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Pour comprendre Daech , il faut revenir quelques dizaines d’années en arriere avec les

fondateurs d’AL Qaida , Benladen et Al zarqaoui Abou moussa , pionniers du terrorisme


moderne .

Ben laden venait d’une riche famille saoudienne tandis que Zarqaoui était un petit délinquant
jordanien, consommateur d’alcool et de drogues tous deux sont devenus les figures de
proue de mouvements djihadistes.

Sans l’inaction de la communauté internationale lorsque la guerre froide s’est terminée, le


terrorisme n’aurait jamais pu devenir ce que nous le connaissons aujourd’hui. Lorsque le
communisme a fini par chuter à la fin des années quatre-vingts, les moudjahidines se sont
retrouvés livrés à eux-mêmes, sans aucune perspective d’avenir, des armes de guerre en
main. Ils se sont mis à s’entre-déchirer et détruire l’Afghanistan. C’est ainsi qu’un terreau
fertile pour le terrorisme s'est développé et a permis à des groupes comme Al-Qaïda et les
talibans de former des camps d’entraînement et de prospérer.

Instauration du califat et apogée de l'État islamique

L’EI exerce aujourd’hui un pouvoir politique sur un territoire situé au Nord de l’Irak et de la
Syrie. Ce groupe tente d’y établir un « État islamique » et a également décidé, le 29 juin
2014, d’instaurer un califa

Au Machrek (l’Orient arabe), toutes les grandes familles s’en revendiquent. Un arbre
généalogique que l’on peut retracer accompagne le titre de Calife. Il faut que l’identité de
celui qui revendique ce titre soit connue. L’ancien porte-parole de l’EI, Abou Mohammed al-
Adnani (mort en 2016), pour annoncer la restauration du califat, avait précisé sur

plusieurs générations l’arbre généalogique d’al-Baghdadi.

Après l’intervention des États-Unis en Irak en 2003, les clivages religieux et ethniques y sont
prégnants : les Kurdes visent et obtiennent l’autonomie, les Chiites majoritaires s’installent
au pouvoir et mènent une politique autoritaire (notamment sous l’impulsion du chef du
gouvernement Nouri al-Maliki) et les Sunnites sont marginalisés ou réprimés. Ces derniers
sont la base d’un mouvement djihadiste, issu d’al-Qaida, qui s’appuie également sur le
ressentiment général à l’égard de l’occupation étrangère et de ceux qui en bénéficient. Par
ailleurs, les « printemps arabes » ont favorisé l’essor de mouvements djihadistes qui offraient
une alternative islamique aux partis de l’islam politique alors souvent contestés. Enfin, la
guerre civile syrienne a permis le développement sur une partie du territoire de cet État
d’une prise de possession djihadiste analogue à celle effectuée en Irak. Cette
implantation  de fait se heurte inévitablement à de nombreuses résistances et l’OEI doit ainsi
lutter contre les gouvernements irakien et syrien, les puissances étrangères occidentales et
russe, les puissances locales chiites (notamment l’Iran tes (notamment l’Arabie saoudite ),
les Kurdes et les autres organisations islamistes (notamment al-Qaida  et al-Nosra). Cette
occupation rencontre ainsi des oppositions nombreuses et déterminées notamment du fait
que l’OEI constitue, pour les Nations unies, « une menace mondiale d’une gravité sans
précédent contre la paix et la sécurité internationales » . Actions et menaces  qui justifie une
mobilisation internationale dont le caractère timoré, tardif et parfois contradictoire – malgré
une déstabilisation affectant tous les pays de la région et au-delà – résulte notamment
d’enjeux géopolitiques complexes voire inextricables.
3Au-delà de ces circonstances géopolitiques actuelles et locales, l’OEI s’inscrit dans une
démarche antérieurement menée, notamment par la mouvance des Frères musulmans, en
réaction aux régimes nationaux et autoritaires de la région ; régimes qui sépar(ai)ent peu ou
prou le religieux du politique. L’islamisation de certaines sociétés est tangible depuis
plusieurs années . Elle conduit notamment à placer les principes de l’islam au cœur de
l’ambition politique.
Une zone de conflit
Il va sans dire qu’en plus des conflits qui rongent la Palestine et Israël, le Moyen-Orient est
en proie aux tensions intercommunautaires entre chiites et sunnites.
L’organisation de Zarqaoui a su exploiter la persécution des sunnites par les politiques
locales pour créer le chaos et semer la discorde afin d'amplifier les tensions entre chiites et
sunnites en Syrie et en Irak. Alors que Ben Laden cherchait à regrouper les musulmans du
monde entier contre les Américains et l’Occident, Zarqaoui s’est servi du climat politique
pour se présenter en sauveur des sunnites. Il est facile de comprendre pourquoi les sunnites
du Moyen-Orient se tournent aujourd’hui vers Daech, l’un des seuls contre-pouvoirs sunnites
dans une région en proie à la guerre civile et contrôlée par les chiites.
La mort de Zarqaoui dans un bombardement aérien le 6 juin 2006 n’a pas pour autant
diminué la fréquence des attentats commis par son organisation. Cette dernière, connaissant
de nombreux revers lors de l’occupation américaine, a même fini par rompre avec Al-Qaïda ;
de cette rupture est né l’État islamique d’Irak.

Les djihadistes de l’Etat islamique ne sont pas des amateurs. Ils suivent un plan de bataille
élaboré au fil des ans par des théoriciens aguerris et expérimentés. Le plus réputé d’entre
eux, le Syrien Abou Moussab al-Souri, a impressionné l’un des rares Occidentaux à l’avoir
rencontré, le journaliste américano-britannique Peter Bergen, venu à la fin des années 1990
en Afghanistan pour réaliser la première interview télévisée d’Oussama ben Laden. «Il était
dur et très intelligent, se souvient le reporter. Il apparaissait comme un vrai intellectuel, très
au courant de l’histoire, et il avait des objectifs des plus sérieux. Pour sûr, il m’a davantage
impressionné que Ben Laden.»

La théorie d'Al-Souri, telle qu'elle est exposée dans son manuel, part d'un constat simple.
Après le 11-Septembre, l'Afghanistan est perdu pour les talibans. Les moyens mis en place
par les Occidentaux tiennent Al-Qaïda en échec. Et, en Irak, le deuxième âge du jihad contre
les Américains n'a pas abouti à un califat islamique, mais à un nouveau pouvoir chiite.
Abou Moussab Al-Souri, qui a toujours fait preuve d'indépendance d'esprit, prône une autre
manière de conduire le jihad.

Effondrement complet ou retour aux sources ?

Face aux récentes défaites et pertes territoriales, l'EI ne peut pas aspirer à remettre en place
son califat à l'heure actuelle. Assurément, les pertes majeures d'effectifs et financières sont
des freins dans l'atteinte de cet objectif. De plus, l'absence d'un soulèvement de l'ampleur du
printemps arabe fait en sorte que la conjoncture ne favorise pas la réémergence du califat.
Cependant, ce groupe n'est pas voué à disparaitre pour autant. En se réorganisant, il peut
continuer à commanditer des attaques terroristes sporadiques tout en cachant ses têtes
dirigeantes à l'abri des attaques de la coalition. En ce sens, l'établissement d'un califat avait
l'avantage d'offrir une cible clairement définie pour la coalition contre l'État islamique.
Finalement, considérant l'aspect pratiquement inatteignable des groupes terroristes lorsqu'ils
ne contrôlent pas un territoire défini, des experts soutiennent que la négociation pourrait
s'avérer une option à considérer. Car dans son état actuel, le groupe EI pourra se maintenir
dans le temps et faire des attaques terroristes, à l'instar d'Al-Qaeda, pour ressurgir
éventuellement. Face à ce constat, la négociation pourrait permettre de réduire la
dangerosité du groupe et, combinée à des programmes de déradicalisation, permettre de
l'enrayer progressivement .