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Gestion des risques financiers

I-Typologie des risques

On distingue, en général, trois catégories majeures de risques :

1. Les risques de marché, qui regroupent :

rtitude liée au taux de change


marché des actions
liée au prix des matières premières.

2. Le risque de crédit, souvent représenté par le risque de faillite ou de détresse


financière.

3. Les risques opérationnels, qui reprennent tous les risques liés


sont pas recouverts par les deux catégories précédentes.

II-Mesure du risque

Plusieurs approches du risque sont utilisées :

a variance et de

L
La variance notée
type est simplement la racine carrée de la variance : R=
Application :

(scénario optimiste) et de -25% dans le pire des cas (scénario pessimiste) quel est le

réaliser (équiprobables)?

******

50% de chances pour que cette rentabilité soit de -25%. La rentabilité espérée est donc
de :

0,5 x (45%) + 0,5 x (-25%) = 10%

variance :
2
R = 0,5 x (45 10)2 + 0,5 x (-25-10)2 = 0,1225

R= = = 35%

(10%)
mais dont le risque serait plus élevé. été BFI
qui cote actuellement 1000 Dh, les analystes financiers de la société de bourse
prévoient que le prix de cette action sera de 1400 Dh dans un an avec une probabilité
de 25%, de 1100 Dh avec une probabilité de 50% et de 800 Dh avec une probabilité de
25%. des.

E (R) = 0,4 x 0,25% + 0,1 x 0,5% - 0,2 x 0,25% = 10% = 0,1


2 2 2
: BFI = 0,25 x (0,4 0,1) + 0,1 x (0,1-0,1) + 0,25 (-0,2

0,1)2 = 0,045 = 45%


actions AMC et BFI ont la même espérance de rentabilité,

est plus élevée que celle de la société AMC : elle est donc plus risquée.

titres peu risqués ont une rentabilité plus faible que ceux
risqués.

Le tableau suivant présente les rentabilités moyennes et leurs volatilités pour


différents placements entre 1926 et 2004

Type de placement Rentabilité Volatilité des rentabilités


moyenne annuelle (écart type)

Actions de petites capitalisations 22,11% 42,75%


Actions du S&P 500 12,32% 20,36%
6,52% 7,17%
Bons du trésor 3,87% 3,18%

En ne considérant que la rentabilité, il est clair que les actions sont plus rentables que
les obligations et les bons de trésor, mais les actions sont également très risquées car
fluctuantes et instables. plus volatiles que
les obligations et les bons de trésor.

(Value at Risk)

Sous , il est
possible de considérer différents profils de risque pour différents actifs.

Z
étant connus, il est en effet facile de déterminer différentes configurations du couple
risque/rendement.

Le premier percentile constitue, à ce propos, une mesure intéressante du risque qui


renvoie à la notion de « Value at risque » (VaR), laquelle est définie comme la perte
maximale sur un horizon de temps cible telle que la probabilité de pertes effectives
plus élevées soit égale à un seuil , ce dernier seuil est fixé généralement à 1%.

Autrement dit, le montant de la perte maximale subie pour un horizon temporel donné
avec un pourcentage de 1%.

Rappel :

Un quantile est la valeur zc de la variable normale réduite telles que la probabilité de


réalisations inférieures à zc soit égale à un pourcentage désiré :

Pr [ c] , si Z N(0,1)

Le tableau suivant donne quelques valeurs de zc pour différentes valeurs de .

Table donnant Pr[ zc ] pour une variable aléatoire suivant N(0,1)


:
Pr [ 2,33] = 0,9901

Application :

Un investisseur souhaite investir 100.000 Dh dans une SICAV actions dont le


rendement espéré (moyen) est de 11,7% et dont la volatilité annuelle (écart type) est
de 19,04%.

Dans quel intervalle se situerait son rendement avec une probabilité de 95% si
on suppose que les rendements de la SICAV suivent une loi normale.
Déterminer la VaR à 1% du rendement de cette SICAV.
************
Notons R la variable rendement de la SICAV, R N(11.7, 19.04)

Par conséquent : (R-11,7)/19,04 N(0,1), on peut donc écrire :

On sait par ailleurs que si Z N(0,1) alors si Pr [ -1,96 + 1,96 ] = 95%

Remplaçons Z par (R-11,7)/19,04 : Pr [ -1,96 (R-11,7)/19,04 + 1,96) = -


à-dire : Pr (-1,96 x 19,04 (R-11,7) + 1,96 x 19,04) = 95%

Ou encore : Pr (-1,96 x 19,04) +11,7 R (+ 1,96 x 19,04) + 11,7) = 95%

Ce qui donne Pr (-25.6184 % R + 49.0184%) = 95%,

Pr(-25.6184% x 100000 R + 49.0184 % x 100000) = 95%

Pr(-25618.4 R + 49018.4) = 95%, il y a donc 95% de chances que le rendement


de cette SICAV soit situé entre (-25618.4 et + 49018.4).

On sait aussi que Pr(Z -2,33)


= 1%.

On sait également que : (R-11,7)/19,04 N(0,1) donc Pr ((R- -2,33) =


1%.

Après calcul il ressort que -32.6632) = 1%, avec un investissement de 100000


dh, il y a 1% de chances que la perte maximale subie p
32663.2 dh, cette somme correspond à la VaR à 1%.

III-Gestion des risques financiers

Il existe plusieurs stratégies de couverture contre les risque financiers, on en citera les
1.Stratégies de diversification

La théorie du portefeuille (Markowitz, 1952) nous apprend que lo


portefeuille de titres le risque a tendance à diminuer, car les bonnes performances de
certains titres de ce portefeuille compensent les mauvaises performances des autres
titres de ce même portefeuille.

Ce raisonnement est valable uniquement pour les risques spécifiques à ces titres, car il y a
des risques communs à tous les titres (le risque de marché ou risque systématique) qui
peuvent affecter tous les titres au même temp

du portefeuille.

Exemple de diversification du portefeuille :

A et B (50 % de A et 50% de B) et
actions A et C (50% de A et 50% de C) dont les
rendements( en %) sont présentés dans le tableau suivant :

R(A) R(B) R(C) R du portefeuille (A,B) R du portefeuille (A,C)


16 10 16 13 16
14 12 14 13 14
12 14 12 13 12
10 16 10 13 10

MOYENNE 13 13 13 13 13
VARIANCE 5 5 5 0 5
ECART TYPE 2.24 2.24 2.24 0 2.24
COVARIANCE -5 5
coeff.corrélation -1 1

La rentabilité moyenne de chaque portefeuille est égale à la rentabilité moyenne des


actions qui le composent (13%).

Le portefeuille composé de titres A et B est diversifié et


rentabilité moyenne (13%) que le portefeuille composé de A et C (non diversifié) mais
permet un placement non risqué étant donné que sa volatilité est nulle
comparativement à celle du portefeuille 1 dont la volatilité est de 2,24%.

Remarquons que lorsque les rentabilités des actions A diminuent, celles de B ont
plutôt tendance à augmenter de la même proportion (corrélation négative), tandis que
celles de C varient de la même manière que celle de A (corrélation positive).

e, il ne suffit pas donc de connaitre les rentabilités


et le risque des titres
degré du risque commun des titres qui le composent.

iance ou de la corrélation.

1. Mesure du risque conjoint : covariance et corrélation

de celles-ci.

titres composant les


deux portefeuilles sont présentées dans le tableau suivant :

Les titres A et B affichent une covariance négative (-5%) et ont donc tendance à
évoluer de manière contradictoire. A et B ont, par contre une covariance positive (5%)
ce qui titres à évoluer de manière conjointe.

caractérise chaque couple de ces titres est me


de du coefficient de corrélation qui, Mieux que la covariance, permet de neutraliser l
de volatilité des rentabilités en divisant la covariance par le produit des écarts
types des rentabilités des titres considérés :

Ainsi pour le portefeuille 1 :

La corrélation des rentabilités de A et B :

= cov (A, B)/ Ax B= -1 tandis que la corrélation des rentabilités de A et C


= cov (A, C)/ Ax C= 1.

1 et x2 dans les

Le rendement moyen du portefeuille (ou espérance du rendement) noté 1 x1 2 x2)

= 1E(x1) + 2E(x2)

Considérons maintenant la volatilité (risque) de ce portefeuille :


2
Variance du portefeuille = E[ 1 x1 2 x2) 1 x1 2 x2)] = E[ 1 x1 2 x2 1E(x1)
2
- 2 E(x2)]

(x2 E(x2)) ]2 = E[ 21 (x1-E(x1))2 2


= E[ 1 (x1-E(x1)) 2 2 (x2 E(x2))2 + 2 1 2 (x1-
E(x1) (x2-E(x2)]
2 2 2
= 1E[(x1-E(x1)) ) 2 E((x2 E(x2))2 ) + 2 1 2 (x1-E(x1) (x2-E(x2)]

2 2 1 2 covariance
1variance (x1 2 variance (x2
(x1,x2)

D : 1= 2= 1/2=50%

La variance du premier portefeuille constitué à hauteur de 50% (ou ½) de A et de 50%


de B est :

(1/2)2 *(5) + (1/2)2 *(5) + 2 * (1/2)*(1/2)*(-5) = 0

La variance du second portefeuille constitué à hauteur de 50% A et de 50% C est :

(1/2)2 *(5) + (1/2)2 *(5) + 2 * (1/2)*(1/2)*(5) = 5

s changé par la
diversification, mais la volatilité du second portefeuille est plus élevée (5%) alors que
celle du premier portefeuille est nulle (non risqué). Ainsi, la diversification permet la
réduction du risque.
: MEDAF

Grâce à plusieurs actifs, on peut diminuer le risque, mais il faut noter que chaque actif
supporte, en réalité, deux types de risques : le risque spécifique à chaque actif ; et le
risque systématique (ou de marché), qui pèse sur tous les actifs de manière générale et
corrélée.

arrive
à faire chuter et même à faire disparaître le risque spécifique à chaque société.
Toutefois, l ne
peut pas être diversifié.

La mesure du risque est donc basée sur le risque du marché et pour cela, on utilise le
du marché,
-à-dire mesure le changement attendu (en %)

référence à un portefeuille de marché, par exemple : le CAC all shares en France, le


S&P 500 pour le cas des USA et le MASI pour le cas du Maroc). Le Beta est donnée
par la formule suivante :

la variance de rendement du marché. :


Exemples :

dessous :

mois rendement du marché rendement de A


1 -8 -11
2 4 8
3 12 19
4 -6 -13
5 2 3
6 8 6
2 2

Variance A 122.67
Variance du marché 50.67
covariance A/marché 76
beta A= (covariance a, marché)/var 1.5
marché

que le
rendement attendu de A = 4% + 1,5(10%-4%) = 13%

Rapport rendement risque : ratio de Sharpe

Le ratio de Sharpe Si pour un portefeuille i, mesure la rémunération par


en excès du taux sans risque rf
Exemple :

Soit un portefeuille constitué des titres A, B, C, D et E dans des proportions variables,


le portefeuille efficient est celui permettant la combinaison optimale, càd celle qui
maximise le rendement tout en minimisant le risque (ratio sharpe le plus élevé).

Le solveur Excel permet une telle optimisation (rf est ici = à 4%) :

TITRES DU PORTEFEUILLE
Années A B C D E
1 0.16 0.3 0.26 0.22 -0.25
2 -0.05 0.1 0.18 -0.03 0.3
3 0.18 0.18 0.12 0.3 0.22
4 0.2 0.22 0.3 0.12 0.2
5 0.1 0 0.18 -0.1 0.14
6 0.26 0.18 0.22 0.2 0.2
rendement 14.17% 16.33% 21.00% 11.83% 13.50%
pondération 6.7% 10.1% 59.7% 3.4% 20.1%
volatilité 0.098 0.094 0.059 0.141 0.178

rendement P 18.25%
volatilité P 0.0448
ratio sharpe 3.1786
2. Stratégies (hedging)

Les produits dérivés permettent une réduction des risques la

revenus futurs de cet actif.

à terme optionnels

Une option offre à son acquéreur le droit (et non (option


ou de vendre (option de vente) une quantité déterminée sous-
jacent prix donné de
.

Une t -jacent
option de vente
-jacent.

On distingue deux types de contrats à terme ferme : les forwards et les futures

forwards

Un forward est un contrat à terme de gré à gré permettant à deux parties de fixer le prix
-jacent mais devant se réaliser à une date
future. On dira que la partie acheteuse achète un contrat à terme (elle prend une position
longue sur le contrat) et que la partie vendeuse vend le contrat (elle prend une position
courte sur le contrat). Contrairement aux options, les deux parties sont obligées de réaliser
la transaction. Le prix auquel la transaction aura lieu est appelé «prix à terme».

Les futures

Les futures sont des contrats à termes traités sur des marchés organisés. Acheter un
future et acheter un contrat à terme sont presque équivalents. Les futures présentent
plusieurs avantages par rapport aux contrats à terme :
Liquidité : il est possible de modifier la position à tout moment.

Élimination du risque de contrepartie : une chambre de compensation garantit

-à-vis de toutes les contreparties.

du contrat puisque les futures sont des contrats standardisés tant en terme des
échéances que du montant de la transaction (la taille du contrat) alors que les contrats
à terme peuvent être taillés sur mesure. Les différences de mode opérationnel des
futures et des contrats à terme sont énumérées dans le tableau suivant :

swaps

Les swaps sont de loin les produits dérivés les plus traités au monde en regard aux
montants qui sont traités à travers eux. Ces contrats flux de
nature différente entre deux parties. Les deux formes de swap les plus simples et les
rate swaps) et les swaps
de taux de change (CS, currency swaps). Les swaps sont essentiellement traités de gré
à gré (marchés OTC, over-the-counter) et les contreparties ou
donc à un risque de crédit.
IV-Gestion des risques bancaires

Le métier d'une banque consiste à maîtriser des risques de plusieurs natures pour ses
clients. Pour la banque, tout risque se caractérise également par un coût, lié entre autres
à l'obligation de le « provisionner », c'est-à-dire de se préparer à son impact financier
au cas où il se concrétiserait. Elle est rémunérée pour cette prise de risque.

Une banque universelle gère toute une typologie de risques parmi lesquels :

Le risque de crédit, qui est le risque de pertes résultant de l'incapacité des clients de la
banque, d'émetteurs ou d'autres contreparties, à faire face à leurs engagements
financiers.
Le risque de marché, terme qui regroupe les risques générés par des activités de
marché (taux, change et perte de valeur d'instruments financiers).
Les risques opérationnels, qui désignent les risques de pertes ou de sanctions
notamment du fait de défaillances des procédures, d'erreurs humaines ou d'événements
extérieurs. Le risque de liquidité, c'est-à-dire le risque que la banque ne puisse faire
face à ses échéances de trésorerie.
La multiplicité de ces risques a poussé les principales banques centrales des pays
occidentaux à élaborer des règles prudentielles que les banques sont invitées à suivre :
les accords de Bâle.
Le dispositif prudentiel des accords de Bâle se base sur trois piliers :
Exigences minimales de fonds propres
Surveillance par les autorités prudentielles
Transparence et discipline de marché
Parmi ces trois piliers, celui relatif aux exigences minimales de fonds propres
requiert une importance particulière de la part des banques centrales qui autorisent
les banques à opter pour deux approches pour déterminer le niveau des fonds
propres requis.
es des agences de notation et
-mêmes.
Ci- :

A * r =RWA 8% * RWA = RC
r: Pondération du risque ou (RW risk weighted )
A: Actif (par exemple crédit)
RWA: Actif pondéré du risque (risk weighted asset)
RC: Fonds propres réglementaires (regulatory capital

Le tableau précédent indique les pondérations de risque proposées par le Comité de Bâle

En fonction, de ces critères, une banque doit couvrir un crédit de 1 million Dirham.
Octroyé à une entreprise notée A (pondération du risque (RW) à 50%) avec un capital
propre de 40 000 Dirham (8% de 500 000 Dirham pondérés du risque). (Actif * r = RWA
=500 000 DH, RC = 500 000 * 8% =40 000) Si la notation de la société emprunteuse est
inférieure à BB-, le crédit doit être pondéré à 150% et couvert à hauteur

externe, ce qui est le cas des PME, la banque doit appliquer une pondération de 100%
et constituer une couverture de 80 000 Dirham.

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