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Mémoire en vu l’obtention du :

Licence Fondamentale
En droit public française

Le contentieux Fiscal

Préparé par : Sous la direction de :


Saida Nouh Pr. Tbitbi Elmoukhtar
Le contentieux fiscal
A la femme qui a sacrifié et restée
éveillée pour la fatigue et qui a mis tout le monde au défi de
m’élever et de m’amener a ce niveau que je suis
aujourd’hui et si je me tiens devant vous aujourd’hui toute
la grâce est due a l’effort que j’ai exercé car toutes les
profession sont concernées et il n’est pas important qu’elles
se limitent aux hommes et exclusivement a femmes .

Ma mère
Remerciement
Qu’il me soit permis de transmettre ,a travers la
mémoire ,mes remerciement et mes sentiment de profonde
reconnaissance a :

Monsieur Elmokhtar Tbitbi qui malgré ses responsabilité


combien lourdes, a chaleureusement accepté, avec une
patience et un dévouement rare, la pénible et lourde tache
de m’encadrer, par ses conseils et suggestions pour
l’aboutissement d’un travail convenable et a la hauteur de
vos attentes
Mes remerciement vont aussi, a tout personne qui de prés
ou de lion, a contribué a la réalisation de ce travail.

Préface
Par un paradoxe incroyable, le droit fiscal, qui pénètre
au fond de tout activité juridique, en contrôlant la vie de la
nation comme celle de chaque personne, en assurent la
gestion des milliards de l’Etat ; comme en appréciant les
maigres économies du plus petit contribuable, est, dans
l’ensemble de nos doctrines juridiques le parent pauvre,(la
cendrillon) dont on ne s’occupe point .

Louis Trotabas
Introduction
Le contentieux est manifestation d’approches
opposant les intérêts de parties différents a l’occasion de
l’application de la règle de droit propre a système juridique.

En matière fiscale le contentieux est un facteur de


justice et d’équités fiscale à travers son double aspect de
veille pour le stricte application de la loi et du révélateur de
imperfection insuffisances de cette loi

En règlement les différentes procédures qui


déterminent le déroulement et la solution des litiges, le
législateur fiscal marocain a agi, dans une démarche
progressive, d’un coté en assurent au contribuable des
droits et des garanties dans ses rapports avec
l’administration et, d’un autre coté en renforcent les
moyens de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale.
Aussi et parallèlement a l’évolution des textes
législatifs, ayant abouti a l’élaboration en 2007 du code
générale des impôts (CGI), avec comme partie essentielle le
livre des procédures, l’administration fiscale a également
connu de grandes mutations tenant principalement a
humaniser son action et à améliorer ses relations avec le
contribuable.
Sur le plan historique phénomène de puissance
publique par excellent, le vocabulaire est assez révélateur.
Impôt en français, impuesto en espagnol, imposât en italien
sont autant de mots traduisant l’idée d’un fardeau, d’une
charge, seul peut-être le suédois fait exception ou le mot
« ska »désigne l’impôt et signifier aussi « trésor commun »

Un sondage effectué en France est a cet égard


révélateur de la perception négative suscitée par l’impot.la
question « lorsque je prononce le mot impôt a quoi pensez
vous ? » plus que la moitie des personnes interrogées
évoquent une image désagréable « on me vole », « on me
prend quelque chose »
Au Maroc, le système fiscal marocain est un
système qui ne peut être mieux saisi que dans l’évolution
générale de l’histoire du Maroc

Ce système tel qu’il est actuellement en vigueur,


s’incarne certes, dans une « philosophie de l’égalité »

Toutefois, il ne manque pas de soulever, assez


souvent des conflits opposant l’administration fiscal aux
contribuables, -appelé contentieux –et par conséquent être
sujet de critique.

Le mot contentieux vient du latin « contentieuse »


qui signifie «querelle », « débat », « discussion », donc
contestation

Donc le contentieux vise toute procédure engagée, soit


après contestation du contribuable, soit a l’initiative de
l’administration, et ayant pour objet la réparation d’erreur
dans l’application de la loi, en matière de détermination des
bases d’impositions ou de liquidation de l’impôt .C’est ce
qu’on appelle le « contentieux de l’imposition », par
opposition au contentieux de recouvrement ou le
contribuable ne

(1)-G.Schmolders : « La philosophie de l’impôt »,


P .U.F.1973 page 69a 75
(2)-J .C.Martinez : « le statut du contribuable »Tom1, page
46, L.G.D.J.1980

(3)-MM Rousset et G .Garagnon : « droit administratif


Marocain », Rabat, page 7 éd.1979

Discutera pas le principe ou le montant de l’imposition, mais


la régularité d’une poursuite engagée à son encontre pour le
contraindre a s’acquitter de ses obligations envers le trésor.

L’abus de pouvoir pour l’administration et surtout


la direction des impôts, augmenter à partir des années 80, et
poussera le contribuable marocain à devenir dans le cadre de
la démocratie et de la mondialisation, plus conscient de ses
droits et des rouages juridiques. Soit à contester son
imposition, soit à opter pour d’autre solution telle que la
fraude et l’évasion fiscale. Car avant cette reforme le
principe était « payer avant de réclamer ».Ce qui mettait le
contribuable sous la pression insoutenable.

Aujourd’hui, ce n’est qu’a l’issue de la procédure


contradictoire, c’est-a-dire après la décision de la
commission nationale de recours fiscal que les contribuables
va devoir payer, sur la base de cette décision.

Mieux encore, même après la décision, il peut


recourir aux juridictions administratives d’appel et même
devant la cour suprême pour obtenir gain de cause, sur un
pied d’égalité avec l’administration fiscale qui dispose des
mêmes droits de recours

Ainsi le contribuable dispose de deux catégories de


recours pour défendre ses intérêts : le recours administratif
et le recours juridictionnel.

Notre volonté d’analyser le contribuable de


l’imposition au Maroc se trouve animée par la mouvance de
la législation fiscale dans notre pays, surtout avec l’entré en
vigueur, a partir du 1er janvier 2007, du code générale des
impôts « CGI » et une mise a jour des grands
impôts « IS.IR.TVA »

(1)-Rachid LAWRAK : « le contrôle et le contentieux au


Maroc », éd imprimeries najah El-Jadida, Casablanca, 2007
numéro 11

En fait, la promulgation du CGI constitue l’aboutissement


d’un long processus de réforme mené, de façon cohérente,
par la direction générale des impôts.

Le sujet de contentieux fiscal basé sur les intérêts suivants.

.Intérêt juridique, l’intérêt juridique de ce sujet reste


toujours basé sur des lois et des codes, ainsi le contentieux
fiscal soumettre à une phase administrative et une phase
juridictionnelle pour lutte contre la fraude et l’évasion
fiscale.
.Intérêt politique, le contentieux fiscale a chaque jours
abouti des débats sur les épanouissements des lois fiscales et
les code générale des impôts pour rétablir légalité fiscale
parce que le principe d’égalité devant l’impôt découle le
principe générale de la légalité des citoyens devant la loi y
compris la fiscale et par conséquent les charges fiscales.

.Intérêt économique, le contrôle fiscal vérifier toutes les


étapes de l’opérations fiscale soit sur les taxes et les
revenus soit sur l’assiette fiscale et le recouvrement et
liquidation.

Délimitation du sujet.

Le sujet sous le thème de contentieux fiscale très vaste et


polyvalent, mais j’ai basé sur les points pertinents. Le
premier chapitre réserve a la présentation de
l’environnement fiscal et ses axes et la deuxième chapitre
réservé a les problèmes s’soulève le contentieux fiscal et le
troisième chapitre vise l’analyse deux phases qui régi le
droit fiscal au Maroc.

Problématique.

.Qu’est qu’on entend par le contentieux fiscale ?

.Quels sont les problèmes soulève le contentieux fiscale ?

.Quels sont les phases que le contentieux fiscal abordé ?


La réponse à l’ensemble de ces questions précédemment
soulevées sera faite à travers le présent rapport, qui sera
consacré au contentieux fiscal, comme étant un cas où
l’application que fait l’entreprise des textes fiscaux est
remise en cause, et de ce fait elle se met dans une possible
situation d’irrégularité avec la loi fiscale en vigueur.

Nous allons tout d’abord rechercher dans la légitimité


de l’impôt, en détaillant les éléments représentants ses
fondements et leurs implications directes.

Comme suite logique nous aborderons le plan suivant

Plan :
Introduction.
Phase d’accroche
Définition(le contentieux fiscal)
L’aperçu historique
Les intérêts de sujet (intérêt juridique/intérêt politique/intérêt
économique).
Délimitation (tracé les limites de sujet).
Problématique (abordé les qui se pose par les contentieux
fiscale
L’annonce du plan
Chapitre 1 : Présentation de l’environnement fiscal.
Partie 1 : Domaine du contentieux fiscal
Section 1 : Contentieux d’assiette
Section 2 : Contentieux de recouvrement
Partie 2 : Les différents types de contentieux fiscal :Les
réclamations.
Section 1 : La demande en charge ou réduction ( Article 235
du code générale des impôts).
Section 2 : La demande de la restitution
Section 3 : La demande en mutation de cote
Section 4 : La demande en remise gracieuse
Partie 3 : La gestion du contentieux fiscal dans
l’administration marocain.
Section 1 : La prévention du contentieux
Section 2 : Le traitement des affaires
1-Sur le plan organisationnel
2-Sur le plan fonctionnel
Chapitre 2 : Terminologie de la notion de la fraude et
l’évasion fiscale
Partie 1 : Le concept de la fraude fiscal
Section 1 : Définition de la fraude fiscale
Section 2 : Les éléments constitutifs de la fraude fiscale
1-L’élément légal
2-L’élément matériel
3-L’élément intentionnel
Partie 1 : La notion de l’évasion fiscal
Section 1 : Définition de l’évasion fiscale
Section 2 : Les points d’émergence et les points divergence
entre la fraude et l’évasion fiscale
1-Les points d’émergence
2-Les points divergence
Chapitre 3 : Les différentes phases de contentieux fiscal.
Partie 1 : La phase administrative du contentieux fiscal
Section 1 : La réclamation dans le contentieux de l’asseitte
1-Forme et contenu de la réclamation
2-Délai de la réclamation contentieuse
3-Conséquence de la réclamation
Section 2 : La réclamation préalable dans le contentieux de
recouvrement
Partie 2 : La phase juridictionnelle du contentieux fiscal.
Section 1 : Domaine de la procédure juridictionnel
1-Recours juridictionnel suite aux décision des commission
d’arbitrage
2-Procédure judiciaire suite à réclamation
Section 2 : Compétence juridictionnelle
Conclusion.
Chapitre 1 :Présentation de
l’environnement fiscale.
Il s’agit, d’une réclamation spéciale dont l’ouverture
est bourdonnée à l’intervention d’événements ou à
l’apparition de situation que l’administration fiscale ne On
ne peut comprendre le phénomène fiscale qui si on le
replacer dans son environnement, la science fiscale
comporte aussi plusieurs aspects, des aspectes économique,
sociologique politique, juridique. Ce dernier aspect de la
science étudié outre le régime juridique des différents
impôts, les conditions d’élaboration et d’application de la
loi fiscale, les organes compétente en matière fiscale, les
prérogatives de l’administration, les garanties accordées aux
contribuables, les rapports entre le fisc et les contribuables
et enfin le contentieux fiscale

Ainsi en abordant la définition de l’impôt nous


aurons à traiter de sa raison d’être et les fondements
soutenant les doctrines de base de sa justification passerons
en relief les différentes comportements possibles de
l’entreprise face au système fiscale en vigueur tout en
relation les motifs sous-jacent de chaque type de stratégie
et les implications directs possible sur la gestion de
l’entreprise et la relation entre cette dernière et
l’administration.

Partie 1 : Domaine du contentieux fiscal.


Le contentieux fiscal comporte deux branches distintes.Le
contentieux l’assiette et le contentieux de recouvrement.
Section 1 : Contentieux d’assiette.
Dans le contentieux d’assiette, le contribuable
conteste la conformité au droit de l’impôt a mis à sa charge.
C’est ainsi que doit se comprendre le texte de l’article 235
de CGI selon lequel les réclamations des contribuables
tendent à obtenir soit la réparation d’erreur commises dans
l’assiette ou le calcul des impositions, soit le bénéfice d’un
droit résistant d’une disposition législative ou réglementaire.

Au regard de légalité interne, le contribuable soutient


que l’impôt mis a sa charge par un acte d’imposition ou
acquitté spontanément est illégal dans son principe ou dans
son montant .Il en demande pour ce motif la décharge, la
réduction ou la restitution.

Au regard de légalité externe, la critique formulée par le


contribuable vise à dénoncer l’illégalité de l’un des actes
pris au cours de la procédure ayant conduit a
l’établissement de l’impôt telle la procédure de contrôle ou
celle menée devant les différentes commissions de recours.
Le contribuable conteste alors l’impôt à travers la
procédure d’imposition suivie pour établir.

Par ailleurs, qu’elles portent sur la légalité interne d’une


imposition ou sur la validité des actes dont elles procèdent,
les contestations fiscales sont tranchées selon des règles
contentieuses strictement identiques, notamment en matière
de délai.

D’après l’article 228 du CGI, la procédure de taxation peut


être appliquée au contribuable qui n’effectue pas ou ne
verse pas au trésor ce que dont il est responsable , et au
contribuable qui n'a pas produit, dans les délais prescrits
aux articles de loi des différents impôts ou qui produit une
déclaration incomplète, sur laquelle manquent les
renseignements nécessaires pour l'assiette ou le
recouvrement de l'impôt, est invité, par lettre, dans les
conditions de formes légales, à déposer ou à compléter sa
déclaration dans le délai de trente jours suivant la date de
réception de ladite lettre.

Si le contribuable ne dépose ou ne complète pas sa


déclaration dans le délai de trente jours précité,
l'administration l'informe, dans les formes prévues des bases
qu'elle a évaluées et sur lesquelles le contribuable sera
imposé d'office si ce dernier ne dépose pas ou ne complète
pas sa déclaration dans un deuxième délai de trente jours
suivant la date de réception de ladite lettre d'information. Il
est à signaler que le code général des impôts, ne prévoie pas
les critères que doit retenir l’administration fiscale pour
établir les règles de la taxation d’office .mais d’après
l’administration fiscale, il s’agit, selon le cas, de recourir :
- au contrôle quantitatif - au contrôle matière - à
l’utilisation des constantes et de paramètres de fabrication.
Le choix de la méthode utilisée reste tributaire des éléments
en possession de l’administration ou puisés dans les données
de la comptabilité présentée. La nature de l’activité peut
être, elle aussi, déterminante dans ce choix. Tel est le cas
de l’utilisation de la méthode quantitative pour la
reconstitution du chiffre d’affaire dégagé par une activité de
revente en l’état de produits achetés.

Section 2: Le contentieux de
recouvrement.
Les contentieux de recouvrement concernent l’ultime
étape de liquidation du redevable de sa dette envers
l’administration et ceci en conformité avec les dispositions
légales régissant l’acte de recouvrement de chaque impôt et
taxe. Ainsi et vu son caractère capital, la perception de
l’impôt a nécessité la mise en place d’un cadre
réglementaire particulier qui vient épauler les législations
fiscales en vigueur. Le « Code de recouvrement des
créances publiques » vient logiquement répondre à
l’ensemble de ces besoins en apportant une batterie de
dispositions auxquelles renvoient les lois instituant les
différents impôts et taxes. La TVA, l’IS et l’IR font eux
aussi référence à ces dispositions afin que l’acte de
perception soit aussi fluide et clair que possible.
Pour bien comprendre la différence qui existe entre le
contentieux de l’imposition et celui de recouvrement, il
convient de distinguer, d’une part, les opérations d’assiette
et de liquidation, et d’autre part, les opérations de
recouvrement de l’impôt. Si, en tant qu’organe
administratif, le fisc jouit de prérogatives exorbitantes du
droit commun, il exerce normalement ses pouvoirs sans avoir
recours à des moyens de cœrcition , car il recherche avant
tout la collaboration du contribuable. C’est évident en
matière de contributions directe : Si en ce domaine le « rôle
» qui a pour objet de déterminer la dette de chaque
redevable constitue en lui-même une décision exécutoire, le
contribuable ne doit au rôle, du moins dans un premier
temps, qu’une obéissance libre. De même, en matière
d’impôt indirect, le fisc attend à priori le paiement
volontaire de l’impôt. Ainsi, comme le note M. Trotabas : «
Le paiement volontaire est donc la règle du recouvrement de
l’impôt» (1)

Toutefois, si le contribuable fait preuve de mauvaise


volonté, le fisc sera bien obligé de procéder à un
recouvrement forcé en ayant recours à des moyens de
coercition efficaces. Et l’utilisation de ces moyens pourra
naturellement susciter des protestations. Toutefois, dans la
mesure où le contribuable ne discutera pas le principe ou le
montant d’une imposition, mais la régularité d’une poursuite
engagée à son encontre pour le contraindre à se mettre en
règle avec le trésor, le litige ne relèvera pas du contentieux
de l’imposition mais de celui du recouvrement. Ainsi la
survenance de ce genre de contentieux signifie que le litige a
dépassé l’étape de recouvrement à l’amiable et qu’il a
entamé la phase de recouvrement forcé régie par les
dispositions du code de recouvrement. Un recouvrement à
l’amiable qui ne peut être réalisé qu’à travers un respect
total des règles relatives à l’exigibilité (2).

(1) M. Tratobas, finances publiques, Dollaz 4éme éd., 1970, n° 323.


(2) Nous citerons pour le besoin :
Article 13 : Les impôts et taxes établis par voie de rôles sont exigibles
à l'expiration du deuxième mois suivant celui de leur mise en
recouvrement.
Article 14 : Les impôts et taxes retenus à la source sont exigibles à
l'expiration du mois qui suit celui au cours duquel les retenues
afférentes aux paiements assujettis ont été opérées.
Article 15 : Les impôts et taxes payables sur déclaration par
versement spontané, les droits et taxes de douane, les droits
d'enregistrement et de timbre ainsi que les impôts et taxes locaux et
autres créances des collectivités locales et de leurs groupements sont
exigibles dans les conditions fixées par les textes ou les conventions
les concernant. Ces délais dépassés, un dernier avis est adressé au
redevable pour le sommer de s’acquitter de son dû avant d’engager la
procédure de recouvrement forcé à son encontre .
Article 36 : Le recouvrement forcé ne peut être engagé qu'après
l'envoi d'un dernier avis sans frais au redevable. La date d'envoi de
cet avis doit être constatée au rôle ou sur tout autre titre exécutoire
cette mention faite foi jusqu'à inscription de faux.

Partie2 :Les différents types de


contentieux « Les réclamation »
Le domaine des réclamations contentieuses comporte
l’ensemble des demandes émanant le plus souvent des
contribuables et qui sont généralement divisées en trois
catégories :

 Les demandes tendant à obtenir la réparation d’erreur


commises au préjudice des contribuables dans
l’assiette ou dans la liquidation d’impôt ;
 Les demandes tendant à obtenir le bénéfice d’un droit
d’une disposition législative ou réglementaire ;

Les demandes tendant à obtenir une mesure de


bienveillance.

Section 1 : La demande en décharge ou


réduction « Art 235 CGI ».
Ce type de réclamation est considéré comme une voie
ordinaire et commune de contestation. Elle est valable en
toute matière fiscale, mais elle prend une place essentielle
dans le contentieux des impôts directs. Les contribuables
qui, pour un motif quelconque, estiment avoir été imposé à
tort ou surtaxé peuvent solliciter un dégrèvement total
(décharge) ou partiel (réduction). En effet, la nature même
du contentieux, le législateur lui confère le pouvoir de
recours pour nullité d’une décision administrative devant la
juridiction compétente pour abus d’autorité.

Le refus de l’administration d’accorder les


dégrèvements justifiés est ainsi contesté devant un tribunal
administratif pour annulation d’une décision administratif
contraire aux règles légales et qui reste comme unique
recours devant le mutisme de la législation en vigueur à ce
sujet.

Section 2 : La demande de le restitution


Pouvait prendre en considération lors de
l’établissement de l’impôt. La demande en restitution de
droits est une réclamation mise à la disposition des
redevables qui prétendent avoir effectué des versements
indus lorsque ces versements se rapportent à des
impositions n’ayant pas donné lieu ni à l’établissement d’un
rôle, ni à la notification d’un avis en recouvrement.

De ce fait la loi prévoit qu’en cas de non-réponse du


ministre des finances ou d’une réponse défavorable, un
recours devant la juridiction compétente est offert au
contribuable.

En recours juridictionnel qui en aucun cas ne peut


prendre la forme d’un contentieux d’annulation remettant
en cause le bien fondé et la légitimité de la décision du
ministre chargé des finances de rejeter la demande en
restitution – l’annulation n’apporte pas de nouveau à la
requête-, puisque son objet porte sur des droits pécuniaires
dont la restitution est réclamée par le contribuable. Ceci dit,
on est en présence d’un contentieux de pleine juridiction
qui traite du fait même de l’imposition et qui est du ressort
de la juridiction normale du fait que le litige n’est pas naît
d’une décision administrative.

Section 3 : La demande en mutation de


côte
La mutation de côte est la mise à la charge d’un
contribuable d’une cotisation qui lui incombe, d’après les
faits existants au premier janvier de l’année d’imposition,
alors qu’elle est établie au nom d’un autre contribuable. En
réalité, le caractère contentieux de la demande en mutation
de cote n’est pas apparent. On lui nie la matière à litige car
il s’agit plus d’un retard d’inscription au rôle du nouveau
propriétaire dû le plus souvent à une négligence du
contribuable ou des services fiscaux que d’une erreur
délibérée de ces derniers.

Section 4 : La demande de remise


gracieuse.
C’est un recours qui permet au contribuable de
demander une mesure de bienveillance (remise totale ou
partielle des pénalités et les intérêts de retard).

D’où ce recours est un but humanitaire, basé sur la


condition suivante : Lorsqu’il s’agit d’une demande visant
l’obtention de remise des majorations et les intérêts de
retard pour cause de gêne ou d’indigène.

Si les formes de litiges précédemment cités traitent


principalement des questions relatives directement à l’impôt
en ce qui concerne son calcul et sa liquidation, la présente
procédure s’intéresse elle à tout ce qui peut grever l’impôt
en termes de pénalités et de majorations pour diverses
infractions.

Comme l’indique l’intitulé de la procédure, le redevable qui


engage ce recours gracieux vise à gagner les faveurs de
l’administration fiscale afin qu’il bénéficie de sa grâce pour
le décharger partiellement ou totalement des pénalités et
majorations qui lui auraient été imputées. Il s’agit en effet
d’une prérogative dont jouit le ministre chargé des finances
qui lui accorde le pouvoir d’accorder à la demande du
redevable la remise ou la modération des pénalités et autres
sanctions auxquelles il peut avoir été sujet.

Le contribuable doit accompagner sa demande du récit des


circonstances et arguments qui justifient sa requête afin que
l’administration fiscale statut en connaissance de cause des
motifs sous-jacents sur l’éligibilité du redevable à la remise
ou la modération réclamée. La légitimité des prétentions
exprimées par le redevable doit se baser sur des difficultés
financières apparentes tels des risques de liquidation qui
entameraient la capacité contributive de la partie concernée.
Ainsi la partie compétente a le droit d’accorder ou de
refuser sa demande, même avec présence d’arguments.

L’absence d’une désignation expresse dans la loi d’un


recours dans telle situation de litige ne veut en aucun cas
dire la privation du contribuable de son traditionnel droit de
s’opposer à l’injustice qu’il juge l’avoir atteint. L’action à
engager est donc une action en annulation d’une décision
administrative dans le cadre d’un abus de pouvoir, à savoir
le pouvoir d’appréciation de l’administration fiscale, et le
droit de regard qu’il pratique sur les requêtes de grâce
formulées par les contribuables. Un recours qui rentre dans
les attributs des tribunaux administratifs qui ne
reconnaissent aucune immunité à l’administration en cas
d’erreurs manifeste d’appréciation ou de détournement de
pouvoir ou de procédure.

De par notre exposé des quelques facettes du contentieux


fiscal et ce au vu des dispositions légales, il est évident que
ces litiges varient entre la forme du simple contentieux en
annulation et celle du contentieux de plein juridiction. Reste
que le manque d’explicité du législateur sur les juridictions
compétentes pour le traitement d’un tel ou autre litige porte
atteinte à la bonne marche de l’exercice des recours
contentieux en matière fiscale et qui est due entre autre à
l’absence d’une procédure harmonisée relative à ces
situations entre les différents impôts.

Partie 3 : La gestion du contentieux


fiscale dans l’administration Marocain.
L’évolution du contentieux fiscale durant les derniers
années a été caractérisée par

 la prédominance du contentieux de masse généré par


les impôts de contestation (Patente, Taxe Urbain et
Taxe d’édilité) ;
 l’accroissement du nombre de recours devant les
commissions d’arbitrage et les tribunaux, consécutif au
renforcement des garanties accordées aux contribuables
et à l’institution des tribunaux administratif ;
 L’évolution de la population fiscale due a la prise en
charge de nouveaux assujettis ;
 l’importance du volume des recours gracieux qui
représente une part non négligeable dans le flux des
réclamations reçues.

Pour faire face aux flux des réclamations reçues par les
différentes entités de la Direction Générale, la démarche
adoptée a été guidée par le souci de créer les conditions de
prévention et d’améliorer le traitement du contentieux.

Section 1 :La prévention du contentieux


Parmi les actions entreprise en vue de la prévention du
contentieux, il ya lieu de citer particulièrement

 La coordination entre les services qui seront associés


avant les émissions de l’impôt pour rectifier certains
comportements générateurs de contentieux et participer
ensemble aux accords transactionnels a la fin des
contrôles pour éviter les réclamations répétitives ou
abusives ;
 Le rapprochement des mêmes services avec ceux de la
législateur pour engager éventuellement, les études
nécessaire pour l’introduction des mesures correctives
de certaines lacunes au niveau des dispositions relative
a ma détermination de l’assiette ,au contrôle de l’impôt
ou aux procédures relevées au cours de l’examen d’un
contentieux ;
 l’amélioration des conditions d’accueil des
réclamations au moyen d’une meilleure orientation et la
dispense des informations contribuable a accepté
l’impôt

Section 2 : Le traitement des affaires


Les mesures prises pour le traitement des réclamations
se sont traduites concrètement en action au niveau
organisationnel et fonctionnel.

1-Sur le plan organisationnel.


L’objectif d’assurer une meilleure efficient aux diverses
cellules et entités en charge du contentieux a été a la base
des actions entreprises sur le plan organisationnel.

Au niveau central, les entités chargées du contentieux


administratif et des affaires juridiques dans le but de réaliser
une meilleure intégration des services et veiller a
l’application de la loi et au respect de la justice et de la
légalité.

Au niveau locale, la décentralisation de l’instruction


des réclamations a été consolidée par le renforcement et
multiplication des entités en charge de la gestion des affaires
juridiques ; ce qui permet de traiter de 90 pourcent du
contentieux au niveau local. Ainsi, les seuils de compétence
des responsables régionaux pour instruire et liquider le
contentieux ont été révisés à la hausse.

2- Sur le plan fonctionnel.


La recherche d’une meilleure efficacité incite a
dépasser la méthode de gestion traditionnelle pour adopter
une gestion active du contentieux .Cela implique que les
entités et services concernés participent avec les opérations
fiscales a la recherche du règlement amiable de litiges et du
recouvrement des impôts au plus vite, aux fins de diminuer
le stock ;ce qui constitue un double avantage en termes
d’amélioration des recettes fiscales et de diminution du cout
inhérent a la gestion du contentieux.

A l’instar des autres volets du système fiscal marocain,


le contentieux a connu une grande évolution qui s’est
traduit par les principaux acquis suivants :

 L’harmonisation progressive des règles de procédure,


sur le plan des délais et des formalités, puis a leur
unification dans le cadre du livre de procédures fiscales
du CGI
 L’adoption d’une gestion préventive du contentieux à
travers une gestion par portefeuille, cumulant de double
volet d’assiette et de contentieux et la prise en charge
progressive du recouvrement par DGI.
 Le passage d’une gestion réactive a une gestion
proactive sans cesse consolidée depuis quelques
années, ainsi que la mise en place d’une gestion globale
du dossier fiscal par type de contribuable(grand
entreprise, PMI-PME et particuliers ) dans une vision
de management fiscal fondée sur l’unicité de
l’interlocuteur, et de la politique de proximité, a permis
d’obtenir des résultats satisfaisants corroborés
notamment par le règlement d’un contentieux qui
perdurait anormalement dans le temps et par la
diminution constatée au plan des statiques des dossiers
contentieux constitués.
Chapitre2 : Terminologie de la notion
de la fraude et l’évasion fiscal
La fraude fiscale est le chapitre de droit fiscal le plus
étudié, par les fiscalistes bien sûr, les théoriciens aussi et les
journalistes régulièrement. Mais curieusement, si l’on a tout
écrit sur ses causes, ses modalités, son ampleur, son
contrôle ou ses sanctions, les mots qui la désignent sont
imprécis et le domaine qu’elle recouvre est incertain

Partie 1 : Le connecte de la fraude


fiscale.
Les termes désignant la fraude fiscale sont imprécis,
cela provient de leur diversité. Si l’on parle en effet de
fraude, on parle aussi de fraude légale ou légitime, de fraude
illégale, d’évasion internationale, d’évasion légale,
d’évasion illégale, de paradis fiscaux ou de refuge, d’abus
de droit de fuite devant l’impôt , de libre choix de la voie la
moins imposée ou encore de sous- estimation fiscale , de
fraude à la loi ou d’économie souterraine . Devant cette
ambigüité de la notion de fraude fiscale nous allons essayer
de son approcher juridiquement
Section 1 : Définition de la fraude fiscale
Autour de la fraude fiscale gravite tout un kaléidoscope
d’images et de mots qui rend très difficile la compréhension
du phénomène. Le législateur marocain touché également par
la confusion terminologique du phénomène n’a pas
expressément définis la fraude fiscale. Dans le titre premier
« sanctions en matière d’assiette » du Code Général des
Impôts Marocain, les seuls actes réprimés fiscalement sont :

- Le défaut ou retard dans les dépôts des déclarations du


résultat fiscal, des plus-values, du revenu global, des profits
immobiliers, du chiffre d’affaire, des actes et des
conventions ;

- L’abstention de communication des documents ;

- La rectification, l’omission, l’insuffisance ou la


minoration de la base imposable, une nuance est néanmoins
introduite à ce niveau, elle entraîne l’application d’une
majoration de 100 % au lieu de 15 % des droits
correspondants au bénéfice de l’exercice lorsque la
mauvaise foi du contribuable est établie ;

- La complicité de fraude, en effet l’article 187 " Sanctions


pour fraude ou complicité de fraude " du Code Général des
Impôts stipule que : " Une amende égale à 100 % du montant
de l’impôt éludé est applicable à toute personne ayant "
participé aux manœuvres destinées à éluder le paiement de
l’impôt, assisté ou conseillé le contribuable dans l’exécution
desdites manœuvres, indépendamment de l’action
disciplinaire si elle exerce une fonction publique " , il est à
signaler que la répression prévue par cet article concerne le
complice à la fraude fiscale et non pas le contribuable
fraudeur.

En droit comparé, plus précisément en droit français la


fraude fiscale est défini par l’article 1741 du Code Général
des Impôts qui dispose que : " quiconque s’est
frauduleusement soustrait ou tenté de se soustraire
frauduleusement à l’établissement ou au paiement total ou
partiel de l’impôt, soit qu’il ait volontairement omis de faire
sa déclaration dans les délais prescrits, soit qu’il ait
volontairement dissimulé une partie des sommes sujettes à
l’impôt, soit qu’il ait organisé son insolvabilité ou mis
obstacle par d’autres manœuvres au recouvrement de
l’impôt , soit en agissant de toute autre manœuvre
frauduleuse . "

Section 2 : les éléments constitutifs de la


fraude fiscale
En droit général, la qualification possible de la fraude
fiscale fut fondée sur trois éléments à savoir l’élément légal,
l’élément matériel et l’élément intentionnel.
1-L’élément légal
La fraude fiscale est acte de mauvaise foi qui s’exerce à
l’encontre d’un objet en l’occurrence la loi, et n’existe que
s‘il y’a une règle obligatoire à laquelle on tente de se
soustraire. La loi constitue donc l’élément légal.

L’élément légal est une nécessité évidente. Le principe de


la légalité des incriminations offre au contribuable une
garantie contre les abus toujours possibles de l’Etat,
puisque la répression n’est possible que sur la base d’un
texte législatif d’incrimination

En droit marocain, bien que le législateur marocain


n’invoque pas expressément la fraude fiscale, nous pouvons
dire que les articles 186 et 187 du Code Général des Impôts
marocain constituent l’élément légal.

Par contre, en droit français l’élément légal est prévu


fiscalement et pénalement. La fraude fiscale en droit français
fait l’objet d’une double répression, l’article 1729 du Code
Général des Impôts réprime la fraude fiscale par des
majorations fiscales. Au contraire, l’article 1741 institue une
répression pénale.

Face à cette dualité de textes et de sanctions en droit


français, la question s’est posée de savoir si la notion de
fraude fiscale avait une unité. N’y’a-t-il pas deux notions
de fraude fiscale ? L’une pénale et l’autre fiscale ?
La doctrine française se prononce le plus souvent pour
l’unité, les articles 1729 et 1741 du Code Général des

Impôts réprimeraient le même délit de fraude fiscale.

2-L’élément matériel
La fraude ne doit pas être latente, pour être
condamnable il faut qu’un fait extérieur la révèle : l’élément
matériel. Ainsi les deux principales manifestations de la
fraude fiscale sont l’omission ou l’action.

- La fraude pour omission est très fréquente, surtout en


matière de TVA. Elle représente en moyenne près de 50%
des chefs de redressement après vérification par
l’administration fiscale. Elle peut prendre deux formes :
l’omission de déclaration ou l’omission d’un élément
d’assiette

1) L’omission de déclaration est constitutive du délit de


fraude fiscale si volontairement, elle permet de se
soustraire au paiement de l’impôt.
2) 2) L’omission d’un élément d’assiette est très
courante. Surtout en matière de droits d’enregistrement
où l’on parle « d’insuffisance d’évaluation ».
- En général, la fraude par action conduit à des
dissimulations en matière imposable. Cette dissimulation
peut être matérielle ou juridique.
1) La dissimulation matérielle porte notamment sur les
bénéfices. Elle est obtenue directement par la minoration
de recettes ou de stocks et indirectement par la
majoration des charges.
2) La dissimulation juridique par acte déguisé se ramène à
l’abus de droit Les parties s’entendent pour cacher la
véritable nature du contrat.
Cependant, les manifestations de l’élément matériel
peuvent tenir de la simple tentative, l’article 1741 du
Code Général des Impôts français sanctionne « quiconque
s’est frauduleusement soustrait ou a tenté de se
soustraire frauduleusement à l’établissement au paiement
… des impôts ». Autrement dit, la tentative de fraude
est punissable.
Cette extension pose d’ailleurs un problème de
frontière. Entre les actes préparatoires à un délit, le
commencement d’exécution et la consommation de ce
délit, où se situe en effet la tentative ?
La jurisprudence considère que la tentative à la fraude se
situe avant la date de souscription de la déclaration
fiscale, passé ce délai, pour la Cour de Cassation, le délit
de fraude fiscale est consommé.
Souvent, le problème de la définition de la tentative est
facilité dans la mesure où des actes qui préparent la
fraude sont déjà érigés en délits distincts. Ainsi l’article
1743 -1° du Code Général des Impôts Français punit de
peines pénales « quiconque a sciemment omis de passer
….. Des écritures ou a passé des écritures inexactes aux
livres comptables. » Les manipulations comptables sont
donc sanctionnées indépendamment de la répression de la
tentative de fraude.

3-L’élément intentionnel.
Enfin, la fraude fiscale suppose un acte intentionnel de
la part du contribuable, traduisant sa volonté de contourner
de manière délibérée et intentionnelle la loi, afin d’éluder le
paiement de l’impôt. Pour reprendre une définition utilisée
par le Conseil Européen des Impôts en 1977, " il y’a fraude
dés lors qu’il s’agit d’un comportement délictuel délibéré ".

Malgré la définition précisée en sus, l’élément intentionnel


reste l’élément le plus délicat de la fraude fiscale. Il divise la
doctrine, et le droit positif n’est pas définitivement fixé.

1) L’analyse doctrinale : Le droit pénal général


distingue, les infractions matérielles, des infractions
intentionnelles. L’analyse vaut pour le délit de fraude fiscale
qui fait l’objet de deux appréciations différentes : objective
et subjective.

 L’approche objective du délit de fraude fiscale conduit


à se désintéresser de son caractère intentionnel,
l’élément matériel suffirait. Dés lors qu’une norme
fiscale a été violée peu importe l’intention, de même
que le fait de démontrer l’intention frauduleuse est en
pratique très délicat.
 L’approche subjective, elle exige du contribuable qui
fraude une double connaissance. Il doit savoir au
moment de l’acte qu’il contrevient à la loi fiscale, mais
il doit vouloir en plus ce résultat et que son acte ait été
commis librement sans contrainte : la fraude fiscale
devient là une volonté consciente de commettre le fait
prohibé par la loi.

2) Les solutions du droit positif : En droit positif la thèse


subjective s’est imposée à condition que les autorités
concernées en cas de fraude fiscale apportent la preuve du
caractère intentionnel de la soustraction au paiement des
impôts.

L’élément intentionnel doit être montré par tous les modes


de preuve susceptibles de former l’intime conviction du
juge, que l’infraction a été commise intentionnellement,
c'est-à-dire dans le dessein de se soustraire à l’impôt ( 4 ).

En dépit de la multitude des approches tendant à définir la


fraude fiscale celle-ci demeure ambiguë, et prête à confusion
avec divers termes dont l’évasion fiscale.

Partie 1 : Le concept de l’évasion


L’évasion fiscale n’est pas une tache aisée aussi bien
sur le plan pratique que théorique, à tel point que
l’association fiscale internationale réunie à Venise en 1983 a
renoncé à en proposer une définition. Après deux jours de
travaux menés par nombre d’auteurs cette quête a été
abandonnée ( 5 )

Toutefois et pour des raisons de commodité, l’évasion


fiscale dite fraude légale ou légitime a d’abord désigné, entre
les deux guerres la forme internationale de la fraude. C’est
le sens que lui donnaient M. Lerouge)

Toutefois, le plus souvent l’évasion fiscale est entendue


comme l’art d’éviter de tomber dans le champ d’attraction
de la loi fiscale.

Enfin dans un troisième sens, que lui donne notamment M.


Duverger, l’évasion fiscale devient un terme générique
désignant l’ensemble des manifestations de fuite devant
l’impôt. La fraude légale lato sensu va alors jusqu’à
englober la fraude illégale. Au sens intermédiaire le plus
fréquemment retenu la fraude légale permet d’éviter l’impôt
selon trois modalités :

 Soit la loi fiscale aménage elle-même la fraude légale


par un régime fiscal de faveur, le contribuable prend
connaissance de ce régime et en bénéficie compte tenu
de son activité.
 Soit plus simplement, le contribuable s’abstient
d’accomplir l’activité, l’opération ou l’acte taxable.
 Soit enfin, la fraude légale se produit par la manipulation
des failles du système fiscal ce qui permet au contribuable
de se soustraire à certaines obligations en matière
d’impôt sans contrevenir à la loi. Elle se ramène à
l’habilité fiscale ou au choix de la voie la moins
imposée(7)
5 – Voir Dictionnaire encyclopédique de finances publiques,
Economica. Paris. 1991, P855 sous la direction de loie Philip
6 – Lerouge, Théorie de la fraude en droit fiscal, P.156

Au vu de ce qui précède, la fraude légale se situant aux


confins de la légalité, fondée sur l’habileté fiscale et
l’expression est synonyme d’évasion fiscale. La définition,
fournie par BARILARI et DRAPE éclaire ce point :

« Action visant à soustraire à l’impôt tout ou partie de la


matière imposable sans contrevenir formellement à la loi. En
ce sens, l’évasion fiscale se distingue de la fraude fiscale,
qui implique un comportement, actif ou passif, en infraction
avec les règles fiscales. » Concernant la fraude illégale,
expression pléonastique, elle désigne la violation directe et
ouverte de la loi fiscale. Le terme fraude illégale est employé
en symétrie par rapport à l’expression fraude fiscale. Malgré
les diverses définitions apportées, la confusion entre les
deux notions ne s’efface que partiellement et il reste difficile
de dépasser l’indétermination des phénomènes, c’est pour
cette raison que nous essaierons d’approcher les deux
comportements autrement, en analysant les points communs
et les divergences entre la fraude fiscale et l’évasion fiscale,
sachant que l’une comme l’autre aboutit à éluder la totalité
ou une partie de l’impôt dû par le contribuable.
7 – B. Navatte, la fraude et l’habilité en droit fiscal Dalloz 1951.
Chronique P.87

Section 1 : Définition de l’évasion fiscale.


L’évasion se définit comme étant tout acte établi par le
contribuable qui tend à réduire ou à supprimer
volontairement la charge fiscale en utilisant son habilité pour
abuser des droits et possibilités offertes par la loi. Reste que
l’Etat n’apprécie pas l’excès d’habiliter dans la
manipulation des dispositions légales.

Etant libre d’organiser ses affaires, le contribuable peut


minimiser ses charges fiscales dans les limites de la loi. Il
peut ainsi décider de supprimer ou de réduire ses activités
imposables ou s’abstenir de consommer des produits
fortement taxés.
Ce comportement ne peut pas faire l’objet de sanction
parce que le contribuable ne contrevient pas à la loi fiscale
et n’utilise pas des manœuvres frauduleuses pour échapper à
l’impôt mais il use de l’abus à la loi. Pour faire face,
l’administration fiscale dispose d’un double recours : celui
de l’abus de droit et celui de l’acte anormal de gestion.

Cependant la frontière qui sépare l’acte normal de gestion


et l’évasion est très fine et elle dépend du jugement de la
personne concernée. Ainsi un acte qui peut sembler normal
pour le contribuable risque d’être pris comme action
frauduleuse pour le contrôleur fiscal.

Section 2 : Les points d’émergences et


divergences entre la fraude et l’évasion
fiscale.
1-Les points d’émergences
La fraude et l’évasion fiscale présentent un certain
nombre de caractéristiques communes.

La première de ces particularités est que toutes deux


procurent un gain au contribuable, donc une économie par
rapport à la dette fiscale initiale du contribuable : la
motivation financière est donc présente dans les deux cas.
En second lieu, la fraude comme l’évasion fiscale découlent
toutes les deux de l’existence de l’intention préméditée
d’éluder l’impôt.

La réaction négative face à l’impôt constitue également un


élément en commun entre la fraude et l’évasion fiscale, tout
contribuable qui dans le but d’échapper à l’impôt utilisera
l’une ou l’autre des « méthodes ». Si la pratique de
l’évasion requiert de son auteur une connaissance très
profonde de la législation fiscale, et l’art de la détourner à
son profit, la fraude fiscale suppose un sens du risque.

En effet, si la fraude fiscale consiste en un acte isolé


intervenant à posteriori, l’évasion fiscale suppose une action
organisée à priori consistant en une fuite avant l’impôt,
cette action peut intervenir au moment même de
l’élaboration de la loi fiscale, ainsi en France par exemple, à
l’Assemblée Nationale, "les attachés parlementaires
délégués par les organisations les plus puissantes défendent
jalousement les intérêts de leur mandants. Leur rôle : sur les
dossiers qui les concernent, essayé de faire passer les
amendements rédigés par leurs soins aux différentes étapes
de l’élaboration d’un projet de loi. "

2-Les points divergences


Les divergences entre la fraude fiscale et l’évasion
fiscale seront analysées à partir des éléments suivants :
 L’acte : Il s’agit d’évasion fiscale
lorsqu’intentionnellement, le contribuable utilise d’une
manière abusive les lacunes du dispositif fiscal national,
et l’existence de systèmes fiscaux variables selon les
différents pays. Quant à la fraude fiscale, elle suppose
un comportement intentionnel consistant à dissimuler
une partie des recettes ou à majorer les charges.
 La légalité : Sur un plan juridique la légalité de l’acte
constitue un critère de séparation : la fraude est illégale
car elle constitue une transgression des dispositions
fiscales, alors que l’évasion fiscale est aux regards de la
législation comme n’enfreignant pas la loi, elle est donc
légale autant qu’habile.
 La sanction : c’est la notion d’infraction qui sépare, en
droit, la fraude et l’évasion fiscale.

La qualité d’infraction ne s’applique qu’à la fraude fiscale


qui est susceptible de sanctions soit fiscales, soit pénales.
Alors que l’évasion fiscale ne fait pas l’objet de répression.

Donc, évasion et fraude fiscales se confondent : l’évasion


serait une variante de la fraude, puisque chercher à éluder
l’impôt par quelque moyen que ce soit revient à frauder

Dans la pratique, les contribuables qui s’offrent le luxe


de frauder le fisc par le canal de l’évasion fiscale sont peu
nombreux, vu que cette pratique nécessite des contribuables
bien informés juridiquement et fiscalement ou du moins qui
ont les moyens de se payer les services des cabinets de
conseil dans ce but.

En conclusion, dans la suite de notre développement, nous


retiendrons uniquement la notion de la fraude fiscale, étant
entendu que comme soulignée plus haut l’évasion fiscale ne
constitue qu’une variante de la première.
Chapitre 3 :Les différents
phases du contentieux fiscal
Le contentieux fiscal comporte une phase administrative
obligatoire devant l’administration, suivi d’une phase
judiciaire éventuelle.

Partie 1 : La phase administrative du


contentieux fiscal
La différenciation des deux branches du
contentieux fiscal par référence à lieu domaine nous
conduit à examiner successivement les règles concernant
la réclamation dans le cadre de chacune d’elles
Section 2 : La réclamation dans le
contentieux de d’assiette

La règle de la réclamation préalable est une règle


de base du contentieux de l’assiette.
La réclamation est formulée devant le Directeur des
impôts ou la personne déléguée par lui à cet effet
Cette règle est impérative. Ainsi, le recours porté
directement devant le juge sans respect de cette
formalité est irrecevable

1-Forme et contenu de la réclamation


En principe, la réclamation est formulée par écrit.
Toutefois, cette formalité n’est pas nécessaire pour la
contestation d’erreurs matérielles, ou de cotes faisant
double emploi ou faux emploi

A peine d’recevabilité, la réclamation doit mentionner


l’imposition contestée et contenir l’exposé sommaire des
moyens du contribuable et ses conclusion :

Elle peut avoir objet :

 Soit la réparation d’une simple erreur, souvent


commise par le contribuable lui-même ;
 Soit bénéfice de certaine mesure fiscale prévue par le
contribuable lorsque leur application n’est pas
automatique ;
 Soit se rapporter a une situation litigieuse, auquel cas
le contribuable doit exposer les moyens de fait et de
droit pour lequel il conteste l’imposition.

2- Délai de la réclamation contentieuses


Le délai de la réclamation est de 6mois a compter de la
date de mise en recouvrement du titre de recette ou de
versement de l’impôt contesté lorsqu’il n’a pas fait l’objet
d’une émission préalable

L’objet de recours devant l’administration fiscale doit être basé sur la


contestation de l’assiette d’impôt.

Cette contestation peut être conçue dans quatre cas :


-La contestation de ou des erreurs commises par l’administration fiscale
(exemple : double imposition, imposition erronée …) ;

-Le contribuable peut demander de bénéficier d’un droit qui lui est reconnu
par les textes législatifs ou réglementaire (cas des avantages prévus en
matière d’investissement (selon le Dahir du 8 novembre 1995 portant
charte d’investissement, B.O. 4335) ;

- la contestation d’une imposition non-conformité à un texte de loi qui lui


est supérieur ce qui le rend illégale (cas des conventions fiscales), en
d’imposition d’office. (Voir à cet effet, Abdelkader Taliati, « le contentieux
fiscal dans la législation marocaine, éd. Edemar, 1997, p : 46(ouvrage en
arabe). Dans ces cas, le contribuable ne peut contester l’imposition à
laquelle il est soumis devant la juridiction administrative sans respecter le
recours préalable devant l’administration fiscale

3-Conséquences de la réclamation
En vertu de l’article 117 du code général de
recouvrement, la réclamation contentieuse n’a pas d’effet
suspensif sur le recouvrement de l’imposition contestée. Le
contribuable qui conteste une imposition mise à sa charge
reste tenu de l’acquitter, même s’il formule dans les délais
légaux une réclamation régulière. Il peut, toutefois,
demander le sursis de paiement de cette imposition, l’octroi
de ce sursis étant en principe conditionné par la constitution
de garanties de paiement, proposées au comptable public ou
réclamées par lui.
L’administration dispose d’un délai 6 mois pour statuer
sur la réclamation du contribuable.

Après instruction de la réclamation, l’administration


doit se prononcer sur la validité de l’imposition contestée.

En cas de rejet partiel ou total des prétentions du


contribuable, l’administration doit motiver sa décision pour
permettre à ce dernier de se pouvoir devant le tribunal

Administratif.

Si aucune décision expresse n’est notifie au


contribuable dans le délai de 6 mois, le silence de
l’administration équivaut au rejet de sa réclamation

Section 2 : La réclamation préalable


dans le contentieux de recouvrement
Tendant à contester un acte du comptable public qui
poursuit le recouvrement de l’impôt, la réclamation est
portée par le redevable lui-même ou le débiteur solidaire de
l’imposition devant le Directeur régionale des impôts ou le
Trésorier Régional.

Le délai de réclamation est plus bref dans le


contentieux de recouvrement que dans celui de l’asseitte.La
demande doit être adressée dans le délai de 60 jours a partir
de la notification de l’acte contesté.
En matière de recouvrement, la réclamation peut avoir
comme objet :

 L’opposition aux actes de poursuites exécutés dans le


cadre de la procédure de recouvrement forcé.
 Les litiges se rapportant aux garanties de recouvrement
constituées par le contribuable ou exigées par le
comptable.
 Le sursis de paiement ou d’exécution
 La contestation de la dette fiscale dans son existence
même par l’effet de paiements antérieurs, de la
prescription ou de la compensation.

Après instruction, l’administration doit se prononcer


dans un délai de 60 jours du dépôt de la demande. Si aucune
décision n’a été pris dans ce délai ou si la décision rendu ne
lui donne pas satisfaction, le redevable doit, a peine de
forclusion, porter l’affaire devant le tribunal administratif .Il
dispose pour cela de 30 jours a partir de la notification de la
décision de l’administration.

Partie 2 : La phase juridictionnelle

La deuxième phase de contentieux est la voie


juridictionnelle le juge intervient en dernier lieu dans le
règlement des différends opposant le fisc au contribuable.
C’est la phase finale du contentieux, considérée par certains
auteurs français comme véritablement contentieuse au point
de vouloir circonscrire tout le contentieux fiscal à cette
phase. De tous les temps et lieux, le juge est regardé comme
le véritable garant des droits du contribuable

Section 1 : Domaine de la procédure


juridictionnelle
Le recours devant le tribunal administratif peut porter
soit sur les décision définitives des commissions d’arbitrage,
soit sur les décisions prises par l’administration suite a
réclamation

1-Recours juridictionnel suite aux décisions des commissions


d’arbitrage

L’administration fiscale, dans le but de protéger les


deniers publics, s’est vue reconnaitre des pouvoirs
importants lui permettant de procéder a la rectification des
bases d’imposition, déclarées par le contribuable

Dans un but d’équilibre, et dans un sens de protection


du contribuable contre LEA abus de l’administration, celui-
ci s’est vu reconnaitre par le législateur le droit de
contester les nouvelles bases d’imposition arrêtées par
l’administration, devant des commissions de taxation.
Les redressements qui résultent de l’exercice du droit
de contrôle ou de vérification par l’administration sont
généralement contestés devant la commission locale de
taxation puis, devant la commission nationale de recours
fiscal.

Ces commissions constituent, dans le cadre de la


réforme du système fiscal marocain, l’une des garanties
réelles accordées au contribuable.

On distingue la commission locale de taxation devant


laquelle le litige va être porté dans le cadre de la proc »dure
contradictoire, après la deuxième notification. Et la
commission locale de taxation.

Chaque commission locale de taxation comprend :

 Un magistrat, président ;(président du tribunal de


première instance)
 Un représentant du gouverneur de la préfecture ;
 Le chef du service local des impôts ou son représentant
(secrétaire rapporteur nidificateur) ;
 Un représentant des contribuables.
La commission nationale de recours fiscal, totalement
indépendant du ministère des finances, est placées sous
l’autorité directe du chef du gouvernent et siège en
permanence à Rabat
La composition de la commission se présente
comme suit.
 cinq magistrats appartenant au corps de la
magistrature, désignés par le Premier Ministre,
sur proposition du ministre de la justice ;
 vingt-cinq fonctionnaires désignés par le Premier
Ministre, sur proposition du ministre des finances
ayant une formation fiscale, comptable, juridique
ou économique et qui ont au moins le grade
d’inspecteur ou un grade classé dans une échelle
de rémunération équivalente. Ces fonctionnaires
sont détachés auprès de la commission ;
 cent personnes du monde des affaires désignées
par le Premier Ministre sur proposition conjointe
des Ministres chargés du commerce, de
l’industrie et de l’artisanat, des pêches
maritimes et du ministre chargé des finances pour
une période de trois ans, en qualité de
représentants des contribuables. Tout
représentant des contribuables ne peut siéger
pour un litige dont il a eu déjà à connaître en
commission locale de taxation.
L’ensemble de cet effectif est subdivisé en cinq sous-
commissions délibérantes composées chacune :
- d’un magistrat, président ;
- de deux fonctionnaires tirés au sort parmi ceux qui
n’ont pas instruit le dossier soumis à délibération ;
- de deux représentants des contribuables choisis par
le président de la commission parmi les représentants
visés ci-dessus ;
L’examen des dossiers se fait par des sous
commissions.
Les impositions émises suite aux décisions de ces
commissions.
Peuvent être contestées par le contribuable devant le
tribunal administratif compétent dans le délai 60 jours
suivant la date de mise en recouvrement du titre de
recette correspondant
L’administration dispose également du même
droit de recours lorsqu’elle conteste la décision prise
par ces commissions.
Toutefois, si la décision de l’une ou de l’autre des
deux commissions ne donne pas lieu à l’émission d’un
titre de recette, le recours juridiciaire peut être
exercé dans les soixante (60) jours suivant la date de
la notification de la desdites commissions
. Un secrétaire rapporteur est choisi par le président
de la commission en dehors des deux fonctionnaires
membres de la sous-commission pour assister aux
réunions de ladite sous-commission sans voix
délibératives.
2-Procédure judiciaire suite la
réclamation.
Le contribuable qui n’accepte pas la décision rendue
par l’administration suite à sa réclamation, peut saisir le
tribunal compétent dans le délai de délai de 30 jours à
compter de la date de la notification de la décision précitée.

Section 2 : Compétences juridictionnelle.


Les tribunaux administratifs sont compétents pour
connaitre des litiges nés de l’application de la législation et
de la règlementation en matière fiscale ainsi que des actions
contentieuses relatives au recouvrement des créances
publiques.

Cette compétence est une compétence de pleine


juridiction.

Elle revient en second degré aux cours d’appel


administrative et, en cassation, à la chambre administrative
de la cour suprême.

La saisine du tribunal peut être faite à l’initiative du


contribuable ou de l’administration.
Conclusion
Le contentieux fiscal tel qu’il est organisé et appliqué
vise à réaliser deux objectifs fondamentaux

1 – assurer le contrôle de l’activité du fisc ;

2 – assurer la défense des droits du contribuable.

Cependant entre ces deux objectifs règne un déséquilibre


total. Déséquilibre qui trouve sa légitime explication dans la
nature propre du droit fiscal : l’impôt est l’une des
expressions par excellence de souveraineté.

C’est finalement vers ce contrôle que se concentrent les


préoccupations du fisc. Le législateur s’attelle à la
recherche des différentes sources d’imposition et à la
préhension d’une matière qui se diversifie, mais tend à
s’éclipser.

Or, dans un pays connaissant une crise financière, la


recherche du rendement fiscal et de l’augmentation des
ressources fiscales face au développement démesuré des
dépenses publiques, prime sur le caractère dirigiste de la
fiscalité. Celles- ci perd un rôle d’instrument de
développement économique et social pour ne conserver que
la finalité fiscale neutre d’antan.
Les aménagements annuels, dans la hausse, des taux
d’imposition à l’impôt direct et à la contribution indirecte,
la création de nouvelle cellule, l’intégration de nouvelles
bases, bases souvent fragiles, et éphémères, démontrent
aisément le but fiscal du législateur marocain.

Le fonctionnaire, fort de sa position, de ses connaissances


et de ses prérogatives, se cache derrière le secret
professionnel et dispose d’un arsenal juridique varié et
efficace, recherche une fiscalisation complète. Le juge voit,
d’ailleurs on a même pu parler de la protection de
l’administration contre le contribuable, que son rôle est
limité, la plupart du temps il est hors jeu. De toutes les
administrations publiques manifestes la plus grande hostilité
au contrôle juridictionnel. Fait le plus souvent avorter.
Rapport de fin d’études Le contentieux fiscal Institut
Supérieur de Commerce et d’Administration des Entreprises
102 Face à ce souci de contrôle, les garanties aux droits du
contribuable sont limitées. Le contribuable n’est regardé
que comme un débiteur : un débiteur de l’impôt. Il y a des
impôts il faut les payer. Et il faut les recouvrer. C’est le
parent pauvre, la cendrillon dont on ne s’occupe point.

Or, le contribuable est avant tout un citoyen. S’il arrive


qu’il soit partiellement contribuable à sa naissance, il le sera
d’une manière pleine et entière à son âge d’adulte au cours
de ses activités professionnelles quiconque, commerciales,
industrielles… permanentes ou occasionnelles. C’est donc à
ce citoyen qu’il faut s’intéresser. En tant que tel. En
ajoutant que l’augmentation des recettes dans les réformes
fiscales s’avère inopportune.

Le centre du problème et sa cause profonde se trouvent


ailleurs, la réforme fiscale n’est pas l’unique solution même
accompagnée de moyens humains et matériels adéquats pour
sa mise en application.

Elle doit être précédée de multiples autres réformes de


structures agriculture , industrielles et commerciale, sans
parler des structures de pensée. C'est-à-dire que la réforme
fiscale tient de l’espoir mythique. Surtout lorsqu’à tout
prendre le meilleur contribuable serait le développement du
niveau économique et social de citoyen.
Bibliographie
-Abdelkader Tialati, « le contentieux fiscal dans la
législation marocain » ;
-Tixier « droit fiscal » Dollaz, 2eme éd .dit
M .Tixier :
Rachid LAZRAK, « le contrôle et le contentieux de
l’impôt au Maroc »
- Abdllah Haddad : « la juridiction administrative
dans la lumière de la loi instituant les tribunaux
administratifs
- Abdllah BOUDAHRANE, contentieux fiscal, éd.
EDEMAR, Casablanca
-Code Générale des impôts