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L'Histoire en troisième Les crises des années 1930

II] La montée des périls

En octobre 1929, une crise boursière à Wall Street, le cœur de la finance mondiale, à New York, dégénère en crise économique majeure.

Les spéculateurs, ruinés par la chute des cours des actions, n'ont plus de quoi rembourser les banques ; celles-ci font faillite et entraînent dans leur chute les entreprises industrielles et agricoles auxquelles elles avaient prêté de l'argent.

En quelques mois, le nombre de chômeurs aux États-Unis monte à plusieurs millions. La crise s'étend de proche en proche aux autres pays, en Europe, en Amérique latine et ailleurs.

L'Allemagne est durement touchée et ses cohortes de chômeurs font le bonheur des groupes paramilitaires qui voient leurs effectifs exploser. Deux partis antidémocratiques dominent bientôt la scène politique et la rue: le parti communiste et le parti nazi d’Hitler.

Dans le même temps, en URSS, Staline met fin à la libéralisation de l'économie et renforce sa dictature avec une brutalité inouïe.

En Allemagne, des politiciens conservateurs croient habile de s'appuyer sur le parti nazi pour contrer la montée en puissance du parti communiste inféodé à Staline. C'est ainsi que le 30 janvier 1933, le président de la République Hindenburg nomme Hitler Chancelier, autrement dit chef du gouvernement.

Hitler ne peut introduire dans le gouvernement que deux comparses nazis. Ses alliés conservateurs croient de cette façon pouvoir le manipuler à leur guise.

Mais il a tôt fait d'installer sa dictature. Il dissout l'Assemblée législative. Il fait incendier le siège de cette assemblée, le Reichstag, et accuse du méfait ses rivaux communistes qu'il met derechef hors-la-loi. Il intimide ses opposants ou les fait assassiner par ses groupes paramilitaires, les SA et les SS.

Au bout de quelques mois, il ne reste plus rien des institutions démocratiques de l'Allemagne. Pour se concilier l'armée, Hitler fait exécuter les chefs de la SA, trop révolutionnaires au goût des militaires.

Le vieux président Hindenburg étant mort, Hitler s'arroge là-dessus le titre de Führer (guide en allemand). Il proclame l'avènement du IIIe Reich (après le Saint Empire romain germanique et l'empire né en 1871 de la guerre franco-prussienne).

Dès 1935, à Nuremberg, le Führer annonce les premières lois antisémites destinées à mettre les Juifs ou prétendus tels à part de la société allemande. Mais c'est ensuite la politique internationale qui prend le dessus dans les préoccupations du dictateur.

La crise économique venue d'Amérique a touché pendant ce temps la France avec une moindre virulence que le reste de l'Europe. La montée progressive du chômage favorise les ligues et les partis antirépublicains.

Beaucoup d'anciens combattants de la Grande Guerre se retrouvent dans des Ligues comme les Croix-de-feu qui dénoncent la corruption de la République.

Le 6 février 1934, suite au suicide d'un escroc, Stavisky, accusé d'avoir trafiqué avec quelques politiciens de second rang, les ligues manifestent à Paris devant le Palais- Bourbon où siègent les députés. La manifestation dégénère et fait plusieurs morts. Les partis de gauche, aussitôt, accusent les «fascistes» d'avoir tenté de prendre le pouvoir.

Devant le présumé péril d'une dictature d'extrême droite, le parti communiste de Maurice Thorez renonce à son isolement et conclut une alliance électorale avec la SFIO (le parti socialiste) et le parti radical-socialiste. C'est le Front populaire.

Profitant de l'effervescence qui précède les élections législatives françaises de mai 1936, Hitler ordonne à son armée, la Wehrmacht, de pénétrer en Rhénanie en violation du traité de Versailles. Le gouvernement français, tétanisé, laisse faire. Ce coup de bluff est la première victoire du Führer.

L'opinion publique, en France, trouve qu'après tout, l'armée allemande a bien le droit de s'installer dans une région allemande, fut-elle frontalière avec la France.

Les élections françaises se soldent par la victoire du Front populaire. Léon Blum, chef de la SFIO, devient président du Conseil.

Porté par une vague d'enthousiasme et de grandes grèves, son gouvernement prend aussitôt des mesures populaires comme la réduction générale de la semaine de

travail à 40 heures, l'introduction des premiers congés payés hausses de salaires, de nationalisations (création de la SNCF

sans parler de

Mais pendant que le gouvernement de Léon Blum légifère de la sorte, une guerre civile éclate en Espagne où l'armée combat un autre gouvernement de front populaire.

Le général Franco sollicite et obtient l'aide militaire de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste. Léon Blum, pressé de secourir le gouvernement légitime, préfère s'abstenir. Son refus indigne les communistes et une bonne partie des démocrates.

Dès l'été 1936, le Front Populaire se fissure sous l'effet de la crise espagnole et de la persistance des difficultés économiques.

En 1938, les radicaux-socialistes rompent l'alliance et se tournent vers la droite modérée. Édouard Daladier, le nouveau président du Conseil, est bientôt dépassé par l'aggravation de la situation internationale.

III] Vers la guerre

Fort de ses premiers succès (réarmement et réoccupation de la Rhénanie en violation du traité de Versailles), Hitler ne se gêne plus pour réaliser pas à pas son programme de conquêtes.

Il se rapproche de Mussolini, mis au ban des démocraties en raison de son invasion de l'Éthiopie. Du coup, en mars 1938, il peut envahir l'Autriche et proclamer son rattachement (Anschluss) au Reich allemand sans que l'Italie, qui voit les armées allemandes arriver à ses frontières, ose protester.

Puis il annonce son intention de réunir à l'Allemagne dès le 1er octobre 1938 les minorités allemandes qui vivent dans les monts Sudètes, sur le pourtour de la Tchécoslovaquie. Certains généraux s'interrogent sur sa raison. Ils sont convaincus que les Occidentaux ne se laisseront pas bluffer une fois de plus. Eux-mêmes ne se sentent pas prêts à soutenir une nouvelle guerre.

Contre toute attente, Hitler gagne une nouvelle fois. A l'initiative de Mussolini, une conférence de la dernière chance s'ouvre à Munich. Au cours de celle-ci, Français et Anglais se résignent au dépeçage de la Tchécoslovaquie par les nazis.

En mars 1939, ce qui reste de ce petit pays prospère devient un protectorat du Reich. C'est la première colonie en territoire européen!

Les Européens, résignés, se préparent à une nouvelle guerre.