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L3 Métiers de l’enseignement – Mathématiques

Nicolas Prudhon

Notes de cours/TD

1
Avant-propos

Voici le cours et les exercices, examens inclus, de l’enseignement de mathématiques des licences
L3, Métiers de l’enseignement, UFR SciFa. Le cours et les exercices ont une durée totale de
48h. Il a été compilé à partir de documents pré-existants, notamment les feuilles de TD et les
examens. La partie sur le cours est à peine ébauchée, et s’éloigne parfois considérablement du
cours tel qu’il a été donné. Il est cependant dans le même esprit que le cours : faire et faire
découvrir des mathématiques intéressantes, belles, et utiles, tout en ne développant que le
minimum d’outils conceptuels, et en montrant à travers les aspects historiques de problèmes
célèbres comment la façon que l’on a de faire et d’écrire des mathématiques évolue au fil des
siècles, tâtonnement à l’image de celle des élèves que vous rencontrerez au cours de votre
carrière d’institurice ou d’instituteur. Ce document peut être et sera modifié et, je l’espère,
amélioré au fil du temps, lui aussi. 1
La quatrième fois que j’ai donné ce cours (en 2010-2011), et, alors elle s’achèvait déjà,
j’ai trouvé à la biliothèque du Saulcy (Cote [510 PER]), un ouvrage de Daniel Perrin,
”mathématiques d’école, nombres mesures et geometrie” aux éditions Cassini, écrit par l’au-
teur pour un cours suivant le même objectif que ceui-ci, et selon un plan, dans sa structure et
pour de nombreux développements, identique à ce texte. Le (futur) enseignant s’y reportera,
ce livre étant de toute évidence d’une grande sagesse mathématique et didactique. En parti-
culier, comme le titre l’indique, le lien entre les nombres et la géométrie, est fait au moyen de
la notion de grandeur (longueurs, aires, angles, volumes) en la distinguant définitivement de
celle de mesure de grandeur. Cet aspect, fondamental, est presque absent de l’enseignement
que je donne, n’apparaı̂t pas dans le texte ici (c’est à remédier), et n’est apparu lors des
séances, que pour la distinction entre la notion d’angle et de sa mesure, entre celle d’aire et
de surface, celle de volume et de sa mesure, mais n’est pas developpé à part entière. Dans
le livre de D. Perrin, on trouvera une discussion passionnante de la notion de grandeur ; de
plus la grandeur ’aire’ est en particulier approfondie de manière à inviter l’instituteur à une
reflexion rigoureuse sur l’enseignement pratique de cette notion.

1. Dernière compilation le 13 septembre 2012

2
Table des matières
1 Cours 4
1.1 Nombres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Arithmétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3 Géométrie plane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.4 Géométrie dans l’espace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

2 Exercices 31
2.1 Nombres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.2 Arithmétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.3 Géométrie plane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.4 Géométrie dans l’espace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

3 Examens 39
3.1 Décembre 2007 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.2 Janvier 2008 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.3 Octobre 2008 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.4 Janvier 2009 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.5 Novembre 2009 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.6 Janvier 2010 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
3.7 Novembre 2010 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.8 Janvier 2011 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
3.9 Novembre 2011 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.10 Janvier 2012 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

3
1 Cours
1.1 Nombres
1.1.1 Qu’est-ce qu’un nombre ?
Les ensembles classiques de nombres sont les suivants :
N ensemble des entiers naturels. 0, 1, 2, 3,. . .
D ensembles des nombres décimaux. Ces nombres sont ceux qui n’ont qu’un nombre fini
de chiffres après la virgule. Par exemple, 0.1, 14.18 ou 777.7 sont des nombres décimaux.
Z ensembles des entiers relatifs (ou entiers rationnels). Ces nombres sont entiers, mais
peuvent être négatifs. Par exemple, 0, 1, 2 mais aussi −1, −2 ou −36 sont des entiers
relatifs.
1
Z[ 10 ] : ensembles des décimaux relatifs. Ces nombres sont aux nombres décimaux ce-que les les
nombres entiers relatifs sont aux entiers naturels.
Q ensembles des nombres rationnels. Ce sont les classes d’écritures pq , avec p, q ∈ Z, q 6= 0.
0
Si pq 0 = p0 q, les écritures pq et pq0 désignent le même nombre rationnel. Pour cette raison,
on pense en général à un nombre rationnel pq comme au résultat de la division de p par
q (sachant que celle-ci ne se termine pas nécessairement).
R ensemble des nombres réels. On peut se représenter mentalement cet ensemble de deux
manière :
Représentation algébrique. Un nombre réel est un nombre à virgule, avec éventuellement
une infinité de chiffres après la virgule, cette suite de chiffres n’obéı̈ssant pas néces-
sairement à une règle simple.
Représentation géométrique. Les nombres réels sont les points d’une droite, sur laquelle
sont fixées une origine et une unité.
Nous avons les relations suivantes :
1
N ⊂ D ⊂ Z[ ]⊂Q⊂R
10
1
N ⊂ Z ⊂ Z[ ] Z∩D=N
10
Tous les ensembles de nombres peuvent être construits par un raisonnement logique en par-
tant de celui des entiers naturels. Il nous faut donc essayer de dire ce-qu’est un nombre
naturel. Commençons par rappeler que les termes conter et compter s’écrivaient de la même
façon. Ainsi nous devons penser que tout dénombrement raconte une histoire, une histoire
de nombres. Le nombre de ces histoires est lui-même une histoire de nombres, que raconte
l’arithmétique.

Définition 1 Deux collections ont le même nombres d’éléments si l’on peut former des
couples à partir des ces deux collections, de sorte que les deux membres d’un couple ne pro-
viennent pas de la même collection, et que tous les objets de chacune de collections soient
dans un tel couple. Un nombre est une collection abstraite, ordonnée, dite de référence, qui
représente toutes les collections ayant le même nombre d’éléments qu’elle.
Cette définition est cohérente dans la mesure où l’on vérifie les propriétés suivantes :

4
1. Toute collection possède le même nombre d’éléments qu’elle-même.
2. Si les collections C et D ont le même nombre d’éléments, ainsi que les collections D et
E, alors les collections C et E ont le même nombre d’éléments.

1.1.2 Comment écrit-on les nombres ?


Après s’être fait une idée de ce-que sont les nombres, nous nous intéréssons maintenant à la
question de savoir comment les nommer et les écrire individuellement. Comme pour les mots
du langage courant, on utilise en général un alphabet, c’est-à-dire un ensemble de symboles,
que l’on appelle alors des chiffres. Il convient alors de distinguer deux types d’écriture des
nombres : celles qui tiennent compte de la position des chiffres les uns par rapport aux autres
(écritures de position), et celle qui n’en tiennent pas compte (plus anciennes). Parmi les
écritures de position, les plus commodes sont celles pour lesquelles chaque nombre ne peut
s’écrire (et il le peut) que d’une seul manière. C’est le cas des écritures de position reposant
sur une base de numération.

Définition 2 Écriture en base k.


Soit k un nombre. Alors pour tout nombre n, il existe une suite unique de nombres a0 , . . . , ap
compris entre 0 et k − 1, telle que

n = a0 + a1 × k + a2 × k 2 + · · · + ap × k p .

Il suffit donc de choisir un symbole (i.e. un chiffre) pour chaque nombre de 0 jusqu’à k−1, pour
représenter chaque nombre entier : en notant a0 , a1 . . . le chiffre correspondant au nombre
a0 , a1 , . . . le nombre n s’écrira

ap . . . a0 , ou encore [ap . . . a0 ]k .

Par exemple, le nombre k s’écrira toujours 10 en base k. Ici 0 et 1 sont les chiffres qui
représentent les nombres habituellement notés 0 et 1, respectivement.

Exemple 3 L’écriture des nombres la plus utilisée de nos jours est l’écriture en base 10 (dix),
dite écriture décimale. Les chiffres correspondant aux dix premiers nombres sont biensûr 0, 1,
2,. . . , 9. Dans ce cas, il n’est pas utile de souligner, ni d’écrire “ dix ” en indice. Par exemple,
si a, b, c, d sont des chiffres (parmi les précédents), l’écriture abcd désigne le nombre
3
|a ×{z10} + b| ×{z10}3 + 3
|c ×{z10} + 3
|d ×{z10}
a milliers + b centaines + c dizaines + d unités

Autrement dit, le chiffre a représente le nombre de milliers,. . . , et le chiffre d représente le


nombre d’unités.
Exemples d’utilisation.
Bases binaires. La base 2, ainsi que ces dérivées comme la base 16 = 24 (hexadécimal)
ou même 32 = 25 , 64 = 26 , 128 = 27 , 256 = 28 , . . . sont utilisées en informatique.
L’intérêt de telles bases en életronique est que les deux chiffres utilisés correspondent
aux positions Marche/Arrêt d’un intérrupteur, et que les tables d’additions et de mul-
tiplications correspondent aux opérations logiques OU et ET.

5
Bases 12 et 60 (sexagésimal). La douzaine est une quantité encore utilisé pour comp-
ter les œufs. Une bonne raison de l’utiliser est que 12 = 3 × 4, ce qui permet de ranger
des denrées dans des cartons de proportion commode, ce qui n’est pas le cas en base
10 = 2×5. La base sexagésimal (60 = 12×5) est la base employée par mesurer les durées.
La raison qui rend pratique cette base est que l’on peut diviser 60 par 1, 2, 3, 4, 5, 6 en
nombres entiers. Ainsi, la demi-heure, le tiers d’heure, le quart-d’heure, le cinquième
d’heure et le sixième d’heure, mais aussi les dixième, douzième, quinzième, vingtième
et trentième d’heure, contiennent tous un nombre exacte de minutes. De même, une
minute est aisément divisible en secondes. Pour mesurer les angles en degré, on utilise
un dérivé de la base sexagésimal, la base 360.
La base 12 est également pratique pour compter sur les doigts d’une main : on se sert du
pouce pour désigner une des 12 phallanges des 4 autres doigts, en partant par exemple
de l’index, et en allant de haut en bas. Pour obtenir une méthode pour compter en base
60 on utilise alors l’autre main, le pouce désignant alors un des autres doigts de cette
main correspondant à un multiple de 12. Avec un peu d’entraı̂nement, il faut moins
d’une seconde (3 combinaisons de doigts utilisant les deux mains) pour désigner un
nombre inférieur à 60 × 60 × 60 = 216 000 !
Aspects historiques.
Chiffres romains. L’écriture romaine des nombres est encore utilisée pour écrire les
années du calendrier sur certains bâtiments. Il s’agit d’une écriture de position un peu
particulière. Par exemple, MCMLXXVII désigne l’année 1977. Cette écriture posent des
problèmes qui sont résolus par l’utilisation des chiffres arabes. 2 Il y a essentielement
deux problèmes posés par cette écriture. Tout d’abord, il faudrait un alphabet infini
pour pouvoir écrire tous les nombres, car chaque symbole ne peut être répété que 3 fois
de suite. Le second point délicat est que certains nombres peuvent s’écrire de plusieurs
façon différentes. Par exemple, les écritures IC et XCIX désignent toutes deux le nombre
99.
De nombreuses civilisations, comme la civilisation égyptienne, ont utilisé des systèmes
de numération semblables, et le système romain en est une subsistance archaı̈que.
Calculi. En latin calculi (au sing. calculus, d’òu calcul) signifie cailloux. Les premières
façon de compter consistaient à entasser des cailloux, ou des pièces de terre cuite, ou
encore à dessiner des entailles sur des bâtons, en nombre égal à la quantité à dénombrer.
Cette méthode, peu efficace, est assez proche de la définition de nombre que nous avons
vu ci-avant. On peut par exemple imaginer un berger qui, le matin met un caillou dans
un sac (ou dessine une encoche sur un bâton, voire trace un trait sur une ardoise), à
chaque brebis qui sort de l’étable. Le soir venu, lorsque le troupeau rentre à la bergerie,
il lui suffit de retirer les cailloux du sac un à un (ou compléter en une croix chacun des
traits de l’ardoise) pour s’assurer qu’aucune brebis ne s’est égarée durant le jour.
Les calculi étaient alors éventuellement regroupés en petits paquets, qui eux-mêmes
étaient regroupés en paquets,. . . , présageant ainsi de l’apparition des systèmes de nu-
mération par position. On utilise encore ce principe pour compter les voies lors d’une
petite élection (par exemple dans un conseil), ou les points d’un match amical de basket
par exemple. Cela est en effet plus simple d’ajouter un trait que d’effacer le score à
chaque nouvelle voix ou nouveau panier.
2. En fait, il s’agit de chiffres indiens ; c’est l’invention de l’algèbre que l’on doit aux mathématiciens arabes
du moyen-âge.

6
Les symboles ci-contre représentent par exemple le nombre 23.

Nous savons maintenant écrire les nombres entiers. Pour les nombres réels, on écrit après la
virgule de gauche à droite le nombre de dixième, celui des centièmes, celui des millièmes,. . . La
signification de la virgule est assez difficile à comprendre pour les jeunes enfants. En effet,
ceux-ci croient souvent que 3.14 est plus grand que 3.2 car 14 est plus grand que 2. Il y a encore
quelques dizaines d’années, certaines personnes réfutaient l’existence même des nombres réels,
en disant qu’il était absurde d’avoir une infinité de chiffres après la virgule, cette suite de
chiffres n’obéissant de plus pas forcément à une règle précise. Pour sortir de cette méprise, il
est donc bien nécessaire de distinguer le nombre lui-même (qui ne dépend pas de nous), et
notre façon de l’écrire, le plus souvent en base 10. Cette écriture est utile à la connaissance
des nombres, et le fait qu’elle soit insuffisante pour tout savoir ne saurait remettre en cause
leur existence.

1.1.3 Opérations sur les nombres


Les opérations classiques sur les nombres sont l’addition et la multiplication. La sous-
traction et la division (par un nombre différent de 0) en sont des cas spéciaux. Des nombres
que l’on ajoute s’appellent les termes de la somme (addition) ; tandis que les nombres que
l’on multiplie s’appellent les facteur du produit (multiplication). Pour la division, on parle
également de dividende (celui que l’on, divise), de diviseur (celui qui divise), de quotient (le
résultat) et de reste (pour une division sans virgule non exacte).

Dividende 10 5 Diviseur
Reste 0 2 Quotient

Pour effectuer une multiplication, il y a plusieurs méthodes.


Méthode par Duplication. C’est la plus ancienne. Elle consiste à procéder par duplication,
c’est-à-dire en procédant uniquement à l’aide de multiplication par 2 et par addition.
Dans l’antiquité, la duplication était considérée comme une opération à part entière.
Il est d’ailleurs intéressant qu’elle est fortement lié à l’écriture du second facteur du
produit en base 2, et d’une certaine manière, on peut dire que nos ordinateurs actuels
utilisent encore cette méthode.
Méthode des jalousies. Voici un exemple : 456 × 789 = 359784
4 5 6 ×
2 3 4
1 8 5 2 7
3 3 4 4
1 2 0 8 8
5 3 4 5
1 6 5 4 9
9 1
7 8 4
La multiplication par jalousies est une technique de multiplication qui se pratiquait au
Moyen Âge en Chine, en Inde, chez les Arabes aussi bien qu’en Occident, et se pratique
encore aujourd’hui en Turquie. Le nom de ”multiplication par jalousies” provient du
fait que la structure des diagonales évoque le dispositif de lamelles équipant certaines
fenêtres orientales et appelé ”jalousies”.

7
Proposition 4 Les propriétés classiques des opérations sont les suivantes :
- l’addition et la multiplication sont associatives et commutatives

(a + b) + c = a + (b + c) , (a × b) × c = a × (b × c) ;

- l’addition est distributive par rapport à la multiplication

(a + b) × c = a × c + b × c .

Dans cette dernière équation, il est convenu comme de coutume que la multiplication est
prioritaire sur l’addition.

1.1.4 Ordre
De même que les nombres entiers, les nombres réels sont ordonnés par la relation a ≤ b.

Théorème 5 Soient a et b deux nombres. Alors ou bien a ≤ b ou b ≤ a.


Ce thˆ’eorème peut paraı̂tre évident, mais toutes les notions d’ordre ne sont pas aussi verticales
que celle-ci. Par exemple, si on appelle Palette un ensemble fini de couleurs, on peut définir
une notion d’ordre en disant qu’une Palette P1 est plus petite qu’une Palette P2 si toutes les
couleurs de P1 sont aussi des couleurs de P2 . Alors, si l’on a deux palettes quelconques, il
n’est pas sûr ces palettes soient comparables. Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’il existe une
troisième palette, qui est à la fois plus grande que les deux premieères. Cette notion d’ordre
s’appelle alors un treillis. La voie hiérachique au sein d’un groupe est en général un treillis,
par exemple. Un autre exemple sera celui de la notion de divisibilité, étudiée au chapitre sur
l’arithmétique.
Ce théorème a des conséquences importantes.
Applications
Segments. Entre deux nombres distincts, il y en a toujours un troisième.
En effet, si a et b, sont deux nombres distincts avec a < b, le nombre a+b 2 est compris
strictement entre les nombres a et b. L’ensemble des nombres compris entre a et b est
alors infini, comme on le voit en itérant ce procédé. Cet ensemble s’appelle un intervalle
(avec un qualificatif ouvert ou fermé selon que l’on inclus a et/ou b), ou encore segment,
et se note [a, b] (dans le cas fermé, les crochets étant tournés dans l’autre sens en cas
d’exclusion de a et/ou b).
Développement décimal. Grâce à ce théorème, le développement décimal d’un nombre
réel peut être défini sans ambiquité. Par exemple,

3.74999 . . . = 3.75 ,

car il n’y a aucun nombre entre les deux nombres ci-dessus. Ils sont donc égaux, d’après
l’application précédente. Il est alors convenu que l’écriture décimal d’un nombre ne peut
se terminer par une infinité de chiffre 9. De cette façon l’écriture décimale d’un nombre
réel est unique.

Théorème 6 Énonçons ce théorème sous forme d’un exemple.


S’il y a plus de chausettes que de tiroirs,
je suis obligé de ranger au moins deux chaussettes dans le même tiroir

8
Ce théorème a biensuûr une formulation plus abstraite, et porte le nom de “principe des
tiroirs”.
Applications
Descente infinie. Le principe des tiroirs a pour conséquence que toute suite décroissante
de nombres entiers naturels est stationnaire à partir d’un certain rang. Autrement dit,
une telle suite ne peut pas être strictement
√ décroissante. À titre d’exemple, montrons
p 2
pourquoi ceci implique l’irrationnalité de 2. Si ( q ) = 2, alors p est forcément pair,
donc p2 est un multiple de 4. Mais ceci implique que q est pair. Donc on peut simplifier
0
la fraction p/q par 2. Nous obtenons alors une fraction pq0 , avec p0 < p par exemple, et
0
vérifiant toujours ( pq0 )2 = 2. Nous pouvons répéter ce raisonnement sur cette nouvelle
fraction, et ainsi de suite, pour obtenir une suite strictement décroissante
√ de numérateurs
strictement positifs. Or ceci est impossible. Nous en déduisons que 2 est irrationnel.
Décimales d’un nombre rationnel. Nous déduisons aussi du principe des tiroirs que
le développement décimal de tout nombre rationnel est ultimement périodique
Dans la division de deux nombres entiers naturels , p par q, faite la main, supposons
que l’on soit arrivé au point o l’on commence à abaisser des 0. À partir de ce moment-là,
observons la suite des restes que l’on obtient : si cette suite est finie, cela signifie que
le nombre se termine par une infinité de 0, ce qui est bien pérodique ; si cette suite est
infinie, notons qu’elle ne prend qu’un nombre fini de valeurs car chaque reste est < q.
Donc après au plus q + 1 étapes, nous avons au moins 2 restes identitiques, d’après
le principe des tiroirs. Il en découle que la suite de restes situés entre ces deux-ci va
se répéter sans arrêt, et les chiffres correspondants dans le quotient vont également se
répéter dans le même ordre.

1.1.5 Quel est le nombre de nombres ?


Ensembles dénombrables...
Un ensemble (de nombres) est dit dénombrable si l’on peut dresser une liste éventuellement
infinie, des nombres de cet ensemble. Par exemple, l’ensemble des entiers naturels est dé-
nombrable. Mais Z est aussi dénombrable. Par exemple, la suite : 0, 1, −1, 2, −2, 3, −3, . . .
contiendra tous les entiers relatifs exactement une fois. Plus surprenant est le fait que l’en-
semble des nombres rationnels est dénombrable. En effet il suffit de voir que l’ensemble des
couples (p, q) ∈ N × N est dénombrable. La liste est la suivante :

(0, 0), (0, 1), (1, 0), (0, 2), (1, 1), (2, 0), (0, 3), (1, 2), (2, 1), (3, 0), . . .

...et non dénombrables.


Par contre, l’ensemble des nombres réels est non dénombrable. Autrement dit, le ”nombre”
de nombres réels est vraiment plus grand que celui des nombres entiers. C’est un infini plus
grand que l’infini des nombres entiers. Ceci sera montré dans les exercices.

Ceci appelle bien d’autres questions : quel est le nombre d’infinis ? Y a-t-il un ou des infinis
entre celui des naturels ou celui des réels ? Autant de questions vertigineuses, qui montrent
que même si l’on a ici essayé de se faire une idée précise de ce qu’est un nombre, la notion de
nombre est loin d’avoir été épuisée.

9
Annexe : Méthode de la fausse supposition
La méthode dite de la fausse supposition est destinée à la résolution des problèmes linéaires
à deux inconnues lorsque l’on ne connaı̂t pas de méthode algébrique (systèmes d’équations).
Il ne nécéssite donc pas de connaissance en algèbre telle que la manipulation d’une équation,
mais seulement un peu de raisonnement et de bon sens. Cette méthode était enseigné à
l’époque du certificat d’étude, aux élèves qui n’entraient pas en classe de 6ième et se desti-
naient à un apprentissage professionnel. C’était aussi l’époque des problèmes de trains qui
se croisent, de baignoire qui se remplissaient en se vidant,. . .autant de problèmes sans trop
d’intérêt qui pouvaient être résolu par cette méthode.
Néanmoins, cette méthode est particulièrment adaptée aux problèmes d’alliages de métaux,
et c’est donc aussi l’occasion de ré-viser le principe d’ Archimède. Par ailleurs, cette méthode
se généralise à 3 inconnues ou plus, et apparaı̂t alors dans le domaine des mathématiques ap-
pelé optimisation linéaire, et est alors plus connue sous le nom de méthode du simplexe. Elle est
cruciale dans certains problèmes stratégiques (domaine militaire) ou de logistique (domaine
industriel), et fait aujourd’hui encore l’objet de nombreuses recherche en mathématiques. Pour
toutes ces raisons, et peut-être d’aut’res, il me semble que cette méthode reste d’actualité pour
les professeurs des écoles d’aujourd’hui et de demain.
Plutôt qu’un long et obscure discours décrivant la méthode, nous proposons ici deux
exemples, présentés sous la forme d’exercices. Le premier, très facile, est destiné à présenter le
principe de la méthode, tandis que le second, plus difficile, est le problème d’alliage classique
posé à Archimède.

1er Exemple
Le prix d’entrée d’une piscine est de 2e pour les adultes, et 1e pour les enfants. A la
fin d’une journée, on constate que 150 personnes ont payé une entrée, pour une recette totale
de 200e.
1. Quel serait la recette si les 150 personnes étaient des adultes ? (c’est la fausse supposition)
2. Si l’on remplace un adulte par un enfant, de quel montant diminue la recette ?
3. En déduire le nombre d’adultes et d’enfants ayant payé une entrée.

Solution. 50 adultes, et 100 enfants.

2ème Exemple
Vitruve rapporte que Héron II de Syracuse aurait demandé à Archimède de vérifier si la
couronne qu’il avait commandée à un artisan était en or, ou bien si celui-ci y avait mis de
l’argent à la place. Sachant que le roi avait donné 347, 4 g d’or à l’artisan, Archimède eut
l’idée de plonger la couronne dans un bassin carré, de base 18 cm2 , et constata que le niveau
d’eau s’élevait alors de 1.2 cm.
1. Sachant que la masse volumique de l’or est de 19.3 t/m3 , qu’en a déduit Archimède ?
2. Sachant par ailleurs que la masse volumique de l’argent est de 10.5 t/m3 , quel est le poids
d’or qui a été remplacé par de l’argent ?

Solution.
Il convient de commencer par quelques considérations de bon sens. On effectue d’abord une
petite conversion pour unifier les unités de masse et de volume. Nous obtenons alors que la

10
masse volumique de l’or est de 19.3 g/cm3 (et de même celle de l’argent est de 10.5 g/cm3 ).
Par ailleurs, si Héron fait appel à Archimède plutôt qu’à une balance, 3 c’est que l’artisan,
qu’il ait fauté ou non, a rendu au roi une couronne dont le poids est égal à celui d’or qui lui
a été confié. Ainsi la couronne a une masse de 347.4 g.

1
1. Une masse de 1 g d’or a un volume de 19.3 cm3 . Nous en déduisons qu’une couronne en or
pesant 347.4 g a un volume de 347.4/19.3 cm , soit 18 cm3 . En plongeant une telle couronne
3

dans le bassin, le niveau d’eau devrait donc monter de 1 cm. Après Archimède, nous en
déduisons donc que la couronne n’est pas composé uniquement d’or, mais également d’un
composé qui, pour une même masse, occupe un volume plus grand, c’est-à-dire un matériau
plus léger, ici l’argent.

2. Comme le niveau d’eau monte de 1.2 cm, le volume de la couronne est de 18 × 1.2 cm3 , soit
21.6 cm3 . Par rapport à une couronne en or (c’est la fausse supposition), le volume a donc
1
augmenté de 3.6 cm3 . Or, 1 g d’or a pour volume 19.3 cm3 , tandis que 1 g d’argent a pour
1
volume 10.5 cm3 .
1 1
Donc, en remplaçant 1 g d’or par 1 g d’argent, le volume augmente de 10.5 − 19.3 cm3 .
Par proportionnalité, nous en déduisons que la masse d’or remplacée par de l’argent est :
3.6
1 1 g = 118.43 g .
10.5 − 19.3
Ainsi, la couronne contient 118.43 g d’argent, et 347.4 g − 118.43 g d’or, soit 228.97 g d’or.

Remarque.
1. Biensuûr, Archimède ne connaissait pas la masse volumique de l’or et de l’argent, ni même
la notion de masse volumique. Pour faire apparaı̂tre la fraude, il a comparé les niveaux
d’élévation d’eau de la couronne et d’une masse d’or égale à celle de la couronne. Il n’est
donc besoin d’aucun calcul pour se convaincre de la culpabilité de l’artisan.
2. Ces deux problèmes peuvent biensûr être résolus à l’aide d’un système d’équations. Il
est intéressant de noter que, lorsque l’on résout les systèmes obtenus par substitution, les
différentes étapes du calcul correspondent précisément aux différentes étapes du raisonne-
ment effectué lors la méthode de la fausse supposition.

1.2 Arithmétique
1.2.1 Divisibilité, PGCD et PPCM
Définition 7 Division euclidienne
C’est la division, avec un reste entier, de deux nombres entiers.
Soient a, b deux nombres entiers, avec b 6= 0. Alors il existe un entier q, le quotient, et un
nombre entier r < b, le reste, tels que
a = bq + r .

Définition 8 Soient a, b deux nombres entiers, avecb 6= 0. Si le reste de la division euclidienne


a : b est nul, alors on dit que :
3. Mais au fond, Archimède n’est-il pas lui-même une balance ?

11
– b divise a
– b est un diviseur, ou un sous-multiple, de a
– a est un multiple de b
Cette relation s’écrit alors b|a. Cela est équivalent de dire qu’il existe un nombre entier q tel
que a = bq.
La relation de divisibilité a|b est une relation d’ordre : en effet, si a est un multiple de b,
qui lui-même est un multiple de c, alors a est aussi un multiple de c. En outre cette relation
d’ordre est plus fine que la relation habituelle a ≤ b, car si a|b, alors a ≤ b mais la réciproque
est fausse.
Le nombre 1 est un diviseur de tous les nombres différents de 0. Si a, b sont deux nombres
entiers, alors a × b est un multiple de a ET de b. Donc étant donnés deux nombres non nuls,
ils ont au moins un diviseur commun (1) et un multiple commun (ab).

Définition 9 Si a et b 6= 0 sont deux nombres entiers, alors ils n’ont qu’un nombre fini de
diviseurs en commun. Le plus grand d’entre eux est appelé ”plus grand commun diviseur de
a et de b” ou pgcd de a et b. Lorsque le pgcd vaut 1, nous disons que a et b sont premiers
entre eux. Si a et b sont deux nombres entiers, alors leurs multiples communs sont tous plus
grands que le maximum entre a et b. Parmi eux, il en est un qui est plus petit que tous les
autres, c’est le plus petit commun multiple de a et de b, ou pgcd de a et b.
Calcul pratique du PGCD : algorithme d’Euclide
Calculons, par exemple, le pgcd de 1071 et de 1029 à l’aide de l’algorithme d’Euclide :
1071 = 1029 × 1 + 42
1029 = 42 × 24 + 21 (1)
42 = 21 × 2 + 0
Il faut prendre le dernier reste avant le zéro, donc pgcd(1071, 1029) = 21.
Application : lemme de Bézout.
Soient a et b deux entiers non nuls. Alors il existe des nombres entiers x et y tels que
ax + by = pgcd(a, b)
. Deux tels nombres peuvent être trouvés grâce à l’algorithme d’Euclide (étendu).
Voici un exemple :
r = = = u×a + v×b
120 = 1 × 120 - 0× 23 = = 120
23 = 0 × 120 + 1× 23 = = 23
5 = 1 × 120 - 5 × 23 = = 1 × 120 - 5 × 23
3 = 1 × 23 - 4 × 5 = 1×23 - 4 × (1×120 - 5×23) = -4 × 120 + 21 × 23
2 = 1 × 5-1×3 = (1×120 - 5×23) - 1 × (-4×120 + 21×23) = 5 × 120 - 26 × 23
1 = 1 × 3-1×2 = (-4×120 + 21×23) - 1 × (5×120 - 26×23) = -9 × 120 + 47 × 23

Proposition 10 Soient a et b deux nombres entiers. Appelons c le pgcd de a et b. Alors


Un nombre entier d est un diviseur de a et b si et seulement si d|c.
En effet, si d|a alors d|ax. De même d|by. Donc d|ax+by = c. On peut également le voir sur l’algorithme
d’Euclide.

Proposition 11 ab = pgcd(a, b) × ppcm(a, b)

12
1.2.2 Congruences
Définition 12 Soit n un nombre entier différent de 0. Lorsque deux nombres entiers a et b ont le
même reste lorsque l’on divise ces nombres par n, on dit que a est congru à b modulo n, et on écrit

a ≡ b (mod n) .

Théorème 13 (Addition et multiplication des restes.)


Soient n un entier non nul, et a, b, c, et d des nombres entiers tels que a ≡ b(mod n) et c ≡ d(mod n).
Alors
a + c ≡ b + d(mod n) et ac ≡ bd(mod n) .
Application aux règles de divisibilité
Divisibilité par 2 Un nombre est divisible par 2 si et seulement si son chiffre des unités est
divisible par 2.
En effet, si u est le nombre d’unités de a, alors a−u est un multiple de 10 et est donc un multiple
de 2. Donc a ≡ u (mod 2).
Divisibilité par 3 Un nombre est divisible par 3 si et seulement si la somme de ses chiffres est
divisible par 3.
En effet, soit a = a0 + a× 10 + a2 × 102 + · · · + ak × 10k un nombre. On sait que 10 ≡ 1 (mod 3),
et donc 10n ≡ 1n ≡ 1 (mod 3). Par la règle d’addition des restes, nous en déduisons que a ≡
a0 + a1 + · · · + ak (mod 3).
Divisibilité par 4 Un nombre est divisible par 4 si et seulement si le nombre formé par les deux
derniers chiffres est divisible par 4.
Divisibilité par 5 Un nombre est divisible par 5 si et seulement si son chiffre des unités est
divisible par 5.
Divisibilité par 6 Un nombre est divisible par 6 si et seulement si il est divisible par 2 et par 3.
Divisibilité par 8 Un nombre est divisible par 8 si et seulement si le nombre formé par les trois
derniers chiffres est divisible par 8.
Divisibilité par 9 Un nombre est divisible par 9 si et seulement si la somme de ses chiffres est
divisible par 9.
Pour le voir on fait un raisonnement analogue au cas de la division par 3.
Divisibilité par 10 Un nombre est divisible par 10 si et seulement si son chiffre des unités est 0.
Divisibilité par 11 Un nombre est divisible par 11 si et seulement si la somme alternée de ses
chiffres est divisible par 11.
En effet, comme 10 ≡ −1 (mod 11), on a 10k ≡ (−1)k (mod 11) pour tout entier naturel k. Soit
maintenant n = ar · · · a1 a0 = a0 + a1 × 10 + · · · + ar × 10r un entier. Alors d’après ce qui précède,
on en conclut n ≡ a0 − a1 + a2 − · · · + (−1)r ar (mod 11).
Divisibilité par 12 Un nombre est divisible par 12 si et seulement si il est divisible par 4 et par
3.
Divisibilité par 7 Il existe plusieurs critères.

1. À utiliser pour les petits nombres (au plus 3 chiffres).


Un nombre n = k × 10 + u est divisible par 7 si et seulement si k − 2u est divisible par 7.
En effet, on peut écrire 1 = −2 × 10 + 3 × 7 (Bézout). Donc

−2 × n ≡ k(−2 × 10) − 2d ≡ k − 2d (mod 7) .

Or, comme 2 et 7 sont premiers entre eux, le nombre n est divisible par 7, si et seulement
si le nombre −2n est divisible par 7.
2. À utiliser pour les grands nombres.
Soit n un nombre. On décompose n en nombres de 3 chiffres en partant de la droite. Puis,
on intercale des signes + et −, en partant de la droite, en commençant par le signe −.
Enfin, on effectue l’opération obtenue, pour obtenir un résultat m (qui possède beaucoup

13
moins de chiffres que n). Alors :
Le nombre n est divisible par 7 si et seulement si m es divisible par 7.

1.2.3 Nombres premiers


Définition 14 Un nombre p > 1 est premier s’il ne possède pas de diviseur autre que 1 et lui-même.

Théorème 15 (théorème fondamental de l’arthmétique)


” Tout entier peut s’écrire, de façon unique, comme un produit de nombre premier.”
Plus précisément, soit n > 1. Alors il existe des nombres premiers p1 < · · · < pk et des nombres
entiers naturels strictement positifs n1 , . . . , nk tels que

n = pn1 1 × · · · × pnk k .

De plus, cette décomposition est unique.


L’existence se montre par récurence. Pour l’unicité, on utilise le lemme de Bézout, ou bien on peut
aussi utiliser une méthode de descente infinie.

Exemple 16
1. Dresser la liste des nombres premiers inférieurs à 100.
2. Le nombre 3977 = 41 × 97 n’est pas premier 163057 = 412 × 97.
Il existe une infinité de nombre premiers, comme l’avaient déjà remarqué les mathématiciens grecs
antiques. En effet, supposons en raisonnant par l’absurde qu’il n’existe qu’un nombre fini, disons k, de
nombres premiers. Appelons ces nombres p1 , . . . , pk . Alors le nombre p1 × · · · × pk + 1 n’est divisible
par aucun des nombres premiers. D’après le théorème précédent, il n’est divisible par aucun entier
autre que 1 et lui-même. Donc il est premier, et il y a donc au moins k + 1 nombre premier, ce qui est
en contradiction avec l’hypothèse.
Application à la simplification des fractions
Par exemple,
504 23 · 32 · 7 2·7 14
= 2 3 = = .
540 2 ·3 ·5 3·5 15
Application au calcul du pgcd et du ppcm
Pour obtenir le pgcd de deux nombres, on effectue le produit des nombres premiers qui apparaissent
dans ces nombres, élevés chacun à la puissance minimale à laquelle il apparaı̂t.
Pour obtenir le ppcm de deux nombres, on effectue le produit des nombres premiers qui apparaissent
dans ces nombres, élevés chacun à la puissance maximale à laquelle il apparaı̂t.

1.3 Géométrie plane


Introduction : qu’est-ce-que la géométrie ?
Dans le programme de Erlangen, F. Klein donne une vision de la géométrie pour laquelle l’étude
dTheseAbstract.pdfes figures géométriques est indissociables de celle des transformations qui laissent
invariantes de telles figures.

1.3.1 Figures classiques


Triangles
°
Dans un triangle, la somme des angles vaut toujours 180 . L’aire du triangle est donnée par
Base × Hauteur
A= .
2

14
Définition 17 Un triangle ABC est dit isocèle en A lorsque ses côtés AB et AC ont même longueur.

Proposition 18 Un triangle ABC est isocèle en A si et seulement si l’une des conditions suivantes
est réalisée.
(i) Les angles B̂ et Ĉ ont même mesure.
(ii) La hauteur issue de A, la médiane issue de A et la médiatrice du segment [BC] sont confondues.

Définition 19 Un triangle est dit équilatéral lorsque ses 3 côtés ont même longueur.

Proposition 20 Un triangle ABC est équilaéral si et seulement si l’une des conditions suivantes est
réalisée.
(i) Il est isocèle en chacun de ses sommets.
(ii) Les angles Â, B̂ et Ĉ ont même mesure.
(iii) La hauteur issue de A (resp. B, C), la médiane issue de A (resp. B,C) et la médiatrice du segment
[BC] (resp. [AC], [AB]) sont confondues.

Définition 21 Un triangle ABC est dit rectangle en A lorsque la mesure de l’angle  vaut 90°. Le
côté [BC] est alors appelé hypothénuse.

Proposition 22 Un triangle ABC est rectangle en A si et seulement si l’une des conditions suivantes
est réalisée.
(i) La somme des mesures des angles B̂ et Ĉ vaut 90°.
(ii) La médiane issue de A a pour longueur la moitié de celle du côté opposé.

Quadrilatères
Un quadrilatère est convexe lorsque l’on eut l’entourer avec une ficelle, et que celle-ci vient se poser

°
sur tous les côtés du quadrilatère. La même définition est d’ailleurs possible pour tous les polygones.
Dans un quadrilatère convexe, la sommme des angles vaut toujours 360 .

Définition 23 Un parallélogramme est un quadrilatère dont les diagonales se coupent en leur milieu.

Proposition 24 Le quadrilaère ABCD est un parallĺogramme si et seulement si l’une des conditions


suivantes est réalisée.
(i) Ses côtés opposés sont parallèles
(ii) Ses côtés opposés ont mêmes longueurs.
(iii) Les côtés AB et CD (resp. BC et DA) sont parallels et ont la même longueur.
L’aire d’un parallèlogramme est donnée par

A = Côté × Hauteur ,

où la hauteur est celle perpendiculaire au côté choisi.

Définition 25 Un parallélogramme ABCD est un rectangle lorsque ses diagonales ont la même lon-
gueur.

Proposition 26 Le quadrilaère ABCD est un rectangle si et seulement si l’une des conditions sui-
vantes est réalisée.
(i) Le quadrilatère ABCD est un parallélogramme et il possède un angle droit
(ii) Il possède 4 angles droits

Définition 27 Un parallélogramme ABCD est un losanges lorsque ses diagonales sont perpendicu-
laires.

15
Proposition 28 Le quadrilaère ABCD est un losange si et seulement si l’une des conditions sui-
vantes est réalisée.
(i) Le quadrilatère ABCD est un parallélogramme et ses 2 côtés consécutifs ont la même longueur.
(ii) Il possède 4 côtés de mêmes longueurs.

Définition 29 Un quadrilaère ABCD est un carré lorsqu’il est à la fois rectangle et losange, c’est-à-
dire lorsque ses diagonales sont perpendiculaires et ont la même longueurs.
En particulier, un carré possd̀e 4 angles droits, et ses 4 côtés ont la même longueur. Pour montrer
qu’un quadrilatère est un carré, il suffit par exemple de montrer qu’il possède 3 angles droits et deux
côtés consécutifs de même longueur.

Définition 30 Un quadrilère est un trapèze lorsqu’il possède deux côtés de la même longueur.
L’aire du trapèze convexe est donnée par :

(Petite base + Grande base) × hauteur


A= .
2

Polygones réguliers convexes


Les polygones réguliers convexes sont les polygones convexes, dont les côtés ont tous la même

°
longueur, et dont les angles internes ont tous la même mesure. De manière générale, la somme des
angles d’un polygone convexe à n côtés vaut (n − 2) × 180 . Biensûr le polygone régulier convexe à
3 côtés est le triangle équilatéral, et le le polygone régulier convexe à 4 côtés est le carré. Comme ils
sont constructibles à la règle et au compas, on peut se demander ce qu’il en est des autres polygones
réguliers convexes. Tous les éléves se sont un jour amusés à tracer une rosace avec un compas, ce qui
revient au même que de construire l’hexagone régulier.
Les mathématiciens grecs, depuis au moins Py-
thagore, savaient également construire un pentagone
régulier. Après avoir construit un triangle d’or OA0 C
en se référant à la figure 1, on procède comme in-
diqué ci-contre. La question de la construction des
autres polygones réguliers est longtemps restée sans
réponse. Nous avons le surprenant théorème suivant,
qui fait une fois de plus apparaı̂tre un lien subtil entre
arithmétique et géométrie.

Théorème 31 (Théorème de Gauss-Wantzel) Un po-


lygone à n côtés est constructible si et seulement si n
est le produit d’une puissance de 2 et de k nombres de
Fermat premiers 4 tous différents.

1.3.2 Constructions à la règle et au compas


Dans ce paragraphe, il est entendu que “règle” signifie “règle non graduée”. Un construction à la
règle et au compas se fait en prenant pour centre des cercles des points déjà en évidence sur la figure,
et leur rayon les longueurs entre deux tels points, et des droites passant par deux points également en
évidence. Les intersections de ces droites et cercles avec ceux déjà présents met en évidence de nouveaux
r
4. Un nombre de Fermat est un nombre de la forme 22 + 1. Pour r = 0, 1, 2, 3, 4 on obtient respectivement
les nombres premiers 3, 5, 17, 257, 65537. Il a été démontré que pour r = 5 jusqu’à r = 32, les nombres de
Fermat ne sont pas premiers. A partir de r = 33, personne ne sait s’il existe des nombres de Fermat premiers.

16
Plan de construction :
- tracer l’arc de cercle de centre A
de rayon AC = AB tel que BAC ˆ = 90° ;
- le point I est le milieu du segment [AC]
- le point D est tel que IB = ID ;
- le point F est tel que BF = AD

Figure 1 – Construction du triangle d’or

points qui peuvent à leur tour être utilisés pour de nouveaux tracés. Un question historiquement
importante est de savoir quels points l’on peut obtenir en partant de deux points distincts. Les 3 grands
problèmes de la géométrie antique (quadrature du cercle, trisection de l’angle, et duplication du cube)
se ramènent tous à des cas particuliers de cette question. Le premier mathématicien à suggérer, sans le
démontrer que pour la duplication du cube, la construction à la règle est au compas seuls est impossible
est René Descartes. Peu à peu les mathématiciens deviennent convaincus de l’impossibilité de ces
constructions, tandis que ces problèmes deviennent assez populaires, amenant de nombreux néophytes
à chercher en vain de telles constructions. En 1775, l’Académie des Sciences annonce qu’elle a décidé “de
ne plus examiner aucune solution des problèmes de la duplication du cube, de la trisection de l’angle,
ou de la quadrature du cercle, ni aucune machine annoncée comme un mouvement perpétuel. [...] Une
expérience de plus de soixante-dix ans a montré à l’Académie qu’aucun de ceux qui lui envoyaient des
solutions de ces problèmes n’en connaissaient ni la nature ni les difficultés, qu’aucune des méthodes
qu’ils employaient n’auraient pu les conduire à la solution, quand même elle serait possible. Cette longue
expérience a suffi pour convaincre l’Académie du peu d’utilité qui résulterait pour les Sciences, de
l’examen de toutes ces prétendues solutions. D’autres considérations ont encore déterminé l’Académie.
Il existe un bruit populaire que les Gouvernements ont promis des récompenses considérables à celui
qui parviendrait à résoudre le Problème de la quadrature du cercle, que ce Problème est l’objet des
recherches des Géomètres les plus célèbres ; sur la foi de ces bruits, une foule d’hommes beaucoup plus
grande qu’on ne le croit renonce à des occupations utiles pour se livrer à la recherche de ce Problème,
souvent sans l’entendre, et toujours sans avoir les connaissances nécessaires pour en tenter la solution
avec succès : rien n’était plus propre à les désabuser que la déclaration que l’Académie a jugé de devoir
faire. Plusieurs avaient le malheur de croire avoir réussi, ils se refusaient aux raisons avec lesquelles
les géomètres attaquaient leurs solutions, souvent ils ne pouvaient les entendre et ils finissaient par
les accuser d’envie ou de mauvaise foi. Quelquefois leur opiniâtreté a dégénéré en une véritable folie.
Tout attachement opiniâtre à une opinion démontrée fausse, s’il s’y joint une occupation perpétuelle
du même objet, une impatience violente de la contradiction, est sans doute une véritable folie ; mais
on ne la regarde point comme telle, si l’opinion qui forme cette folie ne choque pas les idées connues
des hommes, si elle n’influe pas sur la conduite de la vie, si elle ne trouble pas l’ordre de la Société.
La folie des quadrateurs n’auraient donc pour eux aucun autre inconvénient que la perte d’un temps
souvent utile à leur famille ; mais malheureusement la folie se borne rarement à un seul objet, et
l’habitude de déraisonner se contracte et s’étend comme celle de raisonner juste ; c’est ce qui est arrivé
plus d’une fois aux quadrateurs. D’ailleurs ne pouvant se dissimuler combien il serait singulier qu’ils
fussent parvenus sans étude à des vérités, que les hommes les plus célèbres ont inutilement cherchées,
ils se persuadent presque tous que c’est par une protection particulière de la Providence qu’ils y sont
parvenus, et il n’y a qu’un pas de cette idée à croire que toutes les combinaisons bizarres d’idées qui se
présentent à eux, sont autant d’inspirations. L’humanité exigeait donc que l’Académie, persuadée de
l’inutilité absolue de l’examen qu’elle aurait pu faire des solutions de la quadrature du cercle, cherchât à
détruire, par une déclaration publique, des opinions populaires qui ont été funestes à plusieurs familles.”
La situation est alors assez paradoxale puisque l’impossibilité de ces constructions n’est alors toujours
pas démontrée, mais seulement très fortement préssentie par la communauté des mathématiciens.

17
En 1837, Pierre-Laurent Wantzel montre enfin que la duplication du cube est impossible. Pour les
deux autres problèmes, il faut attendre 1882 pour que Lindemann démontre leur impossibilité, plus
d’un siècle après la décision de l’académie. Et pourtant même aujourd’hui, certains essaient encore et
toujours.

Voici cependant une liste de constructions possibles à la règle et aux compas, et utiles pour apprendre
à raisonner juste et s’appliquer à effectuer des construtions propres et précises, bref, apprendre la
géométrie.
• Parallèle et perpendiculaire à une droite passant par un point.
Par tout point passe une droite et une seule, parallèle à une droite donnée. Cet énoncé était
considéré comme un axiome par les mathématiciens de l’antiquité. L’autre axiome fondateur de
la éométrie, qui le prédède stipule que par deux points donnés, passe une et une seule droite.
On montre alors que, par tout point passe une droite et une seule, perpendiculaire à une droite
donnée. La figure 2 illustre comment tracer la perpendiculaire à une droite, passant par un point
n’appartenant pas à cette droite. L’étudiant traitera en exercice le cas où le point est situé sur
la droite.

A• Plan de construction :
(d) C - tracer le cercle C de centre A
de rayon assez grand ;
M C2 - le cercle C coupe la droite (d) en M et N ;
C1 - tracer les cercles de même rayon
C1 de centre M et C2 de centre N ;
- les cercles C1 et C2 se coupent en A0 ;
et un autre point ;
A0 N - la droite (AA0 ) est perpendiculaire
à la droite (d).

Figure 2 – Perpendiculaire à une droite passant par un point

• Médiatrice d’un segment de droite.


La médiatrice d’un segment de droite est le lieu des points à égales distances des extrémités du
segment. Elle est une droite, perpendiculaire au segment, et passant par son milieu.

C C0 Plan de construction :
- tracer le cercle C de centre A
M de rayon assez grand ;
- tracer le cercle C 0 de centre B
A• •B de même rayon que C
- les cercles C et C 0 se coupent en M et N
N - la droite (M N ) est la médiatrice du segment [AB]

Figure 3 – Médiatrice d’un segment

• Bissectrices de deux droites non parallèles.


On appelle bissectrice de deux droites non parallèles le lieu des points à égales distances des
deux droites. La bissectrice est alors la réunion de deux droites, perpendiculaires entre elles,
passant par le point d’intersection des deux droites initiales. Souvent, on parle également de

18
bissectrice pour un secteur angulaire (réunion de deux demi-droites ayant la même extrémité).
Cette bissectrice est alors une demi-droite.
x
Plan de construction :
- tracer le cercle C de centre O
- le cercle C coupe la demi-droite [Ox) en M ;
- le cercle C coupe la droite [Oy) en N ;
M - tracer les cercles de même rayon
O0
C1 de centre M et C2 de centre N ;
x0 - les cercles C1 et C2 se coupent en O0 ;
et un autre point ;
O N - la demi-droite [OO0 ) est la bissectrice
du secteur angulaire (xOx0 ).

Figure 4 – Bissectrice d’un secteur angulaire

Le problème de la trisection de l’angle est de construire par une méthode analogue à celle de la
bissection, la trisectrice d’un secteur angulaire, c’est-à-dire, de partager un secteur angulaire en
trois secteurs, dont les angles sont de mesures égales au tiers de celle de l’angle initial. Ces trois
secteurs existent, mais il n’est pas possible de les construire ainsi à la règle non graduée et au
compas.

1.3.3 Transformations
Habituellement, la notion de forme la plus simple, mais qui est aussi la plus restrictive, est définie
en disant que deux figures représentent la même forme ou encore qu’elles sont semblables, si l’on
peut passer de l’une à l’autre en effectuant un ou plusieurs des transformations décrites ci-après. Cette
notion de forme est en effet assez restrictive car, par exemple pour faire reconnaı̂tre à un automate
parmi des formes lesquelles sont des visages, il est nécessaire d’utiliser d’autres transformations, plus
souples, plus complexes aussi, et ne préservant plus toujours l’alignement. La notion de forme n’est
donc pas intrinseque, mais dépend du groupe de transformations que l’on considère. Etudier et
classer ces groupes, sont les questions fondamentales de la géométrie, aux quels tous les problèmes de
formes, et plus encore de figures, se ramènent. Ceci peut paraı̂tre assez paradoxal : en effet, puisque
l’on ne peut pas voir les transformations elles-même, qui sont les objets primordiaux de la géométrie,
on peut dire que la géométrie n’est pas une science visible. Il est peut-être alors préférable de dire que
l’on entend 5 une figure, plutôt que de dire qu’on la regarde. Et pour entendre, il faut savoir écouter...
Les transformations étudiées dans ce prargraphe préservent toutes l’alignement, le parallélisme
et les mesures d’angles. Par contre, elles ne conservent pas toutes les longueurs, et l’orientation des
angles. Le lecteur s’exercera en déterminant pour quelles transformations cela est ou non le cas. Les
transformations peuvent toutes être définies sans faire référence à une figure. Cependant, procéder
ainsi nous conduirait dans des développements assez abstraits que nous souhaitons éviter ici. Nous
adopterons donc la démarche inverse, consistant à définir les transformations par leur action sur les
figures, tout en gardant présent à l’esprit que ce point de vue “à la Euclide” est celui de l’apprentissage
de la géométrie, mais pas toujours celui de la logique.
• Les translations.
−−→ −→
Rappelons que les couples de points (P, Q) et (R, S) représentent le même vecteur P Q = RS
−−→
lorsque le quadrilatère P QSR est un parallélogramme. Si A est un point, et → −v = P Q est un
0
vecteur représenté par un couple de point (P, Q), le translaté A = t→ v (A) du point A par la

−−→ −−→
translation de vecteur → −
v est l’unique point tel que AA0 = P Q. Ce point est unique d’après le
postulat des parallèles : en effet, il est l’intersection des droites suivantes : la parallèle à (P Q)
passant par A, et la parallèle à (P A) passant par Q. Remarquons encore que le point A0 ainsi
construit ne dépend pas du représentant du vecteur → −
v choisi, ce que nous admettons.
5. entendre est pris ici au sens de comprendre

19
Figure 5 – Translation

• Agrandissements et homothéties.

Agrandir une figure d’un facteur x, c’est la reproduire sur une autre feuille, en multipliant toutes
les longueurs par le nombre x. L’homothétie de centre O et de rapport x, définit à partir du
−−→ −→
point A un nouveau point A0 tel que OA0 = xOA. Toutes les longueurs sont alors multipliées
par x. Les aires sont elles multipliées par x2 . Le point O a pour image lui-même : il est fixe.
Prise à part, l’image d’une figure par une homothétie est un agrandissement de l’image initiale.
On dira qu’un agrandissement une homothétie, dont on a oublié le centre.
• Les rotations.
Un rotation de centre O et d’angle orienté α, définit à partir de tout point A, un nouveau point
A0 tel que AOA
\0 = α. L
es longueurs, les angles et leur orientation sont préservés par les rotations. Le centre de la
rotation est fixe.

Figure 6 – Rotation

• Symétries orthogonales
Tout se passe comme avec un mirroir !

1.3.4 Cercles et angles


Théorème 32 (Théorème de l’angle inscrit)

20

Figure 7 – Symétrie d’axe ∆

Soient un cercle de centre O, A et B deux points de ce cercle


\ ≤ 180°. Soit M un point du grand arc de cercle
tels que AOB
_
AB. Alors
1\
AM
\ B = AOB .
2
_
Lorsque M est un point du petit arc AB, alors
1 
AM
\ B= 360° − AOB
\ .
2

En résumé, l’angle AM
\ B vaut la moitié de l’angle en O qui lui est opposé. En particulier, l’angle en
M ne dépend pas du point M mobile lorsque celui-ci décrit un des arcs de cercle.
Réciproquement, quatre points A, B, C et D vérifiant ACB
\ = ADB \ sont cocycliques, et les points
_
C et D sont sur le même arc AB.
Une autre façon d’énoncer ce théorème est de dire que dans un triangle ABC, dont le centre du cercle

°
circonscrit est O, l’angle BOC
\ est le double de l’angle en A.
Un cas particulier est celui où AOB
\ = 180 , c’est-à-dire le segment [AB] est un diamètre du cercle.
L’angle en M est alors un angle droit. Et réciproquement, un triangle dont le centre du cercle circonsrit
est le milieu d’un des côtés est rectangle, et le côté en question est l’hypothénuse et le diamètre du
cercle circonscrit.

1.3.5 Droites remarquables dans le triangle


• Médianes
A
Les médianes d’un triangle sont les droites passant par un
sommet et le milieu du côté opposé Les médianes sont concou-
rantes, en un point G appelé centre de gravité du triangle. Ce J K
point est toujours intérieur au triangle. Le triangle formé des G
pieds des médianes est appelé triangle médian. L’homothétie
de centre G et de rapport −2 transforme le triangle médian C I B
en le triangle initial.

• Hauteurs

21
A Les hauteurs d’un triangle sont les droites passant par un
sommet et perpendiculaires au côté opposé Les hauteurs
T
S sont concourantes, en un point H appelé orthocentre. Ce

°
H point est intérieur au triangle si et seulement si tous ses
angles internes ont une mesure inférieur à 90 . Dans un

°
triangle rectangle en A, l’orthocentre est le point A. Si
C R B l’angle en A est supérieur à 90 , alors l’orthocentre H est
ˆ S. De plus le point A
°
situé dans le secteur angulaire AT
est l’othocentre du triangle BCH dont les angles sont inférieurs à 90 . Les pieds des hauteurs
forment un triangle appelé tiangle orthique.

• Médiatrices
A
Les médiatrices sont concourantes, en un point O,
centre d’un cercle passant par les 3 sommets du tri-
angle, appelé cercle circonscrit au triangle. En effet, J K
puisque l’intersection O des médiatrices des segments O
[AB] et [BC] vérifie OA = OB et OB = OC, on a bien
OA = OC, ce qui signifie que le point O est bien sur
C I B
la médiatrice du segment [AC], et le cercle de centre
O passant par A et B passe aussi par C.

• Bissectrices
A
Les (demi-)bissectrices des angles internes à un triangle
sont concourantes en un point O0 , centre du cercle ins-
crit au triangle. Ce cercle est tangent intérieu-rement aux
Ω côtés du triangle. Il existe 3 autres cercles tangents aux
côtés du triangle, mais à l’extérieur du triangle. A titre
d’exercice, on pourra essayer de les construire à la règle
C B et au compas, ce qui est possible en utilisant deux bis-
sectrices des angles externes au triangle et une bissectrice
interne. Les 3 bissectrices externes ne sont pas concourantes, mais forment un triangle dont les
sommets sont les 3 centres de ces 3 autres cercles.
Voici encore un fait intéressant qui sera démontré dans les exercices : les hauteurs du triangle
ABC sont les bissectrices du triangle orthique. Ceci se démontre à l’aide du théorème de l’angle
inscrit.

• Droite et cercle d’Euler

Le centre de gravité, l’orthocentre et le centre du cercle


circonstrit à un triangle sont alignés. La droite passant
par ces 3 points est appelée droite d’Euler. Cela résulte
de la proposition suivante, elle-même conséquence du fait
que le centre de gravité est situé au tiers des médianes.

Proposition. Soit ABC un triangle, G son centre de


gravité, L’homothétie de centre le centre de gravité G de
rapport −2 transforment les médiatrices en hauteurs. En
particulier, le centre du cercle circonscrit au triangle, est
transformé en un point qui appartient qux trois hauteurs,
et celles-ci son donc concourrantes.
Une autre propriété est la suivante : les milieux des côtés d’un triangle et les pieds des hauteurs
sont cocycliques. Autrement dit, les cercles circonscrits aux triangles médians et orthiques sont
confondus. Le cercle sur lequel sont situé ces points est appelé cercle d’Euler. Ces 6 points

22
forment donc un hexagone qui est inscrit dans un cercle. Nous avons alors le
Théorème. [Théorème de Pascal] Un hexagone est inscrit dans une conique si et seulement si
les intersections des côtés opposés sont alignés.
Il est alors amusant de noter que ce théorème est équivalent à l’énoncé de mécanique des fluides
suivant, plus intuitif : Les fluides incompressibles transmettent intégralement et dans toutes les
directions, les pressions qui leur sont appliquées.

Annexe : Le nombre π en géométrie


Rappelons que le nombre π est, par définition, le périmètre d’un demi-cercle de rayon 1.
Quadrature du cercle Le problème de la quadrature du cercle consiste, en n’utilisant que la règle
non-graduée et le compas, à construire, en partant d’un cercle, un carré ayant la même aire que le
cercle. Ce problème posé dès l’antiquité est intéressant d’un point de vue historique car il a résisté aux
mathématiciens pendant très longtemps. Dans le papyrus Rhind (∼ 1650 av. J.-C.), le scribe Ahmès,
reproduisant un texte datant d’au moins deux cent ans, proposait déjà une solution approchée du
problème ; ce qui montre que le problème était déjà posé en ∼ 1850 av. J.-C. Finalement, on sait
aujourd’hui que cette construction est impossible. La première étape dans l’étude de ce problème √
consiste à remarquer qu’il faut construire une longueur dont le rapport au rayon du cercle vaut π.
La dernière pierre de la démonstration de cette impossibilité a été posée en 1882 (intrigante symétrie
des dates) par Ferdinand von Lindemann. Il montre que le nombre π n’est solution d’aucune équation
algébrique. En utilisant alors les travaux de Wantzel qui avait montré que les nombres constructibles
sont solutions d’équations algébriques bien particulières, ceci aboutit à la conclusion.
Si π n’est donc pas une fraction, nous sommes amenés à nous poser la question de savoir comment
l’approcher avec le plus de décimales exactes possibles.
Fractions approchant π
Commençons par une petite enigme. Il s’agit de déplacer une des allumettes pour que l’égalité suivante
devienne vraie :

\/ \/ | |
|| = .
\/ | | |
La réponse est de prendre la dernière allumette, et de la poser sur les barres verticales à gauche.
On obtient l’égalité π = 22
7 = 3.14....
Mais cela est-il vraiment juste ? Non, biensûr. On a d’ailleurs vu au paragraphe précédent que π
ne pouvait être une fraction. Pourtant, cette fraction 22 7 possède une propriété très intéressante : si
l’on considère parmi toutes les fractions celles qui approchent le mieux π, on voit que pour en obtenir
une meilleure que celle-ci, en augmentant progressivement le dénominateur, il faut prendre la fraction
333
106 = 3.1415.... Pour arriver jusqu’à ce point, il nous a déjà fallu tâtonner un bon moment. Vient
ensuite assez rapidement, 355 113 = 3.141592..., puis il faut faire un saut gigantesque avant de trouver
mieux :
103993
= 3.141592653...
33102
Mais au fait, d’où vient cette suite de fractions ? Et n’y a-t-il pas un moyen de la trouver plus ra-
pidement ? L’idée est justement d’essayer d’écrire π comme une fraction. Si tel est le cas, alors π et
1 sont en commune mesure, comme disaient les anciens. Dans ce cas, nous pouvons appliquer l’algo-
rithme d’Euclide pour trouver cette mesure. Rappelons que les premières décimales de π peuvent être
mémorisées au moyen de la phrase suivante :

Que j’ aime à faire apprendre un nombre utile aux sages


3 1 4 1 5 9 2 6 5 3 5

23
Figure 8 – Intérprétation géométrique de l’algorithme d’Euclide

Nous avons donc, en partant de cette valeur approchée de π :

π = 3.141592653
= 3 + 0.141592653 ≈3
1 1 1 22
=3+ =3+ ≈3+ =
7.06251333535 7 + 0.06251333535 7 7
1 1 333
=3+ 1 ≈3+ 1 = 106
7 + 15.9965868786 7 + 15
1 1 355
=3+ 1 ≈3+ 1 =
7 + 15+ 1 7 + 15+ 1 113
1+.000342481065 1

1 1 103993
=3+ 1 ≈3+ 1 =
7+ 15+ 1 7+ 15+ 1 33102
1+ 1 1+ 1
291.986945178 292

Si l’agorithme d’Euclide s’arrêtait, nous aurions alors exprimé π sous forme d’une fraction. Mais cela ne
s’arrête jamais, et nous obtiendrions, si nous partions de la vraie valeur de π pour commencer, une suite
de fractions, dont les dénominateurs et les numérateurs sont toujours plus grands, qui approchent de
mieux en mieux π, chacune de ces fractions étant toujours la meilleure possible parmi celles possédant
un dénominateur inférieur à celle qui vient après. Cette propriété de meilleure approximation est (pour
dire les choses rapidement) dûe au fait que l’algorithme d’Euclide est le meilleur possible.

1.4 Géométrie dans l’espace


1.4.1 Notions fondamentales
- Les objets fondamentaux de la géométrie dans l’epace sont : les points, les droites, et les plans.
Par deux points passe une droite et une seule. Tois points sont alignés s’ils sont sur une même droite.
Par 3 points non alignés passe un plan et un seul. Cela revient à dire : par une droite et un point hors

24
de cette droite, passe un plan et un seul. Dans chaque plan de l’espace, les résultats de la géométrie
plane sont toujours vrais.
- Parallĺisme : deux plans sont dits paralèls s’ils n’ont aucun point commun. Si un plan P et un
point A hors du plan sont donnés, il existe un unique plan passant par A et parallel au plan P . Un
plan et une droite sont dits parallels lorsqu’ils n’ont aucun point commun. Dans ce cas, il existe un
unique plan contenant la droite, et parallel qu plan de départ. Deux droites sont dites parallèlles si
elles sont contenus dans un même plan et n’ont aucun point commun. Elles sont alors parallèlle dans
le plan en question, au sens de la géométrie plane. Lorsque deux droites sont parallèlles, tout plan
contenant l’une d’elle est parallel à la seconde.
- Orthogonalité : Une droite d et un plan P , intersectant d en A, sont orthogonaux lorsque pour
tout point A0 du plan P , la droite (AA0 ) est perpendiculaire à la droite d dans l’unique plan qui les
contient.

1.4.2 Comment dessiner la 3D ?


En géométrie dans l’espace l’objectif des programmes est d’apprendre à voir pour apprendre à
calculer et à raisonner. Cela implique un large usage de maquettes, de patrons et de représentations.
La représentation d’un objet de l’espace est toujours ambigüe puisque d’une part, une figure plane ne
fournit en général pas l’intégralité des informations nécessaires à la description de l’objet lui-même,
et que d’autre part, elle peut même induire en erreur (un angle peut être droit sur une représentation
alors qu’il ne l’est pas sur l’objet lui-même). 6 Il existe plusieurs modes de représentation parfaitement
codifiés et décrits par G. Audibert dans “ la perspective cavalière ” dont les principaux sont les vues
du dessin industriel, les projections axonométriques, les perspectives cavalières, l’épure en géométrie
descriptive, les perspectives coniques et les projections cotées. Dans ce cours, nous ne donnerons un
aperçu que des perspectives cavalières et coniques.

Perspective cavalière

Pour représenter les objets de l’espace au collège et au lycée on n’utilise pas celle des représentations
qui certainement donne le mieux l’illusion du vrai, comme le fait une photographie : la perspective
conique. On utilise la plus simple des perspectives, la perspective cavalière, qui représente un compromis
entre l’illusion de la réalité, la facilité d’exécution et la conservation d’un certain nombre de propriétés
mathématiques des objets solides qui sont représentés. Elle obéit à un certain nombre de règles que
les professeurs doivent avoir présentes à l’esprit, même si elles ne sont jamais explicitées aux élèves.
A cet égard les programmes sont extrêmement discrets : il apparaı̂t que, si on doit s’assurer que les
élèves ont une bonne pratique des règles permettant de faire de telles représentations tout exposé sur
la perspective cavalière semble exclu.
Soit P un plan et D une droite qui n’est ni parallèle ni perpendiculaire à ce plan. On appelle
perspective cavalière la projection sur P parallèlement à la direction de D, comme cela est montré
sur la figure 9. La représentation d’un objet en perspective cavalière est donc son image par cette

projection. Des propriétés de cette projection, on déduit les relations qui existent entre les éléments
caractéristiques de l’objet lui-même et ceux de sa représentation. Ainsi,
[Al] la perspective cavalière conserve l’alignement,
[Pa] le parallélisme,
[Ra] et le rapport des longueurs de deux segments parallèles ( en particulier elle conserve les
milieux ) ;
[Lo] toute figure contenue dans un plan paralll̀e à P est représentée en vraie grandeur (longueurs
des segments, mesures des angles) ; ce n’est pas le cas pour les figures contenues dans des plans
non parallèles à P ;
6. http ://maths.ac-creteil.fr/spip/spip.php ?article211

25
Figure 9 – Principe de la perspective cavalière

[Ce] les cercles sont, suivant les cas, représentés par des segments (s’ils sont contenus dans un
plan parallèle à D), des cercles (s’ils sont contenus dans un plan parallèle à P ) ou des ellipses
(dans les autres cas).
Ces propriétés peuvent être mises en évidence en utilisant le lien qui existe entre représentation cavalière
d’un objet et son ombre sur un plan objet éclairé par le soleil.

©
Il est délicat de schématiser cette définition de la perspective cavalière puisqu’on est alors amené,
comme dans le dessin ci-dessous, à représenter l’objet dont on veut donner une reprà sentation
cavalière, en utilisant ..une perspective cavalière. Ainsi, figure 9, le polygone abcdef gh apparaı̂t
comme représentation cavaliére du cube ABCDEF GH, qui est lui-même représenté ici à l’aide d’une
perspective cavalière !

Perspectives coniques à points de fuites

Le principe de la perspective conique est illustré par la figure 10. Il s’agit d’une projection centrale
sur un plan. Il consiste en une projection centrale, centrée en un point O de l’espace censé être l’œil du
peintre, sur un plan P ne contenant pas O, censé être la toile sur laquelle le peintre dessine. Tous les
points plans ne peuvent pas être projetés : ceux du plan parallel à P passant par O sont projetés “à
l’infini”. Le vocabulaire de base est défini à la figure 11. Chaque famille de plans parallèles ente eux, qui
ne sont pas parallèles à P , possd̀e une ligne d’horizon sur P . On l’obtient en déterminant l’intersection
avec P de celui qui passe par O. Les plans qui sont parallels au plan P du tableau n’ont pas de ligne
d’horizons. De même chaque famille de droites parallèlles entre elles, qui ne sont pas parallèlles à P ,
possède un point de fuite sur P . Ce point est l’intersection avec P de celle de ces droites qui passe
par O. Biensûr, si deux plans ne sont pas parallels, leurs lignes d’horizons s’intersecteront au point de
fuite de leur droite d’intersection. Ainsi tous les plans parallels à une même droite, auront des lignes
d’horizons qui seront concourantes au point de fuite de la droite en question.
Lorsque le tabelau est vertical, on dit que l’on a une perspective à 2 points de fuites. Lorsque le
tableau n’est pas vertical (ni horizontal, cas que l’on ne dessine jamais), le plan horizontal possède
une ligne d’horizon appelé simplement horizon, et les droites verticales ont un point de fuite, qui est
l’intersection de toutes les lignes d’horizon des plans verticaux. Il s’agit alors d’une perspective à 3
points de fuites. Dans le cas du peintre devant un tableau posé sur un chevalet, ou encore dans le cas
d’une vue plongée (figure 12), ce point de fuite des droites verticales est situé en dessous de l’horizon

26
Figure 10 – Principe de la perspective conique

Figure 11 – Vocabulaire de la perspective conique

(la ligne d’horizon des plans horizontaux). Dans le cas inverse où le tableau a l’air de tomber sur
l’observateur, le point de fuite des droites verticales est au dessus de l’horizon. On utilise une telle
perspective pour representer un haut monument, voir par exemple la figure 15, afin d’accentuer l’effet
de hauteur de celui-ci.
Nous n’utiliserons pas la ligne de terre dans ce cours. Notons seulement qu’elle sert lorsque l’on
veut représenter de manière très réaliste un objet en utilisant la règle pour déterminer les longueurs
sur le dessin ( ou tableau) d’un objet physique réel. Le lecteur intéressé par le dessin ou l’architecture,
pourra se reporter par exemple au site internet suivant :

27
http ://lesdessineux.forumactif.com/le-coin-des-astuces-et-conseils-f11/perspective-conique...
On remarquera sur la figure 15 que le cube du dessous a une représentation bizarre (mais juste) :
l’œil de l’observateur est au dessus de ce cube, et celui-ci devrait donc le voir en vue plongée, comme
dans la figure 12. Ce défaut est dû au fait que la perspective conique ne correspond pas tout à
fait à ce qui se passe pour la vision, la rétine de l’œil étant sphérique. Il faudrait donc pour faire
disparaı̂tre ce défaut, non plus projeter l’espace sur un plan, mais bien sur une sphère, centrée sur l’œil
de l’observateur. Ce type de représentation a été développé par Leonardo Da Vinci. Cela ne résoud
d’ailleurs pas tout à fait le problème, puisqu’il faut ensuite, pour obtenir un vrai dessin sur une feuille,
projeter (le dessin obtenu sur) la sphère sur un plan, ce qui déformera nésessairement alors la figure
sphérique.

Figure 12 – Vue plongée d’un monument

1.4.3 Solides classiques


- tétradèdre
- pyramide
- parallèlépipèdes : quelconques, rectangles, cubes
- sphères : aire, surface, méridiens, paralléles, poles, hémisphères, ...

1.4.4 Positions relatives et Règles d’incidence


- 2 plans
- 1 plan et 1 droite
- 2 droites
- 3 plans : livre fermé, livre ouvert, la scie, l’angle de pièce, le toit de maison.

1.4.5 Solides platoniciens


À similitude près, il existe exactement 5 polyèdres réguliers convexes :
- tétradèdre : 4 faces qui sont des triangles équilatéraux
- cube : 6 faces qui sont des carrés
- octaèdre : 8 faces qui sont des triangles équilatéraux
- dodécaèdre : 12 faces qui sont des pentagones réguliers
- icosaèdre : 20 faces qui qui sont des triangles équilatéraux

28
Figure 13 – Les 5 polyèdres réguliers convexes

Pourquoi cinq seulement ? Voici une explication très rapide.


Un polyèdre régulier doit avoir le même nombre de polygones réguliers en chacun de ses sommets. Ce
nombre est évidemment au minimum de 3. Le maximum dépendra de l’angle du polygone régulier. En
effet si la somme des angles au sommet atteint ou dépasse 360 degrés, nous obtenons un plan ou une
superposition des faces.
Commençons donc par 3. Le polygone régulier ayant 3 côtés est le triangle équilatéral, chaque
angle mesure 60 degrés . Si nous en plaçons 3 en chaque sommet du polydre régulier, nous obtenons le
tétraèdre régulier. Si nous plaçons 4 triangles équilatéraux en chaque sommet du polyèdre régulier, nous
obtenons l’octaèdre régulier. Si nous plaçons 5 triangles équilatéraux en chaque sommet du polyèdre
régulier, nous obtenons l’icosaèdre régulier. Et si nous essayons 6 triangles, nous avons 6 × 60 degrés =
360 degrés, nous n’aurons pas de sommet pour le polyèdre, c’est donc impossible.
Regardons maintenant le polygone régulier à 4 côtés, il s’agit du carré. On peut placer 3 carrés
en chaque sommet du polyèdre régulier, nous obtenons le cube. Si nous essayons 4 carrés, nous avons
4 × 90 degrés = 360 degrés, nous n’aurons pas de sommet pour le polyèdre, c’est impossible.
Regardons maintenant le polygone régulier à 5 côtés, il s’agit du pentagone régulier dont chaque
angle mesure 108 degrés. On peut placer 3 pentagones réguliers en chaque sommet du polyèdre régulier,
nous obtenons le dodécaèdre. Si nous essayons 4 pentagones , nous avons 4 × 108 degrés = 432 degrés,
supérieur à 360 degrés, il y aura superposition, nous n’aurons pas de sommet pour le polyèdre, c’est
impossible.
Regardons maintenant le polygone régulier à 6 côtés, il s’agit de l’hexagone régulier dont chaque
angle mesure 120 degrés. Mais 3 × 120 degrés = 360 degrés, c’est impossible. Et les autres polyèdres
réguliers ont des angles de plus en plus grands, inutile alors de continuer.
Nous avons ainsi obtenu les cinq seuls solides parfaits de Platon. Plus précisément, nous avons
montré que parmi les polyèdres réguliers convexes, seuls cinq types de sommet sont possibles. Biensûr,
à chaque type de sommet ne peut correspondre qu’au plus 1 polyèdre. Mais nous n’avons pas montré
qu’ils existaient réellement. Cela peut surprendre celui pour qui le fait de pouvoir les voir ferait preuve.
Mais il pourrait tres bien s’agir d’une illusion d’optique, les contructions de ces solides n’étant que
des constructions physiques : les inévitables approximations dans la réalisation d’un tel solide pourrait
nous faire croire à l’existence d’un objet solide “parfait”, alors qu’il n’en serait rien. Finalement, ces
solides existent bel et bien, mais ce n’est qu’à l’aire moderne que leur existence fut montré de façon
rigoureuse. Car il faut, pour montrer leur existence, les construire par la pensée, de façon rationnelle,
chose que Platon et ses suivants ne semblent pas avoir envisagée. Par exemple, on peut commencer
par un développement plan (un patron) du solide supposé, puis montrer qu’en repliant les faces le
long des arrêtes, ces faces viennent s’assembler de façon exacte. La seule façon que je connaisse pour
conclure utilise alors le calcul. Une autre manière de montrer leur existence est d’observer leurs trans-
formations isométriques, et de montrer que ces transformations ne laissent simultanément qu’un seul
objet invariant. Cette méthode ne nécessite presque pas de calcul, mais est beaucoup plus abstraite.
Cette méthode met en évidence que la géométrie n’est pas seulement l’étude des objets géométriques
mais également de leurs transformations.
Platon est né en 427 et mort en 347 avant notre ère. Il est l’un des plus grands philosophes grecs de
l’Antiquité, fondateur d’une Ecole, l’Académie ; ses œuvres sont écrites sous forme de dialogues dont

29
l’un des protagonistes est Socrate, et sa philosophie est l’une des premières philosophies rationalistes.

Culture : Le problème de la duplication du cube

Il est facile de construire,à partir d’un carré donné, un nou-


veau carré dont l’aire est le double du carré initial. Il suffit de
doubler deux côtés consécutifs, qui seront alors les diagonales
du nouveau carré. Son côté est la diagonale du carré initial.
Le problème de la duplication du cube pose la même question,
mais pour un cube. Plus précisément, il s’agit de construire le
côté d’un nouveau cube, en partant du développement plan d’un
premier cube, dont le volume est doublé, et ceci en n’utilisant
que la règle et le compas. Autrement dit, il faut construire une
longueur
√ dont le rapport à celle du côté du premier cube, vaut
3
2. Comme nous l’avons déjà dit, cela n’est pas possible. On trouvera cependant diverses construc-
tions dans la littérature, mais aucune ne peut répondre au problème ainsi posé. Ou bien, elles sont des
constructions approchées, ou bien elles en modifient implicitement les conditions, de façon à autoriser
d’autres proédés que la règle et le compas.
Ce problème est très ancien, et fait partie de ces trois problèmes sur lesquels ont butés les
mathématiciens pendant des siècles, voire des millénaires. Eratosthène écrit en effet au roi Ptolémée 7 :
On raconte qu’un ancien auteur tragique met en scène Minos faisant préparer une tombe pour Glau-
kos. Ayant appris que de chaque côté, elle avait cent pieds, il dit : ” Tu as désigné certes un petit
enclos pour la tombe d’un roi ; qu’il soit double ; sans détruire ses belles proportions, double donc au
plus tôt chaque côté de la tombe.” Il s’est visiblement trompé : en effet, si l’on double les côtés, la
figure plane devient quadruple, le solide, huit fois plus grand. Mais, même chez les géomètres, on re-
cherchait de quelle manière on pourrait doubler le solide donné en lui conservant la même figure. Et
ce problème était appelé la duplication 8 du cube ; en effet, s’étant donné un cube, ils cherchaient à
le doubler. Selon la légende, Minos est fils de Zeus et d’Europe. Conséquence du rapt de la seconde
par le premier, déguisé en taureau blanc, et qui l’emmène en Crète. La civilisation palatiale semble
historiquement attestée dès 1900 avant J.-C. ; mais le palais que l’on peut visiter aujourd’hui, mis à
jour par les fouilles de Sir Arthur Evans, est plutôt daté de 1 700 avant J.-C. : il remplaçait le premier,
sérieusement endommagé par un tremblement de terre. Ce qui fait du problème de la duplication du
cube le plus vieux de l’humanité ! Il faut noter que ce problème est en fait le plus souvent appelé
le problème de Delos. D’ailleurs, Eratosthène poursuit sa lettre ainsi : Quelque temps après, dit-on,
certains habitants de Délos, ayant reçu d’un oracle l’ordre de doubler un des autels, tombèrent dans
la même hésitation. Ils envoyèrent donc demander aux géomètres qui étaient auprès de Platon, dans
l’Académie, de trouver pour eux la solution. Ceux-ci s’y étant mis avec ardeur et cherchant à trouver
deux moyennes proportionnelles entre deux droites données, Archytas de Tarente, dit-on, trouva la
solution au moyen des demi-cylindres, tandis qu’Eudoxe la trouva au moyen des lignes dites courbes.
Mais à tous il arriva de donner la démonstration sans qu’ils pussent la réaliser effectivement et en
faire l’application pratique, à l’exception de Ménechme qui y réussit un peu, d’une manière laborieuse.
7. Source : http : //home.nordnet.fr/ ajuhel/
8. Comme pour la méthode par duplication 1.1.3, ce terme signifie ici doublement

30
2 Exercices
2.1 Nombres
Exercice 1. Effectuer “ à la main ” les opérations suivantes :

873, 439 + 25471, 28 · 2·, ·31 + ·234, 4 · 2· = 56 · 7, 42 · 7


587, 28 − 2347, 39 487, 29 × 567, 91 2887, 28 ÷ 579, 31

Exercice 2. Effectuer les opérations suivantes par duplication, puis avec la méthode des jalousies.

528 × 297 ; 1285 × 2928

Exercice 3. Effectuer les conversions suivantes. Écrire ensuite les quantités indiquées en notation
scientifique dans les systèmes de mesure internationaux.

10 3250 274 m = km
0 2
9 875.255 mm = mm2
325 ha = cm2
0
3 257.24 hl = ml
3.785 t = dg

Exercice 4.
a - Quelle est la durée écoulée

entre 08h23 et 17h12


entre 20h14 et 12h32 le lendemain
entre le 01.02.2004 à 11h15 et maintenant

b - Combien d’heures avez-vous vécues ?

Exercice 5. Sachant que la lumière émise par le soleil met environ 10 min pour parvenir jusqu’à nous,
et que la lumière se propage dans le vide à une vitesse voisine de 300 000 km.s−1 , estimez la distance
terre-soleil.

Exercice 6. Un premier train part de la gare A à 7h36. Il roule à 150 km.h−1 et s’arrête 5 min en
gare B, avant de repartir dans la même direction et à la même vitesse vers la gare C, située à 200 km
de la gare A. Un second train part, à 8h13 de la gare C en direction de la gare A, sans arrêt, à la
vitesse de 200 km.h−1 . Sachant que la gare B est plus près de la gare A que de la gare C, déterminer
où et à quelle heure les trains vont se croiser. On proposera d’abord une méthode graphique, puis une
méthode algébrique (ou un raisonnement).

31
Exercice 7. On dispose d’un carton de 200 cm2 . Quelle quantité de liquide peut-on stocker en confec-
tionnant avec ce carton des boı̂tes identiques et sans couvercles ? (plus difficile qu’il n’y paraı̂t)

Exercice 8.
Montrer que le développement décimal de tout nombre rationnel est ultimement périodique.

Exercice 9. Montrer l’ensemble des nombres rationnels, puis des nombres qui sont solutions d’équations
algébriques, est dénombrable. Montrer que l’ensemble des nombres réels n’est pas dénombrable. Qu’en
déduit-on ?

Exercice 10. Montrer qu’entre deux nombres distincts quelconques, il y a toujours un nombre décimal.

Exercice 11. Sachant qu’une femme possède au plus 600 000 cheveux, et que 1 500 000 parisiennes
habitent Paris (et sa proche banlieu), qu’en déduit on ?

Exercice 12. Que pensez-vous de l’affirmation suivante ? Dans cette classe, deux étudiant-e-s connaissent
le même nombre d’étudiant-e-s. (On suppose que si Amandine connaı̂t Béatrice, alors Béatrice connaı̂t
Amandine.)

Exercice 13. Un étudiant se préparant à un concours, décide de faire au moins un exercice par
jour, mais au plus dix exercices par semaine, pour ne pas s’épuiser. Montrer que, s’il commence sa
préparation suffisamment longtemps à l’avance, on peut trouver une série de jours consécutifs durant
lesquels il a résolu exactement 23 exercices.
(sauf celui-ci !)

2.2 Arithmétique
Exercice 1.
Quel est le nombre divisible par 3 ? 103, 206, 111, 94
Quel est le nombre divisible par 9 ? 205, 628, 525, 324
Quel est le nombre divisible par 2 et par 3 ? 205, 315, 261, 528
Quel est le nombre divisible par 2 et par 9 ? 228, 432, 357, 422

Exercice 2.
1. Déterminer le chiffre x pour que 53x2 soit divisible par 9.
2. Déterminer le chiffre y pour que 53y4 soit divisible par 3 et par 4.

Exercice 3.
Combien 15! = 1 × 2 × 3 × · · · × 15 admet-il de diviseurs ?

32
Exercice 4.
1. Rechercher toutes les façons possibles d’écrire 20 sous la forme du produit de deux entiers naturels.
En déduire la liste de tous les diviseurs de 20.
2. Établir la liste de tous les diviseurs de 60, de 49, de 91 et de 97

Exercice 5
Quel est le plus petit entier naturel dont les divisions euclidiennes par 8, 15, 18 et 24 ont respectivement
pour restes 7, 14, 17 et 23.

Exercice 6.
2 2
1.
√ Montrer que si x et y sont des entiers naturels tels que x divise y , alors x divise y. 2. Montrer que
2 n’est pas un nombre rationnel.

Exercice 7.
Montrer que si x et y sont des nombres entiers somme de deux carrés, alors xy est également some de
deux carrés.

Exercice 8. Soit n un entier naturel.


Déterminer les valeurs de n pour que 67n − 1 soit divisible par 15.

Exercice 9. Si on divise 4294 et 3521 par un même entier, on obtient respectivement pour restes 10
et 11. Quel est ce nombre ?

Exercice 10.
1. Démontrer que le produit de trois entiers consécutifs est divisible par 6.
2. En déduire que le produit de trois entiers pairs consécutifs est divisible par 48.

Exercice 11.
On appelle diviseur propre d’un entier naturel tout diviseur positif de cet entier autre que 1 et lui-
même. Deux entiers naturels sont dits amicaux lorsque la somme des diviseurs propres de chacun est
égale à l’autre. Montrer que 220 et 284 sont amicaux.

Exercice 12. La différence de deux entiers est 538. Si l’on divise l’un par l’autre, le quotient est 13
et le reste 22. Quels sont ces deux entiers ?

Exercice 13. Déterminer tous les couples d’entiers naturels dont le pgcd vat 18 et le ppcm vaut 9072.

Exercice 14.
1. Un nombre est dit parfait s’il est égal à la somme de ses diviseurs autres que lui-même. Montrer

33
que les nombres 6, 28 et 496 sont parfaits.
2. Montrer que si n = 2p − 1 est premier, alors n(n + 1)/2 est un nombre parfait. Citer un nombre
parfait autre que les précédents.

Exercice 15.

Placer dans les neuf cases du tableau les nombres entiers 54


de 1 à 9 de façon à ce que les produits de trois facteurs de 160
chaque ligne et de chaque colonne soient égaux aux nombres 42
indiqués. 56 90 72 ×

2.3 Géométrie plane


Exercice 1.

Réaliser cette figure, en utilisant uniquement la règle et le


compas, sachant que les arcs interceptent les côtés d’un tri-
angle équilatéral, et que le bord de la figure est ”lisse”.

Exercice 2.
1. ABCD est un carré, I le milieu de [CD]. Tracer le cercle
(C1 ) de diamètre [CD] et le segment [IA]. Soit T le symétrique
de D par rapport à la droite (IA). Que dire des triangles
ADI et AT I ? T est-il sur le cercle ? Justifier la réponse.
Que dire de la droite (AT ) ?

2. La droite (IT ) coupe (BC) en K. Que dire des triangles


AT K et ABK ? Calculer l’angle IAK. ˆ
3.A, T, I et D sont cocycliques et appartiennent au cercle
(C2 ) de diamètre [AI]. Soit O milieu de [AI] son centre. Soit
M le deuxième point d’intersection de ce cercle et de la droite
ˆ et l’angle au
(AK). Sur le cercle (C2 ), l’angle inscrit IAM
ˆ
centre IOM interceptent l’arc IM . En déduire que IOM ˆ est
droit et que (M O)//(T D).
4. La droite (AT ) coupe (BC) en E. Montrer que ET = EC.
5. Montrer que OM EI est un carré

34
Exercice 3.
ABCD est un carré de milieu E.
BDF est un triangle équilatéral.
Montrer que A, E, C et F sont alignés

Q
Exercice 4. R
K J
Hauteurs et médianes dans un triangle. H
Montrer que IJKP est un trapèze isoc‘ele. Montrer
que I est un point de la médiatrice de [RQ]. G

C P I B

Exercice 5.
D’un triangle ABC, seuls ont survécu I milieu de [AB], J milieu de [BC] et K milieu de [CA]. Re-
constituez le triangle ABC.
Exercice 6.
Tracer trois droites (d1 ), (d2 ) et (d3 ) concourantes au point G. Construire un triangle ABC dont les
droites (d1 ), (d2 ) et (d3 ) sont les médianes.
Indication : Placer un point I sur la droite (d3 ). La droite (d02 ) symétrique de (d2 ) par rapport à I
coupe (d1 ) en A. Compléter et justifier

Exercice 7.
a. Du triangle ABC, il ne reste que le côté [AB] et l’orthocentre H. Construire le point C à la règle
et au compas. Expliquer la construction.
b. Du triangle, il ne reste que le triangle orthique ABC formé des pieds des hauteurs. Retrouver le
triangle initial.

Exercice 8.
Tracer trois droites (d1 ), (d2 ) et (d3 ) concourantes au point H et non perpendiculaires deux à deux.
Construire un triangle ABC dont les droites (d1 ), (d2 ) et (d3 ) sont les hauteurs.

Exercice 9.
a. Du triangle ABC, il ne reste que le côté [AB] et le point O, intersection des bissectrices. Construire
le point C à la règle et au compas. Expliquer la construction.
b. Tracer trois droites (d1 ), (d2 ) et (d3 ) concourantes au point I et non perpendiculaires deux à deux.
Construire un triangle ABC dont les droites (d1 ), (d2 ) et (d3 ) sont les bissectrices.

Exercice 10.
Tracer trois droites (d1), (d2) et (d3) concourantes au point O et non perpendiculaires deux à deux.
Construire un triangle ABC dont les droites (d1), (d2) et (d3) sont les médiatrices.

35
 

2.4 Géométrie dans l’espace  


Exercice 1. Dessiner des cubes 
  
  
1. Reproduire l’empilement de cubes ci-contre, en perspec-  
tive cavalière 
 
 
2. Dessiner en pointillés les arrêtes cachées 

3. Dessiner l’empilement de cubes en perspectives 
 
avec deux points de fuite, puis trois. 




Exercice 2. Sections de tétraèdres 
Déterminer :
1. l’intersection des plans (IJK) et (ABC)
2. la section du tétraèdre ABCD avec le plan (IJK)
dans les cas suivants :

D D D

@
B
@
B
B@

B @
B @
B @
•I

B @•K •I

B @
◦I B @

B @
B •K @
B •K @

B•J
•JB
•JB
@C
@ @C
@ @C
@

B
B
B

B
B
B
A
BB A
BB A
BB

J est sur la face ABD J est sur la face ABD


K est sur la face BCD K est sur la face BCD
I est sur la face ACD

Exercice 3. Construction plane . . . et explication spatiale


- Tracer deux droites d et d0 non parallèles, dont le point d’intersection est situé hors de la feuille et
M un point hors des droites.
- Placer les points A, B sur d et A0 , B 0 sur d0 , et un point R sur la droite (AM ) de sorte que : (AA0 )
et (BB 0 ) se coupent sur la feuille en Q et (M A0 ) coupe (RQ) en P sur la feuille.
- Les droites (P B 0 ) et (RB) se coupent en M1
Montrer que d, d0 et (M1 M ) sont concourantes en considérant P M M1 R comme un tétraèdre.

Exercice 4. Encore des cubes 


 

1. Sachant que les cubes sont identiques, et que les faces en  J 
 
contact sont de la même couleur, quelle est la couleur de la 
face indiquée par la flèche ? O 
 

M 
R = rouge J = jaune  
B = bleu O = orange V
M = mauve V = vert B R 


2. Combien y a-t-il de développements possibles d’un cube ? 
3. Combien y a-t-il de façons différentes de peindre un cube avec six couleurs différentes (une couleur
par face) ?

Exercice 5.
1. Dessiner les 5 solides platoniciens.

36
2. Remplir le tableau suivant où :
– F est le nombre de faces
– A est le nombre d’arrêtes
– S est le nombre de sommets

TETRAEDRE CUBE OCTAEDRE DODECAEDRE ICOSAEDRE


F
A
S
F-A+S

Exercice 6.
Sachant qu’un cheval boit trente litres d’eau par jour, combien de chevaux peuvent s’abreuver par jour
à ce bassin
1. lorsqu’il est plein ?
2. lorsqu’il est rempli aux trois quarts de sa hauteur ?

6
40 cm
?

 1.80 m -

37
Figure 14 – Persepective conique à 2 points de fuite

Figure 15 – Persepective conique à 3 points de fuite

38
3 Examens
3.1 Décembre 2007
Durée 1h30.
Les calculatrices sont autorisées. Les documents ne sont pas autorisés.
Les exercices sont indépendants.
Il sera tenu compte de la qualité de la rédaction et de la présentation.

Exercice 1. [6 pts] Eureka !

Dans cet exercice il est demandé de poser toutes les opérations

Vitruve rapporte que Héron II de Syracuse aurait demandé à Archimède de vérifier si la couronne qu’il
avait fait faire à un artisan était en or, ou bien si celui-ci y avait mis de l’argent à la place. Sachant
que le roi avait donné 347, 4 g d’or à l’artisan, Archimède eut l’idée de plonger la couronne dans un
bassin carré de 18 cm2 de côté et constata que le niveau d’eau s’élevait alors de 1.2 cm.
1. Sachant que la masse volumique de l’or est de 19.3 t/m3 , qu’en a déduit Archimède ?
2. Sachant par ailleurs que la masse volumique de l’argent est de 10.5 t/m3 , quel poids d’or qui a été
remplacée par de l’argent ? (question longue et difficile)

Exercice 2. [3 pts] Tableau magique

Placer dans les neuf cases du tableau les nombres entiers 27


de 1 à 9 de façon à ce que les produits de trois facteurs de 40
chaque ligne et de chaque colonne soient égaux aux nombres 336
indiqués. 24 120 126 ×

Exercice 3. [4 pts] Preuve par 9

1. Posez et effectuez l’opération suivante 4567 × 1234.


2. Comment obtenir le reste d’une division par 9 sans poser la division ?
3. Remplir le tableau ci-contre où
1. a est le reste de la division par 9 du nombre 4567,
2. b est le reste de la division par 9 du nombre 1234,
3. ab est le reste de la division par 9 du nombre a × b,
4. r est le reste de la division par 9 du nombre 4567 × 1234.
Que constate-t-on ?
4. Énoncez un principe général permettant de savoir si une multiplication est fausse. Ce principe
permet-il de savoir si elle est juste ?
5. Justifiez brièvement le principe précédent.

39
C
+

+ +
A B

Exercice 4. [3 pts] Triangle


1. Les points A et B sont les sommets d’un triangle dont l’orthocentre est le point H. Construisez à
la règle et au compas le troisième sommet de ce triangle
2. Expliquez et justifiez votre construction.

Exercice 5. [4 pts] QCM


À chaque question, entourez la seule bonne réponse.
1. Un parallèleogramme est toujours :
(a) un carré (b) un losange
(c) un rectangle (d) un trapèze isocèle
2. Si un triangle ABC est isocèle en A, alors
(a) ABC est rectangle en A
(b) la bissectrice issue de A est perpendiculaire à (BC)
(c) le centre de gravité est le centre du cercle inscrit
(d) l’orthocentre est à l’intérieur du triangle
3. Un losange n’est pas toujours
(a) un carré (b) un parallèlogramme
(c) un quadrilatère (d) un trapèze isocèle
4. On ne peut pas toujours construire à la règle et au compas
(a) un carré (b) une hauteur
(c) une bissectrice (d) une trisectrice

3.2 Janvier 2008


Durée : 2h.
Les documents et le matériel électronique ne sont pas autorisés.
Ce “Questionnaire à Choix Multiples” contient 15 questions indépendantes. Pour chaque question, une
seule réponse est correcte. Entourez de façon visible la réponse que vous avez choise.
Le barème est le suivant :
- bonne réponse = 3 points,
- mauvaise réponse = -1 point,
- absence de réponse = 0 point.

40
Question 1. Quel est le nombre divisible par 2 et par 3 ?
a. 2004 b. 2005
d. 2006 d. 2007

Question 2. Quel est le plus petit entier qui, divisà © par 20, 36, 45, et 24, a pour reste, respective-
ment 19, 35, 44, et 23 ?
a. 179 b. 224
c. 719 d. 359

Question 3. Laquelle de ces affirmations est vraie ?


a. Tout nombre entier est la somme de deux carrés d’entiers.
b. Tout nombre entier est la somme de quatre carrés d’entiers.
c. Il existe 27 nombres premiers inférieurs à 100.
d. 36547 × 97854 = 3576273138 .

Question 4. Deux horloges sont mal synchronisées. L’une (A) fait entendre un top toutes les minutes,
tandis la seconde (B) donne un top toutes les 62 secondes. Les deux horloges sont mises en marche à
midi.
a. Les deux horloges sonneront en même temps pour la première fois à 13h32.
b. A 13h00, elles auront sonné déjà 2 fois en même temps.
c. Peu après la mise en marche, (B) sonne 16 secondes après (A) : il est 12h07.
d. Elles sonneront en même temps à 12h31.

Question 5. Le bronze à miroir est un alliage composé principalement de cuivre et d’étain. Sa masse
est composée d’au moins 60 pc de cuivre et entre 30 pc et 35 pc d’étain. La masse volumique du cuivre
est de 8,92t/m3, et celle de l’étain est de 7,31 t/m3. Rappelons qu’un matériau (A) est dit plus léger
qu’un matériau (B) lorsque la masse volumique de (A) est plus petite que celle de (B).
a. L’étain est plus lourd que le cuivre.
b. La masse volumique du bronze est inférieur à 9,4t/m3.
c. L’étain est plus léger que le bronze.
d. Le bronze est plus léger que le cuivre.

Question 6. Dans un triangle,


a. le centre de gravité n’est pas toujours à l’intérieur du triangle.
b. les médianes se coupent en leur milieu.
c. le point d’intersection des bissectrices est le centre du cercle circonscrit.
d. les hauteurs sont les bissectrices du triangle orthique.

Question 7. Dans un rectangle,


a. les diagonales n’ont pas toujours les mêmes longueurs.
b. les médianes sont toujours perpendiculaires.
c. les médianes ont la même longueur.
d. les diagonales sont perpendiculaires.

41
Question 8. Il n’y a qu’un seul triangle possible lorsque
a. les médiatrices sont connues.
b. les hauteurs sont connues.
c. on ne connaı̂t que le centre de gravité.
d. le triangle orthique est connu.

Question 9. Dans une perspective cavalière,


a. un carré peut représenter un cube.
b. un carré peut représenter une sphère.
c. une sphère pleine est représentée par un disque
d. un cube est représenté par un losange

Question 10. Dans une perspective à point de fuite, à chaque plan est associé
a. une ligne d’horizon. b. un point de fuite.
c. le point de non retour. d. un tour d’horizon.

Question 11. Soit ABC un triangle. Soient I le milieu du côté [BC], G le centre de gravitd́u triangle,
M l’intersection des médiatrices, H l’intersection des hauteurs, et O le centre du cercle circonscrit au
triangle orthique.
a. Les points A, G et H sont alignés.
b. Les points B, O et H sont alignés.
c. Les points M, H et O sont alignés.
d. Les points I, O et A sont alignés.

Question 12. Soit ABC un triangle. Soient encore G le centre de gravité du triangle, M l’intersection
des médiatrices, H l’intersection des hauteurs, et O le centre du cercle circonscrit au triangle orthique.
Appelons respectivement I, J et K les milieux des côtés [BC], [AC] et [AB]. Alors le centre du cercle
circonscrit au triangle IJK est :
a. aucun des trois suivants.
b. le point O.
c. le point M.
d. le point H.

Question 13. Dans un parc naturel en Afrique, les zèbres sont comptés tous les 5 ans. Les juments
sont réparties sur deux classes : jeunes juments (de 0 à 4 ans, dans les cinq premières années de vie) ;
juments adultes (de 5 ans ou plus). En 1990, on a trouvé la distribution suivante : 150 jeunes juments,
60 juments adultes. On sait que les juments adultes ont en moyenne 1,2 poulain femelle tous les 5 ans
et que parmi les jeunes juments seulement 1 sur 2 a un poulain femelle dans les 5 ans qui suivent.
D’autre part, au bout des 5 ans, on estime que les 1/3 des jeunes juments auront survécus tandis que
seulement 1/4 des juments adultes auront survécus. En 2000, la population de juments sera environ :
a. 136 jeunes, 45 adultes b. 147 jeunes, 65 adultes
c. 151 jeunes, 65 adultes d. 154 jeunes, 67 adultes

Question 14. Les figures 1 et 2 sont censées représenter en perspective cavalière l’ombre portée par
le soleil dans une pièce à travers une fenêtre. Quelle(s) est(sont) celle(s) qui respecte(nt) les règles de

42
la perspective cavalière ?
a. La figure 1 seulement.
b. La figure 2 seulement.
c. Les deux figures.
d. Aucune des deux.

Figure 1. Figure 2.

Question 15.
La figure ci-contre représente un cube dont les faces opposées sont décorées avec
le même motif.
a. Seul le patron no 1 est un patron du cube.
b. Seuls les patrons no 1 et 3 sont des patrons du cube.
c. Seul le patron no 2 n’est pas un patron du cube.
d. Les patrons no 2 et 3 ne sont pas des patrons du cubes.

3.3 Octobre 2008


Durée : 2h
Les calculatrices et les documents ne sont pas autorisés.
Les opérations à effectuer dans les exercices doivent apparaı̂tre sur la copie.
Les exercices sont indépendants.

43
Exercice 1. [Carrés modulo 8]
1. Justifier l’affirmation suivante :

“ Si n est un nombre impair, alors n2 ≡ 1 (mod 8). ”

Soient trois entiers impairs a, b et c.


2. Déterminer le reste modulo 8 de a2 + b2 + c2 et celui de 2(ab + ac + bc).
3. En déduire que ces deux nombres ne sont pas des carrés puis que ab + ac + bc non plus.

Exercice 2. [Critère de divisibilité par 11]


1. Justifier l’affirmation suivante :

“ Si n = 10k , alors n ≡ (−1)k (mod 11). ”

(autrement dit, 10 ≡ −1 (mod 11), 100 ≡ 1 (mod 11),...)


2. Soit n un entier naturel, dont l’écriture en base 10 est ak ak−1 · · · a1 a0 . Montrer que

n ≡ (−1)k ak + · · · − a1 + a0 (mod 11) .

3. À partir de 2., énoncer une règle de divisibilité par 11, puis tester cette règle sur le nombre
51234579321486.

Exercice 3. [Laiton]
Le laiton est un alliage de cuivre et de zinc, en proportion variable. La masse volumique du cuivre est
de 8920 kg/m3 et celle du zinc est de 7140 kg/m3 .
1. Quelle est la masse en g de 1 cm3 de cuivre ?
2. Quelle est la masse volumique d’un laiton dont les deux tiers du volume sont du cuivre ?
3. Quelle est la masse volumique d’un laiton dont 1/3 de la masse est du zinc ?
4. Un laiton possède une masse volumique de 8400 kg/m3 . Quel est le pourcentage du volume de cuivre
dans ce laiton ? Quel est le pourcentage de la masse de zinc dans ce même laiton ?
5. Vous disposez d’une bobine de fil de cuivre, mais comme elle est cassante, vous soupçonnez qu’il
s’agit d’un alliage en laiton. Quelle expérience simple peut-elle vous permettre de le découvrir ?

Exercice 4. [Épidémiologie]
Un individu vit dans un milieu où il est susceptible d’attraper une maladie par piqûre d’insecte. Il peut
être dans l’un des trois états suivants : immunisé (I), malade (M ), sain (S), c’est-à-dire non malade
et non immunisé. D’un mois à l’autre, son état peut changer selon les règles suivantes :
– étant immunisé I, il peut le rester avec une probabilité 0, 9 ou passer à l’état S avec une
probabilité 0, 1 ;
– étant dans l’état sain S, il peut le rester avec une probabilité 0, 5 ou passer à l’état M avec une
probabilité 0, 5 ;
– étant malade M , il peut le rester avec une probabilité 0, 3, ou passer à l’état I avec une probabilité
0, 6, ou encore passer à l’état S avec une probabilité 0.1.
On suppose que la population est composé d’un tiers de personnes dans chacun des trois états. Quelle
est, après deux mois, la proportion de personnes malades dans la population ?

44
3.4 Janvier 2009
QCM [10 points] Les documents et le matériel électronique ne sont pas autorisés.
Ce “Questionnaire à Choix Multiples” contient 10 questions indépendantes. Pour chaque question, une
seule réponse est correcte. Entourez de façon visible la réponse que vous avez choise.
Le barème est le suivant :
- bonne réponse = 3 points,
- mauvaise réponse = -1 point,
- absence de réponse = 0 point.
Le nombre de points obtenus est alors divisé par trois, de sorte que finalement chaque réponse juste
rapporte 1 point, chaque réponse fausse enlève 1/3 de point.

1. √
[Ensembles de Nombres]
a. √3 ∈ Q
b. √11
44
∈N
c. 0.99999 . . . ∈ Q
1 √
d. (√5−1)×( 5+1)
∈N

2. [Bases]
a. En base 8, le nombre 83 + 1 s’écrit (777)8 .
b. Un nombre est divisible par 7 lorsque la somme de ses chiffres en base 8 est aussi divisible par 7.
c. Dans une base n quelconque, on a [(1000)n ] × [(1000)n ] = (100000)n .
d. En base 2, le nombre 83 + 1 s’écrit (111111)2

3. [Masses et Volumes]
Le plomb a une masse volumique de 11.34t/m3 . L’or a une masse volumique de 19.30t/m3 . Un alliage
de plomb et d’or est dit plus léger qu’un autre lorsque sa masse volumique est inférieure.
a. Un alliage dont la masse est constitué à 80% de plomb est plus léger qu’un alliage dont le volume
est constitué à 80% de plomb.
b. Un alliage dont la masse est constitué à 80% de plomb est plus lourd qu’un alliage dont le volume
est constitué à 80% de plomb.
c. Un alliage dont la masse est constitué à 80% de plomb et un alliage dont le volume est constitué à
80% de plomb ont la même masse volumique.
d. On ne peut pas savoir, car cela dépend des quantités en jeu.

4. [Les inconnues]
Pour une résoudre un problème avec 2 inconnues, on n’utilise jamais
a. une méthode par substitution,
b. une méthode de fausse position,
c. un système d’équations,
d. la méthode des jalousies.

5. [Les trains]
Le train 1 quitte la ville A à 10H24 en direction de la ville B, située à 140 km en roulant à la vitesse
de 50 m/s. Le train 2 quitte la ville B 10 min plus tard, et se dirige vers la ville A à la vitesse de
150 km/h.
a. Lorsque les trains se croisent, il est plus de 11H00.
b. Lorsque les trains se croisent, le train B a parcouru plus de kilomètres.
c. Lorsque les trains se croisent, le train A a roulé moins de 35 min.
d. Lorsque les trains se croisent, le train B a roulé plus de 25 min.

6. [Saint-Germain des Prés]


Dans une université, la note finale à un module d’enseignement de mathématiques contenant à parts
égales de l’arithmétique et de la géométrie, est calculée en attribuant le coéfficient 1/3 au contrôle

45
continu, et 2/3 à l’examen final. Sachant que le contrôle continu ne portait que sur l’arithmétique,
il faut, pour que celui-ci compte autant que la géométrie dans la note finale, que les questions
d’arithmétique dans l’examen final portent sur
a. 5 points.
b. 6 points.
c. 7 points.
d. 8 points.

7. [Points remarquables du triangle]


Dans un triangle, on peut affirmer que :
a. le centre de gravité n’est pas toujours à l’intérieur du triangle,
b. l’orthocentre est à l’intérieur du triangle,
c. les bissectrices se croisent à l’intérieur du triangle
d. le centre du cercle circonscrit est à l’intérieur du triangle

8. [Règle et compas]
Un seul des problèmes suivants admet une solution ”à la règle et au compas” :
a. la construction d’un polygone régulier à 17 côtés
b. la duplication du cube
c. la quadrature du cercle
d. la construction de la trisectrice d’un angle quelconque

9. [Angles et Cercles]

Parmi les affirmations suivantes, laquelle est fausse ?


a. BN
\ \0
A = BAT
b. 2BM A = BOA
\ \
c. BAT = M AT 0
[ \
d. AM
\ B = BAT
[

10. [Tout triangle est équilatéral]


Considérons le raisonnement suivant :

Soit un triangle quelconque ABC dont nous traçons la bissectrice


en A et la médiatrice de [BC] en H. Comme le triangle est quelconque,
la médiatrice et la bissectrice ne sont pas confondues et se coupent en
O. Traçons les perpendiculaires aux cotés [AB] et [AC], passant par
O, ce qui nous donne respectivement les points J et K.
Première constatation : Les deux triangles AOJ et AOK sont égaux,
puisqu’ils ont des angles égaux et une hypothénuse commune.
Deuxième constatation : Les distances OB et OC sont égales puisque
le point O est sur la médiatrice.
Notons R = OB = OC.

En traçant ci-contre les deux triangles


égaux AOJ et AOK, et en traçant le même
segment de longueur R, on obtient deux fi-
gures totalement symétriques.
D’où AB = AC. Nous venons de démontrer qu’un triangle quelconque est isocèle. En reprenant la
même démonstration, avec une bissectrice en B, on montrerait de la même manière que BA = BC.
Conclusion : UN TRIANGLE QUELCONQUE EST ÉQUILATÉRAL !

46
Ce raisonnement aboutissant à un résultat manifestement faux, il contient une erreur. L’erreur est
que :
a. le point O n’existe pas.
b. le point O est à l’extérieur du triangle.
c. la première constatation est fausse.
d. la deuxième constatation est fausse.

Exercice 1. [ 5 points ]
1. Représenter un empilement de deux cubes identiques l’un sur l’autre en perspective conique avec 3
points de fuite en utilisant la règle seule, et en laissant apparant les traits de construction.
2. Expliquer les étapes importantes de la construction.

Exercice 2. [ 5 points ]
1. Soient ABCS un quadrilatère. Soient A0 , B 0 et C 0 des points respectivement sur (AS), (BS) et
(CS). On suppose que (A0 B 0 ) coupent (AB) en P ; que (B 0 C 0 ) coupe (BC) en Q ; et que (A0 C 0 ) coupe
(AC) en R. Faire une figure illustrant la situation et faisant apparaı̂tre l’alignement des points P, Q
et R.
2. Montrer cette dernière propriété en utilisant la géométrie dans l’espace, c’est-à-dire en considérant
ABCS comme un tétraèdre.

3.5 Novembre 2009


Exercice 1. [Arithmétique] 8 points

Pour tout entier naturel n non nul, on considère les nombres :

an = 4 × 10n − 1 ; bn = 2 × 10n − 1 ; cn = 2 × 10n + 1 .

Partie 1.
1. Calculer a1 , b1 , c1 , a2 , b2 , c2 , a3 , b2 et c3 .
2. Montrer que an et cn sont toujours divisibles par 3.
(Indication. Utiliser les règles des restes.)
3. Comment montrer que b3 est premier, en utilisant la liste des nombres premiers inférieurs à 100
ci-desous ? On admettra par la suite que b3 est effectivement premier.

2 , 3 , 5 , 7 , 11 , 13 , 17 , 19 , 23 , 29 , 31 , 37 , 41 , 43 , 47 , 53 , 59 , 61 , 67 , 71 , 73 , 79 , 83 , 89 , 97

4. Montrer que a2n = bn × cn . En déduire la décomposition en facteurs premiers de a6 .


5. Montrer que bn et cn sont premiers entre eux.
(Indication. Remarquer que si d divise bn et cn , alors d divise cn − bn .)

Partie 2.
On considère maintenant l’équation (E) d’inconnues les entiers relatifs x et y, suivante :

(E) : b3 x + c3 y = 1 .

6. Justifier, en utilisant la question précédente, que l’équation (E) possède au moins une solution.
7. En utilisant l’algorithme d’Euclide, déterminer une solution particulière de l’équation (E).
8. Après avoir résolu l’équation (F) d’inconnues les entiers relatifs x0 et y 0 , suivante :

(F ) : b3 x0 + c3 y 0 = 0 ,

résoudre l’équation (E).

47
Exercice 2. [Laiton] 6 points
Le laiton est un alliage de cuivre et de zinc, en proportion variable. La masse volumique du cuivre est
de 8920 kg/m3 et celle du zinc est de 7140 kg/m3 .
1. Quelle est la masse en g de 1 cm3 de cuivre ?
2. Quelle est la masse volumique d’un laiton dont les deux tiers du volume sont du cuivre ?
3. Quelle est la masse volumique d’un laiton dont 1/3 de la masse est du zinc ?
4. Vous disposez d’une bobine de fil de cuivre, mais comme elle est cassante, vous soupçonnez qu’il
s’agit d’un alliage en laiton. Quelle expérience simple peut-elle vous permettre de le découvrir ?

Exercice 3. [QCM : entourez la bonne réponse] 6 points

Question 1. Lors d’un match de tennis, Hugolin a effectué 486 coups droits, 156 revers, et 39 volées.
Sachant que 1 coup droit sur 9, un revers sur 6, et une volée sur 3 sont arrivés dans le filet, combien
Hugolin a t-il envoyé de balles au dessus du filet ?

a) 681 b) 93 c) 588
Question 2. Gaspard a gagné son match de tennis et paie un coup à boire à ses copains. Les boissons
coûtent 1.60 euro et ses 21 copains sont présents. Gaspard n’a que 30 euros. Combien de ses copains
n’auront pas à boire ?

a) 3 b) 2 c) 1
Question 3. Il y a une fuite d’eau dans le robinet : 1 millilitre d’eau s’écoule toutes les 6 secondes. Si
on ne répare pas la fuite, quelle quantité d’eau va s’écouler en une année ? (1 année = 365 jours)

a) 4256 l b) 5.156 m3 c) 5.256 m3

3.6 Janvier 2010


Exercice 1.
Représenter un cube en perspective conique avec 3 points de fuite en utilisant la règle seule, et en
laissant apparant les traits de construction, et les arrêtes cachées en pointillés.

Exercice 2.

Sur un cube on a tracé deux diagonales. Quelle est la mesure de


l’angle formé par ces deux diagonales ?

Exercice 3.
Deux droites (d) et (d0 ) se coupent en I en dehors de la feuille. Construire la bissectrice de
l’angle formé par les droites (d) et (d0 ).

Exercice 4.
Soit un cercle C de diamètre [AB], et M un point intérieur au cercle.
Construire, à la règle non-graduée seulement, la perpendiculaire à la droite (AB) passant par M .

48
Exercice 5. Peut-on recouvrir une table carrée de 90 cm de côté avec 2 nappes rondes de diamètre 1
m?

Exercice 6.
On augmente la longueur d’un rectangle de 10% et on diminue sa largeur 10%. Quel est la poucentage
de variation de sa superficie ?

Exercice 7. [Paris-Marseille]
Une mouche volant à 400 km/h part de Paris à 8 heures du matin en longeant la ligne TGV. Un
premier TGV part de Paris en même temps qu’elle à 200 km/h ; à 9 heures du matin, un autre TGV
part de Marseille à 300 km/h. La distance Paris-Marseille est de 700 km.
La mouche vole le long de la ligne jusqu’à ce-qu’elle rencontre le second TVG et repart instantanément
en direction du premier TGV, puis vers le second lorsqu’elle rencontre le premier, etc. Lorsque les deux
trains se croisent la mouche meurt. Sur quelle distance a-t-elle volé ?

Exercice 8.
Le point (P ) appartient à la droite d. L’image de P par la symétrie orthogonale d’axe a appartient
encore à d
- si et seulement si a passe par P ;
- si et seulement si a et d sont perpendiculaires ;
- si et seulement si a et d sont confondudes ;
- si et seulement si a passe par P ou est perpendiculaires à d ;
- si et seulement si a et d sont perpendiculaires ou confondues.

3.7 Novembre 2010


Les documents et le matériel électronique ne sont pas autorisés.
Les cinq exercices sont indépendants, et peuvent être traités dans l’ordre souhaité.

Exercice 1.
Un ouvrier dispose de plaques de métal de 770cm de longueur et de 616cm de largeur. Il a reçu la
consigne de découper dans ces plaques des carrés, tous identiques, les plus grands possibles, de façon
à ne pas avoir de pertes.
a) Quelle sera la longueur du côté d’un carré ?
b) Combien obtiendra-t-on de carrés par plaques ?

Exercice 2.
Quel est le plus petit entier qui, divisé par 20, 36, 45 et 24 donne pour reste, respectivement 19, 35, 44
et 24 ?

Exercice 3.
David désire offrir un bouquet de fleurs à une amie. Il se rend chez la fleuriste qui dispose de différents
types de fleurs :
1. de grands gerbas à 1.50 epièce,
2. de lys blancs à 2.25 epièce,
3. d’oeillets royaux à 3.75 epièce,
4. de statis à 6.75 epièce.
David souhaite un bouquet composé de 2 varietés de fleurs et son budget est d’exactement 30 e.
Combien de bouquets différents la fleuriste peut-elle lui proposer ?

Exercice 4.
Le plomb a une masse volumique de 11.34t/m3 . L’or a une masse volumique de 19.30t/m3 . Un alliage

49
de plomb et d’or est dit plus léger qu’un autre lorsque sa masse volumique est inférieure.
Dites, pour chacune des affirmations suivantes, si elle est vraie ou non, en justifiant votre réponse.
a. Un alliage dont la masse est constitué à 80% de plomb est plus léger qu’un alliage dont le volume
est constitué à 80% de plomb.
b. Un alliage dont la masse est constitué à 80% de plomb est plus lourd qu’un alliage dont le volume
est constitué à 80% de plomb.
c. Un alliage dont la masse est constitué à 80% de plomb et un alliage dont le volume est constitué à
80% de plomb ont la même masse volumique.

Exercice 5. [Critère de divisibilité par 11]


1. Justifier l’affirmation suivante :

“ Si n = 10k , alors n ≡ (−1)k (mod 11). ”

(autrement dit, 10 ≡ −1 (mod 11), 100 ≡ 1 (mod 11),...)


2. Soit n un entier naturel, dont l’écriture en base 10 est ak ak−1 · · · a1 a0 . Montrer que

n ≡ (−1)k ak + · · · − a1 + a0 (mod 11) .

3. Énoncer une règle de divisibilité par 11, puis tester cette règle sur le nombre 51234579321486.
4. Énoncer une règle (preuve par 11) pour tester le résultat d’une multiplication en considérant les
facteurs et le produit modulo 11. Déterminer si la multiplication suivante obtenue par un élève est
juste, sans la poser :
36547 × 97854 = 3575370138 .
5. [Hors barême] Que permet de dire la preuve par 9 sur la multiplication précédente ?

3.8 Janvier 2011


Les documents et le matériel électronique ne sont pas autorisés.

Exercice 1.
Démontrer le théorème suivant. (On pourra se référer à la figure 16)

Théorème de Desargues. On considère trois droites non coplanaires, concourantes en un point O.


Sur chacune de ces droites, on prend deux points A, A0 ; B, B 0 ; C, C 0 , distincts de O. On suppose que
les droites(BC) et (B 0 C 0 ) (resp. (AC) et (A0 C 0 ), resp. (AB) et (A0 B 0 )) se coupent en U (resp. V ,
resp. W ). Alors, les points U, V et W sont alignés.

Exercice 2.
On considère un tétradèdre ABCD. On se donne trois
points M, N et P situés respectivement sur les arêtes [AB],
[AC] et [AD] comme sur la figure ci-contre. Construire l’in-
tersection du plan (M N P ) avec l’arête [BD].

Exercice 3.
Le but de cet exercice est de construire une triangle ABC,
connaissant le point A et les demi-droites [Ab) et [Ac) qui
porteront respectivement les côtés [AB] et [AC]. Les ques-
tions sont alors indépendantes.

1. Construire un triangle ABC connaissant la longueur AC et la longueur de la médiane AA0 , le


point A0 étant le milieu de [BC].

50
Figure 16 – Théorème de Desargues

2. Construire un triangle ABC connaissant la longueur AC et la longueur de la hauteur AH.


Discuter.

Exercice 4.
On dispose pour clôturer un terrain restangulaire de sept barrières rectilignes de longueurs 11,10,9,7,4,3
et 2 (en mètres). Quelles sont les aires des terrains qu’il est possible d’entourer ainsi.

Exercice 5.
On considère dans le plan euclidien une droite ∆ et deux points distincts B et I n’appartenant pas à
∆ et situés du même côté de ∆. Soit C le projeté orthogonal de I sur ∆. L’objectif de cet exercice est
de construire un point A ∈ ∆ tel que (AI) soit la bissectrice intérieure de l’angle BAC.
\
1. On suppose la construction réalisée. Soit J le projeté orthogonal de I sur (AB). Montrer que
IJ = IC.
2. Réaliser la construction. Discuter. En particulier on précisera, selon la position de B par rapport à
I et ∆, dans quels cas il y a une solution unique, et dans quels cas il n’y en a aucune.

Exercice 6.
1. Quelles sont les congruences possibles des nombres premiers impairs modulo 4 ? Donner 3 exemples
de chaque cas possible.
2. Soit n un nombre entier. Montrer que si n ≡ 3( mod 4), alors n possède au moins un diviseur
premier p | n tel que p ≡ 3( mod 4). (On raisonnera par l’absurde).
3. Soit q un nombre premier. On considère le nombre

Q = 2 × 3 × 5 × 7 × ··· × q,

51
produit des nombres premiers ≤ q. Soit S = Q + 1. Montrer que S ≡ 3( mod 4).
4. [Hors barême] En déduire qu’il existe une infinité de nombres premiers congrus à 3 modulo 4. (On
pourra considérer un facteur premier de S).

3.9 Novembre 2011


Les documents et le matériel électronique ne sont pas autorisés.
Les cinq exercices sont indépendants, et peuvent être traités dans l’ordre souhaité.

Exercice 1. Résoudre les problèmes suivants à l’aide de la méthode de la fausse supposition, ou une
autre méthode de votre choix.
1. Trouvez quatre nombres dont la somme est 194 et qui diffèrent de 5 d’un nombre voisin à l’autre.
2. Trois enfants se partagent des billes. Le premier en reçoit le tiers ; le deuxième le tiers du reste
et le troisième le tiers du nouveau reste. Il reste alors 32 billes.

Exercice 2.
Quel est le plus petit entier qui, divisé par 20, 36, 45 et 24 donne pour reste, respectivement 19, 35, 44
et 24 ?

Exercice 3.
Trouvez un nombre qui possède les caractéristiques suivantes :
1. Son dernier chiffre n’est pas 7,
2. Il est le carré d’un nombre entier,
3. La somme de ses trois chiffres est 9,
4. Tous les chiffres sont différents.

Exercice 4.
Les premiers alliages plomb étain ont été utilisés au Ier millénaire av. J.-C. en Chine et en Égypte. Ils
étaient composés d’environ 90 % d’étain et de 10 % de plomb, en masse. Sachant que la masse volumique
de l’étain est de 5.77 g.cm−3 et que celle du plomb est de 11.35 g.cm−3 , calculer le pourcentage du
volume d’étain dans un tel alliage.

Exercice 5. [Critère de divisibilité par 13]


1. Trouver deux nombres entiers a et b tels que 10a + 13b = 1 .
2. Soit x un entier naturel, dont l’écriture en base 10 est an an−1 · · · a1 a0 . Montrer que x ≡ 0(mod 13)
si et seulement si
a × 10(an × 10n−1 + · · · + a1 ) + a × a0 ≡ 0 (mod 13) .
3. En déduire une règle de divisibilité 13, puis tester cette règle sur le nombre 42276.

3.10 Janvier 2012


Les documents et le matériel électronique ne sont pas autorisés.
Exercice 1. [Parallèles]

Soit d une droite et A un point n’appartenant pas à d. On donne le programme de construction suivant :
– Soit C un cercle de centre A coupant d en deux points B et un autre point.
– Le cercle de centre B et de rayon [AB] coupe d en C et un autre point.
– Le cercle de centre C et de rayon [BC] coupe le cercle C en deux points : B, et un second nommé
D
– Tracer le droite (AD).

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Réaliser ce programme sur une figure soignée.
Que dire des droites d et (AD) ? Justifier votre réponse.

Exercice 2. [Section de cube]


Tracer la section du cube ABCDEF HG par le plan (IJK) dans la figure 17.

Figure 17 – Section de cube

53
Exercice 3. [Constructions]
On donne un triangle dont le sommet S est à l’extérieur de la feuille.
1. Construire (sans utiliser le point S), la médiane issue de S. Justifier votre réponse.
2. Construire (sans utiliser le point S), la bissectrice de l’angle en S. Justifier votre réponse.
Le mot ”construire” signifie ici ”construction à la règle non graduée et au compas”, avec détail du
programme de construction en légende de la figure. Les deux constructions seront données sur des
figures séparées.

Exercice 4.
Combien y a-t-il de nombres dont le quotient dans la division par 1259 est 6 et dont le reste dans la
division par 50 est 17 ?

Exercice 5.
Affirmation : Il existe au moins un nombre entier compris entre 11 000 et 12 000, dont le plus grand
diviseur commun avec 2 180 est 545. Cette affirmation est-elle exacte ? Justifier votre réponse.

Exercice 6.
Une enseigne est formée de deux boules pleines, de rayons différents, constituées du même bois. L’une
pèse 24 kg et l’autre pèse 3 kg. La quantité de peinture pour les recouvrir est proportionnelle à la
surface à peindre. Il faut 900 g de peinture pour recouvrir la grosse boule.
Combien faut-il (en g) de peinture pour recouvrir la petite boule ?
Rappel : La surface d’une boule de rayon r est 4πr2 et son volume 34 πr3 .

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