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Ecrit par T.

Abdelhak
4eme année pharmacie Blida 2017/2018

Immunologie
L’hypersensibilité type II

DÉFINITION :
Les cas d'hypersensibilité type 2 impliquent des anticorps cytotoxiques de 2 types : IgM et
IgG contre un antigène naturel ou exogène fixé à la surface d'une cellule ou d'un tissu.
La liaison de l'anticorps avec l'antigène entraîne la lyse cellulaire.

MÉCANISMES LÉSIONNELS (PATHOLOGIQUES) :


1- Système dépendant du complément :
Les Ac (IgM, IgG1 et IgG3) activent la voie classique du complément jusqu'à formation du
complexe d'attaque membranaire et provoquent la lyse par perforation de la membrane (½
intra vasculaire, et concerne surtout les hématies).
Le dépôt de C3b, C3bi et C3b4 sur les cellules cibles entraîne la phagocytose par les cellules
qui ont un récepteur CR1, CR2 et CR3 (Monocytes, Macrophages et PNN).
 C'est l'opsonisation.
La cellule opsonisèes peuvent être détruite par phagocytose dans le phagosome de la cellule
phagocytaire où par la libération (par exocytose des granules et des vésicules lysosomales)
d'enzymes responsables des lésions de la cible et de structure environnementale.

2- La lyse indépendante du complément :


L'anticorps lié de façon spécifique à une cellule étrangère peut servir d’opsonine.
Les cellules qui possèdent les récepteurs pour le fragment FcR des Ig se lient au Fc sur les
cellules cibles et induisent leur lyse (ADCC).
Les principales cellules qui induisent l’ADCC sont : PN, Macrophages et NK.

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L’ADCC fait appel à plusieurs mécanismes :
1. Les granulocytes activités par leurs FcγR1 (CD64) qui fixent l’IgG libère leurs granules
au contact des cellules cibles et la matrice extracellulaire.
2. Les macrophages spléniques activités par leurs FcγR1 entraînent la phagocytose et la
destruction des cellules opsonisèes.
3. Les cellules NK qui fixent les anticorps à la surface des cellules par leurs récepteurs de
faibles affinités pour les IgG FcγR3 (CD16) s'activent et lysent les cellules par insertion
sur leurs membranes de Perforines et de Sérine-Estérases qui désorganisent la
membrane de la cellule cible et provoquent sa mort.

MALADIES QUI S’ASSOCIENT À UNE HS TYPE 2 :


1- Les réactions transfusionnelles :
La transfusion du sang à un receveur qui possède des anticorps contre l'un des antigènes du
groupe sanguin peut entraîner une réaction transfusionnelle.
Les anticorps Anti-A et Anti-B naturels (Isotype IgM) dirigés contre les antigènes du système
du groupe sanguin ABO entraînent lors d'une transfusion incompatible une activation du
système du complément jusqu'à formation du CAM (complexe d'attaque membranaire) et
donne lieu à une hémolyse intravasculaire immédiate et massive des hématies transfusées.
Les règles de sécurité transfusionnelle ont rendu ces accidents très rares.
Les anticorps humains (Allo-anticorps) anti-hématique (Rhésus) induit par transfusion
peuvent être responsables d'accident hémolytique retardé (ABO => immédiate).
Le sang transfusé entraîne la formation d'anticorps :
IgG (6 à 10 jours après transfusion) : dans ce cas l'hémolyse se fait au sein des sites
extravasculaires (ABO = intra vasculaire), les hématies sont phagocyté à l'aide des récepteurs
Fc ou des récepteurs pour C3b (CR1) par les macrophages spléniques.
Ces réactions sont prévues par un appariement correct entre le sang du donneur et le sang
du receveur.

2- Les cytopénies immunologiques :


Elles sont dues à des réactions dirigées contre des Ag de cellules sanguines.

a/ Allo-immunisation fœto-maternelle :
Les cytopénies de mécanisme allo-immunologique surviennent au cours de la grossesse
lorsque la mère s’immunise contre un Allo-Ag du fœtus d'origine paternel (ces Ag sont
absents chez la mère) de classe IgG traverse le placenta et provoquent la destruction des
cellules fœtales portant l’Ag correspondant, si les cellules cibles sont des hématies on a une
anémie hémolytique du nouveau-né.

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On parle de thrombopénie ou de neutropénie néonatale si les cellules cibles sont
respectivement des plaquettes ou des PNN.
Dans la maladie hémolytique du nouveau-né, il s'agit d’Ac maternelle provenant d'une mère
Rh- dirigés vers les érythrocytes du fœtus Rh+ qui sont d'origine paternelle, les Ac IgG anti-D
produits souvent durant une 2eme grossesse incompatible traverse le placenta et se fixe sur
le GR, il s'en suit une hémolyse des hématies fœtales dans le foie et la rate avec comme
conséquence une augmentation de la bilirubine fœtale, une anémie et une hypoxie sévère.
Le traitement consiste en une injection d’Ig anti-D à la mère dans les 48h suivant
l'accouchement.
L'avortement d'un enfant Rh- afin d'éliminer les hématies fœtales de la circulation sanguine.

b/ Cytopénie d'origine auto-immunologique


Elles sont liées à un conflit auto-Ag porté par les cellules sanguines avec auto-Ac, selon
l'auto-Ag on a :
1. Les anémies hémolytiques auto-immunes
2. Purpura thrombopénique auto-immune (PTA)
3. Granulopénie auto-immune

c/ Cytopénie médicamenteuse (IgE dépendante) :


Représente les cytopénies provoquées par un médicament, la destruction de la cible relève
de 3 mécanismes :
1. Le médicament de faible poids moléculaire (type Haptène) peut être absorbé ou fixé
sur la membrane de la cellule, l'anticorps reconnaît sur la cellule le complexe mdt-
cellule et détruit la cellule recouverte de médicaments.
2. Le complexe médicament-anticorps se forme dans la circulation puis se fixe sur la
surface de la cellule, le médicament peut induire la rupture de la tolérance et
production d’auto-anticorps.
Ce mécanisme est en cause dans les anémies hémolytiques dues à la prise de l’alpha-
méthyl-dopa où l'anticorps est dirigé vers la spécificité anti-Rh.

3- Le rejet hyper-aiguë dans la transplantation d'organe :


Le rejet vasculaire hyper-aiguë est observé quand le receveur à dans son sérum au moment
de la transplantation des Ac dirigés contre les Ag HLA de classe 1 de greffant développé suite
à une transfusion, grossesse ou une transplantation antérieure incompatible.
Ce type de rejet s'observe également lors d'une incompatibilité ABO entre le donneur et le
receveur, dans ce cas les anticorps impliqués sont les agglutinines naturels Anti-A et Anti-B.

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4- Glomérulonéphrite à Auto-Ac anti-MBG
Dans ce syndrome les Auto-Ac anti-MBG se fixent dans le rein et provoquent une
néphropathie glomérulaire qui évolue vers l'insuffisance rénale, l'association de lésions
pulmonaires et rénales et due à la présence d’auto-ag à réactivité croisée entre les 2 tissus.

DIAGNOSTIQUE
Objectif : démontrer la fixation de l'anticorps et/ou la fixation de la fraction du complément
à la surface de la cellule cible par :
1. Technique d’immunofluorescence
2. Techniques fonctionnelles :
● COOMB direct et/ou indirect
● Cross-match

CONCLUSION
Les anticorps cytotoxiques sont utilisés en thérapeutique.
Ils utilisent la mort cellulaire en tant que procédé basé sur les mécanismes d’HS 2.
Ces anticorps agissent en bloquant les voies de signalisation intervenantes dans la
pathogénie de la maladie.

Exemples :
 Ac anti-TNF (Infliximab ®)
Utilisé dans la maladie de Crohn.
 Ac anti-CD20 (Rituximab ®)
Utilisé dans la polyarthrite rhumatoïde et d'autres maladies auto-immunes (à
médiation humorale).

MBG : Membrane Basale Glomérulaire