accès mais aussi sur les spécifica- de “code barre”, spécialisé pour les données
tions techniques qui seront utilisées par les
organismes d’archivage nationaux. financières »

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

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n

pour les entreprises européennes 


comptable ?
aux Etats Unis où, depuis 2011, toutes les
entreprises cotées doivent mettre à dispo-
sition leurs états financiers sous ce format.
C’est aussi la technologie qui est utilisée
depuis plusieurs années en France par les
banques pour fournir les reportings régle-
mentaires à l’Autorité de Contrôle Pruden-
tiel. Ce sera bientôt le cas également pour
les entreprises d’assurance.

DES PERSPECTIVES POUR LA PROFESSION


L’implication la plus évidente pour notre
profession, au cœur de notre offre, est la cer-
tification des documents XBRL qui seront
publiées par les entreprises. Certes la certi-
fication d’un fichier électronique pose des
problématiques particulières à l’auditeur
(notamment du fait de la dématérialisation
du document) mais, pour l’utilisateur, la « A l’heure du “Big data” la question
question du niveau de confort qu’il peut
avoir sur les données qu’il utilise reste iden- est celle de l’existence de la donnée et non
tique qu’elles soient “papier” ou dématé-
rialisées.
L’expérience du marché américain reste à
pas celle de son traitement »
cet égard riche d’enseignements. Lors de la
phase de mise en place, la SEC a assoupli la
responsabilité des entreprises pour la publi- d’informations dans le cadre de nos travaux
cation de leurs documents électroniques, de contrôle. *Le langage XBRL (eXtensible
beaucoup d’entreprises se sont alors tour- Qui n’a pas rêvé d’utiliser des données “de Business Reporting Language) est
nées vers des fournisseurs leur proposant de marché” lors de la réalisation de revues ana- fondé sur le standard XML (eXtensi-
“transformer” leurs états financiers papier en lytiques afin de définir ses attentes et de
ble Markup Language) qui est main-
format XBRL ce qui a réduit leur niveau de corroborer les résultats du client ? Qui ne
contrôle. Le nombre d’erreurs relevées par souhaiterait pas pouvoir indiquer en réunion tenant omniprésent dans les
la SEC et les utilisateurs s’est avéré impor- de synthèse, preuves à l’appui,  que tel taux échanges de données entre systè-
tant et les investisseurs réclament mainte- d’actualisation est notablement inférieur ou mes d’information. Comme tout lan-
nant davantage de fiabilité des documents supérieur à celui pratiqué par les entrepri-
gage, il permet de communiquer
XBRL. Beaucoup d’entreprises sont en ses du secteur ? A l’heure du “Big data” la
cours de ré-internalisation du processus et question est celle de l’existence de la don- avec précision grâce à une gram-
demandent à leurs auditeurs de participer née et non pas celle de son traitement, maire (la spécification XBRL) et un
à la revue de leurs états financiers dématé- question que la décision du parlement est vocabulaire (le dictionnaire de don-
rialisés. La question de la certification de ces en passe de solutionner.
nées). Il a été spécifiquement déve-
documents par les auditeurs externes est Certes 2020 peut paraître loin mais le champ
aujourd’hui clairement posée, même si les des possibles est vaste et il est temps que la loppé pour la communication des
normes d’audit en la matière restent bal- profession comptable mette à profit ce délai informations financières.
butiantes. pour réfléchir aux possibilités et aux solutions
Une autre implication, probablement tout à apporter pour faire face à un nouvel envi-
aussi importante pour la profession, est celle ronnement qui s’annonce clairement et à un
de l’utilisation de ces nouveaux pools futur qui n’est plus incertain. n

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

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n GESTION DU CABINET

LE CRM : gestion gagnante de la relation

DIDIER VRIGNAUD ‹ EXPERT-COMPTABLE, COMMISAIRE AUX COMPTES, ASSOCIÉ CABINET CONCERTO


MEMBRE DE LA COMMISSION INNOVATION ET PRODUCTIVITÉ

LA COMMUNICATION ET LE MARKETING SONT DES PRÉOCCUPATIONS QUOTIDIENNES La mise en place du logiciel de CRM, peut
s'envisager en interne, en complément ou
DE NOS CABINETS QU'ILS SOIENT GRANDS OU PETITS.
intégré au sein du logiciel de production
NOS CLIENTS, NOS COLLABORATEURS ET LES TIERS QUI ÉCHANGENT AVEC NOUS SONT comptable. Des options externes en mode
SAAS permettent de bénéficier de toute la
DE PLUS EN PLUS AU FAIT DES NOUVELLES TECHNIQUES DE COMMUNICATION ET N'HÉSI-
puissance d'internet et des mobiles.
TENT PAS À CLASSER LES OFFRES SELON CE CRITÈRE DE MODERNITÉ. Un logiciel CRM permettra entre autres de :
n Gérer les contacts (clients, prospects, par-
LE MANAGER MODERNE NE PEUT IGNORER LE CRM (CUSTOMER RELATIONSHIP
tenaires),
MANAGEMENT) NOMMÉE LA GRC (GESTION DE LA RELATION CLIENT) EN FRANÇAIS. n Identifier et définir le profil des meilleurs
clients,
n Organiser la communication avec les
clients,
POURQUOI LA METTRE EN PLACE prisme comptable et ou fiscal n'est pas suf- n Suivre les commandes et les factures.
AU SEIN DES CABINETS ? fisante. Il convient de mettre en avant nos C'est en quelque sorte un tableau de bord
prestations “comptables” mais aussi toutes permanent qui prend la forme de docu-
Comme toutes entreprises, nos cabinets les autres missions complémentaires à ments statistiques, de graphes, de fréquen-
vendent des produits (des prestations), les- notre intervention de base  : paie, secréta- ces des visites, de niveaux de ventes ou de
quels doivent être de plus en plus adaptés riat juridique, constitution de société, fréquences des factures etc... ).
aux besoins du client afin de les fidéliser et externalisation de la comptabilité, de la fac-
générer des bénéfices plus élevés. Il est ainsi turation, des missions spécifiques comme ANALYSE AVANT L'INSTALLATION
indispensable de mettre en place un logiciel le conseil, l'aide à la recherche de finance- D'UN LOGICIEL DE CRM
simple et efficace de la gestion de la rela- ment, l'audit d'acquisition ou le plan stra-
tion client, véritable socle du développe- tégique de l'entreprise... La gestion de la relation client est un élé-
ment du cabinet. Ces solutions permettent ment important de nos cabinets mais elle
non seulement de mettre à jour le fichier Les interlocuteurs du chef d'entreprise doit être intégrée dans une réflexion globale
des clients mais il favorise surtout l'analyse seront multiples en fonction de la mission de stratégie d'entreprise. Le besoin de CRM
et le suivi de l'activité commerciale et rela- et un minimum d'identification des besoins sera vu de manière différente en fonction de
tionnelle des collaborateurs avec les clients et des ressources en interne sont nécessai- la complexité de l'organisation du cabinet
en donnant ainsi une vue d’ensemble de la res. Une coordination des différents acteurs (taille, nombre d'experts, nombre de
relation qui s’est établie au fil des ans. du cabinet (experts-comptables, spécialis- bureaux, lieu de la gestion comptable du
tes, ingénieurs, collaborateurs, fiscalistes, cabinet, etc..). Une solution unique n'est
La diversité de nos prestations est en cons- juristes etc..) est indispensable. donc pas envisageable et avant de prendre
tante progression et l'analyse unique par le la décision de mettre en place un CRM il

« Il est ainsi indispensable de mettre en place un


logiciel simple et efficace de la gestion de la relation client,
véritable socle du développement du cabinet »

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

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n

client pour l'expert-comptable ?


faut procéder à une analyse fine de l'exis-
tant et mesurer le manque d'informations
relatif aux clients.
A titre d'exemple : la base de données clients
existe-t-elle? Est-elle intuitive pour un nou-
veau collaborateur ? Est-elle accessible en
dehors du réseau de l'entreprise et notam-
ment sur les mobiles (tablettes et smart-
phones)  ? Quelles informations
contient-elle ? Est-elle mise à jour en réel ?
Existe-t-il des filtres pour interroger la base ?
Qui peut intervenir et qui contrôle la mise
à jour ? Si le cabinet a plusieurs agences, les
bases sont-elles interconnectées et l'infor-
mation de tous les clients est-elle utile pour
tous les associés ?
L'objectif final de cette analyse est de cons-
tituer un cahier des charges des besoins de
l'organisation pour mettre le client au cen-
tre des préoccupations et pourvoir ainsi
répondre le plus précisément possible à ses
besoins.
« La gestion de la relation client est
Il peut ainsi être privilégié la gestion des
contacts (nom, téléphone, mail, prospects, primordiale pour placer le cabinet dans
clients, etc.) ou la communication et le mar-
keting. L'envoi en nombre de mails d'infor- un projet d'avenir serein et gagnant »
mations ou de “pub” nécessite un fichier des
prospects et des clients à jour et sectorisés
(par codes d'activité ou par forme juridique, des contraintes liées à l’interfaçage du CRM laborateurs, secrétaires) afin de prévenir les
par exemple). avec les outils du système d'informations résistances au changement et combiner
Notre devoir de conseil et/ou l'attente de nos interne. La simple gestion des contacts ne toutes les énergies au service de la réussite
clients passent par une information générale sera pas suffisante pour justifier la mise en du projet. La mise en œuvre du CRM ne sera
mais ciblée en fonction de la situation per- place de ces logiciels dont la maintenance un succès et un élément majeur de com-
sonnelle de chacun d'eux. Le cabinet devient de la base nécessite une attention de munication avec les clients que s'il est
ainsi le veilleur pour les options fiscales ou chaque instant. C'est sans aucun doute l'op- accompagné de contenus pertinents (arti-
sociales du client ou du prospect, dans un tion “marketing” qui justifiera cette mise en cles, outils de communication, films, etc).
environnement législatif très fluctuant.. place. Les cabinets unipersonnels ou à n analyser régulièrement les performances
implantation unique pourront facilement le du CRM et mesurer le retour sur investis-
EST-IL POSSIBLE D'INTERFACER UN mettre en place si l'expert-comptable est sement.
CRM AVEC LES OUTILS EXISTANTS ? lui-même en relation avec ses contacts et Au delà de la problématique du logiciel et
ses prospects. En effet, un simple import de de son intégration au système d'informa-
La réponse est oui mais il faut bien définir ses contacts dans le logiciel externe permet tions du cabinet, la gestion de la relation
les objectifs du CRM et ne pas vouloir tout de démarrer le suivi. client est primordiale pour placer le cabinet
y mettre. Il ne faut pas construire une “usine Pour les cabinets plus importants le projet dans un projet d'avenir serein et gagnant,
à gaz”, mais bien réfléchir à la complémen- CRM devra respecter les trois étapes sui- fait d'adaptation, d'évolution, d'initiative et
tarité des outils métiers qui apportera le plus vantes : d'innovation dans les méthodes et les pro-
dans la relation personnalisée et efficace n intégrer le projet dans la stratégie du cabi- cessus du métier d'expert-comptable.. n
avec le client. net et mettre les ponts entre le CRM et le
La décision d'externalisation (salesforces, système d'information existant du cabinet.
sugar crm par exemple) devra tenir compte n vendre le projet en interne (associés, col-

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n GESTION DU CABINET

GED Comptable : un monde qui change

PATRICK MICHELS ‹ PRÉSIDENT DE KNOWINGS - EDITEUR DE GED COLLABORATIVE

LONGTEMPS “SOUS-PRODUIT” DES OUTILS DE PRODUCTION COMPTABLE, LA GESTION intègreront des fonctions dites « sociales »
ou les interactions seront aussi importan-
ELECTRONIQUE DE DOCUMENTS (GED) S’EST LITTÉRALEMENT TRANSFORMÉE AU COURS tes que les contenus gérés…
DES DERNIÈRES ANNÉES POUR DEVENIR UN PILIER DU SYSTÈME D’INFORMATION DU CABINET.
DE RÉELS GAINS DE PRODUCTIVITÉ INEXPLOITÉS
GISENT DANS LES INTERACTIONS

C
Les gains de productivité internes au cabi-
ette transformation a été le résultat vation de l’IFEC en partenariat avec Kno- net ont été traités depuis longtemps, c’est
de plusieurs facteurs : le besoin de wings visent à faire du client un acteur à maintenant sur les échanges avec les
trouver de nouveaux gains de productivité, part entière de ces échanges. Il peut dépo- clients, entre collaborateurs et entre appli-
la généralisation des technologies web, l’é- ser des contenus directement dans une cations que se situent les plus grands gise-
mergence de solutions disponibles en GED collaborative, recevoir des dossiers ments de productivité.
mode SaaS ou Cloud, enfin, l’arrivée sur le thématiques et les documents produits par Une récente étude de Knowings, sur les
marché d’éditeurs apportant des techno- le cabinet. Bien d’autres échanges sont gains de productivité générés par l’usage
logies et des visions en rupture avec les imaginés ou restent à inventer ! Le cabi- des GED les plus avancées, démontre un
usages. net est ainsi interconnecté avec son envi- retour sur investissement en moins d’une
La multiplicité des outils employés dans le ronnement. année pour peu que le cabinet travaille jus-
cabinet (Paye, RH, gestion de temps, mes- Dorénavant, les intérêts du cabinet sont tement sur les échanges avec ses clients,
sagerie, bureautique…) sont autant de liés à ceux de ses clients. Mettre à leur mette en place des automates de range-
sources de documents qui alimentent les disposition des outils simples, efficaces, ment performants.
dossiers clients et qu’il faut dématérialiser, ouverts, conviviaux est une évidence. Leur Cette étude a identifié 6 principaux gise-
classer, diffuser, modifier… Des logiciels proposer un accès aux informations ments de productivité (cf. livre blanc de
centrés sur eux-mêmes ne sont plus en 24H/24, avec des fonctions de recherche Knowings sur la GED dans les cabinets
mesure de traiter la diversité des informa- avancée, éviter la redondance des infor- comptables qui sera diffusé lors du congrès
tions utiles au cabinet et à ses clients mations, disposer d’une information en de l’ordre de Dijon).
temps réel coule de source. Pourtant, seule
INTERACTIONS DANS UN MONDE une ou deux GED du marché proposent L’INNOVATION COLLECTIVE :
HYPERCONNECTÉ nativement une telle approche. VECTEUR DE PROGRÈS
Ainsi a émergé une nouvelle génération de La collaboration entre les fournisseurs de
logiciels de GED basée sur un nouveau LE POINT DE VUE DES COLLABORATEURS solutions pour les cabinets, leur capacité et
paradigme qui se résume en quatre points : NE DOIT PAS ÊTRE NÉGLIGÉ leur volonté d’échanger seront détermi-
vitesse, interopérabilité, immatérialité, et L’usage régulier sur le web, à titre privé, des nantes pour leur succès et la valeur du ser-
ergonomie. réseaux sociaux ou de sites avec des fonc- vice qu’ils rendront aux cabinets.
Pensées pour un monde hyperconnecté tions collaboratives a profondément trans- L’association Cloud Experts qui regroupe
ces GED intègrent des automates formé les attentes des clients mais aussi plusieurs éditeurs (Knowings, Ibiza, Rrh,
d’échange pour diffuser les informations des collaborateurs. Pourquoi ne pourrait- Idocus…) ayant l’ambition de s’inscrire
aux clients, ranger automatiquement les on pas, dans le cabinet, disposer d’un logi- dans cette logique en est un bel exemple.
documents produits par les différents ciel au design agréable, permettant de Le futur reste à inventer, il ne manque pas
outils de production, interagir nativement réagir, commenter, enrichir, interagir en d’avenir ! n
avec les outils bureautique et avec les mes- tout lieu  ? Victor Hugo disait “la forme
sageries… c’est du fond qui remonte à la surface “.
Le client devient acteur des échanges : les Ainsi, les nouvelles générations de logiciels
travaux engagés par la commission inno- de GED (mais pas seulement) intègrent, ou

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n

grâce aux échanges


LE PARTENARIAT
KNOWINGS KNOWINGS/IFEC
De la grande entreprise Adopté par des cabinets de toutes tailles,
le Pack GED profession comptable de
Knowings a fait l’objet d’une analyse par la
au cabinet comptable commission innovation & productivité de
l’IFEC et a été retenu pour construire une
solution au service de la profession comp-
Ancien Associé de Ernst & Young, Patrick rité des données confirment la pertinence table, dans la cadre d’un partenariat.
Michels a créé Knowings en 1999, avec le de ces choix. Le capital de la société reste Les membres de la commission et
soutien de partenaires financiers, dans le détenu par le management à près de Knowings ont ainsi travaillé au cours d’un
but initial de proposer des logiciels de col- 80%, les 20% restant sont détenus par séminaire et de plusieurs réunions durant
laboration et de gestion de contenus aux des partenaires financiers français pré- le 1er semestre 2013 pour imaginer des
grandes entreprises. L’innovation était sents au capital depuis l’origine. évolutions qui seront proposées aux
notamment de proposer ces solutions en En 2009 Knowings a développé, sur la cabinets à compter d’octobre de la même
mode SaaS. La société s’est rapidement base de ses solutions pour grandes entre- année. Ces évolutions sont notamment un
développée, avec des clients de renom prises, un logiciel de GED pour les cabinets plan de classement “validé IFEC”, des outils
tels que EDF, GDF SUEZ, Bouygues, Spie comptables. Imaginé en collaboration d’aides à la mise en œuvre, des modèles de
Batignolles… Ces grands groupes sont avec plusieurs cabinets, dont ORFIS contrats pour gérer les relations avec les
toujours clients de l’entreprise pour la BAKER TILLY, cette première version est clients, etc.
plupart en mode SaaS. rapidement devenue une référence sur le Une présentation est prévue lors du
Ce positionnement a conduit Knowings à marché, introduisant des avancées signifi- prochain congrès de l’Ordre à Dijon
mettre en place des infrastructures hau- catives, préalablement réservées aux (du 2 au 4 octobre 2013).
tement sécurisées basées en France, régu- grandes entreprises : un moteur de recher- Dans le cadre de ce partenariat, les memb-
lièrement auditées par des organismes che plein texte de premier ordre, des res de l’IFEC qui adopteront le logiciel en
indépendants afin de garantir la sécurité plans de classements multiples, une mode SaaS ou en mode licence bénéficie-
des données et la continuité du service. ouverture aux clients, des processus de ront de conditions particulières.
Les récentes affaires en matière de sécu- diffusion automatiques aux clients, etc. n

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n GESTION DU CABINET

Pour le commissariat aux comptes, Case

FABRICE LAURENCE ‹ DIRECTEUR DE CASEWARE FRANCE

LE LEADER MONDIAL DES LOGICIELS D’AUDIT PROPOSE UNE SOLUTION ADAPTÉE AU Quelle a été la genèse de CaseWare
Audit France ?
MARCHÉ FRANÇAIS DANS LE RESPECT LE PLUS COMPLET DES NEP AVEC SYNCHRONISATION Le projet a commencé il y a trois ans envi-
VIA INTERNET ET VERSION CLOUD. ron. Le logiciel international a été déve-
loppé sur le standard des ISA. Nous avons
donc traduit cette version puis développé

C
CaseWare Audit France pour l’adapter aux
omment décririez nous Case- du changement de contexte sur le plan NEP et à la règlementation française. Nous
Ware en quelques mots ? fonctionnel avec une application de plus en nous sommes appuyés sur une équipe
Leader mondial des logiciels pour les plus répandue de l’approche par les d’anciens auditeurs et de professionnels.
experts-comptables et commissaires aux risques à laquelle nous pouvions répondre. Nous nous apprêtons à lancer la troisième
comptes avec près de 300 000 utilisateurs Sur le plan technique, nous avons observé version d’Audit France cet automne. Nous
dans 130 pays, CaseWare International est une demande croissante orientée vers des conservons un important programme
une société canadienne fondée en 1988, solutions Cloud ou réseau, des fonction- d’évolutions et de développement pour les
il y a donc 25 ans. nalités évoluées pour les besoins de travail prochaines années afin de répondre à
Commercialisé depuis deux ans en France, collaboratif et les adaptations permanen- l’ensemble des demandes de nos clients.
ce logiciel est néanmoins utilisé depuis long- tes aux nouvelles versions de Microsoft.
temps sur le marché français par les grands Aujourd’hui comment gérez-vous les
réseaux qui l’ont choisi au niveau mondial. En quoi cela change-t-il le contexte du évolutions du logiciel, notamment les
La marque CaseWare est t existe également marché ? adaptations liées à l’évolution des nor-
en France depuis plusieurs années avec le Pour s’adapter à ces nouvelles exigences mes et de la règlementation ?
logiciel d’analyse de données IDEA. du marché, les investissements sont très Au niveau mondial, CaseWare a un parte-
importants. La diffusion mondiale est nariat avec l’IFAC pour assurer une confor-
Pourquoi avoir choisi d’investir sur le devenue nécessaire car la taille des mar- mité avec les ISA. En France, nous avons
marché français ? chés nationaux est trop limitée pour déve- mis en place un comité technique qui se
CaseWare a longtemps différé son entrée lopper des solutions professionnelles réunit tous les six mois pour suivre les évo-
sur le marché français compte tenu des basées sur les techniques éprouvées (base lutions et orienter les travaux sur les nou-
nombreuses solutions existantes qui en de données, synchronisation web, cloud…). velles versions. De plus, CaseWare effectue
font un marché de renouvellement, donc Assurer une pérennité de la solution pour un suivi des publications des textes et pré-
plus long à conquérir. La demande initiale éviter à nos clients les coûteux change- pare les évolutions nécessaires en amont.
venait de grands clients internationaux qui ments de logiciels est un objectif majeur. Elles sont soumises à un panel d’utilisa-
souhaitaient avoir un interlocuteur sur le Vous noterez d’ailleurs que peu d’éditeurs teurs volontaires pour validation.
marché français. français du marché proposent une solution Nous publions une version majeure à l’au-
La décision finale a été prise compte tenu d’audit complète. tomne et selon les besoins, des patchs en
cours d’année pour éviter de perturber la
saison d’audit par des problématiques
techniques de mise à jour.
« Nous conservons un important programme
En quoi CaseWare permet-il de respec-
d’évolutions et de développement pour les ter les NEP ?
La démarche générale que nous proposons
prochaines années afin de répondre à l’ensemble a été construite à partir des ISA, chaque
NEP est ensuite étudiée pour adapter la
des demandes de nos clients » solution. Par exemple, l’année dernière,

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Ware Audit se distingue

de travail en fonction du contexte du man-


dat et des risques identifiés est très sim-
ple et intuitive. C’est bien là qu’est la
principale source de productivité dans les
mandats en ne réalisant que les travaux
nécessaires.

En conclusion, quelles sont les nou-


veautés de la prochaine version ?
Nous poursuivons les développements de
CaseWare Audit pour automatiser le plus
de travaux. Par exemple, une gestion de
profils de mission est mise en place per-
mettant une adaptation plus importante
avec la refonte de la NEP 320, nous avons Mais le besoin des commissaires aux des mandats en fonction de la taille et du
mis en place la gestion de l’ensemble des comptes est également de gagner du type de dossier. Nous lançons également
seuils (significatif, planification, montants temps, ceci semble bien complet pour deux nouvelles offres :
inférieurs, anomalies manifestement insi- les petits mandats ! n CaseWareCloud qui s’intègre parfaite-
gnifiantes). Dans chaque document, des Notre solution est très souple et person- ment avec la solution existante. Il s’agit
liens vers les NEP de référence ont été mis nalisable. Chaque utilisateur peut ainsi l’a- d’un système facilitant le travail collabo-
en place pour en faciliter la consultation. dapter en fonction de ses mandats ratif avec une synchronisation des travaux
Le professionnel a ainsi un accès direct et particuliers et se constituer son propre entre les collaborateurs, des échanges sim-
simplifié à toute la documentation à jour standard pour ne traiter que les éléments plifiés de fichiers et informations au sein
nécessaire à son activité ; nécessaires. de l’équipe, une revue en ligne sur une
Sur le plan technique, la synchronisation tablette ou un ordinateur avec un simple
Et en ce qui concerne l’approche par les des travaux en temps réel au sein de l’é- navigateur internet et bien d’autres fonc-
risques ? quipe à partir d’une simple connexion tionnalités…
Une base de données permet de formali- internet est un gain de temps significatif. n CaseWare Révision, une solution de
ser les risques et de les suivre tout au long Sur le plan fonctionnel, notre logiciel per- gestion dématérialisée des dossiers de
de la mission : description, évaluation du met de faire des gains de productivité à révision.
niveau de risque, contrôles associés, pro- plusieurs niveaux. Il est par exemple pos- Avec ces nouveautés, nous espérons être
gramme de travail mis en œuvre, conclu- sible de créer un mandat à partir d’un toujours au plus près des besoins des com-
sion sur le traitement du risque et mandat existant ou d’importer dans un missaires aux comptes et constituer ainsi
remontée automatique en synthèse. dossier tous les éléments qui ont été créés un investissement rentable et pérenne. n
Des automatismes ont également été mis dans un autre dossier.
en place pour adapter les programmes de Par ailleurs, d’une année sur l’autre, l’en-
travail systématiquement en fonction des semble des données sont reprises évitant
risques avec la suppression des procédures toute ressaisie. On raisonne alors par écart
inutiles. Chaque diligence (ou procédure) avec l’année précédente. Par exemple, une
peut être liée à un risque et démontrer analyse avec des ratios réalisée la première
ainsi que les travaux menés concourent à année sera automatiquement mise à jour
la formation de l’opinion. Des états de syn- avec les données de l’année en cours lors
thèse permettent un suivi de l’avancement de l’import de la balance.
des travaux. Mais surtout, l’adaptation des programmes

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n GESTION DU CABINET

Dématérialisation n les délais : relance clients pour respecter les


échéances (fiscales, sociales…)

des pièces comptables


n les contraintes de production : ne pas se
laisser imposer un planning suivant les desi-
derata du client (transmission / retour) mais
les optimisations du cabinet.

NUMÉRISATION
Evidemment, une homogénéité des supports
est essentielle. Cela implique donc que tous
FLORENT TACHOT 1 GÉRANT D’IDOCUS
les documents papier soient numérisés. Il faut
EDITEUR DE SOLUTION DE DÉMATÉRIALISATION POUR EXPERTS-COMPTABLES donc proposer au client des solutions simples
et sécurisées.

Deux approches :
POUR LA PLUPART DES CABINETS, LA TENUE COMPTABLE EST LA MISSION n équiper le client avec une nouvelle géné-

LA PLUS IMPORTANTE EN TERMES D’ORGANISATION ET DE CHIFFRE D’AFFAIRES. ration de scanner, très simple à utiliser, auto-
nome car uniquement connecté par internet
FACE À LA BAISSE DES MARGES DES CABINETS, GAGNER EN PRODUCTIVITÉ ET à une plateforme qui se charge de récupérer
OPTIMISER LES PROCÉDURES DE PRODUCTION EST INDISPENSABLE… et formater ses pièces. C’est la possibilité in
fine de proposer un traitement des pièces au
MAIS COMMENT ?
fil de l’eau
DE PLUS, QUEL QUE SOIT LE NIVEAU DE RESPONSABILITÉ DU COLLABORATEUR n lui proposer un service de numérisation

AU SEIN DU CABINET, SA VALEUR AJOUTÉE N’EST PAS DANS LES TÂCHES QUI
externalisée, par l’envoi périodique de ses piè-
ces à un prestataire qui met à sa disposition
RELÈVENT PLUTÔT DE LA LOGISTIQUE. LIBÉRONS-LE DE CES CONTRAINTES, un service réactif et sécurisé.
IL N’EN SERA QUE PLUS MOTIVÉ ET EFFICACE. Mais quelle que soit l’approche, il faut lui offrir
une plateforme pour y déverser les pièces
nativement numériques, afin que celles-ci
intègrent le workflow du cabinet.

D
Les avantages de la numérisation des docu-
e nouvelles solutions sont à la dispo- COLLECTE ments papier sont nombreux. Déjà, ils n’oc-
sition de l’expert-comptable pour cupent plus de place physique (combien de
optimiser les trois phases successives qui L’enjeu est d’obtenir la matière première mètres carrés libérés ?).
composent cette mission : collecte, traite- essentielle à la tenue : les pièces comptables.
ment et restitution de l’information. Plusieurs contraintes sont alors à prendre en Ensuite, les technologies de reconnaissance de
compte: caractères, aujourd’hui très abouties, appor-
n la multitude des supports : papier, mails, tent un confort indéniable en termes de
fichiers numériques… recherche d’information.
Un simple mot-clé tapé dans une zone de
recherche vous mène directement à l’infor-
mation souhaitée dans le document.
COLLECTE Et si le cabinet stocke tous ces fichiers de
façon organisée dans une Gestion Electro-
nique de Documents, retrouver une infor-
mation devient alors une sinécure. Certains
éditeurs de GED ont d’ailleurs développé des
solutions spécifiquement adaptées à l’orga-
nisation des cabinets d’expertise comptable
(par exemple Knowings).
Enfin, certains outils de production compta-
ble permettent de visualiser la pièce en regard
de l’écriture correspondante. Tout le monde
y gagne : le client en compréhension et col-
laboratif avec le cabinet ; mais aussi le colla-
borateur lors de la révision des comptes, ne

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n

plus feuilleter un classeur et chercher, cher- production permettent désormais une rue, le risque d’échec est évidemment beau-
cher… que de gisements de productivité ! cadence plus élevée. coup plus important.
Mais d’autres approches permettent de géné- Afin de pouvoir livrer des résultats encore plus
ADIEU LE PAPIER ? rer les écritures dans un fichier que le collabo- satisfaisants, certains éditeurs (c’est le cas d’i-
Malgré tout, il est prématuré de penser que rateur n’a plus qu’à importer dans son outil de Docus) proposent une approche mixte : le
posséder la version numérisée d’un document, production. Son intervention consiste alors à traitement de chaque pièce comptable
nous dispense de conserver l’original papier contrôler et, éventuellement, corriger. Dans ce donne lieu à une intervention humaine for-
avant son délai de prescription. La valeur pro- cas, l’écriture peut même embarquer le fichier tement assistée par l’informatique.
bante d’une pièce numérique est obtenue (ou son adresse) pour visualiser la pièce, ce qui
dans des conditions bien particulières. évite d’avoir à l’attacher manuellement. RESTITUTION
Au mieux, votre solution comptable a prévu
ESPACES FOURNISSEURS des outils communicants, les webservices Désormais, les éditeurs de solutions rendent
Les émetteurs de documents incitent de plus (comme Ibiza). Ainsi, les plateformes échan- leurs plateformes de plus en plus communi-
en plus vos clients à ne plus recevoir de papier gent leurs données, en temps réel : plans de cantes entre elles. L’avènement des webser-
mais à se connecter à un espace personnel comptes des dossiers et nouvelles écritures. vices autorise ainsi une multitude de
afin de récupérer les informations (factures possibilités en mettant le client au centre de
télécom, EDF, péages ou relevés bancaires par COMMENT SONT GÉNÉRÉES CES ÉCRITURES ? son système d’information.
exemple). Deux étapes successives : la récupération des Les plateformes de traitements de données,
« Parfait ! Un document nativement électro- informations sur le document et la mise en les outils de production comptables, les sys-
nique ».Toutefois, afin d’éviter les manipula- forme de l’écriture. tèmes de GED, les services de stockage
tions fastidieuses de connexion à ces Les technologies de LAD (Lecture Automa- ‘‘cloud’’ ont chacun leur spécialité mais n’ont
différentes plateformes pour récupérer et tique de Documents) savent localiser ’‘géo- plus de raison de vivre isolées.
transmettre les documents, le client bénéfi- graphiquement’’ dans un document les La tenue comptable comporte des gisements
cie d’un service de récupération automatisée, champs nécessaires à l’établissement de l’é- de productivité. Il faut juste accepter de rem-
selon une périodicité définie. Grâce à ces criture et les récupérer. placer les coûts cachés de l’improductivité, par
outils simples et interconnectés, il est aisé de Il ne reste alors plus qu’à affecter les numé- les coûts visibles de la dématérialisation. Car la
gagner en productivité, évitant des allers- ros de comptes correspondants (en fonction mise en place d’outils efficaces et abordables
retours de demandes de documents com- du tiers émetteur ou récepteur de la pièce). techniquement et financièrement aide le cabi-
plémentaires entre les collaborateurs et le L’enjeu pour l’éditeur est alors de pouvoir pro- net à promouvoir une image novatrice en phase
client. poser une solution permettant d’obtenir le avec les nouvelles attentes de ses clients en se
taux d’échec le plus faible afin de limiter les concentrant sur ses missions de conseil. n
TRAITEMENT interventions correctives du collaborateur du
cabinet.
LA SAISIE DES ÉCRITURES Ces technologies reposent sur une courbe
L’affectation (fastidieuse) des pièces comp- d’apprentissage des cas déjà traités. Autre-
tables est aussi sujette à des gains de pro- ment dit : elles permettent d’obtenir un résul-
ductivité. tat quasi parfait avec les pièces émises par les
Les fonctionnalités de saisie prédictive (basés émetteurs fréquents ; mais s’agissant de la
sur l’historique) proposées par les outils de nouvelle facture du plombier du coin de la

TRAITEMENT RESTITUTION

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

21
21
n GESTION DU CABINET

Le Cloud, un concept technologique,


une réalité économique
DIDIER COMET ‹ DIRECTEUR DES SERVICES CHEZ SCRIBA.

Une fois cette cartographie établie, il


AU-DELÀ DU CONCEPT, LE CLOUD EST AUJOURD’HUI UNE RÉALITÉ POUR LES conviendra d’identifier l’offre qui répond au
ENTREPRISES. SES BÉNÉFICES, EN TERMES D’AGILITÉ, D’EFFICACITÉ ET DE MAÎTRISE mieux à cette portabilité Cloud.
Scriba met en place un accompagnement
DES COÛTS, S’APPLIQUENT AUX TPE COMME AUX PME. LES CABINETS CABINETS
étape par étape qui garantit le succès de la
D'EXPERTISE COMPTABLE ONT UNE RÉELLE OPPORTUNITÉ À SAISIR EN EXTERNALI- démarche.
SANT CERTAINS OUTILS ET AINSI RÉDUIRE LE TEMPS CONSACRÉ À LA GESTION DE
DES EXEMPLES CONCRETS D’OUTILS CLOUD,
LEUR INFORMATIQUE POUR SE CONCENTRER SUR LEUR CŒUR DE MÉTIER. SIMPLES À DÉPLOYER :
n Lync, outil de communication interne et
externe, permet l’échange en temps réel
avec les clients, la webconference jusqu’à

S
250 utilisateurs, le partage de bureau et
criba, partenaire informatique des les besoins quotidiens des collaborateurs prise de notes,
Experts comptables depuis 12 ans, comptables. Ainsi, nos experts sont quali- n Sharepoint : outil de partage, de modi-
accompagne de plus en plus d’entreprises fiés pour sélectionner les solutions cloud fication de documents en temps réel et de
et notamment de cabinets d’experts selon l’organisation du cabinet et les prio- travail collaboratif,
comptables qui souhaitent entrer dans rités qu’il se définit. n Office Web Apps : version web de vos
l’ère du cloud. Aussi, avant toute démarche de transition, applications Office, cette suite permet de
il est indispensable de cartographier les ser- créer, stocker, modifier et partager vos
COMMENT DÉBUTER UNE TRANSI- vices, applications, environnements de documents Office en ligne,
TION PROGRESSIVE VERS LE CLOUD tests et de production qui pourront faire n Scriba propose également un service de
l’objet d’une externalisation et dont le pas- sauvegarde externalisée qui permet de sur-
Il n’est pas nécessaire de tout basculer en sage en mode hébergé fera assurément veiller et sécuriser les données critiques de
environnement cloud pour bénéficier de gagner à la fois en : l’entreprise.
ses avantages concurrentiels. Au contraire, n fiabilité, n…
il est plus prudent de commencer avec des n flexibilité,
applications transverses et parfaitement n disponibilité, LES BONNES QUESTIONS À SE
matures telles que la messagerie, le wiki, n mobilité, POSER ET LES DANGERS À ÉVITER
le partage d’information auprès d’un n rentabilité.
réseau de collaborateurs identifiés, la ges- Quelles sont les fonctions générale-
tion des ressources humaines, la gestion Dans cette démarche amont, il conviendra ment externalisées dans le Cloud par les
électronique de documents et la bureau- de s’assurer que l’entreprise puisse répon- entreprises ?
tique. Car il est tout à fait possible de faire dre aux prérequis techniques (notamment Quelle que soit leur taille, les entreprises bas-
cohabiter une infrastructure locale avec le débit et la qualité de la bande passante) culent vers le cloud prioritairement les outils de
des services en mode cloud. et organisationnels imposés par ces servi- messagerie et de collaboration (portails intra-
Une transition vers le cloud se prépare, il est ces externalisés. net/extranet, plateforme de webconference,
nécessaire de définir une méthodologie et D’autre part, il est primordial de vérifier les messagerie instantanée). Il en est de même
de mener une réflexion à moyen terme capacités d’interopérabilité applicative afin pour les applications CRM ou outils liés à la RH.
sur les usages de l’entreprise et leur adap- de ne pas créer des silos d’information L’adoption de ces technologies permet une
tabilité à une utilisation en mode cloud. étanches les uns par rapport aux autres expérience utilisateur identique quelle que
Intervenant auprès de quelques 800 cabi- mais au contraire, garantir une fluidité dans soit la situation géographique et le type de
nets clients, Scriba connait parfaitement les échanges entre applications. terminal utilisé.

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

22
n

Quels sont les points liés à la confiden-


tialité et à la garantie de continuité de
service à vérifier dans le contrat du four-
nisseur ?
n Le SLA (Service Level Agrement), c’est-à-
dire l’engagement sur le niveau de services:
il doit être explicitement détaillé,
n La propriété des données,
n La localisation géographique des données,
n La durée des contrats (durée d’engage-
ment minimal) et les modalités du renou-
vellement,
n Le Plan d’Assurance Qualité proposé par
le fournisseur,
n La réversibilité : il s’agit du processus de
récupération des données en cas de rup-
ture du contrat : format, délais, coûts addi-
tionnels, assistance prévue par le
fournisseur.
n Les niveaux et moyens d’accès au sup-
port, ainsi que les plages horaires et la lan-
gue employée sont également à prendre
en considération pour juger de la qualité de
service proposée.

Comment se situe mon fournisseur par


rapport à la législation européenne ?
Selon la législation européenne, les entre-
prises résidant dans l'Union Européenne
doivent conserver leurs données sur le ter-
ritoire européen. Légalement, le fournisseur
de Cloud Computing doit disposer de data-
centers en Europe et garantir que les don-
nées ne seront pas transférées vers des
sites en dehors du territoire européen,
même pour une courte durée.

En conclusion, préparez votre transition


Le modèle économique du Cloud Com- En quoi le Cloud Computing apporte-t- vers le cloud et relevez le challenge !
puting revêt-il un intérêt pour mon il un meilleur niveau de disponibilité et Scriba, par son expérience auprès des cabi-
entreprise ? de sécurité des données à l’entreprise ? nets, vous démontre qu’une fois les méca-
Les services de Cloud Computing sont Les acteurs du marché investissent des som- nismes des outils compris, les bénéfices se
généralement proposés en mode "paie- mes considérables dans la construction d’in- qualifient et se quantifient très rapide-
ment à l'utilisation". Ils ne génèrent donc frastructures d’hébergement en mode cloud. ment : gain de productivité, gain de sécu-
pas de frais d'investissement (CAPEX). Par Ces infrastructures sont massivement répli- rité, gain en terme de confort d’utilisation
ailleurs, comme les services de Cloud Com- quées et maillées afin de sécuriser à la fois (rapidité d’accès, multiplateformes, fonc-
puting sont bien plus rapides à déployer, les les données hébergées mais aussi d’assurer tions avancées).
entreprises supportent des coûts de une haute disponibilité en cas de sinistre sur Convaincu de ces bénéfices, l’Expert-
démarrage minimes et des frais d'exploi- l’un des datacenters. comptable apportera alors une nouvelle
tation prévisibles sur le long terme (OPEX). La disponibilité s’exprime par un pourcen- dimension à ses clients en étant force de
Le passage d’un budget d’investissement tage de fonctionnement minimal garanti sur proposition quant à l’optimisation des
(CAPEX) à un budget de fonctionnement une année, oscillant généralement entre investissements informatiques au sein de
(OPEX) contribue ainsi à la réduction des 99 % et 99,999 %. Dans les faits, très peu leur entreprise. n
coûts d'investissements. d’entreprises peuvent garantir pour elles-
mêmes ces mêmes niveaux de disponibilité.

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

23
n NOUVELLES MISSIONS

Développement du cabinet :
de nouveaux outils pour de nouvelles

ANNE CÉCILE SCHATTEMAN ‹ CHARGÉE DE MARCHÉ PORTAIL COLLABORATIF, SAGE EXPERTS-COMPTABLES

INTERNET, UNE RÉVOLUTION POUR TOUTES LES ENTREPRISES. tion des déclarations fiscales et sociales. Il
LA GÉNÉRALISATION D’INTERNET AU SEIN DES ENTREPRISES ET DANS LE QUOTIDIEN apporte des réponses aux interrogations des
dirigeants et joue un vrai rôle de conseiller
DES DIRIGEANTS CONSTITUE UNE VRAIE MODIFICATION DES MODES DE TRAVAIL. de proximité tout au long de la vie de l’en-
LES CABINETS D’EXPERTISE COMPTABLE N’ONT PAS ÉCHAPPÉ À CETTE TENDANCE ET treprise, qui est ponctuée de réussites, d’op-
portunités et de dangers.
INTERNET EST AUJOURD’HUI UTILISÉ CHAQUE JOUR PAR LES COLLABORATEURS POUR Son intervention est d’autant plus impor-
RETROUVER DES INFORMATIONS, SUIVRE L’ACTUALITÉ FISCALE ET SOCIALE tante pendant la période actuelle d’instabi-
lité. Les dirigeants ont besoin d’un
ET BIEN SÛR ÉCHANGER AVEC LEURS CLIENTS.
accompagnement au jour le jour pour pren-
dre les bonnes décisions et être réactifs.

I
L’Expert-Comptable doit amplifier le déve-
nternet a ainsi permis une vraie révolution : DE NOUVELLES SOLUTIONS POUR RÉINVENTER loppement de ses missions de conseil et
multiplication de l’information, rapidité LA RELATION CLIENT fournir des informations utiles, c’est-à-dire
des échanges, instantanéité. Les modes d’in- Aujourd’hui, les dirigeants s’impliquent de rapides, pertinentes et compréhensibles.
teraction avec les clients sont aujourd’hui plus en plus dans la gestion de leurs dossiers Avec les nouveaux outils en ligne, il peut pro-
nombreux, variés et innovants sur le Web. Les au cabinet et sont demandeurs d’un accom- poser au dirigeant d’interagir en temps réel.
cabinets d’expertise comptable ont l’op- pagnement dans le suivi de leurs perfor- Selon le profil du dirigeant et son activité, il
portunité de se différencier en mettant au mances. choisit de lui mettre à disposition différen-
cœur de leur organisation le partage et l’in- Le rôle de l’Expert-Comptable dépasse tes fonctionnalités collaboratives allant de la
teractivité dans la relation avec leurs clients. donc la tenue des comptes annuels et l’édi- saisie comptable au simple échange docu-
mentaire. L’Expert-Comptable est ainsi en
Fréquence d’utilisation des diFFérents services d’internet mesure d’équiper son client d’un outil de
dans les cabinets d’expertise comptable* gestion selon le partage des tâches choisi.
Il adapte la solution proposée aux besoins
précis et à la maturité de ses clients.

L’Expert-Comptable devient petit à petit le


conseiller principal en matière d’équipement
informatique. Certains choisissent même de
devenir fournisseur de logiciels qu’ils soient
online ou non pour leurs clients.
la messagerie le Word Wide le transfert des Forums de
electronique Web) fichiers (Ftp) discussion DES OPPORTUNITÉS POUR DES MISSIONS
D’ACCOMPAGNEMENT
Le partage en temps réel d’information est
une vraie opportunité de nouvelles missions
CHIFFRE CLÉ : + 50% des interactions clients / entreprises pour le cabinet d’expertise comptable. Les
devraient passer par des canaux numériques en 2014.** informations comptables et extra-compta-
bles sont centralisées et mises à disposition
plus régulièrement par le client ou le cabi-

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

24
n

missions
net sur le portail collaboratif.
L’Expert-Comptable est donc en mesure d’a-
voir une meilleure connaissance de l’activité
de son client et peut ainsi percevoir les
risques, enjeux et opportunités pour celui-ci:
écarts avec le prévisionnel, trésorerie tendue,
manque de rentabilité, un impayé qui pour-
rait être grave.
Le travail de l’Expert-Comptable face à cette
richesse et abondance d’information est de
faire parler les chiffres qui ont du sens pour
le client. C’est donc l’occasion pour lui de
proposer de nouvelles missions d’accompa-
gnement : des tableaux de bord de pilotage
de l’activité, une analyse des risques, un bilan exemple d’un nuage de tags illustrant la génération Y ***
de la gestion patrimoniale, un business plan
de développement, etc. Ces missions de
conseil sont perçues comme génératrices de
satisfaction à la fois pour les clients et pour
CHIFFRE CLÉ : Le marché des RSE (Réseaux Sociaux
les collaborateurs. d’Entreprise), portails et outils collaboratifs, devrait
connaître une croissance moyenne annuelle
Les nouveaux outils collaboratifs sont véri- de près de 10 %, d’ici à 2015.****
tablement un moyen de promotion pour le
cabinet. Ils montrent sa capacité à être inno-
vant et réactif qui sont d’autant de qualités
recherchées par les dirigeants d’entreprise pourcentage de temps gagné dans les cabinets d’expertise comptable avec la mise
pour choisir leur Expert-Comptable et par les en place du travail collaboratiF et de la ged ***
collaborateurs pour choisir leur environne-
ment de travail.

L’Expert-Comptable qui sait faire valoir


une démarche collaborative à forte
valeur ajoutée pour ses clients bénéfi-
cie d’un véritable argument de diffé-
renciation pour fidéliser et attirer des
prospects. n

Sources
* Mémoire intitulé « Cabinets d’expertise
comptable : impacts d’Internet sur la relation
client et la performance », Thouraya Trigui et
Philippe Chapellier, 2006

** Markess International, 2012

*** Mémoire intitulé « Comment les cabinets


d’expertise comptable peuvent-ils appréhender
la génération Y ? », Isabelle Kessler Ep. Ariztegui,
2010

**** PAC, 2012

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

25
n NOUVELLES MISSIONS

Une gamme full web de solutions


pour les missions de conseil
et le développement du cabinet
CAROLINE PERRIER ‹ RESPONSABLE MARKETING TDA

ACTEUR INCONTOURNABLE DES LOGICIELS DÉDIÉS AUX MISSIONS DE CONSEIL, Cette simplification globale a permis, d’une
part de repenser l’offre et de proposer des
TDA INTERNATIONAL, FILIALE DE GROUPE CEGID, PROPOSE UNE GAMME COMPLÈTE
bouquets de plus de 8 solutions sur la base
DE LOGICIELS DE CONSEIL 100 % SUR LE CLOUD. d’abonnement offrant ainsi la bonne solution
au bon moment, et d’autre part, de permet-
tre à l’expert-comptable d’obtenir un retour

L
sur investissement exceptionnel en réduisant
e développement de missions de avons choisi de développer une offre entiè- de manière significative les coûts de pos-
conseil au sein des cabinets d’expertise rement sur le web. Internet est né de notre session.
comptable est un sujet au cœur de l’actua- besoin vital à tous de communiquer et d’é- Au final, sur le chemin du Cloud, c’est
lité de la profession. En effet, les besoins des changer. Informer, communiquer, dialoguer, gagnant-gagnant-gagnant : tant pour le client
clients restent importants et progressivement partager, n’est-ce pas la nature même des final, que pour l’expert-comptable mais aussi
les cabinets se (re)structurent pour capter ces missions de conseil ? Il était donc tout natu- pour l’éditeur.
gisements de croissance de chiffre d’affaires rel que nos produits soient sur le web
et développer leur relation client. C’est un Aujourd’hui, nous continuons notre dévelop-
sujet qui a toujours préoccupé TDA. A ce jour toutes nos applications sont full web pement vers d’autres technologies qui, j’en
et proposées sous la marque Netsolutions. suis sûre, permettent de renforcer les liens
Nous pensons que les missions de conseil pré- Les avantages des applications internet sont entre l’expert-comptable et son client, par
sentent de la valeur ajoutée, tant sur le point évidents : plus d’installation délicate à réali- exemple, en complétant nos offres sur d’au-
économique que d’un point de vue métier. Et ser, des solutions disponibles partout et tout tres supports, comme les mobiles ou les
pour cela, il est primordial que le cabinet le temps, plus de sauvegardes à gérer, aucune tablettes.
dispose d’outils qui lui permettent de privilé- inquiétude sur la validité des mises à jour ; bref
gier ces autres missions. Notre vocation est une tranquillité d’esprit décuplée. La généralisation des smartphones va chan-
de proposer des solutions performantes, ger la donne. Les clients des experts-comp-
conçues pour faciliter le travail de l’expert- Ajoutez à cela que toutes les interfaces ont été tables exigeront bientôt de recevoir
comptable. rendues plus ergonomiques et conviviales. Les l’information directement sur leur mobile plu-
produits sont ainsi devenus plus simples à uti- tôt que d’être contraint d’aller la chercher.
Nous innovons en permanence, c’est pour- liser et ne nécessitent plus de formation pour Ensuite, même si l’information est délivrée sur
quoi, dès le début des années 2000, nous être exploités de façon optimum. le Smartphone à la demande, encore faut-il

« Aujourd’hui, nous continuons notre développement vers d’autres technologies,


par exemple, en complétant nos offres sur d’autres supports,
comme les mobiles ou les tablettes »

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

26
n

qu’elle soit pertinente pour le client. Ici, je parle nouvelle application dédiée au contrôle bud- prévisionnel,(script, contrôles, items…) et
des processus de sélection et de personnali- gétaire. Nous proposions déjà depuis l’année intègre en standard un benchmark sectoriel
sation des données qui devront être très pous- dernière une application entièrement consa- issus de la base de données Altares. Facilitées
sés. L’équation à résoudre est celle d’une crée à la production de dossiers prévisionnels, par le cloud, les mises à jour sont régulières
production industrialisée et d’une restitution qui à ce jour rencontre un franc succès. Cette et profitent à tous les utilisateurs. De nouvel-
personnalisée. solution innovante dispose de fonctionnalités les fonctionnalités vont venir enrichir encore
Enfin, nous constatons que l’expert-compta- uniques sur le marché. PREVexpert intègre une la solution dans les prochaines semaines : inté-
ble, conseil privilégié, doit être présent de double approche : rapide pour les dossiers sim- grer des cellules Excel, un espace dédié à l’en-
manière permanente dans l’intimité de son ples ou complète et détaillée pour les dossiers trepreneur pour qu’il puisse participer à la
client. Discret et disponible, il sera de plus en plus complexes. PREVexpert comprend éga- saisie…
plus dans le mobile de son client. lement de nombreux guides de saisie qui faci- En complément de la mission “prévisionnel”,
A l’occasion du Congrès, nous lancerons notre litent et sécurisent le traitement du il nous a semblé évident de fournir à nos
clients une solution de tableaux de bord bud-
get que nous proposons cette année au
Congrès. L’idée est de créer une suite logicielle
intégrée “prévisionnel + tableau de bord”, qui
permette d’adresser en quelques clics à son
client ses indicateurs de suivi, tout cela dans
un portail personnalisé.
Renforcé par son récent rapprochement avec
Cegid, les produits des deux marques sont
totalement interfacés et naturellement, les
applications communiquent entre elles afin de
renforcer le confort de l’utilisateur.
Plus que jamais la mission de TDA est de
développer les missions de conseil et faciliter
la relation client. n

A propos de TDA
société innovante et technologique, TDA a commercialisé avec succès la première solu-
Société
tion
solution
(en ligne)
(en ligne)
WEBTns
WEBTns
en 2003
en 2003
et obtenu
et obtenu
le prix
le prix
Eurek@
Eurek@
lors lors du 65ème
du 65ème congrès dede
congrès l’Or-
dre des des
l’Ordre Experts-Comptables en 2010
Experts-Comptables avecavec
en 2010 WEBEngage,
WEBEngage, l’éditeur a poursuivi
l’éditeur depuis
a poursuivi depuis
l’enrichissement de sa gamme full web de solutions à destination des entreprises et des
professionnels de l’expertise comptable.
Fin 2012, une des offres “Star” du dernier congrès de l’Ordre des Experts-Comptables
était son offre full web “On
« OnDemand”pour
Demand » pour lesles missions
missions de de conseil.
conseil.

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

27
n NOUVELLES MISSIONS

Expert-Comptable, Commissaire aux


prévenir la cybercriminalité
STÉPHANE BELLANGER ‹ EXPERT COMPTABLE, COMMISSAIRE AUX COMPTES - CABINET CBM
MEMBRE DE LA COMMISSION INNOVATION ET PRODUCTIVITÉ

BERNARD MALACHANE ‹ CONSULTANT - BCA3

LA CYBERCRIMINALITÉ FAIT DÉSORMAIS PARTIE DES RISQUES MAJEURS n Vérifier que les dispositions essentielles

AUXQUELS SONT EXPOSÉS TOUTES LES ENTREPRISES, QUELLE QUE SOIT LEUR TAILLE. en matière de sécurité et de contrôle ont
été mises en œuvre autour de la fonction
CETTE NOUVELLE DONNE DOIT ÊTRE PRISE EN COMPTE DANS LA DIMENSION informatique afin de garantir la fiabilité,
CONSEIL ET VEILLE JURIDIQUE DES CAC. l'intégrité des traitements et la validité des
informations.

D
n Un complément d’intervention peut être
ans le cadre de l’exercice profes- - Stratégie et planification, envisagé afin de réaliser des tests per-
sionnel (NEP 315), les missions du - Sécurité informatique, mettant de valider notre compréhension
CAC comprennent : - Exploitation du système d’information, du contrôle interne, de finaliser notre
- la prise de connaissance du système d'in- - Gestion des sauvegardes et maintien per- analyse des faiblesses éventuelles et de
formation, manent des activités. proposer des voies d'amélioration.
- l'évaluation du contrôle interne du sys-
tème d'information,
- la revue de la conformité réglementaire
du système d'information,
- l’audit par les données afin de fiabiliser
l'audit, gagner en image de marque et
améliorer la productivité,
- le support méthodologique et la forma-
tion informatique pour vos collaborateurs
auditeurs financiers,
- la mise en place d'outils de travail pour
prendre connaissance du système d'infor-
mation de l'entreprise.

NOTRE DÉMARCHE CONSISTE PRINCIPALEMENT À :


n Prendre connaissance des contrôles
généraux informatiques mis en place par
la société. Nous orientons plus particuliè-
rement nos travaux sur les thèmes
suivants :

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

28
n

comptes : de point focal dans la lutte contre ce fléau


au sein de l’UE. Au niveau national, le
groupe de travail interministériel annoncé
n Les compagnies d’assurance n’acceptent
pas de couvrir les conséquences financiè-
res liées à une défaillance causée par les
par le ministère de l’Intérieur devrait per- brèches de sécurité.
mettre d’adapter le dispositif législatif Il s’agit alors de s’appuyer sur les conseils
français en matière de cybercriminalité. En et services de prestataires proposant une
particulier, concernant les entreprises, le approche intégrée de la gestion des
rapport du Sénateur Bockel établit 10 prio- risques et de la continuité d’affaires,
Cette intervention vise à acquérir une rités dont l’obligation pour les entrepri- indépendante des éditeurs de solution de
meilleure compréhension des procédures ses et les opérateurs d’importance vitale sécurité informatique :
et des systèmes concourant à la produc- d’établir une déclaration d’incident à
tion de l'information comptable et à l’ANSSI en cas d’attaque importante. n Réalisation d’audits techniques (test
confirmer que les dispositions essentielles d’intrusion) et d’audit de conformité (ISO
ont été prises en matière de contrôle FACE À CE NOUVEAU RISQUE, 27000),
interne pour assurer une fiabilité raison- FORCE EST DE CONSTATER QUE : n Définition et mise en place de politiques
nable des informations traitées. n Les entreprises ne sont pas organisées de sécurité, de PCA (Plan de Continuité
Les travaux reposent principalement sur pour prévenir d’un risque et faire face aux d’Activité), de PRA (Plan de Reprise d’Ac-
les informations collectées au travers d’en- nouvelles obligations réglementaires en tivité) en cas d’incident,
tretiens avec des personnes de la société, préparation,
sur un premier niveau de revue des docu- n Service managé de surveillance et ges-
mentations mises à notre disposition. n Celles-ci ne sont pas plus préparées à tion des cyberrisques (traçabilité, apport
Compte tenu de la portée de ces travaux, assumer vis-à-vis des tiers, la responsabi- de preuve, assurance).
ceux-ci ne mettent pas en évidence l'en- lité des dommages que peuvent occa-
semble des faiblesses existantes et des sionner la défaillance de leur système A titre illustratif, voici le service Cyberpro-
améliorations potentielles des procédures informatique, tect soutenu par le Secrétariat Général de
et des systèmes, qu'une série de tests et la Défense et de la Sécurité Nationale
qu’une étude plus approfondie pourraient (SUITE PAGE 30)
éventuellement révéler, ni toutes les amé-
liorations qui pourraient être apportées.
Or, incidemment, plusieurs rapports
récents ont démontré que les menaces de Obligation pour les entreprises et
la cybercriminalité ne sont plus dirigées les opérateurs d’importance vitale d’établir une
exclusivement vers les grands groupes ou
les entreprises les plus importantes. 
déclaration d’incident à l’ANSSI en cas d’attaque
D’après un rapport Information Security importante
Breaches Survey PWC 2012, 93 % des
grandes entreprises et 76 % des PME ont
été victimes d’une cyber attaque en
2011 avec un impact financier moyen
compris entre 15 000 et 30 000 € pour
les PME et entre 110 et 250 000 € pour
les grandes entreprises.

Au cours des derniers mois, des failles de


sécurité dans les sites internet de 34 % des
PME européennes ont causé des domma-
ges conséquents (suppression de fichiers,
ajout de données erronées, récupération
des coordonnées bancaires des clients…).

L’Union Européenne (UE) a réalisé des


progrès décisifs en ce qui concerne la pro-
tection contre la cybercriminalité, notam-
ment en créant, le 11 janvier 2013, le
Centre européen de lutte contre la cyber-
criminalité, qui fait partie d’Europol et sert

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

29
n NOUVELLES MISSIONS n
Expert-Comptable, Commissaire aux comptes :
prévenir la cybercriminalité
(SUITE DE LA PAGE 29)
(SGDSN) et l’Agence Nationale de la
Sécurité des Systèmes d’Information
(ANSSI) et délivré par la société BC3A :

Par ailleurs, plus généralement, les profes-


sionnels du chiffre que sont les experts-
comptables et les commissaires aux
comptes doivent bien négocier le virage
numérique porté par les grandes tendan-
ces telles que l’obligation de dématériali-
sation pour toutes les entreprises en 2015,
la transition vers le Cloud Computing, le
coffre-fort électronique et la signature
électronique, l’ouverture de la profession
vers les réseaux sociaux. Ce virage doit
s’opérer dans le cadre de contraintes règle-
mentaires et légales de la profession avec,
en particulier :

n Exigences réglementaires en matière de


preuve selon l’article 410-4 du PCG
(signature électronique en cas de déma- n Pour ce qui concerne le volet régle- dans l’établissement du rapport visé par le
térialisation, pérennité des documents mentaire, un audit de sécurité informa- commissaire aux comptes. Cet audit peut
6 ans dont 3 ans sur support informa- tique permet de vérifier si les moyens ont être prescrit fortement conseillé, voire
tique), exigences en matière de conserva- été mis en place pour garantir la confi- exigé par le CAC sur certains risques pré-
tion et de reconnaissance de données dentialité, l’intégrité et la disponibilité des sents dans la cartographie des risques que
(article 420-3 du PCG) impliquant la données. De la même façon, l’existence lui fournit l’entreprise. En cas d’externali-
garantie de l’intégrité des données, pour ce d’un plan de continuité d’affaires ou d’un sation des moyens informatiques, le rap-
qui concerne les experts-comptables, plan de reprise d’activité ne suffit pas. port d’audit de sécurité viendra compléter
Encore faut-il que ceux-ci soient opéra- le rapport de l’audit ISAE 3402 que ne
n Eventuelles exigences légales (LSF/SOX) toires et que l’entreprise ait la capacité de manquera pas de solliciter le commissaire
pour les clients des commissaires aux les mettre en œuvre, c’est l’objet de l’au- aux comptes. Pour ce qui concerne la mise
comptes. dit des plans de continuité et de reprise. en place de la loi Sarbanes Oxley au sein
Il s’agit donc pour le professionnel d’être du SI de l’entreprise, il faut noter un point
accompagné dans le respect de ces exi- n En matière de conformité légale, clé de la loi portant sur la gestion des accès
gences, à la fois pour les besoins propres l’existence d’un audit de sécurité infor- aux ERP et sur la traçabilité des accès aux
des experts-comptables et commissaires matique permet de conforter la fiabilité et applications financières et ressources
aux comptes et pour les besoins de leurs l’intégrité des données financières utilisées humaines.
clients.
n Enfin, au titre du rôle de conseil et de
veille juridique du commissaire aux comp-
« Les professionnels du chiffre tes, il faut noter une récente jurisprudence
dans laquelle l’absence de fraude (inten-
que sont les experts-comptables tion de frauder) a été invoquée parce qu’il
n’y a pas de moyens en place pour détec-
et les commissaires aux comptes ter, prévenir et empêcher la fraude (TGI de
Créteil, 11e chambre correctionnel,
doivent bien négocier le virage numérique » jugement du 23 avril 2013). n

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

30
n PRODUCTION n

Démarche d’audit en environnement PE/TPE 


De la nécessité de disposer d’un outil
métier adapté
DENIS LESPRIT ‹ MEMBRE DU BUREAU NATIONAL DE L’IFEC, VICE-PRÉSIDENT
DE LA COMPAGNIE RÉGIONALE DES COMMISSAIRES AUX COMPTES

L’UNITÉ DE NOTRE PROFESSION, CRÉATRICE DE CONFIANCE, SE FONDE SUR LE FAIT sera difficile de le faire lorsqu’ils seront éle-
QUE LE NIVEAU D’ASSURANCE ÉMIS PAR LE COMMISSAIRE AUX COMPTES DANS SON vés. S’il devait demander dans ce contexte
une dérogation, il lui faudrait être très pru-
RAPPORT RESTE LE MÊME QU’IL S’APPLIQUE À UNE SOCIÉTÉ COTÉE OU À UNE PETITE
dent et particulièrement précis.
ENTITÉ. C’EST POURQUOI, LES DOSSIERS PE/TPE NÉCESSITENT DE SA PART, UNE MAÎ- Le niveau des risques liés au contrôle reste
TRISE OPTIMALE DE LA DÉMARCHE D’AUDIT ET UN PROFESSIONNALISME SANS FAILLE
pour leur plus grande part sous la maîtrise
des dirigeants de l’entité, et celui des risques
AFIN DE POUVOIR MENER SA MISSION NON SEULEMENT DANS LE RESPECT DU CADRE inhérents en partie. C’est pourquoi, il est
LÉGAL ET NORMATIF DE NOTRE PROFESSION, MAIS ÉGALEMENT DANS UN LAPS DE fondamental que les interventions et
actions du commissaire aux comptes puis-
TEMPS TRÈS COURT, COMPATIBLE AVEC SES BUDGETS D’INTERVENTIONS LIMITÉS. POUR
sent lui permettre de sensibiliser et aider la
CELA, IL Y A NÉCESSITÉ DE DISPOSER D’UN OUTIL MÉTIER PARTICULIER QUI MALHEU- gouvernance des PE/TPE à ce que le niveau
de ces risques soit le plus bas possible. Ce
REUSEMENT RESTE À DÉVELOPPER.
n’est qu’à cette condition qu’il lui sera pos-
sible de réduire significativement le volume
de ses travaux. L’utilité de sa mission et la

N
valeur ajoutée apportée par ses interven-
ous traiterons plus particulièrement Commissaire aux comptes. La NEP 200, tions s’en trouveront renforcées d’autant.
des difficultés que peut rencontrer le précise dans son paragraphe 12 que « le C’est pourquoi, il reste nécessaire que le
commissaire aux comptes pour effectuer sa commissaire aux comptes réduit le risque commissaire aux comptes puisse participer,
mission lorsque son budget horaire ne d’audit à un niveau suffisamment faible en toute indépendance, sans immixtion
dépasse pas 40 heures. pour obtenir l’assurance recherchée néces- dans la gestion, ni risque d’auto révision, à
Pour les surmonter, il dispose principale- saire à la certification des comptes. A cette l’élaboration de consultations, avis et
ment de 2 pistes : la réduction du volume fin, il évalue le risque d’anomalies signifi- recommandations auprès des entités dans
de ses travaux d’audit et/ou celle du temps catives et conçoit les procédures d’audit à lesquelles il intervient et, tout particulière-
nécessaire à la formalisation de ses travaux. mettre en œuvre en réponse à cette éva- ment, auprès des PE/TPE.
Elles seront successivement analysées, luation (…) ».
pour en final, constater qu’il existe un réel Il apparaît à leur lecture, que l’étendue des II- COMMENT REDUIRE LE TEMPS
besoin pour notre profession de disposer travaux du commissaire aux comptes NECESSAIRE A LA FORMALISATION
d’un produit métier conforme à nos pra- n’est pas conceptuellement liée à taille de DE SES TRAVAUX 
tiques professionnelle et adapté à la l’entité dans laquelle il intervient, mais au
PE/TPE. niveau des risques inhérents et des risques Il est possible d’obtenir des gains de pro-
liés au contrôle qu’il a pu apprécier en son ductivité, par une meilleure efficacité dans
I- COMMENT REDUIRE LE VOLUME sein. la mise en œuvre des travaux du commis-
DES TRAVAUX D’AUDIT DANS LA Il va ainsi de soi que s’il lui est tout à fait saire aux comptes en les regroupant et en
PE/TPE ? loisible de réduire ses travaux lorsqu’il disposant d’outils métiers adaptés à la
estime que les niveaux de risques inhérents PE/TPE. (SUITE PAGE 32)
Nos NEP régissent l’étendue des travaux du et ceux liés au contrôle sont faibles, il lui

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

31
n PRODUCTION
Démarche d’audit en environnement PE/TPE
De la nécessité de disposer d’un outil métier adapté

(SUITE DE LA PAGE 31) confirmations des tiers…) ;


1) REGROUPER LES SÉQUENCES DE SESTRAVAUX 12. Intervenir au final pour diligenter les Lorsqu’un travail est découpé en séquen-
ET DE SES INTERVENTIONS contrôles de substance portant sur les ces incluses les unes dans les autres, mais
Dresser une liste standard des travaux et comptes présentés ; abordées chronologiquement à des
interventions du commissaire aux comptes 13. Procéder à la collecte d’éléments pro- moments différents, on est obligé de se
dans une PE/TPE n’est pas chose aisée. On bants suffisants et appropriés relatifs aux repencher sur le contenu de celles en
pourrait cependant à titre d’exemple rete- vérifications et informations spécifiques ; amont chaque fois que l’on est amené à
nir la suivante : 14. Procéder à la supervision des interve- traiter une séquence donnée. On est donc
1.Avoir un entretien avec les dirigeants de nants et la formaliser ; toujours tenu d’engager de façon redon-
l’entité ; 15. Formaliser les travaux, leur supervision dante du temps pour intégrer ou se remé-
2. Procéder sur le terrain à une analyse et leurs conclusions ; morer les analyses et constatations déjà
développée des risques inhérents, à une 16. S’inquiéter de savoir si le plan de mis- faites en amont. Ce sera obligatoirement le
analyse indiciaire des comptes, à une ana- sion et le programme de travail ne doivent cas lorsqu’on est amené à justifier sa stra-
lyse sommaire des systèmes et notam- pas être ajustés en fonction des constata- tégie d’audit en faisant le lien entre l’ana-
ment le système de traitement informatisé tions faites sur le terrain et des conclusions lyse des risques et la mise en œuvre des
de l’information… ; qui en découlent ; contrôles de substance et des vérifications
3. Formaliser cette analyse (mise à jour du 17. Mettre à jour en conséquence les ana- spécifiques, entre le plan de mission et la
dossier permanent, dossier exercice…) ; lyses des risques et leurs formalisation dans note de synthèse, entre les travaux d’opi-
4. Mettre en exergue les conclusions de ces les dossiers ; nion et les vérifications spécifiques….
analyses afin de pouvoir justifier l’accepta- 18. Valider les conclusions par une analyse S’il est nécessaire de se replonger ne serait-
tion et le maintien de la mission ainsi que indiciaire des comptes audités ; ce qu’un quart d’heure dans les séquences
les options retenues en matière de straté- 19.Valider les conclusions par un entretien en amont pour se la remémorer ou l’inté-
gie d’audit et de plan d’action au niveau des avec les dirigeants de l’entité ; grer, les temps qui font doublon peuvent
contrôles de substance ; 20. Porter à la connaissance de l’organe représenter plus de 5 heures. Ces redon-
5. Formaliser l’acceptation et le maintien de collégial chargé de l’administration ou de dances peuvent donc représenter plus de
la mission ; l’organe chargé de la direction et de l’or- 10 % du budget total, ce qui est considé-
6. Rédiger le plan de mission en précisant, gane de surveillance, les modifications qui rable. C’est pourquoi, moins on dispose de
entre autres, les niveaux de risques relevés, lui paraissent devoir être apportées aux budget horaire, plus il est nécessaire de
les cycles significatifs retenus, la stratégie comptes devant être arrêtés ou aux aut- regrouper les phases des travaux.
d’audit arrêtée en conséquence, les seuils res documents comptables, en faisant tou-
de signification, les vérifications et infor- tes observations utiles sur les méthodes Il est ainsi pertinent de s’interroger sur l’op-
mations spécifiques à privilégier, la qualité d’évaluation utilisées pour leur établisse- portunité de regrouper dans la PE/TPE :
des intervenants et le cadre budgétaire… ; ment (Article L823-16, 2° du Code de n Les travaux de synthèse de l’exercice N
7. Rédiger le programme de travail en pré- commerce) ; avec ceux liés au maintien ou au renou-
cisant pour chaque objectif le périmètre 21. Rédiger la note de synthèse en cohé- vellement de la mission sur l’exercice N+1
d’intervention ; rence avec le plan de mission et le pro- et ceux liés à l’élaboration de la stratégie
8. Rédiger la lettre de mission en consé- gramme de travail ; d’audit de N+1 ;
quence ; 22. Procéder s’il y a lieu à la revue indé- n La rédaction de la lettre de mission avec
9. Intervenir -si besoin- de façon appro- pendante ; la formalisation de l’acceptation ou du
fondie sur les systèmes (système d’infor- 23. Rédiger le rapport du CAC et en parti- maintien de la mission, celle du plan de
mation comptable et financier, autres culier la justification des appréciations ; mission et celle du programme de travail ;
systèmes significatifs…) ; 24. Rédiger les autres rapports ; n Les travaux d’analyse des risques avec la
10. Procéder à des tests de vérification de 25. Faire parvenir les rapports à leurs des- formalisation de leur évaluation, la mise à
la bonne application des points de contrôle tinataires ; jour du dossier permanent et leur prise en
identifiés comme des points forts au niveau 26. Classer et archiver le dossier dans les compte au niveau du plan de mission ;
des procédures en place ; 90 jours de la date d’approbation des n La définition du périmètre d’intervention
11. Intervenir pour collecter les éléments comptes. au niveau du plan de mission ;
probants suffisants et appropriés (inspec- n Les travaux de conclusion, de supervision
tions, assistance à l’inventaire physique, et de synthèse avec la vérification de leur

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

32
n

adéquation avec le plan de mission, le pro-


gramme de travail, les travaux d’analyse
des risques, la formalisation de leur éva-
luation et la mise à jour du dossier per-
manent ;
n ….

Procéder à de tels regroupements permet


d’éliminer significativement des temps
redondants, mais également de mettre en
place un suivi des travaux et des échéan-
ces en relation avec nos pratiques profes-
sionnelles. Cette approche nécessite
cependant de maîtriser parfaitement les
problématiques d’élaboration d’une stra-
tégie d’audit et du plan de mission cor-
respondant, en vue de l’élaboration de la
note de synthèse.

2) DISPOSER D’OUTILS MÉTIER APPROPRIÉS


À LA PE/TPE
Les quelques suggestions qui suivent, lement se justifier à partir des modifications mettant ainsi de formaliser la justification
constituent autant de pistes de réflexion : apportées plan comptable. Très peu, intè- de l’opinion et les conclusions des vérifica-
Disposer d’un référentiel cabinet et grent des liens interactifs. tions spécifiques. On ne peut que regret-
d’outils qui permettent de structurer C’est ainsi qu’il s’avère souvent préférable ter qu’il n’existe pas de telles solutions
avant tout les relations entre : de développer des outils spécifiques adap- interactives adaptées à la PE/TPE.
n Pièces justificatives ; tés aux dossiers PE/TPE.
n Evaluation des risques ; S’il est tout aussi vain de vouloir standar-
n Plan de mission ; Disposer d’un outil d’aide à la formali- diser une stratégie d’audit que de pouvoir
n Programme de travail ; sation de la note de synthèse, facile d’em- disposer de générateurs de plan de mission
n Note de synthèse. ploi et permettant de gérer les liens et de note de synthèse presse bouton, il
De nombreux référentiels du marché ne précédents. n’en reste pas moins vrai qu’il existe aujour-
disposent pas de liens interactifs entre ces Les outils actuels du marché constituent d’hui un réel besoin et une vraie nécessité
phases de la mission, ni d’un système de davantage des outils d’aide à l’élaboration de pouvoir disposer d’un produit métier
mise à jour interactive du dossier perma- de programmes de travail par cycle que d’é- conforme à nos pratiques professionnelles
nent, du plan de mission, du programme de laboration de notes de synthèse compati- et adapté à la PE/TPE.
travail et de la note de synthèse au fur et bles avec un budget horaire de moins de 40
à mesure de l’avancement du dossier. heures. Les interactions entre l’analyse des Un tel outil ne pourra être efficient que dans
Utiliser les outils d’analyse indiciaires risques, la formalisation de leur évaluation, la mesure où il sera organisé autour de l’éla-
discriminants, facile d’emploi et intégrant la stratégie d’audit retenue, la mise en boration de la note de synthèse et où il saura
les liens précédents. œuvre des contrôles de substance et des intégrer des outils structurants et didactique
vérifications spécifiques et la formalisation d’aide à la démarche d’audit et des outils
De nombreux outils du marché ne sont pas de la note de synthèse restent très rares. opérationnels d’aide à la formalisation de la
suffisamment discriminants. Ils fonction- Or l’élaboration et la formalisation du plan note de synthèse permettant de lier de façon
nent le plus souvent au niveau du numéro de mission et du programme de travail interactive et souple, pièces justificatives, éva-
de compte et pointent souvent des varia- n’ont de sens que dans la mesure où ils per- luation des risques, plan de mission, pro-
tions non significatives ou qui peuvent faci- mettent d’asseoir la note de synthèse, per- gramme de travail et conclusions. n

« Il existe aujourd’hui une vraie nécessité de pouvoir


disposer d’un produit métier conforme à nos
pratiques professionnelles et adapté à la PE/TPE »

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

33
n PRODUCTION

EDI et dématérialisation à valeur juridiq

STÉPHANE GASCH ‹ DIRECTEUR DE JEDECLARE.COM

BIEN SÛR, VOTRE CABINET


DÉMATÉRIALISE DEPUIS PLUSIEURS ANNÉES.
J edeclare.com innove en permettant,
avec Signexpert, la signature électro-
nique de l'expert-comptable, de signer en
Nouvelle application pratique de processus
dématérialisé sécurisé à valeur probante, la
dématérialisation des mandats de récupé-
ET SA GESTION ÉLECTRONIQUE DE DOCUMENTS électronique les mandats pour la récupéra- ration bancaire s’inscrit dans la famille des
EST PARFAITEMENT RENSEIGNÉE, CHAQUE tion des relevés bancaires par l’expert- flux numériques avec les banques dans
comptable et leur transmission à laquelle prendront place en 2014, la trans-
DOCUMENT INDEXÉ PERMETTANT UNE l’établissement bancaire. Pour cette nou- mission par jedeclare.com des ordres de
RECHERCHE DIRECTE ET UN LIEN IMMÉDIAT velle application, le processus d’achemine- virements de salaires des clients ou d’aut-
ment est simple et totalement sécurisé. res opérations SEPA signées elles aussi avec
VERS LE DOCUMENT DE RÉFÉRENCE.
Signexpert.
MAIS NE RESTE-T-IL PAS DES DOSSIERS PAPIER Le mandat est généré directement et sui- 2014 sera aussi l’année de l’application des
AVEC LES DOCUMENTS SIGNÉS DEMANDÉS
vant les exigences de chaque banque, com- nouvelles obligations en matière de
plété automatiquement par jedeclare.com contrôle des comptabilités informatisées
PAR LES BANQUES, ADMINISTRATIONS avec les coordonnées du client. Il est ensuite pour lesquelles jedeclare.com complète son
OU AUTRES DESTINATAIRES ? remis au client, au format papier ou en offre d’archivage à valeur probante. L’archive
électronique (si ce dernier possède un cer- comptable normée au format ADN
tificat électronique) pour être dûment signé Compta, recommandation de la profession
par le titulaire du compte bancaire. comptable, est produite par le logiciel
Le mandat signé (ou sa copie, si signature comptable du cabinet, puis scellée avec la
manuscrite) est ensuite envoyé à jede- clé Signexpert de l’expert-comptable ou
clare.com. Avec Signexpert, il va pouvoir être son cachet cabinet. Ce fichier d’archive est
signé en ligne, puis envoyé simultanément envoyé à jedeclare.com qui va vérifier la
à la banque, à l’agence, dans le bon service. structure des données et s’assurer de leur

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

34
n

ue, jedeclare.com innove encore !


conformité. Cette archive sera conservée
pendant 10 ans et restituée sur simple
« Maintenance, développement, innovation
demande en ligne avec la preuve de l’inté-
grité depuis le dépôt. opérationnelle mais aussi projets de recherche
Cette progression de l’offre de services de à plus long terme sont les ingrédients
jedeclare.com dans la gestion des flux et
documents dématérialisés prolonge le de jedeclare.com »
développement, initié depuis plusieurs
mois, des échanges de factures électro-
niques et écritures comptables. Dès sa
conception, le portail, conçu pour devenir
une plate-forme de dématérialisation, a eu
pour ambition une gestion industrielle de développement d’offres en ligne pour les outils proactifs de surveillance et d’infor-
documents et flux comptables à destina- entreprises par de nombreuses start-up ou mation sur les échéances et obligations
tion des cabinets afin de permettre l’in- des acteurs historiques qui s’interconnec- déclaratives comme la régularité de la TVA.
dustrialisation de la tenue comptable. Les tent sous forme de liaisons entre coffres-forts, Le rôle de HUB, permettant de router les
factures fournisseurs électroniques captu- de web services ou selon d’autres dispositifs messages entre les cabinets et divers des-
rées auprès des grands émetteurs, mais techniques mais avec toujours le respect de tinataires comme les Commissaires aux
aussi l’interconnexion avec des plates-for- la confidentialité, d’une garantie de services et Comptes, sera développé en 2014 pour
mes de services de numérisation comme la d’un taux de disponibilité supérieur à 99,98 %. optimiser la productivité et automatiser le
Démat’Box de SAGEMCOM pour les fac- suivi des travaux.
tures papier, permettent une gestion du Identité numérique de l’expert-comptable
cycle achats des dossiers des clients en ali- et normalisation des formats sont les deux L’architecture de jedeclare.com a elle aussi
mentant les systèmes de lecture automa- briques standards qui permettent la créa- évolué profondément depuis quelques
tique de documents des éditeurs tion d’un environnement de confiance et la mois, le plan de continuité d’exploitation a
partenaires de la profession qui équipent les construction d’une offre de service ouverte, été amélioré avec deux sites virtualisés géo-
Cabinets. communicante, sécurisée et ouverte sur graphiquement distants pour prévenir un
l’ensemble des acteurs pour la mise en désastre physique. Ainsi les opérations de
Le développement de ces services de flux commun des compétences de chacun au maintenances sont aujourd’hui réalisées
documentaires pour alimenter les solutions bénéfice de la relation sécurisée client-cabi- sans suspension des services. C’est égale-
des éditeurs de logiciels des Cabinets et des net. ment la connexion des logiciels du Cabinet
Entreprises, ouvre la possibilité aux Cabinets à jedeclare.com qui a profondément évo-
d’accompagner leurs clients dans la muta- Cette innovation est plus que jamais au lué pour permettre une intégration fine au
tion du numérique. Avec la standardisation cœur de la recherche et développement de travers des webservices.
de la collecte des factures électroniques et jedeclare.com. Certaines aventures ont été
l’automatisation de ces processus, le pro- abandonnées car le processus d’essais- Maintenance, développement, innovation
fessionnel peut d’ores et déjà proposer à ses erreurs reste inhérent au processus d’inno- opérationnelle mais aussi projets de recher-
clients la dématérialisation fiscale des fac- vation et de création. D’autres, comme la che à plus long terme sont les ingrédients
tures et assurer le routage en intercon- collecte des relevés bancaires affichent des de jedeclare.com pour anticiper les besoins
nexion avec d’autres prestataires. croissances d’utilisation de plus de 10 % par des professionnels et les accompagner dans
mois après des débuts difficiles fin 2005, la mutation de leur métier.
Relevés bancaires, factures électroniques preuve aussi que les habitudes sont longues Tout cela pour permettre aux experts-
fournisseurs, interconnexion pour la distri- à faire évoluer. comptables de dématérialiser en toute
bution des factures de ventes mais aussi sécurité. n
liens vers les coffres-forts électroniques des L’autre métier de jedeclare.com, les télédé-
clients, c’est toute la dématérialisation clarations, reste aussi le lieu de nombreux
sécurisée au service des professionnels qui développements et d’innovations en pro-
est proposée par notre portail. Ces services posant notamment de nouvelles télépro-
s’inscrivent dans un écosystème lié au cédures, telle que la DSI pour le RSI, des

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

35
n PRODUCTION

IBIZA Software : travailler et produire


autrement avec une comptabilité
Web dans le Cloud
L’ÉQUIPE IBIZA SOFTWARE ‹ INTERNET BUSINESS APPLICATIONS

QUELLE QUE SOIT LA TAILLE, L’ORGANISA- INNOVATION ET PERTINENCE à la seule sphère privée, la généralisation de

S
l’usage du Cloud dans le monde profes-
TION OU LA STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT,
i depuis longtemps de très nombreux sionnel s’accélère conforté par les progrès
L’INFORMATIQUE DE PRODUCTION EST UNE décideurs se sont mis entre les du Web 2.0 et des mentalités. Désormais,
mains d’un “fournisseur unique”, le mythe avec performance et sécurité, l’énergie
CONJUGAISON DE FONCTIONNALITÉS
a vécu : initié avec la liberté de choisir l’ap- informatique du Cloud irrigue l’utilisateur
SÉLECTIONNÉES ET INTÉGRÉES DANS UN provisionnement en matériel, il a été pra- où qu’il soit et quand il en éprouve le
ENSEMBLE COHÉRENT AU SERVICE DU tiquement abandonné par la volonté de besoin.
disposer de logiciels de plus en plus spé- Cette évolution consacre également le logi-
RAYONNEMENT DU CABINET ET DES cialisés par rapport aux exigences des mis- ciel “à la demande”, même si les aspirations
COLLABORATEURS sions. des décideurs revendiquent de disposer du
Inévitablement, sous la poussée conjuguée choix quant au mode l’utilisation : soit en
de l’innovation et de la créativité, de nou- mode de service logiciel hébergé (SaaS),
velles solutions ont émergé avec l’incor- soit à l’intérieur de sa propre infrastructure
poration des progrès technologiques mis systèmes et réseau.
au service de l’efficience des pratiques pro-
fessionnelles pour accompagner de nou- INNOVATION ET PERTINENCE
veaux besoins : avec le Web et le Cloud une
étape déterminante est franchie, aussi Que ce soit pour quelques dossiers ou pour
importante que l’avènement du PC en son toute la production l’adoption d’une plate-
temps. forme comptable sur le Web ouvre spontané-
L’universalité des technologies d’internet, le ment des perspectives jusque-là inaccessibles.
développement d’applications personnel- L’adoption peut être progressive pour familia-
les, la multiplication des médias (smart- riser tous les utilisateurs avec cette nouvelle
phones, tablettes, PC ultra-portable) approche sans remettre en cause l’existant. La
accompagne notre quotidien individuel. facturation à l’usage du mode SaaS permet
Longtemps (et encore parfois !) cloisonné également d’ajuster les dépenses à la réalité de
la consommation des services.

COMPTABILITÉ PARTAGÉE
« Cette génération d’outils universels Cas par cas, les moyens mis en œuvre
pour chaque dossier impactent la compé-
constitue une nouvelle source de productivité titivité de la mission ; la comptabilité par-
tagée sur le Web recentre l’activité au
personnelle et collective en environnement cœur du métier. La répartition facilitée du
travail entre le cabinet et le client struc-
sécurisé » ture une nouvelle relation, crée de la
valeur ajoutée et ouvre la perspective
d’une stratégie de développement.

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

36
n

COMPTABILITÉ OUVERTE basée sur des technologies standards XML, applications hétérogènes  ; SSO prend en
ET INTEROPÉRABLE SOAP et SSO par exemple, compléments charge l’authentification unique entre appli-
naturels d’une plateforme Web. cations d’éditeurs partenaires : GED, RSE, BI, etc.
Au-delà des outils traditionnels, l’agilité des Standards universels d’échanges et de com- Balayant les problématiques d’interfaces, de
collaborateurs est aiguisée par l’ouverture aux munication XML et SOAP facilitent l’interface normes, cette génération d’outils universels
Web Services, fonction d’interopérabilité dynamique d’échanges de données entre constitue une nouvelle source de productivité
personnelle et collective en environnement
sécurisé

IBIZA aujourd’hui LA COMPTABILITÉ REPLACÉE


AU CŒUR DU SYSTÈME
Pionnier de la comptabilité Web 2.0 pour les experts-comptables, sous l’impulsion D’INFORMATION
d’une nouvelle équipe dirigeante, IBIZA Software a franchi ces derniers mois, une
nouvelle étape avec le recentrage autour de la comptabilité et de la paie, et a élargi Avec une comptabilité Web, partagée entre
sa proposition innovante avec la généralisation des web-services d’ouverture et les utilisateurs et interopérable, la comptabi-
interopérabilité. lité est replacée au centre du système d’in-
A ce jour, l’offre d’IBIZA Software est unique puisqu’elle est la seule plateforme formation du cabinet :
nativement Web 2.0, ouverte et interopérable pour la comptabilité collaborative, la - réceptacle de flux entrants dématérialisés
production comptable, et la paie. (écritures issues de logiciels hétérogènes, piè-
Grâce à l’architecture des serveurs standards de Microsoft sur laquelle elle est ces justificatives, mouvements bancaires, élé-
basée et exploitée la plateforme est robuste, scalable et pérenne. ments variables, note de frais, etc.),
De plus, avec IBIZA, vous avez le choix : l’offre est disponible en mode SaaS - distributeur d’informations structurées,
(service logiciel hébergé) ou en mode autonome sur votre propre système. mises en forme et validées par le cabinet (plan
de compte pour sécuriser la collecte comp-
*Offre applicative expert-comptable : table amont, déclarations normées, EDI-
- IBIZA e-compta : comptabilité en ligne partagée entre l’expert-comptable TDFC, reporting personnalisés, documents
et l’entreprise consultables).
- IBIZA e-suite : production comptable et fiscale, paie avec gestion conventionnelle La banalisation des contingences techniques
(avec rRH) libère les collaborateurs pour se consacrer à
- options : temps et honoraires, devis-facture l’essentiel de leur mission : qualifier l’infor-
- disponible en mode SaaS ou autonome mation comptable, assurer les contraintes
- interopérabilité en service web avec Knowings, iDocus et Bittle déclaratives et accompagner en co-pilote le
- membre fondateur de l’association Cloud-Experts pour la promotion client chef d’entreprise. Disposant d’une infor-
des pratiques web auprès des experts-comptables. mation comptable à jour partagée par tous,
le gain de temps et de productivité est donc
www.ibizasoftware.fr - contact@ibizasoftware.fr réinvesti pour augmenter la valeur ajoutée du
conseil.

AUTOFINANCEMENT ET R.O.I

La refacturation de l’usage d’une platefor-


me comptable Web est naturellement
acceptée par les clients qui en apprécient
les atouts intrinsèques et différentia-
teurs : disponibilité et accessibilité de leur
information, quel que soit le lieu, quel
que soit le moment ; comme si vous
étiez toujours présent !
La collaboration autour d’une l’informa-
tion comptable intègre, à jour, ouvre une
demande de services de conseil complé-
mentaires facturables.
L’informatique tiendrait-il (enfin) ses pro-
messes ?
Venez découvrir la réponse à cette ques-
tion : nous vous donnons rendez-vous au
SIP le 29 novembre 2013 à Paris ! n

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

37
   
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WHY[HNLaJL[[LL_WtYPLUJLZ\Y^^^PU[LYÄTVMY

les
éraales
- Cadre de Vie & Tec ue - Grandes Entreprises Libbér
niqque
Techhni
& Financ ier - Santé
Juridique
n PRODUCTION n

L’expertise indépendante, bien plus


qu’une mission d’évaluation

BENJAMIN MASS ‹ EXPERT-COMPTABLE CABINET MASS EXPERTISE, PARIS 1ER

LES NOUVEAUX CABINETS, CRÉÉS DEPUIS MOINS DE TROIS ANS, N’ONT PAS espèce en voie de disparition. Il est donc
élémentaire de rencontrer les clients qui
CONNU D’AUTRES PÉRIODES QUE LA RÉCESSION ACTUELLE. LES EXPERTS-COMPTABLES
nous ressemblent.
CONFIRMÉS CONTENT, AUX NOUVEAUX, UNE ÉPOQUE OÙ LA NOTION DE MARKETING Alors qu’il y a quelques années, la réponse
à ce problème était de constituer petit à
ÉTAIT LOIN D’ÊTRE LA PRIORITÉ. VISSER SA PLAQUE AU BAS DE L’IMMEUBLE
petit une clientèle à notre image, par une
CONSTITUAIT LE PAS EN AVANT EN TERMES DE COMMUNICATION. constitution de fidèles et un écrémage fas-
tidieux, l’expert-comptable d’aujourd’hui
peut aller plus vite.

D e toute évidence, les plaques n’at-


tirent aujourd’hui rien d’autre que
des prospectus pour du matériel de
les le concernant. Lorsqu’il arrive, la simple
présentation de l’activité est rapidement
survolée et le premier rendez-vous devient
RENCONTRER SON PUBLIC

A l’image d’un groupe de rock, où l’affiche


bureau. Pourtant le chiffre d’affaires de un lieu d’explications techniques où notre d’un concert ne laisse aucun doute sur le
nombre de petits cabinets croît rapide- rôle est souvent de compléter le savoir du genre musical, la publicité passive de l’ex-
ment. Echaudé par un bouche à oreille prospect et de le guider sur les éléments pert-comptable doit attirer ses fidèles.
classique, le cabinet 2.0 doit définir une qu’il a pu découvrir et qui ne sont parfois Notre logo, notre site internet, notre pla-
nouvelle stratégie de prospection. Et plus d’actualité. Inutile de souligner qu’il quette commerciale doit aller dans ce sens.
pourquoi ne pas, justement, profiter de la vaut mieux être préparé à cet exercice où Mais il faut aller plus loin. De par les nou-
crise pour redessiner les habitudes de nos capacités techniques et commerciales velles technologies, nos déplacements sont
travail de cabinets déjà installés ? font le grand huit. facilités. Le travail à distance et la présen-
tation de nos produits également.
UN PROSPECT AVISÉ UN PROSPECT À RASSURER Le confort de nos locaux et des salons pro-
fessionnels n’est plus l’apanage de nos ren-
Le client d’aujourd’hui est éduqué et Plutôt que de faire étalage de notre savoir contres. Elles peuvent trouver leur place
informé. Même s’il faut grandement se en dégainant les outils “maison” du cabi- dans notre vie quotidienne, dans nos cer-
méfier d’internet lorsque l’on veut entre- net, le plus simple pour tranquilliser un cles. Il suffit de se laisser guider par ses inté-
prendre, peu de jeunes créateurs font l’im- futur client est qu’il arrive déjà rassuré. Le rêts. Quand l’un apprécie les œuvres d’art,
passe d’une recherche Google avant leur client est moins frileux s’il sait que le cabi- la voile ou la haute horlogerie, il a un client
premier rendez-vous chez l’expert-comp- net traite un certain nombre de dossiers qui l’attend dans un de ses cercles.
table. Ils y arrivent armés d’informations dans son activité. Notre performance Une conférence sur l’utilisation d’un nou-
glanées sur des sites en tous genres. idéale intervient lorsque nous sommes veau logiciel Apple ? Une soirée œnologie
Le prospect d’aujourd’hui a donc une dans notre cœur de cible. Le client ressent pour un nouveau cépage bordelais ? Une
esquisse de ce qu’il recherche avant de notre aisance et nos rapports en ressortent avant-première pour un SUV allemand ?
pousser notre porte. facilités. Il est tout aussi conforté s’il sait Voilà où votre prospect se trouve. A l’heure
Il a également notion des éléments prop- que l’humain qui se cache derrière son où les célibataires trouvent l’âme sœur sur
res à son type d’activité et des éventuel- expert-comptable lui ressemble. Il faut que des sites de plus en plus pointus et délais-
les aides associées. le client retrouve en nous une similitude sent les boîtes de nuit, le hasard ne peut
Les crédits d’impôts ne lui sont pas étran- avec lui ou avec son ébauche entrepre- plus se mêler de nos rencontres profes-
gers, de même que les réductions de char- neuriale. sionnelles. Les provoquer n’est plus un
ges sociales liées à certaines embauches. Malheureusement, il ne nous est pas pos- exploit. C’est notre quotidien. n
Il a également eu vent de certaines parti- sible de ressembler à chaque prospect. L’ex-
cularités fiscales, juridiques et commercia- pert-comptable caméléon est bien une

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

39
n PROSPECTIVE

évolution des besoins des clients,


nouvelles missions du cabinet

RENÉ DURINGER ‹ ASSOCIÉ GÉRANT DE L’OBSERVATOIRE DES TENDANCES

LE MARCHÉ DE L’EXPERTISE COMPTABLE EST CHALLENGÉ À SA PÉRIPHÉRIE PAR LES MUTATIONS DE


L’ENTREPRENEURIAT
LE LOW COST, LES OFFRES VIA INTERNET, LES APPELS D’OFFRES, LES PLACES DE

MARCHÉS, LES SOLUTIONS EN LIGNE, ETC. CHACUN S’INTERROGE SUR L’ÉVOLUTION Si l’essentiel de la clientèle des cabinets
est encore constituée majoritairement
DES BESOINS DES CLIENTS ET, CONSÉCUTIVEMENT, DE L’OFFRE DES CABINETS.
de TPE/PME que l’on peut qualifier de
FACE À CE CONTEXTE, NE CULTIVONS PAS LE PESSIMISME AMBIANT ET LE FANTASME “classiques”, le changement de para-
digme (ndrl : la crise) génère de nouvel-
DU “GRAND SOIR DE LA PROFESSION”. PLUS QUE JAMAIS IL Y A D’IMPORTANTS
les formes d’entrepreneuriat :
BESOINS D’ACCOMPAGNEMENT DES TPE/PME (ET MÊME POUR DES
• Les intrapreneurs (entrepreneur salarié)
qui sont des entrepreneurs mutants,
“POUSSINS”)… SOUS RÉSERVE QUE NOUS NOUS ADAPTIONS RAPIDEMENT.
• Les “millennials” que l'on qualifie aussi
de “génération Y” (digital natives ou géné-
ration Facebook) créant des starts up inno-
vantes,
LES OBLIGATIONS
DÉONTOLOGIQUES GÉNÉRALES
permanent de vigilance
9. Une économie de type yoyo (ou
• Les poussins (auto-entrepreneurs),
solos, free-lance, experts en microjobs, slas-

N
montagnes russes) hers (ceux qui cumulent jobs et statuts),
os clients se transforment sous
l’effet de l’environnement :
10. Une dématérialisation croissante de
tous les flux administratifs et financiers
• Les business "working mummy", l’en-
trepreneuriat au féminin,
1. Une pression permanente sur les prix
et les marges avec le règne de l’hyper Dans ce contexte tumultueux, le cabinet
• L’entrepreneuriat issu de l’économie
collaborative,
concurrence et la tendance low cost à ne peut pas se contenter d’être unique- • L’entrepreneuriat social,
tout prix
2. Une réglementation fiscale, sociale,
ment le SAV de nouvelles lois venant de
paraître au Journal Officiel ou pratiquer un
• L’entrepreneuriat des banlieues, etc…

juridique avec des évolutions erratiques reporting sur des données passées, mais il Nous devons apprendre à satisfaire une
3. Un environnement économique doit être la vigie de son client et anticiper diversité grandissante de profils d’entre-
instable, complexe, imprévisible le coup d’après. Nous devons vendre preneurs qui nécessitent une adaptation à
4. Une entreprise qui devient mobile, autant des services que du SERVICE ! Nous leur singularité, à leurs attentes, à leur cul-
digitale, “sociale”… avec un passage à vendons autant de la compétence, que de ture d’entreprise. Ce développement mul-
l’entreprise 3.0 la confiance et de la sécurité, des qualités tiforme de l’entrepreneuriat est inévitable
5. Les nouvelles formes d’entrepreneu- plutôt recherchées lors de périodes chao- avec la fin progressive des emplois à vie
riat et de nouvelles façons de travailler tiques ! Face à ces 10 enjeux, la profession (CDI), la crise économique, la crise des
6. Des modèles économiques en recons- doit pouvoir apporter des solutions pour retraites, etc. : incitant chacun à imaginer
truction dans chaque secteur d’activité permettre au client de se concentrer sur son propre travail. Au fur et à mesure du
7. Le big data qui révolutionne l’usage son rôle d’entrepreneur. développement de nouvelles formes d’en-
des données avec une puissance prédic- trepreneuriat (y compris pour les micro-
tive sans précédent activités), il faudra adapter les offres
8. Une vulnérabilité chez tous les agents d’accompagnement autant dans la gestion
économiques nécessitant un surcroît de leur fonction administrative et finan-

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

40
n

cière que dans le pilotage de leurs activi-


tés.
Au final, c’est tout l’enjeu du changement
de génération à la tête des entreprises qui
se déroule sous nos yeux, où la priorité de
la profession comptable est autant l’ac-
compagnement des transmissions que l’a-
daptation à ces nouvelles générations
d’entrepreneurs qui ont leurs propres
codes culturels.

LES MUTATIONS DU CABINET

Les besoins des TPE/PME en matière d’ex-


pertise comptable dans le futur dépen-
dront avant tout du choc des mutations
que devront affronter les entreprises
(cf. 10 enjeux). L’innovation dans l’offre des
cabinets reposera sur une évolution du
portefeuille des compétences orientées publier une plaquette avec une liste bana- teurs au bénéfice du client. Les innovations
business, service, techno et social (dans le lisée de services ou de clients ayant déjà technologiques en cours vont permettre
sens réseaux). Cela signifie aussi réinven- accordé leur confiance est révolue, même de franchir un nouveau palier avec la pro-
ter le management et développer une si vous y mettez une photo avec des illus- position de services facilitateurs pour les
culture d’entreprise, quelle que soit la taille trations énergisantes de sport de haut clients et ainsi favoriser une meilleure per-
du cabinet. niveau (rugby, parapente, etc). Vous êtes sonnalisation de l’accompagnement, déve-
unique, alors parlez de vous, de vos activi- lopper plus d’attention et créer encore plus
L’expert-comptable doit lui-même évoluer. tés, de vos passions ! de valeur. L’objectif c’est de ne plus être dans
Sans qu’il puisse y avoir de profil magique, une prestation fongible et banalisée !!!
on peut s’intéresser aux qualités suivantes : Que le cabinet soit petit ou grand, l’envie Enfin, dans le futur proche, face à la révo-
visionnaire, hyper humain, communi- de partager des infos avec votre environ- lution Big Data, il est certain que la pro-
quant, innovant, entreprenant, curieux, nement devrait être équivalente. Dans cet fession aura un rôle stratégique à jouer sur
stratège, ouvert d’esprit, empathique, esprit, le cabinet devra être ‘LE’ fournisseur ces nouvelles “autoroutes” avec nos com-
créatif, connecté… et bien sûr l’enthou- d’alertes de ses clients dans le cadre de ses pétences et notre éthique. La capacité à
siasme ! activités de veille aussi bien réglementaire, valoriser les données générées est annon-
technologique que sectoriel. Aider le client cée comme ‘LE’ facteur de compétitivité
Bien sûr dans les projets stratégiques du à être en anticipation, fait partie du service des entreprises de la décennie. Il faudra, par
cabinet, il y a nécessité d’avoir un supplé- minimum. Cette intelligence économique exemple, s’interroger sur comment créer
ment d’effort sur la réputation de la et réglementaire doit être couplée à une de la valeur avec les informations brassées
marque et travailler sur sa visibilité. Au final, implication croissante de l’expert-comp- par le cabinet ou quelles missions autour
c’est une réflexion sur l’image du cabinet table dans la réflexion stratégique de ses des données de l’entreprise (ex : savoir ana-
et notamment ses points forts en termes clients et favoriser l’émergence de solu- lyser et même réparer des données sensi-
de secteurs d’activités, nature de missions, tions opérationnelles y compris pour le bles dans le cloud) ?
zones d’interventions. volet business.
Le mot « expert-comptable » n’étant plus En conclusion, et si le meilleur investisse-
suffisant pour un prospect souhaitant En 2013, les fantastiques progrès techno- ment marketing pour s’adapter à l’évolu-
acheter des prestations d’expertise comp- logiques depuis 10 ans ont permis de libé- tion des marchés… c’était les RH du
table, il est important de fournir des infor- rer de l’énergie au sein des cabinets pour cabinet (avec une gestion prospective des
mations sur l’ADN du cabinet, évoquer son une meilleure disponibilité des collabora- compétences) ? n
histoire, en présenter l’équipe. En effet, le
client n’achète pas qu’un service lambda,
mais également une expérience dans la
relation client et un storytelling du cabinet
« Nous devons apprendre à satisfaire
(nouvelle méthode utilisée en communi-
cation basée sur une structure narrative du
une diversité grandissante
discours qui s'apparente à celle des contes,
des récits…). L’époque où il suffisait de de profils d’entrepreneurs »
Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

41
n PROSPECTIVE

Et demain ?
JEAN-PAUL MENAGER ‹ EXPERT-COMPTABLE, COMMISAIRE AUX COMPTES, ASSOCIÉ CABINET SOREGOR

DENIS BARBAROSSA ‹ EXPERT-COMPTABLE, COMMISAIRE AUX COMPTES, ASSOCIÉ CABINET ACCOMPLYS

INTERVIEW CROISÉE DE DEUX MEMBRES DE LA COMMISSION INNOVATION Enfin, pour répondre à leurs légitimes
attentes sur l’évolution du Groupe , nous
& PRODUCTIVITÉ REPRÉSENTANTS D’UN PETIT ET D’UN MOYEN CABINET DONT
avons mis en place une communication
LES REGARDS SONT RÉSOLUMENT TOURNÉS VERS L’AVENIR. LORS D’UN ÉCHANGE interne régulière. Nous avons aussi la cul-
À BÂTONS ROMPUS, ILS PARTAGENT IN FINE LIBREMENT LEUR VISION DE ture des projets. Un Projet d’Entreprise pré-
sentant la vision et l’ambition du Groupe
L’ÉVOLUTION DE LA PROFESSION SOREGOR est défini tous les cinq ans
depuis les années 90. Le projet en cours
baptisé “VISION 2015” et présenté à l’en-
semble du personnel du Groupe au Futu-

J
roscope le 1er décembre 2011 traduit bien
ean-Paul Ménager, vous dirigez adapté à son attente et à sa compétence notre ambition :
un groupe important. La res- dans le cadre des besoins du Groupe. Une « Etre présent et proactif pour nos clients,
source humaine étant la première démarche GPEC (Gestion Prévisionnelle en s’appuyant sur des relations de confiance
richesse des cabinets, quelle perspec- des Emplois et Compétences) est en place avec nos équipes, en unissant nos métiers au
tive offrez-vous à vos collaborateurs / depuis trois ans. sein d’une offre d’externalisation et de
rices ? Nous nous efforçons d’assurer une pro- conseil et en complétant notre ancrage
motion interne. Le Groupe SOREGOR est régional par une dimension nationale ».
JPM : Nous avons l’ambition d’être une en plein développement, tant au niveau
entreprise responsable au sens de la RSE géographique, qu’au niveau des nouveaux Denis Barbarossa, vous avez créé
au service de la réussite de nos clients. métiers. Les salariés présents sont les pre- Accomplys voici 6 ans et vous êtes
Avec un effectif de plus de 1 000 person- miers sollicités pour répondre aux offres associé rapidement. La taille de votre
nes, la Ressource Humaine est effective- d’emplois sur les métiers correspondants cabinet (3 collaborateurs / 2 associés)
ment la première richesse de notre à leurs compétences. Dans ce cadre, cer- influe-t-elle sur vos ressources
Groupe et nous y attachons beaucoup tains salariés évoluent vers des fonctions humaines ?
d’importance. managériales à la tête de petites agences
Dans le cadre du développement régulier sous la responsabilité d’un expert-comp- DB : Lors de la création du cabinet, j’ai axé
de nos activités, nous embauchons et for- table. la communication du cabinet sur le hub
mons tous les ans de jeunes salariés. La Pour permettre aux salariés de répondre à “qu’est l’Expert-comptable auprès de ses
moyenne d’âge est de 39 ans et ne pro- l’évolution des besoins des clients, nous clients ”, développant un réseau de com-
gresse pas depuis de nombreuses années. consacrons un budget important à la for- pétences à disposition des clients, plutôt
Au 31 décembre 2012, 41 % de l’effectif mation. Ce budget représente suivant les qu’un nombre important de collabora-
SOREGOR appartenait la Génération Y. années entre 7 et 8 % de la masse sala- teurs. Aujourd’hui, avec mon associé, nous
Pour répondre à leur attente et fidéliser riale. Le catalogue de formation interne avons adapté le modèle mais conservons
nos équipes, nous nous attachons à met- 2013 comprend plus de 80 formations la volonté de rester une structure flexible
tre en place, pour chacun, un emploi techniques ou comportementales. proche de professionnels que nous sollici-

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

42
n

tons dès que nécessaire et au plus près des


clients par un niveau décisionnel restreint.
Les collaborateurs qui ont rejoint le cabi-
net ont choisi avant tout la proximité avec
les associés et la spécificité de nos clients
très orientés sur les TIC. Par ailleurs, nous
communiquons fortement sur nos choix
d’organisation et logiciels qui permettent
par exemple le télétravail. Parisiens, cette
flexibilité dans l’organisation nous fait mar-
quer des points alors que les temps de
transport sont importants dans la région
et les grèves régulières. Les outils de com-
munication nous permettent d’être en
contact permanent avec notre équipe. Ça
rassure tout le monde.

Le marché évolue fortement. Nous-


mêmes, comme consommateur,
contribuons à révolutionner le com-
merce par nos habitudes et besoin (Salon Innovation & Productivité, Social & tous des exemples d’entreprises clientes
décuplé de réactivité, d’immédiateté. RH, Campus CAC, Salon de la Transmission que nous avons conseillées sur deux ou
Comment réagit ou se prépare votre de Cabinets …) met ses adhérents en trois générations de dirigeants. Ceci reste
cabinet à ces changements ? contact formant ainsi un formidable vrai dans la majorité des cas. Toutefois, sur
réseau animé par des confrères enthou- certaines typologies de clients, il nous
DB : Nous sommes en veille permanente siastes, motivés. S’échangent ainsi par la arrive de plus en plus souvent d’être consi-
sur de nouveaux outils pour gagner en pro- rencontre et le dialogue les bonnes pra- déré comme un fournisseur de services
ductivité et offrir de nouveaux services à tiques en toute convivialité. comme un autre et de ce fait d’être mis en
nos clients… même si ceux ci ont de gran- Les travaux menés au sein de la Commis- concurrence plus régulièrement. Dans ce
des difficultés à consommer plus en cette sion Innovation & Productivité de l’IFEC cas, rien n’est acquis. Nous devons faire nos
période de difficulté économique forte et nous y aident en nous permettant de res- preuves au quotidien, ce qui me paraît nor-
d’incertitudes accrues. L’IFEC par ses nom- ter à l’écoute. mal.
breuses animations locales (Mardis de l’I- Avec l’évolution de notre réglementation
FEC, Etats généraux, Cafés-débats, les JPM : Jusqu’à présent, nous avons eu la professionnelle et le développement d’in-
Petits déjeuners, les Brunchs, les week-ends chance dans notre profession d’avoir un ternet, nous sommes aussi entrés dans
loisirs, les apéros Pacioli…) ou nationale très fort taux de fidélisation. Nous avons (SUITE PAGE 44)

« Sur certaines typologies de clients, il nous arrive de plus en plus souvent


d’être considéré comme un fournisseur de services comme un autre
et d’être mis en concurrence plus régulièrement. Dans ce cas, rien n’est acquis.
Nous devons faire nos preuves au quotidien »
JEAN-PAUL MÉNAGER

« Nous sommes en veille permanente sur de nouveaux outils pour gagner


en productivité et offrir de nouveaux services à nos clients… »
DENIS BARBAROSSA

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

43
n PROSPECTIVE

Et demain ?
(SUITE DE LA PAGE 43) dit, l’informatique, la formation et le savoir que vous pourriez (et fier d’avoir une
l’ère de la communication Le client est conseil, notamment le conseil en gestion nouveauté en poche). Notre volonté est de
désormais plus et mieux informé et nous de patrimoine et en transmission d’entre- gagner en automatismes, seul moyen non
lui devons la transparence sur les missions prises. pas de rendre ces gains de productivité au
réalisées et les tarifs pratiqués. Mise en ligne sur notre site internet, notre client en baissant nos honoraires, comme
Dans le cadre de notre Certification ISO offre est déclinée selon trois axes : le font dangereusement certains cabinets,
9001, nous pratiquons régulièrement des - par besoin de l’entrepreneur, mais de proposer à prix équivalent de nou-
études de satisfaction qui confirment ces - par moment clé de l’entreprise (création, veaux services. Notre volonté est de ren-
nouvelles attentes du client. gestion-développement et transmission), dre une information simple, correspondant
Pour renforcer la fidélisation du client, nous - par secteur d’activité (Agriculture, arti- à 80 % des besoins alors qu’hier nous nous
devons être beaucoup plus à son écoute et sanat, commerce, bâtiment,…) focalisions sur les 20 % de clients capables
donc être plus à son contact direct. Ceci L’offre de service est systématiquement de se payer des services à valeur ajoutée.
nous oblige à revoir l’organisation du tra- packagée avec le concours de notre service
vail au sein de notre cabinet : à gagner du “Marketing & Communication” et propose Régulièrement, nos adhérents nous
temps sur les travaux que le client ne voit le plus souvent un prix indicatif. remontent leurs difficultés à associer
pas pour consacrer plus de temps avec lui Nous avons aussi la volonté d’être inno- un jeune diplômé, car les attentes
et donc être plus réactif et mieux encore vant pour répondre aux besoins de nos entre ces deux générations d’experts-
proactif. clients. L’offre proposée par notre filiale comptables sont assez divergentes,
De même, le fait d’être éditeur de logiciel SOCIA 3, spécialisée dans la gestion de la que leur propose votre groupe ?
et de développer nos principaux outils paie et des solutions RH peut paraître clas- Comment ressentez vous leur envie
informatiques (gestion interne du cabinet, sique. Mais son fonctionnement est origi- d’entreprendre, qui plus est sur un
révision assistée par ordinateur, paie, nal, SOCIA 3 est une entreprise adaptée, marché aujourd’hui attaqué de toutes
audit, IR, ISF, TNS…) nous permet d’être bénéficiant de l’agrément de la DIRECCTE, parts : illégaux, contraintes adminis-
réactifs pour répondre à de nouveaux qui emploie, forme et accompagne au tratives de plus en plus fortes (et mal
besoins clients et de proposer de nouvel- quotidien 80 % de son effectif en situation vécues par lesclients), baisse de la
les offres. de handicap. rentabilité des cabinets ?

Quelles missions proposez- vous aux DB : Actuellement, le reporting flash JPM : L’envie d’entreprendre existe tou-
clients pour développer l'offre de connecté est notre gros chantier. Nos jours chez les plus jeunes. Nous n’avons
conseil que les cabinets peinent dans clients sont demandeurs, même s’ils ne pas de difficultés à trouver de nouveaux
leur majorité à mettre en œuvre ? consomment que 10 à 15 % des capaci- candidats à l’association.
tés des services mis à leur disposition… Un La culture de l’association est d’ailleurs for-
JPM : Notre offre pluridisciplinaire s’appuie peu comme la nouvelle version de votre tement ancrée au sein du Groupe SORE-
sur les sept métiers du Groupe : l’expertise tablette : vous n’utilisez pas l’intégralité de GOR. Plus de 2/3 des experts-comptables
comptable, l’expertise sociale, le droit, l’au- ses capacités mais vous êtes content de associés sont d’anciens salariés. Nous

« Pour renforcer la fidélisation du client, nous devons être beaucoup


plus à son écoute et donc être plus à son contact direct »
JEAN-PAUL MÉNAGER

« Notre volonté est de gagner en automatismes, seul moyen de proposer


à prix équivalent de nouveaux services »
DENIS BARBAROSSA

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

44
n

d’ETI en demande forte sur des hauts pro-


fils manager / associé. Nous développerons
plus particulièrement cette ligne de pro-
duits même si la visibilité d’une année sur
l’autre est plus difficile. Néanmoins, l’acti-
vité reste plus rentable que la production
d’informations comptables et financières…
Sur notre cœur de métier, il est évident que
la volonté de simplification du gouverne-
ment semble passer par une solution de
facilité : simplifier en rognant chez les pres-
tataires externes (coût de création d’une
société au Greffe, formalités de publication
des comptes non de dépôt, etc.) au lieu de
s’interroger sur les vrais freins à l’entre-
preneuriat que sont le millefeuille admi-
nistratif et déclaratif et les lourdes
contraintes fiscales et sociales qui gênent
nos clients et nous ont tellement fait per-
dre en productivité dans nos cabinets.
confions très vite des responsabilités et les - Suis-je utile à mon client ? Nous préparons le cabinet à une dérégle-
critères spécifiques de notre association - Serait-il prêt à acheter mes services et à mentation qui, de toutes façons, si elle
(égalité de détention du capital et vote « quel prix s’il n’était pas réglementairement n’arrive pas, ne freinera pas la concurrence
un Homme, une voix ») sont un atout obligé ? de SSII ou des banques sur l’information
pour répondre de jeunes associés qui se - Quel sera l’impact de la dématérialisation financière, plus valorisante pour nos clients
montrent beaucoup plus impatients que totale de l’information entre les entrepri- et où la profession a pour l’instant peu de
les générations antérieures. ses et leur environnement sur la façon de services à proposer. Nous ne pouvons que
Nous nous montrons, toutefois beaucoup réaliser nos missions ? regretter que les investissements aient été
plus exigeant. Etre titulaire du diplôme Les demandes des clients seront de plus en focalisés sur la signature électronique…
d’expertise comptable n’est plus suffisant plus précises, de plus en plus “pointues”. dont nous considérons qu’elle n’intéresse
pour être candidat à l’association. Nous Suivant la taille des cabinets, les réponses ni nos clients, ni les banques, ni les cabi-
devons associer les dirigeants d’aujourd’- pouvant être apportées seront bien sûr dif- nets (!), mais nous a coûté (et nous
hui et de demain : des entrepreneurs capa- férentes. coûtera en maintenance) une fortune,
ble de manager les équipes dans une Au sein du Groupe SOREGOR, nous alors que les professionnels ont besoin
période de mutation. Le développement de devrons nécessairement avoir les équipes d’accompagnement sur des sujets brûlants :
notre offre pluridisciplinaire entraine aussi spécialisées au plus proche des clients et l’avenir de la profession, la structuration de
l’ouverture du capital de notre société à donc augmenter notre taille pour “amor- l’offre, les nouveaux outils. Si notre
d’autres professions : avocat, informaticien, tir” le coût de nos spécialistes. instance ne s’approprie pas ces sujets,
conseil en gestion de patrimoine. Si notre profession était déréglementée, notre syndicat oui et des échanges entre
nous serions, comme nos clients, dans les nous éclosent des solutions. n
Votre vision à 5 ans de la profession : conditions classiques de fonctionnement
en mode réglementé ou non... Quelles d’une entreprise et se poserait la question
conséquences pour votre groupe ou de la mise en place d’une force commer-
cabinet ? ciale.
L’implantation nationale traduite par une
JPM : Nous avons déjà des missions qui ne présence dans les dix plus grandes métro-
relèvent pas d’activités réglementées poles régionales nous permettra d’aug-
(Conseil, gestion de la paie, prestations menter notre offre de service et de
administratives….). répondre aux besoins de proximité et de
Plus que de savoir si notre profession sera réactivité exigés par nos clients.
toujours réglementée dans 5 ans, les ques-
tions que nous devons nous poser sont, à DB : Mon associé gère le pôle consulting
mes yeux : du cabinet, une activité importante auprès

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

45
n PROSPECTIVE n

BYOD kézaco ? Bring Your Own Device !


DENIS BARBAROSSA ‹ MEMBRE DE LA COMMISSION INNOVATION & PRODUCTIVITÉ,
VICE-PRÉSIDENT DE LA SECTION IFEC PARIS ILE-DE-FRANCE

LONGTEMPS, LES ENTREPRISES MONTRAIENT LA VOIE EN TERMES D’ÉQUIPEMENTS ET déclencher l’achat physique en boutique.
C’est le seul moyen pour les entrepreneurs
DE TECHNOLOGIES : LE TÉLÉPHONE, L’ORDINATEUR, LE FAX, LE MINITEL (EN FRANCE EN de sauver leur fonds de commerce et les
TOUT CAS…) PUIS INTERNET ONT D’ABORD TROUVÉ LEUR PLACE AU SEIN DES emplois (qui ne soient pas uniquement des
ingénieurs développant de nouvelles appli-
ORGANISATIONS ET PERMIS D’OUVRIR L’ENTREPRISE SUR L’EXTÉRIEUR ET D'ACCÉLÉRER LA
cations...).
COMMUNICATION. LES APPLICATIONS, ESSENTIELLEMENT PROFESSIONNELLES, PROPULSENT Au sein de ce monde connecté et, au-delà
L’EMPLOYÉ VERS LA MODERNITÉ SITÔT PASSÉE LA PORTE DE L’ENTREPRISE. des questions légitimes de sécurité, le besoin
de toutes nos parties prenantes est d’être
EN SE FORMANT À DE NOUVEAUX OUTILS ET DE NOUVEAUX USAGES, IL SE SENT online, informées, en mesure de jouer la
MONTER EN CAPACITÉ ET APPREND. carte du collaboratif et d’expérimenter de
nouveaux outils au sein des organisations.
C’est une opportunité à saisir pour nos cabi-

L ’entreprise est le lieu des savoirs, des


compétences et des relations humai-
nes avec un souci de perfectionnement
le lien, les échanges avec leur tribu (amis
Facebook et/ou contacts professionnels) et
ainsi trouver plus facilement les réponses à
nets, si nous sommes en mesure de revoir
les modèles de nos organisations et d’anti-
ciper cette inéluctable mutation des entre-
constant. Puis sont arrivés : toutes leurs questions. prises. Il n’y a pas de raison que cette lame
n les smartphones, boostés par l’Iphone, Car, Wikipedia a remplacé l’encyclopédie et de fond : le collaboratif, l’immédiateté, dont
successeurs du symbole du pouvoir par le dictionnaire. Le web a remplacé les agen- nous sommes les premiers consommateurs,
excellence qu’était le BlackBerry (réservé aux ces de voyages et la documentation pro- ne concerne pas nos cabinets, nos clients,
leaders) ; ceux-là ont donné une touche fessionnelle en un temps record. Les nos prospects, nos organisations. Être à l’é-
ludique et accessible aux messageries applications (près d’un million sur l’Appstore coute de nos équipes, rendre un peu de cette
(instantanées ou e-mails), internet, etc. fai- d’Apple et 50 milliards de téléchargements liberté tant souhaitée pour créer de nou-
sant passer le wap (portail internet mobile) en 5 ans...) répondent à tous les besoins : veaux outils, répondre à d’autres attentes
pour le minitel des smartphones en un éclair ; ludiques, professionnels, touristiques, etc. constituent tout l’enjeu du web aujourd’hui,
n le triple play, déployé et exploité par le tru- non plus à portée de clic mais de doigt, de refonte des modèles, y compris pour nos
blion Free, donnant accès à internet haut depuis son smartphone. Le client gagne en cabinets.
débit + téléphone illimité + télévision à autonomie. L’entreprise en efficacité. L’émulation créée par les entreprises concur-
vaste choix à des prix défiants toute Il y a 5 ans, qui pensait qu’un billet de train rentes est sans relâche et pousse chaque
concurrence, créant un standard. ou d’avion s’achèterait sur un téléphone structure dans une logique d’amélioration
Ainsi, l’ouverture sur l’extérieur et la connais- mobile et que ledit mobile servirait même permanente de ses performances. Mieux,
sance presque sans limite sont arrivées à la de support de billet ? En moins de deux ans, plus vite, plus sécurisé.
portée de chacun, dans son propre salon. les agences de voyage ont dû se remettre en Alors le BYOD aujourd’hui, c’est la traduc-
Désormais, en entrant dans l’entreprise, on cause et penser de nouveaux modèles ; les tion du besoin pour les collaborateurs de
trouve un PC (fixe généralement) pas for- commerces ont été lourdement affectés l’entreprise de la sentir en phase avec l’en-
cément très récent, des accès internet limi- tant les vitesses de remise en cause des vironnement auquel ils sont habitués à se
tés (qu’il s’agisse de débit ou de sites acquis et modèles se sont accélérés. Et nous confronter, et d’en retrouver les informations
accessibles) alors que chez soi le PC porta- y contribuons tous, car consommateurs ! sur tous les supports avec lesquels ils gèrent
ble (voire MacBook…) traîne au milieu du La carte bleue a pris le pas sur le chèque et leur vie globale, personnelle et profession-
salon entre une tablette et la TV. maintenant l’e-paiement sur la carte bleue. nelle.
Conséquence logique : l’entreprise se rin- L’e-commerce a pris l’avantage sur le com- Vous bousculer et donner une vision, c’est
gardise et ses collaborateurs, habitués à l’ins- merce de proximité et les grandes enseignes tout ce que vous êtes en droit d’attendre de
tantanéité, au collaboratif, n’hésitent pas à et, déjà, le m-commerce (mobile) le bous- vos institutions.
apporter leurs propres outils souvent plus cule… L’enjeu de demain, est le 020 : online
performants pour maintenir en permanence to offline : susciter l’intérêt en ligne pour Alors vous nous accompagnez ? n

Economie & Comptabilité n N°243 n SEPTEMBRE 2013

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