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co l l è g e de france – cnrs

centre de recherche d ’ histoire


et civi l isation de byzance

travaux et mémoires
21/2

Autour
du Premier humanisme byzantin
& des Cinq études sur le xi e siècle,
quarante ans après Paul Lemerle

édité par
Bernard Flusin
&
Jean-Claude Cheynet

Ouvrage publié avec le concours


de l’université Paris-Sorbonne

Association des Amis du Centre d’Histoire et Civilisation de Byzance


52, rue du Cardinal-Lemoine – 75005 Paris
2017
ORIENT ET MÉDITERRANÉE (UMR 8167) / monde BYZANtin
collège de France / institut d’études byzantines

TRAVAUX ET MÉMOIRES
– publication annuelle paraissant en un ou deux fascicules –
Fondés par Paul Lemerle
Continués par Gilbert Dagron
Dirigés par Constantin Zuckerman

Comité de rédaction :
Jean-Claude Cheynet, Vincent Déroche,
Denis Feissel, Bernard Flusin

Comité scientifique :
Wolfram Brandes (Francfort) Peter Schreiner (Cologne – Munich)
Jean-Luc Fournet (Paris) Werner Seibt (Vienne)
Marlia Mango (Oxford) Jean-Pierre Sodini (Paris)
Brigitte Mondrain (Paris)

Secrétariat de rédaction, relecture et composition :


Emmanuelle Capet

©Association des Amis du Centre d’Histoire et Civilisation de Byzance – 2017


ISBN 978-2-916716-64-0
ISSN 0577-1471
L’éducation à Byzance aux ixe-xe siècles :
problèmes et questions diverses

par Athanasios Markopoulos

Sans vouloir apporter des chouettes à Athènes, comme le dit le très ancien proverbe 1,
je voudrais souligner, avec une insistance particulière, que l’étude de l’éducation et de
la culture en général à Byzance a vu dans son ensemble son cheminement totalement
bouleversé après la parution du Premier humanisme byzantin (Paris 1971). Paul
Lemerle, étudiant avec minutie les sources, principalement, et soumettant au crible
de multiples questions la bibliographie existant jusqu’alors, qui souvent n’avait pas su
éviter les nombreuses et lassantes généralités, a composé un tableau vivant extrêmement
impressionnant du système éducatif byzantin, qu’il a indissociablement lié à la notion de
παιδεία, de culture à Byzance, comme il a veillé à le signaler en l’indiquant en exergue
dans le sous-titre de son livre : « Notes et remarques sur enseignement et culture à Byzance
des origines au xe siècle ». Bien entendu, la notion de culture telle que l’a décrite et
retracée Lemerle est très éloignée de la paideia étudiée autrefois par Werner Jaeger, dont
l’objectif et la perspective étaient tout à fait différents et par rapport auquel d’ailleurs le
savant français a maintenu des distances évidentes 2. Cependant, le désaccord à propos
de la notion de culture-paideia dans le monde byzantin se focalisait principalement
sur l’arrière-plan philosophique grec qui, selon Jaeger, joua un rôle important dans le
progrès du christianisme ; Lemerle, sans méconnaître le rôle de la pensée philosophique
grecque, a tenté de suivre le quotidien et le « fonctionnement » du monde nouveau qui
émergea à pas timides dès le ive siècle, moins dans sa conception que, surtout, dans les
applications 3 : dans ce processus purement intellectuel, l’éducation commença à jouer un
rôle essentiel, en continuant à suivre des pratiques didactiques bien éprouvées, mais sans

1. Voir CPG I, 59, 359 ; II, 20, 345, 348.


2.  Lemerle, Premier humanisme, p. 43, n. 1. Voir tout récemment E. Chrysos, Περί παιδείας
λόγος, dans Myriobiblos : essays on Byzantine literature and culture, ed. by Th. Antonopoulou,
S. Kotzabassi and M. Loukaki, Boston – Berlin – München 2015, p. 85-97, ici p. 85 et passim.
3.  Sur ce thème majeur, cf. l’opinion différente de P. Athanassiadi, From man to god, or The
mutation of a culture (300 bc-ad 762), dans Heaven & earth : art of Byzantium from Greek collections,
ed. by A. Drandaki, D. Papanikola-Bakirtzi & A. Tourta, Athens 2013, p. 29-43. Voir aussi le point
de vue très important exprimé récemment par S. Steckel, Networks of learning in Byzantine East
and Latin West : methodological considerations and starting points for further work, dans Networks

Autour du Premier humanisme byzantin & des Cinq études sur le xi e siècle, quarante ans après Paul Lemerle,
éd. par B. Flusin & J.‑C. Cheynet (Travaux et mémoires 21/2), Paris 2017, p. 53-74.
54 athanasios markopoulos

éviter les ruptures idéologiques plus ou moins attendues que soulignent de la manière la
plus nette les décrets pris par Julien (361-363) 4 puis par Justinien (527-565) 5 pour exclure
du système éducatif les individus affichant certaines convictions religieuses concrètes,
quoique différentes selon le cas.
Trois ans après la parution du grand livre de Lemerle, vit le jour la monographie,
importante sous bien des aspects, de Paul Speck, Die Kaiserliche Universität von
Konstantinopel 6. Comme l’auteur le précise dans l’avant-propos, il avait quasiment
achevé de rédiger son ouvrage au moment de la parution du Premier humanisme, ce qui
l’incita à réviser de nombreux points, sans pouvoir échapper aux inévitables répétitions,
recoupements, etc. 7. Speck a consacré à la synthèse de Lemerle un compte rendu 8 qui,
malgré sa longueur, couvre seulement les premiers chapitres de l’ouvrage ; dans un esprit
particulièrement critique, il y formule sa propre vision des choses concernant l’éducation,
principalement, de la période protobyzantine – la notion de culture en général ayant
plutôt été laissée de côté –, vision le plus souvent aux antipodes de celle de Lemerle. En
tout cas, Lemerle a, lui aussi, porté un jugement négatif sur Speck, et cela à plusieurs
reprises, soulignant avec insistance que le travail du byzantiniste allemand se distinguait
en bien des points par son conservatisme 9. Aujourd’hui qu’une grande distance nous
sépare de ces deux livres, la comparaison pourrait éventuellement s’avérer intéressante,
notamment pour ce qui est de la conception structurelle régissant les deux ouvrages.
Il est incontestable que Lemerle, nettement plus théoricien, insistant sur les longues
durées et les protagonistes, presque toujours guidé par une intention visible de codifier
les informations existantes et de tracer de nouvelles voies, spécialement pour la période
iconoclaste et les années qui suivirent, offre énormément, formant une école et imposant
presque un mode de pensée et même une vision des choses. Speck, au contraire, concentre
son attention sur une période nettement plus limitée, utilise sans hésiter des termes tels
que Universität, malgré quelques réserves 10, et, d’une manière générale, restant attaché
à la lettre du texte, évite de prendre position, contrairement à Lemerle, là où les sources
sont silencieuses ou ne livrent pas tout ce que le chercheur pouvait en escompter. Le
conservatisme avec lequel Speck examine les choses, qui est sans aucun doute visible

of learning : perspectives on scholars in Byzantine East and Latin West, c. 1000-1200, ed. by S. Steckel,
N. Gaul & M. Grünbart, Zürich – Berlin – Münster 2014, p. 185-233, ici p. 185-191, p. 199-202.
4.  CTh 13, 3, 5.
5. Voir infra, p. 68-69.
6. P. Speck, Die Kaiserliche Universität von Konstantinopel : Präzisierungen zur Frage des höheren
Schulwesens in Byzanz im 9. und 10. Jahrhundert, München 1974.
7.  Kaiserliche Universität (cité n. 6), p. vii. Je note à titre d’exemple ce qu’indiquent les deux auteurs
concernant le professeur anonyme : Premier humanisme, p.  246-257 ; Kaiserliche Universität, p. 29-35.
Voir aussi infra, p. 55-57 et passim.
8.  BZ 67, 1974, p. 385-393 ; voir maintenant P. Speck, Understanding Byzantium : studies in
Byzantine historical sources, ed. by S. Takács, Aldershot 1999, no II (traduction anglaise).
9.  Lemerle, Cinq études, p. 196, n. 1 et 2. Voir aussi les ajouts apportés par Lemerle aux traductions
du Premier humanisme après la publication de l’ouvrage de Speck ; cf. à titre tout à fait indicatif la
traduction grecque du livre sous le titre Ο πρώτος βυζαντινός ουμανισμός, Αθήνα 1981, p. 324, n. 52 ;
p. 327, n. 60 ; p. 364, n. 75 ; p. 376, n. 1 et passim.
10.  Voir la notice de N. Gaul, Rising elites and institutionalization, ēthos/mores, “debts” and drafts :
three concluding steps towards comparing networks of learning in Byzantium and the “Latin” West,
c. 1000-1200, dans Networks of learning (cité n. 3), p. 235-280, ici p. 239, n. 23.
L’éducation à Byzance aux ixe-xe siècles 55

indépendamment même de ce que dit Lemerle, est utile d’un autre côté ; je note deux
exemples indicatifs : ce qu’il dit des activités d’enseignement de Photius et de la période
de l’école de la Magnaure 11, questions sur lesquelles Lemerle, venu d’un autre point de
départ, avait une opinion totalement différente 12.
J’estime que le grand apport de Lemerle pour ce qui touche à l’enseignement à Byzance
en général consiste dans sa tentative presque anxieuse de signaler, tout d’abord, puis
d’étudier les acteurs de chaque système d’enseignement institutionnel. Cet acteur, qu’il
s’agisse d’un individu qui a exercé de manière avérée la fonction d’enseignant, comme Léon
le Mathématicien, ou d’une école, par exemple celle du professeur anonyme, jouit d’un
traitement privilégié dans son grand ouvrage, contrairement à certaines « particularités »
byzantines telles que, par exemple, l’enseignement public de Léon le Mathématicien sur
ordre de l’empereur Théophile (829-842) 13. En tout état de cause, grâce à cette recherche
opiniâtre et sans précédent, nous avons à notre disposition la première étude consacrée
à « l’éducation moyenne » à Byzance, qui tourne essentiellement autour de l’école du
professeur anonyme, active vers le milieu du xe siècle à Constantinople et qui constitue en
fait pour Lemerle l’axe de sa recherche, sans toutefois qu’il ait négligé les écoles des périodes
antérieures ou postérieures 14. Même si aujourd’hui les conclusions de Lemerle sont dans
leur ensemble restées assez incontestées 15, il s’est développé une problématique féconde
concernant plus généralement le système scolaire en soi. La première question qui se pose,
question fondamentale à laquelle il est loin d’être facile d’apporter une réponse, est celle de
savoir si l’école, en prenant ici aussi comme exemple l’école du professeur anonyme, qui
d’ailleurs n’était pas la seule à cette époque à Constantinople – l’Anonyme cite les noms de
trois autres maïstôres avec lesquels, notons-le, il se trouvait en querelle permanente 16 –, est
une école moyenne 17 ou fonctionne aussi comme établissement de formation en général.

11. Speck, Kaiserliche Universität (cité n. 6), p. 1-21.


12. Lemerle, Premier humanisme, p. 183-185, 263-266. Voir aussi infra, p. 66-68, 70-72.
13. Voir infra, p. 63-65.
14.  Voir Lemerle, Premier humanisme, p. 242-246, 246-257 et passim. Speck (Kaiserliche
Universität [cité n. 6], p. 15-21, 29-50 et passim) est attentif, mais peut-être pas aussi audacieux qu’il le
faudrait, certaines fois du moins, dans le commentaire des lettres de l’Anonyme, mais aussi dans d’autres
textes concernant l’éducation à Byzance. Sur le professeur anonyme, voir maintenant Anonymi professoris
epistulae, rec. A. Markopoulos (CFHB 37), Berlin – New York 2000 ; aussi PmbZ 31049. Ajouter :
M. Grünbart, Paideia connects : the interaction between teachers and pupils in twelfth-century
Byzantium, dans Networks of learning (cité n. 3), p. 17-31, ici p. 25-26 (j’ignore pourquoi l’auteur
caractérise l’école de l’Anonyme comme « private or semiprivate » [p. 25]), et surtout Gaul, Rising
elites (cité n. 10), p. 247-250, 273 et passim. Gaul essaie de donner un portrait de la personnalité du
professeur anonyme en comparaison avec la situation analogue à l’Occident à la même époque ; en outre,
il offre la traduction anglaise de l’ep. 94 de l’Anonyme (p. 273, n. 209). Aussi et tout dernièrement
F. Pontani, Scholarship in the Byzantine Empire (529-1453), dans Brill’s companion to ancient Greek
scholarship, ed. by F. Montanari, S. Matthaios & A. Rengakos, Leiden – Boston 2015, p. 297-455, ici
p. 349-350. Cf. infra, p. 57, n. 31 et passim.
15.  Voir à titre d’exemple A. Tihon, L’enseignement à Constantinople (ive-xiie siècle), dans
Lumières de la sagesse : écoles médiévales d’Orient et d’Occident, sous la dir. de É. Vallet, S. Aube et
T. Kouamé, Paris 2013, p. 43-49.
16.  Ce sont les suivants : 1) Pierre, asèkrètis et maïstôr (ep. 19, 23, 67 et 97) ; 2) Michel, maïstôr
(ep. 36 et 51), et 3) Philarète, maïstôr (ep. 68). Je signale que Philarète est aussi membre du clergé. Voir
Anonymi professoris epistulae (cité n. 14), p. *7-*8, *40, *46, *56-*57. Cf. aussi infra, p. 58.
17.  Terme utilisé par Lemerle, Premier humanisme, p. 256.
56 athanasios markopoulos

Il a déjà été observé qu’à Byzance, les limites entre éducation « moyenne » et éducation
« supérieure » sont très floues 18. Cette observation a un fondement matériel, car il y eut de
longues périodes, comme on le sait communément, pendant lesquelles il n’exista pas dans
l’Empire d’établissement « supérieur » offrant aux citoyens une éducation de ce niveau ou
alimentant l’administration du pays des cadres indispensables à son fonctionnement. J’ai
naguère formulé l’hypothèse de travail que ce manque d’un « enseignement supérieur »
était couvert en grande partie par les écoles dispensant l’ἐγκύκλιος παιδεία, c’est-à-dire
des écoles telles que celle de l’Anonyme 19. Cette réforme absolument silencieuse fut
imposée par le cours même des choses après le viie siècle, puisque le rétrécissement des
villes, la modification du paysage urbain, la réorganisation qui s’ensuivit de l’État, mais
aussi l’iconoclasme un peu plus tard, créèrent les conditions de l’émergence d’un tissu
social et d’une structure totalement différents de ceux de la haute époque 20. Il n’est
pas excessif de constater que cette école, qui repose presque toujours sur un enseignant
principal (γραμματικός) mais a en tout cas une structure variable 21, gravira les échelons
de la hiérarchie éducative et tentera de pallier, en liaison avec certaines pratiques encore
plus anciennes dont il sera question plus loin 22, l’absence d’un « enseignement supérieur »
formel dans le paysage éducatif de l’Empire 23. Il convient de remarquer que la structure
interne de l’école de l’Anonyme présente certaines analogies avec celle des écoles
« supérieures » antérieures 24. Elle comporte deux cycles d’études : dans le premier, des
tâches d’enseignement sont confiées, manifestement après une certaine forme de sélection,

18.  Voir à titre indicatif Speck, Kaiserliche Universität (cité n. 6), p. 21 ; A. Markopoulos,
Education, dans The Oxford handbook of Byzantine studies, ed. by E. Jeffreys, J. Haldon & R. Cormack,
Oxford 2008, p. 784-795, ici p. 790-791.
19.  Cf. récemment A. Markopoulos, In search for “higher education” in Byzantium, ZRVI 50,
2013, p. 29-44, ici p. 36-37 ; voir aussi infra, p. 69.
20.  Voir la contribution classique de R. Browning, Literacy in the Byzantine world, BMGS 4,
1978, p. 39-54, ici p. 46 ; aussi Α. Μαρκοπουλος [A. Markopoulos], Βυζαντινή εκπαίδευση και
οικουμενικότητα, dans Το Βυζάντιο ως οικουμένη = Byzantium as oecumene, επιστημονική επιμ.
Ε. Χρυσός, Αθήνα 2005, p. 183-200, ici p. 198-199 ; Id., De la structure de l’école byzantine : le maître,
les livres et le processus éducatif, dans Lire et écrire à Byzance (MTM 19), éd. par B. Mondrain, Paris
2006, p. 85-96, ici p. 86. Sur le nouveau rôle joué par les villes à partir du viie siècle voir récemment
et à titre d’exemple L. Zavagno, La città bizantina tra il V e il IX secolo : le prospettive storiografiche,
Reti medievali rivista 9, 2008, p. 9-28 ; Id., Cities in transition : urbanism in Byzantium between late
antiquity and early Middle Ages (500-900 ad), Oxford 2009, p. 26-29 et passim ; L.  Brubaker &
J. Haldon, Byzantium in the iconoclast era, c. 680-850, Cambridge 2011, p. 538-559 et passim et tout
dernièrement J. Haldon, The empire that would not die : the paradox of eastern Roman survival, 640-740,
Cambridge Mass. – London 2016, p. 61-63, 164-177 et passim. Voir aussi Οι βυζαντινές πόλεις
(8ος-15ος αιώνας) : προοπτικές της έρευνας και νέες ερμηνευτικές προσεγγίσεις, επιμ. Τ. Κιουσοπούλου,
Ρέθυμνο 2012, passim.
21. Markopoulos, De la structure de l’école byzantine (cité n. 20), p. 88.
22. Voir infra, p. 63-67.
23. Markopoulos, De la structure de l’école byzantine (cité n. 20), p. 86.
24.  À titre d’exemple, voir la structure de l’école de droit de Bérytos : P. Collinet, Études historiques
sur le droit de Justinien. 2, Histoire de l’École de droit de Beyrouth, Paris 1925, p. 119-205 ; 209-256 ;
L. Wenger, Die Quellen des römischen Rechts, Wien 1953, p. 619-632 ; Lemerle, Premier humanisme,
p.  85-88 ; Markopoulos, Βυζαντινή εκπαίδευση (cité n. 20), p. 198-199, n. 65 ; V. I. Langer, Das
Verhältnis von Rechtsunterricht und Rhetorikunterricht in der Antike und in der Spätantike : ein
Vergleich, Atti dell’Accademia romanistica constantiniana 16, 2007, p. 117-129, ici p. 122 ; Σ. Ν. Τρωιανος
[S. N. Troianos], Οι πηγές του βυζαντινού δικαίου, Αθήνα 20113, p. 99-108, 110, 147.
L’éducation à Byzance aux ixe-xe siècles 57

à certains élèves des « grandes » « classes », qui sont appelés οἱ τῆς σχολῆς ἔκκριτοι, οἱ
ὑπὸ διατριβὴν ἔκκριτοι ou même οἱ ἐπιστατοῦντες 25, et qui ont jusqu’à un certain point
leur mot à dire dans la vie de cette petite cellule d’enseignement 26. Dans le second cycle,
l’Anonyme en personne est le seul à enseigner, en appliquant des pratiques éprouvées
(dictée, examen oral dans les disciplines du trivium surtout, comme cela ressort d’une
mention malheureusement isolée figurant dans sa correspondance 27, etc.). Soulignons
qu’apparemment, aucune limite temporelle ne fixe la fin du séjour dans l’école : toujours
selon la correspondance de l’Anonyme, deux de ses élèves, le protospathaire Stéphanos
(nos 9, 11 28) et le vestitor Constantin (nos 37, 58 29), qui avaient déjà été absorbés par
l’appareil étatique, fréquentaient l’école, ce qui semble confirmer que l’école moyenne
dispensait aussi, sous certaines conditions, des cours d’un niveau plus élevé 30. Cependant,
nous ignorons encore quels étaient ces cours ; par analogie, nous pourrions éventuellement
songer en priorité à certains cours du trivium, ainsi que du quadrivium, mais toute
hypothèse en ce domaine demeure, à mon avis toujours, particulièrement risquée 31.
Vers la même époque, une école de Constantinople autre que celle du professeur
anonyme fut fréquentée par Abraamios, originaire de Trébizonde, destiné à devenir

25.  Anonymi professoris epistulae (cité n. 14), p. 8*-9* et les lettres no 20, 13-14 (p. 15) : […] ὁ
χρηστὸς Ἐφραὶμ καὶ οἱ τῆς σχολῆς ἔκκριτοι προσαγορεύουσί σε τῷ γράμματι ; no 105, 14-15 (p. 90) :
[…] ἀνέγνωσται δὲ καὶ ἡμῖν καὶ τοῖς ὑπὸ διατριβὴν ἐκκρίτοις τὸ γράμμα σου ; no 80, 1 (p. 71) : Τοῖς
τῆς σχολῆς ἐπιστατοῦσιν ; no 96, 1 (p. 85) : Ἰωαννικίῳ μαθητῇ ἐπιστατοῦντι. Voir toujours Lemerle,
Premier humanisme, p. 250-251 ; aussi Markopoulos, De la structure de l’école byzantine (cité n. 20),
p. 88.
26.  Anonymi professoris epistulae (cité n. 14), p. 9* ; 61* et la lettre no 80, 2-4 (p. 71) : Οὐ πικρῶς
ἐγὼ διαιτητὴς τὸ αἱρεθὲν ὑμῖν ἐκφαυλίζων, ἐπιψηφιζόμενος δὲ τὰ παρ’ ἑαυτοῦ. ἀλλ’ ἔσομαι τῆς αἱρέσεως
σύμψηφος, εἰ μία τῶν πάντων γνώμη καὶ οὐ διάφορος καὶ εἰ πρὸς ζῆλον ἀλλ᾿ οὐκ εἰς ἔριν ὁρᾷ ; aussi
Lemerle, Premier humanisme, p. 251.
27.  Voir le passage suivant signalé déjà par Lemerle, Premier humanisme, p. 252 : […] δὶς τῆς
ἑβδομάδος ἡ τῶν αὐτῷ ἐρωτωμένων κατενώπιον ἡμῶν ἀνακρίνεται εἴδησις· ἀπὸ στόματος αὐτῷ σχεδὸν
ἀπαρεμποδίστως τὸ κείμενον προφέρεται τῆς γραμματικῆς· τῶν ἐπιμερισμῶν ὁ τρίτος ἦρκται τούτῳ
ψαλμός· ἡ τρίτη τῶν βαρυτόνων αὐτῷ κλίνεται συζυγία. ἃ διερωτώμενος ἐκμανθάνει, τῇ πρὸς ἑτέρους
παραδόσει παρακατέχειν διδάσκεται (Anonymi professoris epistulae [cité n. 14], lettre no 110, 14-19
[p. 94]). Voir ici A. Giannouli, Education and literary language in Byzantium, dans The language of
Byzantine learned literature, ed. by M. Hinterberger, Turnhout 2014, p. 52-71, ici p. 57-65.
28.  PmbZ 27246. Très probablement identique avec Stéphanos de la lettre no 117 (Anonymi
professoris epistulae [cité n. 14], p. 72*, n. 101).
29.  PmbZ 23829.
30.  Anonymi professoris epistulae (cité n. 14), p. 6*.
31.  L’Anonyme était aussi copiste et, si on examine avec attention la lettre no 88, faisait également
œuvre d’éditeur. Sur ce sujet fort important, voir Anonymi professoris epistulae (cité n. 14), p. 13*-14* ;
P. Orsini, Minuscole greche informali del X secolo, dans Πρακτικά του ΣΤ΄ Διεθνούς Συμποσίου
Ελληνικής Παλαιογραφίας (Δράμα, 21-27 Σεπτεμβρίου 2003), επιστημονική επιμ., Β. Άτσαλος,
Ν. Τσιρώνη (Βιβλιοαμφιάστης. Παράρτημα 1), Αθήνα 2008, p. 41-69, ici p. 48-50 ; F. Ronconi, Essere
copista a Bisanzio : tra immaginario collettivo, autorappresentazione e realtà, dans Storia della scrittura e
altre storie, a cura di D. Bianconi, Roma 2014, p. 383-434, ici p. 394-395. Je ne crois pas que je puisse
accepter les points de vue exprimés par G. Cortassa dans son très long et fort ambitieux mémoire, ayant
comme titre : Un filologo di Bisanzio e il suo committente  : la lettera 88 dell’«Anonimo di Londra»,
MEG 1, 2001, p. 97-138. Cf. aussi Id., Scrivere a Bisanzio, Humanitas 58, 2003, p. 8-22, ici p. 19
et Lettere dell’uomo di lettere, Humanitas 58, 2003, p. 123-139, ici p. 132-134 et tout dernièrement
Pontani, Scholarship in the Byzantine Empire (cité n. 14), p. 350.
58 athanasios markopoulos

plus tard le très fameux Athanase l’Athonite. Cette école, dont nous possédons une
description, dans les grandes lignes en tout cas, dans la Vie A d’Athanase 32, a fait l’objet
d’une analyse attentive par Lemerle 33 et, accessoirement, par Speck 34, qui ont tenté
d’exploiter à la lettre toutes les informations fournies, laissant de côté le fait qu’il s’agit
en principe d’un matériel offert par un texte hagiographique typique dont le seul but est
de faire l’éloge du saint évoqué. Tous les éléments de la Vie plaident en ce sens : le jeune
Abraamios, né vers 925 35, orphelin dès son tout jeune âge, était appelé par Dieu à suivre
la carrière sacerdotale 36 ; il se lia très tôt avec la famille du général bien connu Zéphinézer
et avec celui qui devait devenir un moine célèbre, higoumène d’une laure sur l’Olympe,
Jean Hexaptérygos 37, fait qui doit à coup sûr être souligné. Abraamios avait été l’élève –
excellent, comme on pouvait s’y attendre – d’un grammatiste inconnu de Trébizonde 38 ;
il se distinguait par son sens moral exemplaire, comme il se doit pour un futur prêtre,
et quelques années plus tard il était venu à Constantinople pour étudier l’ἔξω σοφία
[i.e., l’instruction profane] – terme à mettre certainement en corrélation avec son entrée
ultérieure dans l’Église, un cas dans lequel, bien sûr, l’ἔξω σοφία passe au second plan 39.
Dans la capitale de l’Empire, il fréquente une excellente école dirigée par le προκαθήμενος
τῶν παιδευτηρίων Athanase : […] ὁδηγῷ δὲ πρὸς σοφίαν καὶ παιδευτῇ τῷ τηνικαῦτα τῶν
ταύτης προκαθημένῳ παιδευτηρίων – Ἀθανάσιος οὗτος ἦν, ὁ τὴν γνῶσιν ἅμα καὶ τὴν
ἀρετὴν ἀπαράμιλλος […] 40. Je me demande, étant donné que cette institution inédite
de « président des écoles » n’est attestée par aucune autre source contemporaine ou
même postérieure, si toute cette phrase, qui présente quelques petits problèmes de nature
syntaxique, comme en convient Lemerle 41, désigne le maître qui a sous sa surveillance les
écoles de Constantinople, comme le soutient le byzantiniste français, ou simplement le
maître le plus méritant de la capitale, modèle de connaissances et de vertu, comme il sied
bien entendu au maître d’un futur saint, toujours selon son biographe. S’il s’agit d’une
nouvelle fonction, ses limites sont assurément obscures, de même que ses compétences,
malgré la tentative de Lemerle qui voit en lui la personnalité à laquelle avaient été confiés

32.  Vitae duae antiquae sancti Athanasii Athonitae, ed. a J. Noret (CCSG 9), Turnhout 1982,
12, 1 – 16, 16 (p. 8-10). Je note que l’auteur déclare que […]τὰ πολλὰ συντέμω (13, 4 [p. 8]). Sur
les deux Vies de saint Athanase de Lavra, voir maintenant S. A. Paschalidis, The hagiography of the
eleventh and twelfth centuries, dans The Ashgate research companion to Byzantine hagiography, ed. by
S. Efthymiadis, Farnham 2011, p. 143-171, ici p. 149-150.
33. Lemerle, Premier humanisme, p. 257-260 ; aussi Pontani, Scholarship in the Byzantine
Empire (cité n. 14), p. 350.
34. Speck, Kaiserliche Universität (cité n. 6), p. 36-39, 41-43, 44-45.
35. Lemerle, Premier humanisme, p. 257.
36. […] τοῦ Θεοῦ προδεικνύντος τὸ μέλλον καὶ τὸ ποιμαντικὸν προτυποῦντος κἀν τῇ ἀτελεῖ καὶ ἀώρῳ
τοῦ παιδὸς ἡλικίᾳ (Vitae duae antiquae sancti Athanasii Athonitae [cité n. 32], Vie A, 8, 10-12 [p. 6]). 
37.  Ibid., Vie A, 6, 5-11 (p. 5-6) ; 8, 28-33 (p. 6-7).
38. […] ἐπεὶ δὲ καὶ γραμματιστῇ δίδοται, θαῦμα ἤλιξί τε καὶ διδασκάλοις ἦν, τό τε τοῦ ἤθους πάγιον
ἀπὸ γραμμῆς παριστῶν καὶ τὸ ὑπερφυὲς ὁμοῦ καὶ σπουδαῖον περὶ τὴν μάθησιν (ibid., Vie A, 9, 2-5 [p. 7]).
39.  Ibid., Vie A, 9, 3-4 (p. 7) ; 12, 3 (p. 8). Très utile ici, Th. Pratsch, Der hagiographische Topos :
griechische Heiligenviten in mittelbyzantinischer Zeit, Berlin – New York 2005, p. 92-103 et passim.
40.  Ibid., Vie A, 12, 3-6 (p. 8).
41.  P. Lemerle, La vie ancienne de saint Athanase l’Athonite composée au début du xie siècle par
Athanase de Lavra, dans Le millénaire du Mont Athos, 963-1963 : études et mélanges. 1, Chevetogne
1963, p. 59-100, ici p. 69, n. 28.
L’éducation à Byzance aux ixe-xe siècles 59

le contrôle et la tutelle de l’ensemble du système éducatif de la capitale 42. Je voudrais


signaler les points suivants : à un moment où le professeur anonyme en était arrivé à
une très vive querelle avec son confrère Philarète, par ailleurs prêtre, les trois personnes
auxquelles il pouvait avoir recours pour trouver un écho de la part de l’administration
étatique étaient, dans l’ordre, le préfet, l’empereur en personne, mais aussi le patriarche,
ce dernier peut-être en raison de la qualité de Philarète 43. Pas trace de προκαθήμενος τῶν
παιδευτηρίων. Certes, nul ne peut exclure, surtout s’il analyse assez librement la phrase,
qu’une nouvelle fonction « éducative » ait été créée, mais qu’il me soit permis de noter
que nous n’avons pas suffisamment d’éléments probants à cet égard.
Dans l’école que fréquentait Abraamios étaient en service un nombre important
d’enseignants 44, information qui suscite un assez vif scepticisme, puisqu’on sait et admet
généralement, avec raison, que l’école byzantine, depuis sa création jusqu’à la période
tardive de l’Empire, fut en règle générale l’école d’un seul maître, avec les exceptions
qui viennent simplement confirmer la règle – par exemple l’école de Libanios ou
l’école de la Néa Ekklésia 45. On constate également une hiérarchie parmi le personnel
enseignant, dont l’existence laisse planer de nombreuses questions : au départ, Abraamios
est élu διδάσκαλος, pour occuper ensuite le διδασκαλικὸς θρόνος, élection soumise
à l’approbation impériale 46. Bien que Lemerle ait ingénieusement mis en rapport la
participation des παιδεύματα (sc. élèves) de l’école d’Athanase au processus d’évolution des
maîtres avec les ἐπιστατοῦντες de l’école de l’Anonyme, qui exerçaient un rôle particulier
dans le fonctionnement de l’école 47, je me demande si la participation va jusqu’au vote
ou, inversement, si elle est avancée un peu vite dans la Vie A, dans le seul but de renforcer
l’image irréprochable d’Abraamios, ce qui vaut aussi fort probablement pour le nombre
des enseignants qui, s’inclinant devant la prééminence d’Abraamios, votent pour lui pour
qu’il occupe la chaire d’enseignement. Enfin, l’approbation impériale de l’occupation
du θρόνος d’enseignement, comme cela est expressément indiqué dans le texte 48, a
incité Lemerle à élaborer la théorie selon laquelle derrière cet événement se trouvait
Constantin VII Porphyrogénète (945-959) en personne, qui non seulement réorganisa

42. Lemerle, Premier humanisme, p. 258.


43. […] τίνι δὲ καὶ προσελθεῖν καθ᾿ ἡμῶν βούλει; ὑπάρχῳ; […] βασιλεῖ; […] ἀλλὰ πατριάρχῃ;
(Anonymi professoris epistulae [cité n. 14], lettre no 68, 11-13 [p. 61-62]). Voir aussi Lemerle, Premier
humanisme, p. 249 ; Speck, Kaiserliche Universität (cité n. 6), p. 47 ; Anonymi professoris epistulae (cité
n. 14), p. *1, n. 2.
44. […] κοινωνοὶ αὐτῷ παιδευταὶ (Vitae duae antiquae sancti Athanasii Athonitae [cité n. 32],
Vie A, 13, 3 [p. 8]).
45.  Sur l’école de Libanios, voir notamment R. Cribiore, The school of Libanius in late antique
Antioch, Princeton 2007, p. 30-37 ; Ead., Libanius the sophist : rhetoric, reality and religion in the fourth
century, Ithaca – London 2013 ; voir aussi tout dernièrement les observations de M. Loukaki, Le profil
des enseignants dans l’Empire byzantin à la fin de l’Antiquité tardive et au début du Moyen Âge (fin
du vie-fin du viie siècle), dans Myriobiblos (cité n. 2), p. 217-243, ici p. 222, n. 35. Sur l’école de la
Néa, voir infra, p. 62-63.
46.  Vitae duae antiquae sancti Athanasii Athonitae (cité n. 32), Vie A, 13, 4-5 (p. 8) ; 14, 1-4 (p. 9).
47. Lemerle, Premier humanisme, p. 258 ; voir aussi supra, p. 56-57.
48. […] νεύσει βασιλικῇ (Vitae duae antiquae sancti Athanasii Athonitae [cité n. 32], Vie A, 14,
2 [p. 9]).
60 athanasios markopoulos

l’ensemble du système éducatif mais approuva les nominations de ce genre 49. Il s’agit


plutôt d’une généralisation théorique, surtout pour ce qui est de la question concrète de
l’organisation de l’école.
Ce que livre la Vie A sur Abraamios après qu’il eut obtenu la chaire d’enseignement est
particulièrement intéressant : Abraamios partit dans une autre école, mais la réputation
qu’il avait acquise entre-temps y fit affluer de nombreux élèves d’autres établissements
d’enseignement de Constantinople, y compris celui de son ancien maître Athanase. Les
inévitables frictions entre les maîtres, bien connues par les descriptions détaillées du
professeur anonyme 50, firent ici aussi leur apparition, et furent résolues par l’intervention
de l’empereur lui-même, qui n’est autre que le Porphyrogénète, non mentionné, mais
évoqué de manière allusive avec la délicatesse requise : […] ᾧ ἀπὸ τῆς πορφυρίδος μὲν
ἐν ᾗ γεγέννητο τὸ ἐπώνυμον 51. Très rapidement d’ailleurs, Abraamios abandonnera la
carrière d’enseignant, événement qui satisfait son biographe, comme l’a remarqué avec
justesse Lemerle 52. En tout cas, il vaut la peine de noter que tant qu’Abraamios enseigna à
l’école, il ne s’éloigna pas […] τῶν ἀσκητικῶν παλαισμάτων, et même […] νηστείαις […]
ὑπερημέροις ἔθλιβε τὸ σαρκίον καὶ πόνοις ἔτρυχε πανημερίοις, καὶ τῇ λοιπῇ κακοπαθείᾳ
ἐδουλαγώγει τε καὶ ὑπεπίεζεν, ἀγρυπνίᾳ, χαμευνίᾳ, ἀλουσίᾳ, καὶ τῷ ἐκ κριθῆς ὥς φασιν
ἄρτῳ πρὸς τούτοις 53.
Je pense que la description circonstanciée des grandes capacités d’enseignant du
jeune Abraamios, de la médiation impériale visant à résoudre les malentendus entre les
enseignants ainsi que du très vif désir du jeune homme de Trébizonde de devenir moine
fait partie des pièces du puzzle qui permettent de composer le portrait idéal du futur
fondateur de la Grande Laure, brossé par son savant biographe Athanase de Panagiou, qui
n’a jamais rencontré notre Abraamios/Athanase 54. Athanase de Panagiou, qui écrivit la
Vie A fort probablement à Constantinople, au cours du premier quart du xie siècle 55, suivit
pour rédiger son texte hagiographique plusieurs traditions orales athonites concernant
Abraamios/Athanase 56, dont la seule finalité était naturellement de faire l’éloge du
fondateur de Lavra. C’est sur ce ton excessivement élogieux que l’auteur veilla à enclore
dans la première partie de la Vie A la période mondaine de la vie d’Abraamios, qui devait
être parfaitement exemplaire sur tous les plans, conformément aux prescriptions connues
des vies de saints et des éloges oratoires, qui ne ménagent pas les louanges ou s’emploient
même à en fabriquer où et quand les circonstances l’exigent 57.

49. Lemerle, Premier humanisme, p. 259-260 ; mais voir Speck, Kaiserliche Universität (cité n. 6),
p. 37.
50. Voir supra, p. 55, 58-59.
51.  Vitae duae antiquae sancti Athanasii Athonitae (cité n. 32), Vie A, 16, 14-15 (p. 10).
52. Lemerle, Premier humanisme, p. 260.
53.  Vitae duae antiquae sancti Athanasii Athonitae (cité n. 32), Vie A, 14, 10-14 (p. 9).
54. Lemerle, La vie ancienne (cité n. 41), p. 87.
55.  Vitae duae antiquae sancti Athanasii Athonitae (cité n. 32), p. cix-cxii. L’opinion de Lemerle
est différente (La vie ancienne [cité n. 41], p. 90).
56. Lemerle, La vie ancienne (cité n. 41), p. 89.
57.  Je juge utile de noter ici que Speck n’a pas suivi les raisonnements de Lemerle concernant le
rôle de l’empereur dans ce processus éducatif, qu’il a sans doute considérés comme audacieux ; mais
d’un autre côté, il a supposé que tout ce cadre décrit dans la Vie A pourrait éventuellement être regardé
comme un nouveau chapitre du Livre de l’Éparque de Léon VI, proposition qui ne peut être admise, en
L’éducation à Byzance aux ixe-xe siècles 61

Je voudrais dire en guise de première conclusion que la comparaison des textes que
nous venons d’examiner ne permet pas d’accepter l’image que Lemerle, principalement,
et avec tant de soin, a dessinée concernant l’évolution de l’école moyenne byzantine,
notamment au cours de la seconde moitié du xe siècle ; il s’impose, au contraire, de
revenir à des schémas éducatifs « plus simples », qui renvoient presque inéluctablement
à l’école du professeur anonyme. La Vie A d’Athanase devra être considérée comme un
éloge hagiographique typique, dont les informations ne peuvent être exploitées avec le
degré élevé de fiabilité qu’atteint la correspondance de l’Anonyme, pour ne parler que
des textes qui appartiennent au même domaine et datent environ de la même époque 58.
Faire fonctionner une école à Constantinople était une entreprise difficile, surtout
parce que le financement était précaire, car de nombreux parents payaient les droits de
scolarité en retard (le professeur anonyme aurait beaucoup de choses à dire à ce sujet) 59.
En outre, les rivalités entre les maîtres qui tenaient ces écoles, dont le nombre reste
inconnu et pour lesquels l’hypothèse de travail de Lemerle (« […] disons par hypothèse
une dizaine ») 60 reste bien une hypothèse qui ne peut être confirmée ou démentie,
sont pratique quotidienne, comme l’atteste d’ailleurs la Vie A d’Athanase l’Athonite.
En conséquence, les liens personnels avec des gens haut placés pouvaient apporter des
solutions : c’est ainsi que l’Anonyme avait noué d’excellentes relations avec le Palais – il
entretient une correspondance avec la despoina Sophia, fille du célèbre Nicétas Magistros
et veuve de Christophe Lécapène, avec laquelle il échange des livres 61 –, avec des dignitaires
de la cour, mais aussi avec le clergé 62. On s’étonne de découvrir que le patriarche, qui n’est
pas nommé dans la correspondance mais n’est vraisemblablement autre que Théophylacte
(933-956) 63, apporte de temps à autre un soutien financier au professeur anonyme. Cette
aide, qui porte le nom de ἀρτίδιον ou εὐλογία, appellation qui suggère qu’elle peut aussi
être accordée en nature, était source d’une grande insécurité pour notre professeur, parce
qu’elle n’était pas versée régulièrement 64. La manière dont le patriarche se comporte face

tout cas, que très difficilement. Voir Speck, Kaiserliche Universität (cité n. 6), p. 36-50, ici p. 39-42,
49. Cf. aussi la traduction grecque du Premier humanisme, où Lemerle signale le point de vue de Speck
en ce qui concerne la Vie A d’Athanase : Ο πρώτος βυζαντινός ουμανισμός (cité n. 9), p. 426, n. 44.
Speck est revenu sur ce problème mais sans succès : (Erlassenes ?) Gesetz oder ein weiteres Schulbuch?
Überlegungen zur Entstehung des Eparchenbuchs, dans Varia. 3 (Ποικίλα Βυζαντινά 11), Bonn 1998,
p. 293-306. Voir aussi supra, p. 58 et n. 39.
58.  La vision de Σ. Α. Πασχαλιδης [S. A. Paschalides], Νικήτας Δαβίδ Παφλαγών : το πρόσωπο
και το έργο του : συμβολή στη μελέτη της προσωπογραφίας και της αγιολογικής γραμματείας της
προμεταφραστικής περιόδου, Θεσσαλονίκη 1999, p. 95, est entièrement différente de ce qui précède.
Cf. ici le point de vue de Gaul, Rising elites (cité n. 10), p. 248-249.
59. Voir Anonymi professoris epistulae (cité n. 14), p. 4*-6*.
60. Lemerle, Premier humanisme, p. 256.
61.  Anonymi professoris epistulae (cité n. 14), p. 36*-37* et nos 8, 16-18 (p. 6) ; 98, 12-13 (p. 86) ;
99, 2-5 (p. 86) ; voir aussi PmbZ 27152. Pour Nicétas Magistros, voir PmbZ 25740. Ajouter l’article
récent de I. Anagnostakis-A. Kaldellis, The textual sources for the Peloponnese, ad 582-959 : their
creative engagement with ancient literature, GRBS 54, 2014, p. 105-135, ici p. 130. Voir aussi infra,
p. 72, n. 134. Pour Christophe Lécapène voir PmbZ 21275.
62.  Anonymi professoris epistulae (cité n. 14), 16*-18*.
63.  Ibid., p. 44*, n. 28. Sur Théophylacte voir maintenant PmbZ 28192.
64.  Anonymi professoris epistulae (cité n. 14), p. 5*-6* ; cf. aussi Gaul, Rising elites (cité n. 10),
p. 248.
62 athanasios markopoulos

à l’école du professeur anonyme – la Vie A reste silencieuse pour ce qui est de l’école
d’Abraamios – corrobore deux solides hypothèses de travail : 1) au moins jusqu’au milieu
du xe siècle, l’Église n’a pas de part active au processus éducatif, bien que beaucoup
d’écoles soient hébergées dans des églises 65, et l’aide financière éventuellement versée à
une école relève d’un choix personnel du patriarche lui-même probablement, concerne
un maître précis et ne traduit pas une opération institutionnalisée 66 ; 2)  l’enseignement
reste une institution qui relève purement de l’initiative privée, et cela avec des racines
très profondes 67, et qui demeure tributaire des lois de la grandeur et de la décadence,
indépendamment de sa taille ou de son importance. Le fait que le fondateur, le maître
ou même le bailleur de fonds d’un établissement scolaire quitte les affaires ou décède
se traduit d’habitude par une interruption du fonctionnement de l’établissement 68.
C’est peut-être sous cet angle qu’il conviendra d’expliquer la disparition du devant
de la scène de l’école de la Néa Ekklésia, établissement inauguré après 880, qui avait
manifestement été fondé pour transmettre le flambeau des objectifs et ambitions de la
dynastie macédonienne tout juste arrivée au pouvoir (867) 69. Lemerle, contrairement à
Speck, a fortement contesté l’existence de l’école de la Néa 70, oubliant manifestement
non seulement le témoignage de Constantin le Rhodien, qui très vraisemblablement la
fréquenta 71, mais aussi les performances littéraires hors pair de certains des maîtres qui
enseignaient dans cette ambitieuse école, comme Constantin Képhalas, qui a composé,
comme il est bien connu, la fameuse « anthologie » des épigrammes afin de l’utiliser dans

65.  Voir P. Magdalino, Constantinople médiévale (MTM 9), Paris 1996, p. 37-40. Qu’il me
soit permis de noter ici que l’église en tant que lieu de fonctionnement de l’école ne doit pas être
confondue avec l’immixtion de l’Église dans les affaires d’enseignement de l’Empire, du moins à
l’époque examinée ici.
66.  Je rappelle que le patriarche Théophylacte était le frère de Christophe Lécapène, avec
l’épouse duquel, la despoina Sophia, le professeur anonyme entretenait, comme on vient de noter, une
correspondance.
67. Speck, Understanding Byzantium (cité n. 8), no II, p. 16 mais surtout I. Hadot, Arts libéraux
et philosophie dans la pensée antique : contribution à l’histoire de l’éducation dans l’Antiquité, Paris 2005,
p. 41-44, 217-220, 451-453 et passim.
68.  P. A. Agapitos (Teachers, pupils and imperial power in eleventh-century Byzantium, dans
Pedagogy and power : rhetorics of classical learning, ed. by Y. Lee Too & N. Livingstone, Cambridge
1998, p. 170-191, ici p. 175) utilise le terme « patron », qui est, d’après lui, un fonctionnaire civil ou
un membre de l’église, ce qui ne correspond pas toujours à la réalité.
69.  Voir P. Magdalino, Observations on the Nea Ekklesia of Basil I, JÖB 37, 1987, p. 51-64 ;
Id., Constantinople médiévale (cité n. 65), p. 39, 53, 66 ; aussi G. Dagron, Empereur et prêtre, Paris
1996, p. 214-218, 219-225.
70. Lemerle, Premier humanisme, p. 205, n. 3 ; l’argument de Lemerle, qui associe l’existence de
l’école de la Néa avec celle de l’Anonyme, est une théorie hypothétique. Voir aussi Speck, Kaiserliche
Universität (cité n. 6), p. 60-63.
71. Voir PmbZ 23819. Ajouter L. James, The poet and the poem, dans Constantine of Rhodes,
On Constantinople and the Church of Holy Apostles, with a new ed. of the Greek text by I. Vassis, ed.
by L. James, Farnham 2012, p. 131-157, ici p. 131. Aussi M. D. Lauxtermann, Constantine’s city :
Constantine the Rhodian and the beauty of Constantinople, dans Wonderful things : Byzantium through
its art, ed. by A. Eastmond & L. James, Farnham 2013, p. 295-308, ici p. 305 et Pontani, Scholarship
in the Byzantine Empire (cité n. 14), p. 349. La contribution d’Alan Cameron, The Greek anthology
from Meleager to Planudes, Oxford 1993, p. 109-116 et 300-316, est très importante au regard de la
présente discussion.
L’éducation à Byzance aux ixe-xe siècles 63

son enseignement 72. Nous connaissons aussi au moins un des dirigeants de l’école – il


s’agit du maïstôr Grégoire Kampsikos 73 –, qui prospéra jusqu’à la dernière décennie du
ixe siècle et à la première du siècle suivant. L’école de la Néa semble avoir dépassé de
loin les limites de l’établissement scolaire byzantin moyen conventionnel, manifestement
grâce au soutien généreux de l’entourage de l’empereur, en fournissant aux élèves plus
que ne le prévoyait le programme habituel et en bénéficiant d’un encadrement solide,
ce qui dut certainement contribuer à sa grande renommée. Il se peut que l’école de la
Néa ait pallié le vide laissé par le dépérissement de la Magnaure qui avait suivi la mort
de Léon le Mathématicien 74.
En dehors de l’école proprement dite et de ses problèmes, une autre institution
éducative, au sens très large du terme, dotée d’une solide tradition, se trouve apparemment
sinon prospérer, du moins « fonctionner » à Byzance aux ixe-xe siècles : c’est, pour utiliser
la terminologie de Lemerle, l’enseignement public libre 75. Comme on le sait, il s’agit de
confier un enseignement libre à une personne précise, qui officie dans des lieux publics aux
frais de l’État ; selon le Code théodosien, la personne en question porte le titre de magister
liberalium litterarum 76. Cette institution eut une forte présence à Byzance, surtout au cours
des premiers siècles ; pour rappeler un exemple qui mérite d’être cité, Thémistios enseigna,
sur l’invitation de l’empereur Constance II (337-361), la philosophie à Constantinople,
en attaquant les sophistes qui se trouvaient dans la ville 77. Bien que Speck ait formulé
l’hypothèse de travail que les limites entre les magistri liberalium litterarum et les maîtres
purement privés sont en large part obscures 78, je pense que la distinction à laquelle procède
Lemerle entre ces deux catégories d’enseignants rend mieux compte de la réalité 79. Pour
revenir à ce qui se passe au ixe siècle, Léon le Mathématicien appartient assurément à la
catégorie des magistri liberalium litterarum quand l’empereur Théophile (829-842) lui

72.  M. Lauxtermann, Byzantine poetry from Pisides to Geometres, Wien 2003, p. 86 ; Jean
Géomètre, Poèmes en hexamètres et en distiques élégiaques, éd., trad., commentaire par E. M. van
Opstall, Leiden – Boston 2008, p. 23. Sur Képhalas voir maintenant PmbZ 23790, avec une abondante
bibliographie ; ajouter Pontani, Scholarship in the Byzantine Empire (cité n. 14), p. 348-349, 354,
413. Je signale quand même l’article important de M. Lauxtermann, The anthology of Cephalas,
dans Byzantinische Sprachkunst, hrsg. von M. Hinterberger und E. Schiffer, Berlin – New York 2007,
p. 194-208. Sur la réception de l’anthologie de Képhalas aux xe et xie siècles voir K. Demoen, “Flee
from love who shoots with the bow!” : the Anthologia Palatina and the classical epigrammatic tradition
in Byzantium, dans Receptions of Antiquity, J. Nelis (ed.), Gent 2011, p. 57-67, ici p. 63-64.
73.  PmbZ 22372 ; aussi Pontani, Scholarship in the Byzantine Empire (cité n. 14), p. 348.
74. Voir infra, p. 72.
75.  Lemerle, Premier humanisme, p. 63-64. Voir aussi supra, p. 55.
76.  Lemerle, Premier humanisme, p. 63, n. 53. Le terme grec est δημοσιεύων (voir LSJ9 s.v.) mais,
à ma connaissance, n’est pas utilisé à l’époque médiobyzantine au moins.
77.  Pour plus de détails, on se reportera toujours à G. Dagron, L’Empire romain en Orient
au ive siècle et les traditions politiques de l’Hellénisme : le témoignage de Thémistios, TM 3, 1968,
p. 1-242, ici p. 24, 42-43 ; aussi H. Schlange-Schöningen, Kaisertum und Bildungswesen im
spätantiken Konstantinopel, Stuttgart 1995, p. 70-77 et passim ; Markopoulos, In search for “higher
education” (cité n. 19), p. 33 ; Loukaki, Le profil des enseignants (cité n. 45), p. 224-225, n. 52 et
tout dernièrement Δ. Θ. Χατζηλαζαρου [D. Th. Chatzilazarou], Η βασίλειος στοά και η σύνθεση του
μνημειακού κέντρου της Κωνσταντινούπολης : τοπογραφία, λειτουργίες, συμβολισμοί (thèse de doctorat),
Αθήνα 2016, p. 198-201 ; 324-325 et passim.
78. Speck, Understanding Byzantium (cité n. 8), no II, p. 11.
79. Lemerle, Premier humanisme, p. 63-64.
64 athanasios markopoulos

cède le privilège d’enseigner δημοσίᾳ dans l’église des Quarante-Martyrs après la très
fameuse histoire, largement apocryphe, survenue avec Mamūn. Lemerle, qui ne commente
pas l’enseignement public de Léon autant que cette information concrète l’imposerait, a
au moins montré que le témoignage de la Continuation de Théophane en ce qui concerne
la présence de Léon à Constantinople avant sa nomination par Théophile l’emporte
nettement sur celui de la chronique de Syméon le Logothète, qui étrangement a utilisé
des sources plutôt médiocres ; il est clair que la mention de la Magnaure par le Logothète
dans ce passage annonce de manière quelque peu maladroite le futur emploi de Léon
dans ce nouvel « établissement supérieur » de la capitale 80. Quoi qu’il en soit, les deux
textes indiquent que l’empereur Théophile confia un enseignement public à Léon dans
le but, d’une part, d’honorer ses connaissances et la grande autorité qu’il s’était acquise
et, d’autre part, de l’aider financièrement 81. Nous ne savons pas quel était le contenu des
cours libres de Léon, pendant combien de temps il exerça ces fonctions ni à quel public
il s’adressait. En tout cas, ce laps de temps ne dut pas être long, puisque Léon quitta
Constantinople pour occuper le siège métropolitain de Thessalonique en 840 82.
La question se pose à présent de savoir si l’ancienne institution à succès des magistri
liberalium litterarum continue d’exister à Byzance à la fin de l’iconoclasme ou même
plus tard, et dans quelles conditions elle œuvre. Je rappelle que Lemerle ne commente
pas cette institution, bien qu’il évoque, outre Léon le Mathématicien, un enseignement
public dispensé par Aréthas sur lequel, je cite, « […] nous ne saurions rien de plus » 83.

80.  Theophanes continuatus IV, 27, 79-86, p. 268 éd. Featherstone – Signes : […] αὕτη ἡ
αἰτία τῆς τοῦδε τοῦ ἀνδρὸς πρὸς τὸν βασιλέα γνώσεώς τε καὶ οἰκειώσεως. οὗτος ὁ μαθητὴς καὶ τοῦτο τὸ
γράμμα τήν τε τοῦ Λέοντος σοφίαν ἐν ὑπαίθρῳ γενέσθαι ἐν γωνίᾳ τέως οὖσαν ἐποίησεν καὶ τῆς εὐτελείας
ἐκείνης καὶ πενίας ἔξω παρήγαγεν. τό τε γράμμα ἐμφανίζει τῷ Θεοφίλῳ ὁ λογοθέτης, καὶ προσκαλεῖται
τοῦτον (sc. Léon) αὐτός (sc. Théophile), καὶ πλουτίζεται καὶ ἐν τῷ τῶν ἁγίων τεσσαράκοντα μαρτύρων
ναῷ διδάσκειν δημοσίᾳ παρὰ τοῦ βασιλέως ἐπείγεται ; Symeon Magister, Chronicon 130, 35, p. 228,
257-260 : […] ὁ δὲ (sc. Théophile) γνοὺς τὰ τῆς αὐτοῦ ἐπιστήμης, καὶ ὅτι τοιοῦτον σοφὸν ἄνδρα ἐν τῇ
πολιτείᾳ αὐτοῦ ἔχει, προσλαβόμενος αὐτὸν εἶχεν ἐν τῷ παλατίῳ τῆς Μαναύρας, παραδοὺς αὐτῷ διδάσκειν
καὶ μαθητάς, παρέχων αὐτῷ τὰ πρὸς ὑπηρεσίαν ἅπαντα. Voir Lemerle, Premier humanisme, p. 150-154.
W. T. Treadgold (The chronological accuracy of the Chronicle of Symeon the Logothete for the years
813-845, DOP 33, 1979, p. 158-197, ici p. 186-187) a essayé en vain de rapprocher ces deux traditions
historiques. L’opinion du même auteur selon laquelle Théophile fut celui qui a ouvert le premier « public
school in the Byzantine revival of learning » à la Magnaure, suivi ensuite par Bardas, ne peut pas être
fondée. Magdalino (Constantinople médiévale [cité n. 65], p. 37 ; Id., The road to Baghdad in the
thought-world of ninth-century Byzantium, dans Byzantium in the ninth century : dead or alive?, ed. by
L. Brubaker, Aldershot 1998, p. 195-213, ici p. 201) a sans doute raison de parler d’un enseignement
préexistant dans l’église des Quarante-Martyrs. Cf. aussi récemment J. Signes-Codoñer, The emperor
Theophilos and the East, 829-842 : court and frontier in Byzantium during the last phase of iconoclasm,
Farnham 2014, p. 434-437 et Pontani, Scholarship in the Byzantine Empire (cité n. 14), p. 328. Sur
le « séjour » de Léon à Andros avant qu’il devienne professeur à Constantinople, voir la contribution
de Ch. Angelidi, Le séjour de Léon le Mathématicien à Andros : réalité ou confusion ? dans Εὐψυχία :
mélanges offerts à Hélène Ahrweiler, t. 1, Paris 1998, p. 1-7 et les remarques de F. Pontani, A new
edition of Theophanes Continuatus, Histos 10, 2016, p. lxxxviii-c, ici p. xcv-xcvi. Cf. aussi infra,
p. 70, n. 119, et supra, p. 55.
81.  P. Speck, Further reflections and inquiries on the origins of the Byzantine Renaissance with a
supplement : the trier ivory and other uncertainties, dans Understanding Byzantium (cité n. 8), no XIV,
p. 179-205, ici p. 188-191.
82.  Voir aussi infra, p. 70.
83. Lemerle, Premier humanisme, p. 210.
L’éducation à Byzance aux ixe-xe siècles 65

À mon avis, cette institution éducative se trouve désormais en sommeil et resurgit à la


surface de manière tout à fait occasionnelle, du fait exclusif de l’empereur, comme cela
ressort d’ailleurs de la lecture des deux passages pertinents, dans le but d’honorer une
personnalité précise. Mon opinion peut se voir corroborée par le témoignage d’un texte
qui mérite l’attention, édité naguère par B. Flusin et connu aujourd’hui – de façon
conventionnelle – sous le nom Vie de Nicétas David 84. D’après ce texte, l’empereur, en
l’occurrence Léon VI le Sage (886-912), soucieux d’attirer de son côté Nicétas David –
élève d’Aréthas, il faut le souligner 85 –, pour qu’il ne s’oppose pas à lui dans l’affaire bien
connue de la tétragamie, lui propose de le nommer maître de philosophie ; si Nicétas
rejetait cette proposition, la discipline pourrait être différente, et il pourrait enseigner
la rhétorique : […] Θέλω σε […] φιλοσοφίας διδάσκαλον προβαλεῖν εἰς οἰκοδομὴν
πολλοῖς […] καὶ εἰ μὴ ταῦτα δύνῃ […] ῥητορικῆς γοῦν ἀντιποιήσῃ, κἂν θέλῃς κἂν μὴ
θέλῃς 86. Au-delà de cette mention concrète, qu’on ne peut certainement considérer
comme négligeable, il est question dans ce même récit hagiographique d’élèves de Nicétas,
qui avaient d’ailleurs subi des persécutions, manifestement de la part des cercles du
palais 87. La Vie de Nicétas esquisse donc dans les très grandes lignes le portrait d’un
maître à succès – privé, soulignons-le – auquel est faite une proposition analogue à celle
de Théophile à Léon le Mathématicien ou de Constance II à Thémistios 88, sauf qu’il ne
s’agit pas de cours libres mais de l’attribution d’un enseignement dans une école de niveau
« universitaire », sans que nous sachions laquelle, comme tend à l’admettre Paschalidès 89.
Selon mon avis personnel, le texte, tel qu’il a été formulé, renvoie à des disciplines
qui étaient enseignées soit à la Magnaure, soit plus tard à l’école du Porphyrogénète 90.
Mais il est en tout cas fort douteux qu’il s’agisse d’un enseignement à la Magnaure,
dont les traces se perdent après la mort de Léon le Mathématicien, et il est tout aussi
difficile, sinon impossible, que la proposition de Léon VI concerne l’école de la Néa,
qui fonctionnait vraisemblablement à cette époque, puisque les disciplines proposées à
Nicétas, philosophie et rhétorique, renvoient clairement à un enseignement dispensé à un

84. B. Flusin, Un fragment inédit de la Vie d’Euthyme le patriarche ? TM 9, 1985, p. 119-131 ;


aussi Id., Un fragment inédit de la Vie d’Euthyme le patriarche ? 2, Vie d’Euthyme ou Vie de Nicétas ?,
TM 10, 1987, p. 233-260.
85. Paschalides, Νικήτας Δαβίδ Παφλαγών (cité n. 58), p. 92-94. Sur Nicétas, voir tout
dernièrement Th. Antonopoulou, The unedited Life of Saint John Chrysostom by Nicetas David
the Paphlagonian : an introduction, Byz. 86, 2016, p. 1-51.
86. Flusin, Fragment inédit (cité n. 84), p. 125, 38-42. Cf. Paschalides, Νικήτας Δαβίδ
Παφλαγών (cité n. 58), p. 96. Le témoignage de la Vie d’Euthyme est capital ici ; voir Vita Euthymii XVI,
p. 104-109.
87. […] τῶν ἄλλων δὲ μαθητῶν ὧδε κἀκεῖ δεδιωγμένων […] (Flusin, Fragment inédit [cité n. 84],
p. 125, 17). Voir aussi Id., Vie d’Euthyme ou Vie de Nicétas ? (cité n. 84), p. 253, n. 121. La Vie de
Nicétas est très probablement produite par un disciple de Nicétas et peut être datée, d’après Flusin
(Vie d’Euthyme ou Vie de Nicétas ? [cité n. 84], p. 259-260), avant 942-950. Voir aussi Paschalides,
Νικήτας Δαβίδ Παφλαγών (cité n. 58), p. 106-112, ici p. 106-107, PmbZ 25712 et tout récemment
G. Tsiaples, A Byzantine emperor between reality and imagination : the image of Leo VI in the
hagiographical texts of the middle Byzantine period, Parekbolai 4, 2014, p. 85-110, ici p. 100-102
(ejournals.lib.auth.gr/parekbolai/article/view/4480/4551).
88. Voir supra, p. 63-64.
89. Paschalides, Νικήτας Δαβίδ Παφλαγών (cité n. 58), p. 98-99.
90.  Comme le signale à juste titre Paschalides, ibid., p. 99. Voir aussi infra, p. 77-80 et 81-82.
66 athanasios markopoulos

niveau très élevé. Je pense que la solution au problème posé peut résulter de l’apostrophe
suivante de la Vie de Nicétas : […] Θέλω σε […] φιλοσοφίας διδάσκαλον προβαλεῖν εἰς
οἰκοδομὴν πολλοῖς 91. Il est évident que Léon propose à Nicétas un enseignement public
de philosophie ou de rhétorique qui puisse être suivi par un large public et non par le
public restreint de l’école ou d’un autre établissement d’enseignement, fût-il supérieur,
ces établissements étant, ne l’oublions pas, des institutions privées qui présupposent le
versement de droits d’inscription. Naturellement, si l’interprétation donnée au passage
cité ci-dessus est correcte, la question reste ouverte de savoir où Nicétas aurait choisi
d’enseigner, puisqu’aucune conjecture ne peut être faite en l’occurrence.
On sait que la qualité d’enseignant de Photius et d’Aréthas a été mise en doute, presque
combattue, par Lemerle 92. Mais d’un autre côté, on admet aussi aujourd’hui que cette
position du byzantiniste français est vulnérable et appelle des réserves, du moins avec
le caractère absolu qu’il lui a conféré. Les deux érudits précités, et sans doute d’autres
aussi dans des contextes différents et à d’autres moments, ont eu des activités de maîtres
privés, constituant autour d’eux un groupe de disciples avec lesquels ils avaient des liens
particulièrement étroits 93. Pour Photius notamment, nous avons la possibilité, sur un plan
tout à fait différent par rapport à Aréthas, de reconstituer son « cercle », les photiens 94,
que le patriarche décrit lui-même avec une force d’expression quasi incomparable dans sa
fameuse lettre adressée au pape Nicolas en août ou septembre 861 : […] τῶν μανθανόντων
ὁρῶντες τὸν πόνον, τὴν σπουδὴν τῶν ἐπερωτώντων […] τῶν ταῖς μαθηματικαῖς σχολαῖς
λεπτυνομένων τὴν διάνοιαν, τῶν ταῖς λογικαῖς μεθόδοις ἰχνευόντων τὸ ἀληθές […]
τοιοῦτος γὰρ χορὸς τῆς ἐμῆς οἰκίας ἦν ὁ χορός. ἐξιόντι δὲ πάλιν πρὸς τὴν βασίλειον
πολλάκις αὐλὴν αἱ προπεμπτήριοι τῶν εὐχῶν καὶ τοῦ μὴ βραδύνειν ἡ προτροπή […]
τούτων ἁπάντων ἐξέπεσον· ὑπὲρ τούτων ὠδυρόμην· τούτων ἀποσπωμένῳ πηγαὶ δακρύων
ἀνεστομοῦντο καὶ λύπης ἀχλὺς περιεκέχυτο 95. Cette lettre a fait l’objet d’une analyse
attentive, bien entendu, de la part de Lemerle, qui parle de « cercle privé, de société de
pensée, ou d’académie, dont Photius est l’âme, et sa maison le siège » 96 ; avec la tendance
à la codification qui l’a toujours distingué, Lemerle a soutenu que le cercle de Photius
comportait trois catégories d’auditeurs : les plus avancés, les plus jeunes et les néophytes.
Elles composaient à elles trois le chœur dont parle la lettre, terme, comme cela est noté à
juste titre, emprunté au vocabulaire de l’école antique 97. Le savant français parle aussi de
lecture de textes ou même de commentaire de textes par le cercle privé, mais dénie toute
sorte de démarche d’enseignement ou ne serait-ce que de lecture critique des textes, et

91. Flusin, Fragment inédit (cité n. 84), p. 125, 38 (soulignement ajouté).


92. Lemerle, Premier humanisme, pour Photius : p. 164-165, 183-185, 197-202 ; pour Aréthas :
p. 209-213, 236-237.
93.  Voir les deux contributions révélatrices de L. Canfora, Il «reading circle» intorno a Fozio,
Byz. 68, 1998, p. 222-223 ; Id., Le « cercle des lecteurs » autour de Photius : une source contemporaine,
REB 56, 1998, p. 269-273. Pour Aréthas, voir précisément Paschalides, Νικήτας Δαβίδ Παφλαγών
(cité n. 58), p. 93.
94.  Voir A. Kazhdan, A history of Byzantine literature (850-1000), ed. by Ch. Angelidi, Αθήνα
2006, p. 37-41.
95. Photius, Epistulae et Amphilochia. 3, ep. 290 [p. 124-138], ici p. 126, 65-83. Voir la traduction
de Lemerle, Premier humanisme, p. 198.
96. Lemerle, Premier humanisme, p. 197-199, ici p. 199.
97. Lemerle, Premier humanisme, p. 198.
L’éducation à Byzance aux ixe-xe siècles 67

il est presque révélateur que la Bibliothèque – pour ne mentionner à titre d’exemple que
l’un des ouvrages du patriarche, dont les fins éducatives sont très claires, et qui indique
ses choix de lecture –, qu’un chercheur serein aurait classée quasi naturellement dans le
domaine de la stylistique, conformément du moins aux conclusions de Kustas largement
admises par Lemerle 98, a été dissociée par le byzantiniste français du cercle photien pour
des raisons qui tiennent à sa datation 99, problème qui a depuis fait couler beaucoup
d’encre 100. Cependant, de ce cercle d’auditeurs, connu aussi par un texte fort important,
commenté il y a un certain temps par Canfora, d’après lequel on peut conclure sans
hésitation que le patriarche enseignait à un cercle d’élèves dans la capitale de l’Empire 101,
est issu au moins un littérateur ; il s’agit de Georges de Nicomédie, bien connu grâce à ses
échanges de vues avec Photius concernant la notion de style dans les textes 102.
Dans l’Empire byzantin, « l’enseignement supérieur » n’a pas la dynamique que nous
rencontrons dans les autres formes d’enseignement dont il a déjà été question. Pour
« l’Université impériale », dont la fondation, comme chacun sait, date précisément de
425 103, nous ne possédons pas d’indications attestant qu’il demeura actif après le règne

98. Lemerle, Premier humanisme, p. 196, n. 59, avec la bibliographie antérieure ; voir maintenant
O. Prieto-Dominguez, On the founder of the Skripou Church : literary trends in the milieu of
Photius, GRBS 53, 2013, p. 166-191, ici p. 181, n. 48.
99. Lemerle, Premier humanisme, p. 199.
100.  À ma connaissance, les dernières contributions consacrées à la datation de la Bibliothèque
proviennent de la plume de F. Ronconi, The patriarch and the Assyrians : new evidence for the date
of Photios’ Library, Segno e testo 11, 2013, p. 387-395 et Id., Pour la datation de la Bibliothèque de
Photius : la Myriobiblos, le patriarche et Rome, dans Byzanz und das Abendland. 2, Studia Byzantino-
Occidentalia, hrsg. von E. Juhász, Budapest 2014, p. 135-153. Études importantes, surtout la seconde,
mais qui appelleraient malgré tout quelques réserves. Du même auteur proviennent deux contributions
supplémentaires : Nec supersit apud quemlibet saltem unus iota, vel unus apex : l’autodafé d’où naquit
la Bibliothèque de Photius, dans Byzanz und das Abendland. 3, Studia Byzantino-Occidentalia, hrsg.
von E. Juhász, Budapest 2015, p. 31-52 et Il «moveable feast» del patriarca : note e ipotesi sulla genesi
della Bibliotheca di Fozio, dans Nel segno del testo : edizioni, materiali e studi per Oronzo Pecere, a cura
di L. Del Corso, F. De Vivo, A. Stramaglia, Firenze 2015, p. 203-232. Cf. aussi Pontani, Scholarship
in the Byzantine Empire (cité n. 14), p. 333-336.
101.  Voir Canfora, Il «reading circle» (cité n. 93), passim, mais surtout Id., Le « cercle des lecteurs »
autour de Photius (cité n. 93), p. 271-273, où le texte du IXe canon du synode tenu à Constantinople
en 869/870 est signalé et commenté avec attention. Sur le cercle de Photius, voir aussi F. Ronconi, La
collection brisée : la face cachée de la « collection philosophique » : les milieux socioculturels, dans La
face cachée de la littérature byzantine : le texte en tant que message immédiat, sous la dir. de P. Odorico,
Paris 2012, p. 137-166, ici p. 152-155, et tout dernièrement Prieto-Dominguez, On the founder of
the Skripou Church (cité n. 98), passim. L’argumentation de l’auteur est abondante, mais les résultats
obtenus restent peu convaincants.
102. Kazhdan, History (cité n. 94), p. 38, n. 71.
103.  CTh 14, 9, 3 = CJ 11, 19, 1. Sur cette « grande école » de l’Empire la bibliographie est
abondante. On peut toujours se référer à Lemerle, Premier humanisme, p. 63-64 et à Speck, compte
rendu de Lemerle (cité n. 8), p. 385-392 = Id., Understanding Byzantium (cité n. 8), p. 6-16. Voir
aussi et à titre purement indicatif Schlange-Schöningen, Kaisertum und Bildungswesen (cité n. 77),
p. 114-121 ; A. Markopoulos, Roman antiquarianism : aspects of the Roman past in the middle
Byzantine period (9th-11th centuries), dans Proceedings of the 21st international congress of Byzantine
studies, London, 21-26 August, 2006. 1, Plenary papers, sous la dir. de E. Jeffreys, Aldershot – Burlington
2006, p. 277-297, ici p. 280 ; Id., In search for “higher education” (cité n. 19), p. 34 ; Loukaki, Le
profil des enseignants (cité n. 45), p. 222, n. 34 ; Chatzilazarou, Η βασίλειος στοά (cité n. 77),
p. 334-338, 340 et passim.
68 athanasios markopoulos

d’Héraclius (610-641) 104. À partir de cette époque, l’État ne prendra plus d’autre initiative
dans le domaine de l’enseignement « supérieur » et il s’écoulera plus de deux siècles avant
que se manifeste une nouvelle initiative de l’Empire, avec la fondation de l’école de la
Magnaure 105. En tout cas, le sort de « l’enseignement supérieur » commença à décliner
dès l’époque de Justinien, lorsque l’empereur mit en œuvre le dogme de l’État unique
centralisateur, doté d’une seule langue et d’une seule religion, sans dérogations. C’est
ainsi qu’en septembre 529, Justinien prendra le fameux décret par lequel il interdira
l’enseignement aux païens, aux hérétiques et aux juifs ; c’est alors que se situe aussi
l’interruption du fonctionnement de l’école d’Athènes 106. Par conséquent, la recherche et
la pensée libre, éléments fondamentaux de la culture aux siècles précédents, reculent 107.
Ce serait déformer la réalité de l’époque que de soutenir qu’après les décisions
institutionnelles imposées par la poigne de Justinien en ce qui concerne l’enseignement,
Byzance coupa le cordon ombilical qui la reliait à la culture. D’un autre côté, il ne fait
pas de doute qu’à partir du viie siècle, nos sources se tarissent et qu’il est très difficile
de détecter des informations, non seulement sur l’« enseignement supérieur » mais sur
l’enseignement en tant que tel en général. Cependant, le niveau culturel d’une élite en
tout cas restreinte, présente dans les centres urbains, et en fait presque exclusivement
dans la capitale, resta élevé, puisque le processus d’enseignement n’est pas interrompu,
comme cela ressort de manière presque évidente de très nombreux témoignages de textes
hagiographiques essentiellement 108. En tout cas, les informations dispersées qui sont à

104. Lemerle, Premier humanisme, p. 77-81 ; W. Wolska-Conus, Stéphanos d’Athènes et


Stéphanos d’Alexandrie : essai d’identification et de biographie, REB 47, 1989, p. 5-89, ici p. 15-20,
82-89. Cf. M. Papathanassiou, Stephanos of Alexandria : a famous Byzantine scholar, alchemist and
astrologer, dans The occult sciences in Byzantium, P. Magdalino, M. Mavroudi (eds.), Geneva 2006,
p.  163-203 ; Loukaki, Le profil des enseignants (cité n. 45), p. 233-235. Ajouter aussi S. Matthaios,
Greek scholarship in the imperial era and late antiquity, dans Brill’s companion to ancient Greek
scholarship (cité n. 14), p. 184-296, ici p. 207, n. 81, p. 268, p. 270, p. 286-287.
105. Voir infra, p. 69-70.
106.  CJ 1, 11, 10 § 2 et 1, 5, 18 § 4. Voir Damascius, The philosophical history, text with transl.
and notes by P. Athanassiadi, Athens 1999, p. 39-48, mais surtout J. Beaucamp, Le philosophe et le
joueur : la date de la « fermeture de l’école d’Athènes », TM 14, 2002, p. 21-35, ici p. 24-25, n. 22-24,
où l’on trouvera une analyse détaillée des causes à l’origine de cette décision. Cf. cependant, en sens
contraire, E. Watts, Justinian, Malalas, and the end of Athenian philosophical teaching in ad 529,
JRS 94, 2004, p. 168-182 et Ch. Wildberg, Philosophy in the age of Justinian, dans The Cambridge
companion to the age of Justinian, ed. by M. Maas, Cambridge 2005, p. 316-340. Sur la vie scolaire à
Athènes on peut lire avec profit la contribution de D. DeForest, Between mysteries and factions :
initiation rituals, student groups, and violence in the schools of late antique Athens, Journal of late
antiquity 4, 2011, p. 315-342. Cf. aussi en dernier lieu Markopoulos, In search for “higher education”
(cité n. 19), p. 34-35 et Loukaki, Le profil des enseignants (cité n. 45), p. 227-228.
107. Lemerle, Premier humanisme, p. 72 ; C. Rapp, Literary culture under Justinian, dans
The Cambridge companion to the age of Justinian (cité n. 106), p. 376-397, ici p. 392-395 ; aussi
P. Athanassiadi, Vers la pensée unique : la montée de l’intolérance dans l’Antiquité tardive, Paris 2010,
p. 114-119.
108. Lemerle, Premier humanisme, p. 98-99 ; aussi D. R. Reinsch, Literarische Bildung in
Konstantinopel im 7. und 8. Jahrhundert : das Zeugnis der Homiletik, dans I manoscritti greci tra
riflessione e dibattito : atti del V colloquio internationale di paleografia greca (Cremona, 4-10 ottobre 1998),
a cura di G. Prato, Firenze 2000, p. 29-46, et récemment F. Ronconi, Quelle grammaire à Byzance ? La
circulation des textes grammaticaux et son reflet dans les manuscrits, dans La produzione scritta tecnica
e scientifica nel Medioevo : libro e documento tra scuole e professioni : atti del convegno internazionale di
L’éducation à Byzance aux ixe-xe siècles 69

notre disposition, et qui ont été déjà analysées, ce qui, en fait, rend superflu tout autre
commentaire 109, certifient qu’il n’apparaît pas d’établissements nouveaux. En outre, la
crise que vivra Byzance pendant une longue période après l’époque d’Héraclius aura des
répercussions directes sur l’enseignement : les pertes territoriales alors enregistrées priveront
l’Empire des « écoles supérieures » qui lui restaient 110, comme celle d’Alexandrie 111, et les
catastrophes naturelles et autres ainsi que des épidémies viendront parachever l’œuvre
de destruction 112.
Nous avons déjà signalé que l’absence d’« écoles supérieures » allait être palliée par les
écoles des γραμματικοί 113. Cependant, je considère comme particulièrement important
le fait que presque tout de suite après la fin de la crise iconoclaste 114 Byzance procède
à la reconstitution de l’enseignement « supérieur » avec la Magnaure, sur l’initiative du
césar Bardas, auquel περὶ πολλοῦ […] ἡ σοφία πεφιλοτίμητο (855) 115. Lemerle pense que
la création de ce nouvel établissement était une initiative purement privée de Bardas,
sans coloration politique 116. Bien qu’il ne fasse pas de doute que son appréciation est
correcte sur cette question de l’initiative privée – il s’agit d’une pratique dont nous
avons beaucoup d’exemples dans le passé et qui devait en donner encore davantage à
l’avenir –, l’intention politique de cette décision est incontestable : il était visible que
dans la seconde moitié du ixe siècle, une élite constantinopolitaine accédait lentement
mais sûrement à l’avant-scène de l’histoire, libérée de la problématique dogmatique
interminable de l’iconoclasme et visant manifestement à prendre en main les rênes de

studio dell’Associazione italiana dei paleografi e diplomatisti, Fisciano, Salerno, 28-30 settembre 2009,
a cura di G. De Gregorio e M. Galante, Spoleto 2012, p. 63-110, ici p. 72-75. Voir en dernier lieu
J. Haldon, Dark-age literature, dans Byzantine culture, ed. by D. Sakel, Ankara 2014, p. 71-81, ici
p. 72-74, p. 75-77 et passim.
109. Lemerle, Premier humanisme, p. 74-77, 97-99 ; Haldon, Dark-age literature (cité n. 108),
p. 76, n. 15.
110.  Cf. E. Watts, Education : speaking, thinking, and socializing, dans The Oxford handbook of
late antiquity, ed. by S. Fitzgerald Johnson, Oxford 2012, p. 467-486, ici p. 471-472.
111.  Alexandrie avait survécu à l’interdiction de Justinien. Voir Watts, Justinian, Malalas, and the
end of Athenian philosophical teaching (cité n. 106), p. 178 ; aussi A. Tihon, Enseigner les sciences à
Alexandrie à la fin de l’Antiquité, dans Lumières de la sagesse (cité n. 15), p. 329-335. Cf. aussi supra,
p. 68, n. 106.
112.  Comme il est bien connu, le tremblement de terre de 551 détruisit la fameuse école de
droit de Bérytos, un autre grand séisme dévasta quelques années plus tard Aphrodisias et l’épidémie
de peste de 551 se trouve peut-être derrière l’interruption du fonctionnement de l’école de droit de
Constantinople. Voir dernièrement Markopoulos, In search for “higher education” (cité n. 19), p. 36 ;
Loukaki, Le profil des enseignants (cité n. 45), p. 228.
113. Voir supra, p. 56 et passim.
114.  Voir ici l’article important de K. Demoen, Culture et rhétorique dans la controverse
iconoclaste, Byz. 68, 1998, p. 311-346.
115.  Iosephi Genesii Regum libri quattuor, rec. A. Lesmueller-Werner et I. Thurn (CFHB 14),
Berolini – Novi Eboraci 1978, 69, 53 ; cf. aussi le témoignage de Theophanes continuatus IV, 26,
8-22/23, p. 262 éd. Featherstone – Signes. Voir Lemerle, Premier humanisme, p. 159-160 (où est
signalé le caractère incertain de la date de fondation de l’école), 165-167 et passim. Voir aussi Speck,
Kaiserliche Universität (cité n. 6), p. 10-13 ; Cameron, The Greek anthology (cité n. 71), p. 308-311, et
récemment P. Varona Codeso, Miguel III (842-867) Construcción histórica y literaria de un reinado,
Madrid 2009, p. 141-152, 285-287 ; il s’agit d’une bonne lecture des sources. Cf. aussi Markopoulos,
In search for “higher education” (cité n. 19), p. 37.
116. Lemerle, Premier humanisme, p. 160.
70 athanasios markopoulos

l’État 117. Le rôle de la culture allait être sur ce point déterminant. Qu’il me soit permis
de rappeler que Lemerle a parlé de « couche sociale constantinopolitaine », d’ailleurs très
mince, en abordant l’arrière-plan social des élèves du professeur anonyme 118, mais qu’il
évite de procéder à des appréciations analogues concernant la Magnaure. Et pourtant, il
est plus que vraisemblable qu’un phénomène similaire se produisit, si nous combinons la
création de la Magnaure par un dignitaire de haut rang de l’Empire avec l’attribution de
sa direction à Léon le Mathématicien, protégé du tout-puissant césar Bardas. Il est clair
que le passé iconoclaste de Léon ne fit pas obstacle, du moins dans une première phase,
au fait qu’il prenne en main les destinées de cette école ambitieuse, et cela quelques années
seulement après la fin de la querelle iconoclaste 119. D’après les sources historiques, les
trois enseignants qui, en collaboration avec Léon – chargé d’enseigner la philosophie –,
exercèrent des fonctions éducatives précises dans l’école, étaient les suivants 120 : Théodore,
élève de Léon, avait en charge la géométrie 121 ; l’astronomie fut confiée à Théodègios, élève
aussi de Léon 122, et la grammaire à un personnage bien connu, Komètas 123. Il est évident
que Léon n’opta pas pour le quadrivium classique – arithmétique, musique, géométrie
et astronomie 124. Aussi bien Génésios que la Continuation de Théophane, qui puisent
manifestement aux mêmes sources, insistent sur le fait que le financement généreux de
la Magnaure avait été garanti par Bardas lui-même 125.

117.  Voir à titre d’exemple Gaul, Rising elites (cité n. 10), p. 239-241, 243-248.
118. Lemerle, Premier humanisme, p. 256.
119.  Sur Léon, outre Lemerle (Premier humanisme [cité n. 2], p. 148-176 et passim) et Speck
(Kaiserliche Universität [cité n. 6], p. 14-21, 63-66 et passim), voir PmbZ 4440, où l’on trouve une
vaste bibliographie. On peut ajouter : Markopoulos, Βυζαντινή εκπαίδευση (cité n. 20), p. 191,
n.  35 ; Magdalino, The road to Baghdad (cité n. 80), p. 199-203 ; 207-208 ; Id., L’orthodoxie des
astrologues : la science entre le dogme et la divination à Byzance, vii e-xiv e siècle, Paris 2006, p. 65-68 ; Id.,
Occult science et imperial power in Byzantine history and historiography, dans The occult sciences (cité
n. 104), p. 119-162, ici p. 80, 124-125, 128-130, 132, 160 ; A. Kaldellis, Hellenism in Byzantium : the
transformation of Greek identity and the reception of the classical tradition, Cambridge 2007, p. 182-183 ;
O. Prieto-Dominguez, De alieno nostrum : el centón profano en el mundo griego, Salamanca 2010,
p. 120-179 ; N. Siniossoglou, Radical Platonism in Byzantium : illumination and utopia in Gemistos
Plethon, Cambridge 2011, p. 64-65 ; Ronconi, La collection brisée (cité n. 101), p. 150-152, 156-157 ;
Signes-Codoñer, The emperor Theophilos and the East (cité n. 80), p. 113, 232 n. 69, 239, 434-437,
439, 454 et passim et tout dernièrement Pontani, Scholarship in the Byzantine Empire (cité n. 14),
p. 328-331, 338, 341. Voir aussi supra, p. 64, n. 80.
120.  Génésios 69, 58-70, 61/62 (cité n. 115) ; Theophanes continuatus IV, 29, 14-19, éd.
Featherstone – Signes ; aussi Хроника Георгия Амартола въ древнемъ славянорусскомъ переводѣ :
текстъ, изслѣдованіе и словарь. 2, Греческий текст «Продолжения Амартола» ; Изслѣдованіе,
В. М. Истринъ [V. M. Istrin], Петроградъ 1922, 9, 31 – 10, 2.
121.  PmbZ 7693.
122.  PmbZ 7277.
123.  PmbZ 3667. Ajouter Kazhdan, History (cité n. 94), p. 314-315 (mais voir les justes remarques
de J. Signes Codoñer, La diffusion envisagée par l’auteur pour son œuvre comme guide pour un
classement de la littérature à Byzance aux ixe et xe siècles, dans La face cachée de la littérature byzantine
[cité n. 101], p. 87-122, ici p. 88-89). Cf. aussi Pontani, Scholarship in the Byzantine Empire (cité
n. 14), p. 329-330.
124. Lemerle, Premier humanisme, p. 132.
125.  Génésios 70, 67-72 (cité n. 115) ; Theophanes continuatus IV, 29, 19-22, p. 272 éd.
Featherstone – Signes.
L’éducation à Byzance aux ixe-xe siècles 71

Le fonctionnement de la Magnaure donna incontestablement une impulsion essentielle


au niveau culturel de l’époque et plus précisément aux lettres classiques, si nous nous
souvenons non seulement de l’œuvre littéraire très variée produite par Léon, mais aussi
de tout ce qui est attribué à Komètas, le plus célèbre peut-être des enseignants de la
Magnaure. En outre, la Magnaure et Léon personnellement ont été associés par une partie
des chercheurs, mais sans preuves décisives, à l’apparition sur le devant de la scène de
l’énigmatique « collection philosophique » 126 : même si l’on adopte maintenant le point
de vue selon lequel cette collection, au sens propre du terme, n’a pas existé et qu’il faut
plutôt parler, même avec une certaine prudence, d’une série de manuscrits grecs à contenu
philosophique et scientifique attribuables à un groupe de copistes expérimentés dans la
seconde moitié du ixe siècle, il est plus que certain aujourd’hui que si Byzance a réussi à
recréer au ixe et surtout au xe siècle un espace où pouvait revivre la littérature classique
– peut-être moins systématique et « highly sophisticated » que le prétend non sans une
certaine dose d’exagération Kaldellis 127 – cela est dû sans aucun doute à la Magnaure
et à Léon 128. En tout cas, la voie frayée par Léon n’était pas jonchée de roses : un de
ses disciples, l’hystérique 129 Constantin le Sicilien, a écrit contre lui trois poèmes, dans
lesquels il l’accuse de multiples incongruités, la plus grave étant peut-être qu’il s’appelait

126.  Sur la « collection philosophique », d’une bibliographie très abondante ne retenons que
certains titres : L. G. Westerink, Das Rätsel des untergründigen Neuplatonismus, dans Φιλοφρόνημα :
Festschrift für Martin Sicherl zum 75. Geburtstag, hrsg. von D. Harlfinger, Padeborn 1990, p. 105-123,
ici p.  108 ; M. Rashed, Nicolas d’Otranto, Guillaume de Moerbeke et la Collection philosophique,
Studi medievali 43, 2002, p. 693-717, ici p. 715-716 ; G. Cavallo, Da Alessandria a Costantinopoli ?
Quelque riflessione sulla «collezione filosofica», Segno e testo 3, 2005, p. 249-263 ; H. D. Saffrey,
Retour sur le Parisinus graecus 1807, le manuscrit A de Platon, dans The libraries of the Neoplatonists :
proceedings of the meeting of the European science foundation network “Late antiquity and Arabic thought :
patterns in the constitution of European culture…”, ed. by C. D’Ancona, Leiden 2007, p. 3-28, ici p. 4,
n.  4 ; G. Cavallo, Qualche riflessione sulla «collezione filosofica», ibid., p.  155-165 ; Ph. Hoffmann,
Les bibliothèques philosophiques d’après le témoignage de la littérature néoplatonicienne des ve et
vie siècles, ibid., p.  135-153 ; D. Marcotte, Le corpus géographique de Heidelberg (Palat. Heidelb.
gr. 398) et les origines de la « Collection philosophique », ibid., p. 167-175 ; F. Ronconi, Le silence des
livres : manuscrits philosophiques et circulation des idées à l’époque byzantine moyenne, Quaestio 11,
2011, p. 169-207 ; Id., La collection brisée (cité n. 101), passim ; Id., La collection philosophique :
un fantôme historique, Scriptorium 67, 2013, p. 119-140 (voir la critique très sévère de Ronconi par
D. Marcotte, La « Collection philosophique » : historiographie et histoire des textes, Scriptorium 68,
2014, p.  145-165) ; M. Trizio, A new testimony on the Platonist Gaius, GRBS 53, 2013, p. 136-145,
ici p.  136-137 ; Pontani, Scholarship in the Byzantine Empire (cité n. 14), p. 340-341. Pour la liste
des dix-huit manuscrits de la collection voir Ronconi, La collection brisée (cité n. 101), p. 160 ; Id.,
La collection philosophique : un fantôme historique (cité plus haut), p. 136 ; aussi Marcotte, La
« Collection philosophique » (cité plus haut), p. 146-151.
127. Kaldellis, Hellenism in Byzantium (cité n. 119), p. 180.
128.  Le témoignage de Génésios est décisif : […] ὥστε τοῦ λόγου τὰ σπέρματα ἔκτοτε καὶ μέχρι τῆς
δεῦρο διαυξηθέντα ἐπὶ πλέον τελεσφορεῖν εἰς ἐκείνου (sc. de Bardas) μνήμην ἀνάγραπτον (Génésios 70,
65-66 [cité n. 115]). Speck (Kaiserliche Universität [cité n. 6], p. 6-9, 14-21) considère, à tort, que la
Magnaure était fondée pour l’élite de l’époque, opinion adoptée sans réserve par Pontani, Scholarship
in the Byzantine Empire (cité n. 14), p. 330.
129.  Le qualificatif est de Kaldellis, Hellenism in Byzantium (cité n. 119), p. 182 ; Siniossoglou
(Radical Platonism in Byzantium [cité n. 119], p. 65), le reprend. Lemerle (Premier humanisme, p. 175)
fait aussi état d’un « esprit un peu dérangé ».
72 athanasios markopoulos

lui-même Ἕλλην 130. Si vain soit-il de suivre les acrobaties idéologiques d’un lettré de
faible envergure dont il est clair qu’il passa très près de Léon mais sans l’approcher, on ne
peut que s’interroger non seulement sur la qualité de l’auditoire qui suivait les cours de
Léon à la Magnaure, mais aussi sur l’impact qu’avaient ces cours sur des couches concrètes
de la population, qui étaient en fin de compte solidement attachées à des valeurs situées
aux antipodes de tout ce que prônait Léon, et avec lui tout le courant de l’époque.
Après la mort de Léon (post 869), les traces de la Magnaure se perdent et il n’existe
aucun témoignage attestant que l’école continua de fonctionner quelque temps 131. Il
semble que la situation changea de nouveau au cours de la seconde moitié du xe siècle
– environ à l’époque où l’on note la présence parallèle à Constantinople de l’école de
l’Anonyme, mais aussi de l’école que fréquenta le jeune Abraamios 132 – lorsque le VIe livre
de la Continuation de Théophane note qu’à cette époque, « αἱ λογικαὶ τέχναι καὶ αἱ
ἐπιστῆμαι » avaient été abandonnées et que l’empereur Constantin VII Porphyrogénète
(945-959), tout juste monté sur le trône, ἐπεὶ γὰρ ἠπίστατο πρᾶξιν και θεωρίαν πρὸς
Θεὸν ἡμᾶς οἰκειοῦντα, καὶ τὴν μὲν πρᾶξιν πολιτικοῖς προσαρμόζουσαν πράγμασιν, τὴν
θεωρίαν δὲ τοῖς λογικοῖς décida de réorganiser le système éducatif (« supérieur ») en
choisissant quatre παιδευτὰς ἀρίστους : le prôtospathaire Constantin pour enseigner
la philosophie 133, le métropolite de Nicée Alexandre pour la rhétorique 134, le patrice
Nicéphore Erôtikos pour la géométrie 135 et l’asèkrètis Grégoire pour l’astronomie 136. Ce
faisant, affirme avec insistance le Continuateur, l’empereur, qui aidait financièrement
les enseignants et les élèves, tout comme Bardas la Magnaure, τὴν πολιτείαν Ῥωμαίων τῇ
σοφίᾳ κατεκόσμησεν καὶ κατεπλούτισεν 137. Il est évident que l’auteur inconnu de cette
dernière partie de la Continuation de Théophane visait à faire l’éloge du Porphyrogénète
pour tout ce qu’il avait apporté à la culture et que le passage, si on l’interprète, bien

130.  On se reportera à l’édition de M.-D. Spadaro, Sulle composizioni di Costantino il filosofo


del Vaticano 915, Siculorum gymnasium NS 24, 1971, p. 175-205. Sur Constantin le Sicilien voir
maintenant PmbZ  23741 ; ajouter I. Vassis, Initia carminum Byzantinorum, Berlin – New York 2005,
p. 32, 253, 410, 476.
131. Lemerle (Premier humanisme [cité n. 2], p. 263-266) tente en vain de démontrer le contraire.
Speck, Kaiserliche Universität (cité n. 6), p. 22-28, va dans le bon sens.
132. Voir supra, p. 56-61 et passim.
133.  PmbZ 23916.
134.  Alexandre entretient une correspondance avec Nicétas Magistros (Nicétas Magistros, Lettres
d’un exilé, 928-946, introd., éd., trad. et notes par L. G. Westerink, Paris 1973, no 9 [p. 74-79]) mais
aussi avec le professeur anonyme : Anonymi professoris epistulae (cité n. 14), no 69 (p. 62-63). Sur sa
vie et sa carrière voir maintenant PmbZ 20231 et Pontani, Scholarship in the Byzantine Empire (cité
n. 14), p. 346, 348, 351. Cf. aussi supra, p. 61, n. 61.
135.  PmbZ 25583.
136.  PmbZ 22411. Il faut signaler que l’enseignement de la rhétorique à l’école du Porphyrogénète
remplaça celui de la grammaire à la Magnaure.
137.  Theophanes continuatus 446, 1-22 (éd. Bekker). Le Vaticanus gr. 163, qui appartient au
dit « cercle » de Logothète, donne un texte similaire : A. Markopoulos, Le témoignage du Vaticanus
gr. 163 pour la période entre 945-963, Σύμμεικτα 3, 1979, p. 83-119, ici § 5, 92, 1-12 ; 103-104
(= History and literature of Byzantium in the 9 th-10 th centuries, Aldershot 2004, no III).
L’éducation à Byzance aux ixe-xe siècles 73

entendu, à la lettre, atteste l’abandon de la Magnaure pendant une longue période avant
Constantin VII 138.
Il n’existe pas de source évoquant le fonctionnement de l’école du Porphyrogénète
après sa mort (959) ; je pense personnellement que dans ce cas aussi fut suivie la pratique
antérieure de l’abandon, puisque les empereurs postérieurs, pour autant que nous le
sachions, ne firent preuve d’aucun intérêt particulier à la faire fonctionner.
Récapitulons : notre flânerie dans l’univers de l’enseignement de l’Empire byzantin au
cours des ixe et xe siècles a montré que la cellule éducative élaborée aux époques antérieures
présenta un dynamisme étonnant au cours de cette période : de nouveaux établissements
d’une envergure plus ou moins grande surgissent, des problématiques émergent, des
réactions sont suscitées, mais surtout, un monde nouveau revendique, avec des armes
différentes par rapport au passé, sa présence dans le devenir historique qui tend à se
dessiner après l’iconoclasme. Il ne fait aucun doute que rien ne se produisit par hasard,
ni sans peine ni labeur parfois ; d’un autre côté, les résultats sont impressionnants. Je
souligne la forte présence de l’entourage de l’empereur dans le système éducatif, mais aussi
la présence pléthorique des lettrés qui, à travers la culture, revendiquèrent et obtinrent
une place et leur mot à dire dans des secteurs essentiels de l’appareil étatique. L’absence
de planification centrale en matière éducative, qui renvoie à des pratiques antérieures,
connues dès l’Antiquité classique, ne semble pas avoir fait obstacle au développement
intellectuel de l’État. Sous cet angle, on peut dire, au moins avec une certitude relative,
qu’à la période médiobyzantine, la culture joue un rôle essentiel dans les affaires de
l’Empire. Il s’agit assurément d’un changement important et sensible.

Université nationale et capodistrienne d’Athènes

138. Voir Α. Μαρκοπουλος [A. Markopoulos], Το πορτραίτο του Κωνσταντίνου Ζ΄ του Πορφυρο­


γέννητου στο 6ο βιβλίο της Συνέχειας του Θεοφάνη, dans Εὐκαρπίας ἔπαινος : αφιέρωμα στον καθηγητή
Παναγιώτη Δ. Μαστροδημήτρη, Αθήνα 2007, p. 511-520, ici p. 518 ; cf. Id., In search for “higher
education” (cité n. 19), p. 38.
abréviations
AASS Acta sanctorum quotquot toto orbe coluntur, vel a catholicis scriptoribus
celebrantur quae ex latinis et graecis, aliarumque gentium antiquis monumentis,
collegit, digessit, notis illustrauit J. Bollandus, operam et studium contulit
G. Henschenius, Antuerpiae – Bruxellis 1643-1940.
ACO Acta conciliorum oecumenicorum, ed. instituit E. Schwartz, continuavit J. Straub,
Berlin 1914-1940.
ACO, ser. sec. Acta conciliorum oecumenicorum. Series secunda, ed. R. Riedinger, Berlin 1984-.
Annae Comnenae Alexias : Annae Comnenae Alexias, rec. D. R. Reinsch et A. Kambylis
(CFHB 40, 1), Berolini 2001.
Annales ESC Annales, économie, sociétés, civilisations. Paris.
AnBoll Analecta Bollandiana. Bruxelles.
Anne Comnène, Alexiade : Anne Comnène, Alexiade, règne de l’empereur Alexis I Comnène
(1081-1118), texte établi et trad. par B.  Leib (Collection byzantine), 4 vol.,
Paris 1937-1976.
AnTard Antiquité tardive. Turnhout.
ArchOr Archiv Orientální. Praha.
Aristakès de Lastivert, Récit des malheurs de la nation arménienne, trad. française avec une introd.
et commentaire par M. Canard et H. Berbérian d’après l’éd. et la trad. russe de
K. Yuzbashian (Bibliothèque de Byzantion 5), Bruxelles 1973.
BCH Bulletin de correspondance hellénique. Paris.
BEFAR Bibliothèque des Écoles françaises de Rome et d’Athènes.
BHG, BHG 3 Bibliotheca hagiographica Graeca, 3e éd. mise à jour et considérablement
augmentée, Bruxelles 1957.
BMFD Byzantine monastic foundation documents : a complete translation of the surviving
founders’ typika and testaments, ed. by J. Thomas and A. Constantinides Hero
(DOS 35), Washington DC 2000.
BMGS Byzantine and modern Greek studies. Leeds.
Bryennios, Histoire : Nicéphore Bryennios, Histoire, introd., texte, trad. et notes par P. Gautier
(CFHB 9), Bruxelles 1975.
BSA The annual of the British School at Athens. London.
BSl. Byzantinoslavica : revue internationale des études byzantines. Praha.
Byz. Byzantion : revue internationale des études byzantines. Wetteren.
Byz. Forsch. Byzantinische Forschungen : internationale Zeitschrift für Byzantinistik. Amsterdam.
BZ Byzantinische Zeitschrift. Berlin.
CArch Cahiers archéologiques. Paris.

Autour du Premier humanisme byzantin & des Cinq études sur le xi e siècle, quarante ans après Paul Lemerle,
éd. par B. Flusin & J.‑C. Cheynet (Travaux et mémoires 21/2), Paris 2017, p. IX-XVI.
X abréviations

CC Corpus christianorum. Turnhout.


CCCM Corpus christianorum. Continuatio mediaevalis. Turnhout.
CCSG Corpus christianorum. Series Graeca. Turnhout.
CCSL Corpus christianorum. Series Latina. Turnhout.
CEFR Collection de l’École française de Rome. Rome.
CFHB Corpus fontium historiae Byzantinae.
Cheynet, Pouvoir et contestations : J.-C. Cheynet, Pouvoir et contestations à Byzance : 963-1210
(Byzantina Sorbonensia 9), Paris 1990.
Cheynet, Société : J.‑C. Cheynet, La société byzantine : l’apport des sceaux (Bilans de
recherche 3), Paris 2008.
Cheynet et al., Istanbul : J.‑C. Cheynet, avec la coll. de V. Bulgurlu et T. Gökyıldırım, Les
sceaux byzantins du musée archéologique d’Istanbul, Istanbul 2012.
Cheynet – Morrisson – Seibt, Seyrig : J.‑C. Cheynet, C. Morrisson, W. Seibt, Les sceaux
byzantins de la collection Henri Seyrig, Paris 1991.
CJ Corpus iuris civilis. 2, Codex Justinianus, recognovit P. Krüger, Berolini 1877.
CPG Clavis patrum Graecorum. Turnhout 1974-2003.
CRAI Comptes rendus de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Paris.
CSCO Corpus scriptorum christianorum orientalium. Louvain.
CSHB Corpus scriptorum historiae Byzantinae.
CTh Codex Theodosianus.
DAI Constantine Porphyrogenitus, De administrando imperio, Greek text ed. by
Gy. Moravcsik ; English transl. by R. J. H. Jenkins (CFHB 1), Washington DC
19672.
DChAE Δελτίον τῆς Χριστιανικῆς ἀρχαιολογικῆς ἑταιρείας. Athènes.
Dionysiou Actes de Dionysiou, éd. diplomatique par N.  Oikonomidès (Archives de
l’Athos 4), Paris 1968.
DOC III, 1 Ph. Grierson, Catalogue of the Byzantine coins in the Dumbarton Oaks collection
and in the Whittemore collection. 3, Leo III to Nicephorus III, 717-1081. 1, Leo III
to Michael III, 717-867, Washington DC 1973.
DOC III, 2 Ph. Grierson, Catalogue of the Byzantine coins in the Dumbarton Oaks collection
and in the Whittemore collection. 3, Leo III to Nicephorus III, 717-1081. 2, Basil I
to Nicephorus III, 867-1081, Washington DC 1993.
Docheiariou Actes de Docheiariou, éd. diplomatique par N. Oikonomidès (Archives de
l’Athos 13), Paris 1984.
Dölger & Wirth, Regesten : F. Dölger, P. Wirth, Regesten der Kaiserurkunden des
oströmischen Reiches von 565-1453. 2, 1025-1204, erweiterte und verbesserte
Auflage, München 1995.
DOP Dumbarton Oaks papers. Washington DC.
DOS Dumbarton Oaks studies. Washington DC.
DOSeals 1-6 Catalogue of Byzantine seals at Dumbarton Oaks and in the Fogg Museum of
Art. 1, Italy, North of the Balkans, North of the Black Sea, ed. by J. Nesbitt and
N. Oikonomides, Washington DC 1991 ; 2, South of the Balkans, the Islands,
South of Asia Minor, ed. by J. Nesbitt and N. Oikonomides, Washington DC
1994 ; 3, West, Northwest, and Central Asia Minor and the Orient, ed. by J. Nesbitt
and N. Oikonomides, Washington DC 1996 ; 4, The East, ed. by E. McGeer,
J. Nesbitt and N. Oikonomides, Washington DC 2001 ; 5, The East (continued),
abréviations XI

Constantinople and environs, unknown locations, addenda, uncertain readings, ed. by


E. McGeer, J. Nesbitt and N. Oikonomides, Washington DC 2005 ; 6, Emperors,
patriarchs of Constantinople, addenda, ed. by J. Nesbitt, Washington DC 2009.
DOT Dumbarton Oaks texts. Washington DC.
EEBS Ἐπετηρὶς Ἑταιρείας Βυζαντινῶν σπουδῶν. Ἀθήνα.
EHB The economic history of Byzantium : from the seventh through the fifteenth century,
A. E. Laiou, ed.-in-chief (DOS 39), Washington DC 2002 (réimpr. 2007).
EI Encyclopédie de l’Islam, Leiden – Paris 1913-1938.
Esphigménou Actes d’Esphigménou, éd. diplomatique par J. Lefort (Archives de l’Athos 6),
Paris 1973.
FM 1-12 Fontes minores, hrsg. von D. Simon (Forschungen zur byzantinischen Rechts­
geschichte), Frankfurt am Main 1976-.
GRBS Greek, Roman and Byzantine studies. Durham.
Grumel – Darrouzès, Regestes : V. Grumel, Les regestes des actes du patriarcat de
Constantinople. 1, Les actes des patriarches. 3, 1043-1206, 2e éd. revue et corrigée
par J. Darrouzès, Paris 1989.
Hommes et richesses 2 : Hommes et richesses dans l’Empire byzantin. 2, viii e-xv e siècle, éd.  par
V. Kravari, J. Lefort et C. Morrisson (Réalités byzantines 3), Paris 1991.
IG Inscriptiones Graecae. Berlin 1903-.
Ioannes Mauropus, Opera Iohannis Euchaitorum metropolitae quae in codice Vaticano Graeco
676 supersunt, ed. P. de Lagarde (Abhandlungen der königlichen Gesellschaft
der Wissenschaften zu Göttingen 28), Göttingen 1882.
Ioannes Mauropus, Ep. The letters of Ioannes Mauropous metropolitan of Euchaita, Greek
text, transl., and commentary by A. Karpozilos (CFHB 34), Thessalonike 1990.
IRAIK Известия Русского археологического института в Константинополе. Одесса,
София.
Iviron 1-2 Actes d’Iviron. 1, Des origines au milieu du xi e siècle, éd. diplomatique par J. Lefort,
N.  Oikonomidès, D.  Papachryssanthou, avec la collab. de H.  Métrévéli
(Archives de l’Athos 14), Paris 1985.
Actes d’Iviron. 2, Du milieu du xii e siècle à 1204, éd. diplomatique par J. Lefort,
N. Oikonomidès, D. Papachryssanthou, avec la collab. de V. Kravari et de
H. Métrévéli (Archives de l’Athos 16), Paris 1990.
Janin, Géographie 1, 3 : R.  Janin, La géographie ecclésiastique de l’Empire byzantin. 1, Le siège
de Constantinople et le patriarcat œcuménique. 3, Les églises et les monastères, Paris
1953, 19692.
Janin, Géographie 2  :  R. Janin, Géographie ecclésiastique de l’Empire byzantin. 2, Les églises et
les monastères des grands centres byzantins (Bithynie, Hellespont, Latros, Galèsios,
Trébizonde, Athènes, Thessalonique), Paris 1975.
JGR Jus Graecoromanum, cur. J. et P. Zepos, Athenis 1931.
JHS The journal of Hellenic studies. London.
JÖB Jahrbuch der österreichischen Byzantinistik. Wien.
JRS The journal of Roman studies. London.
Kekaumenos Cecaumeni Strategicon et incerti scriptoris De officiis regiis libellus, ed.
B. Wassiliewsky, V. K. Jernstedt, Petropoli 1896.
Советы и рассказы Кекавмена : сочинение византийского полководца XI века, подгот.
текста, введ., пер. и коммент. Г. Г. Литаврин [G. G. Litavrin], Москва 1972.
XII abréviations

Κεκαυμένος, Στρατηγικόν, εισαγωγή, μετάφραση, σχόλια Δ. Τσουγκαράκης


[D. Tsougkarakis], Αθήνα 1996.
Kekaumenos, Consilia et Narrationes, English transl. by Ch. Roueché (Sharing
ancient wisdoms  2013), http://www.ancientwisdoms.ac.uk/folioscope/
greekLit%3Atlg3017.Syno298.sawsEng01.
Kinnamos Ioannis Cinnami Epitome rerum ab Ioanne et Alexio Comnenis gestarum, rec.
A. Meineke (CSHB), Bonnae 1836.
Lampe Greek patristic lexicon, ed. by G. W. H. Lampe, Oxford 1961.
Laurent, Corpus 2 et 5  :  V.  Laurent, Le corpus des sceaux de l’Empire byzantin. 2, L’administration
centrale, Paris 1981.
V.  Laurent, Le corpus des sceaux de l’Empire byzantin. 5, L’Église. 1-3, Paris
1963-1972.
Lavra 1 Actes de Lavra. 1, Des origines à 1204, éd. diplomatique par P. Lemerle,
A. Guillou, N. Svoronos, avec la collab. de D. Papachryssanthou (Archives de
l’Athos 5), Paris 1970.
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Lemerle, Premier humanisme : P. Lemerle, Le premier humanisme byzantin : notes et remarques
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abréviations XV

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imperatoris amplectitur, rec. Anglice vertit indicibus instruxit I. Ševčenko nuper
repertus schedis C. de Boor adiuvantibus (CFHB 42), Berlin 2011.
Vita Euthymii Vita Euthymii patriarchae CP, text, transl., introd. and commentary by P. Karlin-
Hayter (Bibliothèque de Byzantion 3), Bruxelles 1971.
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XVI abréviations

Xèropotamou Actes de Xèropotamou, éd. diplomatique par J. Bompaire (Archives de l’Athos 3),


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ZRVI Зборник радова Византолошког института. Београд.
ABSTRACTS/Résumés

Luisa Andriollo & Sophie Métivier, Quel rôle pour les provinces dans la domination
aristocratique au xi e siècle ? p. 505
Although he has drawn famous portraits of Byzantine aristocrats in a number of studies, Paul
Lemerle did not explicitly address the relation with the provincial territories as an important factor
in creating a Byzantine aristocratic identity. The issue was first explicitly raised by Hélène Ahrweiler,
who pointed to the progressive detachment of Byzantine aristocrats from their provincial bases during
the eleventh century and to their subsequent “Constantinopolisation.” In later years, scholars, such as
Jean-Claude Cheynet, Alexander Kazhdan and John Haldon, have further scrutinized the importance
of provincial bonds as a source of social power and political influence.
The authors of this paper provide a fresh look at long-debated questions by reconsidering Byzantine
aristocratic attitude toward the eastern regions of the empire on the eve of the Turkish invasions.
Evidence related to the physical presence of prominent individuals and families in the eastern provinces
has been collected in an updated prosopographic table, which takes into account both the ownership of
properties and the performance of public functions in Asia Minor. The interpretation of the available
sources sheds new light on a complex network of relations connecting the elites in the capital and
a stratified provincial society. The symbolic power of provincial family memory is also examined
through the prism of hagiographic literature. The Lives of Dositheos the Young and of Niketas
Patrikios showcase the alleged provincial connections of two important lineages, the Genesioi and the
Monomachoi, and point to their implications for family prestige and social legitimacy.

Theodora Antonopoulou, Emperor Leo VI the Wise and the “First Byzantine humanism”:
On the quest for renovation and cultural synthesis p. 187
The study offers a comprehensive re-evaluation of the literary personality and works of the emperor-
author Leo VI the Wise. Although he nowadays emerges as a pivotal figure in the revival of letters
of the ninth and tenth centuries, Leo is nearly absent from P. Lemerle’s classic book on the “First
Byzantine humanism.” After suggesting an explanation for this apparent paradox and briefly reviewing
subsequent scholarship on the emperor, the present author, building on her previous work, attempts
to disprove the hesitance with which Leo is still approached when it comes to his literary output, and
to highlight those issues which indicate and stress two themes that run through it: renovation and
cultural synthesis. In particular, the article examines the following issues: Leo’s culture, classical and
Christian, on the basis of mainly internal evidence; his hagiographical metaphrases and other works
to which rewriting and reworking applied and which reveal his realization of the need for literary and
cultural renovation and the ways in which he dealt with it; certain aspects of his personality as traced
mostly, but not exclusively, in his own works; his role as a “Christian humanist” within the cultural
phenomenon of the “First Byzantine humanism”; and, finally, some remarks on the influence his
literary works exercised, as illustrated by their Byzantine reception. An epilogue sums up the results of
this investigation, which underlines the emperor’s significant literary achievement and contribution
to the revival of his time.

Autour du Premier humanisme byzantin & des Cinq études sur le xi e siècle, quarante ans après Paul Lemerle,
éd. par B. Flusin & J.‑C. Cheynet (Travaux et mémoires 21/2), Paris 2017, p. 809-819.
810 abstracts/résumés

Isabelle Augé, Les Arméniens et l’Empire byzantin (1025-1118) p. 789


The Byzantine Empire has seen numerous migrations of Armenians and maintained long standing
relations with Armenia. The conquest of its territory in the 11th century enhances the flow of migrants.
The first part of this article attempts to present the role of the Armenians—active or passive parties—in
the conduct of events of the empire’s oriental border in the years 1025–1118. While the territories of
the northeast are annexed and placed under direct Byzantine administration, Armenians participate
in the defense against the Seljuk Turks in the region of Antioch. The key figure here is Philaretos
Brachamios. The second part of this article focuses on the Armenian communities within the Byzantine
Empire, in terms of location and numbers. The sources are varied but concentrate on the aristocracy,
leaving in the dark lower social ranks. Finally, this article presents religious disagreements in matters
of faith, which are always underlined by sources. The emperors and the ecclesiastical hierarchy try,
more or less, to convert all the Armenians to the Chalcedonian faith.

Dominique Barthélemy, L’aristocratie franque du xie siècle en contraste


avec l’aristocratie byzantine p. 491
In the eleventh century, the aristocracy of the Byzantine Empire, considered as a whole or in part,
has sometimes been called “feudal” by assimilation with that of Western Europe during the same
period. A comparative study may reveal some analogies, but the inventory of differences seems even
more interesting: the ways of combining birth and merit or of fighting social ascensions of subordinates
differ widely, and in feudal France, or even elsewhere in the West, there are a series of codes which
oblige kings and princes to use a great deal of clemency towards their “rebel” vassals, and when the
latter are fighting each other, they treat each other with some sort of respect, from which classical
chivalry rises around 1100.

Béatrice Caseau & Marie-Christine Fayant, Le renouveau du culte des stylites syriens aux x e et
xi e siècles ? La Vie abrégée de Syméon Stylite le Jeune (BHG 1691c) p. 701
The article offers an analysis of the 10th century Byzantine reconquest’s impact on the two Symeon
Stylites monasteries in northern Syria. The two saints share many characteristics besides their common
name and their two monasteries were in competition since the end of late antiquity, but Symeon Stylites
the Younger monastery located on the Wondrous Mountain, close to Antioch gained an advantage
from being in relatively close proximity with the ruling elites sent from Constantinople, where one also
notes a renewed interest for the two Syrian saints. In the early 11th century, Symeon Stylite the Younger
monastery has become an economically prosperous and intellectually very lively center. It is a place
of writing and translations of hagiographic texts. The ancient Life of the saint is either paraphrased or
abridged. The authors analyze what is considered worthy to be mentioned in the middle Byzantine
short versions of the saint’s Life and the interest of these choices for the historian. A translation of this
abridged Life of Symeon Stylite the Younger (BHG 1691c) is proposed by M.‑Ch. Fayant.

Reinhart Ceulemans & Peter Van Deun, Réflexions sur la littérature anthologique
de Constantin V à Constantin VII p. 361
This article surveys and reflects upon compilation activities from the 8th to the 10th century.
Attention is paid to spiritual florilegia as well as to the influence of the monumental compilation
ascribed to John Damascene. An appendix focuses on the ending of one of the anthologies treated in
the article, the so-called Coislin Florilegium.

Jean-Claude Cheynet, La société urbaine p. 449


Studies on Byzantine society have multiplied over the last forty years, renewed by the contribution of
archeology and even more of sigillography. Many unknown seals have been published and old editions
have been corrected and seals better dated. As a result, the aristocracy remains the most studied social
abstracts/résumés 811

group. While Constantinople is still the vital center of the Empire, the rise of provincial cities, notably
Antioch, Edessa, Melitene, Adrianople and Thessalonica, has highlighted the local elites whose relations
with the capital have largely determined the fate of the Empire. The “Queen of Cities” itself has a mix
of “ethnicities,” a diversification of civil and military functions within the most important families,
and an increase in the number of literate officials who worked in the administrations and entered the
Senate with the consent of emperors concerned with their popularity in the capital. The coming to
power of Alexis Comnenus changed much less these transformations than the upheavals engendered by
the invasion of Asia Minor by the Turks. Of all these works published since the fundamental studies
of P. Lemerle, the result is a less pessimistic view of the eleventh century which, without the enemy
incursions in both European and Asian provinces, would have witnessed a strengthening of the economy
and a greater cohesion of society.

Muriel Debié, « La science est commune » : sources syriaques et culture grecque en Syrie-
Mésopotamie et en Perse par-delà les siècles obscurs byzantins p. 87
Along the lines of a reappraisal of the so-called Byzantine “Dark Ages,” this contribution addresses
the question of the re-emergence of classical culture in Byzantium in the 9th century and how Syriac
sources can throw some light on the continuation and yet transformation of late antique teaching
and scholasticism. The continuous work by Syriac scholars on Greek scientific and philosophical
texts in the 7th–10th centuries shows the availability of Greek manuscripts in the East, even beyond
the Roman-Sasanian border. Syriac literature can help understand the transformation of Hellenism
and the constitution of a cultural koine in other languages than Greek. A Christian as well as more
specifically Syrian Hellenism blended the cultural idioms of Greek and “oriental” culture. Not only
did Greek culture survive, but it spread in the Arabic polity and ultimately re-emerged in Byzantium
from the shelves of the Byzantine libraries. Oblivion of classical “pagan” literature was parallel to the
transmission of a new canonised knowledge in Syriac and then Arabic but was ultimately reversed:
not so much thanks to the “return” of Greek manuscripts and texts from the East however as from a
competition over the appropriation of ancient Greek culture beyond Christianity.

Stéphanos Efthymiadis, De Taraise à Méthode (787-847) :


l’apport des premières grandes figures, une nouvelle approche p. 165
This study is a response to, and update of, chapter 5 of Paul Lemerle’s Premier humanisme, which
covers the period between the Seventh Ecumenical Council of Nicaea (787) and the restoration of the
veneration of icons (843). Taking into account scholarly surveys as well as editions and studies of texts
that have appeared in recent decades, it revalues those generations of the Byzantine literati, whether
active in the patriarchal or the monastic milieu. It shows that, as a result of such concurrent factors
as pursuing an education shared by iconoclasts and iconodules alike or an expanded care for copying
books, Byzantium had experienced a cultural revival already by the beginning of the ninth century.
This revival, however, must be measured and interpreted with the standards and priorities of Byzantine
society and not those of the classical world.

Raúl Estangüi Gómez & Michel Kaplan, La société rurale au xi e siècle :


une réévaluation p. 531
Since the Cinq études sur le xi e siècle byzantin by Paul Lemerle (1977), the way in which the
Byzantine empire countryside and its rural economy have been interpreted has evolved. Studies over
the past two decades have shown that, far from being a cause of “blocking,” the growth of the large
estate has favored growth, thanks to the ability of large landowners to invest. One notes the same trend
in Byzantium as in the rest of Europe and the Mediterranean world. However, too great a role was
accorded to the domanial framework, at the expense of the role played by the village society, which
remained relatively rich and dynamic and seemed co-responsible for the economic take-off of the
Byzantine countryside at that time.
812 abstracts/résumés

The documents in the Athonite archives show a highly mobile rural society, taking part in the
dynamic of growth, where peasants working on a large estate become members of a village community,
improving their legal and social status. It would appear that after a period of crisis in village societies in
the 10th century, changes in taxation (the end of village solidarity, the introduction of a personal tax)
enabled the peasantry to improve its situation and benefit from the economic growth of the Byzantine
Empire, of which the eleventh century is a strong moment, and which continues at an even faster pace
in the following century.

Bernard Flusin, Aréthas de Césarée et la transmission du savoir p. 309


Paul Lemerle dedicates a chapter in his book on the “First Byzantine humanism” to “Arethas of
Patras,” and while he judges unfavorably the person, he dwells on the exceptional interest of his case.
Here we seek to show that Arethas, far from being a mere bibliophile, played a crucial role in the
transmission of knowledge, as a teacher and also because of his awareness of the stakes involved in the
copying of books. The knowledge he transmitted was to a large extent pagan, yet revised and sorted
out, as was often the case in late antiquity, in the light of Christianity.

Valérie Fromentin, La mémoire de l’histoire : la tradition antique, tardo-antique et byzantine


des historiens grecs, v e siècle avant-xe siècle après J.-C. p. 339

This paper aims to reassess the role played by the “first Byzantine Renaissance” in the textual
transmission of Greek (pre-Christian) historians. It seeks to demonstrate against the current
prevailing point of view that the making of the Excerpta Constantiniana did not prevent the
integral works from being copied simultaneously, from either private or imperial initiatives, the
two undertakings (excerpting fragments, editing complete Histories) both having helped preserve
this textual heritage.

Andreas Gkoutzioukostas, Administrative structures of Byzantium during the 11th century:


officials of the imperial secretariat and administration of justice p. 561
In this paper traditional and modern research views concerning officials of the 11th century who
belonged to (e.g. protoasecretis) or are assumed by scholars to be associated with the imperial secretariat
(e.g. mystikos) and who are known (e.g. droungarios of the vigla, kritai of the velum and kritai of the
hippodrome) or thought to have been judicial officers (e.g. mystographos, mystolektes, thesmophylax,
thesmographos, exaktor, kensor and praitor) are approached critically, and some new interpretations and
suggestions based on the information of the primary sources and the conclusions of our research over
the past decade are proposed.

John Haldon, L’armée au xi e siècle : quelques questions et quelques problèmes p. 581


It is generally assumed that the defeat of the imperial army under Romanos IV at the battle of
Mantzikert in 1071 was the result of a combination of several factors, including a long-term decline in
military effectiveness within the empire, reflected in the demobilisation of provincial thematic forces,
on the one hand, and the government’s reliance on foreign mercenary soldiers, on the other; and the
incompetence or poor leadership of military commanders, including the emperor Romanos IV himself.
While these reasons reflect the tendencies and agendas of the sources, this paper will question some
of the assumptions underlying them, and propose rather that the empire’s armies continued to be
effective, coherent and disciplined for much of this time, and that Romanos IV was a competent and
able strategist. The picture that currently prevails is far from entirely inaccurate, but there is no doubt
that some assumptions can be challenged and that greater precision can be achieved in certain respects.
abstracts/résumés 813

James Howard-Johnston, Procès aristocratiques de la Peira p. 483


Roughly a quarter of the judgements and opinions collected in the Peira by an admirer of Eustathius
Romaios, a high court judge of the early eleventh century, concern the aristocracy. The selection of
criminal cases (picked out because of the points of law they raised) reveals the seamy side of the exercise
of power by the “powerful,” their use of retinues to prey upon their inferiors and the “poor” (or worse).
Civil suits concerning inheritance, debts and dowries cast light on the households, wealth and attitudes
of what was evidently a ruling class, conscious of its status. What is most striking is the commitment
of the courts to the upholding of the law, even when it went against the interests of the “powerful.”
The convictions of several members of the powerful family of the Skleroi are highlighted in the text,
as are the occasions when higher courts overruled the judgments of lower courts where they had been
swayed by local influence. It looks as if the justice system was successfully defending the traditional,
peasant-based social order of Byzantium in the first half of the eleventh century.

David Jacoby, Byzantine maritime trade, 1025–1118 p. 627


Despite its importance for the empire’s economy, maritime trade has not been the subject of a
recent synthesis. It benefited from the general dynamism of the Byzantine economy, which raised the
standard of living of the urban population. The Greeks were largely engaged in these activities, not only
in the very active cabotage, long underestimated, but also in the distant trade. The Black Sea, where
one of the spice routes ended up until the beginning of the eleventh century, remained a preserve. Then
the Byzantine merchants supplied themselves with spices in Fatimid Egypt, where they sold silks and
wood. The ships occasionally carried more and more pilgrims to the Holy Land. Amalfi and Venice
were engaged in trade with the empire, which had already largely opened its ports before 1082, but
their impact was rather modest and the treaty of 1082 effects were only slowly felt.

Johannes Koder, Remarks on trade and economy in eleventh-century Asia Minor:


an approach p. 649
The territorial reconquest in the East since the end of the 9  century was important for a temporary
th

economic and demographic stabilization in central and western Asia Minor in the 10th and the first
half of 11th century. Remarkable are the structural changes of political and economic power, in part
to be explained with the dominance of the new land owning aristocracy, which on the other hand
was conducive for the loss of a great part of Asia Minor in the decade after 1071. This paper discusses
aspects of the general conditions of economy, traffic and settlement structures, with reference to the
western part of Asia Minor, where the settlement density was relatively high.
The proximity to Constantinople strengthened the economy and the transregional trade, in
particular along the coastal regions and in the harbour towns, which had reduced agricultural functions,
but served as seaports for the provisions, which came from the extended hinterland to be shipped
to the capital. During the two centuries of prosperity, this territory of some 200,000 km2 may have
had some 3 million inhabitants. The major part of them lived not in the fifty (or a little more) cities,
but in rural settlements, in villages, as independent farmers or as paroikoi. This landscape had a fully
developed economy and was densely populated, but not “urbanized.”

Dimitris Krallis, Historians, politics, and the polis in the eleventh and twelfth centuries p. 419
By tracing the elusive image of the Byzantine city in the work of historians who wrote in the period
from the tenth to the thirteenth centuries, this paper outlines the place of urban centres in the politics
of the Medieval Roman polity. Off-hand references and small vignettes are all the reader usually gets
in Byzantine histories when it comes to the empire’s urban centres. And yet, however limited, such
information gathered on the actions and opinions of urban populations and their leaders allow for
the reconstruction of a world where cities, large and small, rise up as active political agents. Cities are
therefore by no means politically passive in Byzantium. Their populations are accustomed to making
814 abstracts/résumés

choices in the context of internal political rivalries and rebellions, while regularly negotiating with
imperial authority in order better to serve their interests. On occasion, concern for their city’s well
being even forced urban populations into deals with the empire’s political enemies. Approached from
this perspective the work of Byzantine historians, though normally focused on war, statecraft and the
actions of emperors, reveals when carefully read, a world of urban agency and political activity. As
recent scholarly work has once more directed our attention to Byzantium’s living, breathing body
politic, the empire’s cities can emerge from the pages of medieval histories and chronicles as loci for
the articulation of vibrant politics.

Margherita Losacco, Photius, la Bibliothèque, et au-delà :


l’état de la recherche, l’usage des classiques et les préfaces du corpus p. 235
This article is divided into four parts. The first one (I. Biography and books: general considerations)
provides a selected literature survey regarding Photius’ biography, along with a brief mention of
the books which allegedly belonged to his personal library. The second one (II. Photius’ corpus, a
memorial of books of other writers: history of the printed editions, translations, and commentaries)
focuses on the editorial history of Photius’ main works, before and after 1974, that is to say, before
and after the publication of Lemerle’s Premier humanisme (respectively, sections II.1 and II.2). A
sub-section is devoted to the issue of Photius’ classical quotations in his Letters and Amphilochia, with
an examination of three case-studies (II.2.2). The editorial history of Photius’ Library, and a general
survey of the relevant philological issues, will be the object of an independent section (II.3). The
third part (III. Ἀρχαιολογία of Photius’ Library) recalls the much-debated questions regarding the
composition and the chronology of the Library and its preface, the so-called Letter to Tarasius. The
fourth part (IV. Photius’ prefaces: beyond his Library) provides a commentary on Photius’ prefaces to:
Against the Manichaeans (IV.1), with a note on the chronology of its fourth book (IV.1.2) and a survey
of the topoi of this preface (IV.1.3); Amphilochia (IV.2); Lexicon (IV.3); Mystagogia (IV.4); the Letter
to Tarasius is considered in the broader context of the other prefaces (IV.5). An intertextual reading
of Photius’ prefaces is therefore suggested (IV.6), both within Photius’ work and in the long-lasting
perspective of the “topics of the exordium” (Curtius). In conclusion (IV.7), it is suggested that Photius’
prefaces shape a narrative frame around its huge, composite, and often untidy works, in order to give
them a more profound and consistent unity.

Paul Magdalino, Humanisme et mécénat impérial aux ix e-x e siècles p. 3


This article is concerned with the social dynamics of the written production that Paul Lemerle
characterised as the first Byzantine humanism. It considers the role of patronage from the top, as
compared with peer complicity and competition among writers, in stimulating literary activity in
non-religious genres. Although the last phase of Greek classicism in antiquity, in the early 7th century,
had been shaped by imperial and patriarchal patronage, the revival of high-style literature from the end
of the eighth century was initially more diffuse. During the ninth century the patriarchs overshadowed
the emperors as the leading sponsors of literature, but the exceptional figure of Photius dominated the
scene as much by his own output as by his patronage of other writers. The same was true of his pupil
Leo VI, with whom imperial sponsorship took the lead: the literature that appeared under Leo’s name
was more voluminous than the works explicitly written for him. The notion—or fiction—of imperial
authorship was maintained under Leo’s son Constantine VII, but at the same time Constantine appears
more clearly as the patron of “encyclopaedic” projects executed by others, as well as the addressee of
encomiastic rhetoric. After Constantine’s death (959), his projects and cultural style were continued
for a generation by the quasi-imperial “prime minister” Basil the Parakoimomenos. However, Basil’s
removal from power in 985 revealed the fragility of imperial patronage, and suggests that this was not
indispensable for the existence of Byzantine humanism.
abstracts/résumés 815

Jean-Pierre Mahé, L’âge obscur de la science byzantine et les traductions arméniennes


hellénisantes vers 570-730 p. 75
Paul Lemerle had rightly assumed that the Armenian “hellenizing” translations of the liberal arts
shed light on the so-called obscure age of Byzantine science. In 1982 Abraham Terian showed that
most of these translations were made between 570 (Dionysius Thrax) and 728 (various translations
by Step‘anos Siwnec‘i). The Armenian version of the Organon dates to the end of the sixth century.
A former disciple of Olympiodorus the Younger, David the Invincible, to whom are ascribed most of
the commentaries, may well have been an Armenian Christian and have taken part in the Armenian
translation of his own writings. As to Ananias Širakac‘i, whose Autobiography had been studied by
Lemerle, Constantin Zuckerman (2002) convincingly fixed the chronology: 632-640, Ananias learns
mathematics and liberal arts in Trebizond at the school of Tychikos. Meanwhile Tychikos also welcomes
Greek students sent by the patriarch of Constantinople.
Several years after 667 (death of the Armenian patriarch Anastasius), Ananias compiles his K‘nnikon
(a textbook concerning the Quadrivium and derived arts).

Athanasios Markopoulos, L’éducation à Byzance aux ix e-x e siècles :


problèmes et questions diverses p. 53
The current paper re-examines four key issues relating to the educational process in Byzantium
during the ninth-tenth century: i) The presence of schools of enkyklios paideia in Constantinople,
such as the school of the Nea Ekklesia, the school of the Anonymous Professor and the school where
Athanasios of Athos studied, though this begs all manner of questions; ii) The revival of the institution
of the magister liberalium litterarum, an ancient institution with a long tradition both in late antiquity
and the early Byzantine period. An examination of the sources indicates that the institution in question
reappeared during the ninth century; as two highly representative examples make clear (Leo the
Mathematician and Niketas David), however, this was entirely at the behest of the emperor; iii) The
existence of a “school” at which the future patriarch Photios taught an especially exclusive student
body; and iv) The return to prominence of “higher education,” which is borne witness to once again
in the latter half of the ninth century with the founding of the Magnaura school by caesar Bardas, and
during the tenth century with the so-called school of Constantine VII Porphyrogennetos.

Jean-Marie Martin, L’Italie byzantine au xi e siècle p. 733


11th-century Byzantine Italy covered two distinct administrative units: the katepanaton of Italy
(former thema of Langobardia) and the thema of Calabria. To these one should add the short-lived
thema of Lucania created during the 1040s. These two provinces harboured societies with distinctly
marked differences: while Calabria was hellenophone and had never left the Empire’s bossom,
Longobardia had a Latin-speaking, Lombard population of Germanic ascent. In Longobardia, while
Lombard law was applied, a normal local administration was established, mainly staffed by members
of the local elite, sometimes distinguished with honorary titles, but usually without extensive landed
patrimonies. In order to strengthen the frontiers, the imperial authorities built new towns in Basilicata
during the 10th century, and in Capitanata during the 11th century. The two provinces of Longobardia
and Calabria also made use of different coinages, the regular imperial coins circulating in the former,
while the latter preferred Sicily’s gold tari.

Cécile Morrisson, Revisiter le xi e siècle quarante ans après : expansion et crise p. 611
This chapter provides firstly an assessment of the various approaches of the eleventh-century
economy over the forty years elapsed since Lemerle summoned the international Table Ronde in Paris
(20–23.09.1973). The gloomy picture of increasing political, social and economic disintegration then
prevailing has been since deeply overhauled. In the 1970’s a first phase of research reconsidered more
favourably the 1000’s–1060’s and the 1100’s–1160’s on either side of the 1070’s–1080’s undebatable
816 abstracts/résumés

crisis and accepted the “expansion” perspective introduced by Hendy and Lemerle, although Harvey’s
1989 book of this title did not reckon the importance of the investment by peasants and powerful in the
improvement of rural management, as highlighted by Lefort et al. The 1990’s–2010’s historiography
saw the integration of the enlarged archaeological documentation into the Economic history of Byzantium
ed. by A. E. Laiou and numerous new studies of rural settlement and trade. The second part focuses on
Byzantine money in the eleventh-century and recalls the factual data concerning its metal content and
the estimates of the number of coins struck before revisiting the interpretation of the successive phases
of gold debasement and offering a partial update of my 1973 (TM 6, 1976) too blunt explanation of
the process involved in the earlier expanding phase.

Paolo Odorico, Du premier humanisme à l’encyclopédisme : une construction à revoir p. 23


Since its appearance in 1971, Paul Lemerle’s study Le premier humanisme byzantin deeply influenced
scholarship in the field of Byzantine studies. However, in spite of many qualities, this influential
book has several significant flaws, such as the invention of a Byzantine “encyclopaedism”: according
to Lemerle, during the reign of Constantine VII Porphyrogennetos and instigated by the emperor, a
group of scholars devoted itself to the creation of encyclopedias, huge repertories of knowledge with
imperial/moral purpose. The aim of the present paper is to place Lemerle’s ideas in their context, to
clearly trace a distinction between “compilation” and “syllogè,” and to pay attention to the structure, the
function, and the mentality behind the creation of the texts under scrutiny (the Excerpta, for example).
The conclusion is beyond doubt: a Byzantine encyclopaedism never existed, and a re-evaluation of the
“com-positions” unjustly relegated under the label “compilations” is in order.

Mihailo St. Popović, Les Balkans : routes, foires et pastoralisme au xi e siècle p. 665


The present article focuses on the economic history of Byzantium as one of the manifold research
interests of the renowned French scholar Paul Lemerle. By summarising and reviewing publications by
Nicolas Svoronos, Michael Hendy, Michael Angold, Angeliki Laiou, Jacques Lefort, Gilbert Dagron,
Cécile Morrisson and Jean-Claude Cheynet the macro-structures and the development of the economy
of the Byzantine Empire are addressed and reviewed through the looking glass of their respective
interpretations concerning the economic decline of Byzantium in the late Byzantine period.
The second part of the article deals with the fairs in the Balkan peninsula based on the author’s
scholarly work on the volume Tabula Imperii Byzantini 16 (“Macedonia, Northern Part”) at the
Austrian Academy of Sciences, which represented vivid nodal points of economic activity and local
as well as regional transformation. After providing the designation of fairs in the Greek and Slavonic
languages (panēgyris, phoros and panagjurŭ, panagirĭ, sŭborŭ, forŭ), an overview is given on the fairs in
the historical region of Macedonia. Finally, another aspect of the Byzantine economic activity in the
Balkan peninsula is highlighted by collecting and interpreting evidence on pasture economy in the
historical region of Macedonia from the 10th until the 16th centuries. Summer and winter pastures as well
as seasonal dwellings of the nomads (i.e. Vlachs) are localised and the respective distribution patterns
analysed. This approach leads directly to applications deriving from Digital Humanities (especially
HGIS and GIScience), which provide the necessary means for the visualisation and more detailed
study of this economic phenomenon.

Vivien Prigent, À l’Ouest rien de nouveau ? L’Italie du Sud


et le premier humanisme byzantin p. 129
This article aims to ascertain the possibility that Southern Italy played a role in the so-called
Macedonian Renaissance studied by Paul Lemerle in Le premier humanisme byzantin. The famous
Byzantinist discarded the possibility from the outset but our knowledge of the complex realities of
Byzantine Italy has considerably improved since 1971, justifying a reappraisal. The position of the
Greek language itself in Italy during the “Dark Ages” is first assessed, focusing on the real impact of
the 7th-century migrations. Then, a temptative panorama of the available book resources in 7th–9th-
abstracts/résumés 817

century Southern Italy is offered. Finally, the author investigates how this cultural patrimony could have
impacted the Eastern Renaissance insisting on the Muslim invasions of Sicily and the end of Iconoclasm
which resulted in an influx of learned Italians in Constantinople. As a case study, sigillographic evidence
are adduced to offer a glimpse on the faction built around Gregorios Asbestas, metropolitan bishop of
Syracuse, a key-player in church politics at the onset of the Macedonian Renaissance.

Jonathan Shepard, Man-to-man, dog-eat-dog, cults-in-common: the tangled threads of Alexios’


dealings with the Franks p. 749
Paul Lemerle’s characterisation of Alexios Komnenos as “un réactionnaire borné” is consistent with
Anna Komnena’s portrayal of her father’s resourcefulness and flair for duplicity. The demarches of
Alexios towards the West in quest of military aid seem to exemplify this, along with his less celebrated
bid to install a cooperative Rus prince on the Straits of Kerch. However, his interest was broader and
deeper than the Byzantine or Latin sources might lead one to expect. He had close ties with other
members of the de Hauteville family besides Bohemond and, in taking liege homage from the latter
in 1097, he was exploiting a quite recent development in the West. Alexios’ interest in the Holy Land
was informed by earlier imperial policies, and by continuing communications between the Byzantine
lands (including Cyprus) and monasteries in Palestine and northern Syria. Besides assigning John the
Oxite to the patriarchal see of Antioch, Alexios kept up ties with the patriarch of Jerusalem. At the same
time, he networked busily in Norman Apulia, while maintaining links with Count Roger of Sicily.
It is contended that Alexios envisaged a Christian consensus, with three patriarchates under his wing
and cooperation from a fourth, Alexandria, fostered by his amicable ties with the Fatimids; he might
gain a concordat through a general church council, attended by the Roman pope or his representatives.
Fantasizing as the scheme looks now, it might have spoken to significant clerical and secular elements
in the West. Events, however, turned against him and Bohemond had no scruples about exploiting
them to full advantage at Antioch.

Kostis Smyrlis, The fiscal revolution of Alexios I Komnenos: timing, scope, and motives p. 593
The article examines the turn towards the use of land and tax grants to remunerate imperial officials
instead of salaries under Alexios I. To determine the timing, scope and motives of this reform, the
article studies two measures of that emperor, namely the confiscations that took place after the census
of 1088/89 and the concession of estates and fiscal rights to imperial relatives. It is argued that the
confiscations were extensive, affecting most great ecclesiastical and lay landowners, and that the lands
seized were usually ceded to imperial relatives and state servants. The analysis of the concessions to
imperial relatives underlines their scale suggesting that they were as much payment for military and civil
services as they were a way to secure the political support of the beneficiaries. It is finally suggested that,
rather than being the result of pressure by the powerful, the concession of lands and taxes to imperial
relatives and state servants was dictated by considerations of financial efficiency.

Jean-Michel Spieser, La « Renaissance macédonienne » :


de son invention à sa mise en cause p. 43
The expression « Renaissance macédonienne » was not used in the first academic studies about
Byzantine art in the second half of the 19th century. But its use was prepared by some comments about
the relation between Byzantine art and the classical Greek art. It seems that Charles Diehl used it for
the first time in the first edition of his handbook. This notion got a new momentum through the work
of Kurt Weitzmann at the end of the 20’ and in the 30’ of the 20th century. He insists more and more
in his later work on the ties, in the 10th century, of the Byzantine art with a “perennial Hellenism.”
These views on Byzantine art are part of a more general appreciation of the Byzantine Empire as a
Greek Empire and of the Byzantines as Greeks, sometime as keeping unconsciously something of the
genuine classical Greek mind. This view was supported by many art historians and historians until
the second third of the 20th century and is not completely forgotten. Nevertheless, beginning with the
818 abstracts/résumés

70’, art historians and historians like H. Belting, A. Cutler, C. Mango tend towards a new approach
of Byzantium, stressing its originality and giving more weight to its internal evolution than to the
influence of a supposed Greek spirit.

Jean-Michel Spieser, L’art au xi e siècle : une vue d’ensemble p. 675


This paper tries to review recent studies on the 11th century’s art. The 11th century is itself a flexible
notion. It is possible to consider that it starts at some point within the reign of Basil II and ends at the
beginning or at the end of the reign of Alexis Ist. It is an important century for the architecture. Many
foundations give evidence for the interest of the emperors and the upper class for monasteries. Some
architectural innovations belong to this century: if the cross-in-square church remains the most used
plan for church building, two new types come up, the so-called Athonite plan and the Greek-cross
domed octagon. The origins of both are disputed. It is a common opinion, that both, but principally
the Greek-cross domed octagon, have Armenian models, but, if the question remains open, it can be
said that neither is a copy of an Armenian known type. In the field of monumental painting, if more
monuments are known and published, no important changes in interpretation are offered for the major
lines of the stylistic and iconographic evolution. For Greece and Cappadocia, the two areas where the
majority of paintings survives, the social origin of the patrons is an important field of study. New
interest arises also on the topic of paintings programs, with more balanced answers than that given by
O. Demus, whose work remains nevertheless fundamental. For somptuary arts, we need new syntheses.

Anne Tihon, Premier humanisme byzantin :


le témoignage des manuscrits astronomiques p. 325
In this paper, the author examines the astronomical manuscripts containing the works of Ptolemy
and Theon of Alexandria, in order to determine the level of the astronomical knowledge during the 9th
and 10th centuries. The results are rather disappointing: while Byzantine historians suggest a very high
level of scientific achievement, one can hardly find in the manuscripts proofs of a real astronomical
practice. The beautiful astronomical manuscripts of the 9th century (for example Vat. gr. 1594, Vat.
gr. 190) do not reveal any hints of a reading of the works of Ptolemy and Theon during the 9th and
10th centuries. One can only guess that Ptolemy’s Handy tables were used for astrological purposes.
The most interesting document comes from Palestine (perhaps from Sinai Monastery): the palimpsest
Vat. syr. 623 which contains a copy of a part of the Handy tables of Ptolemy written in uncial script
around 800 together with an attempt of Arabic translation of Theon’s Small commentary and a little
Greco-Arabic lexicon giving the names of the winds written by the same hand on a Ptolemy’s table. It
is certainly one of the most ancient testimony of an Arabic translation of Ptolemy’s and Theon’ works.

Peter Van Deun, Le commentaire de Métrophane de Smyrne sur la Première Épître de Pierre
(chapitre 1, versets 1-23) p. 389
This article offers the editio princeps of a Byzantine commentary on a part of the First Epistle of
Peter (Chapter 1,1-23); this commentary has been written by Metrophanes, who was bishop of Smyrna
in the second half of the 9th century and one of the most important opponents to Patriarch Photius.
The text has only been preserved in the recent manuscript Athous, Dionysiou 227.
Table des matières

Avant-propos ..........................................................................................................................  v 
Abréviations ........................................................................................................................... ix 

Autour du Premier humanisme byzantin


édité par Bernard Flusin

Notions et institutions
Paul Magdalino, Humanisme et mécénat impérial aux ixe et xe siècles ................................... 3
Paolo Odorico, Du premier humanisme à l’encyclopédisme : une construction à revoir....... 23
Jean-Michel Spieser, La « Renaissance macédonienne » : de son invention à sa mise en cause..  43
Athanasios Markopoulos, L’éducation à Byzance aux ixe-xe siècles....................................... 53
Aux marges de l’Empire
Jean-Pierre Mahé, L’âge obscur de la science byzantine et les traductions arméniennes
hellénisantes vers 570-730 ............................................................................................  75
Muriel Debié, « La science est commune » : sources syriaques et culture grecque en Syrie-
Mésopotamie par-delà les siècles obscurs byzantins .......................................................  87
Vivien Prigent, À l’ouest rien de nouveau ? L’Italie du Sud et le premier humanisme byzantin. 129
Acteurs
Stephanos Efthymiadis, De Taraise à Méthode : l’apport des premières grandes figures
reconsidéré..................................................................................................................  165
Theodora Antonopoulou, Emperor Leo VI the Wise and the “first Byzantine humanism”:
on the quest for renovation and cultural synthesis.......................................................  187
Margherita Losacco, Photius, la Bibliothèque, et au-delà : l’état de la recherche,
l’usage des classiques et les préfaces du corpus ............................................................ 235
Bernard Flusin, Aréthas de Césarée et la transmission du savoir..........................................  309
Genres
Anne Tihon, Premier humanisme byzantin : le témoignage des manuscrits astronomiques .. 325
Valérie Fromentin, La mémoire de l’histoire : la tradition antique, tardo-antique
et byzantine des historiens grecs, ve siècle avant-xe siècle après J.-C.)...........................  339
Reinhart Ceulemans & Peter Van Deun, Réflexions sur la littérature anthologique
de Constantin V à Constantin VII..............................................................................  361
Peter Van Deun, Le commentaire de Métrophane de Smyrne
sur la Première Épître de Pierre (chapitre 1, versets 1-23)............................................  389

Autour du Premier humanisme byzantin & des Cinq études sur le xi e siècle, quarante ans après Paul Lemerle,
éd. par B. Flusin & J.‑C. Cheynet (Travaux et mémoires 21/2), Paris 2017, p. 847-848.
848 table des matières

Études sur le xie siècle


édité par Jean-Claude Cheynet

Historiographie
Dimitris Krallis, Historians, politics, and the polis in the eleventh and twelfth centuries... 419
Histoire sociale
Jean-Claude Cheynet, La société urbaine............................................................................ 449
James Howard-Johnston, Procès aristocratiques de la Peira..............................................  483
Dominique Barthélemy, L’aristocratie franque du xie siècle en contraste
avec l’aristocratie byzantine......................................................................................... 491
Luisa Andriollo & Sophie Métivier, Quel rôle pour les provinces dans la domination
aristocratique au xie siècle ?.......................................................................................... 505
Raúl Estangüi Gómez & Michel Kaplan, La société rurale au xie siècle : une réévaluation..  531
Les institutions
Andreas Gkoutzioukostas, Administrative structures of Byzantium during
the 11th century: officials of the imperial secretariat and administration of justice........ 561
John Haldon, L’armée au xie siècle : quelques questions et quelques problèmes.................. 581
Kostis Smyrlis, The fiscal revolution of Alexios I Komnenos: timing, scope and motives .... 593
La vie économique
Cécile Morrisson, Revisiter le xie siècle quarante ans après : expansion et crise...................  611
David Jacoby, Byzantine maritime trade, 1025–1118..........................................................  627
Johannes Koder, Remarks on trade and economy in eleventh century Asia Minor:
an approach ............................................................................................................... 649
Mihailo St. Popović, Les Balkans : routes, foires et pastoralisme au xie siècle....................... 665
Vie culturelle et religieuse
Jean-Michel Spieser, L’art au xie siècle : une vue d’ensemble............................................... 675
Béatrice Caseau & Marie-Christine Fayant, Le renouveau du culte des stylites syriens
aux xe et xie siècles ? La Vie abrégée de Syméon Stylite le Jeune (BHG 1691c) ............  701
Byzance et la périphérie
Jean-Marie Martin, L’Italie byzantine au xie siècle ............................................................. 733
Jonathan Shepard, Man-to-man, dog-eat-dog, cults-in-common: the tangled threads of
Alexios’ dealings with the Franks ................................................................................  749
Isabelle Augé, Les Arméniens et l’Empire byzantin (1025-1118).........................................  789

Abstracts/Résumés en anglais ..............................................................................................  809 


Liste des contributeurs ........................................................................................................  819
Index général...................................................................................................................... 821
des manuscrits........................................................................................................... 844
Table des matières ............................................................................................................... 847